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 II,1. Life is a bitch and reality is a prison - Joao

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MessageSujet: II,1. Life is a bitch and reality is a prison - Joao   Lun 21 Mai - 18:00


Inspire. Expire. J'ai la tête qui tourne, je crois que je vais vomir. Mes membres tremblent encore devant mon manque de courage, j'ai les paumes rouges, rouges sang, de m'être encrer les ongles dans la chair trop profondément. Je tourne sur moi-même. Il n'y a personne. Je suis seule, seule dans cette pièce salement trop grande pour une seule personne. Je me laisse glisser contre le mur. Le sol est froid. Est-ce que ma mort sera froide ? Froide comme le carrelage. Je crois que je délire. Je crois que je n'ai plus la force de croire en quoi que ce soit. Tu vas mourir, tu vas mourir. C'est la mort qui chantonne derrière moi, la main posée sur mon épaule. Elle me dit que j'ai une place toute réservée en enfer. Qu'elle m'attend. J'ai envie de pleurer, mais je n'ai pas la force de laisser couler mes larmes. Trop abasourdie par cette évidence qui se donne l'air d'une évidence devant mes yeux. A partir de maintenant, il ne me reste plus que quelques semaines, une pincée de jour, une poignée de seconde à vivre. C'est peu, trop peu. Je ne sais pas ce qu'est la mort mais je n'ai pas envie de le savoir. C'est si con d'avoir peur de la mort. D'avoir peur de l'inconnu. Mais c'est ce qui me fait le plus peur dans la vie. J'aime savoir où je vais, en l’occurrence je courre tête bêche vers mon cercueil. J'aimerai attraper un quelconque objet pour le fracasser par terre, mais je ne vois rien. Alors je prend ma tête entre mes mains. Et j’attends, sans savoir ce que j'attends, qui j'attends et si cette attente finira par me mener quelque part.

La porte s'ouvre et je me relève péniblement, le cœur au bord des lèvres. C'est Jules. Ses nattes blondes sont défaites et ses cheveux cascadent le long de son visage rougi par les larmes. Je la préfère quand elle ne pleure pas. Elle est plus jolie. Je ne veux pas qu'elle pleure. Je ne veux pas savoir qu'ils ne croient pas en moi et qu'ils savent tout aussi bien que moi que je vais mourir dans l'arène. Je veux me persuader que tout le district crois en moi et en Skann. Parce qu'ils n'ont pas le droit de creuser à l'avance nos tombes dans le cimetière communale, d'acheter les fleurs qu'ils poseront sur nos tombes et de se préparer au deuil. Je n'ai pas fait mon premier pas dans cette arène et je me sais condamnée. Mais je préfère que les autres l'ignorent, c'est plus rassurant. Et que Jules elle aussi l'ignore. Alors je la prend dans mes bras. Longtemps, trop longtemps. Je n'ai que cinq minutes. Cinq minutes précises pour dire adieu à la vie. Cinq minutes, ça danse dans ma tête. C'est le poids de l'âme, n'est-ce-pas ? Le prix de notre vie aux yeux du gouvernement. Et ça ne sert à rien de se rebeller, de hurler à l'injustice alors que nous ignorons même ce qu'est la liberté. Cinq minutes. Depuis combien de temps est-elle entrée ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Je tresse ses cheveux blonds d'une main malhabile. Je n'ai jamais été douée pour l'aider à se coiffer, mais elle s'en moquait complètement, Jul' . Je sentais les larmes qui roulaient sur ses joues et je les ignorai éperdument. Je me contentai de la serrer dans mes bras une dernière fois avant de la laisser s'enfuir. Ma mère se tenait dans l'embrasure de la porte avec les quatre gamins accrochés aux bras. Je restai la, péniblement muette. Trois ans. Cinq ans. Ils auraient tôt fait d'oublier qu'un jour, j'avais existé dans leur vie. C'était trop jeune pour être confronté à la mort, ces choses là. Trop jeunes pour être confronté à une sœur qui allait mourir et qu'ils aurait à peine connu. Alors je les serrai chacun dans mes bras et embrassai ma mère. Je ne voulais pas d'esclandre et ce n'était pas son style. Elle se contentai d'observer sa fille aller à la mort sans mot dire, parce qu'elle avait d'autres enfants, d'autres âmes qu'elle devait choyer. Je n'étais '' qu'une '' parmi les sept. Je ne lui en voulais presque pas. Peut être qu'elle me comprenais. Peut être qu'elle sentais que je ne voulais pas qu'ils soient là. Qu'elle soit là. '' Merci pour tout ''. Merci pour quoi ? Même moi, je l'ignorai. Mais ce furent les dernières paroles que je m'autorisai à lui adresser avant de lui tourner le dos sans plus de courage.

