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 homo homini lupus | BLOOMAX

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MessageSujet: homo homini lupus | BLOOMAX    Jeu 2 Juin - 12:58

homo homini lupus

Et je passe ma vie à me rassurer. À me mentir. Me dire que je vaux quelque chose. Que je mérite ma place sur Terre. Eminem.

Tout est allé très vite. Trop. Mon frère. Le meurtre. La folie. La fuite. Le doute. La névrose. La peur. La haine. La paralysie. La démence. Le temps joue contre moi. Le temps me défie, altier. Il se joue de moi. Il se paye ma tête. Il aurait pu s'arrêter à cette période. Cette douce période. De jeunesse béate et stupide. De naïveté ravageuse et futile. La vie était rose. La vie était allègre. Pas de meurtre. Pas de folie. Pas de fuite, de doute, de névrose, de peur, de haine, ou de paralysie. Et moins encore de démence. Mais mon existence a viré rouge sang. Le temps s'est payé ma tête. Le temps se fend la poire.
Je les entends encore. Dans mes tympans. Dans mon crâne. Dans mon cœur. Ils courent. Ils tournent. Encore. Encore. Encore. Ils ne savent cesser. Et ils rugissent. Se gaussent. Ils imprègnent mon âme entière. Mon âme entière calcinée par les flammes fiévreuses de ces ragots. Tous ces ragots. Toutes ces rumeurs qui ont su asphyxier chez moi cette hargne. Qui ont su éteindre les lueurs irisées dans mes pupilles charbonneuses. Le fou des Rajaël. Certains m'accusent de fratricide. D'autres me chasseraient eux-mêmes dans une de ces prisons poisseuses. Là-bas, dans les égouts du Capitole. Le Capitole, mon berceau. Et désormais, je ne suis plus qu'une tâche dans leurs jeux. Leurs jeux de courtisans. De louangeurs. D'oppresseurs. Un fou de plus dans un monde de fou. Et je sens encore. Tout ce qu'ils m'infligent. Comme s'ils me mutilaient de leurs souffles railleurs. Je sens encore leur présence m'encercler.
Et je suis là. Dans ce train. Sur les rails. J'avance. Un peu plus chaque seconde. Et encore plus chaque minute. Chaque heure, chaque jour. Je n'ai pas bougé depuis deux semaines. J'entame mon odyssée. Devant, l'inconnu. Derrière, le berceau maudit. J'ai quitté le Sept il y a trois jours. Je devais rentrer. M'enfermer dans mon atelier. Voilé de la cohue capitolienne. J'avais déjà un plan. Déjà tout préparer d'avance. Et c'était simple. Rester cloisonné. Dans ma propre cage. Et attendre les Hunger Games. Pour que l'on me sorte. Que l'on m'habille. Me rase. Me coiffe. Me parfume. Ma maquille. M'empoussière un peu. Si c'était nécessaire. On m'aurait présenté au grand public. De tout Panem. On aurait insisté sur mes heures les plus sombres. Les plus sinistres. Les plus floues. Les plus angoissantes. On m'aurait exposé. Vendu. Comme une bête de foire. Et le pire, c'est que ça. Tout ça me convenait.
Et puis. Ma mère a appelé. Après que les vainqueurs du district m'aient laissé seul. Dans ce train. Ce train qui devait me ramener chez moi. Elle m'a dit qu'elle était là. Que tant qu'elle était là tout irait bien. Que tout irait mieux. Qu'elle avait une solution. Pour que j'aille mieux. Alors, je l'ai écouté. Je l'ai écouté me faire l'éloge d'un jeune enfant. D'un jeune Bloom. Aventurier, bagarreur à ses heures perdues. Et elle parle. Elle serine. Elle rit. Et je l'écoute, perpétuel. Et je pleure, perpétuel. Je jappe. Je frémis. Pris soudain d'une fièvre algide. Car je ne suis plus ce Bloom guerroyant. Cavalcadant sur la neige pure des parcs. En hiver. Je ne suis qu'un fantôme esseulé, enclin à la déraison, au mensonge. À l'alcool et à la drogue. Je décide qu'il est tant. Que je n'ai que trop tardé même. Pour tirer ma révérence. Trouver mon ermitage dans la mort. La fin. Un accident, c'est vite arriver. Alors, j'ai raccroché. Juste quand elle entamait un nouveau périple homérique que j'aurais vécu. J'ai attendu là. Et elle a rappelé. Car c'est ce qu'elle fait toujours. Elle a décrit son plan. Et je raccroche à nouveau. Sans dires.
Ce qu'elle veut de moi. Elle veut que je trace ma route. Que je poursuive mon chemin. Que je m'enfonce dans les districts. Ce qu'elle veut, c'est mon absence au Capitole. Ce qu'elle prépare, c'est une émission. Sur moi. Sur le Bloom qu'elle voit toujours dans mon regard nébuleux. Le Bloom téméraire. Le Bloom talentueux. Ce qu'elle veut, c'est mon frère. Oui, le temps s'est bien foutu de moi.
Je rentrerai chez moi. Quand je serai prêt. Pas avant. Elle veut que je m'offre en spectacle. Dans un nouveau concept. Une émission à la télévision. Une émission de stylisme. Elle me livre à la foule avant même les Hunger Games. Elle avance mon échéance. Mon exécution. Mon autopsie sans anesthésiant.
Je suis seul. Seul dans ce train géant. J'adore le wagon bar. Je le chérie. Le choie. J'y mourrai bien volontiers. Depuis que j'ai quitté le Sept, j'y passe tout mon temps. Je m'assois sur le canapé. Me replis en boule. Et je bois. Je dors. Je me pose des questions existentielles. Je bois. Je philosophe. Je me balance. De gauche à droite. De droite à gauche. Parce que c'est comme ça que je réfléchis. Je gratte du bout des ongles mes cheveux couleur corbeau. Je caresses les dédales incarnates des cicatrices sur mes bras. Sur mes jambes. Sur mon torse. Je dors. Parfois même, je bois en dormant. Pour être sûr d'oublier. Mais depuis deux jours, je ne fais quasiment que dormir. Et je ne vois personne. Personne. Pas même les démons de mes cauchemars. Ceux qui s'invitent parfois dans le monde réel. Le train continue sa virée effrénée. Et puis, le train s'arrête. Toutes les portes s'ouvrent.

— Bienvenue au Neuf. on me murmure. Moi, en plein délire avec Morphée et Dionysos.

Le sommeil efface l'utopie que je m'étais créée. Peinte sur une coquette toile. La réalité me gifle. M'assomme plus encore qu'une bouteille entière. Je me lève du canapé. Défraîchi par mon usure. Devenu compagnon. Camarade. Porteur de mon fardeau inénarrable. Épris de torpeur. De vieillesse en dépit même de son atticisme. Mes paupières sont lourdes. Papillonnent un instant. Et je me revois gamin. Galopant près des fontaines. Fou. Sauvage. Primitif. Je fais quelques pas. M'étire. Enfile des gants pour camoufler les ecchymoses sur mes poings. Quand j'ai frappé contre cette vitre. Une nuit de cauchemar. De sueur. De larmes. De solitude. Je me drape d'une cape en hermine. Mais je garde mon habille par dessous. Sale et souillé. Par mes longues journées de divagations psychotiques sur ce stupide canapé. Dans ce stupide wagon bar. Mes cheveux sont hirsutes. Je ne paye pas de mine. Au moins, je me fondrai parmi ce peuple méconnu. Oublié et miséreux. J'atteins la porte. Dehors. Je suis ébloui. La lumière me soumet. Le soleil brûle mes yeux. Il est bas. C'est la fin du jour. Peut-être que je devrais rester ici. Dans ce wagon. Dans ce train. Il est là pour moi. Il m'attendra. J'ose un pied à l'extérieur. Sur le quai de la gare. Puis l'autre. Un vent urticant vient fouetter ma joue. Battre mon visage blafard. Quelques hommes en blanc sont là. Immobiles. Armes en mains. Ce que je voulais être. Ce que je ne peux être. Les pacificateurs me guident jusque l'hôtel de justice. Et la grand-place. Ici. Tout est moins moins beau. Luxueux. Que le Sept. Mais je m'en contrefiche. Je les suis bêtement. Et ils me plantent là. Et c'est tout. Mes paupières flambent désormais à la vue du jour. Mes bras, mes jambes me pèsent. Alors, je reste immobile un instant. Et je commence à cerner ce qu'il y a autour. Tout autour de moi. Une foule. Compact. Un amas de gens. Qui entament leur chorégraphie acharnée. Assassine. Trop de personnes s'agglutinent. Tout autour de moi. Certains m'ignorent. D'autres m'effarent de leur regard écorcheur. Et je me tourne. Dans tous les sens. Je m'enlise. Je m'enfonce. Je me noie dans leur danse lasse et déplaisante. Égaré. Divaguant dans la folie la plus noble. J'ai déjà vu ça, au Sept. Ils rentrent du labeur. Tous.
Et le soleil abject vient nimber deux ombres. Deux silhouettes carnassières. Assassines. Là-bas, plus loin. Elles approchent. Elles me happent déjà. Chevauchent mon corps que je ne peux défendre. Je tremble. Je geins déjà. Quand je m'aperçois qui ils sont vraiment. Les pacificateurs. Ceux qui m'ont amené ici. Sans mot. Sans reconnaissance. Ils courent, à présent. Ils l'assaillent sûrement. Ils m'ont reconnu. Moi. Le fou des Rajaël. Ils savent que je n'ai rien à faire. Rien à faire ici. Ni nul part d'ailleurs. Pourtant. Ma mère m'a appelé. J'ai le droit d'être ici. Alors, je me tourne. Je veux fuir. Et je me jette sur le premier venu. Brusque. Indocile. Sans réfléchir. Inconscient. Comateux. Je tombe. Et je l'entraîne dans ma décadence. Les pacificateurs me frôlent. Passent leur chemin. Je n'ai fait que divaguer. Voyager dans les méandres de la psychose. Ils se moquent de moi. Et je me suis livré en grand spectacle. Éternellement. Comme un sinueux manège. En boucle. Et le temps se fout de moi.

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DES VERRES DE VIN QUI ME DONNAIENT L'AIR DE VAINCRE. ALORS QUE JE PERDAIS MES MOYENS FACE A TON REGARD DIVIN. — GEORGIO.
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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Sam 4 Juin - 16:56


homo homini lupus
❝ bloomax – a poem of sorrow in the black of the night ❞
Maxwell était épuisé. Il avait passé la journée à travailler dans un champs en compagnie de ses camarades pour la journée, dont la plupart avaient plus ou moins son âge, sous un soleil si fort sur sa peau qu'il avait eu l'impression de cuire. Au District Neuf, les températures n'étaient jamais trop élevées – et encore, le jeune brun habitait plutôt dans le sud, où il faisait déjà plus chaud. Ceci étant dit, travailler sous le soleil pendant des heures entières n'était jamais très bon pour la peau, même s'il n'était pas des plus forts. De plus, à force de travailler, c'était inévitable d'avoir chaud, surtout sachant que le travail d'agriculteur était loin d'être une partie de plaisir. Bien évidemment, Maxwell adorait son boulot, mais c'était le premier à avouer qu'il était bien plus que fatigant – surtout quand l'été approchait et qu'ils devaient non seulement semer les plantes pour la saison d'après, mais en plus s'occuper de celles déjà plantées. Parfois il devaient arracher des mauvaises herbes, ou bien enlever un arbuste parce qu'il avait été touché par une maladie et qu'il fallait l'éliminer avant qu'il ne détruise un champs tout entier. En outre, il fallait avouer que le District était quelque peu oublié par le Capitole, qui ne fournissait de machines très embêtantes à utiliser qu'à certaines zones, laissant les autres se débrouiller avec les bras des agriculteurs. À chaque fois que les températures commençaient à augmenter, ne serait-ce qu'un minimum, Maxwell n'était plus capable de travailler en étant complètement habillé. Du coup, assez souvent, il enlevait son haut, préférant travailler torse nu. Cette pratique n'était pas surprenante dans un District où l'on travaille même sous un soleil cuisant, donc cela ne le gênait pas particulièrement. Puis, ce n'était pas comme si ses camarades le fixaient; tout le monde était beaucoup trop concentré sur ses plantes pour penser à quoi que ce soit jusqu'à qu'il soit temps pour leur pause quotidienne. Enfin, le jeune brun devait avouer que même si on l'avait regardé, cela ne l'aurait pas dérangé des masses, au contraire. Surtout s'il s'agissait des yeux du beau blond qu'il croisait plus ou moins tous les jours où ils pouvaient oublier les champs et aller en cours. M'enfin, telle n'était pas la question. Maxwell était non seulement fatigué et brûlé, mais aussi dégoulinant de sueur. S'il avait pu, il aurait couru dans une rivière, ou un lac, ou n'importe quel corps d'eau pour se rafraîchir avant de rentrer chez lui, mais avant de pouvoir se laver, il devait traverser la Grande Place, et c'était plus délicat de s'y promener à moitié déshabillé. Fort heureusement, il avait ramené un t-shirt de rechange assez large, de telle sorte que son dos n'était pas opprimé par un tissu serré. Une bonne moitié de ses omoplates était à l'air libre, mais au final, ce n'était pas trop grave. Tant qu'on n'aurait pas dit qu'il était à moitié nu, pour lui c'était bon pour sortir. Il pressa ses pas, histoire de ne pas trop faire attendre son collègue qui l'attendait pour partir. En effet, assez souvent, Maxwell se retrouvait à travailler avec un autre garçon qui était en cours avec lui, et puisqu'ils n'habitaient pas très loin l'un de l'autre, ils finissaient toujours par rentrer ensemble. Au final, ils étaient devenus amis et le jeune brun était ravi d'avoir quelqu'un qui l'accompagnait jusqu'à chez lui. Bien évidemment, ce n'était absolument pas dans une optique romantique. Depuis quatre ans, ledit ami était en couple, et Maxwell n'aurait jamais, au grand jamais essayé quoi que ce soit envers quelqu'un d'engagé, même si ce n'était pas reconnu aux yeux de la loi. Même si on oubliait le fait que le jeune brun n'était pas forcément attiré par n'importe quel garçon qui croisait sa route, il considérait cet ami comme un grand frère, et il fallait avouer que l'inceste ne l'excitait pas tant que ça. « Hé Max, tu bouges ton cul ou on reste ici pour travailler jusqu'à l'aube? » Sa voix était la seule à retentir dans les environs, lui rappelant qu'ils étaient en retard, et que s'ils ne se dépêchaient pas, ils allaient finir par rentrer très tard. Maxwell termina de renouer ses lacets (surprenant, les habitants des Districts ne marchent pas toujours pieds nus dans la rue), avant de sauter sur ses deux pieds. Il sortit de l'enceinte des champs en discutant allègrement avec son ami, le soleil tapant sur ses épaules à moitié nues et le sourire aux lèvres.

Maxwell et son ami marchaient dans la Grande Place. En réalité, ils n'étaient pas vraiment en train de rentrer chez eux. Ils tournoyaient en rond, allant d'un magasin à l'autre. Bien évidemment, ils n'avaient pas l'argent pour se permettre de tels biens, sans oublier qu'après tout, ils n'avaient pas besoin de chiffons en soie ou gâteaux de toutes les couleurs. Mais il faisait beau, la journée semblait s'éterniser, et ils avaient envie de profiter du soleil tant qu'il était là. Cependant, ce jour-là, la place était particulièrement bondée de gens. Elle n'était jamais vraiment vide, mais c'était inhabituel qu'il y ait autant de monde – sauf en période de Moisson et Hunger Games bien évidemment. Ceci étant dit, ce détail n'inquiéta pas particulièrement le jeune brun. Après tout, il pouvait y avoir un million de raisons possibles et en soi, cela ne le dérangerait pas tant que ça, si on oubliait qu'il faisait encore plus chaud et qu'il transpirait encore plus. Par ailleurs, il était presque sûr que la jeune fille qu'il venait de croiser avait fait une grimace dégoûtée car il puait. Genre vraiment beaucoup. C'était supportable, mais Maxwell sentait qu'il puait, et c'était quelque peu embêtant. Au loin, le jeune brun pouvait voir la gare, qui était à quelques minutes à pieds de l'endroit où il se trouvait – il n'aurait pas fallu fatiguer les tributs en les emmenant à leur mort, après tout – mais il ne s'y approcha pas. Les Pacificateurs surveillaient sans cesse cette partie du District, et il était interdit aux simples citoyens d'y accéder s'ils n'avaient pas de permission spéciale du Maire – sauf si, encore une fois, il s'agissait de dire au revoir à deux tributs. Alors, tout le monde avait le droit d'y aller et se  sentir tout petit à côté du pouvoir de la capitale. Et puis, Maxwell se rendit compte qu'un homme était en train de le fixer. Or, il était presque sûr qu'il n'avait jamais vu cette personne. Après, ce n'était pas très inquiétant dans un District où habitaient plus de 20 000 personnes, mais les traits du jeune homme avaient quelque chose de frappant. Il était d'une beauté que le jeune brun n'avait jamais croisé dans les ruelles du pauvre District des agriculteurs et il ne ressemblait à aucun des tributs qu'il avait vu au cours de sa vie. Et ses yeux étaient les plus perçants qu'il avait vu de sa vie. S'étant rendu compte qu'il s'était arrêté net dans sa route et qu'il commençait à déranger les passants, le jeune adolescent marcha dans la direction de son ami, mais il se retourna une ou deux fois pour essayer de revoir l'inconnu, sans succès. Ledit ami était en train de chercher un petit quelque chose pour sa petite-amie, puisqu'ils allaient peut-être devoir se dire au revoir avec la Moisson. Avant de se rendre sur la Grande Place, les deux s'échangeaient un petit cadeau qu'ils auraient pu emmener avec eux dans l'arène, au cas où. Maxwell trouvait l'idée vraiment glauque, mais aussi très tendre. Au moins, ils prenaient en compte la possibilité qu'ils allaient devoir se séparer pour des raisons qui ne dépendaient pas vraiment d'eux. « Qu'est ce qui est mieux, la bague ou le collier? » Maxwell était encore dans son monde, en train de penser au mystérieux inconnu.« Max? Allô? Ça va? T'as pas choppé d'insolation, j'espère. » Maxwell soupira un bon coup, avant de se retourner vers son collègue. « Je sais pas. Le collier, je dirais. » Mark plissa les yeux en le regardant, avant de terminer son achat. Les deux adolescents venaient de se diriger vers l'une des sorties de la Grande Place, quand Maxwell se sentit être jeté au sol. Au début, il crut que quelqu'un de très pressé l'avait tout simplement heurté très violemment, mais une fois tombé, la pression ne quitta pas son dos. Il se retourna, du sang dans sa bouche, et il vit l'inconnu au-dessus de lui. Dans d'autres circonstances, cela ne l'aurait pas vraiment dérangé, mais ledit homme était en train de l’agresser et même si on pourrait en croire autrement, ce n'était pas vraiment le truc de Maxwell. Il n'était pas sûr de comprendre ce qu'il avait fait pour mériter une telle attaque, et il se serait défendu avec plaisir s'il avait pu, mais ses bras étaient maintenant coincés au sol, et sa gorge était en feu, ce qui lui empêchait de crier. Il crut entendre des pas s'éloigner, et il espérait que ce soit Mark qui allait chercher des Pacificateurs. Ou du moins, des gens plus costauds qu'eux tous. Si le jeune brun était assez fort, il n'avait jamais été entraîné à se défendre, et ses maigres contre-attaques étaient beaucoup trop faibles pour qu'il prenne le dessus. Sa tête se cogna contre les dalles de la Grande Place, et Maxwell était presque sûr qu'il était en train de saigner. Il essayait de lui frapper le dos avec ses genoux, mais ces coups là ne semblaient pas avoir d'effet majeur. Quelqu'un souleva l'inconnu aux cheveux bruns, mais le jeune adolescent resta au sol pendant quelques instants, encore sonné par la situation. Tout s'était passé tellement vite, et il n'était pas sûr d'avoir compris tout ce qui s'était passé. Il se releva avec l'aide d'un passant, qui lui proposa un coup de main, et il vit que devant lui, l'autre était tenu par un bras par un jeune Pacificateur. Ce dernier avait l'air assez hésitant, comme s'il avait préféré se trouver autre part. D'un côté, Maxwell n'avait qu'une envie: rentrer chez lui et s'occuper de ses quelques blessures qui, finalement, n'étaient même pas très graves. Mais de l'autre, il voulait comprendre - et pour le coup, la diplomatie était bien plus appropriée que la fuite ou la violence. Par exemple, que faisait un parfait inconnu entouré de Pacificateurs dans son District? C'était une question dont il voulait connaître la réponse, et il voulait au moins essayer de faire un pas vers l'autre. Après tout, il aurait très bien pu l'étrangler ou essayer de le tuer, mais ce n'était pas le cas. Puis, s'il avait voulu fuir et tuer Maxwell au passage, il aurait très bien pu se débarrasser du jeune homme de blanc vêtu. « Hey, ça va? T'es pas blessé? » C'était assez ironique, puisque ce n'était pas lui à avoir lancé les hostilités, mais il préférait en être sûr plutôt que de le voir saigner peu après. Pendant ce temps, le jeune brun s'était approché, et il avait posé une main sur un bras dudit inconnu, espérant peut-être pouvoir le calmer. Enfin, il posa ses prunelles dans les siennes, couleur charbon, espérant y avoir autre chose que de la rage.



