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 MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.

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MessageSujet: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Jeu 6 Déc - 15:11

Moonshine & Thybalt
DRINK UP BABY DOLL Ҩ it gains the more it gives, and then it rises with the fall. so hand me that remote, can't you see that all that stuff's a sideshow ? such boundless pleasure we've no time for later, now you can't await your own arrival, you've twenty seconds to comply ... so, let go, so let go, jump in ; oh well, what you waiting for ? it's alright 'cause there's beauty in the breakdown. so, let go, so let go, jump in ; oh well, what you waiting for ? it's alright 'cause there's beauty in the breakdown.

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Jamais la fin des jeux n'avaient laissé les habitants du district cinq aussi moroses. Voir des carrières vicieux et sanguinaires remporter la victoire on avait fini par s'y faire avec les années, au cinq comme ailleurs, mais cette année la pro-Capitole qui avait emporté le droit d'être le nouveau jouet du gouvernement n'était pas une carrière, elle était supposée être comme la majorité des habitants de Panem, elle était supposée représenter l'espoir, et non pas la sensation que le Capitole gagnait du terrain. Et puis Gemma Mubstin, puisque c'était son nom, n'avait pas simplement remporté les jeux, elle avait aussi aidé à la fin tragique de Frenchie, dont les habitants du cinq à la mémoire la moins courte se souvenaient encore qu'elle était des leurs avant de fuir deux ou trois ans plus tôt. Et depuis la fin des jeux la rumeur enflait, le bar clandestin du vieux Byron ne désemplissait plus une fois le soir venu, et à voix basse tout en surveillant toujours derrière son épaule certains se risquaient à évoquer ce qui se disait un peu partout : la révolte était en marche. Du moins c'était ce que la rumeur disait, car si révolte il y avait le district cinq n'en avait toujours pas vu la couleur … et ne la verrait sans doute pas avant un moment. Au cinq on n'avait pas vraiment de quoi se révolter, à en juger par l'état parfois rachitique de certains tributs d'autres régions de Panem Thybalt vivait dans un district épargné par la misères et les conditions de vie les plus difficiles. Bien sûr le travail aux centrales électriques n'était ni palpitant ni même agréable, mais il garantissait aux habitants d'avoir en général de quoi se nourrir et vivre plus ou moins convenablement sans en venir à voler, mendier, ou charger les plus jeunes de tesserae qui ne pourraient que les déservir. La rébellion au cinq était pratiquement morte, il fallait bien l'avouer, et si sa production en faisait un district dit clef il y avait bien longtemps que les rebelles du treize et d'ailleurs ne s'en servaient plus que comme point de passage ou de stockage – comme le prouvaient les quatre fusils et les huit pistolets automatiques rangées dans le faux planche de la remise de Thybalt. Ce dernier avait d'ailleurs prévenu ceux qui les avaient déposés ; Il avait jusqu'à la fin du mois d'août pour débarrasser leur plancher de cette maison, s'ils ne revenaient pas chercher leurs armes avant la fin de ce délai le jeune homme s'en débarrasserait sans ménagement, afin d'éviter qu'un pacificateur de ne tombe dessus en inspectant la maison après son départ. A cette pensée le jeune homme avait d'ailleurs eut des frissons ; L'idée de pacificateurs déambulant dans sa maison dans l'espoir d'y trouver quoi que ce soit de suspect, avant d'en refermer définitivement la porte jusqu'à ce qu'un gagnant vienne – peut-être – s'y installer plus tard lui donnait pratiquement la nausée. Dieu merci son père n'était plus là pour assister à ce spectacle.

Ce mois d'août Thybalt avait donc l'intention de le passer à vider cette maison du sol au plafond de tout ce qui pourrait trahir les activités rebelles – limitées il est vrai – qu'il avait pu avoir mais surtout celles de son père avant lui … A vrai dire, Thybalt était même plus soucieux qu'on ne découvre rien à propos de son père qu'à propos de lui-même, parce qu'il n'était plus là pour se défendre et que c'était toujours plus facile de cracher sur les morts que sur les vivants. La plupart des pièces prenaient déjà la poussière depuis un moment cela dit, il n'y avait bien qu'au Capitole qu'on s'imaginait avoir besoin d'une demeure si grande lorsque l'on vivait seul, et le jeune homme avait déjà commencé à trier ses affaires pour ne pas avoir à trop en transporter lorsqu'il quitterait cet endroit pour une maison plus modeste, située près du fleuve mais qu'il avait pris soin de garder aussi voir plus éloignée d'Heidi que l'était l'actuelle. Trier, et se résoudre à se séparer de vieilles choses qui bien que chargées de souvenirs n'auraient rendues la tâche que plus difficile … et puis, ce n'était que des objets après tout. Trier, c'était ce que faisait Thybalt ce soir d'août où il avait entendu frapper à sa porte, et craint l'identité du visiteur avant de découvrir qu'il s'agissait de Moonshine.


◮ ◮ ◮ ◮ ◮


La compagnie de la jeune femme apaisait Thybalt. Peut-être était-ce son côté candide, peut-être était-ce simplement qu'elle n'était pas d'ici, quoi que le fait qu'elle vienne du district un lui avait déjà valu par le passé une ou deux réflexions acides … reste en tout cas que lorsqu'elle était sous son toi l'enthousiasme du jeune homme était moins forcé et et un peu plus sincère. Ce matin là pourtant préoccupé il l'était, lorsqu'il avait quitté la chambre sur la pointe des pieds après avoir attrapé de quoi se changer une fois passé sous la douche. Il était tôt, tellement tôt que le ciel avait encore une teinte rosée, et que la chaleur du mois d'août ne se faisait pas encore trop irrespirable ; C'était en grande partie pour cette raison qu'il se levait tôt, profiter un peu des restes de fraîcheur de la nuit. Il était préoccupé parce que l'idée de Moon vadrouillant dans les districts, avec ces rumeurs de révolte, ne lui plaisait à vrai dire pas beaucoup … Qu'on se le dise, il était persuadé que face à n'importe quel pacificateur l'air candide de la jeune femme ne lui serait d'aucun secours si l'on pensait avoir quelque chose à lui reprocher. Il ne savait pas trop comment cela fonctionnait, il ne savait pas vraiment jusqu'à quel point elle avait ou non le droit de se balader en dehors de son district d'origine … Il ne s'était jamais vraiment posé la question jusqu'à présent à vrai dire, mais aujourd'hui il se la posait, et le fait de ne pas avoir de certitudes n'était pas pour le rassurer.

Affairé à séparer et ranger dans des sacs de toile éparpillés sur la table les herbes – allant des plus culinaires aux plus médicinales – qu'il faisait sécher, à demi plongé dans la pénombre dans laquelle les persiennes noyaient la pièce, Thybalt n'avait pas remarqué la jeune femme avant plusieurs secondes, se tenant dans l'encablure de la porte. Relevant les yeux de son ouvrage il lui avait adressé un sourire, avant de lui désigner du menton la corbeille de fruit posée près de la fenêtre.

    « Tu devrais essayer les abricots, paraît que ça fait plusieurs années qu'on en a pas eut d'aussi bons. J'y ai pas encore goûté, mais bon … et puis si d'autres abrutis du treize doivent passer j'espère bien que j'aurais plus rien à leur offrir à ces pique-assiettes. » Sourire cynique du jeune homme. Dire qu'il n'appréciait pas les militaires du treize était un euphémisme, dire qu'ils n'étaient franchement les bienvenus chez lui en était un autre … beaucoup moins mignons et beaucoup moins aimables que Moon cela va sans dire. « Bien dormi ? » avait-il finalement demandé tout en attrapant une pomme dans la corbeille. Pas assez mûr – il faudrait encore attendre un bon mois avant d'en ramasser des réellement mûres – l'acidité du fruit lui avait arraché une légère grimace lorsqu'il avait mordu dedans.

Il fallait qu'il lui parle. Il essayait de ne pas lui sauter dessus pour en venir au fait dès le départ, surtout au réveil, mais il fallait qu'il lui parle … Elle ne pouvait pas continuer à venir. Pas tant que cette histoire de révolte au douze – où était-ce au onze ? Il ne savait plus, personne ne savait vraiment à vrai dire, hormis ceux qui y vivaient – ne serait pas tirée au clair. Qui sait comment les choses évolueraient sinon ? Le un était loin d'ici, même si rien ne se passait dans ce district – et Thybalt avait l'espoir qu'il ne se passerait rien à vrai dire – la jeune femme devait sans doute en traverser des moins stables pour venir jusqu'ici … et Thybalt n'était pas tranquille avec cette idée. Il avait déjà assez de souci à se faire avec Heidi, il n'avait pas besoin de s'en faire pour Moon également.



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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Dim 23 Déc - 4:11


You went along with me when things weren't right and when the morning slowly fades to night.




Elle était arrivée en fin d’après-midi.  Avec son petit sac de voyage et cette mallette pleine de bijoux d’une valeur exorbitante.  Elle aimait vendre au district cinq.  Non.  Ce n’était pas réellement vrai.  Ce qu’elle aimait ici, c’était une certaine personne.  Thybalt.  Si elle avait toujours si hâte de se rendre dans ce district, c’était qu’elle le voyait.  Il rendait ses séjours si agréables et, pendant un certain instant, elle pouvait se sentir elle-même.  Si au début, elle avait eu du mal à discuter convenablement avec lui, maintenant, c’était une tout autre histoire : Moonshine devenait bien plus énergique et joyeuse qu’elle ne l’était au district un.  Et que dire des nuits où elle avait réussir à dormir plus de deux heures d’affilée, dans cet endroit si accueillant. Bien souvent, l’insomnie lui laissait un moment de répit et, chaque fois qu’elle revenait chez elle, les nuits blanches se succédaient.  Mais pas chez Thybalt.  Avec lui, elle se sentait revivre, libre, d’une certaine façon.  Loin du jugement de ses parents si autoritaires, loin ce ‘’modèle’’ qu’elle était supposé incarner aux yeux des autres.  Elle pouvait rire, pleurer, aimer, sans avoir peur qu’on la juge.  Et parlant d’opinion, elle savait que le jeune homme avait les mêmes convictions qu’elle, d’une certaine façon, à propos de la cause rebelle.  Dès leur première rencontre, elle l’avait su.  C’était récemment qu’elle avait apprit qu’il ne faisait cela que pour aider les habitants du district, ce que Moon trouvait très juste. Ils n’abordaient pas toujours le sujet, malgré tout, elle était heureuse de pouvoir s’exprimer là-dessus.  Si Thybalt avait cru la première fois qu’elle était une de ces habitantes pincées et snob du D1 en faveur du Capitole, il savait à présent qui elle était vraiment.  Une jeune femme pleine de rêves et d’espoirs.  Ce qu’il devait la trouver naïve, pensa-t-elle en sortant de la bijouterie luxueuse associée à celle du district un. Car, oui, elle espérait qu’un jour, tout le monde puisse vivre en paix. Elle espérait.  Secrètement.  C’était bien ridicule.  Elle se trouvait ridicule.  Se mordant la lèvre, la jeune femme observa le ciel s’assombrir et se demanda ce qu’elle pouvait bien faire : Elle pouvait se convaincre que Thybalt n’avait pas envie de la voir et loger dans ce petit gite près d’ici, ou elle pouvait débarquer sans crier gare chez lui, pour lui demander l’hospitalité.  Le choix ne fut pas difficile à faire.  Elle se dirigeait déjà vers le village des vainqueurs avant même d’avoir prit une décision.  

□ □ □



Ce qu’il fait chaud, pensa Moonshine, poussant les couvertures qui la recouvraient et se recroquevillant un peu sur elle-même.  Les yeux toujours clos, elle ne voulu pas se lever maintenant, préférant dormir encore un peu.  Malheureusement, la chaleur rendait la tâche plus ardue qu’il n’y paraissait.  Capitulant, elle finit par se coucher sur le dos, frottant ses petits yeux encore endormis.  Sa vue devint plus nette au fil des secondes et elle tourna sa tête vers la droite, pour vérifier si Thybalt avait décidé de se lever un peu moins tôt. Négatif.  Un sourire vint se dessiner sur son visage : Il était toujours aussi matinal, cet homme. Elle finit par se redresser et descendre délicatement du lit, cherchant du regard un vêtement qu’elle pourrait enfiler.  Se penchant, elle prit un chandail au hasard et l’enfila avant de réaliser que ce n’était pas le sien.  Voyez ce que trop de sommeil fait à son cerveau, ça le ralentit!  La coréenne fit la moue et décida de garder le t-shirt.  Regroupant ses longs cheveux en une haute queue de cheval, elle se dirigea vers son sac de voyage où elle trouva un élastique qu’elle prit pour nouer cette coiffure, qui était tout sauf soignée.  Pas besoin d’être présentable devant Thybalt, il l’appréciait bien comme elle était. Souriante, elle passa la tête hors de la chambre pour voir où il était.  Elle le vit affaissé à la table, absorbé par ce qu’il faisait.  Elle sortit et resta dans l’encablure de la porte, l’observant attentivement.  Moon ne savait pas trop ce qu’il faisait, mais elle le trouvait vraiment mignon à ce moment précis, si absorbé, si concentré.  Elle lui offrit donc un merveilleux sourire quand il posa son regard sur elle.  Il lui désigna quelque chose du menton et elle vu ce qu’il lui montrait : une corbeille remplie de fruits posée près de la fenêtre.  Quittant le seuil de la porte, elle sentit l’air frais mordre ses jambes nues et elle frissonna.  Décidément, il faisait bien plus chaud dans la chambre.  La brunette observa les différents fruits, ne sachant pas trop lequel prendre.  


    « Tu devrais essayer les abricots, paraît que ça fait plusieurs années qu'on en a pas eut d'aussi bons. J'y ai pas encore goûté, mais bon … et puis si d'autres abrutis du treize doivent passer j'espère bien que j'aurais plus rien à leur offrir à ces pique-assiettes. » Finit par dire Thybalt.  Elle pouffa quelque peu avant de prendre un abricot et de le croquer.  Mûr, son goût était parfait, sucré comme elle aimait.  Elle essuya rapidement le jus qui avait coulé sur son menton avant d’en prendre une autre bouchée. «Ils sont délicieux.  Sucrés comme je les aime.»  Un sourire enfantin suivit ces paroles.  Observant les diverses herbes séchées posées sur la table, elle finit par poser une chaise près de celle du jeune homme avant de s’assoir.  Moon avait toujours été intriguée par ces herbes, autant médicinales que culinaires, et elle admirait le talent des guérisseurs ainsi que les connaissances qu’ils possédaient sur les plantes en tout genre.  Ils pouvaient venir en aide à bien des gens, ils étaient utiles.  Pas comme elle, qui ne savait rien faire, sauf chanter, jouer de la guitare, composer et dessiner.  Ça aide bien des gens, en temps de guerre, tout cela.  C’était dans ces moments-là qu’elle se trouvait inutile et sans grand intérêt.  « Bien dormi ? » lui demanda-t-il par la suite.  Elle hocha positivement la tête tout en souriant.   Elle ne dormait bien qu’ici, à vrai dire. «Oui, comme toujours.» Toujours ce même sourire suspendu à ses lèvres.  Il la rendait joyeuse.



La pomme qu’il croqua lui arracha une grimace et Moonshine ne pu s’empêcher de rire.  Elle lui tendit l’abricot qu’elle mangeait pour qu’il en prenne une bouchée.  Le goût sucré contrasterait avec l’acidité de cette pomme qui n’était pas encore mûre.  Elle gonfla les joues et lui passa le fruit sous le nez avant de le poser sur ses lèvres, comme pour l’obliger à mordre dedans.  Elle le suppliait du regard, comme si mordre dans le fruit était une décision cruciale qu’il devait prendre.  «Aller, croque!»  Elle avait le regard pétillant.  Il n’y avait qu’elle à cet âge qui devait encore agir de la sorte.  Enfin, non.  Mais probablement la seule que Thybalt connaissait ou côtoyait. S’avançant rapidement et se hissant un peu sur sa chaise, elle alla déposer ses lèvres sur celles du jeune guérisseur.  Comme ça, sans raison.  Parce qu’elle en avait envie.  Sentir ses lèvres contre les siennes la rendait joyeuse.  Si elle aurait cru pouvoir vivre cela un jour?  Non.  Elle avait toujours pensé que, plus tard, elle allait être mariée à un homme qu’elle n’aimait pas à cause de ses parents, ou qu’elle terminerait sa vie seule.  Elle avait toujours pensé qu’elle resterait repliée sur elle-même, ne dormant que très peu, n’osant jamais donner son véritable opinion.  Pourtant, si elle n’était pas en couple avec Thybalt, il se passait quelque chose de bien entre eux.  Quelque chose qui la changeait et la rendait heureuse.  Elle rompit le baiser et croqua à nouveau dans l’abricot.  Recroquevillant ses jambes sur la chaise, Moon posa sa tête contre l’épaule du jeune homme.  Elle reposa son regard sur les différentes herbes et en prit une dans ses mains : elle ne savait ni son nom, ni son utilité, mais elle était jolie.  Elle la déposa sur la pile et se rendit compte qu’elle dérangeait peut-être.  Il ne parlait pas beaucoup et cela attira son attention.  Il avait l’air ailleurs. Étais-ce de sa faute?

    «Tout va bien?  Si je te dérange, tu peux me le dire, je peux partir.»  Son sourire perdit en intensité et elle prit une dernière bouchée de son abricot avant de déposer le noyau sur un coin de la table.  Malgré tout, elle leva son pouce en l’air en face de Thybalt, comme pour lui faire signe qu’elle allait bien, que ça ne la dérangerait pas si elle devait partir.  En fait, elle n’était même pas sûre qu’il veuille qu’elle parte.  Peut-être était-il simplement préoccupé par quelque chose.  Elle n’osait pas le questionner.



~ you just walked away and i just watched you, what could i say.


Dernière édition par Moonshine I. Park le Lun 8 Juil - 7:26, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Ven 11 Jan - 0:30

La vie personnelle de Thybalt avait toujours été des plus décousue, et la mort de son père n'avait en cela rien arrangé car depuis le jeune homme n'avait plus eut personne sur son dos pour lui faire la moindre remontrance ou tenter de le remettre sur le droit chemin … Le jeune rebelle était depuis ce jour là livré à lui-même et il n'était pas certain que ce soit uniquement pour le meilleur. Ce n'était pas tant qu'il n'était pas capable de se débrouiller, à vrai dire il s'était lui-même surpris en réalisant qu'il avait réussi jusque là à tenir cette maison dans un état à peu près convenable, chose qui n'était qu'on se le dise tout sauf gagnée d'avance. Non, c'était plutôt que Thybalt bien qu'ayant dépassé depuis plusieurs années maintenant le seuil de l'adolescence cherchait toujours ses limites et avait le chic pour se mettre tout seul dans le pétrin … Ce n'était même pas que les pacificateurs lui reprochaient d'être un rebelle, ça il avait encore assez de veine pour que cela ne soit jamais remonté jusqu'à leurs oreilles – pour l'instant – mais en revanche ils pouvaient aisément lui reprocher sa grande bouche et sa tendance à se moquer de tout et de tout le monde, particulièrement d'eux d'ailleurs. Certains avaient bien d'autres chats à fouetter mais quelques uns avaient trop peur d'humour ou trop besoin d'asseoir leur autorité, et c'était bien souvent à ses dépends que le jeune homme avait appris avec lesquels il pouvait continuer ses pitreries et avec lesquels il devait vraiment faire attention. Et puis au fond même si un jour les choses devaient se passer mal qui en serait inquiété sinon Thybalt lui-même ? Il n'avait personne à sa charge, personne à qui rendre des comptes ou bien dont il devait s'occuper … Plus de père sur qui veiller bien que jusqu'aux derniers instants de sa vie le vieil homme ait tenté de faire croire qu'il était assez en forme pour que son fils ne le traite pas comme un infirme. Il y avait bien Heidi, c'est vrai … Heidi. Thybalt aurait pu rester des heures à essayer de déterminer quelle était la nature de ses sentiments à l'égard de la jeune femme, en le sachant au fond de lui sans jamais oser se l'avouer totalement parce qu'il n'y avait pas pire sensation que celle de courir après quelque chose d'inaccessible. Il se souvenait encore comme si c'était hier du ton et de la voix de Luna lorsqu'il était allé lui faire ses adieux à l'hôtel de ville l'été précédent, parce que s'il avait espéré autant qu'Heidi et que la jeune fille elle-même qu'elle revienne de ce cauchemar en vie son inconscient savait que ce ne serait pas le cas. Il le savait, Heidi le savait, et Luna elle-même le savait, peut-être même encore mieux qu'eux, raison pour laquelle sa voir tremblait lorsque se jetant finalement à son cou elle lui avait dit « Thybalt prends bien soin de ma maman ! » … Et c'était ce qu'il avait fait, c'était ce qu'il aurait fait même si la jeune fille ne le lui avait pas demandé, et de toute façon sans doute que Luna s'était rendue compte depuis le temps, que ce bon vieux Thybalt en pinçait pour sa mère depuis toujours ou presque. Il n'aurait simplement jamais imaginé que prendre soin d'Heidi se traduirait par s'en éloigner, l'éviter même dans l'espoir qu'on la laisse enfin tranquille et que ces pacificateurs ne viennent plus l'importuner et lui faire du mal simplement parce qu'il avait fait l'erreur de s'attacher à elle.

Et aujourd'hui il craignait que de la même façon les allers-retour de Moon jusque chez lui ne finissent par coûter cher à la jeune femme, ainsi qu'à lui. Tant qu'il vivait dans cette immense maison les risques qu'on l'importune étaient faibles, mais dans quelques semaines cette maison ne serait plus qu'une coquille vide prenant la poussière jusqu'à ce qu'un jour peut-être un nouveau gagnant vienne prendre possession des lieux, et calfeutré dans sa nouvelle demeure bien moins grande et bien moins éloignée du reste de la ville Thybalt n'aurait plus qu'à se lamenter d'avoir perdu la seule chose qui le rattachait à son père, et qui lui permettait de participer à la rébellion sans jamais vraiment avoir à se mouiller. Il ne pourrait plus faire comme s'il restait en marge de tout cela, faire comme s'il pouvait à certains moments faire des efforts et à d'autres moments faire la sourde oreille … Arriverait un moment où il devrait choisir un camp, et tant qu'il ne l'aurait pas fait Moonshine serait au même titre qu'Heidi un dommage collatéral que le jeune homme ne voulait pas risquer. Pourtant, lorsqu'il avait croisé son regard posé sur lui dans l'encablure de la porte, il avait simplement sourit et été tenté de remettre cette discussion qu'ils devraient avoir à plus tard, lui offrant simplement un fruit en guise de petit déjeuner.

    « Ils sont délicieux. Sucrés comme je les aime. » Le jeune homme avait esquissé un sourire avant de reposer le panier sur la table, tandis que tirant à elle une chaise Moon s'était assise près de lui, regardant avec curiosité ce qu'il avait éparpillé sur sa table. Il fut une époque où il était incapable de faire la différence entre deux plantes, et où il devait sans cesse demander l'aide de son père pour ne pas s'emmêler les pinceaux … Depuis il avait du apprendre à se débrouiller seul, enfin. « Oui, comme toujours. » avait finalement répondu la jeune femme tout en souriant avec sincérité. Sourire auquel Thybalt avait répondu de la même façon avant d'attraper une pomme dans le panier et de mordre dedans avec vigueur avant d'en être surpris par l'acidité. Éclatant d'un rire cristallin Moon lui avait tendu un peu de son abricot, le gratifiant d'un « Allez, croque ! » de son habituel ton enfantin, avant de le déposer contre les lèvres du jeune homme jusqu'à ce qu'il s'en saisisse et l'avale « C'est vrai qu'ils sont bons, pour une fois c'était pas juste des mensonges de commerçant. » Laissant sa pomme rouler le long de la table il avait attrapé la main de la jeune femme, comme ça, sans raison précise.

