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 i’m tired of trying so hard not to be me (athen)

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MessageSujet: i’m tired of trying so hard not to be me (athen)   Ven 18 Jan - 21:15




reality (noun) :
sometimes reality has a way of sneaking up
and biting us in the ass

Cela faisait maintenant plusieurs mois qu’Eden avait à supporter et à vivre au jour le jour les souvenirs qui revenaient quand bon leur semblait, rythmant ce qu’elle pensait être sa vie avec des révélations qu’elle n’aurait pu croire possibles si on l’avait interrogée. Elle avait presque pris l’habitude de se rendre compte que ce qu’elle pensait vrai ne l’était plus, parce que cela avait changé durant les trois années qu’elle avait oublié. Perdre sa mémoire l’avait rendue naïve, enfantine et l’avait fait revenir à un stade bien moins évolué que celui qu’elle avait atteint, et pourtant, recouvrer cette même mémoire la rendait encore plus mâture que ce qu’elle ne l’était avant l’accident. Elle avait appris à se composer un visage de façade, à cesser de parler pour tout ou rien, à ne plus réagir au quart de tour, et même à devenir méfiante. Cette méfiance dont elle n’avait jamais fait preuve l’avait envahie un peu plus chaque jour. Non qu’elle pense que quelqu’un pouvait lui vouloir du mal, mais elle ne voulait plus risquer de dire quelque chose qui était à présent erroné, et préférait donc se taire, et observer. Elle regardait les gens, étudiaient leurs manières de faire, de se comporter, puisqu’à présent, il était bien trop risqué pour elle de parler. Si elle avait changé, elle ne s’était pas départie de sa fierté, et ce qu’il en restait ne voulait pas qu’elle dise quelque chose d’idiot parce qu’elle ne se souvenait pas du reste et que ses amis se moquent. Non, cela, sa fierté ne pouvait pas s’y résoudre. Alors elle gardait le silence, et n’avait plus que son regard pour exprimer tout ce qu’elle ressentait.

Il n’y avait pas qu’elle qui avait changé. Le fait qu’elle refuse désormais de se trouver face à Athos de près ou de loin l’empêchait de se résoudre à se rendre chez les Këssler. Bien qu’elle brûlait d’envie de voir Atlas, l’amertume qui envahissait sa bouche lorsqu’elle songeait à Athos la rendait encore plus certaine qu’elle ne remettrait pas les pieds là-bas dans l’immédiat, juste au cas-où. Même si elle doutait que lui souhaite la voir. Un immédiat qui durait depuis cinq mois, et qu’elle avait eu du mal à expliquer à Atlas, qui ne comprenait pas ce revirement de situation venant de celle qui connaissait la chambre de son meilleur ami mieux que la sienne et finissait les phrases qu'il commençait. Eden avait tenté de trouver des excuses, de mettre cela sur le compte du ‘non, franchement, j’ai plus envie’ mais elle avait bien vu qu’il ne l’avait jamais cru. Elle aurait presque juré qu’il avait dû cuisiner son frère et sa sœur chez lui pour savoir ce qu’il s’était passé, mais puisqu’elle n’en avait eu aucun écho, elle pensait que rien n’avait du en ressortir. Elle ne se serait pas pensée capable de ne rien dire à Atlas au sujet de l’altercation qui l’avait opposée à son frère, elle qui n’avait aucun problème pour le critiquer, auparavant. Le dessin qui l’avait menée à cette situation était même destiné à Atlas, à la base. Mais lorsqu’elle avait davantage réfléchi à la réaction d’Athos, elle en avait déduit qu’il lui cachait définitivement des choses, et qu’elle préférait attendre d’en savoir plus pour poser d’autres questions. Même à Atlas, elle n’avait rien dit. Et à présent, elle n’avait plus que ses yeux, une fois de plus, pour pleurer leur relation qui s’était distendue depuis qu’elle avait décidé de ne plus se rendre chez lui. Bien sûr, ils se voyaient toujours, et même souvent, mais ce n’était plus comme avant. Elle était rongée par ces questionnements sur tout ce qui avait bien pu se dérouler durant les trois dernières années, qui puisse expliquer le comportement d'Athos. Et malgré tous ces efforts, elle ne voyait vraiment pas de quoi il pouvait s'agir. Ce incessant questionnement intérieur la rendait moins attentive à ce qui se passait autour d'elle, et ses amis étaient souvent obligés de la pincer ou d'élever la voix pour attirer son attention. Indéniablement, elle essayait de se faire à la nouvelle donne, mais elle n'y arrivait pas si bien qu'elle aurait voulu le croire.

