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 FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?

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MessageSujet: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   Sam 29 Sep - 17:17

ouuuuh i'm a looser baby
so why don't you kill me?

A cette heure-ci, ce n’était plus l’odeur de la mort qui embaumait mes poumons. Ce n’était plus non plus celle de la peur, ou encore celle de la douleur. Tout ce qu’on pouvait sentir, en cette belle journée d’arène, c’était la finale qui pointait son nez.

N’allez pas croire que je m’en réjouissais, bien au contraire ; mais la finale signifiait que j’étais l’un des derniers survivants des 76ème hunger games, et que même si rien n’était encore joué, j’avais encore une chance sur trois de partir de là. Mais finalement, que je meurs ou que je gagne, ça ne changerait strictement rien. Silka était morte, et j’étais mort en même temps. Je n’avais plus cette flamme, cette envie de rire, ce bonheur à l’état pur qui m’animait et que je ressentais chaque fois que j’étais avec elle. J’avais mis longtemps à m’en rendre compte, mais j’aimais Silka bien plus que tout, bien plus que comme une amie, bien plus que comme une sœur, et bien plus que comme une femme. Il aurait fallu inventer un nouveau mot pour décrire notre relation ; nous étions complices, rêveurs, perdus dans ce monde trop grand, tristes et fatigués, presque mort de faim, mais ensemble. Heureux ensemble, et maintenant qu’elle n’était plus là… j’étais juste vide.  Le chagrin m’avait poussé dans une phase de déprime aiguë depuis que cette pétasse arrogante du district 12, Frenchie, l’avait poignardé. J’aurais tellement voulu venger sa mort, j’aurais sérieusement tout fait pour égorger moi-même cette blonde ignoble qui se prenait pour mieux que tout, mais malheureusement, le sort en avait décidé autrement. J’ignorais de quelle façon elle était morte, mais ce qui était sûr, c’est qu’hier soir, après avoir entendu deux canons résonner dans la journée, son visage de pimbêche avait illuminé le ciel. Et je parle d’une illumination ! Pour la première fois depuis le début de jeux, j’avais ressenti un peu de justice. Elle était morte, et je mourrais d’envie de savoir comment, ou grâce à qui.

Aujourd’hui, la vie avait un gout bien trop amer. Je n’arrivais finalement pas à croire que j’étais encore en vie. Rien ne me prédestinait à une si belle survie, et pourtant j’étais toujours là.  Moi, Loa-Skann Skopje, l’abrutit du neuf, et celui que tout le monde traitait d’attardé pour mes réactions un peu excentriques. Me préféraient-ils ainsi ? Maintenant que j’étais devenu plus mou qu’une larve, ils ne devaient même plus faire attention à moi. J’imaginais les gens du capitole, se pavanant dans leurs costumes ahurissants, qui parlaient des jeux avec autant de joie que s’ils parlaient cuisine. J’entendais leurs voix, et les accents excentriques qui transperçaient leur gorges lorsqu’ils se disaient « Tu te souviens du premier jour ? Le petit du neuf a lancé des cailloux sur la carrière du un ! Quel toupet !  J’en ai rigolé pendant trois heures sans m’arrêter ahahaha » ce jour-là me paraissait si loin maintenant. « Tu veux rire Jacqueline ? Je l’ai trouvé ri-di-cule ! Ça m’étonne qu’il soit encore en vie d’ailleurs. Sa petite compagne était bien mignonne, je pensais qu’il y aurait dans l’action quand elle est morte, mais il est resté aussi mou qu’un cadavre. J’espère qu’il se réveillera pour la finale. Après tout, c’est le seul garçon encore en vie ! Il n’a clairement pas l’allure d’un gagnant, mais c’est toujours touchant de voir que ces jeunes-là ont encore un peu de chance. » Avais-je réellement eu de la chance ? Ça oui, on pouvait l’affirmer ! Tout ça n’était que de la chance. Silka avait toujours eu bien plus d’aptitude de survie que moi, et pourtant, voyons où ça l’a mené… Je regrette, je regrette tellement. Je regrette de ne pas être mort à sa place. Parce que c’est moi qui le méritait le plus. Quel jour était-on ? Le 8ème ? Le 9ème ? Plus ou moins ? J’avais l’impression d’avoir dormi cent ans depuis qu’elle était partie. Et je n’avais pas la moindre envie de me réveiller et de bouger.

« Bon allez, ça va plus du tout mon Groslolo, faut t’bouger les fesses là. » Une petite voix attira mon attention à quelques mètres de là. Je relevai la tête brusquement, reconnaissant sa voix douce mais pas du tout délicate, et son visage m’apparut clairement, comme si elle était vraiment là. Je me souvins alors du premier jour, quand j’avais déjà cru la perdre. Elle m’était apparue en vision et m’avait permis d’avancer, parce que même si elle était morte, je la connaissais par cœur, et j’étais  capable de l’imaginer comme en vraie. Un sourire dépité s’étala sur mon visage. Dépité, mais un sourire tout de même. Un sourire que je croyais perdu à jamais. Quelque chose se tordit en moi, mon cœur peut-être, et me fit mal à un tel point que je fus obligé de me lever. C’était une douleur sauvage, mais nécessaire. Mes articulations craquèrent toutes en même temps, et je perdis l’équilibre. Je n’avais pas bougé depuis de longues heures, et j’étais tellement faible que j’arrivais à peine à tenir debout. Mais elle m’obligea à me relever, à tenir bon. Je lui avais promis de faire tout mon possible pour elle, non ? Alors, il fallait au moins que j’essaye. « Ensemble ? » parvins-je à peine à dire.
La main de mon joli fantôme se tendit vers la mienne. Je la pris, et je devais avoir atteint un tel niveau de folie qu’elle sembla bien réelle. « Cap. » me murmura-t-elle doucement. Et je compris que même dans la mort, nous serions toujours invincibles face au reste du monde.

Alors que je croyais enfin être sauvé, la terre se mit à trembler sous nos pieds, et toute la montagne s’écroula derrière moi, dans la plus grosse avalanche que je n’ai jamais vue.


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MessageSujet: Re: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   Jeu 1 Nov - 0:00

Do you think flying can save you little bird ?
Well, you're wrong because you have no wings, only legs, so run with them.

Le froid, encore et toujours ce froids intenses, horrible, à vous geler jusqu’au plus profond de la moelle épinière. Si j’ai compté correctement, cela fait 9 jours que je suis dans l’arène. Je me suis repérer grâce à certains moment que j’ai passé avec certaine personne. Le 1er jour, c’était le bain de sang, le second, l’alliance avec Titus et la mort de Blythe. Le troisième, ma rencontre avec Sagitta, le quatrième, la mort de Titus et ma vengeance que j’ai malheureusement pas pu effectuer de moi-même. Certes, il est mort maintenant, et il l’a bien mérité, mais, je crois que j’aurai été plus heureuse encore si ça avait été moi qui l’aurai tué. Le 5ème jour, il ne sait rien passé, Sagitta et moi sommes resté dans la Corne toute la journée, à mieux se connaitre l’une l’autre et à s’apprécier. Le 6 ème jour a été le pire de tous. Le festin et la mort de mon alliée. Je ne sais même pas ce qui m’a pris se jours-là, mais je lui ai chanté une chanson et je l’ai même embrassé. Pas sur la bouche bien sûr, mais sur le front, comme le font des sœurs lorsqu’elles se disent au revoir. Ce jour-là, je sais que j’ai bravé le Capitole et que moi ou ma famille allait le payer un jour. Ensuite, le 7ème jour, rien ne se passa, juste le silence et le froids toujours présent. Le regret aussi, car j’avais le médicament pour la sauver, j’aurai pu le lui administrer, si je n’avais été aussi lente lors de ma réaction. Peut-être serai-elle à mes coter en ce moment si j’avais été plus rapide ?

