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 Maybe they just don't give a damn. - Asha.

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MessageSujet: Maybe they just don't give a damn. - Asha.    Dim 5 Jan - 19:29


And if I need someone to come along


    Qu'est-ce qu'il s'était passé dans sa vie pour qu'il en arrive là ? Un genou à terre, une main au sol, il essaya de reprendre son souffle. L'air commençait à lui manquer ; il s'étouffait. Lentement, son poing se referma sur une poignée de terre, comme si cela pourrait lui permettre de respirer à nouveau. Il garda la tête basse, à essayer de cracher cette boule noire qui lui remplissait lentement les poumons pour l'asphyxier. Il toussa, cracha puis vomit tout ce qu'il put avant de relever enfin la tête et regarder vers le ciel. Le ciel était blanc, bien trop blanc. Il cligna plusieurs fois des yeux pour s’accommoder à ce ciel qui lui brûlait la rétine. On pourrait presque croire à un ciel venu annoncer la mort. Il toussa encore un peu avant de déglutir et de s'essuyer les lèvres d'un revers de main. Blanc, couleur de paix. Quelles conneries. Blanc comme un linge, pâle comme la mort, voilà le descriptif du blanc. Ce fut un jour comme celui-ci qu'on vint annoncer à sa famille la mort de ses frères. Le premier était mort un jour de pluie, lorsque les nuages ne sont pas encore tout à fait gris. Le second, lorsque la neige, elle, avait recouvert le District. Et le troisième, lors d'un soir d'hiver à vous glacer le sang. C'était sûrement la raison pour laquelle il détestait autant ce temps et le froid. Robin réussit à se hisser sur ses jambes et reprendre pieds en prenant une grosse inspiration. Cela commençait à devenir de plus en plus dur de tenir et de survivre. De vouloir se battre. Il avait souvent songé à s'asseoir dans un coin du District, là où personne ne penserait à le chercher, et attendre. Simplement attendre, le regard vague et ne plus penser. Mais à croire que ça aussi, c'était trop dur. Il passa à nouveau sa main sur sa bouche pour en essuyer les dernières traces de sang avant de reprendre sa marche.

    Anonyme dans le lot d'habitants du District 12, il passait inaperçu. Sa maladie aussi passait inaperçue. Il n'y avait personne pour se retourner et poser une main dans son dos pour savoir si tout allait bien. Il n'y avait personne pour ça car tout le monde ici était déjà malade. On pouvait dire que, dans un sens, il était chanceux. Il aurait pu mourir avant dans un éboulement en travaillant, le soigneur aurait pu lui dire qu'il pouvait continuer de travailler à la mine, il aurait pu y redescendre. Ouais, dans un sens, il était plutôt chanceux : plus jamais il n'aurait à retourner à la mine. Il lui était arrivé de faire des crises d'angoisse et il ne supportait plus les endroits exigus. Je ne veux pas mourir et être déjà sous terre, je veux voir le ciel, avait-il dit. Il voulait voir le ciel une dernière fois, voir le soleil briller. Il n'y aura pas de pluie le jour de sa mort, il ne fera pas froid, il n'y aura pas de brume, non, rien de tout ça. Le jour de sa mort, il pourra voir un ciel bleu et dégagé ainsi que son soleil d'été.

    Son heure n'était pas encore venue. Il avait encore du temps devant lui. Robin s’emmitoufla dans son manteau, rentrant légèrement la tête dans ses épaules pour réchauffer son cou. Cela faisait bien longtemps qu'il n'y avait plus de boutons sur sa veste et il avait une flemme incroyable de les recoudre. Alors, il ramenait à chaque fois les pans de veste contre son torse, les tenant entre ses poings, les serrant au possible. Le bout de ses gants étaient troués, il n'avait plus d'écharpe et les bottes qu'il avait ne le protégeait plus du froid. En marchant, il avait l'impression que le sol froid s'imprégnait dans la semelle. Quel merdier. Il toussa à nouveau et en sortit son mouchoir, ce qui le força à s'arrêter. Il se sentait rouillé, un peu comme les poulies et autres manivelles qu'il réparait. Rouillé et incapable de fonctionner correctement. Il était peut-être temps de faire une petite pause. Dans le fond de sa poche, il y chercha une pièce qui lui restait, l'une de ses dernières, et se dirigea d'un pas lent vers le bar le plus proche.

    Le jeune homme poussa les portes. Elles lui paraissaient bien lourdes et il eut un soupir lorsqu'il pénétra l'endroit. Ce n'était pas tellement chauffé, on pouvait y voir un poêle à bois dans le fond où les poivrots se pressaient pour mettre leurs mains au-dessus du feu. C'était déjà mieux que rien. Ce n'était pas très grand non plus mais c'était l'un des seuls endroits qui proposait de l'alcool sans craindre les réprimandes. D'un côté, si l'alcool devait être prohibé, ce ne serait pas vraiment un problème étant donné qu'il rendait plus aveugle qu'il ne réchauffait l'estomac. Robin déposa sa petite pièce sur le comptoir et le barman lui servit ce que tout le monde pouvait obtenir avec si peu d'argent. C'était à boire cul sec. Il fixa son verre un moment avant de le prendre et de s'asseoir dans un coin.

    La seule raison pour laquelle il aimait être ici c'était pour son calme et son silence de mort. Peu de gens parlaient ou discutaient ici, tout d'abord parce que les murs ont des oreilles puis parce que les gens étaient bien trop épuisés pour s'emmerder à blablater sur tel ou tel sujet. Il observa la surface de son verre et se décida enfin à le boire d'une traite. Le liquide lui brûla la langue, la gorge et l'estomac. Au moins, avec ça, il pouvait mieux respirer. Il secoua la tête en écarquillant les yeux, la bouche grande ouverte. Encore un verre comme celui-ci et il ne pourrait pas marcher droit jusqu'à chez lui. Dans tous les cas, il n'avait pas assez pour reprendre un verre. Robin resta un moment assis, à assimiler l'alcool jusqu'à ce qu'il commence à bouillir de l'intérieur. Enfin, il se leva pour rentrer. Du moins, essayer. Il tangua un peu et posa à plat l'une de ses mains sur la table pour ne pas trébucher. Au moins, il ne tousserait plus durant un moment. Il cligna plusieurs fois des yeux, croyant en vain que cela ferait que la pièce s'arrête enfin de tourner. D'un revers de main, il s'essuya le front et commença lentement à se diriger vers la sortie lorsque la porte s'ouvrit. Il dut reculer d'un pas pour laisser la personne entrer. Il se figea. Le silence qui emplissait désormais la salle n'était pas comme d'habitude. C'était un silence pesant, écrasant. La tête penchée sur le côté, il ne comprit pas tout de suite pourquoi mais au fur et à mesure que ses neurones se reconnectaient les uns aux autres, il fronça les sourcils. Il n'avait rien contre les vainqueurs. Pas tous, du moins. Son regard se durcit, l'alcool avait véritablement pris le dessus. Il grogna faiblement, expirant par le nez comme un animal. Il n'avait rien contre les vainqueurs. Et puis, comment en vouloir à une gamine de douze ans à l'époque ? Mais il était si fatigué, tellement énervé. Les dents serrées, il cracha par terre :

    «  - Ce n'est pas vraiment un endroit pour les femmes. ».


 
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MessageSujet: Re: Maybe they just don't give a damn. - Asha.    Lun 13 Jan - 3:18

Je détestais l’hiver. C’était une saison trop meurtrière. Beaucoup dans le district y succombaient chaque année. Pendant que le Capitole fêtait la nouvelle année, pendant qu’ils acclamaient la nouvelle gagnante des jeux lors de sa tournée, les gens mourraient dans les rues sans que personne ne s’en préoccupe réellement. Si j’avais assez de courage, je pourrai faire quelque chose. Leur donner de la nourriture. Des vêtements chauds. Mais j’étais trop couarde. Trop effrayée de ce que ferait le Capitole. A tous les coups, ils m’accuseraient de fricoter avec la rébellion –chose pas tout à fait fausse en soit – et me le feraient payer le prix fort. Je fixais un instant mes filles installées sur la grande table en ébène dans ce salon bien plus grand que la maisonnette dans laquelle j’avais autrefois vécu. Moïra s’occupait de les aider dans leurs devoirs, et en profitait pour apprendre en même temps.

Quel âge avait-elle déjà, quand ce type à la moustache exubérante et aux manières déplacées me l’avait offerte ? Je venais de fêter mon dix-huitième anniversaire, et cette gamine avait été mon cadeau. Un être humain. Il l’avait ramenée devant moi, au bout d’un lien en cuir. Attachée comme un animal. Cette petite fille blonde qui plus jamais ne parlerait. J’avais regardé avec horreur la maigreur de ses bras, les creux dans ses joues. Et je vous jure, le regard à la fois effrayé et écœuré qu’elle m’avait lancé à cet instant précis m’avait brisé le cœur. Pendant que je me tenais au milieu de tous ces gens, la laisse en main, ils applaudissaient, et riaient. Monstres. Charognards. Comment pouvaient-ils se délecter de voir cette petite fille ainsi entravée. J’avais alors feint de me sentir mal, d’avoir trop manger. Ils m’avaient bien entendu proposé leur immonde breuvage à faire vomir. J’avais poliment refusé, avant de m’éclipser dans l’étage qui m’avait été réservé, traînant derrière moi cette pauvre petite. Une fois loin des foules, j’avais lâché un soupir de soulagement, me défaisant rageusement du surplus de plumes et de froufrous qui avaient été ajoutées à ma tenue, avant de poser mon regard sur l’enfant aux épaules voutées qui n’avait pas bougé de devant la porte. Une nouvelle fois, mon cœur se fendit en deux. Qu’avait-elle fait pour mériter un sort pareil ? Je m’approchais à pas feutrés, avant de poser une main tremblante sur son épaule. Elle avait sursauté, lâchant un léger couinement au contact. Ses yeux étaient cachés derrière des mèches blondes que je dégageais derrière ses oreilles, découvrant avec tristesse qu’elle était en train de pleurer. Sans doute devait-elle s’attendre à ce que je lui crie dessus, que je ne la batte, comme ils avaient coutume de le faire au Capitole. Je lui adressais un léger sourire, essayant de chasser ses larmes en les essuyant d’un revers de pouce. Ce jour-là, j’avais pris la décision que je m’occuperai d’elle. Qu’elle ne serait pas qu’une simple muette. Sans rien dire, je détachais cet horrible collier en cuir de son cou, laissant tomber l’objet à ses pieds. « Si je pouvais, je te laisserai rentrer chez toi. » avais-je dis en me dirigeant vers l’armoire. J’étais intimement persuadée qu’elle n’avait plus de chez elle. Je sortis une couverture, avant de revenir vers elle. « Mais toi comme moi, nous savons que c’est impossible. Alors je t’en offre un nouveau. » sur ces mots, j’avais drapé la couverture sur ses frêles épaules. C’était tout ce que je pouvais faire. Lui offrir une nouvelle maison. J’allais m’occuper d’elle.

