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✤ INTRIGUES panem ne cesse de changer avec de nombreux événements inouïs. découvrez le volume 6.
✤ MISES À JOUR une nouvelle règle a été instaurée. merci de prendre connaissance de celle-ci ainsi que les autres nouveautés !
✤ MISSIONS ET QUÊTES toutes les missions ont été lancées ! rendez-vous dans ce sujet pour toutes les découvrir.
✤ SCENARIOS voici quelques scénarios qui n'attendent que vous:
rebelles. liam hemsworth
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 VI,2. la moisson du district dix

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MessageSujet: VI,2. la moisson du district dix   Sam 4 Juin - 21:34


La moisson
“ district 10 ”


(c) peacekeepers

« La Moisson approche. La tension dans les districts est à son comble, et chacun fait de son mieux pour paraître détaché, calme. Parmi les plus jeunes, il y a ceux qui sont terrifiés à l'idée d'entendre leur nom appelé par l'hôte ou hôtesse venue du Capitole, et ceux qui trépignent d'impatience de pouvoir participer à ces Jeux attendus depuis maintenant deux ans. Les habitants sont invités à rejoindre l'hôtel de ville de leur district. Les préparatifs sont déjà terminés, et l'endroit grouille de Pacificateurs, prêts à intervenir au moindre débordement. D'un côté, les adultes, ceux qui ne sont plus éligibles se rassemblent, anxieux à l'idée de voir leurs enfants ou proches partir pour des jeux sanglants. De l'autre, il y a les potentiels tributs. Au centre de la grand place, une estrade se tient, prête à accueillir l'hôtesse. Sont déjà présents, le maire ainsi que les mentors. »

plus d'informations
Vous pouvez déjà poster après ce message, des rp courts de préférence. Tous les habitants des districts sont invités à participer. La suite arrivera le week-end prochain, avec l'annonce des tributs féminins. Soyez patients, et puisse le sort vous être favorable.


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MessageSujet: Re: VI,2. la moisson du district dix   Jeu 9 Juin - 0:00

Les 79th Hunger Games
la moisson au District 10


L’aiguille plonge, pour la septième fois, dans mon doigt. Je grimace sous la douleur désagréable. Ignorant mes tracas, le Pacificateur qui me fait face regarde son registre, me toise dédaigneusement, vérifie une nouvelle fois ses notes et me rend ma liberté. Je le gratifie d’un regard mauvais avant de rejoindre le troupeau de chair fraîche qui s’amasse lentement sur la Grand Place. Depuis quelques jours, je ne me sens pas bien. Vraiment pas. Aussi mal que le jour de ma première moisson. Le cœur au bord des lèvres, je lutte incessamment contre l’envie de vomir. De toute façon je n’ai rien à rendre. Mon estomac est vide depuis plus de vingt-quatre heures. Je n’arrive pas à manger. J’ai toujours trouvé injuste que les habitants du Capitole puissent se nourrir à outrance tandis que nous, habitants du Dix, devons nous contenter de maigres rations. Mais ce peu de nourriture qu’on veut bien nous accorder me paraît bien trop. La seule vue des bidons d’huile à la maison me retournent le cœur. Impossible d’avaler quoi que ce soit. Je ne ressens de toute façon pas la faim. Toutes mes pensées sont tournées vers un seul et même problème : ma toute dernière moisson. Cette appellation me donne des sueurs froides. Mon rythme cardiaque accélère à la moindre évocation de ce jour fatidique. Aujourd’hui. Plus affaiblie que jamais, en proie à un stress me dévorant de l’intérieur, je lutte pour rester debout, et prendre ma place parmi les filles de mon âge sans créer d’incident. Le malaise est tel que je crois pouvoir m’évanouir à tout instant. Je resserre mon étreinte autour de ma fidèle béquille pour ne pas flancher. Je me glisse dans les derniers rangs, les plus éloignés de l’estrade sur laquelle se tiennent, immobiles, le maire et les précédents vainqueurs du District. Au Dix, on n’en compte que peu. Rares ont été les années qui ont vu gagner un éleveur de vaches. Je vis dans l’un des Districts les plus pauvres, les plus mal considérés de Panem. Aussi, le Capitole aime bien nous faire sentir à quel point il nous méprise. Il rafle nos richesses et nos biens sans rien nous laisser. Et n’en éprouve aucune culpabilité. Ces gens-là, ceux de la capitale, ne m’inspirent que du dégoût. Je voudrais les voir souffrir. Entendre leurs ventres hurler à la mort au cœur de l’hiver. Ruiner leurs vêtements couverts de paillettes en se tuant à la tâche. Et les voir trembler de crainte à l’idée que leurs enfants soient envoyés dans une arène meurtrière, dont seul un sortira.

