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 (volume 6) dressed by distress | eurydice

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MessageSujet: (volume 6) dressed by distress | eurydice   Lun 18 Juil - 15:40


dressed by distress






You know her since she was a girl. Now watch her become a woman.


Je suis resté là, ankylosé comme un pauvre môme timbré. À m'écorcher les genoux. Triste môme. Je suis un simulacre incorruptible. À chialer toutes les larmes de mon corps. Jusqu'à n'en devenir plus qu'une burlesque momie. Vidée de la moindre gouttelette d'eau cristalline. Sèche à n'en même pas pouvoir humecter le bout d'un cil d'une pauvre larme perdue dans l'oubli. Les yeux démons de l'insomnie se sont épris de mon visage. De mon âme de cendres encore fumantes. J'attends là. Seul. Oublié de tous. Peut-être. Peut-être même de moi-même. Mes deux prunelles béotiennes scrutent mes bras. Mes paumes, mes doigts. Là où saigne encore du sang invisible. Toutes ces plaies. Ces maigres plaies. Usées condamnées amusées. Souvenirs d'un passé. Un passé ravagé. Égaré dans un dédale de démence. Là où peur n'était que banalité. Et pourtant. Je scrute ces plaies. Que le temps a refermé. Mais qui font toujours autant mal.
Le bout de mes cartilages fous vient palper les cernes qui trônent. Juste sous mon regard éteint. Un regard de chien.
Mais aujourd'hui, je vais mieux.

— Bonjour Eurydice. un souffle qui franchit mes lèvres. Lèvres serrées pincées ankylosées de remords. La môme blondinette est enfin entrée. Mais mon visage se détourne un instant. De son image de princesse. Un mirage. Une illusion. Une sorcière chimérique. Parce que mon cerveau factice m'empêche de la voir autrement que morte. Enterrée. Abîmée. Là-bas au loin. Six pieds sous terre. Mais je m'oblige, je me force, je m'oublie. Je l'oublie. Et j'arrive enfin à la regarder sans vraiment la voir. La regarder dans le désamour le plus complet. Sans artifice. Sans vice. Sans mensonge. Pur.
Quoi dire.
Quoi faire.
Quoi penser. Pourquoi lutter ? Lutter contre l'inévitable. Pourquoi jouter ? Jouter quand on sait qu'on va perdre. Qu'on va tout perdre. Squelette, essence vertueuse. Cette gosse va tout perdre. On va tout lui arracher. Morceau par morceau.
Je suis au coeur de Panem. Au coeur du Capitole enfiévré. Extatique depuis que ces vingt-quatre cadavres ont débarqué. À lorgner leur futur acmé. Qui se dévoile déjà à l'horizon. Comme un soleil levant. Et quand mes yeux croisent enfin les siens. Je les aperçois enfin. Nus, impudiques. Tous ces ragots. Toutes ces rumeurs qui bousillent un être. Comme ils ont bousillé le mien. Calciné depuis les profondes gorges d'un volcan en éruption. Elle, la petite idiote. Elle la muse naïve et manipulable, manipulée. Elle qui se love dans les bras de Andro. Comme on se terre dans les jupons de sa mère. Elle est trop sage. Trop peureuse. Trop lâche. Trop. Trop pour gagner. Elle est déjà morte. Alors presque pour la rassurer. J'ânonne : Je suis un méchant garçon peu fréquentable. On me traite de fou ici. je lui hurle. Je lui hurle en silence. Dans un silence de prière. Un silence de mort. Un silence de rat crevé au fond d'un égout putride. Qu'elle n'est pas la seule. La seule à souffrir douloureusement. La seule à pourrir de l'intérieur. La seule à s'éteindre comme un petit feu. La seule qui survie à une vie feinte. Une vie de faux semblants. Une vie de mensonges qui rongent, rongent, émiettent l'épiderme à chaque nouveau battement. Parce que je suis là. Debout. Même sans jactante. Même sans courage. Sans vanité. Sans animosité. Sans rien. Je suis vide, éreinté, excédé. Mais je suis là. Encore.
Toujours.
Entre moi et elle. Une ombre. Une silhouette. Un corps factice. Un mannequin de ferraille couvert d'un drap. Un simple drap. Qui musse une merveille. Une merveille des mille et une nuits. La plus belle merveille faite de ma main. De ma sueur. De mes doigts acharnés à la tâche.
Mon regard s'abat. S'essouffle. Se noie. Se meurt. S'enterre. Je suis à bout. Je suis au bout. De tout. De l'existence. Du monde qui m'entoure. Mon odyssée s'achève à peine commencée. Je ne sais pas. Je ne suis plus. Je n'ai plus.
Ses yeux céruléens me puisent. M'épuisent. M'animent. Me rappellent pourquoi. Pourquoi j'ai fait ça. Pourquoi j'ai passé un temps fou. Fils et aiguilles. À me les boiser dans la chair fade de mes pouces. À m'en ronger les veines. Le sang qui s'évade des brûlures. Pourquoi j'ai joué à un jeu auquel j'étais certain de perdre.
Je ne suis pas styliste.
Je ne suis rien.
Par conséquent je ne suis pas styliste.
Mais je tremble à peine quand je m'avance vers le mannequin drapé. Quand je m'avance vers la tribut. Spectre mort-vivant. Mes doigts viennent s'échouer sur le drap d'or, luisants de paillettes vomitives. Et j'arrache le tissu d'un coup sec. Un coup ferme, bestial. Un coup. Un seul. Dans la détresse.
La robe se dévoile, licencieuse, concupiscente. Elle brille. Elle brille. Elle chatoie. Elle est mienne. Elle est le fruit de mon travail cabochard. Moi. Maladif dingue jusqu'à l'os. Anathématisé. Elle sera sous les feux des projecteurs dans moins d'une heure.
Je la contemple. Je l'admire. Je m'ébaudis enfin. Car en dépit de la douleur de mes doigts. En dépit de ma fatigue. Cette tâche a su un moment éteindre le feu qui chevauchait mon corps épris d'une folie évanescente.
Une folie qui reviendra.
Oui. Mais je ris. Je suis fou. Et j'aime tant ça. C'est une drogue qui coule dans mes veines. Une drogue pérenne. Qui ne cessera jamais. Qui ne cédera jamais. Un océan. Un raz-de-marée. Mais je voudrais te dire que, quoiqu'il se passe dans l'arène, sache que t'auras déjà réussi à sauver quelqu'un. je souris. Je ris. Je la regarde enfin. Je l'aime cette môme. Je l'aime cette robe.
Alors je caresse les fleurs de tissu rosé que j'ai cousues sur sa dentelle onéreuse. Oui, j'aime ces fleurs. Des fleurs comme il doit tant y avoir au district Sept. Dans les forêt clandestines. Les forêts secrètes. Des fleurs pour une jolie nymphe. Des fleurs comme chez elle. Des fleurs pour elle.