Elle était tellement mignonne, avec ces grands yeux et ce sourire encore tellement candide, comme si de là où elle vivait les atrocités du Capitole ne l'atteignaient pas, comme si là-bas au district un on pouvait encore se persuader qu'il faisait bon vivre à Panem, ou presque. Parfois c'était peut-être aussi inconsciemment quelque chose que Thybalt lui reprochait, de ne pas avoir le sens des réalités et de ne pas prendre conscience des risques que le simple fait de mettre les pieds en dehors de son district constituaient … Mais il ne fallait pas être extra-lucide pour comprendre que là-bas elle n'était pas non plus heureuse. Parfois il avait l'impression que l'ambiance là où elle vivait lui pesait tellement qu'elle attendait avec impatience d'être ici pour pouvoir déballer tout ce qu'elle avait sur le cœur et ne pouvait pas envisager de dire à haute voix ailleurs qu'entre les murs de cette maison. Cela devait être tellement frustrant de se taire en permanence, de baisser les yeux et de prétendre ne pas avoir envie de hurler à chaque fois que l'on entendait propagande et bobards de pro-Capitole ; Thybalt se souvenait déjà d'avoir eut envie de se frapper la tête contre les murs en entendant tout cela sur les bancs de l'école, alors il n'osait pas imaginer ce qu'il en était lorsque père et mère vouaient un culte aux idéaux défendus par Snow et son armada de pacificateurs. Parfois le fait qu'elle vienne du district un l'agaçait c'est vrai, mais parfois le simple fait qu'elle n'ait pas que les dernières nouvelles de la rébellion et de ce qui s'y tramait à la bouche le reposait. Avec Moon il n'avait pas besoin de se poser de questions, même pas besoin de faire semblant de s'intéresser à l'avancée d'une rébellion à laquelle il ne prenait de toute façon par vraiment part, avec elle il avait l'impression de pouvoir buller un peu, … Du moins jusqu'à aujourd'hui.

    « Tout va bien ? Si je te dérange, tu peux me le dire, je peux partir. » Parce que quelques secondes plus tôt les lèvres de la jeune femme effleuraient encore les siennes Thybalt avait eut l'impression qu'il pourrait jouer la comédie jusqu'au dernier moment, jusqu'à ce que Moon doive repartir chez elle … Mais non. Passant de la main à l'épaule puis la taille de la jeune femme, la main de Thybalt s'était finalement resserrée autour de cette dernière lorsque la jeune femme avait posé sa tête contre lui. Elle avait toujours tellement peu de déranger, comme si elle se sentait de trop où qu'elle aille. Secouant négativement la tête le jeun homme avait fini pourtant pas répondre « Non … bien sûr que non, tu déranges jamais. » Déposant un baiser sur son front il avait attrapé le sachet d'herbes qu'elle tenait à la main quelques instants plus tôt et le lui avait tendu « Prends le. C'est de l'Aneth, on s'en sert comme épice mais aussi dans la médecine … et surtout, il paraît que sous l'oreiller elle chasse les mauvais rêves. » Et était-ce parce que Thybalt n'était pas un enfant soucieux de nature, ou bien parce que son père en glissait lui-même sous son oreiller plus jeune, mais rarement à cet âge là Thybalt se souvenait-il avoir fait des cauchemars. Attrapant un second abricot il en avait mangé la moitié, avant d'en tendre l'autre à la jeune femme en souriant tristement ; Elle ne dérangeait pas, là-dessus il ne mentait pas, mais tout n'allait pas bien en revanche, non. « Faut plus que tu viennes ici, Moon. »

Sa main glissant le long de la taille de la jeune femme pour finalement se balancer dans le vide, Thybalt avait tourné la tête pour ne plus avoir à croiser le regard de Moon. Il y avait peut-être des façons moins abruptes de dire les choses mais Thybalt n'était pas le genre de personnes qui prenait des gants, pas même avec Moon, pas même si parfois faire preuve d'un peu plus de tact avec la jeune femme comme avec les autres personnes ne lui aurait pas fait de mal. Mais comment le dire autrement de toute façon ? Elle ne pouvait plus venir ici, pas quand la révolte grondait déjà dans deux, presque trois districts … Parce que les autres suivraient, peut-être pas le cinq et sans doute pas le un, mais d'autres suivraient et afin d'éviter que cela ne se propage ailleurs la répression ne ferait que s'accentuer, ce qui était toléré aujourd'hui ne le serait peut-être pas demain, que Moon sorte des frontières de son propre district en faisait partie, qu'elle loge sous le toit d'un supposé rebelle lorsqu'elle était ici en faisait partie également.

    « Le prends pas contre toi, tu sais bien que c'est pas … » Il avait soupiré, et finalement tourné à nouveau la tête vers elle, ne sachant si le regard qu'elle lui adressait était plutôt de la déception ou de l'incompréhension … ou peut-être encore autre chose ? « Ça commence à barder dans le coin, et cette fois-ci c'est pas que des rumeurs d'illuminés … c'est peut-être rien, qu'est-ce que j'en sais moi après tout … mais pour l'instant j'aime pas l'idée de te savoir à trainer je sais pas où pour venir ici. C'est trop dangereux, et ça vaut pas le coup. » Inutile d'en venir aux menaces qu'avait reçue Heidi par sa faute, des menaces que Thybalt ne voulaient pas voir réitérées envers Moon … De toute façon il ne lui parlait jamais d'Heidi. Et il était relativement facile de comprendre pour quelle raison. « T'es sans doute plus en sécurité chez toi … » C'était peut-être la phrase de trop au fond. Mais encore une fois Thybalt n'était du genre ni subtil ni délicat, et ce n'était même pas quelque chose de volontaire, c'était simplement qui il était, et c'était suivant les situations une bonne ou une mauvaise chose.



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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Lun 28 Jan - 9:18

« Non … bien sûr que non, tu déranges jamais. » Ces paroles que Thybalt avaient prononcé pour la rassurer lui donnèrent un brin d’espoir : Peut-être ne se faisait-elle que des idées, comme cela lui arrivait, bien souvent. La tête posée sur l’épaule de celui-ci, elle sourit quand il vint déposer un baiser sur son front avant de lui tendre le sachet d’herbes qu’elle avait tenu quelques secondes plus tôt dans ses petites mains. « Prends-le. » Elle lui jeta un regard curieux, agrippant ses petits doigts au sachet transparent, attendant une explication, qui ne se fit pas attendre très longtemps : « C'est de l'Aneth, on s'en sert comme épice mais aussi dans la médecine … et surtout, il paraît que sous l'oreiller elle chasse les mauvais rêves. » Son regard se teinta soudainement d’émerveillement et elle ne pu empêcher son sourire de grandir. Elle était très reconnaissante de ce petit cadeau qui, pour certains, ne représentait rien. « Merci… » Le soir où elle rentrerait chez elle, elle en déposerait sous son oreiller, pour en voir les résultats, si elle arrivait, bien sûr, à fermer l’œil pour dormir. L’insomnie ne la lâchait pas d’une semelle et elle s’était toujours demandée pourquoi elle et pas un autre? Pourquoi, la nuit, n’arrivait-elle pas à dormir, alors que le jour, entre ses pauses, elle pouvait tomber dans un sommeil presque comatique, pour ensuite devoir se réveiller quinze minutes plus tard? N’ayant jamais vraiment eu de réponses à ses questions, elle s’était contentée de s’adapter, comme elle avait toujours fait depuis sa naissance. Moonshine se modelait facilement, si on lui demandait. Elle abandonnait sa personnalité propre pour le besoin des autres, chose que ses parents lui avaient gentiment infligée dès qu’elle avait été en âge de se faire de véritables amis et de pouvoir performer réellement en classe. Maintenant qu’elle avait abandonnée les études, c’était un poids sur ses épaules en moins. Ses parents l’avaient poussée à donner le meilleur dans tout, à lui inculquer les bonnes manières, à la préparer pour qu’elle soit une bonne épouse, mais, il y avait une chose dont ils avaient délibérément évités de parler : les cœurs brisés. Elle cru, d’ailleurs, que le sien se brisait alors que la voix de Thybalt mit fin au léger silence dans la maison.

    « Faut plus que tu viennes ici, Moon. » Il tourna la tête, probablement pour éviter son regard à elle, qui était posé sur lui. Son expression faciale s’était figée et le choc pouvait se lire sur son visage d’asiatique. Il… ne voulait plus la voir ici? Se demandait-elle, sentant la main chaude de l’homme glisser de sa hanche.


Elle avait toujours eu peur, qu’un jour, il la trouve monotone, comme toutes les autres filles. Dans ces moments-là, elle s’était toujours demandé pourquoi elle et pas une autre fille, plus jolie, plus blonde, plus rousse? Il y avait des centaines de filles bien plus jolies qu’elle et, pourtant, elle avait eu la chance de passer de très bons moments avec lui. Et voilà qu’il lui disait, comme ça, qu’il ne fallait plus qu’elle vienne ici. Pourquoi? Il répondit bien rapidement à sa question en ajoutant autre chose, se retournant pour la regarder, cette fois-ci.

    « Le prends pas contre toi, tu sais bien que c'est pas … » Elle savait quoi? Non, justement, elle ne savait pas! L’information était assez dure à assimiler en ce moment qu’elle pouvait se permettre de ne pas comprendre. En fait, elle comprenait parfaitement, simplement, elle ne voulait pas y croire. Pendant quelques secondes, la jeune femme souhaita que ce ne soit qu’un cauchemar, se disant qu’elle aurait pu glisser de l’Aneth sous son oreiller, mais, non. Cela se passait réellement, dans la vrai vie. « Ça commence à barder dans le coin, et cette fois-ci c'est pas que des rumeurs d'illuminés … c'est peut-être rien, qu'est-ce que j'en sais moi après tout … mais pour l'instant j'aime pas l'idée de te savoir à trainer je sais pas où pour venir ici. C'est trop dangereux, et ça vaut pas le coup. » Au fil de ses paroles, elle sentait son regard teinté de plusieurs émotions s’embrouiller de larmes et elle se mordit la lèvre fortement, la fendant pratiquement avec ses dents blanches, comme pour s’empêcher de verser des larmes. « T'es sans doute plus en sécurité chez toi … »


Elle aurait voulu crier, le frapper à la figure, lui dire qu’elle n’était pas qu’une simple petite vendeuse de bijoux du district un qui ne connaissait rien de l’horreur du monde. Elle aurait voulu qu’il comprenne qu’avec de la détermination, un appui, elle aurait pu trouver assez de force, de courage, pour se battre, elle aussi. Elle aurait souhaité du plus profond de son être, surtout, qu’il ne lui dise pas que venir ici n’en valait pas le coup. À ses yeux, peut-être. Peut-être que s’il était dans sa situation, il ne verrait pas la nécessité de traverser des districts moins stable simplement pour venir voir une petite fille chétive et faible comme elle. D’accord, elle pouvait comprendre cela. Elle n’était pas un grand intérêt, elle l’accordait, mais de là à dire que venir ici, le voir, lui, ça ne valait pas le coup, alors ça non. Se rendait-il compte qu’être avec lui la rendait plus forte, plus vrai, comme si elle se trouvait? Se rendait-il seulement compte à quel point elle se sentait bien ici, seul endroit où elle pouvait parler librement, s’habiller comme bon lui semblait, rire sans se faire juger, ou simplement arriver à dormir plus de trois heures en une nuit? Si elle avait été différente, elle l’aurait hurlé, elle l’aurait crié, elle aurait pleuré toute les larmes de son corps, des larmes de colère, de tristesse. Mais non, elle était cette pauvre Moonshine qui avait soudainement très peur d’ouvrir la bouche pour lui dire réellement sa façon de penser. Alors, retenant les larmes de couler le long de ses joues, la lèvre inférieure tremblante, elle hocha la tête en signe d’approbation. Comme elle l’avait toujours fait avec ses parents, figures d’autorité suprême. Elle aurait aimé dire quelque chose, pouvoir enchaîner des mots de façon à former au moins une seule phrase. La jeune femme ne trouvait tout simplement pas la force, sentant une boule se former dans sa gorge, dans son ventre. Moonshine se sentit soudainement plus loin que jamais de Thybalt alors qu’ils n’étaient, pourtant, qu’à moins d’un mètre de distance. Certes. Elle s’était écartée trop rapidement de lui et un frisson l’avait parcouru alors qu’elle dépliait lentement les jambes de sur la chaise en bois, déposant ses pieds nus sur le plancher, les pointant vers le sol pour ensuite se lever. Elle aurait aimé jouer mieux la comédie, rester près de lui et accepter sans rechigner ce que le jeune rebelle venait de lui dire, mais elle en était incapable : La seule pensée d’être encore près de lui suffisait à faire trembler un peu plus sa lèvre. Soudain, comme une indésirable, une larme coula le long de sa joue. Se retournant vivement, elle passa sa main gauche sur cette trace d’eau, essayant de faire cela en catimini. Règle numéro un : Faire comme si on comprenait parfaitement la décision de l’autre personne. Règle numéro deux : Afficher une expression réceptive au visage, pour montrer que l’on accepte la décision. Règle numéro trois : Si l’on ne partage pas l’avis de la personne, enterrer au plus profond de son être ses sentiments pour faire passer les besoin de l’autre en premier. Trois règles de base dont la vendeuse respectait le plus clair de son temps. C’était la meilleure façon de donner bonne impression, de ne pas inquiéter les autres. De toute façon, qui avait envie d’une fille comme elle à réconforter? C’était tout sauf une partie de plaisir.

Serrant le petit sachet d’Aneth dans son petit poing refermé sur lui-même, elle finit par se lever de la chaise et à mettre une plus grande distance entre elle et Thybalt. Surtout, ne pas pleurer, compris, tu ne dois pas pleurer, ne fais pas encore une fois la gamine. Voilà ce qu’elle se répétait sans arrêt dans sa tête depuis quelques secondes. Le silence était si lourd, elle pouvait pratiquement sentir le poids de cette discussion sur ses fines épaules tellement la tension était palpable. Elle l’avait su dès le début : Le guérisseur ne prenait jamais de pincettes quand il voulait dire son avis. Ça avait été un côté qu’elle avait détesté de lui, la première fois qu’ils s’étaient rencontrés. Il l’avait jugé sur ses origines, elle l’avait jugé à propos de son manque de tact. Malgré tout, elle était étrangement arrivée à accepter cet aspect de lui, qu’elle admirait, d’une certaine façon. Elle aurait adoré pouvoir exprimer haut et fort ce qu’elle pensait des autres. On l’avait malheureusement traitée comme une petite poupée de chiffon dont les créateurs, ses parents, s’amusaient à créer cette vie qu’elle ne voulait en aucun cas. Et dire qu’elle ne pourrait plus revenir dans ce district, qu’elle ne pourrait plus voir le jeune homme. Comme elle se trouvait lâche, de ne pas se battre avec lui, argumenter, pour lui prouver qu’elle était forte et qu’elle était prête à tout plaquer pour rester avec lui, au moins quelques temps, au moins jusqu’à ce qu’il se lasse d’elle. Malheureusement, s’aurait été se mentir à elle-même ainsi qu’à lui de crier sur tous les toits qu’elle était une jeune femme forte. La coréenne voulut parler ; Elle avala sa salive de travers et s’étouffa quelque peu. Toussant pour faire passer ce petit incident, elle couvrit son visage de ses mains d’enfant pour cacher la honte qui se lisait dans ses yeux, le chagrin qui teintait son regard. Elle sentait que Thybalt l’observait de l’endroit où il était resté. Elle le sentait et cela la rendait encore plus à vif, plus apte à éclater subitement en sanglots. Moonshine se tenait là, dans cette cuisine où les premiers rayons du soleil y pénétraient, droite comme un piquet, les mains couvrant son visage, sur le point de se mettre à éclater en sanglots sous toute cette pression qu’elle-même se faisait. Les mains tremblantes, elle réussit à les descendre de devant son visage et son regard croisa encore celui du rebelle. De sa petite voix, elle réussit à aligner deux mots.

    « Je… comprend… » Non, ceci était un mensonge. Elle ne comprenait toujours pas, se posait toujours des dizaines de questions. Le silence retomba encore dans la maison si calme et la brunette se tourna lentement pour faire dos à Thybalt et, toujours de ce même pas lent, se dirigea vers la pièce d’où elle était sortit quelques minutes plus tôt, la chambre principale. Dès qu’elle passa l’embrasure de la porte, elle se déplaça vers la droite et se laissa glisser contre le mur, laissant finalement les larmes qu’elle retenait depuis tout à l’heure couler sur ses joues, essayant de ne pas faire trop de bruit. Elle se trouvait idiote. Après tout, ils n’étaient même pas en couple. Qu’étaient-ils, en fait? Elle n’était jamais parvenue à définir cette relation qu’ils entretenaient.




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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Lun 4 Fév - 3:43

Thybalt le savait bien au fond, que peu importe la manière dont il formulerait la chose Moon aurait toujours l'impression qu'il la mettait dehors et qu'il ne voulait plus la voir. Et c'était vrai, il ne voulait plus la voir ici, mais pas pour les raisons qu'elle pensait, pas parce qu'il ne voulait plus l'avoir dans les pattes ou parce qu'il avait soudainement décidé de devenir blessant ; Il ne voulait plus la voir parce qu'il ne voulait plus qu'en venant ici elle mette sa vie en danger. Parce qu'il n'était pas aveugle, il avait très bien remarqué qu'elle venait plus souvent qu'elle ne le pourrait, et qu'elle repartait parfois sans avoir rien vendu des bijoux qu'elle amenait avec elle. Les bijoux ce n'était parfois qu'une excuse, et elle-même devait très bien savoir que continuer à venir au district cinq par les temps qui courraient n'était pas indispensable, ici les gens ayant les moyens de s'acheter ce genre de choses étaient rares, et son salaire ne serait pas amoindri si elle décidait de n'aller que dans deux ou trois districts, les plus aisés et ceux qui par définition avaient le plus d'argent à dépenser autrement que pour manger. Mais elle continuait de venir au cinq, régulièrement, et si le jeune rebelle ne pouvait pas prétendre être insensible à la compagnie de la jeune femme il se sentait désormais coupable également d'être une des raisons pour lesquelles elle prenait tant de risques … Tant de risques qu'il ne jugeaient pas nécessaires, pas indispensables. Elle avait encore cette naïveté d'adolescente, cette persuasion que les choses pouvaient rester telles qu'elles étaient pour toujours et ne jamais changer si l'on en avait pas envie … Mais les choses finissaient toujours par changer, rien ne durait jamais éternellement, et eux deux, leur relation, cela n'aurait pas pu durer non plus se disait Thybalt. Encore moins avec la révolte qui commençait à gronder, au loin, et qui jamais n'avait été aussi proche d'éclater. Le rebelle avait toujours été persuadé que le jou viendrait où Moon déciderait d'elle-même de ne plus venir, où elle réaliserait que tout cela ne rimait à pas grand chose au fond, que traverser plusieurs districts pour les beaux yeux d'un rebelle qui n'en avait que le nom était une bêtise d'adolescente qui sans doute finirait par la lasser … Et cela Thybalt avait toujours fait en sorte de le garder à l'esprit, pour n'avoir aucun regret quand la fin viendrait.

Au fur et à mesure de ses paroles il avait vu la jeune femme s'éloigner, le lâchant d'abord, pour quittant sa chaise, et finalement traversant la pièce pour aller se poster près de la fenêtre devant laquelle les volets empêchaient encore le début du jour de rentrer et les laissait dans une pénombre relative. Peut-être aurait-il du attendre le moment où elle repartirait pour lui dire cela, pour ne pas lui laisser le choix, pour ne pas … Non, il ne voulait simplement pas la voir blessée de cette façon, encore moins en sachant qu'il en était le responsable. Moonshine était un peu comme une enfant par certains côtés, elle semblait toujours avoir peur d'être de trop, toujours avoir peur de déranger ou de ne pas être appréciée, et si d'ordinaires Thybalt trouvait cela plus attachant qu'autre chose ce matin là il aurait souhaité sans doute qu'elle prenne conscience que tout n'était pas aussi simple. Et s'il ne s'était pas fait prier pour détourner le regard lorsqu'il s'était agi de dire ce qu'il avait à dire, il lui avait fallut réunir tout ce qu'il possédait de volonté pour regarder à nouveau la jeune femme dans les yeux tandis qu'elle le scrutait depuis l'autre bout de la pièce, l'air penaud et la lèvre tremblante. « Je … comprends … » avait-elle bafouillé pour tenter de donner le change, et puis finalement sans un mot de plus elle avait quitté la cuisine aussi silencieusement qu'elle était arrivée et avait laissé Thybalt seul dans la pièce, l'air dépité. « Non. Tu comprends pas … » avait-il murmuré tout en sachant pertinemment qu'elle ne l'entendrait sans doute pas ; C'était plutôt une réflexion qu'il se faisait à lui-même qu'une véritable réponse de toute les façons. Elle ne comprenait pas, sinon elle réaliserait à quel point il avait pris sur lui pour dire toutes ces choses, à quel point il tentait de se persuader que parce que c'était la solution la plus sûre il ne devait pas avoir le moindre regret, et pourtant des regrets il en avait, et l'envie de regarder Moon s'en aller, bientôt, en sachant qu'elle ne reviendrait plus il ne l'avait pas en revanche. Et puis au fond, Thybalt appréhendait tellement ce jour où il se retrouverait tout seul, où ayant quitté cette maison et fait en sorte de se tenir éloigné d'Heidi et de Moonshine il n'y aurait plus la moindre parcelle de bon moment pour venir le sortir de la monotonie de son existence de faux rebelle ayant toujours tout fait pour ne pas s'impliquer dans cette guerre qui, il en était certain, allait leur prendre les dernières libertés qui subsistaient encore au district cinq.

Il était resté immobile un moment, assis sur le bord de sa chaise, un de ses ongles grattant machinalement une rainure dans le bois de la table, les yeux posés sur l'encablure de la porte par laquelle la jeune femme était sortie quelques secondes plus tôt. Il avait envie de rattraper le coup, mais il était quasiment persuadé que le moindre mot qui sortirait à nouveau de sa bouche ne ferait qu'aggraver la situation ; Thybalt n'avait jamais été particulièrement à l'aise avec les mots, sauf lorsqu'il s'agissait de se moquer. Et là il s'agissait d'être sérieux, et de mettre des mots sur ce qu'il ressentait, chose qu'il n'avait jamais été capable de faire, et surtout qu'il n'avait jamais eut besoin de faire, pratiquement habituellement la politique de l'autruche, ni plus ni moins. Se levant finalement il avait débarrassé la table de façon machinale, renversé un sachet de bruyère sur le carrelage et pesté à voix basse tout en se baissant pour ramasser, et lorsqu'enfin il eut terminé il se dirigea à son tour vers la porte, souhaitant se faire tellement silencieux qu'il osait à peine respirer, cherchant à savoir si Moonshine était remontée ou bien si elle était toujours à proximité. Sa gorge s'était à nouveau serrée lorsqu'il l'avait entendue renifler. Faisant un pas, puis deux de plus, il l'avait finalement trouvée là, assise contre le mur, les bras resserrés autour de ses genoux et quelques larmes coulant le long de ses joues. Bien que depuis son incartade avec le pacificateur Lewis la chose lui sois douloureuse Thybalt s'était lui aussi laissé glisser le long du mur pour venir s'asseoir à côté de la jeune femme, une main d'abord plaquée contre sa jambe gauche encore endolorie car sans doute trop peux soignée compte tenu de ce qu'elle aurait du l'être à l'époque, et l'autre glissant sur le carrelage quelques instants avant d'aller se poser sur celle de Moon, non sans une nouvelle seconde d'hésitation. Et puis finalement, voyant qu'elle ne le repoussait pas, il avait resserré ses doigts sur la main de la jeune femme et posé sa tête contre le mur, ne pouvant réprimer un léger soupir de lassitude, et de frustration sans doute également.

