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 In the holy name of my father #ana&iron

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MessageSujet: In the holy name of my father #ana&iron   Sam 11 Oct - 20:55

« Le sujet est clos. »
« Mais… »
« IRON ! »
L’adolescent scelle ses mâchoires et soutien le regard de son géniteur avec défi et frustration. Il sait de quelle manière les choses vont tourner s’il insiste encore… Elles ne vont pas tourner à son avantage. Mais avec Tyberius y a t’il seulement une fois où un échange à tourné à son avantage ? Où il a eu l’impression d’être entendu et compris ? La réponse est non.
« C’est pas juste » se risque-t-il quand même à répliquer, jugeant qu’au point où il en est de toute manière, il n’a plus grand chose à perdre.
« Si tu as besoin de pleurer, va le faire dans les jupons de ta mère comme à ton habitude, Iron, j’en ai terminé avec toi. Et si tu t’avises d’essayer de jeter l’opprobre sur notre famille pendant la réception dans une pathétique tentative de me faire payer, sache que tu le regretterais. »
« Qu’est-ce que tu vas faire ? Saboter mes chances d’entrer dans l’école de mes rêves ? Me forcer à travailler au poste que tu as choisi pour moi aux côtés des imbéciles qui te baisent les pieds en attendant que tu crèves et de prendre ta place ? Ou non tiens ! Tu vas faire le tri dans mon répertoire d’amis et me dire qui je peux ou pas fréquenter ? Oh, non, attends, c’est déjà ce que tu as fais ! »
Son père ne répond pas et préfère redonner son attention à la paperasse étalée devant lui, sur son bureau. Iron le fixe longuement, attendant une quelconque réaction de sa part, qui ne vient pas. Bien entendu. Il sait que sa passivité le rend fou alors il en joue. Constamment.
Les poings serrés, l’adolescent de dix-huit ans essaye de tenir bon et d’entrer dans son jeu. Il reste planté face à lui, conscient que sa simple présence dérange son père. Elle l’a toujours dérangé. Alors Iron prend un malin plaisir à se rendre encore plus présent, fait toujours plus de bruit pour ne pas se faire oublier. Et le résultat est celui qu’il est.  
Les secondes se transforment en minutes. Le jeune homme se sent faiblir. Il a envie d’hurler. Il a du mal à tenir en place. L’immobilité, ce n’est pas son truc. Devenir immobile revient à mourir. S’il s’arrête de faire du bruit, d’attirer l’attention, li mourra, Iron le sait.
Alors il craque.
« Tu n’es qu’un sale connard ! J’te déteste ! Tout c’que j’attends, c’est qu’tu CREVES ! »
« Ta maturité m’impressionnera toujours » soupire son géniteur avec lassitude, sans lever les yeux de ses papiers, avant de diriger son doigt vers l’interrupteur de son interphone, qu’il presse. « Leaf, veux-tu bien escorter mon imbécile de fils jusqu’à sa chambre ? »
Iron s’approche du bureau et balaie sa surface avec colère, envoyant valser touts les documents de son père, quelques stylos et sa lampe. Aucun élément de décor n’est présent sur le meuble. Aucune photographie de la famille. De toute façon, s’il y en avait une, Iron n’est pas certain qu’il apparaitrait dessus…
Tyberius ne réagit même pas. Il se contente de se reculer dans le fond de son fauteuil qu’il fait finalement pivoter pour lui tourner le dos. Mais alors qu’Iron veut contourner le meuble pour l’obliger à lui faire de nouveau face, le garde du corps de son père fait irruption dans la pièce et s’approche de lui à grandes enjambées. Iron grogne en sentant sa main se refermer sur son épaule. Il la repousse et lève les mains en signe de reddition.
« J’retrouverai l’chemin tout seul ! » crache-t-il en fusillant Leaf du regard, avant de tourner les talons et de s’échapper du bureau de son père pour rejoindre l’étage, avec la ferme intention de faire ses valises et de quitter cet antre de l’enfer pour de bon.
Evidemment, Silver n’a rien manqué de son nouvel éclat et il l’aperçoit en grimpant les escalier, arborer cet air de Sainte Nitouche qu’il déteste. Il pari que dans moins de dix minutes, elle est fourrée dans le bureau de leur paternel, en train de lui casser du sucre sur le dos. En prévision, il lève son majeur dans sa direction et reprend sa route d’un pas coléreux.

Il s’assure de claquer la porte de sa chambre avant de commencer à soulager ses nerfs en shootant dans tout ce qui passe à portée. Le mobilier a l’habitude de ses coups de sang. Disons plutôt que sa mère a l’habitude de tout refaire à neuf après une de ses crises. Et puis le changement lui plait à elle, alors pourquoi s’en plaindrait-elle, elle n’attend que ça.
Il ne lui fait pas longtemps d’ailleurs pour faire irruption dans la pièce après avoir frappé quelques coups francs à la porte. Les joues baignées de larmes de frustration, il lui crie de s’en aller alors, bien entendu, elle se permet d’entrer, un plateau dans les mains. C’est devenu un genre de rituel, qu’Iron apprécie finalement…
« Regarde un peu dans quel état tu te mets » le sermonne-t-elle rapidement, déposant son plateau sur le lit, au milieu de tout ce qu’il y a balancé. « Depuis le temps, tu sais comment fonctionne ton père, Iron. Et tu sais que la provocation ne te mènera nulle part. »
« Tu n’sais même pas ce qu’il m’a fait ! »
« Du mal, comme d’habitude » résume Eustacia en accompagnant sa remarque d’un moulinet négligé du bras, comme si elle cherchait à chasser cette histoire. « Vous êtes impossibles tous les deux. Viens donc t’asseoir un peu. C’est mauvais de s’emporter comme ça, tu sais bien. Le cœur de ton grand-père l’a lâché pendant une de ses crises de colère. Vous avez le même tempérament tous les deux... Et ton père est aussi buté que tu peux l'être, voilà pourquoi les choses dégénèrent. »
Iron connaît ce refrain par cœur. Il ne bronche pas et laisse sa mère attraper son bras, puis sa main, pour l’entrainer sur le lit où elle lui fait une place, avant de le contraindre à s’asseoir.
« Tiens, prends ça. Ca va te détendre un peu » lui promet-elle en lui tendant deux cachets qu’elle fait glisser dans la paume de sa main, avant de l’inciter à attraper le verre d’alcool fort qu’elle lui a porté. « Cul sec. »
Il s’exécute, reniflant bruyamment.
« Tu vas te reposer et puis je te ferai porter la tenue que j’ai sélectionnée pour toi ce soir. »
« J’irai pas ! »
« Je ne veux pas entendre de sottises. Tu iras, tu souriras et tu essaieras de faire plaisir à ton père pour une fois. »
« Tu veux dire qu’il faudra que je me jette du toit ? Parce que c’est la seule façon que je vois de le contenter... »
« J’ai dis pas de sottises, Iron. Ne m’oblige pas à me répéter » le prévient-elle d’un ton sans appel.
Il se tait donc, terminant son verre en grimaçant au passage brûlant de l’alcool. Sa main lui reprend le verre vide des mains et le repose sur le plateau.
« Bien. Maintenant allonge-toi un peu. Je parlerai à ton père. »
Et là-dessus, elle disparaît.

Iron pousse un soupir et observe les dégâts. Il a flingué son écran, quelques babioles sans importance, sa table de nuit est en morceau et une de ses armoires aura du mal à se refermer. Mais ça n’est pas si terrible.
Il grimace en sentant sa main le picoter. Il s’est esquinté les doigts quelque part. Mais il n’a pas le temps de s’appesantir sur la question. La porte de sa chambre s’ouvre à nouveau, sur une adorable tête blonde aux yeux déjà brouillés de larmes. Iron essuie ses propres yeux, encore rougis mais à présent asséché, et adresse un sourire à Gold.
« Tu peux entrer, Princesse. »
Et elle ne se fait pas prier pour venir se jeter dans ses bras. Il la serre contre lui, sentant ses membres s’engourdir. Les pilules de sa mère sont efficaces et leur action rapide.
« Je vous ai entendu crier. »
« Est-ce qu’on sait faire autre chose que ça ? »
« Je déteste que vous vous criez dessus » proteste sa cadette avec émotion, relevant son minois larmoyant vers lui.
Il sourit et caresse sa joue pour essuyer la larme qui a roulé dessus, avant de tapoter le bout de son nez de son index. Quand les effets du sédatif seront estompés, il réfléchira à une manière d’utiliser Gold contre son père. Mais il est trop somnolent pour le moment.
« Que dirais-tu d’une petite sieste avant la soirée ? On va avoir besoin de toute notre énergie pour affronter tous ces culs serrés du Capitole ! »
« Tu dois pas dire de gros mots » le réprimande encore la blondinette, esquissant pourtant un faible sourire.
Il la fait basculer en arrière avec lui sur le lit et elle glousse quand il commence à la chatouiller. Elle vient ensuite se lover contre lui et ensemble, ils cherchent une position confortable à prendre au milieu de tout le bazar. Iron leur dégage un peu de place et puis, étouffant un bâillement, il finit par fermer ses paupières alourdies et s’endort rapidement, sous le regard attendri de sa cadette qui, pour sa part, préfère le veiller.      

**

Il n’aurait jamais dû avaler ces foutus pilules.
Sa mère a dû lui en donner une seconde batterie pour le réveiller tout à fait après l’avoir arraché au sommeil réparateur dans lequel il avait sombré aux côtés de Gold. S’il est à présent parfaitement alerte, sa bonne humeur, elle, est restée couchée… Il a finit par s’attirer le courroux de sa mère qui s’est désintéressé de lui et l’a laissé se débrouiller pour finaliser sa préparation. Gold a tenté d’intervenir mais Eustacia l’a contraindre à filer s’habiller elle-même et depuis, Tyberius la garde sous son emprise.
Alors Iron est seul. Inutile de compter sur le soutien de Silver qui est tout à la cause de son paternel et le suit comme un chien depuis leur arrivée pour être présentée à tous les convives qui la trouve, évidemment, absolument exquise ! Lui ? Il est déjà passé de mode à leurs yeux. On l’a vu et revu, on le connaît par cœur et on connaît surtout ses frasques…
Voilà pourquoi ces derniers temps, Tyberius gardait sa précieuse Silver enfermée dans sa tour d’ivoire… C’était pour faire naitre l’envie et le désir, et ça a fonctionné. On n’a d’yeux que pour elle. Elle et la nouvelle gagnante des Hunger Games, bien entendu. La soirée est censée être organisée en son honneur après tout.

Anastasia.
District un. Une carrière de quatorze ans qui a forcé l’admiration de tous. De tous mais pas vraiment de lui. Il la déteste. Il les déteste tous… Tous ces bouseux qui accaparent l’attention de son père, de sa mère, de tout Panem. Et en faisant quoi je vous prie ? En crevant comme des merde ou en ayant la chance de ne pas le faire. Quand il dit que se tuer serait la seule manière de se rendre intéressant aux yeux de son père, ce n’est pas simplement histoire de se faire plaindre, il pense réellement que c’est LA solution. Ca marche pour les autres, alors pourquoi pas pour lui ? Le souci c’est qu’une fois mort… Eh bien on le reste.

