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 Wish I never knew you - Jorah & Charlie

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MessageSujet: Wish I never knew you - Jorah & Charlie   Dim 20 Oct - 18:24

Hj : Désolée, c'est looooooong. Beaucoup de blabla inutile en plus, promis je ferai plus court la prochaine fois.

Allongée à plat ventre sur un rocher, bercée par le bruit des vagues qui venaient se briser contre le récif, Charlie savourait les caresses d’un vent frais sur sa peau, tandis que le soleil dissipaient les dernières gouttes d’eau qui ruisselaient sur son corps nu. Elle songea un sourire aux lèvres que c’était une véritable aubaine pour elle d’avoir été promue dans un District au climat aussi agréable. Mais ce qu’elle aimait le plus, ici, c’était l’océan ; cette vaste étendue d’eau salée, pareille à nul autre chose sur cette Terre, qui la fascinait tant depuis son arrivée au Quatre, quelques jours auparavant. De toute son existence, la jeune brune n’avait encore jamais rien vu d’aussi beau qu’un coucher de soleil au-dessus de la mer, qui se drapait pour l’occasion d’une magnifique teinte orangée. Chaque soir, si les circonstances le lui permettaient, elle se rendait ici, son petit coin à elle, pour assister à ce spectacle qui ne la laissait jamais indifférente. La Nature recelait de tant de beautés qu’elle en oubliait parfois à quel point la vie pouvait être horrible, monstrueuse, sans pitié. Mais ces couchers de soleil, promesses de lendemains meilleurs, lui rappelait que l’espoir subsistait toujours ; bientôt, les choses se calmeraient et tout rentrerait dans l’ordre. Comme avant. Elle pouvait rester des heures, sans bouger, à contempler l’horizon, se demandant s’il existait d’autres contrées de l’autre côté, par-delà les flots. Parfois, elle s’imaginait un monde où l’harmonie régnait, où les Hommes ne se dressaient pas les uns contre les autres à la moindre occasion, et où personne ne succombait à la maladie et à la famine. Un monde qui ne serait pas déchiré par une guerre aussi inutile que meurtrière et où la violence, la souffrance et la peine ne seraient pas le lot quotidien. Charlie avait bon nombre de défauts, mais la naïveté n’en faisait pas partie. La jeune femme n’était pas dupe, elle savait que le monde dont elle rêvait ne pouvait pas exister. Peut-être n’y avait-il même rien de l’autre côté de la mer.

Dans ces moments-là, elle aurait tant aimé que son père soit à ses côtés pour profiter de cette vue magnifique qui s’offrait à elle ; lui qui lui avait transmis son besoin avide de liberté et sa soif insatiable de découverte. Mais la dure réalité la rattrapait toujours, et elle se rappelait que son père n’était rien d’autre qu’un traitre, et qu’elle n’avait plus le droit, plus jamais, de songer à lui. A sa famille. A ces gens qui avaient un jour partagé sa vie. Petite, il lui avait souvent promis qu’ils s’enfuiraient tous les deux loin des grillages oppressants qui bordaient le Onze pour voguer de District en District, parcourir les étendues de champs et l’immensité des forêts, profiter de cette liberté dont on les privait injustement. Et où se trouvait-il à présent, hm ? Enfermé six pieds sous terre, insignifiante fourmi parmi la colonie, errant à travers les souterrains étroits du Treize, privé à tout jamais de la lumière du soleil et du grand air qu’il recherchait tant. Et tout ça pour quoi ? Ils avaient quitté le District Onze car à ses yeux, le Treize représentait la liberté et la fin de l’oppression… Alors qu’en réalité, on ne vivait pas mieux au Treize que partout ailleurs, c’était même pire. Quelle ironie.

« Ce District est fait pour toi, tu sais. » Une voix masculine l’extirpa de ses pensées. Elle tourna son visage en direction du blond, assis un peu plus loin, attendant une explication qui ne tarda pas à arriver. « Il y a le mot « mer » dans ton nom. Enfin, presque. » Elle sourit à son partenaire, qui représentait bien plus encore. Il n’était pas seulement son ami, il était également son soutien le plus précieux et son plus fidèle allié. L’un des seuls à qui Charlie vouait une confiance aveugle, elle qui, depuis sa mésaventure au District Treize, passait le plus clair de son temps à se méfier de tout le monde. Tout le monde les voyait déjà mariés, mais il n’était pas question d’amour entre eux deux, juste d’une éternelle et indéfectible amitié. Les commentaires à ce sujet la ramenaient toujours à une autre époque, un autre temps, un autre garçon, avec qui tout le monde la voyait déjà finir ses jours. Un passé douloureux. Une partie de sa vie sur laquelle elle avait définitivement tiré un trait. « Au moins, on ne se gèle pas les miches comme dans le Neuf, rétorqua-t-elle, et rien que pour ça, je sens que je vais me plaire ici. »

Le District Quatre. Son unité y avait été récemment envoyée pour soutenir les Autorités locales dans la lutte contre le terrorisme, pour apporter du renfort aux Pacificateurs déjà sur place, qui peinaient à endiguer le vent de révolte qui soufflait depuis peu sur le District. Pour punir une bonne fois pour toutes les ingrats qui perpétraient l’affront de se dresser contre la bienveillance du Capitole. Ce jeu du chat et de la souris durait depuis bien trop longtemps déjà, et Charlie ne comprenait pas pourquoi les Pacificateurs du Quatre ne parvenaient pas à mettre un terme à cette mascarade. Le District était loin d’être le plus peuplé de tout Panem, il était donc beaucoup moins aisé pour ces hors-la-loi de se cacher ; sans parler du fait que la population locale, inhabituellement pauvre pour un District de Carrière, s’était vivement détournée de la cause rebelle par peur de représailles sanglantes. Le souvenir encore vif du dernier châtiment qu’ils avaient essuyé avait marqué leur esprit au fer rouge, suffisamment pour tirer les leçons des erreurs du passé, afin de ne plus être amenés à les commettre dans l’avenir. Ne le comprenaient-ils pas, tous ces gens, que sans le Capitole, leurs conditions de vie seraient encore plus médiocres ? Que le pouvoir en place œuvrait uniquement pour le bien de tous ? Que les Pacificateurs usaient de la force parce qu’ils y étaient contraints par les assauts répétés et injustifiés des rebelles ?
Charlie les avait longtemps côtoyés, ceux qui se prétendaient rebelles. Elle avait vécu parmi eux, avait noué des liens avec beaucoup, s’était attachée à certains, et la jeune femme avait même fini par se laisser gagner par leurs idées anarchistes. Mais ce temps était révolu. Elle vivait dans l’erreur, s’était murée dans ses certitudes, n’avait fait que bêtement répéter ce qu’on lui avait appris sans jamais daigner se poser de questions, ouvrir son esprit à d’autres conceptions, mais aujourd’hui, elle avait finalement ouvert les yeux. Ce n’était pas évident de reconnaitre qu’elle s’était fourvoyée sur toute la ligne, elle avait dû renoncer à sa famille, à ses amis, mais elle avait été de l’avant sans se laisser abattre. Elle avait pris conscience que la rébellion n’engendrait rien d’autre que la mort et la désolation. Que les cadavres d’innocents s’empilaient des deux côtés au nom d’idéaux chimériques, impossible à mettre en pratique. Que les rebelles n’étaient pas meilleurs que ceux qu’ils combattaient,  qu’ils usaient des mêmes stratagèmes immoraux et violents que leurs ennemis, s’abaissant ainsi à leurs niveaux. Ils étaient tellement aveuglés par la haine, tellement consumés par la rage qu’ils ne comprenaient pas que sans le Capitole, ce serait pire. Qu’après la chute du Gouvernement, il n’y aurait plus rien.

Un paquet de linge blanc, qu’elle devina être son uniforme, lui arriva en pleine figure. « Allez, rhabille-toi ! On va être en retard pour notre première patrouille. » « Depuis quand êtes-vous si discipliné, Pacificateur Jackson ? », lui demanda-t-elle amusée. Il fallait bien avouer que ni l’un, ni l’autre n’étaient des modèles d’obéissance. Pour preuve, ils devraient être à l’hôtel de ville à l’heure actuelle, mais à la place, ils avaient préféré piquer une tête dans la mer. « Je veux juste ne pas être catalogué glandeur de service dès mon premier jour dans ce District. » C’était plutôt mal parti, en vérité. « Ok, capitula-t-elle, je m’habille. Tourne-toi. », lui intima-t-elle. « Depuis quand être-vous si pudique, Pacificatrice Seearden ? » et sa remarque lui arracha à nouveau un sourire.


[...]


Charlie était persuadée qu’elle ne s’habituerait jamais tout à fait à la puanteur qui enveloppait constamment le District tout entier ; cette odeur de poisson cru qui agressait sans pitié son odorat, la prenait à la gorge et qui, la première fois qu’elle y avait été confrontée, l’avait violemment secoué de plusieurs haut-le-cœur. Les deux Pacificateurs arpentaient les rues de long en large, à la recherche de quiconque ou de quoi que ce soit de suspect ; il avait été décidé de mettre en place plusieurs patrouilles dans le District afin de sécuriser les lieux.

«Tu sais, il fallait que je te dise que… » Elle ne saurait jamais ce qu’il tenait à lui dire, car son ami ne termina pas sa phrase. Une détonation lui vrilla les tympans et un liquide chaud lui aspergea le visage tandis que Dig s’écroulait sous ses yeux horrifiés, écarquillés par la stupeur. D’instinct, Charlie se jeta derrière des tonneaux qui trainaient là, mais ce coup de feu ne fut suivi par aucun autre. Après quelques secondes d’attente, pour s’assurer que la zone était hors de danger, elle rampa jusqu’au corps de son partenaire, au cou rougi. Aussitôt, elle pressa ses mains sur la plaie béante pour épancher l’hémorragie massive qui s’en écoulait, mais il était déjà trop tard pour lui venir en aide. Elle le savait, l’avait compris et pourtant, elle s’évertuait encore à retenir cette vie qui quittait peu à peu son corps. « Un homme à terre ! », hurla-t-elle à plein poumons pour prévenir ses collègues aux alentours, les yeux brouillés de larmes. Elle s’attendait presque à ce qu’il ouvre les yeux et qu’il lui lance d’un ton enjoué « Je t’ai bien eu, Seearden ! », mais rien ne se passa. Il restait désespérément immobile, tellement qu’elle eut subitement l’envie de le secouer comme un prunier pour qu’il revienne à lui. « A l’aide ! »

C’est à peine si elle entendit les pas se rapprocher, à peine si elle sentit des bras puissants la soulever fermement de terre pour la remettre sur pieds. Elle était anéantie, couverte du sang de son ami, mort pour rien. Tombé au combat pour une guerre qui n’était pas la sienne. Il était innocent. Il n’avait jamais brutalisé qui que ce soit ; comme elle, il ne prônait pas la violence et s’était enrôlé dans l’unité dans l’unique but de manger à sa faim et d’avoir un toit sur sa tête. Il n’avait jamais fait de mal à personne. Il était innocent. Innocent. Et l’enfoiré qui l’avait descendu allait le lui payer très cher.

Charlie recouvra ses esprits et essuya rageusement ses larmes d’un revers de manche. « On fouille toutes les maisons des environs. », rugit-elle. Le tireur ne peut pas être bien loin. Pas avec toutes les patrouilles qui se trouvent dans le secteur. » Les mains pleines de sang, elle s’empara de son arme, blottie contre sa hanche, cette arme dont elle ne s’était jamais servie par le passé, du moins, nul part ailleurs qu’aux entraînements, mais bien décidée aujourd’hui à en faire usage. L’arme au creux de ses doigts ensanglantés criait vengeance et elle allait assouvir cette rage qui l’étreignait, elle allait faire souffrir quelqu’un juste pour taire la douleur qui grondait en elle. Elle fouilla plusieurs maisons, menaça sans ménagement des familles apeurées pour obtenir des aveux, des témoignages. En vain. A les croire, personne n’avait rien vu, rien entendu. Ils mentaient, c’était évident, mais elle n’avait pas le temps de s’attarder davantage. Car chaque seconde comptait si elle voulait mettre la main sur le tireur. Il ne pouvait pas être loin, il était forcément encore dans les parages. Elle tenta sa chance dans une autre maison, ouvrit la porte d’entrée d’un violent coup de pied et pénétra dans la première pièce, un salon ou ce qui s’en rapprochait le plus, sans y avoir été invitée. Une silhouette, un homme, se tenait de dos un peu plus loin. « Les mains en l’air, ordonna-t-elle d’un ton sec qui n’accepterait aucun refus. Bien haut que je puisse les voir. Voilà, maintenant tournez-vous. Lentement. »

Hj² : Oui, le mec à la fin est bien Jorah What a Face I love you



« i was in the wrong place at the wrong moment. »
In the night I lie awake, so complicated and my soul, it wages war with self control. I know that now I don't understand the games I played, just the price that I've paid. Was it all only for dignity and pride that I'm left broken inside ?

