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 get along with the voices inside of my head + alexiane

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DISTRICT 11
△ correspondances : 11154
△ points : 74
△ multicomptes : hunter, pepper-swann (leevy, ivory)
△ à Panem depuis le : 08/05/2011
△ humeur : indifférente
△ âge du personnage : vingt-deux ans
△ occupation : mentor


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statut: célibataire, coeur occupé par un revenant
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MessageSujet: get along with the voices inside of my head + alexiane   Mar 19 Nov - 22:33


alexiane robynn hawthorne
❝ DIG UP HER BONES BUT LEAVE HER SOUL ALONE ❞
T’es paumée comme gosse. T’es totalement paumée, bientôt à l’état de déchet humain. Regarde-toi. T’as que dix-neuf ans Alex, mais t’en parais déjà vingt de plus. La faute à qui, on se le demande bien. Tu diras que c’est la leur, mais au fond, tu sais très bien que c’est la tienne. Et la mienne. Tu rejettes toujours tout sur les autres. Regarde-toi, bordel, assume ce que tu es. Assume ton patrimoine. Hawthorne. Le nom de celle qui a tué plus d’une demi-douzaine de personnes, des gosses pour la plupart, durant les Jeux, et même après. Parce qu’au fond, t’a aimé ça, pas vrai ? T’a beau frappé ta tête avec tes mains, ça me fera pas taire. T’as aimé ça, ça te terrorise autant que ça t’excite. T’a aimé cette sensation de contrôle, cette sensation d’avoir enfin le pouvoir sur quelqu’un et de pas simplement t’écraser. Parce que c’est ce que tu faisais avant, Alexiane. Je sais que t’essaie t’oublier, je sais que tu veux t’oublier, mais t’arrivera pas. Confronte-toi à ta nostalgie. T’étais cette fille sympa, souriante et pas chiante pour un sou. Un peu folle, un peu étrange, mais pas bien importante. On te connaissait comme la gosse qui croyait au monstre du lac. La blague, quand on sait que c’est toi le monstre, désormais. T’a beau t’époumoner en criant que non, tu peux pas me mentir à moi. T’a aimé ça. Kirsen, Ever, Finley, Rhona, Nathan, Zoé. T’a leur sang sur les mains, et t’écorcher jusqu’à la peau pour le faire disparaitre n’y changera rien. T’aurais pu t’arrêter là, Alex. Ils auraient compris. Ils auraient pardonné à la pauvre gosse du district onze qui s’est retrouvée propulsée dans l’arène de la 75ième édition des Hunger Games. T’a pas eu le choix. C’était toi ou eux. T’a préféré que ce soit eux. Instinct de survie. On te donnait pas gagnante, mais tu l’as fait. Les uns après les autres, tu les as poignardés, battus, massacrés, pour retourner chez toi, pour voir une nouvelle fois le visage de tes amis et le sourire de ton frère. Ils auraient eu de la peine, mais ils auraient pardonné. On t’a pas laissé le choix, ils auraient fait pareil. Ton seul tort, c’est de pas avoir voulu claquer dans cette arène. Même si t’as fini avec un auriculaire en moins, que ta poitrine garde encore les marques des coups de couteaux, que tes phalanges te font encore souffrir à force d’avoir été brisées tant de fois… T’a pas crevé dans cette arène.

Ils t’auraient pardonnée. T’aurais pu t’arrêter là. Mais tu l’as pas fait.

Il t’en fallait plus, toujours plus. T’es devenue comme ses lions qui se battent pour avoir un steak, toi tu te bats pour avoir la satisfaction d’avoir fait saigné quelqu’un. N’importe qui. T’a besoin d’avoir le contrôle sur les autres, mais paradoxalement, tu perds le contrôle de toi-même. Instable. C’est pas étonnant. Quiconque t’a connu avant les Jeux se souvient encore du moment où tu as décidé de lâcher prise. Ou tu t’es abandonnée. Ou tu as mis ton humanité de côté durant les Jeux, sans jamais l’a retrouvé à ta sortie de l’arène. T’a lâché prise. T’avais plus la force de te battre pour rester toi-même, si tu voulais survivre, tu devais oublier qui t’étais. Te transformer en bête, c’était bien plus simple. Alors tu l’as fait. Et quand t’a enfin accepté ce que tu devais faire pour ta survie, quelque chose s’est brisé en toi. En milliers de morceaux que tu mettras des années à rassembler, mais au fond tu sais que tu n’y arriveras jamais. C’est foutu pour toi, Alex. T’a signé ta descente aux enfers au moment même où tu as ôté la vie à ton propre mentor, Phoenix. Tu t’en souviens pas vrai ? Ton couteau qui entre et ressort de son abdomen, la surprise dans ses yeux et la rage dans les tiens. C’était bon, pas vrai, de pouvoir enfin le faire taire ? C’est à ce moment-là que t’as vraiment pété un câble. J’avais fait mon apparition durant les Jeux, mais j’avais prévu de te quitter après ceux-ci. Fallait juste quelqu’un qui te motive à écraser tes adversaires les uns après les autres. Je devais faire mon boulot, puis m’en aller. Pourtant, on ne s’est plus jamais quittés toi et moi. T’as beau dire ce que tu veux, t’as besoin de moi. Ça ne sert à rien de casser ce miroir, Alex. Ça ne me fera pas partir.

Je suis dans ton esprit, je le possède.

T’avais des convictions autrefois. T’étais naïve, tu t’étais rangée à l’opinion populaire. Panem est une dictature, Snow un enfoiré. C’était gravé dans ton esprit. Tu les as toujours détestés, parce que tu devais les détester. Et puis, la moisson est passée par-là. L’opinion populaire aurait voulu que tu les haïsses comme jamais, parce que c’est à cause de leur système que tu t’es retrouvée à tuer d’autres gosses de ton âge. Tu l’as fais. Pendant un certain temps. Tu leur as voulu pour ce qu’ils t’ont fait subir, puis t’es rentrée chez toi. Et tu as réalisé. Les méchants, c’était pas ceux qu’on t’avait toujours dit. C’était les tiens, ceux qui t’entouraient. Ou plutôt, ceux qui t’avaient entouré, ceux qui t’avaient soutenu et pour qui tu n’existais désormais plus. Trop de sang sur les mains. Tu t’es sacrifiée pour eux, pour leur offrir de quoi manger durant une année, et eux, ils t’ont remercié en te dévisageant, en t’ignorant, en faisant comme si t’étais morte là-bas. Le Capitole t’a donné une raison de continuer à vivre. Ils t’ont pas lâchée. Leurs décisions peuvent être discutables, ils ont beau de traiter comme un objet, mais au moins ils savent que t’existes.

T’es paradoxal comme gosse. T’aime avoir le contrôle et pourtant tu les laisses de traiter comme un objet. C’est ton cerveau et moi on s’embrouille. T’as plus ton mot à dire, Alex, j’espère que tu le sais. Non, arrête de te frapper. Regarde le résultat, tu salis le sol avec ton propre sang. Bravo. Faudrait que t’arrête d’utiliser toute cette violence. Faudrait que tu redeviennes celle que t’étais avant les Jeux, mais tu sais que c’est impossible. Tu voudrais revenir en arrière, tu voudrais profiter de ta célébrité, tu voudrais pleurer pour te rendre humaine, tu voudrais t’émanciper sans pour autant être seule. T’es bizarre. T’es violente.

Peut-être parce qu’au fond, la violence est la seule chose qui te permet d’exister par toi-même.

about games and relative.


Lente et douloureuse. Très douloureuse. Tu l’as presque expérimentée durant les Jeux et elle ne t’a pas laissé un souvenir impérissable. Tu te souviens de chaque coup de poignard, de chaque coup de poing, de chaque main autour de ta gorge. Mais plus que tout, tu te souviens des douleurs respectives de ses blessures. Et jamais tu ne voudrais revivre ça. Mais tu n’es pas bête. Tu as bien conscience que ta mort sera lente et se fera dans les plus grandes souffrances, parce qu’au fond, avec toutes les vies que tu as prise, la tienne ne mérite pas de se terminer dans la sérénité.

Autrefois, tu aurais répondu Avery sans la moindre hésitation. Mais les choses ont changées dorénavant, et ce dont tu étais sûre auparavant n’a plus de sens pour toi à présent. Tu n’es pas stupide, tu vois très bien la façon dont il te regarde. Il ne voit plus Alexiane, sa petite sœur, mais Alexiane, la tribut. Celle dont les mains sont tâchées de sang. Celle qui a tué pour sa survie. Tu aurais pu mourir pour lui avant les Jeux, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Un fossé s’est creusé entre vous. Tu l’aimes toujours, c’est certain, mais pas au point de risquer ta vie pour la sienne. Tu as bien trop souffert durant les Jeux, tu te souviens encore de tout, à tel point que tu te réveilles la nuit en pensant qu’un poignard transperce tes organes. Alors non, tu ne voudrais plus subir de telles souffrances, même pour ton frère.

La première personne à laquelle tu penses, c'est toi, bien évidemment, parce que ton égoïsme prime sur le reste. Tu as participé aux Jeux, mais tu t'en es sortie. T'es une survivante. Et ça sert à rien de s'épancher sur ton histoire, tout le monde se souvient des survivants. Mais les morts, eux, on les oublie. À commencer par Elizabeth, ta grande soeur, moissonnée lors de la 71ième édition des Hunger Games. Elle a essayé de survivre. Elle a vraiment essayé, mais le tribut du neuf fut bien plus fort qu'elle. Il l'a tuée pour montrer à ses carrières d'alliés qu'il valait quelque chose. Malheureusement pour toi, cet enfoiré a survécu et rien que son existence te nargue. C'est pas lui qui aurait dû s'en sortir, c'est Elizabeth. Une année plus tard, quand tu parvenais enfin à faire ton deuil, c'est ton meilleur ami, Reed, qui fut appelé. Ce ne fut pas un grand succès non plus. Tu as assisté, impuissante, à sa mort, transpercé par une lance alors qu'il était parvenu à se hisser jusqu'au carré final. Tu y croyais. Tu y croyais vraiment, il ne pouvait pas avoir fait tout ce chemin pour rien. Et pourtant, il est mort. Ça t'a brisé, un peu. Et puis, tu l'as été totalement quand ton nom a été pioché lors de la 75ième édition.

Quitte à passer pour un monstre, la réponse est oui. Oui, tu apprécies ce visionnage. Mais pas de la façon dont certains l’apprécient, sourire aux lèvres et encouragements à l’encontre des sociopathes qui découpent leurs victimes. Tu ne prends pas de plaisir à regarder, mais tu n’es pas non plus peinée par le spectacle qui se joue devant toi. Tu regardes les Jeux parce que désormais, ça fait partie de ton job. Tu peux pas juste ouvrir l’œil quand quelque chose d’intéressant se passe, tout doit analyser, décortiquer, prévoir chaque action pour conseiller au mieux tes tributs de l’an prochain. Alors tu regardes, concentrée et tu ne te révoltes pas quand une pauvre gosse de douze ans se fait massacrer, parce que c’est le jeu. Auparavant, tu aurais tourné de l’œil, parce que tu n’appréciais pas cet étalage de sang. Tu as jamais été fervente supportrice des Jeux, encore moins quand deux de tes proches étaient les stars du programme. Mais maintenant, tu ne bronches plus. Parce que t’es devenue insensible, c’est bien plus facile.