Puis, le 8 ème jour, le jour où Gemma m’a encore filé entre les doigts, et que Frenchie mourut. Depuis ce jour-là, je sais que j’ai toute mes chances pour rentrer à la maison. Et puis il y a aujourd’hui, le grand final, je le sens. Déjà parce qu’en me réveillant, j’ai sentie de petit vibrations provenir du sol, signe que les Jeux se termineront dans quelques heures.

Cette nuit, j’ai marché, je suis allé jusqu’au plus profond de la forêt, au pied de la montagne. Je m’étais acculé contre un rocher et sombré dans le sommeil, et dans mes cauchemars, je voyais Sagitta mourir des milliers de fois, chacune différente, et où je restais impuissante, jusqu’à ce que je sorte de mes rêves, réveiller par lesdits tremblements.

Désormais je marche, le plus long possible de la montagne, mais jamais en direction de la Corne. Elle me rappelle trop de souvenir, et pourtant, je suis presque sûre que la Grande Finale se terminera là-bas, ce qui sera un grand avantage pour mes deux ennemis, car émotionnellement, je sais que je serais la plus faible, la plus dérouté, et donc, la moins concentré. Mais je reste et resterai, la plus entraînée, la plus prête pour ce moment, et donc, la prochaine gagnante.

Le froid me ramène durement à la réalité, et malgré l’armure que le Capitole ma fourni, je n’ai pas plus chaud qu’avant. Je me demande ce que font mes sponsors en ce moment, peut-être en train de dormir, peut-être pas. Ici, tout est différent qu’au District 1 ou au Capitole. On ne voit jamais le soleil, et pour 2 d’entre nous, nous ne le verrons plus jamais. Je ne me rappelle pas quand est la dernière fois où j’ai pris le temps d’observer un coucher de soleil, surement il y a des semaines, même avant de m’être porté volontaire. J’aimerais bien sentir une dernière fois l’herbe sous mes pieds, la chaleur du soleil sur mes bras dénudée et l’eau fraîche et pourtant si rafraîchissante sur mon visage, de façon à ce qu’elle ne se transforme pas en glace. Mais je sais que tout ça est terminé. Je le sais, parce que la plus grosse avalanche qu’il m’est jamais été donné de voir fonce droit vers moi. Avec un peu de chance, je pourrais y échapper.

Ou pas.


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MessageSujet: Re: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   Lun 5 Nov - 15:11




Pour cette dernière nuit dans l'arène, Gemma décida d'abandonner ses habitudes et de se coucher tôt. Il n'y avait pas besoin d'attendre l'hymne et l'annonce des victimes du jour, puisqu'elle les connaissait déjà. Frenchie et Lucas. Tous deux, morts. Désormais, ils n'étaient plus que trois. Trois à pouvoir réclamer la victoire. Elle, Glamoria, et le garçon du neuf. Elle ne savait absolument rien de ce dernier. Son visage, son comportement... son score encore moins. Devait-elle le craindre ? Était-il plus redoutable que Glamoria ? Elle le découvrirait bien assez tôt de toute manière.

Pour l'heure, la seule chose dont elle devait se soucier était de trouver le sommeil. L'hymne l'avait jusque là aidée à s'endormir, en lui rappelant qu'il existait autre chose au-dehors, que le monde ne se résumait pas à cette arène infernale, et que ces Jeux avaient une utilité. C'était un repère, une preuve que le temps s'écoulait bel et bien. Car perdue au cœur de ces montagnes glaciales plongées dans une nuit éternelle, qu'est-ce qui lui prouvait qu'elle n'avait pas juste sombré dans la folie ? Rien. Et plus le nombre de tributs diminuait et plus le doute, lui, grandissait. La solitude, malgré la protection qu'elle apportait, était retorde. Sans personne avec qui échanger, rien ne lui prouvait qu'elle n'était pas seule au monde, malade, ou même morte. Les perdants pouvaient-ils subir un châtiment pareil, celui d'errer à jamais dans l'arène en craignant à tout instant une mort qui leur était déjà tombée dessus ?
Elle n'en savait rien, et devait se raisonner : tout n'était pas si figé que ça. Les aurores boréales apparaissaient dans le ciel pour disparaître quelques heures plus tard, la météo variait d'un jour à l'autre. Elle n'était pas folle. La mort de Frenchie, la veille, ne pouvait pas être une invention de son esprit, elle avait semblé bien trop réelle. En y repensant, Gemma ressentait encore la douce brûlure des flammes sur ses vêtements et sa peau, en parallèle de la sensation d'étouffement, des cendres bloquées dans sa gorge... Il était impossible d'imaginer pareille scène. Tout ce qui l'entourait était réel. Elle ne pouvait en douter.
Sur cette dernière conviction, Gemma lâcha prise et s'abandonna au sommeil.

Le train file à toute allure vers le ciel. La foule de passagers s'agglutine aux fenêtres, éblouis par un tel spectacle. C'est magique. Ce voyage est magique. BOUM. Une légère secousse ébranle l'appareil et tout le monde se regarde, étonné. Personne n'a jamais pris de train volant, personne ne sait si cet ébranlement est normal ou pas. Alors on hausse les épaules. Tant pis, hein.
BOUM.
Une seconde secousse et à l'extérieur quelque chose a changé. Le ciel est brusquement devenu rouge. Mais les autres personnes ne le voient pas. Ils s'étonnent pendant quelques instants puis reviennent à leurs préoccupations premières. Des rires résonnent. Des rires et des pleurs. On crie. « Est-ce que les Jeux ont déjà commencé ? » Personne ne veut rater le bain de sang.
BOUM.
Troisième secousse. Mais cette fois, le train ne s'en remet pas tout de suite. Les sièges tremblent encore après une, deux, trois secondes, et cela continue. Il y a un problème.
BOUM.


Cette quatrième secousse parvint enfin à extirper Gemma de son sommeil. Des craquements atroces retentirent tout autour d'elle. La première pensée qui lui traversa l'esprit fut que l'arène s'effondrait sur elle-même. Puis les souvenirs lui revinrent. Ils n'étaient plus que trois tributs encore en lice. Trois tributs dispatchés dans toute l'arène. Et quoi de mieux qu'un lot de cataclysmes pour réunir ce petit monde ?
Le cœur battant la chamade, Gemma fourra ses plus précieuses affaires dans son sac à dos et observa ce qui l'entourait pour décider de ce qu'il fallait faire. Un brouillard épais l'empêchait de bien y voir mais les tremblements de terre étaient de mauvaise augure. Dans ces montagnes arides où elle s'était réfugiée, rien ne pouvait retenir la neige si des avalanches venaient à se déclencher. Elle devait redescendre vers le lac, et vite.

Courir. Ni trop vite pour ne pas chuter, ni trop lentement pour ne pas finir ensevelie. Courir vers le lac en espérant que rien de trop grave ne s'y passe.
Gemma perdit rapidement la notion du temps. Tout était si blanc, trop blanc. Elle essayait de ne pas trop réfléchir, de se concentrer sur sa course pour ne pas trébucher. La panique manquait de la submerger à chaque pas, mais elle l'ignorait. Avancer, toujours avancer. Ne pas penser que ce jour serait peut-être son dernier. Ne pas penser à toutes les créatures qu'elle était susceptible de rencontrer à tout instant. Ne pas penser aux autres tributs qui pouvaient se cacher dans l'ombre en attendant le bon moment pour l'achever...

