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 J1 (10h) — bain de sang (commun)

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MessageSujet: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Jeu 28 Juil - 16:32


79ème Hunger Games
" bain de sang "


Après quelques jours de préparation au Capitole, les tributs sont sur le point de faire leur entrée dans l'arène. Derniers conseils, derniers adieux de leurs équipes et ils sont prêts à rejoindre leurs plateformes faisant face à la grande corne d'abondance tant convoitée. Quelques secondes seulement suffisent pour transporter les tributs qui découvrent en même temps que les téléspectateurs la nouvelle arène concoctée spécialement pour l'édition célébrant le retour des Hunger Games. Puis, il reste soixante secondes, aux vingt-quatre tributs. Soixante secondes pour élaborer une stratégie de dernière minute. Ou préparer sa fuite, tout simplement.

Cinq. Quatre. Trois. Deux. Un...



Informations.
Dans ce sujet commun, vous mettez en scène l'attente de votre personnage, sa réaction à la fin du décompte et le bain de sang. Aucun rp obligatoire n'est demandé par la suite pour ce premier jour puisque la plupart des morts se feront dans ce sujet. Vous pouvez décider de vous lancer dans un rp avec un autre membre, ou bien poster seul dans un des topics à votre disposition dans les différentes zones. Bonne chance à tous I love you
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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Jeu 28 Juil - 20:54

BAIN DE SANG
79TH HUNGER GAMES


Immobile, silencieuse, j’attends patiemment que mon styliste termine de me présenter les vêtements que je vais porter dans l’arène. La tenue dans laquelle je vais mourir. Alors qu’il arrange les derniers détails, je me sens prise de nausée. Je pensais pouvoir rester calme, à quelques minutes à peine du début des Jeux. Je pensais qu’avoir le contrôle de mon destin m’aiderait à affronter l’horreur de l’arène avec une certaine sérénité. Il n’en est rien. Sachant qu’il ne va pas tarder à s’éteindre à tout jamais, mon cœur bat à une vitesse folle, cognant au creux de ma poitrine au point de me faire mal. Je respire avec difficulté. Mes inspirations sont comme tremblantes, comme le reste de mon corps tendu à l’extrême. Mon styliste doit soulever mes bras rigides, tente de me faire pivoter, bouger, mais face à la pierre qui remplace mes muscles, il peste, murmure des jurons que je ne connais pas, et se fait moins patient. Ses gestes sont plus brusques, la pression qu’il exerce sur mon corps, plus forte. Je m’en fiche. Je n’ai pas le cœur à riposter. Je me sens comme une coquille vide. Comme si mon âme avait déjà quitté mon enveloppe corporelle. Alors le styliste peut bien faire ce qu’il veut de cette dernière. Je n’ai déjà plus l’impression d’exister.

Une fois prête, je n’ai plus qu’à attendre le signal. Je ne sais pas à quoi il ressemblera, je suis donc condamnée à attendre sans vraiment savoir quoi. Les minutes s’écoulent dans le plus parfait des silences, troublé quelquefois par le bruit des pas de mon styliste qui arpente la pièce, en proie à un stress dont je ne comprends pas la cause. Lui, il a la belle vie, abrité au Capitole, du bon côté de l’arène. Il va continuer à vivre sa vie librement. Qu’est-ce qu’il craint ? J’ai beau chercher, je ne vois vraiment pas. C’est moi qu’on envoie faire face aux cruels et sanguinaires Carrières. C’est moi qu’on veut voir périr sous leurs assauts meurtriers. C’est moi seule qui suis autorisée à paniquer. L’angoisse n’a jamais été aussi intense. Attendre sans rien faire n’arrange pas la situation. Je voudrais me mettre à courir, m’enfuir loin d’ici, échapper à la mort et ne plus jamais m’en approcher. Mais je ne peux pas. Si je n’étais pas handicapée, on me rattraperait de toute façon. On ne me laisserait pas quitter la scène sans avoir pu profiter du spectacle. Encore une fois, l’implacable vérité me saisit à la gorge : je ne suis qu’un jouet. Une petite poupée de chiffon avec laquelle on s’amuse jusqu’à ce qu’on se lasse et qu’on jette ensuite. Tout ce que j’ai toujours refusé d’être. Tout ce contre quoi j’ai passé ma vie à lutter, à ma manière. Dix-huit ans passés à tenter d’exister, en dépit de tout, de tous, pour en arriver là. Le sort est bien cruel. Mais il n’est pas tout-puissant. Je peux encore le déjouer. Je n’ai pas fini de lutter.

Je suis paralysée par la peur. Mes pensées perdent de leur cohérence, je n’ose plus bouger. Je laisse l’angoisse me dévorer de l’intérieur. J’entends à peine une voix féminine éclater au sein du silence pesant. La voix, métallique, n’a rien d’humain. Le styliste interrompt ses allers et venues pour l’écouter. Puis il se tourne vers moi, le visage grave. Il est temps d’y aller. Sans un mot, je suis la direction qu’indique ce styliste que je ne reverrai jamais. Alors que j’arrive auprès d’un grand tube étroit, il m’arrête. Il m’explique que je n’aurai pas le droit d’emporter mes béquilles dans l’arène. L’équilibre, c’est fini. Je vais devoir me débrouiller sans. Je l’observe d’un air interdit, déjà trop loin pour comprendre ses paroles et la portée de cette interdiction. Je m’installe donc dans le tube, sur un socle de métal, en position assise. Je laisse mes deux piliers à l’extérieur. Aussi incapable de marcher que je sois, le Capitole ne veut rien savoir, et ne me laissera aucune chance. Je ne serais pas étonnée d’apprendre que certains ont parié de grosses sommes sur ma mort rapide. Cette règle selon laquelle je ne peux pas emmener mes béquilles en découle peut-être. Certains ont trop à perdre et ne peuvent se permettre de me laisser en possession de telles armes. Je n’ai même pas l’énergie de m’en offusquer. Le regard vide, je reste simplement assise dans le tube alors que les parois se referment autour de moi, m’emprisonnant. J’étouffe soudainement. Je devrais me jeter contre les parois épaisses pour faire tomber la structure et m’enfuir. Pour respirer de l’air frais. Je me sens prise de vertige. Je porte une main à ma bouche pour lutter contre l’envie de vomir, et ferme les yeux. Mon cœur cogne, cogne, cogne encore, furieux comme un oiseau en cage. Mes poumons cherchent férocement un air qui semble ne jamais leur parvenir. Je n’en peux plus de cette prison. Je n’en peux plus d’attendre.

La plateforme se met alors en branle. Gardant les yeux étroitement fermés, je me sens monter vers le plafond. Ça dure quelques secondes, qui me paraissent des heures. Et puis, la lumière. Intense, violente, elle transparaît sous mes paupières closes. J’ouvre alors les yeux, les clignant tout d’abord. Droit devant moi, la fameuse Corne d’abondance, point de repère de chaque arène depuis de trop nombreuses années. Dispersés autour de ce point central, je reconnais les autres tributs. Le volontaire du Quatre est à ma gauche, l’air déterminé. Nos plateformes sont situées à quelques mètres d’une étendue d’eau. Et nous sommes encerclés par une forêt dense, qui semble s’étirer jusqu’au bout de l’horizon. Pendant un court instant, je me demande quelles créatures vicieuses y ont été enfermées. Les créateurs de ce tombeau géant ont dû s’en donner à cœur joie. Juste pour terrifier les citoyens de Panem. Pour leur rappeler que les actes rebelles ne sont pas tolérés.

Soudain, surgie de nulle part, une horloge géante apparaît au-dessus de la Corne, juste au centre du cercle que forment nos silhouettes. De gros chiffres lumineux s’inscrivent dans l’air. De la magie ? Une technologie avancée ? Je ne me laisse pas distraire très longtemps. Une voix robotique tonne « Soixante », lançant le traditionnel chronomètre précédent le début des hostilités. Les tributs ont une minute pour se préparer. Consolider leurs stratégies : s’enfuir ou se risquer jusqu’à la Corne ? D’ordinaire, cette dernière est aussitôt prise d’assaut par les Carrières, qui éventrent tous ceux qui tentent de s’en approcher, histoire de garder les armes et la nourriture pour eux seuls. Je n’ai pas l’ombre d’une chance. J’ai passé les six dernières années à craindre d’être envoyée aux Jeux parce que j’ai toujours su qu’à cause de ma jambe morte, je ne pourrais même pas atteindre la Corne. Ni m’enfuir. Seulement mourir.

- Cinquante.

Je ne sais pas compter. Je ne peux donc pas suivre mentalement le défilement des secondes pour me distraire. Je suis forcée de puiser dans mes souvenirs. Des souvenirs qui concernent forcément ma famille. Je dois me faire violence pour repousser les souvenirs heureux. Ils ne me pousseront qu’à me raccrocher à la vie. A espérer une victoire que je suis consciente de ne pouvoir remporter. Je dois accepter les choses telles qu’elles sont. Je suis morte le jour de ma moisson. Je n’ai aucune chance de m’en sortir. Et je ne veux pas offrir au Capitole et à ceux qui soutiennent sa politique tyrannique le spectacle qu’ils désirent. Je ne suis pas leur petite poupée docile. Mon handicap ne fait pas de moi un jouet asservi. Je n’ai jamais été le pantin de personne. Je refuse ce rôle qu’on tient pourtant à me faire jouer. Je ne suis pas née pour amuser la galerie. Je suis un être humain. Une chose essentielle que le Capitole n’a pas l’air d’avoir compris. Je ne suis pas née pour satisfaire ses désirs sadiques. Tout ce que je voulais, c’était mener ma propre vie, aussi pénible aurait-elle été. Et on m’a privée de cette chance. On m’a privée de ma vie. C’est quelque chose que je ne pourrai pas pardonner. La pilule n’arrive pas à passer. Et je suis bien déterminée à mettre des bâtons dans les roues de leur système trop bien huilé.

- Trente.

Tous les autres tributs se tiennent debout, tous les sens en alerte, et jaugent leurs adversaires et alliés. J’ai tenu à ne m’associer à personne. Je ne fais pas confiance à un seul d’entre eux. Pas même Alfie ni Pearl, les plus jeunes, peut-être les moins fourbes. Je suis seule. Je tiens à le rester. Me faire assassiner par un traître est la pire chose qui pourrait m’arriver. Je ne connais rien de pire que la trahison. Il n’y a rien de plus dégoûtant, de cruel, au monde. Ceux qui peuvent trahir leurs alliés ne valent pas mieux que Snow, Cranelow, Flickerman ou leurs petits serviteurs obéissants. Ils me répugnent tout autant. Je préfère me tenir loin de ces gens qui pourraient soudain décider de profiter de ma faiblesse physique. Il n’y a qu’à nous voir, tous sur nos plateformes explosives, attendant la fin du décompte mécanique. Je suis la seule à être assise. Non pas parce que je suis calme, mais parce que je ne peux tout simplement pas tenir debout.

- Dix-huit.

