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 (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA

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MessageSujet: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Lun 25 Juin - 21:41



i'd be cold as a stone and rich as the fools
that turned all those good hearts away

J'ai dévoré trois assiettes au réfectoire. J'ai surpris plus d'une personne avec mon appétit d'ogre malgré ma petite taille, mais bon, je sais quand profiter des bonnes choses, et puis comme l'a si bien dit Serena, vaut mieux mettre un peu de chair entre mes os pour l'Arène, sinon je ne serai encore pire au combat que je le suis déjà. J'ai tâché d'alléger l'atmosphère avec Aloysius, et j'ai été ravie de retrouver son petit côté espiègle. De plus, moi aussi, j'ai abandonné le nuage noir au-dessus de ma tête, du moins, du mieux que je le peux. Si je dois mourir dans trois jours, autant avoir été moi-même dans mes derniers instants, et non la fille abattue, aigrie et violente qui a pris possession de moi ces temps-ci. J'essaie de ne pas penser aux épreuves qui s'annoncent, de me focaliser sur mon entraînement présent et de foncer.

C'est pourquoi en sortant du réfectoire et me rendant vers la salle d'entraînement, je suis plutôt confiante et bien motivée. J'observe les vingt-trois autres jeunes et fais place à l'optimisme. Oui, je suis la plus petite, mais cela me donne un sérieux avantage. Je suis rapide et agile; je serai donc virtuellement intouchable. Cette année, les tributs sont bien âgés, et la plupart ne feront pas attention à une petite fille maigrichonne du Quatre.

Une dame à l'aspect belliqueux nous rassemble tous autour d'elle avant de nous sermonner sur cette partie des Jeux, de nous dire à quel point elle est importante. Selon elle, la plupart des gens mourront de cause naturelle dans l'Arène. J'esquisse un sourire narquois à cette idée. La nature, c'est mon domaine. Ensuite, elle nous énumère certaines règles, comme le fait qu'il est interdit d'affronter un autre tribut. Quelle surprise. Je jette un regard par dessus mon épaule et passe une main dans mes cheveux dénoués. Je les vois, tous, prêts à se battre ou terrorisés. Je note immédiatement qu'il me faudra me faire le plus discrète possible, histoire de ne pas devenir la cible numéro un de tout le monde.

Puis, elle nous disperse. Une affiche sur un babillard près de l'entrée nous informe quels ateliers devront impérativement être suivis avant la fin de notre séjour, ainsi que les autres, facultatifs. Je vais y jeter un coup d'oeil une fois la mer de monde passée, et décide des trois cours que je prendrai aujourd'hui, chaque cours ayant une durée de deux heures. Je commence par le corps-à-corps. Décidément, à part me faufiler sous les bras de mes adversaires et de les poignarder dans le dos, je suis loin de briller dans ce domaine. Immédiatement suivi du maniement du couteau. Je suis plutôt mauvaise. Je manque d'allonge, et je hais manquer d'allonge.

C'est donc complètement découragée, mon moral du début de la journée annihilé par mes résultats médiocres, que je me rend à l'atelier de course. Je tâcherai de camoufler ma vitesse, je ne veux pas que tout le monde soit au courant que je suis très rapide. À la place, j'essaie d'entraîner mon endurance, qui est très déficiente. Grossière erreur. Si pendant la course à obstacle, je me débrouille, je suis rapidement essoufflée à mort et je n'ai aucunement compris les conseils de l'instructeur sur la régulation respiratoire. Rageuse, je quitte l'atelier bien avant sa fin, horrifiée à l'idée de me faire passer pour faible. Je ne veux pas être le centre d'attention, mais avoir l'air d'une mauviette m'est inconcevable.

Je m'assois donc dans un coin écarté de la salle, très spacieuse. Les Juges sont postés sur des estrades en haut et examinent le moindre de nos gestes. Dommage qu'il m'aient vue aussi nulle. Je suis terriblement déçue. Au moins, rester assise le temps de retrouver mon énergie... Or, je ne tiens pas en place. Rester assise ici m'est insupportable. Je me mets donc à faire les cent pas dans mon coin de pièce, sous les regards intrigués des autres tributs.

Je décide d'aller faire un tour aux autres ateliers, voir comment les autres se débrouillent. Après tout, ma tactique est environ d'évaluer chaque talent, chaque réaction des autres. Savoir à l'avance ce qu'ils feront. Je passe devant le kiosque des plantes, celui de la médecine, et m'arrête devant celui de la survie, mon grand dada.

Il y a quatre tributs présents, dont le mystérieux garçon du district Onze. Intriguée, je me penche pour découvrir ce qu'il fabrique. Un simple collet, d'une complexité digne d'une brosse à cheveux. Sauf qu'il a l'air de rien y comprendre. Je l'encourage silencieusement, dans son dos, mais il a décidément une incapacité important à faire un piège. Je suis exaspérée. J'n'aime pas échouer, pas plus que voir quelqu'un échouer quelque chose d'aussi simple aussi souvent. N'y pouvant plus, je le rejoins, puis reprend son travail, lui montrant explicitement comment ça marche.

- Non, non, attends, ça se fait comme... ça.

Je lui présente mon chef d'oeuvre, fière de mon coup. Je lui souris. Encore cet étrange sentiment me prend les paumes, mon coeur bat la chamade. Peut-être n'était-ce pas l'idée du siècle d'enseigner à un adversaire comment survivre en forêt, mais bon, de toute façon, ce n'était pas si sorcier. Il aurait comprit un jour ou l'autre.

- Allez, essaie maintenant.

Je défais le piège et lui tend le matériel, inquisitrice.


Dernière édition par Sagitta S. Chase le Ven 6 Juil - 21:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Mar 26 Juin - 23:08

Déjà une matinée que l'entraînement avait débuté. Ces trois jours de perfectionnement physique me paraissaient totalement absurdes – mais de toute manière, étant relatifs aux Jeux, cela ne m'étonnait pas beaucoup. A quoi bon acquérir de nouvelles capacités dans le simple but de donner davantage de spectacle au Capitole ? Ça me dépassait. Était-ce ça, la vie ? Un théâtre quotidien ? J'avais bien envie de m'asseoir sur un banc et de laisser filer les minutes en l'attente du dîner. Cependant, les regards méditatifs que nous adressaient les Juges, là-haut dans leur gradin, ne me donnaient pas foncièrement envie de demeurer végétatif. Car c'est peut-être ainsi que ces pantins diaboliques allaient interpréter mon inactivité. Et il n'était jamais bon de se faire passer pour un moins que rien, de surcroît à ce jour, alors que les Hunger Games approchaient dangereusement.

J'entretenais toujours avec Viha la bonne entente teintée doute qui nous liait depuis l'épisode du train. Je me sentais plus proche d'elle que de quiconque ici, mais ses opinions politiques n'avaient de cesse de remettre en question notre amitié. Nonobstant ce point d'interrogation agaçant, je m'obligeais à me montrer affectueux avec elle, car elle était l'une des rares personnes qui me rattachaient encore à mes racines, au District Onze. De plus, l'alliance que nous avions concrétisée lors du défilé nous forçait à rester soudés jusqu'à la fin de notre passage dans les Jeux, aussi court fût-il. J'aimais bien ma co-tribut, de toute manière. Sa fraîcheur d'esprit m'empêchait parfois de sombrer dans le méandre de pensées obscures qui menaçait continuellement de m'assaillir. Suivant le conseil de nos mentors, nous étions d'ailleurs restés ensemble durant notre première matinée d'entraînement. Tir à l'arc, javelot. Deux domaines dans lesquels nous ne nous étions pas montrés brillants. Viha avait parfois approché sa cible, mais ne l'avait jamais touchée. Quant à mes propres talents dans ce type de lancer, ils frôlaient l'inexistence. Heureusement, je m'étais montré bien plus persuasif dans le lancer de couteaux. Ce genre de projectiles me convenait parfaitement. Petits et légers, il fallait faire preuve de précision pour pouvoir les mener à leurs cibles. J'y étais parvenu à plusieurs reprises et étais assez fier de moi.

