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 A swan of white feat. Anthéa Kennedy

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MessageSujet: A swan of white feat. Anthéa Kennedy   Lun 9 Jan - 9:15

&

Discret, silencieux, Aramis se fondait dans les ombres inanimées de la grande demeure des Kennedy. Tapis sans l’être, il attendait sans se mouvoir dans le cadre de la porte de la somptueuse cuisine que la maîtresse de maison se décide. Il était tard. Extrêmement tard. Même son maître était rentré de la dernière fête à la mode. Il ne l’avait pas organisée, cette fois, mais il s’était assuré de l’honorer. Aramis, lui, avait suivit docilement, muet, sans expression à porter comme un masque. Il ne s’encombrait pas de ces futilités, pour sa part. La femme qu’il observait si, toutefois. C’était même sa spécialité. Elle avait été élevée comme ça, il le savait. Elle était loin d’être seule. Mais parfois, comme ce soir, il voyait se fissurer un peu ce masque pourtant peint d’une main de maître. La fissure commençait au coin de l’oeil emprunt de tristesse et de doutes pour se finir sur les lèvres peintes qui en perdaient leur sourire.

Le fantôme de minuit prenant les formes d’une ravissante sirène se décide finalement. Le thé, semble-t-il. Elle met l’eau à bouillir. Sort un petit sachet. Puis ouvre une armoire. Le caprice des femmes se prend d’elle. Pouvait-on le lui reprocher ? Au capitole, les caprices étaient nombreux. Cette fois-ci, elle tente d’atteindre une tasse en hauteur. C’était celle-là ou rien d’autre, semblait-il. Elle se met sur le bout de ses petits pieds gracieux, tendant un bras haut, plus haut... Poussant un petit gémissement étouffé. Mais rien n’y fait. Elle est loin d’atteindre la tasse. C’est à ce moment qu’Aramis décide finalement de sortir de l’homme. Trop discret, parce que lorsqu’un bras bien plus long que le sien passe au-dessus d’elle, Anthéa pousse une petite exclamation surprise, effrayée. Mais Aramis ne note pas. Il se contente de prendre la tasse pour la poser sur le comptoir.

Baissant la tête, il croise le regard. Celui d’un tout petit chat qu’on aurait pris par surprise. Entre effroi et envie de se réchauffer dans les bras de l’inconnu. Non, il ne fallait pas y voir là prémices à quelques aventures tordus de deux coeurs esseulés. Celui d’Aramis avait été conquis, il y a de cela une demi-vie. Et il savait assurément que cette dame-là n’avait jamais regardé en sa direction de cette façon. Du moins, il ne lui semblait pas. Mais, il y avait une certaine tendresse maternelle. Et l’envie, du côté du grand blond, de retrouver le confort de bras maternels sans que jamais il ne s’y adonne, par égard pour leur rang, par fierté aussi. Ce moment semble éternel, mais ne dure que quelques secondes qu’on aurait à peine eu le temps de compter. Puis, Aramis a un pas vers l’arrière, montrant d’un geste de la main la tasse qu’il venait de déposer là pour la jeune femme.

Une très brève mélodie leur signale que l’eau est à la bonne température. Il prend donc la bouilloire et le sachet. Le deuxième termine sa courte vie dans la tasse. La première est ensuite inclinée pour que son eau bouillante emplisse la tasse. Puis, l’homme va chercher le miel et une petite cuillère qu’il pose juste à côté avant de complètement se détourner de la jeune femme pour ouvrir la porte du réfrigérateur. C’était parfois étonnant de vivre dans cette grande maison avec Félix et sa femme. Même après dix-huit ans, la sensation était parfois présente. Comme ce soir, alors qu’ils avaient partagé un moment d’intimité qui n’aurait dût être. Le muet sent toujours le regard de la jeune femme sur sa nuque. Il tourne finalement la tête, pichet d’eau en mains. Il s’en détourne le temps d’aller chercher un verre qu’il empli du précieux liquide. Ou du moins l’était-il en quelque par, dans les districts les plus éloignés...

Une gorgée, puis le verre est posé sur le comptoir. Aramis joint ses mains comme pour une prière mais les glisse sous une de ses oreilles. Sommeil. Pas en langage des signes. Il le parlait couramment, couverture oblige. Mais, elle non. Puis, il pointe la direction des escaliers, là où elle atteindrait sa chambre. Pour sa part, c’était aussi à l’étage, mais dans une autre aile. Le haussement d’épaules qui suit doit être éloquent. Pourquoi ne dormait-elle pas ? Cela sous-entendait qu’il voulait aussi savoir s’il pouvait y faire quelque chose et même si elle ne comprendrait probablement pas cette partie qui ne fut pas dite, pas même mimée, il savait qu’à ses explications il trouverait peut-être seul ce qu’il pouvait faire. Quoi qu’il en soit, le silence était complet présentement, alors qu’Aramis prend une nouvelle gorgée de son eau fraîche. Il avait un peu mal à la gorge. Quelle ironie...
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MessageSujet: Re: A swan of white feat. Anthéa Kennedy   Mar 10 Jan - 14:25



Il était tard, la nuit était déjà tombée comme une chape de plomb sur Panem mais Anthéa n’y était pas encore. Il y avait des nuits comme ça pendant lesquelles un rien pouvait la tenir éveillée. Dieu seul savait ce que c’était à cet instant précis mais à méditer devant une tasse de thé elle le découvrirait peut être, s’en exorciserait et finalement elle pourrait enfin rejoindre Morphée, à défaut de rejoindre Félix qui se plaindrait sans doute de ses pieds froids ou quelque chose de ce style une fois enfoncée dans le lit conjugal. C’est vrai qu’Anthéa pouvait avoir les extrémités froides… Surtout à partir du moment où le soleil baissait. Mais aux mains froides le cœur chaud, même si ce détail ne semblait pas pouvoir faire fondre celle que Félix semblait parfois avoir autour du cœur.

Anthéa ouvre la porte d’un placard et se focalise sur une tasse bien trop haute pour elle. Qu’importe. C’était une tasse qu’elle avait depuis son adolescence avec un joli cerisier en fleur dessiné sur le tour bleu pâle en émaille. Ce soir elle se plongeait dans un peu de nostalgie pour avoir du réconfort. Du moins si elle parvenait un jour à attraper la maudite qui la narguait depuis son étagère !

Anthéa ne se décourage pas, tentant d’allonger le bras plus fort, se hissant sur la pointe des pieds, remuant le bout des doigts comme si ce simple geste allait lui permettre de les allonger assez alors qu’il manquait encore tant de distance que ça en devenait ridicule. Elle songe à prendre une chaise mais cette idée est engloutit comme une vague de fond alors qu’une envie d’éclater en sanglot se prend d’elle. Pas qu’elle y cèderait mais soudainement cette frustration prenait la forme de tous les aspects actuellement néfastes de sa vie ! Ho… Elle en avait conscience : elle n’était pas à plaindre. Mais même les gens qui vivent heureux ont droit à un peu de blues parfois, non ?

