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 J8 ❖ 'Cause you're hot then you're cold – Fremmoria

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MessageSujet: J8 ❖ 'Cause you're hot then you're cold – Fremmoria   Lun 3 Sep - 15:40


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    Sixième jour


Courir. Toujours courir. Sans s'arrêter. Sans regarder derrière soi, vers cette Corne d'abondance berceau d'un nouveau bain de sang. Courir à s'en déchirer la peau, à en oublier son nom. Courir pour échapper au monstre. Courir pour vivre.
Elle ne sentait plus rien. La course la vidait de ses forces et de ses pensées. Pour ne pas se perdre elle-même au cours de cette course, elle se concentrait sur le seul point positif de la journée. Ce sac, frappé du numéro six, qu'elle tenait si fort dans sa main droite que ses jointures menaçaient de se briser. Elle trouverait de quoi se soigner à l'intérieur, elle en était certaine. Pour le moment, seule sa fuite importait.
En atteignant le couvert des arbres, Gemma ne s'arrêta pas. Elle ralentit simplement la cadence, pour ne pas se prendre les pieds dans une racine traître. Son but était de s'enfoncer le plus loin possible dans la forêt, se perdre au milieu de la végétation. Elle voulait qu'on l'oublie, elle voulait cesser d'exister aux yeux de tous les tributs encore en vie. Les coups de canon l'avaient avertie de la mort de trois tributs au cours du Festin. Trois tributs morts en une seule journée à ce stade des Jeux, c'était énorme. Ils n'étaient désormais plus que cinq. Cinq. Ce nombre résonnait en boucle dans sa tête lorsque Gemma se décida enfin à s'arrêter. Cinq tributs encore en vie. Quatre adversaires. Elle n'arrivait pas à s'y faire.

Une fois qu'elle eût repris son souffle, Gemma s'intéressa à son sac. Il était plutôt petit comparé aux autres qu'elle avait aperçus, comme celui du district douze. Mais cela ne la tracassait pas. Elle n'avait nullement besoin de matériel imposant, même d'une arme, puisqu'elle ne saurait pas s'en servir. Les médicaments dont elle avait désespérément besoin ne devaient pas occuper une très grande place.
Avec précaution, elle ouvrit sa poche. A l'intérieur se trouvait une boîte métallique qu'elle s'empressa de sortir. De couleur claire – il était impossible de dire précisément laquelle dans l'obscurité –, on avait peint sur le couvercle une croix, dans une teinte plus sombre. Esquissant un sourire, Gemma l'ouvrit. La première chose qu'elle identifia fut une bobine de fil, reliée à une aiguille. Au milieu se trouvait un petit spray, contenant surement le médicament tant attendu. Cependant, la présence du fil inquiétait la jeune fille. Pourquoi devait-elle recoudre ses plaies ? Un onguent miracle n'aurait pas fait l'affaire ? Son soulagement se mua en frustration. Il aurait sans doute été trop facile de lui donner une bête pâte à appliquer, les Juges souhaitaient surement la mettre à l'épreuve. A moins que ses blessures soient tout simplement trop graves pour être soignées de cette manière... En tout cas, elle aurait beau pester, cela ne changerait absolument rien. Elle devait agir.

Ne sachant pas vraiment comment dévoiler sa plaie à la cuisse sans retirer son pantalon, elle s'attaqua en premier lieu à son ventre et à la vilaine entaille que lui avait fait Frenchie. La couture n'avait jamais été son fort, que ce soit sur des vêtements ou des personnes. Ses connaissances en médecine s'arrêtaient à l'usage des plantes. Dès qu'il était question d'autre chose, n'importe qui pouvait faire mieux qu'elle. Aussi, quand elle dut introduire l'aiguille dans sa peau après avoir aspergé la blessure de désinfectant, elle se sentit complètement démunie. Ses doigts tremblaient autant de froid que de peur et elle dut déglutir pour empêcher la bille de lui envahir la bouche. Elle devait le faire.
Une heure plus tard, elle avait terminé. Une pellicule de sueur s'était déposée sur son front, elle était plus fatiguée que jamais, mais au moins ses blessures ne constituaient plus une priorité, bien qu'elle doutât fortement de la qualité de ses soins. Finalement, elle avait trouvé une solution pour sa cuisse. En déchirant un morceau de la couverture de Lily, elle pouvait recouvrir la plaie tout juste refermée, et ainsi la protéger du froid.

Gemma n'avait aucune idée du temps qu'il s'était écoulé depuis le Festin. Quelques heures, une journée ? Par précaution, elle décida d'attendre l'hymne, ce qui en plus de lui fournir un repère chronologique, lui permettrait de mettre un nom et un visage sur les morts de la journée. Pas plus d'une heure plus tard, la mélodie résonna dans l'Arène, accompagnée du sceau de Panem. Lorsque les portraits des victimes apparurent, Gemma fut surprise de les reconnaître toutes. D'abord la pimbèche du quatre, celle qui copinait avec le rebelle-papillon. Puis la blondasse, et enfin Viha. Le temps de cligner des paupières et leurs visages avait disparu.

La journée qui avait suivi s'était caractérisée par son absence totale de mort, à l'instar du cinquième jour. Après un Festin aussi sanglant, ce n'était pas étonnant. Gemma en avait profité pour se reposer, et beaucoup dormir. Elle avait besoin de reprendre des forces afin de faciliter sa guérison.
L'hymne avait retenti, mais le ciel était resté vide.