    « J'te garderai ici si ça tenait qu'à moi, tu sais. » Tournant à moitié la tête vers elle il surveillait sa réaction du coin de l'oeil, sans pour autant oser la regarder dans les yeux pour de bon. « Mais je peux pas. Parce que bientôt cette maison sera plus à moi et qu'il faudra que je débarrasse le plancher … » Il n'en avait pas encore parlé à la jeune femme, pourtant cela faisait un petit moment maintenant qu'il savait que ses jours dans cette maison qui l'avait vu grandir étaient comptés. Et cela lui brisait le cœur plus qu'il ne voulait bien l'avouer, d'ailleurs. « … et puis, t'es pas à ta place ici. Y'a rien pour toi au cinq, c'est pas un endroit pour … pour les gens comme toi. » avait-il terminé, non sans butter et hésiter sur la fin de sa phrase, ne sachant comment s'exprimer correctement pour faire comprendre ce qu'il voulait dire. Et ce qu'il voulait dire, ce n'était pas un reproche, contrairement à ce que cela pouvait sembler, cela signifiait simplement que quand on avait vécu dans un district pro-Capitole et riche comme celui de la jeune femme on ne pouvait pas se sentir à l'aise dans un district comme le cinq, un district que Thybalt avait bon nombre de fois déjà entendu qualifié comme rustre. Ils ne venaient pas du même monde, Moon et lui, à quoi bon se voiler la face. « Et puis … » hésitant à nouveau il avait avalé sa salive et attendu une seconde ou deux avant de terminer sa phrase « … si il t'arrivait un truc par ma faute, ou simplement en venant ici, je me le pardonnerai jamais. Tu comprends ? » Le ton de sa voix sembla dérailler légèrement sur la fin de sa phrase, et presque machinalement ses doigts s'étaient resserrés un peu plus sur ceux de la jeune femme.

Les menaces d'Heidi c'était entièrement de sa faute se disait-il, elle n'avait été menacée que parce qu'il avait eut le malheur de dévoiler un peu trop son attachement pour elle. Et ce pacificateur dont Heavensbee était venu demander le sort quelques semaines plus tôt ? Ce n'était peut-être pas ce qui lui avait donné le coup de grâce, mais Thybalt était persuadé que les magouilles du pacificateur Hessfield et de son paternel pour qu'il puisse garder cette maison plus longtemps n'avaient pas du jouer en sa faveur … et maintenant ce pacificateur était mort, parce qu'on avait trop douté de ses convictions. Et si Moon était la prochaine, et si un habitant malveillant du cinq aiguillaient un pacificateur ou deux dans sa direction, et si parce qu'on la voyait avec Thybalt on lui assénait les mêmes menaces qu'à Heidi, et si … C'était pour s'éviter toutes ces questions, toutes ces inquiétudes que Thybalt restait persuadé qu'en demandant à la jeune femme de ne plus venir jusqu'à nouvel ordre il prenait la bonne décision. Même s'il le faisait à contre-coeur.



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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Jeu 7 Fév - 6:17

Effectivement, elle ne comprenait pas. Vraiment, elle aurait adoré pouvoir comprendre, pouvoir lui enlever un poids de sur les épaules. Mais elle n’y arrivait pas. Elle se trouvait bien stupide, en ce moment, de pleurer comme cela. Après tout, elle était sûre que Thybalt ne lui avait pas dit cela par méchanceté, au fond d’elle, elle le savait. Elle savait qu’il ne voulait pas la voir partir comme ça, qu’il ne voulait pas la blesser. Elle savait qu’il ne voulait que son bien. Oui, séparément, elle comprenait. Tout ça, rassemblé dans un seul moment, par-contre, ça avait suffit à lui faire perdre ses repères. Comme perdue, impossible de s’accrocher à quoi que ce soit. Seule, encore. Déstabilisée complètement. La coréenne ne savait même pas quoi penser, les idées voyageaient à cent à l’heure dans sa tête pour ne former que quelque chose de brouillon, pas clair, difficile à comprendre. La pauvre pouvait sentir les larmes chaudes tomber sur ses genoux froids, maculer ses joues, embuer ses yeux noisettes. Elles laissaient leurs traces sur sa peau comme des griffures, elles étaient aussi douloureuses. Douloureuses pour la jeune femme qui se maudissait. Sérieusement? Pourquoi réagir comme ça? Pourquoi créer plus de problème à cet homme en éclatant en sanglots? Elle ne réglait rien, elle n’aidait pas. Tout ce qu’elle faisait, c’était pleurer dans son coin, comme une petite fille, une lâche. Une faible. Voilà ce qu’elle était à ses yeux. À ses yeux, mais aussi à ceux des autres, de ses parents, de ses quelques amis. Moonshine ne savait pas se battre, Moonshine était fragile, Moonshine était pure et innocente, ne se rendant pas compte des horreurs du monde l’entourant. Vas-y, continus d’énumérer tous tes moindres petits défauts, c’est sûrement comme ça que tu vas t’améliorer, pensa-t-elle, frappant son genoux de son petit poing. Merde, elle s’énervait elle-même. Un frisson la parcourut alors qu’elle essuyait les larmes aux coins de ses yeux, comme si ce geste allait stopper ses pleurs. La vérité, c’était que non. Il y avait longtemps qu’elle n’avait pas pleuré de la sorte, qu’elle n’avait pas évacué ce trop plein de larmes qu’elle avait retenu pendant des mois. Elle détestait pleurer devant les gens, c’était comme avouer à tout le monde sa faiblesse. Il fallait bien que ce soit chez Thybalt qu’elle pleure, simplement pour confirmer ses dires, confirmer qu’il n’y avait qu’avec lui qu’elle se sentait libre d’agir comme bon il lui semblait. Que même pleurer n’était pas un crime, qu’elle pouvait le faire, parce qu’on ne la jugerait pas, ou, du moins, pas à haute voix.

De l’autre pièce, Moon entendit le guérisseur se lever et faire je ne sais quoi avant qu’il ne peste car quelque chose venait de tomber au sol ; Probablement des herbes, ce qui n’était pas très plaisant à ramasser, surtout en ce moment. Si la jeune femme avait tendu l’oreille tout à l’heure pour discerner le moindre bruit, elle n’entendait plus rien maintenant, que le bruit de sa respiration saccadée. Elle pensa au sachet d’Aneth qu’elle tenait encore dans sa main droite et cela suffit à faire perler quelques larmes au coin de ses yeux. Pourquoi fallait-il qu’elle apprécie autant ce rebelle? Pourquoi la pensée de ne plus le revoir lui brisait le cœur? Surtout, pourquoi était-elle aussi faible quand il s’agissait de lui? Elle détestait cela, elle détestait cette situation, ce sentiment de lourdeur. Si leur relation avait été légère et belle, maintenant, un nuage gris venait de s’installer devant ce soleil chaud et rassurant, ne laissant place qu’au doute, à l’insécurité. La brunette passa une main dans ses cheveux et hoqueta, les larmes s’étant remises à couler sur ses douces joues. Des pas se firent entendre non loin d’elle et elle savait que Thybalt était là, à côté d’elle, debout, l’observant de haut. Elle n’osa pas se retourner pour l’observer. Elle n’était pas encore assez calme, assez maître de ses émotions. Elle ne voulait pas qu’il la voie éclater en sanglots comme elle avait fait tout à l’heure, seule. Sans un mot, il se glissa contre le mur, difficilement, puis il s’assied près d’elle. Moon sursauta en sentant la main du jeune homme se poser sur la sienne. Anxieuse, elle l’était. Son petit cœur battait si rapidement dans sa cage thoracique qu’elle avait peur que celui-ci fasse un raté. C’est au moment où il serra ses doigts aux siens qu’elle réalisa à quel point elle tremblait. Le rebelle réprima un léger soupire, probablement de lassitude ou de frustration, puis il parla.

    « J'te garderai ici si ça tenait qu'à moi, tu sais. » Ah bon? Non, elle ne le savait pas. Ça n’avait pas eu l’air de cela, quand il lui avait dit, tout à l’heure, mais elle ne dit rien, parce qu’elle savait qu’il n’avait probablement pas eu le choix de lui annoncer ça. D’ailleurs, la phrase qui suivit confirma ses soupsons. « Mais je peux pas. Parce que bientôt cette maison sera plus à moi et qu'il faudra que je débarrasse le plancher … » Quoi? Il aurait pu lui dire avant… Bordel. Ce mot qui ne traversait jamais l’esprit de la jeune femme la surprit elle-même. Oui, bordel. Il résonnait dans sa tête, en écho. Elle était un peu en colère qu’il ne lui ait pas annoncée plus tôt. Il aurait dut lui dire. Ça aurait allégé les choses. Là, elle aurait comprit. « Tu aurais pus me le dire avant, tu sais… » Son ton fut doux, elle aurait préféré qu’il soit un peu plus cassant, simplement pour qu’il réalise qu’elle se souciait de tout ça, qu’elle n’était pas qu’une simple spectatrice. Ce qu’il lui dit par la suite suffit néanmoins à l’achever. « … et puis, t'es pas à ta place ici. Y'a rien pour toi au cinq, c'est pas un endroit pour … pour les gens comme toi. » Ô, comme elle avait eu peur que cela ne sorte à nouveau dans leurs discussions. Elle croyait que c’était derrière eux, tout ça, le fait qu’ils ne venaient pas du même district. Il fallait croire que non. Il fallait croire qu’il y avait toujours accordé une importante. « Et puis … si il t'arrivait un truc par ma faute, ou simplement en venant ici, je me le pardonnerai jamais. Tu comprends ? »


Il savait comment terminer tout ça en beauté, comment l’achever complètement, comment lui enfoncer un peu plus le couteau dans la plaie, pour lui faire mal, pour l’affaiblir encore, juste un peu. Elle ne doutait pas des bons sentiments de Thybalt, non. Elle savait qu’il s’inquiétait pour elle, mais elle n’était pas dans sa tête. Il y avait tant de choses qu’elle ne comprenait pas encore, qu’elle ne réalisait pas. Peut-être avait-il raison : il n’y avait rien de bon pour une personne comme elle ici. Pourtant, là où bien des gens trouvaient que le district cinq était rustre, elle avait trouvé un endroit pour être elle-même. Et ça, pour Moonshine, ça valait tout l’or du monde. Elle avait souvent dit que, peut importe l’argent qu’elle avait, peut importe où elle vivait, tant qu’elle était heureuse, elle avait une belle vie. Pourquoi personne ne prenait ce qu’elle disait au sérieux? Pourquoi tout le monde croyait que, puisqu’elle avait été élevée par une famille pro-Capitole, elle partageait alors les mêmes valeurs, les mêmes besoins? Il était si triste de voir que les gens ne jugeaient que par cela. Il était encore plus triste de savoir que même Thybalt pensait qu’il y avait cette frontière entre tous les gens de la classe aisée et des autres. Elle s’était toujours demandé si, un jour, son cœur allait se briser en milles morceaux, pour quelles raisons? Maintenant, elle avait sa réponse.

Reniflant, son regard s’embua à nouveau de larmes et elle leva la tête et se tourna pour observer le rebelle. Ses doigts serrant fortement ceux du jeune homme, elle n’osa pas croiser son regard, de peur d’augmenter son chagrin. Pourtant, elle l’observait, tremblante. Tremblante de peur, de tristesse, de colère. Toutes ces émotions qu’elle ne se permettait pas de montrer aux gens, qu’elle enfouissait au plus profond de son petit être, elle les vivait en ce moment, devant l’homme avec qui elle entretenait ce semblant de relation qui l’avait rendu heureuse, intègre. Ne plus le revoir, ce serait comme enterrer tous ces sentiments et ces rêves six pieds sous terre pour ne plus jamais les revivre. Sa lèvre se remit à trembler et une boule se forma dans sa gorge. Une larme tomba de son œil noisette, coulant sur sa joue, terminant sa course sur son menton pour finalement finir sa courte vie, tombant sur son avant-bras. Elle devait dire quelque chose, malgré tous ces facteurs qui ne l’aideraient en rien.

    « Je comprend que tu ne veuilles que mon bien, je le comprend parfaitement. » Elle plongea son regard dans celui de Thybalt avant de continuer. Sa voix, bien que chétive, se voulait plus confiante, dans la mesure du possible où la jeune femme pouvait l’être en ce moment, c'est-à-dire pas beaucoup. « Mais… Bordel Thybalt … » Le mot sonnait étrange sortant de la bouche de Moonshine, il sonnait pratiquement faux, mais il démontrait aussi à quel point elle voulait qu’il prenne conscience de ce qu’elle allait dire. « Tu me tues de dire chaque fois que je suis pas à ma place ici, que c’est pas un endroit pour les gens comme moi. » Elle essayait de contrôler ses tremblements, le débit de ses paroles. « Tu me tues de toujours avoir cette fixation sur nos différences, sur le fait que je viens du district un. Tu me tues de continuer à croire que parce qu’une personne est originaire d’une famille pro-Capitole, elle est comme les autres, méchante, sans cœur, ne pensant qu’à l’argent et au pouvoir par la domination. » La jeune femme prit une pause dans son élan d’inspiration et elle ferma les yeux. Ce qu’elle venait de dire, elle l’aurait à l’habitude écrit dans son énorme cahier spirale qu’elle traînait toujours avec elle, ce cahier qui renfermait ses secrets, ses dessins, ses compositions. Elle s’impressionnait elle-même d’avoir osé dire ce qu’elle pensait réellement.


Ouvrant les yeux, elle bougea un peu, sans pour autant enlever sa main de sous celle de Thybalt. Elle voulait être plus près de lui, pouvoir profiter de la chaleur du corps du jeune homme pour réchauffer le sien, frigorifié alors que la température de la pièce devait être assez haute. Serrant la main du guérisseur, elle se tourna pour que son visage soit face au sien, pour qu’elle puisse pleinement le regarder. Elle tremblait toujours et les larmes coulaient encore le long de ses joues quand elle vint poser ses lèvres sur celle du trentenaire. Le baiser fut bref, mais plus passionné que les autres, moins habituel de la part de la jeune femme. Elle était si près de lui, son nez pouvait toucher le sien, son front était contre le sien.

    « Je comprend ton point de vue, sérieusement.» Cette fois, terminé le ton confiant qu’elle avait utilisé, sa voix n’était qu’un murmure. « Mais ça me brise le cœur. »


Jamais elle n’avait été plus sincère envers quelqu’un – mis à part son petit frère, mais, ça ne comptait pas ! – et elle espérait que Thybalt réalise qu’elle comprenait réellement, que ce qu’elle venait de dire n’était que sa pensée à elle. Qu’il fallait bien qu’elle exprime au moins son opinion sur le sujet, une dernière fois. Une dernière fois avant qu’ils se séparent.



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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Jeu 14 Fév - 16:25

La solitude. C’était quelque chose qui terrifiait chaque jour un peu plus Thybalt à mesure que les jours, que les semaines passaient … il en était ainsi depuis que son père était partit, voilà maintenant plus d’un an et demi. Un an et demi durant lesquels rentrer dans cette maison et ne rien y trouver d’autre que le silence prenait parfois à la gorge le jeune médecin et lui donnait la sensation que plus jamais un sourire sur son visage ne s’afficherait de façon totalement sincère. Il avait accepté la mort de son père pourtant, et il l’avait assez vu agoniser les dernières semaines de sa vie pour savoir qu’il était sans doute mieux où il était, mais la solitude qui le prenait à la gorge depuis ce jour-là elle, n’avait jamais disparu. Aux yeux des habitants du district Thybalt était tour à tour un médecin, un clown, un imbécile, il était celui qui avait toujours une bonne blague à balancer, un verre à offrir, et même une épaule sur laquelle on pouvait pleurer … Mais le soir venu il n’y avait rien d’autre que le silence et le vide de cette maison trop grande pour lui, un silence qu’il ne parvenait à combler qu’en ramenant, parfois, la première de celles qui accepteraient de le suivre, simplement pour ne pas avoir à s’endormir et se réveiller seul. C’était toujours ainsi qu’il avait fonctionné, et si son père n’avait jamais approuvé il n’avait jamais essayé de le faire changer non plus, pour la simple et bonne raison que Thybalt et lui avaient beau ne pas partager le même sang ils n’en restaient pas moins construits sur le même modèle. Magnus n’avait jamais rencontré la femme de sa vie, il avait simplement eut un certain nombre de femmes au cours de sa vie, et parfois Thybalt se disait simplement que l’influence du paternel était telle qu’il finirait sans doute sa vie de la même façon … De là à savoir si cette perspective le satisfaisait, c’était deux choses différentes. Parfois il se disait que si Heidi n’avait pas épousé un de ses meilleurs amis les choses auraient pu être différentes, parce qu’alors il n’aurait pas eut tant de scrupules, de culpabilité à la regarder en pensant à ce qu’Andy dirait. Parfois il se disait que si Moonshine ne venait pas d’ailleurs il pourrait vivre des petits bonheurs que lui procuraient un éclat de rire, un regard ou le goût d’un baiser … Parfois il se disait que tout serait bien plus simple, s’il ne s’entichait pas des choses qu’il ne pouvait pas garder. Alors ce n’était pas un mensonge, lui disant qu’il la garderait avec lui si la chose était possible, c’était un aveu rempli de sincérité … Mais cela restait impossible, et cela le rendait d’autant plus amer. Tout cela était trop injuste, comme l’était le fait de devoir laisser cette maison si chère à son cœur, comme l’était ce monde dans lequel ils vivaient en servitude d’un dictateur sans qui impossible ne serait plus qu’un mot.

    « Tu aurais pu me le dire avant, tu sais … » avait-elle simplement répondu d’un ton boudeur, mais moins empreint de reproches qu’il ne l’avait d’abord cru. Sans lâcher sa main ni même oser la regarder en face il s’était contenté d’hausser doucement les épaules, comme un enfant qui n’aurait pas su quoi répondre à un reproche « Qu’est-ce que ça change de toute façon maintenant … » Plus rien, c’est vrai, et au fond Thybalt avait toujours su que le jour où on le mettrait dehors viendrait, il l’avait su à la minute où la rumeur de la mort du pacificateur Hessfield tait remontée jusqu’à ses oreilles. « J’ai pas très envie de m’étendre là-dessus, de toute façon. » et c’était avant tout pour cette raison qu’il n’en avait pas parlé, ni la veille ni la dernière fois qu’elle était venue.

Ne pas être parvenu à conserver cette maison pour laquelle Magnus avait vécu un enfer Thybalt en avait honte, il avait la sensation de ne pas s’être montré à la hauteur d’un père qui, il en était certain, comptait sur lui. Ce n’était pourtant pas chose inhabituelle, chaque gagnant qui passait de vie à trépas savait que sa famille serait rapidement chassée de cette belle maison gagnée à la force du sang qui avait coulé dans une arène des jeux, mais si Magnus avait pris autant de risques en passant un pacte avec un pacificateur ce n’était sans doute pas en espérant que Thybalt perdrait la partie si vite … C’était un amas de souvenirs, mais c’était aussi une question de pratique : on cachait bien plus d’armes et de rebelles dans une maison de cette taille. Et tout cela Thybalt allait devoir l’abandonner, parce qu’il n’avait pas su tirer les bonnes ficelles, et parce que force était de constater qu’il n’était ni aussi malin ni aussi persuasif que son père adoptif. Perdre cette maison c’était un peu comme la vitrine de toutes les choses que Thybalt n’avait pas réussi à accomplir après la mort de son père ; Il s’en sentait coupable et honteux, entre autre chose, et c’était là la raison pour laquelle il n’abordait pas le sujet, la raison pour laquelle il avait tardé à en parler à la jeune femme, et la raison pour laquelle il n’avait pas envie de s’étendre plus longuement sur la question.

Et puis surtout, ce n’était pas la question, pas le moment idéal. Il ne cherchait pas à mal, d’ailleurs c’était bien là le souci de Thybalt, il ne cherchait jamais à mal mais ne se rendait pas toujours compte du pire que mieux que pouvaient avoir ses actions et ses décisions. Il n’était juste pas tranquille à savoir la jeune femme vagabonder ainsi d’un district à l’autre, qu’elle ait une autorisation ou non, et il n’était pas assez dupe pour ne pas avoir remarqué qu’elle se rendait au cinq bien plus souvent que dans n’importe quel autre district désormais … tout cela à cause de lui. De base la situation ne le laissait déjà pas tranquille, mais avec les rumeurs de rébellion et de soulèvement qui se répandaient désormais son malaise s’était mué en véritable inquiétude. La réputation et le côté sanguin de certains pacificateurs n’était par ailleurs plus à faire, et c’était de façon légitime que le médecin imaginait facilement un pacificateur faire du zèle en la découvrant vagabondant entre deux frontières, et l’accuser de mensonge si elle tentait de se justifier … ne lui avait-il pas lui-même déjà évité des ennuis la première fois qu’elle était venue au cinq, vagabondant dans les rues malgré le couvre-feu, et se jetant droit dans la gueule du loup si Thybalt n’avait pas quitté le sous-sol du vieux Byron au même moment. Moonshine était trop candide, elle avait bon cœur, et n’avait pas toujours conscience du fait que la plupart des gens n’avaient pas aussi bon fond qu’elle … C’était la pensée silencieuse qu’avait formulé Thybalt tandis que tournant la tête vers elle il avait enfin pu fixer ces yeux où tristesse et candeur se disputaient la place. « Je comprends que tu ne veuille que mon bien, je le comprends parfaitement. Mais … bordel, Thybalt … » Il avait lutté, de toutes ses forces, pour parvenir à ne pas détourner les yeux malgré le regard lourd de sens que lui adressait la jeune femme. Depuis qu’il la connaissait il ne l’avait jamais vu hausser le ton, ni même exposer clairement son désaccord sur quoi que ce soit ; C’était tout à tour quelque chose qui l’avait agacé, attendri, et en définitive il avait toujours cru bon de tenter de la pousser changer cela. Il ne pensait juste pas à l’époque que la chose en viendrait à se retourner contre lui. Pas parce qu’il n’acceptait pas qu’elle lui tienne tête, mais parce qu’ainsi elle ne rendait les choses que plus difficiles pour lui … Ne réalisait-elle donc pas ? Bien sûr que non, comment le saurait-elle. Que les justifications de Thybalt n’étaient que de piètres excuses pour la pousser à s’en aller, sans avoir à s’étendre sur la totalité des raisons pour lesquelles il voulait la voir partir. Ou tout du moins une partie de lui, la plus rationnelle, la plus raisonnable. Mais il n’avait rien répondu, rien, parce que même si entendre Moon tenter de lui prouver qu’il avait tort ne l’aiderait pas à s’auto-persuader qu’il fallait ce qu’il fallait, il lui devait bien ça, malgré tout.

    « Tu me tues de dire chaque fois que je suis pas à ma place ici, que c’est pas un endroit pour les gens comme moi. » Et ce n’était pas vrai, peut-être ? Qu’elle le regarde dans les yeux et admette sans hésiter un seul instant qu’à choisir elle le ferait, ce choix de vivre dans un district d’ivrognes et de traîne-savates, où en lieu et place de travailler sur des pierres de toutes les couleurs ou des tissus précieux les gens suaient à grosses goûtes dans une centrale électrique, ce qui pour certain n’était même pas suffisant pour vivre décemment. Et Moon, Moon était bien trop jolie, bien trop douce, bien trop candide, bien trop … bien, pour ce joyeux bordel. « Tu me tues de toujours avoir cette fixation sur nos différences, sur le fait que je viens du district un. Tu me tues de continuer à croire que parce qu’une personne est originaire d’une famille pro-capitole, elle est comme les autres, méchante, sans cœur, ne pensant qu’à l’argent et au pouvoir par la domination. » Non. Il avait fait non de la tête à mesure que la phrase de la jeune femme avançait et finalement il avait protesté, ne se souciant pas de ce qu’elle ait terminé ou non. « C’est pas ce que je pense. Et tu le sais très bien. » Ou peut-être pas … si tel était le fond de la pensée de Thybalt la jeune femme pensait-elle réellement qu’il agirait comme il le faisait avec elle ? Qu’elle en doute avait un côté blessant, en fin de compte, car il sous-entendait qu’elle le voyait comme un hypocrite. Ce qu’il n’était pas. Thybalt avait des tonnes et des tonnes de défauts, mais l’hypocrisie n’en faisait pas partie. « T'es la personne la plus gentille et la plus généreuse que je connaisse, et si y'avait un peu plus de personnes comme toi ce pays n'en serait probablement pas là où il en est aujourd'hui … Le problème est pas là. » Il était ailleurs, le problème, il était dans la différence de risques que courrait Moon en restant chez elle, plutôt qu'en vagabondant d'un district à l'autre, au cinq ou ailleurs.