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MessageSujet: Re: Wish I never knew you - Jorah & Charlie   Lun 4 Nov - 15:17

Ça fait mal, tellement mal. Tes yeux ne s'ouvrent que pour contempler agressivement le mur en face de toi, puis ils se referment, laissant de nouveau ce terrible fléau s'abattre sur toi. Il n'y a plus rien qui compte, plus rien qui vaut la peine d'être vécu. C'est comme si tu avais déjà tout vu de ce monde, comme si il n'avait plus rien a t'offrir en échange de quelques minutes de vie, de conscience. Tout ce poids que tu portes, tout ce corps qui devient trop lourd a déplacer, même tes mains ne cherchent plus a comprendre. Tu tâtonnes dans le noir Jorah, a la recherche de quelque chose qui pourrait sauver ta peau. Il faudrait que ça arrive, comme ça, soudainement, sans donner le moindre indice. Tout est noir, sombre, et il y a ce cœur qui n'en peut plus de vivre, de respirer lentement. Tu voudrais pouvoir mourir. Simplement, comme un long soupire qui s’efface peu a peu dans la nuit, comme une pierre lancée contre les vagues déchaînées qui viendrait se perdre au milieu de l'océan. Il n'y a plus rien pour toi ici Jorah, plus rien qui ne vaut la peine qu'on se batte plus fort, qu'on y croit encore un peu. Et ça fait mal. Tout ça. Toutes ces choses qui s'accumulent autours de toi et qui prennent plaisir a te voir sombre un peu plus dans la folie. Les jours deviennent plus court, les nuits plus longues, et pourtant tu n'arrives pas a trouver un sommeil rassurant, qui viendrait te libérer de tous les maux qui te rongent. C'est fini, n'est-ce pas Jorah ? Tu en as fini avec ça et tu ne veux plus jamais en entendre parler. Tu les vois dans tes rêves, quand tu arrives enfin a fermer les yeux et arrêter de penser, tu vois tous ces gens qui ont fait parti de ta vie a un moment précis, puis ils finissent pas s’estomper dès que tes yeux s'ouvrent a nouveau pour admirer le néant. Tu essayes de te rassurer, de te persuader que tu n'avais pas d'autres choix que celui de fuir. Ils avaient essayés, de te mettre en garder, de te barrer la route pour ne pas que tu te perdes dans la noirceur de tes actes a venir, mais tu n'avais même pas pris la peine de les écouter, comme a ton habitude. Ton cerveau, cette machine de guerre sans âme, t'insinue que tout ça c'est uniquement pour le mieux, que ça finira par passer et que tout reviendra comme avant. Avant, quand tu étais encore capable de compter sur tes intuitions, quand les coups portés par la vie te faisaient plus de bien que de mal, avant quand tout était plus simple et que rien n'était écrit d'avance. On dirait que le destin se fout de ta gueule Jorah, et toi tu penses que ça n'est que justice pour tout ce que tu as fait dans ta vie, de bien comme de mal.

Tu dors beaucoup ces temps-ci, comme si le sommeil était la seule chose capable de te faire du bien, comme si il n'y avait plus que ça pour te libérer de tes démons. Et pourtant tu continu a faire ces drôles de rêves, ceux dans lesquels tu revis nuit après nuits les moments importants de ta vie, de ton histoire. C'est son visage qui, presque a chaque nuits, vient te hanter, comme la matérialisation de toutes tes erreurs passées. Charlie, douce et calme Charlie. Elle ne te méritait pas, et tu le sais très bien. Quelques fois tu rêves de ce qu'aurait pu être ta vie si tu avais décidé de rester, de ne pas te lancer a la poursuite de ton père. Tu aurai repris ton entraînement, patiemment, admirablement, tu en serais sorti avec les honneurs de tes pères et tu aurai fini avec un bon poste au sein de l'armée, tout ça sans jamais mettre le nez dehors, en ayant aucune expérience de la vie. C'est différent, dans les districts la vie n'est pas la même que sous-terre. Les gens ont peur, ils refusent de voir la vérité en face et s’obtiennent a faire la même chose jours après jours, parce qu'ils ne connaissent aucun autres moyens de vivre. Et que ce serait-il passé si tu avais réussi a la retrouver, que lui aurai-tu dit ? Je suis désolée, j'avais peur. Peur, ce mot s'incruste dans ta tête comme marqué au fer rouge et tu n'arrives pas a l'en sortir. Tu as peur. Ils vont finir par te trouver, que se soit les pacificateurs ou les soldats du treize. Tu ne peux pas vivre cette vie Jorah, a errer dans les districts en espérant croiser ton père, en espérant sauver Charlie. Et si elle ne voulait pas être sauvée ? Tu y a pensé a ça ? Tes paupières se referment et tu rêves d'une jeune femme brune, paralysant du regard quiconque se trouve sur son chemin, décimant des familles par pur plaisir, savourant le sang qui s'écoule le long de ses mains.  

Un bruit strident s'incruste dans ton rêve et, pendant un instant tu images que ce n'est que le produit de ton imagination, que tu vas finir par te réveiller comme a chaque fois, dans la pénombre et le froid brûlant de ce début de mois. Tu vas recommencer a tâtonner dans le noir avec l'espoir qu'une nouvelle vague de sommeil vienne mettre fin a la souffrance qui se diffuse dans ton corps, dans ta tête. Mais ce bruit, ce son effrayant, il ne fait pas parti de ton rêve, n'est-ce pas Jorah ? C'est bien la réalité, et ça s’intensifie a mesure que tu ouvres péniblement les yeux. Tes mains cherchent, encore, toujours, un morceau de mur, une chaise ou un quelconque objet qui pourrait te permettre de soulever ton corps devenu trop lourd, trop froid. D'un mouvement lent, presque en accord avec ce bruit qui se répète intensément dans le vide, tu réussis a mettre un pied, puis deux, sur le sol. Avec toutes ces heures de sommeil, tous ces rêves obscurs et ce corps qui n'en finit pas de te faire du mal, tu mets plus d'une quinzaine de minutes avant de trouver la force qu'il te faut pour atteindre la porte. Une main en visière devant tes yeux tu réussis, péniblement, a te rendre compte que ce bruit n'est du qu'au vent qui fait crisser les branches contres les carreaux de tes fenêtres. Ton soupir se perd dans le vide tandis que tu agrippes ta tête de tes mains. Ça fait mal, trop mal. Toutes ces images dans ta tête qui n'en finissent plus d'apparaître et de disparaître comme pour se moquer de toi, de l'homme que tu es devenu. Tu voudrais pouvoir crier, crier assez fort pour détruire ces foutus branches qui se foutent de ta gueule, qui te rabaisses toujours plus en crissant contre le verre. Il faut que tout ça prenne fin.

Le corps froid et l'esprit embrumé, tu te diriges vers ton pull qui pend mollement contre le dossier d'une chaise. Quelques minutes après tu es dehors, arrachant a mains nues les branches qui émettent des craquements sinistres. Et puis, plus rien. Plus rien qu'un goût de sang, métallique, froid, qui s'empare de ta bouche, plus rien que de la folie dans tes yeux clairs. Il faut que tu fasses quelques chose pour mettre fin a cet épisode morbide de ta vie. Et si il n'y avait plus qu'une seule solution Jorah ? Et si tout ça devait finir par une balle bien placée entre les deux yeux. Tu ne sais, tu ne sais plus. Ça serait tellement logique, tellement navrant a la fois. Pour sortir de cette horreur il faut que tu mette fin a tout ça, de la manière la plus simple possible. Entrant en trombe dans ta maison, qui n'ait rien d'autre qu'un taudis innommable dans lequel tu passes ton temps a dormir, tu agrippes une arme, dérobée au district treize lors de ta désertion. C'est là que tout prend fin, n'est-ce pas Jorah ? Rassure toi, tout est bientôt terminé.

Des larmes froides glissent lentement sur te joues rougies par le vent. L'arme repose a côtés de tes genoux posés a même le sol, dans les feuilles mortes et balayés par les airs venus de la mer qui borde le district quatre. Tu n'y arrives pas. Tu aurai pourtant penser que cet acte mettrait fin a ta vie de lâcheté, partir un comme lâche, parce que tu n'est rien de plus que ça. Tes doigts s'enfoncent longuement dans la chaire de tes épaules, tu voudrais pouvoir faire partir cette douleur rien qu'en faisant couler ton sang, comme un éradiquerait un venin se propageant. Ça n'est pas toi. Tout ça ne te ressemble pas. Tu es un battant Jorah, tu l'as toujours été et tu continuera de l'être tant que tu ne te laisses pas sombre dans cette folie, dans cette colère. Un cri rauque vient déchirer le ciel, tes poings se serrent et tu prends conscience du fait que tout ça vient peut être de prendre fin, que cette pseudo dépression ne viendra plus te jouer des tours. L'arme vient se place dans ta main comme une seconde peau, ici, enfoncé peu profondément entre les rochers de la falaise qui borde ta maison, tu croises le regard d'un pacificateur qui s'avance lentement vers toi, un fusil pointer directement entre tes deux yeux. Sans même y réfléchir tu dégaines le pistolet toujours appuyé contre ta paume, un bruit vient dénouer cette histoire. Tes yeux se font plus insistant, ta main tremble, et tu te rends compte que tu as bien tirer sur quelqu'un, un homme a l'uniforme blanc se trouvant a une dizaine de mètres devant toi, mais cet homme Jorah, cet homme ne porte pas de fusil. Tes jambes agissent sans que ta tête n'en donne l'ordre et, en quelques minutes, tu te retrouves chez toi a ranger le nécessaire dans un grand sac de toile. Un innocent, pacificateur certes, mais un homme qui n'avait rien dit, rien fait pour te causer des tords. De grosses gouttes de sueur tombent de ton front, il faut que tu t'en ailles, le plus loin possible, et ne jamais revenir dans le quatre. La porte vola en éclat sous le joug d'un coup frappé fort et tes mouvement s'arrêtent net, ton sac traînant toujours a tes pieds. « Les mains en l’air. Bien haut que je puisse les voir. Voilà, maintenant tournez-vous. Lentement. » Ta mâchoire se serre d'elle-même et, pendant un instant, tu t'imagines dégainer ton arme et coller une balle a cette femme qui vient de faire irruption chez toi et qui, même sans la regarder, porte l'uniforme blanc semblable a l'homme que tu viens de tuer de tes mains. Tu lèves les mains bien haut, montrant a la femme que tu ne possèdes pas d'armes quelconque et que tu prêt a faire de qu'elle demande. Il te faut une solution Jorah, une porte de sortie, pourquoi ne pas juste la tuer dès que tu pourra atteindre l'arme se trouvant dans ton sac. « Je pari que cet homme qui gît n'est autre que votre co-équipier, vous m'en voyez désolé. » Il y a un ton de vérité de ta voix, bien que tu n'es jamais regretté d'avoir tué qui que se soit. Les mains toujours posées contre ton crâne, tu te tournes lentement pour faire face a cette femme qui te tient en joug et qui n'hésitera pas a te plomber la cervelle au moindre geste brusque. Et puis le temps s'arrête. Charlie, douce Charlie au visage jadis si accueillant. Il n'y a plus rien dans ses yeux que de la colère et une envie de sang. Tu clignes des yeux, plusieurs fois. C'est bien elle Jorah. « Charlie...»
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MessageSujet: Re: Wish I never knew you - Jorah & Charlie   Dim 1 Déc - 22:50

Hj : désolée du retard...

Les mains de Charlie se resserrèrent autour de la crosse de son arme, l’index sur la gâchette, prête à presser la détente au moindre mouvement suspect de l’homme qui lui tournait le dos, mais il eut la sagesse d’obtempérer docilement, sans protester, sans opposer la moindre résistance. Cependant, elle restait sur ses gardes, parée à toute éventualité.

« Je parie que cet homme qui gît n’est autre que votre co-équipier, vous m’en voyez désolé. » Sa voix brisa le silence oppressant qui s’était peu à peu installé entre eux deux et Charlie prit ces paroles pour ce qu’elles étaient ; un aveu. Par chance, elle avait frappé à la bonne porte, pour ainsi dire. Elle eut l’impression que son cœur venait de chuter dans son estomac. Dig… Dig était mort, et elle était couverte de son sang. C’était un gars bien. Vraiment. Il jouait aux gros durs, mais elle savait qu’il n’aurait jamais fait de mal à une mouche. Il avait rejoint les rangs des Pacificateurs dans l’unique but de survivre. Survivre, voilà ce à quoi ils aspiraient tous, pas vrai ? Elle refoula les larmes qu’elle sentait monter en elle ; elle s’était fait la promesse solennelle, il y a longtemps déjà, qu’elle ne pleurerait plus. Plus jamais.

