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 Long time no see . Constance&Dorian

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MessageSujet: Long time no see . Constance&Dorian   Jeu 12 Jan - 15:45

"T'es con ou quoi…? T'attends quoi ! Va la voir !"

Je regarde un long moment le plafond gris foncé de ma chambre, alors que ses paroles résonnent dans ma tête; je soupire. J'ignore depuis combien de temps je suis réveillé, là, immobile, mais celui avec qui je partage ma chambre ronfle sur le lit d'en dessous. Je devrais aller lui carrer la tête dans la cuvette des toilettes communes à celui là, ça lui apprendra à m'empêcher de dormir avec ses histoires stupides. "C'est pas parce que toi t'as une araignée au plafond que c'est son cas à elle, tu imagines ce qu'elle ressent ?". Merci, je culpabilise maintenant.

Dans le 13, il est difficile de savoir s'il fait jour ou au contraire, nuit noire; tous les jours se ressemblent un peu. Depuis combien de temps suis-je retenu dans ces couloirs ? Un ? deux ans ? Bien trop longtemps il semblerait. Le District 2 et ses carrières pleines de roches sans vie me manqueraient presque, en tout cas le souvenir que j'en ait. Blue disait que je faisais des progrès là dessus, plus le temps passait et plus je pouvais me remémorer des choses, même des anecdotes. Alors pourquoi cette fille là ne me revenait pas ? "Constance Windsor, Constance… Windsor… non rien à faire." je murmure, "tu es sûre que tu confonds pas ?". C'était quelques heures plus tôt, les yeux plantés sur moi, Danny semblait exaspéré que je ne réagisse pas plus. "Mais oui je suis sur… une grande blonde ! on pouvait pas la saquer parce que ses parents sont pro capitole !" je fronce les sourcils "j'vois pas pourquoi je serais aller trainer avec une fille comme ça…"

Plusieurs éléments de ma vie d'avant étaient encore aujourd'hui, même après trois ans, des mystères complets. Les jeux dans lequel j'étais mort, et dont il ne me restait pas une seule bribe de souvenir, cette fille qui aurait été autrefois ma petite amie, et cet étrange collier que je portais au cou à mon arrivée. Ses yeux de chouette me donnait souvent l'impression d'être observé.

L'appel du matin me tire de mes pensées. Réalisant alors que je n'avais pas fermé l'oeil de la nuit, j'enfile l'uniforme gris du district 13, passant mon collier sous le tissu, puis je prends le même chemin que chaque matin : celui de l'entrainement. "A plus tard, mec ! et surtout réfléchit à ce que je t'ai dis !" me dit Danny. Je grogne l'espace d'une fraction de seconde sans lui dire que justement, j'avais passé toute la nuit à y songer. Puis on se sépare; sa jambe en moins, perdue lors d'un bombardement, le dispensait d'entrainement.

La différence entre les exercices que je pratiquais au district 12 avec Del et ceux d'ici était énorme, si bien que, après avoir été jugé "apte" à l'entrainement, plusieurs semaines après mon arrivée au District 13, et bien que je sois loin d'être chétif, j'avais mis plusieurs semaines à tenir le rythme. L'après midi, j'allais retrouver Danny à l'assemblage d'armes; parfois je devais aller voir Blue pour quelques examens, ou simplement pour m'entrainer à me rappeler.

"Je vais y aller, pendant notre heure "libre"", Danny me jette un regard blasé "c'est genre la… hm… quinzième fois que tu me dis ça ? à chaque fois tu te dégonfle. Si cette fois ça foire, j'y vais à ta place ! moi je l'ai toujours trouvée mignonne cette nana !" Je termine la bouillit sans goût qui nous sert de repas, répliquant d'un ton sec "cette fois c'est la bonne."