Je serre les poings et lève les yeux en direction du ciel. C’est pour bientôt. Je dois rassembler tout mon courage pour ne pas flancher au dernier moment. Je n’ai que quelques secondes pour agir. Après, il sera trop tard. J’entrerai dans le cercle vicieux de ces Jeux barbares et n’en sortirai que si un tribut m’ôte la vie. Ça n’arrivera pas. Ma vie n’appartient qu’à moi. J’en fais ce que je veux. Ce n’est pas aux autres de décider pour moi. Tu as voulu m’envoyer dans ton arène sanglante, Capitole ? Tu veux que je joue les gentilles tributs désespérées ? Que je rejoigne mes trop nombreux confrères, morts eux aussi au nom d’un gouvernement dont plus personne ne veut ? Certainement pas. Je dois mourir, soit. Aucune autre issue n’est possible. Mais c’est moi qui choisirai quand et comment. Tes petits pions ne lèveront pas la main sur moi, Capitole. Toi non plus. Je disparaîtrais en un nuage de fumée bien avant le lever du rideau. Le massacre se jouera sans moi. Avec ou sans ton accord, je vivrai ma vie comme je l’entends jusqu’à mon dernier souffle. Et tu ne pourras pas m’en empêcher. Parce que je ne t’appartiens pas. Je ne t’ai jamais appartenu. Et il est temps pour moi de te le dire.

- Dix.

J’inspire longuement, fermant les yeux au même rythme. L’angoisse m’écrase les poumons, fige le sang dans mes veines. Les larmes me montent aux yeux. Je ne veux pas le faire. Je veux le faire. Je dois le faire. Je ne veux pas laisser le courage me filer entre les doigts. Je le retiens fermement, luttant pour ne pas céder aux larmes et à la lâcheté. Mon souffle se fait saccadé. J’ai l’impression de faire de l’apnée. Tout tourne autour de moi, alors que je ne vois rien. Sur le point de craquer, je mords fermement ma lèvre inférieure. Je sens du sang chaud couler sur mon menton. Probablement la dernière chose que je sentirai. J’ai peur. Je suis terrifiée. Et si je ne meurs pas ? Et si je souffre inutilement en attendant qu’on vienne m’achever comme les juges l’ont prévu ? Et si… Mais il n’y a pas de si. Il n’y a que mon destin, que j’ai décidé de prendre en mains. Il n’y a que ma vie, que je veux contrôler du début à la toute fin. Et cette fin, c’est moi qui l’écris.

- Huit.

Une dernière inspiration, profonde. Calme, apaisée. Enfin, un mouvement. Mon cœur s’emballe.

Feu d’artifices.


mon cœur est un ectoplasme
Hello darkness, my old friend, I've come to talk with you again. Because a vision softly creeping left its seeds while I was sleeping. And the vision that was planted in my brain still remains within the sound of silence.
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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Ven 29 Juil - 1:53

Hs: édité !

Cinquante-neuf. Cinquante-huit.

Ce matin, en me réveillant, j’ai tout de suite su quel jour nous étions. Le premier jour de l’Arène, celui le plus redouté depuis que mon nom avait été tiré au sort, quelques jours plus tôt. Ce jour même où de nombreux tributs mourraient, généralement les plus faibles et les  plus  inexpérimentés. J’espérais de tout coeur de ne pas faire partie de ceux-là, parce que j’avais malgré tout un avantage. Un faible avantage, certes, mais un avantage quand même. C’était tout ce qui me restait, tout ce sur quoi je pouvais me reposer une fois dans l’Arène. Mon sens de l’orientation. Ma rapidité, mon agilité et ma mémoire. Cela ne valait certainement pas dix années de pratiques de combat rapproché, mais c’était mieux que rien. J’essayais de m’en convaincre.

Je n'avais pas fermé de l'oeil de la nuit, mon cerveau cogitant à plein régime. Bien que cela était absurde, je ne pouvais pas m'empêcher de me questionner sur l'Arène que j'allais devoir affronté le lendemain. Toundra glaciale ? Désert aride ? Allais-je mourir dans des galeries sous-terraines dans un éboulement ? Quel genre de surprises sadiques allaient nous servir les organisateurs ? Si l'année dernière il n'y avait pas eu d'Arène, nul doute qu'ils allaient se rattraper cette année en envoyant du spectacle. Cette pensée me donnait envie de hurler et de supplier à l'aide. Mais j'avais trop de fierté pour cela.

J’avais l’estomac dans les talons. Ce matin, j’avais avalé tout ce que j’avais pu au petit déjeuner jusqu’à la nausée, parce que je n’étais pas sûre de pouvoir remanger avant un bon bout de temps. Si ça se trouve, c’était même mon dernier repas. Le dernier repas du condamné. Pourtant, à quelques secondes de mon arrivée dans l’Arène, je commençais à regretter d’avoir forcé sur les pancakes, ce matin. J’étais si nerveuse que je ne pouvais pas m’empêcher de taper du pied, ce qui rendait mon styliste dingue. Je m’en moquais. J’avais envie de marcher, je ne voulais mettre fin à ce supplice qu’était l’attente. Impatient, le styliste ajusta une dernière fois ma tenue. Il avait hâte d’être débarrassé de moi.

« Tu es prête ? »

Quarante-six. Quarante-cinq.


Sa question me surpris, parce que jusqu’à présent il n’a jamais vraiment chercher à se préoccuper de mon bien être. Quel imbécile aurait choisis la tenue de l’année précédente, lors du défilé, s’il était un tant peu soit sérieux ?

« Non. »

Ma franchise, moi aussi, me surpris. Je n’étais pas prête. Je ne voulais pas mourir. Ca, je me le refusais. Mes mains commencèrent à trembler d’elles-mêmes, ces fichues mains ! Je sentais les sanglots menacer de sortir de ma poitrine, mais je me refusais de pleurer. Pas maintenant alors que j’avais si bien contenu mes émotions jusqu’à présent.

Les secondes défilent les unes après les autres. Je m’avance près du tube, mon reflet parait pâle et terrifié. Je ferme les yeux pour ne plus le voir. Je pense à Shawn, à mes parents, à Olivia et aux parents d’Olivia. Qu’a-t-elle ressentit au moment d’entrer dans ce putain de tube ? Savait-elle qu’elle mourrait, quelques minutes plus tard lors du bain de sang ? Se savait-elle condamnée dès le départ ? Je refuse d’être une condamnée, je dois me battre. J’ai promis à Shawn et à Leann que je ferais un effort pour m’en sortir. A la pensée de mon meilleur ami et de ma petite soeur, mon coeur se serra. Mais je ne pu m’empêcher de sourire.

Tu peux le faire, petit oiseau.

Trente-cinq. Trente-quatre.

« Il faut y aller. »

Foutu compte à rebours. Je passe ma main sur le tube, qui s’ouvre. L’espace d’un instant, il me fait penser à un cercueil, même si je sais très bien que je ne vais pas mourir là-dedans. Je lance un regard terrifié vers mon styliste, dont je n’ai jamais réussis à me rappeler du nom. Il me lance un regard entendu et une grimace qui ressemble à un sourire. Dans quelques minutes, quand il aura terminé son job, il ira se chercher un café corsé et continuera sa vie comme si ne rien était.

Je me retrouve plongée dans le noir, et la panique fait doubler les battements de mon coeur. Un instant plus tard, je me retrouve à la surface. La quasi-totalité des autres tributs sont déjà là, près à bondir lors du signal. Je lève les yeux, espérant de voir le soleil. Il fait gris, la brume est si épaisse qu’il est difficile d’y voir quoique ce soit.

Neuf. Huit.

J’ai peur. J’ai si peur. Cette panique est comme un étau qui se referme autour de moi. Mes jambes menacent de flancher, mais la perspective de me faire exploser par la mine qui se trouve sous mes pieds m’intime de rester stoïque.

Pourquoi le temps ne s’arrête-t-il pas ?

Trois.

Je ne veux pas mourir.

Deux.


BAM.
Explosion. J'ai si peur que je n'ose pas bouger pour voir qui vient de mourir. Je me sens mal pour cette personne, qui ne s'est pas laissée une seule chance pour gagner ces Jeux.
Mais ça fait un adversaire de moins.
Nous ne sommes plus que 23, désormais.
Cette pensée me fait vomir.

Un.
Galvanisée par l'adrénaline et la peur, le mouvement de mes pieds s'enclenche sans que je ne les y ordonne. Un pas après l'autre, les muscles et la tête en ébullition, je cours.

Tu peux le faire, petit oiseau.




WAY TO SURVIVE
(c) Emi Burton


Dernière édition par Laona C. Putman le Mar 2 Aoû - 17:48, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Sam 30 Juil - 10:40

Bain de sang
jour un, dix heures
Je suis l'alpha l'oméga, dit le seigneur dieu, celui qui est, qui était et qui vient. Je suis le tout puissant ▬ APOCALYPSE DE JEAN + theme song

Le temps se dilate comme du cristal en boîte, du cristal qui s'émiette dans les cheminées des volcans.
Il y a d'abord eu la violence des jours heureux des jours infligeants ; ceux où t'émergeais comme la reine du Nil aux portes de l'empire, une reine sur son char dans l'arène de combat. La première. L'originelle. L'arène d'entraînement ; le regard miroitant de fièvres alléchantes ; le rire fourbe de hyènes exaltantes. T'étais au sommet de ta gloire. T'étais la bête de foire. T'as joué avec l'effroi tranchant, avec le subconscient, celui qui s'évade filant en volutes de fumées étouffantes qui font qu'on oublie d'être nous. Nous des monstres sanguinaires flirtant avec le ferreux du sang ; conquérant le frileux du vent. T'es le zombie possédé, celui décomposé affamé assoiffé indomptable. Inassouvi asservi l'ombre putrescente est vandale ; incapable de respecter la règle humaine ou de se soumettre aux lois des chaînes. Un esclave affranchi de lui-même. Un esclave qui s'enfuit et qui sème. Oui l'âme décomposée sème l'esprit du non esprit là où coeur et membres désinvestis éteignent la révolte qui étrangle le ventre, qui fait battre le coeur. Là où la sélection de Darwin fait qu'on s'égare qu'on se perd dans ses réflexes d'animal, pendu dans un vaste dédale de névrose scandale. Pendu ouais crevé au bout d'une corde de chanvre.
Parce qu'on préfère toujours crever que s'avouer vaincu.
Parce ployer et vivre à genoux n'est pas dans l'esprit de l'être qui s'autoproclame humain. Parce que ouais au fond l'humain il préfère buter un autre corps de sa propre espèce. Il trinque avec les génocides pour la survie de ses propres gènes. Parce que mourrir ça fait trop mal pour se le permettre. Parce que mourrir c'est inévitable. Alors tu tueras. Tu déchiquèteras. Tu dévoreras les décombres de tes coquettes proies. Celles qui ne se doutent pas encore qu'elles mordront la carotide de l'ennemi pour une survie assouvie. Comme la sotte Eurydice les doigts manucurés ensanglantés tombera des nues quand elle aura démembré le premier venu. Sans le voir, sans s'apercevoir, sans savoir. Parce qu'elle ne sait pas. Elle ne sait pas encore ce qu'elle fera pour survivre. Ce que tous feront pour survivre. C'est un combat une lutte une bataille. Une guerre contre la nature. Contre l'instinct. Une mort de venin. Parce que t'es comme cette race de chiens bâtards et que t'hésiteras pas à sortir les crocs au moindre accroc.
On te puce comme un bétail. On te claustre dans un huit clos calamiteux avec la Gold Flickerman. Ta styliste gentleman. La Eurydice grandeur adulte. En moins condamnée. En moins abrasée. Elle achève de t'habiller comme une poupée désarticulée.

