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 i can't let them hurt you → ansley&arya

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MessageSujet: i can't let them hurt you → ansley&arya   Mer 15 Fév - 16:11

Ce n'était pas que les cours m'ennuyaient. Loin de là. J'avais toujours eu l'envie d'apprendre sans cesse des nouvelles choses, d'être capable de prouver ma valeur, mais j'avais également toujours eu un certain problème... d'attention. Il suffisait que j'entende un chuchotement, que quelque chose n'entre dans mon champ de vision pour que tous mes efforts pour suivre le cours ne disparaissent d'un seul coup. Heureusement que j'avais une mémoire plutôt bonne, parce que je crois bien que sans celle-ci, j'aurais purement et simplement été perdu. J'étais donc en cours d'histoire. Nous étions une petite classe, d'une quinzaine d'élèves au maximum : peu d'adolescents avaient la chance de pouvoir suivre une scolarité comme la nôtre. Malheureusement, notre professeur n'était pas de ceux dont la vue était suffisamment bonne pour qu'un petit papier circulait dans la classe - en revanche, ma vue l'était. Cela devait bien faire cinq minutes d'un minuscule bout de papier passait de main en main, d'élève en élève. D'après ce que je savais à propos de mes camarades, ce genre de méthode de communication était tout à fait le genre d'une espèce de petit caïd qui répondait au doux nom de Trevor. Après une ou deux minutes, le papier finit par atterrir devant moi. Je l'ouvris sans réellement m'attendre à ce qui y était inscrit, dans une écriture brouillonne. « Qui vient avec moi à la sortie des cours pour faire peur à Thorne ? » Je dois avouer ne pas avoir compris du premier coup d'oeil. Tout d'abord, parce que je ne pouvais envisager qu'un être humain puisse avoir ce comportement, et deuxièmement parce que je ne me rappelais de personne qui s'appelait Thorne. Il me fallut une bonne dizaine de secondes pour comprendre qui c'était. Thorne n'était que cette pauvre Marion - pardon, Arya - qui restait seule la plupart du temps et qui ne bougeait jamais, qui ne parlait jamais. Ma mère et son père étaient autrefois - enfin, je ne désigne par autrefois qu'une petite année - associés, et ils avaient disparu en même temps. Mais ce n'était pas pour autant que nous étions particulièrement proches. Au contraire. Nous n'avions jamais échangé un seul mot, mais mon instinct protecteur me faisait assez souvent lever les yeux vers elle, pour vérifier que tout allait bien. Mais il ne lui arrivait jamais rien, alors ce petit papier était d'autant plus choquant pour moi. Elle n'était pas le genre de personne qui dérangeait les autres. Je relevai la tête du papier, et jetai un coup d'oeil à Arya. Elle était dans son coin, bien concentrée sur le corps, serrant fort un crayon dans sa main. Mon regard bascula vers Trevor et sa petite bande - composée d'uniquement de deux amis - et aussitôt, un sentiment de haine incontrôlable, quelque chose que je n'avais jamais réellement ressenti auparavant, me fit grimacer. Je compris d'emblée que je me devais d'agir.

J'avais toujours eu un problème avec la violence. Je n'avais jamais compris comment on pouvait être mauvais envers une autre personne, alors que les mots pouvaient la plupart du temps apaiser les tensions. J'avais fini par comprendre, les années passant, que les gens n'osaient jamais faire le premier pas vers la réconciliation, et que faire intervenir une personne extérieure au conflit était la meilleure solution pour calmer le jeu. D'ailleurs, j'endossais quasiment tout le temps ce rôle, parce que j'étais impartial et que l'on me faisait relativement confiance sur ce point-là. De plus, je trouvais toujours les bons mots pour régler les problèmes. Mais là, j'avais l'impression que c'était différent. Jamais Arya n'aurait fait quelque chose pour s'attirer les foudres de Trevor. Je passai le reste du cours avec le petit mot froissé dans ma main, préparant d'avance mon discours. Dès que la sonnerie retentit - annonçant une pause pendant laquelle nous pouvions chercher nos affaires dans nos casiers de fortune - je me dirigeai vers Trevor, qui rangeait ses cahiers en vrac. « J'ai intercepté ton petit mot. » je fis en lui montrant ledit papier. « C'est une attitude très sage que voilà. Je ne pense pas que Thorne ait fait grand chose pour mériter que tu t'en prennes à elle. » Trevor releva enfin la tête et dès que son regard croisa le mien, il me sourit stupidement. « Ce n'est qu'une petite tranche de rigolade, Nicholson. Calme toi un peu et va jouer les super-héros autre part. » Je soupirai, consterné par son attitude. « Je ne crois pas que se moquer de quelqu'un d'autre et lui faire peur soit "une bonne tranche de rigolade", comme tu dis. Ca s'appelle une humiliation et je pense que tu ne comprends pas que c'est un motif d'exclusion. » A son tour, il soupira. « Une humiliation de plus ou de moins pour elle, ça change quoi ? » Il me fallut un moment pour comprendre. « Ne me dis pas que tu l'as déjà humiliée une fois? » Trevor approuva en souriant. Je dois avouer que je n'avais jamais pensé qu'une personne pouvait être entièrement mauvaise. « Si tu veux, je peux te proposer un truc. » fit Trevor en se relevant. « Après les cours, on se bat, et celui qui gagne impose ses règles, ok ? » Malgré moi, j'approuvai. Je ne me donnais pas beaucoup de chance de réussite - je ne m'étais jamais battu et je n'approuvais pas du tout une telle exhibition de violence. Mais si ça pouvait éviter qu'Arya ne se retrouve dans une fâcheuse posture à nouveau...

Ce n'était pas que je ressentais quoi que ce soit envers elle. C'était mon instinct qui me dictait de la surveiller, à présent. Elle n'était pas la première personne que j'avais décidé de prendre sous mon aile, et elle n 'était sûrement pas la dernière. Je laissai Trevor partir et me décidai à rentrer dans la salle de notre classe. Arya était toujours assise à sa place, et lisait un livre ou quelque chose dans le genre. Je tirai une chaise et me mis assis en face d'elle. « Est-ce que Trevor s'est déjà moqué de toi en public ? C'est important, alors dis moi la vérité. Je suis de ton côté, je ne lui répéterai pas. » Peut-être aussi que j'avais envie de la protéger parce que nos parents disparus étaient plus ou moins liés ? Je ne savais rien et je n'avais pas réellement envie de me poser la question. Ma mère était pour moi un sujet tabou et je détestais y penser. Si je commençais à réfléchir par rapport à sa disparition, soit je me mettais en colère - c'était l'une des rares choses qui arrivaient à me rendre vraiment furieux - soit l'incompréhension me rendait complètement déprimé, si bien que j'évitais les discussions à ce propos. Je restai un instant perdu dans mes pensées, avant de plonger mon regard dans celui d'Arya. « S'il te plaît, réponds moi clairement. »
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MessageSujet: Re: i can't let them hurt you → ansley&arya   Mer 15 Fév - 19:30