Je me répète inlassablement cette phrase sur le chemin menant vers les habitations. Et si elle n'est pas là ? "tant pi, au moins j'aurais essayé", je murmure dans ma barbe. Le long couloir est séparé en plusieurs chambres dont les portes se succèdent, toutes identiques; à croire que la singularité n'est pas de bon ton au district 13. Je m'arrête devant le numéro de la porte que m'a donné Danny. Je tends la main, près à frapper, puis m'arrête. "Est-ce une bonne idée ? je m'arrête, regarde autour de moi, et soupire. "Oh et puis merde…"

Je frappe trois coups.


Dernière édition par Dorian de Massari le Lun 16 Jan - 12:18, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Long time no see . Constance&Dorian   Ven 13 Jan - 23:52

Respire. Tu sens comme c’est doux, les battements d’un cœur sain. Tu sens comme il est appréciable d’être de nouveau soi-même. Tu souris ? Depuis combien de temps n’as-tu pas souris ainsi, pour le simple fait de sourire ? Ce n’est pas de la stupidité, ce n’est pas que tu es devenue folle Constance. Tu es bien. Tu es vivante.

La jeune fille sortait du centre de soins du District treize. Elle avait enfin eu le droit de s’entraîner, de reprendre une activité plus ou moins normale. En tout cas elle avait eu le droit de s’approcher d’une arme. Elle avait décrété apte à s’entraîner. Depuis plus d’un an qu’elle se trouvait dans le district treize, elle avait eu l’interdiction formelle de toucher une seule arme. La raison en était simple, deux semaines après son arrivée dans le district treize, lors de son premier entraînement, elle avait eu dans la main un pistolet avec une forme bien simple. Ce qu’elle en fit lui valut une interdiction formelle de s’approcher de la salle d’entraînement.
Elle avait été sauvé des Jeux pour une raison qui encore aujourd’hui lui échappait. Elle était restée quelque temps dans le coma, sous le coup de la blessure cuisante qui lui avait ouvert le corps, transpercé l’estomac, et des nombreux os brisés qu’elle avait. Elle ne se souvenait pas s’être blessée, mais dans le sein des Jeux, la jeune fille avait développé une tendance à se laisser aller aux crises de délire et d’hallucinations. Le brouillard qui les avait entourés, empli de fumée nauséabonde, avait eu des effets hallucinatoires sur les tributs. Elle n’y avait pas échappé, et lors d’une de ces crises, elle avait foncé dans un autre tribut qui avait simplement enfoncé son couteau dans le ventre de la demoiselle. A ce souvenir, la main de la jeune fille atteint la cicatrice qui meurtrissait sa peau lisse. Elle soupira. Tout cela devait appartenir au passé. Mais elle ne pouvait pas s’empêcher d’y repenser encore et encore.

Elle s’était réveillée au district treize, et elle s’enferma dans le mutisme et la solitude. Elle n’aimait pas cet endroit, et encore aujourd’hui ne pas voir la lumière du jour la rendait nerveuse. Cela lui rappelait sa jeune dorée dans une tour d’Ivoire. Il lui semblait que sous cet aspect, rebelles et pro-capitolistes n’étaient pas si différents finalement. Ils étaient bien protecteurs envers leurs membres. Peut être trop. La jeune fille s’était vite remis de ses blessures, et une fois bien portante, elle fut dite apte à s’entraîner. Son mutisme fut mis sous le compte d’un caractère timide et d’une envie de se faire discrète. Ca l’était sans doute, en partie. Elle répondait aux questions par des hochements de tête, elle n’offrait aucun sourire, et surtout elle regardait le monde autour d’elle avait un regard mort. Comme si elle n’était plus là, comme si ce corps n’était en fait qu’une coquille vide. Elle ne pensait pas vraiment à quoi que ce soit à l’époque. Elle se sentait très seule, comme avant. Elle n’avait rien à quoi se raccrocher.
Elle alla au premier entraînement, et pour la première fois de sa vie, elle prit une arme à feu dans le creux de sa main. Elle la leva, dans un geste lent, et la posa dans sa bouche. Quelque part, elle était persuadée qu’elle était plus sure de mourir ainsi, que si elle la posait sur sa trempe, avec l’élan du coup. Dans la salle se trouvait alors Donovan. C’est lui qui la vit. Il alla vers elle, allait pour crier quelque chose, mais elle tira. L’arme n’était pas chargée. Depuis ce jour la seule personen avec laquelle elle parlait était Donovan. Elle suivit un suivi psychologique plus poussé : dépression. Voilà ce qui était noté dans son dossier au district treize. La demoiselle ne savait pas réellement ce que cela signifiait. Oui, elle avait eu le désir de mourir. Elle se sentait seule et surtout elle ne trouvait pas d’intérêt à la vie. Elle ne comprenait plus le sens de tout cela. A quoi bon vivre si le sens de nos actes nous échappent ? elle était fatiguée, les cauchemars l’empêchaient de dormir le soir, et pendant des mois elle fut incapable de dormir une nuit entière. Encore aujourd’hui c’était chose rare. Mais en plus des rêves concernant les jeux, elle avait souvent rêver de Delilah et de Dorian.