— C'est tout de même plus beau que l'immonde costume du défilé. que tu lui miaules mielleuse, toujours la même insolence élogieuse. Inépuisable même dans l'acmé la plus religieuse. Tu te loves dans ses bras quand elle s'y attendait le moins. Tu pleures presque d'un déraisonnant lointain. Tu geins de folie. Parce que tu te fais peur. Tu crains rien. Ni la foule. Ni la fureur. La fureur de l'Olympe et de ses divins, la fureur du céleste et de son jardin d'Eden où Adam et Ève furent châtiés pour leur péché. T'en fais pas, tu pourras toujours accrocher une photo de moi dans ta chambre. mes doigts ne tremblent même pas. Ils sont puissants, prêts à lanciner un vent artificiel, prêts à guerroyer contre des chimères superficielles, prêts à se fondre autour d'une gorge béotienne. Dans ce dôme de tombeaux tout sera pixelisé. C'est un jeu. Un vrai comme tu les traques. Tu t'éternises dans ta comédie dramatique de mauvais genre ; de mauvais goût. Mais tu raterais le spectacle pour rien au monde. Harassant de dégoût. Enfonçant tes entrailles enfiévrées un peu plus chaque seconde. Tes doigts effleurent les siens lorsque tu recules jusque dans la capsule d'adrénaline fermée de l'intérieur, qui jamais ne s'arrachera véritablement à leurs âmes embourbées de capitoliens, qui ne s'échappera pas même pour un non. Le tube de verre se resserre autour de toi. Elle est là. T'es là. Et vous vous jaugez dans un ballet de chien battus, sans verser une seule larme. Combien elle en a vu partir des mômes comme ça ? Combien de chair à canon ? Combien de poudre à balles a-t-elle pu voir partir dans les échos d'une détonation ? Bang bang, achevée la princesse styliste, pas même d'un cil, elle est une forteresse imprenable la princesse. Ça ne fait rien. À personne. Des bêtes toutes plus immondes que les autres se jugeant se jaugeant pour savoir qui sera le meilleur dans cette coquette charade de charlatans. T'es là embastillée dans cette boîte en carton, et bordel ouais t'es pas du mauvais côté du mur de l'asile. Enfin. Tu montes. Le socle tourne sur lui comme un danseur étoile. Et tu clos tes deux grand orbes teintés de ténèbres histoire de garder la surprise sur la composition de l'arène, jusqu'au dernier souffle, au dernier tressaillement, au dernier gloussement. L'air libre vient battre ton visage. Tes cheveux tressés en nattes vulgaires ; en crinière d'ambre ; crinière d'angelot crédible ; plaquée sur ton crâne dans un nouage digne des plus grands pêcheurs. Des plus grands chasseurs. Tu vas chasser. Oui. T'es comme le tout puissant. Tes narines frémissent hument le parfum du ciel. De la terre. Du feu et de l'océan. Mais rien. Pas de bruit de vagues leurrantes. Pas d'odeur iodée ensorcelante. Pas d'eau, pas de mer. Putain. Et un silence glaçant à faire gicler le sang des prophètes du divin à même leur prière. Ton sourire cynique vient se nourrir de ton âme. Tu fais peur. Mais t'as pas peur. Ta tête vient se pencher vers ce qui devrait être un ciel factice. D'une défiance salvatrice.

— Soixante. La voix s'éveille. La voix annonce. Six fois dix secondes avant le trépas. Tu restes droite altière trop fière. T'as pas peur bordel. T'as même pas l'impression de t'éteindre déjà comme une flamme esseulée. Soixante maudites secondes. Une minute. Pour faire un choix. Les yeux restent impénétrables, fermés d'une serrure dont la clé se serait échouée.Dix secondes. Et tu te rappelles tes ongles. Tes ongles sanguinolents voraces féroces. Tes ongles qui se plantaient dans la chair meule et agonisante du bois du petit abri au fond de ton jardin. Loin de ta baraque sur pilotis. Tes doigts rongés tes doigts saignaient. Tes doigts hurlaient la rage de Satan qui suintait de tes pores dilatés. Dix secondes. Tu te rappelles ta mère crevée. Ta mère paralysée comme cette pauvre Rain. Déchue de sa chaise. Ta mère rongée par le froid, par l'abandon. L'abandon de toit. L'abandon de toi. Ouais tu te rappelles ses maudits gémissements misérables impuissants quand tu lui plongeais la tête sous une eau glaciale. Une eau à peine éprise du gèle comme pour l'exorciser du mal qu'elle t'avait fait subir sans gêne. Dix secondes.
Tu les as massacrés. Tu les as écorchés. Tu les as brûlés vifs tu les as écartelés. Siwan t'es une salope. Bordel Siwan.
La chute est trop brutale.
Les dégâts infligés irréparables.
Dans cette arène où tu cracheras pour la dernière fois ton feu dévastateur. Là où t'abandonneras la tumeur. Là où le jeu prend de la hauteur.
Septième étage.
Millième rage.
Tes yeux restent clos. Dix secondes.
Tu t'es nourrie d'un monstre pour en créer un autre. Tu t'es sevrée d'un monstre pour en faire naître un autre.
Tes paupières interdites faiblissent pas. T'es plongée dans un noir volontaire. Un noir mortuaire.
Siwan t'es un monstre.
Rien ne pourra te changer. Rien ne pourra te voiler. Et même crevant, la chair livide pourrissant, tu cracheras sur eux. Encore. Inépuisable. Sur leur corps périssable. Tu tambourineras de rancoeur leur poitrine méprisable.
Tes jambes s'étirent parées à fuir. Dix secondes.
Tu les emporteras avec toi. Avec ton vent de l'apocalypse.
Tes doigts craquent parés au massacre.
Siwan t'es un monstre.
Siwan t'es inhumaine.
Tu te crois où putain sale gamine ?
Siwan.
T'es le forçât du diable qui veut croire aux tempêtes. Siwan t'es le chien loup des enfers qui va vient sombrer dans sa quête. Siwan t'es à détruire. Siwan t'es à vomir. Dix secondes.


© Gasmask



(IN)ACHEVÉE
Que le pécheur pèche encore, et que l'homme souillé se souille encore. — apocalypse.

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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Sam 30 Juil - 22:21


DE L'AUTRE CÔTÉ DU MIROIR

+ + + + + +

Les parois du tube ressemblaient à des miroirs.

Evkjaä tremblait. Elle pouvait sentir que dans quelques secondes, déjà, quelque chose changerait en elle, peu importe à quel point elle tenterait de le retenir. Le combat serait difficile pour ne pas être transformée par les Jeux, voire impossible. Mais elle gardait le cap. Elle devait le garder. Elle posa sa main, étrangère à son reflet, sur le mur de plastique. Cette fille-là, celle qui la regardait avec ses yeux ahuris, c'était toujours la guérisseuse du district douze. Celle qui portait un baume sur la psychée des gamins terrorisés et des rejets de la société.

Ses grands yeux bruns étaient pourtant voilés d'inquiétude. Ses cheveux sombres, raides, étaient retenus par ses lunettes de protection qu'elle avait fini par choisir comme emblème ; on lui avait retiré les verres pour s'assurer qu'elle n'hérite pas d'un avantage par rapport aux autres tributs. C'était une fierté, pour elle, de relever sa chevelure avec quelque chose qui lui était si propre. Qui la différencierait, encore, des jeunes parmi lesquels elle allait se battre. La fille aux goggles. C'était simple à se rappeler.

La veille, elle avait vécu pour vrai. Avec Ben, ils avaient bu de l'alcool (sans exagérer) pour la première fois, et elle s'était sentie toute petite à l'intérieur. L'introversion l'avait ramenée en elle et dans ses pensées profondes, ses questions permanentes. Puis elle s'était gavée dans les gâteaux, et cette fois-ci elle s'était sentie énorme. Prête à exploser. La nourriture allait être rare dans les jours qui suivraient. Et ils avaient ri, plaisanté, fait les cons avec Ben et Noa. Mais tout le long, son secret de traître lui avait pesé, et elle avait même failli le dire à son co-tribut.

Sauf que même si les Jeux étaient encore abstraits, elle savait en quoi ils consistaient. Peut-être avait-elle déjà changé, après tout.

Ça avait été dur, de se séparer de Noa, parce que la vérité était qu'elle avait très peu de chances de le revoir un jour, et ce peu importe son succès au Capitole. Oui, sa stratégie avait fonctionné à merveille et oui, elle savait désormais se débrouiller, mais c'était une toute autre paire de manches que de l'appliquer. Et même si elle était enfin prête à faire ce qu'il fallait faire pour survivre, un poids dans l'estomac lui pesait.

La plaque sous elle se secoua. L'adolescente cacha ses mains dans les manches de sa combinaison grise où était clairement affiché le numéro douze. Elle craignait qu'on la voie trembler.

Son styliste fou lui adressa une révérence, à laquelle elle répondit d'un sourire nerveux. Le chapeau qu'il portait tenait à peine sur son crâne, de quoi faire planer un peu d'humour dans la noirceur qui s'approchait.

Le gris.

Là où elle s'attendait à voir le soleil, Ev faillit se croire de retour aux mines. Tout était gris, épaisse brume qui l'enveloppait tel un linceul. Elle voyait à peine les tributs les plus loin, et la Corne d'Abondance se dévoilait telle une ombre. Une odeur d'arbres lui vint, mais pour l'instant, la seule chose claire était le décompte dont la lumière orangée perçait au travers de son voile.

Noa lui avait formellement interdit de se rendre au Bain de Sang.

Mais elle brillait, dans la course à obstacles. C'était sa force, avant même tous ces entraînements qui la faisaient passer pour une guerrière. Elle avait une chance, et elle devait garder son image. Une folle ne fuirait pas. Et le Capitole n'aimait pas les trouillards, peu importe si la peur lui donnait envie de vomir.

BOOM.

Elle manqua perdre pied. Cette fois-ci, les tremblements la secouèrent violemment et elle fut incapable de les retenir. Quelque chose avait éclaboussé sa joue, peut-être de la terre. Qu'est-ce qui s'était passé ? Qu'est-ce..?

La fin du décompte faillit lui échapper. Sans réfléchir, elle fonça vers la Corne à toute vitesse, dépassant la plupart des tributs autour d'elle. Evkjaä bondit sur les caisses et attrapa un sac qui rayonnait de sa couleur rouge dans les tons ternes du cercle. Son cerveau tournait à deux cent à l'heure, créant un inventaire de ce qui lui fallait. Un poignard, là, vite. Déjà, les autres se mêlaient dans le ventre de la Corne. Un briquet, ici, qu'elle enfonça dans sa poche.

L'adrénaline lui donnait des yeux énormes et terrifiés alors que le chaos incompréhensible entamait sa symphonie. Elle sursautait, changeant de position comme de pensée. Elle leva son poignard devant elle et s'égratigna la jambe au passage, prête à se défendre. Mais il était impossible de comprendre quoi que ce soit. La brume était tellement épaisse.

L'arc. La lance. Là, devant elle. Elle fila en leur direction.