Et j’avais tenu parole. Même si les premiers mois avaient été difficiles, elle avait appris à me faire confiance. J’avais pu lui payer des cours, pour qu’elle apprenne à lire, écrire, compter. Au début, je l’appelais petite, n’ayant pas envie de lui donner un autre nom que celui qui était le sien. Elle ne me l’avais révélé qu’après cinq mois passés en sa compagnie, une fois qu’elle commençait à savoir un minimum écrire. Moïra.

Le téléphone retentit, me sortant de ma rêverie. Je posais mon verre, et me dirigeait vers l’appareil pour décrocher.

« Stansfield, j’écoute. » répondis-je d’un ton un peu monotone. « Joaquin ma p’tite caille ! » résonna la voix bourrue de Lloyd, celui qui avait été mon mentor lors de mes jeux. Aujourd’hui le vieil homme vivait seul dans la maison juste à côté de la mienne, et m’appelait de temps à autres quand il avait besoin de quelque chose. Malgré le fait que je lui ai dit et redit que je n’étais pas sa bonne, je n’avais juste pas le cœur de refuser grand-chose à ce vieillard. Je lâchais un soupir tandis qu’il continuait. « Dis ma jolie, j’ai pu rien à boire. Tu voudrais pô êt’ un amour et aller me chercher une bouteille ou deux ? » je me passais une main dans les cheveux. « Lloyd, tu sais que c’est pas bon pour toi. Tu sais ce qu’a dit le méd- » ce bon vieux mentor ne me laissa pas terminer ma phrase. « Oh allez, tu vas pas écouter ce charlatan de médecin ! Il a dit que j’casserai ma pipe y a quatre ans, et r’garde, j’suis toujours là ! Tu vas pas assoiffer un vieil homme quand même ? » je pinçais les lèvres en lâchant un soupir exaspéré. « Bien, parfait. Je vais aller chercher ta bouteille, j’espère que tu t’étoufferas avec ! » sifflais-je sans réellement le penser. Il me connaissait depuis le temps, il savait que c’était ma manière à moi de lui dire merci d’être encore en vie. Sans plus de cérémonie, je raccrochais avant d’aller chercher mon manteau et mon écharpe. Moïra me rejoint rapidement, un regard interrogateur pointé sur moi. « Je sors, j’en ai pas pour longtemps. Lloyd a encore épuisé ses réserves. » fis-je avec un roulement d’yeux à la fois amusé et exaspéré. La muette acquiesça et retourna avec les filles.

Je savais exactement où aller chercher son poison. Un bar aussi miteux que le reste du district, où ils servaient un alcool artisanal assez fort pour tuer un cheval, et où on ne posait pas de questions. Le froid mordant m’attaqua la peau, et j’enfonçais la tête dans mon écharpe, et mes mains dans mes poches. A chaque pas que je faisais, la neige crissait. C’était bien la seule chose que j’aimais à propos de l’hiver.  La plupart des gens étaient trop occupés à essayer de se réchauffer pour faire attention à moi. Et ceux qui me remarquaient m’offraient un regard noir. Même s’il n’était pas prudent de me promener seule dans un quartier pareil, il y avait des Pacificateurs qui patrouillaient régulièrement. Et je doutais que quiconque tente quelque chose contre moi. Pas depuis que l’histoire avec la prise de contrôle des rebelles.

Comme à chaque fois que je foutais les pieds dans ce bouiboui, un silence religieux pris le pas sur les conversations qui avaient habituellement lieu. Je soufflais, posant un instant mon regard sur lui. Pourquoi de toutes les personnes présentes dans le district, il fallait que ça soit ce type ? Je voyais à son air qu’il n’allait pas bien. Très probablement était-il saoul. Et de manière très charmante, il cracha par terre, exposant ensuite son point de vue très gentiment.

« Dans ce cas tu connais la sortie, Bates. » rétorquais-je avant de me diriger vers le comptoir. Je ne voulais pas parler à quelqu’un qui n’était visiblement pas en état de le faire. Le tenancier était depuis le temps habitué à mes petites escapades. Elles n’étaient pas si fréquentes que ça, mais c’était toujours la même. Une caisse de bouteilles de son infâme alcool à livrer chez moi. Bien entendu, hors de question que je porte ça moi-même, aussi envoya-t-il son fils à ma suite pour porter la caisse comme d’habitude. Je savais que le gamin était toujours ravi de me rendre ce service, je m’arrangeais à chaque fois pour lui offrir quelque chose en dédommagement. Je lâchais un sac de pièces dans la paume de l’homme, comme j’avais eu l’occasion de le voir maintes fois dans ces mauvais films du Capitole.

Faisant demi-tour, je repassais devant Bates, m’arrêtant à son niveau quelques instants. « Tu ferais mieux de rentrer chez toi avant de crever la gueule ouverte dans un tas de neige. » lui dis-je en arquant un sourcil, avant de sortir, suivie du garçon et de sa caisse. Je laissais échapper un soupir. Chaque fois que je voyais ce type, c’était un douloureux rappel que son frère était mort sans doute par ma faute, et que moi, j’étais toujours là.




Dernière édition par J. Asha Stansfield le Mer 16 Avr - 19:28, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Maybe they just don't give a damn. - Asha.    Mer 15 Jan - 1:05

    Ce n'était pas lui. Lorsqu'on lui avait dit qu'il devrait arrêter l'école pour aller aider dans la mine avec le reste de ses frères, il n'avait rien dit. Robin s'était contenté d'acquiescer, comme la plupart des gosses du District à vrai dire. Il avait regardé son père et avait acquiescé simplement. Et toute sa vie durant, il n'avait fait qu'acquiescer. Dire oui. Un simple oui. Oui, ma vie serait merdique. Oui, parce que d'autres l'ont décidé. Oui ma famille serait décimée, parce que les autres l'auront tuée à petit feu. Il avait simplement accepté ce que serait sa vie. L'alcool lui brûlait la gorge et les veines, lui faisait bouillonner le sang et l'empêchait d'acquiescer cette fois. Il ne pouvait s'y résoudre, baisser la tête et tourner les talons. Ce n'était pas possible. Pas dans son état. Depuis quelques temps, il n'était plus lui-même. Certainement le fait de lui annoncer une mort prochaine avait déclenché en lui cette petite once d'instinct de survie. Cette toute petite lueur qui brillait encore, quelque part, et lui murmurait de résister à ses faiblesses. A sa lâcheté. Des ailes lui poussaient. Cette petite lueur qui subsistait s'amplifiait, grandissait peu à peu, aidée par l'alcool et cette colère qui lui secouait les tripes. Depuis quand n'avait-il pas ressenti une telle rage ? Ses frères morts à la mine, qui pouvait être blâmé ci ce n'est la Terre ? Elle avalait les mineurs au fin fond des ses entrailles, les recrachait les rares fois où elle se sentait d'âme généreuse ou les conservait jalousement avec elle.C'était un métier difficile. Chaque homme, chaque femme qui descendait dans les tréfonds savaient ce qu'il en coûtait. Certains remontent, d'autres non. C'était comme ça, le travail à la mine. Il n'y avait personne à blâmer que les éboulements et autres accidents naturels qui pouvaient bien se passer en bas. Tout le monde le savait. Bien sur, il y avait le Capitol et cette part de responsabilité qu'ils avaient dans la mort de parents, dans ces familles détruites. C'était un sujet auquel Robin ne voulait plus penser. Le Capitol avait déjà bien des tares, inutile de lui en rajouter une. Cela ne ferait que attiser la haine, lui donner une nouvelle raison de cracher sur quelqu'un. Non. Pas de rage pour la mort de ses frères. Juste une profonde tristesse. Une part de sa chair perdue à jamais dans la terre. Ils n'avaient même pas pu récupérer les corps. Ils n'ont jamais su si les garçons étaient morts sur le coup ou s'ils avaient souffert durant des heures, des jours peut-être. Il ne restait que le souvenir de quelques sourires et des visages couverts de suie. Il était juste triste, le Robin. Triste aussi d'en avoir presque oublié leur voix et la couleur de leurs yeux.

    Il y avait eu de la fureur pour son frère mort à l'arène. Il y avait eu une profonde hargne qui s'était cachée, se frayant un chemin dans son corps et son esprit. Il avait grandi avec cette rancœur, cette indignation totale, cette humiliation et cette sensation d'impuissance sans jamais réellement pouvoir l'exprimer. Il avait voulu secouer sa mère et son père, leur dire que c'était dégueulasse. Pourquoi eux ? Pourquoi son frère à lui et pas le frère d'un autre ? Pourquoi des enfants ? L'espace d'un instant, il ferma les yeux. Il n'y avait plus rien à fuir. Il n'était plus un petit garçon. Il n'avait plus à craindre les Jeux. Il n'avait plus rien à craindre. Le Capitol lui avait pratiquement tout pris. Il n'avait plus rien à perdre. Le temps semblait passer lentement, tout comme l'alcool s'infiltrant dans chaque parcelle de son corps. Il pencha la tête, celle-ci dodelinant sans arriver à rester en place. La mâchoire et les poings serrés, ce n'était plus lui. Le gentil et docile petit Robin Dylan Bates était en train de mourir lentement mais sûrement. C'était donc cette image qu'il allait laisser aux autres ? Un homme soumis aux autres ? Un homme capable de courber l'échine pour éviter les problèmes ? Bordel, il voulait les chercher, les ennuis. Il voulait en avoir. Il voulait crier, hurler que rien allait. Plus rien allait. Et Stansfield était la personnification même de ce qui n'allait plus chez lui. Tout ce qu'il y avait dans cette femme le répugnait, lui donnait la gerbe, encore plus que les glaires qui s'accumulaient dans ses poumons. Il la haïssait d'une haine que peu avaient l'occasion de connaitre. Pourtant, il savait Ô combien elle n'était pas responsable.