Bref, ce débat intérieur aurait probablement pu durer longtemps si une ombre ne l’avait pas avalé toute entière, un bras s’allongeant haut au dessus d’elle pour attraper la tasse de son enfance ! Ne l’ayant pas vu venir, Anthéa avait eu une exclamation stupéfaite et glacée ! Elle se retourne, une main sur le cœur comme pour s’assurer qu’il battait encore ou qu’il ne s’arracherait pas à sa poitrine ! Aramis se trouvait là, lui semblant encore plus immense qu’à l’ordinaire dans la lumière tamisée de la cuisine. Il avait toujours son air imperturbable avec des traits qui semblaient naturellement assez durs. La blondeur de sa crinière associée à son teint pâle n’avait rien de rassurant et pourtant en soi cet homme ne l’effrayait pas.

Aramis avait passé sa vie dans ce domaine. A peu de choses près ils étaient arrivés en même temps ici… Mais à des rôles, il va sans dire, très différent. Anthéa n’était pas dupe… Aramis  aurait parfois préféré son rôle, n’est-ce pas ? Hé bien curieusement il lui arrivait de se dire la même chose… Parce que Félix semblait faire bien des mystères et des messes basses avec cet homme là où il prenait grand soin de la laisser elle dans l’ignorance. A parler de mystère… Elle en avait inopinément percé un il y avait peu de temps. Peut être que c’est à cette découverte qu’ils devaient cette nuit qu’elle le dévisage avec une plus grande attention tandis qu’il usait de signes simples pour qu’elle comprenne.

Ca lui arrachait peut être les cordes vocales que de demander soudainement pourquoi il n’usait pas de mots pour lui poser sa question… Mais Anthéa reste silencieuse. Elle n’avait pas d’animosité pour Aramis. Parfois elle se demandait à quoi aurait ressemblé la vie de l’homme s’il n’avait pas croisé la route de Félix. Peut être que sans se l’avouer, c’était une façon de se poser la question sur sa propre destinée.

« Bonsoir Aramis. »

Elle esquisse un sourire encore un peu pâle en se remettant de sa petite frayeur, saisissant la tasse qui avait été mise à sa portée avant de fermer la porte du placard.

« Merci. »

Et comme il semblait s’interroger sur le fait qu’elle soit encore debout, elle convient :

« Je ne pouvais pas dormir. »

L’eau frémissante est versée dans son verre, le sachet de thé y est adjoint et finalement du miel est déposé tout proche. Elle a un sourire, constatant :

« Tu me connais bien. »

Il n’y était pas obligé. Ses obligations ne concernaient que Félix, à qui Aramis semblait vouer une fidélité sans faille. La jalousie avait déjà pu s’en mêler mais au final Anthéa le trouvait aussi prisonnier qu’elle de sa fascination pour son mari. Elle avait davantage d’empathie pour lui que de jalousie finalement.

« Est-ce que Félix dort ? »

Lors de la dernière soirée elle avait finit par réaliser que Félix l’avait laissé seule, quittant pour aller dieu sait où. Peut être que c’était ce chagrin là qu’elle cherchait à exorciser ce soir ! En tout cas puisqu’Aramis était ici elle supposait que Félix aussi.

« Et toi, tu n’as pas sommeil ? »

Anthéa l’observait avec une rare intensité tout en tournant la cuillère recouverte de miel dans sa tasse, comme s’il elle s’attendait à ce que soudainement et malgré ce qu’il avait fait pendant plus de 15 ans Aramis ouvre la bouche pour prononcer d’une voix qu’elle lui savait grave et basse la raison de ses insomnies…

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MessageSujet: Re: A swan of white feat. Anthéa Kennedy   Mer 11 Jan - 9:42

Non, elle ne pouvait dormir. Et c’est pourquoi elle jouait les dames blanches au milieu de la cuisine. Aramis hésite. Ce n’était pas dans ses habitudes de traîner dans les pièces à vivre du manoir lorsque sa présence n’était pas expressément demandée. Pourtant, si l’homme saisit son verre, c’est pour le boire assis à la table de la cuisine, invitant d’un geste de la main la maîtresse de la maison à en faire de même. Avec d’autres, ça aurait été mal perçu. D’ailleurs, jamais il n’oserait agir de cette façon envers Félix ou Anthéa en public. Aramis connaissait sa place. Il savait la garder. Toutefois, ce comportement qu’on qualifierait d’extravagant en privé trouvait ses sources dans la description même de sa véritable identité. Pas esclave. Pas muet. Homme de main. Machine à tuer. À protéger, aussi. Et même si Félix ne portait pas à sa femme l’amour qu’elle aurait mérité, il la défendrait elle aussi. Et il l’inviterait parfois à s’asseoir à sa propre table...

La délicate femme lui fait ensuite aveu d’insomnies. Elles n’étaient pas rares, n’est-ce pas ? Il lui semblait souvent entendre de petits pas perdus dans cette maison, à moins que ce ne soit que son imagination qui lui jouait de mauvais tours. Mais l’homme en aurait fortement douté. Lorsqu’on passe tant de temps à se taire, on remarque des choses. Beaucoup de choses. De celles que leurs propriétaires préféreraient gardées pour eux. Aramis ne quitte la tasse des yeux alors que cette dernière est portées aux lèvres rosées. Puis, il les détourne, prenant lui-même une gorgée de son eau, prenant grand soin à ne rien révéler. Si vous pensiez que cacher une langue tenait simplement à la parole, vous vous trompiez lourdement. Ne jamais s’humecter les lèvres. Boire, manger d’une certaine façon. Garder la bouche fermée. Et les cordes vocales endormies, il va sans dire.

Une remarque sur le fait qu’il la connaissait bien, ensuite. Le regard vert d’Aramis en revient à la femme et il acquiesce, ne lui faisait pas l’affront de mentir à ce sujet. Et même s’il n’était que d’intérêt moindre, n’était-ce pas quelque chose dont elle avait désespérément besoin ? De l’attention... Celle que Félix ne lui donnait pas. Il était un très mauvais mari malgré la façade qu’il tentait d’afficher, Aramis le savait. D’ailleurs, il n’allait pas le défendre devant Anthéa. Jamais. Toutefois, l’assassin à la silhouette longiligne n’allait pas non plus le condamner ouvertement. Plutôt mourir. Ce soir, il semblerait néanmoins que la maîtresse de maison voulait parler. S’il lui faisait plaisir. Lui était très doué pour l’écoute, sans faire de mauvais esprit. Il l’avait toujours été, davantage que pour les mots, même à l’époque où il était libre d’exercer le droit de parole. Taciturne. C’était indéniablement une de ses caractéristiques depuis toujours.

