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 well my heart is gold and my hands are cold

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MessageSujet: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 17:22



jessamine aurora warner
❝ WHO AM I LIVING FOR? ❞
Jessamine. Un joli prénom, féminin, doux, mélodieux, pour une somptueuse poupée succédant à deux fils. Deux beaux et grands garçons, une charmante petite fratrie achevée avec la venue de la jolie demoiselle aux traits délicats et à la chevelure flamboyante. Pour brosser un portrait respectueux de la vérité de la benjamine du clan Warner, il faut s’attarder plus amplement sur ce dernier et les membres qui le composent. Une famille implantée au capitole, un nom murmuré de ci de là, un nom s'attardant langoureusement sur les lèvres. Un père travailleur et doté d'une assurance vertigineuse. Un homme impérieux, comme issu d'un ancien temps. Un homme qui  a dut se persuader qu'autrefois, il fut roi. A ce niveau, sa femme n'est par ailleurs guère en reste. Tous deux concepteurs des Hunger Games (leur lieu de travail fut par ailleurs le lieu de leur rencontre), ils firent connaissance alors qu'ils penchaient tous deux sur l'organisation d'une arène et un coup de foudre discret pointa le bout de son nez. Quelques mois plus tard, dans un bel quoiqu'un brin perturbant élan de passion, ils se mariaient et ils ne tardèrent guère par la suite à avoir des enfants.

Grace Warner mis au monde trois enfants. Le premier, un beau garçon au regard si gracieux et franc qu'il lui confère une inhabileté totale à l'exercice subtile et controversé du mensonge, fit son entrée en ce monde avec la facilité d'une lettre postée sans encombre. Le second fut dès le début plus source de problème. Un autre garçon, volcanique et charismatique au delà du raisonnable, impétueux, fort et incontrôlable, avec un oeil vif comme toujours à l'affut de l'acte choquant à commettre. Enfin, Jessamine, la seule fille, créature douce et angélique. La benjamine, la princesse, coincée entre les tempéraments diamétralement opposés de ses deux frères, tous deux soucieux de l'amener à se positionner de leur côté. Et, Jessa, elle se laissait faire, elle les a toujours laissé parler, s'abreuvant de leurs paroles illusoires et mensongères car tissées de leurs propres certitudes bancales car n'appartenant qu'à eux seuls. Elle a vu le monde à travers leurs yeux, à défaut de se faire l'effet d'avoir la force de le découvrir par elle-même. C'était beaucoup plus facile comme cela, c'était tellement plus facile de se reposer sur ses proches, d'épouser leurs vies et leurs idéaux et de se complaire dans ce qui tenait pour elle du familier. Jeune femme docile, elle a toujours eut des airs d'enfant parfaite, délicate et précieuse. Un bijou, un petit diamant soigneusement astiqué et chéri. Jessamine, on n'a jamais attendu d'elle autre chose que d'être belle, obéissante et de ce fait manipulable. Personne n'avait besoin qu'elle réfléchisse, pas cette jolie petite poupée. On n'attend nullement d'une poupée qu'elle soit intelligente, courageuse ni même forte. Elle n'avait qu'à être délicate pour faire le bonheur des uns et des autres. C'était soit belle et tais-toi. Ainsi, Jessamine fut belle et silencieuse.

Elle demeura cet être de porcelaine évoluant au sein d'une somptueuse, quoi que ce luxe se révéla trompeur et dangereux, cage dorée, prisonnière de son monde à la réalité grossière et mensongère. Enfant dorlotée, choyée, elle était obéissante, faisait ce qu'on attendait d'elle. Jessamine a toujours été sourde à la cruauté sévissant pourtant tout autour d'elle. Elle regardait les jeux de la faim, blottie entre ces deux frères et supportait ses concurrents favoris. Car on ne peut gagner à chaque fois, fatalement, parfois, l'un de ces derniers décédait, mais Jessamine n'a jamais semblé comprendre ce qui en résultait vraiment. Lorsqu'un de ses favoris se faisait tué, une simple moue désapprobatrice venait prendre place sur son visage et elle semblait brièvement contrariée, avant de passer à autre chose, comme s'il s'agissait d'un simple personnage télévisé, comme si tout cela était une comédie. Après tout, c'était un programme télévisé, alors pourquoi s'en faire tout un monde ? L'aspect réalité de la chose la dépassait alors et ce à l'instar de tous les autres membres de sa famille à l'exception peut-être du plus âgé de ses frères qui lui semblait penser autrement.

Et puis, la poupée a grandit. Elle est tombée amoureuse, n'allant guère rechercher son âme soeur bien loin puisqu'elle trouva cette dernière en la personne du meilleur ami du plus jeune de ses frères. Quelques années plus tard, des étoiles dans les yeux, il lui demanda sa main et elle la lui concéda, le coeur gonflé d'amour à l'égard de ce garçon dont elle peinait encore parfois à croire qu'il l'ait choisie elle parmi toutes les autres. Elle se maria jeune et l'étape suivante ne tarda guère à être franchie. De ce mariage découla un petit garçon, aujourd'hui âgé de trois ans. Depuis la venue au monde de son fils, Jessamine a tendance à se considérer comme une mère avant même de se considérer comme une femme. Son fils est sa chair, son sang et l'être qui a tout changé pour elle. Le jour de sa naissance, il a paru à Jessamine que le monde autour d'elle avait brusquement changé. Après plus de vingt ans de léthargie, c'était comme si mettre au monde son fils l'avait indéniablement, indubitablement, réveillée. La fin d'une vie et le début d'une autre.

Et depuis cela, depuis que son fils est venu au monde en retournant tout sur son passage, il lui semble qu'elle lutte désormais pour sa survie. Devenir mère a eut le don de lui ouvrir les yeux, notamment à propos des Hunger Games et de la cruauté sourde et vociférante qui se dégagent de ces derniers. Elle ne voit plus en les tributs les simples personnages d'un jeu, mais bien des êtres de chair et de sang, comme elle, comme son petit garçon. Et cette pensée lui retourne le coeur, ce monde qui autrefois était auréolé de perfection à ses yeux la rend nauséeuse. Tout ce qui la réjouissait la débecte désormais et dans ce monde défiguré par une vérité fraichement révélée, son fils, son bébé, demeure sa seule constante. Et elle tente d'être forte pour lui. Elle a voulu s'échapper, elle a voulu fuir et elle le veut toujours, mais le problème demeure dans le fait que deux hommes répugnent à la laisser s'échapper. Son mari et le meilleur ami de ce dernier en la personne du plus jeune des grands frères de Jessamine ont senti le changement qui s'est opéré en elle. Ils ont surpris la haine, la peur, le dégoût, dans ses yeux et bien loin d'être idiots, ils ont réussis à en remonter jusqu'à la source. Son esprit a été empoisonné, son coeur pur détraqué, encrassé. Voilà ce qu'ils pensent et ils sont bien décidés à la soigner, de gré ou de force. Pour cela, ils ont commencés par la faire tourner en bourrique, se jouant d'elle, la persuadant qu'elle souffrait d'hallucinations alors qu'elle demeurait simplement la proie de leurs pièces de théâtre malsaines. Ils l'ont droguée, s'acharnant à faire d'elle une loque dans l'espoir de retrouver la poupée docile si appréciée, si désirée. Et quelque part, quand bien même son coeur persiste à gronder, à hurler à la révolte, ils y parviennent un peu plus chaque jour. Elle est brisée, Jessamine et perdue aussi. Son corps est sa prison, son coeur est en cage.

