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✤ INTRIGUES panem ne cesse de changer avec de nombreux événements inouïs. découvrez le volume 6.
✤ MISES À JOUR une nouvelle règle a été instaurée. merci de prendre connaissance de celle-ci ainsi que les autres nouveautés !
✤ MISSIONS ET QUÊTES toutes les missions ont été lancées ! rendez-vous dans ce sujet pour toutes les découvrir.
✤ SCENARIOS voici quelques scénarios qui n'attendent que vous:
rebelles. liam hemsworth
pacificateurs. boyd holbrook
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 (Volume 6) jeu d'esprits | Egidius

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MessageSujet: (Volume 6) jeu d'esprits | Egidius   Mer 29 Juin - 17:45


jeu d'esprits






I'm not scared of your stolen power. I see right through you any hour. (Blue Fondation)


Je me tourne. Me retourne. Tressaille. Et je me réveille. Hurle. M'évade de cette lourde torpeur de Morphée. Couvert de sueur. L'effervescence de la fièvre algide commence. La pièce est plongée dans un noir morbide. Empoisonnant. Mes deux pieds restent ankylosés. Sous les draps doux. Embastillés. Par les contorsions répétitives. Celles qui hantent mon sommeil. Hantées elles-mêmes par des hallucinations cauchemardesques. Les effluves de sueur mêlées au parfum ambiant m'enterrent vif. M'embrasent comme au sommet d'un bûcher.

— Les jeux. Les jeux... je murmure. Dolent. Et je pleure. J'ai peur. Mon souffle capricant fige chacun de mes membres. La moisson est achevée. Et les premiers tributs sont arrivés au Capitole. Andro. Eurydice. Les deux cadavres du Sept arriveront dans quelques heures. Je les verrai demain. Si je ne me tue pas avant. Je glapis encore. Et j'arrache follement les draps. Qui m'emprisonnent. Qui m'étouffent. Ils finissent par se déchirer. Sous la pression furibonde de mes cartilages tremblants. Je roule sur moi. Trébuche du canapé. Et mon crâne vient s'effondrer contre la petite table du salon. De verre précieux. Mes doigts parcourent mon visage. En un chemin sinueux. Érosif. Pour atteindre le point de choc. Et mon épiderme glacé rencontre un liquide. Plus chaud. Trop chaud. Bouillonnant. Un liquide qui n'a pas lieu d'être. Quand je retire mes phalanges. Je les vois. Elles sont rouges. Rouge vermeil. Rouge de sang.

Je me redresse. Tousse. Cinq bonnes minutes. Et je frotte frénétiquement la plaie. Je secoue la tête. Me mords les lèvres. Gratte ma barbe. De mes ongles encrassés. Mon souffle saccadé s'éprend de la frayeur qui empuantit la pièce. Trop étroite à ma vue. Et mon pouls s'accélère. Vite. Plus vite que possible. Mes pas m'amènent à la fenêtre. Sans que je m'en aperçoive. Et j'arrache le rideau. Décloue le battant avec rage. En face. Le palais présidentiel. Illuminé. Luxurieux à en vomir. Mais moi. Moi, je ne vois rien de tout ça. Je vois simplement un palais. Abritant le roi de ce royaume de demeurés. Dont je suis l'effigie. Le plus fervent. L'air frappe mon visage. Annexe quelque peu le mal qui s'imprègne de ma chair. Mais la défervescence de ma transe mortifère se laisse désirer. Plus loin, on entend des cris. D'allégresse. De jubilation. Des clameurs de fêtes et de souleries.
Je virevolte. Fais dos à la fenêtre. À l'extérieur. À une échappatoire presque aussi étouffante que l'intérieur. La pièce est vide. La maison est vide. Ma mère doit être là-bas. Plus bas. Avec tous ces autres capitoliens dévergondés. C'est son devoir d'y être. Et c'est le mien aussi. Je referme la fenêtre. Incapable d'écouter une minute de plus le son de ces parades du trépas. Je jauge mon reflet dans la vitre. Mes cheveux couleur corbeau sont gras. Dégoulinant de suée. Mon pull est auréolé. Humide. Il put. Je l'enlève. Pour passer sur mes épaules une veste de costume pourpre pailletée sur mon torse nu. Pitoyable. J'enfile le pantalon assorti et des bottines onéreuses. Je claque la porte. Et je me retrouve vite en bas. Dans la rue. Festive. Bondée d'une cohue impatiente de renouer avec les jeux. Après une année d'impatience. Je marche. Sans me soucier de ma peau grasse. De mes cheveux négligés. De ma semi-nudité loufoque. Turpide. On chuchotera de moi que j'aurais oublié ma chemise. Une rumeur de plus. Ou une de moins. Je m'en moque. Je me fiche bien aussi des regards de travers qu'on me jette. Cet incommensurable traitement de faveur. Qu'on me réserve à moi. Rien qu'à moi. Je passe devant le gratte-ciel. Celui où logeront les tributs avant de mourir. Et je détourne mes deux prunelles larmoyantes. Pour voir enfin le bâtiment qui accueille la soirée d'ouverture des jeux. Je stoppe mon odyssée à son seuil. Fais un nouveau pas. Hésitant. Effrayé. J'avance comme un cheval que l'on mène à l'abattoir. Quand j'entre. Je suis éventré. Vidé de mes entrailles.
Toute l'assemblée au complet sabre le champagne. À leurs lèvres. Ils portent tous un sourire chatoyant. Qui me brise de l'intérieur. J'harponne une coupe d'alcool à la volée. Que je vide sans patience. Puis j'attrape une autre flûte. Le brouhaha proche perce mes tympans. Je grimace. Sèche mes larmes. Renifle. Et m'adonne à un second cul-sec. Puis mon regard s'élève. À hauteur de tête. Mes deux sourcils se haussent. Histoire d'avoir l'air détaché. Habitué à ma construction mensongère. Destinée à atténuer l'insupportable frayeur d'être là. Ce soir. Il faut que je trouve ma mère. Elle seule pourra me tranquilliser. Seuls ses bras anesthésiques pourront accueillir le corps grêle d'un gosse perdu dans une fête d'adultes.
Alors, mes perles apeurées percent la foule. Quêtant un visage familier. Un sourire moins infâme que les autres. Enfin, je remarque un personnage. L'air fier. Perché sur sa canne. Toisant le monde du haut de sa quarantaine. Je le reconnais. Pour l'avoir vu en photo. Sur la liste des vainqueurs. Celle que ma mère m'a préparée. Celle qu'elle m'a faite apprendre par cœur. Pour savoir qui sera le pion de qui. Dans ce jeu grandeur nature. Lui, un vieux sage du Quatre. Je reste un moment à bonne distance. Envoûté par ses cheveux grisonnants. Son allure impassible. Son expression futée. Et j'arrive. J'approche. Comme un môme. Un rejeton écervelé.

— Vos tributs sont déjà arrivés, Egidius Eideard ? je dis distinctement. Presque trop hardi pour être vrai. Et mon regard s'abaisse. Contemple mon torse de chérubin nu. La coupe à moitié vide au bout de mes cartilages. Puis se rabat sur le vainqueur. Je me racle la gorge. Mes dents viennent mordiller ma lèvre. Mes yeux papillonnent frénétiquement. Et mes pupilles tournoient dans leur orbites. Une seconde. Avant de se reposer sur les cheveux grisâtres qui leur font face. Et puis en le voyant. Je ne peux m'empêcher de penser. Penser que lui aussi a côtoyé la mort. Que lui aussi devait penser quitter son district. Sa famille. Tout. Pour l'éternel. Et je le vois. En face de moi. Vieillissant. Dans des jours plus ou moins paisibles. Qu'est-ce qu'il pense, lui ? Est-ce qu'il est détruit ? Comme moi je le suis ? À l'idée de ces dépouilles ambulantes. Celles qui inonderont nos souvenirs les plus amers jusque la mort de l'âme. Sommes-nous deux à jouer la comédie ? À feindre l'indifférence ? Tandis que notre cœur succombe un peu plus. À chaque battement.
La mort est toujours bouleversante. Et contre-nature. Il n'existe pas de belle mort. Surtout quand il s'agit de gosses. N'aurions-nous pas été plus tranquilles de ne pas être ? L'acceptation de la mort réduite au néant. Elle est évidement horrifiante à admettre. De par sa relativité à la vie que nous menons. Lui. Moi. Les autres. Nous sommes mortels. Et je fais le lien. Ces tributs vont mourir. Moi je vais mourir. Tous vont mourir. Les vainqueurs même, dit-on des survivants, vont mourir. Alors. Nous sommes tous à la botte du même ennemi. Ceux qui croyaient. En l'existence d'un dieu. Il n'y a pas encore si longtemps. Cette infinie énigme métaphysique. Que jamais personne ne résoudra. En fait, tout ça va loin. Beaucoup plus loin que de simples jeux de la faim. La réelle question. C'est qui est le véritable maître du jeu ?
Impossible de nier. Impossible de reconnaître. On ne peut que se projeter dans l'agonie du mourant. Avec toute l'honneur. L'angoisse. Et la répugnance qu'elle nous renvoie. Et en prendre conscience m'assassine.

— Vous pensez qu'il y a quoi, après la mort ? je demande. Comme un bambin qui croit encore aux œufs de Pâques. Vous avez dû vous poser la question, non ? incapable d'exorciser la vision de la mort. Qui s'offrira à moi. Quand viendra mon tour.

HRP.

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MessageSujet: Re: (Volume 6) jeu d'esprits | Egidius   Ven 1 Juil - 1:29

Jeu d'esprits × ft A. Bloom Rajaël
Le Capitole, doux lieu où on pouvait laisser les enfants à la garderie à peine arrivé pour courir après le fils des mondanités toute la nuit. Le trajet avait suffit au mentor pour se faire une idée sur la paire qu'il devait conduire à l'abattoir et même si les Jeux n'étaient pas encore véritablement lancés il ne négligeait jamais les occasions de se ménager des possibilités.

À peine arrivé et déjà une tendance se dessinait, quelques connaissances aux tenues bariolées avaient déclamé leur curiosité sur les motivations de miss Joráh qui avait de toute évidence surprise la foule. Et s'il y avait bien une chose dont les Capitoliens raffolaient s'était ce genre de surprise et de mystère, ils tenaient là un sujet sur lequel jaser à souhait et Egidius n'allait guère le leur ôter. Cette gamine était probablement suicidaire mais il suffisait d'un sursaut au bon moment pour faire une différence et qu'elle mérite de récolter le fruit de l'intérêt qu'elle avait semé malgré elle.