C’est un rêve concernant la jeune fille qui finit par la sortir de sa léthargie. Il y a de cela huit jours, elle s’était réveillée en sursaut, et elle avait exigé de Donovan qu’il la mène à Delilah. Elle avait retrouvé la femme qu’elle aimait prête à quitter leur district, sur le point de rejoindre les rebelles. Ou d’essayer de les rejoindre. Donovan et Constance l’avaient ramenée avec eux. Cela faisait trois jours qu’ils étaient revenus. Delilah avait été prise en charge, et Constance n’avait pas eu l’occasion de la revoir depuis. Elle se demandait si elle pouvait faire en sorte de se retrouver dans le même dortoir qu’elle. Il y avait quatre lits dans le sien, dont deux souvent vide. Elle partageait sa chambre avec une demoiselle au visage froid et strié de cicatrices. Constance n’avait jamais posé de questions sur sa colocataire. Celle-ci semblait apprécier ce silence. La jeune femme du district deux faisait en général en sorte d’aider sa colocataire lorsqu’elle avait du mal à essuyer le sang de son visage, ou une blessure mal soignée. Elle prenait soin d’elle, c’était une chose normale, elle vivait quasiment avec elle. Aujourd’hui sa colocataire était partie à l’entraînement, comme tous les jours. Et c’est avec une pointe de joie et de satisfaction que Constance apprit qu’elle pourrait l’y accompagner dés le lendemain sans doute. Si rien ne déséquilibrer le peu de contrôle qu’elle avait reprit sur sa vie.

Elle rentra de la salle de soin avec une nouvelle page dans son dossier : « le sujet semble avoir retrouvé ses esprits… ». Elle était fière. Mais cela n’avait rien d’étonnant en réalité. Elle avait retrouvé Delilah. Elle avait recouvré sa raison de vivre. Elle soupira, et caressant un bracelet qu’elle portait autour du poignet. Une chouette s’y trouvait représentée. C’était un bijou d’enfance. La chouette qui s’y trouvait, avec un double qui se trouvait sur un collier. Dorian avait ce collier. Elle le lui avait donné le jour où il avait été appelé aux jeux. La dernière fois qu’elle l’avait vu vivant. Elle sentit les sanglots lui venir. Cela faisait bientôt trois ans. Peut-être plus. Et pourtant, elle n’acceptait toujours pas l’idée de sa mort. Elle avait aimé Dorian, une partie d’elle-même tenait encore à son image. Elle rêvait de lui parfois, et se réveillait en sanglot. C’était presque plus insupportable de penser à lui que de penser à Delilah. Elle les aimait tout deux, cela était invraisemblable. Pourtant cela avait bien mal commencé. Il haïssait sa famille, crachant devant sa porte tous les matins. Elle s’en souvenait avec un sourire mélancolique aujourd’hui. Elle ne pouvait pas expliquer ses sentiments, les leurs. Qu’est-ce qui avait changé dans le regard de Dorian ? Quand est-ce qu’il avait commencé à l’aimer ? Et pourquoi était – elle incapable de surmonter son deuil ?