HOUSE OF MEMORIES

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Dernière édition par Maxwell MacCormack le Jeu 9 Juin - 20:53, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Lun 6 Juin - 17:43

homo homini lupus

I'm gonna show you where it's dark, but have no fear. Kavinsky.

Pas de cœur. Pas d'amour. Pas de bonté. Pas de foi ni de candeur. Et certain se demandent encore comment je fais pour vivre. Pour survivre. Ce qui fait battre au rythme de tambours déchaînés mon corps. Ce qui fait galoper mon sang. Là, dans mes veines. Ce qui me hurle incessamment d'aspirer ces litres d'air salvateur. Il existe donc bien un être tout puissant pour les âmes. Les âmes salies et condamnées. «Le fou des Rajaël» est un cadeau empoisonné. Je suis un cadeau empoisonné. Une bombe à retardement frémit sous ma poitrine. Morbide et convulsive. Un tic-tac, innocent et impénétrable. Lové au creux de ma cage thoracique. Je suis né pour être méprisé. Pour être redouté. Pour être railler, au mépris même de ma propre confusion.
Et lui. Lui en est la victime. Il est mon nouveau cobaye. Et désormais, la bombe repose sur lui. Elle s'est déclenchée. Et il va devoir s'improviser démineur. S'il choie l'existence que le ciel, la terre, le feu, la poussière, les dieux lui ont offert. Le tic-tac ne faiblit pas. Et je reste là. Sur lui. Imposant. Convulsant. Et je fuis. Encore et toujours. Ces mêmes démons illusionnistes. Qui viennent assaillir le dôme utopique qui repose au sommet de mon crâne. Ce paradis imaginaire, imaginé. Créé par une mère qui ne veut pas voir son enfant grandir. Créé par une mère qui ne remarque pas que son enfant ne peut grandir. Et qu'il ne grandira jamais. Jamais. Par sa névrose anarchique. Par sa démence enchanteresse. Ma poitrine se cambre. Mon pouls guerroie. Ma gorge s'embrase. Mes angoisses pullulent et me tenaillent. Mon souffle fulmine. Je dois le maîtriser. Je dois me souvenir des conseils de ma psychothérapeute. Je dois me soumettre. Inspirer. Souffler. Expirer. Je dois. Et je souffle. Une fois, et deux.
Un électrochoc me conquiert. Me colonise. M'annexe à présent. Il part du bout de mon bras. Chevauche mon torse. Mon cou. Mon crâne. Mon cerveau. Et mon âme anathématisée me murmure. Elle chuchote au creux de mon oreille. Comme pour révéler un secret. Un secret baigné dans le péché. Elle me dit qu'on s'accroche à mon corps fantôme. Ma dépouille blafarde. Vierge. Livide. Je me raidis. Me braque. On empoigne mon corps par l'autre bras. Et ce même électrochoc m'enivre de tous ses ondoiements. Alors, j'attends. J'attends le châtiment. La pénitence. J'attends qu'on me malmène. Qu'on me torture. Qu'on me fasse disparaître. En une nuée de cendres charbonneuses. Qui s'inviteraient dans un ballet fastueux parmi les nuages. Et parmi la lune. Pour toujours. C'est ce que je souhaitais. C'est ce que je voulais. C'est ce que je convoitais. Non. Si. Sûrement et jamais à la fois. La mort et moi. Moi et la mort. Nous nous aimons. Nous nous assaillons. Tantôt amis des heures sombres et dévastatrices. Tantôt ennemis des bonheurs éphémères et artificiels. Mais c'est toujours, toujours la même histoire. Inlassable. Moi et la mort. Fusse-t-elle tragique. Fusse-t-elle libératrice. Une histoire de trahison perpétuelle. Alors, le démon assaillant me relève. Et je réalise qu'il n'est pas une des progénitures de satan. Ni de quelque autre démon. Il est seul. Un pacificateur. D'un côté, il me soutient par le bras. De l'autre il cloisonne fermement mon épaule. Face à moi. Le district Sept. Le jour qui décline. La grand-place. Face à moi. La foule euphorique. Étouffante. Quelque uns me tenaillent de leurs pupilles hostiles. Face à moi. Il se tient là. Debout. Il a dû se relever. Le garçon. Et ses épaules, sur lesquels reposent désormais l'ouragan que je suis. Il devrait fléchir. Reculer. De quelques pas. Juste quelques pas. Mais à la place, il décide de s'aventurer. D'avancer. En dépit de la tempête incoercible qui fait rage juste devant lui. Il approche sa main. La referme sur mon bras. Dit quelques mots. Nonchalant. Inconscient. Il ignore que je suis un fou en liberté. Il ignore qu'on me déteste. Qu'on m'admire. Il ignore.
Et c'en est trop. Je suffoque. Je chavire sur l'océan de la terreur. Je m'échoue sur l'île de la déraison incontrôlable. Incontrôlée. Le pacificateur ne faiblit pas. La pression de ses phalanges meurtrières sur mon épaule. Elle me ronge. Elle est poison. Acide. Pour ma chair laiteuse qui répudie tant le contact. Le contact d'inconnus. Comme s'ils m'étranglaient. Et soudain je ne vois plus ses doigts refermés sur mon épaule. Mais encerclant mon cou. Oui, c'en est trop. Trop de toucher. Trop de sens. Trop de monde. Affalé tout autour de moi. Je suis un loup solitaire. Qui jappe dans la nuit noire et glaciale. Pas une meute carnassière. Prête à dévorer son prochain pour quelques pirouettes.
Brusque. Primitif. Je me délie des chaînes chimériques qui me noue au pacificateur. Je virevolte la tête. Insoumis. Indocile. Mon sang bouillonne. Un flot de lave veut jaillir des entrailles de ma gorge. J'aimerais tant. Me jeter sur lui. Profaner son uniforme blanc. Immaculé. Terrifiant. Mais j'aime les pacificateurs. Mon père en était un. C'est ce que soufflent les rumeurs. Alors. Au lieu de ça, je pique une crise de môme.

— Je viens du Capitole. Tu n'as aucun droit ! Ma mère te tuera ! sec, altier. Maître du jeu.

Et je me fais peur. Comme chaque fois où le calme parvient à dominer tous mes sens. À se jouer d'eux. À bouffer mon essence auparavant indomptée. Le pire, c'est que ça devient régulier. Adieu, les crises démentielles. Adieu, les sommeils drapés de cauchemars pétrifiants. Mais jusque quand ? Jusque quand, une vie normale ? Tachée plus que par de vulgaires crises paranoïaques. Et, comble de tout. Pourquoi ? Pourquoi je mérite cette soudaine rédemption ?
Le soldat me lâche. Ses doigts se détachent de mon manteau. Un à un. Et la pression sur mon épiderme disparaît. Sous un nouvel électrochoc. Il recule. Jusqu'à bonne distance. Il sait. Oui, il sait qui je suis. Il devait être parmi les autres. Là-bas. À la gare. Il incline la tête. Et il disparaît. Il repart. Loin. Sa silhouette s'efface. Un peu plus à chacun de ses pas. Alors, mes iris fades se rabattent sur l'autre. Le garçon. Sa main est posée sur moi. Toujours. Brute, je m'arrache de ce lien. En un battement de bras. Des gouttes de sang s'évadent de ses narines. Et plus haut, sous ses cheveux bruns, aussi. Mais en moi, aucun remords. Rien ne vient entacher l'indifférence de mon cœur. Mais je le vois. Lui, un adonis naïf, sage, insouciant. Il est pauvre. D'apparence. Et pourtant il est mieux habillé que moi. Moi et ma mine d'alcoolique épuisé. Moi et mes cheveux hirsutes. Moi, et mon pyjama froissé. Je me vois tel que je suis. Je me juge à la valeur que j'évoque. Aux autres. À tous, sauf peut-être ma mère. Ma mère qui me sauve. De mes erreurs. De mes accidents. De mon passé. De tous mes actes, en fait. Elle qui joue le piston. Pour donner un nom à un fils. Un fils qui ne le mérite pourtant pas. Comme avec cette nouvelle émission. Et je le vois lui. Le garçon. Je me frotte le nez. Je détourne les yeux un instant. Et je l'observe à nouveau. Oui. Lui. Lui il ferait l'affaire. Je tiens ma mascotte. L'homme qui redorera mon image. L'homme qui ravivera tout ce qui m'échappe au quotidien. L'homme qui transformera la chenille Rajaël lunatique en papillon argenté.

— Viens. je lui ordonne. Rauque. Sans excuse. Ni amertume. Comme s'il s'agissait simplement d'un vieil ami. En omettant que je n'ai pas d'ami. Mis à part le canapé dans le train. En omettant aussi qu'il puisse refuser. J'ai une proposition. Ça va changer ta vie.

Et je sais. Je sais que pour une fois, je fais quelque chose de bien. Pour une fois, je ne m'offre pas en spectacle. Pour une fois je ne dévale pas les rues. En hurlant. En m'arrachant la peau des bras. En m'écorchant vif. En abattant mes poings faibles et grêles dans des miroirs vagabonds. Pour une fois, je suis maître de moi-même. Alors. Je tourne les talons. Et je marche. Vers la gare. Sans même voir s'il me suit. Car je sais qu'il le fait. Et je sais où nous allons. J'arrive à la porte du wagon bar. Mon cocon. Mon fief. Ma demeure. Je m'y engouffre. Pour replonger dans mon monde. Mon monde imaginaire. Mon monde à moi. Fait d'alcool, de drogue, de psychose. Pour replonger. Mais à deux cette fois.

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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Jeu 9 Juin - 20:50


homo homini lupus
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Maxwell était sérieusement, honnêtement inquiet pour l'inconnu. Certes, c'était lui la victime de l'affrontement et il aurait très bien pu partir en gueulant un bon coup, mais il voulait quand-même essayer de comprendre ce qui s'était passé. Ceci étant dit, d'un autre côté, il avait besoin qu'on donne un coup d'œil à ses blessures – elles n'étaient pas très graves, puisqu'il n'avait pas de problèmes à se déplacer ou se tenir debout, mais mieux valait être prudent que se retrouver avec un poumon détruit. De l'autre, justement, il avait l'impression de plutôt bien se sentir, et personne autour de lui ne le regardait avec une mine effarée. Mark se trouvait à ses côtés, l'ayant probablement rejoint au moment où il s'était relevé, et il n'avait pas l'air très pressé de l'emmener voir un médecin. Le jeune MacCormack essuya le sang qui sortait doucement de son nez, tâchant son beau t-shirt. En soi, il n'était pas spécial – c'était juste un bout de tissu comme un autre – mais il n'avait pas beaucoup d'habits qu'il aimait autant, et c'était quelque peu embêtant d'en ruiner un de la sorte. Après, il préférait que son sang ne descende pas jusqu'à ses lèvres, puisque vomir sur la Grande Place n'était pas vraiment son truc. « Je viens du Capitole. Tu n'as aucun droit! Ma mère te tuera! » Surpris par cette explosion de violence, Maxwell écarquilla les yeux, sans cependant reculer. Un mystère était résolu: l'homme venait du Capitole. Cela venait à expliquer pourquoi sa beauté semblait si étrangère dans un District tel que le Neuf, et pourquoi il avait l'impression de ne jamais avoir croisé quelqu'un d'aussi beau. Peut-être que cette beauté n'était que le résultat d'innombrables opérations, mais son faciès avait quelque chose qui attirait l'attention, même dans une Grande Place bondée de gens; c'était quelque chose qui n'avait pas vraiment sa place dans la pauvreté qu'on trouvait dans le moindre coin de son District. Le jeune Pacificateur lâcha l'homme aux prunelles couleur charbon, et recula de quelques pas. Maxwell ne pouvait pas vraiment le blâmer. Si le reproche de l'homme était fort puérile, sa voix avait une autorité qu'il était impossible de défier quand on n'était qu'un simple Pacificateur des Districts. Quant à lui, sa main était toujours posée sur son bras. Il ne s'était pas écoulé tant de temps que ça entre leur premier contact et le moment où il avait éloigné le Pacificateur. Et autant il ne comptait pas l'enlever de sitôt, autant il n'était pas sûr que ce contact était très apprécié par l'homme du Capitole. S'il avait si brusquement éloigné le jeune hésitant, il n'aurait sûrement pas hésité à se jeter une deuxième fois sur un simple agriculteur d'un District où on trouvait autant d'agriculteurs que de personnes. Justement, plus au moins au même moment, il enleva assez brusquement son bras de son étreinte. Pour le coup, cependant, Maxwell ne brisa pas le contact visuel. Et de plus près, il vit aussi les défauts de celui qui avait auparavant semblé parfait. Il avait l'air quelque peu fatigué, et son bas semblait être un pyjama. En réalité, ledit pyjama semblait bien plus soigné et cher que l'intégralité de son garde-robe, mais tout de même – on se serait attendu à autre chose de la part d'un capitolien en visite chez les pauvres. « Viens. » Avant même de s’interroger sur le mot qu'il venait de prononcer, le jeune MacCormack remarqua que sa voix était très rauque, comme s'il n'avait pas parlé depuis un bon moment, ou qu'il n'avait pas beaucoup dormi. Peut-être que c'était le cas – après tout, apparemment, au Capitole la nuit n'était pas faite pour le sommeil – mais s'il avait dû prendre le train, il aurait dû avoir suffisamment de temps pour dormir et être en forme au moment d'en arriver au District Neuf. « J'ai une proposition. Ça va changer ta vie. » Ceci étant dit, ledit homme tourna les talons et partit dans sa direction. Maxwell eut un moment d'hésitation. Qui aurait suivi un inconnu dans une direction dont il n'était pas sûr? Eh bien, s'il y avait une personne capable de faire cela dans cette Grande Place, c'était bien lui. Après tout il connaissait le District mieux que le deuxième brun, et il aurait facilement pu s'enfuir et se cacher quelque part. Du coup, il regarda Mark, haussa les épaules, et se mit à suivre ledit inconnu. Il voulait en savoir plus sur ce mystère qui se trouvait devant lui, et il était prêt à être surpris – que ce soit en bien, mais aussi en mal.

Les deux hommes s'éloignaient peu à peu du centre de la Grande Place, dans un silence des plus lourds. Puisqu'ils sortaient du terrain le plus battu, ils marchaient sur des galets qui n'avaient rien de naturel, que Maxwell pensait pouvoir trouver dans plus ou moins n'importe quel District – bien évidemment, cela restait une simple théorie puisque, contrairement à l'autre homme, il n'avait pas le droit de sortir du Neuf, sauf s'il était moissonné, et encore une fois, ce ne serait pas pour faire du tourisme, loin de là. « Sinon... » Le jeune MacCormack toussa une fois, histoire d'avoir une voix bien claire en parlant. « Ravi de te rencontrer. Moi c'est Max. » Nonobstant les circonstances dans lesquelles ils se rencontraient, il n'y avait aucune ironie dans ses propos. Il espérait seulement que ce sentiment soit réciproque, même s'il s'agissait d'un homme du Capitole qui n'avait rien à faire dans son District et qu'il n'allait probablement plus jamais revoir une fois la journée achevée. Il n'avait pas non plus l'air très loquace ou ouvert à d'éventuelles nouvelles amitiés, mais fort heureusement, Maxwell n'était pas du genre à rapidement baisser les bras. Si en soi, le silence ne le dérangeait pas vraiment, il devait avouer que cela aurait été bien plus convivial s'ils avaient engagé une discussion – chose que l'autre ne semblait pas vraiment prêt à faire. « D'ailleurs, que fait un fils du Capitole dans un District aussi paumé que le Neuf?  » Avant même qu'il n'ait eu le temps de répondre, deux Pacificateurs les approchèrent. « Vous n'avez pas le droit de rester ici. La gare est uniquement réservée aux autorités. » À vrai dire, le jeune brun n'avait pas réalisé dans quelle direction ils avaient marché. De un, ils n'avaient pas employé le trajet le plus classique, qu'on suivait après chaque Moisson. De deux, son interlocuteur était bien plus intéressant que les rues et ruelles qu'il avait traversé tout au long de sa vie. Mais maintenant qu'on les avait arrêtés dans leur parcours, il remarqua, au loin, les longs trains argentés du Capitole. Ce n'était pas du tout la première fois qu'il en voyait de sa vie. Il avait, bien sûr, dit au revoir aux tributs de son District année après année, comme tout le monde l'avait fait. Mais pour la première fois, la gare était silencieuse. Il n'y avait ni de train qui arrivait, ni de foule qui pleurait. Et le train reposait sur les rails, tel un héros qui n'attendait qu'on l'éveille. Le brun du Capitole l'extirpa de ses pensées. En effet, il proclamait une deuxième fois sa supériorité face aux simples Pacificateurs, avec une assurance que Maxwell ne pouvait qu'admirer. Il avait toujours vécu dans une société qui se pliait aux moindres souhaits des hommes de blanc vêtus, mais apparemment, ce n'était pas le cas du mystérieux brun – ou du moins, c'était le genre de personne qui n'hésitait pas à se battre lorsqu'on essayait de l'écraser, même quand il avait tort. Et le jeune MacCormarck en était honnêtement surpris. Tout au long de sa vie, il avait plutôt considéré les habitants de la capitale comme des mollusques arrogants, alors que celui qui se tenait devant ses yeux n'avait apparemment pas grand-chose du mollusque. Une fois les Pacificateurs écartés, ils continuèrent de marcher, cette fois en direction des trains qui semblaient presque les attendre. Cependant, après quelques pas, Maxwell s'arrêta net, et agrippa le bras du deuxième homme. « Attends. » Il prit le temps de poser ses yeux sur les siens une deuxième fois, en observant toutes les nuances de marron qu'on y trouvait. « Je veux en savoir plus avant de continuer. » Sa voix était grave, comme s'il posait un ultimatum, mais il savait que même s'il refusait de s'expliquer, il l'aurait quand-même suivi jusqu'au bout du District. Il n'y avait ni sa famille, ni Mark, ni son travail dans son esprit. Il n'y avait que l'homme qui se tenait devant lui, ainsi que ses prunelles et tous ces mystères qu'il voulait résoudre.



