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 un jour, tout finira par disparaître, comme elle | laurel - nash

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MessageSujet: un jour, tout finira par disparaître, comme elle | laurel - nash   Dim 27 Mar - 0:23


un jour, tout finira par disparaître, comme elle

Il était beau le temps où la belle et jeune blonde attendait sur le perron, son sourire narquois aux lèvres, sa malice qu’elle laissait couler dans ses yeux, ses petites manies horribles qui faisaient d’elle la jeune fille la plus détestable des environs, et pourtant la plus simple de toutes ; la rage, la haine, le sourire, la critique, l’esprit ouvert et la peur qui s’y versait : elle avait tout – sans doute trop de « tout ».
Il m’est arrivé de me souvenir de ce beau temps, d’espérer la revoir, un matin, lorsque j’ouvrirai cette porte pour contempler les rues, pour voir des fous gagnants ressurgir de nulle part. C’est vrai que j’espérais beaucoup voir ses tâches de rousseurs plisser sous ses traits, là, sur le perron, à attendre qu’un matin j’ouvre ma porte, et qu’elle me dise dans sa critique des plus douces et sous son rire des plus enfantins « Hey, Nash. C’est à cette heure qu’on se lève ? ». Et parce que des fois j’espérais que me faire venir moi-même à ma perte la ferait bouger de son petit coin où elle était cachée. J’espérais à ce moment-là qu’elle se trouvait quelque part, dans la forêt, que sa mort fût une mascarade, qu’elle ait été sauvée, et que me voyant comme ça, elle ajoute, sous un sourire, en sortant d’un bosquet, là, sur les planches de bois des escaliers, devant ma porte : « C’est comme ça que tu fêtes ma disparition ? En te laissant crever ? ». Oui, parce que cette jeune fille ne qualifierait pas son absence de « mort », mais de « disparition ». Car si ce que j’espérais intérieurement pouvait être vrai, elle aurait juste disparue ; la disparition est temporaire. Pas la mort.

Aujourd’hui est un autre jour. Je crois que j’ai accepté sa disparition. Lorsque je me lève le matin, j’ouvre toujours la porte. Je fais quelques pas, un ou deux, sur le perron extérieur, sur les planches de bois, et sans descendre les escaliers – car peut-être que quelqu’un y aurait laissé quelque chose pendant la nuit – je m’étire de tout mon long, de toute ma largeur, je prends l’air doux et silencieux du matin, profite des beaux sifflements des oiseaux et des rayons du soleil. Et lorsqu’il pleut – et sans doute seulement lorsqu’il pleut – je prends une grande inspiration et sens le parfum enivrant de la pluie sur les feuilles, de l’eau touchant la terre. Cette odeur m’apaise. Et je ferme les yeux, profite, me laisse balader parmi les bruits des goûtes de pluie.

Lorsqu’il fait beau, certains jours, il m’arrive de descendre de l’escalier de bois. Je n’y trouve jamais rien, évidemment. Personne ne s’intéresse à moi et je vis désormais seul dans ce quartier vide. Ils ont tous déserté, ils m’ont tous abandonné. Je suis effectivement un survivant qui a survécu deux fois. Alors, ces jours où il fait beau, où je descends des planches de bois, que je contemple la rue à gauche, puis à droite, espérant sans doute voir quelqu’un à l’autre bout, mais bien sûr sans jamais apercevoir une seule ombre, ces jours où, certaines fois, il m’est arrivé de descendre du perron en ayant fermé la porte par simple acte poussé par une psychologie particulière, j’enfile mes mains à l’intérieur de mes deux poches et je descends la rue des vainqueurs – du vainqueur.
Et lorsque je descends la rue du vainqueur, rarement je fais demi-tour. Je continue tout droit, je passe par des petits chemins. L’herbe est verte. Les buissons aussi. Il fait beau alors les oiseaux chantent et s’y posent. Mais plus j’avance et plus les volatiles se taisent (parce qu’ils ne sont plus là) et la gente du district crie.

Ce jour-là je flânais au marché. Les gens criaient plus fort que les fours à pain ne hurlaient. Lorsque je regarde un étalage de légumes, une voix me semble provenir directement. Elle est loin, inconnue, mais sans savoir pourquoi, elle est là, et contrairement aux hurlements des vendeurs, celle-ci s’impacte directement sur mon cérébral, tel le poing ou ses phalanges qui frappent à une porte. « Ouvre s’il te plait ». Alors je vais en direction de cette voix. J’y aperçois une jeune femme, brune, petite, le visage fin, belle. A côté un pacificateur. Son visage me dit quelque chose. J’avance et je percute. Les nerfs me montent et je me positionne entre les deux individus, poussant violemment la fille vers l’arrière, ne la laissant pas approcher. Je regarde l’homme de blanc dans les yeux.