Iron. Porte une fois encore sa coupe à ses lèvres. Il a déjà trop bu, il le sait. Il se sent nauséeux, il a du mal à marcher droit. Il sent le regard glacé de son père le transpercer.
Tant mieux.
A quoi bon essayer de le rendre fier de toute manière ? Il a sourit pendant toute la première partie de la soirée, a parlé avec les gens importants, s’est montré avenant avec leurs poufiasses et les a faites rires. Il a joué son rôle, il a été un Flickerman. Et tout ça pour quoi ? Pour se faire encore une fois piquer la vedette par sa sœur…
Et sa seule alliée, Gold, a été reconduite chez eux vers minuit après avoir montré quelques signes de fatigues et s’être attiré la sympathie de tout le monde. Il lui en a voulu pour ça. De l’abandonner mais aussi d’être aussi mignonne et de si facilement se mettre les gens dans la poche. Alors depuis, il profite de l’alcool qui ce soir, coule à flot, pour noyer sa culpabilité.
Il fixe Silver, au bras de son père. Elle n’a même pas l’air heureuse d’être ici… Foutue pétasse de merde ! Jamais contente alors qu’elle a tout ! Tout ce qu’il veut ! Tout ce qu’il lutte si fort pour obtenir, en vain. Tout lui est du… Et pourquoi ? Parce qu’elle a une paire de nichons ? Un vagin ? Parce qu’elle fait mine de ne rien vouloir ? Elle est aussi avide que lui, la garce… Elle est plus perfide encore ! Et c’est pourtant elle que leur père préfère.

Ca le met en rage.
Il s’avance, sans même en avoir conscience, ses poings serrés. Mais alors qu’il va atteindre le petit groupe,  Leaf le stop net et le contraint à s’éloigner. Tyberius jette un rapide regard dans leur direction, puis se désintéresse de la scène.
« Lâche-moi » proteste l’adolescent en essayant de se soustraire à l’emprise du Pacificateur engagé par le Haut-Juge.
« Monsieur votre Père m’a demandé de vous raccompagner. »
« Va t’faire foutre ! Qu’il aille se faire foutre ! Je ne me laisserai pas écarter » proteste Iron en essayant de lui échapper.
Mais l’homme est plus costaud et c’est sans aucune difficulté qu’il l’escorte jusqu’aux toilettes les plus proches dans lesquels il le fait disparaître en le maintenant par le col de son costume. Iron se débat comme un beau diable, sans parvenir à ses fins. Tout ce qu’il y gagne, c’est à ce que l’homme l’enserre un peu plus fort. Assez pour commencer à lui faire mal.
Il couine lamentablement et, après s’être assuré que l’endroit est désert, Leaf le repousse sans douceur sur le sol marbré où l’adolescent s’effondre. Un peu sonné, il essaye de se redresser et échoue. Finalement, il reste à terre et fusille l’homme de son regard azuré, alors que ce dernier le toise avec un mépris évident.
« J’vais t'faire buter pour ça ! Mon père… »
« Votre Père m’a donné carte blanche. Il m’a demandé de ne pas vous ménager et m’a autorisé à vous mettre hors d’état de nuire à l’entièreté de votre famille ce soir » le coupe-t-il d’un ton cassant. « Et croyez-moi, je me ferai une joie de suivre ses directives à la lettre… »
Iron sent sa colère être peu à peu remplacée par un autre sentiment, bien plus dérangeant. Le chagrin. Il se sent stupide. Complètement stupide… Il déteste ça. Les larmes montent. Ses épaules sont secouées de sanglots incontrôlables.
Leaf tique et se détourne, apparemment agacé par cette vision.
« J’suis pas payé assez cher pour supporter ça » grogne-t-il en faisant demi tour, l’abandonnant dans les toilettes.

Iron continue de sangloter, furieux contre lui-même, contre son père. Et à force de sangloter, il est pris de haut le cœur douloureux.
Quand la porte des toilettes pour femme s’ouvre à nouveau, sur une silhouette frêle, il est penché au-dessus d’un des cabinets, occupé à rendre le contenu liquide de son estomac...

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MessageSujet: Re: In the holy name of my father #ana&iron   Dim 12 Oct - 14:53

In the holy name of my father
Tu sais Iron, la menace ne sert d'arme qu'aux menacés.

S'il y avait bien un seul moment où je ne devais pas faire d'erreur, c'était pendant la soirée de clôture de la tournée des vainqueurs. Cela faisait maintenant des semaines entières que je traversais les différents districts, dans tout Panem, afin de saluer la mémoire de ceux que j'avais sacrifié au profit de ma propre existence. Je n'avais jamais compris la signification de cette tournée. Honorer ces noms, ces visages que le Capitole avait déjà oublié, et que les habitants des districts ne pouvaient que pleurer, c'était tout simplement ridicule. C'était comme enfoncer le couteau dans la plaie. Et le pire, probablement, c'était que je devais leur sourire. Je devais clamer l'adoration pour le président Snow et son Capitole démesuré. Ce n'était pas un problème pour moi, je n'avais pas de problème avec ça. J'avais cependant bien du mal à cacher mes regrets. Certaines foules m'acclamaient, d'autres restaient muettes dans le silence le plus sombre que je pus connaître. Et alors que cette soirée sonnait la fin de ce calvaire, je n'avais pas spécialement envie de me mêler à ces gens qui croyaient que les jeux... n'étaient que véritablement des jeux. Que ces vies que j'avais ôté il y avait de cela quelques mois n'étaient qu'ombre et poussière. Des jeunes condamnés à l'oubli le plus total. J'étais une carrière. J'avais été conditionnée pour la victoire. Mais je n'avais jamais été préparée à la suite. Et j'appris à mes dépens ce que cela signifiait vraiment de gagner.

Je me présentais à ladite soirée de clôture, plus rayonnante que jamais, avec le reste de mon équipe de préparation. Je pouvais paraître chétive, dans cette robe parsemée de joyaux plus luisants les uns que les autres. Maquillage léger, mes cheveux noir de jais tirés en un chignon moderne, je bénissais les leçons d'équilibre de ma styliste. Je n'étais pas encore très bien habituée par les talons aiguilles, mais je tendais à garder le dos droit, dans les bonnes manières, avec l'arme de prédilection des vainqueurs: le sourire. Pourtant, vous pouviez toujours me trouver accaparée dans les pattes de Jagger avec qui j'avais peut-être plus d'affinité qu'Amarinda, mon autre mentor. Je ne pouvais pas expliquer cela, mais je me sentais beaucoup plus proche de mon aîné. Dans ce genre de soirée, les Capitoliens mettaient à rude épreuve l'endurance et la résistance des nouveaux vainqueurs. J'étais bien jeune pour une carrière victorieuse, et toutes ces couleurs, toutes ces attentions à mon égard, ça me faisait planer. Littéralement. J'en oubliais même d'être moi-même. Je restais la plupart du temps muette alors qu'on me couvrait de louanges, me faisant rappeler presque toutes les morts que j'avais causé dans l'arène: lorsque j'avais perforé le tuyau d'arrivée d'air de Kratos, ou bien la nuit où j'avais volontairement introduit des fourmis rouges dans les bombones de gaz des autres carrières, les regardant s'étouffer dans leur propre bile à l'orée du nouveau jour. Ce n'était que des exemples parmi toutes les autres morts que j'avais provoqué. Qu'on se le rappelait bien: j'avais décimé la moitié des tributs à moi toute seule, et aujourd'hui encore je ne savais pas comment j'avais réussi à faire tout ça. Quand la survie prévalait sur toute morale, il ne fallait jamais faire de quartier. Jamais.

Le seul instant où je me permis de voler de mes propres ailes dans cette immense salle, ce fut lorsque l'agitation fut plus alarmante dans un coin de la pièce. J'avais aperçu, de mes yeux de lynx, un jeune homme se débattre furieusement alors qu'un des gros bonnets du Capitole semblait le maîtriser et le tirer loin de la fête. Ma curiosité fut piquée à vif. Je déposai ma coupe de champagne que je n'avais jamais porté à mes lèvres depuis le début de la soirée, me frayant difficilement un chemin parmi la foule excentrique. Certains invités ne tarissaient toujours pas d'éloges à mon passage, mais mon air pressé avait pris le dessus sur les sourires forcés que je tirais malgré moi. Je finis par relever les pans de ma robe, trottinant non sans mal jusqu'aux cabinets où j'avais entraperçu les deux garçons s'y engouffrer. Lorsque j'arrivai devant les portes, je faillis me prendre un des battants en pleine figure, mais j'eus assez de réflexe pour me reculer à temps, observant d'un air surpris et un peu craintif l'homme sortir, apparemment blasé. Il me dévisagea une seconde et reprit calmement sa route vers ses acolytes. Je le regardais un instant, puis je poussai les portes des cabinets, l'air décidé à découvrir ce qu'il clochait dans cette soirée à thème pourtant festif. La scène qui s'offrit à moi était littéralement pathétique: le jeune homme de tout-à-l'heure était en train de rendre le contenu de son estomac dans des sanglots. Je lâchai les pans de ma robe, contournant la silhouette avachie du jeune adulte assez bruyamment à cause de mes talons aiguilles. Lorsqu'il redressa vivement sa tête, probablement parce qu'il s'était rendu compte de ma présence, son visage me foudroya sur place.

Ce regard fou. Bleu électrique. La mâchoire carrée. Ces cheveux châtains clairsemés de blond. Lui, je le connaissais sans même lui avoir parlé une seule fois. C'était exactement le genre de garçon qui me terrifiait du regard. C'était peut-être l'alcool qui le rendait menaçant, mais c'était avant tout son lourd nom qui le caractérisait ainsi: c'était un Flickerman. La famille la plus influente de tout Panem. La famille que tout le monde voulait compter parmi ses alliés. La famille que personne ne souhaitait se mettre à dos. Et cet homme, là, qui brisait tout le prestige de sa lignée en chouinant dans sa propre bile, se nommait Iron. Impossible de l'ignorer. Les visages de chaque membre Flickerman figurait dans tous les magazines. Et j'avais passé bien du temps à lire dans le train, durant la tournée. Jamais je n'avais voulu le découvrir ainsi, aussi chétif qu'un nourrisson. Il était en position de faiblesse, et j'étais témoin de la part d'humanité qui l'animait. Le Capitole comparait souvent les membres Flickerman comme des dieux, mais Iron était la preuve vivante que finalement, ce n'était pas une bonne métaphore. Pleurer et vomir, c'était le quotidien des humains. En quoi était-il un être supérieur, maintenant ? En quoi devrais-je craindre un homme qui ne portait que le nom de son père ? J'avais presque envie de me moquer de lui. Mais c'était briser mes principes. Il m'était inconnue. Je ne connaissais de lui qu'une partie de l'iceberg. Que des rumeurs. Que des suppositions. J'avais envie de l'aider soudainement. J'avais envie de l'épauler, de lui rendre le peu de dignité qui lui restait. Mon regard sombre percuta le sien aussi électrifiant qu'un orage. Je fis un pas, et remarquant qu'il ne réagissait pas, j'en fis un autre. Puis, je fouillai dans mon petit sac à main afin d'en sortir un mouchoir en tissu couleur pastel, que je lui tendis tout naturellement. Sans sourire. Sans pitié. Je me forçais à garder un visage neutre, à la limite de l'animosité. Au fond de moi, je désirais qu'il prenne ce mouchoir et qu'il me remercie. Mais ça, c'était trop demandé à un Flickerman. C'était déjà trop demandé à Iron Flickerman.

(c) sweet.lips
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MessageSujet: Re: In the holy name of my father #ana&iron   Lun 13 Oct - 18:31

Il capte le claquement régulier et volontaire de talons sur le sol marbré des toilettes. L'espace d'une seconde, il se figure que c'est Silver qui s'amène pour constater sa déchéance et lui porter un coup fatal. Elle n'attends que ça. Le voir tomber et le piétiner pour enfin prendre la place qu'elle estime être la sienne. Elle aura voulu naitre la première, et de préférence avec une paire de couilles... Peut-être qu'il aurait mieux valut après tout. Les choses auraient été plus simples de cette manière et il n'aurait pas eu à devenir une telle source de déception pour Tyberius... Peut-être qu'alors, il aurait été son préféré.
Mais ce n'est pas Silver, venu l'humilier et lui passer les salutations de leur père indigné une fois de plus par son comportement.
Ce n'est pas non plus Eustacia, venue s'assurer de son état et désireuse d'endormir colère et mal être à grands renforts de pilules et autres alcools.
La fille qui s'est approchée, il ne la connait que de vue, comme la plupart des capitoliens, mais il a l'impression de tout savoir sur elle... Anastasia. La fameuse ! La célèbre vainqueur des derniers Jeux. La meurtrière...