L'annonce du déjeuner avait coupé court à toutes nos prouesses physiques. Viha et moi avions mangé dans notre coin, en critiquant les autres tributs. Deux d'entre eux, les jardiniers du Neuf, si mes souvenirs étaient bons, nous avaient d'ailleurs abordés en pouffant. Ils nous avaient posé des questions à propos de nos sous-vêtements et de nos poils pubiens, ou quelque chose du genre. Viha et moi nous étions contentés d'échanger des regards chargés de sous-entendus, et les deux guignols s'en étaient retournés bredouilles. Il y en avait encore pour rire alors que la mort nous guettait de l'œil. J'aurais apprécié être doté de leur insouciance et de leur bêtise.

Actuellement, Viha s'était éclipsée dans les toilettes du centre d'entraînement pendant que je m'attelais à réaliser des collets à l'atelier de survie. Un énième domaine dans lequel je me montrais piètre élève. Vivement le stand de camouflage ou de course, car j'en avais assez de rater tout ce que j'entreprenais. La réalisation du piège que le moniteur tentait de nous enseigner semblait à première vue très facile, mais les apparences étaient trompeuses. Mes doigts s'emmêlaient, les bouts de bois s'enchevêtraient... J'en avais marre, et je songeais sérieusement à tout abandonner pour rejoindre un autre atelier. Les trois autres tributs présents à mes côtés s'en sortaient beaucoup mieux que moi, ce qui me frustrait.
Soudain, une main féminine surgit sur ma droite et se saisit de mon travail sans que je ne puisse l'arrêter. « Non, non, attends, ça se fait comme... ça. » Je relevai le visage sans comprendre et identifiai immédiatement l'intruse : c'était la fille du Quatre, celle dont la tenue m'avait tant intrigué le jour du défilé. Nous avions déjà échangé un regard, mais je ne m'étais pas encore aperçu à quel point elle pouvait être sans gêne. Pour qui se prenait-elle, cette mademoiselle je-sais-tout ? Bon, il est vrai qu'elle s'en sortait mieux que moi. Largement mieux que moi. En quelques secondes, elle avait terminé mon collet. Je me retrouvais pantois, hésitant entre la gratitude et la vexation. Les mots qu'elle m'adressa finirent par me décider. « Allez, essaie maintenant. » Ah oui, vraiment ? Elle pensait s'improviser monitrice, maintenant ? Je ne lui étais pas inférieur, à cette petite prétentieuse. Dès qu'elle eut fini de parler, je répliquai d'une voix grave et neutre : « Mmh. Merci. Mais je crois que je vais arrêter le massacre tant qu'il en est encore temps. Salut. »

Et je me détournai sans plus d'explication, ravi de la congédier et de rejoindre un nouvel atelier. Les tributs de carrière ne manquaient définitivement pas de toupet. Après tout, le Onze avait gagné l'an passé, non ? Pourquoi nous prenaient-ils pour des larbins ?
Cependant que je poursuivais mon avancée dans la salle en observant les différents stands autour de moi, j'entendis des bruits de pas derrière moi. Quelqu'un me suivait à vive allure. Je reconnus instinctivement la fille du Quatre. Sans me retourner – je n'allais tout de même pas lui accorder ce privilège. Après tout, si elle s'était vexée, ce n'était pas mon problème! - je grinçai d'une voix morne et blasée : « Tu comptes me suivre encore longtemps ? Je te rappelle que dans quelques jours, on sera la cible l'un de l'autre. Alors je crois que je ne souhaite pas faire ta connaissance. Merci quand même, la carrière. »
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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Mer 27 Juin - 8:07



i'd be cold as a stone and rich as the fools
that turned all those good hearts away

- Mmh. Merci. Mais je crois que je vais arrêter le massacre tant qu'il en est encore temps. Salut.

Son ton suffisant me laisse acide. Les gens qui ont désespérément besoin d'aide et qui, lorsqu'ils la reçoivent enfin, la refuse de par leur trop plein d'orgueil me rendent folle. Le jeune homme se lève et quitte l'atelier sans m'adresser un regard, ce qui a le don de me piquer au vif. Tout dans ce garçon est créé pour titiller ma colère.

- Y'a pas de quoi, je siffle avec sarcasme.

Il s'avance vers un lieu indécis, et je comprends bien qu'il n'a même pas d'idée où aller et qu'il a quitté le cours pour la simple et bonne raison de ma présence, ce que je juge au-delà de l'impolitesse. Après tout, rien ne m'obligeait à l'aider. En fait, si, voir échouer quelqu'un à un exercice aussi simple a le don pour m'agacer assez fortement, mais il ne le sait pas. Je croise le regard de l'instructeur, qui semble désolé pour moi. Soit.

Je me lève également, vexée, avec l'intention fervente de lui apprendre quelques leçons de politesse, à ce jeune homme qui se croit oh si supérieur aux autres. Je vais lui montrer moi, à qui il a affaire. Sauf qu'à peine mon avancée entamée qu'il grince, comme agacé au plus haut point:

- Tu comptes me suivre encore longtemps ? Je te rappelle que dans quelques jours, on sera la cible l'un de l'autre. Alors je crois que je ne souhaite pas faire ta connaissance. Merci quand même, la carrière.

Grossière erreur, l'ami.

-Pardon? je crache.

Je lui écrase la pommette gauche de mon poing, avec toute la force que je peux me permettre malgré sa hauteur. Le garçon, estomaqué, se prend le coup sans résister, et malgré mon manque de force, la surprise le fait reculer d'un pas. Je suis prête à lui en redonner encore et encore, mais mon instinct me dit qu'il aurait raison de moi bien plus vite se je m'acharne. De plus, les instructeurs lancent un regard intrigué à la scène, prêts à intervenir si l'un de nous perpétuait un tel geste. D'ailleurs, j'y vois comme un bon moyen de vengeance, le provoquant:

- Répète un peu pour voir?

Je le mets ouvertement au défi. S'il est aussi orgueilleux qu'il n'y paraît et que ce n'est pas une mauviette, peut-être répondra-t-il de mes piques et se fera-t-il pénaliser par les instructeurs. Je prends un malin plaisir à imaginer la scène. Cependant, les Juges, eux, ont tout vu. Espérons qu'ils interpréteront mon impulsivité comme un atout.

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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Lun 2 Juil - 15:29

A peine eus-je terminé de parler que la carrière rétorqua : « Pardon ? » Je fis volte-face, prêt à l'envoyer balader pour la troisième fois consécutive en moins d'une minute. Et si je devais récolter son inimitié, je m'en contrefichais. Cependant, ce que je récoltai fut plus vif et intense – son poing fermé sembla se matérialiser près de mon visage, et, une fraction de seconde plus tard, il s'écrasa contre ma joue. Je titubai un instant et portai aussitôt la main à ma pommette, nonobstant les points multicolores qui obstruèrent mon champ de vision en virevoltant doucement. La douleur n'était pas insupportable, mais mon assaillante avait mis une certaine force dans son coup. Reprenant mes esprits, j'adressai un regard meurtrier à la créature sortie des enfers qui se tenait toujours face à moi. Un air farouche et déterminé était peint sur son visage faussement innocent. « Répète un peu pour voir? » Elle semblait vindicative. Mais que me reprochait-elle, cette fille à qui je n'avais rien demandé ? Je m'apprêtais à l'admonester quand j'aperçus la demi-douzaine de paire d'yeux qui nous observait. Certains tributs avaient le sourire aux lèvres, d'autres semblaient impatients de savoir si j'allais riposter au coup de la fille du Quatre. Les moniteurs, quant à eux, dardaient sur nous un regard soucieux. A en croire leur silence religieux, nous étions un centre d'attention passionnant.