Arrivée enfin au bord du lac, elle s'autorisa un répit. Son visage, ses bras, ses jambes, tout son corps la faisait souffrir. Elle aurait tant voulu se laisser tomber là et ne pas se relever avant plusieurs heures. Mais la peur était encore trop présente, et bien plus forte que sa fatigue. Un dernier regard vers l'arrière et elle s'élança sur le lac, à une allure plus modérée. Le sol ne tremblait plus, le brouillard était moins opaque que dans les hauteurs. Au bout de quelques minutes néanmoins, un grondement dans son dos l'obligea à se retourner. Elle ne vit rien et continua sa route, inquiète. La glace sous ses pieds commença alors à bouger. Les plaques se fissurèrent, certaines se faisant ensuite engloutir par les eaux mouvementées. Gemma ne comprit ce qu'il se passait que lorsqu'une de ces plaques, plus large qu'une maison, disparut à quelques dizaines de mètres d'elle, en dévoilant un immense tourbillon. Elle ne réalisa pas de suite ce que cela signifiait pour elle, il fallut pour cela que la plaque de glace qu'elle était en train de traverser commence à se déplacer vers le centre de la tornade aquatique. Une décharge de panique la traversa et elle pivota pour se diriger dans le sens inverse de la plaque, espérant retrouver la banquise, qu'elle espérait plus solide.

Tremblements de terre, avalanches, tourbillon... A ce rythme, l'arène ne ressemblerait rapidement plus à rien. Et comme si cela ne suffisait pas, une vague haute de plusieurs mètres venaient de se former plus loin à l'ouest et se dirigeait dans sa direction. Fuir semblait la seule solution, encore une fois. Direction l'est, vers les falaises.



Gemma ❖ You can't forget but you can move on
 


To know more about my life...*

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MessageSujet: Re: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   Mar 12 Mar - 21:56

ouuuuh i'm a looser baby
so why don't you kill me?

BOUM.
Je pouvais les entendre moi aussi, ces craquements flippants. Combien de temps encore avant que la terre ne s'écroule sous nos pieds? Avais-je seulement une chance de m'en sortir, encore? Une chance. Tout ça n'était rien que de la chance. Pas une seule fois dans cette arène je ne m'étais battu. J'étais un lâche, mais j'avais de la chance. Tout ça, tous ces morts... je n'y étais pour rien. Sauf pour Silka. Elle était morte parce que j'étais un abruti égoïste avec une chance de dingue. Pourtant, assise devant moi dans la neige blanche, elle ne semblait pas m'en vouloir terriblement. "C'est toi qui décide de ce qu'on fait hein. Moi je te suis juste." J'observais ma femme avec un regard vide. Les alliances en branchages qu'on s'était fabriqué lors du premier jour tenaient encore, mais celle de Silka menaçait de s'arracher tandis que la mienne m'écorchait les doigts. Nous nous étions marié pour rire, sans penser qu'on en finirait là. Pour tout dire, elle était le cerveau de chacune de nos opérations, et jamais je n'aurai pensé vivre plus longtemps qu'elle. Surtout pas dans cette arène de froid, de glace, de tristesse. Je n'étais pas fait pour ce monde là. Elle était la glace. Moi j'étais le feu.

Au loin, des montagnes de neige commençaient déjà à s’effondrer. Je sentais la panique venir, me transcender sur place, mais j'étais incapable du moindre mouvement. Et dieu! ce que j'avais envie de pleurer. Qu'aurait fait Silka? Désormais, je n'essayais plus d'agir par moi-même. J'avais compris depuis longtemps que je n'étais utile à rien, seul. J'avais besoin d'elle comme jamais.

Le coup que j'avais reçu sur la tête pendant ma dernière bagarre m'avait bien amoché. Je savais qu'elle était morte. Alors pourquoi m'apparaissait-elle aussi clairement aujourd'hui? Et où était-elle passé pendant les deux derniers jours? J'avais besoin d'elle aujourd'hui, parce que je sentais que le jeu approchait la fin, mais j'ignorais quels étaient les derniers candidats, et combien nous étions. Deux, ou trois tout au plus, certainement, sinon ils n'auraient pas déclenché la finale. "Je veux pas te presser ni rien, hein.. mais  quand même, essaye d'accélérer un peu si tu veux pas finir étouffé par... JE SAIS PAS MOI, CINQ CENT TONNES DE NEIGE !" Sa jolie voix transperçante me fit à nouveau sortir de mes rêveries. Je la fixai, le regard toujours vague, mais je vous jure que j'essayais de ressentir quelque chose, et de me sortir de cette léthargie insupportable. "Aide-moi..." murmurai-je faiblement. Elle s'avança vers moi, d'un pas léger et sûre d'elle, comme d'habitude. Mais ses pieds nus ne laissaient aucune trace dans la neige fraichement tombée. Elle n'était qu'un rêve, qu'une illusion. Son visage se tenait à quelques centimètres seulement du mien. Son bras se leva, trop rapidement pour que je puisse comprendre ce qu'il m'arrivait. Sa main, tendue, ses doigts fermés. Sa main, s'éclata sur ma joue droite avec une force impensable pour une si petite fille, et si elle avait été réelle, j'aurai eu mal. Très mal.

La douleur était tout de même là. Ce n'était pas la première fois qu'elle me giflait, j'en avais l'habitude -sinon je ne l'aurai pas rêvé. Mais cette fois ci était différente. Cette fois, je me l'infligeais moi-même... J'avais comme un pincement au cœur. Et quelque part, un espoir. Une force invisible qui m'obligeait à me relever, à prendre mon courage à deux mains et m'échapper de cet endroit avant qu'il ne soit trop tard.

Mes doigts attrapèrent les siens. C'était comme toucher le vide, mais c'était mieux que rien. Elle était ma force. J'essayai de réfléchir aussi vite qu'il le fallait. Mais qu'est-ce qu'ils veulent à la fin...? La seule solution possible était effroyable. Cette solution m'apparaissait comme une évidence, mais elle me fit froid dans le dos. "Ils essayent de nous rapprocher... ils veulent qu'on s'entretue. Ils veulent nous réunir!" dis-je à Silka, essoufflé. "Je sais." Évidement qu'elle savait. Elle était moi. J'étais elle. Je pouvais lui faire dire ce que je voulais, tant que ça me rassurait. "Il faut aller vers les falaises, n'est-ce pas?" Elle hocha la tête. Le lac était probablement déjà recouvert de neige. Quoi que, il était positionné derrière les montagnes, mais ç'aurait été trop simple. Ils avaient du trouver autre chose pour l'occuper ; un tsunami, des vagues, des tourbillons... Il fallait que j'aille vers le nord. Les falaises représentaient l'endroit le plus dangereux de l'arène, et le lac avait déjà trop été occupé. Les habitants du capitole devant me prendre pour un imbécile désormais - si ce n'étais pas déjà le cas. Je parlais tout seule, je tenais la main à un fantôme. S'ils n’interprétaient pas cela comme les premiers symptômes de la folie, ils me trouveraient au moins un quelconque déficit mental. Mais ça n'importait pas. Si j'avais une chance de m'en sortir, j'avais besoin d'elle. Je me mis à courir de toute mes forces, aussi vite que possible, sans regarder derrière moi. C'était trop douloureux, je savais déjà à quel point l'avalanche était imposante. Pas besoin de me ralentir en regardant derrière.

Les premiers arbres annonciateurs de la forêt se faisaient voir. J'avais la chance d'avoir un sens de l'orientation assez correct, et si ma mémoire était bonne, il n'y avait qu'à longer la première tranchée pour accéder aux falaises.

