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 ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)

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MessageSujet: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Lun 4 Jan - 22:17



chaol hector trajan
❝ WHO AM I LIVING FOR? ❞
Le froid, c'est la première fois qu'on lui a mis une arme dans les mains au début de sa formation de pacificateur; oh, ce n'est pas tant le métal froid qui l'a glacé jusqu'à la moelle, mais plutôt l'impression vertigineuse de puissance qui l'a pris. L'impression impérissable que la vie ou la mort se tenait au bout de son doigt reposant sur la gâchette. Cette sensation amusante et grisante qu'enfin, enfin, on lui donnait les armes qu'il méritait pour faire face à la vie: à seulement dix-huit ans, alors, il ignorait tout du froid mais il connaissait tout de l'avidité.
L'avidité d'un monde meilleur. Avec ce doigt sur la gâchette, le bout de cette arme sur une cible, il avait envie de faire payer le monde, les mondes, tout le monde: personne n'était innocent, pour avoir fermé les yeux, pour s'être bouché les oreilles. C'est une rage qui l'habitait, qui l'habite; c'est une rage sans fond ni comble, ni logique.
Plus exactement, non. Le froid, ce n'est pas ça. Le froid, c'est au terme de la seconde année de formation de pacificateur, quand il revient à son district d'origine, le district douze, grâce à un coup du sort. Le froid, c'est les yeux vides des gens qui le regardent passer, décasqué, avec les autres nouveaux pacificateurs. C'est une époque de paix toute relative; ils n'ont pas besoin de masquer leurs visages, alors il peut tout à fait souffrir les regards à la fois de déception et de dégoût que lui lancent les gens qu'il connait du district quand il passe devant eux. Certains le pointent du doigt; il fait mine de ne rien voir (il est très fort à ça).
Le froid, c'est se dire qu'ils ne comprennent pas, que personne ne le peut. L'avidité est devenue ambition en deux ans, dans son coeur. L'ambition d'être mieux si ce n'est le meilleur; l'ambition d'être plus si ce n'est tout. Ils ne savent pas, ils ne peuvent pas savoir.
Pour être tout à fait exact, non. Ce n'est pas ça, le froid. Le froid, c'est l'aiguille qui va et vient sous sa peau, y laissant de la douleur, du sang et de l'encre, pour y graver des mots qui n'auront jamais aucun sens. Des années plus tard, le tatouage lui donne toujours une impression de vide, de fossé dans l'intérieur de son biceps: tempora si fuerint nubila / solus eris. Ça ne veut rien dire et pourtant, son père a insisté pour les encrer sur le corps de son fils aîné; et puis deux jours plus tard, il est mort.
C'est ça le froid: la mort.
La mort partout où il va. Il a dix jours quand son frère aîné et jumeau meurt d'une pneumonie; il a douze ans quand son père meurt asphyxié dans une mine; il a vingt ans quand son frère benjamin meurt étouffé dans l'arène; il a vingt-trois ans quand il tue le premier rebelle qui essaie de s'échapper de la Justice. Tout le monde doit s'incliner devant la Justice. Même avec une balle dans la tête. Il n'est pas vindicatif, essaie-t-il se convaincre, mais Juste.