Et quelqu'un la plaqua de plein fouet.

Son souffle disparut, peu importe à quel point elle tentait d'inspirer.

Ses poumons déjà fragiles lui brûlaient amèrement. Lève-toi, lève-toi, lève toi! Chacun de ses os lui foutait une douleur pas possible, et bientôt son étranglement se mua en une quinte de toux violente. Et elle vit du sang. Du sang qu'elle toussait.

Elle resta au sol, horrifiée. Un autre tribut trébucha contre ses jambes et détala aussi vite qu'il était arrivé. Celui ou celle qui lui était rentré dedans avait disparu également, peut-être mort.

Est-ce que je vais mourir ?

Non, pas comme ça. Il n'en était pas question.

Evkjaä alla puiser dans tout ce qu'elle avait. Se relever, rien que se relever, c'était suffisant. Mais c'était dur, presque impossible, et pourtant, la douleur commença à disparaître à mesure qu'elle se redressait. Des points noirs dansaient devant ses yeux, et des cris bourdonnaient dans ses oreilles en choeur avec une acouphène, mais elle n'eut bientôt presque plus mal. Seulement quelques toussotements par la suite.

Merde, j'me ferai une lance avec mon poignard à la place.

Elle retournerait chercher l'arc s'il le fallait. Mais pour l'instant, fuir du carnage était la seule option. Noa avait raison, rester ici la tuerait. Surtout si elle était blessée comme elle le pensait.

Un couteau vola vers sa tête et elle l'évita en catastrophe. Ce fut ce qui la convaincu de tituber hors de là au plus vite.


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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Dim 31 Juil - 14:15

    Ils y étaient. C'était la fin. Déjà ? Trop de choses se bousculaient dans sa tête, il n'avait pas eu le temps de faire tout ce qu'il voulait. Il n'avait pas eu le temps de tout préparer avec Eurydice. Il n'avait pas eu le temps de tout faire pour elle. Dans le tube qui montait, il se rongea les ongles. La voix du décompte lui hurlait dans les oreilles. Il fallait se ressaisir : trouver Eurydice, trouver quelque chose à la corne et s'enfuir loin. Loin d'eux. Loin de tout. Fuir. Courir. S'en aller. Il la porterait s'il le fallait. Il la protègerait et ferait de son mieux pour l'aider. Il se trouvait enfin sur la plateforme, ses bras tendus pour garder l'équilibre, il regarda tout autour de lui. Il y avait du brouillard, tout était assez sombre mais il était certain qu'il faisait jour. Ses yeux allaient et venaient sur les autres tributs. Le décompte n'était toujours pas fini. Tous se tenaient prêts, prêt à bondir et se mettre à courir. Mais pour sûr, il courrait plus vite qu'eux. Pour sûr, il pouvait s'en sortir. Ses yeux se posèrent finalement sur Eurydice. Elle était là. J'arrive. Je vais venir te chercher. Une goutte de sueur glissa le long de son dos et une autre sur sa tempe. Le décompte était terminé. Tout le monde s'élança. Je ne veux pas les tuer. Je veux juste protéger Eurydice. Je veux juste qu'elle rentre à la maison.

    La course d'obstacle. Comme dans sa forêt. Où il courait, courait à en perdre haleine. Où il évitait les branches d'arbres. Et il était tellement obnubilé par l'idée de récupérer la petite blonde qu'il n'avait même pas remarqué. Il n'avait même pas remarqué que la forêt était tout autour d'eux. Sa forêt. Leur forêt. Andro courait, évitait les jeunes jusqu'à rejoindre Eurydice. Il lui attrapa la main et la fixa :

    " - Cours ! J'te porte si tu peux plus ! ".

    Sa main serra la sienne et ils s'élancèrent jusqu'à la corne. Non, il n'avait même pas vu la forêt, sa belle forêt.


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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Mar 2 Aoû - 16:17

BAIN DE SANG
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Personne de l'équipe n'était venu pour moi. Les mentors ne nous avaient pas accompagnés, Siwan et moi. Gold avait préféré préparer la blonde stupide qui me servait de co-tribut. Moi, j'étais avec une de ses employées, pour me présenter ma tenue pour l'arène. Mais j'étais seul. Seul et... dans l'ombre. Bien sûr, c'était tellement plus intéressant de s'occuper d'une gamine non-carrière qui s'était portée volontaire à la moisson. Moi, on me voyait venir gros comme une maison: j'étais normal dans ces jeux. Un carrière comme les centaines, les milliers d'autres auparavant. La chute était douloureuse. Finalement, six ans d'apprentissage n'avaient servi à rien si je pensais pouvoir m'attirer plus de faveurs. Mon équipe me rejetait, les tributs se foutaient de ma gueule, et je me consolais dans ma propre assurance. Une arrogance qui me mènerait tout droit à l'échec et la mort si je ne me ressaisissais pas. Je devais l'avouer, j'avais pas imaginé que mes jeux se passeraient ainsi. Je l'avais un peu trop idéalisée, cette édition. La chute était douloureuse. D'autant plus douloureuse que ce foutu mouchard qu'on m'avait planté dans le bras pour suivre mes mouvements dans l'arène. Edition de merde. Tributs de merde. Carrière de merde. Moi, j'étais de la merde.

Je regardai le tube en verre derrière moi et l'employée de la styliste. J'allais devoir y entrer et survivre, comme je l'avais appris au cours de ces six années inutiles et gâchées de ma vie. Je baissai les yeux. Pour la première fois, je n'étais pas animée par tout ce dont je vivais pour. J'étais... blasé. Blasé et fatigué de ne pas comprendre que la réalité était tout autre. Siwan avait tout gâché. Egidius et Dahlia avaient tout gâché. J'avais tout gâché. Jeux de merde. Je pris une grande inspiration et enfilai ma tenue sans rechigner. Le carrière se préparait, craignez tous le garçon au Neuf aux évaluations. Un putain de Neuf qui n'avait ravi personne, putain. Même moi j'avais été déçu par cette note ridicule compte-tenu de mon potentiel. Si la fille du Deux avait eu Dix, pourquoi pas moi ? C'était mal de se comparer. Leçon de plus à retenir. Je nouai mes lacets en silence, entendant le compte à rebours scandé mécaniquement par la voix robotisée. Je n'avais pas peur de l'étau qui se resserrait sur moi. Je n'imaginais même pas l'état d'esprit des autres tributs de leur côté. Qu'ils se fassent bouffer par la peur, je n'en avais cure. J'étais idéal pour les jeux, malgré tout ce dédain qu'on pouvait donner sur ma personne. Assurément, c'était mon calme et mon antipathie naturels qui allaient me préserver dans cette arène, en plus de l'expérience. Je les tuerais s'ils ne se chiaient pas déjà dessus. Cela ne serait jamais un problème pour moi.

Je m'avançai devant la stèle qui m'élèverait bientôt jusqu'à l'arène. Mes pieds sur cette dernière, je voyais le tube se refermer derrière moi. Aucune peur. Aucune surprise ne se lisait sur mon visage. Et dès lors, je commençai à m'échauffer en faisant craquer mes poignets, mes chevilles, mes doigts. Je fis quelques étirements alors que la stèle s'élevait. Bientôt, la clarté de l'arène arriva et je découvris en même temps que les autres tributs l'univers dans lequel nous allions devoir survivre. Intéressant. Tout en verdure. La corne d'abondance se dressait fièrement devant nous, avec des objets tous alléchants les uns que les autres. Evidemment, j'allais me jeter dessus. Parce que j'étais le garçon au Neuf. Je ne craignais absolument personne, pas même les autres carrières. Tout en jetant quelques regards aux jeunes, je fis craquer ma nuque en balançant ma tête sur la gauche et sur la droite. Prêt à tuer. Prêt à courir. Prêt à faire mes preuves. Le compte à rebours continuait. Proche du zéro, j'entendis le "boom" stridant sur la stèle de la fille du Dix. Dommage pour elle, il ne fallait pas bouger. Je n'y fis pas plus attention et dès que le zéro s'afficha au-dessus de la corne, je bondis agilement de la stèle pour ensuite me jeter dans la gueule du loup.

Pas le temps de réfléchir. Tout le monde se rentrait dedans. Tout le monde se jugeait du regard et dans certains regards, je pouvais déceler de la peur ou de la surprise. C'est ça, fuyez. Personne n'osait croiser mon chemin. Mon ascension jusqu'à la corne fut très aisée. Arrivé aux premiers petits sacs, mon regard se bloqua immédiatement sur les armes de pointe: arc, poignards, couteaux. Oui, j'avais besoin de ça avant toute chose. Tout en zigzaguant agilement les premiers corps étendus au sol, je tendis ma main jusqu'à la grille où les armes étaient étendues, et je tombai nez à nez avec la fille du Six. Donc, pas une menace en soit. Je penchai ma tête sur le côté, calme, alors que l'autre tribut me faisait toujours barrage, semblant décidée à ne pas me laisser passer. « Sérieusement ? » lui fis-je en guise de remarque, plus blasé par le comportement suicidaire de la fille. Voyant qu'elle ne bougeait toujours pas, prête à me retenir si je forçais une entrée, je finis par hausser les épaules avant de lui saisir le bras qu'elle avait placé devant elle en guise de position de combat. Je tirai vivement sur son membre pour la destabiliser et coincer sa tête entre mon bras que je serrais progressivement, essayant de lui couper tout oxygène. Elle se débattait. Ses jambes s'agitaient dans tous les sens, faisant tomber plusieurs petits objets autour de nous. Elle griffait violemment mon bras contracté par l'effort. Son visage virait au rouge. Elle avait peur. Ses yeux se gorgeaient de sang, c'était magnifique. Je ne souriais pas. J'avais les sourcils légèrement froncés par la résistance qu'elle me donnait. Voyant que je n'arrivais pas à la neutraliser de cette manière, je pris la décision d'écourter l'échanger en plaquant le plat de mon autre main sur sa tempe. D'une pression légère sur sa boîte crânienne, je parvins à lui briser la nuque. Je sentis ses os se rompre dans sa nuque. Morte sur le coup, elle s'effondra à mes pieds. J'entendis le coup de canon pour annoncer son décès. Une personne en moins.

Je chevauchai le corps sans vie de la tribut du Six pour m'équiper calmement de poignards et couteaux. C'étaient de petites armes très faciles à transporter, c'était l'idéal. Je faisais mon petit marché sagement, dans un coin de la corne, alors que les autres tributs couraient encore partout. Je me tournai, des petits couteaux à la main, prêt à les jeter sur n'importe qui tenterait de m'attaquer. Dès lors, l'idée de prendre le contrôle de la corne d'abondance me sembla être une bonne idée. J'étais suffisamment craint par les tributs pour les fuir ne serait-ce qu'aujourd'hui. Je ne pensais pas y rester éternellement. Je sortis de la corne d'abondance, inutilement fier comme un coq, jouant avec mes petits couteaux. Je ne ressentais absolument rien. C'en devait être effrayant pour les autres, de se dire que rien ne pouvait m'atteindre dans ce bain de sang. Les corps qui tombaient, certains qui se relevaient. D'autres qui fuyaient, qui criaient, qui pleuraient. Ce spectacle était de toute beauté, très honnêtement. Et je me sentais particulièrement heureux d'être aux premières loges. Je jouissais du malheur des plus faibles. Je riais intérieurement de l'horreur des plus démunis. Et surtout, je me vengeais avec plaisir de tous ceux qui avaient cru qu'être un carrière, ce n'était pas original.