Le sol se mit à craquer sous mes pieds, menaçant de s'écrouler, m'emportant avec. Putain, ils le font exprès ou quoi... ils veulent vraiment que je meurt de trouille ces bâtards! ça, je ne pouvait pas le dire à voix haute. Autrement, je pouvais déjà dire adieu à ma mince chance de survie. Des yeux rouges éclatèrent alors devant moi. Et un ours, je veux dire, VRAIMENT, un ENORME OURS se dressa devant moi. C'est pas ma veine aujourd'hui.... Je stoppai net. Que faire... "Accroche toi à son cou et fait comme si t'étais sur une des gazelles du D9! Un sourire traversa mon visage. Un vrai sourire cette fois, en repensant aux conneries qu'on avait pu faire, Silka et moi. J'avais bien failli mourir ce jour où elle m'avait défié de grimper sur un cerf. Mais pour elle, je m'y étais donné à fond. Alors que là, j'étais mort de peur. C'était tellement plus facile lorsqu'il s'agissait de notre jeu... Le jeu...mais oui! Je n'avais qu'à prétendre qu'il n'était pas fini. On s'était toujours dit que nos caps se termineraient lorsque l'un d'entre nous mourrait... mais si ce n'était pas vrai? Et si le jeu continuait malgré la mort? Avant que j'aie le temps d'envisager une stratégie pour dompter la bête, une nouvelle vision m'apparut.

"Hé, qu'est-ce que je t'ai appris sur les mutations génétiques, crétin? Le grognement désespéré de mon mentor, Sergei, me fit reculer d'un pas. Je clignai les yeux, creusant mon cerveau pour voir ce à quoi il faisait référence. "Elles seront toujours plus rapides que toi, toujours plus fortes, elles sont commandées par le capitole, ce sont des bêtes mortelles et furieuses, des créatures qui ont été conçues génétiquement pour servir d'armes comme les guêpes tueuses..." récitai-je à toute hâte, faisant appel à ma mémoire profonde pour me remémorer les cours que j'avais eu avec le pacificateur avant les Hunger Games. "Mais encore?" Mais encore?? ils se foutait de ma gueule ou quoi, il pouvait me donner la réponse, non? plutôt que de m'obliger à perdre mon temps. "Non je peux pas, crétin. J'suis une illusion, tu te souviens? t'es seul dans cette merde mon gars, alors réfléchis!" Mon ventre commençait à me faire mal, tant j'étais stressé. L'ours continuait de m'observer, en poussant des grognements terrifiants lorsque je bougeais. "Heu, elles incorporent une déformation psychologique perverse destinée à terrifier leur victime!" me rappelai-je soudain. Un sourire fier étira les lèvres du vieux mentor, et il disparut aussitôt. "Mec, nan, revient putain j'ai besoin de toi... Heuu, chacune ... chacune de ces mutations se repose sur un sens en particulier! La vue, l'ouïe ou l'odorat, pour déranger l'individu qu'elle souhaite détruire... " J'étais sûr d'avoir la bonne réponse là, c'était une intuition. Mais un morceau du raisonnement m'échappait encore.

Derrière moi, l'avalanche menaçait encore. Je n'avais que quelque seconde pour réagir. Comment me débarrasser de cette foutue mutation?
Mutation.
elles incorporent une déformation psychologique perverse destinée à terrifier leur victime... Pourquoi n'étais-je pas terrifié alors? La réalité s'imposa en moi comme une évidence. Cette foutue bestiole n'était pas du tout une mutation génétique.
Je rigolai malgré moi, à la fois soulagé et terrorisé par le fait qu'un ours était tout de même une créature sanguinaire. Avec tous ces morts dans les parages, j'avais réussi à ramasser pas mal d'armes pour me défendre. J'avais sur moi deux trois petites couteaux et deux flèches. J'étais un très mauvais archer, mais je me débrouillait plutôt bien lorsqu'il était question de lancer les flèches à main nues. La première atterrit sans beaucoup de conviction dans son oreille droite. J'avais visé l’œil. Ce qui sembla énerver fortement la bestiole. Elle s’agita, gronda, et poussa un grognement strident, la gueule grande ouverte. D'en bas, je voyais très bien la quantité de bave qu'elle contenait, ses dents crochus et les petits morceaux de viande de son dernier repas encore coincés dans ses canines. brrr. J'allais finir mort. Comme de la viande. Ou pire, enseveli sous des nappes de neige froide.

Un cri de fille se fit entendre. Glamoria frissonnai-je en reconnaissant la voix de cette saleté de rousse que j'avais déjà croisé plusieurs fois. Sa tignasse apparut. Elle courrait aussi, vers les falaises. Elle était encore loin derrière moi, mais l'avalanche menaçait de plus en plus. Il faut que je me casse d'ici tout de suite... L'ours sembla conscient du danger. Dans un rugissement, il tourna les pieds et de mis à courir vers le bas des montagnes. Le pauvre. Il ne devait pas avoir faim, sinon il n'aurait pas attendu pour m'avaler. Et il ne connaissait visiblement pas la logique des juges, sinon, il ne serait jamais parti vers le lac, ou encore plus de danger l'attendait. Je courrais. Plus vite encore. Plus vite que jamais. Parce que ma vie en dépendait.


Dernière édition par A. Loa-Skann Skopje le Jeu 1 Aoû - 18:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   Jeu 14 Mar - 23:22

Do you think flying can save you little bird ?
Well, you're wrong because you have no wings, only legs, so run with them.

Tu cours, encore et toujours, jusqu’à ne plus avoir de souffle. Au creux de tes mains, ta gourde d’eau semble avoir repris sa forme liquide à l’intérieur, tellement tu la sers fort. Tu sais que tu n’as plus rien à perdre, à part la vie, mais c’est une chose insignifiante face à cette promesse que tu te faites à toi-même, c’est-à-dire gagner pour Sagitta. Et tu dois le faire. Enfin, tu espères quand même que Primaël lui rendra un petit hommage si tu meurs.

Non Glamoria, arrête de penser à ce genre de chose, tu es la meilleure, tu vas gagner, point barre. Tu te trouveras un talent spécial et tu rendras hommage toi-même à Sagitta, ce n’est pas discutable. Imagines un peu ce qu’elle dirait. En fait non, elle ne dirait rien. Elle ne t’a jamais considérée comme une amie, contrairement à toi. On t’appelait la Reine de Glace au District 1 ? Eh bien, tu as trouvé ton maître. Elle ne parlait que très peu souvent, après qu’elle t’est tout racontée de sa vie, mais toi, tu parlais constamment, toujours besoin de dire quelque chose, de t’exprimer. Seulement voilà, tu n’ouvrais pas la bouche pour dire des éloges du capitole, non, au contraire.

Tu avais ouverts les yeux n’est-ce pas ? Tu avais vu toi-même Titus se suicider, tu as alors compris ce que tout cela voulait dire. Tuer, ou être tué, c’est simple. Tu as compris le monde infâme et cruel dans lequel tu vis. Et le pire dans tout cela, c’est que jamais personne ne se souviendra de toi si tu meurs maintenant. Tu ne seras rien d’autre que la fille du district 1. Avec un peu de chance, ils se souviendront de toi grâce à ta chevelure flamboyante, mais étonnamment, tu n’y crois pas.

Et dire qu’il y a encore 3 semaines tu rêvais de gloire, tu t’entrainais sans relâche, et tu ne faisais guère attention à Primaël. Désormais, avec cette putain d’avalanche au cul, tu te dis que tu aurais peut-être du moins t’entrainer et passer plus de bon moment avec ce garçon. Peut-être que ce baiser n’aurait pas été le premiers alors. Peut-être, que tu ne te serais pas porter volontaire, et tu serais restée sagement à regarder les Jeux dans ton salon ou sur la Grande Place. Oui, tout aurait changé, mais avec des peut-être, on pourrait mettre le Capitole en bouteille.

Le brouhaha assourdissant de l’avalanche te font revenir à tes esprits, de plus, tu viens d’arriver dans la forêt. Des branches t’éraflent le visage et te le lacèrent. Tu sens le sang sortir de tes veines tout doucement, et une goutte roule sur ta joue. C’est étrange, elle a la même consistance qu’une larme, on pourrait presque croire que tu pleures du sang dis-moi. Quel bel effet mélodramatique tu nous fais là. Le spectacle jusqu’au bout, n’est-ce pas ? Comment ça jusqu’au bout du bout du bout ?