« Ferme-la. », répliqua-t-elle sur un ton calme, mais néanmoins agressif. Il n’était pas désolé. Il avait délibérément pointé son arme sur son ami, et avait tout aussi sciemment appuyé sur la gâchette. Ses excuses minables ne parviendraient pas à engendrer un sentiment de pitié à son égard, il allait payer le prix cher pour avoir osé défier l’Autorité de Panem. Puis l’homme se retourna, lentement, trop lentement à son goût… Et soudain, son cœur cessa de battre, tout du moins, c’est l’impression qu’elle en eut, et le temps lui-même semblait avoir suspendu son vol. Ce visage… Elle en connaissait parfaitement les traits, pour les avoir contemplés des heures durant ; les boucles brunes au sommet de sa tête, dans lesquelles elle aurait aimé glisser ses doigts, le regard dur et froid qui semblait s’illuminer lorsqu’elle se trouvait dans les parages, le nez droit, le menton fier… et ses lèvres, ses lèvres qu’elle brûlait d’embrasser, sans jamais trouver le courage de sauter le pas. Un visage autrefois aimé, aujourd’hui détesté. Jorah. Ici. Devant elle. Elle... Elle ne comprenait pas. Ne comprenait pas ce qu'il faisait ici, dans cette maison. N'était-il pas censé être en fuite ? Pourquoi ici, pourquoi maintenant ? Tout ceci n'était-il qu'un rêve ? Pourtant, les détails lui semblaient tellement réels ; ce liquide chaud qui maculaient ses vêtements et sa peau, l'odeur métallique du sang qui la prenait à la gorge, son coeur qui cognait douloureusement contre ses côtes. Elle prit quelques secondes pour l'observer, de la tête aux pieds. Il lui semblait plus grand, plus musclé que dans sa mémoire, mais peut-être que les souvenirs qu'elle gardait de lui étaient déformés par cette colère sourde qui grondait en elle, par cette haine viscérale qu'elle lui témoignait. Elle avait tant prié pour croiser à nouveau sa route, pour le retrouver un jour, afin de lui faire payer sa trahison, mais aujourd’hui qu’il se tenait là, devant elle, à sa merci, elle ne savait plus quelle attitude adopter. Elle avait toujours pensé qu’elle serait capable de le tuer sur place, sans pitié ni remords, mais en réalité, à l’avoir ainsi face à elle, Charlie crut mourir de chagrin. Mais ce n’était plus un ancien ami qui se tenait devant elle, c’était un ennemi de Panem, craint de tous, et recherché comme le loup blanc. Voyez un peu le gros poisson qu'elle avait attrapé dans son filet.

« Charlie… », la reconnut-il. Son prénom, seul stigmate de ce passé qu’ils avaient un jour partagé, flotta un instant entre eux deux, avant de s’évaporer dans les airs, là où était sa véritable place.
« Charlie est morte, il y a des années de cela. », le coupa-t-elle sèchement. Plus personne ne l’appelait ainsi, désormais.  « Et tu vas la rejoindre très vite. »

Elle était morte le jour où Jorah l’avait laissée tomber. Le jour où il avait laissé son père l’emmener loin du Treize, loin des siens. Loin de ses bras. Ne ressentait-il donc rien pour elle ? S’était-elle tout imaginée ? Les sourires complices, les moments qui n’appartenaient qu’à eux, leurs mains qui souvent se frôlaient… Tout ceci n’avait donc jamais existé ? N’était-elle qu’un vulgaire pion dans ses jeux ? Elle voulut hurler sa peine et sa douleur, hurler jusqu’à ce que sa voix se brise, jusqu’à ce que ses poumons se vident de tout leur air, jusqu’à ce que plus aucun son ne sorte de sa gorge. Elle avait tant rêvé de le revoir un jour, pour le punir d’avoir joué avec son cœur ; elle l’avait placé entre ses mains, et il l’avait déchiqueté sans pitié, la réduisant à néant. Elle n’était mue que par le désir de vengeance, et maintenant que l’opportunité tant désirée se présentait à elle, elle était incapable… Incapable de quoi que ce soit. Incapable de réfléchir, incapable d’agir. Elle restait stupidement plantée sur ses deux pieds. Elle aurait voulu s’enfuir en courant, fuir ce passé, mais elle ne pouvait pas, elle n’en avait pas le droit. Pour Dig. Charlie se rua vers lui, et frappa son torse de ses poings, déchargeant sa colère, les larmes baignant ses yeux qui lançaient des éclairs.

« Pourquoi tu l’as tué ?! Il ne t’avait rien fait ! Rien ! », hurla-t-elle, quand les véritables paroles qu’elle aurait voulu lui dire étaient : pourquoi tu m’as laissé tomber ? Pourquoi tu l’as laissée m’emmener, sans rien faire ? Pourquoi ? Tu détruis tout ce que tu touches, Jorah. Tout.

Pourquoi. Cette interrogation lui revenait toujours en tête. Ils auraient pu vivre heureux, tous les deux. Ils auraient pu. Mais le Destin, et Jorah lui-même, en avaient décidé autrement. Il ne t’aime pas, lui susurra une petite voix dans sa tête. Il ne t’a jamais aimée, pauvre idiote, ouvre les yeux.

« Beaucoup de Pacificateurs te recherche, Jorah. », reprit-elle d’un ton plus calme, à nouveau maître d’elle-même. Elle le détestait de tout son être, mais elle aimait toujours la façon qu’avait son prénom de rouler sur sa langue, et elle s'en voulut terriblement de ressentir encore cela. «Tu vas être reçu comme une star. Ton père sera ravi de te revoir, j’imagine.» Elle se plaça derrière lui, attrapa ses bras pour les lui maintenir dans le dos et y passer les menottes. Et ce simple geste lui déchira le cœur. Une part d’elle-même ne voulait pas le livrer aux Pacificateurs, mais l’autre part lui rappela à quel point elle le haïssait. Il méritait ce qui allait lui arriver. « Avance. » Elle plaqua sa main dans son dos et le poussa vers l’avant. Et à ce simple contact, elle crut défaillir.

Mais de désir ou de haine, elle ne le savait pas vraiment.



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MessageSujet: Re: Wish I never knew you - Jorah & Charlie   Lun 27 Jan - 13:55

Tu te demandes si tu es un animal ou bien un saint, mais tu es l'un et l'autre, et tellement de choses encore. Les éclairs dans ton esprit non de cesse que de te pousser un peu plus vers la folie, toi qui a toujours réussi a faire la part des choses, toi qui n'avais jamais expérimenté la mort d'aussi prêt. Quelqu'un est mort, un pacificateur certes, mais un homme avant tout. Peut-être avait-il une famille, peut-être c'était il engagé pour d'autres raisons que celles de torturer des gens et de tuer la liberté des habitants, peut-être avait il une femme, des enfants, des amis de longues dates qui n'auraient plus l'occasion de rire avec lui. Pourtant tu en as déjà tués des gens, n'est-ce pas Jorah ? Mais tout ces gens qui pourrissent au fond d'un ravin a cause de toi, tout ceux là avaient mérités leur mort, parce qu'il avait voulu prendre ta vie. La tête emplie de pensées noircies par ton acte, tu te diriges en courant vers ta maison, que tu vas devoir abandonner durant les prochaines semaines, mois, peut-être pour toujours. Le temps presse, tu peux entendre le vacarme qu'à provoqué ton acte, des gens hurlent, d'autres courent dans toutes les directions, tu arrives même a capter la colère de certains, qui cherchent a tout prix le responsable afin de lui faire payer. Pourquoi faut-il toujours que tu te mettes les pacificateurs a dos ? Ta vie n'est déjà pas assez compliquée Jorah ? Tout le monde te cherche, tu es le loup blanc dont on rêve d'avoir la tête accrochée au dessus de la cheminé. Le district treize, les pacificateurs, une poignée de rebelles, tous sont convaincus que tu n'attires que le mal partout où tu passes, que rien n'est bon et humain chez toi, qu'il faut mettre un terme a ta cavale avant que tu ne fasses d'autres blessés, voir d'autres morts. Et puis ça te frappe. Ça serait tellement plus simple après tout. Personne ne viendrait te pleurer, tout le monde irait mieux. Ridley ne serait plus obligé de mentir a chaque fois que tu viens la trouver pour avoir un peu d'aide, les rebelles qui sont assez fous pour te faire confiance ne seraient plus obligés de risquer leur vies pour la tienne. Tellement plus simple de disparaître plutôt que de continuer, tellement plus simple d'être lâche.

Tu entends la porte d'entrée qui s'ouvre et qui se referme en une poignée de seconde, une voix féminine, enragée, celle d'une femme qui vient de perdre quelqu'un, un ami, un frère, un amant. Tu n'as pas a te retourner, tu sais déjà qu'elle porte l'uniforme des pacificateurs et que son arme te tient en joug. Une porte sortie, voilà ce que tout ça représente. A quoi ça sert de s'accrocher a la vie de cette façon, si tu penses ne pas être digne de ce qu'elle peut t'apporter. Lentement, tu places des mains au dessus de ton corps, les joignant sur le haut de ton crâne. Tu pourrai, dégainer ton arme, t'accroupir d'un mouvement et viser droit dans le genou de cette femme. Oui, tu pourrai. Mais tu ne sais pas trop si tu en as envie, alors tu parles, brisant le silence d'un voix forte.  « Ferme-la. » Sa voix a elle est calme, mais néanmoins teintée d'agressivité, elle veut en finir le plus vite possible, quitte a te mettre une balle entre les deux yeux. La partie de ton cerveau où sont stockés les souvenirs de ta vie dans le district treize semble s'agiter, comme si cette voix avait réveillée quelque chose en toi, quelque chose de profondément enfoui. Pendant longtemps tu as tout mis en œuvre pour oublier les détails de ton ancienne vie, ta mère, Miléna, les entraînements pour devenir le parfait soldat, tout ça c'est retrouver coincés dans les profondeurs de tes souvenirs, parce que tu ne veux plus y penser, parce que ça fait mal de revoir leur visages, eux que tu abandonnés.

Tu choisis d'être un lâche et d'en finir avec tout ça, alors tu te retournes lentement, au lieu de prendre ton arme et de lui tirer dessus pour pouvoir t'enfuir. Et puis c'est comme si le monde entier s'écroulait autours de toi. Il n'y a plus rien, plus rien si ce n'est ce visage que tu découvres, ce visage que tu avais tenté d'oublier et cette douleur qui te cogne si fort que tu pourrait tomber. Tu vois ce regard, celui qui avait le don d'embellir des journées, pour qui tu aurait été prêt a tuer sans remords. Elle n'a plus le même éclat, toute la bonté et la paix qui parcourait ses yeux ont laissé place a une haine profonde. Comment pourrait-elle faire autrement, tu l'as abandonnée Jorah, et maintenant elle te hait plus que tout sur cette terre. L'uniforme blanc, voilà ce qu'elle porte maintenant, voilà le cadeau que te laisses ton père. Il a pris la chose qui comptait le plus a tes yeux, il l'a pris et il l'a détruit, juste pour te faire souffrir, pour te faire payer de ne pas être venu avec lui cette nuit-là. Son prénom s'échappe de tes lèvres, lentement, comme un mot qui tu n'aurai pas le droit de prononcer, comme un poignard qui viendrai transpercer un peu plus ton cœur. « Charlie est morte, il y a des années de cela. » La culpabilité t’envahis, parce que tu sais pertinemment que c'est de ta faute, que la Charlie que tu connaissais est morte le soir où tu n'a choisi de rien faire pour l'empêcher de partir. Tu voudrais pouvoir lui dire, a quel point tu es désolé, comment tu l'as cherchée de district en district pendant plus d'une année, comment le poids des remords a bien failli avoir raison de ta vie plus d'une fois. Mais tu ne fais rien, comme toujours. « Et tu vas la rejoindre très vite. » Tu contemples le sol, comme un chien qui aurait pissé sur la moquette, dans l'attente d'une punition. Vont-ils te torturer pour te forcer a avouer ce que tu sais, ou simplement pour le plaisir de te faire payer toute cette chasse pour te retrouver ? Ou bien vont-ils simplement te tuer, sans aucune explications. Tu préférerai la deuxième solution, quitte a être lâche autant l'être jusqu'au bout.