Rien n’aurait pu te faire plus plaisir. Tu ne supportes pas les rebelles, tu ne supportes pas Alma Coin et plus que tout, tu ne supportes pas leur façon de faire. Tu aurais pu les rejoindre, dans d’autres circonstances. Tu as voué une certaine haine à l’encontre du Capitole après le décès d’Elizabeth, tu aurais pu franchir le cap. Sauf que tu as été envoyée aux Jeux. Et que là-bas, Alma Coin a décidé de faire passer un message, révélant que le district treize existait toujours. Ça t’a perturbé, à tel point que tu as raté ton départ. Tu n’étais plus concentrée, t’aurais pu te faire tuer. Tu lui en as toujours voulu de se montrer au grand jour pile quand il ne fallait pas, quand votre concentrée était toute demandée. Et par la suite, tu l’as officiellement détestée quand elle s’est emparée de certains corps pour les envoyer au district treize et les sauver. Toi, tu as dû te battre jusqu’à la fin des Jeux pour rester en vie. Tu pensais que cela était le seul et unique moyen de rentrer chez toi. Mais non, t’aurais pu mourir dès le début des Jeux, être ramenée au treize et vivre une vie bien plus heureuse, parce que tu n’aurais pas eu des morts sur la conscience. Sauf que le destin en a voulu autrement, mais ça ne change rien à la haine que tu as pour elle.

La logique aurait voulu qu'un bon nombre d'entre eux deviennent des amis proches. Après tout, vous avez vécu la même galère, vous êtes en mesure de vous aider entre vous. C'est sans compter sur ton mauvais caractère et ton égoïsme. Tu ne les supportes pas. Tu ne supportes pas le sourire de façade qu'ils affichent constamment. Autant qu'ils le montrent s'ils ne sont pas heureux. Ils n'ont pas besoin de faire semblant quand vous êtes tous réunis, pourtant ils continuent de faire comme si rien ne les avaient atteints. Et tu ne supportes pas non plus ceux qui se vantent de leurs actes passés, dans l'arène. Alors tu préfères les fuir comme la peste, parce que vous n'avez de semblables que le statut et rien d'autres.

Non et il est hors de question que tu t'abaisses à cela, que ce soit pour un camp comme pour l'autre. Tu sers tes propres intérêts dorénavant. Tu as déjà risqué ta vie lors des Jeux et tu n'as aucune envie de revivre cela. D'autant plus que ton idéologie n'appartient ni à l'un, ni à l'autre, même si à choisir tu préfères miser la sécurité en te rangeant du côté du Capitole. Tout, sauf les rebelles. Quoi qu'il en soit, tu espères bien que les prochains événements - même si tu préfères ne pas envisager cette possibilité - échouent lamentablement. L'organisation de Panem est très bien ainsi, personne ne doit la déranger. Et surtout, égoïstement, tu n'as aucune envie de prendre part à une nouvelle guerre. L'arène t'a suffi, tu voudrais connaître la paix, dorénavant, même si elle est en opposition avec le bonheur de tout le monde, notamment des habitants des districts.

Auparavant, la question t’aurait posé problème. Parce que malgré la famille et les amis, force de constater que la vie au district onze était particulièrement difficile. La faim tiraillait régulièrement tes entrailles, sans parler du froid qui t’enveloppait une fois la nuit tombée, dans votre maison de fortune. Tu te surprenais à rêver d’une vie au Capitole, là où tu aurais toujours à manger dans ton assiette et où tu dormirais comme un bébé grâce à la chaleur des duvets produits par les petites mains des districts. Tu n’aurais même pas demandé à vivre au Capitole, un district un peu plus aisé que le onze t’aurait suffi. Mais pour autant, tu as toujours connu la misère du onze, tout comme le luxe des autres n’étaient que des bruits de couloirs et rien d’autres à tes oreilles. Alors tu te satisfaisais de ce qui se présentait à toi. Et puis, tu as découvert les autres districts et le Capitole grâce à la Tournée du Vainqueur. Et même si ta nouvelle maison au sein du onze est plus que confortable et que tu n’as ni chaud, ni froid, tu dois bien admettre que le Capitole t’a vendu du rêve et que tu serais prête à plier bagages pour aller vivre là-bas. Et puis, ce ne serait que donner une raison de plus aux habitants de ton district de te détester. L’idée de te pavaner dans le luxe quand eux se tuent à la tâche te fait d’ailleurs doucement sourire.

Tu es assez mitigée sur la question.  Tu trouves que l’organisation de Panem est très bien comme elle est, par conséquent les Pacificateurs te semblent nécessaires. Et ils le sont. Ces petits citoyens des districts ont grandement besoin d’être remis à leur place, ça ne peut que leur faire du bien. Et peu importe les méthodes utilisées, qu’on se le dise. Tu peux paraitre insensible sur la question et la vérité… c’est que tu l’es. Tu as vécu l’horreur et la violence des Jeux avant d’être confronté aux regards dédaigneux des autres. Alors oui, tu acceptes les méthodes des Pacificateurs, ne serait-ce que pour montrer à ces regards dédaigneux à travers quoi tu as dû passer pour leur offrir une année de provisions. Et puis, la violence, tu la comprends. Tu l’es aussi, parfois trop. Peut-être que tu aurais fait une très bonne Pacificatrice. Tiens, peut-être que tu l’as trouvée, ta vocation.

Tu y croyais, avant ton départ pour l’arène. Bien que tu vivais dans la misère et sous une oppression, tu arrivais à te convaincre que le bonheur existait. Tu étais plutôt du genre optimiste, à l’époque. Tu n’avais pas besoin de grand-chose. Alors, certes, il y avait la faim, le froid, la soif, mais tu avais tes parents, ton frère, ta sœur et tes amis. Et ça te suffisait pour t’accrocher à la vie. Tu voyais de la beauté de partout, tu pouvais t’extasier devant une simple fleur, tu appréciais les petits bonheurs simples. Tu y croyais, vraiment. Peu importe le gouvernement en place ; l’essentiel était d’être bien entouré. Maintenant, si on te pose la question, la réponse serait un non catégorique. Tu ne crois pas au bonheur, parce que le bonheur n’existe plus. Ou du moins, il n’est pas adapté aux gens comme toi. Vous ne pouvez pas être vainqueurs et heureux, l’un ne va pas avec l’autre. Et malheureusement, tu ne peux pas changer ton statut. Alors tu t’accommodes au fait que tu ne serais plus jamais heureuse. Ce n’est que mérité, après tout.

Tu as un avis bien tranché sur la question, avis que tu préfères garder pour toi, parce que tu sais très bien qu’il va à l’encontre de l’opinion populaire du district onze et d’autres, sûrement. Tu penses que c’est très bien ainsi et que rien ne doit changer. Pourtant, tu n’as pas toujours pensé ainsi.  Avant ton envoi dans l’arène, tu étais d’avis que tout cela ressemblait à s’y méprendre à une dictature – bien même si Snow n’a jamais employé ce mot – et qu’il fallait à tout prix renverser le gouvernement pour enfin être libéré. Tu te sentais oppressée, mains et pieds liés, mais tu n’as jamais osé agir. Tu étais trop timide, alors tu supportais. Et puis, tu as toujours connu cette organisation, alors tu t’en accommodais très bien. Et puis, à ton retour de l’arène, tu as changé d’avis. Tu ne supportes pas le Capitole pour autant, mais tu es d’avis que rien ne doit changer. Que les habitants des districts méritent de vivre dans une telle organisation. Que les citoyens du onze méritent d’être défavorisés. Ils t’ont pas pardonné, après ton retour des Jeux. Ils t’ont mis de côté. Alors toi, tu as décidé que c’était mérité. Qu’ils ne pouvaient s’en prendre qu’à eux-mêmes. Tu sais que c’est par leur faute, mais c’est pas pour autant que tu comptes changer d’avis. L’organisation de Panem est très bien comme elle est ; personne ne doit s’y opposer. Tu ne voudrais pas revivre une guerre.

Tu devrais réagir comme n’importe quel mentor digne de ce nom. Soit être angoissée à l’idée de perdre au moins un de tes tributs, soit excitée comme une puce à l’idée d’assister à une nouvelle édition des Jeux, aux premiers rangs en plus de cela. Mais en réalité, tu t’en fiches. Tout simplement. Tu perds tes tributs années après années. La première année, après ta victoire, ce fut choquant, mais finalement, tu as décidé de te fermer à eux. Tu leur donnes les conseils de première nécessité. Se trouver un endroit sécurisé et en hauteur pour dormir, ne faire confiance à personne, s’assurer d’avoir toujours de l’eau à portée de mains. Et puis, tu les abandonnes à leur sort, tu les laisses crever sans même leur envoyer un cadeau. Tu t’en fiches d’eux, c’est bien plus simple. Alors quand la moisson arrive, tu te braques, tu affiches un air neutre, tu applaudis le discours du maire, tu salues tes tributs. Et puis tu le regardes crever sans même t’en soucier.


JE VIENS D'UN MILIEU DÉFAVORISÉ, DÉSORMAIS FAVORISÉ, AINSI, POUR MOI, LA NOURRITURE TENAIT BIEN PLUS DE LA LÉGENDE, MAIS EST MAINTENANT ABONDANTE. DU COUP, MON NOM AVAIT VINGTAINE DE RISQUES D'ÊTRE TIRE AU SORT. J'EXERCE LE MÉTIER DE MENTOR ET POUR TOUT VOUS DIRE, JE VIS AVEC. JE SUIS DANS LE ONZIÈME DISTRICT. AYANT VINGT ANS J'AI DÉJÀ PARTICIPÉ AUX HUNGER GAMES ET JE ME FICHE DE LA PROCHAINE MOISSON. ENFIN, J'ATTESTE QU'EN CRÉANT CE PERSONNAGE, J'ACCEPTE DE LE LIVRER À LA BARBARIE DES JEUX S'IL EST TIRÉ AU SORT.

reality is here.

Toujours Christelle, toujours vingt ans, toujours en Suisse. Je suis obsédée par trop de choses; Hannibal, Lee Pace, The Walking Dead, Alex Turner, In The Flesh et Arctic Monkeys, en vrac.

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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Mar 19 Nov - 22:34


tell us your story.


