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✤ TOURNEE DU VAINQUEUR les jeux sont désormais terminés, place à la tournée du vainqueur qui met à l'honneur andro graham ! plus d'informations ici.
✤ INTRIGUES panem ne cesse de changer avec de nombreux événements inouïs. découvrez le volume 6.
✤ MISES À JOUR une nouvelle règle a été instaurée. merci de prendre connaissance de celle-ci ainsi que les autres nouveautés !
✤ MISSIONS ET QUÊTES toutes les missions ont été lancées ! rendez-vous dans ce sujet pour toutes les découvrir.
✤ SCENARIOS voici quelques scénarios qui n'attendent que vous:
rebelles. liam hemsworth
pacificateurs. boyd holbrook
district 13. cobie smulders & chris hemsworth
vainqueurs. gemma arterton & elle fanning
d'autres scénarios gagnants de la loterie à venir !

 

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 dressing room | bloom - nash

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MessageSujet: dressing room | bloom - nash   Dim 16 Aoû - 17:37



Dressing room

Les jours – les semaines et les mois – sont passés plus vite que prévu. D’abord j’ai eu le plaisir de rester chez moi. Puis je suis sorti dehors à la vue de tous. Je n’ai pas supporté longtemps les regards de travers et les murmures trop tranchants. Les langues de vipère du septième district égalisent celles du Capitole. Alors j’ai fermé la porte de chez moi, j’ai fait la cuisine, ne sachant pas pourquoi je ne me laisserais pas mourir de faim, et j’ai mangé sur le buffet d’une cuisine trop grande, ne connaissant que les bruits de la fourchette contre la porcelaine pendant tout ce temps. Des fois je me surprenais à trouver un oiseau du regard sur le bâtant de la fenêtre. Il tapait du bec contre le verre. C’était tout le temps le même. Il était gris avec des reflets rouges. Ses yeux étaient ronds et noirs. Il m’est arrivé d’ouvrir la fenêtre avant de manger : je voulais savoir s’il oserait un jour de rentrer. Mais il restait là, comme s’il attendait qu’on lui dise de rentrer. Je restais assis, face à lui, apportait une bouchée de légume à ma bouche et à le regarder dans les yeux. L’échange de regard perdurait ; personne ne le déviait – c’était comme une bataille.

Lorsque je sortais de la cuisine j’allais dans la chambre et je me couchais sur le lit – des fois je passais dans le salon pour allumer la télévision mais n’y voyais rien d’intéressant. Il m’est aussi arrivé de sortir par la fenêtre de derrière. J’ai déjà fait ça, il y a longtemps. Une vieille habitude prise après mes jeux quand d’anciennes connaissances voulaient converser, comme si tout allait redevenir comme avant. Je ne voulais pas prendre le risque d’avoir des relations à l’époque. Et aujourd’hui j’aimerais les recroiser, parce que j’ai besoin d’une personne à qui parler. Mais certains sont partis, le district sept est grand. D’autres sont simplement morts.

Ces derniers mois, je suis sorti plus de fois par la fenêtre que par la porte. Des fois, on m’envoyait un médecin, pour savoir comment je me tenais. Mais je ne voulais pas les voir. Finalement un jour je me suis fait attraper. Je rentrais du marché pour y disperser volontairement un peu d’argent et des pourboires pendant que j’achetais des légumes soi-disant frais. Alors je lui ai parlé. C’est avec ça que j’ai fini par le suivre. Il se disait mon ami. Je pouvais lui parler et il m’écoutait. Mais je savais bien que les psychologues que l’on donnait aux vainqueurs étaient achetés pour nous tourner la tête. Alors des fois je lui disais la vérité, puis je jouais, souvent je lâchais une bombe sur une affaire illégale. Je savais bien qu’il était possible qu’il donne le résultat de nos séances à quelqu’un d’important au Capitole. Alors il m’est arrivé de lui dire des choses tellement horribles que même lui hésiterait à l’avouer, sous peine d’être influencé par mes dires – ou au moins accusé de l’être. Un jour, je lui ai dit pour l’oiseau. Il a croisé les jambes et s’est appuyé sur son fauteuil. Puis il a remis ses lunettes plus haut sur son nez, et m’a expliqué que je voyais en cette petite bête un défi que j’ai perdu contre quelqu’un – je suis sûr qu’il voulait parler du Capitole – et que j’essayais de remettre ce défi sur table sur une transposition plus faible qu’à l’origine. Il m’arrivait même de le soudoyer, de lui rire au nez, et d’être arrogant. Il m’a dit qu’aujourd’hui je vais mieux.

C’est vrai, je sens que je vais mieux. Je n’ai pas oublié les jeux de l’an dernier, ni ce qui en a été le résultat. Je n’ai pas oublié Ambre, ni Isaac, ni les poings d’Elyas sur ma figure. Je n’ai rien oublié de cela. Mon ami – mon confident – ce psychologue m’a dit que je n’avais pas à le faire. Je le trouve idiot de le préciser. Je le trouve encore plus stupide de penser que sa thérapie a eu un quelconque effet sur moi. Il y a plusieurs semaines le président Snow est mort. Des élections ont eu lieu. On a estimé qu’il n’était pas nécessaire, et même conseillé, de passer au grand public ma possible intervention télévisée. Mon ami m’a dit qu’il était plus sage de me faire passer pour mort pendant un temps, que mon retour ne sera que plus beau. Il a raison.

