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 je regarde le sol, et toi le ciel . Lux

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MessageSujet: je regarde le sol, et toi le ciel . Lux   Mer 18 Avr - 11:46

je regarde le sol, et toi le ciel
Lux & Theti


Le jour semble défaillir, prêt à céder aux avances de la nuit. Les doigts mauves et bleutés du crépuscule effleurent déjà le corps rosé et duveteux du jour qui en rougis pudiquement. Tu frissonnes, et te dis que, si tu avais été le jour, tu te serais défendue davantage.

Les derniers rayons de soleil caressent ton visage. Tu aimes flâner dehors à cet instant de la journée, quand la frénésie du jour laisse place à la tranquillité du soir; les gens prennent le chemin de leur foyer, pressés d'y rejoindre les leurs. Tu ne fais pas partie de ceux là, mais tes pas te conduisent néanmoins aux maisons des vainqueurs: ton "chez toi". Tu traînes des pieds en chemin, tu songes à la journée qui vient de filer entre tes doigts; tu es retournée à l'usine aujourd'hui. Tu espères toujours qu'un jour Liam y sera, t'attendant comme si de rien n'était. Mais aujourd'hui encore il n'était pas revenu.

Tu traverses le jardin et passes la porte de ta maison pour la refermer silencieusement derrière toi. Au lieu du calme habituel, tu entends des voix qui résonnent à côté. Tu te dis que ton père a sans doute quelqu'un à la maison, il n'est pas rare qu'il invite à l'approche de la moisson. Puis ton regard atterrit sur ce sac négligemment posé au sol; tu le reconnais, tu ne l'as pas vu depuis longtemps. Depuis deux ans. Cette seconde voix qui fait écho à celle que tu devines appartenir à ton père te semble alors familière. Ton cœur bondit dans ta poitrine. Ton regard se fige, un souffle s'échappe de tes lèvres qui n'arrivent pas à se clore; ton toi tout entier est en alerte. En une fraction de seconde, tu foules les quelques pas qui te sépares de la porte de la cuisine, tu plaques ta main sur la poignée, et tu entres précipitamment.

Le regard de ton père se pose sur toi comme deux billes blanches flottantes dans ses orbites d'encre noire. Ils sont tous les deux assis à table, tu sembles avoir interrompu leur dialogue car un silence s'est installé. "Theti ! je me demandais quand tu rentrerais". Tu ne réponds pas, tu sais que si tu tentes d'articuler quoi que ce soit, il n'en ressortira qu'un gargouillis incompréhensible. Toi qui te croyais si douée pour jouer le masque de l'indifférence, tu te trouves bien sotte. Immobile, debout devant la porte que tu tiens toujours dans ta main, ton regard accroche la tignasse blonde de Lux; tu n'y crois pas bien encore. Tu restes plantée là, interdite, pendant un moment probablement trop long puisque ton père t'interpelle. "Tu ne viens pas te joindre à nous ?". Sortie de ta torpeur, tu hoches de la tête et vient t'asseoir à ses côtés. Ta démarche est chancelante, tu redoubles d'effort pour ne pas te heurter à la table, et tu t'affales d'un coup sec sur ta chaise. Il esquisse un sourire en coin, tu ignores ce qu'il pense de ta réaction; tu sais juste que quoi qu'il imagine, il est dans le faux. "Ton frère était justement en train de nous raconter comment ça s'était passé là bas. N'est-ce pas, Lux ?". Tu gardes tes yeux rivés sous la table. Tu te croirais retournée en arrière... Il y a deux ans.