« Je n'ai pas opposé de résistance Ch... » tu avales ta salive, ne voulant pas la mettre plus en colère qu'elle ne l'est déjà en l’appelant par ce prénom. Tu décroises tes mains au dessus de ta tête et les laisse tomber doucement le long de ton corps, fixant du regard le canon de l'arme pointé sur ta tête. « Laisse moi t'expliquer … » Avant que tu n'ai le temps d'en dire plus la jeune femme se précipite vers toi, frappant de ses poings ton corps courbé sous le poids de tout ce passé qui te frappe en pleine figure. Pendant un instant tu t'imagines attraper ses poignets, serrant son corps contre le tien tout en lui murmurant a quel point tu es désolée, mais tu n'en fais rien. Elle décharge sa colère, laissant ses poings frapper et frapper encore contre ton buste. « Pourquoi tu l’as tué ?! Il ne t’avait rien fait ! Rien ! » Si, il a couru vers toi avec une arme, prêt a t'en foutre une dans la cervelle, c'est du moins ce que tu as imaginé, ce que la folie t'as fait voir. Mais rien de tout n'était réel, ni l'arme, ni la balle dans le canon. « Je suis désolé. » C'est là tout ce que tu peux dire Jorah ? Que tu es désolé d'avoir tué son ami alors qu'il ne t'avais absolument rien fait ? C'est pathétique, tu es pathétique. Te voilà face a celle que tu as toujours aimé, celle que tu as abandonnée, celle dont tu viens de tuer l'ami, et tout ce que tu arrives a formuler ce sont des excuses, du bout des lèvres. Maintenant tu ne rêves plus que d'une chose, qu'elle te colle son arme entre les dents et qu'elle appuie sur la détente. « Beaucoup de Pacificateurs te recherche, Jorah. » Évidence. Ils allaient être tellement heureux, tellement fiers d'elle. Jorah Ernest Baÿs-Galor, enfin livré en pâture aux pacificateurs qui n'avaient de cesse que de le chasser. Ta mâchoire se serre, tes yeux se font plus absents tandis qu'elle passe dans ton dos. Ça serait là l'occasion parfaite, un coup de coude et elle vacillerait, tu pourrait la maîtriser facilement malgré sa force, tu pourrai t'enfuir d'ici, mais le veux-tu vraiment ? « Tu vas être reçu comme une star. Ton père sera ravi de te revoir, j’imagine. » Tu sors de la léthargie a l'entente de cette phrase. Il est donc encore vivant. Tu sens la froideur des menottes contre la chaire des tes poignets mais tu n'arrives pas a penser a autre chose qu'à ton père. « J'ai cherché dans tous les districts, du un au douze sans jamais retrouver sa trace. J'ai pensé qu'il était sûrement mort. » Tu voudrais qu'elle réagisse a son tour, qu'elle se pose les bonnes questions. Oui, tu avais cherché ton père dans tous les districts et oui, tu avais toujours espéré la retrouver pour te faire pardonner.

 « Avance. » Mais tes pieds ne bougent pas, ton corps tourne lentement sur lui-même, pour pouvoir lui faire face. De tes yeux tu cherchent son regard, te plongeant a nouveau dans la profondeur de ces iris clairs. « Charlie » Elle ne veut peut-être pas être appelée de cette façon, mais pour toi elle reste cette jeune femme douce et aimante que tu as connu au district treize et, d'une certaine façon, tu espères qu'elle revienne, pour toi. « Laisse moi tout expliquer, je veux juste te raconter les faits de mon point de vue et après, si je ne t'ai pas convaincue, tu fera ce que tu veux de moi. Je me laisserai faire, je n’émettrai aucune résistance a quoi que se soit et, si il le faut, je te laisserai me tuer. » Les menottes qui encerclent tes mains t'empêchent de faire le moindre mouvement, et pourtant tu voudrais pouvoir les déplacer, prendre son visage dans tes doigts, la toucher une dernière fois. « Je t'en pris, j'ai besoin que tu m'écoutes. » Vos visages a quelques centimètres l'un de l'autre, son arme toujours tenu dans sa main, son regard toujours haineux. Et si elle ne veut pas Jorah ? Peut-être n'a t-elle pas envie de connaître ta version des faits et, dans ce cas, il vaudrait peut-être mieux que tu te prépares a mourir.


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MessageSujet: Re: Wish I never knew you - Jorah & Charlie   Mar 25 Fév - 21:05


Hj : Désolée, je change de style d'écriture en cours de route, mais je suis encore dans la phase où je teste dans quel style je me sens le plus à l'aise.

Impétueux, arrogant, convaincu que rien ne pourrait jamais éteindre ta flamme, tu étais comme le feu. Tu brûlais, Jorah, tu brûlais de cette envie irrépressible de vivre, de découvrir ce monde qui ne semblait attendre plus que toi ; tu rêvais de fouler des terres inconnues et de découvrir de nouveaux paysages qui n’avaient rien à voir avec l’insipidité des souterrains qui nous abritaient. Quant à moi, d’un naturel plus calme, plus réfléchi et plus posé, je suivais docilement le chemin que l’on avait tracé pour moi, cherchant à reconstruire ma vie qui avait foutu le camp, à fuir ce passé dont je voulais plus, comme l’eau qui s’écoule sans jamais pouvoir remonter son cours. L’eau et le feu, c’est ce que nous étions, toi et moi. Deux éléments que tout oppose mais qui pourtant, dans la pensée populaire, ne vont jamais l’un sans l’autre.

Quand j’ai appris que tu avais fuit le Treize, tu sais, je me suis demandé si ce monde que tu n’avais connu qu’à travers le récit de mes souvenirs avait comblé tes attentes ou si, au contraire, il n’avait pas été à la hauteur de l’idée que tu t’en étais toujours fait. Souvent, le soir quand je ne trouvais pas le sommeil, je me posais tout un tas de questions. Dans quel District tu avais trouvé refuge, si tu t’étais marié, si tu étais père de famille. Et t’imaginer entouré d’une femme aimante et d’enfants qui auraient hérité de ton caractère indomptable me filait la nausée à m’en tordre les boyaux. Et je te détestais de m’avoir laissée partir pour ensuite refaire ta vie sans moi. Mais l’instant d’après, c’était moi que je haïssais d’être jalouse de cette femme qui n’existait peut-être pas, et surtout, je me dégoûtais de ressentir encore ce petit quelque chose pour toi, même après ce que tu m’avais fait endurer. Comme si je refusais d’apprendre de mes erreurs. Tu vois Jorah, même après toutes ces années, je n’ai jamais cessé de penser à toi. Pas toujours en bien, je te l’accorde. Pratiquement jamais, même. Et pourtant, j’étais là, à toujours me demander ce que tu avais bien pu devenir. Et si tu m’avais oubliée.

« J’ai cherché dans tous les districts, du un au douze sans jamais retrouver sa trace. J’ai pensé qu’il était sûrement mort. »

Mon cœur, qui s’était gonflé d’espoir aux premiers mots retombe comme un soufflet lorsque tu achèves ta phrase. Tu es cruel, et tu en joues. L’espace d’un instant, j’ai cru que… C’est idiot. J’ai cru que c’était moi que tu recherchais si désespérément. Mais non. Tu n’en as toujours eu que pour ton père, je songe, amère. Heureusement que tu me tournes le dos, car tu aurais pu lire la déception sur mon visage. Plutôt crever que de te montrer que tu comptes encore un peu pour moi. Parce que tu n’es plus rien pour moi, Jorah, tu m’entends ? Plus rien ! Agacée, impatiente, je n’ai soudain plus du tout l’envie de t’écouter. « Avance. », je t’ordonne en te poussant pour t’obliger à m’obéir. Mais tu ignores délibérément mes directives, et tu te retournes pour me faire face et venir ancrer tes prunelles dans les miennes. Tu n’as jamais écouté personne d’autre que toi-même, n’est-ce pas ? A ce contact visuel, mon cœur malade chavire, s’emballe frénétiquement dans ma poitrine, et je prie pour que, dans le silence des lieux, tu n’entendes pas ses battements assourdissants. Ne me regarde pas comme ça, Jorah, je t’en prie. Je voudrais tant détourner les yeux mais j’en suis bien incapable, comme si ton regard m’avait cruellement figée sur place. C’est peut-être le cas. Tu es ma seule faiblesse, et tu le sais. Tu cherches à t’engouffrer dans la faille laissée béante pour me faire plier, mais tu n’y parviendras pas, je suis déterminée à t’en empêcher.

Lentement, je détaille ton visage, ce visage qui m’a causée tant de tourments par le passé, en prenant mon temps, comme si je cherchais à en imprégner chaque fibre de mon corps. Je reconnais sans peine les traits, plus matures désormais, du garçon du vingt-ans que j’ai autrefois connu, et pourtant, tu sembles si différent. Epuisé. Las. A deux doigts de déposer les armes, toi qui t’es toujours vaillamment battu. L’éclat de fierté qui brillait dans tes yeux, et qui m’a toujours fasciné, cet éclat-là a disparu, comme tombé dans la boue. Regarde-toi Jorah, regarde-nous. Tu as tant brûlé qu’il ne reste plus que des cendres, et chez moi, la rivière est devenue véritable torrent qui, de rage, a tout ravagé sur son passage. La douleur que je lis dans tes yeux me transperce comme autant de lames, moi qui aie toujours été sensible à ta détresse. Autrefois, elle n’était alors que futilité, parce qu’un garçon t’avait battu à l’entrainement ou parce que ton père ne voulait pas que tu deviennes ingénieur, mais aujourd’hui, elle me semble bien plus tangible. Tu es malheureux Jorah, je peux aisément le sentir. Je voudrais caresser ta joue du bout de mes doigts, te prendre dans mes bras pour t’apporter un peu de réconfort, mais je ne peux pas. Je dois me rappeler que je te déteste plus que tout au monde.

« Charlie. », tu sembles me supplier. Tais-toi, je t’en prie. Tais-toi. Tu ne fais que rendre les choses plus difficiles. « Laisse-moi tout expliquer, je veux juste te raconter les faits de mon point de vue et après, si je ne t’ai pas convaincue, tu feras ce que tu veux de moi. Je me laisserai faire, je n’émettrai aucune résistance à quoi que ce soit et, s’il le faut, je te laisserai me tuer. » Mon cœur se serre douloureusement à cette perspective. Non, je n’ai pas envie de te tuer. Ce n’est plus d’actualité, maintenant que tu es là, devant moi. J’ai souvent rêvé de ce jour, mais je n’aurai jamais pensé que ce serait aussi dur. Le passé est revenu pour me mettre une grande claque en pleine gueule, et ça fait mal. Si mal. Tout le désespoir et la rancœur que j’ai ressentis à l’époque resurgissent du tréfonds du néant pour me terrasser à nouveau, et c’est aussi douloureux que ça le fut la première fois.  « Je t’en prie, j’ai besoin que tu m’écoutes. » Et moi de t'écouter. Je prends sur moi pour ne rien laisser paraître du combat intérieur qui fait rage entre mon cœur et ma tête, et de ce trouble qui m’émeut au plus haut point. Je ne sais plus si je te hais ou si je t’aime. Mais je dois te haïr, c’est dans l’ordre des choses, tu m’as tellement détruite. Regarde-moi, regarde donc l’uniforme que je porte ! Je suis devenue tout ce que j’exécrais. A cause de toi.

Mais ta sincérité, que je juge vraie, me pousse à t’accorder une seconde chance. Une dernière chance. Parce que j’ai terriblement besoin d’entendre ce que tu as à me dire. Parce que Dig, l’homme que tu as tué, n’était pas aussi important que tu l’as été à mes yeux. Parce que j’ai envie de te laisser le bénéfice du doute. Cependant, je ne baisse pas ma garde pour autant et je garde les doigts crispés autour de mon arme.  

« Qu’est-ce que tu veux m’expliquer, Jorah ? », je demande d’une voix froide. « Pourquoi tu t’es servie de moi tout ce temps, hm ? Ou peut-être pourquoi tu m’as laissée tomber cette nuit-là ? Je croyais en toi, Jorah. Une erreur de jugement, certainement. Alors, qu’est-ce que tu étais, en réalité ? Un lâche ? Un traître ? » Longtemps, j’ai cru que tu étais dans la confidence, que tu n’ignorais rien des véritables activités de ton père, mais petit à petit j’en suis venue à reconsidérer la situation. Peut-être que tu ne te doutais vraiment de rien. Et dans le fond, je peux comprendre qu’un gamin de vingt-ans à peine n’ait pas osé se dresser contre ce père qui était tout pour lui, et envers qui il éprouvait une véritable admiration, son modèle, son mentor, mais je n’ai jamais réussi à te le pardonner. Parce que… parce que j’étais déçue que tu ne m’aies pas choisie, moi. Mais les liens du sang sont plus forts que tout, en tout cas, plus fort que les sentiments que je croyais que tu me portais. Mes mots acérés ne cherchent qu’à te faire du mal, à te briser un peu plus, mais il n’y a aucun honneur à frapper un homme déjà à terre. Et je m’en veux terriblement de me montrer si dure envers toi. Mais une petite voix dans ma tête me rappelle à quel point je te déteste.  