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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Sam 11 Juin - 13:49

homo homini lupus

   
Even if I fall down, when you're not around, don't worry about me. Don't worry about me, cause if I fall you fall. Frances.

   
La porte s'anime. S'ouvre. Devant moi. Balayée sur le côté. À l'intérieur, je vois. Je vois le bar en désordre. Les bouteilles vides guerroyant contre les pleines. Plus loin, le fauteuil rouge. Le fauteuil impérial. Qui a pourtant vécu des heures pauvres en inexistence. Depuis qu'il a croisé le chemin du démon qui s'enivre des sens de mon esprit. D'un démon indicible. Je retrouve tout ça. Le même désordre batailleur que j'ai laissé derrière moi. La chaleur du train embaume mon visage éreinté. Fatigué. Las. De parcourir terres et terres. Toujours plus lointaines. Toujours plus débauchées. Et je ne guigne plus qu'une chose. Une seule chose. Un bon verre dans mon fauteuil royalement déchu.
Mais le garçon agrippe mon bras. Lacère de son toucher vénéneux ma chaire. Ma peau blasphématoire. Chétive. Il a déjà piaillé quelques phrases. Creuses. Mélodieuses. Inutiles. Alors je suis restée secret. Là, il me contraint. Il me contraint à me tourner vers lui. À échapper encore quelques instants aux plaisirs de mon wagon. Mon wagon bar.

— Je veux en savoir plus avant de continuer.

Encore une fois. Je me délie de son nouveau piège. Et je le fixe. Le ronge de mon regard toxique. Mes deux sourcils s'arquent. Le jaugent. Et je secoue la tête. Deux fois. Pour lui faire comprendre qu'il n'y a pas la place. Non. Aucune place pour un quelconque petit jeu mesquin. Entre nous. Pour lui faire comprendre que je ne suis pas un pantin manipulable. Qu'ici c'est moi le maître de la situation. Qu'il peut se faire exécuter par ces pacificateurs. En un claquement de doigts de ma part. Simple. Et efficient. Lui faire comprendre que s'il ne s'impose pas ses propres limites. La bombe explosera entre ses doigts incapables. Et il n'y aura pas de retour possible. Garder ses distances. Garder son calme. Garder ses distances. Garder son calme. C'est la devise. Ma devise. Celle avec qui j'ai toujours marché. Il ne faut pas la briser aujourd'hui. Je souffle. Recule d'un pas. Et mes deux pieds se retrouvent à l'intérieur du wagon. L'alcool exhale déjà mes narines. Asphyxiées. Alors j'harponne ses bras. Et je l'attire à l'intérieur. Fusse-t-il mécontent. Fusse-t-il indigné. Je crache sur son avis. Sur ses idéaux personnels. Je me contrefiche de ce que ce garçon peut penser. Je ressors. Referme la porte derrière. Elle coulisse une fois encore. Et l'enferme à l'intérieur. Je me tourne. Vers les gardes blancs. Et j'approche. J'ordonne le départ du train. Sur le champs. Ils acquiescent. Alors, je retourne à la porte du wagon bar. Je retourne au wagon. Je retourne à mon bar. À mon fauteuil. De là. Je m'assois. Et je glousse. Incoercible. Parce que je sens les vibrations du train sur les rails. Parce que je sens que nous partons. Lui et moi. Moi et lui. Vers le Capitole. Et mon rire dure une éternité. Devient pesant. Même pour moi. Alors je me tais. Brusquement. Et je me relève. L'effervescence envahit mon corps. L'instabilité renaît de ses cendres. Je retourne à la maison. Et ma mère sera fière de moi. Je lui apporte un mannequin. Pour son émission. C'est ce qu'elle voulait. C'est ce qu'elle voulait ? Mon regard frôlant le plancher luxueux. Se relève. Effleure le sien. Un étranger. Avec une gueule angélique. Enclin à la vertu. Il va faire un carton. Un succès fou à la capitale. J'en suis persuadé. Il sera la clé de ma réussite. De ma renaissance.
Je me redresse. Toise le bar. Le contourne. Et m'ébaudis de ma collection. Toutes ces bouteilles entassées. Je ramasse un verre de cristal esseulé.

— Je suppose que tu ne refuseras pas un verre ? je siffle. Soucieux moi-même de rassasier mon gosier à temps. Non ! je ris. Drapé de mon insolence inamissible. L'alcool est la meilleure création de dieu, si dieu existe bien sûr ! Ma question était idiote. Oublies.

Alors, je tire le bouchon en verre d'une petite bouteille. Carrée. Boursouflée. Translucide. Et je remplis le verre. Mes pupilles captivées par la beauté du liquide affriolant qui s'écoule. En une cascade vaporeuse. Et je repose la bouteille. La recouvre de son bouchon. Et d'une cuillère glaciale viens plonger deux glaçons dans la boisson. Je vole vers ma nouvelle égérie. Lui glisse le verre entre les doigts. En attrape un autre. Et le vide d'une traite. Nos deux corps sont proches. Trop proches à mon goût. Peut-être. Mais je n'en ai cure. Mes iris brunes se vident un instant. De toute lueur irisée. De tout bellicisme. De toute démence même. Et si j'avais commis une erreur. Là. Quelque part. Dans mon plan. Si bien improvisé. Et je m'aperçois que j'ai enlevé ce gars. Je viens d'enlever une personne. Est-ce bien ? Est-ce mal ? Dans ce monde de fous. De flous. Sans foi ni loi. La barrière qui sépare le bon du mauvais. Le péché de la vertu. Cette barrière n'est autre qu'un simulacre. Alors. Je reste là. Planté. Perdu dans les tumultes de l'hébétude. Stupide. Je sens son souffle sur mon visage. Dans le creux de mon cou nu. Et je me plonge dans l'agonie du diable. Un diable qui ne voit même plus dans ses actes le bon du mauvais. Le diable décadent qui se nourrit du mal. Et qui peine tant à le trouver. Même quand il s'agit d'une montagne. Droit devant lui.
Et je reste longtemps. À l'observer. Dans un silence morbide. Dans une torpeur chagrinante. Dans une tourmente entêtante. Et les profondeurs de mon âme viennent. M'éveillent de ma léthargie inachevée. Un sourire malsain vient naître sur mes lèvres. Je m'approche encore un peu. Le frôle. Sans même le toucher. Et comble de mon sadisme. Ça m'amuse.

— Tu seras mon égérie au Capitole. je souffle au creux de son oreille. Carnassier.

Le Capitole. Le Capitole fait rêver. Il fait rêver les bouseux désœuvrés des districts les plus éloignés. Il fait rêver les enfants qui se voient chaque année tirés au sort. Pour les jeux de la mort. Il fait fantasmer tous les fortunés pansus. Prisonniers de leurs origines. Qui ne peuvent fouler les marches de la capitale. Mais le Capitole est une blague. Une piètre blague inexpiable. Une duperie assassine. Qui nous enchante. Qui nous enveloppe d'une orgie de plaisir. Comme une créature jouissante qui entamerait une danse du ventre déchaînée. Nous, les Hommes, assoiffés de chaire fraîche. De luxure. Baignés d'avarice. Nourris de tyrannie. Incapables de résister à la moindre tentation. La moindre pulsation. Celle qui vient à toute heure. Celle qui nous ronge de l'intérieur. Tant qu'elle n'est pas assouvie toute entière. Mais ces gens oublient. Ils oublient qu'au Capitole, tous ne sont pas heureux. Et que l'argent ne peut rien y changer. Et qu'il fait encore moins le bonheur. C'est de la poudre aux yeux. Du bluff. Un piège attirant, attrayant. Qui permet simplement aux plus pauvres d'entre nous de se dire qu'un jour ça ira mieux. Car un jour ils deviendront riches. Parce qu'un jour la roulette russe tournera en leur faveur. Forcément. Lui. Lui vient d'un district. Ses vêtements, des haillons aux yeux du Capitole. Il ne doit rêver que de ça. Il se laissera bluffer. Berner. Il tombera dans le panneau comme les autres. Comme tous les autres.
Je m'écarte. De lui. De tout. À travers les parois du train. Le tunnel défile. Sombre. Affligeant. On quitte le Neuf. Je me tourne. M'approche du fauteuil cette fois. Y laisse tomber ma pelisse. Et m'assieds juste au bord. Les jambes tendues en avant. Je balance mon verre sur le sol. Il tombe une première fois contre le sol boisé. Vernis. Puis, fougueux, rebondit. Une fois. Deux fois. Et déjà il disparaît en roulant. Il s'échappe. Il m'échappe. S'attaque seul à l'immense tapis central, incarnate. Il poursuit son chemin. Jusqu'aux pieds du garçon. Où il stoppe net. J'écarte les bras. Fringant. En dépit de mon apparence regrettable, interdite. En dépit de ce vieux pyjama vétuste. Orgueilleux à l'excès. Infatué comme se doit un capitolien confirmé.

— Tu auras tout ce que tu veux. Je ferai rapporter tes affaires personnelles.Tu assisteras aux Hunger Games en direct du Capitole. la voix tremblante. Je doute. Je doute, pourquoi ? Sûrement à l'énumération des jeux. Des jeux qui sauront m'achever. Définitivement.

Et puis un autre verre. Il traîne au coin de la petite commode. Depuis quand ? Je m'en fous. Je l'attrape. Le vide. Le balance comme l'autre. Et je sens déjà la folie nauséeuse qui me rattrape. À pas de loup. Enragée. Furieuse d'avoir été chassée de mon corps si longtemps. Je sais que le calme factice qui m'accompagne n'est plus. Je sais que les instabilités reviennent au galop. Furie ? Tristesse ? Désespoir ? Peur ? Rage ? Lequel de ces cadeaux empoisonnés va s'éprendre de moi. Désormais. C'est un tirage au sort. Les Hunger Games de Bloom Rajaël. Je me relève. Retourne au bar. Débouchonne la coquette bouteille carrée. Et bois au goulot. Une gorgée. Une larme traverse mes yeux. Mes paupières. Mes cils. S'écrase sur ma pommette déraisonnée. Mes prunelles se troublent. S'obscurcissent. Ainsi, ce sera la peur. Peur de déplaire à ma mère. Peur d'être possédé par des forces nébuleuses. Peur d'anéantir la vie de ce garçon.

— Aide-moi. Je m'appelle Bloom. Je m'appelle Bloom. je chuchote. Quasi inaudible. Et je répète. Mon nom. En boucle. En boucle. En boucle.

   
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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Dim 12 Juin - 10:54


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Contrairement à ce qu'il aurait pu imaginer, Maxwell n'avait pas vraiment le choix. Le deuxième brun serra son bras, avant de le faire monter – de force – sur le train avec lui. Le jeune MacCormack était presque sûr que son bras en aurait gardé des marques pendant au moins une bonne soirée, et il ne pouvait pas vraiment faire grand-chose à ce sujet. Les Pacificateurs qui les avaient menacés se trouvaient juste derrière les deux hommes et il était presque sûr que s'il réussissait à évader à cette étreinte, ils n'auraient pas hésité à l'abattre. Après tout, ce n'était qu'un pauvre agriculteur comme les autres dont la vie ne valait pas vraiment beaucoup aux yeux du gouvernement, alors que si le capitolien était blessé, cela aurait probablement fait scandale, et ils auraient pu être punis. Dans son cas, s'il était assassiné, ils n'auraient probablement même pas pris la peine de s'occuper de son corps, ou de le rendre à sa famille. Il savait que son cadavre serait fini dans une fosse commune comme tant d'autres, et ses parents n'auraient jamais su ce qui lui était arrivé, un peu comme son frère. Peut-être que lui aussi, il était mort, mais le jeune brun refusait de ne serait-ce que contempler cette idée, puisque si sa vie était en danger, alors il comptait sur le retour de son frère pour le bien-être de sa famille – après tout, sa sœur toute seule n'aurait pas pu tous les sauver. Une fois rentré dans la train, il se rendit compte qu'il s'agissait du wagon bar, et une chose en particulier le frappa: le désordre. Il y avait bon nombre de bouteilles vides dans les deux coins du wagon, sans compter tous les verres placés un peu n'importe comment. L'inconnu ferma la porte avant de rentrer, ce qui était quelque peu inquiétant. Qui aurait eu envie de se retrouver enfermé dans un train inconnu par quelqu'un qu'il ne connaissait même pas? Cependant, sa solitude ne dura pas très longtemps. Il n'eut même pas le temps d'essayer d'ouvrir la porte coulissante avant qu'il ne revienne. « Que se passe-t-il? » Maxwell essayait d'avoir une voix aussi ferme que possible, pour qu'il ne sente pas la panique qui montait progressivement dans son estomac et dans sa gorge. Il avait ignoré la totalité de ses questions depuis leur première interaction, mais il n'en avait rien à faire. Il voulait des réponses, et ses beaux yeux n'allaient pas le détourner de son objectif. Ni sa barbe naissante, ni l'allure parfaite de ses sourcils, ni ses cheveux qui semblaient encore plus doux qu'un coussin, nonobstant le désordre qui y régnait. L'ignorant complètement, sans aucun remords, il alla s'asseoir sur un fauteuil, et au même moment, le train se mit en marche. En marche. Et Maxwell était encore dedans, et la porte était encore bloquée, et il n'y avait pas de sortie apparente. « Qu'est-ce que… » Il était littéralement sans voix. Il ne comprenait pas. Tout était beaucoup trop absurde pour qu'il ait l'impression de comprendre, de ne pas être en train de rêver. Était-il sûr qu'il ne s'agissait pas d'un rêve? « Je suppose que tu ne refuseras pas un verre? » Le jeune adolescent tourna sa tête en direction dudit inconnu, qui, pendant ce temps, s'était levé et dirigé vers le bar. « Non! » Son rire qui aurait pu être si charmant dans d'autres situations lui semblaient maintenant bien plus que mesquin. De plus, sa question n'avait aucun sens. « L'alcool est la meilleure création de Dieu, si Dieu existe bien sûr! Ma question était idiote. Oublie. » Maxwell était toujours abasourdi par la tournure que les événements avaient pris. En réalité, il n'avait jamais bu. L'alcool était beaucoup trop cher pour sa famille, et quand ils en achetaient, c'était pour soigner des plaies très communes dans un District où l'on fauchait les jeunes épis de blé chaque jour – ou presque. Sans qu'il ne comprenne très bien comment, il se retrouva avec un verre à la main. Il n'osait pas boire, surtout pas un liquide qui venait du Capitole. Il le posa sèchement sur la table qui se trouvait à sa droite, se mouillant quelque peu la main. « Je veux rentrer chez moi. Arrête ce train. Maintenant. » Il en avait les larmes aux yeux. Sa requête était encore plus puérile qu'il ne l'aurait cru, et sa voix se brisa sur son dernier mot. Maintenant. Comme si cela allait pouvoir changer quelque chose. Il fixait le noir de ses iris, comme il l'avait déjà fait tant de fois. Ils étaient si proches qu'il pouvait sentir le souffle de l'inconnu sur son visage, mais il trouva quand-même le moyen de se rapprocher, toujours sans le toucher. Il avait envie de reculer, mais c'était impossible. « Tu seras mon égérie au Capitole. » Si le départ du train était absurde, alors sa dernière réplique en était le paroxysme. Les habitants des Districts ne devenaient jamais les égéries du Capitole – exception faite pour les gagnants des Hunger Games. Ils n'avaient rien de la beauté parfaite qu'ils aimaient tant et dans les Districts, c'était impossible de passer sous les fers d'un chirurgien pour enlever le moindre défaut de sa peau. Du coup, souvent, ils vivaient avec des dents qui étaient tout sauf droites, des yeux paresseux, des boutons sur le visage. Maxwell savait qu'il n'avait rien de tout cela, mais il n'avait pas non plus grand-chose de la beauté du Capitole. Et de plus, il ne voulaient pas qu'ils changent son apparence grâce à des technologies dont ils ne pouvaient que rêver dans les Districts. Il refusait de devenir un pantin qui n'avait rien d'humain. Une toute petite partie de lui s'était toujours imaginé marché sur les dalles du Capitole tel un gagnant, mais le sentiment qui opprimait son cœur était la peur. Il était terrifié par ce qui pouvait l'attendre. Le verre de l'homme qui le regardait de son fauteuil roula à ses pieds, comme s'il n'en avait rien à faire. « Tu auras tout ce que tu veux. Je ferai rapporter tes affaires personnelles. Tu assisteras aux Hunger Games en directe du Capitole. » Il ne voulait rien de tout cela. Qu'est-ce qui se serait passé si c'était son nom qui allait sortir de la boule en verre? Il voulait juste rentrer. Qu'est-ce qu'il aurait ri s'il avait vu son chez lui. Il ne voulait pas assister à leurs fêtes et leurs farces alors que les familles de son District allaient pleurer. La lumière disparut du wagon, mais elle retourna rapidement. Il ne comprenait rien, et il était confus. Et puis, dans le silence de tombe qu'il y avait, il entendit sa voix, qui n'était qu'un murmure. « Aide-moi. Je m'appelle Bloom. Je m'appelle Bloom. » Il avait bu un deuxième verre qu'il avait ensuite jeté au sol comme le premier, avant de se rendre au bar. Et c'est là qu'il se trouvait. Et il aurait pu lui sauter dessus et se battre s'il l'avait voulu. C'était d'ailleurs ce que son corps lui criait de faire – la peur laissait peu à peu la place à la colère, à la rage, et s'en prendre à son kidnappeur était la suite logique des faits. Mais il ne pouvait pas. Pas après avoir entendu ''aide-moi''. Cela aurait été mesquin d'attaquer quelqu'un qui avait besoin d'aide – même s'il s'agissait de quelqu'un qui l'avait kidnappé, même si le Capitole n'allait certainement pas le punir pour ses actes. Il s'approcha du bar, assez lentement pour ne pas donner au dénommé Bloom l'impression qu'il allait l'attaquer, mais assez rapidement pour qu'il n'ait pas le temps de partir – ou casser une bouteille pour l'égorger. « Encore une fois, ravi de te rencontrer, Bloom. » Il fallait avouer que leur rencontre aurait été bien plus agréable dans d'autres circonstances, mais ce n'était pas ça qui allait l'aider. « Moi, c'est toujours Max. Maxwell, si tu préfères. MacCormarck, si ça te fait plaisir. » Il ne savait vraiment pas comment fournir de l'aide. Il n'était ni psychologue, ni psychiatre, ni spécialiste du comportement humain, sans oublier que s'il ne savait pas de quoi le jeune homme souffrait, il ne pouvait pas non plus savoir comment l'aider. Quelques secondes passèrent, pendant lesquelles on n'entendait que leurs souffles. Il n'y avait plus qu'un pas entre les deux, et Maxwell ne savait toujours pas quoi faire. Visiblement, il ne pouvait vraiment pas sortir de ce train. Et il ne pouvait pas non plus retourner au District Neuf. Du coup, autant tirer parti de la situation. S'il devait mourir trucidé par les autorités du Capitole – puisqu'il était formellement interdit aux habitants des Districts de s'y rendre à sa connaissance – autant profiter des quelques jours, des quelques heures qui lui restaient. Il prit la première bouteille qui se trouvait à ses côtés et la porta à ses lèvres. Au point où il en était, même si c'était du poison, cela n'allait pas changer grand-chose. Étonnamment, le liquide était très sucré, mais aussi très fort, au point que ses yeux en picotaient. « Si ta proposition de ramener mes affaires est toujours valable, ça m'arrangerait bien. Ce serait dommage que je doive marcher dans ce train nu, après tout. » Non pas que l'idée l'aurait dérangé, mais cela aurait été… gênant, pour ainsi dire. « Par contre… » Il tendit la couverture au capitolien, sans trop savoir pourquoi. Il ne voulait pas lutter, de peur d'aiguiser la colère de Bloom. Il ne savait ni de quoi il était capable, ni quelles étaient ses intentions. Il en avait marre de lutter, de toute façon. Il s'approcha d'un canapé qui se trouver tout près de l'une des fenêtres du wagon, avant de prendre la couverture qui traînait dessus. Ensuite, ils s'approcha une nouvelle fois du brun. « Je veux juste envoyer une lettre à ma famille. S'il-te-plaît. Juste une. Pour qu'ils ne s’inquiètent pas. Et après… on pourra parler de ta proposition. Ou d'autre chose si tu préfères. » La peur opprimait encore son ventre, et il avait envie de hurler. Si Bloom avait besoin d'aide, lui aussi il en avait besoin, ne serait-ce que pour sortir de ce train. Mais il ne pouvait ni percer un trou dans les parois, ni sauter d'une fenêtre, ni brûler le train en marche. De plus, s'il attaquait le capitolien, il n'était pas sûr qu'il aurait été très partant pour le ramener chez lui ou tout simplement être gentil, humain, avec lui. Il tendit aussi l'une de ses mains, lui offrant quelque chose à tenir. Il ne savait pas si cela allait marcher. Mais ça ne lui coûtait rien d'essayer, après tout.