Mais rien de tout ça n’arrivera jamais. Parce qu’une fois de plus, les rebelles ont fait n’importe quoi. Un attentat. Ils ont tué la seule personne qui voulait leur prêter une oreille attentive. Et les Jeux ont été réinstaurés. Ce nouveau coup d’état m’a vraiment ébranlée. Plus encore que le précédent, qui s’était ensuivi d’exécutions publiques. Ces rebelles, dont je croyais partager l’idéologie, n’agissent finalement que comme de vulgaires capitolins. Ils jouent avec la vie des innocents, les envoyant à l’échafaud sans une once de remords, du moment qu’ils peuvent atteindre leurs objectifs. Ils me répugnent. Ils me répugnent tout autant que Snow me répugnait. Ils ne valent pas mieux. S’ils n’avaient pas joué aux petits malins, je ne serais peut-être pas devant cette estrade, à attendre de voir si mon nom va sortir en essayant de refréner mes pulsations cardiaques. Et il a effectivement de nombreuses chances d’être tiré au sort. Dès que j’ai eu l’âge de prendre des tesserae, j’ai insisté pour être la seule à en prendre. Pour que mon petit frère et ma petite sœur soient épargnés. Pour que leurs prénoms ne soient pas inscrits davantage sur des petits bouts de papier. Pour que leurs noms aient moins de chances de sortir d’une bouche trop maquillée en provenance directe du Capitole. Ce sacrifice, c’est jusqu’ici la seule chose utile que j’ai pu faire pour aider ma famille. Mon handicap m’empêche de travailler et de gagner un peu d’argent. Pire encore, il nécessite des dépenses supplémentaires. Alors échanger mon nom contre quelques sacs de farine et des réserves d’huile, c’était la moindre des choses.

Je laisse mon frère s’éloigner au milieu de la foule, rejoindre les garçons de son âge. Ma petite sœur n’est pas encore en âge de participer aux Jeux, elle ne craint donc rien cette année encore. Age et moi sommes les seuls sur la sellette. Le savoir en danger me serre davantage le cœur. J’ai l’impression d’étouffer. Qu’on m’envoie dans l’arène, c’est une chose terrible. Qu’on y envoie mon petit frère, c’est bien pire. Impuissante, je ne pourrais qu’assister à sa mort violente. Frêle comme il est, il ne tiendrait pas longtemps face aux féroces Carrières. L’idée de le perdre aussi brutalement nourrit l’angoisse qui me hante. Je me sens comme paralysée, prisonnière d’un cauchemar contre lequel je suis impuissante. Je m’efforce de respirer calmement, espérant que ça suffise à faire refluer la vague d’épouvante qui me saisit. Ça marche un peu. J’essaye de penser à autre chose pour reprendre contenance, mais c’est peine perdue. Ici, à quelques mètres à peine de l’estrade où va se jouer la nouvelle moisson, impossible de ne pas penser aux Jeux. La tension est palpable au sein des potentiels tributs. Personne ne parle. J’entends à peine quelques bribes de murmures quelques rangs devant moi. Tout le monde lance des regards à droite, à gauche, pour jauger les moins chanceux de cette année, ou vérifier que les proches ne se sont pas évaporés. Au milieu de ces amies qui se serrent la main en tremblant, je me sens plus seule que jamais. Pas une seule de mes voisines ne me viendrait en aide. Je ne connais personne. Mais tout le monde me connaît. Tout le monde a entendu parler de la boiteuse du District, celle qui a une jambe de monstre, celle qui fait peur et vient punir les enfants qui n’ont pas été sages. Je sens peser sur moi des regards curieux, dérangés, dérangeants. Ils ne font qu’accentuer mon malaise. Je veux qu’on en finisse au plus vite. Qu’on annonce deux noms que je ne connais pas, et que je puisse rentrer chez moi, à l’abri des regards inquisiteurs. Libre de mourir comme bon me semble. Libre de devenir adulte. Libre pour toujours.


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MessageSujet: Re: VI,2. la moisson du district dix   Sam 11 Juin - 16:14


Premier tirage
tribut féminin



(c) avalon

La population du District Dix est rassemblée devant l'hôtel de justice, prête à assister à la nouvelle Moisson. Le moment que certains redoutent, et d'autres attendent avec impatience, débute enfin. L'hôtesse apparaît et salue chaleureusement la foule. Après quelques banalités d'usage, elle laisse place aux écrans géants présentant avec passion et dévouement le Capitole. Cette ville qui épargne généreusement chaque année un tribut pour le couvrir de richesse, cette ville qui a sauvé douze districts d'une révolte, cette ville qui agit sans cesse pour offrir paix et sécurité aux citoyens. Alors que la projection prend fin, le symbole de Panem apparaît et l'hymne retentit. A peine est-il terminé que l'hôtesse déclame la phrase incontournable du début de la Moisson. « Joyeux Hunger Games ! Et puisse le sort vous être favorable ! » Et comme le veut la tradition, c'est le tribut féminin qui est choisi en premier. « Commençons par les dames! » L'hôtesse s'approche de la bulle de verre qui contient les noms de toutes les candidates. Elle sort sa main avec un petit papier où se trouve le nom du tout premier tribut de cette nouvelle édition des jeux.