Génial. C'est peut-être encore pire au final. Une bouseuse fraichement débarquée de soin district moisi natal est témoin de cette scène plutôt pitoyable. Une tribut du un : Les pires ! Ces Imbéciles se pensent proches du Capitole et donc pratiquement comme une extension... Ils ne sont rien d'autres que des résidus d'hommes ! Iron les déteste copieusement ceux-là. Autant les autres tributs ont l'air de débarquer d'une autre planète et affichent clairement leur ignorance, autant ceux-ci se sentent comme des putains de poissons dans l'eau et sont souvent des ingrats de la pire espèce...
Celle-ci l'agace particulièrement. Parce qu'elle a été parfaite durant les jeux. Une adversaire redoutable, une carrière exemplaire. Alors tout le monde estime qu'elle a gagné haut la main sa place parmi eux. Parmi les siens... Mais Iron n'est pas de cet avis et l'idée qu'elle bénéficie de toute cette attention alors qu'elle n'est rien ni personne, qu'elle a juste eu un coup de bol et la main lourde, l'horripile totalement. Lui, il se bat depuis sa naissance et ce n’est pas encore assez pour obtenir l’attentiond e son père et pour se permettre le moindre relâchement vis-à-vis de ses fans.

Sauf que ce soir, c'est lui l'insecte rampant. C'est lui la pathétique chose sans défense, le bouseux au ventre vide et à l'allure de loser. Lui, Iron Fucking Flickerman premier du nom.
Elle le toise. Il n'aime pas son regard et il le lui fait comprendre du sien, glacial. Mais également injecté de sang, baigné de larmes. Il se sait ridicule, se sent ridicule et ça lui donne envie de chialer de rage et de frustration. Mais il ne peut pas se le permettre. Plus maintenant qu’il a un public. Un jeune public qui n’a pas cillé lorsque le moment a été venu de tuer ses petites camarades de jeu dans l’Arène…
Il est censé valoir mieux qu’elle. Non, il vaut mieux qu’elle, c’est un fait. Il doit se calmer.
Et heureusement, son agacement, son mépris, l’aide à y parvenir, lentement mais sûrement. Iron reprend constance.

Elle s’avance. Il a un mouvement de recule. Pas de la peur, même si d’aucun pourrait s’inquiéter de la voir approcher dans un silence de mort, après tout ce dont elle s’est rendue responsable dans l’Arène. Mais pour Iron, c’est différent. C’est du dégout. Il ne veut pas qu’elle le touche. Qui sait ce qu’elle pourrait lui refiler ?
Anastasia lui tend alors un mouchoir, tout en le fixant avec un rien de…d’indifférence ou de mépris dans le regard et son expression fermée. Du moins c’est de cette manière qu’Iron l’interprète.

« Qu’est-ce que tu crois faire avec ce truc ? » demande-t-il en grimaçant exagérément pour lui faire sentir son écœurement. « Je n’me torcherai même pas l’cul avec » la cingle l’adolescent en entreprenant de se relever.
Il doit s’y reprendre à plusieurs fois et finit par abandonner. Foutu connerie de Leaf ! Il tenait très bien debout avant que ce connard le fiche par terre ! Il allait le lui faire payer. Il allait empoisonner le prochain verre qu’il lui tendrait. Il voulait le voir s’étrangler jusqu’à ce que mort s’en suive… Il voulait le voir se chier dessus en se lacérant la gorge pour essayer de faire entrer à tout prix de l’air dans ses poumons…  
« J’suis très bien par terre. Et toi t’as rien à foutre ici » ajoute-t-il pour se justifier, attaquant verbalement (et un peu pathétiquement) à défaut de pouvoir imposer sa stature à la toute jeune fille.
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MessageSujet: Re: In the holy name of my father #ana&iron   Ven 17 Oct - 16:58

In the holy name of my father
Tu sais Iron, la menace ne sert d'arme qu'aux menacés.

J'aurais pu ne pas y aller. J'aurais pu sagement finir cette coupe de champagne en écoutant les pluies de compliments, jusqu'à transformer mon visage en une tomate bien rouge et juteuse. J'aurais pu rester cachée derrière mon mentor Jagger, à jouer la carte de la jeune fille fragile et timide. Un parfait contraste avec ce que j'avais démontré dans l'arène. J'étais vicieuse, en réalité. Beaucoup trop maligne pour les autres. Mais le Capitole commençait déjà à me dévorer le bras. Cet univers, je ne le connaissais pas. Et j'allais apprendre à le connaître à mes dépens. Iron Flickerman était l'exemple parfait de cette sphère mondaine que je commençais à peine à côtoyer. Tout n'était que mépris chez cet homme qui venait de refuser mon mouchoir pastel avec raillerie. Se... Torcher le cul avec, hein ? Il pouvait en faire qu'il voulait de ce mouchoir, si je le lui offrais je n'avais jamais compté le réclamer. Sauf qu'il n'en eut cure. Je mis cela sous le coup de l'alcool. Oui, il était ivre. Ça se sentait à des kilomètres. C'était bien le quotidien des capitoliens après tout: boire à s'en faire vomir, car l'abondance était le maître mot de leur impitoyable monde. Leur arène à eux. Inconsciemment, ils combattaient autant que moi j'avais combattu dans ces terres désolées et surtout artificielles. Seulement voilà: le Capitole était réel. Le Capitole était omniprésent. Le Capitole prônait sur tout, même nos valeurs. Et ce jeune homme qui vociférait en face de moi n'était qu'un héritier déchu se débattant pour se faire un nom. Un but que chaque capitolien natif s'était donné dès leur prise de conscience.

Alors nous, simples vainqueurs, qui prétendions avoir tout vécu dans nos arènes, qu'avions-nous à revendiquer dans cette jungle d'or ? Nous n'étions pas faits pour la richesse excessive de la capitale. Nous n'étions pas faits pour la superficialité et le double-jeu que chaque personne en costume de clown jouait entre eux. A quelque part, là était probablement la principale différence entre les habitants des districts et ceux de la capitale: nous, nous étions authentiques. Nous n'avions pas à nous cacher derrière un masque de maquillage, mais surtout d'hypocrisie maladie. Leurs amis étaient aussi leurs ennemis. Pour nous, c'était tellement plus clair: tout le monde était un ennemi. Et il ne fallait faire confiance qu'en nous-même. Je ne devais faire confiance qu'en moi-même. Iron Flickerman m'apparaissait désormais comme un jeune homme en détresse. A tenter de se relever, mais vacillant et retombant lamentablement sur son céans. Il était... pitoyable. Je ne comprenais même pas pourquoi j'avais pu le craindre ne serait-ce qu'une minute. Je me rappelais cependant pourquoi: il avait toujours eu ces yeux fous. Les yeux ne mentaient jamais, eux. Alors ses pupilles bleu électrique me foudroyaient davantage. Et je restais là, droite comme un I et le mouchoir couleur pastel dans le creux de ma main. Quelle était vraiment ma place, s'il venait de me cracher que je n'avais rien à faire ici ? C'était vrai ça, où devais-je me trouver ? Dans le cimetière du district un, cela semblait la meilleure option possible.

Mais j'étais là, fièrement dressée face à ce déchet de la nature. Qui était le plus fort de nous deux ? L'homme gâté par la nature, de part son statut familial pourtant si difficile à porter ? Qu'on ne se le cache pas, je voyais bien dans les yeux furieux d'Iron qu'il en voulait au monde entier. Et pour quelles raisons au juste ? Je n'en savais rien, et je n'avais même pas envie de le savoir, figurez-vous. Tout ce que je retenais, c'était la haine viscérale qu'il me vouait alors que je le prenais en pitié. Un Flickerman ne pouvait pas se permettre de s'abaisser à cela, pas vrai ? J'étais trop candide. Je m'étais imaginée que le côté tendre de cet homme allait surgir. Qu'il aurait décidé de baisser les bras et d'accepter ma rédemption. Mais non. Quand on était un Flickerman, on devait se montrer impitoyable, car là était le véritable enjeu: sa réputation. Je le comprenais, quelque part. J'avais envie de m'excuser, de tourner les talons et de l'abandonner à son triste et pitoyable sort. Mais j'avais bien trop de fierté pour me plier à ses désirs égoïstes, alors je reculai d'un nouveau pas en rangeant mon mouchoir pastel. « Personne n'a sa place, où que l'on aille. » lui déclarai-je solennellement, alors que je reportais mon regard sombre sur le sien électrique. Je lui esquissais un sourire tendre, presque compatissant, non sans garder cette pointe d'amertume à son égard pour me traiter comme une moins que rien. Car en ce moment-même, c'était plus lui qui croulait sous la misère. Je m'éloignais progressivement de sa position désastreuse, relevant les pans de ma robe pour mieux me déplacer. Il ne me restait que quelques pas à franchir pour échapper à son emprise malsaine. Mais je n'arrivais pas à me résoudre de le laisser ici. De déclarer forfait face à sa condescendance gratuite. Il se battait peut-être depuis des années pour être reconnu, mais moi je me battais depuis ma naissance pour vivre, ou plutôt survivre. J'avais fait mes preuves dans l'arène, je m'y étais préparée. Mais le Capitole, ce n'était pas mon monde, et je ne comptais pas l'adopter de sitôt si c'était pour côtoyer des hommes tels qu'Iron Flickerman. « Si vous n'êtes venu que pour satisfaire votre très honorable père, vous auriez dû rester chez vous. » finis-je par écorcher alors que mes poings se serraient, subjuguée par un mépris de plus en plus difficile à dissimuler. « Votre absence n'aurait jamais été remarquée. » terminai-je, réduisant toutes ces années de combat de ce pauvre fils Flickerman à néant. Toute cette vie à se démarquer pour se sentir vivant, aimé et réclamé de tous. Non, il n'en était plus rien désormais. Car présent ou pas, Iron Flickerman m'était d'une totale indifférence. Et en optant pour l'indifférence en préférence, c’était le mépris qui prenait vie.

