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 Les taillandiers sont faits pour la forge, pas pour les vergers [PV Flynn Cavish]

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MessageSujet: Les taillandiers sont faits pour la forge, pas pour les vergers [PV Flynn Cavish]    Lun 9 Avr - 12:56

La fin de journée s'annonçait mal. Les premiers signes d'un début d'allergie se faisaient sentir, la saignée de son coude la démangeait. Fauve s'arrêta dans son activité et jeta un coup d’œil à l'énorme œdème, cadeau de la piqûre d'une simple abeille, qu'elle menaçait de gratter jusqu'au sang. Elle avait toujours mal réagi au venin des insectes, abeilles, guêpes, et même moustiques. L'endroit infecté se mettait rapidement à enfler et de légères plaques rouges, résultant de son allergie, colonisaient le pourtour de la zone sensibilisée. Dans les cas les plus graves, il lui arrivait de souffrir de migraines, de nausées, ou encore de malaises. Elle pouvait donc s'estimer heureuse de n'éprouver en cet instant qu'une douleur lancinante lui donnant l'impression qu'un second cœur pulsait à son bras. Elle renonçait toutefois à rentrer chez elle pour appliquer une crème sur sa blessure. Il n'y avait quasiment aucun risque que son allergie s'aggrave et s'étende. Pas cette fois-ci. Le venin aurait déjà fait son travail.

Elle se força cependant à penser à autre chose, la douleur étant bien présente. Observer chacune des pommes qu'elle ramassait. Capter la couleur, l'aspect de chacune d'entre elles. Les classer dans sa tête selon des critères bien définis. Celle-ci lui paraissait trop molle. Elle pourrirait sans nul doute lors du transport au capitole et finirait aux ordures dès son arrivée. Pouvait-elle la garder pour elle... ou en faire don à un habitant dans le besoin ? Elle jeta un regard aux alentours, prudente comme à son habitude. Les pacificateurs n'étaient jamais très loin, notamment lorsqu'il s'agissait de cueillette. Il n'était pas rare que des mourants de faim mettent la main sur un fruit ou deux, tout comme il arrivait assez souvent -à son goût en tout cas- qu'on les punisse sévèrement pour leur acte. Une grimace d'appréhension retroussa son nez. Il lui semblait que la voie était libre et elle se hâta de cacher son faible larcin avant de retourner à son travail. L'une des pommes lui semblait parfaite en tout point. Bien ronde, ferme, d'un rouge uni. Fauve s'imagina son goût sucré, légèrement acidulé. De quoi lui mettre l'eau à la bouche. Elle cacha promptement le fruit dans son panier, parmi les autres afin de mieux l'ignorer. Il finirait dans l'estomac d'un habitant du capitole, alors à quoi bon baver dessus ?

Un bruissement à ses côtés la fit sursauter et l'épouvante la saisit immédiatement. Un pacificateur. On l'avait vu dérober cette pomme plutôt bonne à jeter quelques minutes auparavant, et on venait la punir. Glissant une mèche derrière son oreille, geste de contenance lui permettant de ne pas totalement céder à la panique -qui la rendrait plus suspecte que tout-, elle tourna son visage vers le bruit furtif qui l'avait tirée de ses pensées. Elle se voulait détendue, neutre, mais un tic nerveux agitant ses lèvres la trahissait. Cependant, et contre toute attente, elle avait de quoi être rassurée, au moins un peu. Il ne s'agissait que de Flynn Cavish, un garçon de son district qu'elle ne portait pas vraiment dans son cœur. Pour une fois, il fallait reconnaître que sa présence la soulageait, mais elle se gardait bien de le lui montrer. De toute manière, ses sentiments négatifs envers son vis à vis venaient de refaire surface. Il l'horripilait. Leurs discussions ressemblaient toujours à des joutes verbales, ils ne s'adressaient la parole que pour se blesser ou s'envoyer sur les roses.

S'ils se rapprochaient de par leur physique, leur caractère et les sentiments parfois quasi haineux qu'ils entretenaient les différenciaient totalement. Fauve ne pouvait pas se montrer indifférente, voire amicale avec une personne qui ne cessait de faire allusion à la plus grosse erreur qu'elle ait commise dans sa vie. Elle ne comprenait pas ce qui poussait le rouquin à être de temps à autre aussi véhément avec elle. En quelques mots, elle ne le portait pas dans son cœur, et ne se privait pas de lui faire remarquer. Ainsi elle l'ignora tout simplement, la figure haute, et se remit à sa cueillette. Elle du faire des efforts colossaux pour continuer à faire fi de sa présence. Intérieurement elle bouillonnait et espérait qu'il la laisse tranquille, en vain. Un regard en coin lui fit comprendre qu'il avait déposé son panier au pied de l'échelle sur laquelle elle se tenait, ce qui termina d'attiser son irritation.