Le nouveau président de Panem se nomme Ulysses Derevell. Il a fait la chose la plus osée et inimaginable : annuler les Hunger Games, et presque pire, annuler les tesserae de cette année. J’ai eu un rire nerveux. D’abord, je me suis dit qu’Ambre, Isaac – et même Virani – puis pourquoi pas tous les autres, ont été proches d’être exemptés de jeux. Puis j’ai cru voir cette paranoïa constante revenir sur les actions du président Snow, me demandant ce qu’il se cachait sous cette annonce, et puis je me suis affirmé que les jeux de l’an prochain seront sûrement plus durs, et même peut-être de nouveau avec le double des tributs ; ils seraient capables d’avancer les expiations.
Ensuite, Ulysses Derevell a fait régresser la folie des pacificateurs. J’ai trouvé ça très intéressant. Puis il a annoncé de nouvelles élections pour les maires des districts. Pourquoi pas : le pouvoir pourrait changer. J’ai été surpris à m’autoriser la pensée que Panem a enfin un président digne de ce nom. Mais la semaine suivante tout s’est foutu en l’air. Pour nous rappeler que nous, Vainqueurs, n’avons pas notre mot à dire, même sortis de l’arène, nous avons été conviés à « la plus grande des soirées » du Capitole, à « la plus belle célébration depuis bien longtemps ». Ce qui nous a été dit, c’est que nous participerions à des enchères pour notre district. Au début, j’ai cru comprendre que nous utiliserions notre argent pour acheter des biens et de la nourriture pour nos voisins. Mais cette idée était puérile, elle n’est pas digne du Capitole. Nous ne serons pas les enchérisseurs : nous serons les enchères.

Nous sommes dans le train depuis quelques heures déjà. J’ai dormi une grande partie du voyage. Et bientôt nous arriverons au Capitole. Je quitte ma cabine et me rend dans le wagon restaurant. Je le connais celui-ci. J’y ai passé tout mon temps lorsque je partais pour mes jeux à me goinfrer. L’an dernier je m’y suis battu avec Gargaria. Je gratte machinalement de l’ongle le bois de l’accoudoir du fauteuil. J’attrape mon verre et les glaçons se mettent à faire du bruit à l’unisson. Le finissant, je ne pense qu’à une chose : je ne dois pas faire de mauvais pas, je dois être beau, élégant, droit, serviable, charismatique, un Vainqueur modèle, dans la peau d’un pro-capitole, et pas dans la peau d’un Vainqueur qui a passé son année avec un médecin et qui n’en a plus rien à faire, ni du Capitole, ni des rebelles, qui ne cherche qu’à profiter de sa vie autant qu’il le peut, si on oublie les accès de crises, de pleures et de solitude. La première idée qui me vient pour être ce Vainqueur, c’est d’être bien présenté.
Je me rends dans le dernier wagon arrière du train.


I thought I saw the devil, this morning looking in the mirror, drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. I never meant to start a fire, I never meant to make you bleed, I'll be a better man today. But the blood on my hands scares me to death maybe I'm waking up today.
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MessageSujet: Re: dressing room | bloom - nash   Mer 19 Aoû - 14:32

dressing room

Et je passe ma vie à me rassurer. À me mentir. Me dire que je vaux quelque chose. Que je mérite ma place sur Terre. Eminem.