    Huitième jour


En ouvrant les yeux ce matin-là, Gemma ne fut pas étonnée de se trouver au milieu d'une forêt, dans une obscurité quasi-totale. Mécaniquement, elle plaça ses lunettes de visions nocturne sur son nez, et se redressa dans son sac de couchage. Cela faisait à peine plus d'une semaine qu'elle se trouvait dans cette Arène, pourtant, elle avait l'impression de s'y trouver depuis bien plus longtemps. Une routine s'était presque installée. Ouvrir les yeux, mettre les lunettes, mâcher quelques feuilles de buisson rabougri, prendre une gorgée de neige fondu, se lever puis plier sa couverture d'une certaine manière pour la fourrer dans son sac. Ces rituels avaient quelque chose de rassurant. Ils faisaient paraître les Jeux moins durs, moins dangereux. Il était facile d'oublier leur réel objectif quand on ne rencontrait personne pendant plusieurs jours. Tout comme il était facile d'oublier que tout ça – la neige, la forêt, le ciel – n'étaient qu'artificiels.
Ce qu'elle ne parvenait pas à occulter, en revanche, était ce froid glacial, ce froid qui engourdissait ses membres, durcissait sa peau, flétrissait ses lèvres. Chaque matin, il lui semblait sentir de moins en moins les extrémités de ses pieds. Depuis plusieurs jours déjà, elle n'arrivait plus à bouger ses petits orteils, et cela allait en empirant. Ses doigts étaient bleus sur plusieurs centimètres déjà, malgré les gants, et elle ne pouvait refermer le poing sans les faire craquer. Jamais de sa vie elle n'avait été exposée à des températures pareilles, et elle songea plusieurs fois à allumer un feu. C'était stupide, suicidaire même, elle le savait, mais au fil des jours puis des heures, la tentation se faisait de plus en plus forte. Au huitième jour, elle atteint son paroxysme. Ils n'étaient plus que cinq tributs. Qui oserait traverser toute la forêt pour venir la dénicher ? Tout le monde devait se terrer, croisant les doigts pour que personne ne tombe par hasard sur sa cachette, les carrières avaient presque tous péris... Et si elle attendait davantage, elle risquait de perdre l'usage de ses mains.
Ainsi, Gemma se décida. Elle chercha un endroit où la couche de neige n'était pas trop épaisse, et fit un tas avec tout ce qu'elle put trouver, des épines, feuilles, brindilles, branches... Puis utilisa le briquet de Lily pour y mettre le feu. C'était tellement plus facile que ce qu'on leur avait appris à l'entrainement... Gemma étala ses affaires à ses côtés puis se laissa tomber près du feu. Elle retira ses gants et approcha ses mains des flammes. La sensation ne fut pas aussi agréable que ce qu'elle espérait, c'était presque douloureux, mais elle se força à rester dans cette position.
Le combustible vint bientôt à manquer, et elle se décida à aller en chercher. Sans faire attention, elle donna un coup de pied dans la couverture de survie découpée, qui s'envola près du feu. Elle ne s'en rendit pas compte et s'éloigna un peu pour récolter du bois.
Une fois ses bras chargés, elle reprit la direction de son campement, sans prendre gare à la silhouette qui la suivait. Une forte lumière attira son attention et, soudain inquiète, elle accéléra le pas. Ce qu'elle vit une fois de retour la laissa sans voix. Son feu s'était propagé. Il ne restait de la couverture qu'un vulgaire tas de cendre tandis que les flammes s'attaquaient maintenant à un couple de buissons. Effarée, Gemma laissa tomber son chargement, et se mit à regarder de tous côtés à la recherche d'une solution. C'est là qu'elle croisa son regard.




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MessageSujet: Re: J8 ❖ 'Cause you're hot then you're cold – Fremmoria   Lun 3 Sep - 23:34

« NON ! » Je n'avais pas pu retenir ce cri en observant sa silhouette se dessiner dans le ciel noir de l'arène et automatiquement des larmes se mirent à couler le long de mes joues gelées par le froid. Non. Je ne voulais pas. Les yeux embrumées par les larmes, je tournais la tête à droite, à gauche, dans l'espoir de la voir à mes côtés. Katell … non, elle n'était pas là. Alors ce dessin dans le ciel était bien réel. Elle était morte … partie. Déchiquetée par ce monstre lors de ce festin auquel j'avais souhaité aller. Je l'avais entraîné jusqu'à la Corne et maintenant, son visage surplombait l'arène et je me retrouvais seule … complètement seule. C'était de ma faute, entièrement de ma faute. Je n'avais pas su la protéger, j'avais échoué en tant qu'alliée. J'avais l'impression de revivre la même chose qu'a la mort d'Iugo, sauf que cette fois-là, il n'y avait personne pour me tendre son épaule. Katell avait été d'un soutient très précieux, et je savais que je ne serais pas là si je ne l'avais pas eu comme alliée. Elle méritait de vivre, j'irais même jusqu'à dire qu'elle méritait de gagner. Bien plus que moi en tous cas.

Le jour sept avait été assez calme. Pour tout vous dire, je n'avais pas bougé de la cascade et j'avais passé la journée emmitouflée dans ma couverture de survie en fixant les alentours, comme une pauvre jeune adolescente en déprime suite à une rupture douloureuse. Je me demandais de quoi je pouvais bien avoir l'air aux yeux de Panem. Ridicule. Ouais, je devais avoir l'air bien ridicule, je dirais même pathétique. Moi en train de me morfondre n'était pas ce qu'ils voulaient voir. Mais que souhaitaient-ils voir exactement ? Je me demandais bien ce qu'ils pouvaient aimer dans ces jeux. Quel plaisir pouvait-on ressentir à regarder des jeunes s’entre tuer ? C'était pour ça que je les détestais … je n'avais jamais réussi à les comprendre. Les jeux m'avaient toujours semblé barbare, et je n'ai jamais pu les cautionner. D'ailleurs, quand j'étais petite, ma mère m'empêchait un maximum de les regarder et ne cessait de me répéter que c'était mal, et qu'elle espérait que je n'ai jamais à y participer. Je me souvenais encore de son attitude changeante à l'approche de ma moisson. Déjà nerveuse de nature, elle le devenait encore plus et ne cessait de me répéter qu'elle m'aimait, à moi et à mon frère. Je l'ai même entendu prier une fois, alors qu'elle ne priait jamais depuis la mort de mon père, elle priait pour que mon nom ne soit pas tiré. Même si je ne l'avais entendu qu'une fois, je savais qu'elle priait chaque année. Je me demandais si elle avait priée cette année puisque j'ai été tiré au sort … Je me demandais ce qu'elle devait ressentir en me voyant comme ça, complètement abattue. Était-elle fière de moi ? Regrettait-elle de m'avoir jetée à la porte ? J'aimerais le savoir …

Le soir du septième jour, je n'avais même pas pris la peine de lever les yeux vers le ciel. Je savais que personne n'était mort … aucun coup de canon n'avait retenti de la journée. Les jeux approchaient de leur fin, et un frisson parcourut la totalité de mon corps lorsque je fis les comptes. Cinq … nous n'étions plus que cinq … Cinq. J'avais du mal à y croire. Je faisais partie des cinq derniers, et ça me semblait complètement irréel … Je me souvenais encore du premier jour, où nous nous tenions tous sur notre plate forme et bizarrement … ca me semblait être le bon vieux temps.