La question sur Félix lui fait incliner la tête vers l’avant, signe d’une réponse positive. Il a aussitôt un regard pour les escaliers qui menaient à l’étage où l’homme reposait, la tête enfin vide de toute cette tempête qui se prenait constamment de lui. Puis, il regrette un peu son air songeur aussitôt qu’il réalise qu’il l’affiche. Aramis détourne le regard, non sans scruter quelques secondes celui de la femme, comme dans l’espoir qu’elle n’ait rien vu. Mais Lady Anthéa était bien plus futée qu’elle ne voulait bien le montrer. Lui, si silencieux, portait assez attention à l’épouse de son maître pour le comprendre. D’ailleurs, il n’aime pas le regard insistant qu’elle lui porte. Il l’ignore, espérant peut-être que ça ne soit que passager. Si ce n’était toutefois pas le cas, qu’allait-elle bien sortir de son chapeau à surprises ? Aramis a un soupir. Il secoue négativement la tête. À nouveau, malgré lui, son regard se porte vers l’escalier. Il se prenait de plus en plus souvent à avoir peur pour Félix. Pour l’homme qu’il était devenu et qui risquait parfois de se perdre dans ses fantasmes, ses excès, ses démons...

En revenant à Anthéa, l’homme de main fronce les sourcils, soutenant son regard encadré de jolis et longs cils noirs. Un regard de biche qui n’avait toutefois plus que de l’innocence et de la douceur, cette nuit. Et le petit mouvement de tête qu’il a, accompagné de ce froncement de sourcils qui rendait son regard si sévère est éloquent. « Quoi ? ». Qu’y avait-il donc ? Quelles réponses cherchait-elle ? Il y a un instant de battement. Un malaise ? Non. Plus maintenant. Aramis prend une petite inspiration. Il se demandait si ce n’était pas ce soir qu’ils allaient avoir « la » conversation. Celle sur Félix. Celle sur la façon dont il couvait l’homme. Du regard, de son bras protecteur autour de son épaule dans l’intimité de cette demeure, parfois. Des longs moments qu’il passait dans la chambre conjugale alors qu’elle n’y était pas. Non. Il n’y avait jamais eu « ça » entre eux. Mais il était permis de douter, peut-être bien.

Aramis se lève. Il quitte. Mais ce n’est que pour prendre un bloc note et un papier. Lorsqu’il revient, il avait déjà écrit sur une feuille arrachée. Et il n’apporte pas de crayon. Il ne voulait pas devoir se justifier pendant un long instant. Le blond la tend à la maîtresse de maison, puis s’assoit à nouveau. L’écriture était plus jolie qu’on eût pu croire. Il avait appris. Écrire lui faisait du bien, dans l’intimité de sa chambre à coucher. Lire aussi. Lorsqu’il lisait ou écrivait, il parlait à sa façon...

« Il ne s’est jamais rien produit. »

Entre eux. Jamais. Pouvait-elle donc laisser ses spéculations à la nuit et repartir la tête en paix ?
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MessageSujet: Re: A swan of white feat. Anthéa Kennedy   Jeu 12 Jan - 15:41



Anthéa a un petit sourire, presque timide alors qu’Aramis semble vouloir admettre sans cérémonie la connaissance d’elle qu’il possédait. En même temps ils étaient ici ensemble depuis si longtemps… Elle-même savait quelques petites choses sur le grand blond mais, elle devait le reconnaître : elle en savait sans doute moins que lui. Parce qu’Aramis s’exprimait peu et elle ne parlait pas que de son mutisme ». Il semblait souvent économiser ses gestes et ses expressions comme un homme sage aurait économisé ses mots.

« Est-ce que tu veux que je mettre davantage d’eau à bouillir ? »

Pour troquer le verre d’eau contre une tasse de thé lui aussi. Quoi qu’il en soit elle avait confirmation que Félix se trouvait dans le domaine et elle a un mouvement de la tête, positif, assez rassuré.

« C’est bien. »

Elle préférait avoir la confirmation qu’il était ici plutôt que dieu sait où… Avec potentiellement dieu sait qui. Est-ce qu’elle savait ou même se doutait des infidélités de son mari ? Difficile à dire. Anthéa savait parfois se convaincre très fort de certaines choses. Peut être de l’amour qu’il lui portait aussi. Son regard sombre se pose sur Aramis qui semble bien songeur en regardant la direction dans laquelle ils pourraient retrouver son mari. Elle ne dit rien… Et comme il semble légèrement embarrassé de s’être fait surprendre, elle murmure :

« Tout va bien. »

Il n’y avait rien eu là qu’elle n’ait jamais déjà remarqué en quelques autres occasions. Comment reprocher à Aramis une fascination dont elle était elle-même empreinte et ce malgré la petite morsure au cœur que ça lui avait causé ?

Les traits d’Aramis se durcissent et Anthéa pourrait presque voir, dans ses beaux yeux sévères, les rouages de son cerveau. Il semblerait cependant qu’elle n’ai pas besoin d’ouvrir la bouche pour le faire aller à nouveau et bientôt elle se retrouve avec un bout de papier entre les mains. L’écriture était ronde, presque féminine même si elle ne ferait pas l’affront à Aramis de le lui dire ! Les quelques mots qui y sont inscrit la laisse songeuse et Anthéa s’installe à table, déposant le papier devant elle, reportant sa tasse à ses lèvres non sans la tenir de ses deux mains.

« Je te crois. »

Mais de lui demander ensuite, lentement :

« C’est presque pire, tu ne crois pas ? »

Parce qu’un amant ou une maîtresse… Ca devait simplement passer dans la vie de Félix sans qu’il les remarque vraiment, sans qu’il se souvienne d’eux ou de leur nom. Mais Aramis était là depuis aussi longtemps qu’elle et bien qu’elle se sache docile et sage, Aramis était carrément servile. Il était, en quelque sorte, « meilleur » qu’elle. Pourtant elle n’aurait pas voulu de sa place. Il y avait toujours deux faces à une pièce et le côté négatif de celle d’Aramis ne valait peut être pas tous les sacrifices auxquels il avait consentit.

Anthéa revient siroter un peu son thé, songeuse, oubliant presque pendant un instant la présence d’Aramis. Elle reconnecte néanmoins, lui adressant un sourire avant de l’encourager à se poser devant elle à nouveau.