Désormais âgée de vingt-cinq ans, elle a l'impression désagréable et constante de ne vivre qu'à moitié. Elle se sent comme coincée dans un état de végétation permanent. Elle respire toujours, son corps n'est pas desséché et pourtant parfois, en ce qui la concerne, c'est tout comme. Elle a l'impression d'osciller entre la vie et la mort. Jessamine vit dans la peur constante, peur entretenue par son époux qui pense s'assurer ainsi un certain contrôle sur elle et sur les idées malsaines qui pourraient venir à germer dans son esprit. Elle redoute même d'approcher son fils qui demeurait pourtant son seul éclat de soleil dans un monde lui faisant l'effet d'avoir basculé dans les ténèbres, persuadée qu'elle était en train de de devenir folle et mortifiée à l'idée de le blesser d'une façon ou d'une autre. Elle a le sentiment de perdre la tête et peine fréquemment à démêler ce qui est réel de ce qui est fictif. Sa réalité est plus que jamais défigurée, son corps et son âme lacérés. Par dessus tout, elle n'a guère le loisir de beaucoup s'occuper. Femme au foyer, elle passe la plupart de ses journées à tenter en vain de s'occuper l'esprit et à fuir son fils. Et puis elle réfléchit aussi, à s'en donner mal au crâne. Elle rêve de s'échapper, de quitter le capitole qu'elle apparente désormais à une prison.

about games and relative.
La première chose à savoir, c’est qu’elle n’a jamais crut avoir à mourir avant son heure. Jessamine, elle s’est toujours figurée que lorsque le moment serait venu de rendre son tout dernier souffle, elle serait une vielle femme ridée, bien au chaud dans son lit, avec une toute vie bien remplie à laquelle se penser, une vie merveilleuse et peuplée de souvenirs fabuleux avec lesquelles elle pourrait joyeusement se réchauffer alors qu’elle verrait sa vie s’achever. Elle n’a jamais cru que la mort pourrait être moins douce, elle n’a jamais pensé que sa vie pourrait être en danger d’une manière ou d’une autre. Elle n’était pas sensée être confrontée à la mort, Jessy. Ce n’était pas au programme. Par la précieuse petite Warner, le bijou, le diamant parfait, dorloté. Elle était sensée mener la grande vie, conserver sa place dans l’élite et être heureuse pour toujours. C’était là son programme et elle était foncièrement décidée à y faire honneur. Elle ne pensait même pas avoir d’efforts à faire pour décrocher son « happy ending ». Non, elle n’avait qu’à suivre les règles, mettre un pied devant l’autre sur le chemin pavé à son intention. Il aurait dut en être ainsi, mais aujourd’hui, la réalité, sa réalité, est toute autre. Depuis la naissance de son fils, son monde s’est retrouvé chamboulé et sa vision de la vie avec, naturellement. La vie, qui lui apparaissait auparavant d’une étonnante quoique que divinement bienvenue simplicité, est devenue foncièrement compliquée. Aujourd’hui, Jessamine peine à s’imaginer un avenir serein. Sa vie est devenue un véritable champ de bataille et elle se sent à même d’exploser d’un instant à l’autre tant tout son corps lui semble à vif, meurtri. Sa peau est brulée, son cœur écrasé et la fin sereine qu’elle envisageait lui apparaît désormais comme étant hors de sa portée. Elle se sent terriblement mortelle, terriblement vulnérable et s’il y a une personne pour laquelle elle donnerait de bon cœur son existence tourmentée, c’est bien son enfant, son fils, ce petit être aujourd’hui âgé de trois ans qui la terrifie autant qu’elle l’aime. Son amour pour lui est écrasant, immense, immuable. Il a tout changé à la seconde où il a pointé le petit bout de son nez et elle serait prête à sacrifier son propre avenir pour lui en offrir un à son sens digne de ce nom.
Autrefois, il lui semblait qu'elle l'appréciait plus que quiconque sur cette terre. Elle l'attendait avec l'impatience touchante d'un enfant qui compte sur un calendrier mural les jours le séparant de la date de son anniversaire. Les Hunger Games, c'était comme avoir une année de plus, en quelque sorte. C'était tout aussi important, tout autant source de joie pour elle. Gamine, elle adorait ça car, sans comprendre réellement l'intérêt du jeu, elle aimait particulièrement de pouvoir se retrouver avec toute sa famille sur le canapé devant l'écran de télévision avec plein de bonnes petites choses à grignoter. C'était un moment de réunion et dans ces moments-là, tout le monde semblait foncièrement heureux. Bon, soit, les Warner étaient des gens réjouis et bien heureux et satisfaits de leur train de vie, mais lorsque les jeux arrivaient, il y avait une sorte d'euphorisme émanant de ses parents et qui rejaillissait sur Jessamine. Alors qu'elle était une gamine qui n'y comprenait rien, elle se contentait de ressentir l'enthousiasme éprouvé par ses géniteurs. Il n'y a rien de plus naturel au monde, c'est tout bêtement logique. Elle se nourrissait de la joie ambiante. Et puis, elle a grandit et elle a commencé à comprendre de quoi il était question sans comprendre véritablement pour autant. L'histoire de l'espèce de punition infligée aux districts en guise de rappel de l'échec de la rébellion passée, ça lui a toujours passé par dessus la tête à Jessy. Elle ne comprenait que les personnes sélectionnées étaient des personnes vivantes avec des mamans et des papas et qu'il était là question de larmes, de pertes, de sang, de douleur, de décès gratuits. Elle ne voyait qu'un jeu télévisé, comme si les tributs étaient tout aussi peu réels que les personnages d'un feuilleton télévisé. Elle ne voyait que le jeu et le plaisir qu'elle avait alors à le visionner et à s'y investir en soutenant, bien au chaud dans son salon, ses favoris et en éprouvant une satisfaction morbide à voir périr ceux qu'elle ne portait guère dans son coeur. Enfant frivole, perdue, sourde à la douleur des autres et à l'horreur de ces maudits jeux. Il lui a fallu devenir mère pour ouvrir enfin les yeux. Il lui a fallu enfanter et porter son minuscule petit bébé, si vulnérable et innocent, dans ses bras, pour avoir la preuve de sa stupidité fulgurante. Dès lors que son petit garçon est entré dans sa vie, elle n'est plus parvenue à retirer la moindre satisfaction à assister à une diffusion des jeux et ce car elle n'a désormais de cesse de se positionner du côté des parents des pauvres tributs.
Elle leur portait l’amour et l’admiration des gagnants, y compris quand ils n’étaient pas ceux qu’elle avait décidé de soutenir à la base, au début de l’édition et fréquemment, quand le gagnant se trouvait être un beau garçon, elle avait tendance dans ses excès de fillette à tomber amoureuse de lui, à y voir une forme de prince sorti tout droit d’un recueil de contes de fées. Elle ne voyait que ce qu’elle voulait voir, sourde à la douleur de ces garçons déchus et ressortant d’un jeu violent, d’une arène abritant de nombreux crimes déments dont ils ne parviendraient jamais véritablement à se défaire. Elle était sourde à la douleur, au vide dans leurs yeux. Sourde à la douleur, au regret, au dégoût de soit. Avec le recul, Jessamine, elle se rend aisément compte qu’elle ne voyait alors que ce qu’elle concédait à voir. Elle les aimait de la même façon qu’elle aimait les personnages d’encre et de papier irrésistibles des romans à l’eau de rose qu’elle avait tendance à dévorer ardemment. Aujourd’hui, elle aime toujours les histoires d’amour. Son univers tout entier a basculé et des vérités ont jaillies, faisant voler de nombreuses certitudes en éclats, mais elle n’en reste pas moins cette enfant rêveuse élevée au cœur d’un bain de sang sans même s’en rendre compte. Elle n’en reste pas moins cette romantique qui est tombée amoureuse de son époux telle une princesse s’éprenant de son prince charmant. Elle essaie encore de croire aux contes de fées et aux fins heureuses, mais une chose est sûre : elle ne voit plus en les vainqueurs des jeux des hommes vernis, couronnés, des champions. Ils ont du mérite bien sûr, du courage et ils se sont battus pour vivre, quoi qu’ils aient dut faire pour cela, mais elle les soupçonne de se détester, de se haïr, de se révulser pour ceux qu’ils ont fait. Et ça n’a décemment rien de sexy du tout. Le sang, ce n’est pas glamour.
Elle y croit comme on croit comme aux fées et aux lutins. Elle aime à se dire parfois qu'à défaut d’en avoir réellement sous la forme prêtée par les œuvres de fictions connues et reconnues, il y a des équivalents sur cette terre, des gens qui ont aussi cette capacité à distiller, à répandre, la joie, le bonheur. Elle aime à croire qu’il y a une forme de magie en ce monde et qu’un jour, peut-être, elle daignera y gouter. Et puis, parfois, quand son moral chute de façon vertigineuse, elle se demande si le bonheur ne tiendrait pas dans l’ignorance pure et simple. Ce que vous ignorez ne peut décemment pas vous blesser. Elle ne regrette pas son fils. Elle ne regrette pas de l’avoir mis au monde car il est magnifique, bourré de vie et qu’elle l’aime tellement fort que ça la bouffe toute entière, mais elle le jalouse. Elle jalouse ce petit être de lumière qui n’a aucune conscience du monde dans lequel il évolue, aucune conscience de tous les vices de ce dernier et elle se souvient que, autrefois, elle était comme lui. Qu’elle a été comme lui jusqu’à l’âge de vingt-deux ans, lorsqu’elle l’a mis au monde et la mort dans l’âme, elle peine à se sortir du crâne qu’elle était plus heureuse alors. Elle vivait dans le mensonge, elle avait des œillères, mais elle ne se sentait nullement aussi brisée, aussi terrifiée, aussi perdue qu’à présent. Elle connaît désormais tous les travers de ce monde et elle ne peut décemment plus les ignorer. Elle ne peut pas faire la sourde oreille. Elle ne peut pas se boucher les oreilles et se réciter une comptine joviale et enfantine pour garder toutes ses vérités mortifiantes loin de son esprit torturé et malmené. Elle ne peut plus « oublier ». La douleur, la peur, s’est nichée une place au creux de son être et fréquemment, quand le doute l’envahit et que la nostalgie lui serre le cœur, elle se demande si le bonheur n’est pas tout bonnement derrière elle. Et alors qu’elle devine que son frère et son époux tentent d’altérer ses souvenirs, de retrouver cet enfant perdu et inconscient qu’elle a été, dans un éclat de lucidité, elle se demande parfois, tout en ne manquant pas de s’injurier de toutes ses forces par la pensée de songer à une telle chose, si ce ne serait pas mieux. Si elle n’était pas plus heureuse avant tout bêtement. Et cette idée a le don de lui broyer le cœur.
Elle n’y a jamais beaucoup réfléchi. Durant près de vingt ans, elle a été tellement égoïste, tellement sourde au reste du monde, Jessamine. Il n’y avait qu’elle, ses proches et son quotidien enjolivé, sa vie édulcorée. Elle évoluait dans des couches d’étoffes soyeuses, dans un luxe mesquin et trompeur. Enfant choyé, princesse parmi les siens, reine d’un univers imaginaire. Précieuse et capricieuse. A ses yeux, le monde se résumait à la capitale, au Capitole, lieu qu’elle chérissait ardemment car étant sa seule maison, le seul théâtre de chacun de ses souvenirs. Et ça lui allait à merveille comme ça. Naturellement, aussi prisonnière qu’elle fut été de son éducation, elle n’était guère pour autant dépourvue de toute forme d’intelligence. Elle était sourde, aveuglée de toute part, mais elle n’était pas bête. En dépit du fait qu’elle aime désormais à se dépeindre ainsi comme pour se punir de son manque total de discernement, Jessamine n’a jamais été une idiote. Elle était purement et simplement prisonnière de sa cage dorée et si elle connaissait l’existence et les différentes fonctions des districts, elle ne leur portait guère suffisamment d’importance pour compatir à leurs propres malheurs, à leurs propres existences et pour prendre conscience des inégalités cuisantes se propageant de ci de là. Elle ne voulait juste pas que sa vie change et histoire de ne pas aller se donner mauvaise conscience, elle préférait se convaincre que le monde tel qu’il était un monde en tout point parfait. Elle se voilait méchamment la face, Jessy. Maintenant, sa vision des choses et de l’organisation de Panem a changé et le Capitole tel qu’elle avait l’habitude de le percevoir en a pris une sacrée claque. Désormais, les inégalités lui apparaissent plus clairement que jamais et la honte vient lui cuire les joues. Quand bien même elle ne peut décemment pas porter le poids de tous les maux de ce monde, elle n’en reste pas moins profondément honteuse d’avoir eut une enfance, une adolescence et somme toute une existence des plus vernies alors que d’autres doivent se battre pour leur propre survie. Le Capitole et son existence fastueuse l’embarrassent. Elle voudrait qu’il en soit autrement, Jessamine et elle renoncerait à tout le luxe auquel elle se trouve avoir été habituée depuis sa naissance pour se sentir plus libre, plus apte à se redécouvrir ou plutôt à se découvrir telle qu’elle est une fois libérée de toutes les chaines qui l’empêchent de se mouvoir selon son bon vouloir.