Je ne savais pas trop si c'était mon estomac gargouillant ou bien mon corps en train de doucement prendre racine qui m'avait poussé à me lever ce matin. Affamée pour n'avoir rien manger le jour précédent, je décidais de finir la nourriture déshydratée du sac jaune que j'avais récupéré a la corne. Maintenant que Katell n'était plus là pour nous ramener de bons animaux à manger et vu mes talents de chasseuses, j'allais devoir me débrouiller seule, et cette perspective me terrifiait. Je n'avais su me débrouiller seule, je n'avais jamais eu à le faire. C'était un saut dans l'inconnu. Qu'étais-je censé faire maintenant ? Attendre gentiment que le temps passe ou me bouger le train pour essayer de survivre ? Naïvement, sans doutes pour essayer de me prouver que je n'étais pas faible, j'avais opté pour la deuxième solution, et était partie, pioche en main à la recherche de quelque chose à manger.

Je marchais depuis longtemps, assez longtemps pour avoir quitté les montagnes et rejoint la forêt. Je ne savais pas depuis combien de temps exactement, car j'avais cette désagréable sensation que le temps ne s'écoulait pas dans cette arène. La nuit constante y était pour beaucoup.

Mais peu importait, ce qui se passait sous mes yeux était bien plus intéressant. Cachée derrière un buisson, usant de ma discrétion pour ne pas me faire remarquer, j'observais la tribut du six en train de ramasser du bois. Gemma, ou celle que je croyais avoir tuée au deuxième jour, mais qui enfaîte, était toujours belle et bien vivante. Un instant, j'hésitais à l'attaquer, me souvenant de ce qu'il s'était passé avec Lucas le troisième jour. Je ne voulais pas prendre de risque cette fois. Et ce malgré la pioche que je tenais en main et qui me donnait un avantage certain. Alors je me contentais de simplement l'observer, et de discrètement la suivre quand elle se mit à bouger.

Quelques mètres plus tard, une odeur particulière capta mon attention. Levant les yeux, je vis un halo de lumière rouge, et de la fumée s'élevait. Du feu … sérieusement ? Cette fille était-elle suicidaire ou simplement stupide ? N'avait-elle pas compris que faire du feu était la meilleure façon de se faire repérer dans une arène où la nuit remplaçait le jour ? Je ne pû m'empêcher de soupirer et de lever les yeux au ciel. Comment avait-elle fait pour survivre jusqu'ici sérieusement ? Quoi qu'il en soit, je continuais de la suivre jusqu'à ce qu'il semblait être son camp. Baladant mon regard sur l'endroit, je devinais qu'il s'agissait d'un feu qui avait mal tourné en constatant avec amusement que sa couverture de survie était complètement cramée. C'est le moment que je choisis pour sortir de ma cachette, la regardant comme si il s'agissait de la pire des idiotes. « Félicitation, il n'y a pas meilleur moyen pour te faire remarquer. » Presque nerveuse, je me mis à faire aisément tournoyer ma pioche dans ma main.

Nous étions là, toutes les deux, face à face, et ce qui allait se passer ensuite était déjà écrit. C'était obligé de se passer. Moi, contre elle, exactement comme au deuxième journée. J'étais certaine, je pouvais le sentir : quelqu'un mourrait aujourd'hui. « Nous y revoilà ! » C'était inévitable. Doucement, je m'approchais d'elle, tout en continuant de faire tourner ma pioche dans la main. Je la fixais du regard sans jamais la lâcher. Plus rien n'avait d'importance, ni même le feu qui brûlait autour de nous. Il y avait juste elle et moi. Serrant la mâchoire, je bloquais ma pioche et me mis à courir vers elle, lui assénant le premier coup de cette rencontre.
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MessageSujet: Re: J8 ❖ 'Cause you're hot then you're cold – Fremmoria   Mar 4 Sep - 17:41


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Un regard amusé, condescendant au possible, qui réveilla automatiquement le zeste de colère que Gemma gardait précieusement enfoui au fond d'elle. En parallèle, un frisson de terreur la traversa de part en part au souvenir de leur dernière rencontre. Le mélange de ses deux émotions la fit s'immobiliser totalement, incapable de décider de l'attitude à adopter. Devait-elle fuir ? Ou profiter de la situation pour tenter de supprimer un adversaire ? La première option semblait la plus sage, et de loin la plus facile à mettre en pratique. Mais elle avait déjà tenté d'échapper à Frenchie au deuxième jour, et s'était retrouvée piégée près de la lisière de la forêt. Les circonstances avaient beau être différentes, il restait un risque que Frenchie la rattrape. Et Gemma refusait de perdre son matériel et sa nourriture. Cela reviendrait à signer sa fin, au même titre que de s'offrir à la tribut du douze. Non, elle devait rester. Rester et ne pas paniquer. Elle avait déjà survécu à Frenchie, aux carrières, puis à Lily, à Lucas, et même à un Festin. Personne n'avait du s'imaginer qu'elle irait aussi loin. Pourtant, elle était là, debout, vivante. C'était un signe.
Inconsciente de son débat intérieur, Frenchie faisait tournoyer ce qu'elle savait être une pioche et lui dit d'un ton dégagé « Félicitation, il n'y a pas meilleur moyen pour te faire remarquer. » Gemma grinça des dents. De quel droit se permettait-elle ce genre de réflexion ? Ce n'était pas comme si elle était invincible. Elle était peut-être forte, mais Gemma avait survécu à leur précédente confrontation. Frenchie, elle, l'avait crue morte. Elle avait cru à sa comédie comme un enfant croit en la magie.

Pourtant, aujourd'hui, elle semblait avoir tout oublié. Oubliée son occasion manquée, oubliée son erreur de jugement. Elle avançait lentement vers elle, l'air presque triomphant. Les flammes se reflétaient dans ses yeux, leur donnant un éclat sauvage qui fit reculer Gemma malgré elle. Elle ne voulait pas se laisser de nouveau envahir par la peur. Elle voulait être forte. Et elle le serait. « Nous y revoilà ! » Elle se força à sourire pour masquer son appréhension. Tout ce qu'elle devait faire, c'était réfléchir, analyser, prévoir. Frenchie n'était qu'une bête, un animal imposant et féroce mais qui fonce sans s'encombrer de stratégie. Pour la contrer, il suffisait d'en élaborer une. Ne pas se contenter d'esquiver et de frapper.