    D'un geste impulsif, maladroit, il s'essuya le nez alors que du sang commençait à couler. Ce furent les mots de trop. Les mots qui sonnèrent l'alerte dans tout son corps lui sommant de puiser dans le peu de force qui lui restait pour s'en servir une bonne fois pour toute et cracher tout ce qui lui retournait les tripes depuis plus de vingt ans. Il tanguait sur ses jambes et se mit à tituber jusqu'à elle du mieux qu'il peut. D'abord au comptoir, sans réussir à articuler une seule phrase. Dans tous les cas, le gérant et les employés lui lançaient un tel regard qu'il n'aurait même pas eu l'occasion d'en placer une ; il se serait déjà retrouver dehors. Il attendit sagement qu'elle sorte, du moins il attendit avec le peu du lucidité qui ne s'était pas évaporée avec les effluves d'alcool, puis la rejoignit dans la neige. Il ne prit pas le temps de ramener sa veste contre son torse ou de cacher son nez dans le col, l'alcool lui donnait bien assez chaud comme ça. Son pas s'accéléra jusqu'à se placer à la hauteur de la gagnante et du gamin qui portait la caisse. Impulsif, enragé, alcoolisé, il grogna comme l'aurait fait un animal avant de placer ses mains sur la caisse pour la renverser sans pour autant déséquilibrer le garçon ou même le toucher.

    " - N'oublie pas que c'est toi qui aurais dû crever la gueule ouverte. ".

    La voix rauque, le souffle court, plus rien ne l'arrêtait.

    " - C'est ça. Va te bourrer la gueule avec ton mentor de mes couilles. Allez vous bourrer la gueule pendant que notre District crève la dalle et crève de froid. Est-ce que t'arrives à dormir le soir ? A te regarder dans un miroir ? ".

    Robin éclate de rire en se passant une main dans les cheveux, manquant presque de s'étouffer.

    " - Putain... Sérieusement, comment tu fais pour vivre avec toi-même ? Ça m'étonne qu'il y ait pas plus de gens qui viennent de cracher à la gueule. ".


    Sans réfléchir, comme il le faisait depuis le début, il donna un coup de pied dans la caisse avant de venir se coller à elle pour qu'elle puisse sentir l'odeur du sang dans son haleine.

    " - Pas d'alcool pour les meurtrières ce soir. Tu vas voir ce que ça fait que de se retrouver dans le besoin, toi aussi. ".

    Ses yeux se plantèrent dans les siens. Son torse contre le sien, il pouvait sentir un cœur battre la chamade. Il n'arrivait pas à déterminer si c'était celui de Asha ou bien le sien.


 
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MessageSujet: Re: Maybe they just don't give a damn. - Asha.    Sam 1 Fév - 0:54

Eachann Berklins. Dix-sept ans. Domitia Kowalski. Dix-huit ans. La liste était bien plus conséquente que ça. Combien de gamins avais-je eu en charge ? Ces deux-là, n’étaient que les plus récents. Leurs visages à jamais gravés dans mes rétines. Comme ceux de tous ces tributs. Combien de temps cela faisait-il ? Vingt-et-un an. Vingt-et-un ans, et deux gamins à chaque fois. Quarante-deux. Et un seul était revenu. Pour se tirer aussi sec après l’exécution de sa famille.  « Tu es stupide Wayne. » que je lui avais dit. Il avait provoqué le Capitole. Ouvertement. Sans se soucier un seul instant des conséquences. Et il l’avait payé au prix fort. Sans doute s’était-il attendu à un geste de ma part. Une main tendue, un geste amical. Une promesse que tout irait bien, que ce n’était pas sa faute… A quoi bon mentir ? Pourquoi créer un espoir qui volerait en éclat au moment où il s’y attendrait le moins ? C’était vain.

Depuis ce jour funeste où l’hôtesse avait tiré le papier avec mon nom, j’étais condamnée. Condamnée à voir des gamins crever tous les ans. Comme tout le monde, vous allez me dire. Oui, mais je suis toujours aux premières loges. Je serre des mains en espérant leur obtenir un cadeau dans l’arène. J’offre des sourires aussi faux que la perruque de notre hôtesse, et je fais comme si leur mort imminente ne me touchait pas. Avec les années, on aurait pu croire que ça serait devenu plus facile. Conneries.

Je me souviens, le soir suivant notre arrivée au Capitole, je m’étais enfermée dans ma chambre, et j’avais pleuré en tirant sur les manches de mon pyjama trop grand. Sans doute Tuomas m’avait-il entendue, puisqu’il avait débarqué l’instant d’après, ses yeux me questionnant silencieusement. J’avais refusé de lui accorder même un regard. Je n’avais aucune idée de ce qu’il attendait, mais de mon côté, je voulais juste qu’on me foute la paix. Je suis sûre qu’il était gentil. A vrai dire, je ne l’ai jamais su. Et ce n’est sans doute pas son frère qui allait me le dire. Pas vrai, Robin ? Aussi loin que je me souvienne, ce type m’a toujours détestée. Pas que je le blâme réellement, après tout, je suis en vie et son frère non. Mais même si je n’en laisse rien paraître, c’est toujours blessant. Et il n’est pas le seul, j’en suis consciente. Tous, dans ce district me méprisent. Enfin, au moins tous ceux à qui je n’ai pu ramener leurs chers enfants. Les autres, ils s’en foutent. Ils ont bien d’autres choses à penser. Qu’est-ce que j’y peux, moi. C’est pas comme si je pouvais retourner dans l’arène, pour gagner à la place de ces gamins. C’est pas comme si je voulais y retourner, dans l’arène. Ma survie, je l’ai gagnée. Si ces enfants ne voulaient réellement pas crever, ils avaient qu’à se battre avec plus de férocité. Se cacher et attendre le bon moment pour frapper. C’est pourquoi j’étais toujours de ce monde, et eux pas. Cruel constat, certes. Mais la seule réalité à laquelle il fallait faire face.

Il faut avouer que l’attitude de Bates ne m’étonne pas plus que ça. Le fait qu’il ne me laisse pas filer comme ça, surtout dans son état. Cependant, je ne peux m’empêcher de me sentir irritée par son attitude. Bordel, une caisse d’alcool. Je fronce les sourcils en regardant les bouteilles brisées sur le sol. Son commentaire me fait mal. Oui, il a sans doute raison. Mais alors, qui aurait gagné ? Certainement pas son frère. Il avait à peine dépassé la corne d’abondance. Alors qui ? Un carrière ? Le dernier type que j’avais achevé pour acheter cette si couteuse victoire ? Je serre les dents en faisant signe au gamin de rentrer chez lui. Tant pis pour les bouteilles, j’enverrai un coursier plus tard. Je ne réponds pas.

A quoi bon ? Je n’ai toujours pas envie de lui parler de toute manière. Il peut m’insulter autant qu’il le souhaite, je suis habituée de toute manière. Je lui tourne le dos, faisant quelques pas pour rentrer chez moi. Mais il n’en a pas terminé.

Oh. Ainsi c’est ce qu’il croit ? Que cet alcool est pour moi ? Grand bien lui face. Je stoppe mes pas. Non. Je n’arrive pas à dormir le soir. Je passe la plupart de mes nuits à fixer le plafond de ma chambre, attendant un sommeil qui ne vient plus depuis déjà trop longtemps. Je pourrai me lamenter sur mon sort, pleurer tandis que personne ne regarde. Mais même ces larmes refusent de venir. Tout ce que je peux ressentir, c’est ce vide absolu qui me ronge chaque jour un peu plus.

Je me retourne lentement alors qu’il rit. Je n’arrive même pas à lui en vouloir. Alors que je devrai me mettre en colère contre lui, mais non. Seul ce sentiment agacé a réussi à me gagner. Je ricane légèrement. Si seulement il savait, le nombre de personnes qui me haïssaient. Mais aucun n’ose réellement venir me voir chez moi pour se mettre à m’insulter. Et puis… Qu’est-ce que ça changerait pour eux ? Me menacer ne les sortira pas de la misère. « Qu’est-ce que tu veux, Bates ? » je grince entre mes dents. «Tu cherches quoi en faisant ça ? »

Se retrouver dans le besoin. Quand j’étais gamine, je vivais dans une famille qui était loin de rouler sur l’or. Et tous les soirs quand je me couchais, mon ventre se tordait parce qu’il n’avait pas eu assez à manger. Et je m’étais retrouvée dans le besoin quand j’étais entrée dans l’arène. Le petit agneau en pâture aux lions. La frêle gamine de douze ans face aux mastodontes des districts riches.

J’essaye vainement de me dégager de sa prise. Mes poings s’abattent sur son torse, avant que mes bras ne se retrouvent prisonniers entre nos deux corps. Peut-être qu’au final, je n’en ai pas réellement envie. Peut-être que je suis fatiguée de me battre, de ne pas avoir de véritable but à accomplir. J’ai peur. Je crois. Ca n’a rien à voir à ce que j’avais pu ressentir dans l’arène. Ou ce que je peux ressentir à la simple idée que ma fille va bientôt être éligible aux Jeux. « Vas-y. Termine le boulot. » je lui dit d’une voix monotone. Termine ce qu’ils ont commencé il y a plus de vingt ans. « Ca le ramènera pas, et tu le sais aussi bien que moi. » C’est cruel. Je sais. Mais encore une fois, inutile de mentir.  Je le défie du regard, la mâchoire serrée. Quoi qu’il ai prévu, qu’il agisse vite. Il fait froid.