Ce manque d'attention fut ce qui la perdit alors qu'elle marchait tranquillement dans les couloirs de l'université. Le soleil commençait à se coucher, bien qu'il fut tôt, puisque l'hiver avait atteint son paroxysme, et les cours venaient de se terminer. Eden avait automatiquement salué ses amis avant de se diriger vers la sortie. Il n'était pas prévu qu'elle voit Atlas ce soir-là – il ne faisait pas les mêmes études qu'elle -, mais une fois de plus, elle avançait les yeux au soleil pour éviter l'autre Këssler, Athos. Depuis leurs dernière 'conversation', si elle pouvait se nommer ainsi, cinq mois s'étaient écoulés, mais aucun d'entre eux n'avait tenté depuis d'approcher l'autre. Eden aurait de toute manière refusé de lui parler si elle avait dû se trouver en face de lui. Au début, c'était plus par colère, contre lui, contre elle-même, puis c'en était presque devenu une habitude. Athos était lié à quelque chose de mauvais. A présent, elle l'évitait presque par honte – elle avait bien réalisé qu'elle avait été incapable de se débrouiller toute seule avec ses souvenirs, et que ce qu'Athos aurait pu lui dire aurait été utile. Si seulement elle avait daigné le demander avec plus de gentillesse à ce moment-là. C'était sa faute si elle était perdue, puisqu'elle n'arrivait pas à faire la part des choses entre ce qu'elle voulait bien savoir et ce qu'elle avait absolument besoin de savoir, et à comprendre que ce n'était pas en criant sur les gens qu'ils auraient pitié d'elle et lui diraient tout ce qu'ils pouvaient bien cacher. Eden s'était faîte à l'idée qu'Athos ne lui dirait jamais rien, et qu'il resterait silencieux comme il l'avait toujours été. Peut-être qu'après tout, ça n'était pas si important, mais qu'il s'était tu uniquement pour lui prouver qu'il la détestait encore plus qu'elle ne l'imaginait. Mais il y avait eu ce souvenir, le dernier auquel elle se serait attendue, qui lui était revenu en mémoire une semaine auparavant, la réveillant même au milieu de la nuit. Cela l'avait surprise, choquée, et des tas d'autres sentiments qui grondaient en elle ; pour autant, elle n'avait pas fléchi et tenu bon dans son intention de ne surtout pas aller quémander de l'aide auprès d'Athos. Plutôt crever. Lui parler était une chose, à laquelle elle se refusait toujours, mais lui demander de l'aide, ça n'était même pas envisageable. Pourtant, la scène tournait en boucle dans sa tête... Elle se voyait elle-même, comme si elle observait la scène d'un point de vue étranger, face à Athos, un sourire éclatant étirant ses lèvres. Le lieu semblait brouillé, et elle n'arrivait pas à distinguer où ils se situaient. Elle observait juste le jeune homme se penchait vers elle – comment est-ce qu'une telle chose était possible avec elle, la vraie elle ? - et l'embrasser, avant de lui murmurer quelques mots à l'oreille. De loin, elle entendait ces mots comme si quelqu'un les lui glissaient à l'instant présent. Elle entendait ce « je t'aime » résonner dans tête, en ne pouvant s'empêcher de se dire qu'il y avait erreur. Le jeune homme était Athos, elle en était sûre. Elle connaissait assez bien les Këssler pour distinguer Atlas et Athos, et percevait aussi une différence dans le ton de leur voix, qu'elle trouvait bien différentes l'une de l'autre. Il n'y avait aucun doute sur la personne, ni sur elle-même, mais ça n'était juste... Pas possible. Elle en avait presque peur, peur de tout ce dont elle se rappelait et qui chamboulait son esprit, peur de ne pas faire la différence entre la vérité et l'illusion. Elle avait peur de... Elle heurta quelque chose. Confuse, elle releva la tête pour s'excuser, ouvrit la bouche, voulut parler... Se tut. Athos. Ses poings se contractèrent, sa bouche devint sa sèche, et aucun son ne franchit la barrière de ses lèvres. Intérieurement, un mot persistant se répétait en boucle dans sa tête. Non, non, non. Il n'avait pas fait exprès, c'était obligé. Sans chercher à se calmer, elle se décala sur le côté pour s'en aller et fuir cette situation le plus vite possible.

Son cœur faillit manquer un battement lorsqu'une main agrippa son bras et la retint. Ses yeux brillants roulèrent d'un mouvement affolé, tandis qu'elle sentait la pression sur son bras l'empêcher d'aller plus loin. Pas un instant elle ne songea à se retourner. Elle attendait juste qu'il la lâche... tout en sachant pertinemment qu'il ne le ferait pas.
Non, non, non.
Elle avait peur de lui.


Dernière édition par Eden Bradsburry le Sam 9 Fév - 19:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: i’m tired of trying so hard not to be me (athen)   Sam 9 Fév - 12:33

If I tell you, Will you listen ? 
Will you stay ? Will you be here forever? 
Never go away ?
L'hiver était arrivé. Le froid s'était emparé des rues et la neige avait recouvert la totalité du district. Athos détestait cette période de l'année. Les hivers au district sept étaient toujours rude, mais celui ci l'était plus encore que n'importe quel autre. C'était du moins l'impression qu'il avait, mais ça venait simplement de lui. Oui, Athos détestait l'hiver, et cette année encore plus, car il était arrivé en même temps que tous ses malheurs. Ah qu'il lui semblait loin le soir d'été qu'il avait passé en compagnie de Blossom dans les champs, il s'en rappelait comme si c'était hier. Si on lui avait dit que c'était la dernière fois qu'il la verrait, il ne l'aurait pas cru. Non, et il peinait toujours à le réaliser d'ailleurs. Il avait espérer qu'elle vienne frapper à sa porte pour l'emmener il ne savait où. Il avait scruté l'horizon de sa fenêtre, rêvant de la voir arriver en courant le sourire aux lèvres, mais rien. Jamais. Les jours passait et son absence perdurait. Il ne savait pas ce qu'il s'était passé. Elle avait disparue du jour au lendemain sans laisser de nouvelles, et il avait peur qu'il le lui soit arrivé quelque chose de grave. Ce n'était pas dans ses habitudes de disparaître si longtemps sans, au moins, donner signe de vie. Avec le temps, il avait arrêté de regarder par sa fenêtre, avait arrêté de simplement espérer, tout lui semblant vain. Il savait qu'il s'était passé quelque chose, et que plus jamais il ne la reverrait …. Les mois avaient défilés, mais il ne se sentait pas mieux qu'au premier jour. On racontait que le temps guérissait toutes les blessures, mais celle-là, bien au contraire, semblait s'infecter un peu plus à chaque secondes qui passait. Il était seul. Complètement seul. Il n'avait plus personne à qui parler, à qui confier ses joies et ses peines, plus personne avec qui il pouvait simplement être lui-même. Blossom était sa seule amie, ou du moins, la seule qui comptait vraiment à ses yeux. Les autres n'étaient rien par rapport à elle, rien. Elle lui manquait terriblement, et sa vie lui paraissait bien plus dure sans elle à ses côtés. Alors, il se referma sur lui même, encore plus. Il parlait encore moins que d'habitude et s'enfermait dans sa chambre dès qu'il rentrait de l'université pour ne pratiquement plus en ressortir. Et malgré ça, personne ne tenta de lui parler, car en réalité, tout semblait normal.
Mais si seulement c'était la seule chose qui allait mal dans sa vie. La révolte avait commencée et le district sept a été envahie par les rebelles au mois de septembre. Il leur fallut peu de temps pour prendre le contrôle du district et chasser les pacificateurs. Toutefois, Athos ne savait pas s'il était bon de s'en réjouir. Le sept n'était peut-être plus sous le joug du Capitole, mais pour combien de temps encore, et surtout, à quel prix ? Jusqu'ici, il n'avait jamais accordé la moindre attention à toutes ces histoires de rébellion et de district treize, mais maintenant que les rebelles contrôlait le sept, il était bien obligé d'en envisager le futur. En effet, il fallait être bien sot pour croire que tout était fini, que nous étions libérés de l'emprise de Snow. Athos savait qu'il n'allait pas se laisser faire et qu'ils auraient bientôt le droit à des représailles de sa part. Et il craignait ses représailles. Qu'est-ce qu'il l'empêcherait de bombarder et d'enterrer le district comme il l'avait fait soixante-seize ans plus tôt avec le district treize ? Après tout, le sept n'est pas un district 'fort' et il n'est pas indispensable au Capitole. Non, il ne se sentait pas du tout en sécurité, il avait peur qu'ils en payent tous le prix.
Et puis bien sur, il y avait Eden. Encore Eden, toujours Eden, qui ne voulait pas quitter ses pensées. Eden qu'il tentait d'ignorer mais qu'il ne pouvait s'empêcher de suivre des yeux. Eden qui ne lui adressait même plus un regard. Lui qui pensait que leur dernière discussion aurait suffi à le libérer de son emprise avait bien vite déchanté en se rendant compte que ça n'avait fait qu'empirer la situation dans son esprit. Même si il y avait une part de vérité dans ce qu'il lui a dit, il se sentait coupable. Terriblement coupable. Elle n'avait pas mérité ces paroles, il avait été terriblement méchant, et il s'en voulait atrocement. Il aimerait bien rattraper le coup, ou au moins essayer, mais il savait que ce serait là une vaine tentative, puisqu'Eden ne le laisserait même pas approcher. Il avait tout raté avec elle. Absolument tout. Il aurait pu essayer de reconstruire quelque chose avec elle après son accident, pas forcement ce qu'ils avaient connus avant, mais peut-être simplement une simple amitié, mais non. Il n'avait pas voulu se contenter de ça et avait donc préféré jouer les idiots et la repousser. Il avait été trop loin.
Il était seul. Complètement seul. Et c'était tout ce qu'il méritait.