Il ne restait que lui. Mon père. Cet espèce d'ours bourru qui m'avait appris que la vie était trop dure pour être vécue. Je m'accrochai à son cou longuement et laissai enfin mes larmes ruisseler le long de mes joues. Enfin. Enfin je pouvais pleurer comme une gamine pourrie gâtée. J'aurai voulu lui dire que c'était injuste et que la vie était sale garce et que je ne le méritai pas mais je n'ajoutai rien. C'était inutile, c'était complètement vain. Il passa autour de mon cou un quelconque collier en corde qui représentait je ne sais quoi. C'était du bois. Je le pris entre mes mains et l'observai. Ce n'était pas un collier. C'était un harmonica. Un des seuls instruments de musique que je connaissais. Peut-être qu'il l'avait fait lui même, je ne le savais pas et je ne le saurai jamais. Au fond, quelle importance ? Je m'en foutais royalement, comme je me moquerai bien de cet harmonica une fois que je serai morte et enterrée. Ce qui comptait pour l'instant, c'est qu'il allait me suivre dans l'arène. Parce que je ne recevrai pas d'autres cadeaux, que je ne verrai personne d'autre avant de me diriger vers le Capitole. C'était sans doute l'inconvénient de passer ma vie avec Skann tout en ignorant les autres. Sans plus de cérémonie, il se retira et disparut après qu'un pacificateur ait refermé la porte derrière lui.

Seule. Seule. J'étais aussi seule qu'avant qu'ils soient venus. Je l'étais même plus encore. J'étais si seule que j'allai en devenir folle. Je voulais voir Skann. Je donnai un coup de poing dans la porte qui me défonça les phalanges sans effet. Puis un autre. Et sans que je puisse me contrôler, une pluie de coup s'abattirent sur cette sale porte de bois qui me séparait du reste du monde. « Ouvre cette porte, connard ! » . Je ne sais pas à qui je parle. Je ne sais même pas si il y a quelqu'un. Je m'en moque. Je ne méritai pas que mon nom soit tiré à la moisson, c'était dégueulasse, c'était injuste, je ne voulais pas mourir. Et c'était cette porte qui en subissait les conséquences, aussi ridicule que cela puisse être. Je tombai de haut et j'pouvais pas tomber plus bas.


Dernière édition par Silka N.-E. Sevens le Sam 2 Juin - 8:09, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: II,1. Life is a bitch and reality is a prison - Joao   Mar 22 Mai - 10:40

Life is a bitch and reality is a prison
Joao & Silka



Finalement, ce que je pensais être une bonne idée, à savoir me trimballer dans le neuf pour surveiller la moisson, semblait être l’idée la plus ennuyeuse que mes supérieurs n’aient jamais eut. Je m'ennuie ferme. Je ne connais personne et en plus, j’ai été enfermé dans l’hôtel de ville pour surveiller les adieux des tributs avec leurs familles. Quelle brillante idée ! Me voilà donc assigné à la tâche la plus productive de ma vie : attendre.

La moisson s’était déroulée sans encombres et on avait même pu voir un jeune garçon se porter volontaire, ce qui était extrêmement rare dans les districts où ne sont pas concentrés les carrières. Bref, un certain Lao, ou Loa quelque chose, je ne sais plus. Il a prit la place du petit blond et est monté sur l’estrade près de Silka, la tribut féminin du neuf. C’était presque émouvant, mais j’ai toujours trouvé tellement stupide de se porter volontaire pour aller se faire trancher en deux que finalement l’émotion à très vite été remplacée par l’exaspération. Mais quel crétin celui la. Pour qui il se prend à se porter volontaire ? Il doit faire quarante kilos tous mouillés et il à l’impression qu’il va s’en sortir ? Je ris rien qu’en y repensant. Ce gars n’a probablement même jamais touché une arme de sa vie, et il espère protéger sa petite copine ? Non mais ridicule franchement. Il fera moins son coq quand il va se faire découper la face par un tribut de carrière c’est sur. Je suis certain qu’il n’a fait ça que pour faire son beau devant sa rousse, mais en vrai, il ne sait pas ce que c’est. Tuer. Rien que ce mot doit l’effrayer. C’est ridicule. Il est ridicule. Pour qui se prend t-il ce mioche ?
Bref, je rabats mes pensée sur ce garçon, que je prends plaisir à insulter mentalement pendant dix bonnes minutes. Crétin.