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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Lun 13 Juin - 17:33

homo homini lupus
Even if I fall down, when you're not around, don't worry about me. Don't worry about me, cause if I fall you fall. Frances.

Mon corps tout entier s'affaisse. Je flanche. Je me soumets. À tout ça. À ma démence. À mon idiotie. À la stupidité qui me hume chaque jour. Pendant que le sablier de ma vie s'écoule. Progressivement. Indocile. Indomptable. Intouchable.
Mes deux paumes viennent se cogner contre le bord du bar. Le joli bar boisé que m'offre le luxurieux Capitole. Le joli train luminescent de toutes ces frivolités d'or, d'argent, de cuir aguicheuses. Le train que m'offre le Capitole. L'existence que m'épargne le Capitole. Et je m'affaisse sur un des tabourets mis à disposition. Je repose la bouteille de cristal. Puis je continue de seriner mon nom. Follement. Dans un murmure qui parviendrait quand même à écorcher le plus brave des silences. Je suis frêle. Faible. Incapable de penser sérieusement. C'est là que j'aperçois le garçon s'approcher. Doux. À pas comptés. S'il m'assaille je chavire. S'il me cogne je titube. S'il me tue je meurs. Mais il stoppe ses pas de loup à bonne distance. Et ma tête s'articule. Mon regard se meut. Larmoyant. Pleurnichard. Dolent. Plaintif. Le garçon joue de sa douce magie avec moi. Avec l'ouragan que j'invoque.

— Encore une fois, ravi de te rencontrer, Bloom. Moi, c'est toujours Max. Maxwell si tu préfères. MacCormarck, si ça te fait plaisir.
— Maxwell MacCormack je chuchote. Je souffle. En boucle. En remplacement de mon propre nom.

Puis, je me tais. J'entends. J'écoute sa respiration douce. Régulière. Et puis la mienne. Brute et primitive. C'est un comble. Je suis l'assaillant, lui la victime. Et en dépit de ça, c'est moi le plus inquiet. Le plus inquiet de ma survie. Dans le monde des hommes. Dans l'univers du Capitole. De ces monstres qui crachent sur ma dépouille. Crachent encore. Qui soufflent. Là, dans les rues obombrées par le crépuscule soudain du soir. Qui soufflent que j'aurais dû disparaître, moi. Et pas lui. Pas mon frère. Mon jumeau. Mon siamois. Lui, si parfait. Alors que moi, moi je ne suis rien. Rien d'autre que le chaos qui vient jasper l'odyssée tranquille des gens que je croise. Sur mon chemin. Comme lui. Maxwell MacCormarck. Maxwell. Sa seule erreur a sans doute était d'errer sur la Grand-Place. À cette heure. Ce jour. Cette vie.
Maxwell s'approche encore un peu. Un peu de moi. De mon corps enfiévré. Effervescent malgré la torpeur qui embaume mes membres. Et puis il harponne une bouteille. Boit. Une timide gorgée. Et la repose. Visiblement il ne voit jamais. Je le vois à son regard qui s'embrase. Même là, en lui offrant un verre. Pour faire le premier pas dans mes futures négociations. Même là je me suis trompée. Bravo Bloom, un sans faute. Pour ne pas changer. Et Maxwell poursuit son discours. Face à mon silence mortuaire. Face à mon austérité feinte. Alors que mon crâne grouille de questions. Il accepte ma proposition. Veux retrouver ses affaires. Et je comprends que je l'ai arraché à tout ce qu'il avait. J'ai arraché la fleur à sa tige. J'ai enlevé le sable de son désert. Je suis en train de lui infliger ce qu'on me fait. Ce qu'on me contraint à traverser. Je tourne mon regard. Circulaire. Et j'observe les quatre coins du wagon. De mon wagon bar. Ici, c'est le désordre qui règne. Ce foutu bordel. Qui n'est que le banal fruit de ma séparation. Ma séparation à ma mère. À ma maison. À tout ce que je connais. Ici. Je n'ai rien. Rien qui m'appartienne. Personne ne me connaît. Je ne suis personne. Je suis un fantôme sans identité. Une ombre passagère. Et personne ne se souvient de moi une fois parti. Et personne ne sait mon nom. Et mon regard se lève vers le sien. Toujours pullulant de milles et une teintes irisées. Je ne peux pas lui infliger ça. L'obliger à vivre comme moi. Un clochard fortuné. Vivant dans sa porcherie. Une vie, ça ? Plutôt crever. Sauf quand on est trop lâche, même pour ça. Comme moi.

— Ce serait dommage que je doive marcher dans ce train nu, après tout. il explique. Et un sourire vient naître sur mon visage fade. Un sourire carnassier. Un sourire béat. Mais un sourire évanescent. Je redresse la tête. Et me racle la gorge. Je pince mes lèvres. Pour me contraindre à effacer cette réaction. Malsaine. Déplacée. De toute façon. S'il accepte d'être mon mannequin je le verrai nu. Nécessairement.

Puis Maxwell s'évade. Il fuit vers le canapé. Celui dans lequel je dors. Dans lequel je bois. Dans lequel je philosophe. Dans lequel je me morfonds. Sans pour autant jamais rien faire. Il agrippe ma couverture. Celle où je me love. Où je me terre. Quand la nuit opaque vient hanter l'intérieur. Par les fenêtres. Il impose ses conditions. Mais je n'écoute déjà plus. Et il revient vers moi. Me la tend. Je n'ai pas bougé du bar. Amorphe. Si je cesse le moindre geste. Peut-être que j'arrêterai de briser des dizaines. Des centaines d'existences. Je reste pantois devant le drap. Qu'est-ce que ça signifie ? Qu'est-ce qu'il attend de moi ? Qu'est-ce qu'il veut vraiment ? Et je comprends que c'est stupide. Complètement stupide de rester là. Figé. Ankylosé. Parce que le train est en train de quitter le Neuf. A faible cadence. Et que je comprends enfin. Que j'émerge du néant. Que lui ne veut pas partir. Et que moi je ne veux pas le détruire. Alors je lui fais face. Tends mon bras. Et fait glisser la couverture de ses doigts. Elle s'effondre au sol. Déjà jonché de mes vestiges. Je lui sers la main. Parce que je veux lui faire comprendre. Que j'ai tout saisi. Que j'arrête mes conneries. Que je ne suis plus son ennemi. Je recule. Vers une discrète porte en verre. Je presse un bouton. Et elle disparaît. Derrière, un pacificateur.

— Faites demi tour sur le champ. Et arrêtez vous à la gare du Neuf. j'ordonne. Vandale. Je clos la porte. Et je me tourne vers Maxwell. J'ai une histoire pour toi. je souffle en conquérant le bar. En attrapant la bouteille de cristal. Je baisse le regard. Il y a deux frères : un loup et un chien. Le chien est aimé de tous les hommes, il est leur ami. Mais les hommes regardent le loup différemment : certains l'admirent, beaucoup le craignent. Le chien aime le loup, mais le loup décide de tuer le chien, par jalousie, mais aussi pour tenter de prendre sa place. Mais le loup s'aperçoit que rien n'a changé, que tout a empiré. Il est devenu un monstre aux yeux des hommes, et il se demande pourquoi lui est né loup, alors que son frère, et tous les autres individus qui l'entourent sont des chiens. Le loup décide de tous les abandonner, et il part seul dans les bois, il se promet de ne revenir parmi les hommes que lorsqu'il aura trouvé la solution à tous ses problèmes.

Je fais un pas de plus vers lui. Et je sens le train stopper sa course effrénée. Et il repart en sens inverse. Dans une légère secousse. Je me tiens à un mètre de lui. Et pour la première fois, j'essaye de ne pas le regarder comme une solution. Comme un simple objet. Source de mon renouveau. Mais comme un homme. Il est beau. Une vraie beauté. Une beauté pure. Un atticisme naturel, que l'on ne retrouve pas au Capitole. Il a les cheveux brun. En fait, il me ressemble assez. Mais ses yeux sont plus clairs. Plus vertueux.

— Je suis un loup. je conclus. Et c'est fatal pour moi. De résumer ma vie à cette simple fable. Et la vérité vient m'asséner. Affligeante. Car désormais il est la seule personne à savoir que j'ai tué mon frère. La seule personne, avec ma mère. Je t'invite à rester dîner ici ce soir. Ensuite, tu repartiras. Mais j'aimerais vraiment que tu écoutes ma proposition. J'ai des costumes dans le placard, si tu veux te changer, prends-les, je te les offres.

Et je file vers le placard. Saisissant son bras dans la volée. Je l'ouvre, décroche tous les ensembles de leur cintre. Et lui pose dans les bras.

— Reste, s'il-te-plait. Parce que je dois me faire pardonner. Parce que je dois lui faire oublier que je l'ai enlevé. Parce que je m'aperçois qu'il me plait. Qu'il n'est pas comme ces bellâtres du Capitole. Ceux avec qui j'ai parfois fricoté. Parce qu'il est pourvu d'un réel charme. Et ça, ça m'étrangle. Ça m'asphyxie. Ça me fait peur.

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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Mar 14 Juin - 17:30


homo homini lupus
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Maxwell ne savait pas ce que lui avait pris. Il se souvint de quand Bloom avait violemment rejeté son contact, quand ils se trouvaient encore sur la Grande Place du District Neuf. Le District Neuf. Allait-il le revoir un jour? Ses os allaient-ils reposer dans une terre qui n'était pas la sienne, loin de ses proches et de ses racines? Il n'avait pas envie qu'on le jette dans une fosse commune, encore moins si elle ne se trouvait pas dans son District. Il voulait que sa famille puisse le pleurer, se souvenir de lui, et tout cela n'allait jamais être possible s'il était enterré autre part. Il secoua très délicatement la tête, pour tout oublier. Pour l'instant, il était en vie, et il ne fallait pas qu'il oublie cela. Sinon, il risquait de perdre son ouest, et envoyer en l'air toutes les heures qui lui restaient à vivre. À sa plus grande surprise, Bloom ne rejeta pas ses offres. Pas complètement, en tout cas. La couverture qu'il avait ramassé de son canapé tomba au sol, comme si de rien n'était. Sa main, au contraire, rencontra celle du deuxième brun. Il n'eut pas vraiment le temps de se concentrer sur ce contact, puisque l'autre était déjà en train de se diriger vers une porte dont il n'avait jusque-là pas remarqué l'existence. Maxwell, bien évidemment, était décidé à le suivre. Derrière la porte, il y avait un Pacificateur, mais cette fois-ci, ce n'était pas un danger pour le jeune brun, bien au contraire. « Faites demi-tour sur le champ. Et arrêtez vous à la gare du Neuf. » Ensuite, tout s'enchaîna très rapidement, et il n'eut même pas le temps de remercier Rajaël pour son geste. Bien évidemment, c'était le minimum quand on kidnappait quelqu'un. Mais en même temps, tant d'autres cas de figure auraient pu se présenter; il aurait pu être frappé, torturé, ou même tué, donc au final, ce n'était pas trop mal de rentrer chez soi. « J'ai une histoire pour toi. » Le jeune agriculteur se jura de le remercier plus tard, une fois son histoire terminée, et il le suivit jusqu'au bar. Et là, debout dans un train qui l'éloignait de tout ce qu'il connaissait, il fixait les cheveux de l'homme qui venait de baisser son regard, et il écouta son histoire. Il l'écouta parler des deux frères, du chien et du loup, l'un adoré, l'autre craint et détesté. Au début, il n'était pas très sûr de comprendre pourquoi il parlait d'un loup qui tuait un chien, d'un loup qui tuait son propre frère. Mais son cœur se serra quand il raconta le destin du loup – un meurtrier qui finit par s'exiler, qui décida de rester dans la solitude jusqu'au jour où il trouvera une solution. Et puis… Le train changea de sens, mais il ne sauta pas de joie, il ne cria pas, il ne bougea pas un seul muscle. Bloom s'approcha, les yeux rivés sur les siens. Il était presque sûr d'entendre son propre cœur battre, tel un tambour dans une grotte plongée dans le silence de la mort. « Je suis le loup. » Toutes les pièces de l'énigme s’imbriquèrent. Maxwell ne lui répondit pas que ce n'était pas vrai, ou qu'il n'était pas comme les autres loups. En réalité, qu'est-ce qu'il savait du jeune Rajaël? Pas grand-chose. Il ne connaissait ni ses tics ni ses goûts, et il ignorait tout de son histoire – tout, exception faite pour le meurtre. Mais en dépit de cette révélation, il n'avait plus peur. Bloom était certes un loup, mais il ne l'effrayait pas. Il s'était frotté à ses dents, et il en était sorti indemne. Il ne savait pas quoi répondre – il ne dit rien, préférant le silence à des mots faux et maladroits. Mais s'il n'avait pu dire qu'une chose, ça aurait été je n'ai pas peur de toi. « Je t'invite à rester dîner ici ce soir. Ensuite, tu repartiras. Mais j'aimerais vraiment que tu écoutes ma proposition. J'ai des costumes dans le placard si tu veux te changer, prends-les, je te les offre. » Maxwell se retrouva avec une pile d'habits dans les bras, Bloom toujours plus proche de lui. « Reste, s'il-te-plaît. » Quelques secondes s'écoulèrent. Il ne put s'empêcher de pouffer de rire très doucement, avant de poser les vêtements sur la table qui se trouvait à ses côtés. « Ne t'inquiète pas. Je vais rester. Je dois juste… prendre une douche avant. » Sa transpiration avait jusque-là été couverte par l'odeur d'alcool qui régnait dans le wagon bar, mais il préférait éviter d'éventuels embarras. Dans la pile, il prit des pantalons rouges ainsi qu'un haut blanc, bien plus serré que celui qui était le sien – il espérait juste que cela ne dérange pas ses brûlures. « J'aurais juste besoin que tu me montres où c'est qu'on mangera – ainsi que la salle de bain. Je te rejoindrai dès que je me serai lavé. » Il avait l'impression d'être un simple enfant qui essayait d'intégrer le monde des adultes, sans avoir beaucoup de succès. Mais son enfance s'était depuis longtemps achevée, et il espérait que Bloom ne le voie ni comme un simple objet, ni comme un pauvre jeunot décérébré. « Et après, on pourra parler. » Il lui sourit une fois de plus, lui promettant, à travers ce geste, qu'il n'allait pas le quitter de sitôt. Et qu'il allait faire de son mieux pour écouter et comprendre, si nécessaire.

