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 II,4. TOMMILDA ➺ Seven devils around me.

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MessageSujet: II,4. TOMMILDA ➺ Seven devils around me.   Ven 8 Fév - 21:43


Hildegarde & Braeden
I'VE COME TO BURN YOUR KINGDOM DOWN Ҩ holy water cannot help you now, thousand armies couldn't keep me out, I don't want your money, I don't want your crown, see I've come to burn your kingdom down. holy water cannot help you now, see I've come to burn your kingdom down, and no rivers and no lakes can put the fire out, I'm gonna raise the stakes, I'm gonna smoke you out. seven devils all around me, seven devils in my house, see they were there when I woke up this morning, I'll be dead before the day is done

gifs © jacenheimdallson & castielers • codage © yumita • musique seven devils, by florence and the machine


Il fallait bien que cela arrive un jour. C’était l’excuse facile que l’on pouvait attribuer à ce qui était en train de se jouer au district trois, en ce soir de dix-huit février de l’an deux mille trois cent douze. La révolte battait son plein désormais ; Elle avait envahi son premier district vers la fin du mois de juillet, et n’avait cessé de gagner du terrain depuis. Mais ici nous n’avions jamais lâché, jamais cédé la moindre parcelle de district à ces enfoirés, et nous pouvions bien nous targuer d’être les seuls à avoir subi une attaque du treize et à avoir réussi à la contrer, même si cela ne s’était pas fait sans perte et fracas. Et comme à chaque fois, tout cela ne s’était pas fait sans une remise en question de ma part, sans me demander s’il était normal que contrairement à mes collègues, et contrairement sans doute à ce que l’on attendait d’un pacificateur, j’avais toujours cette crispation au moment d’appuyer sur la détente, lorsque je savais que mon arme s’apprêtait à tuer quelqu’un, même un rebelle. Et c’était irrationnel, bien entendu, je n’avais pas besoin d’attendre que quelqu’un me le dise pour m’en rendre compte, et d’ailleurs il n’était pas question que qui que ce soit d’autre ne s’en rende compte … Mais elle était bien là, cette crispation, ce court moment de doute qui me donnait envie de retourner mon arme contre moi. Peut-être parce que ce que tu fais n’est pas aussi bon qu’on te le dit ? La ferme. La ferme putain, j’en avais assez de cette voix dans un coin de ma tête, cette voix qui remettait en cause tout ce que je faisais, cette voix qui aurait voulu me faire penser des horreurs à propos de celle qui m’avait accordé le fait de continuer à vivre, cette voix qui en définitive était à l’origine des pires horreurs que je parvenais à commettre parce qu’il n’y avait aucun autre moyen de la faire taire, que de lui montrer que plus elle tenterait de s’incruster plus j’allais la chasser en faisant craquer des os sous mes doigts, et en répandre le sang sur mes mains.

Il fallait bien que cela arrive un jour, et ce jour c’était aujourd’hui. Le ciel n’avait même pas encore commencé à rosir, mon tour de garde ne terminait que dans trois bonnes heures à en juger par ce qu’indiquait ma montre, et tout semblait des plus calmes dans le bloc C, dont j'avais hérité pour la garde de cette nuit avec trois autres pacificateurs. Nou étions quatre, cela pouvait sembler peu, mais avec cinq blocs et quatre pacificateurs par bloc cela faisait pas moins de vingt pacificateurs qui circulaient à travers la zone industrielle du district, veillant à ce que ni les habitants les plus téméraires ni les rebelles les plus suicidaires ne viennent troubler la paix difficilement conservée ici. Comment avions nous pu ne rien voir, ne rien entendre, ne rien soupçonner ? Lorsque l'alarme s'était déclenchée à six heures et demi tapante dans le bloc A nous n'avions pas mis longtemps à réaliser qu'il était déjà trop tard, et que ces satanés rebelles avaient déjà fait leurs petites affaires à notre nez et notre barbe avec une insupportable facilité. Mais merde, comment c'était seulement possible, où était le piège ? Cette question chaque pacificateur avait du se la poser, mais très vite nous l'avions reléguée au second plan et pris la direction du bloc A avec une seule idée en tête : ils étaient peut-être rentrés, mais ils ne ressortiraient pas. Pas vivant.
La paume de ma main serrée contre la crosse de mon berretta j'avais entamé ma course vers le bloc attaqué et retrouvé en chemin deux de mes collègues, eux aussi pris au dépourvu et se demandant sans doute comment une telle chose était possible. Le feu commençait déjà à prendre lorsque nous étions arrivés, et outre les flammes donnant aux lieux une atmosphère lourde et étouffante, les échanges de coups de feu fusaient déjà des deux côtés sans que la fumée et l'absence de lumière ne permettent vraiment de distinguer qui de nous ou des fauteurs de troubles avions le dessus. Bientôt ce fut toutes les alarmes de la zone qui retentirent, rejointes au loin par celle de la mairie imposant aux habitants du district de ne pas sortir de chez eux et de s'enfermer, sous peine de lourdes sanctions. Chaque issue se trouvait verrouillée par le pacificateur qui passait devant le premier, les rebelles potentiellement coincés à l'intérieur déstinés donc à périr par les flammes ou le manque d'oxygène et sans que nous n'ayons à nous salir les mains sur leur cas. D'autres étaient déjà dehors pourtant, se retournant alternivement pour balancer une grenade ou une rafale de tirs, rendant nos armes de poing bien ridicules mais ne suffisant pas pour autant à nous faire lâcher prise.

