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 “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter

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MessageSujet: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Ven 27 Jan - 7:48



    « Aujourd’hui est un grand jour,
    Voilà ce que j’aurais voulu croire en ces temps glorieux. Peut-être me suis-je laissée bercée par de doux rêves. C’est probable. J’ai cru que cela serait facile comme décision, que cela n’aurait aucune conséquence. Mais je me suis trompée. Comme souvent d’ailleurs… Peut-être ai-ce parce que je continue de croire que les hommes ne sont pas profondément méchants, qu’il y a quelque chose en eux qui les poussent naturellement à aller vers les autres, et à leur sourire. J’ai déjà souffert de cette naïveté, mais cet espoir reste vivace en moi. Je veux croire en une bonté naturelle chez l’homme. Je veux croire à la possibilité d’être aimée et d’aimée en retour, sans que rien ne puisse perturber ce bonheur pourtant simple. Mais je dois au moins admettre une chose : rien n’est simple en amour. Jamais. »


« Mademoiselle Storm. Votre voiture est prête. Nous n’attendons plus que vous. » La jeune femme leva le nez de son journal et regarda l’homme qui se tenait bien droit devant elle. C’était un de ses assistants. Il était payé pour lui préparer son café ou aller lui acheter des tissus. Il l’aidait à préparer ses voyages, et, depuis six mois il faisait un travail remarquable. « Vous avez réglé les derniers détails avec l’hôtel ? Vous n’avez pas oublié mon croquis dans mes bagages ? » demanda-t-elle en fermant son cahier et en le rangeant en sécurité dans le double fond de son bureau. Elle rangea le stylo avec lequel elle écrivait, et rangea sa chaise. Elle était tout à la fois excitée et profondément apeurée. Elle avait pris une grande décision en effet, et rien ne devait lui faire regretter sa décision, cependant elle ne pouvait pas s’empêcher de vouloir reculer, et finalement, de rester en sécurité au Capitole. Mais elle était adulte à présent, elle ne pouvait pas simplement s’enfermer dans une tour d’Ivoire et se couper du monde extérieur. Elle aimait le monde extérieur. Le monde des districts, la beauté de chacun, les couleurs, la lumière, le climat qui l’attendait dans son tour annuel de Panem.

Elle s’empara de son sac dont la fourrure rose était de sa conception. Ses cheveux bouclés arborés la même couleur en ce moment. Un rose clair, coupé de mèches plus foncées. Elle portait des lentilles de couleurs crèmes et un rouge à lèvres dont la brillance illuminait chacun de ses sourires. Elle ne portait aucun tatouage sur le visage comme c’était la grande mode en ce moment au Capitole. Elle n’aimait pas l’idée d’inscrire définitivement des motifs sous sa peau. Mais elle s’amusait à dessiner des rosaces autour de ses yeux avec les crayons de maquillages permanents qu’elle détenait. Ainsi de magnifiques dessins accompagnés son maquillage dont la base n’était que trop simple. Elle couvrait sa tête d’un chapeau en feutre, décoré de quelques plumes d’oiseaux divers qu’elle avait découvert dans le district onze, il y a des années.
Sa robe était courte. En réalité cela s’apparentait plutôt à une sorte de tunique. Blanche, elle dessinait un beau décolleté qui mettait la poitrine de la jeune femme en avant. Les manches longues était en flanelle blanc, et avec la lumière semblaient parfois être rose ou bleu. Le tissu plus cotonneux du t-shirt descendait sur ses hanches, et laissaient paraître les contours parfait de son corps sculptural jusqu’au dessous de ses fesses. Elle portait une ceinture en cuir marron clair, et un pantalon dont le tissu était une de ses créations, transformé par ses soins avec l’aide de scientifiques du Capitole dans le but de lui offrir à la fois de l’aisance, de la chaleur, une couleur agréable, et une tissu qui épousait ses jambes à la perfection. Finalement, elle portait des chaussures fines et roses, dont le talon de quelques centimètres, lui permettait de marcher longtemps sans douleur.

Elle marchait le dos bien droit, le regard fixe et assuré, et un sourire joyeux sur les lèvres. Elle commençait son tour de Panem aujourd’hui. « Non Mademoiselle. La voiture n’attend que vous. « Parfait » Répondit la jeune femme en passant devant le jeune garçon qui ferma la porte sur son passage et la suivit alors qu’elle quittait sa somptueuse demeure dans le centre du Capitole. Elle ne vivait pas loin de l’immeuble qui accueillait chaque années les 24 tributs qui seront envoyés dans les Jeux du Capitole, et la raison en était simple : chaque années elle travaillait à la beauté de ces tributs. Elle était styliste, et mieux encore : Silayan Storm était la styliste des tributs de Carrières depuis sept ans. Elle avait eu la chance d’être la styliste des tributs du premier district pendant cinq ans. Mais l’année précédente, elle avait perdu son rôle. A cause de ses créations « médiocres » depuis quatre ans. Cependant, il était impensable pour elle de perdre encore une fois ce rang prestigieux six mois plus tard, avec les prochains Jeux de la Faim. Alors, elle avait pris la décision de repartir en voyage autour de Panem.

Tous les ans, elle visitait les districts de Panem. Pas tous, car cela pouvait être dangereux, et excessivement cher, mais cette année c’était particulier. Cette année elle se sentait vidée. Elle sentait le besoin pressant de retourner aux sources, de revenir à la base de son métier, et de son amour pour la beauté. Alors, cette année, pour la première fois depuis quatre ans, elle allait se rendre dans le district quatre. A cette pensée, elle ravala sa peur, et tenta de se convaincre que tout irait bien, que ce n’était rien. Qu’elle n’avait rien à craindre. Et en somme c’était sans doute vrai. Elle ne risquait pas sa vie à se rendre au district quatre. Les forces du Capitole avaient été renforcé depuis le message piraté qui avait annoncé la levé d’une nouvelle armée rebelle. Cela signifiait qu’il y avait plus de Pacificateur dans les districts. Et que les déplacements entre le Capitole et les districts étaient restreints et plus difficile. Mais pas pour elle. C’était une tradition pour la demoiselle de se rendre dans les districts tous les ans, elle n’en dérogerait pas pour un message de Coin. Elle se fichait de la rébellions, de ces jeunes gens qui pensaient pouvoir renverser le Capitole. Elle ne cherchait que la beauté en réalité. Et si elle ne le trouverait pas en l’homme, alors elle le trouverait dans les paysages aussi divers que magnifiques des districts. La mer immense du district quatre…. A l’aube, alors que les pécheurs partaient à peine sur leurs embarcations de fortune. C’était une image qu’elle avait gravé en elle, mais qui lui manquait.

Le temps qu’elle rejoigne le district quatre il fera sans doute nuit. Elle ne s’y rendait pas seule. Des bras forts du Capitole l’accompagnait pour assurer sa sécurité. Owl-Inn le lui avait imposé. Elle ne pensait avoir besoin de cela en plus, mais soit, elle se résignait à accepter les caprices de son ancien petit ami – mentor – ami – collègue – ennemi -… amant. Elle soupira. Tout cela était bien trop compliqué. Là encore elle sentait le besoin de prendre ses distances. Elle était fatiguée, et ce voyage lui ferait sans doute du bien. La voiture démarra, et alors ce fut un voyage de plusieurs heures qui lui permit de rejoindre le district quatre. Elle prit un cachet et s’endormit presque immédiatement…

« Vous êtes arrivée, Mademoiselle Storm. » Ce fut une voix rude et roc qui la tira se son sommeil réparateur. Elle ouvrit les yeux et autour d’elle elle découvrit un paysage plus paisible que celui du Capitole. Il lui semblait être dans un autre monde. Le temps était comme suspendu dans le district quatre. C’était un paysage maritime qu’elle appréciait pour son silence. Elle sortie du véhicule et se trouva devant le même hôtel qui l’avait accueilli quatre ans auparavant… Il y a quatre ans … Dans un mouvement inquiet elle scruta les environs. Mais rien. Il n’y avait personne. Elle se rendit compte que c’était la fin de l’après-midi et qu’il était sans doute bientôt l’heure sonnant al fin d’une journée de travail. Ce qui expliquait le calme ambiant avant que chacun ne rentre chez soi. Elle demanda à ce que ses bagages soient montés dans sa chambre, et alla saluer chaleureusement les dirigeants de l’hôtel qui lui avait réservé leur meilleur chambre avec une vue imprenable sur la mer. Elle les gratifia d’un sourire chaleureux. Cela la mettait d’entrain, et elle eut le désir de sortir immédiatement afin de retrouver ce paysage qui lui avait tant manqué. L’un des hommes d’Owl-Inn insista pour l’accompagner afin « … d’assurer votre sécurité et de vous permettre de profiter pleinement de votre séjour sans risquer quoi que ce soit de malheureux. » La jeune femme était profondément agacée en réalité de ne pouvoir être seule. « Ais-je l’air triste, Monsieur ? Ou peu enclin à profiter de mon séjour. » « euh…. Il me semble madame. » « Il vous semble, vraiment ? Sachez que c’est de votre fait, Monsieur, et que la seule chose qui me rendra ce séjour agréable, c’est votre absence. Hors de ma vue. » Dit-elle avec un sourire ravi sur les lèvres avant de faire volte-face et de sortir du bâtiment.

Elle se trouvait sur le bord de l’eau, mais éloigné des quais. Elle désirait voir le retour des pêcheurs. C’était un spectacle qui lui plaisait. Il y a quatre ans elle allait les observer revenir en tenant leur bateaux. Cette fascination qu’elle avait pour ce travail ingrat faisait rire Hun… Elle s’arrêta à quelques mètres des quais. Cela faisait quatre ans qu’elle s’interdisait de penser ce nom. Elle en était incapable, mais depuis quatre ans, elle n’entendait parler de lui que … sous des termes peu glorieux. Elle se tenait au courant de ses exploits en tant que … Pacificateur. C’était la première fois depuis quatre ans, qu’elle se remémorait un moment de bonheur avec lui. Alors qu’elle le voyait encore comme un homme … Normal. Elle secoua la tête, et se remit en marche. Elle regardait le soleil qui descendait vers l’horizon, et les bateaux qui rentraient au port. Elle marchait sur les bords de l’eau, regardant son reflet qui glissait sur les vagues. Elle aimait cela. Le jeu des matières, des reflets, de la lumière. Elle se rendit compte que le district quatre lui avait profondément manqué. Elle se sentait presque bien. Elle avait l’impression de toucher du doigt ce qu’il lui manquait depuis quatre ans dans son travail. Non pas l’inspiration, comme elle l’avait cru, mais la beauté. Elle avait oublié ce qu’était la beauté, trop aveuglée par la colère et la tristesse. Par la soudaine évidence de sa solitude.

Elle resta postée face aux vagues pendant plusieurs minutes. Cela lui semblait interminable. Mais bientôt, un mouvement la fit tourner la tête à droite. Elle resta figée… une expression de surprise, et d’horreur sur le visage. Il ne lui fallut qu’un instant pour le reconnaître, mais ce ne pouvait être que lui. Son cœur manqua un battement. Elle sentit toutes ses résolutions et son courage s’envoler. Et elle fit une chose qu’elle n’avait pas imaginé possible. Elle le regarda, croisa son regard, ne bougea pas pendant un instant. Puis, elle fit demi-tour, et se mit à courir. Elle n’avait pas fait attention aux rassemblements des enfants qui sortaient de l’école et qui lui barraient la route sur sa gauche. Elle fut contrainte de s’arrêter après trois foulées, et d’attendre, apeurée, incapable de bouger. « Non… » c’était un murmure, une supplication, un pleur prouvant de sa peur et de sa faiblesse qui lui échappa
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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Dim 29 Jan - 19:45


Je n'avais plus l'habitude du district quatre. À vrai dire, la raison était terriblement simple. Les districts favorisés par le Capitole tels que le un, le deux ainsi que le quatre, ont une tendance beaucoup plus calme à la rébellion. Le risque n'est pas de zéro, mais il est fortement diminué par rapport aux districts pauvres. Honnêtement, ses trois districts n'ont aucune raison d'émettre la moindre envie de rébellion. Ils sont favorisés, proches de nos dirigeants, avec une qualité de vie appréciable, sans compter qu'ils soutiennent notre gouvernement. Comment pourraient-ils se rebeller ? Ils seraient complètement fous. Les districts pauvres, eux, ont leurs raisons. On ne peut pas dire qu'ils soient les plus riches et on ne peut pas non plus dire qu'ils mangent à leur faim. Mais après tout, ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux. Ainsi donc, pour ses raisons, mon travail était principalement concentré sur les districts tels que le douze ou encore le onze. D'ailleurs, ce dernier était plus que jamais au bord de l'explosion, depuis qu'une jeune fille nommée Winnileen avait été tuée par mes collègues alors qu'elle n'avait pas hésité à évoquer ses envies de liberté. De plus, les pauvres n'avaient plus rien à perdre. La plupart d'entre eux avaient perdu leurs proches dans les Jeux ou à cause des maladies. Ces foutus districts nous menaient la vie dure. Et honnêtement, cela en était presque drôle. Comme si des petits paysans pesant chacun à peine trente kilos avaient leurs chances, même en se mettant à plusieurs, face à des Pacificateurs entraînés à tuer et à combattre. Ils pensaient sérieusement pouvoir avoir le moindre avantage ? Cela en était ridicule. Et pourtant, nos supérieurs nous obligeaient à nous rendre dans les districts à grande tendance à la rébellion, bien même qu'ils connaissaient l'issue de chacune de nos visites. Des pertes humaines à compter par dizaine, sous oublier les proches aucunement calmés de leurs envies de liberté. Foutu district treize qui avait déclenché cette guerre. Avec leur connerie de message juste avant le début de la soixante-quinzième édition des Jeux, ils avaient réussi à mettre des citoyens de leurs poches. Et de fil en aiguille, d'autres les avaient rejoints, puis d'autres, et encore plus. Cela ne semblait jamais s'arrêter, fort heureusement nous étions là pour stopper leurs rêves. Qui étaient complètement stupides, qu'on se le dise. Le district quatre n'était pas prioritaire sur la liste de ceux à haut risque de rébellion. Malgré tout, il fallait s'assurer qu'ils restent tranquille et continuent à se montrer dociles envers notre gouvernement. J'avais été assignée à cette mission, pour la simple et bonne raison que mes supérieurs n'avaient jamais eu à se plaindre de mon travail, et qu'ils s'étaient mis d'accord pour m'accorder quelques jours de repos, dans un district calme et agréable.

La journée touchait peu à peu à sa fin et le soleil n'allait pas tarder à se coucher. J'appréciai fortement la vue de ce dernier laissant comme ombre des teintes orangées. Cela pouvait paraitre ridicule, mais malgré mon travail, j'étais capable d'apprécier les petites choses simples de la vie. Et la disparition du soleil en faisait partie. Cependant, je restais avant tout un Pacificateur qui prenait son travail le plus à coeur possible. Et ainsi donc, je m'étais rendu sur les quais avec la ferme attention de garder un oeil sur les pêcheurs. Je devais m'assurer que leurs prises reviennent au Capitole et non dans leurs proches. Je n'avais pas réellement de doutes concernant les travailleurs du quatre. Ils étaient, pour la plus grande majorité, très bien lotis. Il serait totalement suicidaire d'envisager de commettre le moindre vol. Le quatre était l'un de mes districts préférés. Le luxe y était présent en petite dose, les citoyens honnêtes, n'ayant pas besoin de commettre d'infraction pour survivre, et la qualité de vie dépassait fortement celle des autres districts. S'y rendre était comparable à des vacances. C'était agréable. Bien même que je n'avais pas mis les pieds sur les quais depuis des années. J'avais soigneusement évité tout endroit se rapportant à l'eau. Je ne pouvais guère éviter l'entier du district, je sélectionnais donc les zones dans lesquels je refusais de me rendre. Cependant, ce jour était différent. Je me risquai à me rendre à la mer. Je n'allais voir personne d'important de toute évidence. Quatre ans étaient passés, elle était devenue une jeune styliste appréciée et réputée au Capitole. Il n'y avait aucune raison pour qu'elle remette les pieds ici. Non, aucune.

Les pécheurs commencèrent à revenir de leur longue et dure journée de labeur. Elle aimait bien les regarder revenir, je n’avais jamais compris pourquoi. Mais je l’aimais, elle, alors je l’a suivais. Ma journée touchait à sa fin, et je me contentai de contrôler les permis de travail des arrivants, afin de m’assurer qu’aucun fraudeur ne se cachait parmi les travailleurs légaux. Comme je m’y attendais, tout le monde était en règle. Le district quatre restait l’un des plus honnêtes, il n’y avait rien à dire là-dessus. Aucun petit trafic illégal se tramait dans le coin, ou du moins, il était bien plus discret que ces foutus districts de pauvres. Je jetai un bref coup d’œil à ma montre. Ma journée était finie. Je déboutonnai le haut de mon uniforme afin d’être le plus à l’aise possible. Je n’avais aucune envie de rentrer à la maison qui m’était assignée, préférant me retrouver seul avec le bruit des vagues pendant quelques heures. Les quais se vidèrent pratiquement instantanément, et seuls quelques jeunes gens restaient encore dans le coin. Probablement des carrières qui comptaient profiter de la discrétion donnée par la nuit sombre afin d’entraîner leur capacité à la nage avant la prochaine moisson. Encore une raison pour laquelle j’aimais le quatre. Leurs jeunes tributs étaient toujours les plus combattifs, ils restaient ceux qui assuraient un maximum le spectacle lors des Jeux. Si les tributs du un, du deux et du quatre n'existaient pas, les Jeux seraient bien fades et sans intérêt. Mais dieu merci, ces carrières sanguinaires et brutales me donnaient chaque année un plaisir immense au visionnage des Hunger Games. Je m'avançai un peu plus près de mon but, quand je fus stoppé brutalement par la vision d'une jeune femme de profil. Je plissai des yeux, me concentrant sur chaque détail. Ses cheveux. Ils n'étaient pas pareils, mais je pouvais les reconnaître malgré tous les traitements différents qu'ils avaient subis. Ce visage dessiné de profil m'était familier. Bien trop. C'était impossible, cela ne pouvait pas être réel, je ne le voulais pas. Quatre ans n'avaient pas suffis. J'avais tenté de la rayer de ma vie, et j'y parvenais un peu mieux chaque jour. Pourquoi devait-elle se pointer ici ? N'avait-elle pas suffisamment de succès au Capitole pour y rester ? Elle était comme leur nouvelle coqueluche, elle devait se suffire de ça. Pas besoin de continuer à se rendre dans des districts, ça ne servait à rien. Alors pourquoi ? Mes jambes refusèrent d'effectuer le moindre mouvement. Je me retrouvai à la place de ses adolescents complètement ridicules, à avoir le coeur qui battait plus vite que la normale. J'en deviendrais presque humain. Oui, car si je détestais autant la jeune femme, c'était qu'en sa présence, je ressentais des sentiments.

Je ne voulais plus penser à elle. Que ce soit à son prénom, à son visage, à son sourire, à ses yeux. Je ne voulais plus qu'elle ait la moindre attention de ma part. Je l'aimais, je l'aimais comme un fou et elle était partie sans rien dire, de la manière la plus lâche possible. Et pour cette raison, la haine surpassait la colère. Je l'avais pensé, j'avais espéré, et finalement elle croisa mon regard. Je voulais qu'elle croise ce regard, celui que je réservais aux personnes que je détestais le plus. Mon coeur se mit à nouveau à battre alors qu'elle s'enfuyait à vive allure. Je ne devais pas la fuir. Je devais l'affronter, obtenir enfin ses explications. Bien que je savais pourquoi elle était partie, je voulais qu’elle s’explique sur sa lâcheté. Sans donner le moindre ordre à mon corps, ce dernier suivit la jeune femme. Je ne courrai pas, mais je voulais qu’elle sache que j’étais derrière elle, que je l’attendais, que j’allais l’attraper. Qu’elle le veuille ou non, elle allait se retrouver entre mes bras pour une explication. C’était la fin de tout, du travail, mais également des cours. Et je n’avais pas prévu la sortie des bipèdes haut comme trois pommes, mais ils étaient tombés à point. J’augmentai le rythme, et me retrouvai bientôt à quelques centimètres de son corps, de la jeune femme. Je n’avais jamais été aussi près d’elle depuis quatre. « Non… » Je pouvais entendre le supplice dans sa voix, mais j’en avais rien à faire, je n’allais pas la laisser tranquille. Silayan ne m’échapperait pas une nouvelle fois. Silayan. Rien que la pensée de son prénom m’arracha une grimace. Une nouvelle fois, mes pensées ne contrôlèrent pas mes actes et je me retrouvais à attraper fermement le bras de Silayan. « Retourne-toi. » lui murmurai-je au creux de l’oreille. Je voulais qu’elle me fasse face. Qu’elle se retourne, et qu’elle affronte mon regard. Elle ne bougeait pas, ne réagissait pas. « Retourne-toi ! » Cette fois ma voix était plus dure, plus forte, et je me retrouvais à lui parler fermement, chose que je n’aurai jamais imaginé. « Fais-moi face. Regarde-moi, Silayan. » Nous devions avoir cette conversation. Elle le savait aussi bien que moi. Nous en avions besoin. Et immédiatement.



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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Dim 29 Jan - 23:06

Tout c'était passé bien trop rapidement à son gout. Elle se trouvait là, devant la foule d'enfant, sortant de l'école en parlant, en riant, en criant. Indifférents à la scène qui prenait place sous leurs yeux. Elle, elle resta figée, face à eux, sans réussir à bouger. Elle ne comprenait pas. Sous ses yeux, un ballet de couette, de chevelures dorés, de regards curieux, illuminés de malice. Des uniformes, des cartables, et des feuilles qui s'envolaient derrière les enfants qui couraient rejoindre le centre, ou alors, qui délaissaient leurs affaires avant de se jeter à la mer. Elle les observait, mais ne semblait pas les voir. Elle était terrorisée en vérité. Elle s'en voulait profondément. Parce que venir dans le district quatre avait été une idée stupide. Parce qu'elle était seule et sans défense. Parce qu'elle était bien plus faible qu'elle n'aurait voulu le faire croire. Elle sentait son coeur accélérer, elle manquait d'air, elle avait des sueurs froides. Elle regardait le vide face à elle et essayait de se calmer. Tout était allé bien trop vite, elle ne prit pas conscience tout de suite de ce qu'il c'était passé. Pourtant son corps avait réagit instantanément. D'abord, la surprise, le désir, puis la peur.

La surprise, parce qu'elle ne s'attendait pas à le voir aussi vite, aussi proche. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il soit présent dans le district quatre. C'était un district plutôt calme, en réalité, elle doutait que la présence de Pacificateur "de talent" soit véritablement requis en ces lieux. Pourtant il était bien là, présent, à ses côtés. Il était impossible qu'elle l'eut confondu avec un autre. Elle avait reconnu sa carrure, son corps, son visage, et son regard. Ce regard qu'elle aimait tant... Qu'elle avait tant aimé. Elle se mordit la langue. Tu t'étais promis de l'oublier Silayan ! Ce n'est qu'un monstre ! Elle essayait de se souvenir de ses exploits. Mais tout ce qui lui revenait en mémoire, c'était leurs promenades sur la plage, c'était les après-midi au bord du lac, c'était les nuits entières passées dans ses bras ... Arrête... Elle devait se concentrer sur l'idée qu'il n'était qu'un monstre. Ce n'était que trop vrai. Combien de femme avait - il tué ? Combien de vie avait-il détruite ?
Le désir l'avait pourtant saisi, un instant. Car en réalité, malgré tous ses efforts, elle n'avait jamais appartenu qu'à lui. Elle avait eu d'autres amants, elle avait essayé de l'oublier dans d'autres étreintes. Mais toujours il revenait à son esprit. Elle était écœurée. Parce qu'il lui avait menti. Parce qu'elle l'aimait sans doute encore. Et parce qu'elle ne pouvait pas réussir à aimer un autre homme sans ressentir la rancœur profonde qui l'habitait. Elle lui en voulait bien plus qu'elle ne pouvait l'avouer. Elle lui en voulait, parce qu'il l'avait détruite. Il lui avait menti. Et jusqu'à quel point ? Elle lui en voulait, parce qu'elle s'était donnée à lui. Elle s'en voulait à elle-même pour avoir fait preuve de tant de naïveté.