« Mais vous avez vos petits secrets, tous les deux. »

Et des plus gros. Peut être bien que c’était ce soir qu’ils allaient devoir parler de ce qu’elle savait. Parce qu’elle en avait assez d’être tenue à l’écart… Parce qu’elle pouvait tenir la jalousie à l’écart lorsqu’elle était convaincue de voir Aramis se crever d’amour mais pas lorsqu’elle songeait au fait qu’il pourrait le lui murmurer à l’oreille tandis qu’elle aurait le dos tourné et qu’elle n’en saurait rien. Ca n’avait pas besoin d’être sensé… Il s’agissait de sentiments.

« Il y a des choses dont il faudrait que nous parlions… »

Aramis n’esquisse pas encore le moindre geste, assez stoïque comme à son habitude… Mais Anthéa avait laissé sa phrase en suspens et elle le soupçonnait de l’avoir très bien comprit. De fait, revenant planter son regard dans celui de l’homme, espérant qu’il ne bondirait pas soudainement sur elle pour serrer ses longs doigts autours de sa gorge, elle termine :

« … De vives voix. »

Elle savait. Et Aramis était assez intelligent pour l’avoir très bien comprit… Et pour savoir qu’il ne s’en sortirait pas avec quelques mensonges gribouillés sur du papier et quelques pirouettes…

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MessageSujet: Re: A swan of white feat. Anthéa Kennedy   Jeu 19 Jan - 8:11

D’une simple négation de la tête qui fait brièvement voleter ses fins cheveux blonds, Aramis refuse que la maîtresse de maison ne se dérange pour lui. S’il voulait un peu de thé ou une tisane, il se la ferait lui-même. Mais ce n’était pas le cas. À dire vrai, Aramis n’avait pas prévu se faire de vieux os au milieu de cette cuisine plongée dans la pénombre. Alors que faisait-il là, assis à la table, à « converser » avec Anthéa ? Nul n’aurait pu répondre à cette question, pas même le principal concerné, qui ne quitte la jeune femme des yeux à présent. Elle était belle, auréolée de la seule lumière ambiante : celle de la lune, diffuse et bleutée. Elle lui donnait un aspect irréel mais si charmant. Félix ne devait vraiment aimer personne pour ne pas aimer cette douce sirène-là. Mais c’était là des paroles qu’Aramis emporteraient dans la tombe avec lui.

C’est toutefois d’un signe positif qu’il souligne ensuite la réponse de la demoiselle. Oui. C’était bien que Félix soit rentré. Qu’il dorme probablement au creux de son lit, ses songes l’emportant loin de tous ses soucis actuels, ceux qui lui donnaient ces quelques fils blancs qu’Aramis observait parfois dans la chevelure qu’il avait connue foncée à souhait. Mais tout n’allait pas nécessairement bien, non. Anthéa le savait probablement tout aussi bien que lui. L’homme a un petit soupir. Certaines choses n’étaient pas prévues et pourtant dieu sait que toute sa vie avait été savamment calculée dès l’arrivée de Félix Kennedy dans celle-ci... Il y a une note ensuite. De l’écriture. Des mots. C’était le plus important dans la situation actuelle. Parfois, ils manquaient atrocement à Aramis, même si peu de gens au Capitole s’intéressaient à ce qu’un « esclave » aurait à dire.

La réaction de la dame n’est pas exactement celle à laquelle il s’était attendu. Parce qu’elle était trop calme, trop posée. Anthéa savait. Ça, ce n’était plus vraiment un secret pour Aramis. Mais elle savait depuis longtemps. Et ça, c’était déjà beaucoup plus étonnant en soi. Un peu gênant, peut-être. Par contre, il y a ensuite des points d’interrogation dans le beau regard feuille du grand blond. Presque pire ? Non. Il ne suivait pas la pensée d’Anthéa et pourtant, la jeune femme semblait sûre d’elle et il soupçonne que de ne pas avoir suivit son cheminement de pensée ne signifie en rien qu’elle a tort. Il n’ouvre toutefois pas les lèvres pour demander éclaircissement, ni ne saisit à nouveau un crayon. Parfois, il vaut mieux ignorer les choses. Mais, chose très rare dans son cas, Aramis se penche un peu vers Lady Anthéa pour, un bout de ses longs doigts fins mais masculins, caresser le dessus d’une main qui elle avait tout de féminine et gracieuse.

C’est bref. On eût presque croire avoir rêvé le geste tant il n’en reste pas le moindre indice quelques secondes plus tard. Mais ça se voulait doux. Réconfortant. Ce à quoi Anthéa ne pouvait guère aspirer dans sa vie quotidienne, il le savait. Il était dans la même situation. Félix n’était-il pas une malédiction que ceux qui l’aimaient se traînaient au pied tel un boulet, tout compte fait ? Et lorsque la gracieuse dame parle des petits secrets qu’ils cachaient, Aramis pense-t-il à son mutisme ? La vérité, c’est que même pas. Après dix-huit années à savamment dissimuler cette information, elle en vient presque à se fondre en lui. Il l’oublie. Oublie que d’autres pourraient le découvrir, sans pour autant devenir négligeant. Aramis songe à leurs manigances, peut-être bien plus. Mais pas à ça. Jamais à ça. Et pourtant, le regard de la jeune femme le transperce, cherchant, trouvant peut-être bien... Ou ayant déjà trouvé il y a longtemps de ça ?

Elle parle. Il paralyse. Son premier mouvement est réflexe. Pas violent, non. Une simple rotation au niveau du cou pour jeter un regard peut-être un brin inquiet vers les escaliers. Mais pas de Félix. Pas de colère. Pas d’angoisse pour eux deux. Aramis se lève. Il fait d’abord quelques pas vers la porte vitrée qui donnait sur un somptueux jardin. Puis, il revient vers Anthéa et cette fois, il prend la main de la jeune femme pour l’inviter à se lever. Il la relâche, ce contact n’étant pas habituel et peut-être gênant. Déplacé. Mais, il s’assure qu’elle le suive alors qu’il quitte la cuisine pour le jardin contemplé quelques secondes plus tôt. Dans sa poitrine, son coeur s’agite. Il lui semblait que sa vie entière lui glissait soudainement entre les doigts. Il n’en avait jamais perdu le contrôle à ce point et pourtant vu sa condition, c’aurait souvent pu être le cas.

Il ne s’arrête qu’une fois sous la sécurité d’un petit pavillon, au milieu du jardin. Aramis panique et pourtant, il semble toujours aussi stoïque qu’à son habitude. Sans se presser, il retire l’ample veste presque asiatique qui recouvre sa tunique pour venir la poser sur les épaules de la jeune femme. Elle était si menue... La nuit était peut-être belle, mais il craignait qu’elle n’ait froid. Puis, sa voix. Grave et masculine, un peu rocailleuse de ne pas être assez utilisée. Et surtout, lente, savourant chaque syllabe comme si c’eût été la dernière prononcée.