Je comprends pas pourquoi maman me serre la main aussi fort. Elle ne se rend pas compte qu’elle me fait mal. J’ai beau lui dire, elle ne veut rien écouter. Elle me fait mal, mais son regard est bienveillant, alors je n’ose pas me fâcher. Je me contente de baisser la tête, d’observer mes pieds et d’attendre qu’elle me lâche. J’exécute ce schéma sur des dizaines de mètres. Maman dit que je suis une rêveuse. Elle dit que je ne suis jamais là quand il faut, que je m’échappe toujours dans mon monde. Ça ne sonne pas comme un reproche, dans la bouche de maman. Dans celle de papa, oui. Parce que papa, il veut que j’aie conscience du monde qui m’entoure. Il me dit que Panem n’est pas pour les rêveurs, que je vais me faire manger toute crue si je ne grandis pas. Maman lui répète toujours que je n’ai que treize ans. Et il lui répond toujours que justement, je mets trop de temps à grandir et que j’aurais déjà dû prendre conscience de la dureté de Panem. Je crois qu’ils me prennent pour une idiote. Les voisins, aussi. On ne s’entend pas beaucoup avec les voisins. Ils disent que je suis bête. Leur fils est bien plus sympa. Je ne suis pas bête, je suis optimiste. Je sais que Panem est un monde cruel. C’est ce que les autres gamins disent, dans la cour de récréation. C’est que j’ai déjà entendu dire Avery et c’est ce que répète Papa à longueur de journée. Mais on doit se taire et accepter cette dictature. Je ne sais pas ce qu’est une dictature. Tout ce que je sais, c’est qu’on a faim dans le district onze. On a froid aussi. On est sales et maigres. Mais j’ai toujours connu ça, alors ça me semble normal. Maman me prie de marcher plus vite, elle râle que je suis de nouveau perdue dans mes pensées. Elle m’explique qu’on va être en retard et que l’on peut être puni pour ça. Alors j’avance plus vite et je finis par heurter quelqu’un. Maman me prie de faire attention et je relève la tête. Je reconnais cet endroit, c’est l’hôtel de ville et la grande place qui entoure celui-ci. Maman lâche ma main, m’embrasse le front. Elle pleure un peu, elle me promet qu’on se revoit dans quelques minutes, que je ne dois pas avoir peur. Elizabeth reprend ma main et m’accompagne jusqu’à une file où attende des dizaines de filles. Elizabeth, c’est ma grande sœur. On s’entend bien, toutes les deux. Mais elle travaille depuis quelques années, alors on se voit moins souvent. Elle dit que ce sera bientôt mon tour et que je dois arrêter de rêver, parce que dans le monde du travail, ça n’ira pas. Elle me rappelle pourquoi on fait la queue. Elle me prie de rester calme. Ils me prennent pour une idiote. Je sais que c’est la moisson. Je n’ai pas vraiment compris en quoi cela consistait exactement, mais je sais qu’on va prendre une petite goutte de mon sang (et que je vais pleurer, un peu) et qu’ensuite, je devrais aller dans la rangée des filles de mon âge. D’habitude, je suis avec maman et papa, mais cette année, ça a changé et je dois me placer en rang, tout comme Elizabeth. C’est ma première moisson, je ne risque rien, qu’on n’arrête pas de me répéter. Elizabeth non plus, c’est sa dernière, alors je ne dois pas m’inquiéter. Elle n’a jamais dû partir aux Jeux avant, ce n’est pas aujourd’hui que cela va commencer. Elle m’embrasse avant de filer vers les autres filles de dix-huit ans, et je rejoins celles qui ont mon âge. La moisson commence, j’essaie de rester calme, parce que je dois être sage, mais c’est ennuyant. Je comprends pas toute la vidéo qui défile devant nos yeux, mais je fais semblant d’être intéressée. Elizabeth dit qu’ainsi, je n’aurais pas d’ennuis. Et je ne veux pas d’ennuis, alors je fais comme elle a dit. Il y a ensuite des discours, je comprends pas de quoi ils parlent, alors je joue avec mes cheveux, tandis qu’au loin, Elizabeth me rappelle à l’ordre en grimaçant et en murmurant quelque chose. Ça me fait sourire, mais je m’arrête. Et puis, une dame habillée tout en rose, avec des bijoux partout, débarque. Elle me fait sourire elle-aussi, on a pas l’habitude de voir de tels vêtements au district onze. Je suis obnubilée par ses ongles qui sont plus grands que mes mains, tandis qu’elle plonge sa main dans une grande boule de verre. Elle y sort un papier. C’est le nom de la jeune femme qui va aller aux Jeux. Je ne sais pas exactement ce que sont les Jeux, maman veut pas trop m’en parler et papa se fait toujours remettre à l’ordre. Et on me laisse pas les regarder, à la maison. On dit que ce n’est pas de mon âge, alors je vais dans la chambre que je partage avec Avery et Elizabeth. Je ne sais pas exactement ce que c’est, mais je sais que les deux jeunes qui y partent ne reviennent jamais. Je sais pas trop où ils vont. « Elizabeth Hawthorne. » Je sursaute, parce que j’étais de nouveau dans mes pensées. C’est Elizabeth qui a été appelée. Je souris, parce qu’elle va découvrir le Capitole. Mais elle va jamais revenir. Et je souris plus. Parce que je veux pas que ma sœur parte. Et je commence à pleurer. J’essaie de lui sourire quand même, mais il y a quelque chose de différent. Elle est sur un podium, mais son visage est pas le même. Elle est triste. Très triste. Et je comprends que ce n’est pas uniquement parce qu’elle va pas nous revoir. Mais je comprends pas très bien non plus. J’écoute pas le reste des paroles de la dame en rose, je peux pas regarder ailleurs qu’en direction d’Elizabeth. Dès que la dame a fini de parler, maman et papa viennent me chercher, avec Avery, et on va voir Elizabeth. On doit lui dire au revoir, mais moi j’ai pas envie qu’elle parte. Elle pleure. Elle me dit qu’elle m’aime. Elle me prend dans ses bras, je pleure aussi, tout le monde pleure, c’est bizarre. Et puis, le monsieur en blanc nous crie de sortir, qu’on a dépassé le temps. Il nous pousse, Elizabeth essaie de s’accrocher à moi, et je comprends pas pourquoi le monsieur il est méchant. Mais je vais le comprendre bientôt. Je vais tout comprendre.

La mort d’Elizabeth m’a permis de comprendre les Jeux. Il y a plus doux, comme électrochoc. Et j’aurais largement préféré être confrontée à la vérité d’une façon bien moins douloureuse. Je n’ai pas vu sa fin, ma mère a préféré m’envoyer dans ma chambre, comme à chaque fois que les Jeux avaient lieu. Avery m’a dit qu’elle n’a pas souffert. Il ment mal. Le problème avec les Jeux, c’est que tout est enregistré et que la télévision ne diffuse que cela. Il est impossible de ne pas tomber sur les détails de la dernière édition en date. Et c’est ainsi qu’un soir, j’ai découvert la vérité. Elle a souffert. Ces enfoirés de carrière l’ont prise pour leur jouet. Ils l’ont offert au tribut du neuf afin qu’il montre ce dont il est capable. Il l’a poignardée. Il s’y prenait comme un pied, Elizabeth résistait. Et finalement, il l’a égorgée. Elle a souffert. Et je ne pourrais jamais le pardonner. J’ai pris conscience de la dureté de Panem. Je me suis montrée moins rêveuse, j’ai commencé à travailler dans les vergers pour soutenir mes parents. À quatorze ans, on grimpe facilement les arbres qui font plusieurs mètres de haut, c’est un atout. Mon père est fier de voir que j’ai grandi. Que même si je m'autorise encore des parenthèses rêveries, je suis en mesure de distinguer le bien et le mal et de comprendre que Panem représente le mal. Il insiste sur le fait de me taire, de ne pas dire plus loin ce que je pense du gouvernement en place. Ce qu’il oublie, c’est que c’est lui qui a implanté cette idée dans l’esprit de ses enfants. De moi-même, je ne me serais jamais opposée au gouvernement. J’ai toujours connu cela, cela me parait donc normal. Il y a les riches et il y a les pauvres. On fait partie des pauvres, fin de l’histoire. Il n’y a rien à dire de plus. On doit faire le travail qui nous est demandé, sous peine d’être puni. Et tant pis si on crève de faim, de soif ou de froid. On ne connait que cela et on ne connaitra toujours que cela. Et je crois que cette idée, mon père ne l’a pas acceptée. Je le vois, quand il travaille. Je le vois observer les fruits et légumes suffisamment gros pour nous nourrir une semaine entière, mais qui finiront comme décoration sur l’un des buffets d’une grande réception au Capitole. Je le vois les observer avec envie, comme s’il était prêt à les mettre dans sa poche et prétendre que rien n’a disparu. Je ne pense pas qu’il en soit capable, malgré tout. Il ne peut pas mettre sa vie en jeu. Et pourtant, il l’a fait. Quelques heures après cette journée banale de travail, un Pacificateur est venu jusqu’à la maison. Mon père est mort. C’est accident, il a précisé. Il a sûrement eu une crise cardiaque et il s’est effondré au milieu du champ dont il est responsable. Il présente ses condoléances, mais aucun de nous n’est dupe. On les accepte malgré tout, c’est la dure loi de Panem, accepter de se rabaisser pour rester en vie. Je ne cherche pas à en savoir plus, parce que la vérité me vaudrait la mort immédiate. Avery est plus têtu. Je crois qu’il reprend les idées de notre père, sans pour autant oser quoi que ce soit. Et je me raccroche à cela. Ma mère a pas baissé les bras après cela. Elle a fait son deuil et elle s’est mise à écumer les forêts, à la recherche de plantes consommables, de fruits sauvages et de petits animaux à tuer. Parce qu’elle travaille pas et que le travail est dur à trouver, dans le district onze. Alors elle a préféré la voie de l’illégalité. Elle en a payé de sa vie. Un jour, elle n’est pas rentrée. Aucun Pacificateur n’est venu nous annoncer sa disparation. Cette fois, c’était réellement un accident. Son corps a été retrouvé des mois plus tard, rongé par les vers. Mais elle a essayé, c’est déjà ça. Avery a eu ma garde, par la suite. C’était ça ou l’orphelinat, mais autant dire que cette seconde possibilité était inenvisageable. On s’est serré les coudes. Il suait sang et eau, j’inscrivais mon nom sur plus de bout de papiers que la normale. Et je ne savais pas encore que cela allait me retomber dessus.