Il était dur de se concentrer sur le cours lorsque certains élèves chuchotaient dans mon dos et se passaient des messages. Je voulais absolument savoir ce qu'il se disait mais savait très bien que ce papier n'arriverait jamais sur mon bureau : je n'étais tout simplement pas la personne avec qui on parlait de ces choses là. Je n'étais pas paranoïaque mais mon instinct me disait que cela me concernait pourtant. Je n'avais pas envie de me faire arroser à la sortie des cours comme une fois, ou encore de recevoir des déchets ménagers à la figure. Je m'y étais habituée. Les premières blagues que l'on m'avait fait étaient vraiment horribles, et au fur et à mesure .. Je m'étais rendue compte que cela n'arrêterait jamais. Du moment que cela ne mettait pas en danger ma vie, ça allait. Parfois, je rentrais avec quelques bleus quand une farce dégénérait mais ce n'était jamais bien grave. On m'avait toujours dit que je marquais facilement. De toute façon, il n'y avait guère grand monde chez moi pour s'inquiéter de quelques tâches violettes sur mes membres. Ma mère ne m'adressait pas un mot dans la journée et nous ne faisions que nous croiser quelques fois. Considérant que j'étais assez grande pour m'occuper de moi toute seule, elle ne faisait aucunes tâches ménagères et me laissait faire la cuisine pour moi même. Cela ne me dérangeait pas mais la tristesse venait souvent dans mon esprit : j'aurais tellement rêvé d'avoir une famille aimante. Mais cela ne changerait jamais. Je pleurais tous les soirs, seule, dans mon lit. Le matin, aussi. Et à chaque fois qu'il n'y avait personne à côté de moi, c'était vrai. Je me sentais tellement faible et pathétique et faisais tout pour ne pas céder, sans succès. Je me haïssais, vraiment. Tout en moi n'était pas assez bien : je ne possédais aucun talent. Même mon intelligence laissait à désirer car je n'arrivais pas à faire aussi bien que j'en avais envie.

L'histoire me plaisait. Tout simplement parce que, comme son nom l'indiquait, c'était aussi intéressant qu'un roman. Je prenais silencieusement mes notes, dans une écriture claire et concise accompagnée de sigles qui me permettaient de tout réviser une fois à la maison. Beaucoup de gens me disaient que c'était stupide, de travailler comme ça : je ne ferais jamais une grande carrière. Quand on naissait dans une famille comme la mienne, on avait pas beaucoup de chance de terminer dans un haut poste. Je n'irais pas dans les mines mais j'aurais sûrement un travail aussi contraignant et dur. Aussi mal payé. Parfois, je pensais que c'était injuste. Et puis, je me rappelais que je vivais à Panem sous le gouvernement du président Snow. Il fallait que je m'y fasse.

Finalement, la cloche annonça la fin de ce cours et le début d'un petit temps de « pause ». La plupart des gens en profitaient pour parler entre eux, aller chercher leurs livres. J'avais tout dans mon sac et n'avais personne à qui parler : cela réglait la chose. Alors, pour m'occuper, je me cultivais et me plongeais dans mes œuvres préférées ou des nouveautés. J'avais pioché au hasard quelque chose dans les livres de ma mère le matin même et avais lu une centaine de pages avant le début des cours. Je n'avais pas encore bien compris le registre ou le thème, encore moins où ça allait en venir. Mais c'était des mots, et je les buvais. Je levais le regard à intermittence pour observer Ansley qui parlait à Trevor, pour une raison qui m'échappait totalement. Ce dernier était mon principal tortionnaire et je ne pouvais pas l'apprécier. Le premier .. était le seul garçon que j'appréciais dans cet endroit, sans même lui avoir parlé. Je lui trouvais toutes les qualités du monde et il m'épatait toujours. Tout ce que j'aurais recherché dans une quelconque relation sociale, seulement, cela n'arriverait sûrement jamais.Il m'était arrivé de me donner le défi de lui adresser la parole, lui demander l'heure ou autre. Je n'y étais jamais arrivé. Mon obsession s'était accentuée à la disparition de mon père, comme si je pensais que nous avions un quelconque lien du fait de nos parents qui se fréquentaient. J'étais sûrement folle.

Je n'arrivais pas à capter le sujet de la conversation, mais juste quelques mots ça et là. Finalement, Trevor partit ainsi qu'Ansley. J'étais enfin seule. Un soupir s'échappa de ma bouche car la pression dans ma poitrine s'était amenuisée : je ne supportais pas le monde. Je me replongeais alors dans mon livre et n'entendit même pas le jeune homme revenir, tirer la chaise et s'asseoir devant moi. Ce n'est que lorsqu'il ouvrit la bouche que je relevais le regard, surprise, et reposais mon livre devant moi. Que me voulait-il ? Mon cœur s'affola. Je m'imaginais toujours le pire et me donnais des frayeurs folles sans raison. Finalement, il ne fit que me poser une question qui me rendit mal à l'aise. Je ne répondis pas, je ne faisais que l'observer.

On aurait pu dire que j'avais en quelque sorte le béguin pour le jeune homme. Je ne lui avais jamais envoyé de lettre anonyme, je ne l'avais jamais suivi jusqu'à chez lui, je n'avais jamais écrit son nom entouré de petits cœurs dans un de mes cahiers. Je ne faisais que l'observer, parfois, penser à lui, parfois. Ce n'était pas une obsession. Je m'amusais à imaginer ce que la vie serait si j'osais lui parler et tout me semblait plus simple. La réalité était bien plus dure à digérer. Il ne me semblait pas l'avoir eu aussi près de moi, de face, jusqu'à maintenant, et je ne pus m'empêcher de m'émerveiller devant sa beauté apparente. Je me sentais gênée. L'envie de me ronger les ongles me vint et pour m'en empêcher, je triturai mes cheveux. Lorsqu'il plongea son regard dans le mien, celui-ci ne put que partir vers le bas pour l'éviter à tout prix. Mon cœur battait à la chamade et je sentais mes joues se réchauffer. Il ne manquait plus que je rougisse.