Suite à cela il ne resta plus que la peur. La peur de ne pas pouvoir faire demi-tour, d'être incapable de lui en vouloir plus longtemps, d'être tuée par ses mains. Elle avait l'impression de ne pas reconnaitre l'homme qui se tenait devant elle. Elle l'aperçut un court instant, mais les sensations qui l'envahirent sur multiples, et sous la pression soudaine du poids qui l'accaparait, elle n'eut d'autre réaction que celle de se mettre à courir. Elle voulait mettre le plus de distance entre lui et elle. Elle n'avait pas la force de se confronter à lui. Elle s'était trompée, elle n'était pas prête pour cela. Cependant, le sort en décida autrement pour elle, et elle se retrouva coincée, prise au piège. Elle n'aimait pas le moins du monde cette sensation. Elle entoura son corps de ses deux bras, comme pour se protéger du monde extérieur. Se protéger de Lui. Avant tout. Pourtant, il ne lui avait jamais fait le moindre mal. Si ce n'était lui mentir.

Elle laissa malgré elle, échapper une supplication. Un Non presque pleurant, qui glissa de ses lèvres. Elle s'en voulu presque immédiatement. Elle le sentait proche, trop proche. Tout espoir de le voir l'oublier, la laisser partir était donc vain. Il l'avait suivi. Elle sentit sa main se poser sur son bras. Elle ne put contenir un sursaut de surprise. De Surprise, car elle ne s'attendait pas à ce qu'il la touche. Et le choc électrique qui lui traversa le corps à son contact lui était peu familier. Elle était perdue. « Retourne-toi. » Elle ne réussit pas à bouger. Sa voix n'avait pas été impérieuse comme elle l'aurait voulu. Elle avait murmuré ses mots au creux de son oreille. Elle pouvait sentir le souffle chaud d'Hunter dans son cou. Hunter... Elle arrivait enfin à penser son nom sans souffrir. Elle n'arrivait pas à bouger. Le son de sa voix la rendait faible. Elle se souvenait des mots qui lui susurait à l'oreille quatre ans auparavant. Qu'est-ce qui avait changé depuis ? Après tout, la lumière du couché de soleil sur la mer était toujours aussi pure. « Retourne-toi ! » C'est un monstre. Jamais il ne lui avait parlé avec cette voix-là. Elle réagit enfin et esquissa un geste pour qu'il lâche son bras. Mais il était bien trop fort par rapport à elle. Peut être ne se rendit-il pas même compte qu'elle se débattait. « Fais-moi face. Regarde-moi, Silayan. » Elle réagit, fit volte-face et accompagna cela d'un geste violent qui lui permet de récupérer son bras. “ NE ME TOUCHE PAS ! ” Cria-t-elle en le regardant - enfin - dans les yeux.

Son regard était amer, colérique, honteux. Elle ne savait pas quoi faire. Son corps réagissait plus vite que son esprit, et elle fit deux pas en arrière pour s'éloigner de lui. Elle se sentit mieux. Elle s'en voulait de ne pas pouvoir rester proche d'Hunter. Elle le regardait. Il portait son uniforme de Pacificateur. Cela lui fit mal, et lui rappela combien elle avait pu être aveuglée. Et stupide de ne pas même se demander qui il était vraiment. Elle resta sans parler pendant un moment. Puis elle fut incapable de soutenir son regard plus longtemps et regarda la mer. Les enfants s'étaient éparpillés. Mais elle n'avait plus le désir de s'enfuir. Elle se demanda s'il avait une armé sur lui. SAns doute. Et s'il aurait la force de s'en servir contre elle. Question stupide, il n'aurait aucune raison de le faire. Mais cette idée l'inquiéta. Ainsi, alors qu'elle reprit la parole, elle pesa ses mots. Elle avait une voix plus calme, mais non dénuée de sentiments. Elle n'arrivait pas à cacher son amertume et sa crainte. “ Le moment est venu alors. ” C'était presque un soupire. “ Je pense que tu attends cela ... depuis quatre ans. Hunter. ” Elle disait son nom pour la première fois depuis quatre ans. Elle s'était refusée de le penser, de le prononcer. Elle avait peur. Elle ne voulait pas de cette conversation. Cette discussion qu'il avait omis d'avoir avec elle il y a quatre ans. Cette conversation qu'elle avait fui lâchement, sans un mot d'aurevoir...


HS : pas terrible, je me rattrape au prochain Wink
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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Dim 5 Fév - 19:10

Elle ne pouvait plus fuir. Elle ne m'échapperait pas. Pas une fois de plus. Silayan pouvait courir à en perdre haleine, s'éloigner le plus possible de moi, supplier que je l'a laisse tranquille, implorer ma pitié, rien n'y ferait. Je ne quitterais pas le district quatre tant que je n'aurai pas eu mes explications. Je les aurais. Quitte à user de ma force. J'essayais de me convaincre que je pouvais le faire. Que Silayan n'était rien d'autre qu'une enveloppe corporelle comme tant d'autres, comme tant d'autres que j'avais torturé, tué, achevé, massacré, écrasé. Qu'elle n'était pas plus différente qu'une autre femme. Que ces femmes dont je n'avais aucun remord à torturé, à sentir leur sang gisant sur mes doigts, leurs cris pénétrant mes tympans, leurs larmes salir mon uniforme, et leur peau marquée par les coups. Silayan était parvenue à me faire autant de mal qu'une centaine de ses femmes réunies. Je l'a détestais, de tout mon être. La moindre parcelle de mon coeur vouait une haine son nom à la jeune femme. Et pourtant. Je ne parvenais pas à m'imaginer faire couler son sang. Mon esprit était entraîné à rêver constamment de sang et de mort, mais Silayan n'apparaissait pas dans ces derniers. Même en le souhaitant de toutes mes forces, son visage n'apparaissait pas parmi les litres de sang dont je rêvais. Son visage apparaissait pour me renvoyer l'image de son délicat et magnifique sourire. Ainsi que l'image de ses yeux pétillants d'excitations à l'idée de passer du temps avec moi. Mais également ses paroles douces dont elle me berçait lors de nos nuits passées ensemble. La seule image que mon esprit me renvoyait était celle de la femme que j'avais aimée et non celle que je détestais. Cependant, cela devait s'arrêter. Je devais mettre fin à cette relation jamais terminée, si ce n'est par la fuite. Je devais arrêter tout cela là où cela avait commencé.

Sa beauté m’était apparue tel un rêve. Je n’osais y croire à la minute où j’avais reconnu sa chevelure, sa démarche, sa façon d’être. Elle était là. Elle m’avait également trouvé dans la foule. Peut-être avait-elle senti ma présence. Les êtres fusionnels sentent toujours la présence de leur autre moitié. Non, nous n’étions plus fusionnelles. Nous ne pourrions plus jamais l’être, nous ne devions plus jamais l’être. Et cela n’arriverait jamais. Quelle idée stupide qu’est l’amour ! Ce n’est que mensonge, cruauté, destruction de son propre être, emportant l’autre dans sa chute. C’est bien connu, les Pacificateurs ne peuvent pas laisser l’amour entrer dans leur mode de vie, dans leurs expressions et dans leurs pensées. Cela ne va pas ensemble. C’est contre nature, comme l’amour d’un frère et d’une sœur. Et voilà, cela revient sur le tapis. L’amour, l’amour, l’amour. Qui étais-je pour penser à ce mot, à ce sentiment, à ses picotements dans l’abdomen à la pensée de l’être cher et désiré ? Je n’étais plus moi-même. Je ne l’avais jamais été. J’avais été éduqué tel un parasite, j’avais erré, faire fuir les gens. Je prônais la supériorité des êtres violents. J’aimais frapper, j’aimais subir la douleur. C’était cet homme-là que j’étais, et non plus ce jeune homme qui avait cru à une vie meilleure à l’apparition d’un ange blond dans sa vie. Je n’avais jamais été ce gars-là. Même si j’étais parvenu à m’en convaincre parfois, je me mentais à moi-même, comme j’avais menti à Silayan.

Je m’étais lancé à sa poursuite, abandonnant mon envie de regarder le coucher du soleil, de rentrer tranquillement et de déguster un poisson fraichement acheté au marché pour féliciter les honnêtes marchands du quatre. Aussitôt que mon visage s’était identifié à elle, elle s’était lancée dans une course folle dont elle n’en sortirait pas vainqueur, je ne le laisserais pas faire. J’écraserais ces gnomes qui bouchaient mon passage s’il le faudrait, mais je l’aurai, je l’aurai elle, ainsi que notre discussion. Au contact de ma main sur son bras, j’en eus des frissons. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas eu un contact aussi rapproché avec une demoiselle, et le fait que cela soit Silayan me troublait. Pendant une fraction de seconde, je pris plaisir à sentir la peau douce de la jeune femme glisser sous mes doigts. Je me mis à repenser à nos moments dans lesquels elle se blottissant dans mes bras. Une fraction de seconde de trop, je ne pouvais pas penser ainsi. Ma voix était dure, sèche et pleine d’autorité. Pourtant, un bref instant, le supplice avait remplacé la haine. Le contact de sa peau sur la mienne ne dura pas longtemps, étant donné qu’elle réagit rapidement, me délivrant de ce contact agréable. « NE ME TOUCHE PAS ! » La colère dans la voix de Silayan me confronta à mon geste, à ce geste que j’avais eu envers elle alors que je m’étais juré de ne jamais réagir ainsi. Je regardai mes pieds, avant de réaliser que j’avais justement baissé la tête, ce qui n’était pas un signe d’autorité. Je la relevais immédiatement, alors que ses prunelles s’étaient enfoncées dans les miennes.

Son regard me laissa sans voix. Je l'avais croisé quelques instants auparavant, mais des dizaines de mètres nous séparaient. Et maintenant, les mètres s'étaient réduits en centimètres, et je pouvais clairement distinguer la beauté de ses yeux dans lesquels j'avais tant aimé me plonger. Ils étaient toujours aussi magnifiques, aussi vrais, aussi intenses. Je devais penser à autre chose. Je ne pouvais replonger dans ma dépendance qu'était Silayan. « Le moment est venu alors. » Je la remerciais silencieusement de me ramener sur terre. C'était le cas. Le moment était venu. Le temps nous avait séparés de cette explication durant trop longtemps. Et bien que me retrouver face à elle, face à cette jeune femme tant aimée et désirée, tant détestée et fuie, usait toutes mes forces, je ne pouvais guère attendre. Pas une minute de plus. Quatre ans étaient passés. 48 mois, 208 semaines, 1460 jours, une infinité d'heures, de minutes, de secondes. Quatre ans que je me consumais à petit feu en attendant ce moment tant espéré et tant convoité. Je n'allais pas fuir maintenant. Hors de question. « Tu crois ? » déclarai-je entre deux sifflements, d'un ton des plus monotones, montrant à Silayan que moi aussi je pouvais jouer à ce petit jeu. « Je pense que tu attends cela ... depuis quatre ans. Hunter. » Elle avait raison. Depuis quatre ans, je remuais mon amertume, ma colère, mon angoisse de me retrouver face à elle. Angoisse. Cela paraissait irréaliste venant de ma part. Pourtant, c'était le cas. Silayan était la seule et unique personne qui avait réussi, qui réussit et qui réussirait à me provoquer des sueurs froides, par ses paroles, par ses gestes, par ses regards. Les apparences sont trompeuses, on aurait pu croire que je m'étais amusé avec son coeur avant de l'écraser tel une vulgaire cigarette. L'inverse était également vrai. Elle s'était amusée avec mon organe, l'a broyé, réduit en miette jusqu'à ce qu'il disparaisse définitivement. Ce n'était plus qu'une pompe destinée à me maintenir en vie, n'usant plus du moindre sentiment humain. « Tu as raison. » Je ne savais pas par où commencer. J'avais tant de reprocher à lui faire, et elle également. « Pourquoi ? » La raison était loin de m'être inconnue. Malgré tout, je voulais l'entendre sortir d'entre ses lèvres dans un murmure. Je voulais qu'elle me parle, qu'elle se confronte à moi au lieu de fuir lâchement comme elle l'avait fait quatre années auparavant. La raison était simple. Et malgré tout, je persistais à croire qu'il n'y avait pas une simple découverte de la vérité derrière tout cela. Derrière ce départ aussi violent que rapide.



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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Lun 6 Fév - 15:27

Elle était incapable d’esquisser le moindre mouvement. Elle espérait se trouver dans un rêve, un des nombreux rêves qui avaient été envahi par la souvenir de ces journées idylliques, passées dans le district quatre. Elle se souvenait des caresses d’Hunter sur sa peau, de son souffle prêt de son oreille, de ses sourires amusés en la regardant courir le district à la recherche de mille beautés. S’enivrant des rires des enfants, du bruit des vagues, des couchés de soleil sur la mer bleue. Elle aimait le district quatre, et le cris des pêcheurs le matin, l’odeur des fruits de mer en début de soirées, les plats de poissons. Les meilleurs de tout Panem. Mais ce qu’elle aimait le plus dans le district quatre, c’était sans nul doute le souvenir de cette idylle, irréelle. Elle préférait s’en souvenir à la manière d’un rêve. Comme si tout cela n’avait pas pu être réel. Car il était moins dur de réaliser combien la vérité était douloureuse, quand elle se persuadait que tout cela était dans sa tête. Que non, elle n’avait jamais aimé Hunter Blackbird-Crowley. Ce n’était que pure folie, que de croire qu’elle pouvait l’oublier en agissant de la sorte. Mais parfois cela fonctionnait, et le trou béant dans sa poitrine devenait moins douloureux. Parfois, quand elle y pensait, se réveillant de ses illusions et de ses rêves, elle avait en mémoire l’image d’Hunter, lui arrachant le cœur de ses mains. Car c’était le sentiment qu’elle gardait en elle. Elle ne s’était jamais demandée quelles raisons l’avait poussé à lui cacher celui qu’il était vraiment. Peut-être qu’il craignait de la voir partir. Ce qui précisément était arrivé.

Elle ne s’était pas même retournée lorsqu’elle avait quitté ce lieu rêvé, quatre ans auparavant. Elle avait alors eu l’impression qu’une pression lui compressait la poitrine, l’empêchant de reprendre son souffle, de respirer simplement. Comme si elle se retrouvait au centre d’un immense incendie, qui irradiait son corps, la faisait souffrir, et qui lui, début, loin d’elle, n’esquissait pas un geste pour la sauver. Comme s’il s’était amusé à allumer cette passion vivace en elle, pour la regarder se consumer. En quatre ans, il lui semblait s’être entièrement consumé, pour ne rester de son cœur que des cendres. Une artère calcinée incapable d’aimer de nouveau. Elle aimait, certes, mais plus avec autant de ferveur. Elle se désintéressait des hommes. Elle ne voyait en eux que l’absence de celui qu’elle adorait. Dans les regards pervers d’Owl-Inn, elle cherchait la tendresse et la douceur d’Hunter. Dans les caresses de Kyle, elle attendait la ferveur et la passion du pacificateur. Mais jamais elle ne se sentait aimée comme elle l’avait été lorsqu’elle s’était retrouvée dans ses bras. Elle avait envie de fondre en larme. La solitude qui la rongeait depuis qu’elle était partie loin de ses étreintes allait la rendre folle. Elle n’aimait pas la solitude, elle recherchait constamment le contact humain : la joie, les sourires, les rires. Elle voulait voir dans les yeux des enfants qu’elle préparait à la mort de la fierté. Elle voulait voir de la reconnaissance dans les yeux de ses clients. Elle ne demandait que cela. Elle ne cherchait pas à être sur le devant de la scène, comme la plupart des autres stylistes des Jeux. Ce qui l’importait avant tout c’était la Beauté.

Elle était devenue styliste parce qu’elle voulait donne quelque chose aux gens. Elle n’aimait pas se battre, le sang, la guerre. Elle avait beaucoup trop de respect pour la vie. Sa mère, gagnante des Jeux de la faim, l’avait élevé dans cet amour de son prochain. Elle respectait la vie, plus encore que le reste. Elle ne pouvait pas supporter l’idée de voir quelqu’un mourir sous ses yeux, et pourtant, depuis huit ans, seul un de ses tributs était revenu. C’est sans doute cela qui l’avait le plus blessé dans ses révélations sur Hunter. Le fait qu’il soit un pacificateur, elle aurait sans doute fini par l’accepter, parce que les sentiments qu’elle avait pour lui étaient assez fort pour cela. Mais elle ne pouvait pas simplement accepter l’idée qu’il soit si violent et sadique que sa réputation le disait. Hunter était souvent au centre des conversations au Capitole, parce qu’il menait à bien des missions à haut risque. Ces missions, où des rebelles mourraient à la pelle. Silayan ne s’intéressait pas plus que cela à cette rébellion, mais l’idée que ses malheureux soient torturés avant d’êtres tués la révulsait. Quand elle entendait parler de ses exploits, on évitait rarement les commentaires sur ses méthodes peu catholiques. La torture était apparemment une de ses grandes passions, et Silayan avait eu l’impression que cela ne faisait qu’empirer avec le temps. Parfois, elle osait se demander combien de personne il avait pu arracher à la vie. Est-ce qu’il préférait tuer les femmes ou les jeunes filles ? Est-ce qu’il y avait la moindre limite à cette perversité ? Est-ce qu’il avait été capable de l’aimer ? Mais alors, elle se rendait compte qu’elle portait encore l’espoir de retrouver l’homme charmant et attentionné qu’elle avait rencontré. Qu’elle pouvait faire preuve de naïveté, et d’innocence. Elle arrêtait alors d’y penser, ranger dans un coin de sa tête le rire timide d’Hunter, et faisait n’importe quoi pour se changer les idées. En général, elle prenait un crayon, et une feuille et elle dessinait ce qui lui passait par la tête.

Le dessin était un échappatoire depuis qu’elle était enfant. Certes, elle avait la capacité de dessiner tout ce qui lui passait par la tête, des habits, principalement. Mais pas uniquement, et quelque part, dans une boite cachée dans un coffre fort, chez elle, elle gardait les portraits qu’elle avait pu faire d’Hunter. Ca avait été sa manière de faire le deuil de sa relation avec elle. En tout cas, elle aurait aimé que cela lui permette de l’oublier. Mais à chaque fois, il se souvenait de sa beauté sombre, et elle rechutait alors. Elle prenait la boite, et se plongeait dans son regard, que malgré tout ses efforts, le coup de crayon n’avait pas pu rendre fidèlement. Elle cachait cette obsession au su et à la vue de tous. Seule la belle Aileen Carter était au courant de la relation entre Silayan et Hunter. La raison en était simple, la jeune femme la comprenait. Mais du reste, Silayan ne parlait jamais d’Hunter. Elle n’en avait pas la force. La déception, et la douleur de l’avoir perdu pour une sombre histoire de meurtre la mettait hors d’elle. Car il s’agissait bien de cela aux yeux de Silayan. Hunter tuait, et il le faisait apparemment avec plaisir.

Alors, sa réaction lorsqu’il la touchait ne se fit que très peu attendre. Elle se dégagea de son étreinte. L’idée qu’un être tel que lui la touche … la révulsait. Pourtant, Dieu seul sait qu’il connaissait chaque détail de son corps probablement mieux que tous les hommes qui avaient partagé son lit. Mais lui, lui était différent. Il lui avait semblé voir de l’amour dans les étreintes d’Hunter. Mais elle devait se rendre à l’évidence que tout cela n’était qu’une chimère. Mais elle comprenait qu’il n’y avait pas de moyen de s’enfuir cette fois, pourtant elle en avait envie. Elle avait peur. Pas de voir Hunter la tuer d’une balle dans la tête, mais de la laisser se confondre dans sa douleur par un coup fatale qu’il lui assènerait pas les mots. C’est elle qui entonna la conversation. C’était le moment. « Tu crois ? » Silayan frémit. La voix d’Hunter était plus rude que dans son souvenir. Elle n’aimait pas le voir ainsi. Elle se sentait faible sous son regard empli de reproche et de colère. Mais Silayan devait se montrer forte et courageuse. Alors elle ne quittait pas son regard, alors qu’elle continuait de parler d’une voix douce, et posée. Elle remercia ses années auprès des tributs, à apprendre à contrôler et cacher ses émotions. Parce que sinon elle risquait de craquer avant de réussir à entendre ce qu’il avait à dire. « Tu as raison. » Elle attendit. En réalité, elle était incapable de commencer cette conversation. Elle la redoutait depuis bien trop longtemps. Au moins autant que lui. « Pourquoi ? » Mais elle ne s’attendait pas à cela. L’ignorait-il ? Réellement ? Est-ce que ces quatre ans ne lui avaient pas suffi à comprendre les raisons qui avaient poussé la jeune femme à le fuir. Elle devait se calmer. Bien sur qu’il savait, mais il avait sans doute besoin de l’entendre de vive voix. Alors, elle le regarda dans les yeux, et inspira profondément. Pourquoi était-elle partie il y a quatre ans ? Comment dire cela avait le plus de diplomatie et de calme possible… Elle se forgea un masque de douceur et de calme. Elle devait faire en sorte de ne pas montrer ses émotions. « Tu m’as menti. » Commença-t-elle. Elle ne pouvait plus quitter son regard, et sa voix était plus accusatrice qu’elle l’aurait souhaité. Mais elle avait eu tord de penser qu’elle pourrait en parler en gardant son calme. Cette histoire l’avait bien trop touché. « Tu t’es joué de moi. Tu m’as caché que tu étais un pacificateur. Un meurtrier. » Ses mots sonnaient comme des insultes de sa bouche. Elle rougit, et baissa le regard. Il était dangereux, et elle, elle n’était qu’une proie, faible et innocente. Elle secoua la tête, et poussa un soupir de déception. « Je ne sais pas même qui tu es vraiment… » murmura-t-elle. Elle le regrettait. Car elle gardait un souvenir de lui si éloigné de la réalité que cela lui semblait être un simple rêve. Une illusion.
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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Sam 11 Fév - 19:58

Qu’aurait été ma vie si j’avais grandi dans la famille que je méritais ? Je ne m’étais jamais posé la question. Pour la simple et bonne raison que j’en avais oublié qu’avant d’être ce Pacificateur, j’avais été un enfant comme les autres. Mon seul crime s’était avéré de naître dans la mauvaise famille. Dans une famille qui m'aimait uniquement pour mon sang. Dès ma plus tendre enfance, j'avais créé un lien étroit avec ce liquide qui coule dans nos veines. Le seul intérêt que je représentais pour mes parents étaient ce sang, ce fabuleux mélange de leurs deux êtres, ce liquide aussi semblable que celui de ma soeur. Trop semblable. Mon seul but était de sauver cette gamine égoïste, atteinte d'un mal incurable, ou alors uniquement grâce à la naissance d'un semblable. Moi. Qu'aurais été ma vie si j'avais grandi dans une famille qui aurait remarqué que j'existais ? Une famille qui ne m'aurait pas mise à la place du chien, qui ne m'aurait pas traumatisé des êtres vivants, qui ne m'aurait pas laissé dormir dehors, fermant la porte à clefs afin d'éviter que ma présence dérange leur envie d'être la famille parfaite du district. Qu'aurait été ma vie si je n'avais pas tué ma propre soeur ? Elle était détestable, c'est une abomination, elle ne méritait même pas de respirer. Mais nous étions liés par le sang. Cela avait été le déclenchement de ma folie meurtrière. Lui briser le crâne à l'âge de neuf ans, n'était-ce pas le signe que je n'avais toujours été qu'un sociopathe ? Que même en grandissant dans une autre famille, je ne serais pas parvenu à calmer mes pulsions ? Que ce serait-il passé si j'étais resté chez cette famille qui semblait être les premiers à me considérer tel un véritable être humain et non pas un meurtrier ? Lorsque j'avais croisé les Baggins, je m'étais senti considéré comme un être humain, pour la première fois de ma vie. Qu'étaient-ils devenus ? Qu'était devenue leur petite fille ? Je ne parvenais même plus à mettre un prénom sur les traits flous du visage enfantin auquel je pensais. Si ma vie s'était déroulée comme celle qu'on exige pour un enfant, j'aurai pu aimer Silayan comme il le fallait. Nous aurions pu être ensemble.