Constance aimait les De Massari. Elle avait aimé Dorian comme personne, se donnant à lui entièrement, avec toute sa pureté et son innocence. Elle aimait Delilah désespérément, avec le cœur meurtri d’une écorchée. Avec Passion, toujours. Elle entra dans sa chambre où elle prit la décision de se reposer. Elle se sentait soudainement lasse, et triste, surtout. Pas comme avant. Avant elle ressentait un grand vide en elle que rien ne pouvait combler : ni les pleurs, ni la colère, ni l’angoisse, ou la mélancolie. Rien, elle était simplement vide. A présent, elle ressentait la tristesse, vraiment. L’envie de pleurer était réel. L’envie, le désir, voilà ce qu’elle avait enfin retrouvé, et avec cela la douleur. Elle soupira, et c’est dans un t-shirt sale et un pantalon en toile ancien et troué qu’elle s’apprêtait à regagner son lit. Alors, deux coups furent porter à sa porte. Elle était surprise. Depuis qu’elle était là, personne n’avait encore frappé à sa porte. Sa collègue ne se gênait pas pour rentrer dans sa chambre. Donovan non plus d’ailleurs, bien que ses interventions soient plutôt rares. Les autres, elle les ignorait la majorité du temps. Ou elle les voyait en dehors de sa chambre. Alors c’est avec méfiance qu’elle ouvrit la porte. Elle s’apprêtait à renvoyer l’inconnu lorsqu’elle se figea.

Ce regard. Ce visage, durci et fatigué, presque inchangé. Plus vieux. Mais profondément semblable à celui de trois ans auparavant… elle cligna des yeux plusieurs fois, elle perdait son souffle, elle ne bougeait pas. Ses oreilles bourdonnaient sous les battements hiératiques de son cœur. Elle respirait avec difficulté. Elle tenta de se calmer. La crise n’était pas loin. De l’angoisse, de la peur, de l’excitation…. Et une bouffée de joie insensée. Elle n’arrivait pas à dire un mot, ou à quitter son regard. Il avait changé, il n’était plus aussi tendre qu’avant. Il avait toujours cette ironie. Elle sentit une chaleur oubliée envelopper son corps. Depuis combien de temps n’avait-elle ressenti cela. Elle voulait sourire, se jeter à son cou, bouger, simplement. Mais elle en était incapable.

Tout cela dura une seconde.
Puis elle s’approcha, un pas. Et des paroles murmurées « Dorian… c’est…. Oh mon Dieu…. » Elle sentit son corps s’effondrait. Elle défaillit.
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MessageSujet: Re: Long time no see . Constance&Dorian   Lun 16 Jan - 17:41

"Merde…"

Dans mes "fantasmes" de ces retrouvailles, j'avais imaginé dire bien des choses; du "salut" le plus simple aux dialogues des plus complexes. J'avais passé des heures entières, la nuit généralement, à scénariser ce que j'allais dire. Parfois, un simple regard suffisait à ce que je me souvienne d'elle, et que l'évidence me revienne enfin. Plus rarement, je tentais de réfléchir à ce que j'allais lui dire, si aucun souvenir d'elle ne me revenait. Mais quelque soit mon scénario, je n'avais pas prévu de dire "merde", avouons-le. Tout comme je n'avais pas prévu qu'elle s'évanouisse devant moi.

On s'était regardé sans rien dire, une seconde tout au plus bien qu'elle m'ait semblé beaucoup plus longue, avant qu'e la jeune fille ne tombe. Je la rattrapais vivement. Fallait-il que j'appelle une infirmière ou quelqu'un ? aucune idée. A défaut d'avoir une idée brillante, je la la porte pour la poser dans un des deux lits de la chambre, lui faisant boire un peu d'eau en attendant qu'elle se réveille. "Si elle émerge pas il sera toujours temps d'appeler un doc", me dis-je comme une évidence, avant de m'apercevoir que je parlais tout seul. Ne sachant pas trop quoi faire, je tente de la réveiller tant bien que mal, tapotant sa joue sans brusquer, passant un peu d'eau sur son front. Je profitais de ces quelques instants pour la regarder.