Sans réfléchir, j'empoignai la jeune fille par le poignet et l'entraînai derrière le stand de tir à l'arc. Là, nous pourrions être à l'abri des regards. Elle marqua une certaine résistance que j'ignorai. Une fois que nous fûmes seuls, je la relâchai sans délicatesse. Si un moniteur nous demandait de revenir, je m'en fichais. J'avais juste besoin de quelques secondes pour sermonner cette fille trop intrépide ; ce que je fis sans plus tarder. « Non mais je rêve ! Ça te plait de te donner en spectacle devant tous les autres tributs et les juges ? Si t'as pas le respect nécessaire envers toi-même pour rester calme, alors fais-le au moins pour moi, pitié ! » Mais cette inconsciente ne semblait pas vraiment assimiler la notion de « respect ». Nous ridiculiser ainsi à trois jours des Jeux lui plaisait peut-être – moi, non. D'ailleurs, pourquoi s'était-elle énervée ? Je réfléchis un instant. C'était la fin de ma phrase qui avait provoqué son agacement. Le mot carrière, précisément. En d'autres circonstances, et si cette adolescente ne me fusillait pas du regard, j'aurais sans doute ri. Ah, oui, ça fait mal de se confronter à la réalité ! Pauvre petite fille gâtée que la vérité blessait. Je restai tout de fois neutre quand je lui dis : « Quoi ? C'est le mot carrière qui t'a dérangée ? T'es bien du district Quatre, non ? Et tes débuts dans les Jeux ne démentent pas l'idée ; pour preuve, t'as sans doute eu le meilleur styliste du Capitole. T'as probablement hérité du plus grand nombre de sponsors. Alors fais pas ta victime. » Je pris un air exaspéré en me concentrant sur l'observation d'un mur, loin face à moi. Comme la fille du Quatre était plus menue que moi d'une bonne tête, ce n'était pas difficile.

Étant donné son absence de réaction, j'ajoutai : « Arrête de prendre les autres pour des moins que rien. T'es pas la reine, hein. » Je croisai les bras sur mon torse, las.
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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Jeu 5 Juil - 4:32



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Je suis prête à riposter. J'arque mes muscles et me prépare à lui balancer un second coup si jamais l'envie lui prenais de répondre au premier. Je sais très bien que je ne gagnerai pas dans cet affrontement, mais j'espère survivre assez longtemps pour que les instructeurs nous séparent et qu'il soit puni. Je sursaute et lui flanque un second coup sur l'épaule, cette fois, lorsqu'il me tire à l'arrière par le poignet. Terrifiée à l'idée qu'il m'emmène loin des regards afin de mieux régler mon compte, je m'efforce de résister à sa poigne, mais bon sang, ce garçon a une main de fer.

District Onze s'arrête derrière le stand de tir à l'arc et me retourne brusquement vers lui. Son visage doux et presque enfantin ne cadre pas avec la carrure impressionnante dans laquelle il est sculpté. Je remarque alors à quel point ses yeux sont bleus. Bleus comme la mer, oui. Un peu comme si ce garçon avait emporté un peu de chez moi dans ses prunelles.

-Tu sais, ce n'est pas le lieu idéal pour un tête-à-tête, ironisé-je. Si quelqu'un manque sa cible, on est fichus. T'imagine, empalé par un incapable avant même le début des affrontements!

Je le gratifie d'un sourire narquois. J'aime bien tourner au ridicule ceux qui m'ont provoquée. Je ne sais pas, ça doit être une forme de vengeance imaginative et particulièrement jouissive. Le garçon m'observe avec un air complètement exaspéré, et je suis bien contente d'avoir réussi mon effet. Un peu d'espoir et il me laissera tranquille, et on en reparlera plus. Sauf qu'à la place il me parle très sérieusement, à mi-chemin entre le murmure et l'engueulade, un curieux mélange que je ne suis pas sûre d'avoir déjà vu auparavant.

- Non mais je rêve ! Ça te plait de te donner en spectacle devant tous les autres tributs et les Juges ? Si t'as pas le respect nécessaire envers toi-même pour rester calme, alors fais-le au moins pour moi, pitié !

Vient-il vraiment de me supplier?

- Ah parce que c'est moi qui est irrespectueuse, maintenant? je m'emporte. C'est vrai, c'est moi qui ai envoyé balader l'autre dinde qui souhaitait m'aider parce que je risque de crever de faim dès la première nuit tombée; ah, et, c'est vrai, c'est aussi moi qui vient carrément de l'insulter en public. Oh, et, le comble, c'est moi aussi qui vient de la tirer de force dans un coin sombre pour venir l'engueuler!

Je le darde du regard le plus hautain et défiant dont mon visage juvénile veut bien m'accorder l'utilisation. J'en crois pas mes oreilles. Je commence à comprendre pourquoi tant de gens meurent à la Corne d'Abondance, maintenant; tous doivent vouloir s'entre-tuer à cause du manque flagrant de manières de la plupart des tributs. Et puis, quel était son droit de me traiter de carrière, bordel ? Je ne peux plus m'empêcher d'associer cette image, et il n'est pas question que l'on me compare à nouveau à mon traître de frère.

- Quoi ? C'est le mot carrière qui t'a dérangée ? T'es bien du district Quatre, non ? Et tes débuts dans les Jeux ne démentent pas l'idée ; pour preuve, t'as sans doute eu le meilleur styliste du Capitole. T'as probablement hérité du plus grand nombre de sponsors. Alors fais pas ta victime.

Je manque lui en coller une troisième. Parce qu'il croit que tout le monde est riche au Quatre peut-être !? Bah oui, bien sûr, c'est certain que l'économie roulerait, et puis, ça ressemble tellement au Capitole de partager ses ressources avec la population. J'avais oublié à quel point ce gouvernement était sympathique et bienveillant. J'n'en reviens pas à quel point ce garçon peut être con. Puis, soudain, je remarque la portée de ses dires. Mon costume a été si bien apprécié? Je le savais spectaculaire, mais à le croire, j'ai gagné énormément de sponsors. Je ne peux m'empêcher d'avoir une bouffée d'orgueil et d'adopter un air de fierté. Tout n'est peut-être pas perdu.

- On va mettre quelque chose au clair, je siffle. Chez toi, tout le monde est-il agriculteur? Non. Alors, mets-toi dans le crâne que chez moi, tout le monde ne nage pas dans les piécettes et n'a pas la faiblesse d'envoyer son enfant s'entraîner à tuer des jeunes.

Je ne sais pas du tout pourquoi je lui ai révélé ça. Ma vie chez moi est quelque chose que je préférerais garder de mes éventuels ennemis. Savoir que mon assassin connait mon mode de vie me rendrait plutôt furieuse. Mais ce doit être cette petite voix dans ma tête qui me souffle depuis hier qu'il me le vaudrait bien mieux comme allié que comme rival. Un seul regard sur sa morphologie en dit long. Ce dernier soupir d'exaspération. Non mais c'est une blague. Il ne se la joue pas à ce point. Mes réflexions quant au fait qu'il serait un bon allié s'estompent brutalement. Il se contente d'observer le mur du fond, comme si je n'étais qu'une vulgaire enfant faisant une crise de larmes. Je le prends comme une ultime insulte à ma petite taille.

- Arrête de prendre les autres pour des moins que rien, continue-t-il. T'es pas la reine, hein.

- À t'entendre c'est le contraire, je lance, sarcastique. Ils sont déjà tous à mes pieds comme tu dis.

Il croise les bras et me jauge comme si j'avais mangé toute une boîte de biscuits. Je me contente de le lorgner comme s'il était un steak bien saignant et moi une lionne sauvage affamée depuis deux jours. J'ai juste envie de mettre ce petite -euh, ouais, grand- prétentieux devant les cibles derrière lesquelles nous sommes cachés et en finir avec lui tout de suite. Lasse de cette joute mentale, je lance:

- Donc, tu me laisses partir ou tu souhaites que tout le monde croit qu'on s'est tendrement accouplés dans un coin sombre? Non mais avec notre disparition soudaine, c'est qu'ils doivent se poser des questions.