Je regarde ma mère. Son sourire radieux sublime son visage. Encore une fois, je ne me reconnais pas en elle. Mes yeux la supplient sans véritablement m'en rendre compte. Et j'aperçois sa silhouette. Sa belle silhouette. Sa belle silhouette qui s'éloigne. Progressivement. Comme une vague qui s'éprendrait de la plage par temps calme. Et mon cœur sursaute. Trépasse. Et veut abandonner ce corps inerte et sans vie qu'est le mien. Rejoindre celui de ma mère. Le cœur que j'écoutais quand j'étais petit. Quand le sommeil ne trouvait pas le chemin de ma chambre. Dans mon champs de vision, elle disparaît peu à peu. Son sourire disparaît peu à peu. Jusqu'à cesser d'être visible. Cesser d'exister. Cesser de se manifester. Alors, je me retrouve seul. Seul avec moi-même. Et je m'éloigne encore un peu plus chaque seconde de ma maison, de ma mère, du Capitole, de ma vie. De tout ce que je connais. Ce que j'ai toujours connu. Et je plonge encore un peu plus chaque seconde vers un univers inconnu. Et qui me semble indomptable, inquiétant, malveillant. J'ai peur. Vraiment peur. Pas une simple frayeur avant un affrontement. Ou un frisson qui jaillit dans nos veines quand on entend des bruits inconnus dans la nuit noire et profonde. Mais une vraie peur, qui occupe chaque partie de mon corps, qui me soumet à elle. Et je ne pense plus que par ma peur. Elle me crie déjà de me terrer. De me lover dans un coin sombre. Et de ne jamais refaire surface. Alors, je me relève d'un coup du fauteuil confortable. Celui tout au bout du dernier wagon. Habité par une force nouvelle. Et je m'approche de la porte, puisque de toute façon il n'y a plus rien à voir dehors. Ma mère n'est plus là. Bientôt, même le Capitole aura disparu. Les battants s'ouvrent sur mon passage et dévoilent un couloir. La façade sur ma droite est ornée de placards. Fougueux, je les ouvre un à un. À la limite d'arracher chaque porte. Et j'en trouve un qui me paraît plutôt coquet pour pouvoir m'y cacher. Et pourquoi pas m'endormir. Oublier. Alors, je plonge à l'intérieur, et m'engouffre dans les draps parfaitement pliés et rangés. Personne ne me trouvera ici.
Et je décide de laisser mon corps décider. Faire ce qu'il veut de moi. Il s'étale de tout son long. Je sens mes yeux brûler. Mes paupières lourdes. Je ne suis pas fatigué. Simplement perdu. Harassé. Effrayé.
Au départ, ce n'était qu'une thérapie. Mon psychanalyste me répétait sans cesse la même chose. Occuper son corps. Occuper son esprit. Pour oublier qu'on est fou. Oublier qu'on a tué son frère sur un coup de tête. Oublier que la colère est comme une décharge électrique dans mes veines. Et oublier que je suis le pantin de mes émotions. Que je divague. Comme si j'étais coincé entre deux mondes. Comme si mon corps flottait au cœur d'un immense trou noir. Oublier que je n'ai pas d'amis, pas d'alliés. Que je ne vis que pour combattre les démons qui occupent mon esprit incessamment. Et que je redeviendrais poussière à la toute fin. Alors j'ai attrapé ce crayon entre mes doigts tremblants. Je l'ai serré si fort qu'il s'est brisé en deux. Et j'ai griffonné sur une feuille. Et j'ai pleuré. Je me suis énervé. J'ai crié, hurlé. Puis j'ai dessiné à nouveau. Je n'ai plus voulu arrêter. Donc, j'ai pris une aiguille, un fil, un vieux morceau de tissu qui a pourtant davantage de valeur que je n'en aurais jamais au cours de toute ma vie. Et j'ai planté l'aiguille. Comme j'ai planté le couteau dans la poitrine de mon frère. Et j'ai cousu. Ma mère à côté de moi. Mon psychanalyste à côté de ma mère. Ils souriaient. Tous les deux. Et quand ils ont vu en ça une porte de sortie vers un monde réel, vers un corps plus serein, ils n'ont pas hésité. Et me voilà ici. Aujourd'hui. À affronter mes peurs les plus enfouies. Ma peur d'être face à un assassin. Ou un autre fou. Peur de me retrouver face à un vainqueur.
J'ai dû dormir. Quelques minutes. Quelques heures. Quelques jours. Quelques mois ou années. Mais le réveil est brusque. Il me faut un bon moment pour comprendre que les vibrations du train se sont arrêtées. Alors je panique. Je regarde autour de moi. Les draps sont toujours là. Il fait toujours aussi noir. Je suis toujours enfermé dans le placard. Et j'entends mon nom. Je crois d'abord être encore plongé dans mon rêve. Celui où je vois ma mère heureuse de me voir réussir. Heureuse de me voir aux côtés des vainqueurs du 7. Et des prochains tributs. Et je ne peux pas la décevoir. Je dois affronter la réalité. Affronter la vie. Mais j'entends encore une fois mon nom. Je décide de ne pas bouger. Je sens les larmes couler sur mes joues brûlantes. Tomber sur ma vieille combinaison noire. Et prie pour que l'on ne me retrouve jamais. Rien ne presse, je pourrais toujours les voir plus tard. Je peux vivre seul. Dans la plus folle des solitudes. J'ai l'habitude.
Mais j'ai faim. Soif. Et j'ai une crampe. Et soudain j'aperçois le placard comme un tombeau. Un cercueil. Les parois se rapprochent. Elles vont m'écraser. L'air manque. Il va m'étouffer. Tous sont contre moi. Et je vois les draps d'un nouvel œil. Je m'en délie, comme s'il s'agissait à présent de mes ennemis les plus chers. De mes deux talons liés, je frappe la porte avec rage. Et je crie. Je transpire. Je donne des coups dans le vide. Me débats contre des forces invisibles. Et l'air libre arrive enfin dans mes narines, les fait frémir. Envahit mes poumons. Je sors en roulant sur moi-même. Et ma tête vient heurter l'autre paroi du couloir. La douleur sonne dans mes entrailles. Et je reprends peu à peu conscience. Je suis allongé dans le couloir. Et le train a redémarré sa course effrénée. Les vibrations résonnent dans mes oreilles. Je me relève douloureusement. Et j'avance. Je m'enfonce un peu plus dans le train. J'aimerais tant pouvoir boire ou me droguer. Je m'arrête devant la seconde porte. Mais elle ne s'ouvre pas. Une petite fenêtre m'autorise à observer l'autre côté. C'est le wagon restaurant. Déjà, j'aperçois les bouteilles. Alors, je m'apprête à forcer la porte. Mon envie de boire, de me saouler à mort me rend dingue. Et j'aperçois enfin le bouton sur le côté. Pour ouvrir la porte. Mes doigts approchent fougueusement de lui. Mais je me stoppe net. Près du bar, dans un fauteuil. Il est là.
Je tremble. Il pourrait me tuer en un claquement de doigts. Et j'ai vraiment l'impression que lui aussi est taré. Une sensation bizarre s'empare de moi, coule dans mes veines. Une impression d'être enfermé dans un train. Avec un autre fou. Et deux fois plus de chance que tout tourne très mal, très vite. Que cette fusion ne puisse s'acheminer qu'en ébullition. Que si mon instabilité rejaillit, ce sauvage plongera avec moi. Tandis que d'autres pourraient tenter de m'adoucir. Comme ma mère le ferait. Alors, je veux à tout prix éviter cette sensation particulièrement répugnante pour moi. Je regarde ses doigts grattant le fauteuil. Et je les vois déjà serrant mon cou avec rage.
Alors je recule. Je tombe en arrière. Mais je me relève et je cours dans le sens inverse. Je passe devant le placard qui fut ma maison pendant le trajet vers le district 7. Et je continue tout droit. La porte s'ouvre. Et je me retrouve piégé dans le dernier wagon. Là où j'ai vu ma mère. Pour la dernière fois. Je me recroqueville derrière la petite table qui juxtapose le long canapé. Les grandes fenêtres qui offrent une vue sur l'extérieur. Assis au sol, je ne distingue que le ciel qui s'assombrit. Je dois me calmer. Je souffle fort. Je respire. Pourquoi me tuerait-il ? Je suis son styliste. Oui, mais pourquoi j'ai tué mon frère ? Alors que je l'aimais plus que tout. Il ne viendra pas ici. Je tourne le regard. Et sous la petite table en verre, j'aperçois une bouteille délaissée. Je l'attrape, l'ouvre et la porte à mes lèvres. J'avale deux longues gorgées. Et je sens un certain courage reparaître. Je n'ai plus peur qu'il vienne. Je n'ai plus peur. Je n'ai plus peur. Alors, la porte s'ouvre. Comme s'il s'agissait d'un test pour prouver que je n'ai véritablement plus peur. Je m'affale sur le fauteuil, et je l'aperçois derrière la porte ouverte. Je ne sais même pas son nom. Ma mère me l'a sans doute dit. Mais je m'en contrefiche. Et je plante mes ongles dans mes bras pour maintenir mon calme. Je dois bouger. Parler. Parce qu'il est vraiment intimidant. Et qu'il bloque l'unique porte de sortie de ce wagon. Alors j'attrape la bouteille laissée à terre. Et je bois une nouvelle gorgée. Et mes yeux croisent les siens un court instant. Qui suffit à m'affoler. J'amène mes genoux contre ma poitrine. Et je me balance. De droite à gauche. Puis de gauche à droite. Et je me concentre sur ma respiration.