Perdant l'équilibre dans sa fuite en avant l'un d'eux était tombé. Une seconde, pas plus, mais c'était tout ce dont j'avais besoin, et la seconde suivante mon doigt appuyait sur la détente pour aller le toucher au flanc gauche, le faisant tomber à nouveau en poussant un cri, de douleur ou de surprise. Pourtant il s'était relevé, poussé par un instinct de survie qui lorsqu'il venait d'un soldat ennemi ne m'avait arraché qu'un rictus agacé et méprisant et à trois mètres de lui seulement j'avais tiré à nouveau. Bruit d'os qui se brise et sang éclaboussant son visage, j'avais touché une artère, à n'en pas douter, mais le laisser agoniser bruyament durant les quelques minutes de vie qui lui restaient n'était pas ce qui m'intéressait, j'avais besoin de voir la vie quitter les yeux de cet enfoiré, peu importe comment il était rentré, ce qu'il avait volé, son rôle dans l'incendie et ce vers quoi il courrait. Maintenant que je me tenais au dessus de lui, mes yeux ayant un instant fixé l'impact dans son genou dont s'échappait quantité de sang imprégnant instantanément le sol, je pouvais voir son visage ; Il n'était pas beaucoup plus vieux que moi, et ses yeux étaient tellement noir qu'on ne les distinguait pratiquement pas dans la pénombre. Cela aurait pu être moi, et il aurait pu se trouver à ma place s'il n'avait pas fait le choix de l'ennemi … Il avait fait le mauvais choix, m'étais-je dit intérieurement, il avait fait le mauvais choix et c'était ce qui allait le tuer. « Combien … ? Combien t'en as tué, avant moi … » Cet imbécile allait mourir et c'était tout ce qu'il trouvait à dire, c'était sa dernière parole. Qu'est-ce qu'il espérait, ma pitié ? Ou ma culpabilité. Il n'aurait jamais ni l'un ni l'autre, et n'ayant même pas de salive à gaspiller pour répondre à sa question, et n'ayant surtout pas envie de lui faire ce plaisir, j'avais simplement dirigé mon arme vers lui, visant son front tandis que mes yeux se plongeaient dans les siens. Et j'avais tiré. Sans l'ombre d'une hésitation. J'avais regardé ses lèvres former une plainte muette, ses yeux rouler vers l'arrière, et finalement son corps retomber mollement sur le sol « Un de plus, maintenant. » Tuer un rebelle ou le garder vivant, c'était toujours la question, et je n'étais pas sans savoir qu'un rebelle mort était un rebelle qu'on ne pourrait pas faire parler, dont on ne tirerait rien. Et ce n'était pas ce que je préférais dans mon boulot, exécuter froidement un autre être humain ; Mais un soldat du treizième district était bien plus méprisable que n'importe quel être humain, à mes yeux. Et ce que je venais de lui faire, c'était peut-être ce de quoi m'avait sauvé Hilda, cela suffisait à laver tous mes éventuels remords. Oeil pour oeil, dent pour dent, dans un certain sens, il était peut-être mort, mais il ne vivait pas avec la tête vide de tout souvenir depuis un an, lui.