Tu as bien du mal à faire comme si de rien n'était. Tes doigts tremblent autour du verre d'eau que l'on vient de te servir; tu le sert plus fort pour tenter de la cacher. "Justement toi qui cherches du travail... Tu ne serais pas tentée de suivre le même chemin que ton frère ? Ça a l'air intéressant, pacificateur, et c'est assez réputé". Tu sers les dents sans répondre. Tu as envie de lui hurler : premièrement, d'arrêter de l'appeler "ton frère" car tu trouves ça déprimant; deuxièmement, que tu n'as pas envie de faire "comme lui" parce que quoi que tu fasses, il ne trouvera ça jamais assez bien. "Je préfèrerais encore m'endormir la tête emballée dans de la glace que de devoir porter un de leurs uniformes." tu tapotes du doigts sur la table, anxieuse. "De toute façon j'ai déjà trouvé quelque chose, ça ira", c'est faux, mais tu t'en moques, tu n'as pas envie de parler de ça, encore moins maintenant. Tu grommelles, te renfrogne, et évite toujours soigneusement de regarder Lux. Inexplicablement, sa venue a réveillé en toi une rancœur tenace; quelque chose qui te tord les boyaux. "J'ai besoin d'une douche". Tu plaques tes mains à plat sur la table et te lève d'un coup sec pour filer à toutes jambes dans les escaliers. Tu détestes l'idée qu'on se dise que tu fais une scène presque autant que d'avoir l'impression d'être une adolescente en crise. L'eau chaude sur ton visage clarifie tes pensées, tu la laisses crépiter sur ton visage, comme pour te débarrasser de cette crasse qui colle à ta peau. Combien de fois avais-tu imaginer cet instant ? Celui où il revenait à la maison, celui où tu le voyais traverser le jardin comme la toute première fois qu'il était apparu dans ta vie; celui pour lequel tu t'étais entraînée à paraître impassible, où tu t'étais vu maintes et maintes fois dans ton esprit soutenir son regard. Tu n'es parvenu à rien de tout cela, tu es furieuse contre toi même.

Cette douche froide est à peine parvenue à attiédir l'incendie qui s'est déclenché en toi. Tu sèches tes cheveux, ramasses les habits qui tu as jeté au sol dans la précipitation, et les ré-enfile. Quand tu descends à nouveau les marches pour rejoindre le rez de chaussée, une bonne heure est passée. Tu t'ordonnes mentalement de filer tout droit vers le jardin sans t'arrêter, mais à peine arrivée en bas tu sursautes. Il est adossé à l'encadrement de la porte, et te bloque le passage. Ton orgueil te tient à distance de lui, quelques pas tout au plus, suffisamment loin selon toi. Tu restes silencieuse, puis soupire. "Tu repars quand ?" ta voix vacille lors des premières syllabes ; tu as une soudaine envie de t'arracher la langue. Tu tentes de paraître neutre, ton regard que tu aurais aimé avoir indifférent se pose sur lui pour la première fois depuis bien longtemps. Tes yeux, dans un premier temps résolu à ne pas l'admirer trop longuement, le détaillent lentement. Tu sens tes iris s'embuer et troubler ta vue; ils caressent d'abord son visage, ses lèvres, ses boucles blondes, puis achèvent leur course dans ses grands yeux sombres. Tu jurerais qu'il n'a pas changé, pourtant tu lis de la dureté dans ses traits, quelque chose qui n'était pas là à son départ. Tu te dis alors qu'il a simplement grandit, tout comme toi.


Dernière édition par Theti Huntsman le Lun 7 Mai - 8:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: je regarde le sol, et toi le ciel . Lux   Mer 25 Avr - 12:14

Je posais le pied à terre. Les souvenirs m'emplirent immédiatement, un vent frais me fis frissonner, et je resserrais ma verste blanche contre mon torse. Quelques boucles blondes se plaquèrent contre mon visage et j'inspirais lentement. J'étais rentré. Après deux ans d'absence, de course à travers les districts, je me retrouvais enfin chez moi. Rien ici ne m'avait manqué, enfin, si, peut être Richard, Richard et Theti. Mon cœur se serra en pensant à elle. Ne pas la voir, putain qu'est ce que ça avait été dur. Enfin. Elle, devait m'en vouloir, d'être partie comme ça, sans vraiment y réfléchir. Elle ne connaissait pas mes motivations, ni ce qui m'avait poussé à m'engager. Elle ne savait rien de mes envies meurtrières, ni de mes victimes, rien, rien du tout. En même temps, je m'imaginais mal lui dire, comme ça un matin : "Tiens, Theti ! Aujourd'hui j'ai décidé de tuer tout ces enfoirés qui ont tués ma sœur, tu me passes le lait ?". Elle aurait eu peur, et se serait éloigné de moi. Je ne l'aurais pas supporté.