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MessageSujet: Re: In the holy name of my father #ana&iron   Mer 22 Oct - 16:09

« Personne n'a sa place, où que l'on aille. »
Iron grimace et ses sourcils se froncent sous l’incompréhension. Qu’est-ce qu’elle lui chante ? C’est quoi cette phrase à deux balles ? Il ne la savait pas si philosophe… Et ce serait bien passé de le découvrir. Il laisse d’ailleurs échapper une exclamation dédaigneuse pour lui faire savoir ce qu’il pense de tout ce charabia débile.
La voilà qui sourit à présent. Le jeune homme ne tarde pas à arracher son regard du sien, tout à coup mal à l’aise. Il n’aime pas la façon qu’elle a de le regarder. Comme si…comme si elle le prenait en pitié.  
Il ne supporte pas son regard. Il voudrait disparaître. Mais ce n’est pas à lui de le faire. C’est à elle de décamper et en quatrième vitesse si elle ne veut pas recevoir son pied au cul. Si elle pense l’impressionner avec sa victoire, elle se fourre le doigt dans l’œil très franchement. Il en a vu d’autres ! Tout un tas d’autres. Et si elle continue de l’emmerder avec ses grands principes de merde, elle va le comprendre dans la douleur. Enfin dès qu’il arrivera à se mettre debout pour mettre ses envies et menaces à exécution…

Mais il n’a pas besoin de l’ouvrir pour le lui signaler. Anastasia s’éloigne d’elle-même. Et Iron en ressent un genre de pincement désagréable dans la poitrine. Du côté gauche. Celui où se trouve cette chose ridiculement fragile qui le maintien lui et toute son espèce en vie.
Il serait presque tenté de la rappeler. D’ailleurs, son cerveau embrumé par l’alcool carbure pour essayer de trouver une bonne excuse. Peut-être pourrait-il lui demander un verre d’eau ou d’aller lui chercher quelque chose à manger… Elle a droit de le quitter un moment tant qu’elle promet de revenir lui tenir compagnie. Personne ne devrait se retrouver seul à vomir tripes et boyaux dans des toilettes… Surtout pas lui.
Seulement quand il s’apprête à ouvrir la bouche pour lui demander de s’attarder encore un peu (d’une voix qui aurait été suppliante et l’aurait mis extrêmement mal à l’aise par la suite), la gamine reprend la parole.
« Si vous n'êtes venu que pour satisfaire votre très honorable père, vous auriez dû rester chez vous. »
Iron frisonne. De quel droit… De quel droit se permet-elle ce genre de remarque affreusement déplacée ? Pour QUI se prend-t-elle ? A QUI croit-elle parler au juste ?
C’est ce qu’elle ajoute qui lui fait le plus mal.
« Votre absence n'aurait jamais été remarquée. »
Son sang ne fait qu’un tour et son cœur rate un battement. Il a le souffle coupé net et, si ses jambes n’étaient pas déjà devenues inutiles, elles le seraient devenues et n’auraient plus été capables de supporter le poids de son propre corps, à coup sûr.  Sa bouche s’ouvre dans une expression indignée. Il n’en croit pas ses oreilles. Il n’en croit pas ses putains d’oreilles… Qu’a-t-elle osé lui dire ? Qu’a-t-elle osé sous entendre ?

« Qu’est-ce que…qu’est-ce que tu viens d’me dire ? » finit-il par articuler avec une rage qu’il peine à contrôler et rend sa respiration laborieuse, au point de lui donner le vertige.
Il reste le cul vissé par terre, même si ce n’est pas l’envie qui lui manque de se lever pour atteindre la gamine et lui coller son poing au milieu du visage. Non, ce qu’il veut faire, c’est lui enfoncer ses deux pouces dans les orbites pour qu’elle cesse enfin de le fixer avec ses deux billes pleines de mépris. Elle n’a pas le droit de le fixer de cette manière ! Pas lui !  Est-ce qu’elle a la moindre foutue petite idée de qui il est et ce dont il est capable ?
« Pour qui tu t’prends, sac à merde ? Tu crois qu’j’ai besoin d’l’avis d’une bouseuse sur la question ? Tu crois que j’le sais pas déjà ? »
Il se tait. Ce n’est pas ce qu’il voulait dire. C’est sortit tout seul, comme ça. Ses lèvres se sont agitées trop vite.
« C’est pas…c’est pas c’que j’voulais dire » se défend-t-il alors, lamentablement. « J’suis pas v’nu pour…j’suis pas venu pour satisfaire qui qu’ce soit j’suis…j’suis quelqu’un d’important…j’suis… »
Je suis Iron Flickerman… Flickerman…
Quelque chose se bloque dans sa gorge. Il a du mal à respirer. Il est à nouveau pris d’un haut le cœur qui l’oblige à se replacer au-dessus du cabinet, mais rien ne veut sortir. Il a l’impression d’étouffer et commence à paniquer. Iron se cramponne à la cuvette du toilette, les épaules secouées par ses tentatives de rejet infructueuses. Ca lui fait un mal de chien. La douleur irradie dans toute sa poitrine et peu à peu, les larmes recommencent à dégringoler sur ses joues.  
Le capitolien cherche son air, vainement. Son champ de vision se trouble à cause des larmes et puis se rétrécit. Bientôt, il voit des tâches apparaître et s’agiter en tout sens.
Et puis plus rien.

Quand il ouvre à nouveau les yeux, difficilement, il sent la fraicheur du carrelage sous son corps moite de sueur. Et d’autre chose. De l’eau dégoutte de son visage. Ses cheveux sont trempés. Il est étendu sur le sol. Il lui faut un moment pour remettre le décor et faire remonter de vagues images encore floues de sa soirée à la surface.
La dernière vainqueur des Hunger Games est penchées au dessus de lui et tien dans sa main une des serviettes mis à disposition des clients. Elle est mouillée. Iron finit par faire le rapprochement entre elle et la sensation d’eau sur son visage.
« Tu m’as touché » lâche-t-il péniblement, d’un ton qu’il aurait aimé plus proche du reproche mais n’a rien eu d’un tant soit peu impressionnant.  

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MessageSujet: Re: In the holy name of my father #ana&iron   Mer 29 Oct - 17:26

In the holy name of my father
Tu sais Iron, la menace ne sert d'arme qu'aux menacés.

C'était bizarre à admettre, mais j'avais bien du mal à prendre Iron Flickerman au sérieux. Après tous ces ouï-dire, toutes ces rumeurs à son sujet... Oui, c'était un homme détestable. Un vrai barge qui se complaisait dans une supposée faiblesse due au mépris que les autres portaient à son égard. Mais la vérité était toute autre: l'héritier Flickerman sortait les crocs et les griffes parce qu'il se savait en danger perpétuel, dans cette jungle mondaine. Je voulais bien le comprendre. Mais je ne voulais pas m'en mêler. Alors oui, peut-être que j'étais allée trop loin en réduisant à néant ses efforts de distinction. Mais tu sais Iron, la menace ne sert d'arme qu'aux menacés. Une fois encore, ses railleries dépassèrent son esprit étriqué. Insultes, menaces, j'avais été servie. Mais ça, je n'y faisais plus attention. Car en vue de la situation actuelle, ce n'était pas lui le plus fort. C'était moi. Je pouvais aisément me moquer de lui, alors qu'il rendait du vent au-dessus de la cuvette. Mais la moquerie, c'était pour les faibles. Je n'étais pas de ce genre-là. Depuis le début, ce jeune homme m'indifférait. J'avais même pitié de lui. Et je n'avais plus envie d'assister à ce spectacle désolant.

J'allais tourner les talons pour pousser les portes des cabinets. Même les "excuses" bafouillées par Iron ne pouvaient pas me faire intéresser davantage au scélérat qu'il était. J'avais juste quelques pas à faire pour me reprendre en pleine figure la fête mondaine donnée en mon honneur. J'étais même persuadée que Jagger devait se faire un sang d'encre, à ne pas me trouver parmi la foule. Mais il était malin, il devait certainement se douter que j'avais disparu dans les cabinets. Et ce n'était pas que j'étais si dépendante de lui, mais il pensait bien que je n'avais pas besoin de lui dans cette intimité. Au lieu de cela, je récoltais les insultes et les plaintes d'un homme qui n'avait décidément jamais été gâté par la nature. Que c'était dur d'être le fils Flickerman, hein ? Mes mains s'apposèrent sur les poignées. Et puis, un bruit lourd et sourd m'empêcha de quitter les sanitaires. Il avait finalement cédé à l'inconscience. Et je ne pouvais pas le laisser comme ça, gisant dans sa bile à même le sol. Je roulai des yeux avant de me décider à m'occuper de lui. Je relevai ainsi les pans de ma robe, contournant adroitement le corps inerte du jeune homme. Je m'accroupis ensuite à sa hauteur, le ramenant sur le côté pour éviter qu'il ne s'étouffe. Je tapotai légèrement le haut de son dos, soupirant d'agacement, puis je glissai une main sur son front. Il était chaud. Mais ce n'était pas de la fièvre de maladie. C'était de la fièvre d'ivresse, à coup sûr. Je fouillai rapidement dans mon petit sac pour en sortir une serviette qui avait été mise à disposition des invités à l'entrée de la salle. Puis, je me relevai et passai la-dite serviette sous de l'eau bien froide, à la limite du glacé. Quelques secondes me suffirent pour revenir auprès du convalescent, et malgré l'amertume que j'avais pour lui, je ne pouvais pas le laisser dans cet état-là. J'étais prête à faire des concessions. J'étais de nature à donner une autre chance à quelqu'un, bien que cela pouvait être à double tranchant.

Quelques minutes plus tard, après avoir épongé son front à tâtons, je fus plus rassurée de voir Iron ouvrir les yeux. Il semblait perdu. Ce n'était pas étonnant, l'alcool devait toujours agir sur son organisme. Je gardai le silence alors que lui réussit à délier ses lèvres pour simplement me dire que je l'avais touché. Étonnant de sa part. En réalité, je n'avais jamais voulu être méchante avec Iron. C'était plutôt lui qui avait cherché le conflit. Je l'avais découvert dans une situation embarrassante, qui ternissait sa réputation d'héritier légitime, mais haï de sa propre famille. Je n'avais jamais voulu ça. Si j'avais pu éviter ma rencontre avec lui, je l'aurais peut-être fait. Mais une fois encore, ma curiosité m'avait fait défaut, et je devais assumer mes actes. Voilà pourquoi j'étais encore là, à reposer la serviette froide et humide sur son front. Je croisai de nouveau son regard électrique. C'était peut-être la seule chose qui me fascinait chez cet homme: ce bleu clair me scindait le cœur. C'était une réelle invitation au voyage, mais aussi au cauchemar. « Je sais. C'était volontaire. » me risquai-je à répondre, comme si la beauté de ses yeux me forçait à me faire dire la vérité. Je poussai un nouveau soupir, essayant de lui sourire sincèrement tandis que je faisais dériver la serviette sur sa tempe, puis sa joue. « Mais vous m'avez manquée de respect. Vous avez manqué de respect à tout le monde ici ce soir. » continuai-je d'une voix plus posée. J'étais presque persuadée que je pouvais réussir à tirer cet homme de sa noirceur naturelle. Qu'avec mon expérience de "bouseuse", un terme qu'il aimait bien employer décidément, je pouvais le rendre satisfait de ce qu'il avait, et qu'il devait cesser de faire son capricieux distingué. Je finis par dégager quelques mèches de cheveux de son front humide, investie d'une mission imaginaire: celle de rendre le fils Flickerman aimable. « Commencez par respecter les autres, et les autres vous respecteront. Vous verrez c'est magique. »

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MessageSujet: Re: In the holy name of my father #ana&iron   Mer 29 Oct - 18:28

« Je sais. C'était volontaire. »
Il fronce ses sourcils bruns et l’observe longuement, cherchant la peur dans son regard, ou autre chose. Du désir peut-être… Les autres filles aiment le toucher. Elles rougissent en le faisant, gloussent nerveusement, commencent à avoir des tiques trahissant leur fébrilité. Il y en a même une qui s’est évanouie après qu’il ait caressé sa joue en passant. Est-ce qu’elle s’attendait à ce qu’il la rattrape ? En tout cas, il ne l’a pas fait et a continué sa route comme si de rien était.
Mais Anastasia n’a pas l’air vraiment bouleversée. Elle lui sourit. Un sourire forcé duquel il ne sait pas trop quoi tirer.
Des gens mal à l’aise en sa présence, il en côtoie des tas. S’il se fiait uniquement à ses gestes, il pourrait penser qu’elle tente de faire bonne figure, d’entrer dans ses bonnes grâces, de le flatter et le cajoler pour obtenir des faveurs, sauf que ça ne colle pas avec ce qu’elle lui dit. En réalité, Iron ne se souvient pas exactement des mots qu’elle a employé précédemment, tout ce qu’il sait, c’est qu’ils l’ont remués et étaient déplacés.
Et elle a apparemment décidé de continuer sur cette lancée.  
« Mais vous m'avez manquée de respect. Vous avez manqué de respect à tout le monde ici ce soir. »
Ce culot qu’elle a ! Comment pourrait-il lui manquer de respect au juste ? Il ne lui en doit aucun ! Pour qui se prend-t-elle au juste, cette saleté de gamine ? Tout ce qu’elle a fait, c’est tuer des gamins malchanceux et porter une jolie robe qui ne lui va même pas ! C’est à cause d’elle qu’il est censé la respecter ? C’est parce qu’elle porte du maquillage et des talons avec lesquels ont voit clairement qu’elle n’est pas habituée à marcher ?
Il devrait la respecter sous prétexte qu’on l’a catapultée dans son monde ?