— Tout va très bien, je dis.

Cette même phrase que je ressors à tout le monde. À toute les sauces. Cette phrase que je dis surtout pour moi-même. Qui me rappelle que certaines vies sont bien pires que la mienne. Alors, j'attends que quelque chose se produise. De doux ou de fatal.

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DES VERRES DE VIN QUI ME DONNAIENT L'AIR DE VAINCRE. ALORS QUE JE PERDAIS MES MOYENS FACE A TON REGARD DIVIN. — GEORGIO.
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MessageSujet: Re: dressing room | bloom - nash   Mer 26 Aoû - 15:26



La pierre qui sert de table. Le beau bois qui sert de mur. L’acier rare qui sert d’extérieur. Tout ici est fait pour impressionner. Impressionner qui ? Des vainqueurs marchent ici. Mais nous avons déjà tout chez nous. Des préparateurs marchent ici – des capitoliens. Mais ils ont déjà tout chez eux. Si ce n’est plus. Je ne peux pas comprendre comment pareille richesse peut servir d’utilitaire et non plus d’extravagance. Ou alors je n’en ai pas envie. Ce serait une perte de temps que d’essayer d’assimiler ces choses. Peut-on dire que tout ici est ostentatoire ? Peut-on dire que le Capitole est ostentatoire ? Peut-on, en fait, que quelque chose est fait pour être vu lorsque l’habitus même de ces gens est d’être vu ? Le bois lisse ne déchire par les doigts de la peau, la pierre est trop belle pour être admirée, à quoi bon avoir une table où l’on ne peut pas poser un verre ? Elle est trop brillante. On a peur de faire une tâche qui la rendrait pâle. Ce serait un crime d’y faire tomber la goûte de son vin.

Je m’impressionne à connaître le chemin. Ou plutôt à savoir combien de portes sont présentes avant d’atteindre le dernier wagon. Je pense avoir pris mes marques. Je n’arrive pas encore à déterminer s’il s’agit d’une bonne chose. Sans doute. Lorsqu’ils ont pensé m’amener vers ma mort c’est ici que je m’étais réfugié. Je me souviens avoir attendu dans le wagon où l’on mange. La nourriture y était riche et bonne. J’étais resté assis dans l’espoir de voir Gargaria. Elle ne faisait jamais rien pour ses tributs. On m’avait prévenu. Mais au fond de moi j’ai espéré. Puis lorsque la nuit est tombé j’ai arrêté d’attendre et je suis allé m’asseoir le plus loin possible de tout ça. Je me suis dit qu’à l’arrière du wagon j’arriverai moins vite. Physiquement logique, intelligemment idiot. J’étais resté sur la banquette à regarder les arbres à travers les vitres, à insulter La Barbare dans mes pensées, à la torturer. J’ai perdu ce sourire hautain en montant dans le train ; quand les caméras ne suivaient plus. Et toute la nuit j’ai frappé contre le  cuir de l’assise. On avait voulu m’amener vers la mort.

Je crois que pour mon retour au septième district j’étais resté dans ma chambre. Je ne sais plus vraiment. J’étais dans le plâtre en train de souffrir de tous les traumatismes possible. « On va devoir vous ajouter une prothèse. ». Je me suis réveillé dans la morphine au milieu du Capitole et je leur ai hurlé que c’était hors de question. J’ai préféré subir les opérations pour remettre les os en place, la rééducation tous les jours pendant plusieurs mois. Je me souviens du temps où je ne pouvais pas vivre seul. Et pourtant j’ai contesté à être accompagné. Mon visage a cicatrisé. L’incision sur mon épaule droite et toujours là – elle ne partira pas – et elle grince quand je la bouge. Mes jambes vont mieux. J’ai pu marcher au bout d’un an. J’ai pu courir plusieurs mois après. Grimper aux arbres plus tard. Cette pièce, à l’arrière du train, c’est presque ici que tout a commencé.

Le wagon est en désordre. Le nouveau styliste est affalé sur la banquette, bouteille aux lèvres. Il attrape ses genoux et tel le fou l’homme se balance. « Tout va très bien ». Je revois le visage de Gold et regarde une nouvelle fois son remplaçant. Quel est l’idiot qui a pu laisser entrer ce fou dans ce train ? Mes pas lents me font approcher du fauteuil. Doucement, j’essaie de ne pas l’apeurer. J’ai l’impression de revoir Gargaria à terre l’an dernier. En pire. Lui il ne pleure pas. Il est alcoolisé. Il est juste fou. La paume ouverte en sa direction je lui fais signe de se calmer. Faufilant mes doigts contre son poignet je lui arrache la bouteille des mains la pose le regarde de nouveau et ne comprends définitivement pas ce qu’il arrive. J’hésite à aller prévenir quelqu’un. Un pacificateur ? Un médecin ? Et je me rappelle comment j’aurai réagi si l’on avait appelé quelqu’un lorsque je hurlais seul. Je me souviens de ce qu’ils avaient fait quand Gargaria s’était mise à terre : ils avaient juste admiré la folle dans sa folie car elle ne faisait follement aucune tentative de fou.