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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Jeu 5 Juil - 13:44

Pourquoi donc me retrouvais-je à discuter avec une carrière derrière le stand de tir à l'arc ? Le matin même, si on m'avait annoncé que cela arriverait, j'aurais eu du mal à l'imaginer. Et pourtant, la tribut du district Quatre avait choisi de m'accoster et voilà où on en était. Si Viha venait à me découvrir en une telle situation, je pense qu'elle le vivrait assez mal et, sans exiger d'explication, m'ignorerait jusqu'à la fin de notre petit séjour au Capitole. Peut-être penserait-elle que je brisais notre alliance ? Tout cela était assez gênant. Il fallait que je congédie mon interlocutrice au plus vite. Cependant, elle ne semblait pas prête d'en découdre. Son faciès était toujours aussi hargneux, et elle m'inondait sous un flot d'accusations qui me donnait la migraine. « Ah parce que c'est moi qui est irrespectueuse, maintenant? C'est vrai, c'est moi qui ai envoyé balader l'autre dinde qui souhaitait m'aider parce que je risque de crever de faim dès la première nuit tombée; ah, et, c'est vrai, c'est aussi moi qui vient carrément de l'insulter en public. Oh, et, le comble, c'est moi aussi qui vient de la tirer de force dans un coin sombre pour venir l'engueuler! » Elle darda un regard brûlant sur moi. Je ne pipais mot. Bon sang, qu'elle était chiante. Ne pouvait-elle pas comprendre que ce qu'elle avait fait à l'atelier de survie était totalement débile, et que je l'avais chassée pour son propre bien ? Il est vrai que je m'y étais peut-être mal pris. J'avais sans doute paru malpoli. Mais la bienséance et la délicatesse ne figuraient pas dans la liste de mes qualités premières. Pouvait-on m'en blâmer ? Je me morigénai intérieurement. Pourquoi donc en arrivais-je à me poser ce genre de questions alors que je n'étais même pas censé porter de la considération à cette tribut ? Je soupirai avant de rétorquer de la voix la plus lasse : « Excuse-moi de te le rappeler, mais on est dans les Hunger Games, district Quatre. Et j'aimerais éviter de faire amis-amis avec les autres tributs, tu vois ? Alors préserve-moi un peu de tes conseils. Dans l'arène, penses-tu que tu seras heureuse si tes précieux collets m'aident à survivre plus longtemps que toi ? C'est pathétique. Sois un peu personnelle ou égoïste, je sais pas ! C'est ce qu'ils veulent de toi ; c'est ta chance de survie. Alors saisis-la au lieu de vouloir aider les autres. Me tenir en vie ne t'apportera rien du tout. » J'espérais sincèrement qu'elle adhèrerait à mes explications et que je m'étais fait assez clair. Mais quelque chose me disait que son tempérament de feu – le comble pour une fille du district de l'eau! - allait la forcer à me contredire une nouvelle fois. Quoiqu'il en soit, il me semblait en avoir fini avec elle ; ainsi je m'apprêtais à partir. Mais déjà elle attaquait à nouveau, enchaînant sur le fameux terme « carrière » qu'elle semblait renier. « On va mettre quelque chose au clair. Chez toi, tout le monde est-il agriculteur? Non. Alors, mets-toi dans le crâne que chez moi, tout le monde ne nage pas dans les piécettes et n'a pas la faiblesse d'envoyer son enfant s'entraîner à tuer des jeunes. » Elle avait sans doute raison. Le Capitole ne pouvait pas se permettre de laisser un district tout entier baigner dans la richesse : ç'aurait été trop dangereux. Il devait y avoir un certain nombre de pauvres aussi, dans le Quatre. Certes. Mais étais-je censé m'apitoyer sur leur sort, moi qui vivais dans le Onze, district dans lequel la notion de « richesse » était tout bonnement inconnue ? Ses arguments ne me convainquaient pas.

Je commençais à en avoir assez. Viha allait réapparaître d'un moment à l'autre, et il fallait que je m'éclipse le plus rapidement possible. « Tu m'exaspères. » sifflai-je en posant un regard fatigué sur la créature venimeuse qui me faisait face. Elle me rappelait un peu le genre de guêpes qu'on trouvait dans les plantations du Onze. Petite, agressive, elle cherchait toujours le moyen d'attaquer. « Donc, tu me laisses partir ou tu souhaites que tout le monde croit qu'on s'est tendrement accouplés dans un coin sombre? Non mais avec notre disparition soudaine, c'est qu'ils doivent se poser des questions. » Un petit rire sincère m'échappa sans que je puisse le retenir. Si j'avais pu l'appréhender, j'aurais évité qu'il franchisse mes lèvres. C'était une mauvaise chose de plaisanter avec quelqu'un sensé être votre ennemi. Mais il fallait dire que la fille du district Quatre ne manquait pas d'humour et me faisait tout à coup passer l'envie de la congédier. Après tout, la retenir l'agacerait ; et ce ne serait que lui rendre la monnaie de sa pièce. Je décroisai donc les bras et haussai les épaules d'un air soucieux. « Bof, si ça peut les amuser, autant qu'ils pensent qu'on s'est furieusement épris l'un de l'autre. Une relation amoureuse, ça doit être plus plaisant qu'une inimitié, pour les ragots. Et c'est plus original. » Un léger sourire flottait sur mes lèvres. Il me tardait de voir comment mon interlocutrice allait réagir. Après tout, elle n'était peut-être pas si idiote que je l'avais présagé.
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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Jeu 5 Juil - 16:42



i'd be cold as a stone and rich as the fools
that turned all those good hearts away

Je bouillonne à l'intérieur. Après tout, il a raison. Nous sommes dans les Hunger Games. J'aurais mieux fait de le laisser pourrir dans son coin et profiter de son statut de futur urne funéraire. À la place, je lui ai donné un avantage monstre. Quoi que je doute qu'il ait retenu comment faire un collet, à moins qu'il ne soit doté d'une sorte de mémoire photographique ultra sophistiqué, ce dont je doute. Peu importe le résultat, je me sens complètement stupide. Et puis qu'est-ce qui m'a pris d'aller voir d'autres tributs? Je me sens comme si j'avais trahi Aloysius, trahi mon propre cousin. Je rumine en silence, ne désirant qu'une chose, partir et frapper dans un oreiller.

Le garçon du Onze réprime un petit rire. Je m'attendais plutôt à une autre série d'engueulades. Cette réaction me laisse perplexe. Il décroise les bras; signe qu'il veut peut-être enfin entendre raison, et, accessoirement, me laisser aller taper sur le pauvre coussin. À la place, il hausse les épaules et souligne:

- Bof, si ça peut les amuser, autant qu'ils pensent qu'on s'est furieusement épris l'un de l'autre. Une relation amoureuse, ça doit être plus plaisant qu'une inimitié, pour les ragots. Et c'est plus original.

Il marque un sacré point. Et puis, les ragots, ça rapporte. Si jamais j'arrivais à gagner encore plus de sponsors, probablement que le reste des tributs s'en verrait salement handicaper. J'aime handicaper mes adversaires. L'ennui, c'est que je n'ai pas envie de me plonger là-dedans. Une relation amoureuse, peu importe si elle est réelle ou fictive, emmène tout le temps des problèmes. Par contre, il est vrai que j'aurai quelqu'un pour me protéger en tout temps. Et puis, District Onze, il n'est pas bien maigrichon non plus.

- Pas faux... Après tout, ceux de l'an dernier ont résisté bien longtemps.

C'est vrai. Il y avait eu un couple lors de la 75ème édition, et ils avaient duré sacrément longtemps. Ils sont morts seulement après s'être séparés. Je crois que ce genre de relation correspond un peu comme une immunité, les gens de Capitole étant particulièrement friands de ce genre de choses. Peut-être nous laisserons-nous un peu plus tranquilles avec ça. De plus, mon statut de volontaire et de famille maudite m'offre encore d'autres crédits bien alléchants.