« Khaleesi Walker ! »

Le district dix, région peu favorisée par les Hunger Games. Sa dernière victoire remontait à bien longtemps, et peu de tributs parvenaient à survivre plus d'une semaine. Y aurait-il une chance pour Khaleesi Walker ?



informations
Aucun volontariat n'est possible puisque Rain souhaite participer aux Hunger Games. Postez à la suite tout comme précédemment.


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MessageSujet: Re: VI,2. la moisson du district dix   Sam 11 Juin - 19:04

Les 79th Hunger Games
la moisson au District 10


Les minutes s’écoulent avec lenteur. On dirait que quelqu’un s’amuse à ralentir le cours du temps, pour laisser la population s’imprégner d’angoisse et d’appréhension. La boule formée dans ma gorge se resserre un peu plus. Mon estomac vide se noue avec force et me provoque des douleurs. Je n’en peux plus d’attendre. Je n’en peux plus de stresser. Je n’en peux plus d’avoir peur. Si un malheur doit arriver, qu’il arrive vite. Mon corps ne tiendra pas. Il est trop sous pression. Ce jour est particulier pour moi. Il pourrait marquer le début de ma vie. Il pourrait m’accorder la liberté de vieillir. Il pourrait mettre fin à mes cauchemars pour toujours. Je pourrais être épargnée par les Jeux, devenir adulte, construire ma vie. Comme ma maman. Comme mon papa. Comme des milliers d’habitants, que le sort a épargnés, et qui craignent seulement pour leurs enfants à présent. Pour cela, il suffit qu’on ne tire pas mon nom aujourd’hui. Une toute dernière fois. Maman a promis qu’on ferait une fête si on rentrait tous les cinq après la moisson. Je sais qu’elle a dit ça pour me rassurer. Elle sait aussi bien que moi que mon nom est inscrit de trop nombreuses fois sur les papiers qui emplissent le bocal sur l’estrade, farouchement gardé par des Pacificateurs attentifs. Mais je me surprends à imaginer cette fête. Ce bonheur, cette délivrance à l’annonce d’un nom étranger. On mangera un bon petit plat pour l’occasion. On dépenserait un peu d’argent pour célébrer la fin du danger pour moi. Pour une fois, on aura l’occasion de se réjouir. Les raisons de sourire se sont faites rares ces derniers mois, avec ce qu’il s’est passé au Capitole. L’assassinat du président, la capture des rebelles, la remise en place des Jeux. Le désespoir nous a souvent envahis. Ce jour peut marquer le prolongement de cette succession de malheurs. Tout comme il peut marquer un renouveau. Le début d’une nouvelle vie. De ma nouvelle vie. Et apporter enfin un peu de bonheur à ma famille qui n’en connaît que trop peu.

Je me suis souvent demandé s’il ne fallait pas mieux que je me porte volontaire pour une édition des Jeux. Cette question s’est imposée chaque année. J’ai souvent eu l’impression d’être de trop dans cette famille. Incapable de marcher normalement, je n’ai été qu’un poids pendant dix-huit ans. Je ne gagne pas d’argent, je peux à peine aider à la maison, je ne peux ni lire ni écrire. A cause de ma jambe physiquement monstrueuse, ma famille est vue d’un mauvais œil et est la cible des moqueries et des rumeurs sans queue ni tête. Mon frère et ma sœur ont du mal à se faire des amis, alors qu’ils ne sont en rien différents des autres. C’est juste que leur sœur est anormale. Ils sont mis à l’écart par ma faute. Je suis comme une malédiction pour ma famille. Du moins, c’est ce que j’en viens à penser quand mon moral est au plus bas. Quand je me laisse glisser dans les bras noirs du désespoir, et que je refuse d’en sortir. Je m’en veux beaucoup d’être ce que je suis. Mais la plupart du temps, j’ai l’impression que ma famille l’accepte. Qu’elle m’aime. Qu’elle s’en fiche bien que je sois handicapée ou non. Leur vie serait plus facile sans moi, mais ils n’ont pas l’air de m’en vouloir. Alors j’ai tenu bon. Jamais je ne me suis laissée tenter par le suicide. Par le volontariat aux Jeux. Jamais je n’ai fait en sorte de les libérer du poids que je suis. A présent que les Jeux ne représentent presque plus une menace pour moi, je sais que j’ai fait le bon choix. Et je m’accroche à la vie, aussi pénible à vivre soit-elle.