Je prends soin de fermer la porte du wagon. Personne ne doit l’entendre et je m’assieds à côté de lui. « Moi aussi, tout va bien. Bienvenue au district sept. J’ai l’impression que tu es déjà presque chez toi. » Chez les fous.




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MessageSujet: Re: dressing room | bloom - nash   Sam 29 Aoû - 11:21

dressing room

Et je passe ma vie à me rassurer. À me mentir. Me dire que je vaux quelque chose. Que je mérite ma place sur Terre. Eminem.

J'ai peur. J'ai vraiment très peur quand je le vois devant la porte. Je me sens d'abord prisonnier. Esclave, peut-être même. Alors, je me balance un peu plus. Mon souffle devient plus saccadé, plus bruyant. Incontrôlable. Indomptable. À faire fuir même la plus terrifiante de toutes les créatures. Je me balance. Et il s'avance. Agile. Silencieux. Comme un chasseur qui jouerait avec sa proie. Et je me balance. Il marche. Un pas. Puis deux. Trois. Et je ne compte déjà plus. Il est trop proche. Et je me balance encore un peu plus. Je suffoque. Je serre la bouteille qui hurle à mes doigts d'arrêter. De la lâcher. De la laisser respirer. Autant que moi-même souhaiterais pouvoir le faire. Il est fou. C'est un fou. C'est un taré. Il a tué des gens. J'ai tué mon frère. Mais je n'ai tué que mon frère. Lui est responsable de la mort de 23 autres gosses. Il est lié à ça. À tout jamais. Et pourtant je continue de respirer. Et je me demande toujours un peu plus ce qu'il va se produire. S'il compte se débarrasser de moi. Ou s'il compte me torturer. Après tout, il devait bien y avoir quelqu'un avant moi à ce poste. Quelqu'un qui a décidé de partir. Quelqu'un qui est peut-être devenu comme lui.
C'est quand il arrache la bouteille de mes mains que je comprends tout. Que je comprends que tout ça, ce n'est rien. Rien de plus. Rien de moins. Rien d'autre qu'une question de temps. Parce que je devrais trembler. Crier. Hurler. Mutiler. Blesser. Étrangler. Griffer. Tuer, peut-être même. Pourtant, je reste là. En spectateur. Et c'est à peine si je tremble. À peine si je transpire. À peine si j'ai trop chaud dans ce wagon qui m'apparaît soudain comme une brasier. Mais je comprends que je n'ai pas peur. Pas de lui. J'ai peur de ce que je ressens. Parce que je comprends qu'il me fascine. Oui. Il me fascine. Comme un lion fascinerait des enfants. Un lion qui pourtant pourrait les anéantir à jamais en un simple et nonchalant coup de mâchoire. Un lion qui pourrait les faire taire à tout instant. Dès lors que l'envie se présente. Mais c'est pourtant un lion qui intrigue. Qui éveille les esprits. Évoque la curiosité chez ces gamins inoffensifs. Bêtes. Bêtes de s'intéresser à un tel danger. Mais c'est pourtant si excitant de côtoyer la mort. Comme un jeu. Un défi. Un duel. Une drogue.
Je le laisse éloigner la bouteille. Je suis du regard les gestes que produisent ses mains. Uniquement ses mains. Parce que c'est ce que je crains le plus chez lui. Puis il s'éloigne. Et quelque chose s'éteint en moi. Cette animosité qui me faisait vivre. Qui occupait mon corps. Qui m'allaitait. Même au cœur du périple. Même dans mon tout dernier souffle. Quand il ferme la porte, j'ai peur de moi. Encore et encore. Toujours un peu plus. Parce que je me surprends à m'émerveiller. Je sens mes yeux pétiller. Mon cœur palpiter. Je suis curieux de connaître la fin. De nous. De tout. Trop curieux. Beaucoup trop. Mais j'aime tant.
Et je me vois fou. Plus que jamais. Je comprends une fois de plus qu'une vie normale ne sera jamais à la portée de mes doigts osseux. Et un mot résonne au plus profond de mon crâne. Un mot. Un seul. Qui me fait comprendre la petitesse de mon existence inutile. Impossible. Je me sentais parfois pourtant si puissant. Incassable. Indestructible. Mais la vérité est là. Elle me barre la vue. Et m'empêche de vivre. Je suis faible. La force en moi m'a échappée. Et je me rends compte que je n'ai pas de conviction. Je n'ai pas de but. Pas de ligne d'horizon. Ma vie n'est qu'un enchevêtrement d'épreuves, d'étapes. Pour survivre. Déambuler. Sans ne rien attendre de personne. Sans n'attendre personne. Et elle n'a pas de sens. C'est ce mot qui est sorti de ma conscience. Impossible. Impossible qui n'est pas difficile. C'est impossible. Définitif. Je suis condamné. À vivre chez les fous. Comme un fou. À être vu comme ça. Je ne pourrais pas tenir. Pas éternellement. Alors, quand il s'assied à côté de moi, je n'ai même pas la force de me crisper. De m'éloigner. Ni de faire quoi que ce soit d'autre. Je me balance encore. J'attends. J'entends des paroles qui se veulent réconfortantes. Et pire que cette saloperie mentale qui me hante, je prends conscience peu à peu qu'un immense piège se referme sur moi. Et rétrécit jusqu'à l'étouffement.

— Je vais devoir revenir tous les ans au district sept. Dans le train. je souffle d'avantage pour moi-même que pour lui. Une fatalité.