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MessageSujet: Re: Maybe they just don't give a damn. - Asha.    Dim 2 Fév - 21:22

    Passif et non violent. C'était bien là les mots qu'avaient les gens pour décrire Robin Dylan Bates. Lorsqu'il était petit, ses frères le charriaient souvent à ce sujet. Incapable de se défendre seul, toujours à courber l'échine devant le plus fort, à venir se protéger derrière quelqu'un, impossible pour lui de hausser la voix ou de lever les poings. Gentil, discret et compatissant. Pleurnichard, couard à souhait et défaitiste. Il avait toujours été le bon petit garçon que tout le monde voulait qu'il soit, malgré ses nombreux défauts. Des défauts qui plaisaient cependant au Capitol. Des défauts qui évitaient à sa famille d'avoir des problèmes. Caché tout ce temps dans l'ombre de ses frères plus téméraires, où pouvait-il aller désormais ? Ils n'étaient plus là. Il n'était plus un petit garçon. Pourtant, Dieu sait qu'à chaque moisson, à chaque visionnage des Jeux, il en redevenait un, l'espace d'un instant, le temps des Jeux. Un petit garçon qui se mordait les lèvres, qui se rongeait les ongles et qui pleurait la mort de son frère à la télévision. Sois sage, lui avait-il dit. C'était à son tour d'être le grand frère et de s'occuper de la famille. Tuomas lui avait tapoté la joue en souriant. Leurs grands frères étaient morts, la petite n'était même pas encore née, ils ne restaient plus qu'eux et le petit dernier qui s'accrochait aux jambes de leur mère. Sois sage, ne fais pas de vagues, ne prend pas de tesserae. Cela avait été si dur de ne pas pleurer devant lui. Robin avait juste attrapé la manche de sa chemise en lui murmurant faiblement " reste ", ses grands yeux couleur noisette bordés de larmes sans en verser une. Reste. C'était sa dernière année et il avait été tiré au sort. Tuomas était fort, utile à toute la famille, il saurait prendre soin d'eux. Si seulement le petit garçon avait été courageux, prenant la place de son grand frère. Tuomas aurait pu accomplir de grandes choses. Il aurait pu.

    C'était peut-être la raison pour laquelle il détestait autant Asha : elle était le reflet de ses propres faiblesses. De sa propre lâcheté. S'il avait eu la force de lever la main et de se porter volontaire, sa famille ne serait sûrement pas aussi pauvre. Robin n'était plus bon à rien. Son travail ne rapportait pas autant qu'avant. Inutile et bon à rien. Ce qu'il voulait ? Pouvoir remonter le temps, mourir jeune et laisser plus de temps à son frère, ne pas crever la dalle, ne pas crever de froid, ne pas s'étouffer avec sa propre salive. Ce qu'il voulait ? Personne n'était capable de le lui donner. Sa main le démangeait.Le bout de ses doigts était parcouru de toutes petites fourmis que le forcèrent à serrer le poing jusqu'à sentir ses ongles rentrer dans la paume de ses mains. Jusqu'à ce que finalement, il lui attrape les poignets pour l'empêcher de bouger. Il y avait tellement de rage, tellement de peine. Il aurait voulu hurler. Mais aujourd'hui, il en était incapable. Si seulement sa voix ne restait pas coincée au fond de sa gorge... Il aurait hurlé. Il ne voulait plus rien retenir. Il voulait tout faire éclater. Alors il se mit à la secouer, encore et encore, les dents serrées, incapable d'émettre le moindre si ce n'était des grognements d'animal blessé.

    Terminer le boulot. Elle aurait dû mourir. Tuomas non. Comment faisait-il pour lui en vouloir ? Comment faisaient-ils tous pour en vouloir à des gosses qui n'avaient, pour la plupart, rien demandé ? Il serrait si fort ses poignets qu'il crut un moment les lui avoir brisés. Il desserra son emprise, la repoussant aussi fort qu'il le put, l'envoyant contre le mur le plus proche. Il coinça à nouveau son corps contre le sien, l'empêchant de se dégager ou même de bouger. Il en avait assez des conventions et des mœurs. Il en avait assez d'être gentil, souriant, passif, compréhensif... Il en avait tout simplement marre :

    " - Ça te ferait plaisir, hein, que je termine. Hein ? Ça te ferait plaisir.".


    Le souffle court, rauque. Il l'appuya davantage contre le mur, ses lèvres proches des siennes, alors que ses mains glissèrent de ses bras jusqu'à son cou avant de le lui serrer doucement :

    " - Je pourrais te le briser. Ou serrer jusqu'à ce que tu étouffes. Tu verrais alors ce que je ressens. ".

    Ce que je ressens depuis toujours.

    " - Ça ne le ramènera pas mais ça me fera un bien fou.".

    Ses doigts commencèrent à serrer plus fort, plus fort encore. Il la fixait, droit dans les yeux. Elle ne cherchait même plus à se débattre. Ils étaient peut-être fatigués tous les deux. Si fatigués... L'aurait-elle fait si elle était à sa place ? Aurait-elle bu un verre pour se donner du courage, l'aurait-elle suivi dans le froid et l'aurait-elle insulté, agressé, pour ensuite finir par le tuer ? Aurait-elle dit tout ça, elle aussi ? Ses mains se mirent à trembler et il lâcha prise. La tête basse, le dos courbé, il recula, une main sur les yeux. Il n'était resté qu'un petit garçon, sans l'ombre de ses frères dans laquelle se cacher :

    " - Dégage... ".

    Et voilà qu'il perdait sa voix. Il se racla la gorge et se détacha d'elle, l'attrapant par le bras avant de la pousser dans la neige :

    " - Dégage, je veux pas revoir ta tronche...".


    Robin déglutit. Sa gorge recommençait à le gratter, sa tête allait exploser. Il tourna les talons, se retrouvant dos à elle pour partir mais il n'eut pas le temps de faire un pas qu'il posa un genou à terre en toussant.


 
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MessageSujet: Re: Maybe they just don't give a damn. - Asha.    Mer 16 Avr - 19:58

Si tous les gens avaient le courage d'agir comme Bates, cela ferait bien longtemps que le Capitole aurait été renversé par la populace. Mais la réalité était là. Les gens étaient lâches. Joaquin... Asha... Appelez moi comme il vous plaira... J'étais aussi lâche qu'eux. Je clamais à qui voulait l'entendre que j'aimais le Capitole. Mais j'étais comme tout le monde. Je le méprisais, et je le craignais. Et comme j'ai eu la magnifique idée d'avoir des proches auxquels je tiens profondément, je leur offre le moyen de pression ultime. Ma famille. S'il devait leur arriver malheur, je pense honnêtement que je deviendrai folle. De rage ou de chagrin, ce n'était pas tellement le plus important. Ce qui comptait, c'était que à la moindre erreur, mes filles seraient les premières à le payer de leur vie.

Parfois, il m'arrive de me demander ce que je serai devenue, si mon nom n'avait pas été tiré au sort. Est-ce que je serai morte de faim ou de froid, comme beaucoup d'autres avant moi ? Est-ce que je me contenterai d'une vie simple -enfin, appelons ça plutôt de la survie. Il est probable que j'aurai été de ces gens qui travaillent à la mine chaque jour que Dieu leur accorde. A se tuer à la tache. S'esquinter la santé. A perdre la vie pour rien.

C'était le quotidien des gens de cet endroit, et moi j'étais une ingrate qui avait retourné sa veste à l'instant où j'avais eu de l'argent dans les poches. Et oui, je n'avais pas honte de le dire, j'aimais ça. La fortune. Je n'avais pas froid, je n'avais pas faim. J'avais des vêtements confortables et une maison plus que décente. J'avais tout ce que les habitants du douze désiraient, et j'étais égoïste au point de ne pas partager avec eux.

Piégée contre le mur glacé, je ne pouvais clairement rien faire pour me défendre. Comble de l'ironie pour quelqu'un qui avait survécu aux carrières. Robin ressemblait beaucoup à son frère. Mais si ce dernier n'avait pas été aussi téméraire, il serait probablement à ma place aujourd'hui. S'il avait eu la même détermination que je pouvais lire dans les yeux de Bates, il ne fait aucun doute que ma place aurait été dans la fosse commune ou qu'importait l'endroit sordide où les cadavres de tributs étaient entreposés.

Alors, quand une fois de plus dans ma misérable existence ma vie était menacée, j'avais des remords. Toutes ces questions qui risquaient de demeurer sans réponses. Mais le plus drôle dans cette histoire, c'est que oui, ça me ferait plaisir de partir. L'air se raréfiait dans mes poumons. « Vas-y alors. » je croassais, à bout de souffle, cherchant toujours à agripper son bras pour me dégager. La position se fit plus inconfortable encore. « Voyons Joaquin, tu n'es pourtant pas du genre à abandonner si facilement. » Me soufflais cette petite voix intérieure. Cette même voix qui m'avait maintenue en vie durant les Jeux. Comment l'appeler ? Mon instinct de survie ? Ma malédiction ? Peu importait son nom.

Des étoiles commençaient à danser devant mes yeux. La suffocation se faisant plus ressentir qu'auparavant. C'est à peine si j'avais conscience de ce que me dit Bates par la suite. La seule chose que je sais, c'est que l'air qui s'engouffra dans mes poumons fut salvateur. Peu m'importait la neige qui déjà imbibait mes vêtements. Peu m'importait ce froid glacial qui m'envahissait. J'étais heureuse d'être en vie. Pour quelqu'un qui clamait ne pas avoir peur de mourir, c'était assez comique. Finalement, je n'étais pas si prête que ça.