HRP.

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MessageSujet: Re: (volume 6) dressed by distress | eurydice   Jeu 21 Juil - 2:17

BLOOM & EURYDICE
VOLUME VI, CHAPITRE 03 (INTERVIEWS DES TRIBUTS)


Elle avait beau savoir que ce n'était pas joli, que la maquilleuse la réprimanderait d'avoir abîmé la jolie manucure qu'elle lui avait faite avant le défilé du Grand Cirque, que si n'importe quel capitolien - du moins le pensait-elle - posait les yeux sur elle à cet instant il n'exprimerait qu'une grimace passablement dégoutée, elle ne pouvait pas s'en empêcher. Elle était en train de se ronger les ongles jusqu'au sang, et le pire était qu'elle ne savait même pas réellement pourquoi. Pourquoi ce stress, pourquoi cette angoisse latente alors que sa situation, déjà pas bien glorieuse, n'avait aucune chance de s'arranger ? Peu importe l'effet qu'elle faisait ce soir, peu importe que Caesar soit satisfait ou profondément déçu par les quelques questions qu'il lui jetterait en pâture et les réponses qu'elle serait en mesure de fournir ... Elle allait mourir, c'était ça la conclusion. C'était tout ce qu'il y avait à retenir parce que c'était la seule donnée déjà établie dans toute cette mascarade. Et pourtant l'espoir était là, insidieux, toujours prêt à faire preuve de combativité face à une résignation qui ferait probablement moins de mal. Eurydice cédait à l'appel du Et si ? tout en sachant bien qu'elle ne serait pas l'exception à la règle, qu'elle n'en avait ni la stature ni même le talent. Et pourtant elle continuait, se rongeait les ongles jusqu'au sang et marquait sur ses doigts la peur de ne pas plaire à une ribambelle de personnes qui d'ici quinze jours et un nouveau vainqueur auraient tout oublié d'elle. Elle voulait être jolie. Mieux, elle voulait être belle, car c'était bien le seul talent dont elle soit dotée et que cette interview était sa dernière chance de le faire valoir, avant une arène où elle n'aurait plus la part belle.