Et quel Justice! Elle est étalée en gros dans son dossier. Autant d'impertinences que d'insolences que de piques méprisantes lancent-ils à ses supérieurs, à ses égaux, à ses cadets; on dit que sous la carapace arrogante se cache un monstre de froideur et un homme qui n'a rien à perdre. On le voit déjà lieutenant, même à l'âge précoce de vingt-et-un ans; lui se voit déjà commandant toutes les légions de pacificateurs qui parsèment le pays. C'est même sans surprise que quelques uns le voit devenir capitaine du district douze quand le précédent tombe dans la disgrâce après un procès aussi hâtif que sordide.
Mais ceux qui font froid dans le dos, c'est ceux qui ne disent pas ça, qui contemplent sa promotion avec autant de mépris que d'horreur. Certains crient au scandale; d'autres se rebellent dans le secret; les plus rares le confrontent et lui, oh, lui il ne répond que d'un regard glacial. Il n'a pas besoin de plus. C'est un dur travail mais quelqu'un doit le faire.
Mais chaque insulte qu'on lui adresse, il la retient dans un coin de son coeur. TRAJAN! hurle-t-on avec autant de haine que de dédain. TRAJAN, PUTE! Le cri le poursuit jusqu'aux plus profonds de ses cauchemards empreints d'horreur, de froid, de sang et d'air manquant, TRAJAN, PUTE!
Des fois, même alors qu'il a vingt-huit ans, même alors qu'il est un homme fier, fort et farouche, il ose se glisser dans la chambre de sa mère et elle le serre contre lui, sans question, sans rien; madame la Maire est une mère exemplaire. Ils savent, tous les deux, que les larmes coulent autant de tristesse que de solitude que de rage, ils savent, tous les deux, qu'ils n'oseraient pas pleurer s'ils avaient autre chose à perdre qu'eux deux. Chaol, murmure-t-elle pour le consoler. Chaol, le berce-t-elle avec la patience que seules les mères possèdent. Mais les caresses et les baisers n'y feront rien: madame la Maire sa mère ne pourra jamais combler le vide laissé béant dans son coeur par son coeur, alors que la question tourne trop vite dans sa tête pour que ce soit sain: est-ce que je le mérite?
Le Mérite est une grande chose, et une grande question. Il y a deux-trois choses qu'il est sûr de ne pas mériter: la faim qui ne l'a pas quitté jusqu'à ce qu'il ait quinze ans, la mort de son père et de son frère, les regards torves qu'on lui adressait quand il apprenait le métier de pacificateur, la haine qu'il a reçu suite à l'élection de sa mère.
Il a deux-trois choses qu'il est à peu près sûr de mériter aussi: la prison pour avoir détourné tout cet argent ces trois dernières années au profit de la rébellion, la mort pour avoir pensé à se la donner lui-même, la pendaison pour n'être qu'un traître et un lâche, l'écartèlement pour avoir copié sur sa voisine en cours d'histoire quand il avait dix ans, la flagellation jusqu'à ce que mort s'ensuive pour avoir oublié de fermer la fenêtre un soir d'orage quand il avait sept ans.
Dis moi, Atlas. Qu'est-ce qui est plus lourd: le monde ou les coeurs de ses habitants?