Puis, quelques instants plus tard, les membres de la famille de la petite Sevens arrivent enfin devant moi. Ils me toisent pendant de longues secondes, attendant probablement que je prenne la parole afin de leur donner l’autorisation d’entrer. Mais pas de chance pour eux, je n’ai pas envie de me presser aujourd’hui, alors je les laisse me regarder. Je vois même dans leurs yeux qu’ils me détestent, mais à vrai dire je n’en ai rien à foutre. Les gamins pleurnichent à chaudes larmes, c’est pathétique.
Après avoir estimé qu’ils avaient assez patienté, quand même je ne suis pas un salaud, je prends enfin la parole. « Bon, j’imagine que vous savez comment ça se passe ? Une heure, pas une minute de plus. Et interdiction de lui procurer quelque objet que ça soit qui pourrait servir d’arme. De toute façon, elle sera fouillée et refouillée, à nue, donc cela ne servirait à rien. Je viendrai vous chercher à la fin du temps réglementaire. » Puis j’ajoute l’usuel : « bonne chance », avant de m’avancer vers l’entrée de la pièce où est enfermée leur fille. Leur sœur.
Je me retourne vers eux et me délecte de la peur et du dégoût que je lis sur leurs visages, avant de pousser la porte pour les laisser entrer. Je la referme immédiatement derrière eux.

Je me rassois avec un soupir d’ennuie, sur la chaise que j’occupais avant qu’ils n’arrivent. Je pourrais écouter à la porte, pour passer le temps, mais à vrai dire j’ai peur que ça soit encore plus ennuyant que de rester assis à compter les poutres du plafond encore et encore. En plus, je me rends compte après une dizaine de minutes qu’aucun mot ne semble s’échanger à l’intérieur. Je ne sais pas comment ils se disent au revoir, mais ça doit pas être joyeux là dedans. Pas un mot, rien. Mais après tout, chacun ses méthodes, ils font comme ils le sentent. Bon à vrai dire je suis censé intervenir si jamais les choses me paraissent louches, et j’avoue que zéro mot peut paraitre louche, mais je suis loin d’être le pacificateur exemplaire que l’on croit. Je suis bien trop flemmard pour me bouger et aller voir si rien de suspect ne se trame. Puis à vrai dire, je n’en ai tellement rien à faire !

J’attends donc, puis au bout d’une heure pile je fais sortir le dernier membre de la famille de la tribut et referme la porte derrière moi. Je leur montre la sortie avant de les prévenir qu’ils n’auront en aucune façon le droit de remettre les pieds ici. Et enfin je remonte me poster devant la porte de la pièce où est enfermée Silka. Quelques minutes plus tard un BOUM sonore se fait entendre et je cherche du regard sa provenance. Évidemment, encore une fois, j’ai une flemme énorme de bouger pour aller voir la jeune fille. Puis finalement, des tributs moissonnés qui pètent un plomb, ce n’est pas si rare. Donc je balance juste un « Oh, ce n’est pas bientôt fini ce bordel ? » Mais elle semble ignorer mon avertissement et le bruit reprend. Bientôt Silka s’acharne de toutes ses forces sur la porte, balançant sans retenue des coups de poing. « Ouvre cette porte, connard ! » Bon, ok là c’est trop. Je me fais violence, me lève et ouvre la porte. Le dernier coup destiné à cette dernière s’enfonce dans mon ventre et me coupe légèrement le souffle. Ça y est, elle m’a énervé. Je saisi la jeune tribut par les cheveux et la traine en arrière avant qu’elle ne tombe sur le sol froid de la pièce. Je me poste entre elle et la porte, pour éviter qu’elle ne se barre, et sort mon arme de service, plus pour l’effrayer qu’autre chose. Puis je hurle « Écoute moi bien petite conne, tu va fermer ta gueule de pleurnicheuse ou je me ferai un plaisir de le faire pour toi c’est clair là ? Dernier avertissement ! » Puis je réfléchis et je me dis qu’au final je n’ai aucun réel moyen de la punir, étant donné qu’il y a quelques heures seulement elle a été condamnée à mort. Mais bon, j’ai tout à fait le droit de l’amocher un peu j’imagine, même si son équipe de préparation n’apprécierai pas forcément. Je souris, geste totalement inapproprié en cette situation. D’ailleurs Silka doit le prendre pour de la moquerie, au vu du regard qu'elle me lance. J’ai l’impression qu’elle veut me tuer, mais je lui tourne le dos et avance tout de même vers la porte.
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Dernière édition par Joao L. Theron le Mer 6 Juin - 13:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: II,1. Life is a bitch and reality is a prison - Joao   Mer 30 Mai - 8:20