Elle était simplement mieux chez elle qu'au devant d'ennuis, c'était ce qu'il avait tenté maladroitement de lui faire comprendre, sans être sûr encore qu'elle n'ait saisi où il voulait en venir. Si la situation du cinq n'avait pas été la même peut-être aurait-il vu les choses autrement mais si révolte il devait y avoir le cinq ne serait qu'un district que le treize piétinerait sans regrets en réponse à sa non-coopération, un district que le Capitole barricaderait pour protéger cette électricité qui leur faisait tant besoin. Et Moon ne pouvait pas se retrouver au milieu de ça, l'idée d'un pacificateur pointant une arme sur elle suffisant à faire frissonner Thybalt qui instinctivement avait resserré ses doigts autour de sa main et consenti enfin à la regarder à nouveau dans les yeux. A nouveau des larmes mouillaient ses joues, et avec un sourire triste il les avait essuyé doucement de son autre main, ne cherchant pas à l'en empêcher quand finalement elle avait posé ses lèvres sur les siennes, baiser fugace mais qui sous-entendait tellement de choses. Ils étaient tellement proches qu'il n'aurait eut qu'à chuchoter s'il avait voulu dire quelque chose, et si les mots ne semblaient pas trouver leur chemin jusqu'à sa bouche la jeune femme elle avait encore de quoi appuyer sur la corde de sa culpabilité.

    « Je comprends ton point de vue, sérieusement. Mais ça me brise le cœur. » Et le savoir brisait un peu celui de Thybalt aussi, en définitive. Il n’attendait pas une telle réponse de la part de la jeune femme, et dans un sens cela lui rendait les choses plus difficiles … mais n’aurait-il pas plus douloureux encore de la voir simplement acquiescer d’un signe de tête et s’en aller le lendemain ou surlendemain comme si de rien n’était, comme si cela ne comptait pas plus que ça. « C’était pas mon intention. » Doucement il avait essuyé une nouvelle larme sur la joue de Moon, et penché la tête sur le côté comme il avait l’habitude de le faire quand la situation le laissait perplexe. « Et puis, ça finira bien par se calmer, tout ce cirque. Après ça tu pourras revenir … si tu veux. » Que cette rumeur de révolte ne grandisse pas, Thybalt l’espérait presque, au fond. Et c’était indigne d’un rebelle, sans aucun doute, mais des garanties que le résultat ne serait pas pire que ce qu’ils vivaient tous actuellement il n’y en avait pour ainsi dire aucune. « C’est juste que pour l’instant … tu sais bien comme ça peut jaser dans le coin, et comme chacun raconte un peu les choses à sa sauce … même le vieux, il sort jamais de son bar et pourtant il a entendu des bouts de phrases d’on ne sait où, maintenant c’est limite si il s’imagine que t’as quinze ans et que j’aime les petites filles, tu vois un peu le niveau. » A y penser maintenant, cela donnait plutôt matière à plaisanter, même s’il fallait une bonne dose d’autodérision pour ne pas se vexer à l’idée d’être pris pour un pervers. Et à vrai dire sur le coup c’était plutôt que Moon arrive dans une conversation le concernant qui l’avait embêté, et même crispé … cela ne pouvait être qu’une mauvaise chose pour elle, qu’une source d’ennuis dont elle n’avait aucunement besoin. « Les pacificateurs m’ont déjà pas à la bonne, j’ai pas envie que t’ai des ennuis à cause de moi. Et pour l’instant c’est ce qui arrivera, si tu reviens ici. » De sa joue, la main de Thybalt avait glissé le long de l’épaule de la jeune femme, et finalement il l’avait attiré contre lui sans rien dire de plus, comme en espérant silencieusement qu’elle lui pardonnerait, un peu.

Pour l’instant, c’était un morceau de sa phrase sur lequel il avait insisté, comme pour s’en persuader lui-même, parce que la vérité c’était qu’il espérait sincèrement que lorsque la jeune femme repartirait ce ne serait pas la dernière fois qu’il la verrait. C’était presque ce qui lui faisait peur finalement, de s’être autant attacher à cette fille dont il aurait pu ne jamais croiser la route, et avec qui il n’avait à la base pas grand-chose en commun … s’y attacher au point de ne plus simplement être heureux de la voir devant sa porte, mais de guetter parfois la fenêtre en se demandant quand serait la prochaine fois qu’elle passerait par le cinq. C’était ce qu’il redoutait, au fond, de s’y attacher au point qu’elle devienne un moyen de pression comme l’était Heidi, et comme l’avait été son père auparavant … c’était ce qu’il redoutait, et c’était peut-être aussi ce qui inconsciemment le poussait à lui demander de s’éloigner. Pour l’instant.



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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Mar 19 Fév - 12:53

Elle avait osé exprimer son opinion à voix haute, certes. Se sentait-elle mieux? Non. Au contraire. Elle se sentait toujours aussi mal, peut-être même plus. Elle s’était mal exprimée, elle avait peut-être été trop directe. Elle s’en rendait compter à mesure que les minutes passaient. Elle savait qu’elle allait dire quelque chose de travers dès qu’elle avait ouvert la bouche. Elle avait vu Thybalt faire non de la tête, confirmant ainsi qu’elle avait tort, que ce qu’elle venait de dire n’était pas fondé, idiot. Ça allait au moins lui servir de leçon ; Il valait mieux pour elle de continuer à mettre sous silence son point de vue. Surtout quand elle ne contrôlait pas la situation et qu’elle laissait ses émotions prendre le dessus, comme en ce moment. La jeune femme se sentait tellement idiote et mal qu’elle aurait préféré n’avoir rien dit. Elle aurait préféré rester silencieuse et écouter ce que le rebelle avait à lui dire, sans broncher. Comme elle faisait toujours. Mais ne rien ajouter aurait-il amélioré réellement la situation? Elle ne s’imaginait pas partir le lendemain sans avoir au moins tenté une fois de lui exprimer son point de vue sur la situation, ou, du moins, sur la façon dont il lui avait annoncé qu’il ne voulait plus qu’elle vienne ici. Qu’elle ne vienne plus le voir. Lui qui la changeait pour le mieux, qui lui permettait de vivre quelque chose qu’elle ne pouvait pas vivre dans son district d’origine. C’était comme s’il lui demandait d’enterrer au plus profond d’elle tout ses souvenirs d’ici pour retourner à sa vie monotone et solitaire. Parce qu’il n’y avait pas que lui qui se sentait seul. Bien qu’il n’ait jamais vraiment abordé ce sujet avec elle – comme tout autre sujet en dévoilant trop sur lui-même – elle l’avait instinctivement deviné. Parce qu’elle savait ce que c’était, à sa façon, d’être seul. Oui, elle avait beau avoir des parents, un petit frère, plusieurs connaissances, ses nuits, elle les passait seule. Seule avec elle-même. Seule face à ses parents, parce qu’elle laissait son frère partir quand ceux-ci étaient en colère contre eux. Seule face à ces gens qui lui chantaient sans cesse, tous les jours, les louages du Capitole. Seule face à ses insomnies. Seule, même en étant bien entourée. Comme Thybalt.

    « C’est pas ce que je pense. Et tu le sais très bien. » venait-il de dire, l’arrachant de ses pensées, la coupant ainsi, par la même occasion, dans sa lancée pour renchérir sur le sujet. Elle aurait voulu s’excuser, mais il ne lui en avait pas laissé l’occasion. Elle savait que ce qu’elle avait dit était faux à son propos. Il était tout sauf un hypocrite. S’il avait pensé qu'elle n'était qu'une stupide habitante du un au début, l’ayant jugée trop vite, maintenant, il ne devait certainement plus avoir la même opinion d’elle. C’était sûr, parce que cela n’aurait pas été long qu’il lui aurait dit sa façon de pensé. Parce qu’il avait toujours été franc avec elle. Se mordant la lèvre, elle releva la tête et croisa le regard du jeune homme, ce qui ne fit que la rendre plus triste. Moonshine hocha quand même honteusement la tête en signe d’affirmation. Elle savait qu’il ne pensait pas cela d’elle. C’était simplement elle qui avait parlé sur le coup d’une impulsion, ce qui ne lui ressemblait tellement pas, à l’habitude. « T'es la personne la plus gentille et la plus généreuse que je connaisse, et si y'avait un peu plus de personnes comme toi ce pays n'en serait probablement pas là où il en est aujourd'hui … Le problème est pas là. » Ces paroles eurent pour effet de faire culpabiliser un peu plus la jeune femme, qui ne pu regarder Thybalt plus longtemps. Elle allait encore pleurer, elle le savait.


Ridicule, comment il arrivait à la faire sentir spéciale en vantant ses qualités malgré tout, même qu’elle se sente tout sauf généreuse en ce moment. Parce qu’elle avait fait passer ses envies avant celles du guérisseur. Parce qu’elle l’avait indirectement traité d’hypocrite, alors que tout ce qu’il désirait, c’était sa sécurité. Décidément, elle n’avait pensé qu’à elle et pas à lui. C’était tout sauf gentil. C’était égoïste de sa part. Si elle avait été la personne la plus gentille et généreuse qu’il connaissait, elle aurait comprit plus rapidement. Les larmes n’auraient pas autant coulées sur ses joues, comme elles faisaient encore à l’instant. Elle aurait plutôt encouragé le jeune homme, l’aurait épaulé dans ces dures épreuves que la vie lui réservait, jusqu’à ce que, finalement, vienne le temps où elle devrait partir pour de bon du district cinq, sans revenir avant un bon moment. Elle avait relevé la tête pour pouvoir observer le rebelle, qui resserrait un peu plus ses doigts autour de sa petite main, croisant encore une fois son regard. Les yeux noisette de Moon s’embuèrent de larmes et quelques unes glissèrent sur ses joues alors que Thybalt, un sourire triste sur le visage, les essuyait de sa main libre, celle qui ne serrait pas la main de la jeune femme dans la sienne. Ce petit geste, banal pour certains, avait suffi à faire craquer un peu plus Moonshine pour le trentenaire, qui ne pu retenir cette envie de poser ses lèvre sur les siennes, lui offrant un baiser fugace, mais remplit de sous-entendus. Elle était restée près de lui lorsqu’elle lui avait dit dans un chuchotement qu’elle comprenait son point de vue, malgré le fait que cela lui brise le cœur. S’il y avait une chose qu’elle désirait au plus profond d’elle, c’était de ne pas compliquer la tâche à Thybalt. Malgré tout, bien qu’elle soit remplit de bonnes intentions, elle ne facilitait probablement pas la situation, à pleurer comme cela. Le fait était que, même si elle comprenait pourquoi le rebelle ne voulait plus la voir ici, cela l’attristait au plus au point.

    « C’était pas mon intention. » dit-il, probablement pour la rassurer. Lui offrant à son tour un petit sourire triste, Moonshine savait que l’intention du jeune homme n’avait pas été de la rendre aussi triste. À vrai dire, il n'avait jamais eu de mauvaises intentions en ce qui la concernait. Ça aussi, elle le savait. Parce que Thybalt était un homme bon, quoi qu'il en pense. « Je sais. » Elle avait dit cela juste pour le rassurer un peu, lui montrer que, lentement, elle comprenait, qu’elle acceptait le fait que ce serait la dernière fois avant longtemps qu’elle le reverrait. Il essuya encore une fois une larme qui coulait sur la joue de la brunette avant d’ajouter : « Et puis, ça finira bien par se calmer, tout ce cirque. Après ça tu pourras revenir … si tu veux. » Si elle voulait? Était-il fou? Bien sûr qu’elle voudrait revenir. Cette proposition suffit à illuminer quelque peu le visage de Moon, même si elle ne voulait pas se faire de faux espoirs. Elle espérait réellement qu’elle pourrait le revoir bientôt. Il fallait quand même être réaliste – ou quelque peu fataliste – pour se rendre compte que la rébellion n’allait probablement pas être aussi facile que ce que les rebelles pensaient. Dans certains districts, le tout pourrait vite dégénérer, bien des gens pourraient périr lors des révoltes. La jeune femme bougea sa main, celle que Thybalt serrait entre ses doigts, pour pouvoir nouer ses petits doigts à ceux du guérisseur. « Tu sais que je vais vouloir revenir… Quand tout sera terminé… » Qui savait, en fait, quand tous ces évènements, cette rébellion, allait prendre fin. Peut-être qu’ils allaient passer des années sans se revoir, finalement. Elle essaya pourtant de ne pas y penser, préférant se bercer de douces illusions pour le moment. Thybalt reprit la parole quelques secondes plus tard. « C’est juste que pour l’instant … tu sais bien comme ça peut jaser dans le coin, et comme chacun raconte un peu les choses à sa sauce … même le vieux, il sort jamais de son bar et pourtant il a entendu des bouts de phrases d’on ne sait où, maintenant c’est limite si il s’imagine que t’as quinze ans et que j’aime les petites filles, tu vois un peu le niveau. »


Et si, sur le coup, ça l’avait un peu vexée de se faire comparer à une petite adolescente de quinze ans, la jeune femme n’avait pu que finir par rigoler doucement de la remarque de Thybalt. Il ne fallait pas se voiler la face, Moonshine, du haut de ses vingt ans, avait l’air d’une petite fille n’ayant même pas franchit le cap de la puberté, détail qui l’irritait au plus haut point. Si elle n’avait aucune confiance en ses capacités, il en était de même pour son physique. Elle aurait aimée être aussi belle que sa meilleure amie, Gold. Elle aurait aimée avoir de beaux yeux bleus, un teint vraiment pâle, des cheveux blonds, même roux! Mais non. Elle était comme toute autre asiatique ; La plupart des gens ne savaient même pas les différencier entre eux. Petite, ayant l’air si fragile, avec ses longs cheveux qui, par chance, ondulaient un peu, ainsi que ses yeux noisette, rien ne la faisait sortir du lot. Alors pourquoi elle et pas une autre? La vie était si drôlement faite. Elle aurait tout simplement pu ne jamais rencontrer le guérisseur, elle aurait pu ne jamais le connaître. Pourtant, la vie en avait fait autrement.

    « Je vois le genre... Ce n’est pas très bon pour ta réputation, tout ça. » dit-elle, sur le ton de la plaisanterie – autant que sa voix puisse l’être après avoir autant pleurée. Moonshine avait pourtant devinée que ce qui embêtait Thybalt, ce n’était pas vraiment sa réputation à lui, mais le fait que la jeune femme revienne dans plusieurs conversations le concernant. Ce n’était pas ce qu’il y avait de meilleur pour elle, il fallait qu’elle lui accorde cela. Il ajouta ensuite : « Les pacificateurs m’ont déjà pas à la bonne, j’ai pas envie que t’ai des ennuis à cause de moi. Et pour l’instant c’est ce qui arrivera, si tu reviens ici. » Le silence retomba dans la maison à la suite de cette phrase. Lorsqu’il l’attira contre lui, la serrant dans ses bras, elle se recroquevilla et posa sa tête contre le torse du jeune homme.


Elle aimait le sentir près de lui, elle aimait cette impression de sécurité qu’elle avait dans ces moments là. Cette impression qu’il n’y avec qu’eux deux, qu’ils étaient dans un havre de paix, de bonheur. Que les problèmes ne pouvaient pas les atteindre. Il fallait bien que ces bêtes noires les rattrapes un jour ou l’autre, qu’ils viennent affecter cette relation qu’ils entretenaient. Relation qui était peut-être bien stupide, au final, mais qui rendait Moon tellement différente. Plus vrai, plus heureuse. Et ça, elle le devait à Thybalt, parce qu’au fil du temps qu’ils passaient ensemble, il la changeait. Pour cela, elle lui en serrait toujours reconnaissante. Restait à voir si elle serait capable d’appliquer les mêmes choses face à ses parents, ce qui, elle le savait, n’allait pas être du gâteau, ni une partie de plaisir. Elle n’avait qu’à se remémorer la fois où elle avait arrêté ses études pour travailler dans une bijouterie : Elle avait crut que ses parents allaient mourir de crises cardiaques tellement ils étaient sous le choc et en colère. Cette pensée fit sourire un peu plus la coréenne, qui restait silencieuse, pianotant avec ses doigts sur le dessus de la main du rebelle. Néanmoins, elle finit par reprendre la parole après ces quelques minutes de silence.

    « Je suis désolée. » Elle était sincèrement désolée pour la réaction qu’elle avait eue plus tôt. Pour avoir sous entendu qu’il était un hypocrite. Pour lui avoir compliqué la tâche, tout à l’heure. Pour avoir autant pleuré. Et la liste s’allongeait encore. Elle était désolée pour tout cela, mais aussi pour le fait que Thybalt perdait sa maison. Elle était sérieusement inquiète pour lui, aussi, parce qu’il allait se retrouver dans des situations, pour le moins, dangereuses. « Ça ne doit pas être facile, ce que tu vis, moi qui viens compliquer tout cela en pleurant et en me plaignant comme une gamine, c’est pas super… » Relevant un peu la tête, Moonshine croisa le regard de l’homme et lui offrit un petit sourire teinté de tristesse. Elle soupira et reposa sa tête contre le torse de Thybalt, ne sachant pas quoi ajouter de plus à cette excuse.


La jeune femme se sentait réellement mal et elle espérait qu’il comprendrait que tout cela, c’était à cause de l’émotion. Et, même si elle affichait un léger sourire et que les larmes avaient cessées de couler le long de ses joues, elle restait quand même triste rien qu’à l’idée de ne plus pouvoir revenir ici. Il allait peut-être finir par ne plus vraiment penser à elle, trop occuper à vaquer à ses occupations, à l’oublier, parce qu’elle n’était pas aussi marquante qu’elle aurait voulu l’être. Elle était triste parce qu’elle n’aurait plus d’endroit où être elle-même, où elle pourrait s’isoler de ses parents qui croyaient encore pouvoir décider de son avenir. En fait, elle sentait son cœur se serrer seulement à l’idée de ne plus voir autant Thybalt. Terminé, les baisers volés entre deux éclats de rire, les discussions sans prises de têtes, les nuits où elle arrivait à dormir. Elle allait être seule. C’est ce qu’elle redoutait le plus. Ça et le fait qu’il y avait des risques qu’elle ne puisse plus jamais le revoir. Rien qu’à cette pensée, elle se lova un peu plus contre lui, autant qu’elle le pouvait.

    « Tu vas me manquer… » Su-t-elle dire doucement, une pointe de tristesse dans la voix. Jamais elle n'aurait cru s'attacher autant à lui, au tout début. Jamais elle ne s'était fait d'attentes face au jeune homme, ayant toujours cru qu'il allait à un moment se lacer d'elle, parce que, dans sa tête, c'était inévitable qu'il se désintéresse rapidement d'elle. Pourtant, elle était encore là aujourd'hui, chez lui. Il l'avait toujours accueillit lorsqu'elle passait innocemment – ou pas – chez lui pour demander l’hospitalité. Ce n'était pas pour éviter de dormir à cette petite auberge qu'elle finissait par dormir chez Thybalt, c'était pour le voir, passer du temps avec lui.




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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Dim 24 Fév - 2:42

A vivre dans un monde tel que Panem, on en venait à se demander si l’homme était réellement bon par nature, ou bien si cette croyance n’était finalement rien d’autre que de la foutaise pure et simple. C’était une croyance à laquelle le père de Thybalt avait toujours adhéré jusqu’à sa mort, même après sa participation aux Hunger Games … surtout après sa participation, peut-être même. On pouvait penser cela étrange, de raisonner ainsi après avoir vécu les atrocités de l’arènes – des atrocités dont jamais Magnus n’avait parlé avec Thybalt, qui lui ne se serait jamais permis de poser la moindre question à ce sujet à son père – mais en définitive le vainqueur avait toujours été persuadé qu’avant d’être jetés en pâture pour le plaisir des adeptes de ce jeu morbide lui et ses co-tributs étaient tous faits de la même manière, et que la seule chose qui différenciait un tribut d’un autre, un homme d’un autre, c’était son instinct de survie, et sa chance. On ne survivait jamais longtemps sans un minimum de chance, cela valait pour les jeux mais cela valait aussi pour la vie, et Thybalt en était lui-même une preuve vivante … s’il n’avait pas eu la chance d’être trouvé par Magnus ce soir-là, s’il avait passé une nuit de plus dans cette forêt sans doute serait-il mort de froid, de faim ou de soif ; La chance lui avait sauvé la peau ce soir-là, et tout au fond de lui, dans un coin de sa tête, le jeune homme ne l’avait jamais oublié. Il y avait un bon fond chez certaines personnes pensait donc Thybalt, mais contrairement à son père il commençait à penser que cette vérité n’était pas bonne pour tout le monde et que comme dans chaque chose il y avait des exceptions. Ce pays serait-il ce qu’il était aujourd’hui s’il y avait un bon fond en chacun ? Inventer et faire perdurer les Hunger Games année après année, décennie après décennie n’était assurément pas une preuve de bonté ou de bienveillance, tout comme la cruauté parfois gratuite de pacificateurs dont l’uniforme leur conférait un sentiment de puissance qu’ils ne savaient pas exprimer autrement qu’en opprimant une population qui souffrait déjà bien assez.
Dans une époque telle que celle-ci la candeur naturelle de Moonshine détonnait donc forcément, comme si elle avait été épargnée par tout ce qu'il y avait de mauvais et de regrettable autour d'elle. Elle n'avait sans doute jamais souffert de la faim ou du froid, comme certains dans d'autres districts, et si Thybalt n'avait jamais mis les pieds au district un il était persuadé que les pacificateurs là-bas étaient bien moins injustes envers la population dont ils avaient la charge. Mais elle avait vécu les Hunger Games comme n'importe quel enfant de Panem, elle avait sans doute fermé les yeux et prié de toutes ses forces au moment du tirage au sort, pour ne pas entendre son nom prononcé devant l'assemblée, elle avait dû regarder ceux qui n'avaient pas eu sa chance mourir ou devenir des assassins, elle avait vu comme chaque autre habitant de Panem à quel point la générosité n'était qu'une façade et comme dans ces derniers retranchement l'homme n'était rien de plus qu'un animal, prêt à se battre pour sa survie plus que pour n'importe quoi d'autre y compris ses principes et sa dignité. Et pourtant elle semblait toujours posséder cette innocence que certains perdaient avant même d'avoir atteint la fin de l'adolescence … ou bien n'était-ce qu'une façade ? Parfois la jeune femme semblait tellement tout garder pour elle que Thybalt se demandait s'il la connaissait réellement, s'il n'y avait pas encore un gouffre entre ce qu'elle acceptait de dire et ce qu'elle continuait de penser sans l'avouer.

Il y avait toujours eut dans l'esprit de Thybalt deux façons de présenter les choses à Moon, deux manières de lui faire comprendre qu'elle ne pourrait plus, qu'elle ne devrait plus revenir ici ; Il n'irait jamais jusqu'à lui demander de ne plus sortir de son district, tant elle semblait y étouffer, mais pourtant c'était secrètement ce qu'il espérait, qu'elle finisse par comprendre qu'il serait bien plus sûr qu'elle ne quitte plus le un. Il y avait la manière douce et la manière forte, il y avait lui demander de ne pas revenir et la pousser, la forcer à le faire, il y avait lui manquer ou se faire détester … Il y avait espérer la revoir ou non. Il n'avait pas voulu lui faire du mal avait-il dit, et comme si elle n'en avait jamais douté un seul instant elle avait seulement répondu « Je sais. » comme si la chose coulait de source … sans s'imaginer un instant qu'il aurait pu en être bien autrement. Thybalt était de ces personnes qui, bien que craignant la solitude et ses méfaits, sentait la panique le gagner dès qu'il avait la sensation d'être trop impliqué dans une relation, fusse-t-elle amicale ou sentimentale ; Il ne se sentait pas les épaules pour ce genre de choses, pas la fiabilité nécessaire, et en définitive sa proximité avec Moon avait fini par l'effrayer, lui donner l'illusion d'une responsabilité dont il ne voulait pas. Je ne veux plus que tu vienne, voilà ce qu'il avait prévu de lui dire avant de la voir débarquer devant sa porte, pas il ne faut plus, mais JE ne veux plus, pas de c'est trop dangereux, juste la froideur de son ton si elle avait tenté de protester et qu'il avait simplement répondu qu'il ne voulait plus la voir, jamais. Mais il n'avait pas pu. Lorsqu'elle avait frappé à sa porte et qu'il l'avait vu là, un sourire sur les lèvres, il avait compris que jamais il n'aurait assez de cran pour se résoudre non pas à la voir partir, mais à savoir qu'elle ne reviendrait jamais. Il avait besoin de ce petit espoir, de savoir qu'une fois cette étincelle de rébellion éteinte elle reviendrait, peut-être, et qu'il ne se condamnait pas définitivement à la solitude et au fait de savoir que depuis chez elle, au district un, elle le maudirait.
Il se sentait tellement égoïste finalement, il s'était décidé à faire en sorte que plus jamais elle ne revienne ici et ne prenne le moindre petit risque par sa faute, et finalement c'était pratiquement lui qui lui demandait de revenir, quand tout cela serait terminé. C'était ne penser qu'à lui que de lui demander une telle chose, c'était faire passer sa terreur de la solitude et son besoin à lui avant sa sécurité à elle, et c'était des plus égoïstes, tout simplement. Tu devrais avoir honte de toi, voilà ce qu'il se répétait intérieurement et avec amertume tandis que sa main glissait dans celle de la jeune femme et que leurs doigts s'entrelaçaient.