about games and relative.
Ma mort je la vois violente et parfois, je la vois dans mon sommeil. Je pense qu'un coeur ne peut supporter qu'un poids donné, qu'une certaine pression; et des fois, j'ai l'impression que mon coeur va exploser, et que je ne vais jamais me réveiller. J'imagine que ce ne serait pas très héroïque, pour mon coeur, de simplement s'arrêter de battre. Ce serait même décevant, alors des fois, je rêve de champs de bataille. J'aimerais mourir en faisant quelque chose de bien. J'aimerais mourir avec un sourire insolent aux lèvres, adressé aux dieux et aux idoles, aux gardiens et au Capitole, aux pacificateurs et aux rebelles, disant: je l'ai fait. J'ai réussi, malgré les prédictions, malgré mes chances, je l'ai fait. J'aimerais pouvoir cracher du sang et dire que je n'ai aucun regret. J'aimerais pouvoir mourir d'amour, entre les bras de quelqu'un de sincère, qui écarterait de mon visage ensanglanté une mèche de cheveux trempée: Chaol me dirait-on alors, Chaol. Et moi je sourirai, crachant du sang, quittant la vie: je l'ai fait.
Je veux mourir à ma façon. Mourir sans regret, mourir sans avoir l'impression de rien laisser derrière moi.
Il y a un serment que l'on prend, lors que l'on devient pacificateur. Un serment qui parle d'honneur, de devoir et de mort. Un serment plus lourd que les mots, je dirais même. Je pourrais mourir pour Panem, pour le Capitole. Je pourrais tout sacrifier pour eux, parce que je le dois, parce qu'il le faut. Fondamentalement, je crois en l'organisation des districts, en la vie parmi Panem; il n'y a que les dirigeants qui me font froid dans le dos, les maires et les présidents et les juges qui m'effraient: j'ai trop fréquenter ma mère pour ne pas savoir qu'ils sont tous pourris jusqu'au coeur.
C'est aussi pour ça que, aussi sûrement que je pourrais mourir pour le Capitole, je pourrais mourir pour la rébellion; non; corrigez ça, le mot est trop fort. Je participe à des activités illicites pour le bien de la rébellion. Serais-je prêt à mourir pour elle? Je ne sais pas. Je ne crois pas. Je pense fondamentalement que ce que les rebelles font est bien, et je pense fondamentalement que le bien doit toujours triompher.
Je pourrais mourir pour ma famille, enfin. Pour tout ce qu'il m'en reste, en tout cas: ma mère.
Je pourrais mourir pour mon district.
Pour me défendre, je ne suis pas très attaché à la vie.
Oui. Je l'ai déjà fait. Pas directement (jamais directement, quand le but est personnel) mais je l'ai déjà fait, et c'est un peu comme si ça avait été mon doigt sur la détente, non? C'est moi qui indique à certains rebelles quand et comment ils doivent aborder des livraisons de biens entre les districts pour les récupérer eux-mêmes; plus d'une fois, ils ont tué les hommes s'occupant des cargaisons.
Est-ce que ça me donne des soucis de conscience?
Pas vraiment. Non. Pas du tout. Je ne pense pas à eux, ni leurs familles, ni leurs avenirs, ni le goût amer de la trahison qu'ils ont dû sentir dans le fond de leurs gorges. Je n'y pense jamais, parce que je sais qu'ils font partie d'un plan plus grand, plus gros, quelque chose qu'il n'aurait jamais réussi à atteindre de leur vivant. Certains doivent mourir; certaines choses doivent être faites; voilà tout.
S'il le fallait, je plongerai moi-même mes mains dans la poitrine de Deverell pour en retirer un coeur battant, si ça voulait dire que la paix régnait à nouveau sur Panem.
En revanche, ceux qui comptent à mes yeux (ma famille, pour ne dire qu'eux) ne peuvent pas, ne doivent pas mourir et je ne le permettrai jamais, que ce soit pour le plus grand bien ou pour l'intégrité de tous. Il y a des sacrifices que je suis trop faible pour effectuer moi-même.
La paix et l'équité. Le calme et l'honneur. La dignité. Tout, tout mais pas l'oubli. J'aimerais que l'on parle de moi avec admiration et pas avec mépris, qu'on se souvienne de mon nom avec un sourire plutôt qu'une grimace. L'idée de ne rien laisser derrière moi me hante et j'aimerais accéder à la reconnaissance, que ce soit des mes actes ou de mon histoire, pour la postérité. Ça peut sembler un peu ambitieux mais vous savez, après tout ce que j'ai vécu, j'aimerais qu'on s'en souvienne. Que l'on n'oublie pas.
Et enfin, évidemment, l'harmonie. J'aimerais que la paix revienne sur Panem, que les mineurs retournent dans leurs mines sans avoir à craindre les pacificateurs et que chacun puisse vivre sans que ça en aille de sa vie. J'aimerais vivre dans un monde utopique, où chacun a sa place dans le monde et est un petit engrenage d'un énorme mécanisme qui ne pourrait pas fonctionner sans tout un chacun. Je sais que c'est aussi ambitieux qu'irréalisable, mais je pense qu'est venu le temps de la paix et que ni le Capitole, ni la rébellion sont disposés à l'amener.
Ce serait assurément la colère. Je m'énerve vraiment pour un rien! Que ce soit une chambre mal rangée, une arme mal entretenue ou même un ordre mal interprêté, les pacificateurs à mes ordres savent à quoi se tenir, vous pouvez le croire!

