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 J2 (05h) ~ deadly railway service (ivory)

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MessageSujet: J2 (05h) ~ deadly railway service (ivory)   Jeu 11 Aoû - 14:35

79th HUNGER GAMES, JOUR 02
FORÊT (NORD-EST, VOIE FERRÉE - F6), 05h ~ IVORY & EURYDICE


Il n'y avait pas de grillons. C'était dans ce genre de détails insignifiants à d'autres qu'Eurydice constatait le malaise ambiant dans lequel la plongeait cette forêt qui n'en avait que l'apparence. Pas un bruit, pas le grésillement d'un insecte, le froissement d'une aile ou le ululement d'une chouette pour prouver que l'endroit vivait, comme si rien ici n'était vrai. Comme si tout était fait pour leur rappeler leur mort imminente et le néant qui s'en suivrait, l'air étouffant d'humidité seulement là pour les empêcher de respirer à pleins poumons pour se sentir vivre encore quelques instants, quelques minutes. Eurydice n'arrivait pas à dormir. Elle ne parvenait même pas à se reposer, restant immobile et silencieuse simplement pour ne pas empêcher Andro de le faire, leurs dos collés l'un à l'autre pour se partager la couverture de survie que la blonde avait ramassé dans sa course loin de la corne d'abondance. Elle pensait aux tributs déjà morts, à ces six adolescents dont le visage était venu illuminer le ciel sans étoiles de ce début de soirée, les traits partiellement visibles au travers des branches sous lesquelles Andro et elle s'étaient calfeutrés en attendant le lendemain. Elle pensait encore à la tribut du dix, ayant bien compris que pour Andro le sujet était clos mais ne pouvant pas s'empêcher de continuer à se questionner, à se demander si la jeune fille n'avait pas tout compris avant tout le monde, et choisi la solution la plus éclairée. Être l'actrice de sa mort plutôt que la spectatrice.

Allongée sur son côté droit elle avait senti sa jambe fourmiller à force de tenir la même position, et n'y tenant plus elle s'était redressée. Elle n'apercevait aucune lune dans le ciel et pourtant la luminosité était semblable à une nuit de pleine lune ; Autre bizarrerie, autre fait inexpliqué. Glissant discrètement hors de la couverture de survie, s'immobilisant en sentant Andro bouger un peu avant de reprendre son mouvement, elle s'était redressée sans un bruit. Le jeune homme devait être fatigué pensait-elle, il avait ouvert la marche durant toute la journée hier, et porté cette hache qui semblait si lourdes aux yeux d'Eurydice. Il aurait besoin de forces à son réveil, et arène ou pas la blonde semblait s'imaginer qu'un petit-déjeuner était indispensable. Le Capitole avait passé ces derniers jours à les gaver de nourriture, tant et si bien qu'Eurydice, d'ordinaire dotéed'un appétit de moineau, se surprenait maintenant à avoir faim. Gardant sur elle les allumettes et les galettes de riz dont Andro lui avait donné la charge hier, la blonde avait alors décidé de fouiner un peu aux alentours, se promettant de ne pas trop s'éloigner mais désireuse de trouver des baies, des champignons, ou n'importe quoi d'autre susceptible de remplir l'estomac de son co-tribut et de le persuader qu'elle n'était pas exclusivement un boulet pour lui.

Elle tentait de marcher en ligne droite pour ne pas se perdre, le côté un peu factice des arbres qui l'entouraient rendant difficile la possibilité de se repérer. Lorsque le sol était devenu moins irrégulier, la terre et les racines remplacées par de l'herbe, la blonde avait ouvert grand les yeux à la recherche de champignons, retenant au dernier instant l'exclamation de satisfaction qui aurait pu lui échapper lorsqu'elle en avait trouvé trois, contre une souche d'arbre. « Craterellus cornucopioides. » avait-elle énoncé fièrement comme on récitait une leçon, comme si elle espérait faire la fierté de Callie en ressortant les connaissances qu'elle lui avait enseigné. « Personne ne va les ramasser ceux-là, ils n'ont pas l'air commodes. » La couleur sombre et la forme particulière de ce qu'on appelait aussi Trompettes de la mort risquait en effet de rebuter ceux qui ne les connaissaient pas « Ça sera notre secret à Andro et à moi. » avait-elle enfin murmuré avec fierté tout en cueillant les champignons, les déposant dans le bas de son blouson qu'elle tenait comme un tablier. Continuant un peu son chemin, elle était arrivée jusqu'à des rails, une voie ferrée. Contenant mal son excitation à l'idée de rapporter à Andro qu'elle avait trouvé un endroit susceptible de les mener vers quelque chose d'intéressant, elle s'apprêtait à faire demi-tour lorsqu'un craquement l'avait fait s'immobiliser, son coeur cognant tout à coup de toutes ses forces dans sa petite poitrine.