Nous prenons le sentier pour rentrer chez moi, dans le silence bercé des oiseaux.


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MessageSujet: Re: un jour, tout finira par disparaître, comme elle | laurel - nash   Dim 10 Avr - 14:00


Un jour, tout finira par disparaître, comme elle

Le chat est encore revenu.
Je l’ai pourtant chassé de nombreuses fois, ce chat, je lui ai dit et redit que je n’ai pas de place pour lui, pas de nourriture à lui donner, pas envie de m’attacher à un être si éphémère et changeant.  Mais il revient toujours, et je finis toujours par dénicher quelque chose à lui offrir: une place dans mon lit, où il réchauffe mes pieds glacés, le dernier morceau de fromage, et mes larmes salées qui coulent sur sa fourrure si douce. Je refuse de lui donner un nom, et je ne le câline qu’à contrecœur, mais il continue à se pavaner dans ma bicoque comme s’il en était le roi. J’ignore même si c’est un mâle ou une femelle. Tout ce que je sais, c’est qu’il n’appartient à personne, comme moi, mais qu’il est plus libre que je ne le serai jamais. En soupirant, je cherche une soucoupe qui soit encore propre et y dépose quelques morceaux de saucisson. « Tu sais, tu as de la chance que je sois si gentille. Si Ambre et Isaac étaient encore là, ils ne te laisseraient même pas fouiller dans notre poubelle, et encore moins dîner à notre table… » Le chat cligne des yeux, puis commence à manger avec un ronronnement approbateur. « Ils te jetteraient dehors par la peau du cou ! Ambre détestait les chats. Enfin, elle les aimait peut-être bien, mais nous étions trop pauvres pour nous permettre d’avoir une bouche en plus à nourrir, tu comprends ça, le chat ? Tu comprends ? » Le chat ne daigne pas répondre et se contente de lécher avec application jusqu’à la dernière trace de gras sur la soucoupe. « Et voilà en plus que je parle aux chats, maintenant, comme une vieille folle. Comme si tu venais ici pour autre chose que pour ma nourriture. » Je m’assieds sur l’unique chaise de la pièce pour lacer mes chaussures. Les autres chaises, je les ai cassées en les jetant contre le mur, un soir où je n’étais pas assez ivre pour oublier ma peine mais trop ivre pour me soucier de détruire le peu de meubles que je possède. En sortant de la maison, j’emporte le chat, et je le dépose sur le banc à côté de l’entrée. Pas question qu’il aille fouiller dans mes provisions et couvrir mon lit de poils pendant que je suis partie. « Au revoir, petit diable. Et ne pense pas que je te nourrirai demain ! » Il commence à se nettoyer les moustaches avec application; il sait que je mens, et je sais qu’il sera là demain matin.

L’air commence à se réchauffer, mais le printemps hésite encore à pointer le bout de son nez. Sur le bord du chemin, il y a des jonquilles, des dizaines d’étoiles jaunes qui se balancent au gré du vent. Ambre aimait les jonquilles. Ou les crocus ? Je m’arrête net au milieu du chemin. Ambre aimait… Je ne sais plus. Dans ma mémoire, je la vois admirer un parterre de fleurs sur le bord du chemin, mais je suis incapable de me souvenir de la couleur et de la forme des fleurs. J’ai oublié. Chaque jour, j’oublie un peu plus. Je me souviens du visage d’Ambre et de ses mains agiles qui sculptaient le bois, mais pas des derniers mots qu’elle m’a dits en partant pour l’Arène. Je me souviens des histoires qu’elle racontait parfois, mais le ton de sa voix commence à m’échapper. Ce serait facile, pourtant, de me souvenir. Il suffirait d’allumer la télévision pour regarder une rediffusion des Jeux. Mais j’ai juré de ne plus jamais les regarder. C’est ironique; je pense à Ambre tous les jours, mais les souvenirs que j’ai d’elle s’estompent avec le temps. J’essaye désespérément de les retenir, car ils sont la dernière chose qu’il me reste d’elle, et quand j’oublie comment elle riait, comment elle marchait et travaillait et dormait, j’ai l’impression cruelle de la perdre une deuxième fois. Tous ses objets sont encore là, mais la fille que je connaissais, cette fille sceptique, farouche et loyale, cette amie improbable, est partie pour toujours. Aujourd’hui encore, je porte ses vêtements. Par pur souci d’économie, car nous avons à peu près la même taille et le tissu coûte cher. Mais aussi pour la rendre plus vivante, pour imaginer sa réaction outrée si j’avais pioché dans sa garde-robe de son vivant. Je caresse du bout des doigts le foulard que je porte autour du cou, caché sous le col de mon manteau. Son foulard, qu’une femme du Capitole lui avait donné comme payement pour ses figurines en bois… J’ai l’impression d’entendre sa voix dans ma tête: « T’es conne de garder ce foulard, Auri. Tu devrais le vendre pour pouvoir te payer un repas complet. Et le bois de chauffage, tu y as pensé ? » Je souris à cette pensée, et j’accélère le pas sur le chemin boueux. Direction le marché noir.