Sans broncher la blonde s'était laissée guidée à travers les couloirs, des couloirs qu'elle avait fini par reconnaître comme étant ceux qu'elle avait foulé à son arrivée au Capitole, il y avait semblait-il une éternité. Une éternité de quelques jours, mais dans cette prison dorée que l'on réservait aux tributs c'était comme si le temps n'avait plus d'emprise, et déjà il lui semblait que cela faisait des semaines, peut-être des mois, qu'elle avait quitté le district sept. « Bonjour Eurydice. » Le souffle coupé, la crainte à peine dissimulé face au styliste qui, quelques jours plus tôt, s'était illustré par un comportement ambivalent t des émotions tellement contradictoires qu'Eurydice elle-même avait trouvé un concurrent en la matière, elle avait passé l'encablure de la porte sans oser avancer plus. Sursauté lorsque la porte s'était refermée derrière elle. Laissé ses prunelles glisser sur la surface d'un Bloom qu'elle ne savait guère comment appréhender « Bonjour ... » Une politesse expulsée avec la crainte qu'elle ne soit pas appropriée, tant elle semblait tout faire et comprendre de travers, ici. Elle avait fait un pas, puis deux, puis finalement atteint le centre de la pièce sans oser avancer plus, s'estimant bien assez mise à nue juste en dessous de la lumière blafarde de la pièce, sa peau déjà si blanche y paraissant presque translucide. « Je suis un méchant garçon peu fréquentable. On me traite de fou ici. » Peut-être parce qu'il économisait ses paroles, chaque mot du styliste semblait claquer tel un fouet contre sa peau nue, et la phrase alors lui avait arraché un léger soubresaut, tandis que son regard balayait le sol avec hésitation, remontant bien malgré lui sur Bloom et l'oeil qu'il posait sur elle « Est-ce que tu es fou ? » La question, posée avec cette curiosité vierge de toutes arrières-pensées, n'était que le témoin des on-dits dont Eurydice avait trop fait les frais pour les prendre comme argent comptant. « Dans mon district les gens disent que je suis bête ... Je sais qu'ils ont raison, mais je crois que je suis quand même moins bête qu'ils ne le pensent. Je ne suis que un peu bête, mais je suis un peu autre chose aussi ... je crois. Peut-être que toi aussi, tu n'es que un peu fou, et un peu autre chose ? » Essayait-elle de le rassurer, ou simplement de lui faire voir la vérité sous un jour qui lui semblait plus favorable, sous ce jour optimiste qui la caractérisait, alors même qu'elle semblait faire face à ce que l'optimisme avait abandonné depuis longtemps déjà ?

Bloom avait reculé, le regard soudainement perdu, puis obnubilé par le mannequin sans vie qui patientait dans un coin. Et Eurydice, elle avait avancé d'autant, la curiosité prenant le pas sur la crainte qui animait ses entrailles. Les doigts du styliste avaient glissé sur le tissu, dévoilant avec ferveur la tenue qui était supposée faire d'elle la plus belle des vingt-quatre âmes qui se succéderaient au micro de Caesar. Et le « Oh ... » de surprise qui lui avait échappé dégoulinait de toutes les émotions qui s'étaient bousculées dans son petit crâne tandis que les dorures, le tissu précieux, les drapés entre élégance et légèreté accaparaient son attention, d'ordinaire si difficile à canaliser. « Mais je voudrais te dire que, quoiqu'il se passe dans l'arène, sache que t'auras déjà réussi à sauver quelqu'un. » Avec difficulté elle avait abandonné des yeux la robe-cadeau, robe-carapace de luxe, pour chercher du regard la lueur brillante qui venait de s'allumer dans les prunelles du styliste. Qui avait-elle sauvé ? Elle n'avait rien fait, elle, rien de plus que d'être cet amas de naïveté et de bons sentiments qui en faisaient le cadavre sur pattes le plus prévisible, juste derrière la petite du trois et à égalité avec l'estropiée du dix. « Je voudrais bien sauver quelqu'un mais je ne sais pas faire ça ... je suis désolée. » Elle avait baissé la tête, penaude, dépitée d'être même trop honnête pour s'attribuer ce qu'elle croyait être le mérite de quelqu'un d'autre. « Est-ce que je peux quand même porter cette robe ? » Peut-être n'était-elle pas pour elle, peut-être la réservait-il à celle qui avait sauvé quelqu'un ... « Elle est tellement jolie, on dirait ... on dirait que le district sept a poussé dessus pour faire un tapis de fleurs, comme quand le printemps revient ! Tu as déjà vu le printemps du district sept, toi ? » Sans avoir pu s'en empêcher elle s'était finalement approchée, tellement, assez pour que ses doigts puissent caresser le tissu fleuri et se rendre compte de ces matières nobles que personne ne portait jamais au district sept.



    - The birds move on so they survive, when snow so deep the bears all sleep to keep themselves alive. But where do I go from here ? So many voices ringing in my ear, which is the voice that I was meant to hear ? How will I know where do I go from here ? -
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MessageSujet: Re: (volume 6) dressed by distress | eurydice   Jeu 21 Juil - 16:11


dressed by distress






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Les leurres s'effacent, les âmes rêvassent.
Les jeux de la faim apitoient, les jeux de la fin noient. Immergent les cœurs les moins vaillants. Les jeux amusent la galerie de leurs pantalonnades. De leurs bouffonneries de cirque. De leurs farces et attrapes. Le monde autour a cessé de tourner. Le vent amorti a cessé de souffler. Le soleil aguerri a cessé de brûler.
Mon regard avachi s'éteint. Se meurt presque. Dans un trépas de chimère. Dans un univers où tout est simulacre. Et je m'en suis accommodé. De cette souffrance qui jaillit de mes sens. Je m'en suis accoutumé. De cette folie qui souffre en silence. Oui. Mes prunelles se fondent dans ces coins. Ces coins-là de la pièce. Obombrés. Voilés. Exilés. Je ne suis bientôt plus qu'une ombre. Une silhouette. Un spectre. Et je vois. Je regarde. Sa crinière d'or et d'argent. Alors qu'elle murmure. Déjà trop fatiguée ; usée ; élimée ; ébréchée.