S'accroupissant au pied du talus, elle avait porté une main tremblante contre sa bouche pour camoufler sa respiration, comme elle avait appris à le faire pour échapper à la vigilance des pacificateurs pendant leurs rondes. Elle aurait voulu que ce ne soit qu'Andro, mais trop peureuse pour vérifier elle se contenter de tremblotter dans son coin, espérant pour que la personne ou l'animal qui rôdait dans le coin passe son chemin sans s'attarder par ici. Aucun autre craquement n'était venu troubler sle silence, pourtant, mais lorsqu'une ombre s'était dessinée au-dessus d'elle Euryeice avait laissé echapper un couinement plaintif, osant malgré son corps tremblant lever la tête vers son prédateur. Ivory. Ses cheveux blonds captant la lumière faiblarde de l'aube. « Ne me tue pas s'il te plait. Ne me tue pas ... » La voix tremblante et le ton suppliant, la blonde avait laissé ses yeux glisser jusqu'au marteau que le carrière tenait à la main. Elle n'avait pas voulu regarder pendant le bain de sang, elle ne voulait pas voir, mais pourtant elle l'avait aperçu au loin. Ivory fracassant le crâne du garçon du deux avec ce marteau, Ivory envoyant gicler sa boite crânienne sur l'herbe plus rougeâtre que verte. Ivory donnant la mort, comme il allait peut-être le faire avec elle, désormais.



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MessageSujet: Re: J2 (05h) ~ deadly railway service (ivory)   Jeu 18 Aoû - 20:28

Il regarde le ciel. Tente d’estimer l’heure, le temps qui a filé depuis le bain de sang. Il en est incapable. C’est la nuit, a priori. Ou peut-être est-ce le jour ? Il perd ses repères. Exactement ce que les concepteurs recherchent et il n’a aucune envie de leur donner cette satisfaction. Pourtant, le nez pointé en direction du ciel depuis une bonne dizaine de minutes ; il s’avoue vaincu. Il n’a plus aucune notion du temps, plus aucun moyen de se repérer dans cette arène fabriquée de toute pièce pour les isoler, les rendre fous et les moduler de la façon dont ils le souhaitent. Il regarde autour de lui. Il n’y a que le brouillard, l’humidité, la pénombre qui règne. Depuis qu’il a quitté la corne d’abondance, il a l’impression que l’arène s’assombrit d’heure en heure. Qu’outre leur incapacité à repérer de quel moment de la journée il s’agit ; il y a cette envie de les priver de leur sens. De la vue, tout d’abord, en leur interdisant de ne voir à plus d’un mètre ou deux devant eux, incapables de repérer les obstacles qu’ils pourraient rencontrer sur leur parcours, étant en constante inquiétude à l’idée de mettre le pied sur un piège, de se trouver à quelques centimètres d’une mutation sans le savoir, d’être la proie d’un tribut caché derrière un arbre, prêt à attaquer. L’odorat, aussi. Plus que celle du sang, c’est l’odeur de la pluie fraîche et pourtant si lourde qui embaume l’arène. L’ouïe, surtout, avec ce silence pesant. Ce silence qui n’a rien d’apaisant, ce silence inquiétant qui annonce un dangereux présage. Un silence constant, pas même brisé par les animaux qui ont fait de leur arène leur terrain de jeu, qu’ils soient sur quatre ou deux pattes. Premier jour. Non. Est-ce le deuxième ? Et Ivory perd déjà ses repères. Mais pas l’esprit, il y tient, il s’y accroche. C’est trop tôt, c’est trop dangereux, il n’est pas préparé. Pas à ça.