Que dire ? Oui ? Que les gens s'amusaient à me faire des blagues, assez méchantes la plupart du temps ? En quoi cela le concernait, de toute façon ? J'avais entendu parler de son rôle de médiateur ou d'orateur qu'il aimait à prendre et c'était quelque chose que j'appréciais chez lui. Seulement, je n'avais pas envie qu'il se mêle de mes affaires : cela ne ferait que les rendre encore plus compliquées. « Trevor se moque de tout le monde. » Ce n'était pas une réponse claire comme il demandait. Je pris une grande inspiration et tapais mes ongles contre le bois du bureau derrière lequel j'étais assise. Le bruit répétitif m'apaisait et il était clair que je n'étais pas à l'aise. Machinalement, mes dents trouvèrent ma lèvre inférieure et la mordirent tandis que mon regard se baladait sur le côté. J'avais envie de me terrer dans un trou. « Ils ont .. Ils ont besoin de quelque chose à faire. Ils doivent s'ennuyer. Ce n'est pas méchant, j'en suis sure, ce .. » Je m'arrêtais un instant, me préparant mentalement à ce que j'allais dire. « Je .. Je ne sais pas quelle est ton intention en me posant cette question mais je ne veux pas en parler, de toute façon. » Je relevais mon livre pour me plonger dedans, lâchant une dernière phrase « Cela ne sert à rien. »
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MessageSujet: Re: i can't let them hurt you → ansley&arya   Mer 15 Fév - 23:25

M'occuper des autres avait toujours été... plus ou moins l'unique chose pour laquelle je me sentais réellement doué. Peut-être parce que j'avais toujours protégé mon frère de la réalité du district douze ? D'aussi loin que je me rappelle, j'ai toujours insisté auprès de mes parents pour qu'il suive lui aussi des cours comme moi plutôt que de devoir travailler à la mine ses quatorze ans venus, et je lui ai toujours défendu de prendre des tesserae, comme si ça allait le rendre invulnérable face à la Moisson impitoyable. J'avais toujours pris les responsabilités pour ses bêtises. Après que mon frère soit devenu assez grand pour se prendre en main lui main, je m'étais tout naturellement occupé de ses camarades de classe, des miens, de mes voisins, du fils de mon boulanger. Je ne comprends pas totalement comment j'ai pu adopter la position de mentor pour les plus jeunes du district, mais cela me plaisait assez, parce que j'avais l'impression d'être nécessaire à quelqu'un et que j'aimais l'idée de pouvoir accomplir quelque chose. Les gens avaient toujours bien accueilli mes démarches et me trouvaient mature pour mon âge. C'était justement parce que mes interventions étaient généralement les bienvenues que la réaction d'Arya me fit tiquer une petite seconde. Pas que je me sois attendu à ce qu'elle me dise tout ce qu'elle avait pu subir d'un seul coup, ça non, je la savais assez intelligente pour ne pas s'étaler d'un seul coup... Mais elle ne confirmait pas et n'infirmait pas le fait que Trevor l'humiliait fréquemment. Ce n'était pas une réponse claire, et je ne comprenais pas pourquoi elle ne voulait pas être plus concise : après tout, elle devait bien savoir que je n'étais pas du genre à compliquer encore plus les histoires, mais bien le contraire. Je réprimai un soupir et la laissai reprendre. Sa voix me frappa : parce qu'elle buttait sur certains mots, qu'elle n'était pas pleine d'assurance et que finalement, elle n'avait pas l'air très convaincue par ses propos, comme si elle tentant plutôt de se convaincre elle-même que moi. Elle enchaîna rapidement quelques mots, relevant son livre. Je ne pouvais pas envisager de laisser tomber l'affaire. J'avais besoin de savoir ce qui s'était déjà passé, et surtout de savoir pourquoi je ne m'en étais pas aperçu avant ? J'avais pourtant eu l'impression d'être plus ou moins au courant de tout. Et quand je ne l'étais pas, c'était une des nombreuses personnes qui avaient confiance en moi qui venait m'en informer. Comment diable la cas d'Arya aurait-il pu me passer sous le nez ?

Je restai un moment silencieux, ses derniers mots en suspens dans ma mémoire. Mes actes ne servaient jamais à rien. Certains pouvaient avoir un impact réduit, certes, mais ils servaient toujours à quelque chose. Je ne comprenais pas pourquoi elle n'avait pas envie de se battre - ce n'était même pas au sens propre, mais au figuré ! Elle aurait dû dire stop à tout ça depuis bien longtemps ! Je fronçai les sourcils, observant son visage à la recherche d'une solution. Une minute. Puis deux. Tout ce qui était sûr, c'était que j'allais me battre contre Trevor - ou du moins simplement éviter ses coups jusqu'à ce qu'il s'épuise - qu'Arya ne le veuille ou non. Finalement, la cloche sonna une deuxième fois, annonçant la fin de la pause, et à regret, je remis ma chaise en place et allai à ma table à regrets. J'étais qu'un rang à droite derrière elle, et donc elle était hors de ma vue, mais mes yeux atterrissaient invariablement sur elle. Je savais que je n'allais pas réussir à me concentrer pendant l'heure qu'il nous restait avant la fin du cours - du moins, pas tant que j'aurais une solution parfaite dans ma tête. Mais rien ne pouvait se faire tant qu'Arya ne daignait pas s'ouvrir un peu plus. Je la savais timide, mais ma réputation de bonne personne aurait quand même dû la mettre un peu plus à l'aise...

Dès que notre professeur de sciences entra dans la salle, je levai la main. « Monsieur ? J'ai oublié mon livre, est-ce que je peux me mettre à côté de... hm.. D'Arya ? » Je retins mon souffle jusqu'à ce qu'il accepte, et déménageai mes affaires rapidement. Je sentais le regard des autres sur ma nuque mais ne retournai pas la tête. Je ne tirais pas un seul mot pendant les quinze premières minutes de cours, et alors que le professeur entamait un long discours sur la génétique, je chuchotai doucement pour Arya.

« Ecoute, je sais qu'on ne s'est jamais vraiment réellement parlés ni quoi que ce soit et donc je sais que tu ne me fais peut-être pas confiance, mais c'est vraiment important. Tu as besoin d'aide tu crois pas ? Je ne pense pas que cette situation soit particulièrement agréable pour toi et je peux comprendre que tu sois effrayée que ça ne fasse qu'empirer. Mais quand même... » Je pris une grande inspiration. « Je pense que tu mérites d'être traitée mieux que ça. Alors, que tu ne le veuilles ou non, je vais m'occuper de Trevor et de sa bande. Mais je serais vraiment plus efficace si tu me disais un peu ce qui se passe et ce qui s'est passé. » Je relevai la tête pour vérifier que mon petit discours passait inaperçu aux oreilles de notre professeur, ce qui était le cas. « Tu peux me faire confiance. Ca n'empirera pas, au contraire, ça ira même mieux. Je suis doué pour calmer les gens, tu sais ? C'est une seconde nature chez moi, de rendre les choses plus tranquilles. » J'hésitai un moment avant de lâcher mon dernier argument. « Ma mère t'aimait bien tu sais. Et mon père aussi il t'aime bien. Je pense que ma mère et ton père aimeraient te voir un peu plus en paix. » C'était la vérité. Ma mère avait toujours eu une certaine tendresse envers elle - je me rappelle très distinctement l'avoir entendue évoquer la constitution fragile d'Arya avec une certaine tristesse dans la voix.