(La vérité, pourtant, est bien loin de ces colères aussi froides qu'alarmantes. La vérité, c'est l'envie qui se dégage de son être, cette avidité qui dicte chaque geste: que ce soit pour se racheter une conscience ou pour faire croire qu'il en a une, Chaol ne fait rien par hasard et tout par dépit de ne pas avoir eu accès à tout quand il était plus jeune. Envie, avidité, avarice aussi, le premier pacificateur du district douze est un vautour, qui ne rechigne à rien pour arriver à ses fins, même si on a tendance à lui donner un coeur d'or et un visage humble. C'est une colère impossible à réprimer, une envie dont on ne dicte pas les pulsions; monstre de froideur, mais monstre de désir avant et surtout.)


JE VIENS D'UN MILIEU DÉFAVORISÉ, AINSI, POUR MOI, LA NOURRITURE TENAIT DE LA LÉGENDE QUAND J'ÉTAIS PETIT. DU COUP, MON NOM AVAIT GRANDES CHANCES/RISQUES D'ÊTRE TIRÉ AU SORT. J'EXERCE LE MÉTIER DE CAPITAINE DES PACIFICATEURS ET POUR TOUT VOUS DIRE, J'AIME. JE SUIS DANS LE 12ÈME DISTRICT. AYANT VINGT-HUIT ANS JE NE PEUX PLUS PARTICIPE AUX HUNGER GAMES ET C'EST TANT MIEUX. ENFIN, J'ATTESTE QU'EN CRÉANT CE PERSONNAGE, J'ACCEPTE DE LE LIVRER À LA BARBARIE DES JEUX S'IL EST TIRÉ AU SORT.

tell us your story.

Il est très jeune quand son père meurt.
Il est en train de dormir quand on frappe à la porte une fois, deux fois, mille fois. Alors, bien obligeant, il se lève pour aller ouvrir la porte, vu que sa mère dort profondément et qu'il ne faut pas, surtout pas, réveiller son petit frère — sinon il va hurler, hurler, hurler et personne ne veut ça. Le nom de l'homme sur le pas de la porte est Pip. “ Hé, fiston, tu veux pas aller réveiller ta mère? ” Non. Elle dort. Et je ne suis pas ton fils. “ Vas-y, fiston, c'est des affaires de grands. ” Mais je suis grand! J'ai douze ans. Et je ne suis toujours pas ton fils.
Pip n'est pas un homme très patient. Ses traits se brouillent, passant de la fatigue à la lassitude à la colère et bientôt, il est au niveau du petit garçon sorti du lit. “ Il y a eu un accident à la mine. Ton père est mort, fiston. ” La première pensée qui vient au petit garçon est la suivante: je ne suis toujours pas ton fils. La seconde est: je ne crois pas que papa apprécierait cette blague. Et enfin la troisième est: je veux que cet homme parte.
Le lendemain, quand il se présente au bureau du maire, il ne peut s'empêcher de penser qu'il n'est pas fait pour les enfants de douze ans: il est obligé de se mettre sur la pointe des pieds pour regarder dans les yeux la dame qui l'accueille et lui demande fermement son nom. “ Chaol Hector Trajan. ” Son âge. “ Douze ans. ” Le nom de ses parents. “ Amelya Trajan. Sufjan Trajan. Mais il est mort. ” Si il a des frères et soeurs. “ Jonathan et Finnegan. Ils ont six ans. ” Il prend les quatre bons qu'elle lui tend, après qu'il ait signé le registre et le contrat, puis sort de la mairie.
Il a douze ans. Il a douze ans et on dirait qu'il en a quarante, avec ses grands yeux sérieux et son air sentencieux quand on lui adresse la parole; Chaol n'est pas là pour discuter, il est là pour survivre.

Il retourne à la mairie chaque année, pour prendre de nouvelles tesserae jusqu'à ce que ce soit impossible. Un jour, même ses frères n'ont plus besoin d'y aller. Un jour, il se réveille au milieu de la nuit, et la pluie ne coule pas entre les briques du toit de leur maison spartiate et insalubre: seul le grincement sordide de la maison répond à son soufle effrené. Un jour, il se réveille et c'est comme si toute cette souffrance, toute cette faim, toute cette ambition s'était enfin calmée dans son estomac: il peut regarder de la nourriture à nouveau sans avoir l'impression que c'est un luxe trop grand.