Je n'avais pas le droit de penser ainsi. Je ne pouvais pas penser ainsi, oser imaginer ma vie dans d'autres conditions. Cela était impossible. Je n'avais pas mérité cette vie à laquelle je rêvais. C'était stupide. J'étais un meurtrier, un psychopathe, un homme qui prenait plaisir à passer ses mains autour de la gorge de ses victimes. J'étais cet homme, et toutes les pensées qui me ramenaient à un être humain étaient impures. Je ne l'étais pas, humain. Je n'étais qu'un monstre. Toute ma vie on me l'avait répété. La leçon était retenue. J'avais trente-deux ans, je ne pouvais pas me permettre de penser de cette façon. Je ne pouvais pas remettre ma vie en question à ce stade-là de ma vie. J'aimais mon métier plus que tout. Je prenais plaisir à tuer ses personnes essayant de mettre en péril notre gouvernement. J'étais Hunter, le Pacificateur aux plus de dix ans de carrières, aux centaines de vies enlevées de ses mains. Je n'étais plus Hunter, ce gosse terrifié par la vie qu'il avait vécue, par le bourrage de crâne de ses parents qui parvenaient à le convaincre de son inutilité au sein de la société. Je n’avais aucune faiblesse, je ne devais pas avoir de faiblesses. Ce sont les hommes qui ont des faiblesses, les personnes avaient un semblant de cœur, celles qui avaient une âme et des principes. Je n’étais pas ces personnes. Et malgré ce flot d’émotions qui m’avaient envahi, je ne pouvais pas laisser Silayan mettre le doigt sur ses faiblesses enfouies. Je n’avais pas le droit d’en avoir. Seuls les faibles sont capables d’aimer. Des gens comme Silayan, incapable de comprendre le monde réel. « Tu m’as menti. » commença-t-elle alors que j’avais moi-même mis la conversation tant attendue et convoitée sur le tapis. Je serrai du poing. La haine m’envahissait, mais jamais je ne frapperais la jeune femme. Peut-être avais-je dans l’espoir fou, bien caché quelque part en moi, cet espoir qu’elle parvienne à changer l’homme que j’étais. Elle y était presque parvenue. Avant de me détruire en morceaux. Je ne devais pas penser au bonheur, le bonheur m’était interdit. Je devais uniquement penser au mal qu’elle était parvenue à me faire subir. C’était la seule chose qu’elle était parvenue à faire. « Tu t’es joué de moi. Tu m’as caché que tu étais un pacificateur. Un meurtrier. » Ses paroles me heurtèrent de plein fouet, à tel point que je m’approchais brusquement d’elle avant de me stopper rapidement. Nous n’étions pas loin de la civilisation, des gens passaient autour de nous. Je devais contenir ma rage, je le devais, quitte à ce que cela me rende fou. « Qu’est-ce que tu aurais dit ? Comment aurais-tu réagi si tu avais su la vérité ? » C’était plus fort que moi, ma voix s’était faite plus forte, la colère était montée dans mon intonation, j’hurlais plus que de raison, j’hurlai sur la seule personne que je n’avais jamais épargné de mes cris. « Je le sais. Tu serais partie. Tu serais partie encore plus lâchement que tu l'as fait. Tu m'aurais abandonné. Simplement parce que le métier que j'exerce ne t'aurait pas plu. » Je manquai de laisser échapper un sanglot dans mon ton, mais je tournai brusquement la tête pour éviter le regard de mon ennemie, frappant le sol de toute la violence dont j'étais capable, quitte à détacher ma main de mon bras. Je devais frapper, mais le visage de Silayan ne s'imposait pas à moi comme étant la solution. « Je connaissais la vérité sur ta personne, et je ne t'ai jamais jugé. Mais toi, si tu avais su la vérité, tu m'aurais jugé. » dis-je alors, bien que j'étais toujours agenouillé sur le sol. Je me relevai brusquement, réalisant la situation pathétique dans laquelle je m'étais mise. Ma main était en sang, mais la colère ressentie envers mon ancienne amante surpassait celle qui brûlait ma main. « Je ne sais pas même qui tu es vraiment... » je plongeai mon regard dans le sien, un regard empli d'incompréhension. Qui j'étais réellement ? Vraiment ? « Tu le savais mieux que quiconque. Je t'ai fait confiance comme à personne. Tu étais la seule personne à laquelle j'ai accepté de me confier. Tu étais la seule personne qui savait qui j'étais réellement. » Ma voix s'était fait plus posée, je m'étais calmé. Pendant quelques secondes seulement, puisque mes ressentiments prirent à nouveau le dessus. « Mais tu t'en fiches. Parce que tout le monde t'a bourré le crâne, et tu les as crus, sans jamais te poser la question si j'avais été sincère avec toi. Je l'étais. » Cela me tuait d'avouer mes fautes ainsi. Pourtant, je n'avais rien à me faire pardonner. Si une personne devait avouer ses fautes et confier ses erreurs, c'était bien elle. « Pourquoi ? Pourquoi si brusquement ? » demandai-je finalement, espérant avoir la réponse tant attendue durant des années.



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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Mar 21 Fév - 7:38

Elle avait eu la chance de grandir dans une famille unie. Certes, elle n’avait pas la prétention de croire qu’elle avait eu une famille parfaite, mais du moins elle n’avait jamais manqué d’amour ou de l’attention de ses parents. Sa mère, gagnante des jeux, avait toujours eu un regard triste, mélancolique lorsqu’elle la regardait. Comme si elle vivait dans un rêve, et qu’elle refusait d’y croire, craignant de le voir se dissiper à tout instant. Souvent, Silayan avait eu le désire de la prendre dans ses bras, de l’étreindre durant des heures, des jours s’il le fallait, jusqu’à ce qu’elle prenne conscience que tout cela était bien réel. Qu’elle n’avait plus de raison d’avoir peur. Mais la réalité était pourtant toujours là. Tous les ans, à la même période, un garçon et une fille de son district partaient pour les jeux. Et la majorité du temps ils n’en revenaient pas. Pourtant Silayan était native du district un, et chez elle être tribut aux jeux de la faim était un immense honneur. Les enfants apprenaient à se battre très tôt, et les volontaires ne manquaient pas en général. Mais cela n’avait pas empêcher des histoires affreuses prendre place sous le regard horrifié des familles qui se voyaient arracher leurs enfants. Au district un, ils apprenaient à ne pas pleurer les enfants perdus, mais à leur faire honneur, à être fier et digne de ces héros qui osaient se battre, et qui représentaient la force et la détermination d’un district qui pouvait être fier d’avoir des liens privilégiés avec le Capitole. Silayan était née dans cet univers. Mais elle, elle n’avait jamais voulu apprendre à tuer avec une arme. Elle ne voyait que la beauté. Les larmes d’une mère qui voyait revenir son fils, meurtri et soulagé de vivre. Traumatisé. Elle voyait chaque levé de soleil comme s’il fut le dernier. Les averses de l’été comme salvatrice en période de grosse chaleur. Les fruits, les viandes, les gâteaux comme autant de cadeaux qu’elle n’hésitait pas à aller partager avec les familles les plus défavorisées de son district. Partager. Rêver. La fascination qu’elle avait pour la vie n’avait pas de limite. D’autant plus qu’elle avait parfaitement conscience que la vie était fragile. Que les hommes n’étaient pas nés pour vivre, mais bien pour mourir. Le Capitole faisait tout son possible pour le rappeler à ses concitoyens chaque année.

Alors Silayan ne pouvait pas imaginer ce que cela devait être que de grandir dans une famille qui ne vous aimez pas. Qui ne prenez pas conscience de la magnificence de cette destiné qui permettait à l’homme de vivre à travers ses enfants. Silayan rêvait d’une famille. Elle rêvait de donner la vie à son tour, un jour. Elle rêvait de tomber amoureuse d’un homme qui saura faire naître la vie en elle. Il ne s’agissait pas seulement d’une réponse à la disparition de l’humanité, un instinct de préservation qui rejaillissait en elle. Elle osait croire que c’était bien plus profond que cela, et que cet envie était motivé par un espoir qu’elle gardait en elle depuis toujours : que les hommes prennent enfin conscience de la beauté de la vie. Elle se tuait chaque année de le leur montrer. De donner à ces enfants qui courraient à la mort, les couleurs d’une vie sur le point de les quitter. Elle leur offrait un instant de pure beauté, de pure passion, de perfection. Elle voulait révéler tout ce qui en eux rappelaient chacun des humains sur cette terre : le sourire, la joie, la fierté. La fierté d’être enfin quelqu’un. De n’être que beauté. De ressentir enfin en soit cette chaleur, cette douceur, cette orgueil. Oser relever la tête face aux spectateurs du Capitole et de penser, dans un élan de joie : Regardez, nous aussi nous sommes humains. Nous aussi nous pouvons êtres beaux. Cela n’avait rien d’un acte de rébellion, contre le Capitole, et sans doute le Capitole l’avait – il comprit depuis les huit ans d’expérience avec Silayan. Son message allait au-delà de conception politique ou idéologique. Elle ne voulait pas voir tomber le Capitole. Cela ne la concernait pas. Elle voulait juste montre qu’il s’agissait toujours d’humain. Que ce n’était pas des images, mais bel et bien la vie qui s’offrait au regard du spectateur. c’est en cela que les jeux avaient tant de succés. Les hommes observaient la vie dans ce qu’elle avait de plus resplendissant : la vie dans les quelques instants avant sa disparition totale. La mort, voilà ce qui fascinait toujours les hommes.

Silayan avait peur de la peur. Et elle ne le cachait pas. Pire encore, elle ne pouvait pas accepter que des hommes et des femmes tuent pour le seul plaisir de tuer, en dehors de toute règle de toute justice. Des êtres tels qu’Hunter, qui n’aviat aucun respect pour la vie humaine. Ou qui ne semblait pas en avoir. Silayan avait grandi auprès d’une mère aimante, fascinée par la mort, traumatisée par le sang qu’elle avait sur les mains. Silayan avait grandi avec une mère qui se haïssait et qui avait appris à sa fille à la haïr aussi. Avec le temps. Comment pouvait-elle vivre avec cela ? En sachant qu’elle était née parce que sa mère avait tué des enfants de son âge. Parce que simplement elle avait été la plus futée dans l’arène. Parce qu’elle avait été la plus rapide, ou parce qu’elle avait survécu le plus longtemps. Assez longtemps. Silayan ressentait une telle culpabilité face à cette évidence, qu’elle tâchait de tout faire pour rattraper l’ignominie de son existence. Elle se battait pour faire valoir la vie au-dessus de toute autre valeur. Mais cela n’était pas sans désillusion, et il apparaissait de plus en plus évident à la jeune styliste que la mort l’entourait de tout côté. Les jeux, les pacificateurs et même celui qu’elle avait considéré comme l’amour de sa vie étaient des messagers de la mort. Elle, seule, ne pouvait rien faire contre cela. Elle n’était pas assez forte pour combattre les sentiments qu’elle nourrissait à l’écart d’Hunter. Alors, à défaut de les combattre, elle tâchait de les faire taire, au plus profond d’elle-même.

Cela avait pour conséquences directes de créer en elle un mélange de colère et frustration, qui sous le regard d’Hunter la rendait folle. Elle se retrouvait devant lui, après quatre ans de silence, et jamais elle ne s’était sentie aussi vivante. Vibrante d’envie et d’émotion si multiples qu’elle ignorait ce qu’elle devait faire. Elle n’avait pas envie d’avoir cette conversation, mais elle le devait à Hunter. Au moins cela. Une conversation, qu’était-ce après tout ? Elle ne risquait rien à rester face à elle, et à lui donner les réponses qu’il convoitait depuis longtemps. Est-ce que lui aussi il avait imaginé cette conversation des centaines de fois dans sa tête ? Est-ce qui lui aussi il était obsédé par ses quelques jours qu’ils avaient passé ensemble ici même il y a quatre ans ? Est-ce lui aussi il avait incapable de l’oublier ? Est-ce que lui aussi il détestait d’être aussi faible à cet instant ? Silayan ne pouvait pas se poser ce genre de questions. Elle n’était pas la plus forte entre eux. Alors, elle devait se contenter de lui donner ce qu’il exigeait d’elle afin de partir le plus vite possible et espérer encore être capable de l’oublier – en sachant pertinemment que cela n’arriverait jamais. Sa la question d’Hunter, les réponses de Silayan étaient lâchés de manière éparses, d’une voix qui se voulait maîtrisée, atone. Mais elle était brisée, et n’arrivait pas à faire face au Pacificateur. Cela mit Hunter en colère et alors qu’il avança rapidement sur elle, elle sentit quelque chose en elle se brisait. Elle avait fait un pas en arrière. Elle comprit alors d’où venait le problème, pourquoi elle ne pouvait pas simplement laisser son amour pour elle tenter de le sauver de sa folie meutrière. Dieu seul sait combien elle voulait espérer pouvoir sauver Hunter de lui-même. Elle n’aimera sans doute que cet homme de toute sa vie, avec une telle passion. Mais il lui faisait peur. A ce moment précis, elle esquissa un pas en arrière, preuve de la peur qu’elle ressentait face à la possible violence d’Hunter à son écart. Elle ne se sentait plus en sécurité avec lui. Elle ignorait qui il était. . « Qu’est-ce que tu aurais dit ? Comment aurais-tu réagi si tu avais su la vérité ? » Elle fonça les sourcils, frustrée de sa réaction et encore plus de sa question. Elle ne voulait pas y penser. Elle ne voulait pas le savoir. « Nous ne le saurons jamais, Hunter. » répondit-elle en se mordant l’intérieur de la joue pour se retenir d’hurler. Elle souffrait. . « Je le sais. Tu serais partie. Tu serais partie encore plus lâchement que tu l'as fait. Tu m'aurais abandonné. Simplement parce que le métier que j'exerce ne t'aurait pas plu. » la colère perçait à travers ses paroles et Silayan se senti assailli par la honte, la culpabilité et un sentiment d’injustice. Il lui en voulait, il rejetait toute la faute sur elle, mais n’était-ce pas lui qui lui avait cachait la vérité !
« Dans ce cas, combien de temps m’aurais-tu encore caché la vérité ? Tu comptais me duper encore longtemps ? Des jours ? des années ? Et qu’est-ce que cela aurait changé ? » Il voulait parlait de faire impossible, elle pouvait le faire. La vérité était ainsi faite : ils avaient tous les deux fait une erreur ce jour-là. Jamais elle n’aurait dû lui proposer de marcher avec elle. Jamais il n’aurait du accepté de l’accompagner. Mais à ses mots les actions d’Hunter répondaient avec une rage qui effrayait la jeune femme. Son regard était celui d’un fou. Il frappa le sol entre eux, sans doute pour éviter de la toucher elle. Elle resta pétrifiée. Son cœur battait à la chamade, et elle le sentait bondir jusque dans ses tympans. Elle n’osait pas bouger. Hunter se releva, la main en sang. La jeune femme, incapable de soutenir son regard, observait la blessure. Elle eut un haut-le-cœur. Elle ne supportait pas à la vue du sang, et voir Hunter blessé de la sorte par sa faute la peinait. « Je connaissais la vérité sur ta personne, et je ne t'ai jamais jugé. Mais toi, si tu avais su la vérité, tu m'aurais jugé. » Elle fronça les sourcils. La vérité à son sujet ? Qu’entendait-il par là ? Cela n’avait rien à voir, elle n’avait jamais tué personne. Pas qu’elle sache du moins. Mais elle se retint de lui en faire la remarque. Elle ne savait pas s’il serait capable de se contenir encore longtemps. A la place, elle lui dit qu’elle ignorait qui il était vraiment, d’une voix empli de regret et de tristesse. Il chercha son regard, et elle croisa le sien. Un court instant elle se cru capable de l’aimer de nouveau.

« Tu le savais mieux que quiconque. Je t'ai fait confiance comme à personne. Tu étais la seule personne à laquelle j'ai accepté de me confier. Tu étais la seule personne qui savait qui j'étais réellement. » Elle le regardait sans comprendre. Elle ne voulait pas le croire. L’homme tendre et passionné qu’elle avait aimé n’avait rien à voir avec le monstre qu’illustraient les rapports du Capitole ou les rumeurs qui circulaient dans Panem à son sujet. Un homme qui aimait le sang, la torture, les cris. Un homme dont le sadisme n’avait aucune limite. Voilà le genre d’homme qu’était Hunter. Le Hunter que Panem idolâtrait et craignait. Elle se rendait compte que c’était un homme qu’elle n’avait jamais vu. C’était une image construite de paroles et de récits. L’homme qu’elle gardait en mémoire la regardait avec tendresse, l’embrassait avec passion, et l’étreignait avec tendresse. Il riait de sa naïveté, et était attendri face à ses remarques sur la vie et la beauté. Il ne comprenait pas pourquoi elle aimait voir les pêcheurs rentraient du lac au soir tombé. Il n’avait rien exigé d’elle. Il l’avait aimée telle qu’elle lui était apparue : perdue, innocente et malicieuse. Voilà le Hunter qu’elle connaissait. Comment était-elle censée faire le lien entre l’image de Panem et son souvenir ? Ces deux hommes n’avaient rien en commun selon elle. « Mais tu t'en fiches. Parce que tout le monde t'a bourré le crâne, et tu les as crus, sans jamais te poser la question si j'avais été sincère avec toi. Je l'étais. » Elle secoua la tête, baissant le regard. « Comment peux-tu être si différent dans leur regard et dans mon souvenir ? » dit-elle dans un souffle, traduisant sa pensée plus que parlant au pacificateur qui lui faisait face. Lui-même avait d’autre question. « Pourquoi ? Pourquoi si brusquement ? » Elle ne répondit pas. Elle regardait sa blessure, et glissant sa main dans la poche de son manteau elle en extirpa un bout de tissu bleu. Elle l’avait amené comme base pour des recherches sur la lumière. Au lieu de quoi, elle s’approcha d’Hunter, avec des gestes lents et prudents. Elle s’empara de sa main blessée et l’entoura du tissu, lui faisant un garrot pour éviter que le sang ne continue de couler. Elle n’aimait pas le sang.

« La désillusion était trop grande. La douleur trop vivace. Je n’étais pas capable de… t’imaginer… me touchant. Ces mains qui ont tué... » Tenta-t-elle d’expliquer en tournant la paume de la main d’Hunter vers elle. « … et que j’aimais tant. » Dit-elle en déposant un baiser chaste sur la blessure d’Hunter avant de lâcher sa main et de relever le regard vers lui. « Comprendre soudainement que tu m’avais menti. Que j’ignorais tout de toi, de celui que tu étais, alors que je m’étais donnée à toi sans concession. Comprendre que tout cela n’était qu’un rêve dans lequel je m’étais jetée, aveuglée par … ces sentiments. » Elle n’arrivait pas à l’expliquer. Sur le coup, elle n’avait pas vu d’autre possibilité que la fuite. La peur de le revoir, de découvrir que tout cela n’avait été qu’une illusion. Que son amour n’était pas réel. Qu’elle aimait un songe, une pense, un espoir. Que la vie n’était réellement que l’esclave de la mort. « J’étais apeurée, en colère, blessée. Détruite. J’avais découvert que l’homme que j’aimais était sans doute l’être le plus détestable sur terre… » Elle avait honte. Elle laissa échapper cette dernière phrase dans un souffle, étranglée
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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Mar 28 Fév - 17:13

Quelle délicieuse coïncidence. Se retrouver là où tout avait commencé. Chacun alors que nous exercions notre activité professionnelle. C’était presque … trop bizarre. Comme si cela semblait joué d’avance, que notre prochaine rencontre aurait lieu ici. Afin de nous rappeler notre rencontre, cette même rencontre qui n’aurait jamais dû arriver. Une erreur. C’était une erreur. Je savais, je le savais pourtant. Je ne devais pas me laisser charmer. Mais Silayan était si belle, elle était apparue comme un soleil après une averse pluvieuse. Cette coïncidence nous renvoyait en plein visage les erreurs commises. Nous aurions dû en rester là, nous aurions dû nous arrêter après cette promenade, certes agréable, mais qui n’annonçait rien de bon. Les Pacificateurs ne sont pas faits pour goûter au bonheur, c’était un fait prouvé maintes fois. Et pourtant, j’avais cru pouvoir être l’exception. Une si belle jeune femme, pleine de qualités, je ne pouvais pas passer à côté. Mais j’aurai dû. J’aurai dû arrêter tout cela avant que ça ne commence. J’aurai dû prendre mes responsabilités en mains et agir comme un homme. Le district quatre était le lieu parfait pour notre rencontre, mais si je me persuadais du contraire. Nous devions en finir là où tout avait commencé. C’était la suite logique de l’histoire, ou plutôt la fin de l’histoire, de notre histoire.

Et ce rendez-vous tant attendu depuis de nombreuses années, ces questions tant réfléchies, tout arrivait enfin. J'aurai dû être heureux. Mais je savais très bien qu'aucun pardon ne serait accordé. Qu'aucun regard bienveillant n'allait être à nouveau échangé. Et que tout redeviendrait comme avant, si ce n'est avec de la haine en plus pour ne pas être parvenu à avoir raison sur certains points. Mais qu'importe. Le moment était arrivé. Ce moment tant attendu, j'allais enfin pouvoir le savourer, peut-être le regretter, mais il était là. Et les hostilités commencèrent, chacun renvoyant la balle dans le camp de l'autre. « Nous ne le saurons jamais, Hunter. » C'était vrai. Mais c'était également vrai qu'on aurait pu le savoir. Si seulement nous ne nous étions pas comportés comme des lâches, chacun à notre façon. Elle en partant si brusquement, et moi en lui cachant la vérité. On aurait pu le savoir. Je m'étais imaginé de nombreux scénarios dans ce sens-là. Mais à chaque fois, une seule chose ne changeait pas. Le fait qu'elle n'aurait jamais accepté ma véritable nature. Et je savais très bien que si l'un de ces scénarios qui avaient envahis mon esprit s'était réalisé, cela aurait été vrai. Je ne répondis pas. C'était une question sans fin. J'aurai répondu '' mais on aurait pu le découvrir '' et elle aurait ajouté ''non, nous n'aurions pas pu''. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que l'un d'entre nous lâche l'affaire et donne raison à l'autre. Je capitulais le premier, peu fier de ce geste, mais ne voulant pas débattre pendant des heures sur un sujet dont je connaissais la réponse. « Dans ce cas, combien de temps m'aurais-tu encore caché la vérité ? Tu comptais me duper encore longtemps ? Des jours ? des années ? Et qu'est-ce que cela aurait changé ? » Silayan marquait un point. Je devais lui accorder la raison, cette fois-ci. Nous savions tous les deux que cela aurait éclatés à un moment ou à un autre. Que rien ne pouvait empêcher la vérité de refaire surface, malgré toutes mes envies d'éviter cette conversation. Quoi qu'il en soit, j'aurai préféré discuter face à face plutôt que de me contenter d'un simple mot. « J'en sais rien ! Suffisamment longtemps pour que tu changes d'avis sur les Pacificateurs et qu'il y ait une chance que tu m'acceptes ! » sifflai-je entre mes dents, craignait de hausser le ton et de lui montrer une nouvelle fois le visage de cet homme qu'elle avait tant évité aux cours de ces dernières années. Mais est-ce que je croyais réellement ce que je disais ? Est-ce que j'aurai eu une chance de lui faire changer d'avis ? Non. Il n'y en avait pas. C'était mission impossible de la faire changer d'avis, j'en avais conscience. Je ne faisais que rejeter la faute plus loin. C'était bien la seule chose dans laquelle j'étais doué pour les relations humaines. La colère grandissait si vite en moi que frapper le sol fut la seule solution pour éviter le visage de Silayan. C'était quelque chose que je ne pourrais jamais faire. Cette idée avait fait son chemin dans ma tête, parfois même accompagnée d'images, mais à chaque fois cela me semblait irréel. Et impossible. J'étais pratiquement insensible à la douleur. Et ce n'était certainement pas le risque de me casser des doigts qui allaient me faire réfléchir. Je me relevai brutalement, essuyant ma main à mes habits, bien que le sang qui coulait ne s'arrêtait pas. « Comment peux-tu être si différent dans leur regard et dans mon souvenir ? » C’était les paroles de trop. Celles qui semblaient s’apparenter à un coup de poignard dans le dos. Celles qui prouvaient encore une fois qu’à part me trahir, Silayan ne m’avait jamais rien apporté dans ma vie. Mais… malgré tout, j’étais heureux de ses paroles. Des souvenirs. Elle en avait encore. J’avais tenté d’effacer les miens, mais la mémoire humaine est surprenante quand il s’agit d’enlever les souvenirs que vous souhaitez voir à tout prix disparaitre. « Leurs regards ne valent rien. » dis-je dans un ton familier à celui utilisé par la jeune femme quelques secondes auparavant. Dans un souffle, dans un murmure, car j’avais conscience qu’elle était presque attachée aux petits paysans des districts. Ceux dont la parole est complètement ridicule, stupide, et irréaliste. Ceux qui pensent qu’on agit dans le simple intérêt de les voir souffrir, alors qu’en premier lieu il s’agit de remettre de l’ordre dans les conneries dont ils sont les créateurs. La souffrance prise ne venait qu’avec les années. Les années à torturer ces gens qui n’ont rien d’innocents. Ils sont les seuls responsables des crimes commis par pur plaisir, ils sont les investigateurs de nos plaisirs à voir la chair humaine se décomposer sous nos coups.