J'aurais pu rester là, à contempler ce que je venais de faire encore quelques minutes, à tenter de chasser le bourdonnement dans mes oreilles comme à chaque fois que j'avais tué sous cet uniforme, mais je n'en avais pas eut le temps. Tout n'était plus que bruit et lumières, et il était facile de se perdre dans qui gagnait du terrain, et qui en perdait ; Trop peu de lumière et trop peu de rebelles pour qu'il ne suffise de lever les yeux pour en trouver un autre à massacrer, comme ils venaient de massacrer notre usine. Et pourtant … « THOMAS ! » j'avais levé instinctivement les yeux, je ne sais pour quelle raison stupide j'avais eut un court instant l'impression que ce gosse s'adressait à moi, quand ignorant totalement la stupidité de son action il s'était précipité dans ma direction, un regard hargneux sur le visage. Je venais de tuer Thomas, fusse-t-il son ami, son collègue, son frère, son cousin ; Je venais de tuer Thomas et les yeux de celui qui se rapprochait arme à la main, l'air d'avoir dix-neuf ou vingt ans à peine, réclamaient vengeance. Mon coup et le sien étaient partis en même temps, et atteint leur cible au même moment ; Mon bras, son épaule, sa peau et la mienne brûlant de la même façon. Et je n'étais pas un bon tireur, j'avais un niveau acceptable, suffisant pour le pacificateur que j'étais, mais je n'étais pas un excellent tireur … ce n'était pas avec mon berretta que j'allais sauver ma peau, ni le trainer vivant au fond d'une cellule, à défaut de pouvoir le faire avec le cadavre qui gisait à nos pieds.
Le sang s'échappant de mon bras tâchait le blanc de mon uniforme, mais j'avais l'impression de ne rien sentir, ou presque. Prenant de l'élan, serrant mon pistolet dans ma main pour ne pas le lâcher, j'avais bondit vers mon assaillant et m'étais jeté sur lui de tout mon poids pour tenter de lui faire perdre l'équilibre. Il avait lâché son arme, et moi aussi en fin de compte, désormais ce n'était plus que ses poings et les miens, sa rage et la mienne … et de la rage, j'en avais toujours eut, d'aussi loin que remontaient mes premiers souvenirs. Il était jeune, c'était cruel au fond, peut-être, mais à cet instant rien de cela ne m'importait. Je ne savais pas comment s'en sortaient les autres pacificateurs, je ne savais pas ce qu'Hilda ferait des otages ni même si elle comptait s'en encombrer, mais ce que je savais en tout cas c'était que ce rebelle regretterait d'être venu s'aventurer au district trois … Et tandis que son genou s'était risqué jusqu'à mon abdomen, mes phalanges s'étaient abattues sur sa figure en un craquement sinistre.
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MessageSujet: Re: II,4. TOMMILDA ➺ Seven devils around me.   Lun 29 Avr - 22:33