Mais le jeu en vaut-t-il la chandelle ? Est-ce que ces voyages pourront me guérir ? Peut-être même pourra-t-on m'aider à me débarrasser de ces esprits maléfiques qui m'entourent, m'emprisonnent, m'empoisonnent incessamment. Comme une cure de désintoxication. Une réhabilitation.
En pensant à tout ça, j'ai l'impression de n'avoir plus qu'à tendre les bras pour saisir le futur qui se dessine pour moi. Mais ce n'est pas une impression. Je tends les bras. Et je les vois trop maigres. Sans muscles. Sans rien. Dans la continuité de mes membres, je le vois. Toujours à côté de moi. La sérénité qu'il affiche me déroute. Me fait faillir. Douter. Mais il ne me comprend pas. Ne me cerne pas. Car personne ne peut le faire. Pas même moi.
Et je vois mes mains. Posées sagement sur ses épaules. Sur les épaules du vainqueur. Le vainqueur, la chose qui me terrifie le plus. Et je vois tout sous un autre angle. J'ai toujours craint les vainqueurs parce qu'ils étaient fous. Instables. Mortels. Comme moi. Peut-être vit-il quotidiennement ce que je vis chaque seconde.
Je relâche mes membres. Qui s'affaissent le long de mon corps. Heurtant mes côtes. J'ai arrêté de me balancer. Et je n'ai jamais été aussi calme depuis des années. L'alcool m'assomme. Bu à trop forte dose. Trop vite. Inutilement. Pour oublier. Oublier un instant que je serai éternellement différent. Pour soulager mon corps. Je veux savoir. La question me brûle les lèvres. Alors, je la pose. Mais seul un chuchotement se décide à s'imposer. Mes yeux brillent. Ma vision se brouille. Sous des larmes qui sortent des entrailles ouvertes de mon esprit sauvage. Les hoquets de ma voix me font frémir. On dirait que j'ai deux corps. Celui de maintenant, écorché, à vif, désenchanté. Et celui de mon enfance. Quand je pleurais alors que je me coupais avec les couteaux de cuisine que je n'avais pas le droit de toucher. Ou que l'eau était trop chaude dans mon bain. C'est cet enfant que j'étais qui parle. Cet enfant curieux. Curieux de s'en sortir. Cet enfant qui s'est progressivement effacé sous un avenir sans espoir. Je tremble. Et je sers plus fort mes mains qui entourent mes jambes. Je me souviens qu'il y a un an encore je plantais mes ongles dans l'épiderme hâlé de mes bras ou de mes joues. Pour aller mieux. Et aujourd'hui on ne remarque plus que quelques traces. Des cicatrices, en héritage d'un passé qui fut encore plus trouble qu'aujourd'hui. Alors oui. Oui, le jeu en vaut la chandelle. Et un certain courage m'interpelle. Me revitalise.

— On peut peut-être trouver des solutions ? Tu as sûrement des trucs à m'enseigner. Pour aller mieux.

Un miracle. Des obstacles. Je suis prêt a tout. Tout pour une vie normale. Une vie sans cauchemars.

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MessageSujet: Re: dressing room | bloom - nash   Sam 26 Sep - 20:34



Il a l’air instable. Aussi instable que la pauvre femme aux beaux traits d’il y a quelques années. Aussi instables que ça. Mais ses traits à lui sont masculins. Lorsqu’on les suit de l’œil on tombe toujours sur le menton. En fait, je crois que c’est la même conclusion pour tous les visages. Sa mâchoire à lui est assez pointue. Pointue comme la folie qui perce les quelques parcelles relaxées à l’intérieur de sa tête. Je le regarde et je fixe du coin de l’œil ses mains sur mon épaule. J’essaie de supposer qu’il se décide à travailler, à prendre mes mesures. Je n’y connais pas grand-chose – quasiment rien en fait. Mais aux beaux souvenirs de la blondeur de Gold je me souviens des mesures prises par un mètre, aux vagues souvenirs ancien je me souviens aussi d’un mètre preneur de mesures tirées par les inconnus de la fort lointaine équipe de préparation du septième district. Cet homme n’a pas de quoi mesurer un corps, il n’a que des doigts longs, grands, et larges. Des ongles qui prennent la forme d’un ovale ; presque parfaits, peut-être complètement finalement. Il est clairement fou et il me fait rire. Un sourire esquissé : il vient enfin de trouver sa maison dans ce triste wagon. Lorsque je regarde son menton j’y vois Gargaria. Pas qu’elle y serait bien, non. Seulement la folie. Mais quand je pense à la folie je vois beaucoup de monde dans mes pensées. Tel un arbre d’hiérarchie. La personne la plus en haut je n’arrive pas à discerner son existence. Moi je ne suis plus fou. Mais le plus fou de tous ces fous c’est celui qui est le plus normal. Sans doute que la hiérarchie devrait être inversée. J’y perds mes pensées, ma logique, une philosophie d’inexistence de la folie qui serait aussi belle qu’un Capitol écrasé et un Panem pourtant tout aussi vivant. J’en reviens toujours à ces belles pensées, ces belles paroles, celles qui souhaitent un nouveau fondement, une nouvelle structure qu’on s’apprête peut-être à voir. Ces lignes s’ajoutent dans mon esprit seulement pour passer le temps, pour combler le manque, elles n’ont rien à faire ici et elles me dévorent dès que j’ai quelques secondes de libres – soit très souvent.