reality is here.

je suis une lectrice, une accro à tumblr, une fille qui adore faire des gifs et des crackships en pagaille, une méga méga méga méga (ouaip ouaip, rien que ça  ) fan de tous les livres de cassandra clare (la série craint un peu, mais ces bouquins bon sang, ces bouquins  ), une fana du film inception, c'est mon film cute, la base des bases et une accro à shameless aussi cause NO BODY FUCKS WITH THE GALLAGHERS!   #teamherondale #teamgallagher 

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Dernière édition par Jessamine Warner le Ven 5 Aoû - 21:39, édité 25 fois
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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 17:22


tell us your story.

avant la naissance de son fils
le temps de l'innocence.

2299 La petite Jessamine se tenait devant un grand miroir, droite comme un i, tandis que, penchée derrière elle, sa mère malmenait sa chevelure rousse, s’employant à coiffer cette dernière en une tresse compliquée et sertie de ci de là de petits accessoires de coiffures étincelantes qui avaient le don de donner l’illusion que ses mèches incendiaires menaçaient de prendre feu. Sa mère ne s’embarrassait guère à faire preuve de douceur. Elle tirait avec assurance sur les mèches rousses de sa benjamine, les plaquant et les tirant d’un geste expert, sans la moindre hésitation. Jessamine demeurait docile, stoïque, résignée. En dépit de la douleur, elle persistait à se tenir bien droite, soucieuse de faciliter la tâche de la coiffer à sa mère. Plantée devant l’immense surface du miroir et devant regarder droit devant elle de sorte à ce que sa génitrice puisse achever sa coiffure, elle n’avait d’autre choix que de se lancer dans une longue contemplation de son apparence. Elle était relativement petite pour son âge, à l’instar de sa mère avait-elle eut l’occasion de constater un soir où ses parents, dans un doux élan de nostalgie, s’étaient mis à feuilleter leurs vieux albums photos en compagnie de leurs trois enfants. En regardant ces clichés du passé, la ressemblance frappante entre Jessamine et sa mère avaient été définitivement mis en lumière. Comme elle, elle avait des traits fins,  de grands et beaux yeux verts mouchetés de ci de là de petites paillettes d’or, ainsi que cette chevelure de feu que les femmes de la famille Warner semblaient se transmettre inlassablement. Elle avait aussi cette même vulnérabilité qui se dégageait d’elle. La petite fille à laquelle Jessamine faisait face alors qu’elle tâchait de dissimuler au mieux une petite grimace de douleur respirait l’innocence, comme constituée d’une joie douce et sucrée dans lequel son corps aurait été fondu tout entier. La dernière barrette accrochée, sa mère se redressa, un sourire de satisfaction dessiné sur son visage gracieux. « Et voilà, c’est terminé » souffla-t’elle. Elle attrapa la main de sa fille et la fit tourner sans plus de cérémonie et avec une légère raideur, de sorte à pouvoir voir son chef d’œuvre capillaire dans la surface du miroir. Elle s’agenouilla ensuite au niveau de sa fille, balayant au passage le carrelage immaculé avec les pans de sa robe en soie jaune citron. « Fais attention à ta coiffure, tu veux ? Reste tranquille » la petit rousse acquiesça, docile, avec un beau sourire. Sa mère hocha légèrement de la tête, un éclat de fierté dans son regard émeraude. Elle était fière, fière de cette petite fille qui ne leur causerait décemment aucun problème. Fière de cet enfant docile, malléable, de cette petite poupée qui était sienne. « Brave petite Jessy » souffla-t’elle comme on félicite un chiot obéissant. Elle porta une main aux ongles soigneusement manucurés à son visage encore poupon avant de planter un baiser sur son front. « Arrêtes ! Goliath ! ARRÊTES GOLIATH ! » Jappa une voix forte dans laquelle perçait l'agacement et une pointe de révulsion. Jessamine et sa mère se détournèrent en même temps alors que les deux frères et fils de la famille faisaient irruption dans la pièce jusqu'ici relativement calme. C'était Beau Warner qui venait de crier, s'égosillant contre son cadet, Goliath, qui pointait vers ce dernier une épée que Jessy et sa mère savaient en plastique, mais qui ressemblait trait pour trait à une véritable arme. Il brandissait vers son grand frère avec un sourire carnassier aux lèvres. Seule une année séparait Jessamine du plus jeune de ses frères et pourtant, il paraissait bien plus âgé de par son attitude essentiellement. Il émergeait de Goliath Warner, un charisme, une prestance ainsi qu'une assurance telle qu'il lui arrivait de faire de l'ombre à des adultes bien moins loti pour ce qui était de la confiance en soit. Alors que Jessamine n'était que douceur et délicatesse, telle une jolie fleur nécessitant larges quantités d'eau et de soleil, Goliath démontrait une sacrée de force de caractère, une force telle qu'elle avait le don de chagriner son aîné, jeune garçon guère aussi timide que la benjamine de la fratrie, mais néanmoins bien plus posé et terre-à-terre. En cet instant, il avait l'air profondément chagriné et s'appliquait à mettre de la distance entre son cadet et lui. Il reculait, en vain. A chaque pas qu'il faisait en arrière, Goliath en faisait un en avant. Alors qu'elle observait le jeu dérangeant de ses frères, Jessamine songea à la vue du plus jeune de ces dernières qu'il ressemblait à un prédateur tourmentant sa proie. « C'est comme ça qu'il a fait pour le battre » souffla le plus jeune des fils Warner avec une assurance telle qu'elle emplissait toute la pièce. « Il l'a forcé à battre en retrait, il l'a coincé comme ça, il ne pouvait plus rien faire et c'était fini ! » A l'instar de la scène qu'ils venaient d'observer de l'édition en cours des Hunger Games, Goliath, se glissant aisément dans la peau d'un carrière, avait réussi à acculer son adversaire en la personne de Beau contre l'un des murs de la pièce. Il était coincé, pris au piège, cerné de toute part par le regard hautain et vaguement méprisant de Goliath. Jessamine laissa échapper un petit couinement tandis que sa mère plaçait une main sur son épaule frêle. « Les garçons ! » Siffla-t'elle d'une voix vrillante d'autorité et le bras de Goliath qui tenait l'épée redescendit mollement. Alors que la pointe de l'arme en plastique s'enfonçait légèrement dans la moquette duveteuse, Beau laissa échapper un petit grognement mécontent. Il est en colère, il a été vaincu et il n'aime pas ça songea Jessamine, son regard rivé sur l'aîné de sa fratrie, une moue teintée d'une tristesse certaine venant déformais ses jolis traits. Beau s'était détourné, vexé, embarrassé et avait quitté la pièce sans plus de cérémonie avant que ses joues ne prennent une teinte bien trop rosée. Leur mère s'esquiva elle aussi après avoir lissé de ses deux mains les pans de sa robe et il ne resta plus dans la vaste pièce que Jessamine et Goliath qui tenait encore son épée à la main. Il riva son regard sur sa soeur et cette dernière le lui rendit. Il ne manqua guère de lui adresser un beau sourire alors qu'il voyait son regard dévier sur l'arme inoffensive, comme s'il se réjouissait de lui voir porter un intérêt quelconque à  cette représentation d'armes relativement réussie. « Tu veux la tenir ? » L'interrogea-t'il. Avant qu'elle ne lui donne une réponse à cette question, il s'exécuta. Il la rejoignit en quelques pas, traînant nonchalamment l'épée derrière lui, sa main fermement resserrée autour du manche serti de fausses pierres précieuses particulièrement clinquantes à l'instar de plus ou moins tout ce qu'on pouvait trouver chez eux et une fois à sa hauteur, il la brandit entre eux, arrachant à sa soeur un petit hoquet de surprise. Goliath eut un doux rire, s'amusant de sa réaction, comme si à défaut de lui paraître naturel, il la trouvait adorable. « Ne t'en fais pas, Jessy, je ne te ferais jamais de mal. Tiens, il faut la prendre comme ça » de ses mains, il guidait les siennes, ajustant leur position sur l'arme en plastique. Jessamine s'appliqua minutieusement à suivre les conseils de son aîné qui l'observait avec une forme de satisfaction particulière dans le regard.  « Bien, c'est bien ça » la félicita-t'il d'une voix cajoleuse et revigorée par les commentaires de son frère, Jessamine se para d'un sourire rayonnant, regorgeant de chaleur et de douceur, le genre d'expressions foncièrement bienveillantes et innocentes dont elle avait de toute évidence le secret. Elle ne souligna pas qu'en dépit de ses observations positives, son frère n'avait pas lâché l'épée, comme si elle était susceptible de se blesser, comme s'il ne s'agissait guère d'un simple jouet visant à reproduire un combat sans voir s'ajouter à ce dernier le risque d'une blessure physique. Elle ne fit aucun commentaires, se contentant d'observer l'épée dont le manche persistait à scintiller dans la lumière du jour qui inondait par l'intermédiaire d'immenses baies vitrées.