D'un mouvement fébrile, je me relevais, époussetant la neige en grognant. Si mon styliste me voyait dans cet état, il piquerait une crise de nerfs dont le district entier se souviendrait. D'un œil noir, je regardais Bates s'éloigner. « Parfait ! J'veux plus voir la tienne non plus ! » lui lançais-je froidement, sans qu'il m'accorde un regard. Je m'apprêtais à faire volte-face, pour rentrer chez moi, quand je le vis s'agenouiller pour tousser. Je ne devrai probablement pas m'en préoccuper, mais c'était malgré tout plus fort que moi. Non. Je tournais les talons, quand cette fois-ci, ce fut des voix qui m'interpellèrent. Me retournant, je découvrais le barman et son fils, suivis de quelques gars qui s'approchaient, fixant d'un œil mauvais Robin. Le premier me demanda si j'allais bien, ce à quoi j'acquiesçais. « Monsieur Bates et moi avions juste une petite discussion. Il s'excusait d'avoir malencontreusement fait tomber mes bouteilles. » fit-elle avec un sourire aussi faux que son mensonge. Je ne savais pas dire si ces gens étaient là pour assister au spectacle et enfin voir cette garce de Joaquin recevoir la correction qu'elle méritait, ou s'ils tenaient à moi comme cliente et volaient à ma rescousse. Personnellement, je penchais plutôt pour la seconde solution, vu la dégaine qu'ils avaient, et les têtes qu'ils tiraient.

Je m'approchais de Robin, lui posant une main sur l'épaule sans le regarder. « D'ailleurs, il se proposait justement de m'aider à ramener une nouvelle caisse, que je vous paierai bien sûr. Double. Pour le dérangement. » continuais-je avec un léger sourire, serrant légèrement ma poigne, avant de lui lancer un regard qui sous-entendait qu'il ferait mieux d'accepter. Pour notre bien à tous les deux.

Spoiler:
 




Dernière édition par J. Asha Stansfield le Sam 19 Avr - 21:40, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Maybe they just don't give a damn. - Asha.    Sam 19 Avr - 21:13

    Il y avait encore sur ses doigts la sensation gratifiante de tenir quelqu'un en son joug. C'était un peu comme tenir le Capitol, les Pacificateurs, toutes ces personnes qui tarissaient le gouvernement d'éloges dans le creux de sa main et de pouvoir serrer, serrer, serrer très fort puis les voir suffoquer, tousser et s'étouffer pour mourir finalement. Mourir. C'était si simple, presque beau et poétique. Il savait lire, mieux que ses parents et certains autres mineurs mais moins que son frère ou sa sœur. Il en avait lu des histoires, de belles histoires sur les gens qui meurent. Beaucoup parlaient d'amours impossibles, de meurtres ou suicides passionnels, de quiproquos, d'histoires qui font rêver et pleurer à la fois tant l'amour qu'un des protagonistes porte à un autre est fabuleux. Ces histoires-là n'avaient jamais été ses préférées. Il y en avait une particulièrement qui lui nouait l'estomac lorsque il l'entendait ou la lisait ; celle d'une petite fille avec des allumettes. La fillette finissait par mourir de froid, paradoxalement bercée par une chaleur lorsqu'elle rejoignit ceux qu'elle avait perdu et qu'elle aimait. Cela n'avait rien d'une histoire d'amour. Juste une histoire de malchance. Il avait de quoi s'identifier à cette gosse et avec ce qu'il avait l'habitude de vivre depuis toujours, il finirait certainement de la même façon qu'elle. Un genou à terre, il finit par se pencher sur le sol, toussant ses tripes à en cracher du sang. Tacher la neige immaculée, ça aussi c'était poétique dans un sens. S'il avait la plume facile, s'il ne vivait pas dans cette situation ou ce monde, il en aurait peut-être écrit lui aussi, des histoires tragiques. Il aurait pu se laisser aller sur le sol, se rouler par terre mais avait entendu les pas de Stansfield se stopper. La neige ne crissait plus sous ses bottes et il la savait proche de lui. Lui offrir ce spectacle était totalement impensable. Il s'y refusait plus que tout. Sa main toucha le sol et il serra une poignée de neige dans sa main qui se mit à fondre aussitôt. Il transpirait, son corps bouillonnait et il crut à la fin. La véritable fin. Cela aurait pu être poétique. Cela aurait pu. Mais ce n'était pas joli comme dans les contes et les histoires qu'il avait lu jusque-là : c'était sale, triste, terrible et douloureux. Il sentait son visage se crisper, se tordre de souffrance alors qu'entre ses lèvres continuait de couler un filet de sang.

    Au moins, ça avait le mérite d'être paisible. Stansfield s'était tût avec le bruit de ses pas. Juste le bruit du vent qui s'engouffrait dans le District et la neige s'effondrant au sol pour y stagner. Le silence. Elle avait au moins la décence de se taire et de rester dos à lui. Il pouvait mourir sans avoir à supporter sa présence en face de lui. Sans avoir à sentir ses yeux qui le fixaient dans la nuit. Robin commençait à geler. Ce n'était peut-être pas ses poumons qui finiraient par l'achever. L'air lui manquait, pourtant. Je ne veux pas mourir. Amers regrets que de ne pas avoir eu le temps de dire au revoir. A qui aurait-il pu le dire ? Ses parents ? Ils avaient connu trop de fois le deuil, un enfant de plus, un enfant de moins, qu'est-ce que cela pouvait bien faire ? Ils avaient été détruits, blessés, brisés par les règles que leur avaient imposé le Capitol. Son frère à qui il ne parlait plus ? Ce même frère qui ne pouvait comprendre ce qu'il avait ressenti toutes ces années, qui lui en voulait pour avoir essayé d'être le grand frère, le seul, capable de le protéger du monde extérieur ? Ou sa sœur ? Sa petite sœur chétive, naïve, qui n'était pas prête pour affronter ce qu'il y avait dehors ? Ses amis ? Ceux de qui il s'était progressivement éloigné et qui ne le voyait plus que comme un homme malade, handicapé et inutile ? A Stansfield alors, peut-être ? Adieu Joaquin Asha Stansfield, puisse ta vie être aussi riche, jouissive et tranquille qu'elle ne l'est depuis ton retour des Jeux. Une grimace se dessina sur son visage. Sûrement un sourire. Adieu Asha. On se reverra de l'autre côté, quelque part où il fait noir, où l'on ne sera jamais en paix parce que les gens comme nous, ils n'atteignent pas la lumière. Les gens comme nous souffrent éternellement.

    Robin inspira bruyamment, reprenant son souffle alors que des larmes perlaient au coin de ses yeux. Sa gorge était sèche et irritée, il avait aussi le goût du sang sur sa langue pâteuse. Il tenta néanmoins de s'humidifier les lèvres, gercées par le froid, en y passant un coup de langue. En vain ; cela n'eut aucun effet. La neige avait bien fondu entre ses doigts et il sentait ses ongles s'enfoncer dans la paume de sa main. Il releva la tête et observa le ciel. S'il croyait en quelque chose, il aurait pu prier pour qu'on l'achève sur le champ, que sa mort soit rapide et indolore plutôt que de continuer à cracher, à s'époumoner et à suinter du sang par là où il voulait bien sortir. Crever plutôt que de l'aider elle. Bientôt, la neige crissa sous les pieds d'autres personnes qui les rejoignirent. Il y eut quelques échanges polis et Stansfield posa une main sur son épaule. Ce simple geste le fit frissonner. Cette même main avait donné la mort, avait donné la vie, avait caressé plus d'or que n'importe qui dans tout le District 12. C'était terrifiant, fabuleux et dégoûtant à la fois. Il eut un reniflement et se hissa sur ses jambes avec difficulté, se débarrassant de la main de la jeune femme malgré le fait qu'elle avait agrippé le tissu de sa veste avec poigne. Elle avait plus de force qu'il n'y paraissait. D'une main tremblante, il s'essuya les lèvres en lançant un regard à la gagnante, un regard aussi noir que le sien qui en disant long. Il souffla :

    «  - Ouais, c'est ce que j'allais faire. ».

    J'accepte. Avec un peu de chance, je vomirais tout le sang qu'il me reste sur ton parquet. Il ravala ses insultes, son égo et tout ce qui pouvait faire de lui l'homme qu'il était pour suivre les deux hommes dans la neige, jusqu'au bar. Après qu'elle les ait payés, il prit la caisse emplie d'alcool à deux mains. Il avait vraisemblablement moins de force qu'il n'y paraissait, faiblissant de jour en jour. Il dût serrer les dents pour porter le paquet, plus pour s'obliger à ne pas tomber que parce qu'il était lourd. Lourd à lui en faire tomber les bras. La haine lui donna un peu de force quand même, assez pour porter la caisse jusqu'à chez elle. La haine de l'avoir vue porter la caisse sans trop de difficulté alors que lui en chiait au possible. Contradictoire sachant qu'il n'avait eu aucun mal à la maîtriser et la plaquer au mur. S'il avait été salaud comme cet homme avec qui il avait bossé durant dix ans dont il avait oublié le nom, il l'aurait gardée contre le mur. Il aurait collé son corps contre le sien pour entendre à nouveau son cœur battre contre le sien, pour sentir son souffle chaud contre sa peau et voir ses yeux lancer des éclairs. Il l'aurait empêchée de crier d'une main et aurait placé l'autre entre ses cuisses. Mourir, c'était si simple. La culpabilité, la honte et cette sensation d'avoir été souillée l'aurait hantée toute sa vie. Mais il n'était pas comme ça. Il n'était pas ce genre d'homme. Cela lui donnait même la gerbe, ce genre de choses. Pourtant, croiser son regard sur le perron de sa petite maison parfaite lui donner l'envie de la foutre plus bas que terre. Calmement, il posa la caisse devant la porte sans la quitter un instant des yeux. Un rictus apparut alors qu'il prit une des bouteilles dans la caisse :

    «  - Crois-tu qu'ils m'auraient tué pour avoir osé agresser la gagnante du District 12 ? Ou m'auraient-ils applaudit ? M'auraient-ils aidé ? ».