« On peut peut-être trouver des solutions ? Tu as sûrement des trucs à m'enseigner. Pour aller mieux. »
J’essaie de me persuader d’un fait simple : qu’il me parle de mon habit pour la soirée. Je ne suis venu ici que pour ça, mais il semble ne pas avoir compris. Je parle couture il parle psychologie. A quoi bon mélanger nos spécialités ? J’ai l’impression qu’il prend ma place et que je prends la sienne. Comme un terrible et vieux jeu de cartes où nous prenons les éléments de l’autre dans le but d’en finir le plus vite et de n’être pas cogné, insulté, dénigré. Je ne sais pas quoi dire sur l’instant. J’émets un petit bruit d’incompréhension du fond de ma gorge. Le côté droit de mes lèvres se plie et mes yeux se dégagent sur le bas gauche de la salle, embarquant avec eux le pli de mon arcade sourcilière et ma main pour gratter mon menton, le mien.
Je me retourne parce que je semble prêt à parler. A parler mais seulement au fou devant moi ; je ne converserai avec personne d’autre. La femme est au fin fond du train, les pacificateurs n’ont pas le semblé désire de venir jusqu’à nous, tout est insonorisé.

« Boire est la première idée qu’il vient à l’esprit pour passer le temps. Parce que quand on est instable on veut passer le temps. Parce qu’un temps rempli c’est un moyen pour éviter d’être le fou de ce moment. En revanche, la bouteille, ce n’est pas réellement ça qui sauve le moyen. C’est comme une triste crise – épilepsie, folie, choisis – tu oublies ce qu’il t’arrive pendant ta cuvée, et au final, les autres, eux, ils l’ont bien vu. »

J’approche la chose d’alcool de mes lèvres, trinque dans l’air à l’honneur du nouveau du septième, lui fait un signe et bois devant lui.
« Pour oublier, je me suis plongé dans les livres d’Histoire, de sciences, de littérature, philosophie, culture, cuisine, de ce qu’il y a d’ancien et de nouveau ; tout ce qui pouvait être lu je le lisais, même si ça pouvait ne me servir à rien. Ce n’était pas un but premier de m’instruire, juste de passer le temps. Parce qu’en fait je n’étais pas si fou que ça. Je voulais juste qu’on me laisse tranquille. Belle erreur, d’ailleurs. »

Je bois une nouvelle gorgée. Pour détendre l’atmosphère je ris en disant : « Et puis maintenant, au moins, je sais cuisiner. »

La tristesse dans tout ça c’est qu’à part Ambre, personne n’a jamais rien goûté à mes plats. Ils restaient souvent sur le buffet de la cuisine à attendre que j’ai faim. Et ils partaient à la poubelle parce que mon estomac n’en voulait pas plus qu’il n’en pouvait dévorer.

« J’ai des livres dans ma cabine si tu veux. Mais pour le moment j’ai besoin de ce dont tu es le spécialiste : une préparation pour la soirée au Capitole. »




I thought I saw the devil, this morning looking in the mirror, drop of rum on my tongue with the warning to help me see myself clearer. I never meant to start a fire, I never meant to make you bleed, I'll be a better man today. But the blood on my hands scares me to death maybe I'm waking up today.
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MessageSujet: Re: dressing room | bloom - nash   Sam 7 Mai - 18:26

dressing room

   
Et je passe ma vie à me rassurer. À me mentir. Me dire que je vaux quelque chose. Que je mérite ma place sur Terre. Eminem.

   
L'alcool me happe. M'appelle. M'enivre de son nectar. Me hurle de le rejoindre dans un semblant de paradis utopique. J'observe la bouteille. Elle entame alors une de ses éternelles chorégraphies fâcheuses, affligeantes, enchantées. L'alcool est ma drogue. Il sait soigner mes fièvres algides. Il sait calmer mes souffrances, mes peines. Il sait chevaucher mes angoisses. Il sait anéantir mes questionnements. Sage. Il est le seul à pouvoir soumettre ma folie.
Le vainqueur la serre tout contre lui. En goûte sa fragrance. Mes yeux couleur charbon luisent. Ricochent sur ses lèvres humides désormais. S'éclairent d'un brasier rougeoyant, brûlant. Sont avides. Despotiques. Ils envient. Ils convoitent la bouteille. Mais ils ne sont pas naïfs. Ils savent parfaitement que le forçat ne me la rendra pas. C'est pourtant moi qui l'ai trouvée. C'est lui qui s'ébaudit de la posséder, la hanter, enfermée entre ses doigts de flammes. Ses doigts de vainqueur. Ses doigts assassins.
Affaissé sur le coquet fauteuil, je ne bouge plus. Je ne parle plus. Mon ambroisie m'a été volée. Je ne suis plus qu'un simple mortel. Inefficient, insolent, encombrant. Mon corps indolent a déjà pris l'aspect de cadavre. Je suis fantôme. Et finalement, seul le vainqueur me remarque. Mon visage s'affaisse, atone. Je le regarde. Il boit une gorgée. Et sa pomme d'Adam monte et redescend au passage du liquide salvateur. Je ne me méprends pas. Il ne répondra pas à ma question. Au mieux, il esquivera. Alors, je le détaille. Il est banal, en fait. Son regard n'est pas sinistre. Son corps n'est pas agité. Le regarder est indolore. Et je m'y perds. Encore une fois. Pourquoi ai-je peur ? Pourquoi ai-je peur de lui ? Pourquoi ne suis-je pas en train d'ulcérer une colère excessive en moi ? Pour récupérer l'alcool. Pour me défaire de cette corde imaginaire qui me lie peu à peu à cet homme. Cette phobie. Pour fuir, au final. Par quelconque moyen. Fuir, toujours. Oublier, convulser, mourir pour de faux.
Mais devant lui, je fléchis. L'élève a peut-être alors rencontré son maître. Son maître fou. Un maître fou passé outre sa folie. Tandis que l'élève reste bloqué. Dans cet entre-deux monde utopique et inénarrable.
C'est alors qu'un miracle s'invite. Peut-être cette utopie n'a-t-elle pas tout d'irréel. Peut-être ce flot de lave qui enflamme ma gorge n'est-il pas nocif. Mais plutôt nécessaire. La douleur pour la rédemption finale. Le vainqueur s'anime, pantin. Après une nouvelle gorgée, il se met à parler. À parler sur l'alcool. Sur la folie. Sur les autres. Il se met à détailler ce qu'il m'arrive. Ce que je vis comme s'il s'était lui aussi emparé de mon corps. De mon essence anathème.