Maxwell sortit de la salle de bain une bonne trentaine de minutes plus tard. Chez lui, il avait tout le temps les cheveux mouillés quand il en sortait, mais là-bas, il suffisait d'insérer sa main dans un petit appareil pour être plus sec qu'un jour d'été. Il avait eu un peu de mal avec la douche mais il en était sorti propre, délicatement parfumé, et encore plus important, vivant. Cependant, il n'avait pas de chaussures à ses pieds. Il avait peur de salir le sol avec ses bottes, donc il les avait laissées avec le reste de ses habits. Il marchait donc pieds nus dans le train, sur des tapis qui étaient doux comme la soie. C'était toujours mieux que de les abîmer, après tout. Quant au reste de ses vêtements, il était agréablement surpris; le t-shirt était suffisamment doux sur sa peau pour qu'il n'opprime pas ses brûlures, et les pantalons étaient bien plus confortables que n'importe quelle tenue de travail. Maintenant, il était en quête de la salle à manger. Il se souvenait plus ou moins du parcours qu'il devait prendre, mais tout était tellement grand qu'il ne savait pas par où regarder. Et au bout de quelques minutes, il tomba sur Bloom, qui regardait par une fenêtre qui était tout aussi large que la pièce dans laquelle ils se trouvaient. Il l'observa pendant quelques secondes sans que le deuxième s'en rende compte, avant de prendre la parole. « Hey. » Il avança de quelques pas, se rapprochant de Rajaël. « Merci pour la douche. Et… désolé pour les pieds. » Il se retrouva à ses côtés, et il tourna sa tête en direction de la fenêtre lui aussi. Le soleil était toujours plus faible, et le ciel avait une teinte orangée qui se faisait de plus en plus foncée. Au loin, on pouvait apercevoir des lumières qui s'allumaient peu à peu. Il ne savait pas de quel District il s'agissait. Peut-être qu'ils étaient déjà au Neuf, et qu'il regardait ses concitoyens. Il avait hâte de rentrer chez lui, mais en même temps… ça ne l'aurait pas dérangé de rester avec Bloom maintenant qu'il n'était pas son prisonnier. Ils allaient sûrement passer à table d'une minute à l'autre, mais le jeune brun ne voulait pas gâcher une telle occasion de lui parler. On n'entendait que le bruit du train, très délicat sur ses rails, ainsi que leurs respirations, dont le rythme était toujours plus proche. Les forêts laissaient la place aux champs. Des champs énormes, qui s'étendaient à perte de vue. Des champs dans lesquels Maxwell était né et il avait grandi. Des champs dans lesquels il allait sûrement mourir, aussi. Il pensait à Bloom, qui avait dû passer sa vie dans une ville sûrement parfaite, mais apparemment éloignée de toute nature. « Je ne sais pas dans quelle mesure t'as pu voir le Neuf, mais si jamais un jour t'as du temps libre, je serais ravi de te montrer le coin. » Il y avait tant d'endroits de son District qui étaient importants à ses yeux – comme le lac, par exemple. Après, il savait que ce n'était pas aussi simple que ça dans les faits. « M'enfin. C'est pas très grave. J'y pensais car… » Il pointa du doigt les petites maisons en bois qu'on pouvoir voir au loin. « J'habite dans une maison comme ça. Et c'est aussi pauvre que ça en a l'air. » Il baissa le bras, et regarda Bloom dans les yeux. Par moments, son iris devait plus clair, comme le ciel quand il commence à s'obscurcir peu à peu. « Mais c'est aussi un endroit magnifique. Peut-être pas pour les standards du Capitole, mais pour moi, si. » Il se tourna pour lui faire face, tout en baissant son regard. Ses yeux étaient si puissants qu'il n'arrivait pas toujours à leur faire face. « Je crois qu'il est temps de manger. On y va? » Il tendit son bras pour qu'il l'enlace au sien, comme il avait vu bon nombre d'habitants du Capitole faire à la télévision lors de bals et de fêtes officielles. Il ne savait pas vraiment ce qu'ils faisaient après, mais pour une fois, il voulait bien suivre quelqu'un d'autre – dans ce cas, Bloom et ses yeux couleur charbon.



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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Mer 15 Juin - 17:47


homo homini lupus






The truth is always either terrible or boring.
GoT.
Je m'attendais. Je m'attendais à cette douche froide et ankylosante. Je l'ai kidnappé. Je l'ai malmené. Et comble de l'idiotie, je viens d'avouer. Avouer mes péchés. Mes vices les plus enfouis. Les plus secrets. Les crimes qui ont su m'abattre au passage. D'un seul et même coup. Brut et sadique. Le meurtre de mon frère. Le meurtre d'Ange. C'est un poignard à double tranchant. Qui a su sonner le glas de mon existence. Le glas de la souffrance. Le glas de la perdition. Ma perdition. J'ai assassiné mon frère, et j'ai crevé comme un chien battu. Souillé, esseulé. Sur ses traces. Nous nous sommes effondrés tous les deux. Au fond de ce lointain précipice illusionniste. Qui a emporté dans un courant torrentueux nos dépouilles fatiguées.
Alors, je m'attendais à ça. À ce que Maxwell MacCormack recule. Fulmine d'épouvante. À ce qu'il cède à un tremblement tyrannique. Fourmillant dans chacun de ses membres disloqués. Ou, en dépit de tout ça. Qu'il reste planté là, stupide, livide, prostré. Qu'il pense, comme tous les autres. Comme tous les hommes sur Terre. Qu'il pense que le loup qui se dresse. Juste face à lui. Que ce loup-là le tuera sur le champ. Faisant de son âme sa prochaine victime. Une vie arrachée à coup de griffes moirées.
Au lieu, Maxwell glousse. Et je me sais incapable d'avoir des réactions humaines. Ou du moins être prêt à les analyser. À bon escient. Quelles qu'elles fussent. Mais rire ne faisait indéniablement pas partie de ma liste. Au contraire. Alors je reste figé. Fidèle au cadavre blafard que je darde à tous. Et j'attends, comme ça. J'attends que le rire s'arrête. Mes membres se rétractent. Et je me dis que je suis peut-être trop imprudent. Je lui révèle le pire secret qui puisse être. Je ne sais rien de lui. Peut-être va-t-il s'empresser. Cavalcader à travers ses champs solitaires. Pour révéler à tout Panem qui je suis réellement. Un meurtrier. Le fou des Rajaël, un meurtrier. Tu parles d'un secret. En fait, qui ça choquerait vraiment ? Tout le monde au Capitole s'attend à ce dénouement. Cette fin assassine de l'histoire. De mon histoire. Mais Maxwell se tait. Il repose les vêtements. Et l'angoisse bondit dans mes veines. Il va partir.

— Je vais rester. il dit, flûté. Et mon corps entier se relâche. S'évade de son agonie passagère. Car en dépit des soupçons qu'il apporte, il représente plus. Beaucoup plus. Il est devenu important. Trop et trop brusquement. Et je n'ignores pas pourquoi.

Alors, tout va très vite. Je l'attire à moi. L'entraîne dans le profond dédale de wagons. De couloirs. De pièces. Et je le laisse aux portes de la salle de bain. La porte se referme sur moi. Et je me retrouve. Enclin à ma solitude. La solitude mortuaire. Sinistre. Effroyable. Celle qui m'entraîne dans les méandres du chaos. Je fais marche arrière, et j'abandonne mon wagon bar pour la soirée. Je l'admire une dernière fois. Puisque désormais il est ma maison. Mon cocon. Et que mon esprit entier m'embastille ici. Depuis le début. Le début de cette longue odyssée fade. Je referme la porte. Et je virevolte. Je passe encore devant trois autres entrées. Sans daigner décliner même le regard. Et je tourne enfin. La pièce est plus vaste. Plus fastueuse. Plus luxuriante. Au centre, au sol, un tapis en peau d'ours. Sous les quatre pieds d'une immense table boisée. Aux murs des tapisseries luminescentes. Je ne suis jamais venu ici. On me servait mes repas dans le wagon bar. On venait me réveiller dans le wagon bar. On savait que je vivais dans le wagon bar. Alors ici, tout est impeccable. Sublimé. Comme neuf. Pas de verre broyé à foison. Pas d'émanation excessive d'alcool. Un parfum de rose embaume la pièce entière.
Mes pieds avancent d'eux-mêmes. Et je me retrouve. Le visage collé à la vitre. Mon souffle invite la buée à chevaucher le verre. Dehors, le crépuscule hante le ciel d'une palette de couleurs vives. Je regarde l'horizon. C'est beau, oui. Mais je ne peux pas m'ébaudir du spectacle. Je déteste, même. Parce qu'après, après vient la nuit. La nuit ténébreuse. La nuit que je crains. La nuit qui m'enterre vif. Alors que je refuse de tomber dans les doux bras de Morphée. L'angoisse ne quitte pas mon corps. Pas tant que Maxwell est à bord de ce train. Ce train qui le ramène chez lui. Il est trop important pour que je puisse le perdre. Et il a tellement subi. Que je dois maintenant rééquilibrer les choses.
Pour dire, c'est loin d'être une partie de plaisir. Demander à Bloom de faire le bien. C'est comme demander à un poisson de vivre sur la terre ferme. C'est comme demander à un oiseau d'arrêter de voler. Pour l'éternel. En fait, c'est chose quasi impossible. Il y a autant de chance que je le plante. Avec un couteau de la vaisselle raffinée. Qu'il y a de chance de voir une carrière remporter les jeux. Les jeux qui arrivent. Les jeux qui m'extirperont de ma tombe fantaisiste. Que je me suis inventée de toutes pièces. Que j'ai inaugurée solitaire. De mes beuveries à répétition.

— Hey. il me lance. Je me retourne, brusque. Et on se fait face. Il est fringant. En rouge. Et en blanc. On dirait un capitolien. En moins artificieux. Avec moins de plastique. Et son élégante pureté a décuplé. Je ne me suis pas trompé sur son compte. Il est sublime. À en faire rendre une fièvre algide à toutes les minettes de Panem. Et pour la seconde fois. Un sourire malsain vient inonder mes lèvres. Alors je détourne le regard. Ses pieds nus, je m'en balance. C'est pas moi qui dira quoi faire ou ne pas faire. Quand on est blindé et qu'on se pavane dans un pyjama avachi.

Il s'approche de moi. Et se place à côté. On regarde le soleil s'éclipser. Tous les deux. Muets comme des rats morts. Le Neuf approche. On s'est à peine éloigné du tunnel de sortie, en fait. À l'horizon des baraques délabrées grouillent. Devant, des champs. Des céréales, peut-être. Mais j'avoue qu'en dehors de ce qu'on verse dans mon assiette. Je ne connais rien. Rien. Ma tête s'incline petit à petit. Je jette un coup d'œil à gauche. Furtif. Indocile. Opiniâtre. Et je vois Maxwell. Il respire. Il jouit de la vue. La vue de sa terre natale. Une terre natale. À qui j'ai voulu arracher une de ses progénitures.

— Si jamais un jour t'as du temps libre, je serai ravi de te montrer le coin. il reprend. Inlassable face à mon mutisme de glace. J'habite dans une maison comme ça. Et c'est aussi pauvre que ça en a l'air.

Et tout ce que je veux. Désormais. C'est fuir. Fuir. M'échapper. Courir de cette pièce en hurlant. En me jetant sur les tapisseries minutieuses. En les arrachant de mes ongles acérés. Mes griffes de loup. Un loup jappant dans la nuit noire. Craignant l'opacité comme la peste. J'aimerais tant. Tant revenir sur ma décision. Ne jamais avoir demandé au pacificateur de faire demi tour. Il pourrait tout avoir. Tout. Au Capitole. S'il venait avec moi. Peut-être que je devrais ordonner à nouveau de filer. Loin. Loin d'ici. Et pour toujours. Mais je n'en fais rien. Je reste planté. À ses côtés. Percevant même la chaleur bienveillante de son corps. Illusion ? Mirage ? Utopie ? Je laisse glisser mon idée primitive dans mon crâne. J'attends qu'elle parte conquérir de nouveaux horizons. Et je plante mes ongles dans la chaire de mon bras. Sous la manche de mon pyjama. Bleu électrique. Je garde mon calme. Je respire. Je détends mes membres affamés du mal qu'ils pourraient faire. Mais je ne fais rien. Je ne fais rien. Je ne cille même pas. Et je l'écoute narrer son amour. Son amour inépuisable pour son district. Et ça m'apaise. Car je ne peux pas le blesser. Le briser. Je ne peux pas. Et je ne veux pas. Ce garçon m'est trop utile. Et il est devenu vital. Salvateur. Nécessite désormais.
Je m'accroche à son bras. Son bras qu'il me tend. Comme à une bouée. Je nage dans l'inconnu. Je nage. Ma peau touche sa peau. Ma peau ensevelie sous un amas de vieilles cicatrices. Sous un amas de griffures. Fraîches. Sanguinolentes. Qui tachent de quelques gouttes son poignet nu.

— Je reviendrai, après les jeux, si tu veux. je souffle. Je dois m'occuper du Sept avant. et ça me frappe en plein cœur. Une fois encore. De savoir que je dois habiller deux cadavres. Pour le défilé funèbre au Cirque. De savoir que je ne sais même pas encore quoi leur mettre sur le dos. Alors que le terme de la moisson résonne dans mon crâne. Moi ma maison est juste en face du palais présidentiel. Elle est immense, et il y a cinq salles de bain. Ma mère vit seule dedans la plupart du temps. C'est une fervente admiratrice du Capitole.

Je baisse les yeux. Non, je ne peux pas en dire autant de moi. Le Capitole est mon berceau. Et il le restera quoi qu'il advienne. Mais je n'admire pas ce foutu Capitole. Ce foutu Capitole qui brise les étrangers. Refoulés dans des districts passablement pitoyables. Comme celui de Maxwell. J'ai suffisamment fui. J'ai suffisamment voyagé. Vogué. Pour le savoir. J'entraîne Maxwell près d'une chaise. Je me détache de lui. Difficilement. Et j'écarte la chaise de la table. Pour qu'il puisse s'y asseoir. Et moi, moi je m'envole à l'autre bout. De l'autre côté. Une femme entre. Une muette. Une rouquine muette. C'est pas rare d'en voir nous servir. Alors, elle nous offre deux coupes de champagne. Et elle s'évade. Prompt. Comme un mirage.

— Le contrat que je te propose, c'est d'être mon modèle officiel. comme je lui avais chuchoté à l'oreille pendant ma crise de démence. Mon égérie. Il sera mon égérie. Il le doit. Sinon. Je fais quoi ? Pour être franc, je ne suis pas un vrai styliste. Ce sont d'autres qui font les collections pour moi. Moi, je sers à rien. Mon but dans tout ça, c'est juste résoudre mes problèmes. C'est vrai. Quelqu'un entrerait dans la pièce. Il me cracherait dessus. Je ressemble à un crevard. Dans les égouts répugnants du Capitole. Lui, il a plus de charisme que jamais je n'en aurai. Alors pourquoi lutter ? Pourquoi mentir ? Pourquoi lui cacher que je suis un incapable ? Alors que je lui ai déjà livrer le pire de tous mes secrets inénarrables. Et indénombrables. Un loup ça sait tuer des moutons, mais j'en ai jamais vu un prendre sa laine et en faire des manteaux avec. je poursuis. Assassin. J'estime mon humour douteux. Malsain. Mais parfois il porte ses fruits. Au Capitole. Ou on rit pour un oui ou pour un non. Ce qu'il y a, c'est que je n'ai rien de bien fou à te proposer en retour, sinon de l'argent ou des vêtements... Certains auraient jubilé. Devant un pactole pareil. Mais de l'argent, c'est du fictif. Ça ne fait en aucun cas le bonheur des gens. J'en ai fait les frais. Et j'en paye toujours le prix fort. Alors, quand la muette ressurgit. Elle pose des fruits confits. Au centre de la table. Je lève mon verre, pour trinquer. Et je conclus : Je pourrai toujours t'offrir ma compagnie, en tout cas.

Et je bascule la tête en arrière. Dans un mouvement brutal. Trop brutal. Je glousse. Je ris, incoercible. Au lieu du glas de nos verres. Le mien échappe d'entre mes doigts frêles. S'effondre. Inonde la nappe dorée. Sans se briser cette fois. Ma compagnie est aussi désirée que la mort en personne. Alors je ris. Je ris. Et je sens la démence revenir. Au grand galop. Irrégulière. Plus indomptable encore qu'au passé. Elle me prend dans ses bras fictifs. M'enivre de son nectar libidineux. Et la folie m'entraîne. Pour un nouveau tour de manège.

petit cadeau pour l'inauguration du bac Dorian

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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Jeu 16 Juin - 14:24


homo homini lupus
❝ bloomax – he's singing softly in the night ❞
Le contact avec Bloom envoya des frissons le long du dos de Maxwell. Seulement, il ne s'agissait ni de peur, ni de froid, mais… de plaisir, presque. Sa peau était chaude, comme le pain qui sort du four, et il avait presque envie de marcher enlacé à son bras jusqu'à l'aube, et même au-delà. « Je reviendrai, après les Jeux, si tu veux. Je dois m'occuper du Sept avant. » Même si sa voix n'était qu'un souffle, les mots qu'il venait de prononcer avaient comme brisé quelque chose en lui. Les Jeux. Il n'était pas sûr de survivre à la Moisson. Loin de là. « Ce serait avec plaisir – à condition que je ne sois pas tiré au sort. Mais ça, on le découvrira en même temps. » Il ne savait pas vraiment ce qu'il faisait pour le Sept, mais il devait soit en être l'hôte, soit le styliste. Le jeune brun ne faisait pas vraiment attention aux visages des capitoliens qui participaient, à leur manière, aux Jeux, et il se pouvait que Bloom venait de les intégrer. « Moi ma maison est juste en face du palais présidentiel. Elle est immense, et il y a cinq salles de bain. Ma mère vit seule dedans la plupart du temps. C'est une fervente admiratrice du Capitole. » Maxwell fit mine de ne pas avoir entendu sa dernière phrase. Il y avait tellement de non-dits dans l'air qu'il ne voulait pas dire ce qu'il ne fallait pas, et il n'allait tout de même pas balancer de la boue sur les convictions de sa mère. Surtout pas dans un train du Capitole. « Cinq salles de bain? » Il pouffa de rire, honnêtement amusé par l'idée. « Si jamais tu viens chez moi, ne t'attends pas à grand-chose – les seules toilettes sont dans le jardin. » Le jeune agriculteur s'imagina la tête que ses parents auraient tiré s'il avait ramené Bloom chez lui. Ils étaient tout sauf amoureux du régime en place, et il les imaginait en train d'agresser l'homme qui se tenait à ses côtés. Pas très joyeux comme perspective. Il décida alors de s'imaginer en train de lui montrer son District et toutes les beautés qu'on pouvait y trouver. Malheureusement – ou heureusement, Maxwell en était pas sûr – il ne pourrait jamais visiter les Rajaël chez eux, ne serait-ce que voir leur maison en personne, à moins de gagner les Jeux. Or, il savait que ses chances dans l'arène n'étaient pas des meilleures. Il était fort et résistant, mais ce n'était pas son biceps qui allait empêcher aux carrières de le découper en toutes petites tranches tel un jambon. Il se vit en train de mourir très lentement devant un pays tout entier. Il pensa à ses parents. À Alexander, son frère depuis longtemps parti. À ses parents. À Bloom. Il ne voulait pas partir. Il ne voulait abandonner personne, et il espérait rester aussi loin que possible des Jeux une dernière fois, même si cela voulait dire ne jamais visiter la maison des Rajaël. Au moment de quitter le bras de son accompagnateur, il regretta d'avoir proposé de passer à table aussi rapidement. Mais en même temps, son ventre gargouillait quelque peu, et il fallait avouer que leur chaises étaient très confortables. Une rouquine leur amena deux verres très fins d'une boisson qui lui était inconnue; il la remercia, mais elle ne répondit pas, et Maxwell se sentit quelque peu offensé par ce manque de politesse. Était-il pauvre au point que même les servants du Capitole refusaient de lui adresser la parole? « Le contrat que je te propose, c'est d'être mon modèle officiel. » La première fois qu'il avait abordé le sujet, le jeune brun était encore un pauvre adolescent en train de se faire kidnapper, qui ne comprenait pas vraiment l'ampleur ou l'importance de la situation. Maintenant, il avait le droit de faire un choix, et ce sentiment n'avait pas de prix aux yeux de Maxwell. Bien évidemment, il avait déjà une idée de sa réponse. Et il se voyait très mal refuser. Après tout, c'était… très flatteur d'être considéré pour une opportunité semblable, et Bloom n'était pas – ou plus, en tout cas – un danger pour le jeune MacCormack. Pourquoi refuserait-it? « Pour être franc, je ne suis pas un vrai styliste. Ce sont d'autres qui font les collections pour moi. Moi, je sers à rien. Mon but dans tout ça, c'est juste résoudre mes problèmes. » Le jeune brun prit une gorgée de son verre, sentant immédiatement les bulles monter dans sa gorge. Étrangement, ce n'était pas du tout désagréable comme sensation. Il voulait dire à Bloom que c'était faux, qu'il servait à quelque chose. Tout le monde servait à quelque chose. Si on partait avec un tel état d'esprit dans les Districts, on faisait pas long feu niveau bonheur. Mais il ne le dit pas. Il ne dit rien. Il avait l'impression que ses mots étaient maladroits, pas aptes à la situation. « Un loup ça sait tuer des moutons, mais j'en ai jamais vu un prendre sa laine et en faire des manteaux avec. » Maxwell rit. C'était très glauque comme blague, mais il trouvait Bloom marrant, charmant, séduisant. Et il voulait qu'il continue de parler, il voulait entendre sa voix jusqu'au moment de s'endormir. « Ce qu'il y a, c'est que je n'ai rien de bien fu à te proposer en retour, sinon de l'argent ou des vêtements… » Bien évidemment, comme la plupart des familles de son District, les MacCormack avaient besoin d'argent, sinon le petit frère et la petite sœur de Maxwell allaient bientôt devoir s'encombrer de tesserae. Et les vêtements… il devait avouer que ça l'intéressait beaucoup. Il avait l'habitude de porter essentiellement des chiffons qui remontaient à l'adolescence de son grand-père et les habits dans lesquels il se trouvait en ce moment-là étaient largement au-dessus. Ceci étant dit, il se voyait mal déambuler dans le Neuf habillé comme un capitolien – de un, ce n'était pas pratique pour travailler, de deux, il connaissait pas mal de gens, et il n'aurait pas pu leur faire croire que c'était un étranger en simple visite touristique. « Je pourrai toujours t'offrir ma compagnie, en tout cas. » Bloom porta son verre à sa bouche, et Maxwell se dit que cette dernière proposition était la plus intéressante. Ça ne le dérangerait absolument pas de passer du temps avec l'homme qui se tenait devant lui, loin de là. Il commença à rire, et le jeune MacCormack l'imita. Mais assez vite, il se rendit compte que ce n'était pas un rire harmonieux. « Bloom? Blo – ça va? » Il se leva de sa chaise; fort heureusement, puisqu'il n'avaient pas encore commencé à manger, il n'avait rien fait tomber. Il s'approcha de lui, tout en lui donnant suffisamment d'espace pour respirer. Il ne voulait pas lui donner l'impression d'être là pour l'étouffer. « Bloom? » Sa voix sa brisa légèrement sur son prénom. Il avait peur. D'un côté, pour lui, certes, car il n'avait pas envie d'être attaqué. De l'autre, pour Rajaël lui-même. Il ne savait pas ce qui était en train de se passer, et il ne voulait pas empirer la situation pour lui. Il hésita à appeler un Pacificateur, ou la servitrice malpolie qui les avait servis, mais très rapidement, il abandonna l'idée. Il n'était pas sûr qu'ils pourraient vraiment l'aider, et il préférait qu'il y ait le moins de dégâts possibles. Il ne savait vraiment pas quoi faire, mais il ne pouvait vraiment pas rester là, debout tel un merlan frit. Alors, il fit la seule chose qui, dans son esprit, paraissait logique: il commença à lui parler. Il ne savait pas vraiment dans quelle direction il était en train de partir, mais il savait juste qu'il ne voulait pas entendre autre chose que sa voix. Le rire de Bloom aurait voulu dire que la situation ne s'était pas améliorée. Le silence du train aurait probablement voulu dire… il n'était pas sûr de vouloir le savoir. Mais ce n'était peut-être pas très bon signe, en fin des comptes. Du coup, il parla de ses parents, de son frère Alexander, de sa réaction quand il avait appris que, surprise surprise, Max n'allait jamais ramener de copine et d'enfant à la maison, ainsi que ses deux sœurs et son petit-frère. Il parla jusqu'au moment où sa gorge était devenue sèche. Pas une seule fois il n'avait vérifié si le jeune Rajaël allait mieux. Il n'en avait pas le courage. Il ne savait pas si Bloom s'était calmé, et il n'osait pas le regarder. Il avait peur de lever son regard et voir qu'il avait échoué ou même, qu'il avait empiré la situation. Lui faire du mal était la dernière chose qu'il souhaitait. La dernière.