+++
Le vent lui claquait le visage que même son blouson n'arrivait pas à bloquer. Tous ses membres tremblaient de froid, et il pressa le pas. Les cours venaient de terminer, et il était temps de rentrer chez soi. Chaque soirs, il se surprenait à marcher plus vite vers chez lui. Hier, il courrait presque. Venir à l'université devenait chaque jours de plus en plus insupportable. Les journées étaient longues, surtout quand on les passait seul, et il éprouvait d'énormes difficultés à se concentrer sur ses cours tellement il était préoccupé. Si ça ne tenait qu'a lui, il n'irait même plus, et resterait enfermé chez lui. Mais ses parents le tiraient du lit tous les matins et l'obligeaient à s'y rendre. Ils ne se doutaient de rien, il ne savait pas ce qu'il se passait dans la tête de leur fils, et lui ne voulait rien dire. Il ne voulait pas en parler. Aller chaque jours en classe était une souffrance de plus. L'absence de Blossom s'y faisait ressentir, et la vue d'Eden le tourmentait, ce qui ne l'aidait pas à aller mieux. Aller mieux … il le voulait, c'était tout ce qu'il désirait, mais il n'avait aucune idée de quoi faire pour l'être. Il lui suffisait juste d'une petite lueur à laquelle s'accrocher, juste UNE bonne nouvelle, juste de quoi se réjouir un petit peu. Juste un petit peu.
Plongé dans ses pensées, Athos ne la vit pas approcher. Il sentit juste son corps percuter le sien. Comme s'il se réveillait d'un mauvais cauchemar, il sursauta avant de poser ses yeux sur … Eden. Quelle stupide rencontre que de se bousculer par inadvertance. Stupide rencontre certes, mais formidable opportunité. C'était le moment ou jamais. Qu'il parle maintenant, ou qu'il se taise à jamais. Très vite, elle se détourna de lui et le contourna. Il se retourna à son tour et agrippa son bras avant qu'il ne soit trop tard. « Eden s'il te plaît. » Elle se figea. Il ne fit aucun geste. Il ne la tira pas vers lui, c'est lui qui s'avança vers elle. Doucement, il tira sur son bras pour voir son visage. Il plongea son regard dans le sien et se perdit dans ses yeux. Soudain, il se rendit compte de ce qu'il venait de faire et lâcha son bras. Non. Pourquoi avait-il fait ça ? C'était idiot, stupide, il ne savait pas quoi lui dire. Il ouvrit la bouche, la referma, l'ouvrit de nouveau mais aucun son n'en sortit. Elle restait muette, mais maintenant que son bras n'était plus tenu par Athos, elle était lire de partir. Non. Il ne pouvait pas prendre ce risque. Il devait lui parler, il devait lui dire. Il devait soulager sa conscience. « Je … Je te dois des excuses. » Peut-être qu'après ça, le poids qui pesait sur ses épaules serait moins lourds.
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MessageSujet: Re: i’m tired of trying so hard not to be me (athen)   Sam 9 Fév - 21:49


lost and insecure, you found me, yound found me
where were you when everything was falling apart ?

Elle ne se retournerait pas. Jamais. Il aurait pu taper des pieds par terre, crier et se mettre à pleurer qu'elle ne se serait pas retournée. Il semblait avoir compris sa détermination, puisque ce fut lui qui s'avança à son tour pour se retrouver face à elle. Elle gardait la tête baissée, et se serait enfuie s'il ne l'avait pas encore retenue par le bras. Quand il la lâcha, elle envisagea un instant de s'en aller - peu importe ce qu'Athos pourrait en penser, qu'il la déteste ou la maudisse ne comptait vraiment plus au point où ils en étaient arrivés. Seulement, lorsqu'il daigna la lâcher, ce fut en tirant auparavant sur son bras pour l'obliger à relever la tête. Elle se laissa faire, puisqu'elle n'avait de toute façon pas le choix. Lorsque son regard rencontra celui d'Athos, elle eut du mal à la déchiffrer. Ce qui était sûr, c'est que toute trace de haine l'avait déserté - ce qui semblait logique, étant donné qu'il l'avait retenue, et qu'il n’aurait sûrement pas réagit comme ça si elle le dégoutait autant qu'avant. Il ne la détestait plus, maintenant ? C'en était presque drôle, parce qu'elle n'avait vraiment rien fait pour apaiser les ressentiments qu'il pouvait entretenir à son égard, au contraire. Son regard à elle était de glace. Si aucune haine ne se faisait ressentir de son côté également, ses yeux semblaient lancer des éclairs de colère, qui était en fait destinés à ce qu'il venait de faire. L'obliger à lui faire face alors qu'elle n'en avait absolument aucune envie. C'était un geste égoïste de la part du jeune homme, et cela énervait Eden au plus haut point. Ses sourcils étrangement bas faisaient quant à eux preuve de toute l'indifférence qu'elle faisait semblant d'entrenir à son égard. Non qu'elle en eut quelque chose à faire de lui, mais les souvenirs qui lui revenaient l'obligeaient quand même à considérer le fait qu'il en faisait partie. Mais elle n'allait surtout pas lui faire le plaisir de lui montrer que contre sa volonté, il occupait ses pensées.