L’hôtesse du District se décide enfin à faire son apparition. Vêtue d’une longue robe de fourrure d’un rose qui fait mal aux yeux, elle adresse des signes à la foule, certaine d’être adulée par les habitants. Nous la voyons faire son cinéma chez nous chaque année. Nous ne l’apprécions pas pour autant. Pas plus qu’elle ne doit nous aimer. Le jour de la moisson est le seul de l’année où elle accepte de mettre les pieds au District. Le reste du temps, je parie qu’elle reste au Capitole, à se goinfrer tout en expliquant à ses si chers amis à quel point les habitants du Dix sentent mauvais et s’habillent mal. Une Capitoline pure souche. Elle ne m’inspire que du dégoût. Aussi, je ne l’applaudis pas lors de son entrée. Beaucoup de mes voisines se contentent de frapper doucement leurs paumes l’une contre l’autre, sans trop faire de bruit. Un geste respectueux, mais pas enthousiaste pour autant. C’est que cette silhouette venue d’un autre monde tient nos destins entre ses doigts. C’est elle qui va décider qui envoyer à l’abattoir. J’espère que ce ne sera pas moi. J’espère que ce ne sera pas mon frère. Épargne-nous. Une dernière fois.

Je n’écoute pas le discours de la harpie en fourrure. Pas plus que je ne prête attention à la propagande sur écrans du Capitole. Seul l’hymne me fait réagir. Il est diffusé tellement fort que mes tympans vrillent avec force. C’est très désagréable. Je ne peux m’empêcher de grimacer. Quand il prend fin, j’ai l’impression que mes oreilles sifflent encore. La voix criarde de l’hôtesse n’arrange rien. C’est avec un enthousiasme exagéré qu’elle annonce :

- Joyeux Hunger Games ! Et puisse le sort vous être favorable !

J’espère qu’il le sera pour moi. Pour mon frère. Mon cœur bat un peu plus vite. Le moment est venu. L’hôtesse couine joyeusement pour annoncer qu’elle va d’abord choisir un tribut féminin. Elle regarde de notre côté, un sourire en coin bêtement fixé sur ses lèvres d’un orange pétant. Les écrans géants installés pour l’occasion retransmettent le moindre de ses faits et gestes. Je peux donc distinctement la voir lever la main dans un geste théâtral, et la faire tourner au-dessus du bocal de verre, ses yeux sournois rivés sur nos mines terrorisées. Des doigts invisibles enserrent ma gorge, me coupant la respiration. Mon cœur cogne fort contre ma poitrine. Je me sens au bord de la nausée. Paralysée, suffocante, je ne peux que suivre des yeux les mouvements de cette main fardée qui plonge au milieu des petits papiers blancs, tournant, effleurant, hésitant, plongeant de nouveau. Un ballet hypnotique qui suspend le cours du temps. Cette ridicule boule de poils a bien l’intention de faire durer le suspense, savourant notre angoisse et nos regards médusés. Enfin, elle ressort du bocal une main brandissant fièrement le nom, encore inconnu, de la triste élue de l’année. Elle exhibe le bout de papier devant une foule suspendue à ses lèvres, résolument closes. Lentement, elle déplie le petit papier. Je serre fort ma béquille, sans remarquer que mes ongles s’enfoncent dans le bois. De l’autre main, je me saisis nerveusement d’un pan de ma robe blanche. Le plus joli de mes vêtements. Ma tenue de moisson. Celle que je mets chaque année depuis quatre ans. Elle commence à être un peu courte, mais j’ai insisté pour garder celle-là. Je n’en veux pas d’autre. Je ne veux pas dépenser de l’argent pour si peu. Pas alors que c’est ma toute dernière moisson. Pas alors que je vais rentrer à la maison. Pas vrai ?

L’attente est insupportable. Mais l’annonce est encore pire. Le nom que prononce cette bouche chargée de maquillage, c’est le mien. L’entendre me retourne le cœur. Khaleesi. Il n’y a plus que ma famille qui m’appelle ainsi. J’en veux à l’hôtesse de prononcer ce nom réservé à mes proches, alors qu'elle-même n'est qu'un déchet produit par le Capitole. Tous les autres me connaissent sous un nom plus neutre, passe-partout, inexistant. Alors personne ne comprend. A qui appartient ce nom ? Des visages surpris se tournent de toutes parts, essayant de repérer l’élue. Je ne bronche pas. Parce que je ne peux pas. Le choc m’a vidée de toute énergie. Je ne sens plus mes membres. L’intérieur de mon corps est vide. Plus de boule dans la gorge, plus de nœud à l’estomac. Plus rien. Juste un gouffre. Le reste a été détruit par la désillusion. Je regarde mes voisines. Leurs regards sont méfiants. Je suis certaine d’être soudainement toute blanche. Ou toute rouge. Je ne sais pas quoi faire. J’ai l’impression de respirer trop vite. La tête me tourne. Ce n’est pas possible. Mon nom n’a pas pu sortir de ce bocal. Pas aujourd’hui. C’était ma dernière moisson. Je devais être épargnée. J’avais encore toute la vie devant moi. On ne peut pas me la prendre de force de cette façon… Si ? Je suis en plein cauchemar. Je veux juste en sortir. Cligner des yeux, me rendre compte que tout ça n’est que le fruit de mon imagination. Mais non. Je suis prisonnière d’une réalité trop cruelle. Trop injuste.

