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 78HG/J5 ▲ Some friendships go deeper than madness or common sense ▲ Tywin & Amarinda

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MessageSujet: 78HG/J5 ▲ Some friendships go deeper than madness or common sense ▲ Tywin & Amarinda   Mar 19 Aoû - 12:28

On ne peut pas arrêter le changement, on ne peut pas l’inverser. Il nous saisit par surprise, nous entraîne dans son sillage et nous abandonne brusquement pour nous laisser seuls face aux embrouilles qu’il a créées. Ces derniers jours, les images de ce qui s’est passé au District Un ne cessent de me hanter. Et si ? Et si j’avais tout simplement abattu le chef rebelle qui a surgi dans ma cuisine ? Et si j’avais refusé de l’aider ? Et si je l’avais livré aux Pacificateurs ? Je pourrais alors dormir tranquille, sans craindre l’interrogatoire qui surviendra tôt ou tard. Je serais alors la bonne vieille Amarinda,  prête à tout pour défendre le Président et pour grandir dans son estime. Mais je vivrais toujours au beau milieu d’une monstrueuse illusion. Maintenant, chaque jour, je suis obligée de regarder la vérité en face, de la ressasser au petit déjeuner, de la maudire en allant au lit : Snow est un monstre, et le système de pouvoir en place est injuste. Par chance, je n’ai pas vu le Président depuis ce jour où tout a changé. Je pense que je serais incapable de le regarder dans les yeux, comme si le simple fait d’avoir avoué à Julian que je déteste notre dirigeant fait de moi une traîtresse et une rebelle. Ce soir, quand je suis revenue au Capitole, c’est à peine si j’ai réussi à goûter aux plats préparés pour moi tant je craignais de voir surgir des Pacificateurs à tout instant pour me mettre en prison. Il faut que je parle à quelqu’un – et ce quelqu’un se trouve d’être Tywin, mon vieil ami et collègue mentor. Pour la première fois depuis que nous travaillons ensemble, je me suis absentée du Capitole en période de Jeux pour tourner une vidéo de propagande dans mon District natal, laissant Tywin en charge des sponsors et de nos malheureux tributs largués dans l’Arène. La moindre chose que je puisse faire à présent, c’est d’aller prendre des nouvelles de Bloom et Jade et de laisser à Tywin le temps de se reposer. Néanmoins, ce n’est pas la véritable raison pour laquelle je me prépare à visiter mon ami, le cœur battant la chamade. Ce n’est qu’un prétexte. En réalité, j’y vais parce que je sais que je peux faire confiance à Tywin, qu’il ne me dénoncera pas, qu’il me comprendra, me consolera. Il fait partie du cercle très restreint de ceux qui ne me regardent pas comme une folle ou une bonne à rien, de ceux qui me traitent avec gentillesse, qui m’apprécient sincèrement. Si lui ne peut pas m’aider, personne ne le pourra.

Par chance, Tywin vit juste à côté de moi, à l’étage prévu pour le District Un du centre d’entraînement. Je me contente donc de prendre une longue douche presque désagréablement chaude avant d’enfiler une robe toute simple que ma styliste qualifierait de terne et de frapper à la porte de Tywin sans avoir pris la peine de sécher mes cheveux ou de mettre des chaussures. Tywin ne répond pas. Je jette un coup d’œil à ma montre ; il est 23h30, une heure étrange pour rendre visite à qui que ce soit, mais pas à un Vainqueur, et surtout pas à Tywin. Les gens de notre race ont tendance à veiller tard et à dormir peu, et Tywin en particulier aime faire la fête jusqu’à pas d’heure. Est-il quelque part en train de s’enivrer ou de danser ? Je frappe de nouveau à la porte, nettement plus fort que la première fois. Enfin, enfin, la porte s’ouvre sur un Tywin à l’air particulièrement débraillé, un bouquin à la main. Je ne pose pas de questions, je ne le salue pas. Je me contente de me jeter dans ses bras et de le serrer fort contre moi. Il sent bon, comme s'il venait lui aussi de prendre une douche. Ses cheveux dorés emplissent mon champ de vision, et pendant quelques instants, je me concentre sur le bonheur simple d’avoir retrouvé mon ami. Puis je recule d’un pas et je lui offre un sourire qui me vient tout naturellement. « Tywin. Je sais qu’il est tard, mais il faut que je te parle. »  Heureusement, Tywin comprend et me laisse entrer tout de suite. Sa chambre est identique à la mienne, à une différence près : sa télévision est allumée alors que je ne regarde jamais la mienne. Je n’ai aucune envie de laisser les cris et les horreurs des Jeux envahir mon espace de repos, aucune envie de voir les enfants qu’on m’a confiés mourir. En ce moment, tout a l’air assez calme à l’écran, mais je sais que ce n’est qu’un leurre, que les tributs ne connaissent pas une seule seconde de tranquillité dans ce lieu de cauchemar. Ces images me hérissent, éveillent toutes sortes de souvenirs déplaisants, alors je m’empresse d’éteindre la télévision avec un geste d’excuse à l’égard de Tywin. Je suis sûre qu’il comprend ce que je ressens.