Il semblait perdu et Eden se délectait intérieurement de cette situation.Il eut de la chance d'enfin réussir à articuler un mot, parce que le voir ouvrir et fermer la bouche comme un poisson à moitié mort à la recherche d'air n’enthousiasmait pas vraiment Eden, et elle allait finir par partir en pestant devant un comportement aussi illogique et non digne d'intérêt. « Eden s'il te plaît » « Toi, poli avec moi ? Quel choc ». La réplique était sortie toute seule, bien qu'Eden aurait apprécié le fait de laisser Athos se débrouiller seul avec ses explications tandis qu'elle serait restée silencieuse. Cela aurait été vraiment délicieux, si seulement elle n'avait pas un caractère aussi trempé qui ne pouvait l'empêcher de faire des remarques insipides et d'ironiser dès qu'elle le pouvait. Et la situation présente y était tout à fait adaptée, puisqu'elle avait l'occasion de mettre dans ses mots toute l'amertume qu'elle n'avait pas l'intention d'offrir clairement à Athos, puisqu'il lui aurait pour cela fallut s'adresser réellement à lui, et lui livrer ce qu'elle pensait. Quelques semaines auparavant, elle avait hésité à lui faire part de ses rêves, et de toutes les choses absolument impossibles qu'elle avait l'impression d'y trouver. Puis elle avait réfléchi et était parvenue à la conclusion que, premièrement, elle avait décidé de ne pas parler à Athos et se tiendrait à cette résolution, et deuxièmement qu'elle ne ferait rien d'autre que passer pour une idiote en lui livrant des histoires aussi peu crédibles et en montrant à quel point cela la chamboulait. Après cela, elle avait imaginé le dire à Atlas, ce qui lui évitait de s'adresser directement à Athos. Mais compte tenu des relations assez 'tendues' entre les deux frères, elle s'était à nouveau dit que ce n'était vraiment pas une bonne idée, à moins qu'elle ait réellement l'intention que l'un des deux étripe l'autre. Et au cas-où celui qui se fasse étriper soit Atlas, ce qui était fort probable étant donné son manque cruel de musculature et sa constitution plutôt... fine, elle ne voulait surtout pas prendre le risque que cela arrive. En soit, elle ne voulait pas parler à Athos, c'était tout. Mais sa bouche réagissait tellement vite que l'information n'avait pas le temps d'être traitée par son cerveau. Elle n'avait pas tant mûri, en réalité. Elle n'était plus qu'un mélange entre une gamine effarouchée de quatorze ans et une pâle copie de l'Eden de dix-sept qu'elle avait été avant son accident. Une ombre, un fantôme d'elle-même, voilà ce qu'elle était. A l'intérieur de ses propres souvenirs, elle ne savait plus de quel côté se placer. Et puisqu'Athos se trouvait là, il lui était facile pour elle de mettre une part de son trouble sur son dos, de l'accuser pour ne pas lui avoir dit certaines choses. Elle trouvait en lui un bouc émissaire providentiel. Sa colère contre lui ne put s'empêcher d'en être décuplée. Et pourtant, elle n'arrivait toujours pas à le haïr comme elle aurait tant voulu le faire, ce qui lui aurait permis de se détourner sans se poser de question. Au lieu de cela, elle restait plantée devant lui, glaciale, dans l'attente d'un signe potentiel lui prouvant qu'il n'avait pas l'intention de lui avoir fait subir l'humiliation intérieur de la retenir pour ensuite ne plus rien avoir à lui dire.

Il mit quelques secondes, mais il finit par retrouver la parole. « Je… Je te dois des excuses. » Ce qu'il venait de dire ne plaisait pas à Eden, et elle sentait qu'elle ne pourrait une fois de plus pas s'empêcher e répliquer, mais en même temps, elle était presque soulagée qu'il ait parlé, parce que se contenter de le regarder droit dans les yeux alors qu'il faisait de même dans un silence de plomb était plutôt gênant et pas le moins du monde agréable. La voix d'Eden n'avait rien perdu de sa hargne et de sa froideur lorsqu'elle parla, ne laissant aucun temps de silence s'installer. « Non, vraiment, t'es sûr ? » Le cynisme transpirait par tous les pores de sa peau. Si elle avait été à la place du jeune homme, elle aurait pris la voie la plus sécuritaire et serait parti tout de suite, de perdre de subir les foudres de la jeune femme. Mais elle n'avait pas envie de lui laisser cette chance. Cette fois-ci, cela ne passera pas comme la dernière fois où elle avait été jetée comme une malpropre et où elle n'avait pas eu le choix de quitter la maison, vu qu'Athos venait d'en sortir. Cette fois, elle lui rendrait la monnaie de sa pièce, et ce serait elle qui le laisserait là, seul. Libre à lui de continuer à parler au mur s'il ressentait vraiment le besoin de s'excuser auprès de quelqu'un. Elle était sûre qu'il accepterait toutes les paroles qu'Athos pourrait lui offrir sans broncher et sans faire preuve de mauvaise foi, ce dont elle n'était pas capable. Puisqu'il était inutile d'attendre plus longtemps et que cette situation l'agaçait, elle décida de ne pas tourner la question mille fois d'en sa tête de faire ce qu'elle pensait le mieux. Alors elle se détourna d'un coup sans même hésiter, d'un geste souple et précis, elle le laissa sur place. Cependant, elle ne le laissa pas sans rien, et eut l'infime bonté, ou l'immense plaisir personnel plutôt, de lui parler une fois pour lui laisser matière à réfléchir encore un peu plus longtemps. « Tu me dois rien. Oublie pas, tu me détestes et je t'insupporte, alors franchement, pas besoin de t'excuser pour mentir. » Puis elle se dirigea vers la porte de l’université qui n'était plus qu'à quelques mètres. Durant les quelques secondes qu'avait duré leur 'échange', les étudiants avaient pour la plupart déguerpi, et une seule personne passa à côté d'Eden tandis qu'elle marchait d'un pas tranquille vers la sortie.