Je les anéantirais tous, s'il le fallait.
Puis je sortirais de l'arène, et je leur cracherais tous à la figure.


    There are so many ways to be brave.

    Sometimes bravery involves laying down your life for something bigger than yourself, or for someone else. Sometimes it involves giving up everything you have ever known, or everyone you have ever loved, for the sake of something greater. Sometimes it is nothing more than gritting your teeth through pain, and the work of every day, the slow walk toward a better life.
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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Mar 2 Aoû - 18:20

Plus que 23. Nous ne sommes plus que 23.
Cette pensée m’obsède. Ma mort peut arriver à tout moment et arrangera très certainement d’autres tributs. J’ai la gorge sèche, comme si je venais d’avaler du plâtre. Je me sens de nouveau prise de nausée, mais je me force à continuer. Heureusement, l'entraînement sportif que j'ai suivis jusqu'à présent me permet de ne pas être essoufflée. On ne voit rien, par ici. L’air est poisseux, une vague odeur d’humidité se fait sentir, mêlée à celle si caractéristique du sang. Je ne vois pas le soleil. Il est caché par des nuages artificiels, des nuages si bas que je vois à peine où je mets les pieds. A courir le plus longtemps possible. Chaque minute, chaque seconde compte. La moindre inattention pourrait me coûter la vie.

J’accélère. L’adrénaline me donne de la vitesse, c'est à peine si je sens le sol sous mes pieds. Je fonds parmi le champ de bataille, je fonds parmi les morts et les vivants. Certains ont déjà passé l’arme à gauche, leur cadavre repose sur le sol. Ils seront enlevés plus tard par les hovercraft, quand les autres tributs encore en lice se seront tous éparpillés dans l'Arène. J’essaie de me résonner froidement, bien que mon raisonnement ne me plaise pas. Ces innocents morts seront des adversaires en moins, comme la fille du six qui à quelques mètres de moi, qui se fait étrangler par Quinn. Mon estomac se soulève, et ma conscience m’intime de me tirer d’ici le plus vite possible. Je ne suis pas sûre de pouvoir supporter la vue du sang encore bien longtemps.

Pas le temps de réfléchir. Je n’y vois rien, je n’entends plus rien. Les battements effrénés de mon coeur résonnent comme des coups de marteau dans ma poitrine. BAM. BAM. BAM.

La Corne. C’est là que je dois aller - je ne me pardonnerais jamais si je partais les mains vides. J'ai besoin d'un allié qui ne me trahira jamais, de quelque chose qui me permettrait de rester en vie le plus longtemps possible... Mais je ne me faisais pas d'illusions. Si je tombais nez à nez avec un Carrière, mon aventure allait s'arrêter ici. Ne fallait-il mieux pas que je me dépêche de me mettre à l'abris ? Et gagner quelques secondes, quelques minutes précieuses de répis ?
Non. Je ne pouvais pas me le permettre. Il fallait que je le fasse. Et puis, Shawn et Jaime m’ont conseillée de m’y rendre. Je savais qu'ils avaient raison. Je suis rapide, je suis agile. Je peux le faire. Je peux y arriver. Si seulement l’adrénaline pouvait me permettre de voler comme un oiseau !

La Corne est si proche. Elle est à portée de mains. Mais elle semble si lointaine. Alors que je m'apprête à renoncer et à faire demi-tour, c’est là que je le repère.
Le sac à dos.

Je le vois, il est juste là. D’un geste, je l’attrape de ma main la plus proche. Ce sac à dos pourrait être mon salut, bien que sa couleur rouge soit catastrophique à souhait, elle pourrait être camouflable plus tard. Je l’enfilais avant que quelqu’un d’autre n’ait l’idée de me le voler. Ce n’est pas assez. J’aperçois des briquets qui me donnent envie, mais ils sont hélas, trop loin. Pour les avoir, je devrais passer devant Quinn et d’autres Carrières. Hors de question, je n’avais aucune chance de survie. Et toutes les trousses de secours ont déjà été réquisitionnées.

Je me baisse et attrape une couverture de survie, qu’un garçon, celui du 12, tente de s’octroyer. Dès qu’il me voit fondre sur lui, il la lâche aussitôt, et j’ai du mal à saisir pourquoi. J’entends un sifflement et, sous ses yeux écarquillés, j’ai le réflexe de remonter mon sac pour protéger ma nuque. J’ai gagné un poignard. Si je n’avais pas réagis à temps…

Cette pensée me glace le sang et me tient en alerte. Le cauchemar qui se déroule sous mes yeux semble tout à coup bien trop réel, et le danger qui rôde à chaque pas que je fais me fait prendre conscience que ma vie ne tient plus qu’à un fil.
Je viens d’échapper à la mort d’un cheveu.
Tous mes sens sont en éveil, je m’enfonce l’ongle du pouce dans ma paume afin de me convaincre que je suis bien vivante.
Je le suis.
En un mouvement, je m’enfuis le plus vite possible, hors de la Corne, hors de ce carnage sanglant que je laisse derrière moi.




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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Mer 3 Aoû - 21:47

Le jour J. Et j'avançais vers l'ascenseur, perdue dans mes pensées. J'avais, comme qui dirait, été déconnecte du monde de la vie. Je traçais ma route jusque ma tombe. Oui. Je le savais. Sans doute ne ressortirai-je jamais de cette arène. Sans doute ne reverrais-je jamais la lumière du jour autrement que part de ne pas me réveiller le lendemain. J'avançais encore un peu. Et on me prit Bambou. Adieu petit ours. Des larmes roulèrent le long de mes joues. Des larmes de tristesse, de peur, de fatigue, de stress.

Le coup de feu raisonna et je m'élançais sans me retourner. J'avais bien visualisé tous ces tributs, sagement placés en cercle autour de la corne. Ils avaient, pour la plupart, cet air calme d'avant la guerre. Et cette posture troublante de celui a franchit le pas. Et qui est prêt à tuer. Et certains, comme moi, tremblaient d'une peur viscérale, incontrôlable. Je pouvais sentir mes entrailles se tordre sous la peur. Mon cauchemar venait de commencer.

Et je courrais, à en perdre mon souffle. Mes petites jambes me propulsaient aussi loin qu'elles pouvaient. mes pieds foulaient le sol humide de cette arène démente. J'avais vu des arènes vertes, fleuries, agréables. Mais celle-ci était sans doute le pire endroit que je pouvais rêver pour mourir. Il faisait sombre et humide. Et rien qu'à entendre la solitude qui s’immisçait dans mon esprit, et les bruits inquiétants aux alentours, je le voyais doublement terrifiée. Qu'allait m'apporter ce premier jour de jeu ?

Je finis par m'arrêter une fois mon souffle trop saccader pour me permettre de continuer. Où étais-je ?



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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Mer 3 Aoû - 21:54

Contre toute attente, la nuit s'était plutôt bien passée. Daisy n'avait pourtant pas cru réussir à dormir, poussée par l'envie de profiter au maximum des dernières heures de tranquillité mais une fois sous les doux draps du lit, Morphée n'avait pas eu à batailler bien longtemps avant de prendre le dessus. Sans doute la conséquence de toute la fatigue et la tension accumulée au cours des derniers jours. Naturellement, quelques cauchemars étaient venus tourmentés son sommeil mais moins qu'elle ne l'avait imaginé, lui offrant étrangement l'une des meilleures nuits depuis sa moisson. Un ultime plaisir avant l'arène. Au petit matin, quand on était venue la réveiller, la jeune femme s'était d'abord maudite d'avoir gâcher bêtement son temps avant de se rendre compte que ce n'était peut-être pas une si mauvaise chose d'avoir dormi longtemps. Son corps était reposé, opérationnel pour le lancement de l'arène. Tout le monde n'aurait pas l'avantage d'être en forme au moment de fuir à toutes jambes de la Corne et c'était les moins énergiques, les plus lents qui seraient abattus les premiers. Dans un état plus enviable que les plus jeunes ou les insomniaques par exemple, la tribut du Huit considérait avoir toutes ses chances pour s'en tirer sans problèmes. Voir récupérer dans l'élan deux ou trois trucs. Elle n'avait pas spécialement envie de s'élancer en direction des combats sanglants mais à ce stade là il ne fallait plus du tout préférer ses envies mais des actions stratégiques. Tout comme au petit déjeuner, Daisy n'avait pas eu grand faim mais s'était forcée, consciente de ne pas savoir quand son prochain repas aurait lieu et de quoi serait-il fait. Grâce à l'aide de sa mentor, elle avait même mangé équilibré ! Dans le fond, elle ne savait pas si les rapports nutritifs du dernier repas faisait une réelle différence mais à défaut de pouvoir faire autre chose sur le moment, la tribut s'était contentée de suivre les derniers conseils de son équipe de préparation. Après tout, ils étaient là pour l'aider à soulever des points auxquels seule, elle n'aurait pas penser. Peut-être que certains membres de son équipe croyaient sincèrement en elle ? Tout comme Adonis, il devait être question de parier sur le district associé. Et du coup, misaient-ils plus sur Théo ? Difficile de savoir à quoi s'attendre de sa part, il avait toujours demandé à être préparé séparément de la jeune femme.

Les adieux avec l'équipe furent difficile mais pas parce qu'en si peu de temps, Daisy s'était attachée à chacun d'entre eux. Elle pouvait le prétendre pour faire bonne figure mais la réalité, c'était qu'elle ne voulait pas rentrer dans l'arène. Et se séparer d'eux équivalait à une étape supplémentaire qui l'en rapprochait. Seule sa styliste restait avec elle jusqu'au bout, repassant sans cesse les plis de son horrible combinaison. « Prête ? » demandait-elle après un long silence. Non. Jamais Daisy n serait prête à participer à la barbarie des Jeux, même des années et des années d'entraînements n'y changeraient rien. Mais elle hocha la tête parce qu'elle ne pourrait pas être plus prête qu'elle ne l'était maintenant. Elle était à son maximum, là. On ne pouvait pas lui demander d'être prête à escalader des montagnes. Les derniers jours l'avaient prouvés, Daisy était plus douée à faire la potiche auprès des Capitoliens qu'à se comporter comme une véritable guerrière. Bien sûr, elle avait tenté de les duper en faisant planer le mystère sur ses capacités mais ça ne fonctionnerait pas longtemps. Il se rendrait compte que son principal atout n'était autre que son joli minois et qu'une fois dans l'arène, ça ne servait quasiment plus à rien. Presque plus. Parce qu'il y avait peut-être des sponsors qu'elle pouvait espérer encore conquérir avec ses beaux yeux. Puis elle allait essayer de se battre quand même. Non pas qu'elle attendait ce moment avec impatience mais il faudrait bien le faire tôt ou tard si elle voulait espérer rentrer chez elle. Puis personne ne savait comment elle pourrait réagir face au danger. Elle avait vu des tributs changés du tout au tout une fois prit dans la folie des Jeux. Elle, elle ne deviendrait pas comme ça. Elle l'espérait de tout son cœur mais rien n'était sûr au fond. Jusqu'où était-elle prête à aller pour revoir les siens ? Obnubilée par ses pensées, elle n'entendit pas la voix demander aux tributs de prendre place dans les tubes. « Il faut y aller. » Sa styliste avait l'air plus nerveuse encore, comme si sa propre vie était en jeu alors qu'il n'était sûrement question que d'argent et de popularité. Cette dernière finissait de réajuster la queue de cheval de Daisy quand les vitres se refermèrent. Plus aucune possibilité d'aller en arrière.