Gemma la regarda donc s'approcher, cherchant un moyen de la neutraliser sans se mettre elle-même en danger. Le crépitement des flammes sur sa droite lui donna alors une idée. Avant qu'elle n'aie pu réfléchir davantage, Frenchie chargea. Gemma décida d'en profiter. Elle fit quelques pas sur le côté pour se rapprocher du feu. La tribut du douze réajusta sa trajectoire, comme prévu. Fléchissant ses jambes, Gemma se prépara à l'esquiver et à riposter mais c'était sans compter sur la pioche de son adversaire. Elle n'en avait jamais vue en vrai, et l'idée qu'on puisse s'en servir comme d'une arme la révulsait. Elle avait donc commis l'erreur de la rayer de ses calculs.
Le coup l'atteint au bras droit. Sous l'effet de la surprise et de la douleur, elle se recroquevilla sur elle-même et laissa échapper un petit cri. Mais l'occasion était trop belle pour la laisser ainsi passer. Les mains serrant toujours sa pioche, Frenchie ne pourrait pas se protéger. Les armes à longue portée avaient certes beaucoup d'avantages, mais dans ce cas-là, Gemma comptait bien mettre à profit leur inconvénient majeur.

Elle se releva donc brusquement avant que Frenchie ne puisse la frapper une seconde fois, et se colla à elle. Leur proximité ne lui permettait pas de se défendre à moins de lâcher son arme. Gemma profita de son bref avantage pour empoigner le col de sa doudoune et la tirer vers les flammes derrière elle. Frenchie était lourde et, passé le premier moment de surprise, commença à résister. Agacée, Gemma chercha un moyen de la faire basculer, mais ne trouva d'autre solution que lui cracher dessus pour la déconcentrer. Le jet de salive l'atteint sur le front et coula le long de son nez. La tribut du six tira alors de toutes ses forces et elles s'effondrèrent toutes les deux au sol, faisant s'envoler un nuage de cendre. Au cours de leur chute, Gemma sentit son bras se déchirer et la douleur qui s'ensuivit fut si vive que les larmes lui montèrent aux yeux. Elle voulait en finir, en finir au plus vite. Faire souffrir Frenchir autant qu'elle souffrait à cet instant, voire plus encore. La voir se vider de son sang et supplier, supplier, supplier encore pour qu'elle l'épargne. Ce qu'elle ne ferait pas, même pour tout l'or du monde.




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MessageSujet: Re: J8 ❖ 'Cause you're hot then you're cold – Fremmoria   Dim 9 Sep - 0:40

Je posais mes yeux sur les flammes dansante qui, étrangement, me paraissaient réconfortantes. Le feu me procurait quelque chose que je n'avais pas eu la chance de sentir depuis plusieurs jours : de la chaleur. Cette sensation disparue dans ce froid polaire qui me glaçait la peau, même cachée sous des centimètres d'épais tissus. Si Gemma n'était pas là, je prendrais le temps de m’asseoir à côté et de laisser mon corps se réchauffer. Mais il n'y avait pas le temps pour ça, et ce n'était surtout pas le moment. Car la tribut du district six était debout devant moi, et je ne comptais pas la laisser s'échapper comme la dernière fois.

Sa présence à ce stade du jeu prouvait bien que tout pouvait arriver, que tout était possible. Je ne savais pas si j'étais la seule à l'avoir remarquée, mais au bout de huit jours restait ceux auxquels personne ne croyait. Glamoria, la tribut du un, qui, bien qu'elle soit une carrière, avait sans doutes perdu un paquet de sponsors à la révélation de son score. Gemma … qui aurait parié sur la petite Gemma ? Pour certains, sa présence à ce stade tenait du miracle, pour moi, il s'agissait de sa récompense. Je ne savais pas ce qu'elle avait fait exactement pour survivre jusqu'ici, mais il est clair qu'elle a fait de sa tête son plus gros atout. Même si elle donnait l'impression d'être complètement idiote, il semblerait qu'elle soit en réalité plus maline qu'elle veut bien le croire. Une intelligence refoulée qui aura su la garder en vie (simuler sa mort, je n'y aurais jamais pensé.). Ainsi que Lucas qui, j'étais certaine, n'avait jamais existé aux yeux de Panem, transparent, un tribut de remplissage, un figurant dans cette boucherie qui aura finalement réussi à bien cacher son jeu. Puis Skann, le petit idiot du neuf. Pour être tout à fait honnête, quand je l'ai rencontré à l’entraînement, je ne pensais pas qu'il allait faire long feu, mais il était toujours là, et toujours bien vivant. Et puis il y avait moi … la pauvre fille du douze, poussée sous les projecteurs à cause d'une note un peu trop élevée qui, en plus de ne pas refléter mes vraies capacités, m'avait été attribuée dans le seul but de m'attirer les foudres des tributs les plus téméraires et ainsi donc, de devenir le trophée de celui qui m'abattra … Comment me voyaient les autres tributs exactement ? Pensaient-ils que j'étais forte ? Non … je n'étais pas forte. J'étais juste … chanceuse.

Cessant de m'amuser avec ma pioche, je serrais son manche de mes deux mains avant de prendre une grande inspiration, comme pour me donner du courage. Sans crier garde, je bondis vers elle en brandissant mon arme qui se retrouva planté dans son bras quelques secondes plus tard. Admirant le filet de sang qui glissait sur le bras de la jeune femme, je poussais un léger soupir. Elle était à terre, c'était facile. Il me suffisait de lever ma pioche et de lui planter dans le crâne, elle mourrait sur le coup, et ça ferait une tribut de moins. J'avais espoir, et j'y croyais dur comme fer, mais alors que je m'apprêtais à lever mon arme au dessus de ma tête afin de lui asséner le dernier coup, Gemma se releva d'un coup et se colla pratiquement à moi. Son geste rendant l'utilisation de ma pioche presque impossible, je me mis à grogner en essayant de la pousser avec son manche avant qu'elle ne m'empoigne par le col pour à son tour tenter de me pousser vers les flammes. Agacée, je me crispais et résistais. Ce n'était pas bien difficile, Gemma ayant la force de mon petit frère. Pourtant, elle réussit tout de même à me mettre à terre grâce à une technique pour le moins particulière et tout autant fétide qui me perturba et me déconcentra.