Puis le doute s'empara d'elle, chose qui ne s'était pas produite depuis quelques temps. Elle avait hésité à parler à Athos, et s'y était refusé. A présent, elle s'était détournée sans lui laisser une chance de s'expliquer. Et si jamais, au delà de ses excuses, il lui disait quelque chose de vraiment intéressant ? Et puis, si elle refusait de lui parler, si ce n'était pas aujourd'hui, ce ne serait pas dans six mois non plus. Elle ne saurait jamais l'explication à tous ces rêves bizarres. Pire, si elle partait aux Jeux et se faisait tuer - elle avait prévu de gagner et y croyait dur comme fer, mais ces derniers temps même cette certitude avait été quelque peu malmenée et elle envisageait enfin une autre issue, même si elle ne l'appréciait pas - elle ne saurait jamais la vérité. Jamais, jamais, jamais. Elle détestait ne pas savoir, ne pas comprendre. Avoir un temps d'avance sur les autres l'aidait à se sentir bien, en quelque sorte. Si elle mourrait aux Jeux, toutes les pensées les moins importantes sur le coup envahiraient sa tête, et celle-ci en ferait sûrement part. Il faudrait bien qu'un jour, elle renonce à sa guerre idiote. Certes, elle ne voulait plus parler à Athos. Peut-être qu'elle pourrait au moins le laisser parler, voir ce qu'il avait à lui dire et en retenir ce qui l'intéressait, et puis au pire, décider qu'ils n'avaient vraiment plus rien à se dire.
Elle s'était pourtant convaincue tant de fois qu'elle ne voulait plus entendre sa voix, plus se trouver face à lui et avoir à subir son regard qui cachait sûrement un dégoût immense... Elle ne se demanda si c'était son immaturité et son caractère instable et impulsif, ou au contraire le fait qu'elle grandissait et commençait à entrevoir la réalité des choses, qui la poussa à ajouter une chose inattendue. Elle ne faisait pas ça pour lui ou par pitié, parce qu'elle ne croyait pas à toute cette histoire de baiser, même si elle la troublait. Elle ne le fit que pour elle, sans réfléchir à ses raisons. « Je t'écoute », lâcha-t-elle assez fort pour qu'il l'entende sans qu'elle n'ait besoin de se retourner. Elle ne s'arrêta pas de marcher pour autant. S'il voulait lui parler, il n'aurait qu'à courir, parce qu'elle ne l'attendrait pas.
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MessageSujet: Re: i’m tired of trying so hard not to be me (athen)   Dim 10 Mar - 17:59

If I tell you, Will you listen ? 
Will you stay ? Will you be here forever? 
Never go away ?
Prendre la fuite, il avait toujours été bon pour ça. Éviter tous conflits en prétendant des choses, s'enfuir quand il le sentait venir, couper court aux conversations ou alors dire des choses qu'il ne pensait pas pour avoir plus rapidement la paix. C'était ce qu'il s'était passé avec Eden lors de leur dernière conversation. Il avait été terriblement odieux, et lui avait balancé des horreurs qu'il ne pensait même pas, dans le simple but qu'elle parte, car il n'arrivait pas à se faire à cette situation. Ce fut extrêmement lâche et égoïste de sa part, et quand bien même il pensait avoir pris une bonne décision, il avait vite déchanté quelques jours plus tard quand les remords l’assagirent. Il s'en voulait terriblement, et voulait plus que tout rectifier le tir. Il commençait seulement à prendre conscience que fuir n'était jamais la bonne solution, et que quand bien même ça semblait plus facile que de faire face, ça ne faisait que rendre les choses encore pire. Et justement, il en avait plus qu'assez que les choses deviennent pire encore quand il pensait qu'elles ne pourraient l'être plus, et il en avait aussi plus que marre d'être mal à ce point. Tous ces remords, tous ces regrets pesaient trop lourd sur son cœur et sa conscience, et lui pourrissaient littéralement la vie. Sa vie … parlons-en de sa vie. Chaotique. Eden, Blossom, les changements dans le district … il avait beaucoup de mal à gérer tout ça. Il était complètement seul, et même s'il essayait de ne pas perdre pieds, il avait toujours l'impression que ses efforts étaient vain, et une petite partie de lui, bien que grandissante, voulait juste se poser dans le noir, et ne rien faire. Plus rien.
Il en avait assez de souffrir autant, et il avait bien compris que tous ces maux venaient de lui et de son comportement. Alors il voulait y remédier, et arranger les choses, il voulait faire les choses bien, et pour ça, il devait d'abord arrêter de fuir.

Et pourtant, fuir, il y avait encore penser. Quand il s'était retrouvé face à Eden, quand il l'avait regardé dans les yeux. Mais, pour la première fois, il avait réussi à prendre le dessus. Non, il ne fuirait pas cette fois, il avait eu le courage de l'aborder, et il ne voulait pas l'avoir fait pour rien. De plus, les choses se présentaient mieux qu'il ne l'avait imaginé, puisque la jeune femme ne se débattait pas pour s'échapper de son emprise. « Toi, poli avec moi ? Quel choc » Il s'y était attendu. Même si elle ne faisait preuve d'aucune résistance, il savait qu'elle n'allait pas l'écouter comme ça. Eden était très fière, son ego n'avait pas dû supporter ce qu'il lui avait dit, et il serait franchement étonnant qu'elle ait envie de l'écouter maintenant, Athos en avait bien conscience, mais il espérait tout de même qu'elle en fasse l'effort. « Je… Je te dois des excuses. » Avait-il donc commencé, après plusieurs longues secondes à chercher ses mots, malgré la facilité de l'exercice car oui, s'excuser auprès de quelqu'un, c'est pas sorcier. Mais il tenait à faire ça bien, et il ne voulait surtout pas qu'Eden croit qu'il s'excusait juste pour le principe, que ce n'était que de simples insignifiantes excuses lancées dans le vent. Non, il voulait qu'elle comprenne qu'il le pensait vraiment, et que ce qu'il avait dit n'était pas ce qu'il pensait réellement. Déjà plus difficile hein ? D'autant plus éprouvant après ce qu'elle répondit. « Tu me dois rien. Oublie pas, tu me détestes et je t'insupporte, alors franchement, pas besoin de t'excuser pour mentir. » C'était ce qu'il craignait, et c'était ce qui était en train de se passer. Évidemment. C'était râpé. Il connaissait Eden, il savait qu'il ne réussirait pas à la convaincre du contraire. Il ne tenta pas de la rattraper lorsqu'elle s'éloigna de la sortie et il haussa les épaules, comme pour se convaincre que cette fois-ci ce n'était pas de sa faute, même si la sortie de la jeune femme lui faisait mal au cœur. Il devait voir la vérité en face, ce n'était pas aujourd'hui qu'il se réconciliera avec Eden. Au moins il pourra se consoler sur le fait d'avoir quand même essayer …

