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 J1 ❖ aurora borealis – SAZEHA

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MessageSujet: J1 ❖ aurora borealis – SAZEHA   Mar 17 Juil - 20:52



lips red as blood, skin white as snow,
hair black as night, bring me your heart,
my dear, dear snow white.
Je croyais que la Corne était le pire. Je m'imaginais vainement qu'une fois le Bain de Sang traversé, je serais en sécurité. Pour moi, c'était la pire épreuve, et, une fois passée, mes habiletés naturelles me sauveraient du trépas. Je me berçais d'illusions. Or, j'avais tort. Si tort. L'Arène en elle-même est ma pire ennemie.

Le froid. Le pire que j'ai connu. Le pire que je ne connaîtrai sûrement jamais. Comme des aiguilles, longues et terriblement acérées, qui pénètrent ma peau à répétition, sans arrêt, faisant naître des larmes qui gèlent instantanément dès qu'elles sortent de mes yeux brûlés à vif. Je serre les dents à les casser, me disant qu'une fois dans la forêt, je serai à l'abri de ce vent hurlant et portant des effluves de mort, qui me torture un peu plus à chaque souffle. Je vais devenir folle. Je vais mourir avant d'atteindre la forêt.

La glace du lac craque plusieurs fois. J'ai failli me retrouver sous les flots, immergée et prisonnière alors que la trappe hivernale se referme par-dessus ma tête, me condamnant à une horrible noyade, lente, atroce, maudissant mon district de naissance m'ayant octroyé une capacité à retenir ma respiration très longtemps. Ces pièges naturels me rappellent les trappes que les mygales font dans le Sud du Quatre. Je hais les araignées.

L'aurore qui balafre le ciel est ma seule lumière, étonnamment forte. Elle éclaire mes pas dans la nuit sauvage qui emplit ce lieu de dangers, et qui baisse encore plus la température extrême. À chaque bourrasque, j'ai la sensation horrifiante de brûler vive. Je me demande si une aurore véritable fais autant de lumière. Probablement pas. J'imagine que c'est un moyen esthétique trouvé par les Juges pour avoir de meilleurs plans du Bain de Sang. D'ailleurs, il devrait finir bientôt. Voilà près d'une heure que je marche vers l'avant, et la forêt me semble toujours aussi éloignée. Quoi que je n'ai absolument rien pour m'affirmer qu'une seule heure s'est écoulée. L'absence de soleil et la douleur constante due au froid me déboussolent complètement.

L'endroit où la neige est entrée dans mes gants me fais terriblement souffrir. De plus, j'ai beaucoup transpiré entre le lancement et ma fuite, ce qui me condamne plus ou moins à geler sur place. J'ai si froid. Tout ce que je veux, c'est rentrer chez moi, au District Quatre. Rien qu'à penser à nos étés étouffants, j'ai envie de pleurer. Néanmoins, l'idée me réchauffe un peu.

Je commence à faiblir. Je n'atteindrai jamais cette putain de forêt. Je mourrai bien avant la fin du premier jour, sur un lac semi-gelé qui menace plusieurs fois de m'engloutir. J'ai l'impression d'avoir trahi Zoé, Ayden, mon père, Aloysius... J'ai l'impression de trahir tout le monde, alors que je tombe lentement en léthargie. Mes paupières sont lourdes. Je me sens comme dans une nuage. Et si je me laissais tomber ici? Je pourrais dormir un peu. Les autres tributs sont loin...

Non. Non. Non, non, non et non. Réveille-toi, Sage. Le froid te fait délirer. Même si j'ai remonté ma capuche, j'ai un mal de tête de chien dû à ma lente déshydratation et à l'air polaire. Je ne sens même plus mes oreilles. Je reste terriblement raide. Je devrais bouger, oui, bouger plus. D'habitude, je ne fais que ça. Je me mets à secouer mes membres un à un afin de les réchauffer, et au bout de quelques minutes, je vois le résultat s'immiscer. Il ne faut pas que je transpire, par contre. Sinon, je serai dans la merde. Je regarde le sol, concentrée à oublier la douleur et d'avancer. Allez, une, deux, une, deux, une...