Toutes les deux à terre, je rencontrais des problèmes pour me relever, la cendre ayant déclenchée une violente quinte de toux et m'obligeant à garder les yeux fermés pour ne pas finir aveuglée. Tâtant le sol à la recherche de ma pioche que j'avais lâchée, je me releva d'une traite et ouvrit les yeux, bien décidée à en terminer. Mais à peine avais-je eu le temps de brandir mon arme que je sentis ma peau se déchirer. Sous le coup de la surprise, et de la douleur qui commençait à parcourir mon corps, un cri déchiré sortit de ma bouche. Cette dernière entre-ouverte et le regard embrumé de larme, je tournais lentement mon regard vers ma côte où deux couteaux sortis de nul parts venaient de se planter.
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MessageSujet: Re: J8 ❖ 'Cause you're hot then you're cold – Fremmoria   Lun 10 Sep - 12:54



There is nothing more pleasant than a perfect revenge

Le ciel constellé d’étoile de l’arène me rappelle une nouvelle fois encore que nous sommes prisonniers de cet endroit. La solitude se fait ressentir encore plus que les premiers jours dans l’arène et mon désespoir est au plus haut. Je n’arrive toujours pas à admettre ce que je ne veux pas croire. Sagitta est morte. Je ne sais pas ce qui m’a pris hier, la prendre dans mes bras, lui dire de ne pas me laisser seule dans cet enfer glacé, que je gagnerai pour elle et pour tous les gens qui comptaient pour elle. Ce n’est plus pour l’honneur maintenant que je suis encore en vie, mais pour Sagitta. Son briquet qu’elle m’a donné le conteste et son trident. J’ignorais qu’elle pouvait en avoir besoin, étant donné que son arme fétiche était l’arc, mais je ne lui ai pas posé la question. Elle ne disait pas grand-chose d’ailleurs. Elle avait chanté avant-hier, si c’était bien avant-hier. La notion de temps m’est totalement inconnue. La seule chose grâce à laquelle je peux me repérer, c’est l’affichage des visages des tributs le soir. J’ai pleuré hier soir, en voyant le visage de mon alliée illuminé le ciel pour la première et dernière fois. J’avais fait le décompte. Nous n’étions plus que 5 : La fille du 6 que je rêve d’étriper secrètement, le gars du 8 que je n’ai pas vu depuis le bain de sang, je ne l’avais même pas aperçue au Festin, l’idiot du 9 qui, je compte bien, va rejoindre son âme-sœur et celle que je dois tuer en premier désormais, Frenchie, du district 12. Je me rends compte que j’ai toutes mes chances de gagner maintenant. De revoir ma famille, de revoir Primaël et de remplir de joie et gonflé d’orgueil les habitants de mon District 1. Je souris à l’idée de revoir le Pacificateur Ducany-Hayne et de lui dire que les tributs du District 2 n’étaient pas si coriaces que ça.

Je me mets à penser à tous ce qui vient de se passer en quelque jour. Mes deux alliances, le fait que je n’ai toujours tué personne et pourtant je suis toujours là. Oh, et ce minable score qui sans doute me fait perdre la majorité des sponsors que j’aurai pu avoir à la base. J’aurai du me taper la tête contre la Corne hier, au lieu d’y mettre des coups de pieds et des coups de poings. J’aurai peut-être dû mettre l’armure que mes sponsors m’ont fait cadeaux au Festin. J’ai déjà vu ce genre d’armure, c’est une combinaison qui recouvre toute le corps, du cou jusqu’au cheville et permettent à ne pas se recevoir de coups. Malheureusement, la combinaison ne recouvre ni la tête, ni les pieds, ni les mains, ce qui est assez étrange puisque ces trois endroits sont assez utiles je suppose. Mais je pense que cette armure serrait encore plus utile si elle me gardait au chaud, ce qui n’est malheureusement pas le cas, et je dois me contenter de ça.
J’essaie de me réchauffer grâce au briquet que j’ai réussie à faire rester allumer mais ce n’est pas suffisant. Je sens que je suis en hypothermie. Alors, c’est comme ça que je vais mourir, sans avoir tué personne et en ridiculisant mon District ? Je trouve que mon District à suffisamment été ridiculiser avec mon co-tribut. Et puis il faut que je gagne, j’en ai fait la promesse à Sagitta. J’ai son feu après tout. Un feu qui est en ce moment même en train de bruler dans l’arène, avec ce nuage noir qui se déplace au gré du vent. Un feu ! Quel tribut est assez idiot pour faire un feu dans une arène nocturne ? Je sors de la Corne d’Abondance, emmenant avec moi tous ce que j’ai comme couteau et poignard et je me rue en direction de la source de fumée.

La forêt me semble plus dense que les rares fois où j’y suis allée. Peut-être que la personne à l’origine de ce feu s’est caché vers les montagnes ? Quoi qu’il en soit, je cours pendant plusieurs heures, me permettant ainsi de cogiter plus sur qui pourrait être à l’origine de ce feu. Je doute que ce soit Frenchie. Parce que même si elle vient du District 12 et que par conséquent, elle ne doit pas savoir grand-chose sur la façon de tuer des êtres humain mais je doute qu’elle ne soit pas intelligente. Elle n’a pas eu un 11 pour rien je suppose. Après, ça pourrait être l’idiot du 9, il m’a semblé suffisamment con pour faire ce genre de chose, mais je crois qu’il est lui aussi assez logique pour se douter qu’un feu attirerais mon attention. Le garçon du District 8 peut-être ? Il n’avait pas l’air très intelligent, et je ne l’ai pas vu depuis longtemps. Et, l reste la fille du 6, la lèche-bottes comme dirait Sagitta. Elle, j’aimerais bien l’étripé, elle m’a déjà filé entre les doigts, et je me traite d’imbécile toute la journée à cause d’elle. Si seulement ça pouvait être elle qui avait allumé le feu.