Quoi qu’il en soit, tu continues à courir, sans perdre haleine. Tu n’as jamais eu aussi chaud de toute ta vie, alors que c’est sans doute l’Arène la plus froide de toute l’histoire des Jeux. Quelle aubaine ! Tiens, pendant que tu y penses, ils n’auraient pas pu faire une Arène un peu plus standard les Juges ? Histoire d’avoir au moins une stratégie. Nan, parce que là, je ne vais pas dire, mais pour l’instant, t’as rien foutu. T’as tué personne ! Comment veux-tu avoir le moindre sponsor ? Oh et puis j’abandonne moi, t’es trop pessimiste !

Alors que tu avances toujours plus vite au cœur de la forêt, tu entends un autre bruit totalement différent de la monotonie de l’avalanche. Par réflexe, tu tournes la tête, et tu finis par le voir, là, à quelques centaine de mètres devant toi. Loa-Skann. Putain, il est encore en vie lui ?

Tu pousses un hurlement de douleurs. Merde, tu t’es pris le pied dans une racine, et tu t’es surement fait une entorse au pied. Bah bravo moi je dis. Si ce n’est pas du beau travail ça ! Se blesser quelques heures/minutes avant la fin des Jeux. Franchement, tu n’aurais pas pu faire mieux. Le pire c’est que l’imbécile du 9 t’as repérer. Trop tard pour lui lancer un couteau par surprise maintenant. En plus il coure comme une gazelle ce fils de p*** alors que toi tu cours comme un vieux lion tout dégarnie. Pfff, en plus t’es même pas bien coiffée.

Tentant alors le tout pour le tout, tu essaies de lancer quelques couteau sur le tribut mais la distance plus la course fout que tu rate ta cible. Par 3 fois en plus. Zut alors, ce sont des couteaux gâchés pour rien.

Puis, tu entends le vacarme de l’avalanche et tu regardes derrière toi. Grosse erreur, immense erreur même. Car si tu veux rester en vie, tu as intérêt à lui ressembler à la Gazelle, sinon c’est un aller simple pour les Enfers qui t’attends, sois en sûre.


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MessageSujet: Re: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   Dim 24 Mar - 16:35




La glace fuyait à chacun de ses pas, craquait, éclatait. Le vent lui giflait, griffait, lacérait le visage. Et pourtant, elle courait. Toujours plus vite, toujours plus loin. Loin du chaos et de la peur, vers un endroit sûr. Vers un endroit où elle serait bien. Elle ne cherchait que ça. Elle ne pensait qu'à ça. Ses pensées s'étaient ratatinées jusqu'à ne plus former qu'une bille de volonté pure. Courir droit, sans ralentir, jusqu'à atteindre les falaises. Car entre les avalanches dans les montagnes, les tremblements de terre et les raz-de-marrée, il n'y avait pas de place pour le doute.

Pied droit. Pied gauche. Pied droit. Pied gauche. Bond en avant pour franchir une fissure traitresse. Réception sur pied droit. Et de nouveau pied gauche.
Plus aucun autre son que celui de ses pas sur la glace ne lui parvenait. Le vent n'était plus qu'une pression constante sur ses jambes, ses bras et son visage. Elle avait renoncé depuis longtemps à respirer par le nez, et gardait désormais la bouche grande ouverte. Elle ne ressentait plus rien de toute manière. Seuls ses yeux avaient conservé leur acuité, mais à quoi bon dans ce paysage plus sombre que la nuit d'encre qui le surplombait ? L'aurore boréale qu'elle avait vaguement entrevue en se levant, des heures plus tôt, s'étaient dissipée en quelques minutes. Il ne restait plus que les étoiles et la lune pour la guider.

Le temps n'avait plus d'emprise sur elle. Sa course était un miracle sans fin.
Son corps était comme mort, ses muscles et articulations ne répondaient plus. L'ensemble ne tenait debout que par réflexe. Et si Gemma ne s'arrêtait pas, c'est qu'elle avait oublié comment faire.

Elle ne prit conscience de ses tremblements qu'une dizaine de mètres avant la chute. Et cette prise de conscience signa sa fin. Sans avertissement, la force extraordinaire qui la maintenait debout cessa brusquement d'agir. Gemma s'effondra au sol tel un pantin dont on aurait coupé les fils. Le visage enfoui dans la fine pellicule de neige qui recouvrait la banquise, elle luttait pour respirer. Ses membres continuaient de remuer, indépendamment de sa volonté.
Elle parvint finalement, non sans efforts, à s'allonger sur le dos. Les spasmes reprirent de plus belle.

Elle ferma les yeux. Le monde, l'Arène, la banquise, tout disparut du même coup. Il ne restait plus qu'elle. Aucune odeur. Aucun goût. Rien d'autre que le froid et ce presque silence, brisé seulement par le battements régulier de son cœur contre sa...
Elle cligna des paupières et se redressa. Un cœur qui bat ne faisait pas ce bruit.

Gemma se mit à ramper en direction de ces bruits, incongrus au beau milieu de la banquise. La seule explication était qu'elle ne se trouvait pas au beau milieu de la banquise.
Tout en avançant à quatre pattes, elle put apprécier la stabilité du sol, son aspect lisse et sa solidité. L'espoir revenait petit à petit.

Le trajet fut cependant plus loin que ce à quoi elle s'attendait. Elle commençait à envisager de faire une pause lorsque ses doigts rencontrèrent le vide. Sous l'effet cumulé de la surprise et du déséquilibre, Gemma s'étala de tout son long.
Alors elle comprit.
Avec précaution, elle se redressa et recula d'une bonne dizaine de mètres. Le brouillard lui empêchait d'y voir parfaitement mais elle savait où elle se trouvait.
Elle était arrivée.



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MessageSujet: Re: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   Jeu 18 Juil - 20:57

ouuuuh i'm a looser baby
so why don't you kill me?

L'existence de Dieu me paraissait désormais bien impossible. Si un quelconque être divin existait, il ne laisserait certainement pas ce genre d’événement se produire. Il ne laisserait pas vingt-quatre âmes purement innocentes s’entre-tuer dans une arène faite pour distraire une petite partie de la population. A moins que nôtre cher Dieu soit raciste, et qu'il privilégie les riches comme tout le monde, il ne pouvait simplement pas être réel. Je refusais d'y croire.