Nouvelle vague de peur. Des perles de sueur glissent le long de mon front, fuyant mes cheveux trempés. Gouttes d'argent. J'ai chaud. Je suffoque. Un moment, je me crois à nouveau enfermé dans ce placard cocasse. Mais je sens que l'épée de Damocles vient de se détacher. Elle a percé mon crâne. Ce n'est plus de la sueur qui s'évade de mes cheveux, mais des vagues, des flots de sang. Je sens le tic-tac sous ma poitrine revenir au galop. La bombe a été déclenchée encore une fois. Je décide de me balancer de gauche à droite. Encore un peu. De voguer. Sur un navire invisible. Un navire qui chavire. Un Titanic. Je mordille mes ongles, mes doigts. Mes genoux calés sous mon menton. Et si je ne bougeais plus jamais ? Rester ici me semble être une excellente option. Perdu entre deux temps. Entre deux tempêtes. Deux folies. Délaissé dans un âge lointain, inaccessible. Inventé de toute pièce. Rester là. Délicieusement assis sur ce joli fauteuil. Perdu entre deux époques. Et il poursuit son discours. Doux en dépit de ce qu'il est. Il n'achèvera jamais son éloge de la folie comme un art.

— Pour oublier, je me suis plongé dans les livres...

Mais les livres ne m'ont jamais plu. Les vainqueurs non plus. Pourtant, je suis là. À écouter un assassin narrer son épopée mielleuse, homérique. Luttant contre folie et tempêtes d'autrefois. Il est pourtant le seul à m'aider. Le seul à céder. Le seul à attendrir la bombe sous mon thorax. Qui se soulève encore. Et encore. Le seul à me tendre la main. À offrir un semblant d'ermitage au garçon esseulé que je suis. Alors, peut-être suis-je comme lui. Ce n'est pas le nombre de mortels tués qui compte. Ni les circonstances affligeantes. Peut-être tout ça est-il superficiel. Superflu. J'aurais dû traîner dans les prisons souterraines du Capitole pour trouver la réponse. La rédemption auprès d'autres criminels.

Il boit. M'adresse un vulgaire signe de tête. S'autorise une farce. Mais mon âme n'en saisit pas le sens. Rongé de l'intérieur par les mites du diable lui-même. Blafard. Le vainqueur m'envoie alors une décharge. Réanime mon cœur. Mon cerveau. Chacun de mes membres. M'extirper du monde des morts.

— J'ai des livres dans ma cabine si tu veux. Mais pour le moment j'ai besoin de ce dont tu es le spécialiste : une préparation pour la soirée au Capitole.

Ma mère m'avait préparé à tout ça. Faire mon travail. Prendre les mesures. Les croquis. Coudre. Convoquer l'équipe de préparation. On m'a enseigné ça des dizaines, des centaines de fois. J'observe mes mains. Les tourne. Les retourne. Je n'ai pourtant l'impression de ne servir à rien. Pourquoi je devais faire tout ça ? Pourquoi il fallait faire tout ça ? Mais la seule véritable question. Je la connais. Et même mon esprit putrescible ne peut me la voiler. Pourquoi suis-je là ? Thérapie, piston... D'autres beaucoup plus talentueux que moi pouvaient être ici. Je ne suis pas forgé pour ce travail.

— Je ne suis pas un vrai artiste. C'est la «maladie» qui parle, pas moi. Je suis navré, je crois que tu vas devoir choisir toi-même ce que tu veux porter.

Puis, je me vois jeune. Vif. Agile. Tempêtueux, farouche, sauvage. Plutôt chevaleresque que pinceau, ciseaux, ou couture. Et le temps a changé jusque mes gènes. Je ne suis plus ce cavalier solitaire rêvant debout. Rêvant aventure. Imprudence. Je ne suis plus qu'un corps maigre et trop fatigué pour son âge. Et je sais qu'aujourd'hui je n'ai plus aucune voix. Plus aucune aura. Mes pensées sont illégitimes. Mes dires sont trompeurs. Je n'ai même plus d'opinion propre. Je me contente simplement de respirer. De trainasser dans les jupons de ma mère. Je n'existe pas. Seigneur par ma naissance. Impuissant aux regards de mon peuple. Je n'ai rien à faire ici. Je n'ai rien à faire sur Terre. Mais je détourne le regard vers le vainqueur. Lâche quelques peu la pression de mes bras sur mes jambes. Et me genoux s'étirent. S'éloignent. S'évadent de mon visage. Une pulsion traverse mon corps entier. Si je me suis tromper sur les vainqueurs. Sur quoi d'autre j'ai pu me tromper. Et si je n'étais pas fou ? Si la part de folie en moi était plus minime encore que celle des plus grands génies ? Si je me mentais à moi-même. Et rien qu'à moi-même.
Je n'ai plus de choix. Plus d'autorité. Plus de légitimité. Mais lui peut toujours en posséder. Je veux lui en donner les moyens. Les clés de la survie.

— En fait, je t'offrirai mes talents, et un costume, pour rappeler aux gens d'où tu viens, et qui tu es devenu.

Je sors de la poche de mon luxueux veston du Capitole un carnet de notes. Un crayon rongé par mes colères passagères. Subissant le même sort que mon épiderme griffée. Arrachée. Dévorée. Un mètre ruban. Et dans un murmure brisant, j'ajoute avant d'analyser sa silhouette assassine :

— Je m'appelle Bloom. Et j'ai peur des vainqueurs.

   
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