Il cesse de chercher la réponse à sa question. Ils veulent qu’ils perdent leur repère, il s’adaptera à ne pas en avoir. Savoir qu’elle est le moment de la journée, à quel jour en est son enfer ne l’aidera pas à achever ses adversaires ni à remporter la victoire. Au contraire, ce sont des préoccupations futiles qui prendront le pas sur le reste. Car Ivory est ainsi ; il fait de questionnements des nécessités ; de détails futiles des obsessions. Mais dans cette arène, il n’est plus question d’être lui, mais d’être l’adversaire. Le concurrent. Le tribut qui veut s’en sortir. Qui s’en fiche de l’heure, du moment qu’il est indemne. C’est encore le cas ; il se rattache à cela.

Il abandonne le ciel, observe le sol. Saisit un bâton pour ouvrir la marche, pour contrer le brouillard dense qui veut l’empêcher d’avoir une longueur d’avance sur les dangers. Il tapote au sol, à la recherche d’un point d’eau, pour remplir sa gourde de fortune mais surtout faire disparaître le sang de Blair collé à sa combinaison humide. Celle-ci est encore la preuve des ruses des concepteurs quand il est question de leur faire perdre, lentement mais sûrement, l’esprit. Ils ne cessent d’être piégés par la pluie et l’humidité. Leur corps tout entier est trempé nuit et jour (ou jour et nuit ?), mais le sang, lui, résiste. Il s’accroche à leur vêtement de fortune, comme pour s’assurer qu’ils ne perdent pas leur objectif de vue. Qu’ils sont là pour verser le sang, pour divertir, pour gagner. Le sang. Le sang. Le sang. Il est là avec eux, constamment, indissociable. Mais Ivory veut s’en dissocier. Et si l’eau n’en vient pas à bout, lui en viendra. Ce sang, il est sur ses mains, sur sa conscience. Il sera toujours là, invisible et accroché, mais il peut prétendre que ce n’est pas le cas. Qu’il est aussi immaculé qu’au premier jour, que tout ceci est dans sa tête et non sur sa peau. Qu’il peut encore mettre en barrière entre ce qu’il se passe et ce qu’il est. Qu’il peut encore faire illusion.

Il fait nuit. Il n’entend rien. Pas une seule vague qui s’abat contre un rocher pour lui signifier la présence d’une étendue d’eau. Il s’est éloigné de la corne d’abondance, des cours d’eau qui étaient à sa disposition là-bas. Il s’est trop éloigné. Il n’y a plus rien ici, si ce n’est cette forêt sombre et dense dont il est déjà lassé. Il marche, depuis des heures, des minutes, il ne sait plus, mais le décor persiste et signe. Des arbres, les uns contre les autres, rendant difficile le passage, dont les feuillages épais recouvrent le ciel et assombrissent l’horizon. Noir. Sang. Lourd. Ils ont réussi leur objectif. Cette arène n’est pas seulement malsaine. Elle respire la mort, par tous les arbres et tous les chemins. Et lui, il ne sait plus. Il avance, sans savoir. Il est faible, désormais Ivory. Quand il n’est pas question d’utiliser ses poings, il est perdu. Son intelligence se retrouve dupée par l’atmosphère. Il est perdu. Il est mort. Il ne sait pas.

Il entend un bruit. Cesse d’être Ivory et redevient le tribut entraîné. Réagit rapidement, empoignant sa machette et son marteau, abandonnant son bâton trop bruyant et privilégiant ses pieds lourds qui tentent pourtant d’être discrets. Qu’il se fasse remarquer. Qu’on l’entende. Qu’on cesse de lui faire croire qu’il n’y a que lui ici ; qu’on ne cesse de l’envelopper dans cette ambiance pesante qui lui donne l’impression d’être déjà mort. Prouvez-moi que je suis encore en vie. Prouvez-moi que je vaux encore quelque chose.