J'aurai préféré être moins faible et rester pour tous la fille qui avait retenu ses larmes le jour de la moisson. J'aurai préféré rester cette rouquine maigrelette qui avait souri à la mort alors que celle-ci l'arrachait à la vie. J'aurai voulu paraître forte, infaillible, ressembler à une adversaire de taille, à un tas de choses que je n'étais pas. Mais je suis là. Enfermée entre ces quatre murs de cartons qui laissent sans doute s'échapper toutes les paroles que j'aurai voulu leur adresser avant de partir. Alors je me tais. Je ne parle pas. Les mots sont superflus, seul le regard compte, le ressenti. Et ils ressentent tous, j'en suis persuadée, que je ne serai pas la gagnante de cette soixante-seizième édition des jeux. Que je mourrai, comme d'autres sont morts, meurent et mourront. Après tout, quelle était la différence entre ma mort et celle des autres ? Qu'est-ce que cela pouvait faire ? J'allais mourir dans l'arène, là où j'aurai tout aussi bien pu mourir de faim, de soif, de fatigue, mourir de la vie. Je m'entêtai comme une gamine affreuse à penser que quelqu'un d'autre aurait dû prendre ma place et que je ne le méritai pas. Je ne méritai pas de mourir dans cette arène mais qui d'autre l'aurait donc mérité ? Aurais-je été capable de désigner quelqu'un pour mourir à ma place ? Aurai-je été capable d'accepter de voir un prétendu sauveur se faire égorger et se vider de son sang alors que j'aurai dû être le protagoniste de cette histoire aussi glauque qu'elle soit ? Je crois que oui. Et c'est sans doute ce qui me fait me haïr le plus. Le fait d'être si lâche là où j'aurai dû paraître si courageuse, forte. Digne de me faire éventrer par un carrière et de me faire bouffer par une quelconque mutation génétique.

Je martèle la porte de toute ma haine, ignorant le ridicule probable, les moqueries certaines et le fait que ce n'était qu'une porte. Un bout de bois dressé entre le reste du monde et moi. Une nouvelle grille, qui marquait un nouveau départ et qui montrait que tout retour en arrière était impossible, improbable. Je me broyai les phalanges sur les veinures du bois. Je ne savais même pas ce que je voulais. Sortir, m'enfuir ? Pour aller où ? Ma maison n'était plus mienne, ma famille n'existait plus. J'étais seule et perdue. Je crois que je voulais me sentir vivante. Prouver à quelqu'un que j'étais quelque chose. Que j'existais. Que quelqu'un devait en avoir conscience. Un quelque chose aussi chiant que possible, aussi collant que possible, un quelque chose de vivant. Aussi vivant que possible pour le moment. J'entends un bruit. Je crois qu'on me parle. Mais je m'en fou. Je me moque de tout. Je veux juste voir cette porte s'ouvrir. Qu'on me porte une quelconque attention. Et y'avait que Skann pour me rassurer, encore une fois. Pour me dire qu'il m'aimait et qu'on mourrait à deux. Ensemble. Sans que le reste du monde ne puisse rien contre ça. Je veux qu'il me dise des trucs niais et je veux y croire. Je veux qu'il me dise qu'on va s'en sortir même lorsqu'on est déjà enfermé dans le corbillard. Qu'il me fasse rire même si on n'en a plus le droit. Le droit à la vie, c'est bien un truc qu'on n'a plus, qu'on n'a pas. Un de ces trucs auxquels on a jamais eu droit et qu'on aura jamais. C'est comme rêver de fraîcheur en plein désert, vouloir combattre une armée seul et à main nu. L'armée de squelette, je la vois face-à-moi, imposante. Elle m’appelle. C'est mon tour, alors ? Ces jeux, c'est juste le temps d'une dernière valse, d'un ultime pas sur le devant de la scène avant que le rideau ne tombe. Le pacificateur de l'autre côté semble gueuler quelque chose à mon intention, mais j'entends pas, je n'entends rien. Je continue à écraser mes poings sur la porte et je constate, je constate l'inutilité du geste, je constate mon impuissance. Jusqu'à ce que ma main aille s'écraser dans quelque chose de bien plus pathétiquement mou qu'une porte.