Brusque. Son départ avait été si brusque. À croire que pour elle, cette relation n’avait aucun avenir, que même en ignorant ma véritable nature elle savait qu’une date d’expiration pesait sur nos têtes. Qu’entre nous, ce n’était qu’éphémère. Aucun avenir. Par ma faute, principalement. Et si… Et si… Et si elle n’était pas partie ce beau matin ? Qu’elle était restée endormie dans le lit tandis que je préparais le petit-déjeuner comme j’avais l’habitude de le faire ? Et si ces quelques mots posés sur papier qui avait redéfini ma vie n’avait jamais été écrit ? Et si je m’étais réveillé à ses côtés, en toute connaissance de mon travail, et qu’elle m’avait accordé son pardon ? Dans ce cas-là, qu’elle aurait été notre avenir ? Non. Je n’ai pas le droit d’imaginer un avenir commun. Il n’aurait jamais pu exister. C’était des foutaises, des conneries, du grand n’importe quoi. La faiblesse dont je fais preuve en sa présence est encore une preuve qu’un avenir commun entre Silayan Storm et Hunter Blackbird-Crowley n’était qu’une idée fondée sur des mensonges venant de ma part. À quoi aurait-elle ressemblé dans sa belle robe blanche ? Arrête. Arrête de penser. Et si elle était tombée enceinte ? N’importe quoi. Nos gamins auraient été des monstres. Elle ne m’aurait jamais pardonné pour ça. Un pardon ? Ce n’est pas à elle de m’en donner un ? Sur son départ si brusque ? Oui, c’est bien ça. Arrête de rêver. Et cette idée doit rester dans mon crâne. Celle qu’elle m’a quittée si brusquement. Il n’y aucune rêverie possible, aucun espoir d’avenir. Elle m’a quitté, elle m’a abandonné, comme si je n’étais qu’un vulgaire homme croisé au détour d’une nuit arrosée.

J’attendais une réponse. N’importe quoi, mais quelque chose. Une suite de mots, qu’importe laquelle. Qu’ils veulent dire quelque chose ou non. J’avais juste besoin d’une réponse. C’en était devenu un besoin vital. Une obsession. Comme cette obsession que je ressentais à exercer mon travail, à ressentir ce sang sur mes mains. Le sang, justement, qui semblait avoir rougi mes mains en quelques secondes seulement. Combien de temps était passé depuis que mon poing était venu s’abattre avec violence sur le sol afin de contenir l’envie qui me dictait de viser le visage de Silayan ? Combien de temps m’étais-je surpris à rêvasser d’une vie meilleure alors que j’avais pleinement conscience que j’étais coincé dans celle-ci et que jamais personne ne parviendrait à m’en sauver ? Combien de temps avais-je fantasmé sur cette vie parfaite avec Silayan ? Trop longtemps. À tel point que je n’étais pas encore revenu à moi alors que la jeune femme eut saisi ma main dans la sienne. Non, elle n’avait pas le droit. Ce contact physique n’était pas bon. Ni pour moi, ni pour elle. Il était hors de question que nos peaux entrent une nouvelle fois en contact. Ceci n’était pas bien. C’était plus que ce que je pouvais supporter. Il fallait que je réagisse. Enlever ma main, me reculer et interdire ces contacts. Remettre à sa place la barrière invisible qui nous avait séparés jusqu’ici. Je n’avais pas le droit de faire ça. Je n’avais pas le droit d’appeler les sentiments humains enfouis en moi. Tant d’efforts à les enfouir brisés par la jeune femme. C’était donc ça ? Elle revenait dans ma vie, et brisait toutes les barrières, toutes les règles que je m’étais imposé ?

Pourquoi je n'y arrivais pas ? C'est pourtant simple. Il suffisait de reculer. Ma main, simplement. Quelques centimètres. Et elles ne se toucheraient plus. Alors pourquoi ? Pourquoi je n'arrivais pas ? Pourquoi j'ai l'impression que si je faisais ça, je l'a perdrait à nouveau ? Et cette fois-ci, ce serait pour toujours. J'évitai son regard. Le contact physique était déjà bien trop dur à supporter. Je ne pouvais pas en plus de cela supporter ses yeux posés dans les miens à ce moment-là. Lâche. Je l'étais. Totalement, même. Pourquoi tant de réactions humaines ? Pourquoi tant de sentiments, et tant de questions ? Les efforts exercés durant toutes ses années pour me montrer digne de mon statut, pour me montrer dur et sans pitié, pour enfouir le moindre sentiment me raccrochant à une humanité que je ne retrouvais jamais, pourquoi tous ses efforts s'écroulaient dès que Silayan refaisait surface dans ma vie ? Si je ne bronchais pas au fait qu'elle prenne ma main dans la sienne, c'était uniquement dû au fait qu'elle me soignait. C'était l'unique raison. Il n'y avait rien d'autres. Je devais arrêter de voir des signes dans les moindres soufflements de sa respiration, dans le sentiment d'avoir son regard posé sur moi, ou même dans les gestes prudents qu'elle exerçait. Silayan était l'unique personne responsable de mes accès de violences qui avaient causés de nombreuses morts.

Je tenais bon. Aucun contact visuel, c’était bien. « La désillusion était trop grande. La douleur trop vivace. Je n’étais pas capable de… t’imaginer… me touchant. Ces mains qui ont tué... » Il fallait que je retire ma main avant qu’il ne soit trop tard. Mais rien. Malgré mon envie, mon corps n’obéissait pas à ma raison. « … et que j’aimais tant. » Ses soins étaient terminés, elle fit un geste que j’avais prié pour qu’il n’ait pas lieu. Pas ça. Pas le contact de ses lèvres sur moi. Sur n’importe quelle partie de mon corps. Elle ne le devait pas. « Arrête. Pas ça. » chuchotai-je, tête baissée. Arrête de me faire croire que j’ai été quelqu’un de bon. Arrête de me laisser imaginer qu’entre nous, il y avait quelque chose de vrai, de pur. Arrête de me laisser croire que cet homme que je suis n’est pas moi. Des milliers de gens dans tout Panem te diront le contraire, Silayan. Que la rédemption, le pardon, plus rien n’est à ma portée. Et arrête de dire que tu m’aimais. « Comprendre soudainement que tu m’avais menti. Que j’ignorais tout de toi, de celui que tu étais, alors que je m’étais donnée à toi sans concession. Comprendre que tout cela n’était qu’un rêve dans lequel je m’étais jetée, aveuglée par … ces sentiments. » Je relevai peu-à-peu la tête. Arrêter. Je devais arrêter. Ne pas me laisser avoir par son regard. Et pourtant. Lentement, délicatement, mes yeux croisèrent les siens. Je ne contrôlais plus rien. Ma raison semblait avoir pris l’air, et c’était désormais mes désirs qui contrôlaient mon corps tout entier. Je m’approchai de Silayan, sans réellement savoir ce qui se passait dans ma tête, ce que j’allais faire. J’avais juste envie d’être près d’elle. À tel point que mon visage était si proche du sien, que je pouvais détailler les moindres détails de ce dernier. Elle était toujours aussi belle. Et … elle me rendait toujours aussi fou. L’embrasser ? C’était tout ce dont j’avais envie. Elle m’attirait. Plus que jamais. Non. Si je cédais et que mes lèvres entrèrent en contact avec les siennes, ce serait le début de la fin. Je me laisserais entrer dans une spirale infernale d’où je ne pourrais jamais ressortir. Je m’approchais toujours plus, toujours plus près de ce poison auquel j’avais tant envie de gouter. J’étais si proche de ses lèvres. L’envie était toujours plus forte. Je les effleurais même. « J’étais apeurée, en colère, blessée. Détruite. J’avais découvert que l’homme que j’aimais était sans doute l’être le plus détestable sur terre… » Je détournai la tête, surpris, en colère, agité, et j’effleurai sa joue, dans un baiser aussi rapide que marquant. Je me reculais. Bordel. Je ne devais pas craquer. Tant de faiblesses d’un seul coup. Quelle belle image de l’homme de pouvoir je donnais ! C’était donc ça ? Elle pensait ça ? Que j’étais l’être le plus détestable de la terre ? Elle y avait pire que moi. Il y avait toujours pire que moi. Snow. Des collègues. Je n’étais pas le pire. Je n’étais pas le pire car j’avais fait l’erreur de tomber amoureux. Amoureux. Ce mot paraissait si stupide. « Je ne suis pas l’être le plus détestable de la terre ! Tu ne peux pas dire ça ! Je fais mon travail, comme tu fais le tien. Je… Enfin… Comment tu peux penser ça ? Je n’ai jamais levé la main sur toi ! Je ne t’ai jamais fait de mal ! » Je ne comprenais plus rien. J’avais l’impression d’être redevenu le gamin perdu qui avait fui sa maison. J’avais envie de partir, de courir, de laisser Silayan loin derrière moi et de ne plus jamais revenir. De ne plus jamais recroiser la jeune femme. Du mal. C’était la seule chose qu’elle arrivait à me faire. « Tu n’ignorais pas tout de moi. Tu étais la personne la plus chère à mes yeux. » Je me répétai, mais c’était vrai. Je m’étais confié à elle comme jamais je ne m’étais confié à quelqu’un. Alors comment pouvait-elle dire des choses pareilles ? « Et, puis, qu’aurais-tu voulu savoir sur moi ? » Je laissai échapper un soupir. Que pouvait-elle avoir envie de connaître sur ma vie ? Elle n’était pas si intéressante, loin de là même. Mais je lui devais ça. Je lui devais la vérité sur des points qu’elle désirait connaître. Qu’importe si cela allait être particulièrement difficile.



you see, in their last moments, people show you who they really are. so in a way, i know your friends better than you ever did. would you like to know which of them were cowards ?
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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Dim 4 Mar - 15:50

Elle en oubliait presque pourquoi elle était venue au district quatre. Sous le regard d’Hunter il lui semblait revenir quatre ans auparavant, alors que perdue dans ce nouveau district, lors d’une première visite au bord de mer, elle lui avait demandé son chemin. Il lui arrivait encore aujourd’hui de s’en vouloir pour cela. Pourtant c’était stupide, en somme elle n’aurait pas pu prévoir ce qu’il se passerait par la suite. Elle était seulement venue pour rencontrer une ancienne connaissance qui devait l’aider dans ses recherches. Un ancien styliste à la retraite qui avait promis de lui donner des conseils pour les prochains jeux. Une connaissance, simplement, qui avait détruit ses espoirs et ses illusions par une simple question qui avait marqué la fin de l’histoire entre Silayan et Hunter : « Comment peux-tu supporter la vue de ce monstre ? » En y réfléchissant, cela ne sonnait pas tant comme une question que de la manière d’une accusation. Silayan s’était toujours considérée comme quelqu’un de bien, d’intègre, voir de gentil. Une chose rare dans ces jours sombres à Panem. Les habitants des districts devenaient de plus en plus fourbes et malavisés. Elle regardait le monde qui s’agitait autour d’elle, et à mesure du temps il lui semblait ne pas le reconnaître. Se retrouvait dans un monde qui n’était pas celui où elle avait grandi. Jamais elle n’avait croisé autant de pacificateurs dans les rues. Jamais encore elle n’avait croisé autant d’enfants amaigri. Elle ne supportait pas la vue de la souffrance et de la misère. Elle l’évitait. C’était peut être une preuve de sa faiblesse et de son hypocrisie, mais elle ne pouvait rien faire contre cela. Elle s’en rendait malade. Voir ses enfants attelés à des poteaux immenses sur la place publique pour être fouettés. C’était une réalité à laquelle elle voulait échapper. Parce que sinon elle ne pourrait pas supporter de vivre dans le luxe et la richesse au Capitole. C’est pour cela qu’elle n’allait plus dans le district douze, le onze, le neuf ou encore le dix. La pauvreté était croissante dans ces districts, et le risque était trop grand pour qu’elle ait les autorisations de s’y rendre. Pourtant, elle avait également le besoin de voyager à travers Panem. Et la raison était évidente : elle devait être digne de ces enfants lors des Jeux. Elle devait comprendre la vie dans les districts, comment tout cela prenait place dans le quotidien de ses protégés. Car c’est ainsi qu’elle les voyait. SIlayan était protectrice envers les tributs qu’elle habillait depuis huit ans. Elle en avait perdu une partie, mais en avait vu d’autres devenir des héros pour la nation. Des vainqueurs. Rien n’était plus appréciable que de revoir ces gagnants, six mois après leur retour dans la vie réel. Les voir, avec les couleurs d’une vie à laquelle ils n’auraient pas rêvé. Mais cela ne changeait rien à leurs regards. Ils gardaient le regard perdu et éteint des enfants des districts qui n’avaient jamais connu que la peur et la mort. Silayan ne pouvait pas se rebeller contre cela, parce qu’à ces yeux si les choses étaient ainsi c’était pour une bonne raison. Si le Président Snow laissait les choses aller de la sorte, c’est qu’il n’en avait pas le choix.

Elle avait grandi dans une famille protégée par le président. Plus ou moins en tout cas, mais si Silayan était sure d’une chose c’est que Panem tenait à ses vainqueurs. C’était une chose dont elle avait été témoin toute sa jeunesse, alors que des gens de son district venaient pour avoir la chance de croiser sa mère – gagnante des jeux. De ce même fait, Silayan était persuadée qu’en ce qui concerne certain districts favoris du Capitole, les enfants des gagnants étaient plus ou moins préservés. Elle-même n’avait jamais craint d’être tirée au sort lors des jeux. En grandissant, elle s’était doutée que sa mère en était pour quelque chose là-dedans. C’était une femme aimante, et Silayan ne doutait pas que sa plus grande peur fut de voir sa fille partir pour les jeux à son tour. Sa fille unique, son trésor. Alors la peur de partir pour les jeux n’était pas une chose à laquelle Silayan était accoutumée. La peur, en elle-même n’était pas quelque chose de naturelle chez elle. Elle avait grandi dans un cocon protecteur, et durant des années elle n’avait eu à s’inquiéter de savoir que si elle voulait devenir styliste, maquilleuse, mentor ou mannequin. Elle n’avait jamais douté du fait qu’elle travaillerait pour le Capitole. C’était un plan de carrière rêver pour une jeune fille comme elle. Elle n’avait jamais désiré autre chose que cela. En somme, elle pouvait considérer qu’elle avait réussi sa vie, car aujourd’hui elle était une figure montante au Capitole. Elle était connue de beaucoup d’habitants, et sa boutique était prise d’assaut par de nombreuses célébrités. Elle avait travaillé pour les plus grands, en comptant la famille présidentielle. Elle avait déjà confectionné des robes pour Madame Snow, mais en général elle travaillait pour le bon plaisir de sa fille. Jusqu’à récemment. Mais l’embrouille qui l’avait conduite à être virée de chez les Snow ne tarderait pas à être résolue. Elle était intimement convaincue qu’elle réussirait à se faire pardonner d’Alix. Silayan restait convaincue que le temps était le meilleur allié de l’homme, surtout lorsqu’il s’agissait de trahison et de pardon. Et pourtant, en ce qui concernait son histoire avec Hunter, il semblait que le temps était tout simplement incapable de soigner les blessures qu’il lui avaient infligée.

Elle se retrouvait devant lui, et elle prit conscience que malgré tout, il lui manquait une chose essentielle dans sa vie : l’amour. Ce n’était pas qu’elle était incapable d’aimer, mais depuis quatre ans, il lui semblait qu’aucun homme n’arrivait à avoir son attention. Certes, elle avait eu des amants, elle jouait toujours le jeu du chat et de la souris avec Owl-Inn. Mais elle n’arrivait pas à vivre avec eux ce qu’elle avait pu vivre avec Hunter. Elle était dans l’incapacité la plus totale d’oublier ce qu’ils avaient vécu. Elle ne pouvait pas supporter l’idée que cela n’était qu’un mensonge construit de toute pièce par Hunter. Elle ne pouvait pas accepter l’idée qu’ils e soit jouer d’elle de la sorte, qu’il ait osé lui cacher celui qu’il était vraiment. Elle ne pouvait pas croire qu’elle ait eu le pouvoir de le changer, d’effacer ses pêchers et ses fautes. Le sang qu’il avait sur les mains. Qu’à son contact, il avait oublié ce qu’il avait fait, ce qu’il était réellement. Car aux yeux de Silayan c’était une chose sure : Hunter était un tueur. Plus qu’un simple pacificateur qui faisait son métier de la manière juste et professionnel, elle avait souvent entendu dire qu’Hunter était un monstre de sang. Un carnassier, qui appréciait plus que de coutume la torture, et le sang. Il était craint des habitants de Panem, et il était vénéré par les habitants du Capitole qui entendaient parler de ses exploits comme autant de rumeurs et d’histoires d’horreurs. Cela remontait toujours à Silayan, qui écoutait parler de cet homme comme s’il fut un étranger. Après tout, c’était bien ce qu’il était. Elle avait du mal à l’accepter, mais la vérité n’était autre que celle-ci : ils étaient deux étrangers. Qui se connaissaient très bien. Elle n’avait jamais eu la sensation d’être comprise et aimée comme elle l’avait eu sous son regard. Elle aimait penser qu’Hunter avait su lire en elle. Voir ce qu’aucun homme n’avait pu voir avant. Elle aimait l’idée qu’il l’eut aimé comme personne. Mais elle ne pouvait pas s’empêche de s’en vouloir pour cela. Parce qu’il n’était définitivement pas celui qu’elle pensait qu’il était.

Elle devait s’accrocher à cette idée pour ne pas simplement replonger dans la dépendance et l’envie qu’elle avait pour lui. Elle ne pouvait pas se laisser aller à l’aimer. Il avait détruit en elle ses derniers espoirs et sa dignité. Comment pouvait-elle de nouveau lui faire confiance en ayant conscience de ce qu’il avait fait ? Elle ne savait pas où leur histoire aurait pu les mener ? En réalité, elle était persuadée que tout cela n’était qu’une erreur, un rêve, une illusion. Elle n’aviat pas d’avenir avec Hunter. Elle n’en avait pas plus aujourd’hui qu’il y a quatre ans. Elle préférait pas y réfléchir. Que se serait-il passé le jour où il se serait décidé à tout lui avouer ? Est-ce qu’elle serait partie ? Est-ce ses sentiments pour lui l’aurait poussée à l’aimer plus encore ? A le sauver de lui-même… Depuis quatre ans qu’elle entendait parler des tueries commises par Hunter elle se demandait s’il n’était pas en réalité enfermé dans un cercle vicieux. Dans une logique auto-destructrice. Est-ce qu’il souffrait ? Sans doute. L’idée qu’il souffre lui était insupportable. Pourtant, la peur qu’elle ressentait était bien trop grande pour le moment pour qu’elle supporte l’idée de se donner à lui de nouveau. Quant bien même ce fut pour le rendre bon. Elle voulait revoir son amant. Elle le désirait plus que tout autre chose en ce monde. Mais elle n’en avait pas le droit. Cela elle l’avait bien compris. « J'en sais rien ! Suffisamment longtemps pour que tu changes d'avis sur les Pacificateurs et qu'il y ait une chance que tu m'acceptes ! » Elle resta stoïque, tâchant de cacher les sentiments qui l’envahirent. Est-ce que vraiment il pensait que c’était son métier de pacificateur qui la révulsait ? Elle pouvait comprendre le fait qu’il soit un pacificateur, là n’était pas le problème. Le problème c’était son envie de sang exacerbé. Il n’était pas semblable aux autres pacificateurs qui se contentaient de faire leur travail. Silayan était intimement convaincu qu’Hunter aimait cela. Qu’il avait voué sa vie à la torture et à la destruction de ses semblables. Elle ne pouvait pas accepter cela. « Tu ne comprends pas le problème… » murmura-t-elle. Elle était navrée de le mettre en colère. Elle était désolée de ne pas pouvoir exprimer ses pensées. Elle n’arrivait pas à mettre des mots sur ses sentiments et elle en était frustrée. Il était en colère, et le prouva en frappant le sol avec un silence acerbe. Elle sursauta, témoin muet de sa rage. Il était effrayant. Il lui semblait découvrir un nouvel Hunter. Un être violent, en souffrance, et seul, incompris. Comment pouvait-elle voir en lui l’homme doux et aimant qu’elle avait rencontré quatre ans plus tôt ? Ce dernier était-il mort sous les coups de sang et les meurtres ? De tout son être elle espérait le voir rejaillir. Elle voulait qu’il soit là. Parce qu’elle ne pouvait pas laisser Hunter dans son passé. Elle comprit à cet instant qu’elle ne pouvait tout simplement pas l’oublier. Elle était condamnée à n’aimer que lui avait autant de force.

Mais elle devait réapprendre à le connaître, et comprendre qui il était vraiment. Il lui semblait si différent, et si semblable à la fois à l’homme qu’elle avait aimé. Elle devait apprendre à discerner le vrai de l’illusion. Savoir qui était véritablement Hunter. Son Hunter. S’il était ce monstre, ou s’il était son amant. Elle ne savait plus où elle en était. Elle était perdue. « Leurs regards ne valent rien. » Murmura-t-il à sa suite. Elle leva un regard accusateur vers lui. Bien sur que leur regard avaient de la valeur. Elle se raccrochait à cela depuis quatre ans pour avoir des nouvelles de lui, tremblante à l’idée d’apprendre sa mort. Mais à travers le regards de ces habitants, apeurés par Hunter, elle avait découvert une autre vision de lui-même qui lui semblait parfois plus réelle que celle de l’homme qu’elle avait abandonné dans cette chambre quatre ans plus tôt. Parce que cette vision cauchemardesque revenait constamment dans les discours. Elle avait fini par croire que l’image qu’il avait donné de lui lorsqu’ils étaient ensemble était construite de toute pièce. Et pourtant, il semblait vraiment heureux dans ses bras. Ses sourires n’avaient rien d’artificiel. La lueur dans son regard, la douceur de ses baisers, et de ses caresses, elle n’avait pas pu imaginer tout cela. Elle n’avait pas pus e tromper à ce point-là sur lui. Pourtant, il avait tué. Il avait détruit un bon nombre de vies humaines. Et il allait sans nul doute continuer à le faire. Parfois Silayan pensait qu’elle ne changerait rien dans la vie du bellâtre. Mais elle ne pouvait pas s’empêcher d’être douce, et de s’inquiéter pour lui. C’est pourquoi, face à la blessure et au sang qui coulait sur sa main, elle réagit en femme dévouée. Elle prit sa main dans les siennes alors qu’Hunter semblait pris dans ses pensées, et la soigna du mieux qu’elle pue. Elle entoura la blessure dans un bout de tissu.