Rien; ce visage, ces cheveux, ces longs cils, son corps svelte… tout ça ne me rappelait rien. Pourtant, elle, elle me connaissait, au point de tomber dans les pommes en me revoyant même; alors pourquoi moi rien ne me revenait ? je serre les dents, énervé, avant de la regarder encore. Elle est jolie, pas de doute, je devrais me souvenir d'elle. Pourquoi l'aurais-je oubliée ? Je fronce les sourcils; j'étais probablement bien plus loin de la guérison que ce que je pensais. A mon réveil ici, je ne me souvenais de rien sauf de bribes sans connexion. J'avais travaillé dur chaque jour pour me rappeler de qui j'étais, Blue m'avait aidé. Aujourd'hui je me rappelais de beaucoup plus de chose qu'avant; je me souvenais de ma vie au district 2, des carrières, de mes parents et ma soeur, de nos soirées. Je me souvenais des moissons, de la peur des jeux, du jour où c'est mon nom qu'on tira. Je commençais même à me rappeler du Hunger Game auquel j'avais participé, d'une fille, du visage du juge dans le ciel, du sang… Ensuite, c'était le noir complet, et tous mes souvenirs suivants prenaient lieu au district 13.

Après quelques instants qui me parrurent être des heures, elle émergea enfin.

"Ca va aller ?", je la regarde un peu inquiet et mal à l'aise, l'aidant à s'asseoir. "Tu es tombée sans prévenir…", évidemment, sans prévenir, me dis-je... quel imbécile. Une moue déforme un peu mes lèvres, j'ai probablement l'air trop sec pour un homme qui revoit pour la première fois sa petite amie depuis 3 ans. "Tu veux aller voir un médecin ?" Je ne sais pas vraiment quoi dire d'autre, cette situation est frustrante; je la regarde, la cherchant une dernière fois dans ma mémoire. Je détaille ses yeux, son visage qui, arborant des traits fatigués, révélait pourtant la belle jeune fille qu'elle avait été autrefois. Je regardais ses longs cheveux blonds, ses lèvres rosées "Si tu veux te reposer je repasse plus tard."

Comment lui dire la vérité ? ses yeux me bombardaient de questions auxquelles je ne pouvais répondre, elle semblait autant chamboulée que moi. Mais à l'inverse elle se souvenait de "nous", donc Danny avait bien raison, tout ceci était réel. Une saleté de réalité qui m'échappait. Je soupire, levant les yeux sur elle pour planter mes regard dans le siens. Je vais me poser sur une chaise plus loin pour m'éloigner un peu d'elle, même si je sais qu'elle aurait préféré que je reste à ses côtés. Je cherche mes mots, ceux qui pourraient la faire comprendre, la rendre un peu moins triste; mais rien ne vient. Je suis vraiment nul comme ex-petit-ami-amnésique.

"Je suis désolé…. Je ne me souviens pas du tout de toi."
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MessageSujet: Re: Long time no see . Constance&Dorian   Mer 18 Jan - 7:39



Tu dois te réveiller. Ne te fermes pas Constance ! Réveilles-toi et souris. Tout cela n’est qu’un rêve. Tu sais que cela ne peut être qu’un rêve. La joie t’a finalement rendue folle, mais ce n’est que de la joie. Cela n’a rien à voir avec la pure folie.