Là-bas, sur l’estrade, l’hôtesse commence à s’impatienter. Elle m’appelle plusieurs fois, espérant me voir surgir de la foule. Mes tourments internes semblent avoir une répercussion sur mon comportement. Comprenant que je suis celle qu’on appelle depuis de trop longues minutes, une de mes voisines me pousse en direction de l’allée laissée libre pour les élus. Incapable de ne pas tomber, je m’écrase face contre terre, sans rien comprendre. Mais le choc me fait comprendre que tout est bien réel. Que, même si je veux m’échapper, je ne peux pas. Ça se bouscule dans mon dos. Je sens qu’on me soulève de terre. Des Pacificateurs. Toujours perdue, je cherche ma béquille au hasard. J’ai besoin de mon solide pilier pour ne pas flancher. L’un des deux hommes en uniforme me tend mon épais bout de bois, que j’attrape fermement. Désormais au centre de l’allée, je n’ai plus le choix. On m’attend sur l’estrade. Je comprends que les Pacificateurs veulent m’aider à avancer, mais je me dégage de leur emprise, leur faisant comprendre que je peux y arriver seule. Avant de leur laisser le temps de réagir, je me mets en marche, une jambe se mouvant normalement, l’autre traînant derrière moi comme un poids mort. A l’aide de mon pilier de bois, je parviens à avancer. Trop lentement. J’ai le temps de croiser les regards qui sont braqués sur moi. Des regards à mi-chemin entre la crainte et la pitié. Ont-ils compris ce que je sais depuis des années ? Ont-ils compris que je ne reviendrai jamais ?

C’est terminé. A douze ans, je savais déjà que l’annonce de mon nom signerait mon arrêt de mort. Qu’à mon départ pour les Jeux, je ne reverrai jamais ma famille. Les habitants du Dix ne sont pas taillés comme des Carrières ; ils ont peu de chances de s’en sortir. Moi, j’en ai encore moins. Parce que je ne tiens pas sur mes deux jambes. Je ne peux même pas espérer courir pour échapper au traditionnel bain de sang. Je suis condamnée. Je viens de mourir.

Arrivée au pied de l’estrade, les Pacificateurs ne me laissent pas le choix. Ils me saisissent par les bras, de chaque côté, et m’aident à gravir les marches. Impuissante, je les laisse faire. Je n’ai pas la force de lutter, ni de monter ces marches seules. Je me sens m’affaisser. C’est fini. Une fois en haut des marches, je n’ai même pas la force de relever la tête. D’affronter le regard de la population. De poser les yeux sur la Grand-Place de mon District. Je ne peux pas regarder autour de moi sans me commander de graver ces images à jamais dans ma mémoire, car c’est la dernière fois que je les vois. Alors j’avance tête baissée vers l’hôtesse, soulagée que je parvienne à ses côtés sans trop d’encombres. Et je laisse les larmes couler. De longues mèches de cheveux viennent masquer mon visage anéanti, ravagé par les sanglots, tandis que je pleure sans un bruit. Je pleure parce qu’on m’arrache à la vie.


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MessageSujet: Re: VI,2. la moisson du district dix   Sam 18 Juin - 16:17


Second tirage
tribut masculin



(c) avalon

Cette moisson est bien différente que celles des premiers districts. les tributs sont appelés mais aucun volontaire n'est là pour les remplacer. Cela est encore plus poignant quand la jeune fille du Dix, Khaleesi Walker, est chahutée par ses camarades à cause de son handicap. L'hôtesse ayant perdu patience l'aide finalement à prendre place à ses côtés. « Notre tribut féminin est donc Khaleesi Walker ! » L'hôtesse applaudit mais cela n'est pas un franc succès. Qu'y a-t-il à célébrer dans l'envoi d'innocents aux jeux de la mort ? Alors, elle s'empresse de procéder au tirage au sort du tribut masculin. « Passons à ces messieurs ! » L'hôtesse se dirige cette fois-ci vers la bulle de verre contenant les papiers des jeunes hommes. Après quelques secondes, elle sort un petit papier qu'elle déplie précieusement.