Soudain, le vent tombe d'un coup. Je lève la tête, surprise, et découvre la forêt de conifères, qui descend en pente douce dans un petit vallon. J'ai réussi. Je m'y suis rendue. L'air confiné, protégé par les arbres du vent, est bien plus confortable. Glacial, tout de même, mais il me semble plonger dans un désert comparé aux tourments de tout à l'heure. Un sourire illumine mon visage. Je me surprends à sautiller sur place, mais je m'arrête prestement, consciente que je dois avoir l'air d'une cruche devant tout Panem. Je suis presque sûre que l'on m'a filmée jusqu'ici, au moins pour dire que je suis toujours dans la course. Sans blessure.

Soudain, je suis frappée par l'évidence. J'ai soif. Terriblement soif. Or, pas question de boire de la neige. De un, ma température corporelle tomberait encore plus, de deux, elle n'a que très peu de chances d'être potable. Merde. J'avais pas pensé à cet éventualité. Le pire, c'était que Zoé me l'avait dit, de trouver un point d'eau. Mais j'étais trop préoccupée par la température infernale pour y penser.

Je marche un peu plus profondément dans les bois, faisant attention à ne faire aucun bruit, puis m'adosse contre un rocher pour faire l'inventaire de ce que j'ai. Un briquet dans ma poche. Des lunettes de protection. Un poignard, que je n'ai pas lâché depuis la Corne, et j'ai les doigts tout ankylosés lorsque que je le retire de ma main crispée. J'ouvre ensuite maladroitement mon sac, d'un jaune éclatant -il agira comme un phare, il me faudrait un truc pour le foncir- et découvre un sac de couchage, de la nourriture et... une bouteille. Remplie. Je la brandis comme un trophée et me permet quelques gorgées. Il me faudrait attendre Ezea. Mais je pourrais aussi chercher un lieu de campement. L'ennui, c'est qu'il me perdrait à coup sûr. Et si je reste là, il ne sera pas le seul à avoir plus de facilité à me trouver. Oh et puis bon, qu'est-ce que j'ai à perdre? Après tout, nous pourrions trouver un ruisseau à trois.

Je sursaute violemment. Le premier coup de canon retentit dans l'Arène. Un son caverneux, sombre. Très symbolique de ce qu'il annonce -la mort des tributs. Je compte ceux qu'il y a à la Corne. Un. Deux. Trois. Quatre. Cinq. Six. Sept. Huit. J'attends le neuvième, mais il ne vient pas. Huit morts. Huit. C'est peu par rapport aux anciennes éditions, mais effrayant tout de même. Je prie de tout mon être pour qu'Aloysius soit sauf. Pitié, faites qu'il soit sauf.

Un vent glacial se lève dans la forêt, m'arrachant un frisson. Il me faut bouger, sinon je gèlerai sur place. Au moins me trouver quelque chose à faire. Je me promène un instant dans la forêt, une idée précise en tête. Je cherche une grosse branche par-terre, solide et plutôt grande. Au bout d'une dizaine de minutes, j'en trouve une parfaite, et admire ma découverte avec un sourire ravi. Je me met donc à scier le bout afin d'obtenir une pointe effilée. Avec un épieu, aussi rudimentaire soit-il, j'ai de meilleures chances de survie.