— Est-ce que tu es fou ? une môme. Une pudeur. Une rancoeur. Pourquoi lutter ? Pourquoi marcher ? Pourquoi respirer ? Pourquoi. S'engager dans un jeu de vrai ou faux pernicieux. Quand même la réponse en devient trop ennuyeuse. Trop rigoureuse. Trop artificieuse. Et puis. Quelle réponse ? Quelle solution ? Sinon est-ce vraiment une question ? Suis-je fou ? Suis-je vivant ?
Suis-je moi ?
Suis-je là ?
Et si tout autour de moi. Tout s'effaçait. Tout succombait. Si rien n'était vrai. Alors. Je m'efface. Je me lasse. Je me glace. Je me prélasse dans un palais sanglant un palais rebutant. Plongé de richesse. Là où il ferait bon vivre. Et pourtant je reste. Figé. Enchaîné presque balancé au-delà du vide. Mis à mal, mis à nu, terrassé et vaincu par une candeur de dix-huit ans. Dans mon district les gens disent que je suis bête... Je sais qu'ils ont raison, mais je crois que je suis quand même moins bête qu'il ne le pensent. Je ne suis que un peu bête, mais je suis un peu autre chose aussi... Je crois. et j'en suis sûr. Persuadé à m'en mordre les doigts. Instable à m'en écorcher la peau comme autrefois. La peau livide qui couvre mes membres. Mes bras. Mes jambes. Mon cou. Mes joues. Mon épiderme de feu qui me brûle comme un brasier. Épris de félicité. D'avidité. De perversion de douleur tordante mordante affligeante. À vouloir en crever. À vouloir n'en jamais se trouver là où on est. Parce qu'on fait tâche. Incessamment. Inévitablement. Peut-être que toi aussi, tu n'es que un peu fou, et un peu autre chose ? mais ma part de démence dépasse la bêtise humaine. L'arrache de ses sens. Et continue de ronger la chair comestible. Tant qu'il est encore temps. Tant qu'il y en a. Comme un asticot dans une pomme pourrie. Comme la peste ou la rage. Qui grignotent. Grignotent. Avalent l'âme vierge d'infection, de tentions de tentations ou de malformations.
Et la folie me ronge.
Encore.
Encore.
Un instant je me tente. À perdre mes doigts fous dans sa crinière de déesse. À perdre la teinte de mes iris dans les siens. Clairs nus dévoilés. Beaux comme un danseur de ballet. Et l'envie me dévore. Quand elle s'approche. À pas feutrés. À pas calculés. Qui ne peuvent dissimuler une singulière peur. Une putride terreur. Une évidente horreur. Presque trop habituelle ; presque fraternelle. Celle d'être là. Face à moi. Enfermée dans une cellule sans issue. Une cellule incongrue.
Elle effleure presque la surface du tissu. Elle frôle les douces fleurs naïves. Presque trop innocentes pour une dictature indécente. Elle touche. Elle découvre. Elle frôle. Elle caresse. Elle sursaute. Elle laisse un cri. Elle aime. Elle goûte. Timide. Ignare. Elle bouscule ma conscience. Elle abat la révolte. Qui vibre au creux de mon ventre. Et réveille toute la pudeur qui sommeille là. Au fond de mon coeur sevré de sa déraisonné torpeur.
Toutes les bonnes choses. Celles pour lesquelles les dieux ont créé les hommes. Les animaux. La nature. Les fleurs. La vénusté. L'allégresse.
Toutes ces belles choses.
Musarderies enfantines. Flâneries d'enfants.
Trop souvent privés de telles offrandes. Trop souvent répudiés. Escrimés. Chassés. Livrés. Endommagés. Cahotés. Balafrés. Des enfants qui n'ont d'enfant plus que le nom. Je voudrais bien sauver quelqu'un mais je ne sais pas faire ça... je suis désolée. le menton se baisse. Soumis. Déchu. Et je me prends à rêver. De cet arche de Noé. Tout reprendre. Assassiner les fourberies. Au lieu, attendre. Attendre la fin de ces facéties. Qui ne cesseront jamais. Qui ne tituberont jamais. Sans l'aide d'une main invisible. Une main divine. Oui. Le monde est pourri comme la pomme. Le monde est pourri par la folie. Comme l'asticot pourrit la pomme. Comme la peste pourrit le corps. Comme l'amertume pourrit l'esprit. Est-ce que je peux quand même porter cette robe ? Elle est tellement jolie, on dirait... On dirait que le district Sept a poussé dessus pour faire un tapis de fleurs, comme quand le printemps revient ! Tu as déjà vu le printemps du district Sept, toi ? et je souris enfin. Un sourire de paresse. Un sourire hésitant tremblant. Mais un sourire. J'ouvre la bouche. Comme pour ânonner. Et puis. Je me mords les lèvres au goût ferreux du sang. Je suis derrière le mannequin. Debout. Tantôt ployé sous un amas de moisissures serpentant. Dominant. Fouaillant le corps l'essence. Tout sur son passage. Comme un char de guerre.