    « Tu sais que je vais vouloir revenir … Quand tout sera terminé … » Quand tout serait terminé. Personne et certainement pas eux ne savait réellement ce que signifiait cette phrase, et quant au juste « tout serait terminé » … Dans quinze jours ? Trois mois ? Un an … La révolte, la vraie, celle dont certains rêvaient depuis toujours ou presque, Thybalt lui n'y avait jamais vraiment cru, et sa raison lui faisait dire que sans doute ces débordements dans les districts les plus pauvres serait une fin en soi, quelque chose qui n'auraient de conséquences que là-bas. Mais au fond, tout au fond, une toute petite partie de lui ne pouvait s'empêcher de se demander … Et si ? « Je serais encore là, fidèle au poste. Je vois pas où j'irais, de toute façon. » Avait-il pourtant répondu d'un ton presque désinvolte, comme pour tenter de se persuader que parce qu'il le disait les choses ne pourraient pas changer. D'ailleurs il en était persuadé, la révolte ne changerait pas grand-chose pour lui pour le rebelle de quatre sous qu'il était. « Et puis, faudra bien que tu vienne me rendre ça. » ajouta-t-il finalement en désignant du menton le chandail qu'elle lui avait emprunté avant de rejoindre la cuisine. « Même si je te l'accorde, il te va beaucoup mieux qu'à moi. »

N'importe qui ayant appris, avec un peu de temps et d'attention, à connaître Thybalt saurait que plaisanter était sa manière à lui de prendre de la distance avec les situations qui le mettaient mal à l'aise ; Il n'était peut-être pas le plus fort, ou le plus futé, mais il avait su faire de la plaisanterie sa meilleure arme, comme si faire le pitre était sa façon à lui de se tirer des situations trop sérieuses. Comme si plaisanter sur quelque chose qu'aussi banal qu'un tee-shirt pouvait faire oublier que seule l'issue de la révolte dirait si oui ou non ils se reverraient un jour, comme si les messes basses insensées d'un vieux patron de bar pouvaient effacer la dangerosité du fait que Moon soit associée à Thybalt presque automatique dans certaines conversations. Au fond il le savait, que c’était aussi un signe qu’il s’était laissé dépasser par sa relation avec la jeune femme, que sans s’en apercevoir – ou plutôt sans trop faire d’efforts pour le voir – il s’y était attaché bien plus qu’il ne se le serait permis au début … mais comment revenir en arrière, maintenant ? Il ne pouvait plus faire semblant, il avait dépassé voilà un certain temps maintenant le stade où il pourrait la regarder quitter sa maison et simplement se dire que toutes les bonnes choses avaient une fin, puis tourner la page la seconde suivante. Plus le temps passait plus il avait du mal à rester impassible lorsqu’elle devait repartir … qu’avait-elle fait de lui ?

    « Je vois le genre … Ce n’est pas très bon pour ta réputation, tout ça. » avait-elle finalement répondu en s’essayant à son tour à la plaisanterie. Elle parvint même à lui arracher un début d’éclat de rire, et un sourire sincère tandis qu’il passait un bras autour de ses épaules. « Au point où en est ma réputation maintenant de toute manière. » avait-il finalement répondu sur le même ton avant de baisser les yeux vers elle. Ils auraient pu rester là un moment, en fin de compte, et ne rien dire, ne rien faire, juste à se regarder, juste à essayer de se persuader que la discussion qu’ils avaient entamé n’était pas en train de tout changer … Thybalt n’aimait pas le changement, avoir des habitudes le rassurait, avoir des personnes sur qui comptait sans doute aussi, malgré lui. « Je suis désolée. » avait pourtant ajouté la jeune femme après de longues minutes où lui n’avait rien osé, rien su dire d’autre. Désolée ? Pourquoi était-elle désolée, c’était lui après tout qui la chassait en quelque sorte de cette maison, qui lui imposait un choix dont elle ne voulait visiblement pas. C’était lui qui était désolé, au fond, même si les mots n’avaient pas réussi à cet instant à passer la barrière de ses lèvres. « Ça ne doit pas être facile, ce que tu vis, moi qui viens compliquer tout cela en pleurant et en me plaignant comme une gamine, c’est pas super … » C’était donc cela ? Elle s’excusait de … de quoi, de ne pas être indifférente à tout cela, d’avoir autant de peine que lui-même si l’un et l’autre ne l’exprimaient pas de la même manière et ne se comprenaient pas toujours forcément ? S’excuser de ne pas être indifférente, c’était bien du Moon tout craché au fond. « Dis pas de bêtise. » avait finalement répondu le médecin tout en déposant un baiser sur le front de la jeune femme « J’aurais pu attendre que tu repartes pour t’en parler, s’il s’agissait de ça … faut croire que j’ai pas réussi à te mentir plus longtemps, finalement. » C’était une bien étrange façon d’admettre le fait n’avait simplement pas pu se résoudre à une journée de plus à la regarder dans les yeux, sans être sincère à propos de ce qui le tracassait la concernant, au fait que ne pas tout lui dire lui donnait l’impression de profiter d’elle injustement et le faisait culpabiliser … Mais Thybat n’était pas doué avec les mots, une fois encore. Raison enfin pour laquelle lorsqu’elle avait finalement murmuré « Tu vas me manquer … » d’une toute petite voix il n’avait pas su quoi répondre, et décidé une fois encore qu’un geste pouvait remplacer mille mots.

Elle aussi allait lui manquer, lui non plus n’avait pas envie qu’elle s’en aille, et c’était tout ce que disait ce baiser déposé sur les lèvres de la jeune femme. Pas de ces baisers qu’on qualifierait simplement de mignons, mais de ceux auxquels on ne réfléchissait pas mais dont on ne réussissait plus à se défaire, et Thybalt ne semblait plus vouloir, ou pouvoir, se défaire des lèvres de la jeune femme cette fois-ci. De ses épaules la main du médecin avait glissé le long du dos de Moon jusqu’à sa taille, et lorsque finalement leurs lèvres s’étaient séparées ce ne fut que pour rester si près qu’elles pouvaient presque se frôler, et qu’entre son souffle et celui de Moon Thybalt n’aurait pas su faire la différence. Il aurait voulu avoir quelque chose à dire, quelque chose de censé, quelque chose d’intelligent … mais non, rien à faire, les mots voguaient dans son esprit sans réussir à former une phrase et les sons ne semblaient pas pouvoir sortir de sa bouche. Un baiser, juste un autre baiser, voilà tout ce qu’il se sentait en mesure d’espérer tout en pensant au fait que bientôt il n’aurait plus que des souvenirs, et sa solitude. Cette foutue solitude.



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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Sam 2 Mar - 9:25

Son petit coeur se serrait dans sa poitrine à chaque respiration, comme s’il menaçait d’éclater à tout moment, comme s’il menaçait de lâcher prise alors que son cerveau analysait l’information. Lorsque tu partiras, ce sera la dernière fois que tu verras cette maison. Ce sera la dernière fois – ou peut-être pas, mais elle n’osait pas se faire de faux espoirs – que tu verras le sourire de cet homme qui te rends si forte, si intègre. Ce sera la dernière fois que tu remettras les pieds au District 5, que tu déambuleras dans les rues de cet air distrait et enfantin qui t’accompagnes toujours. Ces pensées, qui vagabondaient dans son esprit lourd, ne faisaient que la rendre plus à fleur de peau. Elle n’avait jamais été fataliste, étant du genre à toujours voir le point positif des choses, mais, en ce moment, elle n’arrivait pas vraiment à trouver ce qu’il y avait de réellement bien dans cette situation : d’un côté, elle devait retourner chez elle et renoncer à remettre les pieds au cinq et, par la même occasion, de voir Thybalt, alors que de l’autre, une fois au District un, elle n’aurait plus de crainte réelle quant à sa sécurité à elle. Le problème, c’était que pour l’instant, sa sécurité ne lui avait même pas effleurée l’esprit. La brunette s'inquiétait bien plus pour le rebelle que pour elle. Elle se prenait à imaginer le pire quant au sort du guérisseur et, franchement, elle peur pour lui. La jeune femme avait aussi cette peur de, peut-être, ne plus jamais le voir, peur qui grandissait de secondes en secondes. Que faire, dans ce genre de situations, où l’on est totalement impuissante? Ses parents lui auraient dit de garder la tête haute, de ne pas pleurer et de simplement accepter de suivre les ordres qu’on lui avait donnée. S’ils avaient vu dans quelle situation elle était à ce moment, elle était sûre qu’ils auraient eux honte de leur fille. Le premier réflexe de Moon était de se maudire de réagir de la sorte, le second, qui allait probablement venir plus tard, allait être les excuses expliquant sa réaction. Réaction qui était, quand on y pensait bien, pourtant, tout à fait normal pour une personne dans sa situation. Pourquoi se retenir de pleurer lorsque la seule personne qui vous rend meilleure vous annonce que vous ne pouvez plus revenir la voir? Quand cette personne représente une bouée sur laquelle s’accrocher et que si elle disparait, vous ne pouvez que vous laisser sombrer dans l’eau noire et trouble qu’est la vie? Pourquoi se sentait-elle mal de réagir de la sorte? Bien sûr, à cause de ce qu’elle était : petite fille fragile qui ne voulait causer de mal et de soucis à personne. C’était cette mentalité qui lui collait à la peau et qui refusait de s’estomper avec le temps, résultat du modelage de ses parents. Au risque de toujours se répéter, encore et encore, il n’y avait qu’un endroit où elle se sentait bien, et cet endroit, c’était ici, seule avec Thybalt. En fait, non. Il n’y avait pas d’endroit où elle se laissait complètement aller, où elle laissait lentement la Moonshine du District un, docile et sans propre avis, de côté. Ce n’était pas un endroit, c’était une personne. Cet homme avec qui elle avait cette discussion. C’est pourquoi elle avait répondu par l’affirmation quand il lui avait dit qu’elle pourrait revenir, si elle le désirait, lorsque « tout cela serait terminé ». Elle voulait le revoir, parce qu’il n’y avait qu’avec lui qu’elle se sentait libre, même si être libre dans un monde comme celui-ci tenait plus du rêve que de la réalité, autant pour les districts les plus riches que les plus pauvres, sans pour autant être au même degré d’intensité.

    « Je serais encore là, fidèle au poste. Je vois pas où j'irais, de toute façon. » Parce qu’il pourrait peut-être ne jamais revenir ici, parce qu’elle n’aurait peut-être même plus la chance de le revoir. Parce que c’était elle, qui aurait du dire ces mots qui avaient l’air quelques peu optimiste malgré le ton de la voix du jeune homme lorsqu’il avait parlé. Elle ne pu que lui offrir un sourire ampli de tristesse, sans pour autant verser une larme. Elle ne devait plus pleurer. Non. « Et puis, faudra bien que tu vienne me rendre ça. » Le regard de la jeune femme se baissa vers le chandail qu’elle avait rapidement enfilé en sortant du lit et une pointe de joie vint enjoliver ce triste sourire qui étirait ses lèvres. Une petite blague par-ci par-là, innocemment. Elle savait pourtant que Thybalt ne faisait que prendre un peu plus de distance avec cette conversation qu’ils avaient toujours. La jeune femme ne lui en voulait pas ; Elle aurait fait la même chose, de façon plus maladroite, cela dit. « Ah! parce que tu vas me laisser partir avec ce chandail? » Tirant sur le vêtement en coton qui la recouvrait légèrement, elle arqua un sourcil quand le rebelle reprit la parole : « Même si je te l'accorde, il te va beaucoup mieux qu'à moi. » Moonshine fit une petite moue, de celles qui arrivaient à la rendre si attachante, avant de planter délicatement le bout de son doigt dans les côtes du jeune homme ; Elle ne savait pas comment réagir face à ce compliment et tout ce qu’elle était arrivée à faire était une action plus que banale. Elle croisa tout de même le regard bleuté de Thybalt lorsqu’elle voulut le remercier. « Merci, je prévoyais justement partir avec un de tes chandails chaque fois que je partirais, pour me faire une petite collection. Mais… » Baissant le regard, elle ne termina pas sa phrase. De toute façon, la fin était prévisible : Plus de visites, plus de Thybalt. Qu’un seul chandail avec son odeur, qu’un sachet d’aneth pour se souvenir de lui durant les mois – ou les années? – à venir.


Elle ne savait pas comment elle allait gérer tout cela. La preuve, c’était que même cette situation, elle ne la gérait pas très bien. Comme si chaque chose lui faisait rappeler que lorsqu’elle partirait, elle serait seule. Seule pour affronter la vie de tous les jours, les insomnies, le travail, ses parents. Comme si elle retournait à la case départ, mais sans argent Monopoly d’accumuler, plus rien, des souvenirs, tout au plus, auquel elle devrait se raccrocher pour ne jamais les oublier. Que ce soit un chandail ou simplement l’écho du rire du guérisseur lui revenant à l’esprit. Ces petites choses qui feraient qu’elle ne l’oublierait pas s’il advenait que lui, il finisse par l’oublier, au fil des mois, des années. Pourquoi envisager la possibilité qu’il ne revienne jamais était aussi horrible? Oui, elle s’était attachée. Quand on s’appelait Moonshine Imogen Park et qu’on tissait des liens avec une personne, on ne les prenaient plus à la légère, qu’ils soient bon ou mauvais. Quand on était Moon, on apprenait à aimer chaque petit détail d’une personne : la façon dont telle personne sourit, son rire, cette fossette qui apparait au coin d’une joue lors d’un sourire échangé, un tic, une manie. Elle avait apprit à connaître Thybalt, sans qu’ils n’aient pour autant partagés des évènements marquants de leurs vies, et elle aimait chaque défaut et qualité du rebelle. Elle l’appréciait, c’était un fait. Mais c’était si peu pour décrire tout ce qu’il arrivait à créer comme sentiments chez elle. Si peu, malgré le fait qu’elle ne puisse mettre réellement la main sur le mot qui décrirait parfaitement comment elle se sentait face à lui. Si jamais elle le trouvait, elle le garderait pour elle. Parce qu’elle n’oserait le dire. Jamais. Parce qu’elle risquerait. Tout simplement. Risquer, chose qu’elle ne faisait jamais, si on ne comptait pas les multitudes de fois où elle avait souvent risquée de tomber en grimpant dans les arbres parfois si hauts du District un. Elle avait peur. Elle préférait rester dans cette zone de confort, car elle se disait sans cesse qu’elle ne valait pas mieux que ce qu’elle était déjà, qu’elle ne pourrait rien accomplir de plus dans la vie que ce qu’elle faisait déjà.

Jouant avec les doigts du jeune homme, Moon avait écouté attentivement ce qu’il avait dit à propos d’elle, du vieillard au bar qui avait entendu parler d’elle. Il avait évoqué, sans le dire tout haut, le fait qu’il n’appréciait pas spécialement qu’elle revienne dans les conversations des gens. Qu’on parle autant d’elle, parce qu’elle se tenait avec lui. Elle avait quand même voulu dédramatiser la chose en jouant elle aussi sur la carte de l’humour, annonçant d’un ton de voix se voulant plus rieur que cela n’était pas bon pour sa réputation. Car, en effet, s’il s’inquiétait du fait qu’elle soit associée à lui, c’était à cause de ce que les autres pensaient de lui. Une réputation, rien de pire pour quelqu’un. Moonshine parvint tout de même à faire rire Thybalt, ce qui fit apparaître un sourire sur son visage triste.

    « Au point où en est ma réputation maintenant de toute manière. » Elle se blottit contre lui alors qu’un léger rire s’échappait de sa bouche. Elle, qui n’avait jamais fait attention à ce que les gens du District cinq racontaient à propos de Thybalt, ne pu qu’hausser ses fines épaules après que le rebelle ai entouré ses épaules de son bras. Fermant les yeux, elle avait tout simplement laissé les secondes passer, pour qu’elles se transforment en minutes, minutes de silence qui persistait entre les deux. Elle ne savait pas quoi dire et, franchement, elle s’était assez plainte pour au moins trois mois. Elle ne voulait pas plomber l’ambiance encore plus, mais elle ressentait ce besoin de s’excuser pour ce qu’elle avait dit ainsi que pour son comportement. Ce qu’elle fit finalement, non sans s’exprimer avec une pointe de regrets dans la voix. « Dis pas de bêtise. » avait finalement ajouté le guérisseur avant de déposer un baiser sur son front. Dire des bêtises? Oui, c’était tout à fait le genre de Moon, alors elle ne fut aucunement vexée qu’il dise cela. À elle seule, elle pouvait être une bêtise. Comme leur relation? Non. Enfin, pas de son avis. « J’aurais pu attendre que tu repartes pour t’en parler, s’il s’agissait de ça … faut croire que j’ai pas réussi à te mentir plus longtemps, finalement. » C’est vrai. Il avait préféré lui dire la vérité quelques temps avant qu’elle ne parte et c’était probablement mieux ainsi. Elle n’aurait pas supporté qu’il lui annonce juste avant son départ. Elle aurait été encore plus dévastée qu’en ce moment, les larmes n’auraient pas pu s’arrêter de couler d’elles-mêmes aussi facilement que maintenant. Il tenait assez à elle pour avoir été incapable de lui mentir. C’était quelque chose qui la faisait sentir spéciale. Il la rendait spéciale. « Tu as raison... »


Sans trouver quoi dire de plus intelligeant suite à ces paroles, elle n’avait glissé qu’un « tu vas me manquer…» Il ne répondit alors pas avec des mots, mais avec un geste : un baiser. Un baiser différent de ceux auquel elle avait eu droit depuis qu’elle s’était levée pour aller le rejoindre à la cuisine. Un baiser plus fort, plus émotionnel. Le genre dont on ne veut pas se défaire, ce baiser qui nous fait frissonner de passion, qui nous fait vivre une gamme d’émotions si fortes qu’on en frémit nous aussi. Pas besoin de mots. Elle n’arrivait pas à décrire ce mélange d’émotions qui l’habitait à ce moment. Elle en reconnaissait quelques unes : la peur, la tristesse, mais aussi l’envie. Son cœur se serra à nouveau dans sa poitrine, elle s’attendit à ce qu’il explose. Rien. Qu’une larme perlant au coin de son œil alors que, lentement, ils rompaient ce baiser. Ils restèrent près l’un de l’autre, si près que leurs souffles n’en formaient qu’un, qu’ils pouvaient sentir leurs lèvres encore, qui se frôlaient quelques fois. Celles de Moonshine, tremblantes, près de celles de Thybalt. Sans vraiment voir les secondes passer, elle plaqua à nouveau ses lèvres sur les siennes. Deuxième baiser toujours emplit de ces émotions fortes. La jeune femme s’était doucement redressée pour faire face au rebelle, se libérant légèrement de l’étreinte qu’il lui avait fait quelques secondes plus tôt. Ses lèvres contre les siennes, elle ne pu que s’approcher un peu plus du jeune homme, son corps contre le sien, leurs lèvres échangeant encore ce baiser passionné alors que les larmes embuaient à nouveau les yeux noisettes de Moon. Si faible, elle qui s’était jurée de ne plus pleurer. Elle en était pourtant incapable, des sentiments si fort l’ayant submergée. Elle renoua ses petits doigts à ceux de Thybalt et à contrecœur, une question lui brûlant les lèvres, mit fin au baiser. Elle colla son front contre celui du rebelle avant d’embrasser le coin de ses lèvres, ne bougeant pas, voulant rester aussi près de lui qu’elle pourrait.

    « Si jamais la révolte devenait bien plus sérieuse, tu me promets de faire attention, de revenir ici en vie, quoi qu’il arrive? » Question digne de Moon, digne d’une jeune femme s’inquiétant pour quelque chose qui pourrait peut-être ne prendre jamais forme ou simplement s’éteindre au fil des semaines. Mais quelque chose qui, comme le feu, pouvait se propager à une vitesse folle, détruisant tout sur son passage : habitations, végétations, vies animales. Vies humaines. Poussant un petit soupire, elle se mordit la lèvre. « C'est tellement ridicule comme question. » Elle se sentait soudainement ridicule, ridicule comme la question qu'elle avait posée.

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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Mar 12 Mar - 2:55

Le comportement de Thybalt face à la révolte de manière générale ne relevait pas purement et simplement de l’égoïsme, contrairement à ce qu’en pensaient certains rebelles qui le méprisaient. En vérité s’il se servait de son statut pour tenir autant que possible la rébellion hors des frontières de son district c’était avant tout par peur de ce qui adviendrait, par certitude que plonger tête baissée dans une révolution apporterait bien plus de dégâts que de changements positifs. Qu’y avait gagné son père, si ce n’était une vie de mensonges et de solitude qu’il n’avait réussi à combler qu’en adoptant l’enfant trouvé qu’était Thybalt ? Qu’y avait gagné Andy, si ce n’était une mort prématurée là où il aurait pu se contenter d’aimer sa femme et de regarder sa fille grandir … Même si Andy lui, au moins, n’avait pas eu à regarder Luna mourir sur un écran de télévision, il ne l’avait pas entendu hurler à la mort comme un animal qu’on égorge. Et s’il avait été là sans doute aurait-il foncé tête baissée dans la rébellion quand même, en fin de compte … peut-être était-il fait pour cela. Thybalt, lui, ne l’était pas en tout cas, il en était persuadé. Il avait ses propres idéaux, bien entendu, et le Capitole, ses lois, sa répression, ses injustices lui donnaient la nausée autant qu’à d’autres, mais il n’était pas de ceux qui sacrifieraient volontiers leur vie pour leurs idées … A choisir entre être un rebelle de premier plan mort, et un rebelle de seconde zone vivant son choix était fait, et si à certains cela pouvait poser un problème de conscience, à lui pas le moins du monde. Et pour cette raison quand il assurait à Moon qu’il n’avait aucune raison de se trouver ailleurs qu’ici lorsqu’elle reviendrait il le pensait sincèrement, il n’était pas de ces rebelles qui décidaient du jour au lendemain de prendre les armes, de quitter leur district et de rejoindre une colonie ou bien le district treize pour se retrouver avec d’autres gens comme lui ; Il aimait son district, cette maison dont il allait avoir tant de mal à se séparer, ses habitudes et, c’est vrai, son confort. Il avait conscience que le statut de gagnant de son père avait fait de lui un privilégié, que grâce aux économies de Magnus senior il n’avait aucune crainte à avoir pour son avenir, il n’aurait jamais faim, jamais froid, et pourrait continuer à distribuer ce qui pouvait l’être à ceux qui en avaient plus besoin que lui. Il n’était pas un combattant, encore moins un soldat façonné pour se battre plutôt qu’être battu, et il savait que le seul endroit où il se sentirait toujours utile c’était ce district qui l’avait adopté et dans lequel il avait grandi. Ici il était médecin, il était utile, et les gens savaient venir le trouver lorsqu’ils avaient besoin de lui ; En dehors des frontières du cinq Thybalt n’était rien, un grain de sable dans l’océan qu’était Panem, et égoïstement il se sentait bien plus à l’aise là où il se savait utile, et reconnu. C’était aussi pour cela, qu’il espérait sincèrement que ces affrontements au onze et au douze ne mèneraient pas à une guerre, parce qu’il n’était pas préparé au changement, au fait de perdre cette vie dans laquelle son district vivait et s’en sortait, il est vrai, plutôt bien. C’était égoïste pour ces districts où la misère dominait, c’est vrai, mais il y avait bien longtemps que Thybalt comme les autres avait compris qu’à Panem c’était chacun pour soi, et que le mieux que l’on puisse faire c’était de se soucier de ses voisins, mais pas des inconnus qui vivaient à l’autre bout du pays.