Je n'ai même pas le temps de réfléchir à quoi que ce soit que je me retrouve le cul contre le carrelage, avec une espèce de singe pendu au bout de mes cheveux. « Écoute moi bien petite conne, tu vas fermer ta gueule de pleurnicheuse ou je me ferai un plaisir de le faire pour toi c’est clair là ? Dernier avertissement ! ». Je le dévisage. Je rêve où c'est un gosse ? Un gosse qui tient une arme à feu. Un prototype de bébé pacificateur qui débarque fraîchement de la fin de son entraînement. Si je n'avais pas un pied dans le cercueil, je crois que j'aurai ri devant sa tête d'ange juvénile. Il devait avoir quoi, dix-huit ans ? Ce gamin avait mon âge. C'était pas un symbole d'autorité quelconque, il m'apparaissait comme minable. C'était sans doute ce que lui renvoyait mon regard. Et dire que cet abruti qui aurait pu être tiré à la moisson venait me dire en face de fermer ma gueule. C'était presque comique, tellement pitoyable. Et dire qu'il sourit, ce con. Je le vois faire demi-tour et me relève. Un sourire narquois étire mes lèvres. J'ai besoin d'évacuer, y'a trop de colère qui gronde en moi, il faut que ça explose, que ça brûle quelqu'un. « Mais c'est qu'ils prennent les pacificateurs au berceau maintenant, dis-moi ! ». J'ai les tripes qui se tordent et le besoin d'exister me tenaille. Je ricane. S'il n'est pas con, il continuera à avancer. Ce qui est plus probable, c'est qu'il se sente piqué dans sa fierté. Je ne le lâcherai pas, le morveux. Je veux me prouver à moi-même que je suis encore quelqu'un, quelque chose. Que même les larmes sèchent qui sillonnent mes joues sont irréelles, que je ne suis pas encore dans le corbillard. Tout ça, c'est une ultime valse, la dernière représentation de la pièce de théâtre. « T'as quel âge mon lapin, 16ans ? Rassure-moi, tu sais que c'est pas un jouet, ce flingue ? ». J'achève d'un ton méprisant tout en me rapprochant de lui. Et c'est cet espèce de ouistiti tout juste sorti du bercail familial qui croit pouvoir m'empêcher d'aller voir Skann. « Bon aller, dégage. ». Je le pousse et m'approche de la porte. Skann. Où est Skann ? J'ai les yeux rougis, sans doute l'air minable. Aussi minable qu'il m'apparaît. J'ai les sanglots qui restent coincés dans la gorge et la peur qui appuie sur mon cœur avec un plaisir sournois. Je ne sais plus ce que je veux, mais une chose est sûr, c'est que je ne veux pas de la compagnie de celui-là.
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MessageSujet: Re: II,1. Life is a bitch and reality is a prison - Joao   Mer 20 Juin - 20:26