« C’est de la camelote. » Le vieux redépose la boucle d’oreille sur son comptoir encombré en haussant les épaules. « Je pourrais peut-être te l’acheter pour quatre ou cinq pièces de cuivre, mais pas plus. Qui voudra m’acheter un truc pareil, hein ? Si encore tu m’avais apporté la deuxième boucle… »  J’essaie de prendre un air désinvolte. Il fait chaud dans l’entrepôt crasseux qui sert de marché noir, car des braséros brûlent à des intervalles réguliers. J’ouvre légèrement le col de mon manteau et observe mon interlocuteur. « Tu essaies de me rouler, Tag. Cette pierre rouge, c’est un rubis, pas de la verroterie. » « Et comment peux-tu en être si sûre, ma p’tite dame ? » J’en suis sûre parce que j’ai volé cette boucle d’oreille à l’hôtesse du District et parce que cette idiote du Capitole ne porterait jamais autre chose que de véritables rubis. Enfin, je ne l’ai pas exactement volée, disons plutôt que je l’ai « trouvée » sur le sol de la chambre de l’hôtesse, quand je me suis « égarée » dans l’hôtel de ville où je me rendais pour soigner les maux de tête de la fille du maire… Je n’ai pas trouvé la deuxième boucle d’oreille, et c’est sans doute mieux ainsi. Moins suspect. C’était il y a plusieurs mois, et j’estime que je peux maintenant vendre la boucle d’oreille sans danger. « C’est une femme du quartier riche qui me l’a donnée parce que je l’ai rapidement soignée d’une maladie de la peau assez embarrassante… Et je sais de source sûre qu’au Capitole il est de bon ton de ne porter qu’une seule boucle d’oreille. » Comme si je savais ce qui est à la mode au Capitole… « D’ailleurs, si tu n’es pas intéressé, je peux l’emporter. Mr. Roswell m’a paru bien intéressé par cette babiole quand je la lui ai montrée… » A la mention de son grand rival, Tag se rembrunit. « C’est un idiot, celui-là. Bon. D’accord. Tu as gagné cette fois. Sept pièces d'argent. » « Mon cher ami, c'est au moins de douze pièces que l'on parle ici. » « Tu veux me plumer ? J'ai déjà dit que j'aurai du mal à revendre ce bijou sans m'attirer les foudres des autorités. Neuf pièces d’argent et n’en parlons plus. » « Onze. » « Dix. » « D’accord, dix. Et tu me donnes aussi cette belle écharpe bien chaude que je vois là. » En grommelant, Tag range la boucle d’oreille dans une pochette et me tend les pièces d’argent ainsi que l’écharpe. Celle-ci porte encore l’odeur de son ancien propriétaire, mais j’arriverai sûrement à la rendre à peu près propre avec beaucoup d’eau et de savon. Je la range fièrement dans ma besace avant d’acquérir quelques bouteilles d’alcool bon marché auprès d’un autre vendeur. La moitié de ces bouteilles me servira à nettoyer les blessures de mes patients, et l’autre moitié… Eh bien, disons que j’espère réussir à boire juste assez pour me sentir bien sans devenir une folle furieuse qui casse des chaises et fait peur au chat.