Je sens que j’arrive de plus en plus proche de ma destination finale, l’air devient presque irrespirable, et je me sens suffoquer. J’ai l’impression que l’auteur de ce feu va déclencher un véritable incendie, vu la fumé noir qui s’en dégage. J’essaie tant bien que mal à cacher mon nez et ma bouche pour ne pas respirer l’odeur insoutenable de la fumée et je passe au travers. Le spectacle que j’y observe en sortant me remplis d’une joie sans limite. La fille du 6 et Frenchie se battent toute les deux. C’est un signe du destin, je vais enfin en finir avec ces deux-là. Gemma était au sol, mais Frenchie brandissait sa pioche juste au-dessus d’elle, comme pour l’achever. C’est l’occasion rêvé de lui planter 2 couteaux dans les côtes. J’embrasse mes lames et les lance en direction de mon ennemie. Son cri résonne dans l’arène et me remplis d’une joie que je ne saurai décrire en voyant mes couteaux figer pile dans les côtes. Mais la cendre me fait bien vite oublier mon petit moment de gloire et je suis obligé de plissé les yeux pour éviter de perdre la vue. Je sais que parler reviendrai à avaler de la cendre, mais je ne peux m’empêcher de lancer « Alors les filles, prêtent pour une belle revanche ? »
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MessageSujet: Re: J8 ❖ 'Cause you're hot then you're cold – Fremmoria   Ven 14 Sep - 20:19


© Avalon/furiedheart


La cendre brûlante, la fumée, la douleur. Tout se mélangeait dans sa tête. Elle ne voyait plus rien. Elle sentait trop. La poussière collée à son visage, l'odeur du bois noirci, les crépitements des flammes... Une vague de sensations infinies qui lui brouillaient les idées et l'empêchaient de reprendre pied avec la réalité. Seule la souffrance ne variaient pas. Toujours aussi crue, toujours aussi immonde. Et pourtant, mêlée à la rage, elle constituait son seul repère. Son point d'attache. Elle s'y cramponnait telle un enfant à sa poupée, un soir d'orage. Pour ne pas sombrer.

Ce qu'il se passa ensuite resterait flou dans sa mémoire. Quand des couteaux surgirent de nulle part alors que Frenchie se tenait prête à l'attaquer de nouveau, et l'atteignirent juste sous la poitrine. Quand elle cria et fit tomber sa pioche dans la neige fondue. Quand elle s'effondra. Gemma n'eut pas le temps de tout voir, de tout enregistrer. Le temps jouait avec elle. D'enfant, elle était devenue poupée.
Hébétée, elle n'osa bouger que lorsqu'il fut certain que Frenchie ne se relèverait pas. Peut-être était-elle morte, peut-être agonisait-elle encore. Peu importait son état, en fait. Gemma n'avait besoin que de la savoir à terre, inoffensive. Alors sans plus réfléchir à ce qu'elle faisait, ni au tireur anonyme caché derrière l'épais rideau de fumée, elle se releva. Ses vêtements étaient déchirés par endroit, brûlés en d'autres. Elle songea à les ôter, avant de se rappeler qu'ailleurs dans l'Arène régnait un froid polaire. Puisque cette question s'avérait plus complexe que prévu, elle la mit de côté, et se reconcentra. La pioche. Elle devait ramasser la pioche. Aidée de la clarté créée par les flammes, elle la trouva rapidement. Un long morceau de métal fixé sur un manche en bois. Rien de terrifiant en somme. Comment Frenchie pouvait-elle s'en servir comme d'une arme ? Gemma se mit à genoux puis effleura l'outil du bout des doigts. Le regard perdu dans le vague, elle failli renoncer et céder au sommeil qu'elle sentait peser sur ses paupières. Il était si agréable d'avoir chaud... Agréable et pourtant si étrange. Comme si une semaine dans l'Arène suffisait à lui faire oublier une chose aussi banale, aussi naturelle. Mais elle n'avait pas le temps de philosopher à ce propos. Malgré son engourdissement, elle gardait une certaine conscience du danger. Rester ici était mal.
Elle saisit le manche de la pioche et se mit debout. Le paysage dansa quelques instants devant ses yeux puis se stabilisa. Lentement, elle se rapprocha de Frenchie, qui vivait encore. Sa poitrine tressautait et un filet de sang s'échappait de sa bouche. Gemma eut pitié, pendant une brève seconde, avant de se souvenir de ce que cette fille lui avait fait endurer. Une ordure pareille ne méritait pas de mourir, non, elle méritait bien pire. Malheureusement, Gemma ne voyait que ce moyen pour à la fois décharger sa colère, et assurer sa sécurité. Pourquoi laisser un tribut mourant derrière soi, lorsqu'on peut y laisser un cadavre ?
Elle resta une dizaine de secondes à regarder Frenchie dans le fond des yeux, savourant la souffrance qu'elle y lisait. A quoi pensait-elle à cet instant ? Avait-elle conscience de l’imminence de sa fin ? Songeait-elle à tout ce qu'elle ne pourrait pas voir, pas accomplir ? En implorait-elle à une entité quelconque ? Gemma n'en savait rien. Elle aurait voulu rester là à la regarder, mais c'était impossible. Sa torture devait prendre fin.
Elle brandit la pioche dans les airs, inspira, déglutit, frissonna ; et l'abattit.
En plein ventre. A l'endroit exact où le poignard de cette trainée avait pénétré sa propre chair. Frenchie allait comprendre ce que l'on ressentait, bien que sa souffrance à elle durerait moins longtemps. Cette dernière eut un sursaut au moment où le métal la transperça, puis un autre lorsqu'il se retira. Gemma leva de nouveau son arme, puis frappa, une deuxième fois. S'ensuivit un troisième coup, un quatrième, et elle cessa de compter. Frapper. Frapper. Frapper. Elle ne se contrôlait plus, ses bras agissaient d'eux-mêmes. Lever puis abaisser. Un mouvement si simple. Pourquoi les gens faisaient-ils toute une histoire du meurtre ? Voilà qu'elle en commettait deux en l'espace de quelques jours, et ce n'était pas si terrible. Rien d'autre qu'un geste. Un geste tout bête.
La fatigue eut bientôt raison d'elle, et elle laissa tomber la pioche à ses pieds. Le canon devait avoir retentit depuis longtemps, mais elle n'en savait rien Ses souvenirs étaient flous. Sa rage semblait s'être envolée, laissant sa place à l'instinct de survie. Elle devait partir.
Le feu avait progressé, et l'encerclait presque. Cette constatation réveilla sa panique. Se secouant violemment la tête, elle entreprit de réunir ses affaires. Son corps tout entier était traversé de spasmes, sa vision était brouillée. Elle distinguait mal les formes, et éprouva une grande difficulté à retrouver son sac, sa couverture intacte, et ses autres babioles qu'elle se força à ramasser, au cas où. En récupérant le petit couteau de Lily, elle se souvint de ceux qui avaient terrassé Frenchie, et revint près de son corps. L'ampleur du carnage faillit lui faire rebrousser chemin, mais elle se força à s'approcher davantage. Occulter le sang. Occulter l'horreur de ce qu'elle avait sous les yeux. Se concentrer sur les couteaux, et rien d'autre. Elle saisit le manche du premier et tira. Il vint facilement, mais Gemma ne put retirer le second. A bout de force, elle régurgita sa bouillie d'épines du matin, et renonça.
Elle se releva difficilement et tituba vers une ouverture à travers les flammes.
Fuir, maintenant. Fuir et oublier.