« Il faut que je te parle de quelque chose qui s’est passé quand j’étais au District Un. » Je commence d’une voix fluette, les genoux tremblants. Comment lui en parler ? Par où commencer ? Je regarde par la fenêtre, j’observe les lumières du Capitole qui masquent le ciel et les constellations, et je sens monter une bouffée de nostalgie envers mon district natal, où je peux me promener dans la nature, où le seul éclairage nocturne est la lueur bienveillante des étoiles et de la lune. Le spectacle du ciel artificiel du Capitole, tellement semblable à celui de l’Arène, me chagrine, alors je m’en détourne. C’est à ce moment-là que je regarde vraiment Tywin pour la première fois et que je remarque que quelque chose cloche. Il a l’air anormalement fatigué, son habituel air charmant masque mal sa lassitude et sa… tristesse ? Il ressemble à un ange accablé. Je suis venue ici pour lui parler de moi, mais lorsque je le vois dans cet état, je ne pense plus qu’à l’aider lui. « Qu’est-ce qui s’est passé ? » Je demande, aux abois. L’un de nos tributs est-il mort ? Sont-ils tous les deux morts ? Je m’approche de lui et je lui tapote maladroitement le bras comme pour le réconforter. Beaucoup de gens pensent que Tywin n’est qu’un salaud de Vainqueur, un séducteur sans scrupules, sans cervelle et surtout sans morale. Mais je sais qu’il est quelqu’un de bien, de gentil, de drôle et surtout de positif. Qu’il ait l’air déprimé m’inquiète donc au plus haut point, et j’ai du mal à maîtriser mes larmes en voyant qu’il souffre tout autant que moi. « Tywin… Qu’est-ce qui ne va pas ? »
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MessageSujet: Re: 78HG/J5 ▲ Some friendships go deeper than madness or common sense ▲ Tywin & Amarinda   Lun 25 Aoû - 9:15

Combien de temps ces fichus Hunger Games allaient-ils encore durer ? J'en avais marre de l'ambiance qui régnait au sein du centre d'entrainement depuis que les jeunes s'étaient élancés dans cette bataille dénuée de sens. À vrai dire, les observer chercher de quoi survivre le plus longtemps possible pour le plaisir du Capitole me donnait des hauts le coeur lorsque je pensais au fait qu'ils n'étaient, en réalité, considérés que comme une sorte de bétail, mais je ne pouvais pas m'empêcher de surveiller l'écran pour autant. Pourquoi ? J'en sais rien. Cette année, j'étais enfin parvenu à me détacher du sort de mes tributs, c'est vrai, mais quelque chose d'autre me forçait pourtant à garder cette télévision allumée, quand bien même j'aurais préféré ne rien savoir de ce qui se passait dans l'arène. Quelque part... n'aurait-ce pas été de l'hypocrisie, de détourner le regard de la réalité ? Même si je jouais moi-même au jeu de la manipulation et des masques depuis des années, je tenais néanmoins à rester ancré dans la Vérité pour ne pas oublier ce que je faisais ici ni ma vision du monde. C'était une forme comme une autre d'automutilation, mais je restais persuadé que c'était dans la douleur qu'on parvenait à garder ses idées au clair.

Ne pas oublier ce que le Capitole faisait vraiment.
Ne pas oublier que des vies d'enfants étaient en jeu.
Ne pas oublier que, quoi qu'on en dise, ces actes étaient impardonnables.