Elle était trop proche d’Hunter. La sensation de sa peau rugueuse la rendait folle. Elle eut chaud, très chaud. Son cœur se mit à battre sur vite, plus fort, la meurtrissant. Elle n’avait plus peur alors qu’elle se rapprochait de lui. Alors qu’elle le soignait. Il lui semblait de nouveau être humain. Il semblait de nouveau être emprunt d’une fragilité qu’elle ne retrouvait pas dans les discours des habitants des districts ou du Capitole. « Arrête. Pas ça. » Ils s’étaient rapprochés l’un de l’autre, imperceptiblement. Instinctivement. Tant et si bien que le souffle d’Hunter vint réchauffer la joue de Silayan. Elle releva les yeux vers lui alors qu’elle tâchait de mettre des mots sur ses émotions, sur ses sentiments le concernant. Il évitait son regard, mais à mesure que les mots coulaient vers lui il semblait revenir vers elle. Elle espérait qu’il lui revienne. Elle voulait retrouver l’homme qu’elle aimait. Et non pas l’image de ce pacificateur cruel qui avait pris des centaines de vies. Et qu’il l’avait fait avec plaisir. Durant un temps, elle sentit qu’il était sur le point de franchir une ligne invisible. Ses lèvres se rapprochaient dangereusement de celle de la jeune femme. Elle aurait pu alors le laisser faire. Se laisser aller à l’embrasser, à retrouver des sentiments qu’elle avait cru anéanti à jamais avec le souvenir qu’elle avait de lui. Mais cela signerait sa fin, inexorablement. Elle ne voulait pas de cela. Elle ne voulait pas replonger. Elle avait du mal à vivre loin de lui, il n’avait aucun droit sur elle. Il n’avait pas le droit de la rendre faible. Alors, elle termina par un coup mortel. Cruel. Elle le savait, mais il devait entendre ce qu’elle avait à dire. Qu’en effet, pour elle, il était un homme méprisable. Plus encore que Snow, Coin, les rebelles, ou les autres pacificateurs. Parce qu’il l’avait touché dans sa chaire. Hunter détourna alors le regard, et apposa sur sa joue un baiser furtif qui chamboula son cœur. « Je ne suis pas l’être le plus détestable de la terre ! Tu ne peux pas dire ça ! Je fais mon travail, comme tu fais le tien. Je… Enfin… Comment tu peux penser ça ? Je n’ai jamais levé la main sur toi ! Je ne t’ai jamais fait de mal ! » La culpabilité s’empara de Silayan qui baissa le regard, honteuse. Les mots étaient sortis sans qu’elle pue les choisir avec soin, sans qu’elle put les retenir, traduisant le sentiment d’injustice qu’elle ressentait depuis quatre ans. Bien évidemment qu’il était l’homme le plus détestable sur la terre pour elle. Car jamais elle n’en avait aimé un autre comme lui. Parce que jamais elle ne s’était donnée à un homme comme elle s’était abandonnée dans ses bras. Il pouvait la détruire s’il le désirait. Il pouvait lui demander de mourir pour lui qu’elle se jetterait dans les bras de la mort sans hésiter. Elle ne pouvait pas se pardonner d’aimer un homme tel que lui. Un homme de pouvoir, qui jouissait de son statue pour réduire ses pairs à néant. Elle n’aimait pas Snow, elle n’aimait personne d’autre qu’Hunter. Les autres avaient beau faire des choses horribles cela ne touchait pas autant Silayan que les faits et gestes d’Hunter. Elle voyait l’homme qu’elle aimait à travers les yeux horrifiés de ses victimes.

« Tu n’ignorais pas tout de moi. Tu étais la personne la plus chère à mes yeux. » Elle releva le regard vers lui. Elle comprit alors qu’il était toujours présent. L’homme qu’elle avait aimé. Mais quelque part, dans une partie intime de l’esprit d’Hunter. Dans un passé qu’il avait sans doute renié. Elle osait espérer que – comme elle – il était incapable de simplement mettre une croix sur leur histoire. L’oublier et passer à autre chose. Elle espérait que comme elle, il l’aimait toujours. Soudainement, elle voulut se raccrocher à cela. Parce que tout le reste ne pouvait que la tuer plus encore. La blesser plus encore. Elle ne voulait pas cela. « Et, puis, qu’aurais-tu voulu savoir sur moi ? » Il laissa échapper un soupir. Elle devait saisir sa chance. Alors, doucement, elle s’approcha de lui, de nouveau. « J’ai eu assez de quatre ans pour … apprendre à connaître celui que tu étais. Ou que tu avais pu être. » Dit-elle, avec douceur. Elle ne voulait pas qu’il se mette en colère. Elle voulait simplement qu’il revienne vers elle. Elle voulait … elle voulait … l’embrasser. « Les gens du Capitole te … ils te surnomment Drakul. » Dit-elle avec un sourire contri, un rire satirique s’échappant de ses lèvres. Timide. « Parce qu’ils disent que tu es dominé par ton désire de sang. » Expliqua-t-elle, comme pour justifier ce surnom qu’elle trouvait stupide pour sa part. Elle imaginait mal Hunter se rassasier du sang de ses victimes. Il ne pouvait pas être aussi sadique. Il ne pouvait pas être aussi monstrueux. « Je sais que … tu es un pacificateur doué. Dévoué au Capitole et à … Snow. Et je sais également que … ton passé … est plutôt sombre. » Elle ne voulait pas le pousser dans ses derniers retranchements. Elle ne voulait pas le meurtrir plus qu’il ne l’était déjà. En réalité, elle se rendit compte qu’elle ne voulait savoir qu’une seule et unique chose aujourd’hui. Alors, elle saisit le visage d’Hunter entre ses mains, doucement, tendrement, et l’obligea à la regarder dans les yeux. « M’aimeras-tu encore Hunter ? » demanda-t-elle avec une voix enrouée par la peur et la crainte de le voir la repousser. Elle était proche de lui une fois encore. Elle le regardait dans les yeux, tâchant de se convaincre qu’il n’était pas qu’un monstre façonné par le Capitole. Dans son regard, elle cherchait une dernière lueur d’humanité. Elle cherchait l’homme qu’elle avait aimé. Mon Hunter.
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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Sam 17 Mar - 17:53

Silayan. Ce prénom m’envahissait de nombreuses émotions. Colère. Colère contre celle qui m’avait abandonnée lâchement à l’aide d’un simple mot, ce qui se révélait totalement impersonnel. Comme si la relation que nous avions construite ne représentait absolument rien. Comme si elle était effaçable, et disparaissait en un simple mot. Haine. Véritable haine de la retrouver à nouveau face à moi, et les idées impures envahirent mon esprit plus vite qu’il ne faut pour le dire. Indifférence. Du moins, c’est ce que j’essayai de ressentir face à elle. Je ne devais pas me laisser submerger par mon plaisir de revoir Silayan après toutes ses années. Plus d’indifférence je lui prêterai, plus de haine elle ressentirait à mon égard, ce qui était bien plus agréable pour se quitter une nouvelle fois. Amour. Oui, car les sentiments n’avaient pas totalement disparus, contrairement à ce dont j’essayai de me persuader. C’était bien plus facile de paraitre totalement insensible face à la jeune femme. Bien moins douloureux. Ma tête explosait tant les sentiments à son égard étaient confus. Comme me comporter ? Agressif ? Cela m’avait semblé être une très bonne solution, mais je n’y arrivais pas. Cela ne me venait pas naturellement face à elle. Et jamais, jamais, je ne pourrais me montrer un tant soit peu violent à son égard. Peut-être dans mes paroles. Mais même cela je n’en n’étais pas convaincu. Le paradoxe était drôle, finir là où tout avait commencé. Et la conversation s’avérait particulièrement sèche, les fautes de l’autre étant mise en évidence même si … mes fautes étaient au centre de la discussion. Je pouvais comprendre. Je lui avais menti, les mensonges s’agrandissaient au fur et à mesure des semaines, mais elle n’était pas sans reproche pour sa part. Lâche. C’était le mot qui lui correspondait le plus dans la situation actuelle, même si elle me faisait enfin face pour cette conversation tant attendue. Je l’écoutai, je répondais, et ainsi de suite. Au fur et à mesure, la conversation déviait. Bien trop à mon goût. « Tu ne comprends pas le problème… » Je roulai des yeux. Bien-sûr, je ne comprenais rien, et puis quoi encore ? J’évitai de répondre. Je ne voulais pas envenimer encore plus la conversation. Je hochai simplement les épaules, fatigués que tous les problèmes soient de mon origine, alors que nous savions très peu que ce n’était pas le cas.

J’avais envie que tout cela se termine. Que la conversation s’arrête et que chacun d’entre nous reprenne son chemin. C’était une évidence, c’était ce qui se passerait dès que la conversation serait terminée. Et malgré le fait que j’attendais ce moment depuis des années, l’apaisement que j’espérais ressentir en parlant à cœur ouvert à Silayan ne m’envahissait pas. Au lieu de quoi je m’énervais chaque seconde un peu plus contre celle que j’avais tant aimé. « J’ai eu assez de quatre ans pour … apprendre à connaître celui que tu étais. Ou que tu avais pu être. » Bien que sa voix était douce, je n’arrivai pas à rester calme dans ma tête. Tout ceci était bien trop, je n’en pouvais plus. Quatre ans, c’était un sacré bout de temps, j’en étais parfaitement conscient. Cela n’empêchait pas qu’elle s’était uniquement basée sur des paroles, des foutus paroles de paysans n’acceptant pas le fait qu’ils avaient merdés et qu’ils méritaient une punition. Ma réputation n’était pas des plus belles, je le savais. Mais qui l’avait forgée ? Ces citoyens des districts, pensant qu’ils étaient intouchables et que franchirent les lois étaient totalement normal. Ce qui n’était pas le cas, et je devais effectuer mon travail, qui consistant à les empêcher de recommencer. Si des lois avaient été créées, ce n’était pas simplement pour faire joli. Je m’y pliais, mes collègues aussi, alors pourquoi pas eux ? Silayan s’était forgé une opinion sur des paroles la plupart du temps exagérées. Je savais que cet homme décrit dans les districts était Hunter Blackbird-Crowley. Mais Silayan avait connu celui d’autrefois, celui qui aspirait encore à une vie meilleure. Et elle l’avait oublié. Il s’était évaporé pour laisser place à celui des rumeurs. « Et celui que je t’ai montré a disparu. » soupirai-je, tandis que l’envie me prenait d’ajouter ‘’par ta faute’’. Mais je me retiens, au prix d’un effort colossal. Malgré sa douceur, malgré le calme dont elle faisait preuve, rien ne m’empêchait de penser à sa façon si brutale de mettre les voiles. Et je l’écoutai, impatient, énervé, tentant tant bien que mal de respirer, d’évacuer la pression. « Les gens du Capitole te … ils te surnomment Drakul. » Je ne pus m’empêcher d’avoir un éclatement de rire. Drakul ? Sûrement un dérivé de Drakul, ce qui était absolument ridicule. Je n’en revenais pas. C’était … pathétique. Misérable. Digne des habitants du Capitole. Malgré tout, j’étais étonné. Etonné que ces riches gens puissent se montrer irrespectueux face à leur gardien de la paix. J'étais prêt à entrer dans une colère noire, mais le surnom me revenait en tête et je laissai à nouveau échapper un rire. Le Capitole était mal placé pour me juger, surtout pas ses habitants. Ils étaient bien heureux que les Pacificateurs surveillent leurs fesses face à la recrudescence de rebelles qui s'infiltraient au sein de leurs soirées pour mieux les couler. Sans nous, ces derniers seraient bien plus nombreux, et ils étaient assurés de ne plus jamais être tranquilles. Heureusement que nous étions là. Heureusement que nous exterminions ces rebelles infiltrés qui menaçaient leurs vies. Et c'était la seule considération que je recevais en échange ? Un surnom ridicule ? Je m'apprêtais à répondre à ces conneries quand Silayan me coupa la parole. « Parce qu'ils disent que tu es dominé par ton désire de sang. » Ma soif de sang ? Drakul ? Ils se croyaient où ces gosses de riches absolument naïfs et puériles ? Dans un mauvais remake d'un de ces films ridicules de vampires ? Genre ce nanar datant d'il y a des décennies avec ce triangle amoureux ? J'eus un nouveau rire. Les mots se bousculaient dans mon esprit, mais ridicule et pathétique étaient en tête. Ces Capitoliens sont si ridicules, extravagants, qu'ils prennent leurs rêves pour des réalités. « Et bien-sûr, tu écoutes ces stupides êtres. » soupirai-je. Silayan en faisait partie, de ces citoyens. Mais j'en avais foutrement rien à faire. Je n'étais pas dominé par ma soif de sang. Les exécutions, les tortures, tous étaient des châtiments amplement mérités par ceux qui les subissaient. Si nous n'étions pas aussi durs, il était clair que Panem n'existerait plus depuis des décennies. Notre pays aurait sombré depuis des lustres, heureusement que la formation de Pacificateurs avaient été crées après les jours sombres. Voilà septante-cinq ans que nous faisons régner la loi dans ce pays. Nous sommes des figures emblématiques. Tout le monde devrait réaliser à quel point notre boulot est fatiguant. Mais non, nous sommes justes des gens ‘’dominés par leurs désirs de sang’’. Ce n’était pas mon cas. Je ne disais jamais non à une petite torture, mais cela ne faisait pas de moi un Pacificateur faisant couler le sang sans raison apparente. Il y avait toujours une raison. « Dis-toi juste que toi et tes petits camarades du Capitole, vous avez bien de la chance que je sois ‘’dominé’’ par mon désir de sang, sinon la Capitale sera envahi de ces foutus rebelles, plus qu’elle ne l’est déjà. » Et je ne voudrais pas que quelque chose t’arrive, pensais-je, me retenant juste à temps pour ne pas laisser ces mots franchirent mes lèvres. Je m’étais importée. Comme à chaque fois lorsque le sujet concernait ces enfoirés de rebelles. « Je sais que … tu es un pacificateur doué. Dévoué au Capitole et à … Snow. Et je sais également que … ton passé … est plutôt sombre. » Je ricanais. Si mon passé lui semblait si sombre et intriguait, c’était pour la simple et bonne raison que je ne lui en avais jamais parlé. Pour la protéger. Pour me protéger. Elle n’aurait jamais supporté d’apprendre la véritable nature de mon enfance. Que j’avais tué ma sœur de mes propres mains, à l’âge où les préoccupations sont plutôt tournées vers les petites voitures. Je ne voulais pas qu’elle sache à quel point j’y avais pris du plaisir. Qu’ôter la vie de la personne du même sang m’avait semblé naturel et magnifique. Si je m’étais laissé aller à de telles révélations, je l’aurai perdue bien plus tôt. Ce mensonge m’avait permis de la garder plus longtemps auprès de moi. Et comme elle semblait si intéressée par les ragots du Capitole, je laissai le soin à sa curiosité de découvrir un jour ou l’autre la vérité, si ce n’était pas déjà fait. « J’effectue mon travail avec intérêt. » répondis-je simplement, oubliant au passage sa dernière remarque.

Je fermai brièvement les yeux à la seconde où ses mains se posèrent sur mes joues, savourant cette sensation d'avoir retrouvé la jeune femme l'espace de quelques secondes. « M'aimeras-tu encore Hunter ? » Mes paupières se rouvrirent. Je l'a regardai incrédule, ahuri face à ses propos. La question me semblait si ... irréelle. Ce n'était pas possible que ce soit la Silayan à laquelle j'avais fait face et qui me méprisait au plus haut qui m'ait posé cette question. Je voulais lui donner réponse, mais aucun son ne sortait de ma bouche. J'eus un léger sourire en pensant que même après ces années de séparation, elle me surprenait toujours autant. J'avais toujours aimé ce côté de la jeune femme. Pleine de surprise, toujours à me faire découvrir une nouvelle personnalité. Je ne devais pas être nostalgique. J'enfonçais et retournais le couteau dans la plaie en me remémorant de tels souvenirs. Mais sa question m'envoyait des flashs de notre liaison et je repensais à quel point Silayan avait eu un impact considérable sur ma vie. À quel point elle avait compté. Et également, qu'elle était la seule personne qui aurait été capable de me changer, de faire de moi un autre homme. J'essayai de me persuader que j'aurai pu avoir une vie meilleure en restant à ces côtés, si elle ne m'avait pas fui. Mais c'était une pensée idiote. L'homme que les épreuves avaient façonné ne pouvait plus trouver le pardon, même auprès d'une jeune femme qu'il aime encore. Les battements de mon coeur s'accélèrent brusquement à cette pensée. Oui, je l'aimais. Je l'aime. Et je l'aimerais toujours. C'était une sensation terriblement douloureuse, que d'arrêter de se voiler la face et d'enfin accepter la vérité. Je l'aimais. De tout mon coeur, douloureusement. Affreusement. Obsessionnellement. Éperdument. Passionnément, à en perdre raison. Cette fois, je ne me défilai pas et affrontais son regard, ce regard qui provoquait une nouvelle accélération de mon rythme cardiaque. « Je ... » commençais-je dans un murmure, avant de m'arrêter brusquement. Je voulais me laisser aller à libérer ces sentiments que j'avais oublié, ceux qui ne faisaient plus partie de mon corps, et qui m'éloignaient de l'être humain. Silayan était la seule personne capable de bousculer mes idées et mon comportement. Je passai du Pacificateur sans état d'âme, dont les réactions humaines avaient disparus depuis bien des années, à l'homme, celui qui n'était pas en fonction, qui avait des espoirs et des déceptions, et qui rallumait la flamme de cet amour perdu. Je soutenais son regard, ce regard qui me détestait, mais qui méritait des réponses. Et la réponse n'était pas facile à admettre. Je voulais lui dire que je l'aimerais toujours, malgré les déceptions, la haine, les sentiments douloureux, les envies de meurtres, ce néant qu'elle a laissé en moi. Je voulais tant lui dire à quel point je tenais à elle, même si mon esprit tentait de m'en dissuader. Mais je n'y arrivais pas. Car je savais pertinemment que quelque soit la réponse qui franchirait mes lèvres, j'allais regretter. Elle repartirait sans se retourner, comme elle l'a déjà fait. La vérité n'y changerait rien. Je la perdrais une nouvelle fois, et il me faudrait à nouveau des années avant d'accepter son manque. Je ne voulais pas. J'avais besoin d'elle. Elle est mon oxygène. Elle est ma raison. Elle est la dernière chose qui me rattache à mon humanité.

Silayan me tournerait le dos. Elle s'en irait aussi vite qu'elle était réapparue dans ma vie. C'était un fait. Et malgré mes désirs, je devais accepter cela. Je ne devais plus m'attacher. Le lien nous unissait, qui avait été brisé et qui tentait à nouveau de se relier devait être enterré définitivement. Et cela passait par un refus d'avouer mes véritables sentiments. Plus elle me détesterait, plus ses mots me blesseraient, plus j'accepterai de la perdre une nouvelle fois. Je devais m'abandonner au Pacificateur, et non à l'homme amoureux. Mais mes pensées divaguèrent. Je renvoyais son corps, son sourire, nos moments passés ensemble. Et c'était plus fort que moi. Mes pensées ne semblèrent pas survivre à ma raison, à mes désirs. « Toujours. » Un murmure, une voix brisée, un regard vide. Et c'en était fini. Le gamin rêvant d'une nouvelle vie avait pris le dessus. Sur tout. Mon corps se rapprochait du sien sans même que je l'ordonne, et je me retrouvai si proche d'elle que je pouvais sentir ce parfum, son parfum, qui m'envoyait des souvenirs à m'en crever le cerveau. J'avais envie d'elle. Plus que jamais. Elle représentait ce que je n'aurai jamais, que je n'aurai jamais plus. Je la désirai, je voulais sentir son corps brûlant contre le mien une dernière fois. Je voulais l'embrasser sauvagement, un baiser à la hauteur de ses souvenirs. Je la désirais. D'un geste vif, mes mains vinrent se poser sur ses reins pour ôter définitivement les quelques centimètres qui nous séparaient. Elle n'eut guère le temps d'émettre la moindre opposition qu'elle était prise au piège de mon emprise, tandis que mes lèvres se frayèrent un chemin jusqu'aux siennes. Je l'embrassai avec passion, terriblement heureux de goûter à nouveau à cette bouche avec laquelle j'avais tant joué auparavant. Cette sensation était merveilleuse, à tel point que je ne voulais pas m'arrêter, à tel point que j'en oubliais que j'étais censé la détester de tout mon être.



you see, in their last moments, people show you who they really are. so in a way, i know your friends better than you ever did. would you like to know which of them were cowards ?
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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Mer 21 Mar - 7:39

Hunter. Son nom sonnait en elle comme un cri de douleur. Une promesse oubliée dans un moment d’inadvertance. Hunter, n’y avait-il pas de nom plus éloquent encore ? Et pourtant, elle n’avait pas même pensé à se méfier de lui. De son regard sombre, de son visage dur, et son corps parfaitement sculpté. Il lui était apparu comme dans un rêve, à un moment où elle avait perdu son chemin. A un moment où elle n’avait aucune raison de se méfier. Alors qu’elle était enclin à se tourner vers les autres pour chercher l’aide dont elle avait besoin. Depuis quatre ans, elle n’avait fait que se renfermer un peu plus sur elle-même, se contentant d’un cercle plus restreint d’hommes de confiance. Elle avait compris qu’elle ne pouvait pas simplement se contenter d’un regard pour juger de la bonne foi des gens qui croisaient son chemin. Pourtant, elle avait grandi avec l’idée que le monde ne présentaient pas de réelle menace. Ni les Hunger Games, ni Snow, ni les Rebelles n’avaient constitué une peur potentielle pour la jeune femme. Elle était simplement inquiète à l’idée de se retrouver seule dans le noir, de sombrer dans la solitude, ou encore de regarder un clown dans les yeux. C’était des peurs d’enfant qui ne l’avaient pas vraiment quitté depuis le temps. A cela s’était ajouté la peur de voir Hunter lui briser le cœur, la détruire, comme il avait détruit sans doute des dizaines de femmes avant elle. Mais c’était différent, il n’avait jamais été violent avec elle. Jusqu’à présent il ne s’était jamais mis en colère contre elle, il n’avait jamais été violent, il ne l’avait jamais déçu. Il n’avait jamais fait paraître le chasseur qui sommeillait en lui. Cet être entraîné à tuer par le Capitole. Un pacificateur, il était un pacificateur, en ce sens il était un tueur. Il savait sans doute comment retirer des informations à ses ennemis en utilisant les manières les plus atroces pour les torturer. Psychologiquement, et physiquement. Elle ne pouvait tout simplement pas se laisser aller à penser à cela. Imaginer son Hunter déchirant la chaire d’un homme qui avait tout perdu dans le seul et unique but d’avoir un nom, une date, ou un lieu précis. Elle ignorait tout du déroulement de la guerre, mais elle avait fait des études, et elle avait beaucoup lu en empruntant les livres que sa mère avait collectionné à mesure des années. Elle connaissait beaucoup de chose concernant l’histoire, et la littérature de l’humanité. Elle aimait les livres. Les livres ne mentaient pas. Les livres étaient absolument fidèles à leurs auteurs. C’était stupide de penser les choses ainsi.

A mesure que le temps passé, elle perdait de ses convictions et de sa colère contre Hunter. Elle sentait la peur grandir en elle, à mesure qu’elle prenait conscience que l’homme qui lui avait été dépeint dans les portraits que les habitants du Capitole faisaient de lui, se dévoilait à son regard. Son Hunter, qui la regardait avec une expression si haineuse qu’elle aurait voulu mourir de honte. Pour ne plus avoir à supporter de la voir ainsi déçu, pire encore, blessé. Il lui apparaissait de plus en plus évident que tout cela ne les menait nul part. Ils avaient tous les deux eut tord, et leur histoire avait quelque chose d’impossible. Ils ne pouvaient tout simplement pas s’aimer au grand jour. Ils ne pouvaient pas être ensembles. Ne serait-ce que parce qu’elle habitait au Capitole, et que lui tournait dans les districts. Ils ne pouvaient pas se voir. Pourrait-elle imaginer un avenir où elle serait « heureuse » avec Hunter ? un avenir où elle aurait la possibilité de l’aimer au vu et au su de tous ? Il était douloureux de l’admettre, mais les choses étaient ainsi faites. Ils s’étaient aimés. C’était une chimère, rien de plus, car dans un monde tel que Panem, toute idylle entre eux était simplement un doux rêve. Rien de plus. Que ce passerait-il alors ? Ils devront terminer cette conversation ? et comment ? Quand est-ce que cette conversation pourrait trouver son terme ? C’était apparemment une chose impossible s’ils continuaient de la sorte, en s’infligeant à tour de rôle des fautes qu’ils n’avaient pas penser commettre. Il avait eu tord de lui cacher son métier, et son passé. Mais effectivement si elle l’aviat su elle ne l’aurait plus regardé avec le même amour. Elle avait eut tord de partir comme elle l’avait fait. En ne laissant qu’une lettre derrière elle. Une lettre d’adieu. Une lettre, pas même d’adieu, en réalité. Quelques mots à peine. Oublie-moi. Rien de plus en réalité dont elle fut capable de se souvenir. Elle avait écrit ces quelques mots en passant rapidement dans la chambre qu’elle avait partagé avec lui, se félicitant de passer à un moment où il était absent. Elle avait rassemblé ses affaires, retenant difficilement ses larmes. Et si cela ne tenait qu’à elle, elle aurait simplement mis les voiles, et sans un regard en arrière elle serait partie. Mais pendant une minute, elle était restée au milieu de la pièce à regarder autour d’elle, incapable de bouger, incapable de partir, incapable de pleurer.