Sweet sixteen and we had arrived
Walking down the street as they whistle, hi, hi
Stealin' police cars with the senior guys
Teachers said we'd never make it out alive

2309 « Je n'aime pas ça du tout » lâcha Renly entre ses dents tout en enroulant ses bras autour de la taille de Jessamine, l'attirant brusquement contre lui dans un geste qui avait tout de possessif. L'intéressée ne s'en offusqua pas. C'était une des choses si appréciables pour les proches de Jessamine Warner : cette dernière ne s'offusquait jamais de rien, comme si la perspective du conflit en lui-même avait le don de la terrifier. Dans cette optique, la jolie rousse s'efforça de détourner l'intention de son petit ami, ou plutôt de son mari comme elle adorait le prononcer en s'attardant longuement sur la prononciation de son mot pourtant guère particulièrement conséquent, comme pour en savourer toute la substance et toute la signification. « On se fiche de Bloom, arrêtes de penser à lui, tu veux ? » Ronronna Jessamine en se lovant contre son torse, palpant d'une main son ventre bien ferme à travers la chemise soyeuse qu'il portait. Elle eut l'impression de le sentir faiblir, réceptif qu'il se trouvait être à ses avances, mais cela ne durera que quelques instants et tout à coup, elle le sentit se tendre à nouveau. Jessamine retins un soupire, sachant que manifester son manque de patience n'aiderait rien à mettre Renly dans de meilleures dispositions. Elle leva la tête pour croiser son regard (il la dépassait facilement d'une bonne tête) et se mordit la lèvre en se perdant dans la contemplation des traits de son visage. Il ne semblait guère réellement colère, mais il était indéniablement ennuyé et elle pouvait presque voir les rouages de son cerveau s'activer à toutes vitesses. Il n'avait de cesse de s'inventer des réponses à des questions auxquelles elle avait pourtant pris le temps de répondre quelques instants plus tôt. « Renly » lâcha-t'elle d'une voix plaintive en accord parfait avec son condition d'enfant largement trop gâtée. Elle tentait en vain de trouver les mots pertinent pour dissuader les craintes injustifiées qui n'avaient de cesse de malmener l'esprit de Renly depuis que ce dernier avait eut le malheur de voir Jessamine en compagnie de Bloom Rajaël, un de ses plus vieux amis ainsi que son ex fiancé. Intérieurement, la jeune femme se reprochait d'avoir été surprise par l'élu de son coeur alors qu'elle avait retrouvé Bloom en secret comme elle le faisait plus ou moins fréquemment depuis que ses parents avaient décrétés, une large louche de déception dans le regard, d'un ton définitif que ce dernier ne méritait guère leur précieuse petite fille. Depuis que Bloom avait été rejeté sans ménagement par les siens, Jessamine le contactait en douce, ne pouvant se soustraire à aller ouvertement à contre courant de l'opinion de ses parents et ce pas plus qu'elle ne parvenait à se faire à l'idée de tout bêtement tirer une croix sur lui, ce qui aurait été plus simple pour beaucoup de gens, dont Renly, mais qui ne l'était décemment pas pour elle. Elle aurait juste aimé qu'il n'en sache rien, car il n'y avait rien à savoir. Si Bloom avait été son premier béguin, elle n'avait jamais éprouvé pour lui quoi que ce soit de comparable à tous les sentiments qu'elle réservait à son nouvel époux et c'était là tout ce qui importait. Elle aurait aimé que Renly puisse se frayer un chemin parmi ses pensées pour lire en elle combien elle l'aimait et combien ce qu'il avait surpris n'avait rien à voir avec la situation qu'il était en train de s'inventer. Jessamine attrapa la main de son époux, entremêlant affectueusement ses doigts aux siens. Elle s'appliquait à le couver du regard, tachant de véhiculer via ce dernier tout l'amour indiscutable, indubitable, qu'elle lui portait. « Je te jure qu'entre moi et Bloom c'est... » « Et si les rôles étaient inversés ? » Jessamine fronça les sourcils, vaguement déconcertée. « Pardon ? » « Et si tu m'avais surpris en train de converser en douce avec mon ex fiancée ? » « Tu n'as pas d'ex fiancée » lui répondit-elle du tac-au-tac, une lueur taquine dans le regard. Renly sembla excédé. « Tu vois ce que je veux dire ! » Bien évidemment, qu'elle voyait, elle était simplement en train d'essayer de le faire sourire, d'insuffler un peu d'humour à cette conversation qui était en train de lui prendre la tête. « Bien sûr, mais je ne sais pas quoi te dire. Bloom et moi, ça a fait sens il y a un temps et je l'ai aimé, d'une certaine façon et j'ai toujours de l'affection pour lui, je veux dire, je ne peux pas simplement l'oublier, ça ne marche pas comme ça. » Renly ne semblait guère convaincu et Jessamine tenta de ne pas s'en offusquer. A la place, elle se percha sur la pointe des pieds, porta ses deux mains au visage du garçon et déposa un doux baiser sur ses lèvres. « Mais toi » souffla-elle alors qu'elle s'écartait très légèrement, leurs bouches restant ainsi à proximité, simplement séparées par quelques centimètres, tandis que leurs souffles respectifs continuaient à se mêler. « Ce que je ressens pour toi, c'est différent et ça ne se compare à rien de ce que j'ai ressenti auparavant. Je t'aime. Tellement que ça me fait peur parfois, Renly. Je t'aime plus que tout et ça, je ne peux qu'exiger de toi que tu le crois sur parole » même dans l'univers édulcoré et fantasque dans lequel elle avait toujours trempé, Jessamine ne pouvait pas imaginer qu'un mariage sans confiance se solde par autre chose qu'un divorce. Elle le dévorait de ses grands yeux verts, une supplication muette se lisant alors librement dans ces derniers. Crois moi. Crois moi. Ne gâches pas tout ce qu'on a et tout ce qu'on pourrait avoir. Juste, ne fais pas ça. Et elle était douée pour cela. Les longs regards qui en disaient plus longs que tous les discours du monde. Elle était si belle, si pure, si incandescente et elle en avait conscience. On le lui avait tant de fois répété. Tu es si jolie, Jessy avait toujours eut pour coutume de dire ses parents et leurs amis. Gracieuse, touchante, ravissante. Poupée parfaite, à même de faire plier n'importe qui par la simple aura chatoyante, angélique, qu'elle dégage. Une arme fatale avec laquelle elle était née et qu'elle aimait à l'occasion utiliser. Sous son regard bourré de promesse, elle fit Renly lâcher prise. Enfin, un peu, pas trop, mais tout de même. Son regard se fit nettement plus doux et alors Jessa sut que, peu importe la partie à laquelle ils s'étaient à l'instant pliés, elle venait à l'instant de la remporter. Un grand sourire lumineux se dessina sur son visage et elle lâcha quelques mots qui une fois assemblés demeuraient à ses yeux plus porteurs de sens que tous les autres. « Je t'aime. »