"Mélancolique, Kingsley ?" railla un homme à côté de moi.

Je me retournais et découvrais un pacificateur, un type sans âge que j'avais plusieurs fois croisé lorsque je vivais encore ici. Je lui adressais un sourire mauvais et traînais mon sac derrière mois. Il me suivit et nous traversâmes le Six. Rien n'avait changé, toujours les mêmes maisons, allées. Je croisais des visages familiés, mais aucun sourire, juste des regards effrayés. Hé oui, le fils du monstre est rentré. Tremblez vermines.
Le trajet ne fut pas long, silencieux, je restais muet, répondant à peine aux questions de l'autre. Il m'interrogea sur la formation, me questionna longuement sur qui s'en était occupé. Sa voix trop grave me donnait mal au crâne, et son sourire méprisant ne me plaisait pas. Arrivés à la caserne, il me fit visiter. Vestiaires, chambres, salle de douche. J'aurais presque pu y vivre, mais non. J'avais déjà une maison, et je préférais cent fois vivre dehors plutôt que de rester une seconde de plus avec cet homme antipathique.

Il était aux alentours de dix sept heures lorsqu'il me libéra enfin. Ca parle beaucoup ce genre de type. Ca raconte son histoire, marque son territoire, t'informe sur les habitants comme si tu ne les connaissais pas, après ces dix-huit années passées ici. J'avalais un sandwich, faisais la connaissance des autres. Il y avait des visages inconnus, mais aussi des anciens qu'on connaît trop bien. En sortant de là, j'éprouvais un soulagement immense. Ca faisait du bien. Cette odeur particulière que j'avais côtoyé si longuement me pris à la gorge. J'avais perdu l'habitude. Je marchais tranquillement, une cigarette à la bouche. Au bout d'un moment la maison des Hustman apparue, et un petit sourire se dessina sur mes lèvres. Je pressais le pas, et m'arrêtais devant la porte. Les yeux clos j'inspirais, et expirais. J'allais les revoir. Je n'arrivais pas à imaginer leurs réactions. Richard serait-il fier ? En colère ? M'ignorerait-il tout simplement ? Et Theti ? Comment se comporterait-elle à mon égard ? Glaciale, comme la dernière fois ?

Je frappais. Quelques minutes passèrent, j'attendis avec angoisse. Soudain, la porte s'ouvrit. Le visage tatoué de Richard se dessina à l'entrée.

"Lux ?"

Il paru choqué, mais me laissa entrer. Ses bras m'entourèrent un court instant et je ne pu m'empêcher de sourire. Il fit de même. A force de rester si loin d'ici, j'avais oublié la finesse de ses tatouages, et le noir de ses yeux.
On s'installait dans le salon, et je reprenais peu à peu mes marques. Il me servait un verre d'eau, et on se mit à discuter. Je lui racontais un peu, ça me faisait du bien de parler avec lui. Ca m'avait vraiment manqué. Je n'osais pas lui demandé si Theti était là. Une heure passa, et enfin, elle arriva. Ce fut d'abord un bruit dans le couloir, puis elle entra. Toujours ces mêmes cheveux bruns, son visage fin et harmonieux. Elle resta longuement immobile, je n'arrivais pas à savoir si elle était contente ou pas. Je l'espérais. Richard parla, l'invita à s'asseoir près de nous. Elle n'en fit rien. Il lui parla du métier de pacificateur, et elle lui répondit avec froideur. Mauvais signe. Elle disparu ensuite dans la salle de bain, durant une bonne heure. J’appréhendais le moment où elle reviendrait, et où je devrais lui parler, seul. La nuit tombe, doucement, je la vois descendre des escaliers et me dirige vers la porte d'entrée, je sens qu'elle va sortir, qu'elle ne restera pas, elle ne veut pas me voir. Ca ne rate pas, je la vois arriver, je lui bloque la passage. On se dévisage, mon regard la détaille lentement. Elle n'a pas vraiment changé depuis mon départ, peut être un peu grandit.

"Tu repars quand ?" lance t-elle.

Je sors, et je sais qu'elle me suit. J'allume une cigarette et inspire une longue bouffée.