Elle se souvenait de ce sentiment d’impuissance, alors qu’elle se trouvait devant un obstacle insurmontable, tout en sachant pertinemment que si elle voulait être heureuse elle devait pouvoir passer de l’autre côté. Mais le mur entre son chemin et sa vie aux côtés de Hunter était si épais et si haut qu’il restait infranchissable pour elle. C’était comme si le destin l’avait mis sur son chemin et qu’elle était tombée amoureuse de lui par erreur. Il était impossible que la fatalité l’eut condamnée à un amour impossible avec un monstre. Parfois elle se donnait l’impression d’être cette princesse tout à fait innocente qui tombait amoureuse d’un monstre craint de tous. La Belle et la Bête. Un conte qui avait su traverser les âges, et qui avait presque gagné le rang de mythe. Tous les enfants du Capitole ne sauraient ignorer cette histoire, et quelques chanceux du district un et deux avaient eu la chance de se l’entendre raconter le soir avant de se coucher. La mère de Silayan avait l’habitude de raconter des histoires à sa fille pour l’aider à s’endormir à la nuit tombée. Cette histoire d’amour impossible était une des préférées de la jeune fille mais elle ne s’imaginait pas vivre une histoire semblable un jour. Cependant, elle pouvait difficilement s’imaginer être la Belle, alors qu’Hunter aurait le rôle de cet être monstrueux qui restait coupé des hommes qui le craignaient plus que tout au monde. Un fléau, qui marchant main dans la main avec la mort. Voilà ce que Hunter représentait pour la majorité des habitants des districts. Cependant, Silayan avait l’impression d’avoir vu un homme différent. « Et celui que je t’ai montré a disparu. » » Elle ne pouvait pas le croire. Elle avait besoin de croire que l’homme qu’elle avait aimé été encore présent quelque part dans ses yeux. Encore maintenant alors qu’elle se trouvait devant la Bête elle ne pouvait pas s’empêcher de voir toute la beauté qu’il y avait dans son regard brillant de colère, dans la tension qui habitait son corps. Il semblait fatigué, et Silayan eut le désir de le calmer, de le prendre dans ses bras, et d’ôter la pression qui semblait peser sur ses épaules. Malgré le temps et la distance, les sentiments qu’elle avait pour lui semblaient inchangé et même doublé par le manque qu’elle avait de lui il lui semblait ne pas pouvoir supporter la force de son amour qui rejaillissait soudainement. Elle le cachait sous une voix calme et posée, mais le résultat était le même. Son corps s’accrochait désespérément à celui d’Hunter. Elle ne pouvait pas le quitter. Elle ne pouvait pas le laisser partir, elle ne pouvait pas le quitter. Elle avait peur de la solitude.

Alors, désireuse de donner à la discussion une tournure plus agréable, elle décida de lui révélait ce qu’il se disait sur lui au Capitole. Une idée qui était sans nulle doute mauvaise, mais elle n’arrivait pas à défaire le vrai du faux. Elle ne savait pas qui il était, ce qu’il voulait, ce qu’il ressentait. Elle n’arrivait pas à discerner l’image construite des faits avérés le concernant. Pourtant quand il s’agissait de d’autres pacificateurs elle n’avait pas ce problème. Elle se fichait pas mal des autres pacificateurs, elle n’avait que très peu de relations avec eux. Mais quelques-uns avaient su attirer l’attention de la styliste. Mais les relations qu’elle avait avec eux étaient bien différentes de ce qui la liait à Hunter. De ce fait elle ne se laissait pas influencer par les rumeurs les concernant. Mais le fait de savoir qu’Hunter lui avait tout caché de lui. Qu’il lui avait menti par omission la rendait si méfiante qu’elle était plus enclin à tout croire à son sujet pour combler les blancs. « Et bien-sûr, tu écoutes ces stupides êtres. » Déclara-t-il d’une voix qui semblait emprunte d’une lassitude extrême. Il était blessé par le fait que Silayan se laissait influencé de la sorte par les discours des autres. Elle avait le désire de lui hurler qu’elle n’avait que cela. Mais en réalité, à mesure des années, elle avait appris à se fier à quelques personnes de confiance, surtout en ce qui concernait Hunter. En particulier, la jeune styliste pouvait compter sur les récits de son amie Aileen Carter. La jeune femme travaillait pour le compte du Président Snow, chose que personne ne semblait ignorer, et en cela elle était très enviée au Capitole. Sauf par Silayan sans doute qui n’avait rien à lui envier par la prestance et l’influence. Silayan avait travaillé à la demande du Président sur quelques tenues pour Aileen lors des réunions et des galas qu’il avait donné chez lui. C’est ainsi qu’elles avaient fait connaissance. Silayan avait appris que la jeune femme travaillait souvent avec des pacificateurs et qu’elle était proche d’Hunter. Elle le considérait quasiment comme un des ses plus proches amis. Alors la plupart des choses que Silayan avait appris sur Hunter elle les tenait d’Aileen. Elle écoutait les rumeurs lorsque celle-ci était absente pendant trop longtemps du paysage du Capitole. Alors seulement elle découvrait des choses horribles concernant le jeune homme. Cependant elle connaissait le gout prononçait des habitants du Capitoles pour le fantastique et le spectaculaire. . « Dis-toi juste que toi et tes petits camarades du Capitole, vous avez bien de la chance que je sois ‘’dominé’’ par mon désir de sang, sinon la Capitale sera envahi de ces foutus rebelles, plus qu’elle ne l’est déjà. » Elle se senti vexée. Toi et tes petits camarades du Capitole. Sa voix était presque hautaine, moqueuse lorsqu’il disait ses mots, et Silayan ne cachait pas sa répugnance. Le regardant, outrée, elle se fermant en croisant les bras sur sa poitrine. Elle détourna le regard pendant quelque minutes. « Ces foutus rebelles… » Murmura-t-elle avec une voix lasse, presque écoeurée. Les rebelles voila le grand problème du Capitole à présent. La jeune femme regardait l’horizon, la mer qui s’étendait devant elle. Tout était paisible dans le district quatre. Elle avait du mal à croire qu’un armée grouillait quelques part dans Panem, prête à détruire le calme qui régnait présentement. Elle avait oublié la dureté de la vie dans les districts quotidiennement. Cependant elle continua, dévoila à Hunter qu’elle avait qu’il était un bon pacificateur. Mais également qu’elle savait que son passé était sombre. Et c’était un euphémisme en réalité. Cependant elle ne voulait pas repenser à ce qu’il avait pu faire enfant. La honte qu’elle ressentait à l’aimer était alors simplement insupportable. « J’effectue mon travail avec intérêt. » Répondit-il avec une simplicité déconcertante, omettant de relever la seconde remarque de la jeune femme. Cela n’étonna pas celle-ci outre mesure. « Je n’en doute pas. » Elle ne voulait pas qu’il lui en dise plus en outre, car elle savait qu’elle n’aurait alors que plus de raison encore de le fuir.

Sauf qu’elle ne voulait plus le fuir. Elle savait qu’ils étaient condamnés à vivre éternellement éloignés l’un de l’autre. Alors, quitte à retrouver Hunter, autant s’assurer qu’il était toujours l’homme qu’elle avait aimé. Elle ne voulait pas le quitter avec l’impression qu’elle avait simplement rêvé les quelques jours heureux dans ses bras. L’idée d’avoir été aveuglé par ses mensonges étaient simplement insupportables. Il devait avoir été honnête avec elle. Au moins sur un point. C’est tout ce qu’elle avait besoin de savoir pour pouvoir continuer d’avance loin de lui. Pourra-t-il l’aimer encore ? Serait-il encore capable de s’attendrir devant les habitudes étranges de la jeune femme ? Serait-il encore capable de lui sourire, de la regarder comme si elle était la personne la plus importante dans sa vie ? Pourrait-il encore être humain ? Un être humain comme un autre ? L’homme qu’elle aimait ? « Je ... » Elle était suspendue à ses lèvres, ne le quittant pas des yeux. Elle se rendit compte que son corps se rapproché de celui d’Hunter mais ne pouvait rien faire pour combattre ce désire qu’elle avait et qui l’attirait irrévocablement vers lui. Ses bras se trouvaient à présent le long de son cœur, et elle le regardait, le suppliant du regard. Sans pouvoir se l’expliquer elle avait le besoin irrépressible d’entendre ces mots de sa bouche. Hunter semblait troublé par la question de la jeune femme, pourtant il ne s’éloignait pas, et même, prisonnier de la même attraction il se penchait vers le visage de la jeune femme. Elle se trouvait dans un autre temps, dans un autre monde, coupé de ce qu’il se passait autour d’eux. Il devait lui dire. Il devait lui montrer qu’il avait été honnête. Qu’elle puisse se raccrocher à un souvenir. Elle avait besoin de croire que tout cela avait été réel. Impossible, mais bel et bien réel. Parce que jamais aucun homme n’avait eut une telle importance dans sa vie. Parce qu’il pouvait la détruire, là. A cet instant il pouvait la briser à jamais. Elle avait l’espoir de le voir la sauver. Il devait lui offrir la beauté ultime d’une promesse amoureuse. La beauté d’un souvenir qui ne fanerait jamais en eux. Elle attendait, fébrile que les mots lui parviennent. Le temps était suspendu aux lèvres d’Hunter. Des lèvres qui étaient à présent proches de celle de Silayan.
« Toujours. »

Un temps. Une seconde d’infini. La jeune femme se sentit reprendre vie. Elle sourit à Hunter, un sourire qui n’eut pas le temps de naitre, alors que déjà une sensation agréable l’envahit. Elle ferma les yeux et se laissa envelopper dans cette promesse tintait d’amertume. Hunter avait retrouvé le chemin de ses lèvres, et dans un baiser brûlant il l’assurait de la brûlure qui les habitait tous les deux. Cette passion, ce cri de détresse presque douloureuse. Silayan recevait les émotions d’Hunter, et sentit sur ses joues coulaient deux larmes salées. Elle ne pouvait pas retenir ses pleurs alors qu’elle était témoin des tourments de celui qu’elle aimait. Les bras de la jeune femme vinrent entourer le cou d’Hunter, et son corps épousa celui du pacificateur dans une étreinte familière. Elle le retrouvait, pour une ultime caresse. Une impossible caresse. Le cœur de la jeune femme n’avait jamais battu aussi vite. Son souffle était coupé, son corps en feu, et ses idées embrouillaient, entièrement tourner vers la sensation retrouvée des lèvres d’Hunter sur les siennes. Sensation délicieuse. Cela durant une éternité, les minutes défilant durant lesquels les deux anciens amants se perdirent dans le plaisir qui renaissait. Cependant, il arriva un temps où Silayan relâcha son étreinte. Ses bras quittèrent le cou d’Hunter et se posèrent sur son torse. Ses lèvres quittèrent les siennes, dans un mouvement lent, goûtant à la fin de ce baiser passionné. Elle restait proche de lui cependant. Elle était incapable de le quitter. Elle lui sourit. Caressant sa joue, elle semblait vouloir mémoriser chaque détails de ce moment. « Alors ce n’était pas qu’un rêve… » Disait-elle, suivant la logique de ses pensées jusqu’à présent. Elle ne savait pas si Hunter serait capable de la suivre. Sans doute pas. Mais elle n’en avait cure. Soudainement une vague de tristesse l’envahit. « … mais ce n’est pas moins une histoire impossible. » Déclara-t-elle avec un sourire triste. Elle baissa le regard, et ses bras descendirent sur le torse du jeune homme, le frôlèrent avant de caresser le vide. Elle avait eu tord de faire cela. Elle venait de les condamner tous les deux aux regrets. Cependant, il y avait des regrets encore présent entre eux. Des regrets, de la colère, de la haine. Chose dont elle ne voulait plus. Ce qu’elle désirait garder de lui c’était des instants semblables à celui-ci, suspendus dans le temps. Alors, sa prochaine question traversa ses lèvres naturellement, empli d’espoir et de peur. « Pourras-tu me pardonner, Hunter, mon cher Hunter ? » Sa voix se perdait dans un sanglot. La pardonner de l’avoir quitté, d’avoir croisé son chemin, de l’avoir détourné du sien. De l’avoir aimé. De l’aimer encore, et pour toujours…
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DISTRICT 1
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△ points : 0
△ multicomptes : alexiane, pepper-swann (leevy)
△ à Panem depuis le : 13/07/2011
△ humeur : opportuniste
△ âge du personnage : trente-quatre ans
△ occupation : général et connard en chef de panem


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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Dim 8 Avr - 22:19

Tu traînais dans ce district que tu ne connaissais pas depuis plusieurs jours, et à vrai dire, tu étais un peu perdu. Tu ne connaissais personne, et tout le monde ignorait ta véritable nature. Il faut dire que sans ton uniforme, tu passais inaperçu. Tu te promenais tranquille, sans croiser la moindre personne. Tu appréciais l'air frais et salé du district quatre. Tu te sentais bien, ici. « Monsieur ? Excusez-moi, je suis perdue, pouvez-vous m'aider ? Je cherche la maison de la famille Sullivan. » Tu avais failli rentrer en plein dans cette jeune femme. Tu avais relevé la tête. Elle était magnifique. Elle t'avait ébloui du premier coup d'oeil. Indéniablement, elle t'attirait. Une attraction chimique. Tu savais que cette rencontre n'allait pas être une simple rencontre comme tant d'autre. Tu avais perdu tes moyens, bafouiller comme un lâche, et elle l'avait bien remarqué. Ça l'avait amusée, d'ailleurs. Tu n'aimais pas qu'on se moque de toi, mais son sourire t'avait hypnotisé. Tu t'étais tout de suite senti à l'aise en sa présence. Aucune femme n'était parvenue à te faire une telle impression dès le premier regard. Finalement, vous aviez marchés côte à côte, et tu l'avais senti. Tu avais senti que cette femme allait être d'une importance capitale dans ta vie.

Du passé. C'est du passé.

Qu’attendait Silayan de moi ? Qu’espérait-elle ? Que j’allais lui livrer sur un plateau d’argent les paroles qu’elle voulait entendre ? « Silayan, je suis désolé d’être celui que je suis. Je suis un monstre, un sociopathe de la pire espèce. Ce n’est pas moi, pourtant. Je suis un homme aussi doux qu’un agneau, qui a simplement été perdu plus jeune et qui a pris le mauvais chemin. Je ne suis pas cet être. Je suis quelqu’un de bien. » C’était ça qu’elle voulait entendre ? Je n’étais pas en mesure de tenir un discours allant dans ce sens, car tous mes mots ne seraient que pures mensonges. Je vivais très bien ainsi. Je n’étais pas le meilleur des hommes, et je n’étais pas le pire. J’ai commis un acte incalculable de meurtres, mais cela fait partie de mon travail. À quoi s’attendait-elle en découvrant que j’étais Pacificateur ? Je ne m’étais jamais montré violent ou dur envers elle. Je m’étais montré tel un homme découvrant l’amour. Cela n’empêchait pas ma véritable nature de prendre la place qui lui était attribuée. Être Pacificateur n’empêche pas d’être un homme bon avec certaines personnes. Je suis très respectueux envers les gens suivant les règles. J’apprécie mes collègues, j’ai même des amis parmi eux. Être Pacificateur n’ai pas une excuse dont Silayan peut se servir pour être lâchement partie. C’est bien trop facile d’agir ainsi. J’avais merdé, j’avais ma part de responsabilités, mais elle aussi. Elle était peut-être même responsable de la mort de certains hommes étant passés sous mes mains après son départ. J’avais contenu ma rage durant quelques semaines avant de la laisser déborder en chassant des rebelles. Ils avaient payés le prix fort, et ce départ précipité n’avait pas aidé leurs cas. Je ne l’en avais pas blâmée pourtant. J’étais perdu. Je ne savais plus quelles réponses donner à ces interrogations. Elle me piégeait. Je me sentais faible, et je détestais ça.

Bien que Silayan était une femme respectée au Capitole, je ne pouvais pas nier que la plupart des habitants de notre Capitale m'exaspérait au plus haut point. Le surnom qui m'avait été attribué était ridicule. C'était digne d'un mauvais reality-show made in Capitole. Leurs propos étaient incroyablement stupides, et ils avaient le don de m'agaçer. Je ne m'en étais d'ailleurs pas caché dans mes propos, quitte à blesser la jeune femme. Je connaissais son admiration pour le Capitole, à tel point elle aimait sa vie là-bas. Elle était l'une de ses plus ferventes supportrices. Après tout, c'était normal. Elle avait passé la majeure partie de sa vie là-bas. Ils l'avaient bien éduquée pour qu'elle se montre fidèle envers eux. Malgré tout, je pouvais comprendre l'attachement de Silayan envers nos dirigeants. Elle ne voyait que la beauté du mode. C'était l'une des choses qui m'avaient fait tomber éperdument amoureux d'elle. Pour Silayan, tous les êtres sont purs et parfaits. Il n'y a aucune horreur dans notre monde. Ses yeux ne voyaient que le meilleur chez l'être humain. Elle avait vu le meilleur en moi. Et le Capitole lui offrait cette douce vie, belle et pure. Cette vie où la majorité de la population est insouciante, gentils et bienveillants. Elle fermait les yeux sur la réalité de ce monde, où la loi voulait que chacun agisse pour soi. Qu'il ne fallait pas avoir pitié, qu'il fallait se montrer dur, quitte à faire usage de la violence. Elle fermait les yeux sur la réalité, et je l'enviais. Je l'enviais d'être aussi détachée. Je comprenais son attachement au Capitole, je ne partageai pas son point de vue. « Ces foutus rebelles... » Je réalisai que mes paroles l'avaient certainement atteintes. J'aurai voulu lui dire qu'elle n'était pas comme eux, qu'elle s'attardait sur les autres et non pas uniquement sur sa petite personne. Silayan est totalement différente d'eux. Mais aucun son ne franchit mes lèvres. Elle avait raison sur un point, j'étais dévoué au Capitole. Autant je ne voyais que les mauvais côtés de notre Capitale, autant j'étais concentré sur mon travail. C'était la seule chose que je connaissais, en réalité. Je n'avais jamais eu l'occasion de goûter à un autre métier, et je m'étais plongé tête baissée dans celui-ci. Il me plaisait J'y avais pris goût. Pour la simple et bonne raison que la souffrance humaine était mon bonheur à moi. Être Pacificateur était ma destinée. Je ne sais pas ce que je serais devenu si une autre vie s'était présentée à moi. Peut-être entraîneur pour les carrières. Quelque chose en rapport avec la violence, c'est une évidence. « Je n'en doute pas. » Il est vrai que ma réputation n'est plus à faire, qu'on pense que je sois un monstre ou non. Tout le monde doit s'accorder sur le fait que j'effectue de la meilleure manière possible mon travail. Je suis doué pour ce dernier, et je gravis les échelons petit-à-petit. Je ne répondis pas à ses paroles, tout simplement parce que je savais que malgré tout, elle n'arrivait pas à accepter le fait que j'effectuais avec passion ce travail.

La question qu’elle me posa ensuite me laissa sans voix. Si je l’aimerais encore après cette rencontre ? Si je l’aimais encore ? La réponse était évidente. Oui. Oui, je l’aimerais toute ma vie. Car elle est la seule et l’unique. Silayan. La femme qui a le plus compté dans ma vie. Même après toutes ces années, mon esprit continuait à penser à elle. C’était une obsession. Elle m’obsédait. Je devais lui répondre non, qu’elle ne représentait plus rien pour moi, qu’un mauvais souvenir que je désirais oublier plus que n’importe quel autre. Mais je n’y parvenais pas. J’essayai de m’imaginer Silayan dans les bras d’autres hommes. Car elle en avait probablement vécue, des relations, après notre séparation. J’imaginais les nombreux corps scellés aux siens, ces corps qui n’étaient pas le mien. J’imaginais les caresses d’autres hommes sur sa peau, leurs baisers dans son cou, les contacts de leurs mains sur sa poitrine que j’avais couverte de baisers. J’essayai de me dissuader de tenter une quelconque approche, malgré mon envie grandissante. Quels hommes pouvaient bien l’avoir touchée ? Combien d’hommes avaient partagé sa vie depuis que nos chemins s’étaient séparés ? Était-elle parvenue à se séparer de mon souvenir ? Les images défilaient les unes après les autres dans mon esprit, mais ce n’était pas celle que je voulais voir. Je ne voyais pas Silayan en compagnie d’autres hommes. Je me voyais avec elle, durant nos intenses moments de bonheur. C’était une certitude. Je l’aimais. Je l’aime. Et je l’aimerais toute ma vie.