Une colère silencieuse m'avait toujours animé en ce qui concernait la politique de ce pays, la même que celle de la majorité des gens... il suffisait d'ouvrir les yeux pour se rendre compte de ce qui n'allait pas. Mais d'un autre côté... j'étais de plus en plus persuadé que l'on ne pouvait rien faire contre cette fatalité. Après tout, les rebelles avaient été décimés il y a quelques années et les pertes dans les districts avaient plongé la population dans une situation de misère encore plus avancée qu'auparavant. Même en étant du Un, je pouvais constater que le style de vie avait changé depuis la rébellion. Alors, que faire ? L'envie de me battre et de rejoindre explicitement « l'autre camp » m'avait déjà animé par le passé, mais c'était définitivement terminé. Quoi qu'on en dise, j'avais peur des conséquences, encore plus maintenant. Je veux dire... aviez-vous vu l'état dans lequel se retrouvait Noa, juste parce qu'il avait tenté de résister ? On ne pouvait pas ouvertement déclarer la guerre au Capitole, un point c'est tout. Non... en fait, on ne pouvait même pas faire autre chose qu'obéir aux ordres, qu'ils soient explicites ou implicites, et ça continuerait jusqu'à ce ne sais pas quand. Actuellement, je ne recherchais que la sécurité et rien que la sécurité, en fait. La mienne ainsi que celle de mon entourage, qui... pff... non, mais qu'est-ce qu'on allait bien pouvoir faire contre le pouvoir en place, hein ? J'en pouvais plus de tout ça, retourner la situation dans tous les sens m'éreintait.

Je m'étais à nouveau perdu dans la lecture de mon livre lorsque j'entendis quelqu'un toquer à la porte. Après avoir levé la tête, légèrement surpris en raison de l'heure, je finis par me lever et courus au pas de course vers un fauteuil pour enfiler un pantalon rapidement, histoire d'éviter d'accueillir mon invité en caleçon. Vous me direz... ça choquerait personne de me voir en sous-vêtements, mais tout de même.

À peine eus-je ouvert la porte d'entrée que les yeux clairs de ma co-mentor apparurent dans mon champ de vision durant à peine une demi-seconde, ce après quoi la jeune femme se retrouva collée à moi comme si l'on ne s'était pas revus depuis dix ans. Oh, Amarinda et son énergie inépuisable... heureusement qu'elle était là ! Je ne sais pas comment j'aurais fais sans elle et son beau sourire, autrement. D'une certaine façon... c'était un peu elle qui m'avait apprit à être positif et à rire malgré les circonstances, je lui devais donc bien plus que la vie à l'intérieur de l'arène. Hum... ceci était dit, sa visite, à presque minuit, m'étonnait un peu, même si par principe, je lâchais tout de même mon livre pour répondre à son étreinte bienfaisante.

« Tywin. Je sais qu’il est tard, mais il faut que je te parle. »


« Hm ? »

Haussement de sourcil de ma part. Je crois que je ne l'avais jamais entendue me dire ça en presque quinze ans. Après m'être passé une main dans les cheveux, je la laissais donc entrer dans mon appartement, puis refermais la porte derrière nous, tandis qu'elle parti éteindre la télévision. Ah... la violence des hunger games.... dur à regarder en face, n'est-ce pas ? Quand je vous disais que c'était une forme de mutilation, vous en aviez au moins la preuve en direct, là. Tout le monde n'était pas aussi bête que moi sur ce point.

« Il faut que je te parle de quelque chose qui s’est passé quand j’étais au District Un. »


Je venais de me diriger vers la penderie pour prendre un t-shirt à me mettre sur le dos lorsque sa phrase me piqua au vif pour me faire relever la tête immédiatement. Quoi ? Qu'est-ce qui s'était passé au Un ? Qu'est-ce qu'on lui avait fait ? Je savais qu'Amarinda y était retournée alors que je restais au Capitole pour les jeux, mais je n'aurais pas imaginé qu'il soit arrivé quoi que ce soit dans ce district calme. Le fait de savoir que Lilas y était seule avec la petite m'alarma donc immédiatement et je m'approchais de mon amie avec l'intention d'en apprendre plus. C'est là que je la vis trembler et que je posais automatiquement mes mains sur ses épaules pour la fixer droit dans les yeux.

« Qu'est-ce qui s'est passé ? »
« Qu’est-ce qui s’est passé ? »

Cette question-là... je ne l'attendais pas.
Je crois qu'on ne me l'avais plus posée depuis des mois.
Et sur le coup, je fus totalement désarçonné.

Mon corps se redressa donc et je clignais des paupières, confus. Pourquoi me demandait-elle ça ? Pourquoi est-ce qu'elle semblait tout à coup au bord des larmes en me fixant comme si j'étais à deux doigts de m'écrouler ?