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Gemma ❖ You can't forget but you can move on
 


To know more about my life...*

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MessageSujet: Re: J8 ❖ 'Cause you're hot then you're cold – Fremmoria   Sam 15 Sep - 10:41

« Forests and deserts Rivers, blue seas
Mountains and valleys Nothing here stays While we think we witness
We are part of the scene This never-ending story »

La douleur, rien de plus que la douleur, il ne s'agissait plus que de ça. Cette dernière avait envahie la totalité de mon corps et, en cet instant, il n'y avait qu'elle qui m'importait. Ces couteaux qui faisaient couler ce sang, mon sang qui glissait entre mes doigts, même lui me semblait glacé. Sa vue me faisait oublier ce qui était en train de se passer, et les bruits environnants s'étaient transformés en bourdonnement désagréable auquel j'essayais de ne pas faire attention. La bouche ouverte, la respiration saccadée, je bougeais le regard de ma blessure pour le projeter vers la touffe rousse qui se démarquait de la fumée noire : Glamoria. Cette petite peste du district un qui aura, d'après ses propres paroles, enfin pu prendre sa revanche. De toutes évidences, l'issu de notre rencontre lors du premier jour lui était resté entre la gorge. Serrant la mâchoire, je lui adressa un regard haineux en pressant ma main contre ma blessure avant de finalement m'écraser lamentablement sur le sol. Allongée sur cette étendue fondue, je tournais la tête à droite et à gauche, à la recherche de quelque chose. Gisant sur le sol, je me débattais contre une force invisible, tentais de me relever pour finalement lâcher prise sous la vivacité de la douleur. Je continuais de me battre, de lutter contre l'évident sans prêter la moindre attention à ce qui m'entourait, ni même à Gemma qui s'était emparée de ma pioche …

Fatale erreur, puisque que quelques instants plus tard, la pointe aiguisée de cette dernière vint se planter dans mon ventre, déchirant ce dernier, traversant mes entrailles, imprégnant sa lame de mon sang. Le coup avait été violent, et un cri traduisant très bien cela s'échappa de mes lèvres gercées. Je sentais le sang se déverser le long de mon corps en même temps que mes forces me quittaient. Mon rythme cardiaque qui, jusqu'ici, était des plus élevé commença à faiblir et une nouvelle vague de douleur frappa mon cadavre : Gemma avait frappé une deuxième fois. Et une fois encore … et les coups s’enchaînaient sans que je ne puisse vraiment les compter. J'avais du mal à réaliser que j'étais en train de mourir, que les jeux avaient finalement eu raison de moi. J'avais mal … terriblement mal, et je ne pouvais rien contre ça. Je voulais continuer à me battre, je voulais continuer à vivre ... pour moi, pour ma famille, pour Lance, pour Iugo, pour Katell, pour Denahi, pour le district 12, pour Jude, pour Georg, pour tous ceux qui comptaient sur moi, pour tout ceux qui m'ont soutenus. J'avais tellement de choses sur les épaules, je ne pouvais pas mourir comme ça … Malheureusement, je compris en constatant que je n'étais plus capable de bouger le petit doigt qu'il ne s'agissait plus de ce que je voulais, et que, j'avais beau essayer de me battre, c'était fini …
Alors, je cessais de lutter, fermais les yeux, et attendis gentiment que la mort vienne m'emporter en laissant libre court à mes pensées …

J'ai souvent essayé d'imaginer ma mort. Avec cette épée de Damoclès qui flottait au dessus de nous à chaque jours de moisson, ca m'avait toujours semblé être la chose à faire mais, je n'ai jamais pu. Dans ma tête se déroulait mille et un scénarios, tous plus violent les uns que les autres. Parfois, je me disais aussi que si j'étais nommée, je ne prendrais même pas la peine de me battre. Mon scénario parfait était de simplement me laisser mourir … du moins jusqu'au premier jour, jusqu'à la fin du compte à rebours ou tout de suite, l'instinct de survie a pris le dessus sur mes principes. Rien ne se passe jamais comme prévu … Lorsque je regardais les jeux, que je n'étais encore qu'une simple spectatrice de cette boucherie, j'étais persuadée que je ne pourrais pas … que je n'avais pas la force nécessaire pour tuer quelqu'un de sang-froid, et que tout ceux qui l'avait n'étaient que des monstres … j'ai blessé, j'ai tué … est-ce que ça fait de moi un monstre ? Non … je n'étais pas un monstre. J'avais fait ça pour survivre … nous l'avions tous fait … Comment les gens me considéraient-ils ? Les autres tributs ? Le Capitole ? Ou même les habitants des districts ? Quelle image, quelle réputation me suivrait jusque dans ma tombe ? Que se diraient les gens quand ils verront mon visage s'afficher dans le ciel ? Que disent les gens en ce moment, alors que je suis en train d'agoniser sous les coups de Gemma ? Que pensent-ils ? Lance, Luka, ma mère … Que pensent-ils ? Sont-ils déçus, ou sont-ils fiers de moi ? Sont-ils tristes ? J'aimerais les voir, juste une dernière fois, pour savoir si je n'ai pas tout raté, pour savoir si je peux partir en paix …