Donc depuis son entrée affublée d'un costume noir sans artifice si l'on omettait les reflets aquatiques presque discrets de sa veste et de la ceinture large qui prenait place sur son haut, Egidius n'avait eu aucun effort à fournir pour enchaîner les conversations et semer un peu plus d'intérêts derrière lui en laissant le mystère se tisser car rien n'était moins utile qu'une énigme ayant une réponse claire.

Mais il n'y avait pas que les Jeux, les derniers événements qui avaient agité Panem et qui avaient conduit au retour des cérémonies barbares méritaient aussi l'attention de notre homme cependant il n'était pas encore véritablement temps de partir à la pêche aux infos de ce côté-là. Et pourtant son intérêt pour cette chasse aux sorcières ne pouvait qu'être vivace mais la prudence était doublement de mise aussi prit-il la décision de n'orienter aucune discussion dans ce sens volontairement. Après tout il était là pour quelque temps et s'il avait bien une vertu qu'il savait exploiter c'était la patience.

Mais parce qu'il fallait aussi prendre le temps d'inspirer dans ce tourbillon de couleurs criardes, Egidius s’octroya une petite pause dans les bavardages. Car le silence et l'observation étaient aussi d'une grande utilité même si ici ces deux procédés étaient presque inconnus. Ce qui d'un autre côté était bien souvent à son avantage. De sa main libre, l'autre se portant sur le pommeau de sa canne, il attrapa un amuse-gueule qui passait par là sur un plateau doré et le grignota en deux bouchées sans écouter la surprise de son palais. C'est durant son observation qu'il croisa un visage connu qui semblait se complaire dans le visionnage de sa propre silhouette. Qu'avait-il fait pour attirer l'attention d'Autumn Bloom Rajaël ce soir ? Il n'en avait pas la moindre idée mais ce détail ramena à son esprit Miss Rajaël qui avait peut-être eu la délicieuse attention de fournir sa présence à cette soirée. Il ne l'avait pas encore aperçu mais il jeta un coup d’œil dans les rangs pour tenter d’apercevoir cette silhouette qu'il avait eu l'occasion de voir s'épanouir à travers les âges et qui aujourd'hui se trouvait dans une bien étrange situation...

▬ " Vos tributs sont déjà arrivés, Egidius Eideard ? " Il l'avait vu approcher ce jeune homme qui semblait avoir décidé de se démarquer des chatoiements colorés par l'absence d'une partie de sa tenue. Il l'avait vu approcher et s'en était intrigué, ils n'avaient jamais été formellement présentés et la réputation du mister ne l'auréolait pas d'une belle sociabilité. Alors pourquoi cette approche ? Le nouveau venu venait d'hériter de toute l'attention du mentor.
▬ " Arrivés et installés comme il se doit grâce aux bons soins de nos charmants hôtes. "

Ce garçon semblait presque penaud, happé dans un songe que son interlocuteur ne pouvait deviner. Il dénotait dans le paysage festif qu'offraient ses compatriotes et apportait presque du crédit à sa réputation dont bien évidemment Egidius connaissait les détails. Quelques choses semblaient tourmenter le rejeton Rajaël, peut être la mort de son frère dont la rumeur semblait être tenace, dans tous les cas notre mentor décida de ne rien brusquer. Peut-être qu'il n'était pas à l'abri d'un aveu intéressant qui sait, beaucoup semblaient avoir des facilités à se confier à un inconnu.

▬ " Vous pensez qu'il y a quoi, après la mort ? Vous avez dû vous poser la question, non ? " Il est vrai que le sourire d'Egidius était naturellement amusé, voire narquois mais pour le coup cet amusement se refléta clairement dans son regard. Il était bien loin de s'attendre à cela mais l'intérêt était au rendez-vous car on pouvait envisager de lire beaucoup de choses entre ces lignes.
▬ " Ces festivités vous inspirent d'une manière intéressante Mister Rajaël. " C'était le moins que l'on puisse dire n'est-ce pas ? On n'attendait pas vraiment une telle réflexion dans le crâne d'un Capitolien aussi bien né qui plus est. " Mais je suis bien trop occupé à profiter de cette vie pour songer à cela. Cependant si vous tenez à avoir un avis: il doit probablement y avoir ce que nous méritons... " S'il avait véritablement songé à la mort un jour ? Il l'avait vu de près c'est vrai mais la côtoyer n'avait pas fait naitre de crainte. Autrefois il avait pu craindre de rendre l'âme et d'abandonner les siens mais aujourd'hui sa famille n'existait plus, il n'avait plus rien à perdre et donc à craindre. Pour ce qui était de la potentielle existence d'un après ? Il n'en avait vraiment rien à faire, cette existence était déjà bien assez pourrie pour se préoccuper de la suite. " Mais, si je puis me permettre, qu'est-ce qui en cette belle soirée vous inspire une telle interrogation ? " Un appel de sa conscience derrière ce regard égaré ? Peut-être bien et ça ne manquait pas d'intérêt.

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MessageSujet: Re: (Volume 6) jeu d'esprits | Egidius   Lun 4 Juil - 15:20


jeu d'esprits






Feeding my flame. Shuffling the castel of your game. (Blue Fondation)


Egidius Eideard esquisse un sourire. Un sourire qui me tue de l'intérieur. Qui bousille le gosse éberlué que j'incarne. Aux regards de tous ces convives. Aux yeux de tout et de tout le monde. Un sourire ébauché qui achève mon enterrement. Six pieds sous terre. Preuve que je suis écervelé. Preuve que je le serai toujours. Plus ou moins. Ou simplement déjà au zénith. Au zénith de cette folie dévergondée.
Egidius Eideard décline son sourire. Enclin à la malice. Enclin à la moquerie. Son regard s'embrase. De reflets espiègles. Sauvageons. Et je reste. De marbre. Face à ce vainqueur. Ce vainqueur responsable de vingt-trois morts. Vingt-trois gosses crevés dans la fosse commune. Celle des jeux. Lui, un rescapé. Lui, un meurtrier. Qu'en penser ? Moi. Moi, qu'en penser ? Moi, rejeton esseulé. Au milieu de ce monde uniforme. Ce monde moutonnier. Grégaire.

— Ces festivités vous inspirent d'une manière intéressante Mister Rajaël. Mon nom. J'entends mon nom. Rajaël. Alors. C'est qu'il me connaît. Ça ne me surprend pas. Mais s'il me connaît. C'est qu'il connaît aussi les légendes. Celles qui tournent autour de moi. Entamant une valse enivrante. Fiévreuse. Ces légendes réelles. Qui tentent encore vainement de se voiler. De se faire passer pour songes et bouffonneries. Tandis que la réalité me détruit. À petit feu. Mais que faire ? Je reste impuissant. Les bras ballants. Le long de mon corps grêle. Glacé. Suintant. Et mollasson. Et je comprends alors. Ces prunelles pétillantes. Ce sourire naissant sur ses lèvres. Je comprends que c'est un tout. Un tout qui me couvre. Comme le ferait un dôme. Un tout qui m'asphyxie. Déjà depuis trop longtemps. Un tout qui s'avère invincible. Trop puissant. Je suis en apnée. Et je ne sais pas combien de temps. Combien de temps mon souffle va-t-il tenir bon ? Combien de temps il me reste ? Combien. Je baisse le regard. Éternel chien battu. Vers mon pantalon fade. En dépit même de son étincelant tissu. Vomitif. Et je m'aperçois que je ne respire plus. Je retiens mon souffle. Et mon cœur s'affole. Il m'arrache la poitrine. L'extrait de mon corps. Déchirant l'épiderme dans une douleur inénarrable. Pire que la mort. C'est peut-être ce qui arrive. Réellement. Je chavire. Quand le vainqueur me ranime. Il doit probablement y avoir ce que nous méritons.

Mes perles noisette. Se lèvent. Renaissent de leurs cendres. Et viennent percer Egidius. Le mettre à nu. Et je ris. Mes canines en avant. Prêtes à mordre n'importe quelle gorge. De quiconque oserait défier la tornade torrentueuse. Qui se cache au fond de mon cœur. Désamorcé. Je suis un corps pourri. Une âme déjà condamnée. Alors. Pour ça. Je ris. Je ris. Incoercible. Un rire fou allié. Qui empoisonne la chaire dénuée de mon torse. Un rire cynique. Capable d'exorciser le diable en moi. Ma coupe vient basculer. Et le champagne se déverse. Pétille. Le long du cuir souple. De mes bottines. Mon regard s'évade. Loin. Vers le firmament. Masqué par un plafond virevoltant. Là où défilent des lueurs. D'une palette fluorescente.
Ce que nous méritons. Ce que je mérite. Rien, sinon la mort. Le néant. Le rien. Par définition. Que mériterait un esprit agité de péchés. De méfaits goulûment dévorés. De fantasmes angoissants. Même pour les essences les plus hardies. Les plus anathématisées.

— Qu'est-ce qui en cette belle soirée vous inspire une telle interrogation ? et je continue. Je me morfonds dans ma folie risible. Et dans l'idée de la mort. Cette soirée empeste le trépas. À plein nez. Ces vils tributs. Déjà enterrés. Leur visage couvert de terre. D'asticots et charognards putrescents. Alors donc. Comment ne pas y penser ? Comment omettre cette idée ? Tandis que tout autour. La valse continue. Une chorégraphie inamissible. Tandis qu'un pouffe d'allégresse plus loin. Et que de l'autre côté. On s'empiffre de caviar. Hommes mal léchés en transe. Femmes hydres languissantes. Dans une soirée des plus pitoyables de tout Panem.
Alors. C'est ça. Le mystère insolvable. La clé de la vie. C'est simplement ça. Pas de cotillons. Pas de libération. Encore moins de rédemption. Mes illusions de gamin. Elles disparaissent. Balayant les cartes du jeu. De notre jeu. Du jeu humain. Alors. J'ignore sa question. Si ma future mort est déjà toute tracée. Pourquoi changer. Pourquoi vouloir changer aujourd'hui ? Vainement. Quelque chose qui ne peut l'être. Dans ce jeu.
Oui.
Ce jeu humain.
Cet incommensurable jeu. De vie. De mort. De choix. De rébellion. La recette de l'existence. On pourrait se dire. À quoi bon ? L'homme qui se tient face à moi est coupable. Moi. Je ne suis qu'un déchet des méandres du diable. Ce diable qui se fait passer pour un dieu. Tandis que lui et moi. Oui. Nous finirons en enfer pour nos péchés. Méritant d'être ni plus ni moins qu'un amas d'ossements. Au sommet d'un bûcher infini.
Je décide d'attaquer le premier.