seven devils around me
BRAEDEN HEDGES-CARTER & HILDEGARDE FALK-LAWSON
Malgré la distance qui aurait pu paraître insuffisante quant aux armes de point de base de l’ensemble des pacificateurs, la balle se logea dans un chuintement imperceptible et sans obstacle, entre les deux yeux de la malheureuse cible. L’espace d’un instant, seulement quelques millièmes de secondes, Hildegarde se réjouit de ses tendances, par ailleurs souvent controversées, à trafiquer ses armes pour les améliorer plus qu’il n’en était nécessaire. Car, honnêtement, ces mécréants qui s’éparpillaient à l’instant dans les rues du district trois, avaient le mérite de posséder une artillerie assez exaltante. Seulement, la pacificatrice s’estimait de droit de prendre possession de ces biens sur les corps qui étaient tombés, tomberaient, et sur tous ceux qui lui passeraient entre les doigts. La spécificité de ce district pouvait bien être, entre autres, l’armement, les autorités n’avait de cesse de constater que certains bougres avaient d’autres moyens de se munir avec efficacité. En quelques pas, Hildegarde était sur sa proie abattue qui s’affalait contre le mur proche dans une traînée de sang autant sur les pierres qui supportaient son dos, que dans une flaque sombre qui naissait autour de lui. Ses prunelles ne prirent pas le temps, pas la peine précisément, de se perdre dans le charbon éteint du regard de la victime. Il était question de réactivité. Agir vite, et efficacement. Et prendre le temps de ressentir du dépit ou de la peine pour cet individu qui faisait bien dix ans de moins qu’elle, ce n’était définitivement pas une composante de la personnalité de la pacificatrice en chef. Déjà, des pas précipités se faisaient entendre et une nouvelle silhouette surgit à l’angle. Bien trop agitée et en quête d’une échappatoire pour se rendre compte directement de la situation. D’un coup de pied, Hilda dégagea l’arme du mort et s’en empara d’un geste vif. Dans le même temps, la nouvelle apparition eut les secondes nécessaires pour évaluer qu’il lui était inutile de fuir, il n’en aurait pas l’occasion ni le temps. Puis, quitte à venger son compagnon de route – d’erreurs, dans l’esprit de la pacificatrice – autant profiter de l’adrénaline qui le rendait assez stupide pour s’en prendre directement à l’une des têtes du district trois, et pas que. Hildegarde eut le temps de bondir sur le côté pour éviter le premier tir, puis se mut dans la direction du jeune homme qui se jetait sur elle. Elle esquiva son coup de poing en se décalant au dernier instant et en profita pour lui attraper le bras. Briser des mains était, de toute évidence, une de ses spécialités bien que trop redondante. D’un mouvement, elle lui retourna le bras en passant dans son dos, son intention prenant son sens à l’entente du craquement sinistre. Et du cri qui résonna des entrailles du rebelle. Elle para d’un revers de bras le coup de coude qui manqua son estomac, mais n’eut pas le temps de passer outre le poing qui s’abattit sur son visage, le garçon s’étant résigné à abandonner son arme à terre, étant donné qu’elle lui était inutile dans une situation de corps à corps. La pommette en feu, bien qu’elle ne s’en rendait absolument pas compte, Hilda crocheta les jambes du mécréant qui s’affala pitoyablement par terre. Équilibre précaire l’espace d’une seconde pour sa part également lorsqu’il tenta de se dégager dans de grands battements de pieds. Pataud. La pacificatrice écrasa de son talon l’abdomen du rebelle non sans noter son âge qu’elle estimait bien trop jeune, à l’instar de celui sur lequel elle avait tiré cinq minutes auparavant. Il lui hurla quelque chose mais le son se perdit dans l’adrénaline qui vrillait les tempes de Hildegarde. Et mourut presque aussitôt entre ses lèvres lorsque son visage éclata sous la balle. Tant pis pour le sang qui maculait, et son uniforme d’un blanc prononcé, et sa peau si sombre. « Quelle idée de s’en prendre au trois. » maugréa la pacificatrice à l’attention du macchabé défiguré qui gisait à ses pieds. Manifestement, ces deux-là venaient de payer leur droit d’entrée dans le district. Et n’entraient pas dans la catégorie des captifs.