Tête baissée, il était resté sur place, ne sachant pas vraiment quoi faire. Le plus simple aurait été de rentrer chez soi, mais il n'en avait pas vraiment envie. Non, il avait surtout besoin d'être seul -ahah, comme si il ne l'était pas déjà assez comme ça- et de marcher, de s'aérer l'esprit. Il n'avait pas envie de rentrer chez lui où il devrait faire comme si tout allait bien. Il n'avait pas la force de faire semblant, pas maintenant. Il s'était mis à marcher à son tour vers la sortie lorsqu'il entendit sa voix. « Je t'écoute » Il releva la tête et regarda autour de lui. Eden et lui étaient les deux seuls qui restait sur le chemin, ce qui voulait dire que ça venait bien d'elle, et qu'elle s'adressait bien à lui. « Oh ! » Pris au dépourvu, il ne se laissa cependant pas surprendre plus longtemps, Eden lui laissait une chance, et il ne fallait pas qu'il la foire. Elle n'arrêta pas sa marche pour autant, et Athos du donc accélérer le rythme pour arriver à sa hauteur. « J'ai dépassé les limites la dernière fois, j'ai dis des choses que je n'aurais pas du dire et que je regrette énormément, pour tout ça je suis désolé. Je n'aurais pas du m'en prendre à toi, tu ne méritais pas ce que je t'ai dis et c'était très injuste de ma part. » Il n'avait pas cherché à se trouver des excuses pour justifier son comportement, de peur de devenir maladroit et de dire les mauvaises choses. « Il faut que tu saches aussi que … je ne pensais pas ce que je t'ai dis. » En prononçant ces mots, il dépassa Eden et se posta devant elle pour l'empêcher d’avancer. « Je ne te déteste pas Eden ... » Plongeant son regard dans le sien, il s'y perdit à nouveau.
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MessageSujet: Re: i’m tired of trying so hard not to be me (athen)   Jeu 18 Avr - 14:32


we built a tall, tall tower, towards the sun, towards the sun
took some words and built a wall and called it love, called it love
and somewhere in all the talking, the meaning faded out

when did it all stop making sense ?
i don't understand, i remember
we were so sure, so innocent but that was then
can we ever go back again ?

Si elle n'avait pas été si tendue, elle aurait presque ri en entendant le 'oh !' étonné que lâcha le jeune homme lorsqu'il réalisa que c'était bien à lui qu'elle s'adressait. Ce fut juste un simple sourire qui étira ses lèvres tandis qu'elle entendait ses pas s'accélérer avant qu'il ne parvienne à sa hauteur en quelques foulées. Elle ne marchait pas si vite, bien trop occupée à tendre l'oreille pour écouter ce qu'Athos pourrait bien lui dire. « J'ai dépassé les limites la dernière fois, j'ai dis des choses que je n'aurais pas du dire et que je regrette énormément, pour tout ça je suis désolé. Je n'aurais pas du m'en prendre à toi, tu ne méritais pas ce que je t'ai dis et c'était très injuste de ma part. » Bien que cela fasse du bien à entendre – même si sa propre part de responsabilité était grande – elle n'était pas satisfaite. Il s'excusait, c'était un progrès, et cela pourrait peut-être lui faire comprendre qu'elle n'avait plus besoin de l'éviter et qu'ils pouvaient se croiser sans s'entretuer. Mais elle voulait entendre quelque chose de nouveau, quelque chose qui l'aiderait à remettre en place les fragments éparpillés de sa mémoire. Les excuses d'Athos comptaient, mais elles n'étaient pas si importantes, au final. « Il faut que tu saches aussi que… je ne pensais pas ce que je t'ai dis. » Sans prévenir, il accéléra de nouveau et se plaça devant elle, l'obligeant à s'arrêter. « Je ne te déteste pas Eden... » Avec le recul, elle avait tenté de ne plus penser à tout ce qu'il lui avait craché à la figure, à tout ce qui lui avait fait comprendre qu'en effet, elle était quelque peu invivable. Il n'avait pas tort, mais il s'était juste abaissé à son niveau en la blessant comme elle le faisait avec tout le monde. Elle avait arrêter de douter à cause de lui, d'apporter du crédit à ses paroles, mais elle sentait quand même un poids de moins peser sur ses épaules. Ces derniers mois, elle les avait passé à ne plus rien comprendre à son passé, à son comportement, à se rabaisser sans cesse, à se méfier de tout pour n'être surprise par rien. Savoir qu'une personne de moins la détestait, cela la faisait tout de même un peu remonter dans sa propre estime. Sans même s'en rendre compte, le coin de lèvres se releva tandis qu'elle rendait son regard au jeune homme.