— Désolé de vous l'affirmer mais le Sept gagnera. je le hais déjà. Lui l'assassin. Dit-on vainqueur. Que de conneries dans un monde des plus fictifs. Je m'approche un peu plus de lui. Mes bras tremblent. De rage. De peur ? Ou de terreur ? Mes dents viennent se planter dans ma lèvre inférieure. Vous le savez, n'est-ce-pas ? Que diront les habitants du Quatre quand vous reviendrez avec deux cadavres de plus sur les bras ? À leur place je ne serais pas vraiment ravi... Je pouffe. De mon dédain. De ma rage. De mon avarice de réponses. De coupables. Du fin mot de l'histoire. Voire de l'histoire elle-même.

Je repose mon verre sur un plateau. Laissé à l'abandon. Et je remarque. Du coin de l'œil. Un type. Plutôt vieux. Un pauvre type écroulé au sol. Un vieillard alcoolique en retrait. Il a mille fois plus d'allure que moi.
Merde. Je suis styliste. Mais en arrivant. C'est le premier que j'ai vu. Tous les autres se ressemblent. Comme une armée de clones. Mais lui, il me rappelle moi. J'esquisse un sourire. Abject. Et mes yeux charbonneux replongent dans les siens. Pour une nouvelle danse.
— Vous me connaissez plutôt pour mes excès de folie ? Je le jauge. L'abats du regard. Comme il m'empale de son sourire. C'est un jeu pour un autre. Qu'importe la méthode. La victoire est l'unique but. J'arque un sourcil. Et je reprends. Ou plutôt pour ma succulente mère ? parce que je sais. Que ma mère est une créature enchanteresse. Qui sort volontiers du commun du Capitole. Tentante à l'excès. Sorcière jouissive. Quand elle ne se paye pas des putains. Ce sont eux. La foule. Le peuple euphorique. Qui se jettent à ses pieds. Alors. Pourquoi pas lui ?
Je décide de m'asseoir. À même le sol. Aux pieds d'Egidius. Presque las d'être là. Quand bien même je viens tout juste d'embarquer. À bord de ce manège trépidant.
Je joue mes cartes. Je suis plus fort que lui. Désormais. C'est un match à mort. Rien qu'entre nous. Pas de tributs. Pas d'arène. Pas de Capitole où de districts. Pas de Panem.
Car je l'ai décidé.

Voilààà je lance la SUPERBE intrigue avec sexy maman Rajaël Dorian

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MessageSujet: Re: (Volume 6) jeu d'esprits | Egidius   Lun 4 Juil - 16:38

Jeu d'esprits × ft A. Bloom Rajaël
Il se tenait là, égaré dans cette assemblée qui venait s'échouer à ses côtés sans véritablement de raisons. Ses questions sortaient un peu du lot dans cette cour de fous, sa véritable folie était peut-être une source de relative clairvoyance mais Egidius n'allait guère distiller cet avis qui régissait un obscur endroit de son esprit qu'il avait enfermé à double tour depuis bien longtemps pour mener sa vie comme il le souhaitait.

Bien évidemment il connaissait les histoires autour du jeune homme, il était le gardien des rumeurs et des quand dira-t-on du Capitole depuis plusieurs décennies déjà et il n'y avait guère besoin d'avoir des passe-droits pour les secrets obscurs des lieux pour connaître les histoires de Bloom Rajaël. Et s'il n'avait jamais véritablement fait sa rencontre auparavant, il avait été spectateur de quelques coups d'éclat donc oui, il savait à quoi s'en tenir et ne s'étonna pas de le voir passer d'un regard perdu à l'éclat de rire quelque peu démentiel. Ce rire transpirait la folie et pouvait apitoyer notre vainqueur qui avait la sensation d'observer là un autre genre de victime de ces temps abracadabrants. Et cette sensation aurait pu transparaître si notre homme n'était pas déjà passé maître depuis bien longtemps dans l'air du paraître aussi sembla-t-il estimer que cette réaction excessive était une normalité à laquelle il assena tout de même l'interrogation de la raison de tout cela.

Le champagne fut versé, le rire s'éleva encore, ne troublant même pas la folie festive des alentours et laissant Egidius à l'observation de la décadence d'un jeune homme qui se ressaisit pour être mieux enfiévré.

▬ " Désolé de vous l'affirmer mais le Sept gagnera. " Pauvre enfant... Ces mots prononcés par un être répondant à la normalité des lieux aurait attiré le rire cynique du vainqueur mais il n'avait même pas le cœur de lui asséner cela. Pauvre mère aussi dont il pouvait saisir un bout de motivation en faisait face à ce rejeton égaré. " Vous le savez, n'est-ce-pas ? Que diront les habitants du Quatre quand vous reviendrez avec deux cadavres de plus sur les bras ? À leur place je ne serais pas vraiment ravi... " C'était assez rare mais cette discussion bousculait Egidius, le masque pourtant pleinement installé à un point qu'il oubliait qui il était ne demandait qu'à chuter pour tenter d'aider cette brebis... Mais ce cas était perdu n'est-ce pas ? Comme toutes les âmes juvéniles des arènes, il n'était qu'un autre genre de tribut à attendre son heure. Alors un rire s'échappa de ses lèvres avec une facilité qu'il n'aurait même pas soupçonnée et qui prouvait bien que les années avaient été dévastatrices pour lui aussi.

▬ " Je ne sais pas, pourquoi ne le seraient-ils pas ? De leur simple participation ces enfants auront honoré Panem en leur nom. Et puis si vous comptez votre succès au nombre de cadavres dois-je vous rappeler que dans le meilleur des cas vous aurez à moitié perdu... " Pourquoi était-ce aussi facile de déclamer ces saletés et cette vérité avec aplomb et cynisme ? Lui qui avait failli l'espace d'un battement de cœur laissé le masque tomber était finalement capable de réciter ses gammes sans une seule anicroche... Voilà bien une preuve qu'il était pourri jusqu'à la moelle, s'il en avait fallu un jour une car il l'assumait depuis longtemps.

▬ " Vous me connaissez plutôt pour mes excès de folie ? Ou plutôt pour ma succulente mère ? " Et le voilà qui s’assoit au sol sous le regard cette fois clairement amusé du mentor qui voyait là aborder un domaine qui lui donnait le confort de l'aisance.

▬ " Les deux je dois dire. D'ailleurs je crois que toutes les passionnantes histoires du Capitole n'ont pas été suffisantes pour que je vous connaisse mieux que votre mère. " C'était probablement vrai car déjà si l'on retirait la partie fausse des cancans de la ville même la multiplicité des histoires ne suffisait pas et faisaient qu'Egidius connaissait bien mieux Miss Rajaël qui était une des très rares personnes dont le vainqueur pouvait sincèrement se soucier. Après tout on ne pouvait lutter contre la connaissance d'un duo vieux d'une trentaine d'années avec des rumeurs autour d'un jeune homme d'une vingtaine d'années. " D'ailleurs aura-t-on le plaisir de la voir ce soir ? " Egidius avait pris le parti de rester là où il était, menant la conversation avec naturel alors que son interlocuteur décidait d'imposer sa présence au sol. Il jeta un nouveau coup d’œil à la foule pour repérer quelques silhouettes et visages connus dans un réflexe plus que routinier pour lui.

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MessageSujet: Re: (Volume 6) jeu d'esprits | Egidius   Mar 5 Juil - 17:33


jeu d'esprits






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— Si vous comptez votre succès au nombre de cadavres dois-je vous rappeler que dans le meilleur des cas vous aurez à moitié perdu. un rire égorgeur et mon délire de vengeance. Voire même de duel de virilité. Tout ça s'effondre.
Je jouais. À tremper mes mains de spasmes saccadées dans la petite flaque. Celle de champagne. D'une coupe de cristal. Qui a échappé d'entre mes doigts. Des cartilages furibonds. Enragés. Vandales. Qui l'embastillaient. Trop affamés. Trop funestes. Peu à peu, j'émerge du néant. Mes sens reprennent vie. Et conscience. Mon regard parvient à renouer avec le sien. Enfin. Qui se fond et s'abandonne dans l'univers entier qui m'entoure. Mes ongles viennent caresser l'épiderme fatigué de mon visage. L'eau coule de mes yeux. Le long de mon crâne blême. Me brouille la vue. La vue de cette soirée mondaine. Sublimée d'une teinte lunaire. De spectres trop gais. Presque chimériques. Je comprends alors qu'il ne s'agit pas là du nectar pétillant de ce champagne utopique et hilarant. Qui a su par ses effluves attiser ma contemplation. Non. Ce n'est pas l'alcool de mes doigts qui glisse sur ma peau. Je pleure. Cette eau-là file de mon propre corps.
Mes deux yeux noisettes s'abaissent. S'inclinent face à cette scène affligeante, blâmable, qui a pour nom Réalité. Quant à parler de cadavre. Je ne peux oublier. Oublier Ange. Qui il était. Ce qu'il était. Je ne peux oublier. Ce couteau teinte vermeil. Au bout d'un poing trop anarchiste pour être conscient. Mon poing. Mon corps léthargique. Le sang de Ange. Là, sur la lame aiguisée. Ange. Tressaillant. Entamant son odyssée. Loin. Vers l'acmé sans retour. Moi. Au-dessus de lui. Hurlant à la mort. L'agonie. Celle que j'ai invitée sous mon toit.
Personne ne m'avait encore posé cette question imprononçable. Maudite. Perverse. Où est Ange ? Personne ne l'a posée soir. Peut-être que tous connaissent déjà la réponse désormais. Tout était calme. Trop. Hormis ces coups d'œil terrifiés. Évanescents. Ces gens qui m'évitent comme la peste. Croyant imperturbablement que la démence est toxique. Contagieuse. Oui. Ils ont raison. La démence est poison. Mais elle est joueuse. Beaucoup trop. C'est un vice inexplicable. Elle préfère le supplice à l'achèvement. Plus délectant. Plus enfiévrant. Tant que je ne serai pas mort, elle n'abandonnera pas mon corps livide. Pour s'enticher d'un autre. Plus solide. Je crois que toutes les passionnantes histoires du Capitole n'ont pas été suffisantes pour que je vous connaisse mieux que votre mère. je remonte mes genoux. Là. Lovés juste sous mon menton. Au chaud. Sevré de la douceur aimante de ma mère. Ma mère que je ne reverrai pas de sitôt.
Ses dires licencieux embrasent mon âme. Figent mes pensées. Calcinent ma chair. L'idée d'être l'éternel bouffon d'une société oppressante m'effraie. Je sais que je me condamne moi-même. À cette perpétuelle mésaventure sinistre. Ma raison me hurle. De fuir. De trouver un abri. Un ermitage. Rester ici. Vivre parmi les autres ne saurait que me tétaniser. Faire de ma dépouille fade, mi-morte mi-vivante, un brasier.
— Je suis certain que vous savez déjà tout. je souffle à mes genoux. Et c'est vrai. Il existe à la capitale des livres ouverts. Ceux qui se laissent happés par le succès. Le charisme. Ceux qui se laissent charmer par le vice. Histoire de faire courir de sale rumeurs. Ceux qui au contraire s'enfournent dans une tornade ingérable. De toute cette collection de livres. J'en suis sans ciller le plus cocasse exemplaire. Hilarant.
— D'ailleurs aura-t-on le plaisir de la voir ce soir ? et je comprends. Qu'il a fait partie de ses jeux. À elle. À ma mère. Qu'il a sûrement été un jour. Ou plusieurs. Un de ses quatre heures. Et je m'en contrefiche. Les milles gravats de mon cœur sont orgueilleux. Trop altiers pour se soumettre à cette trop franche attaque.
Impudique. Indécent. Provoquant. Je retire la veste pailletée de mes épaules. Et la largue brusquement au sol électrique. Dans la marre de champagne. Que d'habitude j'avale avidement. Alors que. Ce soir, curieusement pas une goutte. Et je suis torse nu. Je relève la tête vers son visage taquin. Avec constance. Et j'écarte les bras. Sourire au coin des lèvres. Larme au coin de l'œil.
— Vous avez déjà l'honneur de rencontrer son fils ce soir, le plaisir se vaut, n'est-ce pas ? mon regard de braise. Étincelant. Ravive la flammèche de raison et d'espoir qui sommeille toujours en moi. Je revois alors ces reflets dans ses yeux. Ils sont assoiffés. Me forçent de leurs scintillements à ne pas tirer ma révérence. Pas maintenant, en dépit de ma volonté. De mon entêtement.