Quelques secondes de flottement – à peine – Daisy n'osait pas ouvrir les yeux sur l'environnement qui l'entourait. Ne serait-ce que sentir vaguement l'humidité dans l'air ne lui donnait pas confiance quant à la suite. Il n'y avait pas eu d'arène l'année dernière alors cette année, les Juges devaient avoir préparer une édition mémorable. Soixante. Ses yeux s'ouvrirent subitement sur le monde qui l'entourait. Beaucoup d'arbres et du brouillard, de l'eau et des ponts. Un environnement qu'elle n'attendait pas longtemps avant de classer comme hostile. Elle en avait peur mais ne devait absolument pas flancher. Pour sa famille et puis pour Bonnie aussi, qui lui avait fait la surprise de sa visite à l'hôtel de ville. Cinquante. En scrutant les environs, le regard de la jeune femme tomba tour à tour sur les visages des carrières du district Deux puis Quatre. Elle était vachement bien entourée... Mais le pire, c'était l'écervelée blonde du Sept. Si elle pouvait – accidentellement ou non – se faire embrocher dès le premier jour, Daisy n'en serait que plus heureuse. Cette fille lui volait carrément la vedette, croulant sous les compliments. Manquait plus qu'elle ne vole également, les potentiels sponsors de la tribut du Huit. Quarante. A la gauche de Daisy, un petit garçon – du Trois ou du Dix, elle ne savait – qui ne représentait pas un gros danger. A tous les coups, il ne se risquerait pas à aller à la Corne et elle n'aurait pas à batailler avec lui pour avoir un des objets. Elle aurait tout intérêt à s'écarter sur la gauche tout en courant au risque de se prendre un méchant coup pour la droite. Costaud comme il était, le gars du Deux n'aurait pas grand mal à la mettre hors d'état de nuire, même à mains nues. Trente. Le décompte en était à sa moitié et plus elle essayait de maîtriser son corps, plus celui-ci tremblait comme une feuille. Tous ses muscles étaient sous tensions, attendant le moment opportun pour relâcher et sprinter. Vingt. De son côté, Théo avait l'air plus serein mais peut-être étais-ce la distance qui lui donnait cette impression. Après tout, il était bien loti lui aussi avec deux carrières à ses côtés. Celle du Un n'était peut-être pas aussi méchante qu'elle le prétendait, le co-tribut ne risquait pas grand chose. Il avait l'air en tout cas tout à fait capable de courir vite pour se cacher. Dix. Les toutes dernières secondes, les yeux de Daisy se posèrent sur les objets aux alentours de la Corne pour faire ses repérages quand tout d'un coup, huit, une secousse venait de faire bouger le sol. Un truc inconnu tomba juste devant sa plateforme tandis qu'au brouillard ambiant venait s'ajouter de la fumée. Il ne lu en fallait pas plus pour comprendre Le faible cri qu'elle parvint à articuler fût étouffé par le gong du début des Jeux. Ils commençaient à peine à courir mais déjà, un des leurs les avaient quittés. Une personne de moins sur son chemin. Cette pensée était aussi révoltante que rassurante.


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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Mer 3 Aoû - 23:22

79th HUNGER GAMES, JOUR 01
BAIN DE SANG (CORNE D'ABONDANCE)


Les larmes qu'Eurydice avait - non sans mal - réussi à dompter au fil de ces derniers jours avaient retrouvé le chemin de ses grands yeux dès l'instant où elle les avait ouverts, ce matin-là. Jour J. Le dernier jour, ou le premier, tout dépendait ce que l'on sous-entendait, mais pour Eurydice aujourd'hui était assurément le dernier jour que la vie passait dans son petit corps frêle. Elle savait bien, au fond, que l'espoir d'Andro ne valait rien, et que la moyenne qu'elle avait réussi à récolter aux entrainements n'était pas un gage de ses capacités véritables. Elle essayait de ne pas y penser mais dans son crâne un poil vide s'entrechoquaient les brides de souvenirs qu'elle gardait des précédents bains de sang, des petits garçons égorgés au bout de quelques pas seulement, des fillettes dont le corps arrêté par une flèche ou un coup de poignard bien senti s'écroulait mollement sur l'herbe encore humide de rosée. La victoire d'Ethan semblait appartenir à une autre époque, et aujourd'hui on ne gagnait plus au district sept, aujourd'hui on se contentait de faire de beaux cadavres et c'était tout ce qu'était en droit d'espérer Eurydice : faire une jolie poupée de chiffon, une fois morte. Laisser une enveloppe que l'on admirerait encore pour sa beauté ingénue, à défaut de pouvoir laisser autre chose. Elle se demandait quelle robe on lui choisirait, et si ce serait Bloom qui s'en chargerait ; Elle se demandait si Tola pleurerait un peu, et Callie, et si on l'enterrerait à côté de sa petite maman.

Elle s'était laissée habiller tel un automate, levant un bras où une jambe quand on lui demandait, penchant la tête d'un côté ou de l'autre si on lui intimait de le faire, mais soudainement incapable de prononcer le moindre mot. Ses cheveux avaient été noués en deux nattes plaquées sur son crâne et Bloom avait manqué lui coincé un bout de peau sous le menton en refermant la fermeture éclair de son blouson. Le compte à rebours officiel n'avait peut-être pas encore débuté, mais dans la tête de la jeune fille il était déjà enclenché, et c'est cette défilade de chiffres qu'elle se répétait mentalement qui l'empêchait de sombrer. La plateforme. Le tube contre lequel elle avait appuyé ses doigts avec angoisse tandis que la silhouette de Bloom s'éloignait. L'air humide qui l'avait pris à la gorge à peine avait-elle retrouvé l'air libre.

L'herbe mouillée. L'humidité chargée d'une odeur de mousse et de végétation. Le silence troublé par la légère brise qui secouait des branches, des feuilles ... La forêt ! Un début d'euphorie lui parcourant les bras elle avait tourné la tête à droite, à gauche, cherchant désespérément des yeux la silhouette d'Andro en s'attendant à ce qu'il partage son contentement. Mais Andro semblait ailleurs, son regard dur, et si elle avait été plus près sans doute aurait-elle remarqué ses pupilles agrandies par la peur. Pourtant c'était vers elle qu'il tournait la tête, c'était elle qu'il regardait en tentant de lui dire silencieusement de ne pas s'en faire, de se fier à lui, que tout irait bien.

Une crinière blonde à côté d'elle lui avait fait oublier Andro un court instant pourtant. Ivory était là, moins détendu, plus concentré que la dernière fois. Il avait le regard dur lui aussi, sûr de lui, le regard d'un carrière. Et Eurydice pourtant lui avait adressé un sourire, serrant les poings avec espoir dans l'attente qu'il tourne la tête vers elle.

BOUM. A plusieurs plateformes de là l'éclopée avait choisi son destin, et sursautant avec horreur Eurydice avait porté une main contre sa bouche, ses dents mordant l'intérieur de ses joues parce qu'elle ne devait pas pleurer. C'était ça, c'était les jeux, la rousse n'était pas la dernière et la blonde peut-être la rejoindrait rapidement. Est-ce qu'elle avait eu mal, Rain ? C'était peut-être ça la clef, c'était peut-être la solution ... Encore tremblante Eurydice avait baissé les yeux vers le sol, au bas de sa propre plateforme. Fallait-il vraiment retarder l'inévitable ? Mais Eurydice avait peur. Elle avait peur de la mort encore plus qu'elle avait peur de l'arène, et lorsqu'elle avait relevé la tête et croisé à nouveau le regard d'Andro elle avait su qu'elle n'y parviendrait pas. Elle n'aurait pas le courage qu'avait eu la rousse qui avait choisi son destin.

A vos marques, prêt ... Zéro. Elle s'était élancée presque en même temps que tous les autres, mais avec sans doute un peu moins d'assurance. Les bouts de la tribut pulvérisée jonchaient l'herbe sur plusieurs mètres et la blonde n'osait pas s'en approcher, retenait difficilement le haut-le-coeur que cela lui provoquait. Elle avait senti Ivory la frôler et s'élancer vers le carrière qui l'avait provoqué le premier jour, et par réflexe elle avait tourné la tête pour ne pas voir ça. Pour le pas voir le sanguinaire qui sommeillait dans le joli blond qui lui avait appris à se défendre, ou du moins essayer. « Cours ! J'te porte si tu peux plus ! » La main d'Andro avait saisi la sienne, et redevenant l'automate qu'elle était quelques instants plus tôt elle s'était élancée à sa suite, tentant de ne pas se laisser distancer par les enjambées du jeune homme beaucoup plus grandes que les siennes. Peu importe la forêt, peu importe les corps qui déjà s'écroulaient dans l'herbe dans un râle de douleur ou de délivrance ... Elle courrait, Eurydice. Elle courrait à perdre haleine.



    - The birds move on so they survive, when snow so deep the bears all sleep to keep themselves alive. But where do I go from here ? So many voices ringing in my ear, which is the voice that I was meant to hear ? How will I know where do I go from here ? -


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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Jeu 4 Aoû - 11:06

Bain de sang
Jour 1 10h10
Je suis l'alpha l'oméga, dit le seigneur dieu, celui qui est, qui était et qui vient. Je suis le tout puissant ▬ APOCALYPSE DE JEAN + theme song

Tu es morte à dix heures dix.
Tu es morte le jour un.
T'es morte après une semaine d'extravagance et de déliquescence.