« Trevor veut que lui et moi on se batte. Si je gagne - et je vais gagner - il te laisse tranquille. Si je perds, il impose ses règles. » Je m'amusais à tapoter mon crayon à papier contre le rebord de la table. « Et si je perds, tu peux m'utiliser comme garde du corps personnel, d'accord? »
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MessageSujet: Re: i can't let them hurt you → ansley&arya   Jeu 16 Fév - 19:38

Essayer de rester concentrée sur mon livre était une tâche impossible. Mes yeux voulaient se relever pour que mon regard soit dans le sien, et mes oreilles étaient ouvertes pour entendre ce qu'il allait répliquer. Mais rien ne vint. Je ne savais pas à quoi servait sa question, de toute façon. Je ne voulais pas croire qu'il allait faire comme avec tous les autres : défendre, alors que cela ne le regardait vraiment pas. Je n'avais pas tellement de fierté mais je n'avais pas envie qu'on me défende. Je n'en avais pas besoin, puisque cela ne me dérangeait pas .. trop. Qu'on m'embête, au final. Je ne savais pas si c'était vrai mais c'était ce dont je me persuadais : tout était plus facile ainsi. Je passais ma vie à trouver comment rendre tout plus facile et cela marchait plus ou moins. Ne parler à personne était une partie de mon plan à mille étapes, et peut-être que c'était facile, mais je ne savais pas si c'était agréable. C'était tellement étrange! De simplement adresser des paroles à quelqu'un d'autre, d'humain. D'entendre quelqu'un m'adresser la parole, même pour quelques mots insignifiants. Je me sentais étrange, sans savoir comment le définir. Impossible de savoir si cette sensation était agréable ou pas, mais en tout cas, cela me dérangeait. Il restait toujours silencieux, et finalement, la cloche sonna et arrêta mon « supplice ». Il revint à sa place et je rangeais mon livre, sortant mes affaires de sciences de la vie. Notre professeur arriva bien vite et je sentais mes joues encore chaudes de ce petit entretien. La voix d'Ansley me parvint en arrière et mes doigts se crispèrent sur mon stylo en écoutant sa demande. N'allait-il pas abandonner ? Je n'étais surement pas la seule qu'on embêtait. Peut-être que c'était un pari, faire semblant de s'intéresser à mon cas pour se moquer de moi après .. Peut-être une alliance avec Trevor. Mais ce n'était pas son genre, ou en tout cas, ce n'était pas comme ça que je l'avais toujours imaginé. Sans mon approbation, le professeur accepta et le jeune homme s'assit à côté de moi. C'était très étrange. Je n'avais jamais eu personne, en classe, à mes côtés. Je pouvais sentir son odeur, écouter les frottements de ses habits lorsqu'il bougeait légèrement. Le bruit du stylo sur son cahier. Tous ces bruits me dérangeaient et m'empêchaient de me concentrer. A quoi jouait-il ? J'attendis qu'il me chuchote quelque chose. Me passe un mot. N'importe quoi. Mais il ne fit rien, et lentement, je me décontractais. Je commençais à noter le cours, me disant que je m'étais fait des idées et qu'il avait bien oublié son livre, comme il l'avait dit au professeur. Mais alors que j'étais concentrée sur le discours sur la génétique de notre enseignant, il me chuchota des paroles. Je fus surprise et sursautais légèrement, crispant ma prise sur mon stylo qui avait fait une rature. J'arrêtais d'écrire, gardant mon regard dirigé vers mon écriture. J'osais à peine respirer, alors qu'il me fit lui aussi un petit soliloque. Il m'apprit qu'il allait « s'occuper » de Trevor et sa bande, et je n'avais pas vraiment envie de ça. S'il se mettait dans leur collimateur, il allait se faire embêter aussi. Ils étaient grands, forts, des vraies brutes qui n'avaient pas peur de faire mal. J'avais l'impression qu'Ansley prêchait la « non violence ». Il fit allusion à nos parents et je fus un peu surprise de savoir qu'il savait. Qu'il savait qu'ils travaillaient ensemble, que mon père avait disparu. Finalement, il termina par une phrase que je ne savais pas comment prendre. Etait-ce sérieux, ou tout simplement de l'humour ? J'optais pour la dernière option. Personne ne voudrait consciemment passer son temps avec moi.

Pour appuyer sa blague, je me forçais à rire légèrement. Cela devait paraître bizarre et je m'arrêtais rapidement. Un grand soupir s'échappa de ma bouche alors que j'essayais de reprendre le fil du cours, sans succès. Tout ce qu'il venait de dire avait fait son tour dans ma tête et je ne savais pas bien comment y répondre. J'avais rêvé depuis longtemps qu'il vienne m'adresser la parole, et maintenant qu'il le faisait, je voulais à tout prix qu'il s'enfuie ? J'étais étrange. « Tu ne devrais pas jouer à ça pour Trevor. Peut-être que c'est pour passer le temps, que c'est un de tes hobbies mais .. Je ne veux pas culpabiliser parce que tu te retrouveras à sa merci par ma faute. Il ne sera pas tendre. » Je me demandais bien pourquoi ça lui venait maintenant. Cela faisait pas mal de temps que j'étais un de ses souffre douleurs et jamais Ansley n'avait intervenu. Tout cela me semblait être bien étrange. Mon stylo s'abattit à nouveau sur la page alors que j'écrivais sans comprendre tous les mots que sortaient le professeur. Surtout qu'il venait de m'adresser un regard et que je ne voulais pas passer pour une élève indisciplinée. Les professeurs ne m'appréciaient pas particulièrement, mais je ne voulais pas leur poser de problème. Après tout, ils nous consacraient beaucoup de temps alors qu'ils auraient très bien pu garder leurs connaissances pour eux même. Un coup d’œil vers le jeune homme m'apprit qu'il attendait une réponse de ma part. « Je souhaite suivre le cours ... » Et je me tus jusqu'à la fin du cours, sans lui prêter attention. Sa simple présence me perturbait amplement et je n'avais pas retenu une chose du cours auquel je venais d'assister. Heureusement, nous arrivions à la fin de la journée et je pouvais aller réviser toute seule chez moi et rattraper mon manque de connaissances avec les livres. Je rangeais rapidement mes affaires et me faufilais hors de la salle de classe avant qu'Ansley ait l'idée de me parler. Je n'eus même pas le courage de regarder par dessus mon épaule pour voir s'il me suivait, encore moins les oreilles attentives pour entendre si on m'appelait. Alors que j'étais sortie du bâtiment, des mains m'attrapèrent violemment et me tirèrent sur le côté. J'entendis des rires, pas très sympathiques, et sentais des gens me pousser et me tirer, m'emmener autre part. Où, je ne savais pas, des mains grandes et rugueuses étant posées sur mes yeux. Je n'osais pas parler, je n'osais même pas essayer de fuir. Fuir était impossible : mon cœur ne tiendrait pas un sprint.