Et puis, si guerre il y avait il y avait fort à parier que lui et Moonshine ne se reverraient pas de sitôt, peut-être même ces heures à venir étaient-elles les dernières qu’ils passaient l’un avec l’autre … et qu’il le veuille ou non cette simple pensée lui pinçait le cœur, assez pour qu’il ne cherche par n’importe quel moyen à se persuader que cela ne pouvait pas être vrai, que tôt ou tard il retrouverait la jeune femme sur le pas de sa porte, son sourire enfantin sur le visage, et l’attraperait par la taille pour la serrer dans ses bras, comme il l’avait fait la veille lorsqu’il avait ouvert la porte de sa maison et l’avait trouvée là. C’était de cet espoir un peu naïf que partait sa phrase, bien qu’en réalité le devenir de ce chandail lui importait peu.

    « Ah ! Parce que tu vas me laisser partir avec ce chandail ? » avait simplement répondu la jeune femme en faisant une moue étonnée, avant de tirer machinalement dessus comme pour le remettre comme il fallait. S’il ne s’agissait que d’un vêtement, il devenait tout de suite un symbole de l’espérance sincère du jeune homme quant au fait qu’il ne disait pas adieu à la jeune femme, mais simplement au revoir. C’était tellement déprimant, les adieux. « Merci, je prévoyais justement de partir avec un de tes chandails à chaque fois que je partirais, pour me faire une petite collection. Mais … » Sa phrase finalement était restée en suspens, comme si la terminer n’aurait fait que leur attirer le mauvais sort ; Thybalt n’était pourtant pas du genre superstitieux, mais enfin on ne savait jamais, au fond. « C'est ton alibi dans un sens, si on te demande ce que tu viens faire au cinq tu pourras toujours dire qu'ici on a des chandails merveilleux. » L'air amusé, le rebelle avait remis une mèche de cheveux derrière l'oreille de la jeune femme.

Au fond il ne voulait simplement pas l'avouer à voix haute, qu'elle aussi allait lui manquer. Thybalt n'était pas vraiment le genre à mettre les gens dans des cases, encore moins les relations, et pour cette raison il n'avait jamais pris le temps de se questionner sur la relation qu'il entretenait avec Moon, de ce qu'elle voulait dire, de ce qu'elle impliquait … Il ne réfléchissait pas, jamais, dans l'espoir de ne pas s'attacher, mais sans savoir pourquoi cette fois-ci il n'y était pas parvenu autant qu'il l'aurait souhaité. Il aurait presque voulu y parvenir, ne pas se soucier de la jeune femme assez pour que le fait de la voir partir lui serre le coeur, ne pas s'y attacher assez pour qu'elle soit associée à lui, et que d'un seul coup le simple fait de la connaître la mette en danger. Heidi aurait du lui servir de leçon, voilà ce qu'il s'était dit lorsqu'il avait pris sa décision concernant Moon, mais il était visiblement incapable d'aller contre ce qu'il ressentait. Des femmes il en fréquentait des tas, la plupart l'ennuyaient, certaines l'attendrissaient mais à peine, et puis il y avait Moon et Heidi, comme deux êtres à part, en tous points différentes mais qui l'une et l'autre avaient réveillé chez le jeune homme un sentiment autrement enfoui : celui d'une existence qui n'était pas forcément la succession ennuyeuse de journées qui se ressemblaient tellement qu'on aurait pu les vivre les yeux fermés. Heidi était de ces femmes que l'on admirait en silence et à laquelle on rêvait presque honteusement, pour plusieurs raisons dans le cas de Thybalt. Et Moon, qui donnait la sensation que tout pourrait être tellement plus simple s'il le voulait, s'il se laissait simplement porter sans réfléchir … c'était tentant, tellement tentant, et il n'y aurait pas à se poser de questions si ces rumeurs de révoltes ne mettaient pas les rebelles mais aussi et surtout les pacificateurs à cran. Ce n'était pas le moment de se faire remarquer, et de donner le bâton pour se faire battre … Peut-être même aurait-il dû l'avouer à Moon dès son arrivée, plutôt que de repousser cela au lendemain et de se donner l'impression de profiter d'elle. Mais ça avait été plus fort que lui, il avait voulu repousser ses soucis dans un coin de sa tête, se laisser croire quelques heures de plus qu'il ne laissait rien ni personne lui dicter sa conduite. Et puis finalement, ce matin-là, la culpabilité avait été plus forte, et il avait fini par cracher le morceau. Et plus rien n'allait pouvoir être « comme avant », chose à laquelle il se raccrochait pourtant tant qu'il le pouvait comme s'il s'agissait de sa façon à lui de garder le contrôle de sa vie, qui pourtant paraît à la dérive comme celle de son père avant la sienne.

Il ne l'avouait pas mais c'était la vérité. Elle allait lui manquer. Elle lui manquait peut-être même déjà tandis que ses lèvres accrochaient celles de la jeune femme, que ses mains glissaient le long de sa taille et qu'à nouveau l'envie de ne simplement plus penser à rien devenait une solution d'autant plus tentante qu'elle était impossible. Nouveau baiser, de son initiative à elle ou bien à lui, il ne savait même plus, mais à mesure que Moon s'était rapprochée de lui, qu'il avait laissé ses mains glisser le long de sa taille et senti les battements de son coeur cogner contre son torse, il s'était laissé berné par l'idée que tout cela n'était qu'une question de volonté, qu'il n'était pas obligé de réfléchir s'il n'en avait pas envie, et qu'il pouvait simplement se soucier de ce qu'il ressentait pour la jeune femme et de ce que ses lèvres pressées contre les siennes lui faisaient ressentir. Tout semblait encore simple, à l'exception que les joues de la jeune femme à nouveau étaient humides de larmes, qu'il n'avait pas pris la peine de chasser d'un revers de main cette fois-ci … Au fond il n'avait aucune envie de l'en empêcher, si elle en avait besoin, même si à lui ces larmes lui faisaient mal au coeur. En sentant à nouveau les doigts de Moon attraper les siens il avait resserré sa main, et front contre front ils s'étaient fixés ainsi un moment, avant que la jeune femme enfin ne brise le silence avec une question qui malgré lui avait provoqué chez Thybalt un léger sentiment de panique, ou de peur … ou bien simplement un peu des deux, sans doute.

    « Si jamais la révolte devenait bien plus sérieuse, tu me promets de faire attention, de revenir ici en vie, quoi qu'il arrive ? » Ce n'était pas une simple question, c'était la demande d'une promesse que Thybalt savait être empoisonnée. On ne pouvait pas promettre ce genre de chose, pas si on espérait être quelqu'un qui tenait toujours ses promesses ; Tout cela était trop aléatoire, trop incertain, même pour quelqu'un qui se mouillait d'ordinaire aussi peu que Thybalt le faisait. « C'est tellement ridicule comme question. » avait-elle finalement murmuré tandis que le rebelle tardait à répondre. Comme si elle avait deviné ce qui le perturbait. Décollant légèrement son front de celui de la jeune femme il avait secoué légèrement la tête « Non. C'est tout sauf ridicule. » Il était sincère, il ne trouvait pas cela ridicule, c'était simplement une expression de la triste réalité, d'un désespoir au fait de ne plus être sûr de rien concernant les semaines et les mois à venir. « Je ferais attention. C'est promis. » avait-il finalement murmuré avec un sérieux qu'on ne lui connaissait que rarement. Il avait coupé la poire en deux ; Il doutait de risquer quoi que ce soit mais dans le doute il ne pouvait pas promettre de rester en vie. Pas avec les menaces qui pesaient déjà sur lui à travers Heidi, pas avec la haine que continuait de développer la pacificatrice Moriarty à son égard. Mais il pouvait promettre de faire attention. Au moins. « Et puis, tu sais bien qu'on se débarrasse pas de moi si facilement, on est résistant chez les Homens. » avait-il pourtant ajouté sur le ton de la plaisanterie, son éternelle manie de détendre l'atmosphère pour se libérer de la pression que lui mettait sur les épaules le fait de rester sérieux trop longtemps. « T'inquiètes pas pour moi va. »

S'il avait su, s'il avait pu s'imaginer un seul instant de la situation dans laquelle il se retrouverait quelques mois plus tard, peut-être aurait-il eut l'air moins sûr de lui ; Sans doute. Mais pour l'heure il croyait vraiment à ce q'il disait, à force de vouloir se persuader que ces petites étincelles de rébellions ne seraient jamais rien de bien sérieux il avait fini par s'en convaincre, et si sa haine pour le Capitole n'avait jamais été aussi forte que depuis ce jour où Heavensbee lui avait assuré que Luna était belle et bien morte, il ne souhaitait pas voir le pays le soulever en une guerre qui ne ferait que plus de victimes. Au moins au district un Moon ne risquerait rien, c'était une des autres choses qu'il se répétait pour se rassurer, il n'aurait pas à s'inquiéter pour elle, pas plus qu'il ne le faisait habituellement du moins, et cela serait déjà un poids en moins sur ses épaules.

Malgré lui, ou plutôt sans qu'il ne cherche vraiment à s'en empêcher ses lèvres glissaient à nouveau doucement sur la peau de la jeune femme, ses lèvres, sa joue, son cou … et puis trois coups, frappés vigoureusement à la porte d'entrée, les ramenant brutalement l'un et l'autre à la réalité. Il était encore tôt, trop tôt pour qu'il puisse s'agir d'une visite de courtoisie en tout cas, et dès qu'il avait entendu la voix s'annoncer de l'autre côté de la porte il avait resserré machinalement sa main autour de celle de Moon. « Homens ! Essaye pas de nous avoir cette fois-ci on sait très bien que t'es là ! » Secouant la tête d'un air agacé le rebelle s'était remis debout en même temps que Moonshine, bien qu'avec un peu plus de mal, et sans encore lâcher sa main il avait désigné du menton l'escalier qui menait à l'étage, et à sa chambre, entre autres.

    « Grimpe là-haut. » lui avait-il murmuré aussi discrètement que possible. L'attirant jusqu'aux marches il avait ajouté d'un ton qui n'aimenait pas à la discussion « Tu t'enfermes dans une pièce et tu y restes tant que je suis pas monté te chercher, compris ? » Il n'était pas le genre à donner des ordres, particulièrement pas à Moon, mais le fait était que pour un certain nombre de raisons, certaines plus faciles à deviner que d'autres, il n'avait aucune envie qu'un pacificateur trouve la jeune femme ici. « Allez monte ! » avait-il ajouté pour la pousser à ne pas poser de question, mais en ayant lui-même du mal à lui lâcher la main.

Bien que l'heure matinale l'ait quelque peu surpris Thybalt ne semblait pas entièrement pris au dépourvu quant à l'intrusion dans son domaine des forces de l'ordre, à vrai dire il s'attendait même depuis le début à les voir débarquer ici ce jour là mais il les avait pensé bien trop paresseux pour venir l'importuner aussi tôt, puisque le dicton disait qu'il n'y avait que les gens honnêtes qui se levaient tôt. Il n'en était pas le moins du monde étonné puisqu'il les avait déjà sciemment évité hier, s'absentant une bonne partie de la journée après que des rumeurs de réquisitions au village des vainqueurs aient circulé en ville ; Il s'était simplement fait gagner un peu de temps, une soirée de répis pour avoir le temps de planquer ce dont il ne pouvait pas se permettre de se séparer. Mais les revoilà à la charge, régléx comme des horloges, et tout ce qu'espérait le jeune homme désormais c'était de se débarrasser de ces indésirables rapidement. Mais enfin merde, on le mettait déjà littéralement à la porte de chez lui, ne pouvait-on pas lui foutre la paix pendant les quelques jours qui lui restaient à vivre dans cette fichue baraque ? Etait-ce trop demandé ? Assurément oui.

S'avançant enfin jusqu'à la porte d'entrée, Thybalt avait jeté un dernier coup d'oeil derrière lui pour vérifier que Moon était hors de vue, et enfin il s'était décidé à ouvrir, laissant apparaître son visage un sourire acide et moqueur, trahissant tout le bien qu'il pensait des invidus qui se tenaient sur son perron. « De plus en plus matinaux à ce que je vois, décidément les bonnes manières se perdent. » C'était plus fort que lui. Quelque soit la situation il ne pouvait s'empêcher d'adresser aux représentants de l'ordre les quelques piques acides qu'il se sentait en droit de balancer sans risquer qu'il ne lui en soit tenu rigueur. Grognant une réponse quasi-incompréhensible les deux hommes en uniforme n'avaient pas attendus d'y être invités pour passer le seuil de la porte, et en refermant derrière eux le jeune médecin avait fermé les yeux une seconde, priant presque pour qu'en se montrant plus ou moins docile ces deux balourds déguerpissent rapidement et qu'aucun souci ne soit causé à son invitée clandestine.



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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Dim 17 Mar - 10:26

Il était intéressant de voir qu’un simple vêtement pouvait devenir un symbole d’espérance pour ces deux amants. Comme si partir avec ce chandail trop grand pour elle lui donnerait espoir. C’était vrai, dans un sens. Chaque fois qu’elle y poserait ses yeux, elle penserait à Thybalt. Chaque fois qu’elle le porterait, elle pourrait se souvenir de tous ces moments passés ici. Elle pourrait se souvenir de chaque parole, chaque rire, chaque baiser. Rien qu’avec un vêtement. À cette pensée, Moonshine sentit qu’il pouvait, peut-être, y avoir de l’espoir. Peut-être le reverrait-elle plus rapidement qu’elle ne le pensait. Peut-être allait-il lui revenir en un seul morceau. Lui revenir. Comme s’il n’était rien qu’à elle, que seule elle s’inquiétait pour lui. Foutaise. Il devait bien y avoir une autre femme qui s’inquiéterait pour lui. Il y en avait toujours une. Une plus belle, une plus grande, plus en courbes, plus originale, plus forte. C’était évident. Évident et, pourtant, elle arrivait toujours à oublier cette pensée qui vaguait sans cesse dans sa petite tête. À force, elle s’était fait à l’idée que, peut importe ce qu’elle représentait réellement aux yeux de Thybalt, si elle se sentait bien dans cette relation, elle devait penser à elle et non pas à ce que le guérisseur faisait lorsqu’il ne la voyait pas. Elle n’était pas idiote, elle ne l’avait jamais été. Malgré tout, ce côté candide et ces airs de fillette renvoyaient une image fragile aux gens. Petit arbuste sauvage qui, malgré sa petite taille, résistait aux intempéries de la vie. Parce qu’il le fallait. Parce qu’elle ne pouvait pas se laisser aller. Parce que, bien qu’elle soit humaine, bien qu’elle fasse des efforts pour rentrer dans ce moule de perfection spécial famille Park, elle devait être forte. Parce qu’être un fardeau pour les gens, cela ne l’intéressait pas et, ironie du sort, elle avait cette impression constante qu’elle en était un pour chaque personne qu’elle connaissait. Assurément, personne n’avait envie de réellement s’occuper d’une fille comme elle. Non, ceci était un mensonge. Il y avait des gens qui se préoccupaient d’elle, Thybalt le premier, lorsqu’il lui avait dit qu’elle ne devait plus venir ici. Pas parce qu’elle ne l’intéressait plus, pas parce qu’il s’était lassé d’elle, pas parce qu’elle était une plaie. Parce qu’il ne souhaitait que sa sécurité à elle. Et ça la touchait à un tel point que cela en avait fait perlées des larmes aux coins de ses yeux. Son cœur se serrait à la pensée de ne plus le revoir de sitôt. Il menaçait de céder à la seule pensée qu’elle ne puisse plus jamais le revoir. Qu’il… qu’il meurt. Et si elle n’avait pas voulu laisser cette pensée la bouleverser un peu plus, la voilà qui s’était glissée sournoisement dans sa tête pour ne plus en sortir, jamais, jusqu'au jour où elle le revoit. Ou qu’elle ait des nouvelles e lui, advenant le cas où elle ne puisse plus jamais être à ses côtés, ne serait-ce que pour quelques minutes. Il y avait quelque chose de bien triste dans leur histoire, quelque chose digne d’un roman triste dont les femmes s’arrachent les exemplaires tellement il est populaire et fait rêver les femmes. Mais, honnêtement, qui aimerait être à la place de Moonshine en ce moment? Qui voudrait essayer de gérer ses émotions alors qu’elle passait les dernières heures avec cet homme qu’elle appréciait autant? Qui voudrait ressentir la douleur qui habitait son cœur, la tristesse qui embuait ses yeux de larmes, qui faisait trembler ses mains alors qu’elle serrait celle du jeune homme fortement, comme si elle avait peur qu’il la lâche? Étonnement, personne. Pas même la jeune vendeuse de bijoux.

Elle aurait préféré que la vie puisse être meilleure pour elle, pour lui. Elle aurait pu donner tout son argent, si cela avait pu se faire : Prenez tout, mais laissez-moi mon bonheur. Mais la vie, elle était pas facile. Elle ne l’était jamais vraiment, en réalité. Et si plaisanter sur un chandail pouvait les distraire un peu de ce moment difficile, elle était prête à améliorer son humour boiteux pour faire d’autres blagues nulles qui faisaient pourtant apparaitre un sourire au coin des lèvres de Thybalt.

    « C'est ton alibi dans un sens, si on te demande ce que tu viens faire au cinq tu pourras toujours dire qu'ici on a des chandails merveilleux. » Et des hommes merveilleux aussi, un en particulier. Lui. Mais il ne s’en rendait pas compte et elle décida de le garder pour elle, sachant qu’il affirmerait le contraire. Il ne se jetait jamais de fleurs, il restait très humble de lui, même s’il affichait cet air confiant et défiant au visage lorsqu’il croisait des pacificateurs. Il était quelqu’un qui pouvait faire rire, qui inspirait confiance, qui était vrai, franc. Et ça valait bien plus qu’un simple chandail, mais pour le futur, elle se contenterait bien de ce bout de tissu qui lui rappellerait sans arrêt cet homme bon qu’elle avait rencontré un soir après le couvre-feu permis. Doux hasard. Si l’alibi du chandail pouvait être valable pour tout, cela pourrait l’arranger. Mais non, ils étaient simplement en train de broder autour d’une plaisanterie pour ne pas laisser la triste réalité les rattraper. « Et que je ne peux vivre sans ce confort. Clairement, c’est le meilleur alibi! » Ajouta-t-elle avant de rigoler légèrement, même si à l’intérieur, son cœur se tordait de douleur.


Elle n’avait pas besoin d’ajouter quoi que ce soit. Il avait probablement remarqué que son rire sonnait pratiquement faux. Parce que, quelques minutes avant, elle n’avait pas été capable de terminer sa phrase, de peur de se faire envahir par les émotions, encore une fois. Elle était ce genre de femme, Moon. Sentimentale et affectée par tout, mais qui ne voulait créer de problèmes à personne, qui préférait mettre son bonheur de côté plutôt que de voir quelqu’un le faire à sa place. Il était évident que ni Thybalt ni elle ne voulaient vraiment se dire que c’était peut-être la dernière fois qu’ils se voyaient réellement. Ils préféraient penser qu’un jour, après la révolte, ils pourraient se revoir, tout reprendre d’où ils s’étaient laissés. Qu’elle pourrait revenir le voir le soir, le matin, dans la journée, sans crier gare, car elle serait au district cinq et que de passer du temps avec le rebelle était la meilleure chose qui pourrait lui arriver. Qu’elle pourrait partager un lit avec quelqu’un le soir, qu’elle pourrait soudainement s’endormir, comme si être chez Thybalt chassait pour quelques temps son insomnie. Parce qu’il était un peu sa bouée, elle se demandait ce qu’elle allait faire sans le voir. Elle passerait ses journées dans la bijouterie où elle travaillait, vendant des colliers, des boucles d’oreilles, des bracelets, des bagues. Elle sourirait aux clients puisque c’est de mise. Elle sortirait le grand jeu pour vendre un bijou d’une grande valeur à un couple de futurs mariés ou bien à un vieil homme entretenant son amante. Elle sortirait du travail en ayant à l’esprit sa future nuit blanche et elle rentrerait chez ses parents, parce qu’elle y habiterait peut-être encore – sauf si elle décidait, par un grand miracle, de se botter le cul et de se décider à partir vivre dans un de ces appartements ni trop petits ni trop spacieux un peu plus loin d’où elle habitait en ce moment –. Elle finirait par sortir en douce de chez elle pour se rendre au Bar de Joe pour y passer la majeure partie de la nuit, où elle écrirait, dessinerait, composerait, une tisane devant elle, ignorant les gens autour d’elle. Puis, elle rentrerait le matin, à l’aube, chez elle, se glisser dans son lit pour dormir ne serait-ce qu’une heure ou deux, ou peut-être cinq. Et, sans grande surprise, une autre journée de travail recommencerait. La routine, encore et encore. Voilà ce qui se passerait quand elle allait partir d’ici, laissant derrière elle une maison qui ne lui appartenait pas, mais qui était peuplée de souvenirs à elle ainsi qu’au guérisseur. Même si le tout était prévisible, cela lui faisait peur. Et si, au fil du temps, elle finissait par oublier Thybalt? Si tous ces souvenirs s’estompaient lentement, petit à petit, ne laissant que quelques brides de scènes qu’elle ne pourrait plus différencier. Une peur ridicule, mais qui la tenaillait alors que ses lèvres étaient posées contre celle du rebelle et que les larmes recommençaient à mouiller ses joues. L’émotion, toujours l’émotion.

Lorsqu’elle rompit le baiser, elle prit la parole, lui demandant de lui juger que, quoi qu’il arrive, il lui revienne en vie, indemne. Se trouvant stupide, elle déposa sa main gauche sur la joue du jeune homme, lui offrant un triste sourire. Ce qu’elle lui avait demandé était ridicule et ce n’était pas digne d’une fille aussi intelligente que Moonshine. Malheureusement, ses sentiments prenaient le dessus de la raison en ce moment. Ayant réalisé le ridicule de la chose, elle s’excusa indirectement, mettant l’emphase sur la stupidité de sa demande. Alors que le guérisseur décollait légèrement son front de celui de Moon, celle-ci ne pu que baisser le regard. Sa main était toujours sur la joue de l’homme, son pouce bougeant quelque peu pour la flatter, en un geste affectif, doux.

    « Non. C'est tout sauf ridicule. » Elle releva la tête, croisant les yeux bleus de Thybalt. Il semblait sincère, ce qui soulagea la jeune femme, qui avait eu peur d’avoir compliqué les choses. « Je ferais attention. C'est promis. » Il avait murmuré ces paroles, mais le sérieux avec lequel ces mots avaient été dit surprit la brunette. Il était tellement rare de voir le rebelle sérieux de la sorte. Ne sachant trop quoi dire, elle ne fit que déposer un rapide baiser sur ses lèvres, comme si cela voulait dire « Je te crois. » Un léger sentiment de soulagement fit apparition dans son cœur et elle se détendit un peu. « Et puis, tu sais bien qu'on se débarrasse pas de moi si facilement, on est résistant chez les Homens. » Encore ce ton de plaisanterie, qui ne la dérangeait pas. Il fallait bien alléger un peu la situation, pour qu’ils profitent de ces derniers moments ensemble pleinement, sans se soucier de quand elle devrait partir. « Ça oui, vous l’êtes. Sois en fier! » Un sourire offert au jeune homme ponctua la fin de sa phrase plus joyeuse que les précédentes. « T'inquiètes pas pour moi va. » Toujours ce même sourire qu’elle affichait au visage, une étrange légèreté mélangée à la lourdeur qu’elle ressentait sur ses fines épaules suite à cette discussion pesante, lourde. « Je compte sur toi, Homens. » Le ton de sa voix fut faussement autoritaire, comme s’il concluait cette discussion.