La grande horloge se fait entendre à travers tout le district. Le même schéma que chaque année se répète ; c’est l’heure de la moisson. Je n’ai plus peur. Plus comme avant. Je m’y rends sans Avery, je ne grimace pas quand on prélève mon sang, je m’installe sagement dans les rangs, sans bouger, sans une once d’émotion. J’adresse juste un regard à mon meilleur ami, Reed, quelques rangées plus loin. Les idées de mon père se sont ancrées dans mon esprit. Si je ne tenais pas autant à ma vie, je me jetterais corps perdu dans une révolte. J’avouerais enfin ce que j’ai sur le cœur, ce que je pense réellement de ce gouvernement. Mais il y a Avery, il y a Reed, et je ne veux pas leur offrir le spectacle de ma tête au bout d’une pique. Alors je fais comme tout le monde, je ronge mon frein, je fais le poing dans ma poche et je prétends que tout va bien dans le meilleur des mondes, alors qu’un gosse affamé me passe à côté. Tout va bien, c’est normal. Parfois, j’envie Elizabeth. Je l’envie de ne plus vivre dans ce monde, de ne plus subir cela. Ma vie est pas merdique, loin de là, mais ce serait être aveugle que de ne pas admettre que quelque chose cloche. Mais faut croire que je préfère être aveugle, vu que je fais rien, que je détourne les yeux quand un type se fait remettre à l’ordre par un Pacificateur et que je préfère garder mon pain pour moi plutôt que de nourrir un gosse qui pleure dans la rue. Au fond, je m’habitue à cette vie-là. Et j’ai peur de changement. J’ai ce qu’il me faut, des amis, un semblant de famille et je crois que c’est ce qui se rapproche du bonheur, dans le district onze. C’est préférable au fait d’être seul et affamé, faut croire. L’hôtesse – vêtue de doré, cette année – fait son apparition et me sort de mes pensées. Je fais barrage, j’écoute pas ce qu’elle dit, j’écoute pas le discours du maire et je n’écoute pas les textes de propagande. Je fixe mes prunelles sur Reed, parce que c’est le seul qui parvient à me calmer. Nos deux vies sont en jeu, malgré tout. J’ai bien compris, avec la moisson d’Elizabeth, que personne n’est à l’abri. Le premier nom qui sort, celui de la future tribut, m’est inconnu au bataillon, alors je ne réagis pas. Il n’y a pas si longtemps, c’était ma sœur. Je pensais pas que le sort pouvait autant s’acharner, jusqu’à ce que j’entende le nom de l’heureux élu qui accompagnera la gosse terrorisée qui vient d’être choisie. « Reed Brontë. » Et mon souffle se coupe, mes jambes sont faibles. J’ai mal entendu. Putain, dites-moi que j’ai mal entendu. C’est pas possible. On peut pas me les enlever à la suite. Et pourtant, faut croire que le sort a un drôle d’humour, puisque c’est bien Reed qui s’avance sur l’estrade. Mon Reed. Le fils du voisin, l’emmerdeur de service, celui que je pouvais pas piffrer quand j’étais gosse, parce que nos parents se détestaient, alors notre relation était toute tracée. Celui que j’ai soigné, aussi, quand il a rien trouvé de mieux à faire que de se faire bouffer la jambe par un poisson, celui qui s’est vengé quelques semaines plus tard en me tendant un piège et en m’obligeant à lui demander son aide pour qu’on soit quitte. Reed, celui avec lequel j’ai fait les quatre-cents coups, celui avec lequel j’ai craché sur Panem, celui avec lequel j’ai défié les lois pour éprouver un semblant de liberté en sortant des frontières. Celui pour lequel je ne sais pas ce que je ressens. Mon Reed. Il est là devant l’estrade. Et bientôt, il n’y a plus que lui et moi dans cette petite pièce que je ne connais que trop bien. Il faut qu’on se dise au revoir ; parce que ça va bien être ça, l’issue. Il va mourir. J’ai grandi depuis Elizabeth, je me fais pas d’illusion. Je ne le reverrais plus jamais. Les tributs du onze ne reviennent pas des Jeux, c’est un fait. Je l’observe sans rien dire. Je ne sais pas comment lui dire au revoir. Quand j’étais plus jeune, c’était plus facile, j’avais chialé comme un bébé. Mais là, j’ai pas envie de chialer, même si je ne peux pas empêcher les larmes de rouler le long de mes joues. Je le prends dans mes bras, j’ai besoin de sentir son cœur battre une dernière fois. J’ai besoin de le savoir vivant pour le peu de temps qu’il reste. On se détache, mon regard se pose sur son visage, sur ses yeux, sur son nez, sur chaque détail pour l’imprégner dans mon esprit. Sur ses lèvres. Et je me résonne, parce que c’est pas le moment, c’est pas l’instant pour ça. Et l’enfoiré en blanc me prie de déguerpir. Cette fois, j’essaie pas de m’accrocher, ça sert à rien, je suis assez grande pour qu’on se permette de m’assommer d’un coup de crosse. Alors je l’observe une dernière fois, et la porte se referme.
Je regarde les Jeux avec plus d’attention que les années précédentes. Je m’intéresse à tout, même à la phase de préparation, parce que je ne veux pas rater une seule image de Reed. Faut que je l’imprègne dans mon esprit, si jamais je m’en sors, si jamais je survis aux moissons, pour pas que je l’oublie sur mon lit de mort. Et quand les Jeux débutent enfin, je me surprends à me découvrir une foi dont j’ignorais l’existence. Mais il doit s’en sortir, il n’a pas le choix. Je refuse de lui dire au revoir. Elizabeth, c’était déjà trop. Et j’y crois. Chaque jour, j’y crois un peu plus, parce qu’il survit, que les autres tombent autour de lui, mais lui, résiste. Et je me dis qu’il a l’âme d’un vainqueur, Reed, que ça ne peut être que lui. Ils ne sont plus que trois et il est toujours candidat à la victoire. Et puis, tout se déroule en une fraction de seconde. Il saute sur un tribut, ils se battent et le plan d’après, Reed a une lance piégée dans son corps. C’est fini. J’aimerais fermer les yeux, j’aimerais que mon esprit ne garde pas cette image en tête, mais j’y arrive pas. Parce qu’à défaut d’être dans l’arène, c’est le seul moyen pour que je sois à ses côtés. Et le coup de canon qui signifie sa mort, signifie également mon effondrement.


Encore deux ans. Encore deux moissons à tenir, et tout ceci appartiendra au passé. Deux moissons. Deux maudits jours. Juste deux jours sur plus de sept cents qui me séparent de ma majorité, cette foutue majorité qui me permettra enfin de souffler. Cinq ans. Cinq ans que je me rends une fois par année à cette moisson, et malgré les papiers qui s’entassent à mon nom, je n’ai pas encore été tirée au sort. Ce n’est pas la concurrence qui manque, il faut dire. D’autres filles ont beaucoup plus de papiers que moi. Il n’y a pas de raison que ça tombe sur moi. J’ai évité cette malchance durant cinq ans, ce n’est pas aujourd’hui que cela va changer. Je me range dans les rangs des filles de mon âge, j’esquisse un sourire au visage que je reconnais, même si aucune de nous n’a réellement envie de sourire. Et puis, l’hôtesse arrive. Les choses peuvent commencer. J’écoute d’une oreille le fameux discours du maire, de même que la vidéo retraçant l’histoire de Panem. Et enfin, le tirage au sort. Je me mords l’intérieur de la bouche jusqu’au sang. J’ai peur. Je suis terrifiée, mais je ne le montrerais pas. Avery ne doit pas me voir ainsi. Il éponge chacun de mes émotions, je ne peux pas le faire souffrir à travers ma souffrance. Mon cœur rate quelques battements. Et finalement, la voix de l’hôtesse retentit. « Alexiane Hawthorne ! » Je regarde autour de moi. Personne ne s’avance. Les regards sont tournés vers moi. L’hôtesse me fait signe de monter sur l’estrade. Et je comprends. Je comprends que, désormais, mon temps est compté. J’avance vers l’estrade, vers ma mort imminente. Mes jambes menacent de me lâchent à chaque pas que je fais. Je regarde les rangées. Je cherche du regard Avery. Je suis désolée, je suis désolée de t’abandonner Avery. Personne ne prendra ma place, j’en ai bien conscience. Et personne ne met d’espoirs sur moi. Je suis morte. Ils préparent déjà mon enterrement. La gamine du onze ne reviendra pas, comme tous les tributs avant elle. Comme sa sœur, comme son meilleur ami. Plutôt que de mourir de faim, autant crever rapidement dans l'arène. Je ne dépasserais pas le bain de sang, je vais crever. Je vais mourir. Autant l'accepter dès les premières secondes de ma nouvelle condition de cadavre à retardement. Je monte sur l'estrade, écoute les félicitations de l'hôtesse en gardant le fond de ma pensée pour moi et attend que l'on désigne mon co-tribut. Celui que je devrais peut-être achever, qui sait ? Je ne suis pas préparée à ça. Je ne suis pas prête à combattre pour survivre. Je ne suis pas prête à tuer. J'ai jamais appris à me battre. Je sais juste différencier les plantes mortelles des comestibles. Et puis je suis fine et discrète. Mais cela ne me sauvera pas. Cela ne me sauvera pas face aux carrières qui savent manier les couteaux et qui peuvent viser à des kilomètres, qui maîtrisent le corps à corps et qui pourraient me briser la nuque en quelques secondes. Je retiens ma respiration. J'ai peur. Oui, en fait, j'ai peur. Parce qu'en réalité, on ne me laissera pas mourir en paix. Les carrières vont me torturer. Le Capitole va m'exhiber. Et tout cela sous les yeux de mes proches. D'Avery, d'Amanda, d'Ezea. L'hôtesse tire le nom du garçon. Je n’écoute pas. Je ne pense plus qu’à ce qui va advenir de moi. Vont-ils ramener mon cadavre en bon état ? Vont-ils essayer de rendre un minimum de dignité à mon corps mutilé avant de le renvoyer à mes proches ? Vont-ils faire un gros plan sur mon cadavre, quand j’aurais trépassé ? Je n'ai pas le temps d'adresser un dernier regard à Avery qu'on m'emmène déjà dans l'hôtel de ville pour les adieux. Les adieux.

Je ne reviendrais jamais chez moi.