— Oui, j'ai déjà vu le printemps du district Sept. C'est très beau Eurydice. C'est un peu comme au district Neuf. c'est vrai. C'est le genre de palettes de teintes qui éveillent mes papilles. Éveillent mes rêveries de môme. Éveillent mon monde de merveilles sous un dôme. Un dôme d'étoiles filantes. Un dôme aux couleurs enivrantes. Un dôme factice. Oui. Mais où on se sent bien. Où on se sent chez soi. Enfin. Ton district est très beau. et ma voix capitule. Mes cartilages s'éprennent enfin de leur envie exaltante. Viennent se perdre délicats. Dans les mèches flavescentes de la frêle tribut. Sans faux pas. Sans effroi. Elle est une enfant. Et elle a su rester enfant. Dans ce monde absolutiste. Là où il n'y a place plus que pour de la chair à canon. Et cette nuance fait sa force. Mon autre main ballante harponne le col en ferraille du mannequin. L'agrippe. Se ressert comme pour l'étouffer dans un silence de prière. Comme mes phalanges indociles l'ont fait. Autour de la gorge moins factice d'Egidius Eideard. Bien sure que tu peux la porter. J'ai fait cette robe pour toi. je murmure presque. Comme on chuchote au pied d'une tombe. Au défunt parti déjà trop loin pour entendre. Et je me remémore. La première fois. La toute première. Quand j'ai aperçu son minois. Quand je me suis roulé en boule. Dans mon atelier. Dans le noir. Quand j'ai rampé jusque l'inconnu. Car nul part n'est chez moi. Quand j'ai débarqué au Grand Cirque. Criblant le mur du couloir. De mes ongles souillés. Épuisés de traîner un corps malade avec eux. Quand j'ai fini ivre mort à vouloir en devenir un meurtrier pour la soirée. Pour la nuit menteuse. Et ça. Plusieurs fois. Pour être plus exact, j'ai fait cette robe pour une jeune fille sublime, qui a un tas de belles choses en elle, et qui est très loin d'être bête, une petite fille qui a sauvé un styliste un peu fou... et un peu autre chose. je dégrafe mes doigts fous du mannequin. De ses cheveux. Et je viens m'accroupir devant elle. Comme pour me lover. Là. Dans ses bras. Comme elle le fait avec Andro.
Moi. Grand enfant. Jeune adulte. Vieux taré. Je ne vais pas mourir dans deux jours comme elle. Non. Moi je suis déjà crevé. J'aimerais savoir ce que tu veux faire de cette robe après les jeux ? j'attrape ses deux mains des miennes. J'ai besoin. J'ai besoin. Je veux. Un appui. Un soutien. Pour ne pas couler à nouveau. Encore. Pour ne pas sombrer pour la millième fois. Dans un chaos de froid. Sans foi. Sans loi. Sans moi.

HRP. Eury elle va me faire pleurer tsé fake angel

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MessageSujet: Re: (volume 6) dressed by distress | eurydice   Lun 15 Aoû - 18:41

BLOOM & EURYDICE
VOLUME VI, CHAPITRE 03 (INTERVIEWS DES TRIBUTS)


Bloom lui faisait peur. Elle savait que ce n'était pas gentil de penser ainsi, et d'ailleurs le styliste n'avait jamais eu le moindre mot dur ou le moindre geste déplacé envers elle, mais il possédait quelque chose d'inquiétant. Une noirceur d'âme qui transparessait dans son attitude. Il ne la terrorisait pas non plus, mais elle lui trouvait quelque chose d'inquiétant, malgré tout. Suffisamment pour avancer avec méfiance et précaution lorsqu'il lui avait demandé d'approcher, et qu'elle s'était retrouvée sous le rond de lumière que l'ampoule étalait sur le sol comme on se retrouvait malgré soit sous le feu des projecteurs. Eurydice aimait les projecteurs, elle aimait l'attention, mais celle de Bloom semblait toujours cacher d'autres idées, dont elle était le pantin qu'il voyait à peine. Celui à qui il s'adressait en donnant pourtant l'impression de parler tout seul, comme si Eurydice n'était qu'une porcelaine à qui lon confirait ses états d'âme comme l'enfant le faisait avec son jouet favori.