« Comment avez-vous su ? »

Ils avaient été extrêmement prudents. Il se souvenait toutefois de ces soirs où, dans la chambre ou dans la salle de bain des maîtres, parfois dans un salon discret, il tendait l’oreille, craintif que la maîtresse de maison ne revienne plus tôt que prévu d’une fête donnée par quelques connaissances que ce soit. Et il se souvenait qu’à chaque fois, Félix trouvait à se moquer. Qui riait, maintenant...? Plus personne.

« Pourquoi avoir cette conversation avec moi ? », demande lentement Aramis, ne quittant pas la jeune femme des yeux. Il joint ses mains sur son ventre, le port altier, attendant la réponse qui le tracassait tant. Son regard s’était un peu étrécit, comme celui d’un prédateur guettant sa proie. Qu’on ne lui prête pas de mauvaises intentions. Il n’en avait pas envers cette femme-là. Toutefois, on ne chassait pas si aisément le naturel... « En parler avec Mr. Kennedy aurait été plus naturel. »

Il lui semblait, du moins. Un frisson le traverse. Rien à voir avec le froid. Ses vêtements, bien que se lovant contre sa silhouette svelte, le tenaient au chaud. Mais parler à quelqu’un d’autre que Félix était tout bonnement incroyable... Il aurait peut-être dût chercher à nier. Oh, elle savait. Sans le moindre doute, il en était sûr. Mais, s’il refusait d’ouvrir la bouche, elle n’aurait rien à se mettre sous la dent. Or, il en avait envie. Et peut-être même indécemment besoin...
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MessageSujet: Re: A swan of white feat. Anthéa Kennedy   Dim 22 Jan - 17:28



Aramis n’avait pas comprit en quoi à ses yeux la situation pouvait sembler « pire ». Il était sans doute trop prisonnier de ses sentiments pour Félix, trop aveuglé peut être. Ou bien simplement était-il capable d’en endurer davantage qu’elle-même. Toutefois Anthéa n’éclaircie pas ce point. Elle en avait déjà bien assez dit, avait déjà assez largement remué le couteau dans la plaie. Aramis plaisait-il charnellement à Félix ? N’aurait-il pas prit ce qu’il désirait si tel était le cas ? Anthéa plonge son regard en amande dans celui du « muet », cherchant en lui quelque chose qui, au-delà de leur condition sentimentale, lui ressemblerait. Mais il n’y avait rien lui semblait-il. Aramis et elle ne pouvaient être plus différents. Et c’était décourageant de se demander de fait vers qui la préférence de Félix pouvait bien aller.

Une caresse, à peine plus qu’un souffle sur sa main et Anthéa baisse les yeux sur cette dernière. La main d’Aramis n’y était déjà plus. Le toucher avait été chaud sur sa main froide et Anthéa avait finalement posé ses deux mains sur sa tasse comme pour chercher à les réchauffer un peu.

Puis « le » moment. Celui des révélations. Ou des mensonges. Mais vu le regard inquiet d’un Aramis qui laisse brièvement tomber le masque il ne compte pas lui faire cet affront. Anthéa elle-même jette un regard légèrement intimidé vers les escaliers. Sans doute qu’ils retiennent leur souffle d’un même effort… Avant de le relâcher.

L’agitation d’Aramis est d’autant plus remarquable qu’elle était plus que rare… Mais l’inquiétude naît malgré tout en elle alors qu’il cherche à l’attirer au jardin, à l’écart de tout. Son cœur bat plus vite, son souffle se faire plus court et dans une petite exclamation étouffée son pied heurte une imperfection, manquant de la faire chuter. Anthéa a un signe de la main pour Aramis, pour lui faire comprendre que ça allait, qu’elle pouvait continuer de marcher par elle-même… Et elle continu de le suivre, ayant des pensées toutes plus diverses les unes que les autres, songeant peut être quelque part au fond de sa tête que s’en était finit, qu’il allait la supprimer et l’enterrer sous un cerisier.

Pourtant ce n’était pas ce que son regard exprimait à ce moment précis. En fait, il y passait tant de choses qu’il semblait à Anthéa qu’Aramis n’avait jamais été si expressif et pourtant il n’avait pas encore ouvert la bouche. Son attitude en revanche gardait de ce stoïcisme, de cette froideur et de cette distance qui lui était coutumière…

La voix du blond s’élève finalement, grave, profonde même. Légèrement rocailleuse de ne pas servir souvent. Et la première question est, il lui semble, la plus légitime. Anthéa ne fait d’ailleurs pas de mystère puisque la réponse était on ne peut plus simple :

« Je vous ai surprit, Félix et toi. »

Elle avait eu un frisson lorsqu’Aramis avait ouvert la bouche. C’était une chose de savoir… Mais une autre d’y être confronté. Anthéa n’était pas dans les petits secrets de ces deux hommes. Ils l’en tenaient respectablement à distance… Alors elle avait un goût d’inconnu sur la langue qui lui donnait la bouche sèche. Quant à savoir pourquoi elle en parlait d’abord à Aramis plutôt qu’à Félix, Anthéa à un léger mouvement d’épaule, faisant tintinnabuler quelques perles sur ses vêtements par ce geste.

« L’occasion s’est présentée, je présume. »

Et puis c’était souvent difficile de savoir comment aborder un sujet avec Félix. Surtout un sujet délicat comme celui-ci.

« Aurais-tu préféré que je lui en réfère d’abord ? »

Anthéa finit cependant par avouer :

« J’ai pu craindre aussi que tu portes le blâme de la situation. »

S’aurait été facile peut être que d’évincer Aramis en allant faire un caprice un peu menaçant auprès de Félix. Mais non seulement son mari n’était pas réceptif à ce genre de caprices en général mais en plus elle craignait un peu sa réaction pour être honnête. Vis-à-vis d’elle cette fois.

Le silence se pose à nouveau sur eux et le petit abri que leur offrait le kiosque avant qu’elle ne pose à son tour une question probablement des plus légitimes :

« Pourquoi ? »

Pourquoi cette mascarade ? A quoi bon ? Et Anthéa ne pensait pas Félix assez délicat et empathe pour qu’il ait voulu sauver la langue d’Aramis à l’époque. A caresser les secrets du bout des doigts, elle ressentait plus ou moins l’envie de les saisir à pleines mains à présent.