"Je ne sais pas. Je suis sensé rester ici, mais avec les missions, tout ça..."

Ma voix s'éteint. C'est vrai, je n'en sais rien. On m'a prévenu que je bougerai sûrement beaucoup, il manque des pacificateurs dans certains districts et quelque fois, il faut compenser. Et puis il y a ces petites missions, ces tortures, tout ça. Qui sait combien de temps je resterais. Je la regarde.

"Tu vas bien, Theti ? Tu m'as manqué, ça fait du bien de te revoir."

J'ébouriffe mes cheveux, la lumière de l'entrée éclaire son visage. Je repense à avant, lorsque tout allait à peu près bien. On était proches, peu être trop, mais j'aimais ça. Et je l'aimais aussi. Peut être qu'elle aussi, après tout ? J'ai peu être tout gâché.


Dernière édition par N. Lux Kingsley le Mer 25 Avr - 16:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: je regarde le sol, et toi le ciel . Lux   Mer 25 Avr - 16:20



Te souviens-tu du moment où tes regards sur lui ont changé, où la rancune tenace s'est muée en douce convoitise ? Cet instant où tu as cessé de le voir comme un ennemi ? Ta mémoire, trouble, n'y parvient pas. Tu te dis alors que la transition a dû être lente et imperceptible, qu'elle s'était dépeinte peu à peu, au fil des mois. Comme un camaïeu sentimentale tu était passé de la haine à l'adoration. Cette relation folle avait duré longtemps, plusieurs années, quand l'enfant jaloux avait laissé place à l'adolescent désireux. Et d'un coup, du jour au lendemain, elle s'était brisée. Ce jour là reste gravé dans ta mémoire, il te laisse un gout amère dans la bouche; celui où il avait tout quitté pour partir loin, très loin de tout, très loin de toi. Tu avais joué l'indifférente, tu avais décidé de l'abandonner avant qu'il ne le fasse; tu t'étais dis qu'un regard froid était moins risible que des larmes. Tu ne voulais pas être faible. Alors pour éviter d'être l'abandonnée, tu t'étais brusquement détachée de lui; trop rancunière pour lui pardonner, trop orgueilleuse pour admettre qu'il pouvait vivre sans toi. Tu te souviens de ton rire acerbe, de la moue dégoutée qui avait traversé tes lèvres, et de ton regard qui luttait pour ne pas se poser sur lui.

Aujourd'hui; rien n'avait changé. Coincée par Lux alors que tu tentais de fuir, tu ressembles à l'adolescente que tu étais il y a deux ans. Comment expliquer ta colère, ton amertume ? toi qui n'arrives déjà pas à définir ce que tu ressens pour lui... les raisons t'en paraissent que plus floues encore. Tu hausses les épaules, chassant ces pensées de ton esprit d'un revers de main. Tu le suis dehors, contente de ne pas avoir à rester debout devant lui, tendue comme tu es. Puis, comme un geste machinal, tu lui voles la cigarette posée entre ses lèvres pour la porter aux tiennes. Tu ne fumes pas, mais qu'importe, tout ce qui compte ici sont les apparences; dû moins la tienne. La fumée qui emplit tes poumons te fait tousser un peu. Tu ne la lui rendra pas.

Tu souris, la nuit sera ta plus fidèle amie, t'affublant d'un masque d'ombres bienvenue. Alors tu t'assois sur le perron, ramenant tes genoux contre toi, une brise légère souffle et tu croises les bras pour te maintenir au chaud. Tu gardes une distance raisonnable entre vous deux et le fixe sans un mot, immobile. "Tu m'as manqué aussi", c'est ce que tu aimerais lui dire, mais les seuls mots qui te viennent sont pleins de colère. Il repartira. Tu le savais déjà bien avant de le lui demander à demi mot. C'est la raison pour laquelle tu te dis que rien ne sera comme avant. En toi subsistera toujours la certitude qu'il finira par partir. T'abandonner. Par peur de te heurter à cette réalité implacable, tu la contourne. Tu l'as bien fais autrefois; tu étais parvenue à balayer son absence. Tu l'avais remplacé par un autre; par Liam. Il avait été là partout où Lux n'était plus, il t'avait ouvert les yeux sur la relation étrange qui vous liait, ton "frère" et toi. Il t'avait fait réaliser à quel point elle était anormale et dangereuse. A cette époque là, pleine de fiel et d'humiliation, tu avais renoncé à Lux par dépit. Tu l'avais fait avec une facilité déconcertante, comme si son absence avait amoindrit ta douleur. Maintenant qu'il te faisait face, tout s'écroulait à nouveau.