Alors, je ressors plus belliqueux. Prêts à l'affront. Prêt à effacer le Bloom qui a su fondre son égoïsme et sa peur dans sa folie. Le savoir m'afflige. Le dévoiler m'assassine.
Alors, après tout ça. Après tant de temps à me mentir. Quel est le réel poids de la folie dans ma folle vie ? Je contemple toutes ces cicatrices. Ces plaies. Ces lésions. Chacune à une origine définie. Chacune a un sens. Et si j'avais été jusqu'à marteler ma propre chair pour mentir. Si en réalité la vérité et le mensonge ne tenaient qu'à un fil si fin et cassant qu'il ne servirait pas même à la couture. Je suis alors face à une impasse. Rester ici dans l'espoir de guérir. Ou fuir dans la folie et la maladie jusqu'à en être infectée jusqu'aux os.
Je sais. Je sais que pour une fois je n'ai pas tord.

— Vous savez, peut-être que finalement je ne suis pas si fou. La plus dangereuse des folies n'est-elle pas celle qui fait de nous des êtres normaux ? mes sourcils se froncent. Le doute m'a traversé sans ne laisser aucune séquelle. Et je m'en extrais. Vigorifié. Je tends mes jambes. Abandonnant le confort de mes genoux ouatés. Je n'ai pas tué mon frère. Tout le monde n'a pas besoin d'être un assassin pour devenir célèbre. enfin. Je me redresse. Trop brusquement. La mine fade. Morbide. Assassine. Personne ne pourrait croire que mon visage puéril a abrité un fou rire ravageur il a moins d'une minute. Je m'avance. Le défie de ma hauteur. Poings clos. Si vous souhaitez m'accuser d'un quelconque crime, tentez donc, et faites-le dignement, comme vous avez il y a un temps honoré Panem de votre nom. un sourire carnivore hante mes lèvres. Voilant la rage grandissante. Qui apparaît comme la noirceur d'une nuit d'hiver. Je crache presque : Vous avez tué vingt-trois enfants, Egidius Eideard, mais n'oubliez pas que vous avez pris de la bouteille ! et nous restons là. Comme deux charognards. Au milieu d'une cohue en fête. L'histoire est perpétuelle.

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MessageSujet: Re: (Volume 6) jeu d'esprits | Egidius   Mer 6 Juil - 0:46

Jeu d'esprits × ft A. Bloom Rajaël
Bloom avait donc échoué au sol, perdant son regain de superbe pour pouvoir mieux jouer avec le champagne qu'il avait déversé quelques instants auparavant. C'était à se demander comment Egidius n'avait jamais prit le temps de s'attarder sur ce cas bien peu banal, peut-être par respect pour la mère de l'égaré. Car sans ce lien de filiation avec cette connaissance il aurait probablement mordu à l'hameçon de la curiosité bien rapidement devant cette perle d'étrangeté qui brillait au milieu du collier du Capitole.

Lui qui riait comme un damné il y a quelques instants semblait à présent pleurer en silence, peut-être meurtris par la remarque du vainqueur sur l'impossibilité de remporter la victoire dans le jeu sanglant où ils avaient chacun leur rôle. Egidius n'allait guère nourrir de regret sur ce résultat, cela avait été sa façon de répondre à la provocation enfiévrée et puérile du jeune homme et il avait décidé de ne pas prendre de véritables gants avec cet interlocuteur. Son regard s'éleva vers l'assemblée indifférente à la scène, rien d'étonnant à cela et pourtant quelques regards pouvaient être capté, des minois dérangés par ce déballage peu protocolaire qui n'effarouchait guère notre mentor.

▬ " Je suis certain que vous savez déjà tout. " Son interlocuteur avait délaissé le sujet des Jeux pour se glisser vers quelque chose de plus personnel. Il est vrai que la famille Rajaël connaissait particulièrement les projecteurs et avait donc quelques difficultés pour garder la tranquillité d'un espace privé. Mais cela faisait longtemps qu'Egidius savait faire le tri dans les informations et la majorité des détails des frasques de Bloom ne l'intéressait pas, il gardait juste en mémoire l'instabilité du jeune homme, presque seule information valable là-dedans. Aussi préserva-t-il son éternel sourire amusé à ces mots las prononcés par l'enfant à présent recroquevillé sur lui-même.

▬ " Oh je suis certain que vous pouvez encore me surprendre. " Après tout il l'avait déjà fait en quelques instants de conversation même si Egidius n'était pas homme à exposer le moindre désappointement car la vie lui avait appris que lorsqu'un interlocuteur n'arrivait pas à savoir comment pensait, ressentait ou critiquait réellement l'autre partie il ne pouvait deviner le coup suivant et dans le jeu auquel il jouait cet avantage était vital.

Un éclat lumineux attira de nouveau l'attention d'Egidius vers son volatile interlocuteur qui s'était à présent défait de sa veste dans un chatoiement de paillettes. Brièvement notre vainqueur se demanda combien de temps il faudrait à ce jeune homme pour finir totalement effeuillé à ce rythme mais il n'eut pas le loisir de se pencher sur la question plus que l'intéressé l'interpella à nouveau.

▬ " Vous avez déjà l'honneur de rencontrer son fils ce soir, le plaisir se vaut, n'est-ce pas ? "Ce qui était intéressant avec cette instabilité c'est qu'il était presque impossible de déceler la teneur des propos du mister, teneur qui devait être aussi ignoré par l'instigateur en personne de ces mots. Dès lors il fallait bien avouer que l’exercice de la conversation était relativement ardu mais Egidius relevait sereinement le défi avec son éternel air amusé.

▬ " Tout à fait, je n'aurais pu rêver meilleur équivalent. " Cynisme et sincérité, notre homme maniait à merveille cet assemblage impossible, c'était sa manière à lui de brouiller les pistes mais à la différence de Bloom cela résultait bien d'une intention. Le jeune homme avait ainsi toute l'attention du mentor qui se demandait quel allait être la suite de ces frasques qui ne tarda pas à arriver.

▬ " Vous savez, peut-être que finalement je ne suis pas si fou. La plus dangereuse des folies n'est-elle pas celle qui fait de nous des êtres normaux ? " Tiens donc, à nouveau un brin de réflexion presque censé. Un sursaut dans l’enfièvrement qui apaisa légèrement l'amusement d'Egidius.

▬ " Je crois qu'il serait dommage de ne pas être fou, c'est là une liberté que l'on ne peut retirer. " Bon si il s'amusait, il faut dire que donner de quoi réfléchir à l'esprit de Bloom se révélait être une activité intéressante car derrière cet enfièvrement il y avait bien un esprit capable de logique et en appeler à lui semblait donner des résultats qui ne manquaient pas de rebondissement. Rebondissement qui arriva à nouveau car le jeune homme se remit sur ses pieds pour se planter devant lui en déclamant.

▬ "  Je n'ai pas tué mon frère. Tout le monde n'a pas besoin d'être un assassin pour devenir célèbre. Si vous souhaitez m'accuser d'un quelconque crime, tentez donc, et faites-le dignement, comme vous avez il y a un temps honoré Panem de votre nom. " Il était en train de s'énerver à présent, la colère affleurait sous le regard diverti d'Egidius qui demeurait immobile face à l'agitation approchante.

▬ "Vous n'avez commis aucun crime à mon encontre je n'ai donc aucune raison de m'ériger en victime. Quant au rôle de juge, voilà bien un rôle qui ne me sied guère je déteste être impartial. Si vous cherchez un ennemi vous ne le trouverez pas ici. " Bloom jouait à présent au jeune coq, difficile à savoir d'où provenait sa motivation mais il était intéressant qu'il clame ainsi son innocence, si Egidius n'avait pas autant d'intérêt à observer le jeune homme il aurait pu parier que ce morceau d'éclat de voix avait attisé quelques curiosités car le destin du jumeau du mister faisait par partie des mystère actuels du Capitole.