    Il avait fait sauter le bouchon et but une gorgée au goulot. L'alcool lui brûlait lèvres, langue, palais, gorge et trachée mais avait l'opportunité de le réchauffer un peu. Il ne tenait pas l'alcool et cela le dépossédait de lui-même néanmoins, il restait calme. C'était peut-être cela qui le rendait dangereux, le gentil petit Robin Dylan Bates :

    «  - Je garde la bouteille, je pense que tu me dois bien ça. ».

    Sourcils froncés, les pupilles dilatées, il lui adressa un dernier regard avant de tourner les talons, bouteille à la main. Il descendit les petites marches du perron et retrouva la terre ferme. Il n'avait qu'à franchir les portes et retourner au monde qui lui appartenait. Et si Tuomas avait été à sa place ? S'il avait survécu ? La vie de sa famille aurait été complètement différente. Sa vie aurait été différente. Il n'aurait pas été malade. Ses lèvres tremblaient, il s'était arrêté au pied des escaliers. Il se rendit vite compte que tout son corps tremblait :

    «  - Je connais les images par cœur. Je sais comment il est mort et je sais aussi que tu ne l'as pas tué. Je le sais. Mais tu es toute autant responsable que celui qui lui a fait ça et que le Capitol lui-même. Tu as la vie qu'il aurait dû avoir... ».


    La vie qu'on aurait dû avoir. Il manqua d'air, il serra les dents. Bordel, ce que son frère pouvait lui manquer. Il n'avait pas versé de larmes pour lui depuis la retransmission de sa mort :

    «  - Je connais les images par cœur... Je sais... Je... »

    Une nouvelle gorgée pour lui donner du courage. Une dernière, sinon il ne pourrait pas rentrer. Il avala et déglutit :

    «  - Ma sœur est encore éligible, c'est sa dernière année. Avec la chance qu'on a dans la famille, elle peut être tirée au sort. Si elle l'est, dis-lui de faire ce que tu as fait, même si elle n'est pas comme toi... Si elle survit au bain de sang mais que ses chances sont nulles... Envoie-lui du poison, quelque chose qui pourrait la tuer rapidement, sans qu'elle souffre... Elle ne mérite pas ce que Tuomas a vécu. Personne le mérite... ».

    Cela faisait des années qu'il n'avait pas prononcé le prénom de son frère. Oui, la mort était si simple... C'était vivre qui était difficile. Vivre avec le souvenir des morts que l'on ne reverrait plus.



[hrp : jôre c'était pourri... J'vais te tapey. ]:
 


 
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MessageSujet: Re: Maybe they just don't give a damn. - Asha.    Sam 26 Avr - 19:59

Je lâchais un soupir de soulagement à peine perceptible quand Robin se laissa 'embarquer' dans ma petite comédie. Sans doute avait-il lui aussi compris que rien de bon ne sortirait de la confrontation. Cependant, le barman n'était pas stupide. Il devait bien se douter de ce qui venait d'arriver. Mais l'appel du gain était visiblement le plus fort. La perspective de se voir payer doublement pour une simple caisse d'alcool semblait lui avoir fait oublier pourquoi il était venu. C'est avec un grand sourire qu'il m'invita à le suivre, accompagnée de Bates, jusqu'au bâtiment que nous avions quitté à peine quelques minutes plus tôt. Je fronçais les sourcils en apercevant tous ces gens qui me fixaient de nouveau, les dissuadant ainsi de continuer. Je payais l'homme avec ce qu'il me restait de monnaie, c'est à dire pas tant que ça. Il me fixa un instant d'un mauvais œil, avant que je ne lui promette de lui rapporter la somme convenue dans les plus brefs délais. Généralement, j'évitais de me promener avec plus d'argent que ce qu'il fallait. Les gens ici bas étaient prêts à beaucoup de choses, ne serait-ce que pour récupérer une malheureuse piécette.

Le barman aurait pu prendre la décision de refuser. D'attendre d'être payé pour remettre la marchandise, mais il savait pertinemment qu'en faisant ça, il risquait de perdre une cliente. Surtout quelqu'un comme moi, qui était beaucoup moins regardante sur les prix, et qui n'hésitait pas à dépenser de grosses sommes. Rien qu'avec ce que je lui avais donné aujourd'hui, il pouvait ouvrir une seconde boutique dans le centre-ville, ou investir dans une nouvelle maison. Nous avions donc un marché. Son gamin viendrait chercher l'argent dans les jours suivants, et récupérerait une prime comme d'accoutumée.

Le retour à la maison se passa dans le plus grand calme. Du coin de l'oeil, je surveillais Bates. Intérieurement je me jurais que s'il s'amusait de nouveau à balancer la caisse par terre, je lui ferai bouffer les débris et les tessons de bouteille et ferai passer ça pour un accident malencontreux. Mais non, il se tenait à carreau. Il semblait en chier, par contre. Pourtant ce n'était pas si lourd que ça, dans ses souvenirs. Mais qu'importait. Déjà, ils franchissaient le portail du village des vainqueurs, cet endroit désertique et laissé à l'abandon. La plupart des maisons avaient les volets clos, barricadés derrière des planches mises à l'arrachée. Les autorités avaient condamnés la plupart d'entre elles pour éviter que des petits squatteurs ne viennent s'y réfugier. Seules deux cheminées diffusaient de la fumée. Joaquin s'occupait d'entretenir les deux baraques. Pas personnellement, bien entendu. Elle payait quelques volontaires assez braves pour oser venir, et ils s'exécutaient sans protester. Après tout, c'était un boulot mieux payé que les mines. Moins éreintant et dangereux, également.

Je le regardais prendre une bouteille, bras croisés et expression neutre, bien qu'une légère grimace se forma lorsqu'il formula sa question. « Qui sait... Si j'étais morte, il aurait pas eu son paiement, et les autorités auraient pas tellement apprécié. » j'arquais un sourcil alors que mon expression se faisait plus froide. « Alors que toi en revanche... » aussi détestable que la réponse soit, c'était la vérité. Et c'était bien ça, qui était désolant. Je pinçais les lèvres en portant une main à ma gorge, tâtonnant légèrement. Sa prise de tout à l'heure allait définitivement laisser une marque. « Je te dois ça ? Jusqu’à preuve du contraire, c’est toi qui a explosé l’autre caisse, ça serait plutôt à toi de m’en offrir. » je lui fais. C'était supposé être une plaisanterie, mais vu le ton employé, cela pouvait sonner comme un reproche. En réalité, qu'il prenne une bouteille était bien le dernier de mes soucis. Bah, qu'il la garde. Il en avait probablement plus besoin que moi.

Alors qu'il partait, je posais la main sur la poignée de porte que je poussais légèrement, prête à m'engouffrer dans le hall pour aller appeler Lloyd et lui dire de venir chercher sa foutue commande. Je me figeais, main agrippée à la poignée. « Je connais les images par cœur. » bien sûr, inutile de lui demander lesquelles. Moi aussi, je les connaissais par cœur. Sauf que j'étais celle qui était là-bas. La couarde. La lâche. Celle qui s'était cachée, qui n'avait jamais affronté personne directement. Je tournais légèrement la tête vers lui. « Qu’est-ce que tu voulais que je fasse ? J’étais qu’une gamine, Bates. Je suis reconnaissante pour ce qu’il a fait dans l’arène. Sans lui, je n’aurai probablement pas gagné. Mais absolument rien de ce que j’aurai pu faire, ne l’aurai sauvé.  » lors du bain de sang, Tuomas avait fait en sorte que je puisse m'enfuir rapidement. J'avais couru, sans même me retourner. Sans même me soucier de ce qui pouvait lui arriver. Mon regard sembla s'éteindre un instant, alors que je murmurais vaguement : « Mais si c’était à refaire, tu peux me croire je les gagnerai pas, ces Jeux. »

J'ignorais qu'il avait encore une sœur en âge d'être choisie. Sa dernière année. Une boule se forma dans mon ventre, alors que j'imaginais ce qu'il adviendrait si c'était elle. A plusieurs reprises déjà, j'avais eu des enfants dont des proches -que ce soient des frères, des sœurs, ou simplement des amis – avaient été choisis. Autant dire qu'ils me détestaient déjà. Moi qui n'avait pas été capable de les ramener sains et saufs. Et chaque année, je leur répétais la même chose. « On revient peut-être des jeux. Mais on est tout sauf à l’abri. » je relevais les yeux, le fixant quelques secondes. « J’espère qu’elle le sera pas. Sincèrement. » De toute manière, si ce n'était pas elle, ça serait quelqu'un d'autre. Et ça ne s'arrêterait jamais.

Un ricanement amer s'échappa de ma gorge, alors qu'un rictus s'afficha sur mon visage. « Comme quoi… Quand elle sera à l’abri des Jeux, ça sera à mon tour d’avoir peur d’eux. Vraiment peur, je veux dire. » je ne voyais pas l'intérêt de lui raconter ça. Il s'en foutait probablement. Je continuais quand même : « Mon aînée sera éligible à partir de l’an prochain. » ma prise s'était resserrée sur la poignée. Je m'humectais légèrement les lèvres, sentant le contrôle de mes émotions m'échapper. Mon cœur se serrait à la simple idée de ce que je ferai si le pire venait à arriver. « J’imagine... » je pris une grande inspiration. « J'imagine que c'est le genre de choses qui ferait plaisir aux gens ici. Savoir que pour une année, Joaquin devrait avoir à souffrir de la mort d'un tribut. Que leurs enfants seront à l'abri une année de plus. » un nouveau ricanement s'échappa alors que je secouais  la tête. J'imaginais déjà les réactions des gens à l'appel du nom de Demetria Stansfield. Si quelque chose venait à arriver je ne le supporterai probablement pas. Je terminerai sans doute ma vie dans un état aussi pitoyable et triste que celui de Lloyd. Et dans un cas pareil, qu'est-ce que j'étais supposée faire ? Mettre tout en oeuvre pour que mon bébé puisse gagner et me revenir, tout en sachant que plus jamais elle ne serait la même ? Tout en sachant ce que le Capitole lui réservait par la suite ? Ou simplement la regarder mourir, en priant pour qu'elle ne souffre pas trop. Je déglutis avec difficulté en essayant de chasser les images horribles qui jouaient dans mon esprit. Prendre la fuite comme l'avait fait Wayne ? Et pour quoi faire ? Pour aller où ? Je savais de sources sûres que le district treize n'était pas un endroit sûr. Hors de question pour moi d'emmener mes filles dans un endroit pareil. Non, fuir n'était pas une solution envisageable.