Ma vie entière avait été bâtie sur de la chance. Mais aujourd'hui, je ne pouvais m'empêcher de penser que c'était la dernière fois qu'elle me souriait. J'allais crever, c'était évident. Et je n'arrivais plus à réfléchir, et le moindre mouvement que je faisais me donnait envie de crier de douleur, et j'avais envie de m'arracher les cheveux, et j'avais désespérément froid, et désespérément besoin de manger quelque chose, et désespérément besoin d'aide. Alors, il fallait que Dieu existe. Seulement pour une journée, j'avais réellement besoin de lui. « Espèce de crétin, concentre toi, et arrête de penser que t'es un incapable. » Sa voix me fit des frissons dans le dos. Elle ne mâchait pas ses mots, à l'heure où j'avais franchement besoin d'un peu de compliments. Mais elle était elle, Silka, alors à quoi bon revenir d'entre les morts si ce n'était pas pour rester naturelle ?  « Mais c'est ce que je suis pourtant, un bon à rien... » Des larmes de peine coulaient le long de mon visage, mais elles ne toucheraient jamais le sol. Elles congelaient au contact glacé de ma peau. Et pleurer, ce qui normalement me soulageait, me faisait encore plus mal.  « Oui, Skann, tu es un crétin fini, mais maintenant tu vas regarder derrière toi, prendre conscience du danger qui t'attend si tu ne cours pas vers les falaises dans trente seconde, et tu vas me suivre d'accord ? » Il n'y avait plus aucun doute ; j'étais devenu fou. Je ne sentais plus mes orteils, et je voyais Silka clairement, je pouvais même la toucher alors que je l'avais vu mourir. Peut-être qu'au fond, j'étais déjà mort aussi, et que j'avais atterri en enfer. Ici, dans l'arène même qui m'avait vu disparaître, avec tous ces démons qui ne cesseraient de me hanter jusqu'à la fin de l'éternité. Mais Silka.... Non, si elle était bien là, c'est que j'étais du côté des anges. Obéissant à ses ordres, je regardai derrière moi. Glamoria ! Si j'étais bien mort, j'en conclurais que le paradis et l'enfer n'existaient pas ; on ne pouvait simplement pas détenir ces deux rousses là au même endroit. L'une reflétait l'espoir, l'amour, la persévérance, alors que l'autre n'était qu'impureté, violence, haine, et méchanceté. Elle n'était qu'à une trentaine de mètre de moi. J'avais pris de l'avance sur elle, et elle devait être sacrément fatiguée car ses couteaux me ratèrent à chaque fois. Encore une histoire de chance, peut-être. Je ne l'avais jamais vu rater sa cible à l’entraînement. Mes jambes me portaient d'elles même. J'ignorais d'où me venait ce soudain élan d'énergie, mais pour l'heure, il était hors de question que j'abandonne. Je devais continuer, au moins pour Silka. Et si la finale était proche... Je ne savais même pas qui était encore en vie. Combien étions nous ? Peut-être bien qu'il ne restait que Glamoria.
Un coup d'oeil en arrière... je ne pouvais pas m'en empêcher. Et à l'instant même où mes yeux se posèrent sur la rouquine, je regrettai ce mouvement. Elle disparût en quelques secondes, avalée par la neige, et même si c'était une infâme personne, j'avais de la peine pour elle. J'avais le souffle coupé, j'étais terrorisé, mais l'énorme boule d'adrénaline qui me restait me permit d'atteindre les falaises avant que je ne sois moi-même rattrapé par la glace. J'étais hors d'atteinte ici, hors de danger.

Un coup de canon résonna. Elle était bien morte. Et j'espérais qu'elle soit la dernière.
Il fallait qu'elle le soit.

Je m'écroulai au sol, épuisé, vidé de tout sens. J'attendais qu'on vienne me chercher.
Après tout, j'avais gagné, non ?


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MessageSujet: Re: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   Mar 23 Juil - 17:33




Les falaises. Elle les avais atteintes, finalement.
Victime d'une vague de soulagement, Gemma se laissa glisser au sol. Elle ne savait pas combien de temps elle avait couru, ni quelle distance elle avait parcourue. Mais peu importait. Elle l'avait fait. Elle avait échappé aux cataclysmes qui harcelaient l'Arène, et s'était retrouvée au seul endroit où rien ne pourrait l'atteindre. Plus d'avalanche. Plus de tourbillon. Plus de raz-de-marrées. Rien que la glace, solide et stable. Et l'eau. L'eau qu'elle avait aperçue en parvenant au bord du promontoire gelé. L'eau qui s'étendait à perte de vue, si loin qu'il paraissait impossible que cet océan ne soit pas naturel.

Un moment, elle resta immobile à fixer l'horizon. Cette vision l’apaisait. Les Jeux n'étaient pas finis, il avait beau rester deux autres tributs encore en vie... Là, dans cette arène, après neuf jours d'enfer, elle se sentait bien. Pas heureuse, il ne fallait pas exagérer. Mais elle n'avait plus peur, et c'était déjà beaucoup.

C'est alors qu'un coup de canon résonna, brisant cet instant de quiétude. Un coup de canon. Un mort de plus. Un adversaire de moins. Ils n'étaient maintenant plus que deux tributs encore en vie. Elle et Glamoria. Ou bien elle et le garçon du neuf. Aucun moyen de le savoir, à part attendre la nuit et l'annonce des morts du jour. Mais quelque chose lui disait que les Jeux n'iraient pas jusque là.
Désormais, elle n'avait qu'à attendre. Pas question de bouger et risquer de tomber dans un piège. Alors, elle fit glisser son sac de son dos et entreprit de dévorer ses dernières provisions. Un lambeau de viande séchée, quelques miettes de gâteau... Ce n'était pas énorme, mais comparé aux rations qu'elle s'était accordées au cours des précédents jour, ce casse-croûte s'apparentait à un festin.

Gemma buvait sa dernière gorgée d'eau quand elle aperçut du mouvement au loin. Une silhouette. Glamoria ou le garçon ? Elle n'en avait aucune idée, la personne se trouvait à une trop grande distance. Rapidement, Gemma rangea ses affaires, puis se releva. Elle hésita un moment à laisser le sac sur place, mais décida de l'emporter malgré tout. Il n'était pas très encombrant, et renfermait sa trousse médicale qui pouvait toujours s'avérer utile.
La jeune fille releva les yeux et, là où se tenait le tribut non-identifié une seconde auparavant, elle ne distinguait maintenant plus rien. Méfiante, elle plissa les yeux, et remarqua une tache sombre au sol. Était-il... tombé ? Elle attendit. Cinq. Quinze. Trente secondes. Peut-être était-ce un piège. Peut-être était-ce une opportunité. Elle délibéra encore une minute avant de se décider à aller voir.

Alors qu'elle marchait, Gemma ouvrit sa veste et en extirpa le couteau de Glamoria qu'elle avait volé sur le corps de Frenchie. La lame encore sale du sang de la tribut du douze, il était bien plus aiguisé que celui de Lily. Bien plus dangereux. C'était là sa première vraie arme depuis le début de ces Jeux. La tenir lui donnait un étrange sentiment de puissance. Avec ça, elle pourrait tuer, et par là, gagner.

Elle continuait d'avancer en direction de la forme aplatie contre le sol. Bientôt, elle fût assez proche pour reconnaître le tribut. Ou justement, ne pas le reconnaître. Car ce n'était pas Glamoria que Gemma avait en face d'elle. C'était l'autre. Le garçon du neuf dont elle n'avait aucun souvenir antérieur à leur entrée dans l'arène. Avait-il tué Glamoria ? L'avait-elle blessé mortellement ? Gemma s'approcha encore d'avantage jusqu'à ne plus être qu'à un mètre de lui. Il respirait fort, et était visiblement épuisé.
Sans plus hésiter, Gemma bondit et s'assit sur son dos, les pieds de part et d'autres du corps, contre les bras du garçon, pour l'empêcher de les bouger.
Elle appuya alors le bout du couteau contre sa doudoune, dans son dos, juste au dessus du cœur. Elle ne doutait pas que la lame puisse s'y enfoncer.
Sur le point d'en finir, Gemma céda à un dernier caprice. Avec précaution, elle se pencha vers l'avant puis, comme s'il s'agissait d'un simple constat, murmura à l'oreille du garçon : « Tu vas mourir. »



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MessageSujet: Re: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   Mar 23 Juil - 20:11

ouuuuh i'm a loser baby
so why don't you kill me?

Une seconde passa avec un gout d’éternité. Puis deux. Et trois. Et le garçon pu compter jusqu'à trente comme ça. Ensuite il s'arrêta de compter; c'était trop douloureux, trop épuisant. La fin était venue, mais quelque chose ralentissait sa sortie. Quelque chose dont il ignorait tout. Pas de voix dans le micro annonçant son succès, pas d’hovercraft flambant neuf venant le récupérer. Tout ce qu'il sentait c'était ce froid insupportable, transformant peu à peu son corps entier en glaçon. Sa face brûlait tant le sol était congelé, et ses doigts allaient bientôt tomber; le sang ne passait plus. Il ferma les yeux, tentant de calmer les battements effrénés de son petit cœur, et se remit à compter.