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MessageSujet: Re: J1 ❖ aurora borealis – SAZEHA   Sam 21 Juil - 22:42



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A peine arrivés dans la forêt, nous nous aperçûmes que le couvert des arbres était providentiel. La protection que nous offraient les conifères s'avérait être une bénédiction pour tous nos sens harassés par le froid et le vent. Ici, nous n'étions plus obligés de nous courber pour faire face aux bourrasques glaciales qui arrivaient de toute part, et nous pouvions ralentir le pas sans craindre de nous faire repérer par d'autres tributs. Nous avions quitté la corne d'abondance depuis une heure, peut-être deux. A vrai dire, il était difficile d'établir des repères temporels tant la nuit étoilée semblait s'être figée depuis la disparition des volutes iridescentes. Il n'y avait aucun présage du lever du soleil. Aucune évolution. C'est comme si les Juges avaient voulu nous enfermer au creux des ténèbres polaires. Et c'était sans doute le cas. Viha et moi nous interrogeâmes pour savoir si nous devions chercher Sagitta avant l'établissement d'un campement, ou bien partir sans attendre. Et malgré les arguments plutôt convaincants de ma co-tribut, je pris la décision d'aller tout de suite à l'encontre de la tribut du Quatre.

Nous ne la trouvâmes pas immédiatement. Il me sembla même que nous fouillâmes la forêt pendant plus d'une heure avant de la croiser. Partout où nous passions, c'était le même spectacle : des arbres, de la neige, le silence, et la nuit. Nous ne savions pas si nous étions sur le bon chemin, où si nous tournions en rond... Et plus le temps passait, plus la fatigue commençait à engourdir nos membres endoloris par le froid. Au bout d'un temps, je pensai même à m'arrêter, mais j'abandonnai rapidement cette idée. Une autre pensée plus dérangeante se fit une place dans mon esprit bien que je la refusasse obstinément : et si Sagitta était... Non. Elle ne pouvait avoir péri. Aucun coup de canon ne lui avait été destiné. La tribut du Quatre était trop courageuse pour se faire tuer lors du premier jour des Jeux ! Lors, une longue liste d'interrogations se présenta à moi, telles que : « Et si Sagitta n'était pas dans la forêt ? » ou même « Et si je ne retrouvais jamais Sagitta ? ». Mais à chaque formulation, je m'obstinais à continuer de marcher sans réfléchir. Viha, elle, semblait être totalement agacée par ma détermination. Je préférais l'ignorer et discuter de sujets anodins avec elle pour combler le silence.

Enfin, après ce qui me sembla être une éternité, nous la dénichâmes. Elle était dans une petite clairière et semblait un peu égarée – malgré ce que son regard assuré sous-entendait. Sans pouvoir m'en empêcher, je souris lorsque nos prunelles se croisèrent. Le fait de nous retrouver tous là deux là, sains et saufs, au sein de l'arène, était un sentiment réellement plaisant et rassurant. A la réflexion, c'était terriblement puéril. Mais peu importait : elle était là, face à moi, et s'il n'y avait pas eu Viha, je l'aurais serrée contre moi. « J'ai bien cru que tu t'étais faite tuer par un carrière ! » soupirai-je, légèrement amusé, en déposant contre l'écorce d'un arbre l'énorme sac que je traînais depuis la corne d'abondance. J'y ajoutai l'épée, la trousse de soins et les deux couteaux, mais gardai le poignard de Blythe à ma ceinture. « Tu n'as pas eu de problème en arrivant ? » l'interrogeai-je avant de me tourner vers Viha. Je dardai ma co-tribut pendant un instant. Son regard semblait vouloir me dire quelque chose que je ne compris pas. Je lui demandai d'une voix atone : « Bon, on s'installe ici, ou...? »

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MessageSujet: Re: J1 ❖ aurora borealis – SAZEHA   Lun 23 Juil - 0:21

Nous étions arrivés. La fille du quatre avait été retrouvée. Enfin. Tout le monde était heureux dans le meilleur des mondes…. Ils oubliaient tous que d’ici une semaine, ils seraient tous morts, ou en train de se battre pour la victoire. J’étais là, à les regarder de loin. La vie ne leur avait rien apprit. Je tentais de toutes mes forces de me concentrer sur la connerie de leur relation; ne voir que le mauvais, la bêtise, pour ne pas penser à Lux, en dehors de l’arène. Il avait peut-être vu ce que j’avais fait au mec du quatre. Il était peut-être fier de moi…. Ou il s’en fichait royalement. Il préférait ne pas regarder, sachant que j’allais m’en sortir, de toute façon.