Février. Et le Trois se prenait sa première véritable offensive. Deux mois, suite à l’échec de la pseudo invasion de décembre. Difficile de passer outre la rébellion qui assiégeait Panem, d’autant plus quand son rôle était de pallier aux attaques ennemies, et de renforcer la présence et l’action des pacificateurs dans tous les districts. Dieu soit loué, elle n’avait pas le privilège d’être au grade du sommet, et c’était son supérieur qui devait bien apprécier la situation qui s’étendait depuis trop longtemps déjà. Mais bien plus que les autres, Hilda mettait un point d’honneur à agir efficacement dans son propre district, et ceci avait porté ses fruits jusqu’ici. Le trois s’était avéré plus difficile à prendre d’assaut, et Hildegarde ne se permettait plus de déplacement autre part excepté lorsqu’elle avait une pleine confiance en ceux qui la secondaient. Seulement, malgré la vaine tentative du début de l’hiver, elle ne se leurrait pas quant à un retour en force des rebelles. Le sommeil n’existait plus, et sa patience atteignait ses limites. Ceci, sans compter les réprimandes silencieuses qui l’accompagnaient à chaque bouteille descendue. Bouteille devenue bien rare désormais, comme toute autre marchandise. Si elle ne se délestait pas de son impassibilité nonchalante naturelle, il était presque évident que la mauvaise humeur l’accablait dans une tempête intérieure. La tension était d’autant plus palpable, que son district natif se pavanait dès lors partout – ou presque. Combien de temps, avant que les hautes sphères n’aient connaissance de son statut de vieille traîtresse du treize ? À supposer que cela se produise. Il y avait bien des personnes qui connaissaient son statut, son passé, et qu’elle croisait au détour d’une rencontre rarement amicale, mais aucune ne l’avait réellement mise en danger. Faut dire qu’elle avait envoyé le message nécessaire il y a cela des années maintenant pour que les souterrains taisent son existence. Et elle était devenue un fantôme, un mirage, un masque. L’ombre, la mauvaise herbe, du lieu qui l’avait vu naître.

Ils n’étaient pas invincibles. L’espèce humaine ne l’était pas. Elle ne savait pas encore si cette frappe allait s’avérer fatale ou bien assez conséquente, même s’il était évident qu’ils avaient touché le point névralgique de ce district. L’action en elle-même était déjà bien assez humiliante. Depuis de longues semaines, Hildegarde avait renforcé les dispositifs de sécurité humains comme matériels dans l’enceinte du trois, particulièrement auprès des zones à risques dont la mairie et les usines. Les patrouilles étaient plus conséquentes, elle veillait à disposer d’assez d’hommes à chaque instant, de ne jamais se trouver en faiblesse numérique. Elle s’assurait même que les gardes s’alternaient régulièrement, afin qu’aucun de ses pacificateurs ne tombe de fatigue. La vigilance était le maître mot et ce, depuis les débuts de cette rébellion. Et comme chaque soir de ces mêmes longues semaines – et pas seulement à la nuit tombée – Hildegarde patrouillait également, parcourait l’ensemble du trois pour s’assurer qu’ils palliaient à la moindre faille, et que tout était en ordre.

De toute évidence, l’échec du mois de décembre n’était que partie remise, et le renforcement de la sécurité n’était pas assez parfait. Lorsque la première alarme retentit, la pacificatrice en chef se trouvait également dans les rues voisines, ce qui lui permit d’intervenir plus rapidement. De nuit. Ils auraient pu se fondre dans la masse des habitants au cœur de la journée, mais non. Ils étaient intervenus alors que la population dormait encore, et qu’il n’y avait pas une âme au dehors si ce n’était les patrouilleurs. Ces salopards leur étaient passés sous le nez. Sous son nez. Le premier qui lui était tombé sous la main et qu’elle avait fracassé contre ce mur, n’était que le résultat de sa frustration. Les abords de l’usine d’armement s’étaient transformés dans un chaos, préambule d’un champ de bataille. De la fumée qui s’échappait des bâtiments, malgré que les issues aient été bouclées comme lui avait spécifié un pacificateur qu’elle avait croisé, des corps à terre, ennemis ou non, des gravats, des cris, des bruits de courses, des échanges de tir. Une alarme, et c’était le capharnaüm. Toutes les alarmes, et il était déjà trop tard pour attraper les fuyards les plus rapides. Mais Hilda ne pouvait pas se permettre de penser aux conséquences maintenant. Alors qu’elle s’engageait dans la rue où se trouvait la principale entrée de l’usine, elle ne put que constater qu’aussi près de l’endroit fut-elle, ceci ne s’était pas avéré suffisant pour qu’elle ait le temps d’attraper les rebelles qui s’échappaient du bâtiment. Désormais, l’action s’étendait au-delà de l’endroit, les répercussions des coups échangés résonnant dans le district trois. Elle comptait sur ses hommes pour repêcher, éliminer, le maximum d’individus qui avaient osé mettre à feu et à sang son district.