1, son pouls s’agita; que faisaient ses foutus juges? Ils devaient venir le chercher. 2, sa respiration s'emballa; et sa Silka... sa Silka, pourquoi n'était-elle plus là? 3, son estomac gronda; quatre jours qu'il n'avait pas mangé, qu'il avait perdu la force de chercher de quoi se mettre sous la dent. 4, sa langue toucha le sol; et cette soif, cette envie de boire... il lécha la glace avec désespoir. 5, ils étaient tous morts, les vingt-trois autres. Comment lui seul avait-il pu survivre? Sans arme, sans nourriture, sans force, sans sponsors, sans supporters, avec une seule alliée, et toute cette chance. Pourquoi? 6, ce loser. Décidément, il ne comprenait pas. 7, il n'avait pas tué. Il n'avait pas fait une seule victime, il n'était pas responsable d'une seul mort. 8, mais se sentait pourtant si coupable. De la sienne, de cette vie qu'il n'avait pas su protéger... 9, sa respiration se bloqua; et sa Silka... sa Silka, pourquoi n'était-elle plus là?...

10, compter ne servait à rien. Il avait trop souvent regardé les finales des précédents jeux de la faim pour savoir qu'ils ne terminaient jamais comme ça. Jamais aussi facilement. Jamais par hasard. Jamais sans sang et sans terreur.

15, pourtant ça l'aidait. Ça faisait près de deux minutes que Skann était allongé sur ce glacier, et il fallait bien qu'il s'occupe l'esprit. 16, 17, 18, 19, 20. Combien de temps encore, allait-il attendre la mort?

139, elle arriva. Dans un murmure, elle soupira. « Tu vas mourir. » lui glissa la mort. Et soulagé, il pu mettre un nom sur cette voix. Ce visage, doux, délicat, ces cheveux bruns et souples glissant contre sa joue glacée, ce parfum de miel et d'herbes; Loa reconnu son meurtrier. Sa meurtrière, du moins. Il avait cru à la victoire, mais à la place, Gemma allait lui prendre la vie sans crainte, sans hésitation.

Il le savait, parce qu'il n'avait plus aucune force pour se défendre. Il allait la laisser faire, sans peur, comme ce loser qu'il était.


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MessageSujet: Re: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   Mar 23 Juil - 22:19




Elle y était. Le moment essentiel, celui vers lequel tout son parcours dans l'arène avait convergé. Elle allait tuer pour la dernière fois. Ce garçon dont elle ne connaissait même pas le nom allait périr, et du même coup, s'abattrait le dernier obstacle vers sa victoire.

Et pourtant, alors qu'elle aurait du se sentir heureuse, impatiente, soulagée... Elle ne ressentait rien. Sa tête était vide. Lentement, elle se redressa, sans entendre les paroles de ce qu'elle ne considérait déjà plus comme un être humain. Le monde s'était arrêté de tourner. Il n'y avait plus de tributs, plus d'ennemis à craindre. Plus de mutations, plus de pièges à éviter. Rien qu'une lame. Une simple lame qui ne demandait qu'à être plantée.

Alors, elle saisit le manche du couteau à deux mains, le leva de quelques centimètres. Puis, brusquement, sans un temps d'hésitation, elle frappa. L'arme déchira le manteau, et transperça la chair. Gemma l'enfonça tant et plus, jusqu'à ce que la lame termine son chemin dans la glace en dessous d'eux.
Elle retira alors le couteau ensanglanté. Puis l'abattit de nouveau, davantage sur la droite, là se trouvaient les poumons. Elle frappa, encore et encore. Sans ralentir ni se poser de questions. Le canon retentit, elle ne l'entendit pas. Comme lors de la mise à mort de Frenchie. Mais cette fois, elle avait parfaitement conscience de ses actes. Elle était elle-même, Gemma Mubstin. Cette fille qui avait été moissonnée pour représenter son district, cette fille qui avait rayonné devant des milliers de spectateurs, cette fille qui venait de passer neuf jours dans cette arène à craindre pour sa vie.

C'était cette même fille qui était en train de saigner à mort un garçon qu'elle ne connaissait pas. Parce qu'elle devait le faire. Parce qu'elle voulait vivre.
Parce que c'était son choix.

Enfin, elle lâcha le couteau.

C'était la fin.




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MessageSujet: Re: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   Sam 27 Juil - 1:52

ouuuuh i'm a looser baby
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Il ignorait seulement que le choc serait si violent, si douloureux. Il voulait crier, étaler sa rage au monde entier, pleurer, mourir plus vite. Mais si c'était le prix à payer pour rejoindre l'enfer, là où sa douce l'attendait, alors il survivrait.

Un coup de couteau. Les pieds de Loa-Skann se contractèrent. C'était le premier, le plus douloureux, celui qui sonnait la série de quelques longues minutes de souffrance. Alors il tâcha de bien respirer; de gonfler ses poumons de tout l'air qu'il pouvait, il voulait se rattacher à ses quelques secondes de vie. Il avait trop d'adieux à faire. Trop de dernières pensées.

Le poids de Gemma l'immobilisait au sol; elle tenait fermement ses poignets, et il ne pensait même pas à essayer de lui mettre un coup de pieds par derrière, c'était peine perdue. Il était résigné à s'en aller, mais il voulait quand même une chance de dire au revoir à tout ceux qu'il aimait. Le district neuf, sa famille. Il abandonnait derrière lui une mère et un père dévoués, trois petites sœurs angéliques, des amis hors du commun. Il n'avait jamais été celui qu'on aime plus que n'importe qui. Sauf avec Silka, mais au district, si on le regretterait, c'était pour sa joie de vivre, son humour, sa bonne humeur constante, ses coups de génie totalement inédits, et son ton toujours décalé. Loana. On chuchotait derrière son dos, on critiquait toujours, mais au fond, on l'aimait bien. Il était différent.

Les pensées de Skann se tournèrent vers tout ces gens qu'il avait connu et apprécié. Sergei, son aide la plus précieuse, Avalon, sa victime favorite, Kathleen, pour qui il craquait depuis toujours, et même cet imbécile d'Elyas, qu'il haïssait pour certaines raisons obscures. Merci, murmura-t-il sans crainte. Peu importait réellement qu'on l'entende ou non. Tout ce qui comptait, c'est qu'il parte en remerciant ces gens, pour tout ce qu'ils lui avaient apporté. L'amour, l'amitié, la joie, la peur, le bonheur; s'il connaissait ça maintenant, c'était grâce à eux. A tout ces gens qui font qu'au final, la vie vaut la peine d'être vécue, même quand elle s'arrête si tôt.

Le sixième coup de couteau éclata ses poumons avec tellement de force, qu'à cet instant, il devrait déjà être mort. Et pourtant, il serrait les dents, toujours fermement, dans la douleur, dans l'horreur, mais toujours avec cet espoir que bientôt, vraiment très bientôt, il serait libéré.

Skann lâcha son dernier souffle. Il n'y avait plus rien de vivant en lui. Sauf peut-être son cœur, qui resterait éternellement bon et naïf. Il ne vit pas la lumière, il ne vit pas l'autre horizon. Il n'était pas au paradis, ni en enfer. Il était mieux, là, perdu, comme toujours. Il attendrait qu'elle revienne.
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MessageSujet: Re: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   Jeu 8 Aoû - 13:13

Do you think flying can save you little bird ?
Well, you're wrong because you have no wings, only legs, so run with them.