(Même si, encore aujourd'hui, son estomac se tord douloureusement devant un plat trop riche, un plat trop onéreux, qu'il se retrouve à dégueuler quelques heures plus tard quand personne ne le regarde.)

Sa mère ne semble pas s'en offusquer. À vrai dire, sa mère semble penser ce que tout le monde pense d'eux: il était temps. Amelya Trajan est une femme de bonne famille, voyez-vous, qui s'est entichée d'un homme d'un mauvais genre, et l'a épousé, et lui a donné quatre fils, deux paires de jumeaux. La vie ne lui a donc pas souri, à Amelya, pauvre Amelya que personne ne plaint. À quinze ans, elle a des rêves plein la tête, de l'amour plein les yeux, elle rencontre Sufjan alors qu'elle va cueillir des fleurs un dimanche, et ils tombent amoureux et deux semaines plus tard, elle est en retard, et trois mois plus tard, ils se marient et neuf mois plus tard, deux enfants naissent.
Hector et Chaol, c'est Sufjan qui choissisent les noms. Hector et Chaol. Ça fait bien longtemps qu'Amelya n'a plus de contact avec sa famille (qui grimace au souvenir de leur rayon de soleil, de leur petite fille adorée mariée à un mineur) et ça fait bien longtemps qu'elle a décidé de s'en fiche: elle a Sufjan et maintenant, elle a aussi Hector et Chaol.
Un jour Hector ne se réveille pas.
Et après, c'est comme si elle, elle ne se réveillait pas d'un cauchemard long comme sa vie: il y a deux autres fils, Jonathan et Finnegan, chétifs et spéciaux mais heureux, il y a la famine qui s'installe dans leurs logis, le toit qui s'écroule une nuit, le froid qui vient lui mordre la fesse même en plein jour. Sufjan sourit (il est très bon à sourire) en évitant les problèmes. Ils n'auront pas besoin de tessera. Promis. Il travaillera encore plus à la mine, voilà tout.

Et un jour la nouvelle vient que la mine s'écroule, et qu'Amelya est cruellement seule.

Elle se souvient du regard de Chaol, quand il est revenu du palais de justice avec du grain et de l'huile, quatre rations pour eux quatre. Elle se souvient, particulièrement, de la sévérité dans ses yeux, du sérieux inscrit en filigrane sur son visage. “ Tu n'aurais pas dû. ” Je n'avais pas le choix. “ Chaol, c'est dangereux. Tu n'as que douze ans, si tu es moissonné... tes frères n'ont que six ans. On devra attendre six ans encore pour d'autre tesserae. ” Il hoche la tête. Ne t'inquiète pas.
Alors qu'elle le regarde s'occuper de ses petits frères avec une douceur prévenante et maladroite, elle ne peut s'empêcher de penser, Amelya, du haut de ses trente ans trop fragiles et du haut de ses espoirs volés en éclat: toute cette douleur, tout ce désespoir, toute cette horreur, et ça ne l'a rendu que plus gentil et plus adulte.

Le jour où elle est votée maire, et que le district rugit son nom avec une joie qui ressemble beaucoup à de l'amour, alors, elle se dit: il était temps, je le mérite. Leurs tables se couvrent de mets plus fins, de vins plus riches; leurs habits n'ont plus de trous; leurs corps s'épaississent et les vertiges cessent. Maire loyale et juste, mère distante et mélancolique, Amelya essaie de concilier le meilleur des deux mondes. Le district l'aime, espère-t-elle. Elle joue de son histoire tragique, son mari mort dans les mines, son milieu ouvrier, sa difficulté, la faim, qui trouve malheureusement tellement d'échos dans les visages creusés du Douze.
Chaol se souvient très bien du jour où elle accède à ses fonctions, son discours poignant aux quelques membres du District se sentant obligés d'assister à ce jour de liesse. “ Je ne vous décevrai pas, ” crie-t-elle aux gens, au monde, à la vie. “ Le district douze connaitra sa gloire d'antan! ” Et quelle gloire! Un mythe, que cela! Mais Chaol ne dénonce rien; il hoche la tête, cérémonieusement, et se tait.