Gemma m’asséna ce coup qui fut le dernier et, sentant qu'il ne me restait plus que quelques secondes avant que je ne m'endorme pour l'éternité, je posais mon regard sur le ciel. Il faisait noir, même pas une aurore pour éclairer mon cadavre, juste quelques étoiles et le feu environnant … le soleil, j'aimerais voir le soleil, j'aimerais qu'il m'éblouisse une dernière fois … mais il n'est pas là, je ne le verrais plus jamais …

Mes yeux se ferment …
Et c'est la fin.
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MessageSujet: Re: J8 ❖ 'Cause you're hot then you're cold – Fremmoria   Lun 24 Sep - 12:18



There is nothing more pleasant than a perfect revenge

Tout se passe si vite que j’en oublie presque de réagir. Frenchie regarde le sang couler de ses côtes comme si c’était la première fois qu’elle le voyait. Le sang. Une chose que j’ai vu couler bien souvent, à mon plus grand malheur. Je saurai reconnaitre mon sang entre mille autres. Je saurai me rappeler n’importe quel endroit où il a coulé sur mon corps, n’importe quelle occasion je l’ai vu teindre mes vêtements en rouge. Après tout, ne sommes-nous pas juste un assemblage d’os, de muscles, et de tissus sanguins. Le liquide rougeâtre qui parcoure nos veines et nos artères ne sont pas l’essence même de notre vie ? Une vie que nous devons chérir, et nous battre pour qu’elle reste notre propriété. Et pourtant, ici, dans cette arène, le sang est une chose courante, une sorte de monnaie d’échange. Le sang de la personne d’en face coule, tu as la vie sauve, le sang reste dans ses veines, tu peux mourir à n’importe qu’elle instant.

Et voir le sang de Frenchie, s’écouler de sa plaie au travers de ses doigts me remplis d’une joie dont je ne saurais décrire. La voir à l’article de la mort est presque jouissif, ça me rappelle beaucoup de chose. Avec un peu de chance, elle mourra de mes couteaux dans les côtes avant qu’il ne se passe quoi que ce soit d’autre. Ma première véritable victime, parce que, soyons honnêtes, même si c’est à cause de nous que Titus c’est donné la mort, c’est lui qui à porter le coup. Là, je pourrais enfin dire, j’ai tué quelqu’un, quand je pense à mon District qui doit être couvert de honte, pour avoir des tributs aussi nul cette année. Moi, je n’ai eu qu’un 6, certes, mais c’était pour cacher mes talents, pourtant, j’ai l’impression que même au Capitole, personne n’y crois. Et puis, ne parlons pas de mon ex-co-tribut. La honte total, je n’ai jamais cru que ça serai possible d’avoir autant honte dans toute une vie. Un 2, j’en suis tombé sur les fesses quand j’ai vu sa note, d’abord de rire, puis de frustration. Comment attirer les sponsors avec un tel score ? Eh bien, on ne peut pas, et surtout avec une ennemie, ayant obtenue un score de 11. Mais, voir la dite personne agonir devant mes yeux, c’est juste merveilleux. J’aimerais réellement qu’elle meurt sous mes propres coups, mais, le destin en a décidé autrement.

Gemma récupère la pioche de Frenchie et la brandie juste au-dessus de la tête de cette dernière, puis assène un premier coup dans l’abdomen de Frenchie, ce qui lui fait pousser un premier gémissement. Le sang coule de plus belle. Je souris malgré moi devant se spectacle, et puis tant pis si ce n’est pas moi qui la tue, du moment que son corps de bouge plus et que le canon résonne pour elle, tout m’ira. Gemma la frappe encore et encore dans l’abdomen, comme une folle furieuse qui rêve de prendre une quelque conques revanche. Je me rends compte que je devais être dans le même état, lorsque je me suis soi-disant « battu » avec Sagitta. Sagitta. Je gagnerai pour elle, quoi qu’il arrive, parce qu’elle méritait de gagner. Mon coup de folie après sa mort ne doit pas être très bien vu par les sponsors, pleuré lors de la mort d’un adversaire, c’est ridicule, mais je l’ai fait, parce que Sagitta le méritait.

Un coup de canon me fait sortir de mes pensées. J’écarquille yeux devant le corps sans vie de Frenchie, puis souris jusqu’aux oreilles. Elle est morte. Mais Gemma ne s’arrête pas de frapper son cadavre avec la pioche. Je me rappelle avoir fait exactement pareil lorsque Titus s’est suicidé, mais, moi c’était avec mes pieds et c’était parce que j’étais en colère et frustrée de ne pas pu l’avoir tué moi-même. C’est Sagitta qui a permis de m’arrêter, mais je ne pense pas qu’arrêter Gemma soit bien pour ma propre survie. Je la laisse alors continuer, regardant le sang de Frenchie tacher le visage de Gemma et salir ses vêtements. Puis, elle s’arrête, faisant tomber la pioche par terre et s’enfuyant en courant.

L’opportunité de ridiculiser une fois de plus Frenchie s’offre à moi. Je m’avance alors ver son corps, sentant tous les poils de mon corps se hérisser, et mon cœur battre à cent à l’heure, me demandant si elle va se réveiller et me tuer. Mais en me penchant sur son corps, je réalise ma propre bêtise. J’aimerai la tuer une fois de plus, mais elle est déjà morte, alors à quoi bon. Nan, je préfère lui souffler quelque mot, que tout Panem peut entendre. « Tu sais Frenchie, je pourrais être désolée pour toi, te dire que c’est triste et que je m’en veux d’avoir pensé de chose horrible à ton sujet, mais, c’est faux. Je suis bien heureuse que tu sois morte parce que maintenant, je peux gagner. C’est vrai, je n’ai plus de réels concurrents, c’est du tout cuit. Alors, je devrai plutôt te dire merci au final. Parce que, comme ça, je pourrai honorer ma promesse envers Sagitta. Tu sais, g-a-g-n-e-r. Eh bien je lui ai promis, et une Sparkles tiens toujours ses promesses. » Je me relève péniblement. Ils mourront tous, tous autant qu’ils sont, et le Capitole aussi souffrira. Je ne démentirai pas ce que j’ai dit hier à l’encontre de nos dirigeants, ils vont payer la mort de Sagitta, j’en fais la promesse.





THE END
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