Je laissai tomber mes bagages sur le sol. « Ouais. On s’installe ici. » Dis-je en m’agenouillant près du sac jaune que j’avais récupéré à la corne. Je n’avais même pas encore examiné son contenu, l’ayant seulement ouvert pour y mettre les objets que j’avais volés au garçon du quatre. Je tirais la fermeture pour découvrir, premièrement, ce que j’y avait mis; des gants supplémentaires ainsi qu’un bonnet. Au fond, je trouvai un sac de couchage, une bouteille d’eau et ce qui ressemblait à de la nourriture qu’on aurait laissé sécher – J’avais horreur de ça, mais c’était une façon pratique de conserver les aliments. Rien d’autre. Un peu désappointée, je remis tout dans mon sac, me relevais et m’approchai d’ezea. « t’as quoi dans ton sac toi? » Je n’avais pas de temps à perdre, je n’attendis pas sa réponse et je préparai un plan de match mental, tout en tendant une oreille.

Les arbres allaient être suffisants pour réduire la force du vent; ils allaient aussi nous protéger, quelques peu, de la neige, vu qu’ils en accumulaient beaucoup sur leurs branches – « Quoi que vous fassiez, ne touchez pas aux arbres. » Dis-je, coupant mon fil de pensées et Ezea qui faisait son inventaire. Les deux autres me regardaient, se demandant probablement pourquoi je disais quelque chose de la sorte. Je devais avouer qu’a leur place, j’aurais eut la même réaction. « Nos traces de pas sont vites effacées par la neige et le vent. Par contre, quand on fait tomber la couverture d’un arbre, de un, il ne se recouvre pas sur le champ, de deux, on crée un beau tas de neige signalant notre présence sur le sol, et de trois, on peut voir la cime bouger… du moins quand il y a ces trucs dans le ciel. C’est comme… grimper dans un arbre en automne. » ça devait leur paraitre tout à fait idiot, superflu. Mais la vérité était que j’y avais pensé. Et si j’avais découvert ce truc, d’autres y penseraient aussi… dans le pire des cas, nous l’utiliserions contre eux. J’attendis que mon co-tribut finisse de faire l’inventaire du contenu de son sac avant de me remettre à parler. « Quatre, t’as un sac de couchage dans ton sac? » Je connaissais très bien son prénom. C’était Sagitta. Je voulais seulement la faire sentir mal à l’aise, qu’elle sache qu’elle n’était pas ma favorite, et que, si l’occasion se présentait, je me ferais un plaisir de lui offrir une césarienne gratis. Elle devait être pleine de bébé-ezea. Je me foutais de sa réponse, son sac était pareil au mien, je savais ce qu’il contenait. Je la regardai, souriante. Ces jeux allaient être une vraie partie de plaisir.
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MessageSujet: Re: J1 ❖ aurora borealis – SAZEHA   Lun 23 Juil - 3:59



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Je contemple mon oeuvre, satisfaite. La pointe effilée de l'épieu me sera d'un grand secours une fois les quelques provisions fourrées dans mon sac épuisées. Avec mon seul couteau, je ne peux ni chasser ni pêcher, surtout pas à cette température. Ce serait ridicule de plonger mes deux mains sous l'eau pour attraper un poisson, et puis le froid me les condamnerait rapidement. Heureusement, avec ce harpon improvisé, je peux à la fois récolter ma pitance et me défendre. Et puis, un bâton de marche, ça ne me fera pas de mal.