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MessageSujet: Re: Wish I never knew you - Jorah & Charlie   Dim 13 Avr - 20:07

Que reste t-il de tous ces jours, de tous ces souvenirs ? Se sont-ils envolés le jour avec toi lorsque tu as décidé de tirer un trait sur ta vie ? Il ne reste plus rien, plus rien que de la poussière que tu soulèves de tes pieds lorsque tu foules le sol, haletant, courant vers d'autres souvenirs, vers d'autres vies. De la poussière et des cendres, voilà ce qu'il reste de tes idéaux, de ton ancienne vie. Comme un charbon encore ardant, tu pousses des complaintes qui se perdent dans des chemins de fumée. Que te reste t-il vraiment, si ce n'est la peur, le désespoir et la folie. Dans ses yeux tu arrives a distinguer ton reflet, pâle, suffocant, un homme que tu ne reconnais pas, dont tu ne comprend pas les agissements. Il y à a peine quelques jours tu étais prêt a te battre, comme tu l'as toujours fait, mais regarde toi, regarde toi aujourd'hui. Au premier signe de panique tu recherches la fuite, même devant son visage. Pourtant, tout ce que tu voudrais toi, c'est la serrer fort, si fort que tu pourrai presque sentir les battements de son cœur contre ton torse. C'est tout ce que tu veux, la seule chose que tu ne peux pas avoir. Elle te hait, regarde comme elle te déteste. Tu n'arrives pas a plonger tes yeux dans les siens sans que cette douleur ne remonte. Trahison, c'est ce que lui évoque ton nom a présent, comme pourrait-il en être autrement.

Tu te tiens là, les bras tombant contre tes flancs, n'arrivant pas a prononcer le moindre mot sincère. Durant de nombreuses années tu as rêvé de vos retrouvailles, de toutes ces choses que tu aurai a lui dire si tu croisais un jour son chemin. Il a fallu que ça soit aujourd'hui, quelques minutes a peine après que tu ait tiré sur un pacificateur. Que savais-tu de lui a part qu'il portait l'uniforme blanc ? Cet homme avait peut-être une famille, une femme, des enfants, peut-être était-ce elle, sa femme. Les yeux clos, le corps lourd, tu essayes de faire sortie cette idée de ta tête. Comment peut-tu te montrer jaloux dans un moment comme celui-ci alors qu'elle pointe son arme entre tes deux yeux, prête a t'en coller une sous le poids du chagrin et de l'abandon. Tu brises tout ce que tu touches, et ça depuis toujours. Charlie, tu l'as brisée elle aussi. Et cette haine, ce dégoût que tu peux lire au fond de ses prunelles ne fait qu'alimenter un peu plus ta peur. Tu aurait du mettre fin a tout ça il y a bien longtemps déjà, tu aurait du te pointer un fusil sur la tempe avant que ça ne soit elle qui le fasse. Elle tient ta vie entre ses mains et d'un certain côté tout ça te semble si juste. C'est elle, et elle seule, qui devrait mettre fin a cette histoire qui n'en finit plus de ruiner ta vie, c'est avec elle que tout a commencé, c'est avec elle que tout devrait finir. Dans un sursaut, presque comme une plainte, tu lèves ton bras, bien décidé a laisser tes doigts s'emparer de son visage, une dernière fois. Et puis il retombe, aussi brusquement. Elle se tient dans ton dos, peut-être n'a t-elle même pas vu ton geste, mais si oui, que voudrait-il dire pour elle ? Que tu cherches a fuir, encore ? Un demi sourire viens contraster ton visage fermé, tu te sens plus léger, sachant que tu ne devrais pas tarder a mourir.

« Avance ». Sa main pousse contre ton dos mais tu refuses d’obéir. C'est sans doute la dernière fois, pour tout. La dernière fois que tu verra son visage, la dernière fois que tu franchira la porte de ce taudis devenu ta maison, la dernière fois que les regards consternés et soulagés des habitants du district quatre se poseront sur toi et la dernière fois que tu goûtera a l'air libre. Ton corps se tourne et tes yeux cherchent les siens, parce que ça te semble juste, parce que détourner le regard ne ferait qu'avouer tes pêchés. Elle a tellement changée Jorah, encore plus que toi. Les traits renforcés, un sourire absent, la trace des années a emportée avec elle tous ce qu'il y avait de joyeux, d'enfantin, chez Charlie. Tu te souviens d'elle, toujours accueillante, polie, bien intentionnée, de cette jeune fille qui pansait tes blessures et qui supportait tes plaintes, même les plus ridicules. Regarde ce que tu lui as fait Jorah, regarde cette vie que tu as détruite simplement parce que tu avais trop peur de t'opposer a ton père. Tu baisses les yeux, un court instant, un instant de trop. C'est de ta faute tout ça. L'uniforme qu'elle porte sur les épaules, son arme toujours pointée sur toi, son regard qui n'en finit plus de te répéter que tu l'as bien mérité, que c'est toi l'instigateur de cette colère.  

Tu prononces son prénom du bout des lèvres, comme si il t'était interdit. Ses yeux se perdent, se décrochent des tiens et tu sais que tu as réveillé quelque chose, qu'elle se souviens elle aussi de ces moments que tu n'arrives pas a oublier. Tu vas tout lui dire, tout ce dont tu te rappelles depuis que tu as quitté le district treize, toutes ces choses que tu aurai voulu dire bien plus tôt, pour ne pas qu'elle te déteste. En a tu seulement la force Jorah ? N'est-ce pas plus simple pour elle, pour toi, cette haine qu'elle te voue ? « Qu’est-ce que tu veux m’expliquer, Jorah ? Sa voix est froide, distante, et tu sais pertinemment que tu l'as perdue, a nouveau. Tout, tu veux tout lui dire, ne rien cacher, ne plus se cacher et ne surtout pas mentir. « Pourquoi tu t’es servie de moi tout ce temps, hm ? Ou peut-être pourquoi tu m’as laissée tomber cette nuit-là ? Je croyais en toi, Jorah. Une erreur de jugement, certainement. Alors, qu’est-ce que tu étais, en réalité ? Un lâche ? Un traître ? » C'est comme de revivre cette journée encore une fois. Le ton qu'elle donne a ses phrases te fait réaliser que ça n'est pas si simple. Pour une fois dans ta vie tu veux pouvoir être vrai, sincère, mais la trou qui se creuse dans ton estomac et la sécheresse de ta gorge sont là pour te faire voir la vérité en face. Peu importe ce que tu dira et combien tes mots seront teintés d'honnêteté, tu ne pourrai jamais effacer la peine que tu lui a causé.

Le canon du pistolet ne s'abaisse pas sur toi, il reste planté là, au milieu de ton front. Tu cherches du regard un moyen de reprendre des forces, de te donner assez de courage pour lui explique tout ce que tu ressens, tout ce que tu as fait, l'homme que tu es devenu au fils des années. Le piteux miroir accroché de l'autre côté de la pièce te renvoi l'image d'un homme épuisé, couvert de sueur et de saleté. Voilà ce que tu es devenu, bien moins qu'un homme, un bête, meurtri par une vie dont il ne comprend plus le sens. Toute ta vie tu l'as passé a fuir, ton père n'en était que l'excuse. On ne fuit pas les gens Jorah, on se fuit soi-même. Tu serres les dents, mordant un passage l'intérieur de ta joue, pour ne pas hurler. Elle attends des réponses, tes réponses, mais tu ne sais même pas par où commencer. Tu détournes le regard, incapable de plonger tes yeux dans les siens sans sentir ton cœur devenir lourd. Des réponses Jorah, raconte lui tout. « Quand vous êtes partis, quand il t'as … prise... Tout le monde avait les yeux braqués sur moi, même ma propre mère. » Elle en est morte, morte de chagrin pour avoir été aveugle, pour avoir aimé un pacificateur. « J'ai voulu partir, dès le lendemain a l'aube, mais ils gardaient les portes avec des moyens démesurés pour éviter de ce retrouver avec un nouveau problème. » Arrête Jorah, arrête de n'exposer que les faits comme un vulgaire rat de bibliothèque, ce n'est pas ça qu'elle veut et toi non plus. Il faut que tu lui dises, même si ça t'enfonces un peu plus dans la tombe. Que tu lui dises qu'il ne c'est pas passé une seconde sans qu'elle ne te manque, sans que tu ne te détestes de l'avoir laisser partir avec lui. Tes yeux se détachent encore, tu fuis, comme tu sais si bien le faire. « Je ne me suis jamais servi de toi Charlie, jamais. » Ils finissent leur course folle en s'ancrant dans les siens, pour ne plus s'y détacher. « Comment j'aurai pu savoir ? » Ta voix n'est plus qu'un plainte, triste, encombrée par les démons du passé que tu n'arrives pas a enlever des tes épaules devenues trop frêles. « Toutes ces années j'ai vécu dans le mensonge, idolâtrant un père qui n'était rien d'autre qu'un traître. Il m'a tout pris. Il m'a volé mon enfance, ma jeunesse, il a pris la joie de vivre de ma mère et il t'as pris toi. » Fini les jeux et cette attitude supérieure que tu donnes sans cesse face aux autres. Éclatée ta confiance, ton assurance et cette volonté d'écraser tout ceux qui se trouvent sur ton passage. La traque est terminée Jorah, il est temps de laisser tomber.

Les mains toujours menottés dans le dos tu marches a reculons, t'éloignant d'elle sans pour autant détourner le regard. Tu as peur, d'être trop près de ses yeux et de ne pas réussir a lui dire la vérité. « Cette nuit-là tout ce que j'avais construit a volé en éclats, il tenait un couteau sous ta gorge Charlie ! Comment … Je pouvais pas. » Cela fait bien longtemps que tu n'as pas ressenti ça, une honte, horrible, et des picotements sous tes paupières. « Il aurait appuyée sur la lame à l'instant où il aurait compris que je ne voulais pas venir avec lui, il t'aurait tuer juste pour me faire du mal. » Tu te poses lourdement contre le mur, faisant toujours face a cette femme qui pointe une arme sur toi, cette femme dont tu n'aurai jamais du croiser le chemin, pour son bien. « Et il se serait passé quoi si j'avais décidé de le rejoindre hein ? On aurait tout les deux finis sous le même uniforme et une fois qu'il aurai été assez dans ma tête au point de me faire changer d'avis du le treize il aurait mis fin a ta vie, tu le sais tout aussi bien que moi. » Lourdement, ton crâne se dépose contre le mur. « Je voulais que tu vives, c'était le seul moyen. Le fait que tu me détestes a ce point c'est … c'est le juste retour des choses. Et je préfère mille fois te voir en vie plutôt que morte, même si ça veut dire que tu dois tirer une balle dans mon front.» La vérité, toute nue, comme jamais tu ne l'a dis a personne. C'est fini Jorah, tu as perdu. Tu reprends ta place initiale, lui adressant un dernier regard tout en ravalant cette boule qui obstrue ta gorge. Dos a elle, les mains toujours attachées, tu laisses tomber le masque et apprécie ces derniers instants. « On peut y aller maintenant. »
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MessageSujet: Re: Wish I never knew you - Jorah & Charlie   Lun 14 Juil - 17:50

Hj : Désolée du retard

Je ne t’ai pas demandé grand-chose. Seulement d’avancer. Mettre un pas devant l’autre et recommencer, encore et encore. Mais même de ça, tu n’en es pas capable. Peut-être par défi, toi que ta fougue rendait réfractaire à toute autorité (mis-à-part celle de ton père), tu te retournes pour me faire face, et plonger tes yeux éteints dans les miens, fébriles. Je garde la tête haute et le menton droit, par fierté mal placée, pour ne pas être la première à flancher, mais si tu savais seulement les tonnes d’efforts qu’il me fallait déployer pour soutenir ton regard. Torture est le premier mot qui me vient à l’esprit pour décrire ce duel visuel qui se joue à présent entre nous deux. Parce que c’est si dur de te résister Jorah, si difficile de tenir ce rôle que tu m’as forcée à endosser quand la seule chose dont j’avais réellement envie était de me jeter dans tes bras pour m’y blottir, loin de tout, loin d’eux, loin de cette réalité qui faisait de moi ton ennemie. Je ne suis pas ton ennemie Jorah, je brûle de te hurler ces mots, je ne le suis pas, ne l’ai jamais été. Ton seul ennemi n’a toujours été que toi-même, ne t’en rends-tu pas compte ? Mais comment oublier cette nuit ? Comment te pardonner d’avoir démoli ma vie, d’avoir réduit mon cœur en cendres ? Ce cœur qui, quelques minutes avant encore, ne brûlait que pour toi. Même aujourd’hui, il brûle toujours autant, mais d’amour ou de haine, je ne saurais le dire.