Il lui semblait être en train de dormir, se berçant de doux rêves. Ces rêves, elle les connaissait, ils les hantaient depuis trois ans. En général, elle était seule, dans le noir, enfermée dans une pièce humide qu’elle ne reconnaissait pas, elle l’angoisse de rester seule la faisait pleurer. Mais alors, la lumière jaillissait sous ses yeux, et l’obscurité était remplacée par une lueur d’été flamboyante. Elle se trouvait alors dans le champ de blé dans lequel elle avait vu tant de jeunes de son âge travailler. La couleur dorée des plantes la berçait. Elle était étendue là, sous la couleur jaune, et souriait, ravie. Elle n’était plus seule, elle le savait. Elle tourna le visage, et elle se mit alors à rire. Un rire de joie, plaisant. Il était là, dormant sous le soleil d’été. Il était beau. Elle se souvenait qu’il était beau. En réalité, il lui semblait que son souvenir était intact en elle. Son regard brillant, ses lèvres si attirant, son corps athlétique. Elle sentait son cœur s’accélérer. Il lui semblait alors que ce n’était point le soleil qui rayonnait autour d’elle et lui donnait chaud, mais bien la présence divine de Dorian à ses côtés. Elle se tourna entièrement vers lui et se mit au-dessus des lèvres de cet être qui lui était si cher. « Dors-tu encore Paresseux ? » Demandait-elle d’une voix riante. Et elle attendait en général une réponse, jusqu’au réveil, sans oser s’avouer la dure vérité. Sans oser admettre que les lèvres qu’elle frôlait étaient froides comme la pierre.
En réalité, Dorian dormirait pour l’éternité. Et elle, entre la vie et la mort, était incapable de le rejoindre, ou de le quitter totalement. Elle l’aimait toujours.

Elle sentit quelque chose d’humide sur son front. En réalité elle n’avait pas rêvé cette fois-ci, elle se souvenait simplement de ses rêves. Elle ne comprenait pas ce qu’il lui était arrivée. Elle se souvenait… Une silhouette. Trois coups frappés à sa porte. Une soudaine terreur, une angoisse qui la saisit. Une joie intense, si violente qu’elle la fit défaillir. C’était bien cela, elle avait du tomber dans les pommes. Trop habituée à l’apathie, elle en avait perdu l’habitude des sentiments violents. Son corps n’y avait pas résisté. En réalité, elle avait lâché prise. Mais à présent elle reprenait conscience de son corps. Elle luttait pour reprendre pied à la réalité, pour se réveiller. La sensation d’obscurité était désagréable. Elle sentait quelque chose de froid sur son visage, et la douceur d’une caresse qui l’appelait. Cela l’aidait à se réveiller, et après une lutte de quelques instants, elle réussit à ouvrir les yeux.
Elle n’était pas seule, et cela l’étonna. Il lui fallut un moment avec de reconnaître le visage qui était penché sur elle, et dont les traits étaient marqués par l’inquiétude. Elle ouvrit des yeux surprit. En effet, cela n’était pas un rêve. Elle perdit son souffle, qui s’accéléra. Elle se souvint alors, en un flash de ce qu’il c’était passé. Dorian… C’était bien lui, et son regard lui sembla à cette instant moins rude bien qu’il eut changé, inexorablement. « Ca va aller ? » Sa voix… Elle ouvrit la bouche pour lui répondre, et cela lui permit de reprendre son souffle. Elle tâchait de respirer régulièrement, se souvenant qu’elle devait se calmer, et garder le contrôle de ses émotions pour ne pas risquer de s’évanouir de nouveau. Cela avait semblé inquiéter le jeune homme. Il s’inquiétait encore pour elle ? Il l’aida à s’asseoir, et la jeune femme lui offrit un petit sourire. « Ca ira… » Il était étrange. La manière dont il la regardait était singulière. Elle était mal à l’aise. C’était bien la première fois qu’elle sentait cela. Elle avait envie de se jeter à son cou, ou simplement de le toucher, mais son regard ne l’y encourageait pas. « Tu es tombée sans prévenir. » Elle fronça les sourcils sans comprendre. Elle s’était évanouie. Elle n’était pas des filles les mieux constituées du district, et déjà à plusieurs reprises elle était tombée devant lui. Il se moquait d’elle en général, après s’être assuré qu’elle allait bien.
Elle rougit, et baissa le regard. « Désolée… je… Tu as ressuscité, sans prévenir. » Sa voix était gênée, et de même quelque peu sévère. Elle avait tort de le prendre ainsi. Elle ferma les yeux, et soupira avant de murmurer. « Excuse-moi je… je n’aurai pas du… Désolée. » Elle était perdue. Pourquoi restait-il si loin d’elle ? Pourquoi ne la touchait-il pas ? Et ce regard ?
« Tu veux aller voir un médecin ? » Demanda-t-il avec une moue presque enfantine. Il était beau. Il était toujours aussi beau. Elle sentit son cœur accélérer. Elle avait chaud. Elle secoua la tête en signe de dénégation. Elle allait bien. Elle ne voulait pas voir de médecin. Elle voulait comprendre. Comment Dorian De Massari pouvait-il bien se trouver devant lui ? « Si tu veux te reposer je repasse plus tard. » « Non ! » s’écria-t-elle. Elle porta une main vers lui, prête à le retenir s’il esquiva un pas vers la sortie. Elle avait laissé échapper cette exclamation sans pouvoir s’en empêcher. Elle ne voulait pas qu’il parte. Elle voulait… Elle voulait lui poser mille questions qui restaient en suspend.