« Trouve-toi un autre arbre ! Lui asséna-t-elle sèchement. Il y en a bien suffisamment pour deux. »

Puis elle se concentra de nouveau sur son pommier, estimant qu'elle lui avait accordé déjà trop d'importance.
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MessageSujet: Re: Les taillandiers sont faits pour la forge, pas pour les vergers [PV Flynn Cavish]    Lun 9 Avr - 18:17

Le soleil commence à décliner lorsque je frappe pour la deuxième fois mon doigt à la place de la fine barre de métal. La douleur me fait instantanément courir jusqu'au broc d'eau sur l'établi voisin. La fraîcheur finit par apaiser mon doigt endolori, dont l'extrémité noircie m'indique que mon ongle a pris un sacré choc et risque sans doute de me quitter dans les jours à venir. Je jette rageusement mon marteau par terre, manquant d'atteindre un chat à l'air teigneux qui a élu domicile ici il y a de ça plusieurs mois. A en juger son corps décharné et sa peau sur laquelle se battent en duel des plaques de poils, il est sans doute trop vieux ou malade pour chasser. Je lui jette l'os de la patte de porc qui constituait mon déjeuner et il se jette sans manière dessus pour rogner la maigre viande restante. Je l'observe en me demandant combien de temps encore il me tiendra compagnie, lui qui risque de manquer de nourriture ou de finir attrapé par une famille encore plus affamée que lui.

Je jette un regard désabusé sur l'ouvrage que j'étais en train d'accomplir avant de me blesser bêtement. Ayant suffisamment commis d'impairs pour la journée, je range sommairement mes outils et me met en quête d'un linge pour bander mon doigt. Je finis par tomber sur un morceau de coton teinté par la suie, et le trempe rapidement dans la jarre pour lui redonner une couleur acceptable. Je l'enroule méticuleusement autour de mon doigt. Les lèvres sèches, je constate avec amertume que l'eau est colorée de sang, de charbon et de débris la rendant infecte même pour des cochons. Tant pis, il doit sans doute être 17h et je n'ai pas le temps de faire un détour par la maison. Je quitte le bâtiment après avoir méthodiquement vérifié que les porte et fenêtres sont verrouillés – les vols sont fréquents malgré la dureté des peines encourues.

J'époussette ma chemise pour lui rendre une apparence acceptable et me frotte le visage et les cheveux pour les débarrasser de la poussière de charbon. L'opération ne se révèle pas très concluante puisque mes mains sont également noires de crasse. J'imagine l'aspect catastrophique de mon allure mais n'en tient compte – qui pourrait m'en faire la réflexion dans les vergers ?

Je prends tout de même le chemin pour me joindre à la récolte. Sur place, la majeure partie des habitants du district s'affairent sur les pommiers. Je connais quelques groupes mais me refuse à les rejoindre ; je sais pertinemment que leurs conversations incessantes me taperont sur les nerfs avec la fatigue de la journée accumulée. Je jette mon dévolu sur un arbre de taille imposante et en reconnaît immédiatement l'unique cueilleuse. Fauve, avec sa crinière de lionne attachée dans son dos, dispose proprement les pommes dans un panier. Qui d'autre de toute manière pour rester en solitaire ?

Je me place à côté d'elle et commence à cueillir les fruits, mais elle m'ignore royalement, comme à l'accoutumée. Je pense qu'à ce stade elle ne doit plus s'étonner de ne jamais être accompagnée : sérieusement, qui peut la supporter toute une journée entière à par ses parents ? Avec son haut port de tête, elle semble mépriser tout le monde et ne considérer personne digne de sa compagnie. Je sais pertinemment que je n'ai pas choisi ce pommier par hasard, mais en partie pour la faire enrager. A ce moment même, elle doit bouillir intérieurement et se retenir de me hurler à la figure – je considère ça comme ma récré après une dure journée de labeur qui n'est même pas achevée, et qui me distrait de la soif.

Alors que je fais tomber une pomme qui s'écrase lamentablement à ses pieds, je remarque qu'une vilaine cloque a élu domicile sur son bras, mais elle est sans doute trop fière pour s'interrompre dans sa cueillette, confier son panier à quelqu'un pour aller rapidement chercher un onguent. Elle finit par m'adresser la parole, et je réalise que même blessée, elle ne peut s'empêcher de réagir comme une teigne.

«Indigne-toi autant que tu veux, tu ne peux même pas atteindre les pommes les plus hautes. Tu va gâcher facilement un tiers de la récolte.

Je fais sans peine deux têtes de plus qu'elle. Pour appuyer mes dires, je prends une pomme hors de sa portée, au dessus de sa tête. Réalisant que je viens de passer la journée à me dépenser au travail, je réalise qu'à ce moment je dois plus tenir du fennec que d'un homme propre. Comme pour m'excuser de l'affront de mon odeur, je ne peux m'empêcher d'ajouter bêtement, comme s'il s'agissait d'excuses :

-Je sors de la forge. »
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MessageSujet: Re: Les taillandiers sont faits pour la forge, pas pour les vergers [PV Flynn Cavish]    Lun 9 Avr - 21:07

Ainsi Flynn avait décidé de rester là afin de l'embêter jusqu'au bout. Elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il agissait comme un gosse, bien plus qu'elle en vérité. Son attitude détachée, les attaques qu'il plaçait toujours dans ses phrases, mine de rien, lui donnait envie de lui envoyer toutes les pommes qu'elle avait ramassées au visage. Bien sûr elle ne pouvait s'adonner à un tel acte -ô combien salvateur pour ses nerfs- sous peine de se faire accuser de sabotage. Il y avait fort à parier que lorsqu'un tel geste était découvert, son auteur ne faisait pas long feu. Si rester avec le taillandier était une torture, elle préférait s'infliger cette douleur mentale et ne rien faire afin d'échapper à toute situation qui aurait pu lui porter un bien plus grand préjudice.