Mais son indignation ne transparait pas sur ses traits tirés par la fatigue. En fait, l’adolescent ne parvient pas vraiment à s’énerver après elle comme il le voudrait. Iron n’arrive pas à y mettre de la conviction et ses pensées se dissolvent. Il se contente alors de continuer de la fixer de ses yeux clairs, pendant qu’elle tamponne délicatement son front avec le linge. Il ferme un instant les yeux en sentant ses doigts dégager quelques mèches humides de son front qui l’est tout autant.
Ca le ramène des années en arrière. Comment s’appelait-elle, cette fille qui s’occupait de lui ? Quelque chose en i… Joanie ? Josalie ? Quelque chose de ce genre… Il devait avoir six ans, peut-être moins… Silver était né. Il avait mal à l’estomac pour une raison qui ce soir lui échappe et se tordait de douleur dans son lit. Elle était venue le voir et s’était installée à ses côtés, le laissant écraser ses doigts chaque fois qu’une crampe le prenait. Il avait réclamé sa mère mais elle n’était jamais venue. Il savait qu’elle ne viendrait pas mais il avait quand même espéré. Elle n’était réapparue qu’une fois certaine qu’il n’était pas contagieux, quand il n’avait plus eu besoin d’elle.
La fille avait épongé son front de la même manière qu’Anastasia le fait en ce moment… C’est agréable et en même temps, ça fait remonter des choses pénibles. Ca lui rappelle encore une fois à quel point il est seul.
Et à quel point ça lui pèse.  

« Commencez par respecter les autres, et les autres vous respecteront. Vous verrez c'est magique. »
Il serre les dents et rouvre les yeux. Il n’aime pas la manière dont elle lui parle. Comme s’il était un imbécile. Iron n’aime pas l’image de lui qu’elle lui renvoie… Il n’aime pas ce qu’elle lui fait sentir.
Elle le fait sentir faible et dépendant. Il est Iron Flickerman ! Il n’a besoin de personne.
L’adolescent trouve al force de repousser la main de la jeune fille et entreprend de se redresser sur ses coudes, la fusillant de son regard vitreux et injecté de sang.
« Arrête de m’tripoter » la cingle-t-il, le souffle un peu court. « Peut-être que tu peux les tromper, eux, mais pas moi. Je sais ce que tu es. Tes mains sont pas seulement pleine de sang, elles sont aussi pleine de merde… Tu pourras jamais dissimuler l’odeur. Aucune des deux » crache Iron en grimaçant de colère et de frustration, détestant la position de faiblesse dans laquelle elle l’oblige à se tenir. « T’es pas l’une des nôtres et tu seras plus jamais une des leurs après c’que t’as fait à leurs gamins. T’es plus rien, tu piges ? T’es qu’une bête de foire qu’ils vont se passer de main en main, qu’ils vont vouloir posséder et dont ils se débarrasseront quand ils finiront par sentir l’odeur. Personne voudra jamais de toi… Personne voudra jamais de toi, tu entends ? Si tu crois qu’tu vaux mieux que moi, tu te plantes. Moi je sens la putain de saloperie de rose, tu comprends ? »

Il reprend son souffle. Sa petite tirade l’a épuisé…
« Rends-toi un peu utile et va m’chercher à boire. Si tu refuses, je dirai qu’tu m’as agressé et on verra si tu restes la chouchoute de ces messieurs dames… Moi j’pari qu’ils t’enfermeront. Ils diront que les Jeux t’ont rendue dingue et ils t’enfermeront pour toujours » sourit-il mesquinement, plutôt fier de sa trouvaille.
Il a enfin à nouveau l’impression de prendre le dessus, de retrouver le contrôle. De dominer.  
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MessageSujet: Re: In the holy name of my father #ana&iron   Mer 29 Oct - 20:18

In the holy name of my father
Tu sais Iron, la menace ne sert d'arme qu'aux menacés.

Quand un homme était habité par la noirceur de ses défauts, il était impossible de le changer. Que je pouvais être candide. Crédule. Niaise. Idiote surtout ! A tamponner son front comme s'il comptait dans mon cœur serré. Iron Flickerman n'était décidément pas un homme appréciable. C'était un mécréant. Un salaud de pourri gâté, éternel insatisfait de sa condition. Il était l'un des hommes les plus riches du Capitole, de Panem même. Il avait tout pour s'épanouir. Tout, sauf peut-être la reconnaissance de son père. Et ça, c'était probablement ce qui faisait défaut à Iron Flickerman, et qui le rendait exécrable et méchant avec les autres, même auprès de ma "race" qui forçait au respect. Mais après tout, il avait raison. J'étais une carrière, certes. Entraînée à tuer. Entraînée à gagner. Je n'avais cependant jamais voulu devenir une de ces capitoliennes excentriques. Si je pouvais grandir sereinement dans mon district, avec mon père et mon frère, je le ferais. Sauf que ça ne marchait pas comme ça, quand on était un vainqueur. Le Capitole nous adoptait. Enfin, peut-être pas tous, en vue des critiques désobligeantes d'Iron à mon égard, ou du moins à notre égard nous, les vainqueurs. Mais on devait se forcer à leur sourire. A rire à leurs blagues nulles. Parce qu'au fond, on voulait tous oublier comment on avait fait pour survivre. Alors oui, j'étais une meurtrière, triée sur le volet. Originaire d'un district surentraîné. Je ne serais jamais l'une des leurs. Et je ne comptais pas le devenir. Sauf qu'Iron, qui frappait vraiment fort avec sa vérité sortie tout droit de sa cervelle étriquée, savait rendre la chose désolante, et surtout poignante. Il venait de me rappeler la frontière entre nos deux êtres. Et bizarrement, j'étais vraiment vexée. Vexée, mais soulagée de ne pas être comme lui.

Personne n'avait réussi à autant me mettre mal à l'aise, depuis que j'étais ressortie vivante de l'arène. Iron manquait cruellement de tact, mais il savait être honnête tout en étant horrible. Il avait tout simplement dit tout haut ce que les extrémistes pensaient tout bas, voilà tout. Il avait une si basse opinion des vainqueurs. Et du haut de mes quatorze, que pouvais-je espérer de plus, hein ? Mes yeux me piquaient. Des larmes commençaient à monter. Si je ne me ressaisissais pas vite, je perdrais toute crédibilité auprès du fils Flickerman, alors que depuis le début je tentais de rester fière et imperturbable face à lui. Mais j'étais jeune. Jeune et faible. Et s'il me menaçait, c'était pour garder le peu de prestance qu'il lui restait. Je lâchai la serviette humide, fuyant ses yeux bleu électrique que j'aimais pourtant tant admirer. Maintenant, je servais de bobonne aux petits soins d'Iron. Lui chercher à boire, et puis quoi encore ? Mon esprit me hurlait de ne pas me laisser faire par cet enfoiré. Mais ses menaces, j'avais du mal à les ignorer. Maintenant qu'il s'était remis de ses débordements alcooliques, il était bien plus imposant. Il m'écrasait de sa stature, de son aura destructrice. Je fus obligée de me relever prestement, afin de fuir son atmosphère ivre et ténébreuse. Il avait encore raison, sur ce coup-là. Il était peut-être le mieux placé pour colporter des rumeurs faussement fondées à mon sujet. Mais les mesures à prendre n'étaient pas un peu excessives, comparées à la demande qu'il m'avait fait ? Un simple verre d'eau, ou une réputation de merde, en somme. Et en plus pour colporter exactement l'inverse de ce que j'avais fait pour lui. Je savais que j'aurais dû le laisser croupir dans son vomi répugnant. J'aurais dû définitivement tourné les talons et poussé les portes des cabinets. Mais maintenant, j'étais en position de faiblesse face à cette crevure. Je finis par me relever maladroitement sur mes talons aiguilles, époussetant lentement mes pans de ma robe. Je glissai du bout des doigts la anse dorée de mon petit sac. Puis, les yeux défilant sur le sol carrelé, tentant de fuir sa domination exacerbée, je le contournai de quelques pas. Je devais me taire, baisser la tête et aller lui chercher son verre. Je n'avais pas le droit à l'erreur. Je n'avais pas le droit de ternir ma réputation, même si c'était de façon injuste.

J'avais toujours agi pour le bien, ce soir. J'avais toujours pensé que même si la personne était des plus détestables, je devais garder le sourire et la fierté nécessaires pour lui faire face. J'avais tué pour devenir ça. Et même si ça ne me plaisait pas, au fond, c'était comme ça et point barre. Je ne pourrais jamais enlever le sang de mes victimes de mes mains. Jamais. Je devais apprendre à vivre avec, à aller de l'avant avec. Jagger y arrivait. Amarinda y arrivait. Alors je pouvais y arriver. Mais pas avec les yeux rouges et larmoyants. Je passai mes pouces sous mes yeux, afin de chasser ces larmes récalcitrantes. Les mots écorchés par Iron résonnaient comme des cymbales dans mon cœur fragile. J'apposai une main sur la poignée de la porte battante. Si je franchissais ces portes, je déclarais forfait face au monstre Flickerman. Et je perdais toute crédibilité auprès de lui. Lèvres pincées, je ne savais pas ce que j'attendais pour aller lui chercher son fichu verre. Une part de moi avait envie de se battre. Encore et encore. De jeter ces mêmes insultes auprès de cet homme sans scrupules. Je tournai les épaules, afin de regarder du coin de l’œil Iron. « Je suis peut-être une "bouseuse", avec du sang et de la "merde" sur les mains... Mais moi au moins, j'ai obtenu la reconnaissance de votre père. » déclarai-je alors qu'une larme coulait le long de ma joue pâle. Et il ne pourrait jamais contester cela. Ensuite, je poussai avec rage les portes des cabinets, me prenant en pleine figure les visages pomponnés et souriants des convives. Je disparus dans la foule, à la recherche d'une coupe dorée pour monsieur l'insatisfait. Alors maintenant, que comptait-il faire ? Exploser de jalousie en me rouant de coups, afin de faire rentrer dans mon petit crâne que je serais toujours inférieure à lui ? Oui, peut-être que je l'étais, mais j'avais acquis ce que lui avait toujours combattu pour l'obtenir.

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MessageSujet: Re: In the holy name of my father #ana&iron   Jeu 30 Oct - 13:49

Il se sent toujours nauséeux, fébrile, mais au moins, il n’a plus l’impression d’être le tas de merde pathétique qu’il était il y a un instant. La gamine ne le surplombe plus et son air supérieur, son putain de sourire tranquille a déserté ses traits juvéniles. Iron se dit qu’il devrait sans doute se sentir un peu coupable d’avoir poussé le bouchon si loin, mais ce n’est pas le cas.
Qu’a-t-il fait, sinon se montrer honnête envers elle ? Anastasia devrait le remercier au lieu d’afficher cet air indigné et blessé ! Elle devrait se montrer reconnaissante qu’il la traite avec autant de respect. Ne pas lui mentir, n’est-ce pas en soi une preuve de respect ?  
Elle tente de se soustraire à son regard mais il se doute bien qu’elle ne fait plus tellement la fière à présent et s’en félicite. Et pourquoi aurait-elle du se sentir fière dans un premier temps de toute manière ? Quel prodige a-t-elle accompli au juste ? Aucun, on le lui a juste fait croire. Elle est jeune et naïve peut-on dire pour sa défense. Elle s’est laissée berner par son entourage, par son équipe et par le reste de Panem qui a salué sa victoire.
Iron n’a pas à rougir de s’être montrer sincère. Il n’a à rougir de rien. Et il va faire en sorte que cette saleté de bouseuse avec ses grandes tirades psychologiques de bas étages s’en souvienne. L’adolescent va faire en sorte qu’elle réalise que depuis le début, il n’a jamais quitté sa place au sommet. Elle a eu l’illusion de s’élever, d’être au-dessus de lui, mais ça n’était que ça : une illusion.
Bientôt, lui-même aura occulté ce moment gênant où il s’est trouvé à terre et où elle se tenait au-dessus de sa pauvre carcasse frissonnante.