Je suis pas prête, faut qu’il me sorte de là. Mes mains frappent la cage en verre, mais personne n’est là pour l’entendre, ni même m’en sortir. Et même s’il y avait quelqu’un, il ne pourrait rien faire. Je suis prisonnière de cette cage, jusqu’à ce que celle-ci remonte à l’arène et me libère enfin. Ce sera dans cette foutue arène, mais j’aurais au moins l’impression d’avoir de l’air. Peut-être que ça ne durera que quelques secondes, avant qu’un autre tribut me saute dessus et m’égorge. Je devrais pas penser à cela, j’ai l’impression que j’étouffe à nouveau, mais je n’ai pas le choix, je dois m’y préparer. Je repense aux conseils de Phoenix. Ou plutôt, aux non-conseils de Phoenix. Je le sens pas, ce type. Il est malsain. Il me donne presque envie de foncer tête baissée en direction du premier tribut que passe, afin qu’il m’achève et que je n’aie plus à côtoyer cet homme si je viens à sortir vivante de cette arène. Mais je n’en sortirais pas vivante, je me suis fait une raison. Ma mort sera douloureuse, on ne peut pas mourir dans la sérénité quand on est envoyé aux Jeux. Mais au moins, j’aurais connu l’ivresse du Capitole, la joie de la luxure et les bienfaits des diverses richesses qu’abrite notre charmante Capitale. Je les déteste moins qu’auparavant. Je les porte pas dans mon cœur non plus, mais je garde ma rage pour moi. Et puis, j’ai tellement fait d’efforts pour garder mon opinion pour moi, qu’elle s’est peu-à-peu effacée. Il n’y a plus de bien ni de mal. Rien qu’une ligne à ne pas franchir pour rester en vie. Rester en vie. C’est sur cela que je dois me concentrer, rien d’autre. Je veux rester en vie, je veux retourner auprès des miens, je veux revoir le visage d’Avery. On m’a prévenue qu’un retour n’était pas sans sacrifices, mais j’ai pas conscience de ceux-ci, pas encore. Je ne sais pas comment sera l’arène. Je ne sais pas comment je dois me comporter. Je ne sais pas comment je dois réagir. La seule chose dont je suis certaine ; c’est que je compte faire de mon mieux. La panique me submerge à nouveau, dès qu’une lumière aveuglante m’oblige à fermer les yeux. Quand je les rouvre, je ne suis plus prisonnière, la vitre n’existe plus. Mais je suis dans l’arène. C’est le moment. Le compte à rebours se fait entendre au loin, les chiffres défilent, mon rythme cardiaque s’accélère. Je ne sais pas ce que je dois faire. Je ne sais pas si je cours en direction des diverses armes à notre disposition ou si je rebrousse chemin dans la forêt pour aller me mettre en sécurité. Zéro. J’ai pas le temps de réfléchir plus longtemps, que je me jette dans la gueule du loup.

Trois jours. Trois jours que ces foutus Jeux ont commencés. Deux jours passés dans le labyrinthe après m’être perdue. Et trois jours sans manger quelque chose de consistant et sans dormir plus de dix minutes. Je suis exténuée. J’ai l’impression que mon corps va lâcher à la moindre occasion. Je ne sais même pas comment j’arrive à continuer à avancer. Je marche, je m’appuie dès que je le peux, et j’avance. J’avance tranquillement jusqu’à entendre des pas. Des pas de courses. Je réfléchis. Où suis-je ? Où suis-je ?! Et finalement, je me souviens. La zone du minotaure. Si je n’utilise pas mes dernières forces pour courir, je vais mourir. Dans d’atroces souffrances, certainement. Piétinée, probablement. Je marche plus vite, je ne sens plus mes jambes, et à mesure que les pas se rapprochent, je commence à courir, aidée par l’adrénaline.

Je ne sais pas où je vais, mais j’avance. Je prends mes distances avec le minotaure. C’est tout ce dont j’ai besoin. Et finalement, après des minutes qui me semblent être des heures, j’arrive enfin à la sortie du labyrinthe, et donc, de la zone. Je m’appuie contre un arbre pour reprendre mon souffle, mais la fatigue me rattrape. Je sens mes yeux se fermer, et j’ai beau lutté, le sommeil me rattrape.

Je ne sais pas combien de temps je me suis endormie, mais lorsque j’entends un bruit suspect, je me réveille immédiatement. Un bruit de fermeture… une fermeture éclair. Mon sac. Quelqu’un tente de me voler mon sac. Sans même que je réfléchisse, je saisis mon poignard et l’enfonce dans le cœur de la personne à ma gauche. Quand je reprends finalement mes esprits et que je comprends l’acte que je viens de commettre, je me relève immédiatement pour faire face à ma victime. Ce n’est qu’une gosse. Ce n’est qu’une gosse, bordel. Elle ne doit pas avoir plus de quatorze ans. Je la vois qui tente de se débattre alors que la lame est toujours plantée dans son abdomen. Elle ne meurt pas, alors même que son sang imprègne le sol. Elle est en train d’agoniser, par ma faute. Je pourrais soulager ses douleurs. Je pourrais mettre fin à tout ça. Et c’est ce que je décide de faire. En la poignardant une nouvelle fois pour mettre fin à sa vie. Mais j’échoue, et elle respire encore. Alors je continue. Encore et encore. Pour un total de trois coups de poignard pour qu’elle rende enfin son dernier souffle.

Je sens les larmes rouler le long de mes joues. Je sens ma poitrine qui se serre. Ma deuxième victime n’est encore qu’une enfant. Je l’ai tuée. À peine ai-je relevé les yeux que j’aperçois un jeune homme face à moi. Puis, j’entends sa voix glaciale. « Tu l'as tuée...» Et je n’arrive pas à l’accepter. « Tu vas mourir ! » Je n’ai pas le temps de comprendre ce qu’il se passe autour de moi, que je me retrouve projetée au sol. J’essaie de respirer, mais rien ne sort de ma bouche desséchée. J’étais soumise à lui, il m’écrasait et j’étais faible. Le poing du jeune homme s’abat de nombreuses fois sur mon visage, le transformant en un amas de sang frais et chair éclatée, tandis que mon propre sang m’obstruait la gorge. Finalement, les coups de poings cessèrent, mais je n’ai pas le temps de reprendre mes esprits que ses mains se frayent un chemin jusqu’à ma gorge. Je vais mourir si je ne fais rien. Est-ce que je veux vraiment mourir ainsi, entre les mains d’un homme qui prend plaisir à faire de moi son jouet ? Non, certainement pas. Si je dois mourir, je le ferais en m’étant battue. Ma main tâte le sol jusqu’à ce que j’y retrouve mon poignard que je lui enfonce dans la cuisse. Je le repousse en lui assénant un coup de pied à l’entrejambe, tandis que je reprends mes esprits. Je ne vois plus que d’un œil, mais je le cherche. Il a voulu jouer, on va jouer. J’appuie la lame de mon arme sur sa gorge, faisant perler quelques gouttes de sang. Moi aussi je peux le dominer, moi aussi je peux être son bourreau, ce n’est pas son exclusivité.

Je peux le tuer, je peux le faire rapidement, je dois le faire rapidement. Il me menace, il est prêt à en faire de même avec moi, je dois en profiter tant que j’ai le dessus… mais il se met à parler. Il se met à parler de la jeune fille que je viens de tuer, de celle qui me hantera probablement jusqu’à la fin de mes jours. Il m’oblige à me confronter à sa mort, il m’oblige à penser à sa famille, il m’oblige à penser à toutes ses choses auxquelles je n’aimerais pas penser. Je suis perdue, complètement perdue. Cette gosse avait une famille, elle a été propulsée dans l’arène sans comprendre ce qui lui arrivait, et j’avais mis un terme à sa vie en lui causant d’atroces souffrances. Sa famille me détesterait. Ils me détestent déjà. Je suis faible, elle me rend faible, et le jeune homme en profite pour repousser mes mains, m’assommant avec le manche de mon propre couteau. Je dois me mettre à l’abri, je dois me protéger sans quoi il se fera un plaisir de m’achever. Je recule, je tente de m’éloigne le plus vite possible en rampant alors qu’il est handicapé par sa blessure à la jambe. Je prends appui sur un arbre alentour, tandis que j’essaie de stabiliser ma vision. J’ai la tête qui tourne, et je le sens, je vais m’effondrer. Il va en profiter pour s’approcher, je le sais. Pour autant, il préfère m’apprendre le prénom de ma jeune victime. Probablement sait-il que ça me fera bien plus de mal de pouvoir mettre un nom sur son visage.


Je cours. Je cours à en perdre haleine, je cours jusqu’à ce que mes jambes refusent d’avancer, jusqu’à ce mon souffle se coupe, jusqu’à ce que mes idées s’embrouillent. Petit-à-petit, mon corps tout entier menace de céder, mais je refuse de m’effondrer. Pas maintenant, pas aussi près du but. Je peux l’effleurer du bout des doigts, cet espoir de retrouver les miens, de rentrer chez moi. Mais pour ça, je dois me battre une dernière fois. Ôter la vie à un dernier adversaire. T’es plus à une vie près, Alexiane. Elle a raison. Cette foutu voix a raison, depuis le début des Jeux. Je suis plus à ça près, j’ai tué des gosses alors que je n’aurais jamais osé la main ne serait-ce que sur une mouche. Et je me retrouvée à poignarder des gosses de douze ans. T’as atteint le point de non-retour, Alex. Je ne redeviendrais jamais moi-même, je l’ai assimilé. J’ai entendu les coups de canons toute la journée. Je peux le faire. Je peux me débarrasser de ce dernier adversaire, je peux lui ôter la vie comme j’ai ôté celle des autres. Ça ne sera qu’un mauvais rêve duquel je ne pourrais jamais me réveiller.

Ça aurait pu être facile. Ça aurait pu l’être, si ça n’avait pas été Zoé.

Ils devaient bien rire, dans leurs confortables salons du Capitole. Ils devaient se réjouir d’assister au combat à mort des deux anciennes alliées, devenues ennemis. Ils devaient déjà tenir les paris et faire la réserver de popcorn pour assister à cet événement si fantastique. Ils devaient se réjouir. Tout comme j’aurais dû me réjouir de rentrer chez moi. J’avais tué. J’avais tué pour en arriver là, et je l’aurais fait une dernière fois. Pas de place pour les remords. C’est eux ou moi. C’est toi ou elle. Qu’elle rectifie. Mais ça sera elle, pas vrai ? Elle est du district quatre, elle est entraînée pour ça. T’es que la pauvre gosse du onze qui a réussi à survivre jusqu’ici par chance. Mais la chance tourne forcément, on te l’a jamais dit, Alex ? Non, parce que la chance n’a jamais été de mon côté. La mort de mes parents, la moisson d’Elizabeth, celle de Reed, leurs morts respectives… Ma moisson. Mon envoi dans cette arène, la lutte pour ma survie. À quoi bon, au final ? Il n’y a plus qu’Avery à qui je peux me raccrocher. Je ne suis pas stupide, j’ai conscience que plus rien ne sera comme avant. Osera-t-il encore posé le regard sur moi ? Pensera-t-il à sa petite sœur ou à la meurtrière ? Acceptera-t-il ce retour de celle qu’il ne reconnaitra plus ? Je pourrais nous rendre service tout de suite, je pourrais rendre les armes, permettre à Zoé de remporter cette boucherie, et d’être célébrée comme elle le mérite. Je le pourrais. Ce serait tellement plus simple. Mais je n’ai jamais aimé la facilité. Si je suis là, c’est pour une raison. Et qu’importe ce que l’on pensera de moi, morte ou vive les gens auront toujours l’image de cette gosse qui s’est transformée en véritable bête durant les Hunger Games. Celle qui a tué sans scrupules, celle qui n’a pas hésité à tuer une gosse de douze ans, ou bientôt, à se retourner contre sa propre alliée. Mais quitte à passer pour une sociopathe, autant l’être vivante.