▬ "  Vous avez tué vingt-trois enfants, Egidius Eideard, mais n'oubliez pas que vous avez pris de la bouteille ! " Devait-il perdre du temps à trouver un sens à ces propos ? Quelle conclusion trouvait-il au temps écoulé depuis sa participation aux Jeux ? Notre mentor décida de ne pas chercher de logique là où il n'y en avait sans doute pas et préserva son serein amusement.

▬ " Selon vos critères votre calcul est faux, j'ai derrière moi la mort de quatre-vingt quatre enfants mais où voulez-vous en venir avec cela ? " De sa main le chiffre était considérablement amoindri mais de toute évidence en incluant la totalité d'une arène perdante Bloom se fichait du degré de responsabilité d'Egidius dans ces décès alors pourquoi oublier toutes ces âmes qui avaient péri depuis qu'il était le pion du Capitole ? Et oui, si vous vous posiez la question notre mentor n'avait pas besoin de faire le calcul, il connaissait ce nombre qu'une sombre part de son esprit portait un peu plus chaque année. Mais pour son interlocuteur il le déballa sur le ton de la conversation qui mêlait sérénité et cynisme du côté d'Egidius qui se fendit d'une nouvelle interrogation. " Pourquoi êtes-vous venu jusqu'à moi ce soir Mister Rajaël ? "

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MessageSujet: Re: (Volume 6) jeu d'esprits | Egidius   Jeu 7 Juil - 11:33


jeu d'esprits






Un roi chantait en bas ; en haut mourait un dieu. (Victor Hugo)


Mon corps.
Ma chair.
Mon épiderme d'albâtre est habité d'une quiétude qui me surprend. Tandis qu'Egidius Eideard poursuit son odyssée. L'odyssée de la psychose barbare. La démence inhumaine. L'apaisement me gagne-t-il enfin ? Pas si simple. Les failles humaines sont subtiles. Elles s'opposent à notre vaine aspiration à cloisonner le temps avec son passé. Son présent. Et son futur. C'est une illusion de l'esprit que de se représenter le présent comme un état statique. Mais au contraire. Il est en perpétuelle marche. Il file. Il appartient déjà au passé pour aller vers le futur. Au final, je ne suis pas plus apaisé qu'avant. Je serai toujours déçu.

— Si vous cherchez un ennemi, vous ne le trouverez pas ici. finit-il par dire. Sifflant comme une vipère. Et pourtant hypnotique. Je reste médusé. À lui faire face. Plongeant tête la première. Dans un jeu des plus pervers. J'ai derrière moi la mort de quatre-vingt-quatre enfants mais où voulez-vous en venir avec cela ? Pourquoi êtes-vous venu ce soir jusqu'à moi Mister Rajaël ? je fais jouer les timides muscles de mon torse. Et je m'offre à nouveau au rire. Incoercible. En réalité. Un rire plus de peur que d'animosité. Peur, oui. Car je n'ai pas de réponse à ses questions. Le vainqueur se joue de moi. Comme un fauve se délecte de sa proie. Une proie embastillée sous ses griffes vandales. Je serais prêt à le défier. Simplement pour oublier l'environnement étouffant et crevant qui m'embaume. De ses cauchemars aux fièvres les plus algides. Mais je ne peux déjà plus résister. À cette envie jouissive. À ce désir trop libidineux. L'abandon de ma vieille folie endormie dans ma lente déliquescence ne serait-il pas une trop forte privation ? Si. Bien sûr. Et je ne peux m'empêcher de me sentir claquemuré. À rester là. Ankylosé. Sevré. De cette irascibilité qui me possède et me nourrit à la fois. De doute. De supplice. De torsion. Du pensum que ma mémoire m'inflige inlassablement. Quand ce n'est pas mon corps chétif qui s'en charge.
Alors je plonge sur lui. Mes coudes se braquent sur son torse. Et en un instant son corps se retrouve piégé. Entre moi. Et le mur qui cogne contre ses omoplates. Mes doigts viennent se refermer d'eux-mêmes autour de sa gorge. Autour. Quelques spécimens de foire nous observent enfin.
Sous mes cartilages grelottants, ses veines. Ses veines qui battent.
Je vis ? Je dors ?
Je rêve réalité ?
Le simulacre de vainqueur s'anime devant moi. Je ferme et dégrafe mes deux orbes furibonds. Pour voir si ce fantôme qui se meut sous mes yeux magnétisés est bien réel. Ou s'il n'est alors qu'un simple hologramme. Pire encore, mais la plus probable hypothèse de toutes, il pourrait n'être une singulière illusion absolutiste enclin à ma démence convalescente. Je me fige, livide. La peur enfièvre mes sens, me brûle comme du papier. La mâchoire serrée. Je plonge mes prunelles dans les siennes. Sans même lâcher la hargne de mon étreinte. Ma respiration est saccadée. Et je me lance dans un récit. Non des moins sincères. Un récit à cœur ouvert. Car pour une fois je décide. De laisser parler mon être. Ma psychose débordante. Ma philosophie surexploitée.

— Et bien... je murmure. On peut dire que je suis venu vous demander ce que vous mériterez vous, à votre mort. Si nous résumons, vous comme moi n'avons joui d'une vie que fort pitoyable, vous ne pensez pas ? Des dizaines de morts au compteur, quelques neurones en moins pour un cortex défaillant, sinon réduit en bouillie. Tout ça se tient, n'est-ce-pas ? Au final, nous allons trouver la même chose à notre mort. Nous allons nous réveiller dans un champ de ruine, brûlant sur un amas de cadavres aux visages familiers. Vous, vous verrez parmi eux ceux de la longue liste de tributs trépassés ; ceux qui étaient dans l'arène avec vous cette année-là, et tous les autres que vous abandonnez en pâture à chaque nouvelle édition. Et puis moi... ma voix s'étrangle. Comme si mes phalanges s'étaient déliées de la gorge du vieux sage. Pour mieux se refermer autour de la mienne. Pour la première fois. Je m'apprête à ne pas lui mentir. Moi. Et si je vous disais que j'avais véritablement assassiné la seconde moitié de mon âme, si j'avais osé lever la main sur mon propre sang ? je marque une pause. Je veux le tester. Nous embarquer dans le jeu. Jusqu'au bout. Fusse-t-il fatal. Si tous ces ragots qui courent les rues et que les murs s'empressent de répéter aux quelques pauvres ignorants qu'il reste ici étaient vrais ? j'hurle presque. Possédé. Fatigué de cette vie. Cette vie que je ne vis plus mais que je supporte. Parce que. Quand un homme ne sait plus pourquoi il se bat. Il ne survit pas très longtemps. Moi, je n'ai plus aucun combat. Je n'ai plus aucun combat. Depuis que tout est vain. Depuis que tout n'est que cruauté. Lâcheté. Et souffrance. Un ignoble sourire s'empare de mon visage. Je ne respire presque plus. Si j'avais assassiné mon propre frère, vous en auriez ? Des frissons ? Qui vous parcourent le corps, qui vous étouffent encore et encore, sans jamais cesser ? Sans jamais s'arrêter ? une boîte à musique qui ne se referme pas. Une porte condamnée et sans serrure. Voilà, tout ce qui pourrait contenir mon âme néfaste et empuantie de vices. Et de secrets inavouables. Même pas en les chuchotant dans une nuit déserte et opaque. Je ressers l'étreinte. De mes doigts tuméfiés par le champagne. Autour de sa gorge. Et je rugis. Vous voyez, Eideard, c'est comme ça que je me sens. Tout le temps ! Quelque chose qui m'oppresse la poitrine ! et je fouaille mon cœur de la paume de ma main. Mon corps. Je poursuis. Furibond. Fiévreux. Instable. Coléreux. Je cracherais presque sur son visage. Tellement le timbre de ma voix assaille mon gosier. Ma gorge nouée. Quelque chose qui m'oppresse le crâne, et ma pauvre mère n'y peut rien ! Triste sort, vous direz, pour une mère qui mériterait pourtant tout le bonheur que l'univers a à offrir.

Et là. Ma voix s'étouffe pour de bon. Mes larmes reprennent de plus bel. Je ne suis plus en position de réfléchir. J'ai le crâne qui bourdonne. Tellement je flippe. Pauvre gamin. Pauvre fou pourrait-on me cracher à la figure. Dans quoi me suis-je encore fourré ?
J'accorde une certaine déférence à son égard. Un instant. Et je me rappelle ses douces paroles. S'il est un ami de ma mère. Je sais. Je sais que je dois lâcher son cou. Lâcher son épiderme déjà marqué par le temps. Une nouvelle larme file de sous mes cils et glisse jusque ma pommette. Se perd sous les poils suintants de ma barbe. Mes dents viennent mordre mes lèvres. Pour empêcher un gémissement de frayeur de franchir ma gorge nouée. J'essaye d'oublier. Oublier. Tout. Mes cartilages grelottants s'arrachent à leur proie. Un à un. Pour venir claustrer mon cou aux veines saccadées. Au sang qui monte et qui descend trop brutalement. Et qui trahit un cœur tressaillant. J'ânonne désormais. Dans un silence cerné du boucan alentours. Tandis que d'autres visages artificiels se tournent vers nous.

— Vous qui semblez si bien vous accommoder des malheurs de ce monde qui s'abattent sur votre dos, vous et votre maudite canne pour supporter le poids de tout ça, vous pourriez me dire peut-être quel diable s'est emparé de moi ? car s'il est si sage. Si téméraire. Si prétentieux. Il doit forcément posséder la réponse. Il doit forcément connaître le mal qui me tord. Qui me ronge. Car lui aussi a dû l'affronter.
Et pourtant. Mon âme paraît davantage ravagée que la sienne. Car au-delà du meurtre qui anéantit tout meurtrier. Prendre une vie désole moins que de laisser prendre la sienne. Oui. Il faut abattre l'adversaire. Sinon c'est lui qui abat. Mais pour lui. Oui pour lui c'était le cas. C'était les autres tributs ou lui. C'était sauver sa peau. Mais moi. Moi et Ange. Ce n'était plus qu'une question. Une singulière question d'orgueil surhumain. Et il n'était en aucun cas question de danger. Rien. Aucun adversaire.
Quand on prend quelque chose on finit toujours par le payer.
J'ai pris la vie de Ange.
J'en paye le prix de ma folie.