« Tywin… Qu’est-ce qui ne va pas ? »

Je jetais un regard tout à coup hagard sur sa main qui touchait mon bras, parfaitement muet. Il y a un tas de trucs qui n'allaient pas. Rien n'allait bien, en fait. C'était pas nouveau, mais la différence était que cette fois, je commençais définitivement à perdre espoir qu'un jour meilleur arriverait pour nous tous. Après avoir essayé d'aider les autres en vain pendant tout ce temps... je me sentais triste et désespéré. C'est ça. Le mot correct était Désespéré. Ce n'est donc qu'à demi-voix que je répondis à mon interlocutrice, car je n'étais pas habitué à me retrouver dans la position de la personne qui inquiétait l'autre. Pire encore, je ne m'étais même pas rendu compte de mon état jusqu'à ce qu'on me le fasse remarquer à l'instant.

« Je... euh... non, ça va. »


Pour un bon acteur de nature, c'était plutôt mal joué. J'aurais même pas convaincu un pingouin avec ça.

« Dis... tu n'as jamais eu cette sensation pesante d'être déjà vieille ... ? J'ai juste l'impression d'avoir quatre-vingt ans dans ma tête ... je suis épuisé par tout ces... »

Après un long soupir, je m'autorisais à fermer les yeux, puis me passais les mains sur le visage afin de me reprendre au plus vite. Amarinda n'était pas ici pour moi, à la base.

« Bref, t'inquiètes pas, ça ira mieux demain. Qu'est-ce qui t'es arrivé au Un ? »
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MessageSujet: Re: 78HG/J5 ▲ Some friendships go deeper than madness or common sense ▲ Tywin & Amarinda   Lun 25 Aoû - 20:30

J’ai peur. On pourrait penser que je suis habituée à ressentir cette sensation paralysante, qui laisse un goût de médicament dans la bouche, amollit la volonté et broie le cœur. J’ai eu mon lot de peur dans l’arène, je l’ai apprivoisée, j’en ai fait mon alliée. Après les Jeux, elle a continué à me rendre visite de temps en temps, à roder à la limite de mes cauchemars, à me tomber brusquement dessus pendant la journée. Depuis plusieurs années, je ne lui accorde plus beaucoup d’attention, et c’est sans doute ce qui l’a poussée à venir me tourmenter de nouveau aujourd’hui. Je sais ce dont le Président est capable lorsque quelque chose le contrarie ou échappe à son contrôle. J’ai été témoin de sa colère, de son mépris, de sa haine. S’il apprend ce que j’ai fait, s’il apprend que j’ai aidé le grand chef rebelle, l’ennemi de la nation, à s’échapper, je sais ce qui m’attend. Je vois déjà ma famille exterminée jusqu’au lointain cousin dont je ne connais que le nom, nos demeures pillées et brûlées et le tout diffusé à la télévision avec une douce mélodie jouée au piano à l’arrière-fond et une voix off attribuant des méfaits imaginaires à tous ceux que j’aime. Je me vois déjà, torturée, brisée et changée en muette, rappel vivant aux Vainqueurs qu’ils doivent se soumettre ou souffrir. Il faut que je fasse quelque chose, quelque chose pour empêcher Snow de découvrir ce qui s’est passé, quelque chose pour montrer ma bonne volonté. Mais avant tout : il faut que j’en parle à un ami. Je n’ai pas d’amis au Capitole. Ni au District Un, d’ailleurs. J’ai Jaime, mais les choses sont toujours compliquées avec lui et il vénère le Président. Et j’ai Tywin. Le seul gosse que j’aie réussi à sortir vivant de l’arène, mon collègue mentor depuis des années et bien plus qu’un ami pour moi. Et sans doute le seul à qui je puisse faire confiance pour le moment.