Je ne sais pourtant pas trop comment réagir aux dires de District Onze. Est-ce une proposition? Si oui, et bien, je ne sais même pas si c'est un piège. Ça se pourrait fortement. Sauf qu'une fois dans l'Arène, il serait bien stupide de me planter un poignard dans le dos. La moitié de ses sponsors le lâcheraient. Quoi qu'en même temps, ça prouverait qu'il serait un dur à cuire. Oh bon sang, pourquoi n'ai-je pas commencé mes devoirs par lui? Savoir prédire ses actions m'aurait grandement bénéficié. À la place, j'ai étudié les carrières, qui semblent tellement en discorde que je ne leur donne pas long feu.
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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Jeu 5 Juil - 19:06

Ma réaction sembla surprendre mon interlocutrice. Elle fronça les sourcils, et sembla se perdre pendant quelque instants dans la méditation de mes propos. Pensait-elle réellement que mes dires étaient tacites ? Après tout, c'est elle qui avait lancé la conversation sur le terrain de l'humour. Pourquoi ne l'aurais-je pas suivie dans cette direction ? Paraissais-je donc si austère ? Je faisais peut-être des conclusions trop hâtives. Même si j'étais assez froid, je possédais tout de même un certain humour. Et si elle se leurrait en interprétant mes propos d'une manière inattendue, ce n'était pas sur moi qu'il fallait jeter le blâme. « Pas faux... Après tout, ceux de l'an dernier ont résisté bien longtemps. » Elle parlait peut-être de Catalina et Finley. Ou de Zoé et Jessie. Voire de Skyler et Eglenver. Tant de couples qui n'en étaient même pas réellement. Beaucoup de téléspectateurs s'étaient à l'époque demandés si ces pauvres tributs maudits ne faisaient pas semblant d'être amoureux l'un de l'autre. Et même si c'était difficile à croire, certains de ces adolescents avaient véritablement semblé s'être épris l'un de l'autre. D'autres, en revanche, avaient beaucoup surjoué. Quoiqu'il en soit, tous ces tributs avaient figuré parmi le dernier tiers survivant lors des soixante-quinzième Hunger Games. Leur tactique – car c'en était bien une! - s'était donc révélée efficace. Car qui pouvait avoir envie de voir dépérir un couple d'amoureux ? C'était si tragique !
Personnellement, je ne voulais pas me risquer à ce genre d'aventure. C'était trop dangereux, et cela pouvait occasionner bien trop de devoirs et de problèmes. Et puis, on n'était pas à l'abri de tomber vraiment amoureux. Quelle horreur. « Euhm... Si c'est une sorte de proposition, la réponse est non. Je ne souhaite vraiment pas me lier à un autre tribut de quelque manière que ce soit. » Je pinçai les lèvres et fronçai les sourcils. Pourquoi étais-je toujours en train de discuter avec cette fille ? Après tout, cet entretien n'allait nous mener nulle part. Je n'attendais rien d'elle. Et si aimable fut-elle, maintenant que l'opinion que nous avions l'un de l'autre était redevenue neutre, autant s'enfuir au plus vite. Je n'avais réellement pas envie de me lier d'amitié avec quiconque. J'ajoutai donc : « Surtout pas à un district de carrière. Ce serait du suicide, et ça irait contre mes idéaux. »

A peine eus-je terminé de parler qu'elle entrouvrit les lèvres. Elle sembla vouloir répliquer une nouvelle fois, virulente, mais je la coupai aussitôt : « Je sais que tu n'aimes pas ce terme, mais c'est comme ça que les autres te voient ! Et après tout, qu'est-ce qui me prouve que c'est faux ? » Je croisai à nouveau les bras en attendant sa réponse. J'aurais dû partir. Vraiment. Mais pour maintenant, je n'étais plus à une minute près. Et puisque les moniteurs n'étaient pas venus nous rechercher et que Viha n'était pas réapparue – elle devait s'être découverte une soudaine passion pour la sculpture en papier-toilettes -, autant profiter de ces quelques minutes de répit pendant l'entraînement pour savoir une bonne fois pour tout qui était cette tribut. Connaître ses faiblesses allait peut-être m'être utile pour la tuer, une fois dans l'arène.
D'ailleurs, je m'aperçus que je ne connaissais même pas le prénom de cette fille du Quatre. Et avant que je puisse réagir, les mots franchirent mes lèvres : « Au fait, je m'appelle Ezea. Et toi ? » Merde. Ce que je venais de faire était mal et ne me serait jamais profitable. Quel genre d'ennemi étais-je, à m'enquérir de l'identité d'une personne que j'étais censé considérer comme un rival ?
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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Jeu 5 Juil - 20:11



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- Euhm... Si c'est une sorte de proposition, la réponse est non. Je ne souhaite vraiment pas me lier à un autre tribut de quelque manière que ce soit.

Je le prends comme une insulte, et me renfrogne immédiatement. Non mais. Je n'y pensais pas réellement. Et puis ce n'est pas comme si c'était moi qui avait fait la proposition. C'est lui qui a amené le sujet. Qu'il arrête de mettre la faute du malaise sur mon dos. Non mais franchement. Il me gonfle.

Il pince les lèvres, fronce les sourcils, me darde comme si j'étais un pain de viande. Je l'imite, enflammée, mais ma petite taille et ma faible carrure m'enlèvent beaucoup de crédibilité face à ce géant. Si seulement je pouvais m'enfuir. Je n'ai qu'une envie, retrouver Aloysius dans ses entraînements et oublier le jeune homme. Sauf qu'il est devant moi, et partir de l'autre côté signifierait me faire empaler par les piètres archers.

- Surtout pas à un district de carrière. Ce serait du suicide, et ça irait contre mes idéaux.

Oh, le salaud. Il a osé. Je manque l'inonder d'insultes toutes plus colorées les unes que les autres, puisant dans mon vocabulaire approfondi et enrichi par Dolce et ses éternels jurons, mais il me coupe, me laissant prête à faire cramer la salle au grand complet:

- Je sais que tu n'aimes pas ce terme, mais c'est comme ça que les autres te voient ! Et après tout, qu'est-ce qui me prouve que c'est faux ?

Il me prend de court. Il n'a pas tort. Je pourrais être l'une de ces psychopathes qui m'ont tourmentée toute mon enfance. Ou encore de ceux avec qui Jessie se tenait. Je pourrais être comme mon frère, même. Alors que lui, il est plutôt immunisé contre ce genre d'accusation. Je me contente de ruminer à l'intérieur. Je grommelle un « Rien » quasi incompréhensible. J'ai perdu ce petit combat. Contre ce prétentieux. Ça me rend folle de rage.

Il croise les bras à nouveau, signe qu'il se ferme aux répliques cinglantes que je cherche à lui envoyer. Si seulement j'étais restée à ce foutu entraînement de course. J'aurais peut-être passé pour une cruche, mais au moins j'aurais appris quelque trucs. Et je ne me serais pas détournée de ma tactique.

- Au fait, je m'appelle Ezea. Et toi ?

C'est pas vrai.

- Super! Tu peux pas imaginer à quel point je brûlais de le savoir!

Je roule les yeux. Il pense vraiment que je suis du genre à donner mon nom au premier venu? Surtout à quelqu'un qui commence par insulter avant de se présenter, ce que je ne trouve pas particulièrement idéal comme méthode de rapprochement. Oh et puis merde. Qu'est-ce que j'ai à perdre, de toute façon? Il va mourir de faim après moins d'une semaine.

- Sagitta.
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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Jeu 5 Juil - 21:22

Je semblais avoir pris la jeune fille au dépourvu. Je l'avais mise mal à l'aise, et cela me donnait presque envie de sourire. Pas par méchanceté, mais parce que la voir se recroqueviller ainsi la rendait vraiment mignonne. Ses airs de fille acide et insensible s'étaient craquelés pour révéler une moue rageuse qui était amusante et touchante. C'était la première fois que je voyais la tribut du Quatre sous cet angle, d'ailleurs. Et à la réflexion, ça aurait peut-être dû m'inquiéter. « Rien, » grommela-t-elle dans un souffle. J'eus envie de rire, mais je me retins et croisai les bras pour me donner une contenance. J'aurais peut-être dû partir tout de suite, à vrai dire. Poursuivre cette conversation n'allait m'être d'aucune utilité. Et pourtant, la nouvelle facette de mon interlocutrice me donnait envie d'en découvrir un peu plus sur elle. Maudite fut ma curiosité.
Sans pouvoir m'en empêcher, je lui révélai mon identité. Je m'en voulus aussitôt, et me trouvai réellement idiot. Bon, au moins, cette tribut ne me semblait pas si dangereuse – quoique, qui sait de quoi elle allait être capable dans les Jeux. Ce n'était pas si grave, quoiqu'il en soit. Ce qui l'était bien plus, en revanche, c'est que je n'avais plus réellement envie de partir d'ici pour rejoindre les ateliers d'entraînement. Pourtant, je m'étais promis de ne jamais engager une réelle conversation personnelle avec un tribut. Que se passait-il ? Comment cette fille pouvait-elle parvenir à me donner envie de rester ? J'avais du mal à le comprendre. Elle n'était même pas sympathique ! Elle me le prouva d'ailleurs en roulant des yeux avant de railler : « Super! Tu peux pas imaginer à quel point je brûlais de le savoir! » Elle était vraiment désagréable. Et pourtant, son petit jeu me donnait envie de sourire. Peut-être parce qu'il ne lui convenait pas ? Son visage si délicat ne laissait pas présager une telle hargne.