On s'arrêta et j'entendis des rires, des chuchotements. Un coup violent dans le dos me fit tomber à terre sur les genoux, et je recouvris la vue. Nous étions dans un terrain vague à côté du bâtiment scolaire où certaines bandes venaient traîner. C'était l'endroit favori de Trevor et sa bande, si je ne m'abusais. Son visage familier apparut dans mon champ de vue, alors qu'il attrapait mes cheveux blonds et les tirais en arrière. Je me mordis la langue pour réprimer un gémissement et ne le regardais pas dans les yeux. Cela ne ferait qu'attiser sa colère. Finalement, il me lâcha et je restais immobile, tremblante, me demandant qu'est-ce qui allait m'arriver aujourd'hui. Je me sentais chanceuse de n'avoir personne à qui expliquer mes marques, une fois arrivée à la maison. Un pied surgit de nulle part et atterrit vers mon estomac, me forçant à m'appuyer avec mes mains au sol, toussant. Quelqu'un trouva hilarant (d'après les rires) d'appuyer ma tête contre la terre me forçant à retenir ma respiration avant de tirer mes cheveux pour m'aider à me redresser. La terre étant humide, mon visage devait être barbouillé. Rien qui ne s'enlèverait pas avec de l'eau me disais-je, essayant de rester positive. Était-ce tout ? Allaient-ils arrêter, à présent ?
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MessageSujet: Re: i can't let them hurt you → ansley&arya   Jeu 16 Fév - 21:37

Je n'avais jamais eu très envie d'apprendre sur la génétique - l'histoire ou les mathématiques me plaisaient bien plus que cette matière - alors c'était vraiment sans regret que je ne suivais pas le cours. Sur le coup, Arya me semblait bien plus importante qu'une quelconque leçon sur les gènes ou les allèles. Mais elle ne semblait pas être de mon avis, et après m'avoir défendu de me frotter à Trevor et à sa bande, elle m'intima de me taire et de la laisser suivre le cours. Ce que je fis, en soupirant. Il était trop tard pour que j'arrive à reprendre le fil de la leçon, ce qui me laissait plus ou moins une demi heure pour imaginer tous les scénarios possibles. Ce qui était sûr, c'était que j'allais répondre au défi de Trevor, quitte à perdre. Même si je n'aimais pas ce genre de méthode, je pouvais également demander à quelques élèves plus jeunes - mais tout aussi impressionnant physiquement que le petit tortionnaire - de venir avec moi. De ce que j'avais appris des livres d'histoire, plusieurs armées ont reculé uniquement parce que l'autre semblait - et semblait uniquement - plus puissante qu'eux. Peut-être que je pouvais aussi simplement dénoncer Trevor au directeur ? Non, ce n'était pas le meilleur moyen de calmer le jeu. Affronter Trevor était bien l'unique chose qui pouvait le faire arrêter de s'acharner sur Arya. Mon regard se posa sur elle. Comment pouvait-on lui faire du mal ? Et puis, pourquoi est-ce qu'elle pouvait croire un instant que m'occuper des autres et les protéger pouvait être un passe-temps? La lecture était l'un de mes hobbies. Mais pas ça, bien au contraire. Était-ce vraiment l'impression que je donnais aux autres?

Je me mis à fixer le tableau en ardoise, jouant distraitement avec mon stylo. Je restai ainsi, sans bouger, sans broncher et donc sans déranger Arya pendant le reste du cours, perdu dans mes pensées, jusqu'à ce que la cloche sonne. Elle partit de la salle parmi les premières, et il me semblait qu'elle m'évitait ostensiblement. Je soupirai. Elle n'aura qu'à venir me remercier quand son calvaire sera terminé. Je rangeai mon cahier et mes affaires dans mon sac sans grand enthousiasme, le passai à mes épaules et quittai la classe dans les derniers. Je fis un détour par les casiers pour récupérer ce qu'il me restait de livres. Un coup d'oeil à l'horloge m'indiquant qu'il était l'heure d'aller voir Trevor, je me mis en marche, tergiversant encore une fois par rapport à la stratégie à adopter. Je détestais la violence, et pourtant, j'allais devoir y répondre. Alors que je m'apprêtais à aller à l'arrière du bâtiment - là où j'étais censé me rendre -, des rires lourds me parvinrent. Mon instinct me dicta d'aller voir ce qu'il se tramait, et après une ou deux minutes de marche, je tombai enfin sur la source de ces cris.

Arya était allongée par terre, le visage dans la boue, entourée par les membres de la bande de Trevor, et lui-même. Pendant un instant, je restai stoïque, à à peine quelques mètres de la scène, paralysé. J'avais vu des scènes de bagarre, ça, évidemment. Mais de la violence gratuite comme ça. Après un long moment - enfin, ce qui me sembla l'être - j'arrivai enfin à bouger et me dirigeai vers Arya. Dès que Trevor et sa clique me virent, ils s'arrêtèrent et commencèrent à lancer des idioties sans nom que je n'avais même plus le courage d'écouter et encore moins de comprendre : les connaissant, cela devait être d'un niveau incroyablement bas.

Sans un mot, j'aidai Arya à se lever, la soutenant tant bien que mal. La situation devait bien les faire rire, mais je m'en fichais royalement. « Regardez, Nicholson vient sauver sa petite amie ! C'est trop mignon ! » lança Trevor avant de ricaner stupidement. Je lui jetai un regard froid tout en répondant. « Je n'avais pas grand chose contre toi, Trevor. Mais maintenant, je peux t'assurer que tu vas avoir des problèmes. Attends moi à l'arrière du bâtiment. On va voir si tu tiens tes paroles. » Sur ces mots, je forçai Arya à marcher, jusqu'à ce que nous arrivions à un petit robinet d'eau fixé à un mur. Je la forçai à s'asseoir au sol et mouillai abondamment un mouchoir en tissu propre que mon petit frère avait eu la délicatesse de me donner un peu plus tôt dans la journée. Sans attendre un seul mot de sa part, j'ôtai les traces de boue sur son visage. « Tu crois vraiment que je vais les laisser te faire ça plus longtemps ? » je fis en essuyant son front à l'aide la partie sèche de mon mouchoir. « Tu as tellement peur d'eux que tu n'es jamais venue me voir ? Ce ne sont que des petits idiots, tu sais. Ils sont incapables de se comprendre que trop c'est trop. Tu aurais dû m'informer plus tôt. » J'avais dit tout cela sur un ton doux, bien conscient que ce n'était pas le moment de lui faire des reproches. Si je n'étais pas intervenu pour la récupérer... Ils auraient continué ? Fait pire ? Je frissonnai en pensant à ce qui aurait pu arriver à Arya. « Allez lève toi. » Je l'aidai à se remettre debout, constatant qu'elle était aussi épaisse qu'une allumette. Elle n'aurait jamais pu s'en sortir seule, ça c'était sûr. « Rentre chez toi. Je te promets que demain ça ira bien mieux et que tu seras tranquille. » Je lui fis un petit sourire compatissant, avant de me retourner et de me mettre en route vers l'arrière de l'école.