En attendant, il la surveille du regard pendant qu’elle s’approche de la porte. Elle se retourne une dernière fois avant de la franchir, les yeux baignés de larmes. Elle s’attend à ce qu’il la prenne en pitié ?
Jamais !
N’empêche que son estomac se contracte un peu… Mais c’est sûrement à cause des vomissements précédents. Sûrement à cause de ça uniquement. Il est barbouillé, c’est tout. Il n’éprouve aucune pitié pour cette sale morue qui s’est permis de le tripoter et a tenté de se mettre sur un pied d’égalité avec lui. Stupide gamine !
«  Je suis peut-être une "bouseuse", avec du sang et de la "merde" sur les mains... Mais moi au moins, j'ai obtenu la reconnaissance de votre père. »
Les traits d’Iron se transforment. Il perd son sourire et ses mâchoires se crispent sous la colère qui l’étreint et lui noue la gorge. A-t-elle à nouveau osé ? Oh oui, elle l’a fait… Cette saleté de petite poufiasse !
Mais alors qu’il s’apprête à se redresser pour venir lui expliquer sa façon de penser, elle pousse les portes et s’enfuit.
« Pauvre conne ! » aboie-t-il à la porte close, en entreprenant de se remettre debout.
Ses jambes peinent à supporter son propre poids mais, animé par un sentiment d’humiliation et de colère, il y parvient néanmoins. Il titube jusqu’à l’évier et s’y raccroche péniblement, avant de pousser un lourd soupir. Iron s’asperge à nouveau le visage, évitant de croiser son reflet. Il n’a pas envie de voir ça. Il n’a pas envie de voir ce que son père voit…
Il ne veut pas se voir dans cet état lamentable. Il ne veut pas donner raison à Ana.    

Iron tente de se concentrer. Il a une tâche à accomplir. Les mots de la fillette continue de raisonner dans on esprit, se répercutent dans son crâne et lacèrent les parois.
« Elle ment. Elle ment, elle ment, elle ment » se répète-t-il en sentant son sang bouillir dans ses veines et faire battre son cœur à tout rompre dans sa poitrine presque trop étroite.
Il a de nouveau du mal à respirer.
« Elle n’a pas l’droit. Pas le droit » lâche-t-il, détachant chaque syllabe.
Pourtant elle l’a pris. Depuis el début, elle se permet un tas de chose et il ne peut pas la laisser continuer sur cette voie. C’est son devoir. En tant que capitolien, en tant que fils de Tyberius. Il ne peut pas la laisser dire des choses pareilles.
« J’vais lui montrer ce qu’on fait aux menteuses par ici » crache Iron en se décollant du lavabo pour se rapprocher de la porte. Mais il ne l’ouvre pas. A la place, il se cale contre le mur et commence à patienter…

Il n’a pas à le faire longtemps. La porte se rouvre et Ana pénètre à nouveau dans les toilettes, un verre à la main. Il n’en a plus besoin. Ce n’est pas d’un quelconque liquide qu’il a soif à présent… C’est de vengeance.
Elle fait quelques pas dans la pièce et, dans la glace, il voit son regard se promener du côté de la cabine du fond où il se tenait précédemment. Les sourcils d’Ana se froncent d’incompréhension quand elle ne le trouve pas là où elle l’avait laissé. Leurs regards se croisent alors par le biais du miroir.
Il est trop tard pour elle, il a profité de ces quelques secondes pour se rapprocher et son bras se referme autour de sa gorge tandis qu’il l’attire contre son corps. Le verre se fracasse sur le carrelage. Iron utilise son autre bras pour terminer de la ceinturer et emprisonner ses bras, sans quitter son reflet du regard, un sourire mauvais étirant ses lèvres.  
« Espèce de sale petite menteuse… J’vais t’apprendre moi… J’vais t’apprendre à parler à un capitolien d’mon rang… Tu crois qu’mon père t’apprécie ? C’est lui qui a décidé de ton sort, espèce de petite conne. C’est lui qui t’a fait endurer tout ça, qui t’a sali les mains. C’est lui qui a essayé d’te tuer encore et encore… Tu n’es qu’un putain de pion entre ses mains. Vous l’êtes tous. Des jouets. Des jouets qu’il n’a aucun scrupule à casser. Je peux commettre autant de faux pas que je veux, je serai toujours son fils, j’existerai toujours, alors que toi… Tu ne comptes pas. Tu ne comptes pas pour lui, tu comprends ? TU COMPRENDS ? » lui hurle-t-il tout à coup, resserrant la prise sur son cou.  
Essaie-t-il de la convaincre, ou de se convaincre lui-même ?   
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MessageSujet: Re: In the holy name of my father #ana&iron   Jeu 30 Oct - 16:44

In the holy name of my father
Tu sais Iron, la menace ne sert d'arme qu'aux menacés.

Je n'étais pas particulièrement fière d'avoir obtenu les distinctions du père Flickerman, tout simplement parce que je n'avais rien fait d'humain pour les avoir. Les juges m'avaient aliénée. J'étais devenue une héroïne pour le Capitole, mais un monstre pour les districts. J'en avais conscience. J'avais été formée pour cette possibilité d'avenir. Les armes qu'on m'avait donné, c'était pour répandre le sang et prouver la supériorité du Capitole sur les districts. Je n'étais pas encore habituée aux strass et à la nourriture abondante. L'alcool, les sourires hypocrites, ce n'était pas encore de mon ressort. Alors, alors que je me frayais un chemin parmi la foule, je tentais de retrouver des yeux mes origines, ce qui se caractérisait par mes mentors: Amarinda et Jagger. Si pour la jeune femme, la soirée semblait l'enchanter, je pouvais cependant distinguer une pointe d'inquiétude chez mon aîné. M'avoir perdue de vue avait dû pas mal le secouer. Qui savait ce qu'on aurait pu faire de moi, hein ? J'étais l'objet de toutes les curiosités. L'heureuse élue de cette année. Et au lieu de me pavaner, comme on m'avait si bien conseillé de faire, je me prenais le bec avec un des hommes les plus influents du Capitole, juste parce qu'il portait le nom de son très respecté père. Je me dégoûtais moi-même de devoir obéir à cette enflure d'Iron. J'aurais très bien pu accourir auprès de Jagger et me cacher derrière lui, le laissant pourrir dans les cabinets dans l'éternelle attente de son verre de cristal débordant d'eau. Mais sur l'instant, j'avais envie de me battre seule. De me défendre seule. J'avais des principes à faire respecter. Et je n'avais pas besoin de mes mentors pour me chaperonner toute ma vie.

J'étais pas mal irritée par la tournure de cette soirée. Je n'avais pas spécialement envie de côtoyer ces riches mondains plus longtemps. Je me mis donc en tête de prendre à la volée un verre d'eau, de revenir servir monsieur Iron Flickerman avant de prétexter une fatigue soudaine pour que je puisse quitter les lieux sur-le-champ. Une fois l'objet de mes recherches infructueuses en main, je fis volte-face afin de marcher, le pas pressé, jusqu'aux cabinets où le petit prince capricieux s'y tapissait. Vu son état, il devait sûrement avoir honte de refaire face à son père. Je remarquais ce dernier du coin de l'oeil, entouré de ses collègues juges et buvant à en perdre haleine. C'était leur quotidien, et ce ne serait jamais le mien, décidément. Je fuyais les invités à la perfection, à croire que je faisais ça depuis ma naissance. Quelques sourires, quelques regards leurs suffisaient après tout. Après mon ascension fulgurante dans ce nid à rats, je parvins à pousser de nouveau les portes battantes des cabinets, cherchant du regard le fils Flickerman. Il avait disparu de sa précieuse cuvette, il y avait du progrès. Mon regard balaya chaque cabine, mais aucune n'était occupée. Malheureusement pour moi, je n'étais pas sur mes gardes. Je n'avais absolument pas prédit qu'Iron allait m'étrangler dans les secondes qui suivirent mon entrée. J'eus à peine le temps de croiser son regard bleu électrique, fascinante couleur, pour qu'il m'enserre comme un boa constrictor. Sur le coup, je lâchai la coupe d'eau qui se brisa d'un son strident à mes pieds. Je poussai un hoquet de surprise, avant de me rendre compte qu'il me maîtrisait totalement. Mon souffle était court. Mon cœur battait la chamade. Et sa voix folle résonna à mes oreilles.

Ces sensations, je ne pensais pas les vivre en dehors de l'arène. Je pensais avoir tiré un trait sur ce qui avait fait de moi une battante, une survivante. Je pensais surtout qu'après avoir prouvé ma légitimité de vivre, je n'aurais plus à me surpasser pour la préserver. Mais la vérité était là: le Capitole était la nouvelle arène dans laquelle j'avais été projetée. J'avais dit adieu à mes habitudes de carrière lorsque j'avais remporté mon édition. Mais peut-être pas totalement, au bout du compte. Alors je me calmai, laissant Iron resserrer ses bras autour de moi. Je manquais peu à peu d'air, et je me focalisais sur ses mots. Il était enragé, parce que je l'avais cherché. Je ne récoltais que ce que je semais. J'étais en plein dilemme. Devais-je me protéger en me défendant ? Je savais me défaire de ce genre d'emprise. Je pouvais le faire. Mais devais-je seulement le faire ? Si les gens apprenaient que j'avais porté la main sur un Capitolien, ils m'en voudraient certainement. J'enrageais. Ce petit con se protégeait avec ses origines. Il était de ceux qui ne levaient pas le petit doigt pour obtenir ce qu'il désirait. Enfin, peut-être pas tout, puisqu'Iron n'avait jamais obtenu la reconnaissance tant espérée de son père. Mais je devais me préserver, aussi. Je ne pouvais pas me plier à ses exigences de gamin pourri gâté. Lentement, mon regard dériva sur le sol, et je parvins à passer ma jambe entre les siennes avant de lui décocher une bonne béquille, le faisant chuter contre le carrelage humide des toilettes. Mais dans son déséquilibre, je tombai avec lui, et je m'écroulai à même le sol, ma peau d'albâtre rencontrant le verre brisé précédemment. Mes mains étaient écorchées, de même que ma joue. J'avais mal, mais ce n'était rien comparé à ce que j'avais vécu dans l'arène. Péniblement, je m'extirpai de l'étreinte mortelle d'Iron avant de passer mes paumes ensanglantées sous l'eau. Je tremblais. Des images monstrueuses me parvinrent à l'esprit. Moi, dans l'arène, commettant l'irréparable pour survivre. C'était ça aussi, le Capitole ? Etre un monstre pour l'éternité ? Je pinçai mes lèvres avant de me retourner pour garder à l'oeil Iron. On dirait qu'il avait du mal à se remettre de ce revirement de situation. « Je comprends. » finis-je par lui répondre, alors que mes doigts arrachaient un à un les bouts de verre qui s'étaient incrustés dans ma peau. « Je ne cherche pas à être intéressante. Je ne cherche pas à être une des vôtres. Je ne cherche pas à être comme vous... » Méprisable, dangereux, psychopathe. Non, je ne l'ai pas cherché. Si je pouvais rester chez moi, avec ma famille, je le ferais. Je serais presque prête à tout pour fréquenter le moins possible le Capitole. Car si c'était pour risquer ma vie de nouveau avec des hommes tels qu'Iron Flickerman, je préférais m'abstenir. Je m'étais assez battue. J'avais assez combattu. Je méritais le repos, non ? Juste un peu, un instant... En éternelle recherche de moi-même.