Le mardi est jour de marché au District 7. Sur la Grand-Place, les vendeurs ventent leurs marchandises à grands cris et les enfants se poursuivent en riant. Les gens me saluent d’un hochement de tête ou d’un sourire. Tout le monde me connaît : Laurel, qui a perdu tous ceux qu’elle aimait aux Jeux, Laurel, qui a abandonné son travail à l’usine pour devenir guérisseuse à plein temps, Laurel, qui vit seule dans sa cabane et n’accepte l’aide de personne. J’achète du pain et de la viande, puis j’observe avec intérêt les fruits et légumes luisants dans leurs caisses en bois. J’ai un petit potager derrière la maison, mais je n’arrive pas à y faire pousser autre chose que des carottes et quelques courgettes. Aujourd’hui, j’ai gagné assez d’argent pour me permettre une petite folie. Je tends la main pour choisir quelques oranges bien mûres lorsqu’une voix forte et désagréable me parvient. « Je ne sais pas à quoi il joue, le Président, mais il ferait mieux d’organiser une nouvelle édition des Jeux le plus rapidement possible. Ce sont toujours les vieilles éditions qui passent à la télé et je m’ennuie, moi ! » C’est un Pacificateur. Je ne connais pas son nom, mais je connais sa réputation : c’est un fanfaron ignorant, méchant et bête mais généralement inoffensif. Il parle avec un jeune homme que j’ai déjà vu plusieurs fois au bar. « C’est vrai quoi, la dernière édition était à mourir de rire, j’ai hâte qu’ils recommencent. Tu te souviens de la blondinette qui représentait le 7 ? Une sacrée bombe, celle-là, et c’est dommage qu’elle soit morte. Elle aurait été une gagnante du tonnerre. N’empêche que sa mort était trop marrante ; t’as vu comment le sang a giclé ? » Je m’approche des deux hommes, comme en transe, incapable de faire comme si je n’avais pas entendu leurs propos blessants. « Ambre. » Je murmure. Ils se retournent vers moi, interloqués. « Quoi ? » « Elle s’appelait Ambre. » Le Pacificateur rit. « Ah oui, c’est ça. Ambre. La blonde, quoi. C’était ta copine, peut-être ? » Mais le jeune homme m’a reconnue, et il a l’air presque honteux lorsqu’il dit : « C’était quasiment sa sœur. Elles vivaient ensemble avec l’autre tribut, là, Isaac. » Le Pacificateur hoche la tête d’un air approbateur, pas gêné pour un sou. « De chouettes tributs. Dommage que tu sois trop vieille pour participer à la Moisson, toi. T’as quel âge, 20 ans, 21 ? T’es pas fâchée que la blonde ait volé toute la gloire aux derniers Jeux ? Je parie que t’aurais bien aimé être à sa place, hein ? » Sans l’avoir décidé, je fais un pas en avant et je me retrouve presque nez à nez avec le Pacificateur. Je peux voir ses yeux injectés de sang, sa barbe mal rasée, son sourire qui se crispe devant ma réaction. Autour de moi, j’entends les murmures des autres habitants. Tout le monde nous regarde. « Il n’y a aucune gloire dans un assassinat… » J’entends à peine ma propre voix ; j’ai les oreilles bouchées. « Assassinat », c’est le mot que nous ne pouvons pas utiliser pour qualifier les Jeux. Nous devons parler de « mort honorable » ou de « décès héroïque » ou encore de « sacrifice ». « … un assassinat télévisé pour divertir des idiots. » Je serre les poings. « Et c’est ce que vous êtes. Un idiot. Et un poivrot. » Le Pacificateur se bombe le torse, outré par cette insulte. Je me sens très calme, soudain, comme si toute peur m’avait désertée. « Ce n’est pas comme ça qu’on parle à un Pacificateur ! Espèce de… » Mon poing part tout seul, comme mû par sa propre volonté. Mais, plus rapide encore que mon coup de poing, une personne me percute brusquement sur le côté et m’éloigne du Pacificateur. Ma main ne rencontre que le vide, et je vacille pour retrouver mon équilibre. La personne qui m’a empêchée de frapper le Pacificateur se tient en face de celui-ci, et ils s’affrontent du regard. Puis, le Pacificateur secoue la tête et dit d’une voix bourrue : « Allez, c’est bon, je laisse passer l’insulte, mais juste pour cette fois, hein… » Parce qu’il ne veut pas risquer de froisser un Vainqueur. Parce qu’il ne veut pas risquer de froisser Ethan Fawks-Williams.  

Sans dire un mot, je suis Ethan lorsqu’il quitte le marché et prend le sentier pour rentrer au Village des Vainqueurs. Cela fait des mois que je ne l’ai plus vu. J’ai à peine échangé quelques mots avec lui de toute ma vie, et ça ne s’est pas amélioré depuis la mort d’Ambre. Quand elle est morte, je me suis bêtement attendu à ce qu’Ethan vienne me rendre visite. Pour parler d’elle, peut-être. Pour regarder sa petite collection d’objets avec moi. Pour me réconforter, ou m’offrir son aide. Après tout, il était son mentor, et même plus que ça. Il était son ami. Mais il n’est jamais venu. Je lui jette un regard rapide; il a l’air fatigué mais en bonne santé, bien nourri. Je parie qu’il ne doit jamais se demander s’il aura assez à manger le lendemain. « Pourquoi m’as-tu aidée ? » Je voulais poser la question gentiment, mais ma voix est presque agressive. « Je n’ai besoin de l’aide de personne, et surtout pas de la tienne… » Surtout pas de la tienne, alors que tu n’as pas pu la sauver, elle. Surtout pas de la tienne, alors que tu n’as rien fait pour moi pendant ces mois après sa disparition, où j’avais désespérément besoin d’un ami. Le Village des Vainqueurs est déjà en vue, et je me demande pourquoi je continue à le suivre. Il n’a rien de bon à me dire, rien de positif à m’apporter. Autant retourner à la maison. Pourtant, quelque chose m’en empêche. Peut-être ai-je envie de donner une dernière chance à Ethan. Peut-être ai-je envie d’entendre ses explications, ses justifications, ses excuses. Alors, je croise les bras et je dis d’un ton qui se veut aimable : « Comment vas-tu, depuis le temps, Ethan ? ».