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MessageSujet: Re: A swan of white feat. Anthéa Kennedy   Dim 19 Fév - 1:07

C’était étrange, déstabilisant même, que de briser le silence de ce pavillon de sa propre voix alors que la seule autre âme qui vive près de lui ne soit pas Félix. Effrayant aussi, peut-être. Aramis en serait-il venu, après dix-huit années de mutisme, à avoir peur de sa propre voix ? La femme ne tressaille-t-elle pas lorsque le timbre grave et rauque s’élève dans l’air ? Ou bien hallucine-t-il en donnant à la maîtresse de maison des sentiments qui n’appartiennent qu’à lui ? Quoi qu’il en soit, sa réponse ne se fait pas attendre. Bien sûr qu’elle les avait surpris. Ça ne pouvait forcément être rien d’autre. Mais il se demandait un peu quand, pourquoi, comment... Il avait toujours fait très attention. Et pourtant, lui revenaient en tête toutes ces fois où il se taisait abruptement, tournant vivement la tête vers une porte ou un couloir, un frisson désagréable remontant le long de son échine. Toutes ces fois où Félix finissaient par railler en lui assurant qu’elle n’était pas là. Qu’avait-elle pu entendre, cette fois-là ? Le regard feuille ne quitte plus le visage gracieux, cherchant réponse à ses questions, peut-être bien... Et puisqu’il ne les trouve pas ainsi, bien malheureusement, il prend à nouveau la parole, brièvement. Très et même trop.

« Qu’avez-vous entendu, cette nuit-là ? »

La nuit, oui. Parce que Aramis ne parlait que lorsque le jour cédait à l’obscurité et que les oreilles indiscrètes étaient endormies. Pas toutes, semblerait-il. Et ça, c’était largement problématique. Surtout si cette découverte était récente, comme il le supposait. Parce qu’il essayait de plus en plus de convaincre Félix d’une possible trahison... Une « haute » trahison. Celle envers le Président actuel. Aramis ne répond pas lorsque Anthéa lui fait remarquer qu’elle n’a jamais eu l’occasion d’aborder le sujet avec son mari. C’était faux et elle-même, de ce haussement d’épaules, ne semblait trop savoir si c’était l’excuse officielle seulement. Le grand blond passe sa langue contre ses lèvres sèches, nerveux, mais le cachant en se tenant droit comme un « i ». Ses mains retrouvent leur cachette habituelle, soit les amples manches de sa longue veste à la traine impressionnante.

« Oui. Il eût été préférable d’en parler à Félix. », convient tout d’abord Aramis, ne faisant même pas mine d’appeler l’homme par un terme plus approprié à sa condition, préférant user de son prénom pour le peu de fois où il pouvait le prononcer. Puis, Anthéa montre encore une fois qu’elle est trop bonne pour son propre bien en manifestant l’envie de le défendre, sans nul doute. Mais Aramis assure : « Je n’ai pas besoin d’être protégé. Je peux affronter Félix et son jugement seul. »

Il n’avait pas peur des conséquences. Pas face à cet homme-là. La plupart diraient qu’il était fou. Mais c’est seulement qu’il connaissait vraiment l’homme, au contraire de ces imbéciles. Mais la suite est plus précise. Et moins évidente pour l’homme, qui ne peut réellement répondre, cette fois. Parce que ça pourrait mettre Félix dans de sales draps, même s’il ne l’admettrait pas. Il y a un instant de silence. Long, très long. Autour d’eux, le vent souffle un peu, jouant dans l’herbe, faisant chanter les feuilles. C’était une nuit tranquille. Très et même trop. Aramis pousse finalement un soupir qui brise un peu de ce silence lourd de sens. Il fait quelques pas dans le petit pavillon du jardin, son regard quittant finalement le visage fin pour observer les alentours, songeur.

« Tout homme de puissance se doit d’avoir une arme secrète. », murmure simplement Aramis, l’air un peu lointain, soudainement. Il s’approche d’une rambarde, son regard clair s’élevant jusqu’à la lune ronde et pleine. « Je ne suis pas un esclave. Je suis un agent. Mais je n’en dirai pas plus. Il faudra te référer à Félix pour la suite. »

Tout en sachant fort bien qu’il lui donnerait encore moins de renseignements, pour sa part. Il n’avait pas la patience de gérer ce problème... Mais Anthéa devait savoir quelque chose...

« Peu importe ce qui arrive... », commence Aramis dans un murmure, se tournant à nouveau vers la femme. Sa longue traine rompt elle aussi le silence de la nuit dans un froissement de tissu caractéristique à l’homme de main. « Je serai le premier à lui annoncer. »

Ce n’était pas une demande. Ni une option. Aramis garderait la main à ce sujet... Quoi qu’il advienne.
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MessageSujet: Re: A swan of white feat. Anthéa Kennedy   Mar 21 Fév - 10:03



C’est bref… Mais il semble à Anthéa qu’elle peut suivre toutes les réflexions d’Aramis dans ses pupilles claires. Bien qu’elle n’en saisisse pas le sens ni l’entière raison elle devine sans mal les rouages habitués et vifs du cerveau du grand blond qui tournent et tournent… Elle sait déjà qu’en ce bref moment de réflexion où il avait les yeux sur elle il ne la regardait pourtant pas… Et que ce qui n’avait duré qu’un fragment de minute avait permit à une multitude de pensées de traverser l’esprit de cet homme là. Elle… Elle n’avait pensé à rien ou presque, toute prise qu’elle l’était par le froid qu’elle ressentait jusque dans ses os à présent et qui n’était qu’à moitié le résultat de la température.

Une question, peut être légitime mais qui surprend Anthéa. A la place d’Aramis elle aurait eu tant de questions qu’elle ne s’était pas attendu à ce qu’il commence par celle-là. Elle garde donc un instant le silence avant de demander :

« Est-ce que c’est important ? »

Croyait-il qu’elle avait volé quelques secrets d’alcôve ? Ca lui fait presque de la peine de songer que ça aurait pu être le cas, visiblement. C’était une chose de bien se douter que Félix lui faisait des secrets auxquels les oreilles d’Aramis avaient le droit mais s’en était une autre que d’être mise devant le fait accomplit.

« Est-ce qu’il y a seulement une bonne réponse ? »

Si Aramis n’était pas sensé pouvoir parler, qu’importe ce qu’elle avait pu entendre… Ca n’aurait pas dû arriver et en ce sens elle avait entendu des choses qui n’auraient jamais dû parvenir à ses oreilles. Aramis se défend en tout cas de la bienveillance qu’elle était prête à avoir pour lui… Et drapé dans ce qu’elle prend pour une évidente fierté, Aramis lui semblait la prendre de haut, ce qui la prend à rebrousse poil  à cet instant, lui créant une petite ride du lion entre les deux yeux alors qu’elle plisse légèrement le nez.