Son poing droit se serra sous l'assaut du jeune homme. L'attaquer sur une particularité physique, comme c'était intelligent. Était-il en manque d'inspiration ? Et puis, quoi, elle n'était pas si naine. Certes sa stature ne rivalisait pas avec celle du rouquin, mais elle s'en moquait. Elle préférait lui être trop petite plutôt que l'inverse. Ses ongles s'enfoncèrent dans le fruit. Il était à présent irrecevable. On ne lui mettrait pas la faute sur son dos. En un geste frôlant le mépris, elle laissa échapper la pomme dans le panier de son compagnon d'infortune. Cela signifiant sans aucun doute ''Vois donc ce que tu m'as fait faire et assumes en les conséquences.'' Elle se retint de justesse de lui dire qu'après tout il n'avait qu'à la manger, que ça lui ferait du bien. Elle savait qu'il venait d'une famille nombreuse et il lui paressait plutôt cruel de faire allusion à la nourriture alors qu'elle, désormais fille unique, vivait certainement dans de biens meilleures conditions que lui.

« Je ne sais pas si tu as remarqué, mais j'ai une échelle... »

Fauve regretta aussitôt sa réponse qui prêtait plus à rire qu'autre chose. Elle manquait de force, de conviction. Quelques mots incompréhensibles se perdirent entre ses lèvres. Pourquoi manquait-elle de répondant ? Dans quelques heures seulement elle trouverait la réponse qu'elle aurait du balancer au rouquin. Elle mettait ceci sur un manque de vivacité d'esprit, ce qui la contrariait plus que tout. Elle ne supportait pas qu'on puisse lui faire comprendre ou croire qu'elle n'était pas des plus futée. Pourtant ses parents lui avaient toujours dit qu'elle avait de l'esprit. Mais pouvait-on vraiment croire ses parents ? Plutôt que de pester contre son intelligence -ou sa non intelligence- elle descendit de l'échelle pour prendre une pause de quelques minutes. Sa piqûre commençait à nouveau à se faire présente, la douleur lui paraissait un peu plus désagréable qu'avant. Peut-être l'absence de toute pommade y était-elle pour quelque chose. Retenant un sifflement, elle toisa Flynn du regard. C'est vrai, il était carrément crade. Mais pouvait-on lui en vouloir ? Il passait son temps à travailler dans une forge crasseuse. La propreté ne faisait pas bon ménage avec ce genre d'endroit. A quoi bon tenter de nettoyer une pièce vouée à la saleté éternelle ? Elle se renfrogna cependant. Il aurait peut-être pu faire un effort quand même, non, au lieu d'annoncer qu'il sortait de son boulot ?

« Et bien retournes-y ! »

Elle se figea un instant. Avait-elle bien entendu ? Ces mots étaient-ils véritablement sortis de sa bouche ? Bien sûr, elle le pensait, mais n'y allait-elle pas un peu fort quand même ? Elle se sentait soudainement gênée. Elle s'instaurait bien souvent des limites à ne pas dépasser. Un regard vers le jeune homme lui indiqua qu'elle ne s'était pas trompée. Il ne bronchait pas, sa réflexion l'avait sûrement pris au dépourvu, ce qui n'avait rien d'étonnant. Même elle avait été surprise par son indélicatesse. Le garçon avait certainement passé la plus grande partie de sa journée seul. Le renvoyer en solitaire de là où il travaillait était tellement mal venu. Peut-être désirait-il voir un peu de monde après tout ? Cette question chiffonna toutefois Fauve. S'il voulait réellement profiter un peu de la compagnie des autres habitants du district onze, alors pourquoi venait-il lui pourrir la vie ? Elle n'était pas des meilleures compagnie, alors pourquoi chercher à l'embêter, encore ? Était-ce son moyen de se délier les pattes d'une journée trop remplie ? Tout de même, il avait le choc pour la faire enrager. Et elle était prête à parier qu'il savait qu'elle se poserait ces questions là même. Il s'agissait de son petit jeu qu'il trouvait sans doute si amusant. Il lui fallait mettre un terme à cette situation, au moins pour le reste de la journée. Elle mettrait sa main au feu qu'il la collerait jusqu'au couvre-feu.

Son visage se décontracta et elle offrit même un léger sourire à son interlocuteur. Bon, il n'était pas des plus francs, mais c'était suffisant. Il lui fallait se montrer charmante et indifférente à ses attaques, et peut-être en aurait-il assez avant le soir tombé.

« Bon... Si au final tu veux m'aider, alors pourquoi pas. Mais avant, est-ce que ça te gêne si je vais soigner ça ? Je commence à avoir vraiment mal. »

Elle lui montra l’œdème, toujours aussi enflé qu'auparavant. Elle ne put s'empêcher de se gratter durant l'espace de quelques secondes, puis s'ordonna mentalement de s'arrêter.

« Est-ce que je peux te laisser le temps que j'aille acheter de quoi apaiser un peu les démangeaisons ? Je n'ai plus rien pour ça chez moi. J'espère juste que ça ne prendra pas trop de temps... »

Elle lui tapota l'épaule en un geste-pseudo amical, attendant son aval. Elle ne partirait pas tant qu'il ne lui avait pas donné son avis. Elle redoutait qu'il laisse leur arbre en plan et qu'à son retour, elle ne retrouve personne, excellent moyen pour lui de lui attirer des problèmes.

Oui, elle ne lui faisait aucunement confiance.