Ma chanson se terminait. Cela avait toujours été une évidence, depuis le jour où je me suis avancé pour me porter volontaire, mais aujourd’hui, et à cette minute précise, la vérité m’explosait au visage. Et c’était tellement douloureux… Les boules de neiges qui se détachaient de l’avalanche claquaient à mes mollets tels des obus. Je savais que si je me retournais ou si je m’arrêtais ne serai-ce qu’une seconde, l’avalanche m’engloutirait et tout ce pourquoi je me serais battue disparaitrait à jamais. J’espère sincèrement que le Capitole ne retrouve pas mon corps, ni celui de Sagitta. Il ne nous mérite pas, maman avait raison et j’aurai du la croire bien avant de mettre lancé dans cette aventure qui va se solder par, bien évidemment, ma mort. J’aurai du l’écouter, elle et Primaël, lorsqu’ils me mettaient en garde contre les dangers du Capitole et du Président Snow. J’aurai du y pensé bien avant… Oh, si seulement j’avais su que je mourrai ici…

J’aurai pris plus de temps à observer les couchers de soleil du District 1 qui tombe sur les Grandes collines verdoyantes, créant une atmosphère rose-orangés absolument magnifique. J’aurai du peut-être passé plus de temps avec Primaël et peut-être, peut-être alors, que mes lèvres ne seraient pas novices, et le resteront, en matière de baiser. Peut-être nous aurions pu commencer une relation, et peut-être alors, je ne me serais pas porté volontaire et je serais toujours en vie, et je serais devant ma télévision à regarder quelqu’un d’autre à ma place. Peut-être serai-je même en train de rigoler devant la course effrénée du tribut du 9 qui est juste devant moi. Mais avec des « peut-être » et des « si », on mettrait le Capitole en bouteille. Les choses se sont passées ainsi, et je n’y peux absolument rien.

L’avalanche n’est plus qu’à quelques mètres de moi désormais, les blocs de glace qui s’en enlèvent me font perdre de plus en plus l’équilibre et je sens que ma fin est plus proche que jamais. Mais ça a été une belle chanson, n’est-ce pas ? Avec des moments triste, d’autres plus joyeux. Parfois une mélodie simple au piano qui faisait sourire, et parfois des contrebasses étouffante et angoissante. Mais ma chanson se finit et j’emporterai avec moi ses dernières notes.

J’espère que je manquerai à ma famille et à Primaël. J’espère qu’ils me pleureront et j’espère que l’on me fera hommage, et surtout, j’espère que les gens se souviendront de moi comme d’une fillette – car oui, c’est ce que je suis  même si jamais je ne l’admettrais – qui avait défié le Capitole parce que son amie est morte.

Ma tête me bourdonnait avec le raffut de l’avalanche. Je pourrais m’arrêter et me laisser entrainer par la neige, mais je ne veux pas d’une telle fin. Je veux montrer à tous Panem que je suis une battante et que je ne veux pas accepter l’évidence, même si en réalité, je l’ai fait depuis longtemps déjà. Je ne regarde à mes côté et je me rends compte qu’il ne me reste sans doute qu’une minute avant de dire adieux pour toujours à ce monde affreux. Alors, petit à petit je ralentis le rythme de ma course et dans un dernier effort, je murmure. « Vale Panem, je vais rejoindre Mélinoe et Thomas ».

Car oui, après 4 ans de séparation, je vais retrouver mes deux meilleurs amis, là-haut, si tant soit peu qu’il y ait quelque chose après la mort. Je vais rejoindre Sagitta aussi. Je vais rejoindre trois personnes qui me  tiennent chère à cœur, oui, au final, je vais mourir heureuse, en sachant que je ne serais pas seule et que l’on continuera à chanter ma chanson, même après ma mort.

Je sens la neige me happer vers elle, telle un aimant et mes dernière pensée sont diriger vers Sagitta, à qui je n’ai pas pu tenir ma promesse de gagner pour elle.



Le blanc, puis le noir puis encore du blanc et encore du noir. Ce sont les seules choses que je peux voir et une chanson, ma chanson qui se répète en boucle et qui sonne comme une mélodie à mes oreilles. La mort n’est peut-être que le début, après tout.

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MessageSujet: Re: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   Jeu 29 Aoû - 0:17




C'était fini.

La lame ensanglantée glissa de sa main pour se perdre sur la glace, à quelques mètres de là. Gemma resta immobile, les yeux baissés. Son regard caressa le dos du garçon sur lequel elle était toujours assise.
Des trous et du sang. Sur les épaules. Sur la nuque. Partout.

Gemma cessa de fixer les marques de son carnage, et s'intéressa à la tête du jeune homme dont elle ne pouvait voir que les cheveux. Dans une autre vie, ils devaient être châtains. Ils étaient bruns désormais, assombris par l'humidité, la graisse et la saleté.
Toujours animée par cette curiosité passive inexplicable, Gemma s'inclina sur le côté, dans le but d'apercevoir le visage du garçon. Une joue était écrasée contre la glace, tandis que l'autre, à l'air libre, se cachait derrière un mur de cheveux. Ressentant une pointe d'agacement à ce constat, Gemma se pencha en avant jusqu'à s’aplatir entièrement contre le dos de sa victime, afin de débarrasser sa figure de toute gêne. Avec précaution, elle repoussa ses cheveux vers l'arrière, dévoilant un visage pâle, froid au toucher. Elle lui caressa la joue, lentement. Mais le jeune homme ne réagit pas. Il ne sursauta pas. Ne la repoussa pas. Alors Gemma dirigea sa main vers son œil clos. L'idée qu'il pouvait être en train de dormir traversa brièvement son esprit engourdi, et pour s'assurer du contraire, ou peut-être par un nouvel excès de curiosité, elle saisit ses cils et souleva sa paupière.

Ses yeux étaient bleus. Ou verts. Elle n'arrivait pas à trancher entre l'une et l'autre couleur. Une chose restait sûre, cependant.
Ses yeux étaient vides.
Et il n'y avait plus rien à faire.

Alors, elle se réveilla. Et sans plus un regard pour sa victime, Gemma se releva et s'éloigna d'une démarche quasi robotique. Elle traversa la flaque de sang qui s'était formée autour du cadavre, éclaboussant ce dernier ainsi que ses bottes, au passage.

Quand elle repenserait à ce moment, bien plus tard, elle regretterait de ne pas s'être rendue jusqu'aux falaises pour jeter un dernier regard sur l'océan. Elle regretterait de ne pas avoir sourit, pour le public. Elle regretterait de ne pas avoir fourni un spectacle, de ne pas avoir suffisamment marqué les esprits. Et puis elle apprendrait à vivre avec.
Ce qu'elle ne comprendrait pas, cependant, c'est la raison qui la pousserait à imaginer tous ces scénarios. La raison qui la ferait souhaiter avoir agi plus brillamment, plus étonnamment, plus magnifiquement.
Elle ne parviendrait pas à identifier cette dépression en elle, cet accroc dans sa carapace si bien rodée.
Elle ne prendrait pas conscience qu'à ce moment où elle était devenue une gagnante, à cet instant précis où elle avait admis la mort de son dernier adversaire... la réalité l'avait rattrapée.
Une réalité sans passé pour excuser, sans futur pour espérer. Une réalité de présent, lucide, dure. Une réalité bien loin de celle dans laquelle elle avait toujours vécu.
Car dans cette nouvelle réalité, pas de spectacle, pas de masque, pas de confiance ni de mensonge. Rien d'autre que le fait, le simple fait, d'avoir tué. La réalisation que les justifications et les buts ne sont que des chimères, des chimères sans accroche sur la réalité.

Plus tard, elle aura beau regretter, elle n'en restera pas moins aveugle.



Mais, alors que ses yeux se perdent dans le vide pour oublier ce sang qui la recouvre. Alors que l'arène perd ses couleurs de réalité ; alors qu'elle redevient la machine qu'elle a toujours été. Alors que la lumière s'allume et que la température remonte.

Le froid, lui, reste.



Gemma ❖ You can't forget but you can move on
 


To know more about my life...*

Spoiler:
 


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MessageSujet: Re: FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?   

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FINALE HG-76 ♆ i'm a loser baby, so why don't you kill me?

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