J’essaie de bouger, mais mes blessures me rappellent à combien je suis faible. Je souffre suffisamment, je ne veux pas revivre ça. Je ne veux plus avoir d’os brisé ou de plaies béantes que seule la chirurgie parviendra à rattraper. Elles seront toujours là pour me rappeler mes actes, elles me feront toujours souffrir. Mais dans l’immédiat, j’aimerais que cela cesse. À chaque pas, j’ai l’impression que mes organes se préparent à lâcher, mais prennent un malin plaisir à le faire le plus lentement possible. J’aimerais que tout cela s’arrête, j’aimerais me réveiller, j’aimerais qu’on m’apprenne que je n’ai jamais vécu cela. J’aimerais sortir de ce cauchemar. Et je le peux, à condition d’être le bourreau de Zoé une ultime fois. Je m’approche, je serre mon poignard. J’aimais ne pas avoir à faire ça. Sois pas nostalgique, gamine. Tu savais très bien qu’elle n’était pas ton amie, mais une concurrente à abattre. C’est le moment, maintenant. Plante lui ce fichu couteau dans le cœur, et on en parle plus ! Si seulement c’était aussi simple. Si seulement je pouvais le faire aussi facilement. J’ai jamais été préparée à tout ça, j’ai jamais été préparée à être propulsée dans une putain d’arène pour faire saigner des gosses et pour souffrir autant. Elle ne peut pas gagner, elle ne peut pas gagner ! Je le sais bien. Elle ne peut pas, ça doit être moi. Pour moi, pour ma vie et pour mon district. Je leur apporterais une année de nourriture, une année où ils n’auront pas à s’inquiéter du lendemain. Une préoccupation qui n’occupe pas l’esprit des habitants du quatre. Zoé ne peut pas gagner, pas le district quatre, pas encore une fois. Elle n’est plus qu’un numéro, plus qu’un adversaire pour qui je n’ai aucune considération. Elle ne peut pas gagner. Je me serre de ma main valide pour resserrer ma prise autour du poignard et je lâche « Si seulement ça n'avait pas été toi. » Si seulement. Puis je m’avance. Je ferais ce qu’il faudra, je lui ôterais la vie, ça ne sera pas plus compliqué que pour les autres.

Elle ne peut pas gagner.C’est la seule chose à laquelle je peux penser. C’est la seule chose à laquelle je dois penser. J’évite son regard, je ne peux pas l’affronter. Ça ne ferait que me rendre plus faible que je ne le suis déjà. Je rassemble mes dernières forces. Et je cours en sa direction.
 
Je lui assène le premier coup de poings d’une longue série. Ma main a été brisée tant de fois auparavant que je ne ressens plus rien. Est-ce que je frappe ou est-ce que j’effleure ? Dans tous les cas, elle bascule en arrière, non sans m’avoir effleurée le bras avec son couteau. Je serre les dents. J’ai vécu pire. Mon visage défiguré sous les coups de Skyler qui commence seulement à dégonfler. Le doigt arraché par Catalina qui propage une infection jusque dans mon bras. Le piège qui s’est resserré autour de mon pied me laissant des trous béants. Les cicatrices brûlantes sur mes bras suite à ma course pour arriver ici. Elle peut m’entailler autant qu’elle le veut. Elle peut m’arracher le bras si elle le veut. Elle peut commencer à me tranche la gorge si elle y arrive. Elle peut m’infliger toutes les blessures du monde, elle n’atteindra pas mon envie de survivre.

Couchée sur le dos, je subis. Elle a pris le dessus. Mes tentatives de me libérer de son emprise restent vaines. Mon poignard a volé quelque part autour de nous. Je vois sa main qui s’approche de mon visage. Sans hésiter, j’enfonce mes dents dans sa main, mord jusqu’à ce que son sang me coule dans la gorge et manque de m’étouffer. Pourtant je continue, j’enfonce de plus en plus mes dents, sens la chaire se déchirer sous mes canines, jusqu’à ce qu’une douleur vive sur ma joue me fasse relâcher mon emprise. Elle m’a giflé. Nous sommes censées nous entretuer, et voilà qu’elle me gifle comme si nous étions deux copines qui se chamaillaient dans la cour de récréation. L’ironie de la situation me donne envie de rire aux éclats.
 
Pour autant, je n’arrive pas à me défaire de son emprise. Sa main fermement appuyée sur ma gorge, je sens ma respiration se couper peu-à-peu. Je me débats comme une folle, je bouge dans tous les sens jusqu’à en avoir le tournis mais je n’y arrive pas. Je n’y arrive pas, je suis prisonnière. Je vais mourir. Étranglée, lentement et douloureusement, sentant ma respiration se faire de plus en plus rare tout en tentant de toutes mes forces de remplir mes poumons. Je vois Zoé brandir son poignard. Alors, c’est donc ainsi que mes dernières minutes vont se passer ? Je vais tenter désespérément de respirer alors qu’elle pourrait mettre fin à tout ça en enfonçant l’arme dans mon cœur et en le faisant glisser le long de ma gorge. Je sens ma vision se faire trouble, mon cerveau manque d’oxygène. À chaque fois que mes bras se lèvent pour tenter de repousser Zoé, j’ai l’impression qu’ils pèsent une tonne. J’ai besoin d’ultimes forces. J’en ai besoin, par pitié. Pense au district onze, Alexiane. Pense à tes proches. Pense à leurs sourires. Pense à la nourriture que tu vas rapporter. Pense à la haine qu’ils auront pour toi. Ils vont me détester. Ils vont me détester de toutes leurs forces pour les actes que j’ai commis. « Bien sûr qu'ils te détesteront. Ils vont te haïr. Ils te haïssent déjà. Ils ont peur de toi. Ils rêvent juste de te voir crever. Ils s'en foutent de la nourriture et de la gloire. Ils ne veulent pas revoir une gosse avec tant de sang sur les mains. Ils ne t'aiment plus. Ils ne pourront plus jamais t'aimer. » Je ne parviens pas à éteindre cette voix de ma tête qui me rend folle. Si je lâche prise, ce sera tout de suite plus simple. J'abandonne le peu de pitié, de compensation et d'humanité qu'il me reste et j'ai une vraie chance de gagner. Je n'ai qu'à oublier que Zoé a été mon alliée. Je n'ai qu'à n'avoir aucun remord. Je n'ai qu'à prendre du plaisir tandis que je sentirai son pouls s'affaiblir entre mes doigts. Si je reste moi-même, je pourrais tenter de me battre, tentant la douceur avec Zoé, mais en ayant la satisfaction de ne pas être tombée dans le piège du Capitole. « Ils t'ont déjà eue. Quand tu as tué tous ses autres tributs. Réfléchis. N'y avait-il pas un peu de plaisir là-dessous ? Un peu de plaisir à te dire que tu te rapprochais de la victoire ? N'es-tu pas déjà devenue comme ils le souhaitaient ? » Les larmes commencent à couler sur mes joues tandis que je me bats plus contre moi-même que contre Zoé. Je parviens à dégager mes mains pour me frapper violemment la tête à plusieurs reprises. Il faut que cette voix s'arrête, elle me tue à petit feu en me rendant vulnérable. « Arrête ! » J'hurle de toutes mes forces, tandis que je deviens chaque seconde plus folle. « Tu peux le faire. Tu peux la tuer comme tu l'as fait avec nous. Tu ne nous as pas épargné, tu t'en foutais de nous faire souffrir ou non. Tu peux faire la même chose avec Zoé. » Je tourne la tête brusquement. Cette fois, ce n'était pas ma voix. Non, c'était une voix masculine mélangée à une voix juvénile. Je cherche désespérément d'où viennent ses paroles. Et je les vois. Finley et Kirsen sont à moitié dissimulés derrière un rocher au loin. Ils se tiennent la main et me fixe en silence. Leurs habits sont entièrement blancs, excepté où j'ai fait couler leur sang. « Tu m'as tué pour assurer le spectacle. Tu n'en serais pas à ton coup d'essai. » C'est la voix du jeune tribut que j'ai tué le premier jour. « Ne me dit pas que tu n'as pas pris un minimum de plaisir en me tuant ? Tu me détestais. Ton objectif a toujours été de tuer les carrières. Tu y es parvenue, n'as-tu pas ressenti un petit peu de fierté ? De joie ? De plaisir ? » Cette fois, c'est Rhona qui m'apparaît. Son sourire sadique et satisfait sur le visage, elle me regarde en silence de longues minutes. Elle me déconcentre suffisamment pour que Zoé me saisisse violemment la tête et la pousse sous l'eau. J'ai besoin de quelques instants pour réaliser qu'elle tente de me noyer. Je me débats de toutes mes forces, mais je suis à nouveau vulnérable quand de nouvelles voix se fait entendre. « J'ai toujours su que tu étais faible. Dès que je t'ai refait le portrait. C'était tellement évident que tu ne gagnerais pas. Comment tu as réussi à arriver jusque-là, d'abord ? Tu as toujours été faible. Tu le seras toujours. Et quand tu crèveras, j'aurai enfin ma vengeance. » Skyler, rejoint par Catalina sur ces dernières paroles m'apparaissent sous l'eau. Je deviens complètement folle, c'est certain. Mon corps se fait plus léger. Je me sens presque flotter, tandis que je suis presque apaisée et ... heureuse. La souffrance de mes blessures s'est atténuée. « Laisse-toi aller. Zoé a compris, elle. Elle s'est rendu compte qu'il fallait se battre. Elle n'est pas aussi faible que toi. De toute manière, que tu te battes ou non, tu seras quand même une meurtrière pour les autres. Une honte. » Taisez-vous, TAISEZ-VOUS ! Je me sens plus épuisée par mon combat intérieur que par le fait que je suis en train de mourir. Je suis plus atteinte par mon combat avec moi-même que le fait que mes poumons n'ont bientôt plus d'air. J'ai l'impression de bruler de l'intérieur. J'ai l'impression qu'on arrache un par un mes organes pour les broyer. « Arrêtes Alexiane ! Devient ce qu'ils ont toujours voulus de toi ! Bats-toi, tues-là, achèves-là ! Mets fin à ton humanité ! » Cette fois, j'écoute la voix.
 
Je suis prête à me battre. Je vais mettre fin à sa vie. Je vais oublier que Zoé fut mon alliée avant de devenir mon ennemie. Je suis prête à la repousser, mais un chant mélodieux parvient à mes oreilles. Les sirènes. Elles arrivent. Le chant continue mais se transforme en véritable calvaire pour ma tête. J’ai l’impression qu’elle va exploser. Zoé aussi est déconcertée par la présence des sirènes. Je parviens à sortir la tête de l’eau et à enfin reprendre ma respiration. Sans comprendre d’où me viennent mes ultimes forces, je repousse Zoé et retourne la situation en ma faveur. C’est elle qui se trouve dans l’eau désormais.