Il pensait tout haut, rêvait éveillé, et se berçait d'illusions telle que celle qui voudrait qu'Eurydice l'ait sauvé de quelque chose, ou de quelqu'un. Mais la blonde n'avait jamais eu d'influence sur personne, tout juste parvenait-elle à en avoir sur l'entrejambe de certains hommes dont les désirs étaient plus bouillonnants que leurs scrupules ... alors comment aurait-elle sauvé Bloom ? Comment aurait-elle sauvé un capitolien riche et puissant, puisque c'est ainsi qu'elle s'imaginait tous les capitoliens. Semblant ne pas se préoccuper d'avoir commis une erreur le styliste l'avait laissée observer, admirer la robe avec curiosité et fascination. Des robes comme celles-ci elle en avait déjà vu à la télévision, elle avait déjà observé des célébrités capitoliennes virevolter dans un nuage de tulle, de satin, de taffetas, mais jamais elle n'aurait pensé pouvoir en revêtir une un jour. Elle avait tellement peur de l'abîmer qu'elle n'osait même pas poser ses doigts dessus, se contentant de laisser ses doigts parcourir la longueur de la jupe à quelques centimètres du tissu. « Oui, j'ai déjà vu le printemps du district Sept. C'est très beau Eurydice. C'est un peu comme au district Neuf. Ton district est très beau. » Elle ne savait pas pourquoi tant de compliments sur le district sept la rendait si fière, alors qu'elle n'avaut rien à voir là-dedans au fond. Ce n'était certainement pas elle qui faisait du district sept ce qu'il était. « Tu es déjà allé au district neuf ? » avait-elle questionné, le regard agrandi par un mélange de curiosité et de surprise. Elle ne savait presque rien du district neuf, même ce qu'elle avait appris à l'école n'était plus qu'un vague souvenir. Eurydice n'avait jamais été une élève assidue ou appliquée. « Ethan a dit qu'il fallait s'allier avec les tributs du neuf. Mais Andro dit qu'il ne faut faire confiance à personne, alors je ne sais pas ... » Ethan savait de quoi il parlait, c'était un vainqueur, mais Eurydice buvait les paroles d'Andro sans se poser de questions, et n'oserait pas aller contre ses directives.

Il était à nouveau question de la robe cela dit, c'était pour ça qu'ils étaient là, c'était elle la véritable star de la pièce, posée sur le mannequin comme on exposerait une oeuvre d'art. Et c'en était une, cette robe n'était pas qu'un vêtement, elle était une pièce unique, un morceau d'imagination et de créativité de Bloom. « Bien sur que tu peux la porter. J'ai fait cette robe pour toi. » La blonde avait posé sur lui un regard ébahi. « Pour être plus exact, j'ai fait cette robe pour une jeune fille sublime, qui a un tas de belles choses en elle, et qui est très loin d'être bête, une petite fille qui a sauvé un styliste un peu fou ... et un peu autre chose. » Intimidée, elle avait non sans un peu de difficulté remis les mots de Bloom dans l'ordre et compris que c'était d'elle, qu'il parlait. Le regard brillant, de larmes ou d'étincelles, la jeune fille était restée pantoise un moment, n'offrant à Bloom qu'un silence qui ne semblait pas être la réponse sur laquelle il comptait. Mais quand enfin Euryeice avait osé réagir ce fut pour se jeter au coup du styliste sans aucune retenue, tant une jolie robe et quelques compliments suffisaient sans mal à amadouer l'esprit naïf qui était le sien. « Merci, merci, merci, merci ... » Elle murmurait, soufflait contre la joue de Bloom après y avoir déposé un baiser, se juchant sur la pointe de ses pieds pour réussir à l'atteindre. « C'est pas grave si je suis pas intelligente, parce que je serais la plus belle, et ça c'est tout grâce à toi. » avait-elle alors annoncé avec contentement, et un certain aplomb. Elle avait pris l'habitude d'être louée sur son physique, à défaut d'autre chose, et la robe de Bloom lui semblait tellement jolie qu'elle ne voyait pas comment un autre styliste pourrait avoir fait mieux.

Restée pendue à son cou, la blonde avait néanmoins fini par s'en décrocher et laissé ainsi à Bloom le loisir de retrouver sa liberté de mouvement. Presque euphorique, elle était déjà prête à laisser tomber ses vêtements sans une once de pudeur pour enfiler la robe fleurie, mais avait plutôt laissé Bloom lui attraper la main, un air grave soudainement revenu sur son visage. « J'aimerais savoir ce que tu veux faire de cette robe après les jeux ? » Eurydice avait conservé un silence perplexe, incertaine face à ce que lui demandait Bloom. Après les jeux ? Il n'y aurait rien après les jeux, juste la mort, le silence. Elle était bête, mais pas au point de l'ignorer. « Oh, j'aimerai beaucoup la porter à nouveau, mais tu sais je ne pense pas que je pourrais, sauf dans mon ... » Elle avait degluti avec malaise. Elle ne voulait pas penser à cela, sinon elle allait encore pleurer. « Et je ne pense pas que toutes les fleurs rentreront dedans ... » Elle avait baissé les yeux, à la fois penaude et attristée. Est-ce que Bloom posait la question parce qu'il attendait d'elle qu'elle soit la dernière, l'unique, la survivante ? Mais Eurydice ne voulait pas l'être, pas sans Andro. C'était lui, le héros. Lui qui se destinait à de grandes choses.