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MessageSujet: Re: Les taillandiers sont faits pour la forge, pas pour les vergers [PV Flynn Cavish]    Jeu 12 Avr - 19:54

La joute commence. Sur le moment, je ne sais pas trop si je dois m'en réjouir – ma petite distraction – ou si le caractère imprévisible de Fauve ne va pas finalement me causer plus d'ennuis de que détente. Je fixe pendant quelques secondes le fruit griffé qu'elle jette volontairement dans mon panier. Invendable. Il va pourrir dans les caisses, son odeur gorgée de sucre attirer les insectes, et contaminer tous les autres. Un soupir d'exaspération m'échappe ; elle est vraiment hargneuse au delà de mes espérances. Qu'attend-elle en laissant la pomme dans mes propres récoltes ? Que la valeur de mon sac soit moindre que la sienne ? J'hésite pendant un instant à rendre la pomme à sa propriétaire, mais la présence d'un Pacificateur à moins de cinq mètres m'en dissuade. Je ne suis pas sûr qu'il apprécie de voir deux habitants du district Onze passer leurs nerfs sur un produit en direction du Capitole.

Sa réflexion fait instantanément disparaître ma contrariété au sujet de la pomme. Elle aussi, à son expression, doit se rendre compte que sa remarque n'est pas très futée. J'ai l'impression qu'elle me toise du haut de son échelle, mais le soleil me brûlant les yeux m'empêche de distinguer clairement son expression. Je mets ma main en visière et lui offre un sourire teinté de cynisme.

« L'échelle ne changera pas grand chose. Si je prends ta place, j'atteindrai toujours davantage de fruits que toi.

A ma réflexion – quoique, est-ce vraiment à cause d'elle ? - Fauve revient sur la terre ferme et j'observe attentivement ses réactions, attendant son nouvel assaut. Effectivement, elle a l'air furieuse mais semble se contenir. Elle s'est peut-être finalement calmée ; son histoire a bien prouvé qu'elle fuyait comme la peste les confrontations. Sa remarque cinglante me prend au dépourvu. En lui précisant que je sortais de la forge, je tentais de justifier mon accoutrement qui jure avec le sien. Elle a beau faire partie du district Onze, elle paraît moins misérable que la majeure partie d'entre nous. J'ai connaissance de son niveau de vie supérieur au mien, mais c'est surtout sa posture droite qui lui confère une allure plus avantageuse que la mienne. Je réagis vite à son affront. Peut-être trop.

-Retourne à l'entrepôt de ton père si tu ne sais pas faire autrement qu'être désagréable.

Ce n'est plus une joute, mais une mise à mort. Elle paraît furieuse, mais j'ai l'impression qu'elle était elle-même choquée de ses propres propos. Au moins, cette situation a l'avantage de remettre les compteurs à zéro. Alors que je m'apprête à me montrer moins virulent envers ma compagne de cueillette, je constate avec surprise qu'elle décide d'en faire de même. Enfin, je connais trop les expressions de Fauve pour distinguer une fausseté dans son air surjoué.

Sa piqûre n'est vraiment pas belle à voir, et pour couronner le tout, elle ne peut s'empêcher de gratter son bras, laissant la zone rouge et irritée. Sa proposition me laisse perplexe. Fauve n'est pas réputée pour être indigne de confiance, mais je crains que son stratagème n'ait que pour unique but de me laisser en plan pour terminer en solitaire la récolte jusqu'à la tombée de la nuit. Et de devoir accessoirement m'expliquer avec les Pacificateurs qui ne comprendront pas pourquoi j'ai autant traîné, moi qui était pourtant accompagné pendant la la cueillette. Bien entendu, ils occulteraient le fait que Fauve soit partie ; ils sont trop heureux quand ils peuvent avoir une embrouille avec un habitant du district sur lequel ils détiennent pleine autorité. D'un air méfiant, je m'efforce de lui répondre sur le même ton.

-On devrait plutôt passer chez moi. J'ai une réserve de feuilles pour apaiser la douleur des piqûres. Tu économiseras un baume. Enfin, si tu le souhaites.»

Miss Shiring sera-t-elle trop fière pour accepter mon aide ? D'un geste de la main, je l'invite à me laisser son panier pour le confier aux pacificateurs, qui j'en suis sûr, ne manqueront pas de piocher dedans. Négligemment, je saisis la fameuse pomme griffée et la pose en évidence sur le panier de Fauve.

Si elle pense m'avoir à l'usure, elle se trompe.
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MessageSujet: Re: Les taillandiers sont faits pour la forge, pas pour les vergers [PV Flynn Cavish]    Dim 22 Avr - 10:20

Flynn avait l'air d'accord pour enterrer la hache de guerre. La fin du massacre n'était que partie remise, mais il fallait avouer que s'entraider ne pouvait pas leur faire de mal. La solidarité était naturellement la bienvenue dans les districts, notamment dans le leur. Faire face aux pacificateurs impatients de trouver quelqu'un à châtier sans paraître insolent à leur égard n'était pas chose aisée. Nombre d'entre eux aimaient imputer aux villageois un comportement outrancier et supérieur à l'extrême afin de pouvoir enfin trouver un défouloir. Et personne ne disait jamais rien, de peur d'accompagner le pauvre bougre sur qui le sort s'était acharné dans la punition douloureuse qu'on lui réservait. C'était ça le district onze. Pas de liberté, aucune opinion affirmée à voix haute, et certainement pas d'envie de rébellion sous peine de passer à l’échafaud. Terrifiant.