Dernière édition par Jessamine Warner le Sam 6 Aoû - 20:15, édité 13 fois
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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 17:23


tell us your story.

après la naissance de son fils
hell is empty and all the devils are here.

2311 Jessamine était penchée par dessus le berceau de son fils, perdue dans la contemplation de ce dernier. Il dormait, entouré de ci de là de grosses peluches bariolées, recouvert d'une couverture brodée bleu turquoise. Il avait l'air si paisible, si innocent. Elle peinait à détacher son regard de lui, comme dans l'espoir qu'à force de le fixer ainsi, avec son coeur en équilibre précaire au bord de ses lèvres, son bien-être de nourrisson innocent finisse par rejaillir sur elle. En vain. Elle persistait à éprouver un malaise saisissant.  « Jessy, ça commence » la héla une voix masculine qui la fit tressaillir. C'était la même voix que celle qui avait l'habitude de susurrer amoureusement son nom en lui donnant l'impression par la même occasion d'être la femme la plus comblée, la plus aimée, la plus foutrement chanceuse, de ce monde. Et voilà qu'elle lui semblait appartenir à une autre vie cette époque où elle se sentait nauséeuse si elle ne voyait pas ne serait-ce que durant vingt-quatre heures d'une journée. Son Renly qu'elle chérissait tant demeurait désormais une véritable source d'angoisse. Jessamine se faisait l'effet d'avoir comme basculé de l'autre côté d'un miroir pour se retrouver dans un univers parallèle où toutes ses émotions et ressentis se trouvaient être inversés. Ce qui avait l'habitude de la réjouir la révulsait désormais et elle se surprenait à manifester de la curiosité pour ce qui jusque-là la dépassait. Son amour pour Renly n'avait de cesse de se mourir, de se ratatiner, au profit d'un sentiment de peur qu'elle se sentait bien incapable de refouler. « Jessa ! » Elle sursauta et s'arracha définitivement à la contemplation du nourrisson. « J'arrive ! » Cria-t'elle de sa voix mélodieuse qui sonnait néanmoins un peu creux. Ses intonations légères, voir aériennes, lui paraissaient désormais comme lourdes. Elle même se faisait l'effet de peser des tonnes et d'être maintenue de force au sol, comme privée de toute perspective de hauteur. S'arrachant douloureusement à ses pensées bien trop macabres pour une jeune mère, elle quitta la chambre délicatement aménagée pour l'arrivée du bébé quelques mois plus tôt. Elle laissa la pièce aux teintes douces pour prendre le chemin du salon. Alors qu'elle s'approchait de ce dernier, les bruits de la télévision qui se résumaient jusque-là à des murmures se firent plus clairs. Elle aurait reconnu la diffusion des Hunger Games n'importe où. Pour n'avoir jamais manqué une seule de ses éditions depuis son enfance, elle connaissait le principe par coeur et avait tendance à attendre les jeux avec la même ferveur que les différentes fêtes jalonnant une année au capitole. Elle se revoyait aisément enfant, avec ses grands yeux inondés de paillettes d'or, sa chevelure rousse encadrant son beau petit visage gracieux, vêtue de belles robes à rubans virevoltant au moindre de ses pas agiles et dansants. A l'approche des jeux, elle se remémorait son impatience et toutes les questions qu'elle posait joyeusement à ses parents sur les arènes, tentant en vain de leur arracher de précieuses informations en avant première. Elle suivait en suite de près les moissons et sélectionnait ses favoris avec la même passion frivole qu'elle éprouvait à sélectionner un jouet dans le rayon d'un magasin. Elle ne comprenait pas alors. Elle ne comprenait pas que les tributs n'avaient rien de figurines en plastique auxquelles elle pouvait rêveusement inventer des existences fabuleuses et sources de fantasmes en tout genre. Non, il s'agissait d'êtres de chair et de sang. Des êtres menés à l'abattoir. C'était comme si un voile s'était levé, comme si quelqu'un avait pressé un interrupteur dans sa tête et que soudain, la lumière avait jaillit, brutale, douloureuse, éclatante. Et brusquement, le monde avait été mis sans dessus dessous. Le coeur gros, Jessamine entra dans le salon en s'efforçant de se paraître de son plus beau sourire. Un sourire empli de grâce, de finesse, d'innocence. Il était assis sur le canapé avec un sourire éclatant de confiance. Renly. Son attention avait été détournée de la télévision et c'était maintenant elle qu'il scrutait de son regard perçant. Jessamine demeura immobile, comme pétrifiée, pétrifiée à l'idée qu'il parvienne à lire d'une façon ou d'une autre dans son regard tout ce qu'elle refusait obstinément de lui dire. Son sourire s'était comme glacé et elle n'aurait sut analyser avec précision son expression. Il s'écoula quelques secondes avant qu'il ne reprenne la parole. « Et bien, tu viens ? » Fit-il d'une voix trahissant une légère impatience en tapotant de ses longs doigts faits pour les travaux pratiques la place libre à côté de lui. Jessa s'apprêtait à répondre lorsque que quelqu'un passa derrière elle avant de darder un regard curieux dans sa direction. Son frère se tenait à côté d'elle. Il y avait une vague forme de suspicion dans le regard de Goliath Warner et Jessamine sentit son coeur se comprimer dans sa poitrine. Mentalement, elle s'insulta sèchement. Depuis quand avait-elle peur de son frère ? Dieu que c'était ridicule. « Tout va bien ? » Jessamine se ressaisit, piquée au vif par la curiosité ennuyante de son aîné. « Evidemment, pourquoi ça n'irait pas ? Tu te fais trop de soucis Goliath, ce beau front finira tout ridé si tu n'y prends pas garde » rétorqua-t'elle, espiègle en s'efforçant de se parer de toute son innocente gentillette si appréciable et familière aux yeux de son entourage. Elle se força à planter un baiser sur la joue de son frère avant de lui fausser compagnie pour rejoindre son époux. Elle alla s'installer sur le canapé devant l'écran de télévision tout en faisant de son mieux pour éviter le regard de son frère qu'elle sentait peser sur lui. Au bout de quelques instants de silence qui eurent le don d'approfondir encore le malaise saisissant de Jessamine, il sembla enfin s'arracher à ses pensées pour les rejoindre sur le canapé. C'est ainsi qu'elle se retrouva coincée sur le canapé en cuir jaune citron, cernée de part et d'autre par son frère et le meilleur ami de ce dernier, ce dernier n'étant autre que son époux. L'amitié de Goliath et Renly était quelque chose de naturel pour la bonne raison que ce binôme sévissait joyeusement depuis l'époque du jardin d'enfant. Si Jessa avait toujours eut un petit béguin pour l'ami de son frère, Renly pour sa part n'avait paru commencer à la considérer comme une véritable femme qu'une fois qu'elle fut solidement rentrée dans l'adolescence. Jusque là, il avait le don de la percevoir comme une gamine, le bébé des Warner. Jessamine s'était sentie très flattée de le voir tomber sous son charme. A l'époque il lui apparaissait que, chez Renly, il n'y avait décemment rien à jeter. Il était beau, charismatique, intelligent et bourré d'esprit. C'était typiquement le genre de garçons pour lesquelles les filles se battaient et Jessa n'avait guère fait exception. Et elle avait gagné. Elle l'avait épousé, refusant néanmoins de prendre son nom à la demande de ses parents qui estimaient le leur plus flatteur, plus prestigieux que celui du jeune homme. Il avait été très mécontent à cette idée, mais elle avait sut l'amadouer de sorte à reléguer cette histoire au rang de broutilles. A présent, cette histoire n'était plus source de conflits, mais Jessamine regrettait cette époque. Elle lui apparaissait désormais infiniment plus douce que celle qu'ils vivaient désormais. « Quel imbécile ! Et quelle mort stupide ! Pathétique » commenta Goliath, moqueur, une main refermée sur un verre d'alcool. En entendant son frère s'exclamer ainsi, Jessamine pris conscience qu'elle avait instinctivement fermée les yeux, sa tête posée contre le torse musclé de son mari. Elle rouvrit les yeux et fut submergée d'horreur. Sur l'écran de télévision, un jeune garçon était en train de se vider de son sang et les petits bruits qu'il faisait en agonisant étaient noyés sous les commentaires du présentateur des jeux qui semblaient y prendre énormément de plaisir. Nauséeuse, Jessamine se redressa, s'attirant à nouveau les regards interloqués des deux garçons l'entourant sur la banquette en cuir. Décidant de devancer les interrogations qui ne tarderaient guère à suivre, elle se leva dans un tourbillon de feu, ses cheveux roux retombant joliment sur ses épaules dénudées par sa robe en soie rouge. « Je meurs de faim, je vais nous préparer un petit quelque chose » lança-t'elle à la cantonade sans se retourner. Elle avait peur de leurs expressions perplexes qui semblaient s'acharner à vouloir lire en elle. Sans plus de cérémonie et malgré les protestations qu'elle sentait venir, Jessamine se rua dans la cuisine, ne supportant plus le spectacle ensanglanté qui se déroulait sur le grand écran trônant au milieu du salon.