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    - The birds move on so they survive, when snow so deep the bears all sleep to keep themselves alive. But where do I go from here ? So many voices ringing in my ear, which is the voice that I was meant to hear ? How will I know where do I go from here ? -
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MessageSujet: Re: (volume 6) dressed by distress | eurydice   Jeu 18 Aoû - 8:16

Dressed by distress
Eurydice & Bloom
Mais ce n'est plus pareil et tout est abimé, c'est une pluie de deuil terrible et désolée, ce n'est même plus l'orage, de fer d'acier de sang, tout simplement des nuages, qui crèvent comme des chiens, des chiens qui disparaissent ▬ PRÉVERT + THEME SONG

‒ Merci, merci, merci, merci... C'est pas grave si je suis pas intelligente, parce que je serai la plus belle, et ça c'est tout grâce à toi. qu'elle murmure aux oreilles fauves ; alors que la chaleur de ses doigts brûle. Elle brûle. Elle me brûle. Elle s'éclaire comme un orage dans les cieux. Elle enflamme l'épiderme d'un brasier pernicieux.
Je n'ai pas l'habitude. Je ne l'ai plus. Je ne l'ai jamais eue. Mais cet esprit de fou qui ronge le cerveau fait oublier. Oublier avec le temps qui on est. Oublier qui on naît. Et de qui. De qui du monde ou de son apocalypse empuantie. Je suis une fièvre égarée. Je suis un périssable styliste falsifié. Perdu oublié entre deux tempêtes. Enchaîné à un Satan malhonnête. Mais les cartilages s'évadent. Les éraflures s'évanouissent sans charmes. Les mains annihilent une chevelure de déesse et de larmes. Une môme de plus condamnée sans arme. Les doigts caressent. Amadouent, égueulés. Les doigts se livrent à un mièvre ballet. Un réconfort. Un renfort. Un château fort. Là où se blottir quand il fait trop froid. Là où se lover aux portes du trépas. Aux aguets de l'effroi.
Elle est frêle, elle est belle ; elle a peur.
Et ça te tue ; ça m'immerge dans un torrent de torpeur.
Le spleen me prend. M'embaume. Comme une drogue galvanise les sens. La mélancolie qui n'était que passagère, est devenue une morphine rancunière. Une morphine qui coule inexpiable dans les veines. Pour faire exclure qu'on souffre. Un venin qui est là. Perpétuel. Pour rappeler qu'on s’essouffle. Qu'on s'engouffre toujours un peu plus loin dans notre peine. On reste innocents. Inconscients. Omniscients à plonger tête la première dans une hostile arène. Dans un sordide harem. On endure tout en silence. On enterre tout en silence. On crève tous dans l'oubli et l'apitoiement sans gêne. Car au fond l'unique peine incoagulable c'est d'exister.
Exister. Quand on a jamais demandé à naître. Jamais demandé à vivre ou à paraître. Modeste cliché. Maudite vérité. Quand on se découvre que le mal dont on se languit. Il ne peut s'atténuer que par la faveur d'un autre mal. Un autre méfait qui se nourrit du cœur. Qui bouffe l'essence. Qui dévore notre âme de pécheur. Avec ferveur. Et le corps reste flottant. Pendu dans le vide par un séculaire bout de fil. Comment lutter ? Quand tous s'imaginent que je n'ai même pas à exister. Que mon corps est empli d'une puissance innée. Une force surannée. Qui a toujours subsisté. Perpétue au fond des entrailles les plus inavouées. Mais la lapalissade reste une énigme. Irrésolue. Révolue. Un théorème inchangé. Incalculable et incongru. Alors je persiste à mentir au peuple qui me devance. Qui me dupe de son âge jaugeant Jouvence. Non par mérite mais parce que j'y suis condamné. Elle est épreuve trop drue pour être négligée. Oui. Cette morphine qui me corrode l'esprit. Et tout ce qui va avec. Et que rien ne me fera jamais mésestimer. Pas même ces bras chauds d'amour. Les bras d''amour d'Eurydice. Qui m'arrachent le temps d'un battement à cette folie imaginaire. À ce rôle de mauvais marmot prodige fou imaginaire. Oui, Eurydice est là. Elle persiste presque trop bancale dans ce décor théâtral. Je résiste à peine à son charme. Mais elle fait tâche. Elle a la présence lâche ; le haut-le-cœur qui se cache. Devant cet excès de vagabondage exagéré. Elle est une utopie presque trop bien huilée. Elle me rappelle mon enfance volée. Comme un bouffée de vent vient chatouiller l'oreille des enfants. Oui. Elle me rappelle ces rêves âpres. Que j'aimerais retrancher. Mais elle les rappelle avec une douceur qui me berce de baisers. Comme ces jeux de gamins écervelés. Ces foutus jeux où le but est de trouver le vainqueur. La question lui avait rongé les lèvres. Ethan a dit qu'il fallait s'allier avec les tributs du neuf. Mais Andro dit qu'il ne faut faire confiance à personne, alors je ne sais pas... et puis l'interrogation est restée en suspens. Elle n'attend pas de réponse. Elles ne quêtent jamais de réponses. Dans leur finalité la plus absurde. Car l'ange qui veut savoir ne peut se porter volontaire à ce travail trop rude. Une épreuve fatale c'est certain. Alors je m'embastille dans mon silence de pierre. De prière. Parce que les mots viennent et s'écorchent trop nombreux. Ils s'écrasent aux bordures d'une rivière trop aride. Trop acide. Parce que le cerveau est défoncé. Et que les neurones ne suivent plus jamais. Depuis l'annonce du coup final qui se rapproche. Qui se raccroche. Qui me tente et qui s'enfuit en valsant.
Je ne suis qu'un taré de plus qui ne tourne pas rond. Sur une planète excommuniée qui l'est encore moins. Un faible débauché haï de toute la capitale. Les alliances ne m'ont jamais réussi. Je n'en ai jamais eu. Jamais eu l'envie. Méprisé. Les Hommes s’apitoient sur mon sort à grande échelle. Presque hypnotisés. Je ne peux pas vivre sans ma démence ; ou ses querelles. Je me raccroche à elle. Comme le cancer gangrène la moelle. Je me cracherais dessus à ruiner son existence. En plus de la mienne déjà bien dérisoire. Les veines happent la lame de rasoir. Je ne mérite pas qu'on s'apitoie. Je ne mérite même pas qu'on crève pour moi. Je mérite simplement d'être en phase avec la terre. Celle qui m'ensevelira toute entier. Je vais crever. Elle va crever. On ne sera plus qu'un essaim qui dévale qui s’efface. Par-delà des bribes de souvenirs qui s'entassent. Des liasses. Mais ils terniront comme tous les autres. Et quand on tombera sur cette vieille boîte esseulée. Celle qui vomira une photo abîmée d'un Bloom en danger. D'une Eurydice a bout de souffle écorchée. On se souviendra vaguement que nous n'étions que rejetons de plus de passage sur Terre. La chair à canon des cimetières. Le mutisme se fond en moi. Je ne sais pas répondre. Je ne veux pas répondre. Je ne veux pas exaucer son glas. Mais alors son étreinte se lasse. Et ce quelque chose qui m'envenime commence déjà à se dilater. Oh, j'aimerais beaucoup la porter à nouveau, mais tu sais je ne pense pas que je pourrais, sauf dans mon... Et je ne pense pas que toutes les fleurs rentreront dedans. les prunelles se fondent de larmes sur le carrelage glacial. Eurydice succombe à ses peurs. Elle se révèle dans ses heurts. Mes deux mains restent claustrées sur ses épaules maigrichonnes. Parce que le gouffre noir manque de m'emporter avec lui. Avec elle. Je lutte contre la gravité atone. Le sol qui cille et se dérobe. Sous mes pieds endoloris foudroyés par mes deux orbes. Moi aussi j'ai peur. Et son sanglot de doute m’éveille de l'éden de terreur. Il me rappelle que je parle avec quelqu'un qui n'est déjà plus là. Il me rappelle que je garderais ce souvenir dans la rétine avec effroi. Comme si c'était irréel. Un rêve de pixels idéel. Un arrière-goût fantôme de ténèbres. Un haut-le-cœur de dégoût qui s’achève. Derrière la porte close. Les voix. La foule qui ovationne les tributs dans une euphorie qui prône. Une déraison qui trône. Le sang n'a pas encore coulé. Le peuple est déjà saoul et enfiévré.
C'est l'heure. Bientôt.
Et le compte à rebours sonne trop tôt.
Septième ciel.
Un pleur teinté de miel.