Je me relève, prenant appui sur mon nouvel instrument. Le vent se lève. Je devrai me trouver un abri rapidement, sinon, je ne survivrai pas à la nuit. Déjà que le peu de lumière que nous avions s'est éteinte, je ne souhaite pas dormir par-terre, au milieu de cet environnement extrême certainement infesté de créatures sauvages et à la merci des carrières. À peine je fais un pas qu'une voix masculine retentit. Je sursaute violemment et me retourne, brandissant mon épieu en l'air pour me protéger et mon poignard, prête à attaquer.

- J'ai bien cru que tu t'étais faite tuer par un carrière !

Je soupire de soulagement. Ezea. J'ai failli avoir une crise cardiaque, et le regard que je lui lance en dit long. Malgré tout, je suis apaisée de le savoir en vie. Je me sens faible d'avoir fui devant les tributs du Deux alors que lui restait pour me sauver la peau. À côté de lui se tient fièrement - un peu trop même -, sa co-tribut. Nous nous jaugeons un instant, comme deux chats sauvages se disputant un territoire. Je me retourne vers le jeune homme:

- Oh tu sais, j'ironise, ça me prend plus d'une carrière pour m'avoir.

- Tu n'as pas eu de problème en arrivant ?

- Si, la seule lumière qu'on avait s'est éteinte. Je crois qu'on a une panne de courant.

Il se retourne vers son inquiétante co-tribut qui semble vouloir lui prendre la tête et la frotter contre un arbre jusqu'à ce que ses dents lui sortent par une joue. Elle est ridicule. Je ne comprends tout simplement pas sa façon de voir le monde.

- Bon, on s'installe ici, ou...?

Viha relâche son équipement sur le sol, et se met à fouiller à l'intérieur. Semblant satisfaite du contenu, elle s'approche d'Ezea et s'enquit de ce qu'il a obtenu, lui. Je ne suis pas particulièrement d'accord pour rester plantée ici.

- Non, on devrait remonter un peu plus creux dans les sous-bois. Dans une clairière, nous sommes beaucoup trop exposés.

Si jamais cette nuit -ou du moins, dans quelques heures-, les carrières passent dans le coin pendant leur traditionnelle chasse le soir du premier jour, dans un vide comme celui-ci, notre campement sera aussi évident que le nez au milieu de la figure. Alors que sous les troncs torturés des conifères, nous bénéficions d'un camouflage peut-être pas optimal, mais tout de même non refusable. Je resserre mon emprise sur mon épieu, incertaine de la réponse.

- Quoi que vous fassiez, ne touchez pas aux arbres.

Je fixe Viha sans comprendre. Ils sont empoisonnés? Je frissonne à cette idée. C'est assez tordu pour ressembler à nos chers Juges. Et si c'est le cas, je suis dans le pétrin, tenant justement en ce moment un bâton.

- Nos traces de pas sont vites effacées par la neige et le vent. Par contre, quand on fait tomber la couverture d’un arbre, de un, il ne se recouvre pas sur le champ, de deux, on crée un beau tas de neige signalant notre présence sur le sol, et de trois, on peut voir la cime bouger… du moins quand il y a ces trucs dans le ciel. C’est comme… grimper dans un arbre en automne.

Elle n'a pas tort. Vraiment pas tort. Peut-être cette fille est-elle encore plus désagréable que de se frotter à un cactus pour ensuite faire un plongeon dans l'eau salée de la mer, mais elle a un cerveau.

- Quatre, t’as un sac de couchage dans ton sac?

- Affirmatif, Onze, dis-je en souriant, parfaitement consciente que ça agace mon interlocutrice et y prenant un plaisir non dissimulé.