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MessageSujet: Re: un jour, tout finira par disparaître, comme elle | laurel - nash   Dim 5 Juin - 23:34


C’est ça ; c’est pour ça qu’il fait si frais : le printemps pointe son nez au milieu de l’atmosphère doux de ce matin, menaçant quelque peu le prochain été, l’invitant à venir, à courir, quelques mètres, jours, semaines et mois, lui crachant sans doute dessus en ouvrant quelques bourgeons, bulbes et pétales de fleurs, afin de lui annoncer le passage de témoin à l’été chaud. S’il fait si frais c’est parce que nous sommes au printemps.

Le printemps est une belle saison : la neige fond, le maigre reste de forêt reprend sa verdure, les fleurs éclosent, les habitants arrivent à se nourrir, les hurlements du marché sont plus enjoués, plus heureux, les maladies, colères liées, disparaissent unes à unes, et l’on n’entend plus parler des « faims de l’hiver », des « pré-approvisionnements » ; ce que l’on entend ce sont les échanges, les hommes et femmes commençant à travailler de leurs mains et la sueur tombant sur les sentiers pendant qu’un homme tenait sur ses épaules et son dos quasiment détruit par l’arthrose les quelques bûches qu’il brûlera ce soir, pour se réchauffer ; car ce printemps ne vient que de commencer. Et qu’il fait donc encore froid.

Voilà deux printemps. Deux printemps que la belle et tendre Ambre passait le matin sur ce sentier, frappait au perron, demandait dans le silence la discussion, les conseils, et la nourriture. Voici deux printemps qu’elle m’énervait, m’agaçait, m’intriguait et me harponnait sans le savoir – sans que je ne le sache moi-même – dans ses tristes filets bientôt brûlés.

Ainsi une bouffée de l’air frais de mars n’implante dans mes poumons que la pollution d’une idée faite : la moisson arrive. Celle du Capitole. Et bien que l’an dernier fût une rude pause dont j’avais besoin, cette année, ce seront deux inconnus qui arriveront sur les marches de bois, seront jugés, applaudis – parce qu’ils permettent au public d’éviter la mort – et pris de pitié – parce qu’ils mourront. Le printemps est donc beau.



Laurel. C’est son nom. Elle est brune et belle. Aussi belle que sa tendre amie, sa pauvre sœur. Je la regarde. « Maintenant que j’y pense, les pacificateurs n’ont plus leur immunité stupide. La prochaine fois tu le cognes, et j’affirmerai n’avoir rien vu à part un lourdaud tomber dans une pile de bois. » Je pourrai dire ce que je voudrais, rien n’excusera mon absence auprès de celle qui a perdu deux proches. Nous avons perdu Ambre, mais elle a aussi perdu Isaac. C’était un brave jeune. Je ne pense pas avoir exprimé quelconque jalousie. Ni même ressenti. Je ne pense pas l’avoir vu un jour comme quelqu’un qu’il fallait jeter. Peut-être me suis-je un soir entendu penser, après la moisson, durant les jeux « si elle revient seule, elle sera seule ». Oui, sans doute, mais ce n’était qu’une constatation. J’essaie de m’en persuader pour ne pas empoisonner les dernières belles paroles que je me suis faites de lui : c’était un brave homme. Je frappe dans une pierre. « Un putain de lourdaud bien gras et bien con. »

Je regarde Laurel, m’arrête de marcher alors que nous allions franchir la voûte de métal indiquant l’entrée du village des vainqueurs. Je me positionne sur le pointe du chantier, lui laissant le passage de libre, le choix de franchir cette porte, le choix d’échanger quelques mots plus loin afin qu’elle me dise, elle, si elle va bien. Parce que moi, « tout va bien dans la plus belle des professions du monde ».


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