Je n’étais plus capable de me retenir. J’avais attendu bien trop longtemps, le désir m’avait submergé brutalement, effaçant toute rancœur ou colère qui animait mes veines. Désormais, je ne désirais qu’une chose : Silayan. Elle et uniquement elle. Elle était désirable, elle était magnifique, splendide, éclatante, ravissante, sublime. Elle était elle. Silayan. La haine et le désir ne pouvait pas cohabiter. Le désir l’emportait naturellement sur ma raison. Oubliant ma haine, je me plongeais tête baissée dans l’envie de goûter une nouvelle fois à ses lèvres. Un baiser brut, sincère et merveilleux, signe d’une ancienne passion retrouvée le temps de quelques instants. Je l’a désirais plus que quiconque. Elle était la seule à être parvenue à se hisser dans mon esprit et à se faire une place dans mon cœur. Silayan. Je l’embrassais passionnément, resserrant ma prise autour d’elle, comme pour la posséder. L’espace d’un instant, elle était à nouveau à moi, dans mes bras, et nous lèvres s’unissaient. J’en avais oublié le goût sucré de ses lèvres. Je ne voulais plus me détacher d’elle. Je n’avais qu’une envie : prendre la jeune femme par la main et partir loin de tout ça, de ce travail qui nous avait séparés, partir loin de tout et recommencer une nouvelle vie. Je ne pouvais me résoudre à briser notre étreinte, et ce fut Silayan qui prit les devants en s’éloignant. J’envisageai un court instant d’attraper la jeune femme et la coller à nouveau contre moi, mais le contact de ses mains sur mon torse m’en empêcha. Je la dévisageai de longues minutes, détaillant son visage et sa beauté. Je ne pouvais pas me résoudre à quitter cet endroit sans elle. Je ne pouvais plus vivre séparer d'elle. Elle m'avait tant manqué durant toutes ses années, et je ne pouvais me résoudre à la voir partir une nouvelle fois. Je soupirais face à tant de stupidités. Il était évident qu'il est impossible pour nous de mener une vie paisible. Pas tant que Silayan sera hantée par la véritable nature de mon travail. Ce baiser qui avait scellé nos retrouvailles quelques instants plus tôt était un baiser d'adieu. Je devais faire face à la vérité. Plus rien ne nous unissait désormais, si ce n'est des souvenirs d'une relation éprouvante. Malgré tout, je ne pouvais pas détacher mon regard du sien, j'étais hypnotisé par Silayan. Elle représentait tout. J'avais besoin d'elle à mes côtés. « Alors ce n'était pas qu'un rêve... » Je compris immédiatement ses paroles. Non, ce n'était pas qu'un rêve. Le lien qui nous a unit a bel et bien existé, et aucun de nous deux ne pourra l'oublier. Nous serons toujours liés. « ... mais ce n'est pas moins une histoire impossible. » J'étais comme absent, ses paroles heurtèrent mon coeur de plein fouet. Je me surpris à rêver durant quelques instants d'une vie dans laquelle je n'exerçais pas le travail de Pacificateur. Dans laquelle nous aurions pu construire quelque chose de formidable et de durable. Peut-être penser à un avenir commun, à des descendants, et à mourir ensemble. À quoi aurait ressemblé notre maison ? Dans quel district aurions-nous décidé de nous établir ? Combien d’enfants aurions-nous eu ? C’était stupide. Ça n’arrivera jamais. Entre nous, la souffrance prend constamment le dessus, c’est inévitable. Les mains de Silayan quittant leur position sur mon torse me font revenir à moi. « Pourras-tu me pardonner, Hunter, mon cher Hunter ? » Les idées se bousculèrent dans ma tête. Je n’étais pas sûre d’en être capable, même après notre court rapprochement. Je le voulais, plus que tout, mais la réalité était qu’elle allait à nouveau partir. Qu’après ce baiser passionné, elle reprendrait sa route comme si de rien n’était. Et qu’à moins d’une grande coïncidence, nos chemins n’allaient plus se croiser de sitôt. Je n’étais pas sûre de pardonner un nouvel abandon. Mais ce n’était pas n’importe qui. C’était Silayan, ma moitié, la femme la plus importante de ma vie. J’attrapai son bras d’un geste vif, avant de tirer la jeune femme contre mon corps, passant l’une de mes mains aux creux de ses reins. « Reste avec moi, Silayan. » murmurai-je au creux de son oreille, avant d’effleurer cette dernière du bout des lèvres et de descendre en direction de sa nuque. Je déposais sur celle-ci quelques baisers du bout des lèvres. Elle m’appartenait et je lui appartenais. J’avais besoin d’elle. J’avais besoin qu’elle reste auprès de moi.




you see, in their last moments, people show you who they really are. so in a way, i know your friends better than you ever did. would you like to know which of them were cowards ?
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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Mer 11 Avr - 6:42

Tu rentrais du district quatre, fixant par la vitre du train à grande vitesse les paysages qui défilaient. Tu n’arrivais plus à parler, tu n’arrivais pas même à pleurer, en réalité, la seule envie que tu avais alors c’était de ne plus vivre. Il ne s’agissait pas de mourir, car l’idée ne te serait pas venu à l’idée. Mourir n’avait jamais été une porte de sortie pour toi. La fuite oui, ca l’était. La souffrance dans le pire des cas, mais jamais la mort. Et là, la souffrance était telle que tu ne ressentais plus rien. Tu regardais le district quatre disparaître à l’horizon, tout comme ton sourire, tes envies, tes désirs. Tes doigts étaient encore tachés d’encre, parce que le stylo dont tu avais usé pour écrire ces derniers mots était cassé. Une des hôtesses était venu te proposer du café. Tu avais accepté, refusant de t’endormir et de risquer de te retrouver dans ses bras. Tu voulais simplement ne plus y penser. Mais son image, son sourire, son regard, son rire, ses caresses, ses baisers, tout cela était encore palpable. Tout cela était encore trop proche, à portée de ta main. Et tu n’arrivais pas à prendre du recul. La douleur était trop forte. En portant le café à tes lèvres, une sensation étonnante d’écoeurement tordit ton ventre. La première nausée. C’est à cet instant que tu décidas de passer par le district un avant de rentrer au Capitole. District un où tu restas durant presque huit mois…

Le passé n’est jamais simplement que du passé, il interfère constamment avec le présent, et il est porteur de notre futur.

Elle ne savait pas ce qu’elle avait le droit d’espérer de ces retrouvailles. Elle n’était pas prête à le retrouver, elle ne voulait pas qu’il fasse remonter en elle des souvenirs qu’elle s’était jurée d’oublier, ou alors de garder dans un coin de son esprit, enfermé à clé dans une boite que jamais elle n’aurait rouverte. Elle savait que c’était une chose impossible, mais elle voulait se croire capable de le détester. Elle ne pouvait pas décemment lui en vouloir de l’avoir aimée, de lui avoir offert des purs instants de délices, et de bonheur. De joie. Elle lui en voulait pour l’avait fait douter sur la véracité de ces instants. Elle lui en voulait pour lui avait menti. Certes, c’était sans doute un mensonge par omission mais un mensonge tout de même. Elle ne lui avait rien caché en réalité de celle qu’elle était alors. Les mensonges étaient apparus pas la suite, et elle tâchait de ne pas y penser. La majorité du temps, en somme, elle y arrivait royalement bien. Elle ne pensait pas à ce qu’il s’était passé dans le district un après sa rencontre avec Hunter, et son psychologue avait tendance à dire qu’elle faisait une sorte de refoulement mémoriel. La douleur et la dépression qui l’avaient alors rongé étaient si grands que son esprit avait préféré les lui faire oublier. Il lui fallait du temps pour réussir à s’en souvenir. Du temps et du recul, tout ce qu’elle n’aurait jamais. Comment oublier l’homme qui l’avait fait vibrer comme aucun autre. L’homme qui était aussi… elle ne devait pas y penser. Elle ne savait pas pourquoi, soudainement, tout cela remonter à la surface. Elle n’y pensait pas depuis quatre ans, elle arrivait à laisser tout cela dans un coin intime de son esprit. Et là, sous le regard perdu et accusateur d’Hunter elle se sentait devenir faible. Elle n’avait plus aucun de contrôle sur son esprit. Elle se sentait perdre l’équilibre précaire qu’elle avait su instaurer ses dernières années. Il ne savait pas qu’elle n’avait jamais pu l’oublier. Qu’il lui avait fallu des mois pour se remettre de son absence à ses côtés. Des années pour réussir à avoir un autre amant. Il ignorait qu’elle revenait sans cesse vers lui, en rêve, dans ses espoirs, dans ses désirs. Il la rendait faible. Il pouvait faire d’elle ce qu’il voulait. Mais elle détestait cela. Elle détestait le pouvoir qu’il avait sur elle. Elle essayait de lui échapper, elle ne voulait pas simplement retomber dans ses bras. Pourtant le regard d’Hunter sur elle ne l’aidait pas à rester de marbre. Elle essayait de le piéger, elle essayait de lui faire avouer que tout était de sa faute, ou alors qu’il avait souffert autant qu’elle dans cette histoire. Qu’il n’avait jamais pu se pardonner de ce qu’il avait fait. Pourquoi il ignorait une partie de l’histoire. Elle, elle ne lui dirait rien. Pas aujourd’hui. Jamais. Sans doute, elle ne lui dirait jamais ce qu’il était advenu d’elle après. Ce qu’il s’était passé loin des caméras du Capitole et des journaux people.
Le fait de vivre au Capitole avait rendu Silayan plus douce, plus ouverte sur le monde et les autres que lorsqu’elle était enfant. Dans le district un, pourtant, elle n’avait jamais souffert de la faim, de la peur des jeux, ou encore de la maladie. Elle était une enfant sereine. Une fois arrivée dans le Capitole, passée le cap difficile des dix-huit, elle avait d’autant plus était porteuse de cette sérénité. Au fil du temps elle avait appris à s’attendrir devant les habitants du Capitole. Elle avait la prétention de croire qu’elle n’était pas aussi simple d’esprit et innocente que la majorité d’entre eux. Elle les observait de l’extérieur, elle profitait de toutes les expériences qu’ils lui offraient, mais en général elle était une spectatrice muette. Elle aimait recevoir les femmes dans son magasin, les faire poser, et les écouter lui raconter les derniers potins du Capitole. Silayan était souvent comprise dans ses potins, et souvent cela concernait ses histoires d’amour. C’était en général – bien souvent – l’un des rares sujets qui éveillait les intérêts au Capitole. Savoir avec qui était sorti la dernière célébrité en vogue. Avec qui avait couché ce dernier. De qui était l’enfant de celle-ci. Tout cela était profondément ennuyant pour Silayan, mais elle ne pouvait pas le faire remarquer à ses clientes. Alors elle avait un intérêt poli pour ces choses. Elle était aussi l’une des personnalités les plus appréciaient du Capitole. Elle ne faisait pas parti du podium des célébrités phare, mais elle avait ses admirateurs, et souvent, lors des jeux, la chronique s’emparait de son histoire, et des dernières nouvelles. Elle était l’une des plus ancienne stylistes des jeux. Une sorte de valeur sure pour les habitants du Capitole. Elle était l’exemple parfait de la jeune enfant des districts qui pouvaient avoir une vie de rêve au Capitole. La jeune enfant réalisant son rêve. Et en effet, elle l’était. Elle était une enfant des districts qui auraient dû travailler dans une usine, à la chaîne, pour le bien des habitants du Capitole. Mais elle avait voulu plus que cela encore. Elle voulait de la beauté. Elle voulait vraiment toucher du doigt la beauté, pouvoir la créer. En être le maître. Et elle avait réussi. Aujourd’hui ses créations étaient porteuses d’une telle sensibilité que l’argent ne sera sans doute jamais un problème pour elle. De même, cette célébrité soudaine lui avait amené des hommes. Des hommes qu’elle n’avait pas toujours repoussé. Elle n’était cependant pas l’une de ces stylistes qui profitaient de toutes les occasions qui s’offraient à elle pour profiter d’une étreinte. Elle avait plus de retenue. Elle ne se laissait pas avoir par le premier homme venu. Pas toujours. Quoi que, quand elle repensait aux amants qu’elle avait eu, elle pensa qu’elle avait sans doute des raisons pour avoir honte.

Elle avait couché par un enfant à peine majeur. Elle avait couché avec son ancien petit-ami qui faisait tout pour la posséder et la rendre folle. Elle avait couché avec un autre pacificateur. Chose qu’elle n’avouerait sans doute pas à Hunter. Mais sa relation avec Duncan était basé sur un jeu entre eux qui avait peu à voir avec l’amour passionnel qui la reliait à Hunter. Aucun de ces hommes ne la connaissaient parfaitement. Personne ne la connaissait vraiment, absolument. Silayan ne parlait pas d’elle, ou très peu. Et pas dans les moindres détails. Elle avait une psychologue, qu’elle avait pris en affection, mais qui ignorait encore certains détails d’importance dans sa vie. Elle avait des amies, certes, mais la majorité du temps c’est elle qui avait le rôle de la confidente. Silayan avait toujours été à l’écoute des autres, sa gentillesse et son amour pour le genre humain faisait d’elle une personne de qualité. Elle était la bonne amie, qu’on venait voir quand on avait besoin de parler. Elle recevait toujours les gens à bras ouverts, et elle ne faisait pas l’étalage de ses problèmes et de sa vie. Elle préférait aider les autres plutôt que de tendre la main pour que quelqu’un la sauve du gouffre dans lequel elle était tombée. Elle était profondément seule, mais elle se refusait de l’admettre. Elle ne pouvait pas croire que ses amies n’en avaient rien à faire de ce qu’elle pouvait ressentir. Elle était injuste de le penser, car c’est elle-même qui avait forgé ce rôle. Elle aimait les aider, elle aimait écouter. Elle ne voulait pas parler. Elle n’était pas égoïste, et elle avait du mal à être sur le devant de la scène. Elle refusait la majorité des émissions de télévisions qu’on lui proposait et quand elle se retrouvait sur le plateau de Caesar, elle ne révélait rien qui ne relevait de sa vie personnelle. Elle disait des choses sans importance. Elle racontait comme un homme avait voulu lui demander sa main sous les yeux consternés de sa propre femme. Ou comment elle avait trouvé ce magnifique tissu grâce à des enfants du district trois ou cinq. Des choses qui relevaient de l’histoire. Des choses qui n’étaient pour elle que du vent. Sans importance. Peu de personne était au courant des quelques jours qu’elle avait passé avec Hunter. Peu de personne était au courant de l’amour qu’elle lui portait. Et personne, à part sa mère, n’était au courant du reste. Elle ne se l’admettait pas à elle-même, elle n’allait sans doute pas en parler aux autres. Peut être qu’un jour elle se sentirait prête enfin, à assumer ce qu’il s’était passé il y a quatre ans. Peut être que cette rencontre, ces retrouvailles, devaient lui permettre de s’en sortir. Peut être que Hunter allait la sauver. Elle l’espérait, elle le voulait, plus que tout. Elle voulait être sauvée, elle voulait pouvoir l’aimer, avec toute la force de ses sentiments. Elle ne voulait plus le perdre. Elle voulait accepter l’homme qu’il était, le pacificateur, le tueur… Elle était sure qu’elle pourrait le faire changer. Elle voulait y croire. Il semblait si perdu à cet instant. Elle voulait simplement croire qu’il avait besoin d’être sauvée.

Il fondit sur elle en un instant et les secondes qui s’écoulèrent, alors que leurs lèvres se scellaient dans un baiser, semblèrent suspendues. Cet instant dura une éternité durant laquelle Silayan se sentit reprendre vie. Elle savait dés lors qu’elle ne pourrait plus oublier ce qu’il s’était passé entre eux, ce qu’il était en train de se passer. Jamais elle ne pourra vivre loin de lui. Son cœur qui s’emballait dans sa poitrine, son souffle qui se coupait, son corps qui tremblait de désir, ses yeux qui pleuraient. Ces larmes qu’elle ne pouvait pas contenir, alors qu’Hunter l’embrassait avec une force qui la fit vaciller. Elle perdait la raison. Le monde sous ses paupières closes était fait de milles couleurs. Elle se sentit tomber, elle se sentit fondre en larme. Elle se sentit heureuse. Mais cet instant était vertigineux, et la peur la poussa à repousser Hunter avec douceur. Elle ne pouvait plus douter alors de la ferveur de son amour pour elle. De la passion qu’il ressentait pour elle. Elle était perdue. Elle ignorait s’il la haïssait, ou s’il l’aimait. Elle osait espérer que ce baiser en disait plus que ses regards et ses mots. Elle osait espérer qu’il l’aimait avec ce même désespoir, ce besoin vital de la sentir près de lui. Mais elle savait aussi que tout cela n’était qu’une passade. Elle ignorait comment la vie pouvait lui permettre d’être avec Hunter. Elle ignorait même si elle serait capable de rester avec lui. De dire au monde entier qu’elle était amoureuse de l’homme que tous prenaient pour un monstre de sang. Elle ne pouvait pas simplement rester aveugle et ignorait le fait que son travail consisté à détruire la vie des habitants des districts. Il torturait, tuait, assassinait des gens. Est-ce qu’il avait déjà tué des enfants ? des femmes enceintes ? des couples à peine marié ? Des gens qui démarraient à peine leur vie, des gens qui avaient des rêves, qui aimaient. Comme eux s’aimaient. Est-ce qu’il pensait à tout cela quand il appuyait sur la gâchette ? Est-ce qu’il était armé en ce moment même ? Elle ne voulait pas y penser. Elle voulait garder un rêve, doux, dans lequel Hunter et elle pourraient vivre ensemble, dans un district, simplement, avec leur fille. Tout cela semblait pourtant trop normal pour pouvoir être possible. Et il faudrait de plus qu’elle lui parle de chose dont elle refusait elle-même d’admettre l’existence. Alors elle le repoussa, et voulu mettre un terme à la conversation en posant une dernière question. Elle ne voulait plus souffrir de ne pouvait être sienne. Elle ne voulait plus se leurrer avec de pauvres espoirs. Elle n’était pas assez forte. Et alors qu’elle lui demandait s’il pourrait la pardonner un jour, elle attendit quelques temps qu’il réponde. Mais Hunter semblait touché par ce qu’elle lui avait dit. Perdu par ce baiser. Affolé de la voir le quitter bientôt ? Elle ne put en soutenir plus et fit un pas pour partir, sans un mot de plus, perdant son sourire. C’est alors qu’il lui saisit le bras avec force et conviction. Il l’attira vers lui, et soudainement, elle se retrouva dans le creux de ses bras. Elle avait retrouvé la chaleur de son corps contre le sien. Elle était bien, ainsi, contre lui. Elle eut un sourire triste. Il la torturait. « Reste avec moi, Silayan. » Elle ouvrit les yeux sous la surprise. Hunter lui avait murmuré ses quelques mots à l’oreille et l’émotion qui percèrent dans ses quelques mots émue la jeune femme qui eut du mal à retenir ses larmes. Il descendit alors jusqu’à son cou, où il déposa de tendres petits baisers. Elle se laissa faire, et passa ses deux bras autour de son cou, le collant un peu plus contre elle. Elle enfuit son visage dans son épaule, et ne put contenir ses larmes plus avant. Rester avec lui ? Elle le désirait plus que tout à cet instant. Elle ne pouvait pas simplement s’imaginer vivre sans lui. Son cœur saignait de trop l’aimer. Ses poumons se comprimer sous le manque d’air. Son corps s’enflammait à son contact. Elle ne contrôlait plus rien. Elle vivait, purement. Simplement. Elle vivait, sans raison, avec passion. Elle vivait pour lui. Elle se sentait enfin humaine. « Hunter… » Dans les bras d’un monstre. Mais Hunter était à elle. Elle lui appartenait, et elle désire le posséder.

Elle se demanda s’il avait aimé d’autres femmes durant les quatre dernières années, mais elle était incapable de l’imaginer dans les bras d’inconnus. Elle ne pouvait réprimer le sentiment de jalousie qui l’envahit. Elle avait le besoin qu’il soit à elle. A personne d’autre. Personne ne pourrait l’aimer comme elle l’aimait. Elle l’avait aimé dés les premiers instants. Dés lors qu’il eut bafoué stupidement quelques mots alors qu’elle lui demandait son chemin. Elle se souvenait de cet instant, et de tous ceux qui avaient suivi. Elle s’en souvenait avec tendresse. Sans mélancolie, simplement avec douceur. Elle se rendit compte alors que c’était ce genre de souvenir qu’elle voulait garder de sa vie amoureuse. Elle ne voulait pas de tristesse, elle ne voulait pas de regret. Elle voulait juste avoir ce sentiment d’avoir profité de chaque instant. Avec l’homme qu’elle aimait. Comment pouvait-elle si aveugle et croire qu’il n’était pas fait pour elle ? Ne pouvait-elle pas être égoïste pour une fois ? Elle serra les dents, et sourit. Elle avait pris sa décision. Elle avait peur, mais dans les bras d’Hunter tout lui semblait possible. « Après les Hunger Games. Je ne peux pas quitter le Capitole avant les prochains jeux… mais après… » Elle voulait y croire, elle voulait que cela soit possible. Elle voulait… vivre, avec lui. Enfin. Ou leur permettre de vivre d’autres instants semblables à celui-ci. « Après les jeux je pourrais me retire dans un district. Laisser ma place à un styliste plus jeune… Et vivre enfin, une autre vie. » Avec toi. Elle se rendit compte qu’elle le ferait uniquement s’il était près d’elle. Elle amena ses deux mains entourer le visage d’Hunter et le regarda dans les yeux. Elle resta un instant à attendre une réaction de sa part. Mais elle ne pouvait pas résister à l’appel de ses lèvres, et elle se pencha de nouveau vers lui pour l’embrasser. Un baiser plus sage, plus doux, la caresse d’une plume. Ephémère mais léger. Tendre. « Si tu savais comme tu m’as manqué… Comme j’ai souffert … » Dit-elle, la voix enrouée par les pleurs et la joie de le retrouver. Elle ne voulait pas parler de sa fuite, des mensonges d’Hunter, de son métier, de leurs regrets. Elle voulait voir vers l’avenir et se permettre de rêver à un avenir avec lui. Elle l’aimait. Elle l’aimait à en mourir. Mais elle prévoyait de lui offrir la vie plutôt que de se donner la mort…
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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Jeu 19 Avr - 13:36

Une petite voix dans ma tête me disait d’arrêter les frais. Je me relâchais, je me laissais aller comme je ne m’étais pas laissé aller depuis longtemps. Je me perdais aux côtés de Silayan. Je me perdais comme un débutant. J’aurai dû avoir compris la leçon, depuis le temps. Je n’étais pas fait pour ressentir des sentiments. On m’avait diagnostiqué sociopathe, pas étonnant. Les seuls sentiments que j’étais capable de ressentir étaient l’euphorie et l’excitation. Uniquement quand je torturais une pauvre âme. Pas étonnant que mes propres parents n’aient jamais eu le moindre sentiment d’amour pour moi. Je m’étais lancé à corps perdu dans ma relation avec Silayan. Et pour la première fois, j’avais ressenti ça. Ce sentiment qui envahissait la moindre parcelle de mon corps. Qui me brûlait les veines. Qui me faisait penser jour et nuit au soleil qu’était Silayan. J’avais découvert une nouvelle facette de moi-même que je ne pensais même pas existante. J’étais capable de me comporter normalement. J’étais capable d’être un homme comme les autres. Durant les quelques mois qu'avaient durés notre relation, je m'étais senti différent. Je m'étais senti libre. Ce n'était plus Hunter, le Pacificateur sadique, mais bel et bien Hunter, l'homme. Mon cerveau avait tellement été traité contre le fait de ressentir des sentiments que j'en avais oubliés ces derniers. Silayan m'avait ouvert les yeux. De deux façons différentes. En premier, je m'étais vu renaître. J'étais devenu quelqu'un d'autre, et bien que cette nouvelle personne peinait à cohabiter avec le Hunter de base, il était parvenu à s'imposer au fil du temps. J'avais aimé ce type. Mais elle l'avait tué. Elle l'avait tué avec un simple mot. C'était la deuxième fois qu'elle m'aidait à ouvrir les yeux. Sauf que cette fois, elle avait tué tout ce qu'elle était parvenue à créer auparavant. Le nouveau Hunter s'était fait broyée par l'ancien. Et ce dernier était devenu plus énervé, plus dur, plus monstrueux encore. Silayan m'avait ouvert les yeux sur le fait que finalement, tout le monde était égoïste, même ceux qu'on pense être les meilleurs. Silayan était différente. Du moins, je l'avais bêtement cru. Et finalement, elle s'était avérée aussi ignoble que ses compagnons du Capitole.