La fumée de la cigarette que tu tiens entre tes doigts volette devant tes yeux, tu aimerais bien être comme elle, insaisissable, mais tu n'y parviens pas toujours. Tu as déjà faiblis deux fois. Serait-ce deux fois de trop ? Non. "Je vais bien, merci", tu bafouilles, grommelles intérieurement, et te reprends. Tu sens son regard sur toi, pénétrant, tu souris un peu dans un soupire. Tu n'aimes pas être comme ça, agressive, implacable, intransigeante; encore moins avec Lux. Tu prends une longue respiration destinée à t'apaiser et murmure; "tu m'as manqué aussi, mais…" une moue parcoure tes lèvres, tu regardes droit devant toi ce qui aurait dû être votre jardin, qui est à présent perdu dans l'obscurité.

"… Je suis toujours en colère". Ton visage se fend d'un sourire en coin alors que tu relèves tes yeux sur lui. En deux ans tu aurais presque oublié son visage, ses yeux sombres, ses cheveux bouclés que tu aimais bien emmêler dans tes doigts, avant. Son visage angélique, piqué d'un regard trompeur. Les reproches de Liam auxquels tu pensais avoir adhéré s'évaporent d'un claquement de doigts. "Tu racontes quoi de beau alors ?" le ton de ta voix est cynique par nature; la vérité c'est que tu es curieuse de savoir ce qu'il a vécut là bas qui, tu es sûre, et bien plus excitant que ce que tu as traversé ici. "Par pitié dis moi que pacificateur est un boulot de merde, que tu as trouvé une femme moche, que vous avez des marmots et que ta vie est devenue un enfer… j'aurais l'impression d'avoir été la mieux lotie de nous deux pour une fois". Tu ris. Il y a longtemps que tu n'avais pas plaisanté. Ca te fait du bien.
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MessageSujet: Re: je regarde le sol, et toi le ciel . Lux   Lun 7 Mai - 21:26

C'est étrange de lui parler. C'est comme si une force magnifique s'attelait à m’ôter la parole. J'ai la gorge serrée, et la fumée me brûle les yeux. Il commence à faire vraiment nuit, la lune disparaît derrière les nuages, seul brille nos yeux, et la cendre rougeâtre. L'odeur âcre de la cigarette flotte autour de moi, et me colle à la peau.
Je la regarde, elle me regarde, on se regarde. J'essaie de deviner à quoi elle pense, mais c'est impossible. Pas avec elle en tout cas. Je n'ai jamais réussit à savoir ce qui se passait réellement dans sa tête, la cerner ? Aha, pure utopie. Ca doit être de famille, car dans son genre, Richard est excellent. Je vois ses doigts pâles attraper ma cigarette et la porter à ses lèvres, elle tousse, je souris. Sans commentaire. Putain, même dans une situation pareil, elle reste la fierté même. Hallucinante. Je ris, parce qu'au lieux de me la rendre, elle la garde entre les doigts, même si, en toute évidence, elle ne fume pas. Ou peut être que si. Elle s'y est peut être mise comme lui un beau jour, pendant mes deux ans d'absence.

Je n'ai pas le courage d'en ressortir une. Je triture mon briquet, fais danser la flamme dans la nuit. Nos regards se croisent, la fumée s'échappe de ses lèvres tout en douceur, avec une finesse infinie. Elle a des reflets orangés, bleutés et gris, un peu comme nos visages, seulement éclairés par la flamme. Elle va bien. Bien sûr qu'elle va bien. Ca a toujours été le cas, et même lorsqu'elle était mal, elle faisait bonne figure. Elle est incroyable. Je... Je ferme ma gueule.
Elle est en colère, encore. Mais je peux le comprendre. J'espère qu'elle me pardonnera, de toute manière je n'avais pas le choix, je devais le faire. Un jour je lui expliquerais. Mais pas tout de suite. Trop dangereux. Et puis j'ai un peu honte. Je ne suis pas sûre qu'elle cautionnerai mon désir de vengeance.