C’est elle qui va souffrir.
 
Je me relève rapidement, et je reste debout quelques instants pour reprendre mon souffle. « Tu ne peux pas gagner ! Tu n'as pas le droit ! » J'hurle sur Zoé de toutes mes forces. Je suis pliée en deux, sous la douleur, sous l'effort et sous la haine que je ressens. Je m'approche d'un pas rapide vers Zoé, avant de la saisir par les cheveux. Je la traine sur deux bons mètres, afin de la sortir de l'eau. Je me penche alors sur Zoé, et je la roue de coups. Je ne trouve pas mon couteau et les flèches d'Ever, alors je me contente de mes mains. Un coup sur la joue gauche. « Tu ne gagneras pas ! » Un coup sur la joue droite. « Le district quatre ne mérite pas la victoire. Pas cette fois. » Sur la gauche. « Pas deux années de suites. Je vais empêcher cela. » Sur la droite. « Je sais même pas si t'étais vraiment sincère. J'ai toujours eu l'impression que tu étais une carrière. Comme tous ses idiots du quatre. » Gauche, encore une fois. Je m'arrête quelques instants. Je n'en reviens pas d'être aussi cruelle envers Zoé. « Zoé a toujours été une ennemie, Alexiane. Elle vient du district quatre. C'est une carrière. Et toi, tu as bu ses belles paroles, sans te soucier de ce qu'elle pensait. Arrête de voir les bons côtés de cette fille, tu dois la tuer. C'est une meurtrière comme toi. Elle veut te tuer, elle a déjà bien commencé le travail. C'est une carrière. Pas une gentille fille. Une carrière. Une adversaire. Une ennemie. » Mon poing s'abat encore sur son visage. « Je vais te renvoyer au même endroit que tous tes camarades psychopathes. » Mes mains s’abattent sur le visage de Zoé. Chaque goutte de son sang qui colle à mes phalanges cassées par l’effort emporte Alexiane avec elle. Et pourtant. Je continue. Je frappe, sans m’arrêter. La douleur me pique finalement les mains. Je n’arrête pas pour autant. Comme prévu, Zoé ne se laisse pas faire. Elle me repousse, me bat, et je me défends en faisant de mon mieux. Les téléspectateurs doivent être aux anges. J'ai repris le dessus, j'ai dit adieu à la dernière partie de sensibilité et de compassion que j'avais pour me battre comme une folle.
 
« Je ne suis pas comme eux. Mais toi, si. » Elle a raison. Et ça me rend folle de rage. À tel point que ma colère se déverse dans mon corps, me brûle les veines et s'arrête dans mes mains. Ces mêmes qui continuent de frapper Zoé sans s'arrêter. J'ai une telle rage à chaque coup porté à Zoé que mes phalanges commencent peu-à-peu à saigner. Et pourtant, je continue. Je la défigure. Je ne réagis pas. Je ne ressens rien. Pas la moindre émotion. Aucun regret, aucun plaisir. Rien. Je suis comme un robot, vide à l'intérieur et effectuant des gestes précommandés. « C'est parfait. Continuons. Prends ton couteau. Attrape sa gorge. Plante la pointe de ton couteau. Et fais le glisser en suivant le couteau de son cou. » J'ai envie d'hurler une nouvelle fois. Cela me déstabilisera. Je me retiens, souffre en silence et écoute une nouvelle fois la petite voix dans ma tête. Celle qui m'a aidé à me sentir plus légère en devenant le monstre que j'ai toujours été. Malgré ses nombreuses blessures, Zoé est toujours aussi forte. Elle ne se laisse pas faire. Un sourire étire mes lèvres. Étonnamment, lui démolir le visage m'avait presque soulagé. J'avais pu laisser échapper la haine que j'avais tant contrôlée. Chacune armée d'un couteau, le combat sera égale. Et il l'est. Je ne regarde pas où je vise. L'adrénaline me contrôle à tel point que le simple ordre auquel j'obéis consiste à planter mon poignard dans le corps meurtri de mon ennemie. N'importe où. Un œil, un bras, la gorge, le cœur. N'importe où. Je dois juste l'affaiblir. La faire souffrir. Soudain, je m'arrête quelques secondes. Une lame froide s'enfonce entre mes côtes. Il faut que je réagisse. Vite. Je maintiens Zoé en tenant fermement sa nuque et j'enfonce mon poignard dans son corps, au hasard. La dernière vision que j'ai avant de détourner la tête est celle de Zoé s'effondrant au sol.
 
J’ai mal. J’ai atrocement mal. Son couteau est venu se loger dans mon corps comme le mien dans le sien. Sauf que j’ai mieux visé. J’ai réussi. J’ai réussi à lui asséner le coup mortel. Elle doit me détester. Elle doit me détester à un point que je peux imaginer. Et pourtant, elle prétend le contraire. Mais je ne suis pas dupe, au fond d’elle, elle doit probablement souhaiter que ma vie après-jeux sera un long enfer. Qu’elle ne s’inquiète pas, ce sera le cas. J’exécute sa dernière volonté. Je la ramène vers l’eau, je lui permets une dernière fois de sentir celle-ci sur ses pieds. Je reste auprès d’elle tandis que son souffle se fait de plus en plus discret. Je ne peux pas l’abandonner, même si mon esprit m’implore de fuir d’ici. Mais pour aller où ? Je n’ai plus de chez moi désormais. Je n’ai plus rien. Je n’aurais plus que pour seule compagnie les démons qui hanteront mon esprit. Je lui caresse les cheveux. Je m’excuse. Mais la seule chose à laquelle je peux penser est le fait que je lui ai donné la mort.
 
Un bruit bourdonne, mes oreilles sifflent. C’est horrible. Ce grésillement assourdissant, me provoque des frissons, des vertiges. J’ai mal. Je comprends. Le canon. C’était le canon. Je regarde Zoé. Sa cage thoracique a cessé de se soulever. C’en est fini. Je me laisse tomber au sol. Un nouveau bruit, plus long, plus énervant se fait entendre. Ce sont des paroles. Mais je n’ai pas le courage d’en décrypter le contenu. Je suis épuisée, j’ai envie de lâcher prise. Je ferme les yeux. « Vite. Vite. Vite. Pitié. » Je n'ai pas l'air forte, je fais preuve d'une grande faiblesse, mais j'ai envie qu'on vienne me chercher. Je ne supporte plus cet endroit. Je ne supporte plus cette odeur constante de sang autour de moi. Je ne supporte plus cette ambiance pesante. J'ai envie de rentrer. Vite. Pitié. Je n'aurai jamais pensé avoir à supplier le Capitole un jour. Mais venez. Le temps se fait long. J'essaie de respirer, mais je n'en peux plus. La fatigue m'envahit, la douleur aussi. Combien de temps vont-ils me faire patienter ? C'est inhumain. C'est inhumain de me laisser là, aux côtés du corps de mon alliée, de mon amie. C'est inhumain de me laisser endurer toutes ses souffrances. Et pourtant. J'ai fait endurer ces mêmes souffrances à Zoé. Je parviens enfin à me mettre à sa place. Mais je ne veux pas finir comme elle. Reste éveillée. Il faut que je reste éveillée. Un bruit. Enfin. Des bourdonnements incessants qui se rapprochent. L'Hovercraft. L'Hovercraft arrive. Vite. Je divague. Je m'endors. Si je m'endors, je ne me réveillerais jamais. Je tente d'ouvrir les yeux, mais ils se referment aussitôt. Une pression s'exerce autour de mon corps. Des larmes coulent sur mes joues. Putain, ça fait mal. Un craquement se fait entendre. Mes côtes. L'une d'entre elles s'est cassée, j'en suis sûre. J'en peux plus. Vite. La remontée jusqu'à l'Hovercraft me semble être interminable. La pression s'exerce encore plus. Je souffre, je souffre terriblement. Je ne risque plus rien maintenant. Ils m'ont sorties de là. Ils m'ont sorties de là. Je vais rentrer. Je m'en suis sortie. Mais je sombre déjà, et je ne réalise même pas que j'ai gagné la soixante-quinzième éditions des Hunger Games.
 
Et que je n’arriverais jamais à me reconstruire.


Ma main s’attarde sur chacune de mes cicatrices. Ils ont fait un travail magnifique, me rendant l’éclat de ma jeunesse, alors même que je n’étais plus qu’un corps décharné et meurtri. Je m’attarde sur chaque parcelle de mon corps. Ma peau est douce comme de la soie. Rien à voir avec les nombreuses plaies qui couvraient autant mes bras que mes jambes, à force de courir dans la forêt et d’être écorchée par les multiples obstacles rencontrés. J’arrive à bouger chacun de mes membres, excepté mon doigt. Je n’arrive pas à m’habituer à la prothèse. C’est qu’une question de temps, que les médecins m’ont dit. On y voit que du feu, je devrais m’estimer heureuse, selon eux. Sauf qu’à chaque fois que je verrais ce doigt, il m’en renverra à l’arène. Comme chacun de mes cicatrices. Celle au cou, celle au ventre, celles aux pieds. Ils m’ont affublée d’une robe longue pour cacher les trous encore visibles sur mes pieds, mais qui dévoile mon cou dans son entièreté, mettant en valeur la cicatrice laissée par Zoé lorsqu’elle a tenté de m’égorger. C’est vendeur, parait-il. Ils vont adorer. Une larme roule le long de ma joue, que j’essuie rapidement d’un revers de main. J’entends les exclamations du public, les rires, les hurlements, et finalement, une main qui me pousse sur la scène.