Alors que j'allais la rembarrer en ricanant, elle me surprit en murmurant d'un air las : « Sagitta. » Je compris avec un temps de retard qu'elle venait de me révéler son prénom, malgré ce qu'aurait laissé supposer sa précédente raillerie. Elle était vraiment imprévisible. La tournure de la scène força mes lèvres à s'étirer en un sourire mutin. Je ne lâchais pas la tribut du regard, réellement amusé. « T'es un peu ridicule, tu sais, Sagitta, » fis-je en me mordant la lèvre inférieure pour m'éviter un rire. Allait-elle me sauter à la gorge ? Je n'attendais que ça. Et je compris pourquoi je restais : j'avais envie de voir jusqu'où je pouvais l'agacer. Cependant, je décidai de stopper mon élan. Je ne devais pas me lancer dans ce genre de jeu avec un tribut. Si je devais poursuivre la conversation, ce serait pour satisfaire utilement ma curiosité. Uniquement pour ça. Je me ressaisis donc et abordai un sujet qui me taraudait : « Mais pourquoi ne veux-tu pas être une carrière ? Tu aurais des alliés protecteurs, et énormément de chance de gagner. Je suis sûr que tu es l'une des tributs qui a le plus de sponsors. Et cette année, quelque chose me dit que ce sera un carrière qui gagnera, tu sais... Avec les évènements récents, le Capitole ne veut sans doute plus qu'un district pauvre soit victorieux... » La moue désolée que j'affichais contrastait avec mon ton, neutre. Ce que je lui révélais était presque personnel. Oui, j'étais persuadé qu'on ne me laisserait pas la chance de gagner cette année. Mais pourquoi le disais-je à elle, cette inconnue que j'allais bientôt devoir trucider avec sauvagerie ? Mon regard s'était perdu quelque part à la gauche de Sagitta cependant que je parlais. « Est-ce que vous avez entendu parler de rébellion, dans le Quatre ? Et est-ce que... »

Je relevai soudain le visage, m'apercevant de ce que j'étais en train de lui demander. Pourquoi avais-je fait ça ? Certes, elle semblait opposée aux carrières, mais qui me disait qu'elle n'adulait pas le Capitole, à l'instar des tributs des districts Un et Deux ? Je tentai de me rattraper avec maladresse en balayant mes propos d'un : « Désolé. Oublie ça. »
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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Jeu 5 Juil - 22:13



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Il me sourit bêtement. Mon plus grand désir actuellement n'est pas de quitter le Capitole et de rentrer chez moi, mais bien de lui fracasser la tête à répétition contre le mur. Je pourrais peut-être élaborer une stratégie pour le situer devant les cibles qui nous cachent ou encore dans la ligne de tir des tributs qui s'entraînent.

- T'es un peu ridicule, tu sais, Sagitta.

Il le fait exprès !? Ou alors, il est tout simplement stupide. Je me surprend à fantasmer sur des images de lui se faisant éviscérer ou dévorer par des chiens enragés, mais me fait rapidement ramener à la réalité, là où il me parle et où il me donne des envies de meurtre avant même que je sois dans l'Arène. Heureusement, grâce à lui, j'aurai déjà de l'expérience en matière de tuer. De plus, comble de l'effronterie, il réprime un rire en me voyant fulminer. Soudain, il semble se calmer encore plus que d'habitude, ce qui jette encore de l'huile sur le feu:

- Mais pourquoi ne veux-tu pas être une carrière ? Tu aurais des alliés protecteurs, et énormément de chance de gagner. Je suis sûr que tu es l'une des tributs qui a le plus de sponsors. Et cette année, quelque chose me dit que ce sera un carrière qui gagnera, tu sais... Avec les évènements récents, le Capitole ne veut sans doute plus qu'un district pauvre soit victorieux...

Pas faux. Je devrais m'en réjouir, mais je n'arrive pas à m'empêcher de penser que ces gens, comme Cybéline ou encore cet Ezea, n'ont aucune chance de survivre ou presque, alors que moi, je viens de l'un des endroits de Panem où l'on adule le plus le Capitole. Bien entendu, au Marais, le gouvernement est un sujet tabou, mais rares sont ceux qui sont au courant. Et je me sens un peu coupable. Coupable d'être née là d'où je viens. Et pourtant, je sais pertinemment pourquoi je ne veux pas faire partie de ce groupe qui pourrait me sauver la vie. Être l'une de ces jeunes filles qui ont cédé à la menace, qui se sont adaptés à un mode de vie auquel on ne devrait pas adhérer, à des gens faibles, lâches.

- Disons juste que je n'adhère pas à ce genre de principes.

J'ai dis cette phrase avec une touche de mélancolie, comme si je contemplais les résultats de telles actions. Entraîner des enfants à en tuer d'autres... Ce n'est certainement pas le genre de choses que l'on m'a appris, et encore moins le genre de valeurs que l'on m'a inculqué. Je me sens plus calme, désormais. Un peu comme si on avait jeté un peu d'eau sur la flamme de ma frustration contenue depuis deux jours.

- Est-ce que vous avez entendu parler de rébellion, dans le Quatre ? Et est-ce que...

Je m'apprête à y répondre, mais il me coupe.

- Désolé. Oublie ça.

Un silence gêné s'installe. Ce n'est pas le genre de sujet que j'aborderais, même à la maison. On ne sait jamais qui peut nous entendre, et encore moins ce qui sera fait avec. Je frissonne, passe un regard par-dessus mon épaule, par réflexe. Mais je dois bien avouer que de toute façon, qu'est-ce qu'on peut bien y faire? De toute façon, nous seront probablement morts dans moins de deux semaines.

- Oui, je murmure. Oui, j'en ai un peu entendu parler. Quoi qu'au Quatre, ce soit plutôt tabou comme sujet.
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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Ven 6 Juil - 16:39

Pourquoi Sagitta ne partait-elle donc pas ? Et pourquoi restais-je, moi aussi ? De son côté, peut-être espérait-elle une alliance. Si c'était le cas, elle se leurrait. Mais moi ? Viha et moi nous étions promis d'ignorer les autres tributs, et de rester ensemble, à deux. Comme une puissance inflexible. Pourquoi diable osais-je la trahir en discutant avec cette fille du Quatre ? Si quelqu'un nous surprenait, il songerait obligatoirement à une alliance. Si la rumeur que je côtoyais une carrière se propageait, j'allais me retrouver dans un beau pétrin. Et le fait que Sagitta ne se considérait pas comme une carrière ne changeait rien au problème. Ma question sur ce sujet la laissa légèrement mélancolique. « Disons juste que je n'adhère pas à ce genre de principes. » Elle avait vraiment quelque chose d'adorable, quand son masque d'agressivité tombait. C'était assez gênant de penser cela, mais je ne pouvais m'en empêcher. Je la toisai avec neutralité, mes prunelles céruléennes tentant d'analyser ses iris qui semblaient se teinter de mordoré sous la lumière du soleil matinal. Était-elle sincère ? Ça ne faisait pas de doute. Et c'était encore plus déstabilisant.
La situation prenait une tournure des plus gênantes. Je décidai d'adoucir l'atmosphère : « Bon, ça nous fait au moins un point commun. T'es peut-être pas aussi stupide qu'on peut le croire. » Je n'avais pas haussé le ton, mais j'avais adopté un nouveau petit sourire qui ne manquerait sans doute pas d'agacer mon interlocutrice farouche. Ce petit jeu était idiot, mais les occasions de s'amuser étaient assez rares, ici. Alors autant en profiter.