Arrivé à destination, je constatais qu'il avait perdu trois membres de sa bande habituelle, et donc qu'il était uniquement accompagné de deux acolytes. « Pathétique. » je lançai en posant mon sac au sol. « Pathétique. S’acharner sur une fille incapable de se défendre, c'est d'un courage impressionnant. » Trevor me gratifia d'un sourire narquois. « Arrêtons de papoter et passons aux choses sérieuses, veux-tu ? Si je gagne, je peux faire ce que je veux à ta petite amie, et... à tous tes petits protégés. Tu arrêteras de jouer le parfait petit super-héros. Entre nous, je sais bien que tu n'es pas comme ça. Tu as forcément un petit secret sale que tu n'aimerais pas voir être exposé au grand jour, hein? » J'ôtai ma veste et la posai sur mon sac, ne souhaitant pas la voir être traînée dans la bout si Trevor arrivait à me mettre à terre. « Je n'ai aucun secret, dommage de te décevoir. » Je le dévisageai, ne sachant pas si j'étais censé attaquer en premier où quoi que ce soit. « Si je gagne, tu arrêteras non seulement de brutaliser Arya, mais de semer le chaos avec ta petite bande. Je pense que c'est raisonnable, comme demande. »
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MessageSujet: Re: i can't let them hurt you → ansley&arya   Jeu 16 Fév - 23:21

J'étais persuadée qu'ils ne continueraient pas longtemps. Peut-être que si je faisais semblant de m'évanouir, ils n'oseraient pas me frapper ? Ce serait vraiment grave de frapper une femme inconsciente. Et alors que je réfléchissais à tout ça, je sentis quelqu'un m'empoigner et j'eus peur de recevoir de nouveaux coups. Mais à la place, on m'aida à me relever et avant de pouvoir regarder le visage de mon sauveur, j'entendis le nom « Nicholson » sortir de la bouche de Trevor. Mes membres se raidirent et je n'osais pas tourner la tête pour le voir venir à ma rescousse. Je ne lui avais rien demandé ! Tout allait être pire à présent. J'entendis Ansley répondre à la bande avant qu'il ne m’entraîne plus loin. Je n'avais pas vraiment la force de l'empêcher alors je le laissais me guider jusqu'au robinet d'eau. La bande de Trevor était idiote. Après tout, ils savaient très bien qu'il viendrait ! Ne pouvaient-ils pas attendre un peu pour me faire ce genre de farce ? .. Et je me rendis compte que j'étais plus en sympathie avec mes agresseurs que mon sauveur et me décidais d'être un peu reconnaissante. Car d'un côté, j'aimais bien ne plus être traînée dans la boue et tapée dans les côtes. La douleur était encore forte mais j'essayais de ne pas y penser. Sans me demander mon avis, il mouilla un mouchoir propre qu'il avait avec lui et commença à me nettoyer le visage. Je n'eus même pas le temps d'apprécier le moment puisqu'il commença à parler de choses qui ne me plaisaient pas. JE n'avais pas besoin de lui, je .. Je n'avais besoin de personne. Peur ? Non, je n'avais pas peur. Ou en tout cas, je n'en savais rien .. Je pensais que c'était mieux ainsi, et peut-être que oui, j'avais peur que cela ne soit que pire après. Du moment que ce n'était que moi, ce n'était pas bien grave. Ils ne faisaient rien qui pouvait me handicaper .. Plus que je ne l'étais déjà. Son ton était doux, c'était déjà ça. Pendant un instant, je pensais au fait qu'il savait qui j'étais, comment je m'appelais et qu'il me parlait gentiment. Pendant une fraction de seconde, je pensais qu'il pouvait vraiment s'inquiéter qu'il puisse m'arriver du mal, puis, je me rappelai qu'il agissait comme ça avec tout le monde. Finalement, quand je fus assez nettoyée (j'imaginais), il m'aida à me relever et me conseilla de rentrer chez moi. Sans rien dire, je le vis s'éloigner vers l'endroit où je me trouvais quelques minutes auparavant et étais bien incapable de bouger.

Je savais bien ce qui allait se passer : il pensait pouvoir battre Trevor, l'intimidait un peu, et se retrouvait au sol. Il était seul, les autres étaient en bande. Je savais bien comment cela allait se passer car ils n'étaient pas vraiment hommes d'honneur : ils n'auraient aucun scrupule à se battre à plusieurs contre un. La pensée qu'il puisse souffrir à cause de moi me décida à bouger les jambes et à me diriger en marche jusqu'à l'endroit. Il m'était bien impossible de courir car je ne serais pas arrivée là bas en un seul morceau, mon cœur me l'assurait. J'arrivais bien rapidement à l'endroit mais ne me fis pas voir tout de suite. Me cachant derrière le mur non loin, j'observais la scène. Ansley n'était pas au sol : c'était déjà ça. Je me permis de soupirer de soulagement avant d'analyser la scène : des membres de la bande de Trevor avaient dû s'enfuir puisqu'ils n'étaient plus que trois. Et bizarrement, deux étaient en train d'observer sans se mêler à la « bagarre ». Je disais bagarre entre guillemets puisqu'un seul semblait porter des coups : le gros dur. Ansley semblait faire tout son possible pour éviter les coups sans attaquer lui même. Il ne semblait même pas faire de gros efforts : leurs différences de carrure faisaient que Trevor était déjà essoufflé tandis qu'Ansley n'avait pas l'air même légèrement fatigué. Au bout d'un moment, ce premier essaya une nouvelle tactique et chargea vers l'autre qui l'évita très rapidement. Trevor tomba et roula dans la terre avec un grognement. Il semblait que c'était, apparemment, le coup de grâce puisqu'il fit un signe dans la direction d'Ansley avant de partir avec ses acolytes. Je me cachais dans un renfoncement alors qu'ils s'éloignaient et lorsque je jugeais la voie sure, je sortis pour rejoindre le jeune homme qui n'avait pas une seule égratignure.