Le Capitole. J’ai beau travaillé à leur sécurité, il n’empêche que les citoyens m’exaspèrent. Ils sont insupportables. Egoïstes. Prétentieux. Stupides. Mais Silayan était différente. Elle n’était pas égoïste, elle n’était pas stupide. Elle était parfaite. Incroyable. Merveilleuse. Et je me retrouvais perdu dans mes sentiments. Je l’aimais. Je l’avais aimée de tout mon cœur, de toute mon âme. Je l’aime. Je l’aimerais toujours. Mais je retombais amoureux peu-à-peu. La flamme qui s’était éteinte renaissait en moi, m’enflammait, parcourait mes veines, et me rendait fou d’elle. Elle était si près de moi. Nos corps pouvaient se frôler. Je voyais ses lèvres, ses magnifiques lèvres, et je voulais y coller les miennes. Je retombais amoureux. Et je ne le devais pas. Jamais. Souviens-toi, Hunter. Souviens-toi de tout le mal qu’elle t’a fait. Souviens-toi comme elle a ruiné ta vie. Souviens-toi quel monstre elle t’a fait devenir. Souviens-toi comme elle t’a abandonné. Souviens-toi. Souviens-toi à quel point elle t’a blessé. Oui. Je me souvenais. Je me souvenais des maux qu’elle m’avait causés. Je me souvenais de tout. Je ne pourrais jamais oublier. Et pourtant. Pourtant je l’aimais. Et même si une infime partie de moi la détesterait probablement à tout jamais, la plus grande partie me suppliait de la ramener auprès de moi. Je fermais les yeux un instant. Je tentais une nouvelle fois de faire taire ma conscience. Jamais. Jamais je ne lui pardonnerais. Elle était partie une première fois. Qu’est-ce qui me disait qu’elle ne recommencerait pas ? Elle pouvait le faire à tout moment. Ce n’est pas comme si recommencer allait la déranger. Si elle avait déjà été capable, elle pourrait le refaire. Elle le referait. Cela ne servait à rien de me voiler la face. Elle ne m’accepterait jamais. Elle n’accepterait jamais ma vie. Silayan n’arrivera jamais à se faire à l’idée de vivre avec un Pacificateur. Surtout pas après tout ce que j’ai fait. Je ne comptais pas m’arrêter pour elle. C’était mon travail avant tout. Les rebelles devaient payer. Je les faisais payer, et c’était parfait ainsi. Mais ça, elle ne pourrait pas vivre avec. Pas avec tout ce que ses amis du Capitole lui ont racontés. C’était inutile d’espérer qu’elle change d’avis. Même si elle avait encore des sentiments enfouis, là, quelque part au fond d’elle, elle ne me pardonnerait jamais ma cruauté. Parce qu’elle était Silayan. Parce qu’elle était douce. Elle ne voyait que le meilleur chez les gens. La cruauté, la violence, la mort, tout ça ne faisait pas partie de sa vie. Alors certes, elle était styliste lors des Jeux. Elle était confrontée à la mort de ses tributs chaque année. Pourtant, cela ne l’empêchait pas de voir le meilleur en eux, et de faire abstraction de ce petit détail. Mais elle n’y arrivait pas avec moi. C’était impossible. Parce que forcément, je torturais. Je tuais. Ce n'était pas par instinct de survie, c'était mon travail. Alors forcément, c'était différent. Parce qu'elle n'avait pas du sang sur les mains, alors que moi si. Et que dans un couple, on partage tout, pas vrai ? Je savais pertinemment qu'elle risquait d'être la cible de proches de mes victimes. Cette pensée me dégoutait. Bon sang, voilà que je recommençais ! Je n'étais pas censé me préoccuper d'elle. Je n'étais pas censé m'inquiéter de son sort. J'étais censé la laisser crever dans son coin, sans m'en soucier. Et si c'était un piège ? Si elle tentait de réapparaitre dans ma vie pour obtenir une vengeance ? Elle avait eu le temps d'y penser depuis quatre ans. Elle avait certainement imaginé mille et un plans différents pour me faire souffrir autant que je l'ai faite souffrir. Une vengeance. C'était probablement ça. Ça ne pouvait être que ça. Il fallait que je m'en persuade. Elle revenait, comme si de rien n'était, pour obtenir sa vengeance. Qui sait quels autres secrets pouvait-elle me cacher ? Probablement pleins. Dieu sait ce qu'elle cachait. Mais au fond de moi, malgré tout ce dont j'essayais de me convaincre, je savais pertinemment que ce n'était rien de tel. Je savais qu'elle n'était pas ainsi.

Un baiser doux, passionné, en mémoire du bon vieux temps. J’avais réagi sous l’impulsivité, sous le désir. J’avais envie d’elle de son corps. Je n’avais pas réfléchi aux conséquences, mais ce baiser était merveilleux. Fantastique. Mon corps tout entier frissonna au contact de ses lèvres, mes jambes tremblaient et mon cœur s’accéléra. Je me remémorais tout. Absolument tout. Nos moments ensembles, notre rencontre, notre premier baiser, notre première nuit ensemble. C’était douloureux. C’était douloureux de me souvenir de tout ceci alors que j’étais censée la détester. C’était affreux, ça me faisait souffrir comme je n’avais jamais souffert. Toutes les tortures du monde n’avaient pas le même effet. On aurait pu me battre durant des heures, m’arracher des membres, m’enlever des organes, la douleur de ce baiser était plus importante. Car malgré qu’il était des plus agréables, les pires souvenirs me revenaient en tête. Ma conscience alternait entre images agréables et désagréables. Entre bonheur et douleur. C’était terrible. Insupportable. Mais je l’aimais. Je l’aimais plus que tout malgré la petite part de moi qui la détesterait toujours.

Reste avec moi. Oui, elle devait rester avec moi. Je ne pouvais supporter une nouvelle séparation. Il était clair que ça me tuerait après les émotions que j’ai ressenti ces derniers instants. Je ne pouvais le supporter. Je la voulais auprès de moi. On pourrait avoir une vie normale, après tout. Malgré ma conscience qui me dictait le contraire, ce n’était pas forcément impossible. Je la suppliais. J’étais pathétique. Je n’avais rien à voir avec le Pacificateur, je m’étais transformé en stupide amoureux. Pourtant, contrairement à mes premières émotions, cela ne me paraissait pas si abominable comme sentiment. Mais le désir continuait de m’enflammer, et je couvrais son cou de délicats baisers. Comme au bon vieux temps. Je fixais ensuite la jeune femme, pendu à ses lèvres en attendant la moindre réaction de sa part. « Hunter… » Le temps durant lequel elle ne prononça pas le moindre mot fut insupportable. Je recommençais ma paranoïa. Il était évident qu’elle ne resterait pas avec moi ! Quelle idée stupide que de lui demander de recommencer notre histoire ! Qu’est-ce que je peux me montrer con parfois ! Si elle avait fui durant toutes ses années, ce n’était pas sans raison. Elle avait cherché à m’éviter durant tout ce temps. Elle m’avait oublié, ignoré. Silayan avait probablement refait sa vie. Quelques dizaines de minutes auparavant, lorsque nos chemins s’étaient recroisés, elle m’avait bien fait comprendre qu’elle me haïssait. Moi aussi, après tout. Cette relation est vouée à une haine mutuelle. Ce n’est pas quelque chose de sain. Je ne peux pas lui infliger cela. J’imaginais déjà sa réponse. Elle se montrerait douce comme elle en a l’habitude, puis m’achèverait en déclarant que ce n’était pas possible. « Après les Hunger Games. Je ne peux pas quitter le Capitole avant les prochains jeux… mais après… » C’était inespéré. Les prochains Jeux. Ça me paraissait très – trop – loin. Mais après… Ces mots me hantaient. Après. Après c’était possible. « Après les jeux je pourrais me retire dans un district. Laisser ma place à un styliste plus jeune… Et vivre enfin, une autre vie. » Une autre vie. Une autre vie. Je n’y croyais plus. Ma respiration venait presque à se couper tant la réponse fut surprenante. Si je m’attendais à ça. Je n’y croyais plus. Irréel. C’était irréel. Les prochains Jeux étaient dans trop longtemps, mais j’étais capable de tenir. J’étais capable, car Silayan m’aurait attendu si la situation était inversée. Je continuais à croire à nos chances. Une vie rêvée était à portée de mains. Je peinais à réaliser et je restais silencieux de longues minutes. Malgré tout, une petite voix dans ma tête me disait de faire attention. De ne pas lui accorder toute ma confiance sous prétexte que je retombais amoureux d’elle. Ses lèvres heurtèrent à nouveau les miennes, me faisait perdre toutes mes convictions. « Si tu savais comme tu m’as manqué… Comme j’ai souffert … » Ce fut les paroles de trop. Souffert à cause de moi ? Il était évident que jamais elle ne me pardonnerait. Et voilà que je recommençais à douter. Depuis le début, je doutais. Je doutais de ses paroles, de ses actes. J’étais à nouveau perdu. Je ne devais pas lui accorder toute ma confiance. Je l’aimais, je n’avais jamais cessé de l’aimer, mais est-ce que cela voulait dire que je devais me lancer à corps perdu dans une nouvelle relation avec elle ? J’étais prêt à vivre à nouveau à ses côtés. Je le désirais plus que tout. Mais une partie de moi n’était pas prête à lui pardonner et à lui accorder une confiance aveugle. « Je t’attendrais. » eus-je pour seule réponse. Malgré tout, mes doutes ne s’étaient pas apaisés pour autant. Ils ne s’apaisèrent jamais.

Je n'allais pas changer de métier. Je ne prévoyais pas de bifurquer de carrière. Ce n'était pas dans mes plans, ni aujourd'hui, ni demain. Je me plaisais bien en tant que Pacificateur. Je ne comptais pas non plus m'adoucir. Ceux qui tentaient de causer la perte de Panem devaient payer, qu'importe le prix. Elle n'était jamais parvenue à accepter mon métier, pourquoi maintenant ? « Je... Je ne changerais pas de métier, Silayan. » J'avais jugé utile de le préciser. Je ne voulais pas être déçu une nouvelle fois si elle venait à me quitter. Elle devait savoir. Elle devait savoir que cela faisait partie intégrante de moi-même, et que malgré l'amour que je lui portais, je n'abandonnerais pas ma carrière pour elle. Hors de question. Je restais silencieux, attendant sa réponse. Il était fort possible qu'elle change soudainement d'avis, et qu'elle me quitte à nouveau.



you see, in their last moments, people show you who they really are. so in a way, i know your friends better than you ever did. would you like to know which of them were cowards ?
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MessageSujet: Re: “ Pourquoi Hunter ? - Parce que je suis un monstre. ” Sil / Hunter   Dim 22 Avr - 15:42

Silayan était une fois portée à l’amour. Sa mère heurtée et traumatisée par les jeux, l’avait élevé dans l’idée qu’elle devait toujours faire cas de ce qu’il y avait de bon dans l’être humain. Silayan s’était souvent demandé comment sa mère avait pu supporter l’idée d’avoir tué. Sans doute ne le supportait-elle pas d’ailleurs. Elle était une femme belle et douce, mais aussi extrêmement silencieuse. Dans le district un, le village des vainqueurs était bien empli, mais il était aussi extrêmement triste d’y vivre. La jeune femme avait grandi et joué avec les enfants des autres vainqueurs. Elle se souvenait que l’hiver une fois installé, le bruit des flocons dans la neige seule troublait le silence ambiant. La jeune femme aimait la neige, depuis toujours. Elle était sensible à sa beauté, aux jeux des reflets du soleil. L’éblouissement délicieux de cette eau gelée. Elle restait des heures dans la cours devant son immense maison, habillée chaudement, à regarder la neige, à la toucher et à la goûter. En général, c’est son père qui sortait pour lui annoncer que le dîner était près, ou pour lui apporter des boissons chaudes. L’hiver, la mère de Silayan restait cloîtrée dans sa chambre, et regardait sa fille jouer par la fenêtre. Elle ne parlait pas. Elle n’aimait pas la neige elle. Parce qu’elle gardait en tête l’image de cette surface blanche tachait du sang des enfants morts dans l’arène, tués par ses soins. Le meurtre. Voilà ce qui avait hanté la mère de Silayan durant toute sa vie, et qui la hantait aujourd’hui encore. Le meurtre. Elle avait du sang sur les mains, elle ne se le pardonnait pas, et elle restait silencieuse parce qu’aucun mot n’était suffisant pour exprimer sa douleur. La culpabilité l’avait rongé pendant longtemps. Pis, il y a quatre ans, elle avait retrouvé le sourire. Silayan n’avait pas été véritablement désirée par sa mère. C’est surtout son mari qui l’avait poussée à lui faire un enfant. Parce que lui avait encore conscience que la vie pouvait jaillir même du malheur. Parce que lui croyait fermement à l’importance de vivre, et de continuer à sa battre. Parce que lui était tout aussi innocent que Silayan pouvait l’être aujourd’hui. Il n’avait rien à se reprocher, et il pensait mériter d’avoir un enfant. Pas la mère de Silayan. Elle pensait simplement avoir le droit de mourir. Mais il y a quatre ans, Silayan était venue voir ses parents dans le district un. Elle y avait passé presque huit mois. Elle avait travaillé par correspondance avec le Capitole pour continuer de tenir ses commandes, et de vivre de son travail. Mais elle n’était revenu qu’à la veille des jeux de la faim. Son psychologue lui avait diagnostiqué une dépression sévère, sans en connaître véritablement les raisons. Personne n’en a jamais su les raisons, sauf Silayan elle-même et ses parents. Aujourd’hui, la jeune styliste se demandait si elle devait mettre Hunter également dans la confidence.

Il était un meurtrier. Il avait du sang sur les mains. Voilà ce qu’elle avait simplement pensé quatre ans auparavant, quand elle avait découvert qu’il était un pacificateur. Elle n’avait pas pris conscience que c’était avant tout son métier. Dans le regard des autres, elle avait découvert un véritable monstre qui n’avait rien de l’homme qu’elle avait pu aimer. Peut-être aurait-elle préféré qu’il lui montre cette partie là de son être aujourd’hui. Alors elle aurait pu le haïr. Alors, elle aurait pu le détester et continuer de vivre loin de lui. Elle n’avait pas réussi à expliquer les quelques mois qu’ils avaient passé ensemble. Elle n’avait pas pu expliquer sa douceur, et ses baisers. Elle voulait savoir qui il était vraiment. Elle voulait savoir ce que l’on disait de lui, elle voulait connaître tout ce qu’elle pouvait sur son passé et sur ses actes. Elle était poussée – sans doute – par une curiosité morbide. Peut-être qu’elle aurait dû simplement entrer au Capitole et l’oublier. Vivre sa vie en pensant que ce n’était qu’un rêve, une illusion. Ou alors que c’était une sorte de mission, un jeu qu’il avait mis en place poussé par un simple désire sadique. Après tout, peut être qu’il avait simplement le désire de se jouer d’elle. Peut être qu’aujourd’hui encore sa gentillesse et ses baisers n’étaient qu’un jeu pour la faire tomber amoureuse de lui une fois encore. Peut-être. Mais Silayan préférait penser qu’il n’en était rien. Elle avait appris à le connaître, à savoir qui il était. Mais elle ne comprenait pas. Elle ne comprendra sans doute jamais ce qui l’avait poussé à agir de la sorte avec elle, ou ce qui le poussait à autant de sadisme envers les autres. Ou plutôt, si elle pouvait tâcher de comprendre pourquoi il était aussi cruel et sanguinaire, elle ne pouvait pas s’expliquer l’amour qu’il avait semblé lui porter. Pourquoi elle ? Etait-il véritablement capable d’aimer ? Elle était cruelle de penser de la sorte, alors que depuis toujours elle avait accepté l’idée que tout homme était bon. Hunter était un homme, après tout, il avait une part de lumière en lui. Personne ne l’avait vu à part elle, c’était tout. Voilà comment elle le comprenait. Elle était la seule à voir ce qu’il y avait de bon en lui. Il l’avait choisi, désignée comme était cette femme qui allait le rendre bon. Dans ses bras il pouvait sourire, il pouvait rire et aimer. Dans ses bras il avait été cet homme. Non plus un monstre de sang, mais un homme. Un homme amoureux.

Peut-être qu’elle ne devait pas le voir ainsi. Peut-être qu’elle devait simplement regarder le monstre en lui et le quitter. Mais à cette idée, son cœur se serra, et elle fut pris de nausées. Elle imaginait son Hunter, tuant des innocents, torturant des femmes, assassinant des enfants. Soudainement, elle eut l’image d’une enfant blonde, dont les yeux verts la fixaient avec confiance. Son sourire angélique, et son corps frêle tendant vers elle. Cette enfant qu’elle cachait depuis plus de trois ans. Cette enfant qui était le sien. La fille d’Hunter. Elle sentit les larmes prêtent à la submerger, mais elle cacha son trouble, et déglutit difficilement pour s’empêcher de pleurer. Sa fille, qui vivait dans le district un depuis sa naissance. Sa fille qui avait sans doute sauver sa mère et qui lui donnait envie de vivre. Mary-Margarette était une enfant inespérée, mais elle était également une souffrance pour Silayan. Elle faisait en sorte de lui rendre visite tous les ans, après la folie des jeux. Elle prenait alors deux mois de vacances et elle se rendait auprès de sa fille pour la voir grandir. Durant ces deux mois elle ne pouvait éviter ni les cauchemars, ni les pleurs, ni les crises d’angoisse, et d’agonie. Durant ces deux mois, elle voyait le regard doucereux d’Hunter dans celui de sa fille. Durant ces deux mois elle passait tout son temps avec elle. Elle l’aimait, bien sur qu’elle l’aimait, mais elle n’arrivait pas à accepter l’idée qu’elle fut le fruit d’un amour violent et destructeur, soudain et éphémère. Elle était perdue. Peut-être était-elle une mauvaise mère, peut être ne méritait-elle pas son enfant, et sans doute aurait-elle dû faire en sorte de la perdre quand elle en avait encore le choix. Mais alors qu’elle n’aurait pas voulu le moindre mal à son ennemi, comment pouvait-elle accepter de tuer l’enfant qui grandissait en elle ? Elle ne voulait pas le regretter, pourtant les regrets étaient bien présents. Et alors qu’elle se trouvait sous le regard d’Hunter, ce secret devenait d’autant plus oppressant. Mais elle ne savait pas déjà si elle avait un avenir avec lui, alors elle ne pouvait accepter qu’il s’approche de sa fille. Peut-être même ne le voudrait-il pas. Il allait lui en vouloir, sans doute. Il allait la quitter alors. Peut-être. Incertaine, elle osait croire tout de même à un avenir dans ses bras.

Hunter avait du sang sur les mains. Comme sa mère. Mais contrairement à elle, il avait eu le choix de devenir un tueur. Il avait fait le choix de devenir un pacificateur. Elle devait pouvoir l’accepter. Pourquoi la vie la faisait tomber amoureuse de lui si c’était pour que son amour soit impossible ? Qu’est-ce qu’un pacificateur ? c’était un soldat du Capitole, entraînait pour protéger les habitants de la Capitale et des districts de toute forme de rébellions contre le gouvernement. C’était une police, qui s’assurait du maintient de l’ordre et des règlements, des lois. Dans le fond, il était nécessaire d’avoir des pacificateurs à Panem. Ce qui était insupportable, c’était de voir ses hommes jouir de leur pouvoir au point de ne plus faire la distinction entre le bien et le mal. Silayan ne supportait pas la rébellion, et à ses yeux le gouvernement de Panem était le meilleur qu’il soit. Mais elle ne pouvait pas non plus fermer les yeux sur les excès de ses moyens de répression. Accrocher des enfants à des poteaux, et les fouetter en public. Tuer des rebelles à la vue de tous. Tirer sur la foule. Torturer des pseudo-coupables pour prouver de leur culpabilité. La justice de Panem partait du principe que tous les hommes étaient coupables. Dans l’esprit de Silayan tous les hommes sont innocents, certains sont simplement plus désespérés que d’autre. C’était cela qui avait dû pousser Hunter vers le sang. Le désespoir. Qu’est-ce qui pouvait motiver de telles actes sinon ? Mais il pouvait changer. Elle restait convaincue qu’il pouvait changer, qui pouvait décider de vivre autre chose que les meurtres perpétuels et les bains de sang. Peut –être qu’elle était une idéaliste. Elle devrait alors plutôt tourner les talons et lui souffler un Adieu avant de le quitter à jamais. Elle irait cherché sa fille dans le district un, et l’amènerait vivre au Capitole avec elle. Les journaux s’empareront très vite de l’affaire, et tous se demanderont qui en est le père. Alors elle aura deux choix. Hurler que le père n’est autre que Owl-Inn, son premier amour et le seul qui compta dans sa vie. Ou alors, soufflait que cela devait rester confidentiel, dire que sa fille avait un peu plus de trois ans, et montrer ainsi à Hunter ce qu’il avait perdu. Certainement ne le regretterait-il pas. Mais alors qu’elle était sur le point de faire ce choix, il la supplia de rester auprès de lui.

Elle perdit toutes ses convictions, et de mit à penser à un autre avenir encore, possible. Elle imaginait sa vie après les prochains jeux, alors que lors des interviews des équipes, elle annoncerait sa dernière année en tant que Styliste. Cette année elle allait devoir collaborer avec Owl-Inn, et cela bouclait la boucle quelque part. c’était lui qui lui avait permise d’être styliste aux jeux. C’était lui, le premier à avoir cru en elle. Il avait été le premier à l’aimer. Le premier qu’elle aimât. Mais à côté d’Hunter, son amour pour Owl-Inn semblait bien morne et ennuyeux. A côté d’Hunter tous ses amants semblaient fades. A côté de lui, sa vie au Capitole n’était qu’éphémère et monotonie. Elle n’était vraiment vivante que lorsqu’elle était dans ses bras, qu’elle y soit heureuse ou souffrante. Les sentiments qu’elle avaient, avec lui, étaient exacerbés. Tout était plus brillant, plus lumineux, douloureux, cruel, fou, parfait. Elle se mettait à avoir des rêves impossibles. Comme celui de vivre avec lui dans un district. Comme celui de pouvoir vivre avec lui jusqu’à la fin de sa vie. Après les jeux. Voilà ce qu’elle lui promit. Elle lui promit d’être sienne, après les jeux. Peut-être viendraient-ils vivre dans le district quatre, ou dans le premier. Elle se demanda s’il accepterait de fonder une famille. Au-delà de cette fille dont il ignorait l’existence, est-ce qu’il voulait des enfants ? Est-ce qu’il la voulait elle, déjà ? Vraiment, entièrement ? Elle sentit son cœur se tordre. Rien n’était fiat, elle venait de s’embarquer sur un chemin dangereux où elle risquait de le perdre. Elle allait le perdre. Elle en était certaine, mais elle voulait l’éviter. Elle voulait croire que c’était une chose possible. Qu’elle pourrait réellement vivre avec lui et leur fille, au calme. Hunter la fixait avec un air à la fois ravi et inquiet. Il ne la croyait pas. Il doutait d’elle autant qu’elle doutait d’elle-même. Mais elle voulait y croire, elle en avait besoin. « Je t’attendrais. » Elle en perdit le souffle. Elle osait se serrer un peu plus contre lui. Pendant un court instant elle se sentait heureuse de nouveau et elle sourit. Rien n’était joué cependant, et tout restait encore très compliquait entre eux. Mais pendant une seconde elle comprit qu’il l’aimait encore, et que jamais elle n’aimerait autant qu’elle aimait Hunter. Ils étaient faits pour être ensemble. Séparés ils n’étaient rien de plus que des êtres normaux suivant un chemin tracé d’avance. S’ils voulaient vivre, ils devront le faire ensemble.

« Je... Je ne changerais pas de métier, Silayan. » Elle soupira. Il la fixait avec un air à la fois sévère et dubitatif. C’était le moment où elle prouvait de la force de sa promesse. C’était ce moment où elle le quittait. Ou alors c’était à présent qu’elle devait lier sa vie à celle d’Hunter. Mais il ne savait pas tout. Elle se mordit la lèvre. Est-ce qu’elle pouvait accepter l’idée qu’il fut un pacificateur ? Oui, sans doute. Est-ce qu’elle pouvait accepter l’idée qu’il ne soit que cruauté et sadisme ? Non. Elle regarda dans les yeux, et elle vit en lui cet homme qui l’avait aimée. Cet homme que les autres ne voyaient pas et qui n’était qu’à elle. Cet homme qu’elle aimait plus que tout au monde. S’il disparaissait, alors sans doute en mourrait-elle. « Tu disparais, Hunter. » Dit-elle en tendant une main pour caresser sa joue. Elle se sentait stupide de dire des choses aussi insensées, mais elle ne savait pas comment l’exprimer autrement. « Le Hunter que j’aime, que les autres ne voient pas, m’appartiens, n’est-ce pas ? Je ne désire qu’être tienne, Hunter. Je sais ce qu’il y a de meilleur en toi, et … je ne veux pas le perdre. » Elle parlait plus pour réussir à exprimer ce qu’elle ressentait que pour qu’il la comprenne. Elle se hissa jusqu’à ses lèvres et l’embrassa avec toute la force de son amour et de sa passion. Elle s’enflammait, elle voulait le posséder, elle voulait qu’il la possède. Elle voulait se fondre en lui, sauver cet amour qui le rendait si beau. Qui faisait de lui l’homme de sa vie. « Je mourrais de perdre cela… » Elle se rendait compte alors qu’elle se raccrochait à une chimère, une impression. Elle se retira et fit quelque pas en arrière. Elle reprenait son souffle, et resta un instant silencieuse, en regardant la mer. « Est-ce qu’il y a encore une chance que je puisse sauver l’homme que j’ai aimé il y a 4 ans.. » Elle se tourna vers lui. Elle se sentait comme une enfant apeurée par le noir. Elle ne voulait pas le mettre en colère. Elle voulait simplement l’aimer. « Ou est-ce qu’il a été dévoré par le monstre ? » Celui que les autres voyaient. Ce masque derrière lequel il se cachait. Elle avait besoin d’être sure qu’il était encore là, quelque part. Qu’il ne redevenait pas son amant simplement perturbé par sa présence et par ses souvenirs. Qu’il était bel et bien son Hunter. Alors peut-être, s’il vivait encore, lui dirait-elle la vérité sur ce qu’il s’est passé il y a quatre ans…


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