Il s’approche de la source du bruit. Un brin de lumière bienvenu apparaît. Il ne fait pas demi-tour, parce qu’il distingue à peine devant lui et que l’intrus est dans la même situation. Parce qu’il est perdu, mais pas affaibli. Parce qu’il ne veut pas attaquer, mais il peut se battre. Parce qu’il aime être seul, mais qu’il a besoin de distraction. Et cette distraction s’avère être Eurydice, la petite blonde du sept, reconnaissable par sa longue chevelure. L’incapable mais attachante Eurydice, toujours en vie après le bain de sang. Peut-être pas si incapable, en fin de compte. Elle apporte un peu de lumière, Ivory pointe son nez en direction du ciel tandis qu’un fin sourire se dessine sur ses lèvres et qu’il reprend peu-à-peu ses esprits. — Je ne vais pas te tuer, Eurydice. Ni aujourd’hui, ni demain, qu’il souffle, à voix basse, dans l’optique de ne pas attirer l’attention de potentiels concurrents non loin d’eux, susceptibles d’entendre aisément leur voix dans ce silence ambiant. Mais toi, vas-tu le faire ? Il questionne, en gardant ses distances. Parce qu’il l’aime bien, la petite Eury, mais qu’ils sont désormais dans l’arène. Qu’elle est une douce et innocente demoiselle. Un appât parfait pour aider son fort co-tribut à éliminer la concurrence. Paranoïaque, Ivory ? Peut-être. Une nécessité ? Certainement. Vas-tu le faire, Eurydice ? Es-tu capable de le faire, désormais ?



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MessageSujet: Re: J2 (05h) ~ deadly railway service (ivory)   Mer 31 Aoû - 13:35

79th HUNGER GAMES, JOUR 02
FORÊT (NORD-EST, VOIE FERRÉE - F6), 05h ~ IVORY & EURYDICE


Ce qui s'apparentait au début à un avantage se révélait en fait être un certain handicap : une arène faite de forêt, c'était la garantie d'un sentiment de familiarité pour Eurydice, et donc un tracas en moins à priori. Mais à trop se raccrocher à cela la blonde finissait par en oublier que cette arène restait un piège grandeur nature, un lieu destiné à les embrouiller, leur faire perdre leurs repères ; Ce n'était pas un hasard, si les arbres se ressemblaient tous bien trop pour que ce soit entièrement naturel. Et pourtant elle s'était levée confiante et s'était éloignée d'Andro et de leur campement de fortune persuadée qu'elle n'aurait aucun mal à retrouver son chemin ; Elle ne s'était jamais perdue dans les forêts du district sept, pas une seule fois. Loin de s'inquiéter de son trajet de retour elle mettait donc tout son coeur dans la mission qu'elle avait elle-même décidé de se confier, celle de trouver de la nourriture pour Andro et elle, et ainsi prouver son utilité à son co-tribut, afin qu'il puisse la voir autrement que comme le boulet qu'il devait attendre et traîner avec lui sans cesse. Oh bien sûr, Andro ne lui aurait jamais dit quelque chose ainsi, mais cela n'empêchait pas Eurydice de le penser ... Elle n'était pas très intelligente, mais malgré tout un peu moins crédule qu'il n'y paraissait.

Toute fière d'avoir trouvé des champignons que peu de tributs oseraient probablement ramasser tant leur aspect et leur couleur n'inspirait pas confiance, Eurydice en avait en tout cas presque oublié que le danger pouvait rôder partout dans les environs, à la fois dans la faune et la flore locale, mais aussi et surtout parce que l'arène était peuplée de vingt-deux âmes désireuses d'abréger son existence. Enfin, ils n'étaient plus vingt-deux désormais, Andro et elle avaient d'ailleurs observé dans un silence presque religieux le visage des tributs pour qui la première journée d'arène avait été fatale, et ni l'un ni l'autre n'avait osé prononcer le moindre mot pendant plusieurs minutes après cela. Alors disons qu'ils n'étaient peut-être plus qu'une quinzaine à vouloir sa peau ou celle d'Andro désormais, mais c'était déjà beaucoup trop, beaucoup plus que son esprit vagabond ne se le rappelait à cet instant, jusqu'à ce qu'un craquement derrière elle ne pique sa mémoire au vif et ne la persuade de se cacher. Ou tout du moins d'essayer, car au pied de ce talus, au-dessus duquel une voie ferrée semblait ne pas avoir vu passer le moindre train depuis des lustres - peut-être jamais, au fond - la blonde restait totalement à découvert. Sa chevelure d'ailleurs n'aidait en rien sa volonté de ne pas se montrer, la lueur de la lune y brillait presque, et retenant sa respiration Eurydice n'avait bien sûr pas pu empêcher Ivory de la découvrir.