Je ne savais pas quoi dire. Merci ? Qu'allait-il arriver, à présent ? Trevor allait-il se ramener le lendemain avec trois fois plus d'amis qui le battraient à mort ? Était il aussi stupide ? Je ne faisais que rester debout, bêtement, fixant Ansley sans dire un mot. J'étais légèrement essoufflée ayant marché un peu plus vite que d'habitude et fis de mon mieux pour me calmer. Après quelques minutes passées en silence puisqu'il ne semblait pas enclin à engager la conversation, ma bouche s'ouvrit. « Je suppose que je dois te remercier pour être venu à mon secours, tel un héros. » Ma phrase n'était pas dite avec un ton ironique, non. De toute façon, il était rare que j'utilise ce mode d'expression. Je m'exprimais comme toujours, avec honnêteté, douceur, hésitation. Puisque je ne savais pas quoi dire, je sortais des phrases qui au final, ne voulaient pas dire grand chose. Croisant mes bras en position défensive, je repris la parole. « Ils n'arrêteront pas, tu sais. Ils sont ce genre de garçon, tu ne peux pas pas les changer. » Il me semblait être celui qui voulait faire du bien partout sans même se soucier de savoir si c'était réaliste, de souhaiter une chose pareille. Je n'étais pas en train de croire que personne ne m'embêterait, désormais, à l'école. Malheureusement, nous vivions pas en pleine utopie. « Ils .. Ils reviendront m'embêter et, j'aimerais, s'il te plaît, que tu ne fasses rien. Cette situation me convient, elle .. elle me convient tout à fait. » Ma voix se brisa et je m'éclaircis la gorge, comme si ce n'était rien. Malheureusement, tous les signes avant coureurs d'une crise de larmes étaient à l'horizon : la gorge serrée, la poitrine lourde, le nez et les yeux qui picotent. Au bout de quelques secondes, les larmes commencèrent à couler sur mes joues sans que je puisse les arrêter et mes bras, coincés l'un sur l'autre sur ma poitrine, ne voulaient pas bouger de cette position. Je ne pus qu'essayer de sourire malgré mes yeux rouges avant de baisser la tête. « Désolée. »
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MessageSujet: Re: i can't let them hurt you → ansley&arya   Ven 17 Fév - 1:16

Les coups pleuvaient sur moi, mais ne m'atteignaient pas. Je les évitais tous plus ou moins, certains à la dernière seconde, mué par un instinct qui me disait de changer de position. C'était le maximum que je pouvais faire. D'abord, parce que je n'étais pas aussi fort que Trevor - c'était là une des rares qualités que je pouvais lui accorder -, qu'un coup de poing même bien placé ne l'aurait pas fait bouger d'un centimètre, et surtout, que je ne voulais pas rentrer dans son jeu. Il voulait user et abuser de la violence ? Soit. Mais pas en m'entraînant moi dans son cercle vicieux. J'évitais donc les coups - bien que son poing fermé s'abattit dans mon ventre une fois - sans trop y réfléchir, ne pensant qu'à une chose : à Arya. Il me suffisait juste de l'épuiser au maximum et de le forcer à déclarer forfait pour qu'elle soit libre et tranquille jusqu'à au moins la prochaine Moisson. Je ne prêtais plus attention aux deux acolytes de Trevor, je ne pensais plus à mon petit frère, je ne pensais plus à rien sauf à elle. Je dois l'avouer, j'aurais aimé qu'elle ait eu la gentillesse de me soutenir un peu plutôt que de sembler aussi fataliste, mais.. Je ne pouvais lui en tenir rigueur. Pas à cet instant, du moins. Je me forçai à me reconcentrer sur Trevor et me décalai sur ma droite brusquement, évitant un énorme choc frontal avec lui. Il s'écrasa au sol lourdement, essoufflé.

Je me permis un instant de répit, prêt à retrouver ma position défensive, mais il semblait qu'il n'était pas en état de faire un second round. Il manifesta son mécontentement par un doigt d'honneur, se releva rapidement et prit la fuite avec ses deux amis, humilié. J'avais gagné, selon mes propres règles. Alléluia.

Je pris une grande inspiration, repris ma veste et remarquai qu'Arya venait vers moi. Aucun de nous deux ne dit un mot pendant quelques instants, le temps nécessaire pour moi de me remettre de mes émotions. Finalement, ce fut elle qui brisa le silence. Sa phrase me fit sourire : oui, on m'avait déjà dit que je me prenais pour un super héros et j'aimais ça. C'était ma manière d'exister. Mais le reste de ses propos me laissa... perplexe. A sa place, j'aurais été particulièrement heureux. Je n'aurais pas douté un seul instant de ma liberté nouvellement acquise. J'en aurais profité. Mais Arya... Arya semblait ne pas vouloir être tranquille. Ne pas vouloir, ou pouvoir selon le point de vue, y croire. Elle me pria d'arrêter d'être bon envers elle, ce qui me rendit terriblement déçu. J'avais espéré qu'elle me remercie mille fois plutôt qu'elle ne m'accuse presque de décupler son malheur. Et puis d'un seul coup, elle se mit à pleurer. Je n'avais jamais été très doué pour réconforter les gens. Je savais les défendre, les protéger... Mais les réconforter, c'était une autre paire de manches. Généralement, je dégageai avant que les larmes ne coulent et c'était très bien comme ça. Je n'aimais pas les pleurs, parce que ça me rappelait ma mère - les trois premiers mois après sa disparition, mon petit frère pleurait chaque soir et je ne pouvais plus supporter les sanglots. Sans réellement comprendre pourquoi elle fondait en larmes ainsi, je fixai Arya. Qu'est-ce que j'étais censé faire ? Partir ? Non, ça je ne le pouvais pas - je me serais pour toujours senti mal de la laisser là. Je restai un instant stoïque, avant de soupirer et de l'entourer de mes bras.

J'espérais stupidement que ça allait la calmer. Je n'avais jamais enlacé quelqu'un ainsi avant. Parce que c'était quelque chose que je ressentais comme intime et que rien que l'idée d'être aussi proche de quelqu'un, de pouvoir ressentir sa chaleur, me rendait terriblement mal à l'aise. Mais là, c'était l'inverse. C'était... Agréable? Pas trop dérangeant? « Ecoute... » Je me raclai la gorge, ne sachant pas par où commencer, que dire. « Oui, Trevor et sa clique ne s'arrêteront jamais. Mais si mes actes peuvent les rendre un peu moins violents, c'est déjà un bon début tu crois pas? » Je me laissai aller la serrer un peu dans mes bras, avant de me rendre compte que ce n'était sûrement pas la meilleur chose à faire dans l'immédiat. « Tu ne peux pas les laisser te faire ça. Tu mérites d'être traitée mieux que ça, ça j'en suis persuadé. » Je décidai finalement que l'enlacer un peu plus ou un peu moins ne changeait pas grand chose, et qu'en période hivernale, il valait mieux garder un peu de chaleur humaine, et la laisser poser sa tête contre mon épaule. « Tu n'as pas à avoir peur maintenant. Ils ne reviendront plus, parce que je vais me débrouiller pour qu'ils ne puissent plus jamais toucher à un seul de tes cheveux. Si tu veux bien de moi... Je ne te force à rien, bien sûr. » Je fermai les yeux, concentré sur l'odeur de ses cheveux et sur sa chaleur douce. « Je peux t'aider. Je peux être là chaque matin pour t'accompagner à l'école pour éviter qu'ils ne s'en prennent à toi, je peux rester avec toi à chaque pause pour veiller sur toi... Je l'ai déjà fait avec d'autres gens. Je peux t'assurer qu'ils n'ont plus aucun problème avec Trevor maintenant. » Bizarrement, je n'avais plus vraiment le courage - ou l'envie, je n'en sais rien - de me détacher d'Arya, mais, me rendant compte que mon attitude devait sûrement la déranger, je me forçai à reculer doucement, abandonnant à regret son odeur.