Everything is grey
Her hair, her smoke, her dreams
And now she's so devoid of color
She don’t know what it means
And she's blue

2312 « Jessa, qu’est-ce qui te fais penser que… » « Je t’en prie, je ne suis pas idiote. » « Je n’ai jamais rien dit de tel. »  Jessamine secoua la tête, faisant voler ses cheveux autour d’elle. Il y avait du désespoir dans ses paroles, des larmes prisonnières de ses iris. « Non, tu sais quoi, tu aurais raison de le penser. » Lâcha-t’elle d’une voix vibrante de détresse. Il y avait tant de peur, tan de douleur, dans ses intonations, que les traits du visage de son frère se teintèrent d’inquiétude. « Jessy. » Souffla-t-il de la voix si douce qu’il avait l’habitude de prendre pour apaiser les esprits. Il tendit une main pour écraser une larme qui était en train de rouler sur la joue de Jessamine, mais cette dernière pris les devants avant qu’il n’ait eut le temps d’effleurer sa peau. Elle plaqua une main sur sa joue, écrasant elle-même sa larme d’un geste emplit de rage. Mais elle était trop inquiète, trop bouleversée, trop dégoûtée par sa propre personne pour se laisser aller à la colère. « Dis-le. Dis-moi que je suis une idiote. Une gamine stupide, prisonnière de son petit monde depuis des années et qui pleurniche à présent qu’elle en découvre tous les travers. » Il y avait de l’urgence dans sa voix et des supplications aussi. Elle le suppliait. Elle voulait entendre de la voix d’un autre combien elle était pathétique. Elle ne s’était jamais sentie aussi stupide. Stupide et vulnérable aussi. C’était comme se réveiller d’un horrible cauchemar pour retrouver la chaleur bienvenue et apaisante de la réalité, mais dans l’autre sens. Elle s'était innocemment, élégamment, égarée dans les méandres d'un rêve depuis sa petite enfance et elle venait d'être arrachée à ce sommeil chatoyant et doux, pour découvrir qu'en vérité, elle évoluait depuis plus de vingt ans dans un monde ensanglanté, dérangeant, mortifiant. Brusquement, le capitole qui avait pourtant été le théâtre de toute son existence prenait des airs de ville menaçante et elle se sentait incroyablement opprimée, comme si une main s'était refermée autour de son cou, menaçant à chaque seconde qui passait de l'étouffer histoire d'en finir pour de bon. Dans un premier temps, elle avait tâché de se convaincre qu'elle faisait simplement une petite crise de panique à l'idée d'être devenue une mère et de vivre désormais pour deux, mais il était désormais évident qu'il n'en était rien. Son enfant n'était pas la source de son angoisse. Au contraire, il lui apparaissait désormais qu'il était la seule source de lumière qu'elle était à même de trouver dans la capitale devenue glacée. Lui et Beau, son frère aîné, avec son expression douce et rassurante. Il s'exprimait d'une voix douce et mesurée qui intimait aux autres que le croire demeurait un choix avisé. Il y avait de l'assurance, de la certitude dans sa voix, doublée d'une douceur dont Jessamine avait désespérément besoin en ces temps de crise. « Ne dis pas cela. Tout va bien se passer, tu verras... » « J'ai besoin que tu me fasses sortir d'ici » le coupa-t'elle d'une voix qu'elle aurait voulu moins désespérée, mais qu'importe. Il voyait bien qu'elle était désemparée. Elle devait ressembler à une folle. Son frère la considérait avec stupéfaction, comme en guise de confirmation. Il secouait la tête de gauche à droite, interdit, comme si cela n'était même pas envisageable, mais elle parvenait à cerner dans son regard clair une certaine dualité. Elle pouvait presque voir les rouages de son cerveau se mettre en marche alors qu'il tâchait d'étudier rapidement la situation. Cela dura quelques instants et puis il reprit la parole sur un ton plus affirmé. « Non. » Elle ne s'attendait guère à un tel refus et elle sentit ses yeux se remplir à nouveau de larmes. Et elle se détestait pour cela. Elle se détestait de se sentir si fragile et si vulnérable et si impuissante. Elle fulminait, s'injuriant mentalement d'une multitude d'adjectifs. Elle tâcha de se calmer et ne reprit la parole qu'au bout de quelques instants d'une voix éprouvée. « Pourquoi ? » Il y avait de la compassion, de l'inquiétude et une bonne rasade de tristesse dans le regard de son aîné. Beau avait toujours un peu détonné dans leur famille. Il ressemblait aux siens et plus particulièrement à leur père, ça crevait les yeux, mais il y avait aussi quelque chose de différent chez lui. Et la différence n'était pas toujours une bonne chose. En l'occurrence cependant, à présent, elle l'était aux yeux de Jessamine qui avait l'impression inédite que le plus âgé de ses frères était la seule personne à même de sérieusement lui venir en aide. Combien de fois l'avait-elle surprit en train de se fendre de ce qui ressemblait fortement à une moue désapprobatrice alors que leurs parents s'extasiaient en les inondant d'informations sur les Hunger Games, jeux impitoyables qui se trouvaient au centre de leurs vies professionnelles à tous deux. Au début elle ne comprenait pas le mépris tout juste camouflé de son frère pour ce qui avait le don de réjouir les siens, mais à présent, il lui apparaissait qu'il y avait définitivement beaucoup de choses qu'elle n'avait jamais véritablement comprises. Et elle se surprenait à regretter en quelque sorte ce temps de l'innocence. Elle n'était pas si déboussolée alors. Elle n'en était pas rendue à supplier son aîné de la sortir de là. « Je n'ai pas de moyen sûr de te faire quitter la capitale, ça pourrait très mal se finir. Tu sais, si je le pouvais, je ne serais peut-être plus là » elle le soupçonnait de s'être joins à la cause rebelle depuis des années alors effectivement, ça ne faisait pas franchement sens qu'il n'ai pas lui-même pris la fuite à la moindre occasion. Jessamine arqua un sourcil, l'air vaguement suspicieux. « Mais tu l'es toujours. » « Bien observé. » Les coins de sa bouche se relevèrent difficilement en une ébauche de sourire douloureuse. « Tu as bien dut avoir des occasions, je crois que rien ne nous est impossible quand on le veut vraiment et ça, tu le voulais, je le sais. Y a forcément quelque chose qui a dut te retenir de... Oh » elle cessa de parler alors que la vérité la frappait de plein fouet. Pas quelque chose, mais quelqu'un. « Moi. Tu es resté pour moi. » Bien sûr, ça faisait sens. Sans crier garde, Jessamine vint spontanément se glisser dans les bras de son frère, enfouissant sa tête contre son torse, inspirant son odeur familière, rassurante. Alors que ses bras musclés se refermaient sur elle, il lui sembla pour la première fois depuis des mois qu'elle se trouvait en sécurité. « Ca va aller, Jessy. Je vais tenter de te sortir de là, d'accord ? » Elle obtempéra mollement de la tête contre son tee-shirt qu'elle menaçait sérieusement de salir avec son maquillage. Elle le serra encore plus fort alors qu'il pressait un baiser sur le sommet de son crâne.  « En attendant, fais comme si tout était normal. Ne les laisse rien voir, d'accord ? Tu peux faire ça ? » Jessamine renifla avant de se ressaisir, s'arrachant doucement à l'étreinte de son frère et s'appliquant à arborer une expression courageuse. « Oui » lui répondit-elle d'une voix plus mordante, plus affirmée.  « Alors on va y arriver. »