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MessageSujet: Re: (Volume 6) jeu d'esprits | Egidius   Jeu 7 Juil - 23:56

Jeu d'esprits × ft A. Bloom Rajaël
Le silence, le fantôme du combat se lit dans le regard enfiévré du jeune homme qui semble encore perdu. Egidius observe, impassible, attendant le résultat qui allait germé de cet esprit agité et imprévisible et il ne fut pas déçu. Bloom fondit sur lui, faisant heurter son dos au mur qu'il gardait depuis tout ce temps, non-content du choc assené et sans qu'il n'ait le temps de véritablement réagir le Capitolien s'attaqua à sa gorge qu'il enserra de ses doigts compulsifs. L'attaque est là, imprévisible et déjà bien désagréable pour des poings qui n'avaient majoritairement connu que les beaux tissus et autres draperies de l'exubérante ville. La surprise pu se lire brièvement dans le regard du mentor mais s'évapora doucement pour laisser place à une froide neutralité.

▬ "  Et bien... On peut dire que je suis venu vous demander ce que vous mériterez vous, à votre mort. Si nous résumons, vous comme moi n'avons joui d'une vie que fort pitoyable, vous ne pensez pas ? Des dizaines de morts au compteur, quelques neurones en moins pour un cortex défaillant, sinon réduit en bouillie. Tout ça se tient, n'est-ce-pas ? Au final, nous allons trouver la même chose à notre mort. Nous allons nous réveiller dans un champ de ruine, brûlant sur un amas de cadavres aux visages familiers. Vous, vous verrez parmi eux ceux de la longue liste de tributs trépassés; ceux qui étaient dans l'arène avec vous cette année-là, et tous les autres que vous abandonnez en pâture à chaque nouvelle édition. Et puis moi... " Répondre à l'agression ? Surenchérir devant les quelques regards qui avaient saisi l'anormale agitation ? Pour quoi ? L'agiter un peu plus, accentuer la dangerosité de l'instable agresseur, s'accrocher à sa vie qu'il ne maîtrisait à peine ? Non, la nervosité et les signaux d'alarme de son corps n'y firent rien, l'homme resta impassible devant l'attaque, son regard planté dans celui de Bloom." Moi. Et si je vous disais que j'avais véritablement assassiné la seconde moitié de mon âme, si j'avais osé lever la main sur mon propre sang ? " Impassible ? Non pas totalement, sa main s'était crispée autour du pommeau de sa canne et il ne pouvait rien faire contre l'opposition musculaire de son cou qui se dressait contre la compression qui commençait à lui faire ressentir les premiers signes de suffocation. À cela ajoutez les aveux de Bloom qui aurait été sans doute plus intéressant et compréhensibles s'il n'était pas en train de l'asphyxier. " Si tous ces ragots qui courent les rues et que les murs s'empressent de répéter aux quelques pauvres ignorants qu'il reste ici étaient vrais ? " Et voilà qu'il crie encore, attirant probablement encore quelques regards supplémentaires, mais Egidius ne prend pas la peine de vérifier, il reste résolument les yeux tournés vers ceux de son interlocuteur dont le visage se brouille. Le corps du vainqueur lutte pour préserver sa vie mais aussi contre son esprit qui lui impose l'immobilité. Un véritable combat qui accapare à présent les forces de l'homme qui n'entend plus vraiment ces mots. Veut-il perdre la vie ainsi ? Après tout cela fait bien longtemps qu'il sait qu'il n'a plus la prise sur sa vie et même sa mort... Mais la réalité est qu'Egidius faisait le pari risqué que son calme inspire la réciprocité à l'agité. Il allait se ressaisir et lâcher n'est-ce pas ? Il avait déjà montré à plusieurs reprises dans leur conversation qu'il était capable de cela, mais il venait aussi d'avouer le meurtre de son frère... " Vous voyez, Eideard, c'est comme ça que je me sens. Tout le temps ! Quelque chose qui m'oppresse la poitrine ! Quelque chose qui m'oppresse le crâne, et ma pauvre mère n'y peut rien ! Triste sort, vous direz, pour une mère qui mériterait pourtant tout le bonheur que l'univers a à offrir. " Que faisait-il là déjà ? N'avait-il pas mieux à faire ? Son esprit divaguait doucereusement au grès des dernières molécules d'oxygène qui traînaient encore dans son sang et pourtant il ne bougeait toujours pas. Son bras portait à présent une grande partie de son poids, soutenant son corps par le biais de sa canne plus utile que jamais alors qu'il renouait avec une sensation oubliée, enterrée depuis ce jour de dérive sur cet odieux flotteur qui avait porté ses derniers instants dans l'arène. Étrangement c'est ce souvenir perdu qui s'imposa et porta les dernières gouttes d'attention du vainqueur avec la libération.

Doucement, il sentit la pression s'amoindrir mais ses muscles étaient tellement crispés qu'il ne pu inspirer immédiatement. Son corps bascula son poids sur le mur et finalement l'air arriva, brûlant ses poumons affamés. Avide de retrouver ses sensations, l'esprit d'Egidius relâcha son emprise et la tête de notre homme se pencha légèrement en avant, relâchant ainsi son attention sur Bloom pour pouvoir mieux poser sa main libre sur son cou meurtri. Il sentait à présent le sang battre sous ses tempes grisonnantes alors que ses poumons souffraient de l'afflux brutal mais vital d'oxygène.

▬ " Vous qui semblez si bien vous accommoder des malheurs de ce monde qui s'abattent sur votre dos, vous et votre maudite canne pour supporter le poids de tout ça, vous pourriez me dire peut-être quel diable s'est emparé de moi ? " Imbécile, un sombre imbécile incapable de garder la main sur ce qu'il était. Une bouffée de colère crispa la mâchoire d'Egidius qui assimilait là les conséquences de l'adrénaline que son corps lui avait dispensé alors que l'inconscience approchait. Une colère qu'il jugula sans détail, la repoussant violemment tout en se redressant pour reposer son regard sur Bloom. De la main qui tenait sa canne, il lui intima de le suivre sans un mot. Il se détacha du mur et se dirigea vers l'extérieur et ses jardins, au passage il usa plutôt habillement de son aide pour attraper un revers de la veste du jeune homme qu'il attrapa de sa main libre avant de la jeter sur son suiveur et reprendre sa marche avec l'assistance de sa canne et la présence de ses doigts sur sa gorge qui n'en finissait pas de se plaindre.

Egidius poussa sans ménagement la porte et se glissa dans l'air frais de l'extérieur dont il avait besoin pour irriguer son corps. Il fit quelques pas avant de s'arrêter et d'inspirer profondément pour s'assurer du retour de ses capacités avant d'oser user de sa voix.

▬ " Le diable n'existe pas Mister Rajaël, c'est une invention humaine pour justifier des actes trop horrible à assimiler pour une conscience. " Il se tourna vers l'intéressé, son sourire n'était pas encore revenu et il est vrai que son regard se faisait un peu frais mais son ton était posé et maîtrisé. " Et il est clair que vous avez du mal à assimiler vos actes. " Le contraire serait mentir n'est-ce pas lorsque l'on était dévasté au point d'en perdre totalement le contrôle. Egidius reprit doucement sa marche, longeant un peu les murs qui les coupaient un peu de l'animation intérieure, tout le Capitole était à la fête mais l'ambiance se faisait plus posée par ici et notre mentor avait besoin de calme pour le rester lui aussi. " Il est étonnant que vous n'ayez pas ôté plus de vie que cela avec un tel tempérament. " Oui, il avait noté cet aveu sans véritablement savoir s'il avait été sincère ou pas, même si à priori Bloom était capable d'avoir fait ce qu'il avait avancé. Mais Egidius était un homme de secret et ne ressortait ses informations qu'au moment opportun, lorsqu'elles pesaient dans la balance, chose qui n'était pas le cas à cet instant. " L'honneur de cette absence d'hécatombe reviendrait-il à votre mère ? " Pauvre d'elle, il en avait croisé des agités juvéniles mais les siens finissaient toujours pas périr dans l'arène au contraire de Miss Rajaël qui vieillissait aux côtés de cet enfant qui avait dû ôter la vie à son frère...

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MessageSujet: Re: (Volume 6) jeu d'esprits | Egidius   Mer 13 Juil - 16:04


jeu d'esprits






Un roi chantait en bas ; en haut mourait un dieu. (Victor Hugo)


Eideard s'est laissé mourir sous mes doigts fous.
Il est mort.
Là. Devant moi. Ne se tient rien. Rien de plus que la silhouette fantomatique. D'un vainqueur qui a fait son temps. Qui a marqué son temps. Qui fuit le temps. Que le temps fuit.
Il était resté. Inerte. Serrant simplement le pommeau sa canne. Comme si ce maudit bâton pouvait le sauver. Je ris encore. Plus incoercible. Plus mauvais que possible. Et mon regard de braises ne quitte plus sa proie. Ne la quitte plus pour rien au monde. Alors que le vainqueur se crispe enfin. Face à cette attaque imminente. Face à ma tentative de meurtre. Il repousse mon corps grêle et grelottant. Mon âme noyée dans les flots. D'une démence faite de dédales sous-marins. Noyée dans une mer iodée. Dans un torrent de lave et de courants insoutenables. Tandis que les créatures marines se délient tendrement des bras de Morphée. À l'affût du gain. À l'odeur du sang fou qui se répand dans l'eau opaque. Comme une tâche d'encre se répand sur une toile. Un sang téméraire. Qui vient jouer avec les papilles éveillées de ces cerbères océaniques. Qui montent. Remontent. S'approchent terribles de la surface où je flotte. Où mon cœur égaré flotte. Inoffensif. Chétif.
Egidius Eideard m'écarte de lui. Violent. Il refonde l'armure sur son corps. L'armure qui s'était dissoute. Au contact de mes cartilages tempêtueux. Il s'écarte du mur où son dos s'est glissé un instant. Et m'ordonne de le suivre. Lui. Et sa sérénité accablante. Presque inhumaine. Vite. Il harponne ma veste. Vite il me la jette. Vite il fuit vers l'extérieur. Et se masse le cou victime de mes éclats incessants. Enfin. Il se tourne. Vers moi. Moi déchu. Abandonné de tout. De toute force passagère ou habituelle. Les épaules voûtées. La mine fatiguée. Les lèvres paresseuses de sourire. Ou de n'importe quelle expression euphorique. Un gamin esseulé. Un soumis. Un fauve docile.