Life is a bitch and reality is a prison
Joao & Silka



Je sens que ça va être bien sympathique finalement ce cours moment en tête-à-tête avec la petite Sevens. Le pire, c'est que si sur l'instant je la choisi comme pushing-ball c'est vraiment parce que je m'ennuie ! Avec un caractère comme le sien, je suis sûr que dans d'autres circonstances on se serait vraiment bien entendu... Enfin non, peut-être pas en fait. Non, c'est ridicule, évidemment que non, je l'aurai détesté. Je souris une nouvelle fois et continue à me diriger vers la porte. Je sais qu'elle bout tellement elle a envie de m'étriper mais ça ne me fait pas peur. Je l'entend qui se relève, avant de me balancer à la gueule sa rage, sa colère, sa tristesse, et tous les autres sentiments stupides qui se battent en elle à cet instant. J'arrête d'avancer et l'écoute sans me retourner. Parfait, si elle me provoque, on va pouvoir s'amuser. « Mais c'est qu'ils prennent les pacificateurs au berceau maintenant, dis-moi ! T'as quel âge mon lapin, 16ans ? Rassure-moi, tu sais que c'est pas un jouet, ce flingue ? Bon aller, dégage. » Je sens qu'elle met tout son cœur à l'ouvrage, comme si elle voulait nous prouver à tous les deux qu'elle avait encore assez de vie en elle pour me ridiculiser. Mais y a un truc à côté du quel elle passe, qui me donne un sacret avantage dans notre confrontation.

Après avoir écouté jusqu'au bout ses petites piques sur mon âge, que je trouve et faibles bien que justifiées, je fais trois nouveaux pas en avant. Je pose ensuite ma main sur le verrou de la pièce et le tourne lentement, de façon à ce que déjà nous ne soyons pas dérangés, mais aussi parce que j'ai la farouche impression qu'elle va tenter de s'enfuir. Je me saisis de la clé, et la fourre dans une des poches de mon uniforme avant de me tourner vers elle.

Je l'observe attentivement, et je dois dire qu'elle ressemble à s'y méprendre à une folle. Il faut dire qu'elle l'est un peu certes, mais ses cheveux en pagaille et sa tenue toute crottée de noir n'arrangent pas les choses. Cependant, je dois avouer que cela lui donne également un certain charme. J'aime bien les filles qui ont du caractère, je suis sur que nous serions compatibles au pieu. Je lui demanderai peut-être ce qu'elle en pense plus tard d'ailleurs. Si ça se trouve, elle ne sera pas contre un dernier super coup avant de crever. Et puis si elle refuse... on verra, à la rigueur je pourrais aussi la bâillonner avec un morceau de sa robe. Une nouvelle fois je ris de cette idée amusante. Puis, je re-concentre mes idées sur l'instant. Pendant quelques longues secondes on se regarde, sans bouger, sans parler, comme deux chats près à se jeter l'un sur l'autre. Nous sommes séparés par seulement trois ou quatre mètres de planché, mais elle comme moi savons qu'il nous faudra moins d'une seconde pour se jeter sur l'autre. Et si cela venait à se produire, elle comprendrait que malgré mon jeune âge, je ne suis pas du genre à me retenir. Surtout pas avec des filles comme elle. Elle ne tiendrait pas deux minutes.
La tension monte, mais j'aime ça. J'aime tellement ça. Ce sentiment est quasiment jouissif pour moi, oh oui, ce nouveau jeu va devenir vraiment très bon.

Je pose le canon de mon arme sur mon épaule et esquisse un sourire. Ses insultes ne m'ont fait ni chaud ni froid. Et pour cause... « Tu sais quoi ma mignonne, je vais te dire quelque chose que tu as oublié de prendre en compte dans tes calculs. Je suis peut-être jeune, mais moi, à la différence de toi, j'ai toute ma vie qui m'attend. » Un rire sonore s'échappe de mes lèvres. « Moi, contrairement à toi, je vais vivre. Vivre de longues et passionnantes années, alors que ton visage sera bientôt oublié de tous. Même ceux qui te sont proches finiront par oublier ce qui te concerne, crois moi. Alors oui, je suis peut-être jeune, mais toi pauvre tâche, tu es déjà morte. »

Lentement je me dirige vers la seule fenêtre de la pièce où nous sommes, et jette un coup d’œil à travers les carreaux. La place où était rassemblé tout à l'heure l'intégralité du peuple du district est désormais vide. Quelques pacificateurs surveillent les alentours de l'hôtel de ville mais le reste du monde s'est dirigé vers la gare. Qu'est ce qu'il est moche ce district tout de même !
Je sais que la quitter des yeux n'est pas forcément une bonne idée, étant donné qu'elle parait assez folle et assez furieuse pour se ruer sur moi, mais cela rend la chose bien plus drôle. Ça met un peu de suspense. Et puis avec un peu de chance, cela l’énervera encore plus.
Je ne sais pas combien de temps il reste avant qu'une escorte vienne la chercher pour l'amener au train, mais je sais qu'une petite baston nous ferait du bien à tous les deux.
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MessageSujet: Re: II,1. Life is a bitch and reality is a prison - Joao   Mar 7 Aoû - 9:13