Places, places, get in your places
Throw on your dress and put on your doll faces.
Everyone thinks that we're perfect
Please don't let them look through the curtains.

2314 Je vous remercie. C’était ce qu’elle lui avait soufflé avant de partir. Elle n’aimait pas cela. Elle n’aimait pas reléguer ainsi son fils à des nourrices, mais elle n’avait guère sut résister. Son bébé, son petit précieux de garçon qui grandissait à toute vitesse. La vue de ce petit être de lumière avait le don de la tétaniser, une vérité qui la laissait détruite et confuse. Elle se sentait tellement perdue, Jessamine. Tout en elle lui hurlait qu’elle n’était plus en sécurité au Capitole et qu’elle ne le serait plus jamais. Personne ne l’avait attaquée. Sa peau était immaculée, nullement souillée ne serait-ce que par une minime cicatrice. Rien. Et pourtant, elle était mortifiée. Elle ne parvenait pas à se défaire du sentiment qu’une menace pesait sur elle, que quelqu’un lui voulait du mal. Sa paranoïa avait commencé à se révéler à la naissance de son enfant et n’avait eut de cesse depuis de gagner du terrain. Elle avait dans un premier temps mis ce ressenti surprenant sur le compte de sa grossesse et de son accouchement. C’était ce qu’on lui avait dit et c’était ce qu’elle s’était serinée, mais elle n’avait jamais sut se convaincre et le sentiment de malaise qui obscurcissait son existence ne s’était jamais dissipé. Renly, son époux, avait été au petit soin pour elle. Alors qu’elle parvenait à distinguer un éclat de mécontentement sur son regard, elle l’avait vu prendre sur lui, composer avec ses états d’âme, lui préparant diverses tisanes et potions visant à l’aider à dormir et à se reposer. Elle pouvait désormais voir sa patience s’effriter alors que les choses n’allaient guère mieux du côté de Jessa. Elle était mortifiée, se faisant l’effet d’être prisonnière de ce corps, de ce monde et ne parvenait tout bonnement plus à se sentir par sécurité, ou alors juste durant une poignée de secondes et ce n’était jamais suffisant. Elle pouvait passer des jours à dormir et puis voir tout à coup le sommeil la fuir ardemment. Les journées s’allongeaient à l’infini, l’enracinant encore plus profondément dans sa terreur sourde. Pour y échapper ou du moins s’en donner la vague illusion, il lui fallait sortir, s’évader, dans la mesure du possible. Se faire l’effet de respirer un peu mieux, ne serait-ce que le temps d’une simple sortie. Alors elle laissait son bambin, son précieux petit bébé envers lequel elle ne parlait guère davantage à refouler son malaise. Elle se sentait impuissante et l’être qu’elle voulait le plus protéger en ce monde lui paraissait exposé, vulnérable face à toute la douleur sanguinaire de ce monde, une perspective qui la rendait malade. Alors elle prenait la fuite. Et ce n’était pas là du courage. C’était dégoutant, révulsant et elle se dégoûtait, oh ça, elle se dégoûtait vraiment.