— Le diable n'existe pas Mister Rajaël. C'est une invention humaine pour justifier des actes trop horribles à assimiler pour une conscience. il se tourne enfin. Vers moi. Et je l'aperçois plus faible que jamais je ne l'ai vu. Et il est clair que vous avez du mal à assimiler vos actes. Il est étonnant que vous n'ayez pas ôté plus de vie que cela avec un tel tempérament. L'honneur de cette absence d'hécatombe reviendrait-il à votre mère ?

Il s'était éloigné de la fête. Et je l'avais suivi. Longeant le muret qui donnait vue époustouflante sur le jardin. Un immense jardin. Aux milles teintes. Un immense jardin où j'aimerais tant m'évader. Au lieu. Je reste là. À bonne distance de l'homme. À bonne distance des hommes. Pour ne pas faire subir encore une fois l'effervescence de mon âme souillée jusqu'aux os. Mes deux mains viennent s'agripper au muret. Glacial. Et je reste muet. À observer le souffle du vent grignoter les roses du jardin. Les roses qui frémissent. Je baisse la tête. J'en oublie presque qu'à côté se tient un vainqueur. Se tient la pire espèce d'être humain. Un vainqueur qui d'autant plus sait désormais que j'ai du sang sur les mains. Un vainqueur qui entraînera forcément ma perdition la plus totale. Qui me fera prisonnier des cellules glauques et crasseuses. Celles du Capitole. Là, juste sous nos pieds. Puisque tous croiront un sage vainqueur. Plutôt que le cygne noir du Capitole.
Oui. J'ai signé mon arrêt de mort.
J'ai flirté avec le diable.
Et pourtant ça ne m'atteint pas.

— Il faut croire que j'ai dû tuer plus d'esprits que de corps. je souffle. Et je pense à la petite Bambi. Non je n'aurais jamais levé la main sur elle. Elle. Faible. Naïve. Inconsciemment folle. Oui une autre folie que la mienne. Mais finalement ça revient au même. Je l'ai atteinte comme une flèche en plein cœur. Je l'ai assassinée de par ma névrose. Et pourtant elle vit encore. Elle respire. Elle fait battre tout Panem de sa vénusté affligeante. Vous savez, j'ai toujours rêvé d'être une personne normale.

Je marche. Je mange. Je dors. Je vois. Je respire. Je vis. Je suis en vie. Et c'est plus douloureux que d'être mort. Alors pourquoi ? Pourquoi je lutte encore ? Et où est-ce que je parviens à puiser encore de l'énergie ? L'énergie d'avancer. De continuer. De fouailler. De me battre contre tous ces démons invisibles qui me pourchassent incessamment. Et qui me pourchasseront jusqu'à la toute fin. Jusque mon dernier souffle. Ma lutte est incommensurable. Inutile. Sans envie. Alors, je devrais peut-être tout arrêter. Oui. Car je suis un animal. Un humain réduit à l'état sauvage. Je vagabonde. Je vagabonde au beau milieu d'un champ de ruine que j'ai moi-même créé. La nuit, les cauchemars reviennent. Toujours plus forts. Toujours plus frappants. Les démons me poursuivent encore. Je me débats contre des forces invisibles. Invincibles. Et je continue. Toujours. Je crie. Je hurle. Je me griffe les bras, le cou, les joues. Je suis un cadavre. Et pourtant je respire encore. Mes poumons s'acharnent à leur tâche. Me maintiennent en vie. Pour qu'un nouveau jour je puisse subir mes cauchemars. Pour que je puisse vaincre la solitude. Pour que je puisse me mutiler. Ou nager et être emporter une bonne fois pour toute par des flots indomptables. Et la vie continue.

— Et puis après je me suis ravisé. Parce que j'essaye de me faire comprendre que la différence fait la valeur de la personne que je suis. et j'attends. Toujours un peu plus. Qu'un miracle arrive. Mais il ne se passera rien si je ne fais rien. Et aussi bizarre que cela puisse paraître, j'ai vraiment envie de survivre. Tous me connaissent, mais peu m'apprécient. Alors je sais que ceux qui m'apprécient m'apprécient vraiment, vous comprenez ? je tourne enfin le regard vers lui. Un regard vif. Indigné. Dans un corps à présent reposé. Mais mes deux poings restent agrippés au muret. Comme pour m'y enchaîner de force. J'ai rencontré un garçon qui ne m'a pas craint. Maxwell. Vous ne pouvez pas savoir ce qu'on ressent quand personne ne vous aime et qu'un jour, rien qu'un jour quelqu'un est là pour vous, un inconnu qui vous regarde avec un œil nouveau. Un inconnu qui ignore toutes les cruautés que l'on crie sur vous, et qui ne porte que de la bienveillance dans son regard quand il croise le votre. ma voix s'étouffe dans la nuit. Et je repense à Maxwell. À ce gosse. Écervelé de ne jamais se méfier du monstre qui lui faisait face. De moi. Un gosse qui ne connaît ni l'animosité ni la peur. Quelqu'un qui me jauge. Qui m'admire. Enfin. Comme si j'étais quelqu'un. Et pas seulement une bête. Alors que je l'ai malmené. Alors que lui aussi connaît la vérité. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça fait de se sentir normal. Rien qu'un instant. j'achève.

Mes deux paumes se décollent enfin du muret. Et je replace ma veste sur mes épaules. Tandis que j'avance près des marches. Pour descendre dans le jardin. Et caresser les fleurs. Quelques convives se perdent dans le labyrinthe de verdure. Peut-être que j'y trouverais ma mère. Peut-être pourra-t-on rentrer. Enfin. À la maison. Je m'apprête à descendre les marches. Et laisser là le vainqueur. Quand une autre question me brûle les lèvres. Je virevolte.

— Je trouve assez étrange votre intérêt pour ma mère, Eideard. Vous intrigue-t-elle davantage que son fils ? et je descends l'escalier.

HRP.

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MessageSujet: Re: (Volume 6) jeu d'esprits | Egidius   Jeu 21 Juil - 18:30

Jeu d'esprits × ft A. Bloom Rajaël
Réagir, se défendre, lutter, pour quoi faire ? Ce n'était pas comme si sa vie lui importait ou qu'elle importait à quiconque. Oh bien sûr il y aurait quelques larmes de crocodile et sans le savoir ces écervelés qui tentaient de s'agiter contre le Capitole perdraient des yeux et des oreilles mais rares seraient ceux qui feraient le lien. Alors non il ne réagit pas à l'agression mais il ne s'offrait pas plus à la folie du jeune homme qui semblait vouloir avouer le crime qui faisait courir des rumeurs. Malgré les défaillances et les alarmes de son corps il demeura le regard fixé sur ce visage dont il finissait même par ne plus voir distinctement les traits en faisant le pari osé que son propre calme inspirerait l'agresseur qui avait bien mieux à faire que de s'accuser d'une manière aussi publique d'un nouveau meurtre sur la personne d'un vainqueur.

Nul doute que cet accroche mortel avait probablement attiré quelques regards mais Egidius ne pariait sur aucune assistance et c'est ce qu'il obtenu. Contrairement à son habitude, il n'essaya guère de capter qui avait pu observer la scène lors qu'enfin il fut libéré de l'étreinte mortelle. Il avait besoin d'air et de s'éloigner de l'atmosphère nauséabonde et festive des lieux et c'est ce qu'il fit en entraînant Bloom à sa suite. Ce n'est qu'une fois dehors et assuré de tenir sa voix qu'il répondit à quelques propos du jeune homme avant de reprendre doucement sa marche le long du bâtiment pour recouvrer la pleine mesure de sa maîtrise qui avait été malmenée par l'épreuve imprévue.

▬ " Il faut croire que j'ai dû tuer plus d'esprits que de corps. Vous savez, j'ai toujours rêvé d'être une personne normale. Et puis après je me suis ravisé. Parce que j'essaye de me faire comprendre que la différence fait la valeur de la personne que je suis. Tous me connaissent, mais peu m'apprécient. Alors je sais que ceux qui m'apprécient m'apprécient vraiment, vous comprenez ? " Son sourire au léger accent cynique était revenu, c'était presque plus fort que lui en attendant la quête d'approbation du jeune homme. Oh bien sûr il n'aurait pas dû sourire ainsi, on ne faisait pas cela lorsque quelqu'un exprimait ce malaise et cette absence qui heurtait bien souvent la gente humaine mais c'était plus fort que lui. Cela faisait longtemps qu'Egidius avait entrepris d'avancer sans attache ou approbation, à quoi bon partir en quête de ce qu'il ne pouvait obtenir ? Il avait bien souvent du temps à perdre c'est sûr, mais pourquoi le perdre dans une tâche impossible ? Dans son District sa seule présence avait bien souvent l'effet de courroucer les esprits, après tout il était celui qui combattait pour le Saint Capitole dans lequel il avait un pied et n'avait-il pas conduit à la perte de son propre frère ? Et au Capitole... Oh si il était apprécié mais aucune once de ces appréciations étaient bien souvent récupérable, tout était bien trop désuet dans le coin alors autant l'admettre et ne pas courir après ce besoin de sociabilité.

▬ " Et comment réussissez-vous à savoir si l'on vous apprécie sincèrement ? " L'amusement n'empêchait guère la curiosité car Egidius était bien intéressé de connaître le petit truc de cet esprit malade pour déceler la réalité de la vie. Lui-même qui avait l'avantage d'un esprit plus serein que celui de son interlocuteur avait pu avoir du mal à déceler les machinations et les faux-semblants qui se cachaient derrière les sourires alors les propos de Bloom avaient quelque chose d'amusant.

▬ " J'ai rencontré un garçon qui ne m'a pas craint. Vous ne pouvez pas savoir ce qu'on ressent quand personne ne vous aime et qu'un jour, rien qu'un jour quelqu'un est là pour vous, un inconnu qui vous regarde avec un œil nouveau. Un inconnu qui ignore toutes les cruautés que l'on crie sur vous, et qui ne porte que de la bienveillance dans son regard quand il croise le votre. Vous ne pouvez pas savoir ce que ça fait de se sentir normal. Rien qu'un instant. "Pour le coup Egidius se retint de rire et se contenta d'un sourire un peu plus soutenu. À qui croyait-il parler ? Ne voyait-il véritablement pas la liaison qui pouvait être faite entre leurs deux parcours ? Non, trop recroquevillé sur sa dévorante douleur il n'y parvenait pas et Egidius n'ayant guère l'habitude de tourner les projecteurs vers lui décida de le laisser à son mélancolique monologue. L'espace d'un instant il osa espérer que ce dit gamin s'était sorti de cette entrevue indemne, enfin espérer était un bien grand mot, disons qu'il se demanda s'il s'en était sorti. " Je trouve assez étrange votre intérêt pour ma mère, Eideard. Vous intrigue-t-elle davantage que son fils ? " C'est avec un sourire un peu plus serein que notre mentor observa Bloom descendre les quelques marches après cette interrogation. Non parler de lui ne l'intéressait guère mais ne le dérangeait pas plus concernant certains sujets alors il n'envisagea pas de noyer un poisson inexistant.