Grisée par le brouhaha inexistant qui t'embaume comme un charme, tu persistes bancale sur ta stèle. T'aurais dû t'enfermer dans ces prières. Ces litanies qu'on souffle, qu'on murmure. Qu'on égare, qu'on oublie comme par hasard au fond d'une église. D'une chapelle en ruine qui a connu les émois de la théorie de Darwin. Non. Au lieu tu restes las. Tu trépasses. Le ciel t'enlace de ses doigts de pantins, des doigts algides frisant ta poussière qui se prélasse dans son incongru palais de glace. Princesse déchue. Princesse ingénue. Princesse qui ne mérite rien de la rédemption des foudres des titans. Et quand le gong résonne dans ton coeur de pierre, qui bat presque trop lentement là, jusque sous ta carapace, tu fais un pas en avant. Un seul. Un pas. Histoire de quitter le socle à temps pour ne pas finir en confettis. Les yeux restent clos, le souffle reste de repos. Tu pourrais t'effrondrer dans le vide. Tu pourrais être submergée dans un océan avide. Tu pourrais te brûler les ailes sur un brasier torride. Mais tes deux pieds presque trop grêles rencontre un sol tendre. Un sol solide. Un sol qui ne cède pas. Un sol qui t'accepte telle que tu es. Un monstre vitreux, sans éclat, boursouflé par le vice et le péché. Tu dégrafes enfin tes deux orbes furibonds tes deux perles rondes qui entament une chorégraphie mémorable ; un ballet déclinable ; elles lancent un regard circulaire au paysage qui t'envenime déjà de sa tragédie de chimère. Tout autour, l'air s'engouffre trop ténébreux dans tes naseaux défectueux. T'arrêterais presque de respirer. Tes membres ont cessé de s'agiter. Ton corps entier est reposé. Le cimetière s'est peut-être déjà épris de toi. Mais t'as une toute autre théorie quant à la nature de ta foi ; une foi trop salie ; un mal envahit. À ta gauche le petit Alfie décolle en trombe, comme les vingt-trois autres âmes condamnées en lice pour une compétition de damnés. La coupe satanique. L'épargné prophétique. À ta droite un autre tribut dont t'ignores tout jusqu'au nom. Tu t'en balances.
Devant, la corne ; un terrain trop abrupt. Une terre trop hostile. Un domaine trop indocile. Un flot de sang trop présagé. Tu t'y perdras. Tu t'y perdras pas. Et t'es surement la seule, l'unique conne à rester figée. La brume t'empêche de voir qui file vers le massacre comme une flèche tirée d'un arc. Comme les flèches que tirait Evkjaä au centre d'entraînement. Mais t'y vois rien. T'y vois que dal. T'as pas de plan, les bras ballants, les genoux flageolants. T'es prête à t'ébouler dans une torpeur assassine. Et merde le corps ne réagit plus, le coeur s'empare d'illusionniste morphine. T'es bonne à la course. T'es excellente à la nage, la meilleure. Ta tête tourne ; joute ; lutte ; fouaille l'air trop cendreux trop vaporeux trop nébuleux. Bordel.
Mais ton coeur de glace se relance d'un coup. La poitrine se soulève. Électrochoc. Il vivifie l'essence. Il tonifie les muscles dans leur fiévreuse absence. Ton corps entier virevolte alors que les premiers échos de meurtres parviennent à tes tympans insolants. Des coups en cadence de canons fumants. Tu doutes un instant de qui peut se trouver les mains déjà salies à peine une minute de jeu. Quinn. Ivory. Blair. Hedda. Peut-être eux tous contre les autres. Peut-être même qu'ils s'entretuent. Peut-être. Peut-être bien. Mais au loin la forêt morte te pourrit l'esprit. Ses troncs dégarnis ; le feuillage empuanti. C'est pas là que tu voudrais t'échouer ; répandre tes plaies d'Égypte ; tes supplices goulûment désirés. Non, tes prunelles noires se sont ancrées sur une toute autre proie. Une proie plus docile plus familière ; une proie nécessaire quand la silhouette baignée dans les ténèbres carnassiers, elle te rassure. Elle te berce comme une mère, tantôt qu'on ait bénéficié d'une mère normale ; une mère aimante. Pas comme la tienne ; une mère paralysée une mère démente.
La rivière est là. Le lac est à portée de vue, à peine décelable dans le jardin de brume qui t'étouffe. T'es faite comme un rat. L'humidité enivre ton épiderme de carrare. Tu comptes pas te laisser faire, te laisser ronger la peau par une armée de juges sauvages prêts à tout pour du spectacle ; ouais pour eux tu seras leur obstacle. L'obstacle de trop. Et c'est pour ça qu'ils te saigneront. Tu fais craquer tes genoux dans une folie maladive. La folie animale, l'instinct s'empare enfin de toi. T'es une lionne dans une savane de zèbres. Tu vas chasser armée d'une douceur mièvre. T'entames un sprint vers l'eau à peine troublée par un vent trop léger. Un vent falsifié. Une eau falsifiée. Un brouillard falsifié. Une arène falsifiée pour un jeu des plus vrais. T'arrives enfin aux frontières de l'eau et t'y plonges ton corps entier sans te soucier de la toxicité à compter que l'eau est ta seule alliée. Qu'elle l'a toujours été. T'es prête à te frôler aux profondeurs marines histoire de disparaître de la surface et de faire taire les cris stridents du génocide qui s'annonce dans une corne toujours plus vermeille ; toujours plus ferreuse ; toujours plus pernicieuse. Et puis t'aperçois une ombre. Une ombre qui se meut devant toi. Une ombre prête à épouser l'un des ponts qui fuient le coeur sanguinolent du dôme malséant. Tu crois un moment que c'est le petit Alfie. Et puis non. C'est Ben. Ben. Le cotribut d'Evkjaä. Le petit Ben qui semble fuir la corne où il s'est égaré. Son bras est écorché, sa combinaison grisâtre en miettes, le sang neuf à peine coagulé. Il semble ne rien avoir obtenu là-bas. Aux abysses de ce champ de bataille révolu. Et tu te rappelles, tu te rappelles ces mots affolants sortis de la bouche d'un ange affligent. Un môme trop innocent. Evkjaä. Le contrat. T'as qu'une parole.

— Ben ! que tu tonnes à l'ombre déchue. Gosse pleurnichard. Viens, je vais te faire sortir de là ! et t'es sure que le premier poisson que tu pêcheras mordra à l'hameçon. Il t'as déjà vue parler avec Evkjaä à un moment où il traînait dans ses pattes. Il ne doit pas se méfier. Il ne doit pas se soucier. Il ne doit pas se tuer. Mais il ignore. Il ignore que sa tête est mise à prix. Il ignore qu'il a été trahi. Et il ignore que ce prix t'es prête à le payer corps et âme pour une alliance de fous alliés. Le marmot aux mèches suintantes stoppe sa course, te jauge longuement. Peut-être un peu trop. Il hésite. Il s'approche. Tes sourcils se plissent ; ton air est grave. T'es crédible ouais.Ton regard de chien l'invite à plonger à son tour histoire de te rejoindre dans la rivière ; seule échappatoire suffisamment discrète pour sortir indemne de ce foutoire.
Il plonge tête la première.
Il pense que tu l'as pris sous son aile.
Il pense que t'es juste un angelot affolant.
Il pense pas que t'es un monstre écœurant.
Pense petit, pense bordel.
Mais c'est déjà trop tard. La veuve noire est pendue à son gibier. Les doigts glissent sous son menton, ils étranglent déjà sa gorge ; tandis que l'autre main malfaisante se perd dans sa crinière ardente ; coupée court, imbibée de l'eau de la rivière. Les muscles se crispent, tiennent bon dans une adrénaline naissante ; la tête disparaît sous les eaux obombrées, sous les vagues vacillantes. Disparus les deux yeux luisants d'étincelles d'effroi de l'enfant qui se demandent pourquoi. Qui se demandent comment. Qui se demandent ce qu'il se passe. Souvenirs cavalcadants, mémoires inquiétantes d'un garçonnet qui a su survivre dix minutes dans cette maudite arène. Le gosse se débat, les doigts restent fermes ; le gosse respire à peine ; quelques bulles jaillissent encore à la surface.
Puis plus rien.
Plus de remous.
Un coup de canon.
Le corps qui remonte inerte.
Les agonies de la corne à peine audibles plus loin.
Les oreilles alertes.
La chair dévorée par le meurtre du défunt.
T'es morte à dix heures dix.
T'es submergée.
Submergée.
Par le crime que t'as commis.
Le crime irréfléchi.
T'existes plus que de l'enfer et de ses cimes.
Ton esprit se meurt à dix heures dix.


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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Jeu 4 Aoû - 16:08

Sa bulle avait éclaté avec un petit peu de retard. Alors que tout autour, les tributs s'élançaient déjà à toute allure et dans tous les sens, Daisy descendait quant à elle de sa plateforme, avec prudence et hésitation, de peur de marcher sur les restes fumants de ce qui avait été auparavant un être humain. C'était si horrible et dégoûtant comme mort. A peine le temps de déglutir, de se remettre partiellement de l'effet de surprise que la jeune femme s'était mise à courir à son tour pour ne pas louper sa chance. Des cris et des pleurs parvenaient jusqu'à ses oreilles, l'enfer avait débuté mais elle ne lâchait pas des yeux son premier objectif. Imaginer de jeunes enfants se faire réduire en miette n'était pas une plus belle image que l'explosion mais il s'agissait de l'arène, elle ne devait pas commencer à faiblir maintenant. Sa main rafla la gourde qu'elle avait tout juste eu le temps de repérer pendant le décompte. Vide, sans aucun doute au vu du poids. L'eau était indispensable pour survivre, c'était pour cette raison qu'on n'en trouvait pas partout et pouvoir en transporter avec soit permettait de ne pas devenir indépendant d'un lieu bien particulier. Avoir de l'eau augmentait considérablement les chances de survie, il ne lui manquait plus qu'à trouver rapidement un point d'eau après avoir fuit la Corne. Plus facile à dire qu'à faire. Deux mètres plus loin, un poignard attendait toujours dans l'herbe que quelqu'un le prenne mais quand Daisy tendit le bras pour le prendre, ce dernier se heurta contre quelqu'un. La fille du Neuf avait également des vues sur l'arme et l'attrapa en premier. D'autres petites armes du style étaient généralement dispatchés dans la zone de la Corne mais à l'heure actuelle, il ne devait plus en rester. Autrement dit, si la jeune femme voulait une arme sans avoir à s'approcher trop près de la Corne, il lui fallait prendre celle qu'on lui avait chippé sous le nez. Alors elle attrapa le bras de sa concurrente pour la retenir et la frappa deux fois à l'aide de sa gourde. La première, dans le ventre pour lui faire lâcher l'arme et la deuxième, à la tête en espérant qu'elle soit trop sonnée pour la suivre. Dans l'élan, Daisy aurait pu lui ôter la vie mais plus préoccupée par la fuite, elle n'y avait pas penser. Puis pas sûre qu'elle en aurait été capable. Pas tout de suite. Elle préférait s'en aller. La forêt ne lui inspirait pas confiance mais en même temps, elle n'avait pas d'autres solutions. Sinon, fallait rester en périphérie de la Corne, ce qui voudrait dire que même si elle réussissait à ne pas mourir de suite, ça arriverait bien assez tôt par la faute des Carrières. A l'idée de voir sa vie s'achever prématurément, la jeune femme accéléra la cadence.