Nous ne nous aimons pas. C'est clair. Je suis à peu près sûre que c'est écrit dans le ciel. Heureusement, nos personnalités divergentes uniquement rattachées à ce garçon qui nous accompagne et nous garde unies dans l'adversité est le genre de relation dont sont friands le Capitole. Je suis certaine de passer à l'écran présentement, à moins qu'il y ait un combat quelque part. Je vais lui faire une remarque sarcastique sur sa démarche boitillante lorsque je suis coupée dans mon élan par une soudaine lumière argentée, forte et venant des nues. Je me retourne vers son origine alors qu'une mélodie devenue beaucoup trop familière détonne: l'hymne de Panem.

Je suis brusquement ramenée à la réalité. Nous sommes dans les Hunger Games. Mon coeur se resserre. Mes mains deviennent moites. Qui est mort aujourd'hui? Qui sont ces huit personnes qui ont succombé? Me me mords la lèvre, inquiète. Pas Aloysius, pas Aloysius, je vous en supplie.

L'image souriante du garçon du Un, ce spécimen étrange à la chevelure particulière brille un instant. Je ne l'ai pas vraiment connu. En fait, je m'en suis royalement foutu de tout l'entraînement. Il a toujours été clair que ce n'était pas un carrière malgré son district d'origine - tiens, j'ai un point en commun avec cet énergumène- et puis il m'avait toujours paru un peu décalé. Je prie. Le visage d'un autre garçon apparaît. Un garçon que je connais bien.

Comme un poing dans le ventre. Le coup de canon annonçant la mort, j'en reçoit le boulet en plein dans les poumons. Je ne peux plus respirer. Non. C'est impossible. Pas maintenant. Pas déjà. Ce matin encore, je le serrais dans mes bras en lui jurant que tout irait bien. J'avais tort, encore.

Aloysius n'est plus. Ce garçon qui a toujours été là pour moi est passé de l'autre côté. Il retournera chez nous. Mais jamais il ne s'en rendra compte. Je ne peux m'empêcher de le revoir, enfant, courant sur la plage avec Bianca et moi. De penser à son enfant à naître. Il était presque tout pour moi.

Je ne pleure pas. Je suis de pierre. Je tremble un peu, mais pas de désespoir, mais de rage. De rage contre celui ou celle qui lui a fait un tel châtiment. Je le tuerai. Moi-même. Je prendrai soin de lui faire ressentir chaque parcelle de douleur qui consume mon corps. Je contemple le vide, admire l'infini alors qu'une seule certitude se dessine dans mon esprit. Je trouverai celui qui t'as fait ça, Alo. Et je lui arracherai les membres un à un. Je le brûlerai vivant et danserai sous la musique macabre de ses hurlements.






Je contemple le petit campement que nous avons bâti. Les sacs de couchage, attachés entre eux, sont disposés contre un arbre énorme dont les branches imposantes en balais de sorcière surplombent le lieu, le gardant de chutes de neige supplémentaires. Nous échangeons brièvement des regards perplexes qui en disent beaucoup.

- Je prends le premier tour de garde, j'articule d'un ton neutre et vide.

De toute façon, je n'arriverai pas à dormir. Et j'ai le désir ardent d'extérioriser mes émotions, et, malgré la pénombre de notre abri, savoir que cette teigne de Viha puisse me surprendre à pleurer ou jurer vengeance me fait presque préférer la mort.
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MessageSujet: Re: J1 ❖ aurora borealis – SAZEHA   Lun 23 Juil - 12:46



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La tension était palpable. Mon regard demeurait fixé sur les cieux, là où quelques secondes auparavant, le visage du cousin de Sagitta était apparu. Alors, désormais, elle savait. Viha et moi ne devions rien trahir. Pourtant, cela pesait déjà sur ma conscience. J'avais l'impression de mentir à Sagitta qui, en plus d'être mon alliée, venait de subir un choc émotionnel que son apparente inflexibilité ne parvenait pas à masquer. Je ne savais pas comment réagir alors, assis contre cet arbre, je continuais d'observer le ciel où défilaient d'autres visages éclairés artificiellement. La fille du Cinq que j'avais tuée. La fille du Sept. Le garçon du Dix. Des vies entières qui, en une journée, s'étaient réduites à cette image qu'on nous balançait dans le ciel. Enfin, quand l'hymne parvint à son terme, le dernier visage disparut, et un silence tétanisant s'empara de notre petit groupe. Les étoiles redevinrent notre unique veilleuse, baignant les arbres enneigés d'une clarté fantomatique. Je croisai le regard de la fille du Quatre, et tentai de lui communiquer tout mon réconfort. Mais elle se détourna, comme pour rejeter mon affection. Pourquoi donc m'étais-je attaché à elle ? J'avais été ridicule. Maintenant, je me retrouvais bien bête, à me faire du tort pour cette tribut blessée.