« Alfie Ellsworth ! »

Une fois encore, ce n'est que tristesse et désarroi qui règne dans le district. Personne n'avait le cœur à la fête. Personne ne voulait partir aux jeux.



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MessageSujet: Re: VI,2. la moisson du district dix   Sam 18 Juin - 19:51


Il n’avait jamais assisté à ça Alfie. La Moisson, les jeux, tout ça, c’était encore trop peu familier.  Alors il suivait les autres. C’est ce que la dame lui avait dit. Fais comme les autres et tout se passera bien. Ce n’était que pour une journée, ce ne pouvait pas être bien difficile. Alors il a fait ce qu’on lui a dit. Il s’est rendu sur la grand-place avec les gens de l’orphelinat. Avant ça, il avait eu droit à une nouvelle tenue. C’était bien plus joli que ce qu’il portait d’habitude. Et beaucoup plus doux. Et ça sentait meilleur aussi. Il se dit que c’était un cadeau de sa mère pour l’occasion. On ne participait pas à la moisson tous les jours. Alfie ne savait pas vraiment à quoi s’attendre. Il avait bien vu des images, mais les images, il en avait vu toute sa vie et à présent il savait que c’était tellement différent de la réalité. Puis, il avait raison, il ne s’attendait pas à ce qu’il allait voir. Il trouvait bizarre de rencontrer autant de personnes à la fois. A l’orphelinat, il y avait beaucoup d’enfants, mais ce n’était pas pareil. Ils étaient comme lui. Mais là, ils étaient si grands. Il voyait aussi des enfants avec leurs parents. Leur mère. Leur père. Mais lui, il ne les verrait pas. On lui avait dit que sa mère ne pouvait pas venir. Et puis, son père, il ne l’avait jamais connu de toute façon, alors il pouvait bien venir ça n’allait rien changer. C’était peut-être mieux comme ça. Au moins, il pouvait se concentrer sur les autres et faire pareil.

Il commençait à se perdre avec tous ces enfants, partout. Ils allaient tous au même endroit, alors il supposa qu’il lui fallait aller là-bas aussi. Puis il attendit, parce qu’on lui dit qu’il devait avant que ce soit son tour. Pour la piqure. C’est ce que la dame lui avait dit la vieille. Mais il n’eut pas vraiment le temps d’y penser que son tour arriva. Il resta là, immobile, sans rien dire. « Ta main. » Ah oui. La piqure. Il sentit un petit picotement sur le bout du doigt mais essaya de ne pas broncher. Ce n’était pas le moment de se faire remarquer, c’est ce qu’on lui avait dit. Toujours faire comme les autres, et tout se passerait bien. « Alfie Ellsworth. Tu peux avancer. » Le monsieur le regardait bizarrement. Alfie, il avait envie de dire qu’il n’était pas très poli, mais il chassa ces idées pour se répéter la consigne de l’orphelinat. Et il suivit les autres enfants de son âge. Il se mit en rang, comme eux. Et la moisson commença.

En temps normal, tout ça l’aurait ennuyé. Mais ce jour-là, il ne voulait rien manquer. C’était sa première moisson ! Alors il écouta attentivement le discours du maire. Il ne comprenait rien, mais c’était bien quand même. Et après, c’était quelqu’un du Capitole. On lui avait dit que c’était facile de les reconnaître. Ils sont toujours habillés et coiffés avec plein de couleurs. Pour une fois, on ne lui avait pas menti. Il écouta son discours avec autant d’attention et c’était… bizarre. En réalité, il n’avait pas compris. Ils utilisaient des mots étranges, des mots qu’Alfie, eh bien il ne les connaissait pas. Puis ils ont passé des images. Encore des images. Ça l’ennuyait. Ça l’ennuyait même beaucoup. En plus, ça n’avait pas l’air très amusant. Mais quand il a vu les vainqueurs, il se mit à rêver. Ils avaient l’air si forts, si heureux. Il se dit qu’ils voulaient devenir comme eux. Et peut-être qu’il pourrait revoir sa mère aussi.

« Commençons par les dames! » Il se sentit soulagé, un peu. Ce n’était pas le tour des garçons. Pas encore. Mais ce qu’il allait voir n’allait pas le réconforter pour autant. « Khaleesi Walker ! » Ce n’était pas une fille de l’orphelinat. Enfin, il ne croyait pas. Et puis, même si ça avait été le cas, Alfie il ne les connaissait pas tant que ça alors ça ne changeait rien pour lui. Il attendait de voir celle qui était choisie. Rien ne se passa. Il y avait bien de l’agitation dans un rang de l’autre côté, mais il ne voyait rien. Trop petit. Ou trop loin peut-être. Mais il a bien vu ce qu’il s’est passé après. Et ça le rendait triste. Elle a perdu une jambe. Elle avait du mal à se déplacer, si bien que les pacificateurs avaient dû la porter à côté de la personne de toutes les couleurs. Comment elle va faire pour courir dans l’arène ?