Spoiler:
 



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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Ven 17 Juin - 17:29


homo homini lupus







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Mon rire est forcené. Mon rire est captieux. Outré. Impudique. Mon rire est débauché. Singulier. Mon rire est meurtrier. Destructeur.
D'abord perfide. Il inonde ma gorge. Empoisonne mon thorax. Abrase mon œsophage. Flamboie mes poumons. Je sens ma salive s'égarer dans le dédale de mes trachées. Le brumeux labyrinthe qui embaume mon squelette disloqué. Ma salive annexe ma bouche. Et je manque de m'étrangler. Un goût acerbe. Ferreux. Submerge mes papilles. Exhale son arôme sanglant sur ma langue. Je saigne. Le sang remonte. Comme un flot de lave. Allégorie de mon acmé. Une lave génocidaire. Qui a su embraser tout un peuple. Comme celui de Pompéi. Un feu ardent. Le feu des dieux coléreux. Qui aura peut-être raison de moi. Alors. Peut-être. Peut-être vais-je crever là ? Et l'interrogation revient. Serine. Résonne. En boucle. Dans mon crâne désabusé. Elle revient comme un rituel. Une ritournelle. Une comptine pour mômes. Et si mourir était mieux ? Mieux que continuer à vivre cette vie ? Cette vie de charognard. Prêt à vendre âmes alentours. Pour refonder une popularité. Plus simplement. Pour retrouver une place. Une place que je n'ai plus. Dans cette société qui est mienne. Je suis une tentacule. Une des tentacules de la pieuvre capitolienne. Retrouver un corps que j'ai moi-même écorché. Que j'ai moi-même affaibli. Que j'ai moi-même tué. On voudrait tuer son chien qu'on l'accuserait d'avoir la rage. La folie, elle a bon dos. Après tout. Parce qu'en réalité. Je ne suis qu'une larve. Claustrée dans son cocon. Qui ne rêve que d'en sortir papillon. Mais qui jamais. Ô grand jamais ne s'en donne les moyens. Moi. Capricieux. Moi qui pense avoir mérité la sévérité du jugement du monde. Moi qui au final reste pétrifié devant ce monde. Ce monde qui éclôt. Ce monde qui se meut. Ce monde qui délaisse le petit Bloom. Cet enfant-là qui se laisse ronger de l'intérieur. Qui se laisse abattre par une folie taquine. Une démence passagère. Au final inoffensive. Innocente pour les plus braves d'entre nous. Alors. La solution est là. Je dois être brave. Je dois guerroyer. Je dois chevaucher. Il n'y a jamais de victoire sans guerre. Sans guerre. C'est ça. C'est ce genre de conneries philosophiques. Que ma mère me rabâchait. Incessamment. Frénétiquement.
Et des choses. Des choses m'ont surpris. Ce soir. Des choses qui n'étaient plus arrivées. Depuis une éternité. Maxwell MacCormack. Avec lui. Je ne suis plus transparent. Plus pellucide. Il ne souhaite pas non plus. Il ne souhaite pas me tourmenter. Il ne souhaite pas m'appeler monstre. Il reste là. Près de moi. À attirer les foudres de mon regard calciné vers le sien. Le sien, calme. Doux. Apaisant. Il est un anesthésiant. Un anesthésiant qui a su me sortir. De ma léthargie. De mon alcoolémie. Démesurée. Effrontée. Et il a ri. À mes blagues despotiques. Gaillardes.
Maxwell.
Maxwell MacCormack me fait exister.
Maxwell MacCormack me fait vivre.
Une vie humaine. Pas animale. Une vie saine. Pas folle. Une vie distinguée. Pas primitive.
Et Maxwell MacCormack s'inquiète. Il me narre sa vie. Il énumère sa famille. Son frangin. Lui aussi. Lui aussi. Il l'a perdu. Mais pas pour les mêmes raisons. Il est mon opposé. Il est la vertu. Je suis le péché. Il est l'atticisme. Je suis la négligence.
Alors, je me calme. Je me dis que le nirvana attendra encore un peu. Que le diable pourra s'éprendre de moi un peu plus tard. Et que désormais. C'est mon moment. Mon moment. À moi. Je me promets. Que je ne dois rien gâcher. Pas avec lui. Que je dois faire des efforts. Que je dois me battre. Lutter. Continuellement. Éternellement. Parce que lui. Lui, c'est ce qu'il fait. Dès lors qu'il a croisé ma route. Dès lors qu'il a croisé la route de Bloom Rajaël.
Il s'est approché de moi. De mon corps labile. Et mon rire s'étouffe. Dans les échos de la démence. Sevré de sa confusion. Sevré de son hydre téméraire. Parti reposer au fond de mon esprit profané. Et je reste consterné. Par ma stupidité. Mes doigts filent en avant. Partent batailler avec l'inconnu. Et se perdent. Ils se perdent sur les siens. Mes cartilages frémissants. Dans les siens. Bienveillants. Apaisants. Ensorcelants. Nos deux mains se fondent. En une seule. N'a-t-il pas dit que les mignonnettes ne lui plaisaient guère ? N'a-t-il pas avoué que les hommes le faisaient rougir ? J'attire ma chaise en arrière. Et je me libère d'elle. Je me retrouve encore. Encore une fois. Face à lui. Combien ? Combien parmi cette peuplade terrestre. Combien ne me traitent pas d'animal ? Peu. Et combien. Parmi eux. Combien sont captivants à ce point ?
Je fais un pas de plus vers lui. Nos deux corps se jaugent. À quelques centimètres. L'un de l'autre. J'ai renoué avec le mutisme. La tempérance. Mon rire orphelin évanoui. Pour l'éternel. J'espère. Des larmes ont jailli de mes yeux. Force d'éclats de rire. Des perles de sueurs suintent mon front. Pour cause : ma palpable tension. Ma concentration obsessionnelle. À tenter d'être humain. D'être bon. Et un sourire ravive la fadeur. La fadeur de mes traits. La fadeur de ma fatigue. Le poids de ma versatilité. Et mon corps vient de coller. Au sien. Ses formes et courbes épousent les siennes. Harmonieusement. Mon regard de feu dévore. Il dévore sa beauté juvénile. Si près de son crâne. Et me brûle avec avidité. Altération. Je me délecte de ses traits délicats. Et. Mes bras se referment. Autour de son cou. Pas comme un piège. Ils sont légers. Feutrés. À en oublier presque que je reviens tout juste d'une lointaine crise démoniaque. Et je pose ma tête sur son épaule. Je reste là. À l'enlacer. Et je respire.

— Je suis désolé. je me relâche de lui. De son corps. De son âme. Ça m'arrive souvent, mais c'est éphémère. C'est contrôlable, la plupart du temps... je m'éloigne. Et la muette apporte une autre coupe. Une coupe en cristal. Pleine de champagne. J'agrippe celle de Maxwell. Laissée sur la nappe brillante. Et je retourne vers lui. Lui glisse entre les doigts. Et fais tintinnabuler les deux verres, avant de boire. Une gorgée cette fois. Congrue. Pas un cul sec pernicieux. Et je jette une œillade compendieuse. Vers Maxwell. Mes lèvres ravivent le sourire. Le sourire malsain. Le sourire cynique. Le sourire narquois. Ce sourire qu'elles portaient comme un diamant autour du cou. Mais ce sourire a changé. A muté. Plus sincère. Plus véhément. Si tu veux tout savoir, j'ai vraiment un soucis avec les émotions : la joie, la tristesse, la colère... Je suis un spectacle à moi tout seul ! et je ris. Plus doucement. Plus distingué. Plus léger. Au Capitole beaucoup veulent me rencontrer, intrigués. Beaucoup veulent me poser un tas de questions. Et d'autres me craignent comme la peste. Ils changent de trottoir quand ils me croisent dans la rue. j'attrape une datte confite. Et l'embastille entre mes dents ivoirines. Avant de l'avaler. Et de mordiller ma lèvre. Tu devrais essayer de temps en temps, c'est assez drôle ! je plaisante.

Et je m'imagine déjà revenir ici. Après les jeux. Revenir au Neuf. Retourner sur la Grand-Place. Le corps perdu. L'esprit égaré. La conscience dépassée. Demandant à la foule où il vit. Où vit Maxwell MacCormack. Cavalant dans des rues désertes. Désertées. Cheminant les champs. Interrogeant la foule. S'il accepte de devenir mon égérie. Tout sera différent. Tout pourra être différent. Pour lui. Pour moi. Pour nous.
Enfin. J'avais imaginé. Oui. J'avais imaginé tout ça. Si les jeux n'avaient jamais existé. Si les Hunger Games n'avaient jamais vu le jour. Si le district Treize ne s'était pas rebellé. Si Snow n'avait jamais existé. Et je me brise comme du cristal une fois de plus. Quand il me dit qu'il partira. Qu'il partira peut-être. Pour ces jeux de la mort. Il serait au Capitole. Il serait avec moi. Mais il serait mort. Mort et enterré. Cadavre putrescent. Alors je lui avais dit. Pour me rassurer. Me rassurer moi. Moi avant lui « Tu ne seras pas choisi. Et il y a toujours des volontaires, n'est-ce-pas ? » Parce que je ne sais pas. Je ne sais pas ce que j'aurais pu faire. Rien. Sans doute. Tout pouvoir a ses limites. Des limites de glace. Des limites infranchissables. Oui, j'aurais pu pousser des fortunés. Des fortunés avides de ces jeux sinistres. J'aurais pu les pousser. À envoyer des parachutes. À lui. À Maxwell. Mais les solutions s'arrêtaient là. En fait. Il n'y a pas de solution. Il n'y a jamais de solution.
J'abandonne. Cette pensée vaine. Et je m'accroche au temps présent.

— Alors, si tu n'as pas peur de moi, et si tu n'as pas peur de devenir la source de toutes les rumeurs de Panem, accepte mon offre. Et je te donnerai tout ce que tu me demanderas. je repose ma coupe de cristal. Au coin de la table ronde. Et une question. Une question me brûle les lèvres. Pourquoi ? J'attrape sa main. L'enveloppe des deux miennes. Et je lui demande. Pourquoi tu as bien voulu rester ici, pour dîner ? alors que la muette revient. Chargée de deux énormes plats. Pleins à craquer. Un de ragoût. Un autre de canard laqué. Les cuisiniers à bord doivent être enchantés. Enchantés que quelqu'un vienne enfin dîner dans ce foutu train. Car moi. Moi, je ne goûtais jamais leur plats.

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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Sam 18 Juin - 17:41