« T'en penses quoi? Ca peut être bien, non? » Je repensai soudainement à nos parents respectifs disparus. Ils étaient amis. Nous pourrions aussi bien l'être. « C'est aussi un bon moyen de... renouer les liens entre nos familles? » Je lui souris doucement, avant de me rendre compte qu'elle n'avait pas - encore - accepté et que j'étais sans doute en train de me faire des films. « Enfin, si tu veux.» Je n'avais jamais autant parlé de ma vie. J'avais toujours été quelqu'un de peu expansif sur lui-même, mais je me doutais bien que c'était de mon devoir de proposer cela à Arya. Histoire d'avoir bonne conscience... Ou quelque chose dans ce genre.
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MessageSujet: Re: i can't let them hurt you → ansley&arya   Ven 17 Fév - 18:00

Je me sentais stupide. Moi qui faisait de mon mieux, habituellement, pour ne pleurer devant personne, voilà que je fondais en larmes devant un presque inconnu. Je devais le mettre mal à l'aise, et souhaitais de toutes mes forces qu'il soit parti en courant lorsque je regardais à terre. Les larmes continuèrent de couler le long de mes joues et je fermais les paupières pour oublier un peu où j'étais, ce que je faisais ou ce que l'on venait de faire pour moi. Une multitude de sentiments se bousculaient en moi et ils étaient tout sauf positif. Comment pourrais-je à nouveau faire face à Ansley avec ce qu'il venait de se passer ? Il était déjà assez compliqué pour moi de venir en cours, affronter les gens .. C'était exactement ce genre d’événement que je souhaitais éviter. Dès que je parlais un tant soi peu à quelqu'un tout était plus compliqué. Et alors que j'étais concentrée sur mes pensées, sur les insultes que je proférais contre moi même, je sentis des bras m'entourer et sentis la chaleur humaine. Cela faisait longtemps qu'on ne m'avait enlacée. Non. Je ne me rappelais même pas avoir été enlacée une seule fois : peut-être petite, par mes parents. C'était tellement étrange. Je ne me posais même pas de question sur le pourquoi d'un tel comportement, mais le fait d'être contenue, tenue, m'évitait de pleurer plus fort. J'avais envie de passer mes propres bras autour de lui pour le serrer mais m'en empêchais : ce n'était pas un comportement approprié. Il fallait que je me contente de ce que j'avais. Étant pratiquement de la même taille que lui -pourquoi on m'avait fait grande alors que je ne pouvais pas courir, je ne le savais pas-, le tableau ne devait pas être très étrange. Plus petite de deux centimètres, je pouvais aisément poser ma tête sur son épaule. Il commença à parler et j'écoutais. Je me sentais bien, car même s'il faisait ça avec tout le monde, il pensait des choses positives à mon égard. Il pensait que je méritais d'être mieux traitée, chose que je n'avais jamais considérée. Ma valeur était quasi nulle. Il me promit des choses que je ne crus pas, sans le dire. Savoir qu'il pensait pouvoir m'aider de cette façon était assez, comme on disait, c'était l'intention qui comptait. Mes larmes coulaient toujours et atterrissaient sur son t-shirt. Finalement, il se retira en me faisant une proposition qui m'aurait réjouie si j'étais optimiste. De ne plus être contre lui, un frisson me parcourut le corps et j'eus la chair de poule. Il fallait dire que je n'étais pas très couverte. Mes bras se croisèrent à nouveau sur ma poitrine, comme si j'avais besoin d'être serrée d'une façon ou d'une autre. Je n'osais le regarder, fixant ses pieds. Il me posa des questions auxquelles je ne répondis pas tout de suite. Je ne savais pas quoi penser de tout cela, et finalement, il s'arrêta de déblatérer.

D'un côté j'avais envie d'accepter. Passer mon temps libre avec le garçon qui m'intéressait le plus depuis plusieurs années ? Ne pas être seule, pouvoir parler avec quelqu'un ? Mais d'un autre, il y avait plusieurs points qui devaient être considérés. En effet, il semblait parler de cela comme d'une mission : passer du temps avec moi et partir quand tout serait arrangé. Je ne me sentais pas capable de ne pas m'attacher à lui et de devoir le laisser partir, lorsqu'il m'abandonnerait au bord de la route comme un animal de compagnie. Et je doutais qu'il fasse tout ce qu'il promettait : il ne connaissait rien de moi. Je n'étais pas amusante, pas très bavarde, loin d'être intéressante. Plutôt pessimiste et fataliste, je ne ferais que lui baisser le moral. Mes bras se décroisèrent et mon regard se leva : j'osais le regarder à peu près dans les yeux. En vérité, je regardais ses sourcils, c'était plus simple. Mais lui ne devait rien remarquer. « Instinctivement, je voudrais bien, oui .. Qui ne voudrait pas. » Un soupir s'échappa de ma bouche et je commençais à me triturer les doigts en cherchant que dire. Déjà que ce n'était pas facile de parler à n'importe qui, alors à lui, c'était encore pire. Il s'exprimait si bien que je me sentais encore plus petite. « Le problème c'est que je n'ai pas besoin de charité .. Je n'ai pas envie d'être ton projet du moment. Je préfère n'avoir aucune relation qu'un semblant insignifiant. » Mon regard baissa encore une fois, finalement, même ses sourcils m'intimidaient. Mes mains trouvèrent les pans de mon haut pour l'ajuster. J'avais toujours besoin de toucher quelque chose pour me calmer.

Un petit silence prit place. Au bout d'un moment, je déglutis pour reprendre la parole. Étais-je sérieusement en train de refuser une offre plus qu'intéressante, qui aurait sûrement excité plus d'un ? Oui. Mais j'étais loin d'être la fille la plus intelligente du monde, de toute façon. « Merci de m'avoir sauvée, si c'est ça que tu attends. Mais tes services ne seront plus requis avec moi. »
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