« Est-ce que ça t’insulterait que ton bien-être puisse aussi être entre mes mains ? »

Et de rappeler :

« Sur le principe c’est le cas… »

Parce qu’il était au service de sa famille… Et parce qu’elle connaissait son vilain petit secret ! Alors nul besoin d’avoir l’air si fier et de se détacher d’elle de cette manière. Elle avait voulu bien faire, se trouver un allié peut être… Mais là où le don de parole aurait soudainement dû les rapprocher Anthéa craignait qu’il n’ait en réalité que creusé un fossé entre eux.

Aramis fait référence à lui-même comme à une arme… Mais il devient évident pour Anthéa que pour le moment il n’attenterait rien contre elle. Elle ne pouvait pas dire ce qu’il adviendrait lorsque Félix serait mit au courant… Mais elle avait bon espoir qu’au fond de lui Félix l’aime assez pour ne pas permettre que ça arrive. Ou craigne en tout cas que sa famille ne se rebiffe contre lui et ne lui reprenne leur appui s’il lui arrivait quelque chose. Vu sous cet angle c’était tout un mariage d’amour n’est-ce pas… ?

Bref.

« Je me demande bien davantage ce qui peut ainsi te motiver qu’autre chose. »

Ca demandait beaucoup d’abnégation et de sacrifices. Pourtant Aramis ne semblait pas avoir besoin d’y réfléchir à deux fois pour se lancer dans cette quête au service de son mari. Avec stupeur elle se demandait si elle avait l’air aussi servile, voir rampante aux pieds de Félix qu’Aramis pouvait lui en donner l’impression à cet instant malgré sa stature imposante et son port trop fier.

« Je suis sûre que tu aurais été dans ses favoris, si tu avais joué. »

A défaut d’être « le muet » de Félix. Aramis avait l’imposante stature et, sans qu’elle en doute, la force nécessaire pour ça.

Il a une réflexion qui sonne presque comme une menace à ses oreilles et Anthéa rétorque de fait :

« Je n’ai pas l’intention de me prêter à une course contre la montre pour le lui dire avec toi. »

Tout en constatant :

« Puisque si j’ai gardé le secret pour te préserver, tu n’envisages pas du tout de le garder pour me préserver moi. »

Elle réalisait comme peut être Aramis et Félix se ressemblaient en perfidie lorsqu’ils cessaient de penser à autrui. Mais elle n’allait pas l’empêcher de lui dire ni nier. Félix saurait tôt ou tard de toute façon.

« C’était bien inutile de faire tout ce chemin jusqu’ici pour en arriver là. »

Anthéa a un soupire en posant une main contre la rambarde du kiosque, demandant finalement :

« Attend demain matin. Il a besoin de repos. Je ne lui dirais pas d’ici là. »


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MessageSujet: Re: A swan of white feat. Anthéa Kennedy   Sam 25 Fév - 2:21

La question de lady Anthéa rassure Aramis sur un point : elle n’a absolument rien entendu qui pourrait l’avoir marqué. Parfois, Félix pouvait utiliser envers elle des mots durs. Des mots qu’il valait mieux oublier. Mais elle ne les avait pas entendus. La surprise sur son beau visage de poupée de porcelaine était authentique. De fait, Aramis secoue la tête de gauche à droite, une seule fois, l’air grave. Non. Ce n’était pas si important que ça, finalement. Elle n’avait entendu ni pulsions meurtrières envers elle, ni le même genre de sentiment envers le Capitole. Il n’y avait pas lieu de s’affoler. Si Aramis aurait pu utiliser des mots, il est vrai, pour répondre à la femme... eh bien, il fallait y comprendre qu’il n’était pas coutumier de ce genre de situation. D’où la réponse d’un muet, encore une fois. Il espérait l’apaiser de celle-ci, mais plus les secondes s’égrainait, plus la situation semblait hors de contrôle. Anthéa était dans tous ses états. Pouvait-on le lui reprocher ? Non. Sûrement tout comme on ne pouvait reprocher à Aramis de l’être lui aussi...

Puis, il la vexe. La pique. Du moins, elle semble l’être et le grand homme n’a aucune intention d’inventer quelques vérités fausses pour qu’elle se sente mieux. Il porte ses mains à l’avant, les croisant contre son ventre. Mouvement qui aurait dût les cacher mais qui laisse les longs doigts presque graciles à l’air libre maintenant que son ample veste recouvre le tout petit bout de femme qui se tient devant lui.

« Je ne suis pas Capitolien de naissance, Lady Anthéa. », avance le serviteur pour introduction. C’était un fait assez rare pour le soulever, bien qu’elle le sache déjà. « Que mon bien-être dépende de qui que ce soit est une faiblesse qui pourrait me coûter la vie un jour. Ne le prenez pas personnel. »

Donc oui, ça l’insulterait. La vérité, c’est qu’il avait toujours eu un plan B, là où tout le monde pensait qu’il n’était qu’un idiot obéissant aveuglément à Félix. Il y a, parmi toutes les fantaisies de l’homme, trois d’entre elles qu’il ne lui laisserait jamais réaliser : prendre la vie de son serviteur, celle de son épouse ou encore la sienne. Donc oui, il avait un plan B au cas où ce serait sa propre vie qui serait en jeu. Et oui, il se crispe. Désagréable situation que celle où Anthéa essaie d’avoir l’ascendant sur lui de cette façon...

« Je ne suis pas étranger à votre bien-être non plus. », prévient doucement Aramis, d’ailleurs. Via ses quelques protestations envers Félix. Ses encouragements à mieux la traiter. À faire des efforts... Il fallait cependant rétablir une réalité, semblait-il. Et celle-ci était fort simple... « Je ne suis pas votre ennemi. Je suis un allié encore peu utilisé. »

Une promesse ? Oui... à bien y réfléchir, c’en était une. Toutefois, l’imposant blond garde le silence à la question presque informulée qui suit. Elle pouvait se demander. Il en était cette fois de son jardin secret. Aramis plus que quiconque tenait à le préserver. Pour les jeux... oh, il ne savait si dans l’esprit d’Anthéa c’était là un compliment, mais il incline la tête pour remercier. Il y a une nette hésitation du côté du grand homme... mais finalement, il rouvre la bouche.

« Je suis natif du district deux. », commente-t-il tout d’abord, son regard feuille ancré dans celui d’un noir d’ébène de sa locutrice. Il ne s’était jamais raconté. Quel pas immense c’était, ce soir... « J’ai été entraîné dès le plus jeune âge pour les jeux. Lorsque Félix m’a choisi, j’étais à l’aube de commencer ma formation de Pacificateur. Je suis... un guerrier. »

Ça lui semblait trop peu humble. Mais c’était pourtant la vérité. Et ça éclairait peut-être davantage la maîtresse de maison sur les raisons pour lesquelles il était auprès de son mari... Mais cette fois, la délicate dame est réellement vexée. Aramis a un soupir qui se fond dans la brise nocturne, semblant elle aussi faire frémir les feuilles.