homo homini lupus
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Maxwell s'était assis sur la table, sur un coin dans lequel personne n'aurait mangé, tout en restant aussi proche que possible du jeune Rajaël, au cas où il ait eu besoin d'aide. Sachant qu'ils n'étaient que deux pour une table qui pouvait accueillir plusieurs hôtes, ça n'avait pas été très difficile de trouver ce petit endroit. Il était grand, certes, mais pas au point de toucher le sol. Ses mollets dansaient au-dessus du sol, et c'était la seule chose qu'il fixait. Il n'osait pas relever ses yeux et regarder Bloom. Il avait peur de voir qu'il n'avait rien fait pour améliorer son état et qu'au contraire, il allait encore moins bien qu'avant. Et… il ne savait pas quoi faire. Il n'avait jamais été confronté à ce genre de situation, et il ne ressentait qu'une chose: de la peur. Non pas pour lui – il ne craignait pas d'éventuelles attaques, mais pour Bloom. Il ne voulait pas le voir souffrir, encore moins si ladite souffrance était de sa faute. Mais il n'eut pas besoin de lever son regard. Il vit que le deuxième homme s'était rapproché de lui, et il n'entendait plus son rire. Et puis… ses doigts se posèrent sur les siens. Et il sentit le sang monter jusqu'à ses joues une nouvelle fois. Maintenant qu'il s'était levé de sa chaise, il lui faisait face, et Maxwell remonta enfin son regard. Il y avait des larmes dans ses yeux, et si le jeune brun n'avait pas eu peur d'envahir le peu d'espace personnel qui lui restait, il les aurait essuyé avec ses doigts. Sur son visage, il y avait aussi un sourire. Et c'était bon signe, après tout – s'il était encore dans un sale état, il ne serait pas là, devant lui, en train de lui sourire. Maxwell lui sourit en retour, ravi de voir que les choses allaient mieux. Et puis, le corps de Bloom se colla au sien. Il n'y avait plus d'espace entre eux, et le jeune MacCormack l'entoura de ses bras. Il sentit que des bras entouraient son cou, mais il n'y avait aucune violence dans ce geste. « Je suis désolé. » S'il ne s'était pas trouvé dans une telle position – qui était pourtant très confortable, il fallait bien l'avouer – il lui aurait posé le doigt sur la bouche, pour qu'il comprenne que ses excuses étaient inutiles. Il n'avait pas blessé Maxwell, que ce soit physiquement ou mentalement, et visiblement, ce n'était pas quelque chose qu'il avait contrôlé. Il se détacha de son corps, mais le jeune brun serait bien resté dans ses bras quelques minutes de plus, et il reprit la parole. « Ça m'arrive souvent, mais c'est éphémère. C'est contrôlable, la plupart du temps… » Il s'éloigna un peu plus, et la servante ramena un deuxième verre, rempli avec le même liquide. Bloom lui glissa sa coupe dans les mains, et leurs verres tintinèrent à l’unisson. Il fixait la prunelle de ses yeux, se délectant de sa compagnie, et l'imitant, il but une nouvelle gorgée. Encore une fois, les bulles qui entraient dans sa bouche étaient loin d'être désagréables. « Si tu veux tout savoir, j'ai vraiment un soucis avec les émotions : la joie, la tristesse, la colère... Je suis un spectacle à moi tout seul ! » Ce qu'il disait n'avait rien de joyeux ou d'hilarant, mais Maxwell rit avec lui. Son rire avait perdu le côté hystérique qui avait autant effrayé le jeune MacCormack auparavant, et il avait envie de l'entendre encore et encore et encore. « Au Capitole beaucoup veulent me rencontrer, intrigués. Beaucoup veulent me poster un tas de questions. Et d'autres me craignent comme la peste. Ils changent de trottoir quand ils me croisent dans la rue. » Il ne savait pas vraiment quoi dire pour le consoler ou essayer d'améliorer la situation. « À leur place, je changerais de trottoir justement pour te croiser. » Bloom porta à sa bouche ce qui ressemblait à un petit fruit que Maxwell n'avait jamais vu auparavant. Il prononça une dernière phrase, mais le jeune brun ne l'entendit pas, tellement il était concentré sur les lèvres qu'il était en train de mordiller. Visiblement, ce n'était pas une question très importante, puisque Bloom ne sembla pas remarquer son absence de réaction. Il descendit de la table, sans trop s'éloigner du jeune Rajaël qu'il voulait presque reprendre dans ses bras. Il ne le fit pas, mais l'envie y était. « Tu ne seras pas choisi. Et il y a toujours des volontaires, n'est-ce-pas? » Il ne put empêcher un sourire d'illuminer son visage. Ce n'était ni un sourire narquois, ni un sourire moqueur. Mais il était très loin des conditions de vie du Neuf – ce qui était compréhensible, puisqu'il venait du Capitole. « J'ai… une bonne vingtaine de chances d'être tiré au sort. Certes, ce n'est pas grand-chose à côté des milliers de noms dans la boule mais… le risque est toujours là. » Les enfants des familles plus riches n'avaient que sept petits papiers, même à dix-huit ans. Et la plupart de ses camarades, plus aisés que lui, n'avaient dû prendre que quelques tesserae depuis leur douze ans. Or, ça faisait trois ans que sa grande sœur n'était plus éligible pour les Jeux, et quand la nourriture venait à manquer, c'était à Maxwell d'aller en chercher. Bien évidemment, il ne se plaignait pas – on remplissait aussi son estomac, et ça lui faisait plaisir d'aider sa famille. Mais en même temps, c'était une épée de Damoclès en plus au-dessus de sa tête, et il enviait les adolescents qui ne devaient pas y faire recours. Il enviait les gens du Capitole, qui n'étaient jamais menacés par la Moisson – ceci étant dit, la vie n'était pas un long fleuve tranquille pour tout le monde, comme Bloom venait de lui prouver. « Et quant aux volontaires… c'est rare. On a pas l'entraînement des carrières et bien souvent, l'arène n'est pas un champs de céréales. » Maxwell craignait le pire. Il avait presque l'impression d'entendre l'hôtesse de son District hurler ''Maxwell MacCormack'' devant… tout le Neuf, quoi. Mais il n'avait pas envie de penser à ce genre de choses en une si belle soirée. Alors, il se concentra sur Bloom. Il n'allait pas gâcher le peu de temps qui leur restait avec des choses qu'il n'allait pas pouvoir résoudre. « Alors, si tu n'as pas peur de moi, et si tu n'as pas peur de devenir la source de toutes les rumeurs de Panem, accepte mon offre. Et je te donnerai tout ce que tu me demanderas. » Même s'il en avait très envie, Maxwell ne fit aucune blague à ce sujet. Plus sérieusement, l'idée d'être ''la source de toutes les rumeurs de Panem'' le flattait bien plus qu'elle ne le gênait. Et pour l'instant, il n'avait pas besoin de grand-chose. Cette année-là, les récoltes s'annoncaient abondantes, et avec un peu de chance, sa famille allait pouvoir ramener quelques extras à la maison. Avec un ricanement, il s'approcha un peu plus du deuxième brun. « Comment refuser une telle offre? » Un peu plus sérieusement, mais toujours avec un sourire aux lèvres, il reprit la parole. « Pour l'instant je n'ai pas de besoins particulier. Mais si jamais ce n'est plus le cas quand on se reverra je te le dirai, d'accord? » S'il n'allait être disponible qu'à la fin des Jeux, cela leur donnait… deux mois de distance. Ce n'était pas tragique, à moins qu'une famine ne décide de lapider la moitié du District. Bloom s'approcha un peu plus, et il prit sa main dans les siennes. « Pourquoi tu as bien voulu rester ici, pour dîner? » Maxwell ouvrit sa bouche, mais ils furent interrompus pas la  jeune rouquine, qui posa deux plats sur la table, avant de disparaître une énième fois par une porte qui devait mener à la cuisine. L'odeur de la nourriture lui donna du tournis tellement elle était forte par rapport à ce qu'il magnait chez lui. « Parce que… si t'avais voulu me faire du mal, t'aurais pas eu de problème à le faire. » Il aurait très bien pu l'égorger ou l'étrangler, que ce soit dans la Grande-Place ou dans le wagon bar – encore plus dans un train ou personne n'aurait réagi aux hurlements du jeune homme. « Et il faut avouer que je ne suis pas mal traité du tout. Raison de plus pour te faire confiance et rester, ne serait-ce que pour te donner une chance. » Il posa sa deuxième main sur la sienne, sentant la chaleur de sa peau. « Et pour finir... » En la retirant, il prit l'un des deux plats – celui qui était rempli d'une viande qu'il n'aurait pas su reconnaître – et le lui donna, en gardant l'autre pour lui. Il s'assit une deuxième fois sur la table même, n'ayant pas envie de trop s'éloigner de Bloom. Il tapota l'espace libre à côté de lui, l'offrant au jeune Rajaël. « … si on ne donnait de deuxième chance à personne on serait tous tristes et seuls, n'est-ce pas? » Il prit sa fourchette, et goûta au ragoût qu'il avait posé sur ses genoux. Il ne put s'empêcher de gémir pour deux raisons. De un, la nourriture était brûlante. En règle générale, les repas n'étaient que tièdes chez lui, donc il ne s'y attendait pas vraiment. De deux, il n'avait jamais mangé de plat aussi bon. Il ne savait pas vraiment quels ingrédients avaient été utilisés, mais à vrai dire, il ne s'en souciait pas vraiment. « Je sais pas avec quoi vous cuisinez mais fichtre, c'est drôlement bon! » Il prit une deuxième bouchée avec sa fourchette avant de la faire goûter à Bloom, même si pour lui ça ne devait pas être spécial comme qualité. « Quand tu viendras au Neuf, t'attends pas à grand-chose. Parfois c'est bon mais… Pas autant qu'ici. Mais je pourrai t'apprendre à faire du pain. » Il pouffa de rire un bon coup, avant de reprendre du ragoût. « À force de voir des céréales toute notre vie, on a appris a être créatifs avec. » Il s'imaginait chez lui, avec Bloom, les mains remplies de farine et un sourire sur le visage. Il avait vraiment hâte que les Jeux se terminent, pour le coup. Il ne savait pas trop comment ils allaient se retrouver, mais ils allaient bien trouver un moyen. Et s'il était moissonné, eh bah… il allait faire de son mieux pour gagner. Il secoua légèrement la tête, avant de reprendre la parole. « Et sinon… pourquoi être venu au Neuf? Et... » Il avait l'impression de n'être qu'un enfant, et il sentit ses joues rougir une énième fois. « … pourquoi moi au milieu d'une place bondée de gens? » Après tout, il aurait pu sauter sur tant d'autres personnes, tant d'autres hommes qui étaient bien plus grands, bien plus forts, bien plus beaux. « Attends une seconde. » Il prit la serviette la plus proche et tapota délicatement l'un des coins de la bouche de Bloom, sur lequel il y avait un bout de ragoût. Il n'y avait que quelques centimètres entre les deux, et Maxwell remarqua que certes, sa peau n'était par exemple pas parfaite, mais elle restait magnifique. Il restait magnifique. Il lui sourit, et baissa la serviette une fois sa lèvre nettoyée. Bloom était d'une beauté époustouflante, et le jeune brun en était impressionné. Cependant, il savait aussi que cette beauté n'était pas que physique, et il se demandait pourquoi les habitants du Capitole n'avaient aucune pitié pour le jeune Rajaël. Il le fixait dans les yeux, attendant qu'il ne parle à nouveau. Il avait encore tant de questions, mais il voulait prendre son temps, et ne rien presser. Ils étaient tous les deux là, libres des obligations que les attendaient en dehors du train, et Maxwell avait l'intention d'en profiter jusqu'au bout.



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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Dim 19 Juin - 17:29


homo homini lupus







Had I not seen the Sun I could have borne the shade. (E.D.)


— À leur place, je changerais de trottoir justement pour te croiser. il me dit. Et je me demande. Je me demande pourquoi. Pourquoi lui. Pourquoi il est là. Face à moi. Le cul posé sur cette foutue table. Cette foutue table beaucoup trop vaste pour nous deux. Nous deux. Deux personnes. Envolées par un vent trop puissant. Embarquées par un courant trop herculéen. Et deux personnes. Arrivées ici. Ce soir. Par hasard. Peut-être un peu trop loufoque. Voire même un peu trop ambitieux. Un hasard. Qui par le gré des choses. Un hasard qui a su nous cantonner ici. Dans ce train. Dans cette pièce. Tout près de cette table. De ces plats. De cette muette. Et de ces pacificateurs. C'est pour ça. Que je lui ai demandé de rester. C'est pour ça que je lui ai demandé pourquoi. Pourquoi être resté. Car ici. Non, ici il n'y a rien. Rien d'autre que le vice. La destruction. La détresse. La haine. La rancoeur. L'insolence. Rien. Sinon la démence. Le cerbère qui me bouffe l'âme. Qui ronge mes entrailles de l'intérieur.

Mes mains. Ses mains. Nos doigts ne forment qu'un. Dans une chaleur enivrante. Exaltante et jouissive. Une chaleur humaine. Puisque désormais Maxwell a su exorciser la vouivre qui émanait tout autour de mon essence excommuniée. Maxwell a quelque chose. Quelque chose d'autre. Et malgré lui. Quelque chose d'inhumain. D'envoûtant. M'attirant comme un aimant. Il sait panser mes plaies. De ses actes. De ses louanges. Il sait dresser l'animal fou qui dévale les dédales arpentés par mon sang. Sang chaud. Sang fiévreux. Sang épris ? Épris de cette âme qui me fait face ? Épris de ce cette silhouette râblée qui vient de quitter la table ? Est-ce possible ? Moi ? Moi qui des années durants cherchais mon cœur. La part sainte de mon esprit. Comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Traquer un trésor enseveli sous les profondeurs marines. De là, je ne vivais qu'avec le mauvais. Je n'avais su qu'achever ma quête vainement. Je n'avais du me contenter que du côté anathématisé de moi. Le côté pourri de la pomme. Le côté pourri du Bloom funeste. Et destructeur. Le Bloom qui ne sait s'aventurer que dans l'inconnu. Dans une valse de personnages incongrus. Sans aucun intérêt. Simplement pour assouvir ses désirs d'homme. Ses pulsions grondantes. Ces personnes-là. Des objets. Des serfs. Des jouets. Son harem pour une nuit. Des anonymes qui le resteront pour l'éternel.
Mais Maxwell MacCormack est différent. Il est une valse à lui seul. Capable de faire l'ombre sur des milliers d'autres étrangers. S'il part. S'il part pour les jeux de la mort. S'il part. Et ne revient jamais. Je serai seul. À nouveau. Je me prélasserai encore une fois. Dans ce labyrinthe fou. Sans aucune sortie. Sans aucune échappatoire. Me condamnant moi-même à cette sinistre fin. Cette sinistre fin de l'histoire. Un train instoppable. Des rails infinies. L'enfer au bout. Satan. Les bras écartés. Prêt à recevoir mon âme néfaste. Celle qu'il attend depuis près d'un quart de siècle.

— Comment refuser une telle offre ? il sourit et je m'ébaudis. Je m'ébaudis car lui. Lui sera l'échappatoire de cet obscur labyrinthe. Parce que tous l'aimeront. Là-bas, au Capitole. Tous m'aimeront par ce fait. Je pourrais peut-être alors arrêter. Arrêter ce manège infernal qui ne cesse ses tours illusionnistes. Je pourrais arrêter de vivre comme aujourd'hui. Comme le spectre d'un squelette démembré. Je m'ébaudis aussi. Car cela signifie que nos chemins se croiseront. Plus d'une fois. Il faudra que je revienne. Prendre des mesures. Tailler les costumes. Lui faire essayer. Il faudra que je revienne avec des photographes. Des caméramen. Et ça. Ça, perpétuel, comme un cycle. À chaque nouvelle année. À chaque nouvelle saison. Tant de nouvelles chances d'être enfin le nouveau moi. Et, pour nourrir le contrat. Je pourrai toujours le payer. En argent. En nourriture. En vêtement. Inviter sa famille entière ici. Sa famille. Puisque lui en a une.
Alors, Maxwell me répond. Il parle de confiance. De seconde chance. Ces choses si rares. Si inhabituelles. Ces choses aliénables. Dont les gens me privent d'un simple regard. D'un simple geste. Ou d'un mot de trop. Et sa réponse finit de m'achever. Dans un océan tumultueux. Mélange cocasse de joie. D'amertume. Et de mansuétude. Il referme ma main de la sienne. Et je ne perçois plus ces tremblements. Qui rendaient ma peau granuleuse. Au moindre contact. Hormis celui de ma mère. Celui de ma maquilleuse aussi. Là-bas, à la capitale. Celle qui garde toujours un œil sur moi. Celle qui m'accompagne dans la rue. Pour ne jamais me laisser seul. Esseulé. Celle qui se moque des ragots. Des regards de travers qu'on lui jette. Celle qui me porte secours dans des soirées mondaines. Là où je n'ai aucunement ma place. Celle qui pourrait revenir. La prochaine fois. Venir ici. Au Neuf. Rencontrer Maxwell. Le préparer. Le maquiller. Rire avec lui. Comme elle le fait avec moi. Toujours.
Il retire ses doigts de ma main. Qui. Comble de tout ce qui me fonde. Se crispent au contact rompu. Mes sens sont bouleversés. Mes codes ne sont plus fondés sur rien. Je nage. Dans une mer iodée. Que je ne connais pas. Dans les bas-fonds de mon cerveau. Délaissés depuis déjà trop longtemps. Maxwell s'approche du premier plat. Avide. Affamé sûrement. Il l'harponne et me le présente. Puis il prend l'autre. Et s'installe à table. M'invitant à prendre place. Juste à côté de lui. D'un pas flottant. Je m'installe sans broncher. Et je me tais. De peur que tout dégénère encore. Beaucoup trop vite. Beaucoup plus torrentiellement. Il goûte le ragoût. L'assiette déposée sur ses genoux. Et il s'esclaffe. De bonheur. D'envie. De surprise. Et moi, je prends la fourchette. Sur la table. Je la fais tournoyer entre mes doigts imprudents. Je n'ai pas faim. Je n'ai jamais réellement faim. Je suis grêle. Souvent trop épuisé. Trop harassé pour avaler quoi que ce soit. Mais Maxwell approche une fourchette pleine de moi. Et je me force à l'avaler. L'alcool enivrant toujours mon œsophage me brûle. Embrase ma gorge au passage du ragoût. Je feins l'indifférence. Le regarde. Lui souris.

— Je pourrai t'apprendre à faire du pain. il glousse. Et se ressert. Ne se doute pas que ce qu'il vient de dire me transporte dans le méandre de mes souvenirs. Dans ce même train. Avec une autre personne. Un autre homme. Ethan. Le vainqueur du Sept. Ethan, fou. Comme moi. Cet Ethan fou qui m'avait conseillé. Sur la manière de dompter les psychoses trop sauvages. Ethan qui s'était enfermé dans les livres. Les livres de cuisine. Notamment. Alors mes lèvres ravivent leur doux sourire.
— J'aimerais beaucoup apprendre à faire du pain. s'il s'agit d'un remède thérapeutique confirmé par un fou en personne. Pourquoi ne pas essayer. Pourquoi ne pas tenter le coup. Avec Maxwell en prime.
— Pourquoi être venu au Neuf ? je baisse le regard vers mon plat. Intact. Et pourquoi moi au milieu d'une place bondée de gens ? cette question. Cette question dont je n'ai pas la réponse. Cette question qui relève de l'invisible. De la science. De l'univers. Et qui ne relève sûrement pas d'un simple idiot. Un stupide humain. Moi. J'ouvre la bouche. La referme aussitôt. Comme pour ânonner une phrase insignifiante. Alors, il m'arrête. Attends une seconde. Il attrape une serviette. L'approche de mon visage. J'ouvre les yeux, grands. Mes sourcils fléchissent. Je retiens mon souffle. Et la chaire de poule m'embaume. J'attends. Je m'attends au pire. Comme au meilleur. C'est bizarre. Et le tissu vient frôler ma bouche. La pression est délicate. Ouatée. Alors, je me relâche entièrement. Maxwell essuie ma bouche. Et il écarte la serviette. Un sourire vient sublimer son visage. Son visage lisse. Ses yeux. Verdâtres. Saisissants. Ensorcelants. Ces yeux.
Alors. Mes principes s'effondrent un par un. Les barrières trébuchent une par une. Il est proche. Beaucoup trop proche. Et il me plaît. Trop. Par nécessité. Mais aussi pour ne pas répondre à sa question. Sa question en suspens. Je me soumets. À lui. À son charme venimeux. À son éloquence modeste. Devant lui. Je ne suis plus qu'une masse lésée. Dépouillée de toute obscurité. Devant lui. Je suis un môme éhonté. Alors, j'arrache la fourchette d'entre ses doigts. La repose dans le plat. Et je m'empare de ses deux poignets du bout de mes cartilages fougueux. Je les attire à moi. L'obligeant à me faire face entièrement. Et mes deux mains relâchent ses membres, pour prendre son visage. Mes paumes sur son cou battant. Mes pouces sous sa mâchoire virile. J'approche son visage du mien. Je viens flagorner le coin de sa bouche de ma langue. Avant que mes lèvres brûlantes ne viennent frôler les siennes. Et s'y perdre. S'y perdre. Pour toujours. Un saut de l'ange. Je reste là. Plusieurs secondes. Et je me détache de lui. Presque malgré moi. Mais mes phalanges sur sa peau ne faiblissent pas.

— Je n'ai vraiment pas envie que tu quittes ce train. je souffle. Presque déliquescent. Tu es la meilleure chose qu'il me soit arrivée. Depuis des siècles... ma voix se perd. Naïve. Elle se perd. Dans un lointain mirage. Lui. Moi. Lui et moi. C'est au-delà de ce que j'imaginais. Au-dessus de tout. Au-dessus de mes pulsions bestiales. Au-delà du désir des gênes masculines. Je n'avais jamais réfléchi à ça. Aimer quelqu'un. L'aimer à vouloir fonder une famille. Aimer, comme tous ces gens aiment. Là, tout autour de moi. Je pensais être condamné à ça. Ne pas y avoir droit. Être déjà plongé trop loin dans ma perdition. Être comme ma mère. Ma mère qui n'a jamais connu l'amour. Qui n'a jamais été aimée. Sinon par un pacificateur évanescent. Aimée par une illusion. Je pensais mon cœur de glace baigné dans les fins fonds des enfers. Brisé. Haineux de l'amour qu'on lui propose. Haineux du bonheur qu'on lui offre. Haineux de tout ce qui peut être bon pour moi. Pour mon essence. Pour mon corps enflammé.
Le train s'est arrêté. Nous sommes revenus à la gare. Le mutisme complet s'abat comme la foudre. La porte de sortie s'ouvre automatiquement. Comme elle le fait à chaque arrêt des machines. L'air frais s'engouffre. Embaume nos deux corps. Et mes prunelles se fondent dans les siennes. Il ne doit pas mourir dans les jeux. Il ne peut pas être moissonné. Il n'a pas le choix. Comme si tout ça dépendait de lui. Uniquement de lui. Lui seul. Non. Non, ce n'est pas un amour primitif. Sauvage. Ou charnel. C'est un amour sincère. Un amour nécessaire. Un amour trempé de naïveté et d'ivresse. Je ne le connais pas. Non. Mais je sais. Je sais qu'il est déjà tout. Tout pour moi. Il est la solution. En dépit de son utilité première. Il est la solution à mes problèmes. Même ceux qui me dépassent. Moi. Moi-même. Il est ma nouvelle thérapie.

HRP.