Et sans vraiment s’en rendre compte, leurs lèvres finirent par se retrouver encore une fois. Des baisers que Thybalt vint voler sur ses lèvres, sur ses joues, sur son cou, pour la faire frissonner, pour l’achever. Parce qu’il lui faisait toujours le même effet après toutes ces fois. Parce qu’il arrivait à la faire fondre. Et si le moment était parfait, il fallait bien que quelque chose le brise. Trois coups frappés vigoureusement à la porte d’entré qui les ramenèrent soudainement à cette réalité qu’ils avaient fuit quelques secondes plus tôt. « Homens ! Essaye pas de nous avoir cette fois-ci on sait très bien que t'es là ! » Cette voix si autoritaire fit sursauter Moonshine et sentant la main du jeune homme serrer la sienne, elle arriva à garder son calme. Se relevant et aidant le rebelle à se relever par la même occasion, ses yeux étaient posés sur le jeune homme, attendant ses directives. Il était très préférable qu’elle soit cachée lorsque la personne présente sur le pas de la maison entre à l’intérieur. Elle comprit dès qu’il désigna les escaliers de son menton.

    « Grimpe là-haut. » Elle hocha la tête, se laissant entrainer vers les marches, la main du guérisseur toujours dans la sienne. « Tu t'enfermes dans une pièce et tu y restes tant que je suis pas monté te chercher, compris ? » Encore un hochement de tête. « D’accord. » Moon l’avait pratiquement murmuré et c’était mieux ainsi. Discrétion cent-un. « Allez monte ! » Se mordant la lèvre, elle dut lâcher la main chaude de Thybalt, non sans avoir de la difficulté à y parvenir.


Ce fut la première fois qu’elle monta des escaliers aussi rapidement. Sans se retourner, comme une grande. Arrivée au deuxième, elle dut choisir une pièce dans laquelle se cacher jusqu’à ce qu’il vienne la chercher. Et l’idée de défier les ordres de l’homme ne pouvait même pas lui effleurer l’esprit. Parce que Moonshine, au fond d’elle-même, elle le savait très bien, c’était une trouillarde, une véritable peureuse. Voyant la porte de la chambre ouverte, elle se glissa donc dans la pièce en refermant derrière elle. Sans vraiment trop savoir ce qu’elle faisait, elle repéra un espace assez grand pour elle entre une grande étagère massive et le mur. Assez grand pour qu’elle puisse s’y réfugier, se recroqueviller, poser sa tête contre le mur et ronger ses ongles pour faire passer le stress qui montait en elle à mesure que les secondes passaient. D’en haut, elle pouvait entendre quelques brides de conversations, mais rien de bien distinct, rien pour qu’elle puisse savoir quel était le sujet de cette visite plus que matinale. Et bien que les rayons chauds du soleil aient réchauffé la pièce, elle avait terriblement froid sans Thybalt à ses côtés.

□ □ □


Elle crut entendre la porte d’entré se refermer violemment alors que le silence revenait dans la grande maison. Des pas sourds se faisant entendre dans les escaliers, puis dans le couloir. On frappa à la porte de la chambre et Moon, restant toujours dans son semblant de cachette, leva la tête. « Thybalt ? » Elle osait espérer que ce soit lui, mais, pourquoi ne le serait-ce pas? Entendant la voix du jeune homme lui parvenir de derrière la porte, elle fut soulagée. Quelques secondes plus tard, la porte s’ouvrait et il entrait dans la pièce. Moonshine, sans bouger, attendit qu’il reprenne la parole.

    « Qui c’était ? » Elle n’aimait pas poser des questions comme cela au guérisseur, de peur qu’il ne pense qu’elle voulait tout savoir de sa vie. Malgré tout, elle avait été témoin de cet évènement et elle croyait bon pour elle de connaître le ou les visiteurs surprises et matinaux qui étaient venus frapper à sa porte. « Des pacificateurs ? » Ajouta-t-elle d’une petite voix. Elle avançait une hypothèse, à Thybalt de la confirmer ou pas, s’il le désirait. Après tout, s’il préférait ne pas en parler à la jeune femme, elle comprendrait.


Voudrait-il qu’elle parte maintenant? Voudrait-il qu’elle regroupe ses quelques effets personnels et qu’elle quitte cette maison comme cela? Peut-être. Elle se préparait mentalement à ce qu’il lui annonce une mauvaise nouvelle. Elle aimait mieux s’attendre au pire peut importe les circonstances. Comme ça, s’il s’avérait que c’était une bonne nouvelle, elle avait de quoi se réjouir. Elle détestait les faux espoirs pour en avoir eu beaucoup dans sa jeunesse. Pourquoi s’en créer maintenant? Elle préférait avoir peur de partir dans l’heure qui allait suivre plutôt que de se faire à l’idée qu’elle pourrait rester encore quelques temps ici.



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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Ven 22 Mar - 23:56

Il le regretterait peut-être, sans doute même. Il regretterait, un jour ou l'autre, de s'être laissé entraîné dans cette histoire, dans cette relation qui, il en était persuadé, ne pourrait pas se terminer autrement que mal. Pas forcément mal dans le tragique du terme, mais mal parce que cela ne durerait pas, parce que cela n'avait jamais été conçue pour durer. Thybalt n'était pas fait pour la stabilité, au fond de lui sans doute savait-il même que s'il idéalisait autant Heidi et les sentiments qu'il avait pour elle c'était parce qu'il savait aussi qu'il n'avait aucune chance de voir les choses changer un jour, qu'Heidi resterait toujours quelque chose d'inaccessible, et même si tant de frustration faisait forcément mal cela en faisait moins que de devoir se remettre en question, et prendre ses responsabilités quant à ce qu'il ressentait et ce qu'il était ou non capable de donner à quelqu'un. Avec Moonshine les choses étaient bien plus claires, et par conséquent bien plus compliquées, aussi. Compliquées parce que Thybalt ne pouvait plus ici se cacher derrière des excuses et des principes comme il le faisait avec Heidi. Si sa route avait croisée celle de Moon en premier lieu c'était un peu parce qu'il l'avait voulu, parce qu'à la voir déambuler ainsi en pleine rue à une heure pareille il n'avait pas eut le coeur à la laisser goûter aux réprimandes des pacificateurs concernant son ignorance du couvre-feu, et si elle était revenue ensuite, c'était aussi parce qu'il l'avait voulu. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même de s'être attaché à elle, et de lui avoir laissé croire surtout qu'elle ne perdait pas son temps en venant ici. Si elle ne l'avait pas encore compris lui oui, et sans doute ceux qui jasaient dans leur dos aussi. Que faisait cette « jolie gamine » avec un guignol comme Thybalt ? L'histoire de ma vie, aurait répondu Thybalt, à la différence près que si d'ordinaire il se foutait bien de ce qu'en disaient les commères, la chose le gênait beaucoup plus lorsqu'il était question de Moon … Il n'aimait pas entendre son prénom prononcé dans leur bouche méchante et acide, il n'aimait pas qu'on lui rappelle que continuer à venir ici juste pour lui était d'une bêtise sans nom, même s'il était le premier à en avoi conscience. Il n'aimait pas savoir qu'il faisait preuve d'égoïsme à chaque fois qu'il espérait la voir débarquer, à chaque fois qu'elle repartait et qu'une partie de lui avait envie de lui demander si elle ne pouvait pas rester un jour de plus.
Il ne serait jamais responsable, pas comme une femme pouvait l'attendre d'un homme, pas comme on l'attendait de quelqu'un qui en grandissant prenait du plomb dans la tête. Thybalt était coincé depuis bientôt dix ans à l'état du jeune adulte qui n'avait pas encore eut envie de grandir, et qui de ce fait fuyait les responsabilités et tout ce qui exigerait de lui de se montrer raisonnable. Et la vérité c'était qu'il n'avait pas envie de changer. Il savait qu'à terme Moon s'en lasserait, si tenté qu'ils se revoient un jour, il savait qu'Heidi avait besoin d'un homme comme Andy, d'un homme droit et juste, d'un homme avec de grandes idées et de grands principes, d'un homme avec une carrure et une aura … d'un homme qui n'était pas lui. Il le savait, mais il n'avait pas envie de changer, pas envie de devenir quelqu'un qui ne le ferait plus se sentir à cent pour cent lui-même, et tant pis si parfois ce qu'il était le faisait aussi se détester. S'il y avait bien une chose que l'on ne pouvait pas reprocher à Thybalt c'était de se prendre pour quelque chose ou quelqu'un qu'il n'était pas.

Pour toutes ces raisons il essayait de garder la tête froide, de se dire que même s'il était amené à ne plus jamais revoir la jeune femme après cette fois-ci il devait simplement l'accepter, et accepter le fait que d'ici quelques semaines, quelques mois, elle réalise elle aussi qu'elle ne pouvait pas se cacher derrière une relation qui ne mènerait jamais à rien. Ils n'en avaient même jamais parlés, de cette « relation », de ce qu'elle signifiait, de ce qu'elle impliquait. Ce n'était pas le genre de conversation que Thybalt voulait avoir, jamais, parce que les choses n'en deviendraient que plus compliquées. Dire qu'au tout début Moon lui avait paru être un moyen facile de ne pas réfléchir avant d'agir, et de simplement se laisser porter … et voilà où il en était aujourd'hui.

    « Je te crois. » avait-elle simplement répondu à sa promesse timide de faire attention, une promesse qu'il était persuadé de pouvoir tenir mais qui prouvait surtout à quel point il n'avait aucune conscience de ce qui se passait dehors. S'il avait été un vrai rebelle il aurait su, que ce n'était pas du cinéma, que les choses allaient vraiment changer. Mais il n'était qu'un rebelle de pacotille, et il ne savait pas. « Ça oui, vous l'êtes. Sois en fier ! » Thybalt avait eut un sourire triste. Son père et Moon ne s'étaient jamais rencontrés, mais il aimait à penser que le vieil homme aurait été attendri par cette bouille d'ange, et peut-être même par le fait que son fils se soit gentiment entiché d'elle. Magnus avait toujours eut ce regard triste en disant à son fils de ne pas se couper des autres comme lui, s'il ne voulait pas finir de la même manière, même tout aussi triste était le constat que Thybalt glissait lentement mais sûrement vers le même schéma, sans chercher à aucun moment de s'en défaire. « Je le suis. » avait-il alors répondu d'un ton pensif, le visage bouru de son père traversant brièvement son esprit, un sourire répondant à celui que lui adressait Moon, avant de resserrer ses bras autour de sa taille et de poser doucement sa tête contre son épaule. « Je compte sur toi, Homens. »

Le ton résolu de sa voix n'avait eut pour seul effet sur Thybalt que de nouer un peu plus sa gorge, l'empêchant de répondre quoi que ce soit, pour ne pas trahir la panique qu'une simple phrase réussissait à provoquer chez lui. Elle comptait sur lui, cela sous-entendait qu'elle serait déçue s'il ne tenait pas parole, et cela mettait sur les épaules du jeune homme une responsabilité dont il se serait bien passé, dont il n'avait pas envie. Qu'il lui arrive quelque chose ou non ne l'inquiétait pas tant que ça d'un point de vue purement personnel ; Il n'était pas du genre à prendre des risques idiots, mais il avait cette philosophie selon laquelle si quelque chose devait arriver à quelqu'un c'était que les choses étaient écrites de cette manière, et que rien ne pouvait y changer quoi que ce soit. Mais il ne voulait pas devenir une source de déception, il fuyait d'ordinaire les responsabilités pour ne pas avoir à se retrouver dans pareille situation, et le fait d'y être là confronté le rendait presque fébrile. Tandis qu'il fermait les yeux et laissait ses lèvres glisser le long du cou de Moon, comme dans une tentative pour oublier tout le reste, c'était peut-être bien plus d'angoisse que de toute autre chose que tambourinait le coeur de Thybalt.

Une angoisse que les violents coups frappés à la porte n'avaient pas fait disparaître, bien au contraire. La voix n'avait fait que confirmer ce que Thybalt savait déjà, et la vérité c'est que si Moon n'avait pas été là, l'obligeant à garder son sang froid et à faire preuve de modération, peut-être aurait-il fait quelque chose qu'il aurait regretté ensuite. Peut-être aurait-il reçu ces pacificateurs de la manière dont il rêvait de le faire depuis plusieurs semaines, quitte à y laisser des plumes ; Combien de fois son père lui avait-il pourant répété que la pire des erreurs à faire lorsque l'on était un rebelle était de s'attirer les foudres des pacificateurs ? Un grand nombre de fois, et d'ailleurs Magnus Homens avait cette particularité d'avoir été à la fois chef des rebelles et de très bon contact avec les pacificateurs du district cinq … Pas qu'il s'en soit fait des amis, mais il avait réussi à instaurer avec eux un certain dialogue, de façon à pouvoir les berner, et avoir la paix. Thybalt n'avait pas cette déxtérité avec les mots, ni cette capacité à se mettre les gens dans la poche en inspirant la confiance … Non, Thybalt était agaçant, il tapait sur le système, il passait pour un chiot difficilement canalisable, et s'il ne faisait peut peur il énervait. Sans son père pour l'empêcher d'aller trop loin il avait profité les premiers mois de l'influence et du souvenir paternel pour attirer l'indulgence, mais peu à peu son souvenir s'estompait et Thybalt savait aujourd'hui que plus aucun filet de sécurité ne séparait ses imprudence de la volonté de certains pacificateurs de lui donner une leçon.
Mais aujourd'hui n'était pas le jour pour cracher au visage de ces types en uniforme, pas alors que Moon était à l'étage et que la seule préoccupation était donc de dissuader ces deux hommes de monter à l'étage. Coopérer si c'était la seule manière de s'en débarrasser au plus vite, fermer sa bouche quand bien même il avait des choses à dire et des noms d'oiseaux à balancer en guise de réponse, se contenter de répondre oui ou non et presque … de s'écraser. La chose était difficile à digérer pour le jeune homme, qui même s'il n'était pas du genre à se mêler aux embrouilles de la rébellion n'avait jamais laissé personne et surtout pas un de ces chiens de garde du Capitole avoir le dernier mot avec lui, et repartir en ayant la sensation d'avoir gagné. Et pourtant, c'était ce qui venait de se passer, et tandis que les deux hommes quittaient la maison le rebelle s'était vu claquer violemment la porte d'entrée et y rester appuyer de longues secondes, la tête appuyée contre le bois, les yeux fermés, à tenter de ravaler la colère qu'il avait du refouler en présence des deux hommes.

◮ ◮ ◮ ◮ ◮


Il souffla un grand coup au pied des escaliers, comme pour se donner une contenance, et avait monté les marches une à une jusqu'à sa chambre, frappant doucement deux coups à la porte, supposant que Moon s'y trouvait plutôt que dans une autre pièce de l'étage. De l'intérieur lui était d'ailleurs parvenue la voix timide de la jeune femme « Thybalt ? » à laquelle il avait répondu d'un ton qui se voulait rassurant « C'est moi. Ils sont partis, c'est bon. » Et sans plus attendre il avait ouvert la porte pour la trouver là, assise dans un coin de la pièce, le regard levé vers lui et cachant mal son inquiétude. La vision de Moon repliée dans ce coin de mur le laissa pensif quelques instants, lui rappelant les journées qu'il avait passé ainsi replié sur lui-même, à cette même place, les premiers jours où Magnus l'avait accueilli sous son toit, et alors qu'aucun son ne sortait de sa bouche autrement que pour prononcer ce seul prénom, Thybalt, qu'on avait dès lors supposé être le sien sans jamais en être entièrement certain. Secouant la tête comme pour chasser cette pensée, le guérrisseur avait fait quelques pas en direction de la jeune femme et lui avait offert une main pour l'aider à se relever tandis qu'elle le questionnait.

    « Qui c'était ? » Il aurait presque voulu répondre que ce n'était personne, une erreur, mais il ne pensait pas Moon assez dupe pour avaler pareille ânerie, surtout avec la façon dont l'homme qui avait frappé à la porte s'était annoncé. « Des pacificateur ? » avait-elle d'ailleurs ajouté presque timidement. De pauvres cons aurait été selon lui l'appellation la plus appropriée, néanmoins il ravala – difficilement – sa colère envers ces visiteurs matinaux. « Ouais. Mais ils reviendront pas. » Pas maintenant, du moins, pas avant quelques jours, et d'ici là Moon ne serait plus là. C'était le principal. « Je suis même pas encore parti qu'ils se croient déjà ici chez eux. » avait-il pourtant lâché d'un air excédé, tout en sachant bien pourtant que cette maison n'avait jamais été véritablement chez lui. Cette maison, comme toutes les autres du village des vainqueurs, appartenait au Capitole et lui n'avait aucun droit dessus. Tous ces souvenirs, tous ces repères qu'il avait ici, cela ne comptait pas au fond, pas pour eux. Seulement pour Thybalt. « Tu comprends maintenant, pourquoi tu peux pas revenir ? » avait-il enfin soufflé d'un air abattu.

C'était presque humiliant à ses yeux, la façon dont ces pacificateurs lui avaient fait sentir qu'il ne pouvait rien contre eux, que le seul moyen de s'en sortir encore sans trop de dégâts c'était de s'écraser, et de s'avouer vaincu. C'était ce qu'il ne digérait pas, plus encore que de voir les pacificateurs se servir dans ses placards, emporter les quelques fruits de la corbeille de fruits, foutre le bordel dans les herbes qu'il venait tout juste de ranger, faire des commentaires sur le ménage fait de façon parfois un peu superficielle … Cette façon qu'ils avaient eut de le regarder de haut, d'afficher ce sourire supérieur, c'était presque comme s'ils avaient su débarquer à un moment où Thybalt ne pouvait pas se permettre de faire de vagues, et de s'attirer le moindre problème. Peut-être même savaient-ils que Moon était là, peut-être étaient-ils passés ce matin là pour cette simple raison, pour lui faire peur, pour le mettre en garde … Secouant à nouveau la tête Thybalt avait tenté de chasser cette idée sans doute stupide. Il devenait paranoïaque, c'était sans doute l'explication. Et dans un sens il préférait devenir paranoïaque plutôt que de découvrir que sa théorie était véridique.



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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Lun 15 Avr - 1:10

Peut-être que s’ils avaient mit fin à cette relation plus tôt, ils n’auraient jamais été dans cette situation. Jamais la jeune femme n’aurait autant pleuré, ils n’auraient pas eu à se quitter le cœur réduit en morceaux. Rien qu’à l’idée de partir de cette maison et de ne jamais revenir arrivait à resserrer un peu plus sa gorge alors que ses fins bras faisaient de même avec Thybalt. Le garder près d’elle pour quelques temps, c’était tout ce qu’elle demandait. Au moins quelques heures. Et s’il voulait qu’elle parte aujourd’hui, elle le ferait. Elle l’écouterait, parce que c’était ce qu’elle faisait le mieux, obéir. Pas simplement pour ça, parce qu’elle avait confiance en lui. Il savait quoi faire, il savait ce qui était bon pour elle en ce moment : être le plus loin des risques de la révolte. Il avait raison de vouloir l’éloigner d’ici, parce qu’elle pouvait risquer à tout moment de se faire accuser à tort d’être une rebelle. Après tout, se déplacer dans différents districts, même pour y vendre des bijoux, cela pouvait être très suspect. Il était même mieux pour elle qu’elle stoppe complètement ses déplacements. Elle en parlerait avec son patron. C’était mieux pour tout le monde. Parce qu’une Moonshine dans la nature, sans défense, au beau milieu d’attaques contre les pacificateurs ou les rebelles, c’était ce que tous voulaient éviter. Elle n’était pas une combattante, elle n’avait rien qui pouvait l’avantager plus qu’un autre. Elle était une jeune femme sans défense, trop naïve, vivant dans un monde sans pitié. Un monde qui n’était pas fait pour les gens comme elle. Fallait-il qu’elle laisse tomber ses rêves, ses espoirs? Fallait-il qu’elle redescende sur Terre pour affronter une réalité qu’elle n’aimait pas? Prendre ses responsabilités, écouter ses parents et leur obéir? Elle préférait cent fois mieux rester dans sa rêverie et placer ses espoirs en une personne : Thybalt. Si seulement il savait à quel point il était important pour elle. Si seulement il réalisait qu’elle n’arriverait probablement jamais à se lasser de lui. Si seulement il savait que c’était elle qui pensait qu’il se lasserait d’elle bien assez rapidement. Elle avait l’impression qu’il ne le savait pas. Probablement parce qu’ils n’en parlaient jamais. Ils n’avaient jamais abordé ce sujet, cela aurait fait trop sérieux et leur relation n’était pas comme ça. Elle n’était sérieuse, cette relation, elle ne l’avait jamais été. Elle était légère, comme le vent d’été, comme les pétales d’une fleur. Mais, comme ces dernières, il fallait bien que cela ne se fane un jour, non? Et Moon redoutait ce moment, parce que si Thybalt la laissait tomber, elle perdrait probablement un repère. Comme sans bouée au milieu de l’océan : elle coulerait. Ou, du moins, elle essaierait de garder la tête hors de l’eau jusqu’à ce qu’elle n’ait plus la force de continuer. C’était peut-être une looser, sans force musculaire et sans talent en combat, mais niveau endurance psychologique, elle était douée. On la sous-estimait aussi un peu de ce côté-là. En fait, on la sous-estimait pour tout, c’était pourquoi elle était sis surprenante. Même quand on croyait bien la comprendre et savoir comment elle allait réagir à telle chose, elle pouvait vite ajouter une variante sur son comportement. Parce qu’elle-même ne se comprenait pas totalement. Ses parents l’avaient élevée d’une façon et ce n’était que récemment qu’elle avait lentement commencé à réaliser qu’elle pouvait prendre ses propres choix, qu’elle avait le droit de s’exprimer. C’était un peu grâce à Thybalt. Elle était encore maladroite avec les mots et la conversation qu’ils avaient eux plus tôt en était la preuve.

Lorsque, plus tôt, il lui avait répondu qu’il était fier d’être résistant, d’être un Homens, elle avait eu un léger sentiment d’envie. Elle aussi aurait aimé être fière de sa famille, fière de ses origines. Le fait était qu’elle ne l’était pas, elle aurait préféré naître dans une famille pauvre au District 12 si elle avait su qu’elle aurait peut-être été plus aimée que dans sa famille actuelle. Elle aurait voulue être fière de ses parents, mais non. Elle n’aimait pas l’emprise qu’ils avaient sur sa vie, des choix qu’ils faisaient à sa place. La seule personne dont elle était fière dans sa famille, c’était son petit frère. Parce que même s’il était poussé par ce besoin de liberté que tous les adolescents avaient à l’âge de dix-sept ans, il exprimait son opinion, défiait les parents, faisait ce qu’il aimait, sans pour autant se mettre en danger. Ou peut-être pas. Après tout, c’était bien non sans danger qu’il portait un grand intérêt pour la cause rebelle. Moonshine savait pertinemment qu’il caressait l’envie d’entrer dans leurs rangs, mais elle ne disait rien pour l’en dissuader. Qui était-elle pour lui dicter ses choix? Tout de même, elle était inquiète de ce qui pourrait lui arriver, tout comme elle était inquiète de ce qui pourrait arriver à Thybalt. Elle ne pouvait rien pour eux, si ce n’était que de les supporter et de leurs montrer qu’elle était un minimum présente pour eux. Mais viendrait le temps où elle ne pourrait plus être présente pour le guérisseur, où elle devrait partir. Dans quelques heures, peut-être un jour, deux, si elle osait. Tout dépendrait de Thybalt, de ce qu’il déciderait. S’il voulait qu’elle parte maintenant, elle le ferait. Elle redoutait tout de même qu’il lui demande de partir dans les heures qui allaient suivre à cause de ce ton d’urgence qu’il avait employé quand il lui avait demandé de monter en haut et de se cacher dans une pièce sans sortir. Que ce passait-il, en bas? Elle n’en savait rien, peut-être allait-il ne pas lui en parler. Sûrement. Reste que, recroquevillée sur elle-même, cachée entre ce mur et cette commode en bois si massive, elle se fondait dans le décor. Si discrète que personne ne l’aurait trouvée au premier coup d’œil. Silencieuse, comme elle l’était au District un. Obéissante. Les jambes ramenées vers elle, les bras les entourant, la tête contre ses genoux, attentive au moindre bruit ambiant qui aurait pu sortir de l’ordinaire. Quand elle entendit, quelques minutes plus tard, les pas à l’étage, la voix quelque peu inquiète de la jeune femme résonna dans la pièce.