‒ Je connais Ethan, il est de bon conseil. parce qu'Ethan m'a fait sortir du trouble rance. Parce qu'Ethan m'a tiré la tête de l'eau bouillonnante épargnant ma conscience. Mais Ethan n'est qu'un autre cinglé sur la liste incommensurable. Et le doute se permet de jouer avec la mélasse de mon crâne impénétrable. Mes cartilages se disloquent enfin de sa rose chair idéale. Et ils viennent frôler le tissu à nouveau agréable. La fermeture éclair dissimulée glisse sur le côté. La robe se sèvre de son mannequin inventé. Elle s'effondre dans mes bras comme au chevet d'un cadavre à peine froid aux derniers instants. Une dépouille résistant incoagulable aux dégâts du temps. Je vais t'aider à l'enfiler. Je suis sûr que tu la porteras dignement, et je m'assurerai qu'elle te suive jusqu'au bout, quoi qu'il arrive, Eurydice. les yeux ont du mal à s'éloigner d'Eurydice. Les yeux ont du mal à s'évader de sa malice. Alors, tendre, je m'effraie. Parce que je ne suis plus moi ce fou illettré. Ce gosse vengeur et exténué. Je suis la douceur des angelots du cosmos enluminé. Je ne suis plus qu'une nova qui brille et qui s'éteint dans son destin de damné. Le baiser se pose de lui-même aux abords du front d'Eurydice. Je sais aussi qu'il faut écouter son cœur, et ne pas suivre les conseils trop naïvement. C'est ce que je fais tout le temps, j'écoute les conseils qu'on me donne, et ça ne me réussit pas vraiment. Mais n'oublie jamais jamais qu'il n'y a qu'un seul vainqueur. Même sans vouloir être méchants avec toi, ils voudront tous survivre à un moment où un autre... parce que c'est la loi de Darwin qui prêche désormais. Il n'y a plus qu'une unique règle : survivre ou crever.

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DES VERRES DE VIN QUI ME DONNAIENT L'AIR DE VAINCRE. ALORS QUE JE PERDAIS MES MOYENS FACE A TON REGARD DIVIN. — GEORGIO.
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