Par ailleurs, les combats n’étaient pas pour autant terminés ici. Malgré l’absence de lumière de par l’épaisse fumée qui régnait, Hildegarde ne manqua pas de remarquer les silhouettes qui s’agitaient, le bruit de leur lutte étouffé dans l’atmosphère écrasante. Quelques pas, prête à intervenir, elle put percevoir le visage des assaillants. Notamment celui du pacificateur, qui donnait autant qu’il recevait. « Tommy. » Braeden. Sa recrue, pourrait-elle même avancer. Celui qu’elle avait déchu du treize, contre son gré. Le transformant à son image, non sans un malsain plaisir. Soldat des souterrains devenus à la solde des autorités de ce régime, ce contre quoi il se battait avant qu’elle ne lui tombe dessus. Hilda pouvait lui venir en aide. Ou au contraire, estimer qu’il était capable de s’en sortir tout seul. Elle pouvait s’esquiver de l’endroit pour filer à la poursuite des rebelles qui avaient filé. Elle pouvait intervenir pour arrêter le feu qui se propageait dans le bâtiment, au risque qu’il ne suscite une explosion en raison de ce qu’il abritait. Elle pouvait retourner à l’antre des pacificateurs pour cueillir ceux qui auraient penché pour l’option 'otages'. Elle pouvait tout simplement coller une balle dans le crâne du rebelle auquel son protégé était en proie. Malgré la proximité des corps des deux combattants. Malgré le risque de toucher la mauvaise chair, en raison de leurs mouvements. Oh, elle ne le raterait pas, elle le savait. Elle ne manquait jamais sa cible. Mais Hilda n’était pas de ces personnes qui se comportaient comme ce qu’on attendait d’elle, comme ce qui paraîtrait le plus logique dans tel ou tel cas. C’était en soi une attitude bien assez critiquée, mais respectée parmi les siens du trois, et au-delà par ceux qui lui avaient octroyé ce statut. Alors, non. Il lui était inutile de poursuivre les rebelles, d’une part parce qu’ils avaient une masse de pacificateurs à leur trousse, d’autre part parce qu’elle ne pouvait les rattraper avant qu’il ne quitte l’enceinte du district. Des mesures avaient déjà été prises quant à l’incendie dès lors que les alarmes s’étaient enclenchées, elle n’entrerait pas dans ce bâtiment. Pas plus qu’elle ne comptait intervenir dans ce face à face sanglant. Un cadavre gisait déjà à leurs côtés, prouvant que Braeden n’était pas dénudé de tout moyen. Et pour cause, elle l’avait entraîné. Elle avait conscience de sa force, de ses capacités. De ses faiblesses. « Ne le tue pas. » lança-t-elle au pacificateur assez fort pour que sa voix puisse lui parvenir, du mois l’espérait-elle, malgré la situation.

Ainsi, tout en prêtant attention à ce qui l’entourait – il n’était pas question de laisser filer le moindre retardataire – Hildegarde éloigna d’un geste rapide du pied les armes des garçons. Là, dans cette pagaille. Dans cette situation inquiétante qui immolait les entrailles du district trois, la pacificatrice estimait nécessaire d’inculper une nouvelle leçon à celui qu’elle avait engendré. Par ailleurs, elle-même n’avait pas pris la peine de s’encombrer d’individus vivants pour pourrir dans leurs cachots en attendant qu’ils ne soient interrogés. Et des réponses, ils allaient en avoir grandement besoin. Alors autant mettre à profit le rebelle qui était tombé entre les mains de Braeden. Hilda profita de l’accalmie que suscita son intervention pour toiser le jeune garçon, alors que ses paroles s’adressaient au pacificateur. « Tu t’occuperas de lui ensuite. » Le déchu du treize allait ramener sa proie, et mènerait lui-même l’interrogatoire qui se profilait au loin, sous l’inévitable surveillance de la pacificatrice en chef. L’emprise d’Hilda était omniprésente, district trois assiégé ou non.