Cependant, elle ne mit que quelques secondes à se rendre compte qu'ils étaient proches, assez proches même. Cette proximité avait quelque chose de gênant après ce dont elle s'était souvenue à propos de lui. Tant que rien ne l'avait orienté sur cette piste, elle n'avait jamais regardé Athos de 'cette' manière, mais à présent qu'un détail lui avait fait voir les choses sous un autre angle, cela changeait la perception même qu'elle avait de lui. C'était comme pour tout le reste. Tant que rien ne vous ouvre les yeux, vous passez à côté de nombre de détails, mais dès qu'un d'eux vous a frappé, vous ne voyez plus que lui. Eden ne put s'empêcher de reculer de deux pas tout en baissant soudainement les yeux. C'était bizarre. De savoir qu'un mois plus tôt, elle le détestait – ou plutôt, lui en voulait d'avoir raison à propos d'elle –, et qu'elle l'avait toujours vu comme le frère d'Atlas et ne lui avait jamais porté la moindre attention... mais également de savoir qu'elle, puisque ça ne pouvait être qu'elle, devait l'avoir un jour plus ou moins apprécié, au point de l'embrasser. Plutôt plus que moins, alors. Eden ne s'était jamais retrouvée dans une situation pareille. Elle aurait voulu s'en aller, continuer à le trouver inintéressant comme elle l'avait toujours fait, mais il y avait ce détail qui la faisait le regarder autrement. Elle ne s'était jamais demandé si Atlas était beau – même s'il l'avait été, son potentiel grimace et mimiques devait instantanément tout gâcher – mais Athos avait ce... quelque chose auquel elle avait du mal à ne pas penser maintenant. Et puis, ce souvenir, où elle avait l'air si bien. Elle n'avait jamais rien vécu d'aussi perturbant que de se retrouver face à deux représentations opposées de quelqu'un, qui venaient toutes les deux d'elle.

Eden se força à relever les yeux ; si elle fuyait le jeune homme du regard, il comprendrait tout de suite qu'il y avait quelque chose de louche. Et elle ne voulait pas qu'il ait la même impression qu'elle avait depuis plusieurs mois à cause de lui. La sensation de ne pas être au courant de tout, celle que quelqu'un vous cache quelque chose. Si elle voulait qu'il lui avoue ce qu'il savait, il fallait pourtant qu'elle aussi soit franche. Il y a cinq mois, elle avait joué cartes sur table, lui avait tout de suite montré avec son dessin ce qu'elle avait 'vu', mais elle avait été bien trop agressive pour que cela marche. Elle n'avait plus qu'à rester calme et à se montrer aussi franche qu'elle l'avait toujours été, et à arrêter de se méfier. La méfiance ne faisait pas partie de sa nature, et elle détestait celle qui l'accompagnait depuis son accident. C'était fatiguant, lassant. De toute manière, elle n'avait plus rien à perdre. Ses illusions sur ses souvenirs – elle avait bien compris que sa mémoire était en morceaux et qu'il lui en manquait beaucoup – étaient tout ce qu'elle pouvait perdre, et elle était près de ne plus en avoir du tout, s'attendant à presque toutes les révélations possibles. Les rebelles avaient été décimés, et les Jeux qui approchaient s'annonçaient sanglants, faisant craindre une riposte indirecte du Capitole à la rébellion. Ses parents, rangés du côté du Capitole, allaient bien, même si sa maison avait été prise d'assaut par les rebelles quelques semaines auparavant. Ses souvenirs étaient tout ce qu'il lui manquait, tout ce dont elle avait besoin, et n'auraient d'impact ni sur ses parents, ni sur les Jeux. Elle voulait qu'après tous ces mois, les séquelles de son accident finissent par s'effacer, et l'aide que pouvaient lui apporter les autres était capitale. L'aide d'Athos, plus précisément, car si Atlas avait quelque chose à lui annoncer, il n'aurait pas tenu deux minutes avant de le lui avouer.

Elle se força à retrouver un visage sérieux avant de parler enfin, d'une voix totalement neutre où ne perçait aucune émotion. « Ça me coute de dire ça, mais t'avais raison. Je suis énervante et méchante et... C'est un peu compliqué dans ma tête, en ce moment. Je sais que c'est pas une excuse, mais... On en parle plus, d'accord ? » Puis sa bouche continua avant qu'elle n'ait réfléchi à ce qu'elle voulait dire ensuite « T'as presque été aussi méchant que je le suis tout le temps, alors si tu le pensais vraiment pas, faut croire que t'es encore plus doué que moi pour manipuler les gens. Faudrait que tu m'apprennes » ajouta-t-elle avec un sourire non feint. Puis elle réalisa que... ce qu'elle venait de dire était absolument inutile. Et bizarre. Les phrases inutiles et les plaisanteries sont supposées être réservées aux amis. Athos n'était pas son ami. Pourquoi est-ce qu'elle avait dit ça ? Il allait la prendre pour une folle, croire qu'elle avait perdu la tête, à l'envoyer chier puis à se moquer de lui deux minutes plus tard. Elle était stupide de se laisser perturber par tout ce qui lui revenait à l'esprit. Il fallait qu'elle éclaircisse les choses une bonne fois pour toutes.

Se tordant les mains pour contenir sa gêne, elle se tut quelques secondes, puis reprit d'une voix normale « T'avais un truc en particulier à me dire ? T'as pas décidé de me parler après cinq mois de silence juste pour t'excuser, si ? » Elle ne voulait pas orienter la discussion dans le sens de son souvenir – sait-on jamais, elle l'avait peut-être imaginé, même si cela voudrait dire qu'elle avait vraiment des problèmes mentaux – et espérait qu'il allait enfin être honnête avec elle. Elle lui lança un regard appuyé pour l'encourager. Esquissa un sourire.

Son désir de recouvrer la totalité de sa mémoire la rendait presque gentille, au point qu'elle s'en étonne elle-même. Athos ne devait plus comprendre là où elle voulait en venir, à force.
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MessageSujet: Re: i’m tired of trying so hard not to be me (athen)   Sam 1 Juin - 19:53