Je sens le sang qui bat à mes tempes, j'ai la gorge sèche. J'me suis pas battue très souvent durant ma vie, c'est vrai. Enfin, pas physiquement, je veux dire. Mais qu'on se le dise, se battre pour manger, dormir sous un toit et survivre, c'est sans doute plus éprouvant que de se prendre toutes les beignes du monde. J'ai envie de le frapper, j'ai même les poings qui me démangent, pour dire. Mais je me contente de m'approcher de la porte, le plus naturellement du monde. Ce petit con l'a fermée à clef. Je retiens un soupir colérique. J'ai pas besoin d'un animal de compagnie ni du numéro d'intimidation d'un gorille, j'ai besoin de voir Skann. Maintenant. Mes larmes séchées sur mes joues me tirent la peau et la fatigue me tenaille. A cette heure là, à l'heure d'une moisson normale, j'aurai été chez moi. Avec ma famille. Pourquoi avait-il fallu que ce soit mon nom que l'autre greluche pioche ? Aujourd'hui, ce n'était plus un jour normal. C'était un jour maudit. Le jour du commencement du début de la fin.

Il me dévisage. Je le dévisage. Je ne sais pas à quoi il pense, mais je sais pertinemment à quoi il me fait penser, oh oui. J'imagine l'impact de mes mains sur sa paumette. Elle serait bleuie, ce serait une jolie marque de mon passage, un petit souvenir de la tribut du District 9, c'est joli, le bleu. J'imagine sa lèvre délicatement fendue, son nez admirablement cassé, et surtout, surtout, son sourire qui s'évapore au loin tandis que je lui fait ravaler toutes ses dents. Il n'a pas de raison d'être, ce sourire. Il n'a pas le droit de se moquer des morts. Car je suis morte, non ? Je suis morte et tombée en enfer, c'est sûr et certain, cela ne peut pas être autre chose. Il ne peut pas sourire parce qu'il n'a pas le droit d'être heureux alors que j'ai l'impression qu'on vient de poser le socle de ma tombe au dessus de ma tête. Aujourd'hui, il n'a pas le droit d'être heureux. Personne n'en a le droit.

« Tu sais quoi ma mignonne, je vais te dire quelque chose que tu as oublié de prendre en compte dans tes calculs. Je suis peut-être jeune, mais moi, à la différence de toi, j'ai toute ma vie qui m'attend. ». Je l'observe sans rien dire. Y'a pas que les coups qui font mal, c'est vrai. Y'a aussi ce genre de paroles qui te frappent encore plus fort, et qui te font encore plus mal, quand tu ne t'y attend pas. Mais j'ai l'impression d'être complètement atone, alone. Alors je ne répond rien. J'inspire. J'expire. J'évacue la colère sourde qui gronde en moi. « Moi, contrairement à toi, je vais vivre. Vivre de longues et passionnantes années, alors que ton visage sera bientôt oublié de tous. Même ceux qui te sont proches finiront par oublier ce qui te concerne, crois moi. Alors oui, je suis peut-être jeune, mais toi pauvre tâche, tu es déjà morte. ». J'ai pas le courage d'essayer de positiver, de me dire que tout ce qu'il souhaite, c'est que je m'énerve, que ce serait bien con de lui donner cette satisfaction, que le mieux ce serait de rester là où on en est et que je ferme ma gueule. J'ai pas envie de lui répondre un truc constructif, de chercher une réponse alors que dans le fond, il a raison, il n'y en a pas. C'est la vérité et c'est comme ça, on ne cherche pas de réponse à la vérité.

Mais cette vérité là est vraiment dure à entendre. J'ouvre la bouche, je la referme, on dirait un poisson en dehors de l'eau, mais j'men fou, c'est ce que je suis. Il ne me regarde pas, mais moi, dans le fond, j'ai besoin de ce regard méprisant pour exister. Pour exister dans les derniers instants qui me permettent d'exister. Alors je me rapproche de lui et me place derrière son dos. La place est vide, les gens sont partis. Le monde continue de tourner. La seule chose qui ne tourne plus rond, c'est moi. « Connard. ». Et sur cette délicieuse parole, je lui envoie mon poing dans la figure.
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