Alors pour ne pas faillir à l’uniforme que je porte, je redouble de méchanceté ; je t’en prie Jorah, excuse-moi, mais c’est le seul moyen qu’il me reste pour ne pas fondre en larmes. Je dois te haïr, tu comprends, c’est dans l’ordre des choses. Je dois te haïr pour oublier la douleur de t’avoir un jour aimé. Et les mots sortent les uns après les autres, durs, cruels, implacables, et je devine à ton regard qu’ils te touchent, qu’ils te font du mal. Une part de moi s’en veut de t’infliger une telle peine, quand l’autre me hurle que tu l’as méritée et que tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même. Ne me regarde pas comme ça, Jorah, ce n’est pas moi la méchante dans l’histoire. Ce n’est pas moi qui t’ai abandonné aux mains de ton ravisseur, en regardant ta vie voler en éclats. Les silences s’étirent et s’allongent, et le silence insupportable qui s’est à nouveau glissé entre nous deux ne se brise toujours pas. Mais ai-je vraiment envie d’entendre ce que tu as à me dire ? Je ne sais pas, je ne sais plus, je ne sais même plus ce que je devrais penser. Mon cœur bat tellement la chamade que c’est un miracle que je tienne encore debout, et l’angoisse m’étreint la poitrine jusqu’à m’en nouer la gorge quand je vois tes lèvres remuer. J’ai peur, Jorah, peur de ce que tu vas m’avouer.

« Quand vous êtes partis, tu commences, quand il t’a… prise… Tout le monde avait les yeux braqués sur moi, même ma propre mère. » Des souvenirs de ta mère me reviennent en mémoire, et ce sont tous des souvenirs heureux, réminiscence d’un passé que je me surprends parfois à regretter alors que je devrais en avoir honte. J’aimais beaucoup ta mère tu sais, et sa gentillesse et sa sagesse m’ont beaucoup manquée par la suite. Je prie pour qu’elle aille bien et qu’elle se porte toujours à merveille, malgré la fuite de son mari et la disparition de son fils. « J’ai voulu partir, dès le lendemain à l’aube, mais il gardaient les portes avec des moyens démesurés pour éviter de se retrouver avec un nouveau problème. » Mon cœur fait un bond dans ma poitrine. Tu as voulu partir. Te lancer à ma poursuite, voler à mon secours comme je l’avais souhaité des dizaines de fois du fond de la petite cellule où ils m’ont retenue prisonnière les premières semaines. Je suis restée éveillée des nuits à revivre cette scène mais dans mes songes, tu me sauvais toujours des griffes ton père et pour me raccrocher à quelque chose, pour ne pas sombrer dans la folie, je m’imaginais ce qu’aurait été notre vie, là-bas, nichés au cœur des souterrains. Et puis un jour, j’ai arrêté d’y penser, ça me faisait trop de mal. Tu n’étais pas là et je croupissais dans cette cellule. A cause de toi. Est-ce que tu me mens pour m’amadouer ? Es-tu sincère, Jorah ? J’aimerais le croire. J’aimerais vraiment, mais comment pourrais-je jamais à nouveau me fier à toi ?

« Je ne me suis jamais servi de toi Charlie, jamais. Comment j’aurai pu savoir ? », tu te défends. « Toutes ces années j’ai vécu dans le mensonge, idolâtrant un père qui n’était rien d’autre qu’un traître. Comme l’était aujourd’hui le mien. Il m’a tout pris. Il m’a volé mon enfance, ma jeunesse, il a pris la joie de vivre de ma mère et il t’a pris toi. » Tu recules pas à pas, et je voudrais te retenir, te serrer fort, si fort, contre mon corps et mon cœur pour que nous ne soyons plus jamais séparés puis je chasse aussitôt ces pensées, furieuse d’y avoir songé.

« Cette nuit-là tout ce que j’avais construit a volé en éclats […] Et je préfère mille fois te voir en vie plutôt que morte, même si ça veut dire que tu dois tirer une balle dans mon front. » Je garde le silence, comme subitement privée de la parole, et j’entrevois subitement le calvaire que doivent endurer chaque jour les muets du Capitole. Les mots se bousculent dans mon esprit jusqu’à m’en faire tourner la tête, mais tous refusent de franchir mes lèvres. Alors je reste stupidement plantée sur mes pieds comme l’idiote que je suis, tandis que tu me tournes à nouveau le dos, prêt à te laisser conduire docilement au pilori ; car c’est là le sort qui t’attend entre leurs mains, et tu le sais mieux que quiconque. Peut-être que, las de te combattre tes ennemis, las de fuir tes démons, l’envie de vivre t’a déserté. L’arme que je tiens toujours dans mes mains me semble soudainement brûlante, et la vision de tes mains menottées m’est brusquement insupportable. Tu as tué mon collègue, mon ami, mais je ne peux me résoudre à te livrer en pâture aux lions. Ma raison m’ordonne pourtant d’accomplir mon devoir, tu es un ennemi de Panem et tu dois répondre de tes crimes, mais mon cœur indigné me hurle de te laisser partir. Que le Capitole me pardonne pour ce que je m’apprête à faire. Je range mon arme dans mon holster, là où je préfère la savoir, et d’un mouvement de clef, je libère tes mains du baiser de l’acier. Tu te retournes vers moi, sans doute surpris par mon geste, et avant même que tu ne comprennes ce qu’il t’arrive, je me pends à ton cou et mes lèvres trouvent les tiennes, et ce premier baiser que nous échangeons me semble si naturel, si évident ; c’est presque une aberration que d’avoir attendu tout ce temps. Si au départ je te sentais crispé, comme réfractaire à cet échange, tes muscles finissent néanmoins par se détendre et tu finis par passer tes bras autour de ma taille pour me rendre ce baiser. Un baiser non pas de retrouvailles, mais d’adieu, tu le sais aussi bien que moi. Je presse ma main contre ta nuque pour prolonger ce moment qui n’appartenait qu’à nous, pour quelques secondes encore.

« Va-t-en Jorah, je te souffle dans un murmure, va-t-en et ne reviens jamais au Quatre. Nous sommes ennemis, maintenant. La prochaine fois que nos chemins se croiseront, je devrais te remettre aux autorités, ou tu devras me tuer. » Tu dois partir, j’en ai parfaitement conscience, mais dans ce cas, pourquoi est-ce que, blottie dans tes bras, je ne parviens pas à me détacher de toi ? Pourtant, il me faut m’en aller, avant que mes collègues Pacificateurs ne s’alarment de ma disparition.



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MessageSujet: Re: Wish I never knew you - Jorah & Charlie   Jeu 19 Fév - 10:21

Maman est partie, papa t'as trahis. Il ne reste plus que toi, le regard vide, le cœur noircit, les tempes luisantes de sueur. Qu'est-ce que tu as fait Jorah ? Tu as choisi cette vie en pensant que c'était la meilleure, que ça représentait ta porte de sortie. Sortir de quoi ? Du treize ? La vie n'en est pas plus belle tu sais. C'est toujours la même merde, sauf qu'il y a ceux qui la servent et ceux qui la mangent. Et toi, en ce moment, tu manges a pleine bouche tout ce que la vie t'envoie dans les dents. Elle te demande d'avancer, d'une voix forte mais calme. Tu voudrais pouvoir revenir au moment où elle a craquée, au moment où les écailles de son corps se sont fendues pour laisser passer une lumière aussi noire. Si tu pouvais, rien qu'une seconde, revenir a ce moment et la sauver. Oh Jorah, c'est à cause de toi tout ça. Tu vois cette obscurité dans ses yeux ? Celle qui n'était pas là dans tes souvenirs ? C'est ta faute, c'est à cause de toi qu'elle est devenue comme ça. Tu te détestes hein, tu voudrai pouvoir saisir ton flingue dans la poche de ton sac et t'en mettre une entre les deux yeux. C'était tellement plus simple quand tu la pensais morte, ou loin, très loin de toi et de ta vie qui n'a aucun sens. Il fallait qu'elle soit là, devant toi, un pistolet braqué contre ton dos, une voix forte et inconnue. Quelle ironie. Tu te retournes vers elle et tes yeux cherchent les siens. Tout ces mots que tu n'a jamais su, jamais pu lui dire te font mal a la tête. Et si pour une fois tu écoutais ton cœur plutôt que de le renier ? Tu crois que ça te ferait du bien Jorah ? Non, bien sur que non, tu n'es qu'une bête, un animal sauvage que rien n'a jamais réussi a dompter, même pas elle. Ça serait tellement plus simple si elle t'avait foutu sa balle dans le ventre et t'avait laissé mort, là, sur le carrelage sale de ta maison pourrie par les rats.

Elle est si dure dans ses mots, mais c'est là tout ce que tu mérites après tout, c'est toi qui la laissée tomber. Tu te maudis, parce que tu aurai du partir qu'importe le prix, les moyens, tu aurai du te lancer a sa rechercher dès le lendemain, dès les heures qui avaient suivies son enlèvement, mais t'as été trop con, trop peureux. Les souvenirs remontent et tu revois tout ces gens qui avaient les yeux braqués sur toi, qui te pointaient du doigt dans les couloirs, qui parlaient de toi a voix basse. « Il finira comme son père, c'est sur. » ; « Il a été entraîné pour ça ». Les poings serrés, les ongles ciselant ta peau jusqu'à ce que des gouttes de sang tombe sur le sol, jusqu'à ce que tes doigts soient couvert de ton propre sang, pour t'empêcher de les frapper aussi fort que possible. Charlie reste là, devant toi, son pistolet toujours braqué à quelques centimètres de ta poitrine. Tu vas tout lui dire Jorah, ou va tu lui mentir encore pour ne pas avoir a déposé cette armure que tu t'es construit ? Ses yeux, bordel, comme ses yeux t'avait manqué. Tout le corps de la jeune femme te manque et pourtant tu ne l'a jamais touché, jamais parcouru, mais ce manque est pourtant bien présent, un feu au fond de ta poitrine.  

Et puis l'armure se brise. Éclatée en mille morceaux les petits bouts de toi que tu avais réussi a forger contre ta peau enfantine, pas assez forte pour le monde. Tout s'envole, dans tous les sens, t'arrive pas a rattraper les morceaux de ton cœur, de tes poumons qui brûlent, ça éclate partout. Tu tâches les murs de ton honnêteté, pour la première fois tu parles sans contraintes, sans mauvais esprit, sans rancœur, sans haine. Tu lui parles à elle, à Charlie, cette fille que tu as abandonnée avant même de lui avoir avouer tous les sentiments que tu avais pour elle. C'est de ta mère que tu parles en premier, parce qu'elle la connaît, parce qu'elles s'entendaient bien, et surtout parce qu'elle te manque. Elle non plus n'arrivai pas a y croire quand ton père s'est révélé, elle l'a nié pendant le temps avant de mourir de chagrin quand tu es parti. Son regard change que tu évoques le fait que tu voulais partir dès le lendemain, tu l'a touchée, quelque part là où elle ne pensait plus que ça pouvait arriver. T'as encore un cœur Charlie putain, tu sais qu'il est là, au fond de ta poitrine, il te brûle autant que brûle le sien. Tu te recules, pour ne pas que les morceaux éclatés de ton armure brisée ne vienne entailler ta peau, plus profond que jamais. Lentement, comme une bête blessée, un chien a qui on aurai tiré dans les pattes, tu te colles contre le mur. Pourtant ça n'est pas ce que tu veux Jorah. Toutes ces années tu t'es imaginé lui dire ces mots, lui faire comprendre que tu ne l'avais jamais oublié, et que si tu es encore là aujourd'hui a traverses les districts au péril de ta vie, c'était simplement pour la revoir, une dernière fois, pour pouvoir lui dire tout ça. Si seulement tu pouvais la prendre dans tes bras, la serrer fort en lui glissant ces mêmes mots à l'oreille. Si seulement.