Je n'arrive pas à parler. Je cherche mes mots. Ma gorge est sèche, et je me sens pitoyable. Bon sang. Je sors une nouvelle cigarette et l'allume. Je fume trop. Sa voix résonne, ça me trouble, mon doigt glisse et effleure la cendre. Je jure, et le porte à mes lèvres. Putain. Heureusement, avec l'obscurité, elle n'a pas pu voir mon visage. Enfin je l'espère. Elle me demande ce que je deviens. Ca me donne envie de rire, surtout lorsque j'entends la suite. Elle rit. Je ris. Nous riions. Je ne sais pas quoi lui répondre. J'ai passé les deux dernières années à vagabonder entre les districts, à bosser, supporter les ordres de pacificateurs plus gradés, à coucher à droite à gauche. J'ai passé chaque journées de ces 730 jours à me faire chier dans des campagnes misérables, loin de chez moi, à ruminer, et à inventer quelque plans terrifiants et ignobles, visant à détruire tout ceux qui m'avaient fait souffrir.
Je me lance, une main dans la poche, l'autre près de mon visage. La fumée s'envole en arabesque, loin de mon sourire narquois.

"Pacificateur c'est un boulot de merde, j'ai trouvé une femme moche, j'ai des marmots insupportables et ma vie est devenue un enfer."

Inspiration, expiration, volutes gris qui s'échappent de ma bouche.

"Je déconne. Être pacificateur c'est vraiment enrichissant, j'adore."

J'éclate de rire. On s'est comprit j'espère.

"Et toi ? Raconte moi. Qu'est ce que j'ai manqué ? Des nouvelles de Liam ?"

Ahah. Liam. Vu l'état dans lequel il était la dernière fois que je l'ai vu, je doutais qu'on entende encore parler de lui. Ou qu'il s'approche de nouveau d'elle. Mais bon, ça, elle n'en savait rien.

"...Ou tu as fini par le remplacer ?"

J'écrase le mégot de ma cigarette contre la première surface que je vois, et m'approche d'elle, les deux mains dans les poches.
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MessageSujet: Re: je regarde le sol, et toi le ciel . Lux   Mar 8 Mai - 15:57



Tu as envie de souffler sur cette fichue flamme qui danse devant tes yeux comme pour te narguer. L'éteindre t'offrirait deux satisfactions personnelles : ne plus voir Lux, caché dans la pénombre, et qu'il ne te voit plus, toi. Mais tu renonces; de toute façon il l'a rangé. Vous discutez comem si de rien n'était; le plus naturellement du monde. Il plaisante, vous riez; d'apparence tout va bien. D'apparence, comme toujours.

Les deux années qui se sont écoulées entre son départ aujourd'hui te semblent être tout à coup très loin, comme sortient d'un rêves dont tu te serais à peine éveillée. Tu te rappelles des ces journées passées à le maudire, des premiers jours passés loin de cette maison que tu fuiais comme la peste tant elle te rappelait le "traitre". Tu ris intérieurement, c'est comme ça que tu l'appelais à cette époque, de haut de tes 15 ans d'adolescence en colère. Tu te souviens de ton incompréhension; de son choix que tu trouvais grotesque, de ton père qui appuyait sa décision avec une fierté gerbante. Tu les détestais tous les deux pour une seule et même raison; ils pouvaient sans aucun mal se passer de toi. Voilà de quoi clouer le bec à ton orgeuil.

Ton père n'avait jamais été vraiment démonstratif, il ne semblait aimer personne en particulier, ne s'attacher à rien. Sans doute étiez-vous un peu semblable sur ce point. Mais n'importe quel aveugle pourrait voir qu'il appréciait Lux plus que toi. "Appéciait", oui, car avec Richard il était bien difficile de parler d'amour. Aujourd'hui, pacificateur, Lux avait une médaille de plus à accrocher à sa veste; et toi ? toi tu les emmerdes; voilà tout. "J'ai toujours pas compris pourquoi tu t'es lancé là dedans..." te laissant retomber en arrière, tu t'allonges sur le sol, les pieds une marche au dessous; et tu regardes droit devant toi. Sans doute s'était-il lassé de la vie ici, un peu comme toi d'ailleurs.