Fauve ignora la réflexion du rouquin sur la supériorité de sa stature additionnée à la hauteur de l'échelle qu'elle utilisait. Il avait raison, il atteindrait toujours de plus hauts sommets qu'elle, et elle ne pouvait décidément pas renier l'aide qu'il lui proposait. Elle allait donc devoir faire avec et tenter de se contrôler du mieux qu'elle le pouvait. Après tout, elle était au moins aussi responsable que lui dans cette relation houleuse qu'ils entretenaient. Elle n'avait rien d'une sainte et ne pouvait se dédouaner de toute responsabilité dans ces entrevues insupportables qu'ils s'accordaient. La remarque qu'il venait de faire sur l'inutilité de sa présence ici compte tenu de son comportement la blessa, mais elle fit mine de ne pas y prêter attention. Après tout, ne s'était elle pas adonnée à la même bassesse quelques secondes auparavant ? Pire, elle avait déclenché les hostilités, alors s'outrer envers une réflexion qu'elle méritait amplement aurait été des plus déplacés.

Elle se préoccupait de plus, bien plus de la décision que lui fournirait Flynn en ce qui concernait son autorisation d'absence le temps d'aller soigner le vilain œdème qui la démangeait de plus en plus. En soit, elle se fichait de l'avis de son collègue. Elle n'avait aucunement le devoir de lui obéir, mais elle redoutait qu'il puisse se confier à un pacificateur si elle le laissait seul. Leur expliquer qu'elle n'aspirait qu'à saboter la récolte des fruits en s'éclipsant ne lui paraissait pas des plus illogiques. Après tout, Flynn devait savoir tout autant qu'elle que ces types armés attendaient tel le chien affamé, impatient de se délecter de toute nourriture que l'on pouvait lui jeter. Ainsi, n'ayant rien d'enfants de cœur, ils n'iraient jamais vérifier la source de l'homme afin de corroborer ou non son discours. Que Fauve eusse souffert leur importait peu, tant qu'on leur mettait quelque chose sous la dent.

Un sourire de reconnaissance -et bien sincère- illumina toutefois son visage quand le jeune homme lui proposa son aide. Il ne comptait pas la trahir, elle en était soulagée. Elle esquissa toutefois un geste d'appréhension lorsqu'il alla porter leur panier aux gardes présents. Ne serait-ce pas considéré comme une provocation ? Dans un élan de panique, elle s'empressa de retirer la pomme du panier avant que les pacificateurs n'y mettent leur nez, et la leur montra brièvement tout en annonçant qu'elle était gâtée. Ils approuvèrent d'un signe de tête et leur ordonna de filer rapidement et de ne pas traîner en route.

La jeune femme ne se fit pas prier et tira Flynn par le poignet. Elle souhaitait s'éloigner au plus vite de ces énergumènes. Se trouver en leur présence lui donnait la chair de poule. Elle avait toujours l'horrible impression qu'ils la fixaient -comme chaque autre habitant- pour trouver en elle une faille à exploiter pour pouvoir se dégourdir un peu. Elle les détestait, ils la terrorisaient. Combien de fois avait-elle failli défaillir à l'idée de tomber sur l'un d'entre eux lorsqu'elle avait quitté le district incognito en compagnie d'autres personnes ? Elle s'accordait par ailleurs à ne jamais partir seule. Elle n'avait pas assez de cran pour ça.

Elle jeta un regard en coin au garçon. Il semblait bien plus à l'aise qu'elle. Tout à fait normal, elle était une trouillarde invétérée.

« Est-ce que tu as faim ? »

Elle lui tendit la pomme. Bien qu'elle était abîmée, elle était tout à fait mangeable, et elle imaginait que Flynn avait bien plus besoin de se nourrir qu'elle. Elle sonda les alentours à la rechercher d'un pacificateur.

« Il n'y a personne, si tu en as envie. Pourquoi l'as-tu remise dans mon panier ? Tu voulais m'apporter des problèmes ? »

Non, c'était stupide, il ne lui aurait sans doute pas proposé de venir chez lui pour apaiser sa douleur s'il lui avait voulu du mal.

« Flynn... merci, c'est très gentil de ta part. »

Les mots avaient eu du mal à traverser ses lèvres. Elle n'était pas du genre à s'épancher en remerciements. En montrant sa reconnaissance au jeune homme, elle avait en même temps l'impression de lui présenter ses excuses pour le mauvais comportement dont elle avait fait preuve auparavant.

« C'est comment chez toi ? »


Elle ne savait pas si elle avait bien fait de poser cette question, mais elle avait désiré se détacher le plus rapidement possible de sa gratitude envers Flynn. Elle redoutait cependant que sa question ne l'ait irrité. Elle se mordit la lèvre inférieure, presque honteuse, se retranchant le silence.


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MessageSujet: Re: Les taillandiers sont faits pour la forge, pas pour les vergers [PV Flynn Cavish]    Dim 29 Avr - 17:54

Fauve marche à mes côtés. Son air d'animal farouche semble avoir disparu, ou du moins s'est éloigné pour le moment. Finalement, elle peut se montrer agréable quand elle le veut. La menace rapproche les gens ; je l'ai encore une fois constaté quand nous avons quitté les champs et qu'elle m'a saisit le poignet, un geste instinctif pour fuir au plus vite cette ambiance lourde de crainte qui pèse sur les vergers et la corvée que représente les récoltes – car après tout, ne sommes-nous pas tout simplement des esclaves à la merci du Capitole ? Ici, personne ne décide de son avenir, de son emploi du temps lorsque les fruits sont mûrs. La rétribution qui nous est accordée est tellement maigre qu'elle semble avoir pour unique but de maintenir en vie les habitants du district, parqués comme des bêtes et surveillés comme des criminels. Une main d’œuvre bon marché, utile pour toutes les tâches que les résidents du Capitole ne jugent pas dignes d'eux. Mais à quoi peuvent-ils occuper leurs journées, s'ils ne travaillent pas et disposent de ce qu'ils souhaitent en un claquement de doigts? Ah oui, à perfectionner leur apparence. J'oubliais.