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MessageSujet: Re: II,4. TOMMILDA ➺ Seven devils around me.   Mer 29 Mai - 16:47

Je ne devais pas le tuer, c’était ce que je tentais de me répéter tandis que mes poings s’abattaient sur son visage, tandis que progressivement assommé je ne le sentais même plus résister sous mes coups, ou presque. Il ne résistait même plus, et pour cette raison m’empêcher de le tuer une bonne fois pour toute réclamait beaucoup plus d’efforts que je n’avais la sensation de pouvoir en fournir … un rebelle mort, c’était un rebelle qui n’était plus un problème au fond. Et celui-ci n’aurait plus rien à perdre, peu importait l’identité de celui que j’avais tué sous ses yeux il semblait que celui ait suffit à lui faire perdre tout autre désir autre que celui de se venger, y compris celui de survivre. Alors tant pis, j’allais le tuer, débarrasser le district trois d’un autre spécimen de cette vermine qui gangrénait Panem, et si un troisième avait la stupidité de se pointer le traitement qu’il recevrait ne serait pas différent. Sans que je ne sache d’où lui était venue cette soudaine réactivité pourtant, le gamin – parce que ce n’était que ça, au fond – s’était agité à nouveau, se débattant comme s’il venait de prendre conscience de ma décision, tentant désespérément d’échapper à un sort qu’il savait inévitable. Il y avait dans ses yeux quelque chose de menaçant, quelque chose de déterminé … pas de nature à me faire peur, mais assez pour me déstabiliser l’espace d’une seconde. Une seconde de trop. Saisissant l’occasion et malgré le sang qui s’échappait de sa propre blessure, il avait attrapé mon bras et enfoncé son pouce dans la plaie qui tâchait mon uniforme, provoquant chez moi une douleur telle que je cru un instant qu’elle allait me faire vaciller. Ma tête tournait, mes oreilles bourdonnaient, et j’eus peine à entendre distinctement les paroles hargneuses de mon opposant, tandis que du sang s’échappait abondamment de sa bouche et de son nez, que j’avais littéralement brisé « Vous l’avez tué ! C’était mon ami, et vous l’avez tué ! » Il hurlait presque, son visage déformé par la douleur et par la colère, des larmes qu'il aurait sans doute voulu retenir glissant le long de ses joues ; A moins qu'il ne s'en rende même pas compte. S'étranglant tout seul il me donna le temps nécessaire pour l'immobiliser à nouveau, lui enfonçant un genou dans l'estomac et lui assénant un nouveau coup sur la mâchoire. Son corps secoué de sanglots, suffoquant à moitié, sa voix n'était tout à coup plus qu'un murmure plaintif et désespéré « Je vais … Vous allez mourir, vous aussi … Même si c'est la dernière … la dernière chose que je … » Instinctivement mes mains s'étaient resserrées autour de son cou, l'empêchant de terminer sa tirade. Je voulais qu'il se taise, j'en avais assez de l'entendre déblatérer ses conneries et je me foutais bien du crétin inanimé à côté de nous, il n'avait eu que ce qu'il méritait … Et cette plaisanterie avait assez duré, il était temps que les deux amis se retrouvent.

Je sentais malgré tout mon bras droit s'engourdir peu à peu, le bout de mes doigts me paraissait gelé, et je m'étais finalement retrouvé forcé de lâcher la gorge du rebelle pour me saisir du couteau accroché à mon mollet. Ce sang qui maculait déjà son visage, qui dégoulinait de son épaule, je voulais le voir couler sur l'herbe, qu'il se vide entièrement prenne conscience que sa mort il ne la devait qu'à sa stupidité, qu'au fait qu'il avait rebroussé chemin ; Je n'aurais sans doute même pas eu le temps de le rattraper s'il n'était pas revenu sur ses pas, à ce moment là j'avais d'autres chats à fouetter. Mais plus maintenant. « Tu salueras ton ami de ma part. » Resserrant ma main autour du manche du couteau je l'avais levé, prêt à frapper et sceller le destin de ce misérable, lorsqu'une présence, mais surtout une voix – que j'aurais reconnue entre mille – m'avait arrêtée. Serrant instinctivement mon autre poing, sans pouvoir réprimer un grognement de douleur autant que de frustration, j'avais posé le plat de mon couteau contre la gorge du pauvre bougre en me tournant vers celle qui venait juste de m'ordonner « Ne le tue pas. » Sérieusement ? Qu'en avait-elle à foutre, que ce crétin meurt ou non, il n'était rien, il n'était personne, juste un nuisible parmi les autres. J'avais obtempéré pourtant, parce que mon opinion ne comptait pas au fond, parce que c'était elle qui menait la barque et qui décidait de la manière dont les choses devaient être menées. Mais bon dieu ce n'était pas sans être forcé de prendre sur moi. « Il survivra pas longtemps, de toute manière. » avais-je pourtant répondu en posant les yeux sur lui, le sentant qui tentait de maitriser sa respiration sous ma lame. Dégageant mon arme et celle de l'autre d'un coup de talon, Hilda s'était approchée, posant un regard froid sur celui dont elle venait momentanément d'épargner la vie « Tu t'occuperas de lui ensuite. » avait-elle finalement ajouté en guise de justification. Je comptais bien être celui qui rayait définitivement ce type de la liste des rebelles vivants, mais j'avais bien compris que ce n'était pas ce dont il s'agissait, et le regard insistant que m'avait adressé ma bienfaitrice aurait ôté le moindre doute que j'aurais pu conserver à ce sujet. Il fallait que je m'occupe de lui.