« Qu'est-ce que tu crois qu'il serait devenu, s'il avait gagné ? » je lâchais soudain, essayant de me redonner un peu de contenance. Aucun d'entre eux n'avait la moindre idée de ce que ça signifiait, d'être mentor. Ils ne pouvaient pas s'imaginer. Non, pour eux, on était riches. Avec des avantages. Uniquement les avantages. J'étais curieuse de savoir ce qu'il croyait.


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MessageSujet: Re: Maybe they just don't give a damn. - Asha.    Dim 27 Avr - 0:14

    Alors que lui aurait eu ce qu'il voulait le plus au monde : la mort de Joaquin Asha Stansfield. Ses sourcils se plissèrent. Était-ce vraiment ce qu'il voulait ? Il est vrai que de la voir morte lui ferait du bien mais après ? Comme elle l'avait dit, cela ne le ramènerait pas. Cela ne ramènerait personne. Il pouvait presque prédire ce qu'il ressentirait par la suite : la pleine satisfaction d'ôter la vie, d'avoir été l'espace d'une mort aussi puissant que le Capitole et le Sort puis petit à petit le vide, l'angoisse et l'amer regret de ne pouvoir retourner en arrière. Il n'était pas le seul à la vouloir gisant sur le sol. Étrangement, aucun membre de sa famille n'en voulait à la gamine Stansfield. Elle était si petite, si fragile du haut de ses douze ans. Beaucoup l'ont plainte puis méprisée pour ce qu'elle représentait. Il était la seul à avoir eu envie de la frapper pour lui avoir pris son frère, d'une certaine façon. Son père n'avait plus de larmes pour les fils qu'il avait perdu et sa mère ne ressentait plus rien alors pourquoi la haïr ? Son frère était trop jeune et sa sœur n'était même pas encore de ce monde. Ce qu'il ressentait pour Stansfield était sûrement vain. Il n'y avait peut-être aucun raison à lui en vouloir autant. Alors pourquoi son estomac se nouait à chaque fois qu'il la voyait ? Pourquoi ses dents et ses poings se serraient ? Pourquoi il avait simplement envie de hurler et de la secouer ? Je ne sais pas... Pourquoi elle et pas son frère ? Elle était revenue vivante mais des familles avaient perdu leurs enfants. Des familles et des vies avaient été brisées. Quel égoïste... Il esquissa un sourire. Il frissonnait. Le froid, l'émotion. La raison pour laquelle il la détestait tant, c'était probablement parce qu'elle l'avait privé de son frère aîné, se retrouvant contraint à prendre sa place. Il avait assumé son rôle, pour son frère et sa sœur, pour ses parents, sa famille toute entière. Cela avait été tout à fait normal. Un rôle qui n'aurait jamais dû être le sien. Il a pris le temps de s'occuper d'eux, d'être présent, quoi qu'il lui en coûtait. Ses aînés n'avaient pas vraiment eu le temps de s'occuper de Robin. Son enfance était morte dans l'arène, avec Tuomas. Il n'avait pas vraiment eu le temps de vivre, lui aussi.

    C'était étrange de se savoir mourir à petit feu tout en réalisant qu'il n'avait jamais réellement pris le temps de respirer à plein poumons et vivre. Ça faisait mal aussi. Il avait ressemblé, toutes ces années, à une sorte de cadavre qui arrivait encore à marcher. A plus de trente six ans de vie sur terre, il était peut-être temps d'essayer un peu, de ressembler à un vivant. Il referma la bouteille en la serrant contre lui, contre son cœur. Il n'avait même pas compris l'ironie dans ses mots, n'avait même pas compris qu'elle essayait de détendre au mieux l'atmosphère. Il n'y avait rien à détendre. Ses yeux se plissèrent, ses sourcils aussi. Il aurait pu souligner qu'il s'en fichait et qu'il ne lui donnerait strictement rien. Si ce n'était peut-être qu'une autre petite frayeur. Ses pas s'étaient stoppés dans la neige. Il n'avait plus la force d'avancer. Le froid, l'alcool et tout ce qui refaisait surface l'empêcher de faire un pas de plus. Dos à elle, c'était peut-être mieux ainsi. Cela l'obligeait à rester droit, à ne pas tressaillir :

    " - Ouais... Une gamine. ".

    C'était le plus triste. Elle n'avait que douze ans. Qu'aurait-il fait, lui ? Il serait certainement mort durant le bain de sang. Il n'avait aucun aptitude qui le différenciait des autres, il n'était pas le plus robuste loin de là, il n'était pas non plus le plus intelligent ou le plus endurant. La seule chose dont il savait se servir était une pioche, même si à douze ans, il lui était difficile de la soulever sans grimacer et faire un effort considérable. A douze ans, il n'était rien. Il n'était pas plus grand chose, désormais, mais à douze ans, il serait mort et n'aurait pas tenu plus d'une minute dans l'arène. Jaloux aussi, peut-être, qu'une fille, une petite fille ait eu plus de force que lui. Il se tourna alors à nouveau à elle, levant les yeux pour la regarder :

    " - Peut-être que tu aurais pu le sauver. ".

    Peut-être. Il se sentait horrible de la blâmer ainsi aujourd'hui alors qu'à l'époque, elle n'était qu'une enfant. C'était un peu comme en vouloir à un enfant de naître alors que sa mère était morte en couche. Ils n'avaient rien demander. La culpabilité le rongeait mais il ne cillait pas, gardant son regard plongé dans le sien, l'estomac et le cœur noués. Il hésitait même à remonter les marches du perron pour un nouveau face à face mais cela, c'était trop lui en demander. Ils avaient, après tout, un point commun : ils étaient aussi lâche l'un que l'autre. Il ne bougeait pas, respirait à peine, la toisant, le menton relevé :

    " - Tu aurais préféré mourir là-bas alors ? ".

    Question rhétorique, Robin finit par sourire. Si elle était morte, rien ne garantissait que Tuomas aurait gagné. Qui alors ? L'un de ces enfants du 1, du 2, du 3 peut-être ? Un gamin assoiffé de sang qui aurait levé la main lors de la Moisson pour être emmené à l'arène ? Un gamin qui aurait pris plaisir à tuer des enfants du même âge ou plus jeune que lui ? Étrangement, il préférait de loin qu'elle revienne vainqueur plutôt que l'un d'eux. Au moins, il avait la conviction que du haut de ses douze ans, la petite Joaquin Asha Stansfield du District 12 n'avait pas commis de massacre par pur plaisir. Il détourna le regard, souriant toujours comme si cela l'aiderait à continuer cette conversation. Jamais il n'avouerait qu'il préférait que ce soit elle, plutôt qu'un autre taré des Districts les plus riches.

    Ses lèvres se pincèrent alors qu'il leva à nouveau les yeux vers elle. Il se mit à frissonner violemment. Cette fois, le froid n'était pas en cause. Sa sœur. Sa toute petite sœur. Si elle était prise elle aussi, si elle venait à mourir... Il était certain qu'avec le décès de sa cadette, ses parents se laisseraient finalement mourir de chagrin. Ce n'était pas aux parents d'enterrer leurs enfants. Ce n'était pas naturel, ce n'était pas sain. Cela allait à l'encontre même de la Nature. Il ne parvint pas à soutenir son regard et c'était à son tour de baisser les yeux, les lèvres tremblantes. Sa voix se déchirait presque, s'éteignait peu à peu :

    " - Je l'espère, moi aussi... ".

    Il n'y avait plus rien de drôle dans leur condition, dans leur vie. Pourtant, ils arrivaient toujours à rire. Le plus triste dans tout cela, c'était qu'ils ne se forçaient même pas. L'ironie de la situation, probablement. Leur vie n'était qu'une farce. Robin se mordit la lèvre inférieure. Il eut envie de déboucher la bouteille et de la finir. Boire cul sec. La saluer d'un geste bref de la main. S'en aller. Rentrer. Dessoûler. Pleurer. Crever. Il la fixait sans comprendre pourquoi. En l'espace d'une soirée, il était devenu bien plus intime et proche d'une femme qu'il avait toujours détesté que de sa propre mère. Il y avait quelque chose de déroutant dans tout cela. De touchant, presque. Enfin, il se décida à avancer, gravissant les marches du perron en revenant à sa hauteur :

    " - Je dis pas ça pour être gentil ou quoi que ce soit mais... Elle a le sang de sa mère qui coule dans ses veines. Si tu as réussi à te battre et à survivre à l'arène, elle y arrivera. ".

    Robin n'y croyait pas vraiment. Les enfants sont si vulnérables. Le Capitole devait se délecter de voir leur innocence leur être enlevée. Pourquoi des enfants et pas des adultes ? Les enfants sont malléables, on peut en faire ce qu'on veut. On peut les briser et les reconstruire à notre guise. Il en était écœuré. Révolté :

    " - Ça leur fera peut-être plaisir mais personne n'est à l’abri de la grande faucheuse. ".

    Crois-moi. Il dut se retenir de tousser, prenant une grande inspiration par le nez, les lèvres closes, renfermant ce qui le rongeait au plus profond de lui. Il s'humidifia les lèvres, se collant contre la façade de la baraque :

    " - Bah... Laisse-les y prendre du plaisir, si ça leur plait de se dire qu'un autre gosse va crever. Dis-toi que t'as les moyens de l'entraîner, ta môme. Un privilège que les autres n'ont pas.".

    La mineur haussa les épaules, se laissant progressivement glisser le long du mur pour se retrouver assis par terre, une jambe pliée. C'était peut-être le bon moment de finir cette bouteille. Il souriait, plus tendrement cette fois. Qu'aurait été sa vie s'il était toujours en vie ? Cela aurait été bien. Cela aurait été beau. Peut-être plus que tout ce qu'il avait vécu jusqu'à présent. Il déboucha la bouteille et en but une grosse gorgée, toussant un peu après avoir avalé. Sa gorge le brûlait. Il n'avait décidément pas l'habitude de boire :

    " - Je crois... ".