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MessageSujet: Re: In the holy name of my father #ana&iron   Jeu 30 Oct - 17:28

Il ne s’attendait pas à ce qu’elle se défende. C’est stupide, il aurait dû le savoir, mais il a été trop obnubilé par la sauvegarde de son honneur qu’il en a oublié à qui il avait à faire. Pas à une simple bouseuse, pas à une simple gamine mais à une vainqueur. Elle retourne tout à coup la situation et Iron la subit sans rien pouvoir faire d’autre.
Il se sent basculer et se raccroche naturellement à la seule prise disponible, à savoir Anastasia qu’il tenait jusque là contre lui, dans une étreinte douloureuse. Il se retrouve au sol avec elle, sans trop comprendre comment les choses se sont déroulées exactement, et reste à terre, sonné.  
La gamine se relève beaucoup plus rapidement que lui. Elle s’est déjà éloignée vers les lavabos et a allumé l’eau lorsqu’il daigne se redresser sur ses coudes, ses longues jambes filiformes toujours étendues devant lui. Le capitolien met une éternité à comprendre pourquoi elle passe ses mains sous le jet.
Elle saigne. Elle s’est blessée il ne sait comment. L’adolescent observe les alentours et repère alors les morceaux de verre à proximité. Il se redresse encore et s’assoit, pour mieux avoir le loisir d’examiner ses propres mains et avant bras pour s’assurer que lui-même n’est pas blessé. Sa colère s’est évanouit, remplacée par la stupeur.

« Je comprends. »
Le capitolien lui redonne son attention et observe l’estafilade sanglante sur sa joue pâle.
Père va me tuer pour ça… réalise-t-il alors. Parce qu’elle a raison : elle compte pour Tyberius. Elle est un gage de paix. Un symbole de la supériorité du Capitole sur les Districts… Et il vient de l’abimer. Si son père voit ça, il va lui faire la peau.
Iron a menti. Il s’est mentit à lui-même… Il ne compte pas. Il ne vaut rien. Rien aux yeux de son père. Et il ne restera pas éternellement son fils. Pas s’il continue sur cette voie… De toute manière, ce n’est qu’un mot. Un mot stupide. Un mot qui ne veut rien dire… Un mot auquel Tyberius n’a jamais donné le moindre sens.
« Je ne cherche pas à être intéressante. Je ne cherche pas à être une des vôtres. Je ne cherche pas à être comme vous… »
Iron referme ses poings et relève finalement les yeux vers la silhouette endimanchée d’Anstasia.
« Parfait. Parce que tu l’seras jamais » lui crache-t-il avec tout le mépris dont il est capable.
En vérité à cette seconde, c’est lui qu’il méprise. C’est son père qu’il maudit, pas elle. Pas vraiment elle… Mais il ne peut pas atteindre Tyberius. Il ne pourra jamais le faire. On ne peut pas blesser quelqu’un qui n’éprouve que de l’indifférence pour vous. Physiquement oui, sans doute, mais ça ne l’intéresse pas. Ca ne lui apporterait aucun soulagement…

Iron repli ses jambes et entour ses genoux de ses bras, son regard se perdant dans le vague pendant que la jeune fille continue de se débarrasser des éclats de verre qui ont marqués sa chair.
Il repense à sa dispute avec son père. Il veut faire de lui un hôte… Ca ne l’intéresse pas. Iron veut devenir juge lui. Il veut se tenir aux côtés de son père. C’est après tout le parcours le plus logique pour suivre ses traces et prendre sa place, non ? C’est bien ce que son père veut : qu’il prenne la relève, n’est-ce pas ? Il est son seul fils après tout, c’est logique…
Et puis les hôtes ne sont que des imbéciles, des faire-valoir, des guignols ! Mais quand le jeune homme lui a rétorqué ces propos – propos qu’il tirait de la bouche même de Tyberius – celui-ci s’est lui a fait remarquer qu’il avait passé sa vie à faire le guignol et devrait s’estimer heureux que ses efforts aient été notés…

« Si je devais entrer dans l’Arène, il ne parierait même pas sur moi » s’entend-t-il tout à coup lâcher, d’une voix cassée par l’émotion qui lui noue la gorge. « Et il aurait raison… Je crois qu'il n'attend que ça. Que je crève. Mais j'ai pas ta chance. J'aurai jamais droit à mon opportunité d'essayer de le rendre fier… »


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MessageSujet: Re: In the holy name of my father #ana&iron   Jeu 30 Oct - 22:03

In the holy name of my father
Tu sais Iron, la menace ne sert d'arme qu'aux menacés.

Je ne parvenais pas à extirper tous les morceaux de verre de mes mains et de ma joue. Mon visage se déformait sous la douleur vive, et le sang avait du mal à s'arrêter de couler. Je n'arriverais pas à cacher ces plaies. Et tout le monde, derrière ces portes battantes, se demanderaient ce qu'il s'était passé. Je pouvais me saisir de l'occasion pour accuser Iron. Le faire descendre plus bas que terre et lui faire récolter les critiques de son bien-aimé "papa". Moi aussi j'avais des armes, finalement, et je pouvais rallier ce peuple mondain à ma cause. Mais bizarrement, je n'avais pas envie de faire plonger le jeune homme. Mon regard percuta le sien. Il s'était redressé, et adoptait désormais une mine renfrognée, recroquevillé entre ses genoux. Il me faisait tellement pitié. C'était désolant à dire, pour un homme de sa trempe. A vrai dire, je n'aurais jamais pensé que notre rencontre soit aussi mouvementée, un mélange de menace, de pitié, d'insultes et de peur. Il était assez lunatique, finalement. Je ne pouvais pas m'abaisser à la facilité, alors que je me battais pour qu'il puisse me respecter à ma juste valeur. Il y avait toujours ce grand fossé, entre lui et moi. Je n'étais pas une capitolienne, dieu merci pour ça. Et je lui avais bien fait comprendre que je ne tenais pas à ce que les siens m'acceptent, du moins trop facilement. Mon district, c'était tout ce qui m'importait. Vivre, grandir avec ma famille et mes amis, c'était probablement le plus important. Je n'avais pas gagné pour l'artifice d'une gloire exacerbée. C'était pour mes proches que je m'étais confrontée aux jeux de la faim.

Je ne pouvais pas extraire davantage de bouts de verre, alors c'était légèrement handicapée que je me retournai vers Iron, les paumes découvertes et encore ensanglantées. Lui parlait d'une situation improbable où il entrerait dans l'arène. Il ne devait pas commencer à parler du pire. Je m'étais peut-être enrôlée chez les carrières, mais la cruauté des jeux m'avait beaucoup choquée dans mon âme de jeune fille. Loin de moi l'idée de haïr le Capitole pour ça. Je n'avais aucun problème avec le régime du président Snow. Mon apprentissage à l'école des carrières m'avait avertie de l'envers du décor. Mais depuis que j'avais vécu les jeux, la vie dans l'arène... Je les portais en horreur. Et il était clair et net qu'Iron n'aurait aucune chance. Mais heureusement pour lui, il était un natif du Capitole, et il avait dépassé l'âge requis pour être moissonné. Mais ce simple exemple de situation improbable laissait transparaître la réelle détresse chez Iron Flickerman: il souffrait énormément de la désapprobation de son père. Et il était vraiment prêt à tout pour obtenir sa reconnaissance. Je l'avais compris, avec le temps, que c'était une sacrée teigne juste parce qu'il lui manquait la conception de "père" dans son éducation. Un réel frein à son épanouissement personnel. Mais je ne pouvais rien faire pour l'aider. Je ne pouvais rien faire pour le soutenir. Je ne le connaissais pas suffisamment bien. Et je n'avais pas envie de le connaître plus que ça ! Il ne m'avait pas donnée envie de le connaître davantage, c'était aussi simple que ça.

Qu'il ne s'inquiète pas pour ça, ce soir avait été un véritable fiasco, autant pour lui que pour moi. A ma rentrée de la tournée, c'était vraiment mal tombé. « Je ne dirai rien pour cet... incident... » commençai-je, calme. Je fixai mes mains redevenues rouges par le sang qui s'écoulait, puis je fis quelques pas jusqu'à m’asseoir sur le flanc, tout près d'Iron. « Vous pourriez... m'aider, s'il vous plait ? » demandai-je à la limite de la honte. S'il tenait à se faire pardonner, il avait plutôt intérêt à s'exécuter. S'il concédait à m'ôter la majeure partie des bouts de verre, je ferais en sorte de camoufler mes plaies avant de prétexter une chute anodine, mon verre d'eau à la main. Tout ça pour sauver la peau du jeune homme aux yeux électriques... Je n'avais pas un bon fond, finalement. J'étais de nouveau prête à lui donner une nouvelle chance, mais ce n'était pas pour me cracher dessus à nouveau. Son venin, j'en avais déjà pas mal reçu à la figure, à tel point que bientôt, j'arriverais à développer un antidote. Et je deviendrais immunisé à sa langue de vipère. Le cadre n'était pas des plus charmants. Paumes découvertes, tendues timidement vers l'éphèbe aristocrate, j'aurais pu rougir de honte et sortir la carte de la vierge effarouchée. Mais je ne pouvais pas avec lui. Parce qu'il me connaissait combattante et hargneuse. Tout ce dont j'avais envie, à présent, c'était de quitter ces cabinets pour rejoindre mes mentors et leur supplier de rentrer à la maison. Car je ne m'en cachais pas, Iron Flickerman était vraiment fatiguant. Fatiguant et agaçant.

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MessageSujet: Re: In the holy name of my father #ana&iron   Sam 1 Nov - 13:00

Il lui jette un regard morne et la suit pendant qu'elle se rapproche. A sa place, il serait furieux. Il aurait tenté de rendre coup pour coup et de faire payer son assaillant. Mais elle n'est pas lui. Elle n'est pas son égal et Iron apprécie qu'elle le réalise. D'ici quelques années, les choses seront peut-être différentes mais pour l'heure, Ana ne se permet pas de lui rendre la monnaie de sa pièce. C'est tant mieux.
Pour elle mais surtout pour lui... Il excelle quand il s'agit de trahir ses pairs et pour prendre sa revanche en douce, mais il est loin d'être un bon combattant en face à face et à la loyale. Il ne veut pas prendre le risque de se faire humilier par une gamine de quatorze ans. Pas plus qu'il ne l'est déjà actuellement en tout cas... Le capitolien a largement reçu sa dose pour la soirée.
Il renifle pendant qu'elle se met à sa hauteur, tendant vers lui ses mains ensanglantées. Iron fronce les sourcils et a un imperceptible mouvement de recule. Il ne veut pas qu'elle le contamine avec son sang de bouseuse ! Et puis avec l'Arène qu'elle s'est coltinée, qui sait quelles saloperies elle a bien pu se choper... Mais finalement, il la laisse venir à lui.
« Vous pourriez...  m'aider. S'il vous plaît » demande-t-elle finalement, penaude.
Il a l'impression de voir ses joues rosir très subtilement.

Iron ouvre la bouche pour protester, mais se rend compte qu'il n'a finalement pas tellement envie de l'envoyer se faire foutre. Il l'a eue sa vengeance après tout, non ? Elle saigne et lui non. Elle quémande son aide et le pouvoir de décision lui revient, à lui. Il se fiche qu'Ana en fasse exprès justement pour flatter son égo ou quelque chose de ce genre. Ceci dit, il préfère quand même se dire que ce n'est pas le cas.
Pour la forme, il soupire d'un air désabusé au possible puis laisse à nouveau s’étendre ses jambes devant lui pour attraper les poignets de l'adolescente. Il examine ses mains succinctement, pour évaluer les dégâts et, une fois de plus, ressent cette petite gêne dans son estomac. Un soupçon de culpabilité... Qu’il chasse en vitesse. La culpabilité, il la laisse bien volontiers aux autres, comme Tyberius lui a appris à le faire.