La torture n'était pas une activité qui me plaisait particulièrement, contrairement à certains de mes collègues. A vrai dire c'était même quelque chose dont je préférais me passer, et Hildegarde le savait parfaitement. C'était sans doute la raison pour laquelle elle décidait de me l'imposer, et si une partie de moi ressentait toute l'amertume de cette décision, comme si après tout ce temps je n'avais pas encore assez fait mes preuves, comme si je n'avais pas encore assez prouvé ma loyauté envers elle et envers ce métier, une autre partie de moi avait la sensation de le mériter. Peut-être étais-je trop faible, peut-être était-ce la seule raison pour laquelle la torture, à haute dose, continuait de me crisper … Des cris et des supplications, pendant des heures durant, me donnaient la migraine et me suivaient ensuite durant des jours entiers. J'étais plutôt partisan des exécutions propres et sans efficaces, garder un rebelle dans une cellule ne m'intéressait pas, seul m'importait le fait de le voir mort, d'en éliminer autant que possible, jusqu'à ce qu'enfin je puisse connaître cette sensation qui me manquait tant : celle d'avoir obtenu justice. Justice pour cette demi-vie qui était la mienne, pour tous ces souvenirs qui devraient être les miens et qui semblaient être perdus à jamais. « Du moment que je peux m'en débarrasser ensuite. » Je n'avais pas l'intention de protester, les ordres restaient les ordres, malgré tout. Ce fut le moment qu'il choisit pour ouvrir la bouche, mais je n'avais plus le temps ni la patience d'écouter menaces et simagrée, et à défaut de pouvoir le planter dans son abdomen je m'étais servi du manche de mon couteau pour lui asséner un nouveau coup sur le visage, et l'assommer une bonne fois pour toutes. Secouant la tête d'un air las, j'avais enfin lâché mon arme, et attrapé le serflex rangé dans une de mes poches. J'avais serré bien plus fort que de raison, ce type aurait une chance inouïe s'il sentait encore ses doigts à son réveil, mais enfin pour le peu qu'il lui restait à vivre, de toute façon.

Une explosion plusieurs bâtiment derrière nous fit trembler le sol un instant, et ajouta à l'ambiance déjà chaotique dans laquelle se déroulait cette attaque. Secouant la tête pour combattre l'étourdissement qui s'abattait de plus en plus lourdement sur mes épaules, je m'étais finalement relevé, tentant de retrouver des réflexes et un temps de réaction acceptable, et avais jeté un coup d'oeil au cadavre qui gisait quelques mètres plus loin. Mon attention s'était pourtant rapidement reposée sur Hilda, à qui j'avais adressé un regard attentif, me demandant si elle avait d'autres ordres à m'asséner. « Qu'est-ce que je fais de lui ? » J'en parlais comme s'il s'agissait d'un sac de farine, et puisqu'il gisait pour l'instant inanimé c'était tout l'effet qu'il me faisait. J'espérais pouvoir le laisser rapidement dans un coin, pour le moment du moins, et à vrai dire j'avais hâte de rentrer chez moi pour nettoyer et bander ce bras.
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