▬ " Ni l'un ni l'autre, je suis désolé de vous décevoir mais vous ne m'intriguez pas Mister Rajaël. " Seules quelques histoires qui gravitaient autour de lui pouvaient porter un soupçon d'intérêt mais la personne en elle-même... Non, Bloom n'avait guère besoin de compter un autre intriguant sur sa tête, les cancans des grandes familles n'étaient pas tous intéressants. Ceci dit, Egidius décida de suivre tranquillement le pas de son interlocuteur et de descendre quelques marches. " Votre mère est elle une amie de longue date même si ces dernières années nous avons été respectivement occupés. Cela fait longtemps que nous avons passé le stade des mystères. " Conclut-il avec un léger rire. Ce qui n'était pas véritable d'ailleurs, chacun semblait porter des secrets même si Egidius avait l'avantage d'en connaître quelques-uns sans que cela soit réciproque mais ils se connaissaient, c'était là ce qu'il entendait avec ces mots alors qu'il rejoignait le jardin.

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MessageSujet: Re: (Volume 6) jeu d'esprits | Egidius   Ven 29 Juil - 9:43

Jeu d'esprits
Egidius & Bloom
C'était une syncope de mon être entier, comme un coup de foudre qui m'avait anéanti ▬ ZOLA + theme song

Je les regarde tous.
Je les jauge.
Je les éventre. Je les vois là. Tout autour de moi. Masse moutonnière ; masse cavalière ; masse rancunière. Et je suis pendu. Isolée sur l'îlot de ma démence. Môme esseulé, égaré au milieu d'une tribu méconnue. Une fièvre d'évanescence trop têtue.
Les gens se happent. Les gens s'attirent et s'entraînent. Les gens coquètent et se bousculent. La cohue unie est désunie. La foule conquérante s'élance et s'offre corps et âme à un duel de violence. L'un marmonne. L'autre hurle. Sur cette masse de péchés cendreux s'abat la foudre des dieux et des monstres. Ceux qui ont façonné ce monde. Ceux qui l'ont érodé. Ceux qui l'auront brûlé. L'allégresse. L'irascible ivresse qui coule dans les veines de chaque convive. Elle ronge, elle ronge les humains d'un même coup de cimeterre précis. Ils s'enveniment ils se tuent ; ils trépassent tous dans un silence. Sinon dans une effervescence faite de folie et de furie. L'absolution des jeux de la faim les embastille ; les enfièvre.
Je me plonge dans un silence de prière. Un mutisme mortuaire. Et puis je me demande pourquoi. Pourquoi. Pourquoi ? Pourquoi mes pas m'ont amené là. Là où tout est mystère irrésolu pour moi. Là où tout est magie pulvérulente. Je me suis égaré dans une atmosphère vandale et lancinante. J'ai rarement osé aventurer mes pas dans ces festivités monstrueuses. Pas sans ma mère au bout de mon bras. Mais je suis comme ça. Gosse incompris. Gosse insoumis. Je vais là où me mène le vent sifflant. Soufflant au creux de mes oreilles abrasées. Les bras faibles mais gaillards. Le regard corrosif et goguenard. Le corps mollasson qui lutte contre son originel adversaire ; lui-même.

— Et comment réussissez-vous à savoir si l'on vous apprécie sincèrement ? c'est abattu que je reçois le sourire. Le sourire disgracieux. Le sourire licencieux. Celui qui vient brûler les lèvres du vainqueur âgé. Un vainqueur rendu sage par le temps éhonté qui l'a consumé toutes ces années. Je m'enfonce un peu plus parmi les rosiers. Mais les pleurs candides ne tardent pas à rejaillir. Je n'ai plus que ça. Plus que deux yeux pour pleurer. Dans un monde où on oublie d'être nous. Dans un monde où on se ment. Où on se voile. Où on se cache. Et où on pense encore ne pas être des monstres.
Je suis livré à une joute incommensurable. Où il n'y a ni joueur, ni vainqueur. C'est simplement un jeu d'ivresse. Un jeu malsain. Un jeu mondain. Je reste médusé. Au milieu d'une foule enchantée. Ils parlent. Ils jacassent. Ils tonnent. Ils gloussent. D'une joie qui m'a transpercé de sa duperie effrontée. Et je me fige. Immobile. Inchangé. Je ferais presque partie du mobilier. Et je me meurs. Je m'oublie dans mon silence. Je n'ai pas de réponse à sa question. Parce que sa question est la réponse. Parce qu'il n'y a pas de réponse. Il n'y a pas de question. C'est simplement une vérité. Une lapalissade qui baigne dans un étang acidulé. Dans un océan de lâcheté.
Personne ne m'aime. Personne n'est là. Je suis seul. Esseulé. Égaré comme une poussière qui vole. Une poussière indésirable. Une poussière spectrale. Je suis désolé de vous décevoir mais vous ne m'intriguez pas Mister Rajaël. et soudain. La foule faiblit. La foule envahit. La foule étouffe. Je suis prisonnier de cette cohue qui m'enterre de ses propres corps. De ses propres âmes artificieuses. De leur chair malicieuse. De leurs essences capricieuses. Mon souffle s'éteint. Saccadé. Béotien. Le vainqueur ténébreux descend derrière moi. Il suit mes pas. Il me piétine l'âme. Il me bousille l'esprit. Il émiette l'envie. Mais à deux. Nous sommes le vice et les péchés. Nous nous ajoutons sans nous comprendre. Sans nous écouter. Sans nous effleurer. Parce qu'au final chacun ne vit que pour lui. Chacun n'existe que pour lui. Pas même pour sa propre famille. Rien que pour lui. Lui ses envies ; sa folie envahissante. Ses effusions de sang, ses effluves meurtrières baignants dans un parfum d'essence altière.
Ma veste glisse. Chute. Et s'effondre. Sur le sol drapé d'une élégante herbe rigoureusement taillée. Les épaules se dégagent. Le torse se dénude impudique. Et je n'ai presque de la force plus que pour haleter. Alors je la laisse traîner là. Pitoyable chiffon à peine essoré. Et j'entame mon odyssée au creux des fleurs irisées. Mon sourire osé se délecte du spectacle. Plus loin dans la cohue inhumaine je quête. Je cherche. J'aperçois d'autres invités. D'autres créatures anonymes. Mais pas ma mère. Votre mère est elle une amie de longue date même si ces dernières années nous avons été respectivement occupés. Cela fait longtemps que nous avons passé le stade des mystères. et il finit d'achever sa proie. Expédiant vers l'Olympe et son nirvana les originels démons qui enchaîne mon corps à mon esprit. Bien malgré eux. Mon coeur manque un battement. Mon crâne s'éprend d'une fièvre obsidionale. Mes mains caressent délicates les pétales. Les roses rouges et blanches. Et ma paume vient se resserrer sur leur tige. Leur tige épineuse. Leur tige urticante. Écorchante. Le sang ne tarde pas à envahir ma peau laiteuse. Délicat oui. En dépit même du mal qui s'insurge dans mes membres. En dépit même de la torpeur que les dieux soumettent à mes veines.
Et puis le soupçon vient me traverser.
L'idée vient m'embastiller.
La peur vient se prélasser.

— De quels mystères parlez-vous Eideard ? Ceux du corps ou ceux de l'esprit ? parce que je sais. Je sais que ce monde-là ne rechigne pas au plaisir charnel de stupre. Je sais que tout est possible. Tout est envisageable. Alors pourquoi pas eux ? Pourquoi pas lui ? Quand avez-vous remporté les jeux exactement ? je m'empresse. Pour savoir depuis quand il traîne sur le marché. Celui des vainqueurs convoités. Arrachés. Extorqués. Les prunelles de la folie ont rejaillit. Ce soir, je suis le faible. Le vaincu. Le soumis. Le dindon de la farce. À quoi bon s'arracher les entrailles ? Se vider le ventre de la fougue révoltante qui fait que je suis moi. Qu'est-il en train de me dire ? De me souffler ? De m'avouer ? Pourquoi est-il en train de me détruire ? De me maudire ? De me fouailler ?
La névrose reconquiert le corps. L'annexe. Le vexe.
L'entraîne dans une psychose du subconscient. Pour un nouveau tour de manège insouciant. J'arrache maintenant les tiges à leur plante. Je cueille un bouquet de roses empoisonné pour me divertir l'esprit. Mes mains ensanglantées viennent pervertir la teinte laiteuse des fleurs. Je nage. Je m'évade. Je coule. Je m'écroule. Ma mère elle est pas là, y va falloir jouer les baby-sitters Egidius. je sais qu'il va devoir me conduire à quelqu'un. Sinon me ramener chez moi lui-même. Avant que je trépasse à nouveau. Avant que je m'envole dans l'acmé de l'alcool, de la drogue. Loin de toute cette folie humaine. Dans un voyage vers les portes du ciel. Le vainqueur me donne la gerbe. Et je m'effondre. Les genoux craquent. Les genoux mollissent. Les genoux faiblissent. Et le sanglot vient arracher mes dernières paroles. Ou laissez-moi crever là. J'ai survécu plus d'une fois. Le menton se relève. Mais je restes à genoux. Voilé dans mon drap d'ombre et de roses imprégné de ma furie. Mes mèches suintantes de jais luisent à la lueur du jour qui s'abaisse. Qui se noie. Qui disparaît. La lueur d'un jour qui ne sera jamais meilleur que ceux déjà écoulés. Car on ne fait que se détruire. S'anéantir. Et qu'on avance jamais.


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DES VERRES DE VIN QUI ME DONNAIENT L'AIR DE VAINCRE. ALORS QUE JE PERDAIS MES MOYENS FACE A TON REGARD DIVIN. — GEORGIO.
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