Nous employèrent les heures suivantes à dresser un campement de fortune, puis à grignoter et boire le contenu du sac que j'avais pris à la corne d'abondance. Ce dernier s'avérait fort utile, car nous n'avions pas réellement envie de partir chasser, pêcher ou dénicher un ruisseau pour l'instant. L'arène ne nous était pas encore assez familière, et nous attendions l'aube avec impatience. Encore fallait-il que le soleil se levât... Sagitta insista pour prendre le premier tour de garde, et Viha et moi ne protestâmes pas. Depuis l'annonce de la mort de son cousin, nous n'échangions que des formalités. Pourtant, j'avais réellement envie de lui parler pour tenter de lui remonter le moral, mais la présence de Viha était assez gênante. Certes, elle était mon amie, mais notre relation différent totalement de celle que j'entretenais avec Sagitta. Et je ne pouvais le lui expliquer – elle m'aurait ri au nez. Même moi, à sa place, j'aurais trouvé ça risible.

Ma co-tribut et moi-même joignîmes les sacs de couchage contenus dans nos sac-à-dos jaunes et nous allongeâmes à l'intérieur, espérant se procurer un peu de notre chaleur corporelle. Ici, loin de Sagitta ; Viha et moi nous fixâmes pendant plusieurs minutes. Sans parler. Je savais pourtant ce que son regard froid tentait de me dire. J'ai remarqué ton petit jeu. Arrête ça tout de suite avant que ça te détruise. Tu es ridicule. Mais je ne pouvais rien faire alors, au bout d'un temps, je me tournai vers le ciel, dans lequel je trouvai une certaine consolation. Certes, ce n'étaient pas les étoiles du District Onze qui illuminaient cette nuit polaire, mais au moins, ça me rappelait mon enfance. Souviens-toi de qui tu es, avait écrit Alexiane à l'envers de la photo de mes parents. Cette dernière, rangée dans ma poche, semblait exercer un puissant appel sur moi, mais je résistais. Oui, je me souvenais de qui j'étais. J'étais toujours le même. Je songeai alors à ma mentor, à Oxalide, à toutes ces personnes qui devaient m'observer sur leur écran...

J'ouvris difficilement les paupières. Mes muscles endoloris m'avertirent que j'avais déjà dormi quelques minutes, voire quelques heures. Quoiqu'il en soit, le ciel était toujours aussi noir, et l'air toujours aussi froid. Premier réveil dans l'arène. Mon épaule me faisait moins mal. Quant à Viha, elle... Elle n'était plus à côté de moi. Je ne sentais plus la présence de son corps. Je me retournai sur moi même, tous sens en alerte, craignant qu'elle se soit enfuie ou, pire, faite tuer. Mais non, elle était juste là, plus loin, à parler avec Sagitta avec véhémence. Rasséréné, je tentai de deviner leurs propos, en vain. Il me sembla toutefois entendre mon prénom à plusieurs reprises, ce qui me fit m'interroger. Complotaient-elles sur moi ? Amusé par cette idée grotesque, je me rendormis quelques secondes plus tard dans la chaleur du sac de couchage.

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MessageSujet: Re: J1 ❖ aurora borealis – SAZEHA   

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J1 ❖ aurora borealis – SAZEHA

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