« J’ai un devoir envers cet homme, dame Anthéa. Ce qui ne signifie pas que je n’en ai pas un envers vous. », assure lentement l’homme, posant une main contre la rambarde pour observer avec presque mélancolie le magnifique jardin asiatique. « Je m’assurerai qu’il ne vous en tienne pas rigueur. Il serait mal venu de le faire... Vous êtes chez vous ici et ne nous avez pas épié. Inutile de prétendre que vous vous prêtez à ce genre de jeu alors qu’il est évident que ce n’est pas le cas. »

Aramis déglutit avec difficulté, ses longs doigts passant brièvement contre la rambarde... avant qu’il n’arrête soudainement en sursautant un peu. Il porte un de ses doigts à ses lèvres. Une écharde s’était bêtement invitée... Retirant le malheureux d’entre ses lèvres, Aramis reprend néanmoins la parole.

« Nous avons plus en commun que tous voudraient bien le croire. », reconnait-il finalement avec plus de douceur. « Je n’ai jamais voulu votre malheur. Au contraire. »

C’eût été un beau cliché que d’avoir le coeur battant pour la femme du maître, si douce, prête à rendre toute l’attention qu’on voulait lui donner. Mais ce ne fut pas le cas... et Aramis maudissait un peu son coeur, ce soir.
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MessageSujet: Re: A swan of white feat. Anthéa Kennedy   Mar 28 Fév - 8:23



Elle ne pouvait que sans douter, sans quoi la présence de cet homme auprès de Félix eu été étrange. Mais ce n’était sans doute dit que pour se justifier ensuite et Anthéa garde un silence résolu. Étonnant comme avec le don de paroles ils semblaient se comprendre plus difficilement qu’avant à présent. Quant à son bien être… C’était également compliqué pour Anthéa d’en juger. Elle avait apprit, tout doucement et quasi inconsciemment à se méfier des hommes secrets, sans doute au contact de son mari. Et Aramis, tout sentiment presque maternel mit de côté, était un homme vraiment très secret… Quiconque aurait prétendu le contraire aurait mentit.

« Je n’ai pas le désire « d’utiliser » qui que ce soit… »

Elle n’était pas faite de ce bois là et à la réflexion elle se demandait si elle en avait malgré tout l’air. Elle était vexée de ça aussi… mais c’était moins dirigé contre lui que contre elle-même. Bien sûr qu’on changeait en avançant dans la vie mais l’avait-elle fait à ce point ? Ou bien peut être qu’elle avait toujours été ainsi au fond d’elle ?

« Est-ce que j’en ai l’air ? Je me sens manipulatrice quand on me parle d’utiliser un être humain. »

Et au fond elle savait bien qu’elle avait déjà arraché des promesses –à Félix par exemple- contre d’autres promesses. Ce n’était pas souvent, surtout que son mari négociait rarement (et encore moins avec elle !) mais c’était arrivé oui… Et Anthéa vient mordille l’ongle d’un pouce de manière nerveuse avant de prendre une bonne inspiration pour se calmer. Elle allait juste perdre l’essentiel de vu si elle se laissait éblouir par des problèmes qui pouvaient être si aisément réglés.

Aramis, lui, se raconte. C’est bref bien sûr… Mais il parlait d’un district où il avait apprit à être une de ces armes de guerre qu’il semblait persister à penser qu’il était. C’était peut être vrai… mais avait-il donc oublié la part d’humain ? Parfois à le voir on aurait pu croire oui… Un corps de robot dans une enveloppe de chaire.

En revanche Anthéa lève une main pour interrompre Aramis alors qu’il cherche à voler à son secours ou quelque chose comme ça. Il voulait intercéder en sa faveur ? Anthéa ramène sa main à elle tout en assurant :

« Je n’en ai pas besoin. Je suis plus solide que j’en ai l’air. »

Il pouvait agir ainsi si bon lui semblait et Anthéa lui en serait gré, assurément… Mais elle tenait à faire comprendre à Aramis qu’elle n’était pas qu’une pauvre femme trop aveuglée ou incapable de faire quoi que ce soit. Ho elle avait peut être été cette femme… Cette jeune femme. Cette enfant peut être même. Mais elle changeait, elle aussi.

« On me sous-estime autant que toi. Peut être même plus encore. »

A vivre dans l’ombre de Félix, à dire amen à tout, à pleurer pour avoir ce qu’elle désirait… Finalement, peut être qu’elle pouvait « utiliser » certaines personnes, certaines émotions. Peut être qu’il faudrait même qu’elle le fasse plus souvent.

Anthéa sursaute, sortant de ses pensées tandis qu’Aramis vient à se blesser. Elle a un petit soupir… Puis s’approche pour prendre sa main entre les siennes.

« Montre-moi. Tu vas l’enfoncer davantage. »

Ou se faire davantage mal que bien. Anthéa attire la main du grand blond sous une lumière artificielle pour y voir mieux, apercevant après un instant d’observation la fine écharde. Elle entreprend de pousser de repousser l’épine d’un ongle jusqu’à ce qu’elle soit assez sortit pour l’attraper et l’extraire entre deux autres.

« J’en suis sûre. »

Pour ce qui était de se ressembler plus qu’ils n’en avaient l’air. Anthéa ne pouvait plus compter le nombre de points communs qu’elle leur avait elle-même trouvé rien que ce soir.

« Mais c’est bien délicat de songer que tu ais pu veiller sur moi. Parfois en dehors de Félix rien ne semble t’affecter. »

Elle était prête à entendre et croire que ce n’était qu’une idée reçue… Mais ce soir elle était un peu fatiguée, avec l’impression qu’on la tenait décidément toujours en retrait tel un enfant qu’on aurait posé dans son parc pendant que les grandes personnes allaient discuter plus loin de choses qu’elle ne pouvait et/ou ne devait pas comprendre.

« Je me sens… »

Elle prend une pause, comme si elle n’avait pas su comment le formuler. Pourtant elle était ce genre de femme qui verbalise beaucoup. Alors après cette courte pause, elle convient :

« Triste. Et lasse… »

Et de le dire à haute voix elle avait comme l’impression que c’était encore plus vrai… L’épine vient à sortir de la minuscule blessure et Anthéa vient souffler sur l’écharde qui avait trouvé refuge sur le bout de ses doigts pour qu’elle aille ailleurs.

« Et souvent comme si je n’étais guère plus qu’une écharde moi aussi. »


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A swan of white feat. Anthéa Kennedy

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