Quand je la questionnai sur la rébellion, Sagitta ne sembla pas s'offusquer. Elle jeta un petit coup d'œil derrière son épaule, comme pour s'assurer que personne n'espionnait notre conversation. Se pouvait-il qu'elle fasse partie des rebelles ? Non, c'était idiot. Je ne pensais vraiment pas que la révolte ait atteint le Ditrict Quatre, si apprécié par le Capitole. « Oui. Oui, j'en ai un peu entendu parler. Quoi qu'au Quatre, ce soit plutôt tabou comme sujet. » Ses révélations m'éclairaient légèrement. Ainsi, l'intégralité de Panem était touché par la menace. C'était assez encourageant. Et cela me donnait envie de poursuivre la conversation avec Sagitta, histoire d'en savoir plus. Pourtant, ce que je faisais était mal. Je le savais. Je n'aurais jamais dû parler de ça avec une tribut du District Quatre. Mais apparemment, je semblais ignorer ma raison plus qu'à l'accoutumée, aujourd'hui. « Le Quatre n'est pas une exception... Tu sais, je crois bien que dans tous les districts, les rebelles se multiplient dans l'ombre. Mais personne n'ose se confier à personne, donc c'est assez compliqué pour dialoguer. » Dans le district Onze, bien que nous savions tous pertinemment que nous étions la région dans laquelle le taux de rebelles était le plus élevé – j'en avais déjà discuté avec Oxalide et Alexiane -, personne ne savait réellement qui faisait partie intégrante de la révolte. Cela causait parfois quelques quiproquos, car nous nous suspections tous.

« De toute manière, ajoutai-je d'un ton détaché, la situation ne peut pas stagner ainsi. Soit le Capitole va réaffirmer sa domination comme lors des Jours Sombres, soit la rébellion va parvenir miraculeusement à écraser Snow... Tu préférerais quoi ? »Je fronçai les sourcils, attentif. Puis, conscient que cette discussion pouvait paraître imprudente à mon interlocutrice, je précisai : « Je devrais sans doute pas te dire tout ça, mais après tout, je vais mourir dans deux semaines au grand maximum. Alors qu'ai-je à perdre !? » Je haussai les sourcils en soupirant, un rien exaspéré.
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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Ven 6 Juil - 18:06



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Je m'adosse contre le mur. Le jeune homme -Ezea, il me semble- me gratifie d'un énième sourire moqueur alors qu'il entame une nouvelle pique plus ou moins dissimulée, ce qui tout d'abord m'agace étant donné que d'ordinaire, les sarcasmes de ce genre sont mon domaine, et voir ce blondinet en faire usage -et parfois même me battre dans ce croisé- est pire encore:

- Bon, ça nous fait au moins un point commun. T'es peut-être pas aussi stupide qu'on peut le croire.

Je me retourne brusquement, l'air le plus bête que je me connais. Non mais il se prend pour qui. Il essaie quoi, de jouer avec mes nerfs? C'est un enfant de six ans? Quoi que même un enfant comprendrait que savoir se nourrir dans un lieu dangereux est plus que vital. Celui-là n'est qu'un idiot.

- T'insinues quoi exactement?

Je croise alors sont regard une autre fois. Ce bleu magnifique. Mais non, ce n'est pas sain de trouver du "magnifique" dans un futur adversaire, encore plus quand celui-ci est un imbécile de première classe. Le pire, c'est que j'en ressens un petit pincement au coeur -probablement dû à la nostalgie car il me rappelle Zoé, ou un autre truc obscur du genre-, et j'écarte précipitamment le regard, alarmé qu'il ait pu déceler une faiblesse. Ma pulsation cardiaque est étonnement violente. Je serre les dents. J'ai faim, j'crois.

Il me questionne alors sur la rébellion. La rébellion. Sujet soumis à un black-out total. Le simple fait d'y penser en est dangereux. Je pense avec regret que malgré mon acharnement à me tenir le plus loin possible de la guerre, je nage en plein dedans. J'ai vu de mes propres yeux mon frère devenu Pacificateur menotter et embarquer mon amie d'enfance. Tous les deux sont morts. Et pourtant, ils marchaient, parlaient, respiraient. Peut-être que j'en ai trop vu. Peut-être que moi aussi, je suis condamnée d'avance.

- Oui, je dis d'un ton détaché. Oui, j'en ai un peu entendu parler. Quoi qu'au Quatre, ce soit plutôt tabou comme sujet.

Je me demande alors la situation du Onze. C'est le seul lieu où les rebelles n'ont pas eu à réssuciter qui que ce soit. Je m'apprête à lui poser la question lorsque je me rends compte, qu'en fait, ça m'importe peu. Et puis, l'écouter parler n'est pas désagréable. Je n'irai pas jusqu'à dire que j'aime ça, mais disons que c'est apaisant.

- Le Quatre n'est pas une exception... Tu sais, je crois bien que dans tous les districts, les rebelles se multiplient dans l'ombre. Mais personne n'ose se confier à personne, donc c'est assez compliqué pour dialoguer.

Pas faux. Je n'avais jamais vu la situation sous cette angle. J'avais plutôt pris pour acquis que les rares rebelles fuyaient presque immédiatement vers le Treize, laissant les pauvres gens seuls chez eux devant des Pacificateurs plus que cruels.

- De toute manière, la situation ne peut pas stagner ainsi. Soit le Capitole va réaffirmer sa domination comme lors des Jours Sombres, soit la rébellion va parvenir miraculeusement à écraser Snow... Tu préférerais quoi ?

Je dois avouer qu'il me prend au dépourvu. Je ne me suis jamais vraiment demandé ce que je préférais. Pour moi, se tenir le plus loin possible de la guerre était la meilleure solution, mon père m'ayant depuis toujours appris que lors de ces affrontements, seuls les dirigeants ont réellement de gain. Les combattants sont perdants à tous les coups. En pensant cela, je me rend compte que sa compagnie n'est pas horripilante. Que j'aimerais bien me rapprocher même. Oh bon sang, à quoi je pense? On va s'entre-tuer. Pas question de faire un quelconque rapprochement. Non. Non. Non, non, non et non.

- Je devrais sans doute pas te dire tout ça, mais après tout, je vais mourir dans deux semaines au grand maximum. Alors qu'ai-je à perdre !?

Il hausse un sourcil, comme exaspéré du monde lui même. C'est fou de dire ça, mais pour une fois, je le comprends. Nous n'avons plus rien à perdre. M'enfin. Je me battrai quand même pour ma vie. Mais peu importe le résultat final, j'ai le sentiment net que nous ne serons plus jamais les mêmes. Plus jamais.

- Je n'en sais rien, je murmure. J'aimerais bien déloger le vieux -après tout, sans lui nous ne serions pas ici- mais en même temps, je crains un peu la rébellion. Dans tous les cas, le monde que l'on connaît changera radicalement, et on ne peut prédire ce qui arrivera. La libération, ou un monde pire encore? Aucune idée. Je m'accroche à l'idée que ça ne peut aller pire, mais je suis humaine, et j'ai peur de l'inconnu.

Je ne sais pas pourquoi, mais je me sens calmée. On dirait que toutes ces années à contenir mon opinion enfin libérée s'allègent, me libèrent du poids du silence. Je me rends compte que les Jeux sont également une opportunité de voir le vrai visage du Capitole. De comprendre en profondeur la portée de leur cruauté. Ils nous bercent d'illusions en nous prenant pour des célébrités, en nous faisant manger le top, en nous apprenant des tonnes de choses, mais en réalité, leur but reste le même: nous tuer, de la manière la plus douloureuse et spectaculaire qui soit.