Ivory. Qu'elle avait malgré elle observé du coin de l'oeil tandis qu'il ôtait la vie à son rival du district deux, celui qu'il avait affronté le jour où Eurydice et lui avaient fait connaissance. Marteau, machette, et la vie s'échappant du m'as-tu vu du district deux en quelques instants à peine, dans un son peu ragoûtant d'exécution de bétail. Était-ce ce qui l'attendait, désormais ? Ivory allait-il la transpercer de sa machette ou lui exploser le crâne à coup de marteau ? Eurydice ne voulait pas qu'on abîme son visage, elle souhaitait rester jolie même dans la mort, et pourtant au moment d'ouvrir la bouche seule une supplication plaintive en était sortie, celle de lui laisser la vie sauver et de l'épargner, bien qu'elle n'ait pas de raison valable à lui avancer pour le convaincre. Elle n'avait pas envie de mourir, c'était aussi simple que cela, mais comme tous ici au fond. « Je ne vais pas te tuer, Eurydice. Ni aujourd’hui, ni demain. » Rouvrant les yeux qu'elle avait fermé de toutes ses forces sans même s'en apercevoir, elle avait relevé la tête vers Ivory comme pour vérifier à nouveau qu'il s'agissait bien de lui, et de personne d'autre. « C'est ... c'est vrai ? » Elle n'osait pas y croire, croyait presque à une ruse, tel le chasseur qui laissait à sa proie quelques secondes d'avance pour pimenter la poursuite. Elle se sentait comme une proie au fond, c'est vrai, à la merci du chasseur qu'était Ivory. « Mais toi, vas-tu le faire ? » Ouvrant des yeux ronds comme des soucoupes, elle était restée interdite plusieurs secondes comme si elle ne considérait pas cette question comme sérieuse. Et puis, voyant que le blond attendait de toute évidence une réponse, elle s'était contenté de bondir et de se jeter à son coup.

A un autre moment sans doute aurait-elle néanmoins pris le temps de se demander ce qu'Andro ou Ethan penseraient de cette scène, ce qu'ils diraient s'ils la voyaient ainsi se pendre au cou d'un tribut adverse, mais à cet instant précis Eurydice n'y pensait pas. Elle n'était plus méfiante, non, comme si quelques mots suffisaient à l'endormir, et enfouissant un instant sa tête dans la nuque du tribut elle y avait déposé un baiser soulagé avant de desserrer un peu son étreinte et de lever les yeux vers lui « Mais je n'ai pas envie de te tuer ! » avait-elle alors protesté en fronçant les sourcils, presque vexée qu'il puisse imaginer une telle chose « Je savais que tu étais vivant parce que je ne t'ai pas vu dans le ciel hier soir, et j'étais contente tu sais ! » Elle l'était, aussi sincèrement qu'elle pouvait l'être. Consentant finalement à le lâcher, Eurydice avait remarqué à leurs pieds les champignons qu'elle avait laissé tomber en se jetant à son cou sans réfléchir, et s'était donc baissée pour les ramasser. « Tu en veux ? Ils sont bons tu sais, même s'ils ne sont pas jolis ... » Mais peut-être avait-il trouvé d'autres façons de se nourrir, de son côté, peut-être même avait-il réussi à se procurer de la nourriture à la corne, quelque chose d'un peu plus consistant que les galettes de riz ramassées par Andro et qu'Eurydice gardait dans le décolleté de sa combinaison à défaut d'avoir des poches.



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