J’essaie de sourire, mon plus beau sourire, qui trompera le Capitole mais pas les districts. J’avance péniblement, tentant de ne pas montrer la moindre faiblesse, alors que mes pieds sont encore douloureux pas les blessures laissées alors que j’essayais de semer les amazones. La lumière m’éblouit, Caesar se précipite pour m’aider à m’asseoir, me présente. Mais tout ce que je vois, c’est cette lumière aveuglante à m’en brûler la rétine, les hurlements de joie de chaque spectateur, les images de mon parcours dans l’arène qui défile derrière moi. Je me mords l’intérieur de la bouche jusqu’au sang pour ne pas laisser échapper la moindre larme, je me brûle la peau à sourire de toutes mes dents. « Tout d’abord, toutes mes félicitations pour avoir remporté cette édition des Hunger Games si appréciée ! Mais la question que tout le monde se pose, Alexiane, c’est de savoir comment tu vas. » J’ai envie de mourir, de creuser ma tombe et de me laisser tomber à l’intérieur. J’ai envie de m’effondrer en larme, j’ai envie de fuir le plus loin possible d’ici, j’ai envie de m’arracher moi-même la vie si ça peut m’aider à être en paix, mais plus que tout, j’ai envie de tuer chacun d’entre vous, Caesar. « Oh, merci de vous en inquiéter, mais je vais très bien vous savez ! Je n’aurais pas pu rêver meilleure issue pour ces jeux ! » J’esquisse un sourire. Soit la poupée qu’ils veuillent que tu sois. « En effet, nous avons tous été soufflé par cette finale ! Dis-moi, Alexiane, qu’as-tu ressenti quand tu as compris que cela se jouerait entre toi et Zoé ? » De la haine. De la haine pour vous tous. De la haine pour ces connards qui se réjouissent d’un tel spectacle, de la haine pour ce foutu Président, et même de la haine pour vous, cher Caesar. « J’étais ravie ! Je ne pouvais pas mieux tomber. Je connaissais ses points forts, mais plus que tout, je connaissais ses faiblesses. Je savais où frapper pour la mettre à terre, et pour m’assurer la victoire. » Brosse-les dans le sens du poil, ils te mangeront dans la main. « Nous avons tous constaté que sa mort t’a beaucoup touchée dans l’arène… » Je laisse échapper un léger rire. « Et bien oui, nous sommes devenues proches, tout de même. Je ne peux pas la qualifier d’amie car elle était une adversaire dès le départ, mais c’était une fille vraiment charmante, et très agréable. Sa mort m’a beaucoup touché, en effet. Et elle me touche encore. » Ne les laisse pas gagner, Alexiane. Ne les laisse pas voir que l’évocation de Zoé te donne envie de t’effondrer. Mords-toi la langue jusqu’au sang, mais ne laisse pas échapper la moindre larme. Ne leur offre pas ce cadeau. « Zoé n’a pas été ta seule victime, tu as plutôt un beau palmarès derrière toi ! » Allez tous vous faire foutre.  « Et bien… c’est le jeu, non ? » Je laisse échapper un léger rire. « En effet ! Et comment s’est passé ton retour au district onze ? » Ils m’ignorent tous, je ne suis plus personne. J’aurais dû mourir dans cette arène, cela aurait été beaucoup plus facile pour tous. Pour Avery, pour mes amis, pour moi. Je suis une meurtrière. Comment peuvent-ils poser les yeux sur moi avec autre chose qu’un sentiment d’horreur en se remémorant les actes dont je suis l’auteure ? « Très bien ! Je suis très bien entourée entre mon frère et mes amis, et tout le monde est ravi de mon retour. » Ils souhaiteraient t’avoir revu dans un cercueil, et non pas en vie. Avery ne t’adresse quasiment la parole, tu n’as plus aucune personne sur laquelle compter. On te juge, on te dévisage, on te craint. « Avant de nous quitter, as-tu un dernier mot pour nos chers citoyens qui ont suivis ces jeux et surtout, notre belle Capitale ainsi que son Président ? » Allez-vous faire foutre. Je vous hais, tous autant que vous êtes. J’assisterais avec le sourire aux funérailles de chacun d’entre vous. Je danserais sur vos tombes, je célébrerais vos morts. « Rien de particulier si ce n’est merci. Merci d’avoir cru en moi, merci de m’avoir si bien accueillie, merci à Monsieur Snow pour son engagement sans faille quant au bonheur de chacun. Et merci à vous, Caesar, bien évidemment. » Je fixe la caméra, esquissant mon plus beau sourire tandis que je file dans les coulisses sous les applaudissements et les hurlements. Merci Panem. Merci pour tout, merci pour vos jeux. Merci pour votre cruauté sans précédent, merci pour votre haine des districts.

Mais plus que tout, merci d’avoir brisé ma vie.


J’étouffe. Je ne sais pas pour quelle raison, je ne sais pas ce qu’il se passe, mais je ne parviens pas à remplir mes poumons d’air. J’étouffe, je panique, mais je ne parviens toujours pas à respirer. J’ouvre péniblement les yeux, la lumière m’aveugle, j’ai envie de hurler, mais aucun son ne sort de ma bouche. Ma gorge. Elle brûle. Elle brûle terriblement, je sens les larmes rouler le long de mes joues. J’essaie de cracher, j’essaie de parler, j’essaie de respirer, mais rien n’y fait. Les larmes roulent le long de mes joues sans jamais s’arrêter, des spasmes incontrôlables envahissent la totalité de mon corps. J’essaie de me débattre, j’ai l’impression d’être prise au piège, mais chaque mouvement me provoque des douleurs insurmontables qui se propagent le long de mes bras. Je n’arrive plus à m’arrêter de pleurer. Où suis-je ? Il n’y a que du blanc aveuglant et une odeur de mort constante. J’entends des bruits de pas qui s’approchent en courant, mais je ne peux ni tourner la tête, ni la relever. Je sens une pression sur ma main tandis que petit-à-petit, un visage flou m’apparait, devenant plus net de seconde en seconde, et je distingue Avery. Il me prend dans ses bras si fort que j’ai l’impression de n’être qu’une poupée de chiffon. Un autre homme arrive en courant. Visage inconnu. Il s’approche, je me débats, Avery m’immobilise. Je ferme les yeux pour empêcher les larmes de rouler le long de mes joues, alors que je parviens enfin à remplir mes poumons d’oxygène. Je rouvre les yeux, je distingue un tuyau tenu dans les mains de l’homme dont je ne connais pas l’identité. Je cherche le regard d’Avery même si tout est flou. « T’es à l’hôpital, Alexiane, calme-toi. » J’essaie de bouger, mais n’y parviens pas, une douleur insupportable au niveau du ventre me cloue immobile. J’ai mal, putain, j’ai mal. J’ai l’impression qu’on enfonce des coups de couteau dans mon estomac, encore et encore, m’obligeant à souffrir à chaque respiration, à chaque mouvement. « Je… Hm… Il y a deux semaines, quand je suis rentré, je t’ai trouvée. T’étais par terre, baignant dans ton propre sang. Et… Cette fille, Zoé, elle était à côté de toi. Mais elle était morte, elle. » Je ferme les yeux, fuyant le regard d’Avery. Zoé. Elle est morte, cette fois. Je me souviens. Plus jamais elle ne reviendra s’introduire chez moi au milieu de la nuit. Plus jamais je n’entendrais le son de sa voix, plus jamais je n’entendrais les accusations dont elle me porte responsable. Elle est morte. Elle est morte, je l’ai tuée. Une seconde fois. Comme si la première n’avait pas suffi. Je vois du sang, partout, par terre, sur mes mains, qui m’encercle. Je vois le poignard que je laisse tomber au sol, après l’avoir enfoncé dans l’abdomen de Zoé. Je suis son bourreau, et je le serais toujours. C’est ainsi. C’est écrit. « Je veux pas savoir ce qu’il s’est passé, mais Alex… Putain, Alex, arrête tout ça. » Arrête les conneries. Arrête de vouloir embrocher tout le monde. Arrête de ressentir ces pulsions meurtrières qui te font vivre depuis ta sortie de l’arène. Arrête de ressentir ce besoin de sang sur tes mains, encore et toujours. Tu vis plus que pour ça, Alex. Pour la mort. De préférence donnée par tes soins. Zoé est morte par ta faute, parce que tu n’as pas su te contrôler, parce que tu n’as pas voulu te contrôler. Mais avant Zoé, il y a eu Phoenix aussi. Mais Avery n’est pas au courant. Tu te souviens de Phoenix, pas vrai ? Ton mentor. Celui qui a toujours refusé de t’aider. Celui qui est entré de force chez toi un soir, celui qui t’a menacé, celui qui t’a piégée. Celui que tu as tué. Comme Zoé. Un coup de poignard en plein ventre. Le meurtre parfait. Certain d’être condamné, mais mourant lentement et douloureusement. Juste comme tu aimes. Parce que t’aimes ça, maintenant, Alex. Tu as besoin de sang pour vivre. Et avant Phoenix, il y a eu Zoé, pour la première fois. Mais il y a aussi eu Finley, Nathan, Krisen, Rhona et Rory. Et qui il y aura d’autres, après ?

C’est à toi de le décider, Alex.





Dernière édition par Alexiane R. Hawthorne le Ven 2 Jan - 20:23, édité 29 fois
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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Mar 19 Nov - 22:38

bonjour vous




they were kids that i once knew.
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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Mer 20 Nov - 14:45

Bonne chance pour ce nouveau départ


'CAUSE I STILL DO DEPEND ON YOU
SO DON'T SAY THOSE WORDS, THAT RUN ME THROUGH

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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Mer 20 Nov - 15:02

mademoiselle
bon courage pour la reconstruction de ta fiche I love you
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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Mer 20 Nov - 16:19

chou
Good luck pour ce reboot de fiche, que j'ai hâte de lire as you know



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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Mer 20 Nov - 17:34

Bienvenue sur MJ potiteuh fille :kathleen:

Bon courage pour cette nouvelle fiche ma belle I love you
:kathleen:



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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Mer 20 Nov - 18:48

bon courage pour ta nouvelle fiche, jolie Alexiane :kathleen:



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△ points : 0
△ multicomptes : tris fanshawe (d2)
△ à Panem depuis le : 24/08/2013
△ âge du personnage : 18 y.o


can you save me?
statut: condamnée
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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Mer 20 Nov - 19:32

YOU ROXE  


I GUESS I FORGIVE YOU
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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Mer 20 Nov - 19:37

Les vaches et le chocolat c'est bien! :kathleen:Arrow
Bonne chance pour ta nouvelle fiche!
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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Mer 20 Nov - 22:46

C'est le grand come back des 75èmes sur les fiches de présa hihihi What a Face


FIN BREF REBIENVENUE MON VIEUX MARI Bonne chance pour ta fiche déjà délicieuse
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DISTRICT 8
△ correspondances : 2406
△ points : 12
△ multicomptes : Robin D. Bates / F. J. Kennedy
△ à Panem depuis le : 01/04/2012
△ humeur : Blasé.
△ âge du personnage : 35 ans
△ occupation : [i]Chef[/i] Pacificateur du D08


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statut: Single.
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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Dim 24 Nov - 3:40

Bah bienvenue à toi ! Fais attention, ton avatar est déjà pris !

:kathleen:

Enjoy remodeler la pitite Alexiane What a Face ! ♥️
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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Dim 24 Nov - 12:18

Aleeeeeew
Re-bienvenue vieille branche
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△ âge du personnage : vingt-deux ans
△ occupation : mentor


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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Dim 24 Nov - 17:43

N'est-ce pas Ever :kathleen:

@Adonis Nightsprings a écrit:
Bah bienvenue à toi ! Fais attention, ton avatar est déjà pris !
Le pire c'est que j'ai flippé pendant quelques secondes :kathleen:

Merci tout le monde chou




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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   Dim 24 Nov - 18:12

@Alexiane R. Hawthorne a écrit:
Le pire c'est que j'ai flippé pendant quelques secondes :kathleen:
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MessageSujet: Re: get along with the voices inside of my head + alexiane   

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get along with the voices inside of my head + alexiane

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