Lorsque je vois Tywin qui me regarde d’un air légèrement perplexe, sans doute en raison de l’heure tardive de ma visite, je ne peux pas m’empêcher de le serrer dans mes bras. C’est chaud et réconfortant et me rappelle de bons souvenirs. Il me laisse entrer dans son appartement avec sa gentillesse habituelle. « Tywin. Je sais qu’il est tard, mais il faut que je te parle. » D’habitude, nous n’abordons jamais de sujets vraiment sérieux. Tywin et moi, c’est avant tout une paire de joyeux chenapans qui font la fête ensemble, se saoulent ensemble, font des bêtises ensemble et rient ensemble. De vrais dieux aux yeux de la population du Capitole. Si seulement ils savaient, tous ces gens qui nous envient, s’ils connaissaient le prix à payer pour être Vainqueur… Ils auraient pitié de nous. « Hm? » Il hausse les sourcils, prêt à m’écouter, mais je préfère d’abord éteindre la télévision qui diffuse en boucle les images de l’arène. « Il faut que je te parle de quelque chose qui s’est passé quand j’étais au District Un. » A mi-chemin entre la porte et la penderie, sans doute dans le but de chercher de quoi se rendre plus présentable, Tywin s’arrête et me regarde. J’évite son regard et prétends m’intéresser à ce que je vois derrière la fenêtre, mais mon ami n’est pas dupe. Après avoir enfilé un t-shirt, il s’approche de moi, me prend par les épaules et demande avec une certaine fébrilité : « Qu’est-ce qui s’est passé ? », à l’instant même où je lui pose la même question. Quelque chose ne va pas. Je le vois dans le regard de Tywin, je le vois sur son visage. Il me fixe d’un air vide, comme si ma question l’avait privé de parole, avant de cligner des paupières comme une chouette brusquement confrontée à une lumière vive. Le fait qu’il ne réponde pas à ma question confirme mes pires craintes, et j’insiste : « Tywin… Qu’est-ce qui ne va pas ? » Il regarde ma main posée sur son bras comme s’il ne l’avait jamais vue. L’air complètement, totalement paumé. « Je… euh… non, ça va. » A mon tour de froncer les sourcils ; qui compte-t-il convaincre avec un si piètre mensonge ? Comme s’il s’en rendait compte, il me confie soudain : « Dis… Tu n’as jamais eu cette sensation pesante d’être déjà vieille… ? J’ai juste l’impression d’avoir quatre-vingt ans dans ma tête… je suis épuisé par tous ces… » Il lâche un soupir éloquent, et je comprends. C’est toujours la même histoire pour nous, les Vainqueurs : les Jeux qui n’en finissent pas, nos tributs qui meurent malgré tous nos efforts pour les garder en vie, le ballet avec les sponsors, les fêtes données en notre honneur, le nombre toujours croissant d’admirateurs qui désirent nous réserver pour la nuit et se battent entre eux pour notre attention, les caméras qui guettent le moindre faux pas. Difficile de ne pas devenir fou dans une atmosphère pareille. Difficile de ne pas casser la gueule au premier venu qui vous félicite parce que votre tribut en a égorgé ou étripé un autre. Pourtant, j’ai l’impression qu’il y a plus, que Tywin ne me dit pas tout. Peut-être n’ose-t-il tout simplement pas parler ; après tout, qui sait si son appartement n’est pas sous surveillance ? Le mien, en tous cas, l’est.

« Bref, t’inquiète pas, ça ira mieux demain. Qu’est-ce qui t’est arrivé au Un ? » Je ne peux m’empêcher de sourire ; c’est du Tywin tout craché ça, de s’inquiéter des autres et de minimiser ses propres problèmes. Néanmoins, il ne parvient pas tout à fait à cacher son inquiétude. Après tout, sa famille vit toujours au Un. Je décide de lui raconter mon histoire, mine de rien, et de lui extorquer lentement mais gentiment ce qui ne va pas avec lui. « Je ne te crois pas, tu sais. » Je lui signale simplement. « Mais peut-être qu’un peu de détente te fera du bien. » Autoritairement, comme si j’étais chez moi et non pas chez lui, je l’oblige à s’asseoir dans un de ses charmants fauteuils. En bonne amie de la maison, je sais où tout se trouve, et je lui déniche donc un verre de liqueur d’abricots et une poignée de délicieux sablés. Enfin, je m’installe sur le bras de son fauteuil et je commence à lui masser doucement les épaules pour le détendre. Mais ce n’est pas la raison principale pour laquelle je me suis installée aussi près de lui. Cela me permet, en me penchant légèrement, de parler à son oreille sans que quiconque, microphone planqué dans un coin ou muet écoutant à la porte, puisse m’entendre. « Snow m’a fait battre jusqu’à ce que je m’évanouisse. Ensuite, j’ai rencontré Julian Kennedy-Fawkes et je l’ai aidé à s’échapper du District. Et j’ai compris que je détestais le Capitole et les Jeux. » Je lâche la vérité d’un coup, comme une bombe. Tywin saura qui est Julian. Tout le monde le sait, maintenant que son visage passe à la télé avec sa tête mise à prix. J’attends de voir la réaction de Tywin avant de continuer à m’épancher, à raconter comment j’ai recousu le bras du rebelle, comment je lui ai sauvé la vie, comment il m’a fait douter de tout ce que je croyais vrai. J’ôte mes mains des épaules à Tywin pour lui ébouriffer les cheveux. « Et maintenant, je me demande comment réparer les pots cassés. Ta spécialité, il me semble. » Je plaisante, mais intérieurement, je suis morte de trouille, et Tywin le sait. « S'il te plaît. » Sauve-moi.
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78HG/J5 ▲ Some friendships go deeper than madness or common sense ▲ Tywin & Amarinda

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