Le soir, quand le sommeil tarde à venir, j'imagine parfois quel aurait été mon quotidien si j'étais né du côté des privilégiés. Mais mon mépris envers eux me pousse à penser que je préfère être ici, malgré la vie rude et le manque de nourriture. De toute manière, ça ne rime à rien de réfléchir à ça, et ma préférence pour le District 11 n'est qu'une illusion pour atténuer la douleur que constitue l'impossibilité de le quitter. Je me surprends à me demander ce qu'elle en pense.

«Tu te verrais au Capitole? » 

Je jette le trognon de pomme le plus loin possible, en direction des vergers. En priant une seconde après pour qu'il n'atterrisse pas sur la tête d'un pacificateur, mais je tends l'oreille et aucun cri de rage ne semble parvenir à notre hauteur. Tant mieux. La prochaine fois, j'attendrai de trouver une poubelle, c'est moins risqué. J'avais remercié Fauve pour cette attention ; après tout, même si sa table devait être plus garnie que la mienne quand elle rentrait du travail le soir, elle n'aurait sans doute pas refusé une pomme pour se rafraîchir. Je n'avais pas eu le temps de répondre à sa question suspicieuse qu'elle s'était ressaisie. Chassez le naturel, il revient au galop. Fauve doit sans doute rester en permanence sur ses gardes, si elle se méfie de tout le monde et de tous les actes des personnes qui l'entourent.

Elle semble gênée par sa question. Je fais un petit geste de la main pour lui prouver qu'il n'en est rien, pour dissiper la gêne qui s'est installée. C'est toujours inconfortable comme situation, d'avoir quelqu'un d'embarrassé à ses côtés.

«Ce n'est pas grand mais plutôt bien agencé. On a la chance d'avoir plusieurs chambres, et même si je partage la mienne avec mes deux frères qui peuvent être pénibles, on discute souvent jusqu'au petit matin. Notre voisine, une vieille mégère, râle souvent car elle prétend nous entendre rire. Étant donné qu'elle est sourde comme un pot, c'est juste un prétexte pour faire les potins avec ses amies. »

Je réalise que même si les disputes sont inévitables dans une fratrie et les tensions fréquentes, j'ai plutôt eu de la chance de grandir entouré de frères et sœurs. Fauve, elle, se sent inévitablement isolée depuis que la sienne est morte ; le sentiment de nostalgie doit être encore plus écrasant que la solitude d'un enfant unique. Je me demande comment c'est, chez elle. Je vois vaguement où elle habite, mais je n'ai aucune idée de l'intérieur de son habitat.

« Et chez toi? »

Le sol à présent graveleux témoigne que l'on approche de mon quartier. Un ensemble de pavillons très modestes, tous dépourvus d'étages, se dresse bientôt en lisière d'un groupe d'arbres. J'indique à Fauve la direction de ma maison, et la présence de deux pacificateurs devant la porte d'entrée me fait stopper net. Ils ont l'air d'attendre. Les volets sont fermés ; ma mère, qui est toujours accompagnée de Dram, a dû s'absenter pour aller au marché.

Je fais signe à Fauve de s'arrêter et contourne soigneusement la maison en empruntant les jardins successifs de mes voisins. Je sais que mon père a rapporté il y a plusieurs jours un petit sac contenant les fameuses feuilles pour apaiser les piqûres ; elles sont sans doute à l'arrière de la maison en train de de terminer de sécher au soleil, pour pouvoir les conserver tout au long de l'année. J'en fourre quelques unes dans ma poche et m'éloigne rapidement pour rejoindre Fauve.

« On ferait mieux de s'éloigner. Il faut réhydrater les feuilles avant de les appliquer. On peut passer s'arrêter au fleuve. Je n'ai plus d'eau propre à la forge. »
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MessageSujet: Re: Les taillandiers sont faits pour la forge, pas pour les vergers [PV Flynn Cavish]    Lun 30 Avr - 19:13

La prenant au dépourvu, la question de Flynn laissa la jeune femme pantoise. A vrai dire, s'imaginer faire parti du Capitole, y mener une vie n'a jamais été l'un de ses passes temps. Il serait faux de dire que cette pensée ne lui ait pas traversé l'esprit plus d'une fois, mais elle s'est toujours posé l'interdit de rêver à ce qui ce serait passé si elle était née du bon côté. Elle considérait ce genre de fantasme masochiste puisque de tout évidence il ne pouvait être réalisé un jour. Fauve préférait se concentrer sur sa propre existence, la vie réelle qu'elle menait plutôt que de se bercer de douces illusions à vous rendre amer et mélancolique jusqu'à la fin de vos jours. A cela s'ajoutait la haine profonde qu'elle nourrissait envers le Capitole depuis la mort de Poppée. N'importe qui vous le dira, il est plus facile de trouver des excuses, d'amoindrir les crimes de quiconque lorsque vous n'êtes vous même pas directement touché. Ainsi, ce fut seulement lorsque sa petite sœur perdit sa vie lors des Hunger Games que Fauve prit pleinement conscience de la cruauté des dirigeants de Panem, et de leur joug intolérable sur la population, et plus particulièrement sur certains districts. Se représenter en tant qu'habitante naïve aux préoccupations futiles du Capitole n'avait donc pas lieu d'être pour elle.