As long as the sky is blue,
i know that we are meant to be.
Le laisser parler était une chose, mais le pardonner ou même l'écouter en était une toute autre. Il avait dit tout ce qu'il avait à dire, mais il ne s'attendait pas à ce qu'Eden y soit vraiment réceptive. Il craignait qu'elle le rembarre, le jette comme un vieux sac poubelle et se préparait à cette forte éventualité sans bouger pour autant. Elle restait silencieuse, et avait pour l'instant simplement baissé la tête, ce qu'Athos traduit comme un moyen de réflexion, comme si elle réfléchissait à ce qu'il venait de lui dire. Un instant, il eut un espoir qu'elle puisse le pardonner, mais il comprit quand elle releva la tête et s'éloigna de deux pas qu'il se trompait. Il baissa la tête à son tour d'un air fataliste, profondément dépité. Certains qu'Eden allait l'envoyer bouler, il anticipa ses paroles et s'apprêta à se tourner pour foutre le camp, mais elle le coupa dans son élan. « Ça me coute de dire ça, mais t'avais raison. Je suis énervante et méchante et... C'est un peu compliqué dans ma tête, en ce moment. Je sais que c'est pas une excuse, mais... On en parle plus, d'accord ? » Il fut quelque peu désemparé par cette déclaration fortuite et ne trouva rien de mieux à faire que de sourire comme un idiot. Il ne pensait pas que ça aurait été si facile d'obtenir son pardon, et s'il avait su, il aurait tenté bien des mois plus tôt. Son cœur s'emballant, comme s'il venait de franchir la pire étape de sa vie, il acquiesça, véritablement heureux de ce retournement inattendu. « Tu méritais pas ce que je t'ai dis, et j'aurais du comprendre pourquoi tu étais comme ça au lieu de t'insulter. Encore une fois, je suis désolé. Mais oui, n'en parlons plus. » Il se sentait bien plus léger, presque serein, et ça changeait de tout ce qu'il ressentait depuis plusieurs mois. Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas ressenti ça, qu'il ne s'était pas senti si … bien. La dernière fois remontait à Août. Les jeux venaient de se terminer, la révolte n'était encore qu'un murmure, il s'en souvenait comme si c'était hier. Cette soirée d'été fraîche avec Blossom, où ils s'étaient allongés dans les champs et avaient regardé le ciel. Rien de fantastique, un moment simple, mais le dernier où il s'était senti si paisible. Même si ce qu'il était en train de vivre n'égalait pas cet instant, ça l'y lui faisait penser, et il sentit au fond de lui que les choses s'amélioraient. Une réaction sans doutes excessive, mais qui pourrait bien le lui reprocher? Il en avait tellement besoin.

« T'as presque été aussi méchant que je le suis tout le temps, alors si tu le pensais vraiment pas, faut croire que t'es encore plus doué que moi pour manipuler les gens. Faudrait que tu m'apprennes. » La manipuler n'avait jamais été son but, et il ne comprit pas vraiment le sens de ces paroles. Tout ce qu'il avait dit avait glissé d'entre ses lèvres, poussés par la colère et le mélange de plusieurs émotions qu'il n'arrivait pas à décrire. Le tout avait constitué un cocktail explosif et l'avait transformé en véritable bombe à retardement. Il n'avait pas su se contrôler.
Il n'avait pas supporté le fait qu'elle ne se souvenait de rien, et lui en a terriblement voulu pour ça.
Il a voulu l'oublier, elle et tout ce qu'ils avaient vécus. Il a voulu oublier comme elle, retourner à l'époque où il la détestait pour ne pas souffrir autant.
Il aurait voulu véritablement la détester, ça aurait été tellement plus facile.
Mais depuis, il s'est rendu compte qu'il avait injuste, qu'Eden n'était qu'une victime dans cette histoire et que le problème venait de lui. Il avait eu le temps de réfléchir, et avait compris à quel point il avait été stupide.
L'accident d'Eden n'était qu'un détour, une route un peu plus longue mais pas interminable. Pourquoi ne pourraient-ils pas retrouver ce qu'ils avaient ? Ils s'étaient détestés autre fois, mais avaient finalement dépassés ce stade pour devenir amis, puis encore plus que ça. Pourquoi ne pourraient-ils pas recommencer ? Ca avait marché une fois, pourquoi pas deux ? Il l'aimait, elle ne le détestait pas, c'était plutôt un bon début.

Mais cette route serait semée d'embûches qui le ralentirait, et ça commença dès l'instant où il s'accrocha à cet espoir : « T'avais un truc en particulier à me dire ? T'as pas décidé de me parler après cinq mois de silence juste pour t'excuser, si ? » Refroidi par la question, il détourna son regard un instant. Il avait perçu l'intonation dans sa voix et voyait très bien où elle voulait en venir. Il baissa la tête. Il savait très bien que ça ne pourrait pas marcher tant qu'il ne sera pas complètement honnête avec elle. Il ne demandait qu'a l'aider, et il aimerait bien lui dire toute la vérité, mais quelque chose l'en empêchait. La peur en grande partie. La peur que ça gâche tout, qu'elle ne le croie pas, que ça la paume encore plus. Il n'avait aucune idée de comment elle pourrait réagir s'il lui disait la vérité, elle était tellement imprévisible. « Je voulais savoir comment tu allais. Avec les rebelles et tout ça, le district n'est plus aussi sur qu'avant et je m'inquiétais pour toi ... » Plus un moyen de gagner du temps qu'autre chose. Du temps pour réfléchir à ce qu'il allait faire. Il avait l'impression d'être piégé, et il n'aimait pas beaucoup ça. On pouvait sentir dans son attitude la gêne qu'il commençait à ressentir. Il se faisait plus réservé, fuyait Eden du regard et ne cessait de gesticuler. Se grattait la joue, les cheveux, se frottant les bras, plongeait ses mains dans ses poches, les ressortait, les mêlaients, entremêlaient etc. « Et aussi … j'ai quelque chose à t'avouer. » La voix tremblante, il venait de prendre une décision qu'il pourrait bien vite regretter.
« On peut marcher ? » Il ne tenait plus en place, marcher serait un bon moyen pour canaliser son énergie et cacher sa gêne. Sans attendre une réponse d'Eden, il se mit à marcher vers la sortie, sachant très bien qu'elle le suivrait. « Je suis désolé de ne pas te l'avoir dit plus tôt. Le truc c'est que … j'avais peur de ta réaction. Je craignais que tu ne me croie pas et que ça empire encore plus les choses. » Il continuait d’avancer, Eden à côté de lui. Il regardait ses pieds fouler le sol, ne trouvant pas le courage nécessaire pour la regarder elle. « Tu crois que tu me déteste, que tu m'as toujours détesté. Mais non, ça n'a pas toujours été le cas … Tu ne t'en souviens juste plus. » Il s'arrêta, regarda l'horizon et prit une grosse bouffée d'air fraîche, puis, il se tourna vers la jeune femme. « Tu as des flashs n'est-ce pas ? Tu rêves de truc bizarre non ? Je ne sais pas si tu as revu des choses depuis que tu es passé à la maison la dernière fois, mais tout s'est vraiment passé. » A moins que sa mémoire ne lui joue des tours … il ne voyait pas d'autres explications. Il avait peut-être parlé de façon un peu brusque mais au moins, c'était sorti. C'était sorti, et il n'y avait aucun moyen de revenir en arrière.
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