Son butin n'était pas bien gros mais Daisy pensait pouvoir s'en contenter. C'était mieux que rien du tout. Mais quand elle passa à côté d'une trousse de secours, elle ne résista pas à l'envie de s'arrêter pour la saisir. D'accord, ce n'était pas du tout dans son idée de départ, le tout était un peu encombrant mais on ne pouvait pas dire non à des premiers soins, surtout avec l'environnement hostile qui l'attendait. Heureuse de sa trouvaille de dernière minute, la jeune femme repartait de la Corne avec une certaine satisfaction. C'était déjà un bon début, est-ce que derrière l'écran son équipe le pensait aussi ? Il le fallait, parce qu'elle comptait sur eux pour la soutenir tout au long de cette cruelle aventure.  Elle allait en avoir besoin. Son cœur tambourinait fort dans sa poitrine et ce n'était que le début. Le dégoût la reprit soudain à la gorge quand elle passa trop près de la plateforme ou un tribut s'était fait explosé quelques secondes avant le début des Jeux. Du sang de partout dans l'herbe et jusqu'à loin. Daisy essaya de faire un mini détour, pour à la fois pas perdre trop de temps mais pour ne pas avoir non plus ses chaussures pleines de sang. Parce que ce serait dégueulasse et qu'elle laisserait des traces rouges derrière elle. Elle ne savait pas qui avait abréger son existence de manière aussi affreuse mais définitivement, c'était une mauvaise idée. En plus, elle commençait à manquer de souffle. Comme si sa toute petite lutte contre la tribut du Neuf avait puissé presque toutes ses ressources. C'était la tension, en fait, qui l'épuisait. Elle avait besoin d'un endroit pour se poser deux secondes et évacuer. Elle misait sur l'un des ponts, encore loin devant elle. Pas question de sauter dans l'eau, elle ne savait pas nager. Un coup de canon tonna, manquant de la faire chuter. Généralement, ne les entendait-on pas à la fin du bain de sang ? Elle se retourna pour vérifier qu'elle n'était pas la seule à continuer de fuir, que tout le monde n'avait pas disparu hormis les carrières. Visiblement, quelques combats faisaient encore rage. Elle ne comprenait pas. Elle n'avait jamais vraiment fait attention. Tant pis. Il fallait continuer de courir, lutter contre la perte de son souffle. Fuir pour vivre quelques heures de plus.


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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Sam 6 Aoû - 12:44

60, la voix rauque s’élève dans les haut-parleurs tout autour des tributs, annonçant ainsi le temps restant avant le début des festivités. Une minute pour décider de ce qu'Emerald, tribut de carrière du district un, devrait faire une fois le décompte achevé. Ce que l'on attend d'elle ? Qu’elle se jette en courant vers la corne d'abondance, saisissant la première arme venue et faisant le plus de mort possible et envisageable ; à l'image de ce que fait les tributs de carrière du district un et deux depuis de nombreuses années....Malheureusement, Emerald n'est pas comme cela. Malgré son entraînement, elle n'a qu'une envie : prendre ses jambes à son cou et fuir loin, très loin de l’atrocité qui va bientôt s'offrir à elle.

30 , il est temps de se préparer à courir, de faire place nette au calme et récupérer son souffle. Emerald va avoir besoin de toute son énergie pour courir à la périphérie de la corne. Sa technique : rester autour et les observer tous s'entre-tuer, profitant de la "protection" que lui procure sa notoriété de carrière. Les autres tributs la craignent, malgré les notes peuvent glorieuse qu'elle a récolté lors du passage devant les juges. Beaucoup estiment qu’elle cache son jeu et ne préfèrent pas se frotter à elle pour le moment.

10, elle observe attentivement les lieux ainsi que les autres tributs autour d'elle. Un jeune garçon, totalement perdu et désorienté, pas plus âgée que la petite sœur d'Emy, trébuche et tombe de sa plate-forme enclenchant évidemment les explosifs placés tout autour. Conforme au règlement, qui interdit à un tribut de descendre avant la fin du chrono. Son regard épeuré croise celui d'Emerald perché à seulement deux plates-formes de lui, durant quelques brefs seconds puis son corps explose en mille morceaux de chair et de sang qui retombent en confettis sur le sol. Emerald sent la chaleur de l'explosion jusque sur ses joues et elle doit faire un effort surhumain pour ne pas vomir devant le spectacle. Le gong résonne, notre jolie blonde met quelques longues secondes avant de réagir et de ne descendre à son tour. Elle les observe, tous courir vers le centre de la corne, tandis que elle, elle se contente de tourner autour de chaque plates-forme. La fille du neuf se retrouve à terre, sous les coups de celle du six. Une gourde et un sac gisent à ses pieds, Emy y voit là sa chance. Elle court à grande enjambée vers le corps de la demoiselle, attrape son sac tout en le démêlant de sa main et pousse un cri de surprise lorsque la fille du six la saisit et l’entraîne sur elle. S’ensuit un combat au corps-à-corps, Emerald perd toutes les notions apprises lors de ses entraînements. L’adrénaline et l’instinct de survie la poussent à faire tout et n’importe quoi. Ainsi, elle ne se rend pas compte de sa posture, à califourchon sur l’autre tribut ni de la pierre couverte de sang qui s’est écrasé à plusieurs reprises sur le crâne de la jeune fille. Soudain, son corps bascule en arrière, elle se retrouve le dos sur le sol le visage du district garçon du neuf proche du sien. Ses traits sont emplis de colère. Emerald vient de tuer sa Co tribut, elle peut comprendre son envie de vengeance. Quelques secondes de flottement, puis il se relève et s’enfuit vers le nord sans un mot. Bien heureuse de ne pas devoir tuer un autre tribut, Emerald se relève à son tour, saisit le sac et s’enfuit vers l’ouest. Après quelques minutes de courses sans regarder derrière elle, Emerald se glisse dans un cratère  étroit, où elle pourra être tranquille au moins pour la nuit.

Elle fait l’inspection de son sac, puis souffle un grand coup. Les battements de son cœur ne ralentissent pas et elle sait qu’ils ne le feront pas avant qu’on lui asséne un coup final ou pire, avant qu’elle ne gagne ses jeux de la mort.
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MessageSujet: Re: J1 (10h) — bain de sang (commun)   Sam 6 Aoû - 14:56

Il semble être temps, temps pour tous de s’affronter dans cette terrible arène inconnue : de s’égorger, tuer, saigner et faire saigner. Le seul et unique but de chacun devrait et doit sûrement de survivre. C’est une idée simple, sûre et parfaite, ou presque parfaite lorsque l’on se rappelle que chacun a le même et unique but, la même et unique idée, toutes les mêmes envies de conclusion.
Il n’y a que les envies de conclusion qui sont les mêmes : celles de survivre. Mais les idées de but, de pendant, d’attendant, elles ne sont pas similaires ; certains préféreront ruser, d’autres tenter le temps, certains de chasser ses adversaires, ceci et tout, jusqu’au bout. Peut-être même que des familiers s’entendent à vouloir jouer une catégorie mixte d’idées ; quelle merveille de se voir tenter le temps et finalement passer le couteau à la gorge du dernier survivant. Pourquoi ? Pas que l’on n’a pas envie de tenir encore une seule seconde de plus – de trop – dans cet horrible enfer. Que veut Joshua ? Comme conclusion, comme pendant ? « Courir, survivre, quitte à tuer. Courir, survivre, quitte à tuer. Rentrer chez soi. » s’entend-il murmurer dans le tuyau qui s’élève vers l’arène, les yeux fermés et les poings serrés de rage.

« Parti » Les tributs s’élancent. Certains passent à l’arrière, décontenancés par l’explosion de la belle fille du Dix. Mais Joshua court. Tout en se hâtant, il pense aux tributs qu’il a pu côtoyer. Il pense à Eurydice qui se trouve entre ce cher Ivory et Blair, ces deux carrières. Il se mort les lèvres tout en fixant ses yeux vers la Corne d’Abondance, parce qu’au fond, il espère la retrouver à l’orée de la forêt, quelque part dans la périphérie, dès les premières minutes, ou dans les prochains jours, vivants, tous les deux, car elle pourrait bien être utile. Mais aussi car elle était sympathique, parmi toutes ces bruts.

Le jeune du Neuf attrape un sac de couleur rouge qu’il s’empresse de mettre à l’épaule gauche. Les autres ne semblent pas être encore là. Il regarde au sol et manque d’écraser une boîte d’allumette, qu’il enfourne dans son sac à dos.

Le peuple se rue dessus, se charge, il y a déjà des corps qui ne bougent plus. Joshua est au milieu d’un bain de sang – du bain de sang – et près de la Corne. Dans un endroit dangereux. Et il est fixe. Il regarde à gauche, à droite, trop occupé à chercher une personne en qui il se dit qu’il peut faire confiance, au fond. Et là il voit Diane. La chère Diane du Neuvième, en train de se faire frapper par la mégalomane du cirque. Alors le jeune homme court, et essaie de rattraper celle qui vient de chez lui, celle qui sent le plus le blé et les champs de son pré. Mais elle se relève, ne l’attend pas, se presse vers la périphérie et entre dans la forêt. Il la suit. La suit très vite en voyant une jeune blonde entrer entre les deux mêmes arbres que sa cotribut, et trébuche sur un lourd objet. Il tourne la tête et voit un des graals de la Corne d’abondance ; une machette. Joshua se lève enfin, voyant quelqu’un le fixer de loin. « Diane ! » pousse-t-il une première fois, « Diane ! » hurle-t-il une deuxième fois. Tout en oubliant qu’il court dans le côté opposé de ce qui était prévu, et fuit l’alliance du douzième pour attaquer dès les premières minutes la carrière blonde, par instinct de protection envers son chez lui, qui lui manque tant. Il aimerait sentir les saules.

Joshua est dans la périphérie de la Corne. Il a quitté le bain de sang. Tout ce sang qui a coulé, il aimerait que ce ne soit pas arrivé. Tout le monde aimerait que ce triste événement ne soit pas : Joshua en est sûr – en fait il l’espère. Ce qu’il voit en arrivant, c’est la blonde, la carrière, la fausse carrière, sur Diane. Il saute sur elle avant de faire tomber toutes ses affaires, la charge et la plaque au sol. Sa main serre le cou de la jeune femme, l’autre écrase son visage pour l’empêcher de regarder, de lever la tête, pendant que ses genoux écrasent les bras de la fille du Un. Joshua tourne la tête. « Diane ! Diane ! Lève-toi ! Cours ! » Rien. « Diane ! Diane ! » Mais toujours rien. « Putain Diane ! » Il regarde son visage teinté de rouge, teinté de sang. Il le mire, le fixe, l’admire. Mais ce qu’il voit c’est un visage qui se refroidira bientôt car elle est morte. La paume du jeune homme écrase encore le visage de la jeune femme qui se débat. Emerald Hightower a donc tué la tribut du neuvième district. C’est irrémédiable, la mort. On ne peut rien y faire. Seulement la haïr, lui donner toute la haine de son corps. Joshua appréciait Diane. Il l’appréciait car elle venait de chez lui. Il ne savait pas d’où, ne l’avait jamais réellement vue avant, en fait, mais il l’appréciait car elle aussi, un jour, elle a pu sentir les saules du neuvième, les adorer et les admirer.

Joshua Wheatfield vient de comprendre que sa cotribut est morte. Il grommelle. « Putain ! Putain ! » n’arrête-t-il pas de répéter, plein de rage. Il ne sait pas si cette rage, il doit l’éprouver envers le Capitole ou Emerald Hightower. Ce qu’il sait seulement, c’est qu’il l’éprouve. Alors il se lève. Le jeune brun vient de comprendre qu’il avait couru dans le sens opposé de celle avec qui il avait prévu de faire alliance. Il lâche la blonde, récupère ses affaires, et murmure son surnom idiot ; « Love... »

Joshua se met à courir entre les arbres en laissant la blonde intacte. Il ne l’a pas amochée. Elle ne l’a pas tué. Mais les souvenirs restent. Et il court, encore et encore, entre les arbres, de nouveau vers la Corne d’abondance. Ce qui est certain, c'est que le district Neuf reviendra voir la fille du Un, pour donner en vengeance à la famille, en pleur, qui arborera ses larmes sur le pilier de la honte - de l'hommage - au sommet de toute la foule.


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