"Bah... t'as rien manqué." tu souffles ces mots, masquant ta rancune. Tu te rappelles de ta première moisson, seule. D'habitude, Lux était là pour te rassurer; mais cette fois là tu avais trainé des pieds jusqu'à la place centrale, seule, la peur au ventre. "C'est plutôt toi qui doit avoir une tonne de choses à raconter, non ?". Tu te relèves, t'appuyant sur tes avants bras pour relever tes yeux sur lui.

"Des nouvelles de Liam ?" cette phrase, pourtant prononcée avec tant de légèrement, t'écrase d'un poids lourd, comme si une force invisible s'était soudainement jetée sur toi, te couant au sol. Tu réfugies tes genoux dans le creu de tes bras. Tu le regardes quelques instants, muette, mais tes yeux en disent bien plus que tes lèvres. S'il était possible de ralentir le temps, au point qu'une seconde passerait pour une éternité; on aurait pu y lire tous les sentiments contradictoire qui se bousculent en toi. La colère; celle que tu ressens en entendant pronconcé ce nom; le remord, l'amertume, la résignation, la curiosité. C'est sur cette dernière que tu t'attardes. Sait-il que Liam est parti ? non impossible, comment pourrait-il. Tu secoues la tête et passes à autre chose, évitant d'embrouiller ton esprit déjà bien trop troublé. "Depuis quand tu t'intéresses à Liam toi ?" dans un sourire en coin, factice, tu plante tes yeux dans les siens, juste ce qu'il faut pour qu'il ne remarque pas l'once de doute qui s'y est infiltré. "Enfin bref... pas vraiment de nouvelles, il est plus là depuis hm... 3 mois, à peu près." murmures-tu d'un ton grave et irascible. Il poursuit sa phrase, et toi tu as envie de lui écraser ta clope bientôt entièrement consumée sur la tronche. Tu fronces les sourcils; le "remplacer" ? Est-ce bien ce qu'il vient de dire ?

Est-il en train de te dire à demi mot que tu l'as remplacé, lui ? tu fulmines, lui jettant un regard noir. "C'est quoi ce... roh et puis merde." ta phrase meurt dans un balbutiement; alors que tu ravales ta rage. "Va te faire voir, d'accord ?" te relevant d'un bon, tu le gratifies d'un grand sourire caustique. La voix oscille entre le calme froid et la colère. Tu ouvres les lèvres, comme pour cracher ta bile, pour lui jetter tous ces reproches au visage, sans que rien ne sorte. Furieuse, tu fronces alors les sourcils, habillant ton visage d'un rideau sévère comme bien souvent. Tournant les talons, tu le plantes là et t'enfonces dans le noir. Il n'a pas le droit de te reprocher ça.
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MessageSujet: Re: je regarde le sol, et toi le ciel . Lux   Mar 29 Mai - 14:33

Je la regarde, enfin, j'essaie, car avec le peu de lumière, je ne distingue que vaguement ses traits. Ses yeux brillent dans l'obscurité, la lune s'y reflète, blanche et ronde. Elle dit que je n'ai rien raté, mais je sais que c'est faux. C'est faux, car je sais qu'en deux ans, tout a basculé. Je sais qu'elle a du passer les deux dernières moissons seules, pendant que je regardais d'autres adolescents à peine plus jeunes que moi monter sur l'estrade. Je sais qu'elle est restée seule, pendant que Richard jouait son rôle de Mentor, là bas, au Capitole. Je sais qu'elle a subi tout ça toute seule. Les départs de Richard, la disparition de Liam, et, la mienne. Elle n'a pas beaucoup d'amis, ici, Theti, enfin, je ne crois pas. Je me souviens de nos années au lycée, mais les visages de ses fréquentations restent floues, étaient-
ce des filles ? Des garçons ? Nous étions souvent ensemble, aussi. C'était bien. J'étais bien. Elle aussi, j'imagine. On était tranquilles tout les deux.