Dernière édition par Sagitta S. Chase le Sam 7 Juil - 6:45, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Ven 6 Juil - 21:56

La jeune fille acerbe et belliqueuse qui m'avait accosté plus tôt dans la journée semblait avoir disparu. A sa place se trouvait désormais une adolescente méditative et légèrement mélancolique. Cette radicale mutation de comportement n'était pas pour me déplaire. Sagitta était bien plus appréciable ainsi. Quoique... Si, elle aurait logiquement dû me déplaire. Un ennemi colérique est plus détestable qu'un ennemi doux et attendrissant. Et je comprenais dans l'attitude sincère de mon interlocutrice que ce n'était même pas une tactique pour me manipuler. Cette constatation me fit pincer les lèvres, mais la fille du Quatre ne sembla pas le remarquer, trop concentrée dans sa réflexion informulée. Elle finit tout de même pas murmurer d'une voix basse et posée : « Je n'en sais rien. J'aimerais bien déloger le vieux - après tout, sans lui nous ne serions pas ici - mais en même temps, je crains un peu la rébellion. Dans tous les cas, le monde que l'on connaît changera radicalement, et on ne peut prédire ce qui arrivera. La libération, ou un monde pire encore? Aucune idée. Je m'accroche à l'idée que ça ne peut aller pire, mais je suis humaine, et j'ai peur de l'inconnu. » Ainsi elle ne craignait pas de m'exposer clairement ses faiblesses. C'était assez rassurant, car cela montrait qu'elle m'accordait une petite parcelle de confiance, en retour des informations que je lui avais glissées à propos de la rébellion. De plus, elle ne s'était pas vraiment prononcée sur son idéologie, choisissant plutôt de m'exposer ses arguments. C'était une gage de sincérité certain. Je crois que je commençais à apprécier cette Sagitta – et ça aurait peut-être dû m'inquiéter. Je ne m'en formalisai pas et m'adossai contre le mur à l'instar de mon interlocutrice. L'acier glacial qui paraît la cloison me paralysa pendant une seconde. Je fixai mon regard face à moi, et réfléchis un instant à ce qu'elle m'avait dit. Elle était le genre de personne prête à rejoindre rapidement la révolte si on lui exposait un raisonnement convaincant. En revanche, elle était consciente de la perfidie du Capitole, et elle savait aussi que tout allait changer dans les mois à venir. Elle était lucide. « De toute manière, fis-je d'une voix blanche, on n'aura sans doute pas l'occasion de constater ces changements, qu'ils soient bons ou mauvais. Quoique, toi, avec un peu de chance, tu ressortiras peut-être gagnante. » J'esquissai un léger sourire qui n'allait peut-être pas lui plaire. Mais elle savait que j'avais raison. Elle pouvait espérer une victoire, contrairement à moi. Et elle ne devait pas gâcher cette chance. Pour la convaincre, j'ajoutai : « Oui, il faut que tu fasses tout ton possible pour gagner. Il ne faut pas que ce soit un carrière, cette année. Il faut un rebelle, ou quelqu'un qui incarne le changement. Et tu pourrais être cette personne. » J'imaginais déjà sa photo sur des affiches prônant la fin du régime totalitaire actuellement en place dans notre pays. Sagitta, l'emblème de la révolte. Ça ne sonnait pas si mal. Qui plus est, ce serait un véritable coup de grâce au Capitole si c'était une tribut dit « de carrière » qui incarnait la rébellion. Cela réduirait à néant tout le stratagème mis dans les Hunger Games depuis plusieurs années. Conscient qu'elle avait toutes les cartes en main, je déclarai sans réfléchir : « Il faut que tu gagnes. »

Ma phrase me surprit seulement après que je l'eus prononcée. Je venais vraiment de dire ça à un de mes ennemis ? Pourquoi donc était-je si peu égoïste ? Pourquoi faisais-je passer la rébellion avant moi ? « Enfin... Il faut que tu gagnes si Viha ou moi ne gagnons pas, bien sûr, » murmurai-je maladroitement dans le but de me rattraper. Cela me fit prendre conscience que contrairement à Sagitta, Viha soutenait le Capitole. Et qu'il n'aurait pas été formidable qu'elle gagne les Jeux. A cette pensée, je ne pus m'empêcher de tressaillir. Je décidai alors d'arrêter de songer à ma co-tribut, et je me concentrai sur ma discussion avec Sagitta. « Mais bon, j'ai peu d'espoir. Le Capitole ne fait jamais gagner le même district deux années de suite, ce serait trop dangereux. » Cela sonnait comme une lamentation, ce que je ne pouvais supporter. Je me redressai brusquement et me tournai vers Sagitta. Je fronçai les sourcils sans pouvoir m'empêcher d'esquisser un demi-sourire. Je m'exaspérais vraiment. « Bref, pourquoi on est toujours en train de parler ? J'étais juste censé t'engueuler. Et malheureusement, aucune flèche ne t'a encore transpercée, donc bon. » Je balançai doucement la tête de gauche à droite, comme si j'étais déçu qu'elle ne se soit pas faite sauvagement trucider.
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MessageSujet: Re: (J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA   Ven 6 Juil - 22:53



i'd be cold as a stone and rich as the fools
that turned all those good hearts away

Je ressens un peu de compassion de la part de mon interlocuteur. Un peu comme s'il y avait une connexion entre nous. J'ai le sentiment que le jeune homme n'est pas un grand fan du Capitole non plus, qu'il espère bien que tout ceci aura une fin. Je sais bien qu'il y en aura une. Tout a une fin. J'espère juste que celle-ci ne sera pas trop tardive. Du genre, pas en même temps que celle définitive du monde, ce serait bien.

Je suis légèrement effrayée à l'idée que je puisse avoir confiance en lui. Après tout, rien ne m'affirme que ce ne soit pas un sale psychopathe cannibale en manque d'assouvir ses besoins morbides. Pourtant, j'ai l'impression que le jeune homme complètement cinglé à qui j'ai parlé il y a à peine quelques minutes n'existe plus, remplacé par quelqu'un de plus... confident. Ouais, le mot est bien choisi.

- De toute manière, dit-il d'un ton parfaitement neutre, on n'aura sans doute pas l'occasion de constater ces changements, qu'ils soient bons ou mauvais. Quoique, toi, avec un peu de chance, tu ressortiras peut-être gagnante.

Je lui adresse un regard suspicieux. Il veut dire quoi exactement? Il ajoute son éternel sourire énigmatique, qui me donne envie de le frapper encore, mais cette fois parce que je n'aime pas ne pas comprendre les gens. Surtout que c'est ma tactique.

- Oui, il faut que tu fasses tout ton possible pour gagner. Il ne faut pas que ce soit un carrière, cette année. Il faut un rebelle, ou quelqu'un qui incarne le changement. Et tu pourrais être cette personne.

Cette fois-ci je le jauge comme s'il venait de m'avouer qu'il était secrètement amoureux d'une chaise. Vient-il vraiment de me révéler qu'il souhaite ma victoire? Je ne peux pas mentir et dire que ça ne me plais pas, mais je trouve cela plutôt surprenant. Personnellement, je suis un tantinet plus égoïste. Ezea observe un instant le vide, rêveur, avant de déclarer:

- Il faut que tu gagnes.

J'ai ma réponse. C'est un assez grand choc. Que mon père me le dise, ok. Que mes amis me le disent, ça passe. Qu'un parfait inconnu dont la survie dépend de ma perte me le dise, ça m'estomaque. Je fixe l'infini quelques secondes, pesant un peu ses paroles. Puis, retrouvant mon habituel flegme, je reviens à lui, l'air nonchalant*:

- Habituellement, c'est pas le genre de chose que les tributs se disent entre eux. Ça ressemble plutôt à « J'aurai ta peau, salope » ou « Mange de la terre ».

- Enfin... Il faut que tu gagnes si Viha ou moi ne gagnons pas, bien sûr, balbutie-t-il maladroitement.

- Tu vois, c'est plus ça, je ricane.

- Mais bon, j'ai peu d'espoir. Le Capitole ne fait jamais gagner le même district deux années de suite, ce serait trop dangereux.

Je dois avouer que ça m'attriste un peu. Ceux du Onze n'ont presque aucune chance, c'est vrai. Les seuls districts susceptibles de gagner plusieurs fois de suite sont le Un et le Deux, et encore là, c'est excessivement rare. Trop enrichir les mêmes personnes risquerait de débalancer le pouvoir et l'équilibre sinistre de Panem.

- Bref, pourquoi on est toujours en train de parler ? J'étais juste censé t'engueuler. Et malheureusement, aucune flèche ne t'a encore transpercée, donc bon.

Il mime d'être déçu, et je ne peux m'empêcher de rigoler un peu. Après tout, il n'a pas tort. Quel étrange garçon. Il peut être enrageant et sympathique en même temps, c'est fou. Je hausse les épaules, faussement désolée.

- Et bah, c'est dommage. Dire que j'allais t'entraîner dans leur ligne de mire, me voilà maintenant déjouée.

Spoiler:
 
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(J1) please teach me gently how to breathe ♆ SAZEA

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