Alfie, il commençait à se sentir mal. Vraiment. Il avait ce nœud dans le ventre qui se faisait de plus en plus tenace. Il se rendait compte. La Moisson, ce n’était pas juste un événement parmi tant d’autres. C’était sérieux. Sa mère, elle avait eu raison de vouloir le cacher de tout ça. Si seulement elle avait réussi quelques années de plus. Puis vint le moment de désigner le garçon qui accompagnerait Khaleesi. « Passons à ces messieurs ! » Il avait peur Alfie. Et si c’était lui ? L’angoisse le gagna. La peur. « Alfie Ellsworth ! » Puis plus rien. C’était bon, le nom était sorti. C’était… Non, ce n’était pas bon. Alfie s’en rendit compte rapidement. C’était bien son nom qu’il avait entendu. Cette fois, il ne pouvait pas faire comme les autres. Parce que les autres, ils restaient à leur place, alors que lui, il devait aller sur l’estrade. Alors il ne se posa pas de questions. Il sortit de son rang et s’avança vers la personne de toutes les couleurs. Il monta sur l’estrade via le petit escalier et se retrouva face à la foule. Impressionnante. Jamais il n’avait vu autant de personnes. Et jamais il n’avait vu autant de regards posés sur lui. Il se sentait important. Alfie, important. Il salua la foule avec un geste de la main. Et il sourit.



Try again, fail again. Fail better.
(samuel beckett)


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MessageSujet: Re: VI,2. la moisson du district dix   Dim 26 Juin - 20:19


fin de la moisson



(c) avalon

Après le tirage au sort de la jeune Khaleesi Walker, c'est au tour d'Alfie Ellsworth d'être appelé par l'hôtesse. Une fois encore, celui-ci se voit contraint de rejoindre l'estrade ainsi que l'hôtesse et sa future co-tribut puisqu'aucun autre jeune ne souhaite prendre sa place. Rien de bien étonnant pour le district Dix, malchanceux depuis bien des années. L'équipe du district Dix pour la prochaine édition des Hunger Games est maintenant au complet. « Voici les tributs du district Dix : Khaleesi Walker et Alfie Ellsworth. »
L'hôtesse met fin à la moisson par le fameux « Puisse le sort vous être favorable! » que tout le monde attend, et entraîne les deux nouveaux tributs dans l'enceinte de l'hôtel de justice où ils pourront recevoir des visites de leurs proches avant de quitter peut-être définitivement leur district d'origine.


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Vous pouvez retrouver la suite des événements concernant la préparation des tributs dans ce sujet. Ce sujet reste ouvert pour le moment si certains souhaitent y répondre


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MessageSujet: Re: VI,2. la moisson du district dix   Mar 28 Juin - 21:53

Les 79th Hunger Games
la moisson au District 10


J’entends à peine l’hôtesse donner toute la puissance de sa voix pour me présenter au reste du District. Les habitants me connaissent déjà. Ils savent bien qu’un monstre vit à quelques kilomètres de chez eux. Pourtant, moi, je ne reconnais aucun des visages qui me scrutent avec pitié ou soulagement. L’émissaire du Capitole applaudit à tout rompre, comme si ce premier tirage au sort était une vraie bonne nouvelle. Je n’ai jamais compris comment pensait les Capitolins. J’ai vaguement essayé de me mettre à leur place, mais rien à faire. Je n’arrive pas à envisager qu’on puisse se réjouir à l’idée de regarder des enfants mourir. Ça me dépasse. Le fait d’être riche ne devrait pas pouvoir rendre les gens si inhumains.