    Ce n'était pas objectif comme vision. Il avait toujours idolâtré Tuomas : il était le grand frère parfait, celui qui faisait tout pour sa famille et mettait ses besoins après les leurs. Il était la bonté même. C'était pour ça qu'il avait été Stansfield au début des Jeux, l'encourageant à s'enfuir tandis qu'il veillait sur elle du coin de l’œil. Robin avait été un enfant calme, pas du genre perturbateur comme son petit frère à chercher la petite bête à quiconque voulait sortir les poings, mais lorsqu'il lui arrivait de faire une bêtise, Tuomas était toujours là pour prendre pour ses fautes. Non, il ne pouvait pas être objectif dans ce genre de situation, sachant très bien aussi que cela aurait bouleversé sa vie à lui. Il leva sa bouteille, la lui tendant en la regardant :

    " - Je ne sais pas. Je suis tenté de dire qu'il aurait continué à être une bonne personne, que ce qu'il aurait vécu là-bas lui aurait donné l'envie de se battre et de changer les choses pour que plus personne n'ait à souffrir des Hunger Games. ".

    Son regard se fit plus insistant. Et toi, Joaquin, te bats-tu pour que les autres ne souffrent plus ?

    " - Il était quelqu'un de bien. Il aurait été un père formidable aussi, j'en suis sûr. Mais il n'est pas là, Stansfield. Il n'est plus là... Il a perdu. ".

    Sa voix s'enraillait à nouveau et le frisson qui l'animait lui montait les larmes aux yeux. Il ne reviendrait plus jamais. Cela faisait plus de vingt et un ans. Et ça faisait toujours aussi mal.

    " - Tu crois qu'un jour ça s'arrêtera ? Qu'on aura le droit de vivre ? ".

    Tu crois qu'on nous laissera une chance de vivre ?


 
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MessageSujet: Re: Maybe they just don't give a damn. - Asha.    Jeu 1 Mai - 17:28

Je n'étais plus qu'à quelques pas de retrouver ma vie de fausse quiétude. Dès le lendemain, un train entrerait en gare avec l'équipe de stylistes habituelle, et m'emmènerait de nouveau au Capitole pour une réception à laquelle j'avais été conviée. Et où je n'avais aucune envie de me rendre. Il était amusant de voir à quel point mes barrières pouvaient se baisser en un instant. Cet homme là, en bas des quelques marches de mon perron, je savais qu'il me haïssait. J'étais également au courant de cette aversion qu'il me portait, à moi et à mes semblables. Je ne le portais pas spécialement dans mon cœur non plus. Pire, je l'avais en pitié. J'étais sûre que ce n'était pas ce qu'il voulait, qu'on le voit comme faible et démuni, mais pourtant c'était plus fort que moi. Avant ce soir, je le voyais comme n'importe quel autre type du district. Un mineur -ou quel que soit son métier- crasseux en train d'attendre une mort certaine à petit feu. C'était toujours un peu le cas, en fait. Mais... Quelque chose avait changé. Je ne savais pas quoi. C'était à peine perceptible, et je n'arrivais pas à définir ce ressenti que j'avais alors que je le fixais sans trop en connaître la raison. Un fantôme de sourire s'étira sur mes lèvres. « Peut-être. Peut-être pas. On ne le saura probablement jamais. » qu'aurai-je pu faire réellement pour Tuomas ? Si je m'étais trouvée dans la même zone que lui lors de sa mort, ce carrière m'aurait envoyée à terre en un mouvement de bras, me brisant très probablement un os à l'occasion. Il aurait achevé Bates avant de venir me trancher la gorge et me laisser pour morte à même le sol, en train de me noyer dans mon propre sang et incapable de réagir.

Dès lors, tout aurait été terminé. Pour moi, pour le district douze. Je laissais s'échapper un ricanement amer avant de hausser très légèrement des épaules. Mourir là-bas. Ça aurait été tellement plus simple. J'aurai au moins pu crever en restant moi-même. Une petite fille terrifiée par les horreurs qui l'entouraient. Mais tout ce que j'avais fait en gagnant, avait été d'allonger ma peine. « J'aurai surtout préféré ne jamais avoir à y aller. » je soufflais avant de me mordiller légèrement la lèvre inférieure. Une vie où j'aurai pu être quelqu'un d'autre. « Rester avec ma famille, avoir une enfance 'normale' dans les taudis d'où je viens. » je pris un moment de pause en pensant à tout ça. Peut-être que ma faible constitution ne m'aurait pas permis de vivre plus longtemps que mes dix-huit ans. Peut-être que je serai morte au fin fond d'une mine, dans un éboulement. Dans l'indifférence totale. Sans que personne d'autre que mes proches ne le remarque. Et le district aurait continué de tourner sans moi, comme il l'avait toujours fait. Je secouais la tête en continuant, lâchant de nouveau un ricanement sans joie. Inconsciemment, j'ai éludé sa question primaire. Si c'était à refaire, oui, je laisserai l'arène m'engloutir. Mais le dire à voix haute aujourd'hui, c'était différent. J'avais une famille. J'avais un boulot qui, même s'il ne plaisait pas le moins du monde, était important. Pour tous ces enfants, malgré la haine viscérale qu'ils pouvaient me porter, j'étais leur dernier espoir quand venait le temps des Jeux. Et, égoïstement, j'espérais chaque année que ça ne soit pas un gamin que je connaisse. Lors de mes premières années en tant que mentor, ça avait été particulièrement difficile. Bien souvent, ils étaient plus âgés que moi, et refusaient d'écouter le moindre conseil que je pouvais essayer de leur donner. Heureusement à cette époque, Lloyd était encore assez censé pour accomplir cette tâche. Pour nous deux.

Sans que je ne sache pourquoi, il revint sur ses pas, me faisant de nouveau face sur les marches. A présent obligée de lever légèrement la tête pour pouvoir le regarder en face, je penchais légèrement la tête sur le côté, essayant de déterminer si ce qu'il venait de dire était sincère, ou si c'était juste un moyen de me faire arrêter de geindre à propos de ma fille. J'affichais un léger rictus alors que de nouveau, je secouais la tête de gauche à droite. « Le sang ça veut rien dire. Sauf que ça ferait du beau spectacle bien dramatique comme ils en raffolent. » Les gens du Capitole adoreraient ça. Demetria Stansfield en tant que tribut, aux côtés de sa mère qui devra faire semblant d'être fière de cet événement. Parce que oui, pour eux, participer aux jeux était quelque chose d'honorable. Vivre et mourir pour la gloire de son district, mais surtout de Panem. Je déglutis avec difficulté en lâchant la poignée de porte, pour venir croiser les bras sur ma poitrine. « Quand bien même elle irait... Je veux pas... » je commençais difficilement, ne sachant pas réellement comment formuler ce ressenti. « Je veux pas qu'elle devienne comme moi. » continuais-je sur le même ton incertain. Non, je préférerai crever la gueule ouverte dans un buisson plutôt que de voir mon bébé devenir un être aussi abject et corrompu que j'avais pu l'être. « Mais je veux pas non plus la regarder mourir là-bas. » terminais-je dans un murmure. Et c'était ça, la triste réalité. Je serai sans doute trop égoïste pour regarder ma gamine mourir, alors je sais pertinemment que je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour la ramener. Et dans le cas où une chose pareille devait arriver, je le regretterai le restant de mes jours.

Si elle revenait, elle serait changée. Comme moi je l'avais été. Sans parler de ce que le Capitole ferait d'elle. Condamnée à devenir un objet, une marionnette, tout comme sa mère. Et je sais au fond de moi, que c'est également ce qu'il serait avenu de Tuomas s'il était revenu. Je relevais les yeux vers Robin, mon expression aussi neutre que possible. D'un geste de main, je refusais la bouteille. J'avais pas besoin de ça maintenant. « Peut-être qu'il serait resté le même. Mais en toute franchise, j'en doute. Le Capitole, ce qu'ils nous font faire... C'est... Ca nous ronge de l'intérieur. Chaque année, il aurait été en première loge pour assister à la mort de ces enfants. » d'expérience, je savais qu'il était mieux là où il était à présent. Il m'arrivait parfois de le jalouser. De jalouser ceux qui ne revenaient pas, et avaient la chance d'avoir une mort 'propre' et rapide. Je soupirais en m'humectant légèrement les lèvres. « Et tu sais ce qu'il aurait été obligé de faire ? » je marquais une légère pause. Juste le temps qu'il puisse réfléchir au véritable sens de ma question, sans pour autant lui laisser y répondre. J'enchainais donc. « Sourire. Sourire et faire comme si ce n'était pas grave, que ça se passera mieux l'année d'après. » je lui épargnais bien volontiers les détails de ces personnalités du Capitole qui demandaient toutes sortes de faveurs à nous autres, vainqueurs. Les gens n'avaient pas besoin de savoir. Ils avaient besoin, ou de nous aimer pour ce que nous représentions, ou de nous haïr pour ceux que nous n'avions pas ramenés. Pas de nous prendre en pitié pour ce que nous faisions réellement. « Non. Les bonnes personnes n'ont pas leur place dans les Jeux. » je concluais finalement, au sujet de Tuomas.

« Si un jour on obtient ce droit, j'espère être là pour pouvoir en profiter. » et pour pouvoir enfin souffler, et arrêter de regarder derrière mon épaule à chaque coin de rue, à chaque action que j'effectuais. J'étais fatiguée de toute cette mascarade. Bordel, j'étais frigorifiée. Je me mordillais légèrement l'intérieur de la joue, avant de finalement prendre une décision. « Tu veux entrer cinq minutes ? Quitte à boire, j'peux te proposer une boisson chaude ou un bien meilleur alcool. Pas ce jus de chaussette. » fis-je en arquant un sourcil. D'ailleurs, il faudrait que j'aille apporter sa caisse à Lloyd qui risquait de s'impatienter.


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