Je la cherche longuement des yeux avant de me rendre compte qu'elle est à terre, et qu'elle me regarde. Je me détourne, et marche vers l'entrée. J'effleure la barrière en bois de mes doigts fins et la peinture s'écaille sous ma main, ma bouche est sèche, et ma dernière cigarette me laisse un arrière goût désagréable. je n'aime pas l'odeur de la clope. Je me souviens avoir commencé à cause de mes amis, à l'entraînement. Nos dortoirs enfumés, la cendre rouge dans l'obscurité, les bruits de briquets qu'on referme et les cigarettes qu'on fait tourner avant de se coucher. J'avais un moment résisté, et puis au bout de quelques mois, j'avais acheté mon premier paquet. Je regrette un peu. Je trouve ça con, et lorsque les premiers signes de manque survienne, il est trop tard, je suppose. Je me promet d'arrêter, lorsque j'aurai terminé mes dernières. Cette idée me rassure vaguement, et me donne le courage d'ouvrir la bouche.

"Hmm, pas grand chose. C'était dur, la formation, vraiment. Ils m'ont fait aller un peu partout, dans le Onze, le Quatre, j'ai même été au Capitole. C'était de la folie."

Je respire un peu, lève les yeux au ciel, enfonce un peu plus mes mains dans mes poches. J'ouvre la bouche, la referme. Et puis je me lance, et demande des nouvelles de Liam. Comme ça, pour savoir. Même si, pour l'avoir moi même torturé, je sais déjà tout. Une vague de culpabilité m'étreint alorsn lorsque je vois son visage changer. Ses traits se durcissent, l'incompréhension jette un instant un voile dans ses yeux, et puis elle réplique, retrouvant toute sa splendeur. J'ai touché la corde sensible. C'était cruel, mais il n'avait qu'à pas se mêler de nos affaires. Il n'avait pas à lui dire que la relation que l'on entretenait était malsaine. Il n'avait pas à mettre des mots sur ce que l'on vivait. Ca ne le regardait pas. Ce n'était pas sa vie, c'était la notre, et malsaine ou pas, on la vivait. Pourquoi lui avait-il dit ça, d'ailleurs ? Cet enfoiré ! Ce n'est pas comme si nous avions le même sang, les mêmes gènes !

Trois mois qu'il n'est plus là. Ah ? Déjà ? Je souris doucement dans l'ombre. Je repense à ses cris quelques semaines plus tôt, et résiste à lui dire qu'il est en vie. Enfin. En vie... enfin, voilà quoi ! Je ne l'ai pas découpé en morceaux ou quoi que ce soit. Il est sorti presque conscient de mon interrogatoire-torture. Après, ce qu'il est devenu reste un mystère. Mon travail s'est arrêté à le faire souffrir, chose que j'ai évidemment fait avec délectation. Comme il a du me haïr. Peut être aurai-je était plus clément si il n'avait pas détourné Theti de moi ? Peut être y aurai-je mis moins de force, moins de colère et obstination ?

Me tirant de mes pensées, elle tourne les talons et me lance d'aller me faire voir. Je secoue la tête et sautille jusqu'à elle.

"Theti !"

Je la contourne, et lui barre la route, l'empêchant de rentrer à l'intérieur. J'ai honte. Je ne voulais pas la rendre malheureuse, enfin, non... J'aimerai la faire rire, comme autrefois, revoir son sourire vrai, lumineux, voir les commissures de ses lèvres s'étirer, ses yeux briller.
Je ne réfléchis pas trop, et sors vivement une cacahuète, vestige du pseudo apéritif à la caserne, que je pose délicatement sur mon nez.

"Regarde, c'est le truc le plus utile que j'ai appris pendant la formation"

Je lui adresse un clin d'oeil avec de sauter à pieds joins. La noix vole, et je renverse la tête en arrière pour l'avaler.

"Magique, hein ?"

J'essaie de sourire, pour rattraper la situation. Mais c'est trop tard, je suppose.

"Excuse moi, Theti, je voulais pas. Ca doit être la fatigue, tout ça..."
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je regarde le sol, et toi le ciel . Lux

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