© Great Thief



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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Lun 20 Juin - 14:40


homo homini lupus
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Maxwell était perdu dans les yeux du jeune Rajaël. Ils étaient marrons, certes, mais plus on s'éloignait de la prunelle, plus ils s'éclaircissaient, devenant presque jaunâtres par moments. Et son regard s'attarda aussi sur les lèvres qu'il venait d'effleurer. Il n'avait pas envie de s'éloigner du visage de Bloom, et au contraire, il avait envie de s'y rapprocher encore plus. Caresser ses cheveux, parcourir sa mâchoire avec ses doigts, s'attarder encore un peu dans la noirceur apparente de ses yeux… D'un côté, il savait que ce n'étaient que des rêvasseries; ils venaient de se rencontrer, et il n'était pas sûr que cette attirance, soit-elle physique ou pas, ait été réciproque. De l'autre, ils étaient tellement proches l'un de l'autre qu'il lui aurait suffit de glisser un tout petit peu pour s'écraser contre ses lèvres. Non pas qu'il l'aurait fait par pure mégarde, mais il se voyait mal prendre ce visage dans ses mains et l'approcher au sien. Cependant, il ne résista aucunement quand sa fourchette lui fut arrachée des mains, ni quand son plat fut posé sur la table, loin de ses cuisses toujours brûlantes. Le contact des mains de Bloom sur ses poignets envoya des frissons de pur plaisir le long de son dos, et il ne se plaignit absolument pas d'avoir dû quitter sa position assise sur la table. Encore une fois, il se trouva face au deuxième brun, ses yeux dans les siens. Il sentait son souffle délicat sur son visage alors que lui, il l'avait perdu depuis le moment où il s'était rendu compte qu'il n'y avait plus que quelques centimètres qui les séparaient. Ils sentait les battements de son cœur, qui n'avaient jamais été aussi rapides que cela pour quelqu'un, s'écraser sur les mains de Bloom. Bloom. Sa main gauche vint se poser sur la sienne, très doucement, là où la droite attrappa bien plus vigoureusement son bassin. Le jeune MacCormack eut l'impression de se liquéfier au moment où leurs lèvres se rencontrèrent. Ses lèvres se refermèrent sur les siennes, et même si sa langue resta dans sa propre bouche, il eut l'impression de léviter. Ses lèvres, tout comme ses mains, étaient chaudes comme des braises, et Maxwell en voulait plus. Cependant, ce premier baiser fut tendre, comme si l'autre n'avait pas voulu le blesser ou l'attaquer, comme s'il avait eu peur de frôler ses lèvres. Malgré son esoufflement, il ne brisa pas le contact en premier. Il se détacha du jeune Rajaël bien malgré lui, mais ses mains restaient collées à son corps. Il posa son front contre celui de Bloom, nez contre nez, et ses yeux étaient fermés. « Je n'ai vraiment pas envie que tu quittes ce train. » Maxwell ne put s'empêcher de sourire. Lui non plus, il n'avait pas envie de quitter ce train, encore moins d'y laisser Bloom. Il voulait bien sûr rentrer chez lui – sa famille était sûrement un minimum inquiète, mais… ils pouvaient attendre. Pour une fois, ses intérêts venaient avant ceux des autres. Et pareil pour ceux de Bloom. « Tu es la meilleure chose qu'il me soit arrivée. Depuis des siècles… » Un petit pouffement de rire sortit de ses lèvres, et il sentit le sang monter jusqu'à ses joues une énième fois. Il embrassa délicatement le bout du nez de Bloom. Ce n'était pas la première fois qu'il embrassait quelqu'un, encore moins un garçon – en réalité, il n'avait jamais touché le corps d'une fille de telle manière, il n'en avait jamais eu envie. Mais pour une fois, il ne voulait pas consommer la flamme trop rapidement. Aucun garçon du Neuf ne semblait avoir envie de plus d'un simple coup d'un soir, et au final, déception après déception, Maxwell s'était fait à l'idée que l'amour, ça pourrait attendre, ou même ne jamais arriver. Il avait passé des années entières à envier les quelques chanceux de son entourage qui trouvaient la moitié qui leur manquait, en se disant qu'il en avait pas besoin, et qu'il était suffisamment fort pour faire sans. Mais pour une fois, il avait envie d'y croire. Il avait envie de croire que Bloom n'allait pas l'oublier une fois de retour au Capitole, et qu'après les Jeux – s'il était encore en vie, cela allait de soi – ils allaient se revoir, et reprendre là où ils s'étaient arrêtés. « Moi non plus, je n'ai pas envie de quitter le train. » Il embrassa une deuxième fois la pointe de son nez, et sa main se déplaça, allant caresser la barbe naissante sur ses joues. « Et… je suis très content de t'avoir ici moi aussi. » Sa voix avait baissé d'une octave, et ce n'était qu'un murmure dans le silence qui les entourait. Les seuls sons qu'il entendaient étaient les battements de son cœur, la respiration de Bloom, et sa propre voix. Son pouce parcourait très délicatement la joue du deuxième brun, prenant tout son temps et allant d'un coin à l'autre, caressant en même temps les quelques poils qu'il rencontrait. Sa peau était certes rugueuse, mais le contact en était pas moins agréable pour autant, au contraire. Maxwell ne voulait pas se détacher de ce corps, qu'il entourait encore avec un bras. Cette deuxième main n'avait pas bougé, contrairement à la première, mais le simple fait de le toucher envoyait des frissons le long de son dos. Il savait qu'il allait devoir le laisser, et il savait aussi qu'il allait revoir et rassurer des personnes qui lui étaient chères, mais ce n'était pas pour autant qu'il en avait envie, loin de là. Cependant, tout comme lui, il entendit les portes s'ouvrir. La volée d'air froid le frappa au visage, et il ne put s'empêcher de frisonner. Il regarda Bloom dans les yeux, avant de rompre ce fragile contact pour l'entourer de ses deux bras. Il ne voyait plus son regard, et il avait posé son mentor sur son épaule. Il avait fermé ses yeux une nouvelle fois, comme si ça allait pouvoir retarder ce qui les attendait. « Hey. Hey. Ça va aller. On se reverra. » Il croyait dur comme fer à ses mots. De toute façon, ce n'est pas comme s'ils avaient beaucoup d'alternatives. Soit il n'était pas moissonné et alors tout allait bien, soir il l'était, auquel cas ils auraient pu se revoir au Capitole – ceci étant dit, il n'était pas sûr que d'éventuelles relations, même amicales, entre un styliste et un tribut dont il ne s'occupait pas étaient très bien vues par la capitale. Après tout, il ne s'agissait que de pauvres habitants des Districts destinés à la mort. Ceci étant dit, un vainqueur et un styliste… Il secoua brièvement la tête, ne souhaitant pas se bercer de rêves et illusions. S'il était pioché lors de la Moisson, alors il pouvait très bien dire au revoir à tout le monde, parce qu'il n'allait probablement pas ressortir vivant de l'arène. « Après tout, il y a des milliers et des milliers de petits papiers dans la boule. Il y a aussi des chances que je ne sois pas pioché, justement. » Mais en même temps, cela voulait dire condamner quelqu'un d'autre. Et souvent, ce quelqu'un d'autre avait une famille, des amis, quelqu'un… Et comme à chaque année, le jeune MacCormack essayait d'oublier tout cela pour ne se rappeler qu'une chose: il était en vie, et ça, c'était une chance énorme. « Et si jamais je suis moissonné, eh bah… » Il se mordilla doucement la lèvre inférieure, essayant de contenir les larmes. « On se reverra au Capitole. Dans des circonstances assez malheureuses, certes, mais quand-même. » Maxwell voulait en savoir plus sur le vie que Bloom menait au Capitole. Il voulait rencontrer sa mère et déjeuner avec elle, mais aussi essayer chacune des cinq salles de bain de sa maison et visiter son atelier. Il voulait faire tant de choses qui lui étaient interdites, seulement parce qu'il était né dans un District. Après environ dix-huit ans, cependant, on s'y faisait. En outre, s'il avait été un citoyen de la capitale, peut-être qu'il aurait dénigré le jeune Rajaël sans beaucoup de remords, comme tant d'autres le faisaient chaque jour. Et pour ça, il se disait qu'au final, il avait quand-même pas mal de chance à être ce qu'il était. Il lâcha Bloom, et le regarda dans les yeux. « Je peux rester pour la nuit s'il le faut. » Immédiatement, il se rendit compte de son choix de mots. « 'Fin, pas forcément pour faire ça, mais… » Non pas que l'idée n'ait pas traversé son esprit, bien évidemment. « … juste pour être là. » Après tout, sa famille n'avait pas vraiment besoin de lui, et il aurait pu s'excuser en disant qu'il avait préféré ne pas errer dans les routes du Neuf une fois la nuit tombée. Après tout, tout le monde savait que ce n'était pas toujours prudent de rentrer chez soi après le coucher du soleil. « Ceci étant dit… » Maxwell embrassa une nouvelle fois le bout du son nez – jamais deux sans trois, après tout. « Je peux aussi rentrer chez moi, si jamais t'as d'autres obligations. Dans un cas comme l'autre, ça me dérangera pas. » Il n'avait vraiment pas envie de le laisser. Mais en même temps, il fallait bien que chacun rentre chez lui à un moment ou l'autre. Le jeune brun prit son courage à deux mains et posa ses lèvres sur celles de Bloom une deuxième fois; cette fois-ci encore, c'était très tendre, et il fit attention à ne pas le heurter trop violemment ou à blesser ses lèvres. Quelques secondes plus tard, il brisa le contact, et il posa ses prunelles sur celles de Bloom, attendant une réponse.

Spoiler:
 





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MessageSujet: Re: homo homini lupus | BLOOMAX    Mar 21 Juin - 17:34


homo homini lupus







I told you to run. So we both be free. (J. Newton Howard)


Maxwell MacCormack rit. Un gloussement léger, fluet comme le vent qui s'apaise. Le vent qui pénètre dans la cabine toute entière. La dévore. Comme je le dévore du regard. Une rafale s'écrase sur mon visage épanoui. Ses deux prunelles vertes sont proches. Son front est collé au mien. Ses doigts parcourent un périple inconnu. Autour de mon corps. Mais tout ça ne me fait plus rien. Plus de peur. Plus d'angoisse. Plus de dégoût. Mes membres ne se crispent plus. Mes bras ne se métamorphosent plus en une masse granuleuse. Au contact d'un autre épiderme. D'une autre chaire. D'une autre âme. Non, la peur m'a traversé. Elle m'a transpercé. Et elle a fui derrière moi. Loin. Par cette porte grande ouverte, peut-être. Elle a fui. Sans ne laisser aucune séquelle. Ça y est. Ma thérapie a débuté.
Maxwell pose ses lèvres sur la pointe de mon nez.

— Moi non plus, je n'ai pas envie de quitter le train. il me chuchote. Avant de réitérer son geste doux. Mes paupières papillonnent. Quand il frôle mes pommettes du bout de ses phalanges embrasantes. Je suis très content. il souffle. Encore plus faiblement.

Je reste lové. Cantonné. Dans ses bras. Comme un agneau. Sans regimber. Non. Non, je ne suis plus ce loup. Ce loup solitaire qui jappe en silence. Qui feint l'indifférence. L'insouciance. Quand tout ce qui est à l'intérieur de lui n'est que miettes. Un loup qui ouvre enfin ses deux grands yeux. Sombres. Et opaques. Un canidé qui remarque à présent. Qui estime désormais le monde qui l'entoure. Qui l'oppresse. Qui le claquemure. À sa juste valeur. Un loup qui s'aperçoit qu'il n'a rien de bien différent. En fait. Oui, il a un pelage gris. Un poil fade. Mais en dépit de ça. Il a un museau. Deux longues oreilles défiant le ciel. De leur hauteur. Il a une queue. Quatre pattes. Des griffes. Oui, il a tout ça. Comme le chien. Et il sait alors. Je sais alors. Que j'ai enfin tout pour rentrer. Rentrer à la maison. Et me nicher dans les jupons de ma mère. Une mère qui m'attend. Les bras ouverts. Éprise d'une avidité ineffable. Un désir inassouvi d'avoir son fils. À ses côtés. Pour toujours. Une mère qui saura me dire. Quoi faire. Quand. Pourquoi. Une mère qui sera fière. Enchantée. Allègre. De voir que son fils est prêt à reconquérir le peuple. Plutôt que de se livrer à une pitoyable prosternation. Une mère qui saura ravie de savoir que j'ai réussi. Que j'ai accompli ma tâche. Que je n'ai plus qu'à revenir faire des clichés en rafales de Maxwell. Que je n'ai plus qu'à arborer fièrement ma nouvelle image. Ma nouvelle collection. Mes futurs reportages. Interviews. À la télé. Ou dans Vogue Panem. Ma future célébrité. Et tous. Oui, tous oublierons Ange Rajaël. Il ne sera plus qu'un voile du temps passé. Vestige d'un siècle trop lointain, une ère perdue. Un spectre. Comme il l'est réellement. Une mère qui renaîtra plus puissante que jamais. Quand elle saura que son enfant peut être laissé entre d'autres mains. D'autres que les siennes. Sans aucune crainte. Sans aucune peur. Sans aucun effroi. Son fils, prêt à se livrer à une odyssée romanesque. Fusse-t-elle éphémère ou non. Une mère. Une mère et son fils. Moi. Moi et ma mère.
Le pouce de Maxwell parcourt un chemin sinueux. Passant d'un côté à l'autre. Sur mon visage. Délicat. Lent. Puis il m'enferme. De ses deux bras. Écrase doucement son menton. Là. Dans le creux de mon épaule inoffensive.

— On se reverra. il me dit. Et ça me semble glaçant. Strident. Tranchant. Écorcheur. Comme un adieu. Parce que. Comme il le rappelle. Il y a les jeux. Il y a la moisson qui approche. Et qui résonne dans mon crâne. Rentrer. Rentrer au Capitole. Descendre à l'atelier. Repartir. Et vite. Mais aussi quitter. Quitter cet endroit. Quitter Maxwell. L'abandonner à son sort. Vivre dans la pauvreté encore un temps. Comme il la côtoie depuis sa naissance. Ou se livrer aux jeux barbares. Ces jeux barbares qui fondent si bien le pays. Notre pays. Panem. Si jamais je suis moissonné, eh bah on se reverra au Capitole. et j'ai presque envie de sourire. Presque envie de m'étrangler dans un rire dément. Comme j'ai si bien su le faire. Tout à l'heure. Et presque envie de pleurer. De fondre. En larmes. Là. Juste là. Dans ses bras.

Parce que ce n'est pas aussi simple. Pas aussi facile qu'il l'entend. S'il est moissonné. Je le croiserai à peine. Pour tout dire. Peut-être juste avant le défilé au Cirque. Ou juste après. Mais je ne suis qu'un styliste. Pas un vainqueur. Pas un tribut. Je ne suis pas autorisé à flâner si souvent autour d'autres tributs. Surtout quand ils n'appartiennent pas à mon district. Au Sept. Et je reste muet. Muet. À jamais. Plutôt que d'abattre Mawxell une dernière fois. Et le monde est cruel. Il y a tant de monde au Capitole. Tant d'autres. D'autres hommes. D'autres femmes. Tant qui pourraient faire chavirer le côté sombre de mon cœur. De mon corps. De mon essence. Tant. Tant qui par leurs enchantements pourraient m'obtenir. Mais il a fallu. Oui, il a fallu que ce soit ici. Au Neuf. Le plus loin de Panem. Que ma quête s'achève.

— Je peux rester pour la nuit s'il le faut. et je ne peux m'empêcher. D'afficher un air satisfait. Un air suffisant de mâle au zénith de sa virilité excessive. De ses ardeurs insatisfaites. Un sourire carnassier au coin des lèvres. 'Fin pas forcément pour faire ça. il s'empresse d'ajouter. Le cerveau enclin aux pensées obscènes. Qu'il laissait présager. Mais je ne veux pas me soumettre. Au désir animal. Pas avec lui. Ça doit se passer différemment. C'est un voyage à tâtons. Un périple singulier. Auquel je prends part. Non sans envie. Je peux aussi rentrer chez moi. et cette phrase-là m'assassine. Me ramène case départ. Adieu illusion. C'est un retour à la hardie réalité. Comme une douche froide. Un coup de poignard qui me rappelle. Mes devoirs. Mes obligations. Qui me martèle l'esprit. Me signifiant qu'au Capitole. Je ne devrai pas chômer. Que j'ai des responsabilités à tenir. Des engagements. Que je suis un forçât dans ce monde de tyrans. Que je dois encore vêtir deux futurs cadavres. Je pensais rentrer cette nuit. En catimini. Redescendre à la capitale. Secrètement. Comme ma mère me l'a ordonné. Je déchante. Et trop brusquement.
— Je pense... je m'écarte un peu de lui. J'ânonne. Et j'avance ma paume. La plaque sur son torse. Pour l'empêcher de s'emparer de moi. À nouveau. De mon autre main. J'harponne une mèche grasse. De mes cheveux de jais. La tortille. La malmène un temps. Et je me racle la gorge. Frôlant ma pomme d'Adam. Je m'éclaircis la voix. Je pense qu'on devrait se quitter maintenant. Je dois retourner au Capitole dans la nuit. coup de fouet sur mon visage. Un flot de lave sanguinolent s'éprend de mon crâne. Me consume de l'intérieur. Savoir la vérité me détruit. Me l'entendre dire me tue. À petit feu. Mon regard se baisse. Se pose sur le bracelet en or. Celui qui entoure mon poignet. Je le dénoue. Et le tends à Maxwell. Tiens. Tu peux le garder. Tu peux le vendre. Fais comme tu souhaites. je lui dis. Des bracelets comme celui-là. Pleins m'attendent chez moi. Et je ne peux pas le laisser là. L'abandonner sans ressource. Le laisser crever de faim. Alors qu'il se raccroche à un des capitoliens les plus riches. De tout Panem. Ce bracelet. Il en tirera un bon prix. Dans un district tant malfamé. Il sera plus utile pour lui. Plus que pour moi. Et ce serait le comble de la cruauté. De l'abandonner. Sans rien lui laisser. Au moins lui sera heureux. Il aura l'argent. Sa famille. Ses amis. Moi. Je m'en retourne au Capitole. Qui comme jamais. Peut-être même mieux que jamais. Saura se livrer à son hostilité inhospitalière perpétuelle. Je me lève. Attire Maxwell à moi. Et file vers la porte. Lui, derrière moi. Et je sors du train. Me retourne vers lui. Peut-être pour la toute dernière fois. Ou peut-être comme le début d'un long cycle. Enclin à la naïveté. À la légèreté.
— Et nous sommes amenés à nous revoir. je lui lance. En dernière parole. Tragique. Nous. Dans l'amour. Ou dans la mort.

T'es un grand malade en plein dans le bac
Je pense qu'on peut s'arrêter là pour laisser un peu de mystère dans le couple Dorian et reprendre après les jeux
Et sorry pour la qualité médiocre de l'écriture je l'ai fait un peu vite

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DES VERRES DE VIN QUI ME DONNAIENT L'AIR DE VAINCRE. ALORS QUE JE PERDAIS MES MOYENS FACE A TON REGARD DIVIN. — GEORGIO.
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