Ses applaudissements ne trouvent qu’un faible écho dans la foule. Les habitants, mes voisins, frappent mollement dans leurs mains, sans grande conviction. J’ignore pourquoi exactement. Je serais tentée de penser que c’est par respect pour moi, la fragile handicapée dont on applaudit la mort subite. Mais la vie m’a appris que la bonté n’existe pas. Les gens sont tous préoccupés par leur propre sort, et préfèrent ignorer leurs voisins. Le District sait qu’une fois de plus, il ne se verra pas auréolé de gloire. Ce n’est en tout cas pas un tribut pareil qui va triompher dans l’arène. Je ne suis que chair à canon. Je ne représente aucun espoir pour tous ces gens qui ont les yeux rivés sur moi, qui me regardent pleurer sans mot dire. Ils le savent autant que moi. Et si j’apprécie qu’ils n’applaudissent pas ma mise à mort, je sais que ce n’est pas par égard pour moi. Ces gens ne me respectent pas. Ils sont juste déçus de voir leurs espoirs secrets s’éteindre ainsi. Le tribut féminin du Dix va mourir. Je crois que nous le savons tous. Eh bien, si ces personnes face à moi sont si déçues, ce n’est pas moi qui les empêcherai de se porter volontaires pour redorer le blason de notre District. Bien entendu, personne ne bronche. Personne ne veut risquer sa vie, même au nom du District Dix. C’est comme ça depuis toujours. Les volontaires sont chose commune dans les Districts de carrières. Mais dans le reste de Panem, ils se font rares. Presque inexistants. Il en surgit parfois, de façon inattendue. Ils veulent épargner la vie d’un proche tiré au sort, accomplir une vengeance personnelle, prouver qu’ils existent. Mais aucun de mes proches ne peut me venir en aide. Alors que les larmes continuent leur cuisante descente le long de mes joues, je prie silencieusement. J’implore quiconque voudra bien m’entendre et exaucer mon souhait. Car je ne suis pas seule. Je ne serai pas la seule habitante du District à être envoyée au Capitole. Un garçon m’accompagnera. Et je refuse que ce soit Agamemnon. Pas mon petit frère. Pas de boucherie en famille. Épargnez-le. Laissez-lui la vie sauve. Pour cette année et toutes celles à venir. Prenez ma vie, mais laissez-lui la sienne.

L’hôtesse à ma gauche fait de nouveau monter le suspense, agitant ses doigts au-dessus d’un autre bocal sans se départir de son sourire douloureusement blanc. Savourant l’angoisse qu’elle inspire, elle choisit un petit papier au hasard, et prend son temps pour le déplier. Mon cœur bat tellement fort que j’ai l’impression d’être sourde. Je n’entends que lui, qui cogne avec force contre ma maigre poitrine. Le silence devient un grésillement sourd, continu. Je n’ose pas ouvrir les yeux. Inconsciemment, j’ai joint mes mains, et je les presse fort l’une contre l’autre. J’ai besoin de broyer quelque chose pour ne pas laisser la panique me gagner. Je ne suis attentive qu’au son aigu de la voix de l’hôtesse. Le reste n’a pas d’importance. Je n’attends que le nom de celui qui va me rejoindre sur l’estrade. Je l’attends, je le redoute. Je ne veux pas l’entendre.

- Alfie Ellsworth !

La voix est énergique. Le nom m’est inconnu. J’accepte finalement de relâcher l’air que je gardais bloqué dans mes poumons. J’ouvre de nouveau les yeux. Age est épargné. Quelqu’un d’autre a été choisi à sa place. Mon petit frère ne mourra pas. Pas cette année. Il va vivre. Je ne serai plus là pour le voir grandir, mais il va vivre. C’est tout ce qui compte. Cette perspective me donne la sensation d’être plus légère. Plus forte. Je n’ai plus à craindre pour la vie de ma famille. Je trouve alors le courage de relever la tête. Je sèche les dernières traces de larmes d’un geste vif de la main, écarte les mèches de cheveux qui se collaient à mes joues humides, et ose affronter le regard de la foule. Regard qui s’est détourné de moi. Des milliers de paires d’yeux sont désormais braqués sur un petit garçon qui s’avance vers l’estrade. Il n’a pas l’air de comprendre ce qui lui arrive. Sa démarche manque d’assurance, ses yeux grands ouverts ne quittent pas la foule des yeux. Ma gorge se serre. Ce n’est qu’un enfant. Un autre innocent que l’on condamne injustement. Mais le petit n’a pas l’air de savoir ce qui l’attend. Arrivé à hauteur de l’hôtesse, il adresse un signe de la main à la foule, et lui sourit timidement. Je serre le poing. J’en veux à tout le monde. J’en veux au Capitole, qui nous assassine publiquement. J’en veux au District, qui nous laisse partir sans lever le petit doigt. J’en veux à cette hôtesse déguisée d’avoir souillé mon nom en le prononçant de ses lèvres souillées. J’en veux à ce jeune garçon de jouer le jeu du Capitole. Il faut mettre un terme à cette mascarade. Pour de bon.

Personne ne vient sauver le dénommé Alfie non plus. Un enfant et une handicapée qui ne peut pas marcher. La moisson est de qualité, cette année. A cette pensée, je ne peux m’empêcher d’esquisser un bref sourire, sans joie. Je sais que le Capitole est suspendu à ses écrans géants en ce moment-même. Et voir les tributs du Dix doit décourager les sponsors qui rêvaient encore de sauver la réputation du District. Ça m’importe peu, finalement. Je pourrais avoir tout le Capitole derrière moi, je ne m’en sortirais pas vivante pour autant. J’ai déjà fait une croix sur ma propre vie. Le petit Alfie n’a pas encore compris qu’il était condamné. Mais après tout, lui a ses chances. Et je ne serai pas celle qui l’empêchera d’y croire.


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VI,2. la moisson du district dix

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