C'est le milieu de la nuit, alors qu'il a vingt-huit ans, quand on le réveille avec des mains empressées et maladroites. “ Trajan. Trajan! ” Aussitôt, le corps de Chaol se tend; ses bras volent; ses poings cherchent un corps à abattre. “ Trajan, du calme, c'est moi! C'est Will! ” Avec un grognement, l'autre se relève dans son lit froid, se passe une main dans le visage, alors que Will allume la lampe de chevet. Qu'est-ce que tu fous là? “ C'est le capitaine Gallagher. ” Eh bien? “ Eh bien, y'a des mecs qui sont venus le prendre au plein milieu de la nuit. D'ailleurs, t'as le sommeil super lourd, Chaol, et c'est pas une qualité ça. ” Il reste silencieux, regarde l'homme qui partage sa chambre avec des sourcils froncés. Will soupire. “ Ouais, enfin. Des mecs, plein milieu de la nuit. Gallagher a hurlé à la trahison mais rien à faire. C'était des gars du Capitole. Apparemment, ça faisait quelques semaines que Gallagher les évitait et tout alors bah, ils sont allés le chercher directement. ” Mais pourquoi? “ Sais pas. Certains parlent de trahison.

Trahison, le mot est fort.
Il a huit ans quand les notions de bien et de mal s'imposent à lui. Bien: courir prévenir les Pacificateurs de ce qu'il voit (un homme en train de frapper une femme). Mal: regarder l'homme s'approcher de lui, lui donner une pièce en lui disant de ne pas aller voir les Pacificateurs. Que faites-vous? Bien ou Mal?
Il a vingt-cinq ans quand ces notions lui reviennent en pleine figure. Bien: mettre ce rebelle aux arrêts qui s'est faufilé derrière le grillage pour braconner. Mal: lui dire d'emprunter un autre chemin la prochaine fois pour ne pas se faire prendre. Que faites-vous? Bien ou Mal?
Il a vingt-six ans quand ces notions sont devenues si floues qu'il n'arrive plus à les distinguer, ou presque. Bien: trahir le Capitole et aider à soigner ce gamin, le fils du rebelle qu'il a laissé filer. Mal: trahir le Capitole et aider à soigner ce gamin, le fils du rebelle qu'il a laissé filer. Que faites-vous? Bien ou Mal?

Et là, à vingt-huit ans, tiré du sommeil, les yeux bouffis et le coeur en vrac, le choix s'impose encore. Bien: être honnête et révéler que c'est lui qui a détourné l'argent, la nourriture, les biens, les médicaments pour aider la rébellion. Mal: ne rien dire. Ne rien dire et voir Gallagher partir en fumée, sans jamais cesser de briguer son poste.

Hé, Trajan, tout va bien?

Que faites-vous? Bien ou Mal? Vous avouez ou vous restez silencieux?

Il ne dit rien.

Le courrier du Capitole arrive quelques jours plus tard.
(...) Malgré votre jeune âge, vos supérieurs semblent penser que vous représentez ce dont le district douze — et donc, par extension, Panem — a besoin: droit, digne et honnête. Votre passif parmi les petites gens du district douze vous permettra aussi de vous en faire des alliés: il n'y a que parmi les autres pacificateurs que vous devrez être ferme pour asseoir votre autorité, mais un homme de votre tempe n'aura certainement aucun mal à cela.
(...) Le précédent capitaine des pacificateurs du district douze était un traître à sa région, au Capitole et à Panem. Son procès sera bientôt tenu et vous serez convié, ainsi que certains de vos collègues, à témoigner en petit comité. Le capitaine Gallagher est une honte à votre profession, et nous espérons que votre promotion vous permettra de faire oublier l'affaire par des actes plus justes et honnêtes.
(...) Bon courage. Et longue vie à Panem!