« Tu y tiens à ta robe ? » la questionne-t-il sans réellement s'intéresser à sa réponse.
Apparemment de toute façon, ce n'est pas vraiment le cas. Sans la prévenir de ce qu'il compte faire, Iron attrape un pan de sa tenue et tire dessus. Le tissu cède facilement et il n'a pas besoin d'expliquer à la gamine de qu'il compte en faire. Elle a quelques notions de survie parait-il...
Il enroule le tissu sur ses mains en serrant bien pour stopper l’hémorragie et puis, une fois son premier bandage de fortune posé, réitère son geste pour couvrir la seconde paume de la jeune fille.

« Défais tes cheveux. Pour ta joue » lui ordonne t-il en se remettant debout, entreprenant de se rapprocher de la cabine la plus proche pour y prendre de l'essuie. « Ça absorbe merveilleusement bien cette saloperie » dit-il en se rapprochant pour tamponner la plaie, avant d'en déposer une feuille dessus. « Regardez-moi ça, elle est belle comme un cœur notre brave tueuse ! »
Il lui sourit moqueusement. Mais pas avec mesquinerie cette fois... Il plaisante avec elle comme il le ferait avec une amie. Excepté qu’il ne sait pas tellement ce que ça fait d’avoir des amis.
Il arrange un peu les cheveux d’Ana pour essayer de dissimuler au mieux sa coupure, puis ôte sa veste et la confie à la jeune femme.  
« Sers t'en pour dissimuler tes mains. Garde la tête basse et va voir tes mentors directement. Raconte leur n'importe quel bobard. Dis leur que je me suis trompé de chiottes et que j’t’ai filé ma veste en te voyant dans cet état mais que j'avais autre chose à foutre que de te babysitter. Ça ils voudront bien le croire. Ama aura de quoi camoufler tout ça dans son sac je présume. Elle et Jagger soigneront ta sortie » explique encore Iron en ôtant le papier absorbant de la joue de la gamine le plus délicatement possible.
Inutile de lui rappeler qu'elle n'a pas intérêt de l'impliquer dans l'incident, Anastasia l'a compris.
Il prend tout de même quelques instants pour la fixer, lui faisant passer le message qu'elle n'a pas intérêt de déconner... Mais peu à peu, son regard se fait moins menaçant. Au moment où il le détourne finalement, c'est presque de la reconnaissance qu'on pouvait y lire.
« Tu nous as offert de bons Jeux, tribut. Quand je serais Haut-Juge, tu auras intérêt de m'en fournir des comme toi pour mettre l'ambiance. »
Là dessus, il laisse échapper une exclamation amusée et s'éloigne d'un pas encore un peu maladroit pour quitter les toilettes pour dames.

Leaf l'attend dehors, appuyé à une des colonnes, l'air blasé, ses bras épais croisés sur sa poitrine. Iron perd son sourire sur le champ et s'approche en essayant de contrôler ses pieds du mieux qu'il le peut. Il ne veut pas qu’il le juge, il veut paraître à la hauteur, maitre de lui-même.
« Ramène-moi, chien. »
« Et le mot magique ? »
« Ramène-moi, chien, où je paye un connard pour t’abattre dans une ruelle. »
Le capitolien sonde son regard et ce qu'il y voit doit le convaincre parce qu'il fait volteface et commence à fendre la foule pour les diriger vers la sortie, sans plus un commentaire.
Iron, pour sa part, jette un dernier coup d'oeil en direction de la porte battante des toilettes mais il sen détourne avant d'avoir vu Ana sortir. Elle réfléchi peut-être à un mensonge pour expliquer son état, se prépare à affronter cette nouvelle Arène dans laquelle sa victoire l’a propulsée.
Peu importe. Ce n’est pas son problème, c’est le sien.
Iron reprend sa marche vers la sortie. Il ne cherche pas à apercevoir une dernière fois son père cependant. A cet instant, il se fiche de ce qu'il peut penser de lui.
Et ça fait un bien fou...
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MessageSujet: Re: In the holy name of my father #ana&iron   Dim 23 Nov - 18:06

In the holy name of my father
Tu sais Iron, la menace ne sert d'arme qu'aux menacés.

Au départ, je pensais qu'il n'allait jamais me venir en aide. Parce que depuis le début de notre altercation, Iron Flickerman avait toujours tendu à préserver cet écart social qui nous caractérisait tant. Après tout, j'étais une habitante de district, je valais sûrement moins que lui, capitolien natif. Transpirant de l'or par tous les pores. Sauf que moi aussi, maintenant, je pouvais vomir de l'argent. Parce que je m'étais battue pour ça. Même si, en réalité, j'avais combattu dans l'arène pour sauver ma peau. L'argent n'était qu'un détail. La gloire n'était qu'un détail. Qu'on se l'accorde bien, pour moi, j'avais gagné pour vivre. Alors, tandis que je n'espérais pas trop du jeune homme, je le vis glisser ses mains sous les miennes, sa tête penchée pour observer mes plaies sanguinolentes. Impressionnant. Je réprimai un hoquet de surprise. Iron Flickerman avait bien concédé à s'occuper de moi, alors que c'était de sa faute si je m'étais retrouvée dans cet état. Cet homme n'était pas forcément mauvais, au fond. C'était ce que je croyais, tout du moins. En chaque être résidait une part de bonté. Parfois trop grande, le menant à sa part, et parfois trop mince, qui n'attendait qu'à être découverte. S'en rendait-il seulement compte ? En le voyant panser mes plaies avec la douceur d'un chaton, j'aurais presque été charmée par l'aura que dégageait le fils Flickerman. Cette aura avait changé. Ce n'était plus de la haine et de la provocation, mais plutôt de la bienveillance. Non, il n'avait pas toujours eu un mauvais fond. C'était sa condition familiale qui avait obscurci son cœur. C'était un torturé, qui sortait ses griffes pour défendre sa propre personne, déjà traumatisé par le rejet constant de la figure paternelle. Soudain, j'avais de la peine pour Iron. Oui, vraiment, il me faisait pitié.

Je me disais que peut-être un jour je l'apprécierais. Que malgré sa maladresse relationnelle, il pouvait devenir un ami. Un ami taquin, qui aimait tout le temps chercher la petite bête. Je pensais que les meilleurs liens se tissaient dans le malheur. Nous avions eu des débuts forts, chargés en émotion. Si je ne m'étais pas rendue dans ces cabinets, nous serions encore des étrangers lui et moi. S'il ne m'avait pas blessée en me propulsant contre les débris de verre, il ne serait pas en train de déchirer des pans de ma robe de soie pour faire des bandages de luxe sur mes mains. Il se leva par la suite, je le suivis du regard. Il revint vite à ma hauteur avec de l'essuie et tamponna ma joue. J'en avais profité pour défaire mes cheveux. Je me retrouvais décoiffée, la robe en lambeaux. Mon styliste allait me tuer. Véritablement. Iron m'aida à arranger mes cheveux pour mes blessures soient cachées au maximum, puis il m'offrit sa veste pour camoufler mes mains bandées maladroitement. Cette veste, je pensais que je n'allais jamais la lui rendre. Ce serait probablement un souvenir. Le souvenir de notre rencontre houleuse. Je n'avais prononcé aucun mot depuis qu'il avait bien concédé à me venir en aide. Il s'était montré autoritaire, parfois cynique, mais mon regard ne véhiculait qu'un seul message: merci. Peut-être que j'avais trop de fierté pour lui dire de vive voix, car c'était ce que je tentais de lui montrer depuis le début de la soirée. Mais mes yeux lui étaient reconnaissant.

A présent, il fallait quitter cet endroit sans attiser la curiosité des riches mondains qui se remplissaient la panse tout en riant grassement à des blagues dénuées d'humour. Un dernier échange avec le fils Flickerman, et ce dernier quitta sur-le-champ les cabinets. Je détournai les yeux en regardant autour de moi, la tête basse. Et voilà, maintenant j'étais toute seule pour me confronter à une sortie susceptible d'attirer les regards. Je serrai la veste du jeune homme contre moi, mes jambes tremblantes mais fort heureusement cachées par ma robe déchirée et salie. J'essayais d'imaginer tous les scénarios possibles une fois que je serais sortie de là. A devoir encore supporter les sourires mielleux des invités, leurs compliments plus qu'indésirés... Je pris une grande inspiration et me mis en tête d'écouter ce qu'Iron m'avait dit plus tôt: retrouver mes mentors, mentir sur ma fausse chute, et vite déguerpir de la soirée. Je hochai la tête par conviction personnelle, puis je me redressai solennellement et je poussai les portes battantes des cabinets à l'aide de mon épaule. Une fois propulsée dans la richesse et l'hypocrisie de la soirée mondaine, je regardai à gauche et à droite, à la recherche de mes mentors. Là, à quelques mètres se tenait Jagger, appuyé contre une colonne, un verre de champagne à la main. Ni une ni deux, j'emboîtai un pas rapide pour le rejoindre, ceci avant de le couper dans sa conversation avec son interlocuteur. Je l'éloignai de la foule pour lui sortir un bobard aussi gros qu'un hovercraft. Mais dieu merci, il ne voulut pas en savoir plus après avoir vu l'ampleur des dégâts. Je le vis se pincer l'arête du nez, dépité, puis il m'ordonna de rester cachée derrière la colonne de pierre, et il se fraya un chemin parmi les invités pour chercher Amarinda. Son absence fut brève, car le revoici en train de tirer le bras de mon aînée. Après quelques échanges brefs entre nous trois, nous prîmes la décision de quitter la soirée en toute discrétion, feignant ma fatigue extrême que j'étais plus blessée qu'autre chose. Ainsi, ma soirée de consécration s'acheva.

De retour à la résidence, je laissai un infirmier s'occuper de mes plaies, alors que mes yeux se perdaient dans le vide. J'étais en train de repenser à Iron Flickerman. Je ne l'avais pas revu depuis qu'il m'avait laissée en plan dans les cabinets. Je tournai ma tête vers sa veste, déposée soigneusement à côté de moi. Je plissai les yeux, me remémorant ses yeux bleu électrique. Tout ce dont je serais amenée à me souvenir, à l'avenir, c'était l'esprit lunatique de cet homme. Un esprit torturé. Un esprit qui tendait à détruire tout ce qu'il entourait. Dans un sens, il m'avait détruite. Ou plutôt, il avait détruit l'image que je renvoyais aux gens. Les débris de verre dans ma peau en étaient la preuve irréfutable. Mais bizarrement, je ne lui en voulais pas. Parce que j'avais cherché à le comprendre, dans toute cette haine qu'on se renvoyait l'un à l'autre. J'osais croire à un avenir meilleur pour ce type, même si au premier abord, on aurait envie de le retrouver pendu dans sa chambre, sûrement par suicide, ou meurtre déguisé. Mais à qui jetterait-on la pierre ? Qui pointerions-nous du doigt, si ça devait arriver ? Il ne fallait pas oublier qu'il était un Flickerman, et qu'il était aussi regardé que moi dans mon statut de vainqueur des hunger games. Alors, que pourrait-il arriver à un homme aussi sombre que la nuit profonde ? Lente, agonisante... Trouverait-il la lumière, la reconnaissance éternelle ? J'avais envie de l'aider. J'avais envie de l'aimer. Car toute la hargne qui habitait le fils Flickerman, ce n'était que de la menace qui ne servait d'arme qu'aux menacés.

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