Pourtant, elle prit véritablement la peine de réfléchir à la question du garçon, curieuse de s'entendre déclarer ce à quoi elle pourrait ressembler si sa vie avait été toute autre. Comment aurait-elle réagi par rapport aux habitants des districts et à l'horreur inévitable qu'on leur imposait chaque année ? De quelles conditions de vie bénéficierait-elle ? Elle se gratta la nuque, dubitative. Rien ne venait. Après tout, elle ne connaissait que la croûte superficielle de ces excentriques. Elle ne pouvait s'imaginer à leur place, elle manquait de beaucoup trop de données. Comment vivaient-ils véritablement là-haut ? Quelles sortes de gadgets rythmaient leur quotidien ? Quels étaient les us et coutumes d'un tel endroit ? Autant de questions auxquelles elle ne pouvait pas même donner l'ombre d'une réponse. Au final, elle n'était au courant que de ce que l'on voulait bien leur montrer à eux, gens des districts. Haussant les épaules, elle prit un ton désinvolte.

« Je suppose que je passerai mes journées à me soucier de choses sans importances, que je suivrai la mode horrible qui fait pourtant fureur là-bas, et que je ne me soucierai pas des pauvres esclaves des districts... Mais ce n'était peut-être pas ça que tu voulais savoir ? Je dois t'avouer Flynn, que je ne peux me voir au Capitole que si j'y étais née. C'est vrai, c'est impossible pour nous d'espérer y vivre un jour, alors à quoi bon faire une projection ? »

Le sentiment d'injustice qui s'installait en elle finit par faire trembler sa voix de nervosité. Ses doigts s'étaient tordus sur ses dernières paroles, se cherchant, se maltraitant, tic tout aussi nerveux. Elle regrettait que le rouquin ait abordé le sujet, elle devait sans doute passer pour une tarée qui ne savait même pas retenir ses émotions. Elle leur en voulait tellement, pour tout ce qu'ils avaient fait et n'avaient pas fait. Elle suivit Flynn, traînant légèrement ses pieds. Elle préférait qu'il prenne un peu d'avance pour la laisser reprendre une certaine contenance. Elle ne parviendrait pas à faire comme si de rien n'était s'il se trouvait à ses côtés et qu'il avait les yeux rivés sur elle, attendant qu'elle continue leur discussion.

C'est peut-être pour ça, d'ailleurs, qu'elle avait souhaité s'intéresser un peu à lui. Pour lui prouver qu'elle n'était pas si touchée par ces histoires de privilégiés et pestiférés. Elle savait qu'il n'était pas le seul de sa fratrie, mais n'avait jamais prêté attention à l'ensemble de sa famille et fut surprise de constater qu'ils étaient aussi nombreux. Comment faisaient-ils pour pouvoir vivre tous ensemble dans une maison aussi petite ? Elle se demanda soudainement si ce n'était pas plutôt au jeune homme de vociférer contre les moutons bénis de Panem. Après tout, elle bénéficiait d'un statut plus favorable que le sien, et sa famille était numériquement bien plus faible que la sienne. Elle eut soudainement honte de se plaindre. Si elle s'était trouvée en compagnie d'une personne plus aisée qu'elle, elle n'aurait ressenti aucun tord à se comporter ainsi. Mais face à Flynn, c'était différent et indécent. Quand il lui demanda de décrire sa maison, elle hésita un instant, de peur de passer pour une pleurnicharde.

« Oh, c'est assez comparable à chez toi je pense. A peine plus grand, mentit-elle. Bien sûr j'ai la chance d'avoir mon propre lit mais ma chambre est si petite, si proche de celle de mes parents et les murs sont si fins que nous n'avons pas vraiment d'intimité. Enfin, quand même plus que toi, j'imagine. Aucune vieille ne vient cogner à notre porte pour nous accuser d'un quelconque raffut. »

Elle avala sa salive et espéra ne jamais nouer de liens d'amitié avec Flynn afin qu'il ne puisse prendre connaissance de sa demeure. Il se souviendrait très certainement de l'énorme mensonge qu'elle venait de lui servir, et ne pourrait qu'accuser le coup. Prêtant attention où elle mettait ses pieds, Fauve s'arrêta soudainement sous les ordres du jeune homme. Suivant son regard, elle comprit son angoisse et l'attendit. Que faisaient des Pacificateurs chez lui ? Quel faute avait-il pu commettre ? L'attendait-on parce qu'ils s'étaient tout deux absentés de la cueillette ? La gorge de Fauve se noua alors qu'elle espérait qu'aucun garde ne s'était présenté chez elle. Les secondes lui parurent être une éternité. Elle pensa faire diversion, entamer une discussion avec l'un des hommes quand elle aperçu son compagnon revenir sur ses pas. Un sourire mêlant soulagement et gratitude illumina son visage et elle emboîta le pas de Flynn en prenant soin de faire le moins de bruit possible. L'image des deux hommes ne la quittait cependant pas, et elle ne put tenir sa langue plus longtemps.