Il n'arrive même pas à regretter. Tout ce dont il a peur, c'est les regards que vont lui jeter les autres, les mêmes qu'a reçu sa mère suite à son élection. Parvenu. Pute. Chien du Capitole. Il essaie de se convaincre: peu m'importe. Ma promotion va dans la ligne politique du nouveau président, peu m'importe. Ça doit être fait. On espère pas de lui qu'il soit laxiste; simplement juste et honnête.
Est-ce qu'il peut l'être, alors qu'il espère mille fois chaque soir que le monde sera complètement changé quand il ouvrira les yeux?
Deverell le remplit d'une angoisse sourde, que partage les rebelles. Peut-être l'a-t-on promu juste pour le prendre en exemple; peut-être l'a-t-il recommandé juste pour le voir choir; peut-être tout ceci n'est qu'un vaste piège.

Chaol arrive toujours à dormir la nuit, quoi qu'il fasse et quoi qu'on en dise. Il n'est pas là pour réfléchir: il est là pour survivre.


reality is here.

JE. JE SUIS NULLE POUR M'INTRODUIRE. JE M'APPELLE LOLA. J'AIME LA VIE. JE VIS EN ÉCOSSE. JE ME SUIS DÉJÀ INSCRITE ICI À DE NOMBREUSES REPRISES ET J'ESPÈRE ÊTRE LÀ POUR RESTER. JE. J'AI LU LES LIVRES. PROMIS JE SUIS SYMPA. QUAND JE LÂCHE LE CAPSLOCK. NE ME JUGEZ PAS POUR MON INCOMPÉTENCE SOCIALE.  

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Dernière édition par Chaol Trajan le Mar 5 Jan - 16:54, édité 11 fois
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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Lun 4 Jan - 22:35

POURQUOI T'ÉCRIS AUSSI BIEN, PUTAIN?

Spoiler:
 

édit: PREMS. (avoue que je suis une merguez qui gère. )
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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Lun 4 Jan - 22:38

hmpf, va mourir. I love you What a Face
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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Lun 4 Jan - 22:43

CHAMEAU. je t'ouvre mon cœur, et voilà ce que j'ai en retour?
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Lun 4 Jan - 22:52

toi et ton sens du drame. Rolling Eyes

(jsuis dég, tu viens de m'envoyer mon propre lien. Mad AUCUNE PERSONNALITÉ.)
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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Lun 4 Jan - 22:57

dixit la plus grande dramaqueen du monde rpgique contemporain.

(tu devrais pourtant l'savoir que t'es mon modèle sur terre à l'heure actuelle, meuf. Dorian)
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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Lun 4 Jan - 23:19

arrête de flooder, ça fait mauvais genre.
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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Lun 4 Jan - 23:30


Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Lun 4 Jan - 23:32

Putain j'adore ta fiche. Je veux en lire plus, RIGHT NOW
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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Mar 5 Jan - 10:08

@billie meurs.

@seeley c'est si gentil. je.
merci. I love you
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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Mar 5 Jan - 10:45

OMG LOLA VOUZICI re-re-rebienvenue (officiellement) alors

j'm'en vais te réserver theo toussa bon courage pour ta fiche et tout



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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Mar 5 Jan - 10:47

ON SE SOUVIENT DE MOI?   SURPRISE!   AMOUR! MÉCRÉANCE!
merci beaucoup pour ton message, et la réservation toussa.
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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Mar 5 Jan - 10:55

SURPRISE MUDDAFUCKAZ

j'vais être obligée de te la ressortir à chaque fois damnit ->

maintenant tu cherches (doux jésus c'est vieux jfhggfhrjv )



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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Mar 5 Jan - 11:28

OOOOOOOMG t'écris vraiment trop bien
Bienvenuuue I love you
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△ à Panem depuis le : 01/04/2012
△ humeur : Blasé.
△ âge du personnage : 35 ans
△ occupation : [i]Chef[/i] Pacificateur du D08


can you save me?
statut: Single.
relationships:


MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   Mar 5 Jan - 12:22

D12 + Pacificateurs = Je peux avoir un lien avec Robin et Adonis. Me gusta *sort très loin*

Bienvenue à toi ^^ !
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MessageSujet: Re: ≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)   

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≈ i am a soldier; i have seen worse sights than this. (chaol)

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