Ton discours terminé, tes paupières lourdes et ton cœur brisé, tu retournes vers elle, plaçant de nouveau tes mains derrière ton dos, prêt a te rendre et a en finir avec toutes ces conneries que tu te racontes pour mieux dormir la nuit. C'est fini, tout, tout ce jeu de chat et de souris avec les pacificateurs, toutes ces nuits passées à ne pas dormir, paranoïaque au point que tu n'arrivai plus a penser sans imaginer être observer. C'est peut-être pour le mieux. Ils te tortureront sans doute, pas pour avoir des noms car tu ne connais personne, mais simplement pour le plaisir, pour se venger de ce que tu leur a fait subir durant de longues années. Aller, souris Jorah, tu pourra enfin dormir. Les secondes s'écoulent si lentement, elle doit prendre du plaisir, Charlie, a te voir comme ça, après tout ce que tu lui as fait subir elle a enfin le pouvoir de se venger. Tu ne mérites que ça, ce silence qu'elle t'imposes alors que tu viens de tout lui dire. Tu n'es rien Jorah, plus rien qu'une ombre pantelante a l'armure brisée. Il te faut quelques secondes avant de te rendre compte qu'elle a libérée tes mains de la morsure de l'acier, que les menottes te retiennent plus tes bras. En une demi-seconde tu lui fait face et tu comprends qu'elle est en train de te laisser partir, ce que tu ignores c'est pourquoi. Pourquoi est-ce qu'elle te laisserai partir après tout ça ? Tu n'as pas le temps de réfléchir plus, ses lèvres s'emparent des tiennes, et, brusquement, tu revis.

C'est comme un coup de jus, un parfum d'ivresse qui embrument tes poumons, et tout dans ton corps. Les morceaux brisés qui s'étaient dispersés dans la pièce semble se recoller un à un sur ta peau froide. Tout ce temps passé a imaginer tes lèvres contre les siennes, ta main dans le creux de ses reins, ça n'en été même pas proche. Cette sensation, tu voudrai pouvoir la garder toute ta vie, alors tu passes ta main sur sa taille et l'autre dans son cou. Faut que tu t'accroches Jorah, accroches toi à ça, c'est la seule chose qui va te maintenir vivant maintenant. Le goût amer de ce baiser ne t'empêche pas d'y mettre tout, toutes ces choses que tu veux lui dire, tous ces actes manqués que tu n'a jamais eu la chance de faire. Elle mérite mieux que toi, même avec l'uniforme des pacificateurs sur le dos, elle mérite mieux que toi Jorah. Ça n'est pas un baiser qu'elle te donne, c'est un au revoir, parce qu'elle va te laisser partir, parce qu'elle ne veut plus jamais te voir. « Va-t-en Jorah, va-t-en et ne reviens jamais au Quatre. Nous sommes ennemis, maintenant. La prochaine fois que nos chemins se croiseront, je devrais te remettre aux autorités, ou tu devras me tuer. » Tu fermes les yeux encore une seconde, pour ne pas oublier trop vite ce qui vient de se passer, pour partir avec le goût de ses lèvres toujours sur les tiennes. Elle reste dans tes bras, malgré tout, et toi tu na la lâche pas, tu ne veux pas le faire, plus jamais. Barre-toi Jorah, elle a raison, fuis avant que les autres ne viennent la chercher. « Viens avec moi Charlie », tu lui murmures ces mots, rien qu'à elle, et tu gardes l'espoir enfantin qu'elle accepte de te suivre au bout du monde. Arrêtes Jorah, ne te fait pas plus de mal, tu sais qu'elle ne viendra pas avec toi, tu ne peux pas lui demander ça. Que va t-elle faire Jorah ? S'enfuir avec toi, courir pour le reste de sa vie ? Arrête de lui demander ça, tu n'a pas le droit. « Je t'en pris, tu n'es pas comme eux, je le sais. » Tu glisses tes mains dans son cou et relève son menton. « Pardonne moi, pour tout ce que je t'ai fais. » Et l'armure se reconstruit, peu à peu.


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MessageSujet: Re: Wish I never knew you - Jorah & Charlie   Sam 4 Juil - 16:58

« Toutes ces années… Je n’ai jamais cessé de penser à toi. », lui avoue-t-elle à bout de souffle, hésitante, incertaine ; ce premier et dernier baiser lui a fait l’effet d’un formidable coup de poing en pleine poitrine, dont l’onde de choc aurait dissipé tout l’air de ses poumons. Ce n’était qu’un murmure, un chuchotis, rien de plus qu’une confidence qui peinait à franchir ses lèvres et pourtant, dans ce silence assourdissant, elle a la terrible impression d’avoir crié ces mots, si fort que tout le District 4, que tout Panem devait forcément avoir entendu son terrible aveu. Même son propre cœur la trahit. D’ordinaire toujours si calme, si serein – imperturbable,  il s’est aujourd’hui mué en un tambour dont les coups frénétiques résonnent à des kilomètres à la ronde, et son sang froid à tout épreuve bout désormais dans ses veines. C’est douloureux, ça fait mal. La vérité est toujours difficile à entendre, mais personne ne l’avait prévenu qu’elle serait encore plus à dure à formuler. A accepter. Il lui était difficile de se livrer véritablement, d’ouvrir son cœur à cet homme qu’elle avait tant aimé, tant haï, mais qui, au fil des ans, ne l’avait jamais laissé indifférente. Et que ferait-on d’elle si on venait à découvrir la nature de ses sentiments, je vous prie ? Elle, Pacificatrice respectée, coupable d’aimer un rebelle, un homme qui avait bien trop nui à Panem, son pays, sa fierté, et dont la tête était mise à prix. L’ironie de la situation était trop belle… Trop pitoyable. Elle en rirait si elle n’avait pas tant envie d’en pleurer. Le visage baissé, les yeux rivés au sol, elle n’ose plus croiser son regard, celui-là même qu’elle défiait effrontément la seconde d'avant.

« Viens avec moi Charlie. », lui propose-t-il alors, sans doute encouragé, enhardi par sa confession. Charlie relève alors la tête vers lui, une lueur d’espoir dans ses grands yeux verts. Un instant, elle envisage sérieusement sa folie. Qu’il serait bon de vivre uniquement pour elle-même, une fois libérée de ces chaînes qui l’entravaient, et qui avaient pour nom Honneur, Devoir ou encore Amour de la Patrie. Des mots qu’on lui avait répété sans cesse, jusqu’à ce qu’ils s’impriment en elle comme une évidence. Elle aurait aimé s’enfuir avec lui, loin de tout ; de cette guerre fratricide entre deux camps qui auraient tout à gagner à s’entraider, loin d’eux, de ces autres qui les emprisonnaient irrémédiablement dans une vie qu’ils n’avaient pas souhaité, dans un rôle qu’ils n’avaient jamais convoité, mais comment s’y prendre quand les ennemis de l’un étaient les amis de l’autre ? Lui était une bête traquée par tous les Pacificateurs de Panem, elle, une parjure qui avait trahit le Treize en livrant ses moindres secrets, ses moindres tactiques d’attaque à ses supérieurs. Non, la fuite n’était pas une option. Sa place était ici.

« Pour aller où ? », lui répond-t-elle, un sourire triste aux lèvres. « Si je déserte, mon visage sera placardé dans chaque District, et quand ils me retrouveront, car elle ne se fait aucune illusion à ce sujet, ils la retrouveront tôt ou tard, ils m’exécuteront pour l’exemple. Et si je retourne au Treize… Sa phrase reste en suspens, elle n’a guère besoin d’aller au bout de ses pensées pour qu'il en devine le dénouement. Elle s’y applique tout de même. « J’ai du sang sur les mains. Leur sang. Si je retourne au Treize, je suis morte avant même de franchir la porte. Ma place est ici. », répète-t-elle à haute et intelligible voix, comme pour s’imprégner de la terrible vérité. Mais Jorah persiste dans ses choix. Arrête, je t’en prie. Arrête avant que je flanche, que je laisse tout tomber pour te suivre jusqu’à bout du monde. « Je t’en prie, tu n’es pas comme eux, je le sais. » Elle secoue lentement la tête de gauche à droite pour manifester son désaccord, les larmes aux yeux. Il se trompe. Parce qu’il ne sait pas ce qu’elle a été obligée de faire depuis qu’elle a endossé son uniforme blanc. Elle n’est peut-être pas aussi cruelle que certains de ses collègues, elle ne prend peut-être aucun plaisir à supprimer des vies, mais le fait est qu’elle a quand même tué. Beaucoup trop de fois. Peut-être même des amis à lui. Au contact de ses mains contre sa nuque, il s’en faut de peu pour qu’elle renonce à sa décision, qu’elle se jette à nouveau dans ses bras en le suppliant de l’emmener avec lui. Mais elle ne peut pas. Elle ne peut pas. Ils n’ont aucun avenir ensemble, et elle le soupçonne de le savoir autant qu’elle. « Pardonne-moi, pour tout ce que je t’ai fait. » Pour toute réponse, elle lui offre une nouvelle fois ses lèvres, et s’agrippe à lui, s’agrippe comme si le sol se dérobait sous ses pieds et menaçait de l’ensevelir toute entière. Elle voudrait le laisser partir, mais ne peut se résigner à le libérer de son étreinte. Il le faut, pourtant. Avant que ses collègues ne les trouvent collés l’un à l’autre comme deux amants dont les corps ont été séparés depuis bien trop longtemps.

« Renonce à l'idée de retrouver ton père et fais-toi oublier Jorah. Vis ta vie, une vie belle et longue. Trouve une femme qui ne causera pas ta perte, qui ne porte pas l’uniforme blanc, trouve cette femme, aime-la, fonde une famille, et vis. », lui ordonne-t-elle. Mais à quel prix… Chacun de ces mots lui fait l’effet d’une lame qui lui lacère la gorge. Et cette femme, qui n’existe pour l’instant que dans son imagination… Cette femme, combien elle la déteste déjà. Et combien elle le déteste, lui, d’en aimer une autre qu’elle. « Pars Jorah. Pars, et ne te retourne pas. Ne rends pas les choses plus difficiles qu’elles ne le sont déjà. S’il te plait. Pars, et oublie ton père, oublie-moi. » S’enfuir ensemble, n’était-ce pas signer leur arrêt de mort à tous les deux ? Mais entre une longue vie terne et morne, sans joie, et une vie courte, mais passionnée, lequel de ces deux choix était préférable ? Elle a bien sa petite idée, mais ne peut se permettre de suivre son cœur, qui la pousse à s’aventurer sur une voie qu’elle ne peut pas emprunter. Sa raison se doit de prédominer, quoi qu’il lui en coûte.

Edit du 3/11/2015 : tu feras attention, j'ai un peu modifié les paroles de fin What a Face



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MessageSujet: Re: Wish I never knew you - Jorah & Charlie   Mer 4 Nov - 20:24

Dans les rêves les plus profond, les plus fou, les tambours de ce cœur qui tu croyait mort renaissent de leur cendres. Alors tu l'entend. Boum. Boum. Cet organe que tu pensais a jamais perdu se mets a battre de nouveau. Et tu partages toujours tes rêves avec elle. Charlie. A chaque fois tu l'as voit, plus belle encore qu'elle ne l'était quand elle est partie. Tout devient toujours noir ensuite, comme si le tambour de ce cœur s'arrêtait de nouveau. Tu ne vois alors plus que les visages des personnes que tu as déçu. Et ça te dégoûtes. Alors là, tes lèvres contre les siennes, les rêves semblent si réels que tu pourrai les toucher du doigt, les effleurer de ta paume, les capturer pour ne plus jamais les laisser partir. Tu ne veux pas la laisser partir Jorah, tu le sais. Si tu fais ça alors tu vas mourir, de chagrin, de cette peine qui ne partira jamais. Il paraît que l'océan chante, pour vos amours. Mais tu n'entend rien d'autre que le bruit de ton cœur, la chamade incessante qui te fait penser que tout ça n'est qu'un rêve. Tu crois être endormi, là, blotti contre son corps, ses lèvres contre les tiennes. Mais tu ne voudrai jamais avoir a ouvrir les yeux. Le monde est cruel Jorah, il te l'arrachera de nouveau si tu ne fais rien pour lui prouver que tu as changé, que tu vas mieux, que tu regrettes.