« Pourquoi se tenaient-ils devant chez toi ? Est-ce que tu as fait quelque chose de mal ? Est-ce que tu crois qu'ils sont là parce que nous avons quitté notre poste ? »

Arrivés à la rive sans qu'elle ne s'en rende compte, Fauve s'agenouilla au bord de l'eau et releva la manche de son chemisier. Irrité, l'œdème brillait d'un rouge vif au soleil. Il était plus gonflé que jamais et sa vision n'offrait rien de charmant. Elle tira vivement le jeune homme par la manche pour l'obliger à s'asseoir, ne tenant plus.

« Dépêche-toi de faire ce qu'il faut, ça me démange affreusement, je n'en peux plus ! S'exclama-t-elle, impérieuse et irritée. »
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MessageSujet: Re: Les taillandiers sont faits pour la forge, pas pour les vergers [PV Flynn Cavish]    Mer 2 Mai - 17:18

La berge est déserte, à l'exception de deux enfants crasseux qui jouent dans le cours d'eau. Ou plutôt, qui font mine de jouer. Ils ont l'air de scruter attentivement le sol du lac ; et je sais pour l'avoir fait étant petit qu'ils cherchent des pièces, bijoux, petits objets, n'importe quoi qui aurait pu échapper à des habitants lors de baignades.

Je rejoins Fauve, déjà au bord de l'eau. D'un geste d'humeur, elle tire ma manche sans ménagement pour que je m'installe à ses côtés. L'accalmie aura été de courte durée, son caractère de cochon va inévitablement reprendre le dessus. Je la toise pendant quelques secondes pour lui faire comprendre que je ne suis pas à son service.

«Si je ne vais pas assez vite à ton goût, tu peux le faire toi-même. Tu es vraiment autoritaire, c'est pas possible !»

Décidément, Fauve semble prendre un statut de-demoiselle-j-exige-tout. Mais je ne lui en tiens pas rigueur car après tout, si j'avais été fils quasi unique comme elle d'une famille plus aisée, j'aurais sûrement autant fait preuve d'égoïsme et de nombrilisme. D'ailleurs, la description de sa maison cloche ; sérieusement, qu'est-ce que son habitation pouvait avoir en commun avec la mienne ?! Je suppose qu'elle a minimisé son confort par politesse, pour éviter que je sois gêné. Ou qu'elle le soit, en fait.

Je finis par observer plus longuement sa piqûre. Elle a encore davantage une sale tête qu'à notre départ des vergers, et nul doute qu'elle mettra un certain temps à cicatriser. Ignorant pour le moment sa question, je mets mes mains en coupe dans le lac, permettant aux feuilles de se réhydrater dans la réserve d'eau que je tiens sans qu'elles s'éloignent. Elles passent d'un vert passé, presque grisâtre, à une couleur proche d'un vert tendre, comme si elles venaient d'être cueillies de l'arbre. Soigneusement, je les dépose sur le bras de Fauve, veillant à dépasser de quelques centimètres de l’œdème pour apaiser l'irritation entière, qui ne s'arrête jamais aux contours précis de la piqûre. Je sors de la poche de mon pantalon une pelote de ficelle provenant de la forge, et je l'enroule précautionneusement autour du bandage végétal, en vérifiant qu'il ne comprime pas la piqûre. De loin, on pourrait prendre ce pansement de fortune pour un bracelet fantaisiste, comme je suis sûr qu'il en existe au Capitole. Ayant fini mon ouvrage, je m'intéresse enfin à sa question. Me remémorant ses interrogations, je remarque qu'elle a tout de suite eu peur pour sa sécurité et redoute d'avoir mal agi dans les vergers. Fauve, toujours craintive.

« J'ignore comme toi pourquoi ils étaient là. Ma sœur a déjà fait parler d'elle à plusieurs reprises, mais elle s'est calmée depuis quelques temps. Non, je ne sais vraiment pas... Et ne t'inquiète pas, je ne crois pas que l'on soit parti depuis si longtemps pour qu'ils viennent nous chercher. Qui sait, ils voulaient peut-être juste un renseignement, ou... à boire ? »

Bien entendu, je ne crois pas un mot de mes dernières paroles, mais je pense que Fauve est suffisamment naïve pour gober ce que je viens de dire. Je ne sais pas comment elle réagit quand elle est prise de panique, et j'espère éviter un faux pas de ce genre. En réalité, je suis très mauvais pour jauger du temps écoulé, et je n'ai aucune idée de combien de temps a duré notre détour pour soigner sa piqûre. Toujours assis dans l'herbe, je ramasser à mes côtés de petits cailloux que je jette énergiquement dans l'eau du lac. La fatigue accumulée de la journée commence réellement à se faire sentir, et c'est sans prêter réelle attention que je vois, à l'extrémité droite de mon champ visuel, une grande et grosse tâche blanche qui se dirige avec empressement vers nous. Je mets une seconde avant de réaliser qu'il s'agit d'un pacificateur, qui, il me semble, était dans les champs. Je cherche immédiatement le regard de Fauve, ne sachant si elle aussi, a constaté sa présence. Allons-nous déguerpir au plus vite ou rester ici ?
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MessageSujet: Re: Les taillandiers sont faits pour la forge, pas pour les vergers [PV Flynn Cavish]    

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Les taillandiers sont faits pour la forge, pas pour les vergers [PV Flynn Cavish]

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