    « C'est moi. Ils sont partis, c'est bon. » Elle fut soudainement soulagée, un poids quittant ses fines épaules. Au moins, il allait bien, c’était l’important. Enfin, elle espérait. C’est lorsque la porte s’ouvrit et qu’elle le vit, sain et sauf, qu’elle fut complètement soulagée. Depuis tout à l’heure, elle avait peur qu’il n’arrive quelque chose au rebelle, puisque le ton de sa voix avait semblé inquiet quand il lui avait demandé de monter à l’étage. Elle n’exigeait pas d’explications, mais s’il voulait lui en offrir, elle serait bien heureuse. Le regardant s’avancer vers elle, Moonshine prit doucement la main qu’il lui tendit et elle se releva, ne lâchant pas sa main, la gardant dans la sienne. Encore, jusqu’à ce qu’elle parte. Le questionnant sur l’identité du ou des visiteurs et lui demandant par la suite si c’était des pacificateurs, elle attendit quelques secondes avant d’avoir sa réponse, ce qui confirma les dires de la brunette. « Ouais. Mais ils reviendront pas. » Elle espérait de tout son cœur. « Je suis même pas encore parti qu'ils se croient déjà ici chez eux. » ajouta le jeune homme, ce qui attrista Moon. Sa main se resserrant un peu plus sur celle de Thybalt, elle l’attira à elle pour le serrer dans ses bras. « Tu comprends maintenant, pourquoi tu peux pas revenir ? » Et ces paroles eurent pour effet de miner un peu plus le semblant de joie qu’elle avait ressentit quelques temps plus tôt, quand les deux avaient essayés de se consoler. Elle comprenait, c’était trop risqué pour elle. Et elle avait vu l’inquiétude dans les yeux du rebelle lorsque les visiteurs avaient cogné à la porte. Il s’était inquiété d’elle. Elle était un poids, un fardeau, au fond. « Je comprend… » Et cette fois-ci, elle était sincère.


Elle comprenait qu’il soit inquiet. Parce qu’elle était inquiète pour lui, comme il l’était pour elle. Il fallait savoir faire des sacrifices dans la vie, ce qu’elle ferait en était un. Renoncer à ces moments paisibles pour le bien de Thybalt, pour sa sécurité à elle, même si cela allait la distancer un peu plus de ce bonheur qu’elle souhaitait dans sa vie, mais dont elle n’aurait peut-être jamais au District un. Dur la vie, l’on n’avait pas toujours ce qu’on voulait. Moonshine en était un peu l’exemple. Et si les gens l’enviaient parce qu’elle ne manquait jamais de nourriture et que sa famille possédait beaucoup d’argent, elle avait envie de répondre qu’il n’y avait pas que ça dans la vie. Être bien dans sa peau, avoir de bons amis présents pour elle, vaincre son insomnie, pouvoir faire ses propres choix dans la vie, voilà ce qu’elle désirait vraiment. Elle avait beau vouloir être positive, c’était assez dur quand ses parents menaient sa vie à sa place. Elle devrait prendre cela en main, qu’elle revoit ou pas Thybalt, elle savait qu’au fin fond, il serait fier d’elle si elle arrivait à prendre ses propres décisions. La jeune femme ne savait pas si elle y parviendrait, mais il fallait essayer dans la vie. Il y avait pourtant des choses sur lesquelles elle ne pouvait malheureusement pas intervenir, comme sur ce qui se passait en ce moment dans sa vie. Quitter le district cinq et ne plus revenir. Rester dans son district d’origine à vendre des bijoux aux gens qui pouvaient se le permettre, essayer de se distancer un peu de ses parents. Parce que, si elle n’était pas fière de ses parents, elle pourrait toujours être fière d’elle. Si elle arrivait à atteindre ses objectifs. Elle essayait de se dire que sa vie ne s’arrêterait pas après avoir quitté le guérisseur, malgré tout, elle avait le cœur lourd, la gorge nouée par ce sentiment de tristesse qui l’habitait.

    « Est-ce que tu préfères que je parte maintenant? » Sa voix trembla quelques peu en prononçant ces paroles. Elle avait peur qu’il lui réponde positivement, sauf qu’elle ne pouvait rien faire contre sa parole. Moonshine était chez lui, sous son toit, elle n’avait rien à dire de plus. Elle écoutait, elle obéissait. Elle rassemblerait ses quelques vêtements et effets personnels et partirait. Elle franchirait cette porte pour la dernière fois, le cœur gros. Resserrant ses bras autour de lui, elle attendait la réponse qu’il allait lui donner, plaquant un baiser sur le torse de celui-ci, trop petite pour atteindre ses lèvres sans se dresser sur la pointe de ses pieds. Et puis, elle avait la tête blottit à cet endroit. Ça la rassurait un peu, légèrement. Elle ne savait quoi dire, quoi penser. Son cœur battait si fortement dans sa poitrine. Elle ne voulait pas pleurer à nouveau, que les larmes coulent le long de ses joues. And give me love over, love over, love over this. Ce sentiment d’être aimée à sa juste valeur, elle ne l’avait qu’ici, avec lui. Parce qu’il ne trouvait pas qu’elle était insignifiante. Il l’appréciait et, de ce fait, elle s’aimait un peu plus. Tout ça, ce ne serait plus que des souvenirs auquel se rattacher plus tard. Un chandail à tenir dans ses bras, le souvenir du sourire du jeune homme voguant dans son esprit alors qu’elle vivrait sa vie et qu’il vivrait la sienne. « J’ai peur, Thybalt… » Confession faite sur le vif, venant briser ce silence. Elle avait peur pour lui. Elle avait peur du futur, peur de l’oublier, peur qu’il ne l’oublie, elle.


Se détachant de lui lentement, elle alla près du lit et se pencha, attrapant au sol son gros cahier à dessin et l’ouvrit avant de s’assoir sur le lit encore défait. Feuilletant les pages, elle essaya de retrouver ce qu’elle cherchait parmi toutes ces feuilles pliées, déchirées, ces croquis ainsi que ses poèmes et textes. Puis, elle le trouva, un dessin simple, auquel elle n’aurait jamais accordé de véritable importance. Sur cette feuille quelque peu pliée se trouvait quelques dessins de différentes pièces de la maison. Elle les avait dessinés un soir où elle n’était pas parvenue à s’endormir, lorsqu’elle était ici, se promenant discrètement dans la maison silencieuse, dessinant avec la lumière de la lune près des fenêtres. Un dessin comme les autres, bien réalisé, mais qui avait été enfoui avec les autres dans ce cahier. I think I’ll miss you forever, like the stars miss the sun in the morning sky. Cette phrase écrite sans qu’elle y ait réfléchit il y avait un mois ou deux, mais dont les mots prenaient un sens nouveau maintenant qu’elle devait partir d’ici. Fixant la feuille dans ses mains, elle la tendit finalement à Thybalt, quelque peu gênée. Elle ne montrait pas vraiment ses dessins et ceux comme celui qu’elle lui tendait n’étaient souvent que des œuvres d’art sans intérêt, qu’elle gardait pour elle, pour exercer son coup de crayon qui était pourtant si riche.

    « C’est rien de bien intéressant… » Elle tremblait légèrement, sentant le rouge lui monter aux joues. Et s’il trouvait ce bout de papier sans importance? Ou s’il le prenait et le jetait ensuite? Elle comprendrait. Après tout, cela ne représentait pas grand chose. « C’est pas utile comme l’Aneth… Enfin, c’est pas utile du tout… » Un petit rire s’échappa de sa bouche alors que son regard était posé sur le sol, n’osant pas croiser celui du rebelle. « Mais… si jamais tu as envie de revoir les pièces de la maison… » Relevant la tête, elle finit par croiser les yeux du jeune homme à peine quelques secondes. Elle se sentait un peu ridicule.




~ you just walked away and i just watched you, what could i say.
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MessageSujet: Re: MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.   Mar 23 Avr - 18:05

C’était tellement humiliant pour lui, d’avoir du simplement se plier aux exigences des pacificateurs sans broncher simplement pour espérer les voir s’en aller plus rapidement et ne pas prendre le risque de Moon soit elle aussi mêlée à tout cela. C’était toujours fait assez intelligemment pour ne pas risquer sa santé et surtout sa vie bêtement, mais jamais avant ce jour-là Thybalt n’avait totalement plié sous un pacificateur, pas sans faire au moins preuve de ce cynisme ou de ce ton moqueur qu’il ne manquait pas habituellement de leur adresser, juste pour leur faire comprendre que le jour où il s’avouerait entièrement vaincu face à eux n’était pas encore arrivé. Et d’avoir dû renoncer à cette minuscule satisfaction était pour le médecin quelque chose de particulièrement difficile à accepter, comme si pour la toute première fois les pacificateurs avaient réellement pris du terrain sur lui, encore plus que le jour où il lui avait été clairement signifié que cette maison ne serait plus la sienne pour très longtemps. C’était certes un prix qu’il était prêt à payer pourvu que Moon ne soit pas importunée, mais pour autant depuis que les pacificateurs avaient quitté l’habitation la colère de Thybalt n’était pas redescendue, et intérieurement il bouillonnait toujours. C’était comme si derrière ces uniformes ne se cachaient plus uniquement des personnes chargées de faire régner l’ordre mais des distributeurs de terreur jouant avec les nerfs de leurs proies en attendant le jour où ils pourraient les exécuter froidement et sans le moindre remord, si ce n’était celui de ne pas l’avoir fait plus tôt. « Je comprends … » avait murmuré la jeune femme comme si elle devinait cette cruauté que les hommes de Snow trimballaient forcément avec eux, mais sans se douter pourtant de ce qui s’était réellement tramé à l’étage en-dessous tandis qu’elle se cachait ici.

***


« C’est à mon père espèce de … » Plus rapide que lui le pacificateur s’était emparé du livre et la main du médecin avait happé le vide, tandis que l’homme lui offrait un sourire narquois, découvrant juste ce qu'il fallait la ligne de ses dents, jaunies par le tabac qu'on le voyait chiquer à longueur de journées dans les rues du centre-ville. « Tchut, tchut, tchut … Je ferais pas d'histoires si j'étais toi. » Reposant sans aucun soin le livre sur la table du salon il avait fait quelques pas et s'était planté devant Thybalt, n'ayant plus qu'à murmurer la suite de sa phrase sans même avoir besoin de se forcer pour paraître menaçant « Parce que sinon, on peut aussi monter à l'étage, et là je suis certain que je trouverais bien mieux que quelques bouquins poussiéreux pour me divertir un peu … Tu me suis ou tu as besoin que je développe ? » Le médecin avait senti son sang se glacer. Il savait. Comment, cela il n'en avait pas la moindre idée, mais bon dieu ce type savait que Moon se trouvait en haut, et ça c'était mauvais … Surveillait-on sa maison ? En était-ce arrivé au point où plus personne ne pouvait passer le seuil de sa porte sans que ces vautours ne soient au courant ? Le peu de gagnants que comptait le district cinq aurait pourtant laissé penser que l'on n'était tranquille, tant que l'on vivait dans le périmètre du village des vainqueurs. « T'es bien silencieux, tout d'un coup. » S'il était vert de rage Thybalt faisait son possible pour ne rien en montrer, mais se trouvait bien incapable de stopper les tremblements de son menton, tandis que le regard perçant du pacificateur ne le quittait plus des yeux. « Prenez ce que vous voulez, et foutez le camp de chez moi. » Et ils ne s'étaient pas fait prier, emportant avec eux de la nourriture – dont les fruits que Thybalt avait proposé à Moon quelques instants plus tôt – et du tabac, un peu d'argenterie, et trois des ouvrages provenant de la bibliothèque personnelle de Magnus et auquel Thybalt tenait tant, y compris celui pour lequel il avait protesté. « Le boss veut pas de scandale inutile, alors tu as jusqu’à la fin de la semaine … Soit raisonnable, pour une fois. » Et sur ces mots finalement ils étaient repartis, comme ils étaient arrivés.

***


Il aurait simplement voulu qu’on le laisse tranquille jusqu’au jour où il devrait avoir débarrassé le plancher, tout ce qu’il voulait c’était qu’on lui foute la paix tant qu’il pouvait encore espérer ne pas avoir à se soucier de ce qui se passait dehors. Si la révolte qui s’était déclarée au onze se propageait et finissait par atteindre les frontières du cinq il ne pourrait pas rester les bras croisés, il serait forcé de choisir un camp et ne pourrait plus se contenter de ce qu’il faisait actuellement … Sa vie bientôt volerait peut-être en éclats, alors était-ce vraiment trop demandé que de ne pas être importuné d’ici là ? Demander à Moon de s’en aller et surtout de ne pas revenir le peinait déjà assez, il aurait simplement voulu profiter de cette dernière journée à passer avec elle … mais il avait fallu que ces deux imbéciles viennent tout gâcher, une fois encore. Il ne savait même plus quoi penser des mots du pacificateur, était-ce une menace, ou bien une simple manière de lui faire peur ? Preuve supplémentaire que la jeune femme ne pouvait pas rester ici en tout cas … et pourtant en sentant les choses lui échapper ainsi, encore plus vite qu’il ne le pensait, il se sentait gagné par la panique, tellement que la question que lui adressa Moon eut sur lui l’effet d’une décharge électrique : impromptue et désagréable.

    « Est-ce que tu préfères que je parte maintenant ? » Sans avoir eu même le temps d’y réfléchir il avait secoué vigoureusement la tête à la négative, avant de ravaler sa salive d’un air soucieux. A cet instant il n’avait pas pensé à ce qui était le mieux, mais simplement à ce qu’il voulait … ou plutôt ne voulait pas. Il ne voulait pas qu’elle en aille, pas maintenant, pas encore. « Ils risquent de traîner dans le coin un moment, tu devrais rester ici encore un peu … » Ce n’était rien de plus qu’une supposition, et en vérité il y avait bien plus de chances qu’elle ne se réalise pas que le contraire … Mais c’était plus fort que lui, c’était comme si tout à coup l’idée de se retrouver à nouveau seul lui paraissait insurmontable. Aussi s’était-il empressé de resserrer ses bras autour de Moon lorsqu’elle était venue sur serrer contre lui, comme pour se donner l’illusion qu’il ne l’avait pas encore perdue. Pas totalement du moins. « J’ai peur, Thybalt … » Remontant une de ses mains jusqu’à ses épaules il avait déposé un baiser sur le front de la jeune femme et murmuré « Je sais. » quand la vérité aurait été d’avouer que lui aussi.

Ce n’était assurément pas la réponse qu’elle devait espérer, et Thybalt lui-même en avait conscience, mais il ne savait tout bonnement pas quoi dire … Ce n'était pourtant pas faute d'avoir dévoré tous les livres que possédait son paternel, mais cela n'avait rien changé à son malaise avec les mots, à sa difficulté à les manier quand il aurait pourtant voulu trouver quelque chose de profond ou d'intelligent à dire. En disant cela Moon n'espérait sans doute qu'entendre quelqu'un lui dire que tout irait bien, ou qu'elle n'avait pas de raison d'avoir peur … Mais ça non plus il ne pouvait pas le faire, parce que Thybalt n'était pas le genre à promettre ce qu'il n'était pas certain de voir arriver. Et il ne pouvait pas lui promettre qu'il n'y avait aucune raison d'avoir peur, pas plus q'il pouvait lui promettre que tout irait bien … Une guerre se préparait, voilà la seule chose dont il commençait à être certain. Et une guerre ne se déroulait jamais sans son lot de sacrifices. Alors il ne pouvait pas mentir simplement pour tenter de la rassurer, parce que cela lui paraissait injuste et parce qu'elle lui répétait déjà tellement souvent qu'elle ne supportait plus ses parents qui la traitaient toujours comme une enfant … Il n'avait pas le droit d'en faire de même, alors il ne pouvait pas mentir.

Mais peut-être était-ce ce qu'elle aurait souhaité, du moins c'était ce qu'il avait cru en la sentant desserrer son étreinte et se détacher de lui. Il avait tenté de bredouiller quelque chose mais n'y était même pas parvenu, se contentant de la regarder contourner le lit et fouiller dans ses affaires, posées au pied. Il était resté là sans bouger tandis qu'elle s'asseyait sur le rebord du lit et posait son carnet à dessins sur ses genoux pour en feuilleter les pages, comme si elle cherchait quelque chose. Il avait déjà vu le carnet trainer à plusieurs reprises mais ne s'était jamais risqué à l'ouvrir ; Il ne se serait jamais permis de le faire, de toute manière. Mais néanmoins curieux de ce qu’elle était en train de faire il s’était rapproché, précisément au moment où, semblant trouver ce qu’elle cherchait, elle lui avait tendu l’une de ces feuilles qu’elle gardait habituellement si précieusement. La saisissant avec autant de délicatesse que s’il s’était agi d’un objet fragile, Thybalt n’avait pas réussi à détacher ses yeux du dessin pendant plusieurs secondes, et ce malgré les paroles de Moon s’adressant à lui.

    « C’est rien de bien intéressant … C’est pas utile comme l’Aneth … Enfin, c’est pas utile du tout … » Ne parvenant pas à cacher le léger tremblement de ses mains, le médecin avait relevé la tête vers elle sans rien réussir à répondre, mais le regard bien trop brillant d’émotion pour qu’elle puisse ne rien en voir. « Mais … si jamais tu as envie de revoir les pièces de ta maison … » Elle ne se rendait pas compte de ce que ça pouvait représenter pour lui, du fait que ce n’était pas qu’un simple bout de papier. A nouveau son regard était retombé sur le papier, sur le souci apporté au détail, sur la capture presque parfaite de cet environnement dans lequel il avait vécu toute sa vie ou presque, et la gorge nouée il avait répondu « C’est … il est magnifique. Merci … » sans parvenir à retenir cette unique larme qui débordant du coin de son œil était venue rouler le long de sa joue, avant qu’il ne passe le dos de sa main dessus pour la chasser d’un geste bref, déclenchant chez lui un léger ricanement, nerveux. « Désolé, c’est juste … c’est qu’un toit et des murs, je sais pas pourquoi j’en fais tout un plat, c’est futile. »

Du moins c’était ce qu’il ne cessait de se répéter pour tenter de se raisonner, pour se dire qu’il était temps d’arrêter de faire l’enfant, et qu’il était inutile de s’attirer des ennuis bêtement simplement parce qu’il n’arrivait pas à se résoudre à abandonner cette maison. Mais c’était tellement plus facile à dire qu’à faire, bien sûr, mais que contrairement à ce qu’il venait de dire et dont il tentait de se persuader il ne s’agissait pas que d’un toit et de murs, ce n’était pas seulement une habitation, c’était des repères, des souvenirs, et basiquement tout ce qui lui restait de son père … En quittant cette maison Thybalt avait la sensation qu’il allait laisser derrière lui la dernière chose qui le rattachait encore à cet homme qui l’avait recueilli, et s’était occupé de lui comme s’il avait été son fils, quand il aurait pu très bien le laisser dans cette forêt et ne pas se retourner, fuyant l’obligation d’un bouche supplémentaire à nourrir, d’un enfant qu’il faudrait inscrire aux moissons, d’un garçon qui peut-être un jour déciderait de repartir sur les traces de ce qu’il avait quitté lorsqu’on l’avait trouvé. Mais il n’en avait rien été, Magnus ne lui avait pas simplement donné une chance il lui avait sauvé la vie, évité de mourir de faim ou de froid dans cette forêt, ou pire dévoré par le premier animal sauvage qui passait par là, un coyote probablement, qui n’aurait fait que quelques bouchées d’un môme de quatre ans tout juste. En abandonnant cette maison Thybalt avait l’impression d’abandonner aussi son père, et ça c’était insupportable. Aussi insupportable que de voir la montagne de gentillesse dont faisait encore preuve Moon quand pourtant bientôt elle serait partie. Et ça aussi c’était plus insupportable à mesure que passait les secondes, parce qu’il ne voulait pas voir arriver la fin de l’échéance, et parce que ce dessin à lui seul prouvait que la jeune femme le comprenait mieux, bien mieux que la plupart des gens, et qu’elle avait su aller plus loin que cette image de gugus qu’il s’efforçait de renvoyer aux autres.

Sortant finalement de son silence, le jeune homme avait fini par murmurer en relevant les yeux vers Moon « Je vais … J’en prendrai soin, c’est promis. » Ce n’était pas vraiment ce qu’il aurait voulu dire, à vrai dire il aurait voulu trouver un moyen de lui faire comprendre à quel point ce n’était pas qu’un dessin, à quel point c’était bien plus que ça à ses yeux … mais les mots ne venaient pas, une fois de plus. Alors sans rien dire il s’était contenté de contourner le lit et d’attraper une boite en bois, cachée sous le sommier de l’autre côté. La faisant glisser le long du parquet jusqu’à la sortir complètement il l’avait ouverte avec précaution, découvrant des objets à priori sans grande valeur, mais qui en réalité en avait plus que n’importe quoi d’autre pour lui ; Quelques lettres, dont une dont l’enveloppe n’avait jamais été ouverte, la vieille montre d’Andy, qui ne marchait plus depuis des lustres mais dont il ne pouvait se séparer, une feuille de papier roulé qui se trouvait être un dessin de Luna lorsqu’elle était encore petite fille, la photo d’Heidi et Luna qu’il avait montré à Pepper-Swan quelques semaines plus tôt, et un tas d’autres choses … même un sachet d’aneth, pareil à celui que possédait maintenant Moon. Déroulant le dessin de Luna en silence Thybalt avait posé celui de Moon par-dessus, et les avait de nouveau enroulés tous les deux, avant de renouer le morceau de ficelle qui les tiendrait en place. Ce n’était que des babioles, mais le contenu de cette boite représentait pour Thybalt ce qu’il avait de plus précieux, même s’il peinait à regarder trop longtemps son contenu. Aussi, passant une main sur son visage comme pour chasser les éventuelles larmes qui auraient voulu s’incruster, il avait refermé la boite et l’avait repoussée sous le lit, à l’abri des regards.

    « J’ai pas envie que tu t’en aille. » avait-il fini par murmurer, relevant les yeux vers elle d’un ton penaud. Cela ne changeait rien au fait qu’elle le devait, qu’il avait lui-même dit que c’était mieux ainsi et que c’était rien de moins que la vérité … Mais cela ne voulait pas dire que c’était ce dont il avait envie. A vrai dire c’était même tout le contraire. « C’est stupide de dire ça maintenant, je sais … » Soupirant, il était retourné s’asseoir à côté d’elle, la mort dans l’âme. Les raisons pour lesquelles il valait mieux qu’elle s’en aille et ne revienne pas étaient aussi nombreuses que légitimes, mais elles ne changeaient en rien ce que Thybalt ressentait tout au fond de lui. « J’me suis toujours dit que j’étais pas le genre à craindre la solitude … mais je crois que j’avais tort. » Et ça c’était sans doute le fait de l’avoir rencontrée elle qui y était pour beaucoup. Au fond ce n’était peut-être pas tant qu’il avait peur d’être seul, mais simplement que c’était sans elle, et à l’idée de ne plus la revoir, qu’il se sentait affreusement seul …

Ravalant sa salive et toute l’amertume et les regrets qui étaient venus avec, il avait penché sa tête sur le côté et l’avait posé contre l’épaule de Moon, comme l’aurait fait un enfant qui aurait désespérément eu besoin d’être consolé. Et c’était stupide se disait-il, parce qu’il n’était plus en enfant, parce qu’il avait seulement choisi d’être raisonnable même si cela signifiait de faire des sacrifices … Mais de savoir qu’il devait en passer par là signifiait-il pour autant qu’il devait le faire de gaité de cœur ? Sans doute pas, et même si la réponse avait été que oui à cet instant il s’en sentait bien incapable, l’intrusion des pacificateurs et le cadeau de Moon n’ayant fait que lui rappeler qu’il faisait une croix sur deux des choses qui donnaient un équilibre à sa vie, et que d’ici la fin de cette semaine il ne lui resterait plus rien, ou plus grand-chose tout du moins.



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MOONBALT ➺ the last of your kisses was ever the sweetest.

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