Sa sortie en ville fut composée de différents arrêts dans différentes petites échoppes. Elle se livra à une séance de shopping, le genre d’activités frivoles qui avait toujours eut le mérite de la détendre et quand bien même elle appréciait toujours de sentir la douceur des étoffes majestueuses sous ses doigts, c’était là un plaisir fugace qui n’aidait en rien à remplir le trou béant qu’elle sentait s’agrandir chaque jour un peu plus dans sa poitrine. Elle enchaîna les robes, passant au peigne fin la quasi intégralité de la boutique sous l’œil appréciateur des vendeuses qui la faisaient ployer sous une avalanche de compliments à chaque nouvelle pièce qu’elle daignait enfiler. Elle acheva sa longue séance d’essayages en jetant son dévolu sur une délicate parure en diamants et quitta la boutique au bout de quelques heures, plusieurs grosses proches pendillant à ses bras. Elle songeait à mettre le doigt sur une autre activité susceptible de la pousser à reculer le moment de passer à nouveau le pas de sa porte et envisageait de trouver refuge chez Beau, son frère aîné, lorsque de l’animation dans la rue la poussa à lever la tête. Arquant les sourcils, elle vit une jeune femme qui se fendait un chemin dans la foule en bousculant de ci de là les gens. Elle courrait comme si sa vie en dépendait et son désespoir était si criant qu’il éveilla quelque chose en Jessamine. De toute évidence, il ne s’agissait guère d’une enfant du capitole, elle le sut à la seconde où elle posa les yeux sur son visage. Non, définitivement pas. Aussi vive qu’un chat, Jessamine referma sa main sur le poignet de l’inconnu alors qu’elle passait à côté d’elle. Surprise, cette dernière allait tenter de se débattre, mais Jessamine resserra tant bien que mal sa prise en s’efforçant d’accaparer l’attention de la jeune femme. « Je peux t’aider » lui souffla-t'elle en s'entêtant à la regarder droit dans les yeux. Après tout, ces derniers n'étaient-ils pas une fenêtre directe vers l'âme ? La fille sembla agitée, peu confiante et Jessamine n'en fut guère surprise. Comment aurait-il pu en être autrement ? En cet instant, avec tous ses sacs et son apparence proprette de jeune femme de bonne famille, elle avait tout d'une jeune femme bien élevée du capitole et pleinement satisfaite du système mis en place. Les craintes de l'inconnue qu'elle retenait difficilement étaient justifiées, mais son temps était aussi compté. Jessamine pouvait entendre des bruits de pas martelant les pavés de la rue dans leur direction. Elle coula à nouveau sur la fille un regard presque suppliant. « Je connais un refuge, tu peux... » Elle s'interrompit alors que les pas se faisaient encore plus proches. Elle se mordit légèrement la lèvre avant de reprendre la parole d'une voix catégorique. « Si je peux me permettre, tu n'as pas trop le choix » elle se le permettait car c'était le cas. De toute évidence, la fille n'était pas du coin et peinerait à trouver un abris libre et sûr, du moins aussi sûr qu'il puisse être et si elle restait plantée là, elle allait forcément se faire rattraper. Contre toute attente, la jeune femme bien élevée du Capitole qu'elle observait d'un regard suspicieux pourrait s'avérer être sa meilleure chance. Un silence s'égrena durant quelques secondes et puis un accord muet et les deux filles s'élancèrent, guidées par Jessamine qui tirait l'inconnue par la main tout en slalomant dans les rues qu'elle connaissait par coeur. Elle ne se sentait même pas nerveuse, quand bien même elle avait conscience qu'elle pouvait s'attirer des ennuis en agissant comme elle le faisait en cet instant. Dans le fond peu importe, elle avait déjà quasiment l'impression d'avoir un pied dans la tombe, donc bon. Elle n'avait pas le sentiment d'avoir beaucoup à perdre dans ce sauvetage soudain. Il ne lui fallu guère plus de quelques minutes pour rejoindre la demeure du plus âgé de ses frères (elles auraient pu faire encore plus vite en pressant le pas, mais Jessamine n'était pas suffisamment idiote pour taper un sprint dans les rues bondées, attirant définitivement l'attention sur elles deux par la même occasion) et alors que son coeur battait nettement plus fort que quelques instants plus tôt, elle referma la main sur la poignée de la porte et étouffa un petit juron lorsque cette dernière lui résista. Beau n'était pas là. Heureusement, il avait eut le bon sens de lui laisser une clé. Avec des gestes précipités, Jessamine plongea sa main dans son sac à main, un large bagage en cuir mandarine et en sortit les clés qu'elle inséra en vitesse, les faisant tournoyer et ouvrant la porte en un temps record. Elle poussa ensuite sans ménagement la jeune femme qu'elle tentait de faire échapper à ses poursuivants à l'intérieur avant de s'engouffrer dans la maison à son tour en verrouillant derrière elle. Une fois la porte refermée, elle se tourna vers la jeune femme étrangère qui lui faisait face. Elle devait avoir à peu près son âge. Jessamine lui tendit une main parfaitement manucurée et aux ongles soigneusement vernis. Devant l'air toujours un brin interdit de l'inconnu devant ces mains n'inspirant guère particulièrement la confiance, Jessamine poussa un léger soupire et laissa son masque de petite poupée du Capitole se fendre en divers morceaux qui lui parurent se fracasser sans bruit sur le sol. « Je m'appelle Jessamine. J'ai été élevée ici, mais ça tu l'as déjà deviné. Ce que tu ignores, c'est que je ne peux plus me voir en peinture, moi et tout ça » de ses bras, elle désigna non pas la demeure relativement modeste au niveau de sa décoration, mais plutôt la ville, le Capitole et tous ses habitants. Tout ce qui faisait de la capitale de Panem ce qu'elle était. « Les rebelles ont mon soutien et mon respect et c'est pour cela que je veux t'aider » lâcha-t'elle d'une voix sourde. Elle fermait à peine la bouche que la porte d'entrée se rouvrit derrière elle, faisant sursauter les deux femmes. Jessamine s'apprêtait presque à voir une armée de pacificateurs surgir, mais ce n'était que Beau qui arrêta son regard sur elle avant de dévisager avec stupéfaction l'étrangère essoufflée qui se tenait dans l'entrée de sa maison. « Jessy, tu m'expliques ? » Au final, ce fut surtout la dénommée Gaëlle qui s'expliqua sur la raison de sa présence en ville et ses propres motivations. Si Beau sembla dans un premier temps mécontent (lui qui devait déjà faire preuve d'une prudence exacerbée en tant qu'infiltré au Capitole n'était guère franchement ravi de se retrouver en train d'héberger même brièvement une fugitive chez lui avec la complicité de sa petite soeur), il se détendit ensuite tant bien que mal alors que la conversation se faisait plus aisée et naturelle avec Gaëlle. Ils parlèrent des rebelles et quand bien même sa curiosité fut piquée à vif, Jessamine se sentit comme exclue quand bien même elle s'appliqua par orgueil à le dissimuler. Elle écouta Gaëlle avec attention et sentit son coeur se serrer à l'entente de son histoire et de la raison pour laquelle elle s'était retrouvée ainsi à fuir des assaillants au coeur du Capitole. Une détresse familière dans la voix, la jeune rebelle leur parla de son époux et lorsqu'elle mentionna ensuite son fils, Jessamine sut qu'elle n'aurait guère à réclamer leur aide plus longuement. Ou du moins pas la sienne. Elle avait acquis son soutien à la seconde où elle s'était exprimée de façon saisissante telle une mère emplie d'affection pour son fils. Quelques instants après et à l'issu d'une petite discussion entre le frère et la soeur, un marché était conclu.


Juillet 2315, Capitole.

Chère Gaëlle,

J'espère que tu te portes bien et que tout va au mieux pour toi. Enfin, du moins, j'espère que tu n'est pas trop malheureuse et que la vie trouve le moyen de te gâter à sa façon. En ce qui me concerne, je ne me sens pas franchement le courage de te mentir en te livrant ici un récit réjouissant. Je pense que nous avons une relation suffisamment honnête pour ne pas se conter des mensonges.

Souvent, plusieurs fois dans la journée, j'ai l'impression de ne plus réussir à respirer. Ca ne s'éternise pas et au bout de quelques instants, le sentiment se dissipe, mais toujours est-il que durant quelques interminables secondes, j'ai l'impression que je vais agoniser.

Il me semble que je passe mon temps à tâcher d'adoucir mes angoisses pour me les rendre plus supportables au quotidien, en vain. Je suis toujours sur les nerfs, paranoïaque et je suis persuadée que les gens le perçoivent. Ma seule joie proviens de mon petit garçon qui grandit à toute vitesse. Il entre dans cet âge merveilleux où il me semble qu'il accomplit une nouvelle chose chaque jour et toutes ces premières fois ont le don de rendre mes journées nettement moins moroses. Je tâche de me réjouir, de me nourrir de ses petits moments de calme, mais ils ne durent jamais suffisamment. J'ai peur et j'ai peur pour lui. Renly (mon époux) m'observe avec une méfiance glaçante. Parfois, je serais prête à jurer qu'il me jette des regards mauvais, mais je ne relève jamais. Peut-être que j'hallucine. Ca ne m'étonnerait pas, ce ne serait pas une première.

Je crois que je deviens folle. Chaque jour me fait davantage perdre la tête, Gaëlle. J'espère rejoindre le treize avant d'être officiellement devenue la tarée que je me suspecte d'être depuis des mois maintenant.

Amitiés,
Jessamine.



Dernière édition par Jessamine Warner le Sam 6 Aoû - 21:00, édité 17 fois
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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 17:30

Capitole ?
CAPITOLE ?
ACUTELLEMENT AU : CAPITOLE ??????


Dis-moi que Jessa est du Capitole (on pourra faire des soirées ensembles et tout ) parce que voila la belle Holland et puis le pseudo et puis

Je te souhaite la bienvenue sur MJ et un bon courage pour ta fiche



DES VERRES DE VIN QUI ME DONNAIENT L'AIR DE VAINCRE. ALORS QUE JE PERDAIS MES MOYENS FACE A TON REGARD DIVIN. — GEORGIO.
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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 17:45

OMG OMG OMG TU AS PRIS HOLLAND JE T'AIME
Bienvenue sur MJ, belle dame comme bloomy j'adore ton pseudo, et puis le capipi c'est cool
bon courage pour la fin de ta fiche I love you
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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 18:01

Bloom que t'es beau mon dieu, il a tellement une bonne bouille Jack.
et oui, fille du capitole ici présente #teamcapitole #toocoolforyou alors et comment qu'on va se faire des soirées. (je mpotte mporne bientôt Dorian)

merci beaucoup. I love you

Clarke rour je t'aime aussi, elle est trop choupette Hailee.

merci beaucoup à toi aussi. I love you
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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 18:35

Bienvenue parmi nous
Ton personnage a l'air prometteur, je te souhaite bon courage pour ta fiche


    There are so many ways to be brave.

    Sometimes bravery involves laying down your life for something bigger than yourself, or for someone else. Sometimes it involves giving up everything you have ever known, or everyone you have ever loved, for the sake of something greater. Sometimes it is nothing more than gritting your teeth through pain, and the work of every day, the slow walk toward a better life.
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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 19:49

merci beaucoup, j'espère que ma Jessamine te plaira. I love you
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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 20:21

Bienvenue à vous jeune demoiselle, je sens qu'on va bien t'aimer ici What a Face ♥️ Réserve-moi un lien avec Félix please ♥️
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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 20:24

je l'espère innocent I love you merci beaucoup et je te garde ça avec plaisir. I love you
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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 21:00

Bienvenue parmi nouuus
J'adore le prénom que tu as choisi, et puis l'avatar Trop de bons choix en un seul personnage
Bon courage pour finir ta fiche ♪


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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 21:06

merci beaucoup. I love you
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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 22:02

Bienvenue parmi nous chou Quel début de fiche prometteur
Je file te réserver Holland pour la semaine I love you



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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Mer 3 Aoû - 22:06

merci beaucoup, tant pour mon début de fiche que pour l'accueil et la réservation I love you j'spère que la suite te plaira aussi. I love you
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MessageSujet: Re: well my heart is gold and my hands are cold   Jeu 4 Aoû - 10:59




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