« Toutes ces années… Je n’ai jamais cessé de penser à toi. » Sa voix est si fébrile. Un oiseau tombé de nid, la peur au ventre de se retrouver seul, désarmé. Tu la regardes, sans cesser de la tenir dans tes bras. Le temps passe si vite que tu ne te rend pas compte de l'heure qui est passé. Dis-lui Jorah, dis-lui que ton armure ne tient plus qu'à un fil, qu'elle a le pouvoir de tout casser pour tout faire renaître a nouveau. « On a pas besoin de faire ça Charlie » Ton souffle contre son front, les yeux fermés, la gorge nouée. Tu es sur de toi Jorah ? Elle porte l'uniforme qui te répugnes, et pourtant elle a l'air si belle à l'intérieur. Charlie, comme la première pluie du printemps, celle que l'on attend pas, qui accompagne ce sentiment de liberté que tu connaissait pas avant de sortir des sous-terrains. « On a plus besoin de faire semblant maintenant. Je ne veux plus avoir a rêvé de toi toutes les nuits, je veux arrêter de survivre comme un chien dans l'attente de la sentence. » Ses mains, tu les entoures lentement autours de tes doigts. C'est la fin, tu le sais bien. Ce baiser qu'elle a donné ne veut pas dire qu'elle accepte d'être tienne, comme tu l'a si souvent imaginé, ça veut dire qu'elle s'en va Jorah. Si tu n'étais pas con et obstiné tu es sûr que tu verserai une larme, pour elle, pour lui montrer. Mais tu n'en fais rien, lâche et apeuré. T'as peur qu'elle se barre en te laissant là. Peur de ne plus jamais la revoir ailleurs que dans tes rêves. Il paraît que l'océan chante.

Quand ton armure s'évapore, que tu te retrouves sans rien pour te protéger, la gueule d'un gamin puni, bafoué, tu lui dit qu'elle devrait venir avec toi. Une vie de route, de cachette, de peur, de courses effrénées pour échapper a ceux qui voudront votre peau. Les pacificateurs sont tes ennemis, les gens comme toi sont les siens. C'est tellement pathétique que ça en serait presque beau, tu ne crois pas Jorah ? Ça serait bien, tu t'imagines avec elle, fuyant les regardes des habitants, forgeant cet amour naissant sur les ruines d'un passé commun qui finira par vous rattraper. Tu l'aimes trop pour lui imposer ce choix, pour faire d'elle une marionnette qui ne fait que courir, pour échapper au reste du monde. Pas comme ça Jorah, tu ne peux pas lui faire ça.

« Pour aller où ? » « Si je déserte, mon visage sera placardé dans chaque District, et quand ils me retrouveront, ils m’exécuteront pour l’exemple. Et si je retourne au Treize… » Elle a raison, ne te fait pas d'illusion Jorah. Ça se déchire a l'intérieur de toi, ça se fend en deux en laissant des marques rouges contre tes organes. Un cœur ? A quoi bon Jorah, tu n'es pas capable de ressentir autre chose que de la déception, du manque, de la peur et de lâcheté. Son regard est si triste, si vague, alors tu restes contre elle un instant, en espérant qu'elle ressente toute cette tristesse qui s'est échappé des tes yeux a toi. C'est son odeur, si particulière, si enivrante, et malgré l'uniforme qu'elle porte tu sais qu'elle est toujours Charlie. Pure, douce, sensible, celle qui aidait ta mère a faire des pansements, a recoudre des plaies de ses mains qui ne tremblaient pas. Et toi Jorah, a quoi tu sers dans tout ça ? Tu te rends compte qu'elle a raison, que tu ne pourra lui apporter que de la souffrance.  « J’ai du sang sur les mains. Leur sang. Si je retourne au Treize, je suis morte avant même de franchir la porte. Ma place est ici. » D'un pas de côté tu t'éloignes d'elle, laissant tes bras retomber le long de ton corps blessé, las. Parcourant la simple pièce qui consiste en ta maison, tu fourres des affaires à la vas-vite dans ton sac de toile. Parce que tu sais que tu dois partir, c'est la seule solution. Elle fera semblant, de n'avoir rien vu, rien entendu, et elle retourna à une vie dans laquelle tu n'as pas ta place, plus maintenant. « Je sais Charlie. » Plus un regard, tu n'oses plus, tu sais que si tu replonges dans ses yeux alors tu serai près a mourir sur place pour que tout ça soit la dernière aventure de ta misérable vie.

Comme un dernier signe, celui d'un amour brûlé a vif avant même d'avoir pris son envol, tu lui murmures de te pardonner. Pour tout. L'avoir laissé, tant de fois, d'avoir briser tellement de serments et de projets. Tu te sens con, dans ton costume d'homme trop grand qui prend trop de place sur tes épaules. A seize-ans tu était encore trop bête pour comprendre tout l'amour que tu pouvais lui porter, et maintenant il ne reste plus rien que ta main sur sa nuque et une promesse muette de disparaître a jamais de sa vie, pour ne plus lui faire de mal. Ses lèvres retrouvent les tiennes, ton monde s'efface a nouveau. Du noir au blanc, une beauté sans pareille qui recouvre tous les petits morceaux de toi noyés dans un paysage sans fin et sans lumière. Une dernière danse avant l’extinction des feux. Sous tes paupières une marées d'étoiles. « Renonce à l'idée de retrouver ton père et fais-toi oublier Jorah. Vis ta vie, une vie belle et longue. Trouve une femme qui ne causera pas ta perte, qui ne porte pas l’uniforme blanc, trouve cette femme, aime-la, fonde une famille, et vis. » Jamais tu ne pourra. Plus maintenant. Tu n'es plus capable d'aimer comme tu le fais maintenant. Il faut qu'elle le sache, qu'elle s'y accroche en même temps que toi, pour ne pas se laisser sombrer. « Tu sais que je ne pourrai pas. » Tu t'éloignes, de nouveau, sans jamais plonger ton regard dans le sien. Tous ces mots qui crient, qui frappent contre la paroi de ton corps. « Il n'y aura pas de bonheur pour moi tant que tu sera loin, tant que tu saurai avec eux et non pas avec moi. Mais tu as raison, tout ce que j'ai a t'offrir n'est que perte et malheur, tu sera sans doute plus heureuse sous l'uniforme qu'avec moi » Et pourtant tu voudrai lui crier que ça n'est vrai, que tu dis tout ça seulement pour qu'elle te croit. Parle lui Jorah, maintenant ou jamais. « Pars Jorah. Pars, et ne te retourne pas. Ne rends pas les choses plus difficiles qu’elles ne le sont déjà. S’il te plait. Pars, et oublie ton père, oublie-moi. » Le sac de toile vient se caler contre ton épaule si frêle. Du coin de l’œil tu observe tout ce que tu laisses derrière toi maintenant, ça n'est pas seulement Charlie que tu abandonnes, mais aussi cette maison au murs brinquebalants qui t'ont pourtant offert un refuge quand tu n'avais nul part où aller. Il faut partir Jorah, elle à raison. Rester ici c'est accepter de mourir, et tu n'es plus sur d'avoir envie de te battre contre ça.

« C'est toi ma famille Charlie » Voilà que tu dis ces mots, tant attendu, tellement apeuré que ton corps se mets a trembler sous les poids des erreurs que tu as fait, que tu fera sûrement encore dans les années a venir. Tu ne peux pas Jorah, n'est-ce pas ? Tu ne peux pas partir en la laissant encore une fois, malgré tout ce qu'elle demande. Imbécile. Le temps que tu passes ici en sa compagnie ne fait que retarder l'inévitable. Si tu restes, elle meurt. Et si tu t'en vas c'est toi qui meurt Jorah. Alors tu fais le choix le plus simple, celui qui s'impose, celui qui doit être fait. « A chaque premier dimanche de chaque mois j'attendrai. Dans les districts, du premier au douzième, près de la mairie. J'attendrai que tu viennes Charlie. » Pour la première fois depuis de long moment tu portes ton regard sur son visage, abattu. Tu lui fait du mal, encore et encore, tu ne connais que ça. « Et si tu ne viens pas, a la fin de tout ça, alors je reviendrai pour toi, quitte à y laisser ma peau. Parce que je ne veux plus vivre une vie où tu n'es pas là. Alors je reviendrai, je ferais tout ce qu'il faut pour te retrouver, et si tu ne veux toujours pas de moi, alors tu ne me reverra jamais. » C'est tellement égoïste Jorah, tu te dégoûtes. Un imbécile et un connard. Et comme le connard que tu es tu déposes un baiser sur son front, patiemment. Le long couteau que tu lui plantes dans le dos parce que tu ne veux plus la perdre, tu le sens Jorah ? Il va te hanter jusqu'à la fin de tes jours. Tu lui laisses le choix au lieu de sortir d'ici avec le peu de dignité qu'il te reste. Et dire que tu pensais ne pas être un monstre.
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MessageSujet: Re: Wish I never knew you - Jorah & Charlie   Jeu 18 Aoû - 19:05

HJ : Déjà, je voudrais m'excuser infiniment du temps de réponse LA-MEN-TABLE, je me jette à genoux, je me roule sur le ventre. J'ai honte Ensuite, je voudrais m'excuser pour la médiocrité et la petiteur (c'est quoi le contraire de longueur ) de ce post.

J'ai vu que tu voulais archiver ce sujet, et puisque ma réponse s'y prête, je pense qu'on peut le conclure. Je t'ai répondu dans "archiver un rp", et si tu veux que j'abandonne Charlie parce que le lien n'avance pas assez vite (ce que je comprends parfaitement), un mot, une parole, et je te la rends.

Il se tient là, devant elle, et elle n’a qu’à tendre le bras pour le toucher, pour le garder, mais elle reste immobile, comme prisonnière de son propre corps. Après toutes ces années à espérer l’inespérable, à rêver l’impensable, il est finalement là, à portée de bras, à portée de cœur, tellement proche, tellement loin. Un gouffre invisible, abyssal, infranchissable, les sépare. Le vide la paralyse, la tétanise, l’empêche de se jeter dans ses bras. Parce qu’elle sait, Charlie. Elle sait qu’il n’y a plus d’espoir pour eux. Trop tard. Il arrive trop tard. Et son cœur explose dans sa poitrine. Sans un bruit. C’est peut-être ça, le pire. Sa douleur est silencieuse, son chagrin muet. Elle voudrait pleurer, hurler, crier à en perdre la tête, mais elle se contente de le regarder partir en mourant tout bas. Parce qu’elle le pousse à quitter le District, à l’oublier, à vivre sa vie sans elle, sur la tombe de leur passé commun. Ses mots le repoussent mais ses yeux le supplient de l’emmener avec lui, de ne pas la quitter, pas ça, elle n’y survivra pas, pas une seconde fois.

« C’est toi ma famille Charlie. » Il prononce exactement les mots qu’elle attendait, qu’elle espérait, mais il ne doit pas, non, ils ne doivent pas. Ils n’ont plus de famille ni l’un, ni l’autre. Le père de Jorah l’a trahi, les parents et le frère de Charlie sont des rebelles, des parias, sa honte et sa disgrâce. Ils ne sont que deux étrangers qui se sont un jour connu, un jour tellement lointain qu’elle a parfois l’impression que tout ceci n’était qu’un rêve. Mais un beau et doux rêve. L’espace d’un battement de cil, d’un battement de cœur, elle regrette cette époque, puis elle se reprend. Ses pensées la rendent coupable de trahison envers le Capitole, envers Panem. Mais la seule trahison qui la répugne est celle de son cœur. Son cœur qui hurle son amour pour Jorah et qui pourtant le rejette. Elle déteste aimer Jorah. Ou peut-être qu’elle aime le détester. Elle ne sait pas, elle ne sait plus, elle n’a jamais vraiment su.

« A chaque premier dimanche de chaque moi j’attendrai. Dans les Districts, du premier au douzième, près de la mairie. J’attendrai que tu viennes Charlie. Et si tu ne viens pas, à la fin de tout ça, alors je reviendrai pour toi, quitte à y laisser ma peau. » Ce cœur qu’elle croyait mort trouve encore la force de bondir dans sa poitrine. Non ! Pas ça ! Pas ça. Elle sait ce monde cruel, violent, brutal, mais à force de côtoyer la mort et la misère, elle a fini par s’y accomoder. Mais l’idée de vivre dans un monde où Jorah ne serait plus lui est intolérable. Il doit vivre, il le faut. « Parce que je ne veux plus vivre une vie où tu n’es pas là. Alors je reviendrai, je ferai tout ce qu’il faut pour te retrouver, et si tu ne veux toujours pas de moi, alors tu ne me reverras jamais. » Et le baiser qu’il lui dépose sur le front, aussi léger qu’une plume, scelle ses promesses. Et alors qu’il lui tourne le dos pour s’en aller, elle se rappelle comment utiliser ses muscles, sa voix, et elle le rattrape par le bras. « Je serai là, Jorah. Chaque premier dimanche de chaque mois. A côté de la mairie. », répète-t-elle, comme pour l’ancrer à tout jamais dans sa mémoire. « Je serai là. », promet-elle. Pour toujours et à jamais. Parce qu'elle a une famille. Jorah est sa famille.



« i was in the wrong place at the wrong moment. »
In the night I lie awake, so complicated and my soul, it wages war with self control. I know that now I don't understand the games I played, just the price that I've paid. Was it all only for dignity and pride that I'm left broken inside ?

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