Il la quitta. Il se leva du lit où ils se trouvaient et s’assit plus loin. Elle le laissa faire sans comprendre. Lorsqu’il lui fit face de nouveau elle retint son souffle. Il semblait chercher ses mots, et elle était stressée. « Je suis désolé.... Je ne me souviens pas du tout de toi. » Elle tombait des nues. Elle le regardait, éberluée, sans comprendre. Cela expliquait beaucoup de choses. Il ne se souvenait pas d’elle. Il ne se souvenait pas d’eux. Elle si. Etait-ce pour cela qu’elle eut envie soudainement de lui faire si mal ? Elle détourna son regard de lui, et inspira profondément. « Tu… » Elle ne voulait pas le blesser, ou le brusquer. Elle était étonnée, et avait l’impression de parler à un songe. « Tu ne te souviens, de rien ? » Elle était curieuse de savoir, de comprendre. Puis quelque chose attira son regard. Elle se leva, doucement, afin que ses jambes la soutiennent, et s’approcha prudemment de lui. « Je peux… ? » demanda-t-elle, en désigna la corde qu’il portait autour de son cou. Il y glissa ses doigts, et extorqua la chouette qui y pendait. Elle sentait son cœur se serrait et les larmes venir à ses yeux. Elle frôla son bracelet où une chouette similaire pendait. « Tu l’as toujours… » Une larme perla sur sa joue et elle réprima ses sanglots. Elle lâcha les pendentifs, et retourna s’asseoir sur son lit. Elle mit un moment avant de regarder de nouveau Dorian dans les yeux. « Je ne comprends pas… C’est… Tu es bien là, ou suis-je… folle ? »
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MessageSujet: Re: Long time no see . Constance&Dorian   Jeu 19 Jan - 17:48

Ce jour là, je m'étais réveillé dans une chambre grise, humide et sombre. Une douleur me perforait le crâne, quelques voix troubles parlaient plus loin. Grimaçant, j'ouvris un oeil, puis l'autre. J'ignore si c'est la douleur ou la fatigue, mais il m'était impossible de clarifier mes pensées. Posant une main sur ma tempe, j'effleurais du bout des doigts une bande nouée autour de ma tête. Une millier de questions s'entrechoquèrent dans mon esprit, des questions auxquelles je ne trouvais aucune réponse. J'étais totalement perdu.

"Hé ! la belle au bois dormant s'est réveillée !", une voix venait de rompre le silence des lieux semblable à un bourdonnement disgracieux. Je tournais la tête, constatant après ces longs instants que je n'étais pas tout seul. En fait, il n'y avait pas moins de 4 patients alités dans la pièce. Celui dont la voix venait de s'élever me regardait avec insistance. Son visage émacié était à moitié dissimulé sous un bandage, son sourire n'en paraissait que plus malsain. "Ben alors, t'as pas l'air en forme !", il se pourrait que j'ai l'air abruti à le regarder comme ça, sans broncher, il me lance un regard narquois. "Jcrois qu'on s'est récolté un retardé les gars… pourquoi tu me mattes comme ça le comateux ?", je détourne les yeux sur la pièce, ouvrant la bouche pour la première fois depuis bien longtemps. "Je suis où ?"

Il parti d'un rire gras, mais personne dans la salle ne le suivit. Sur le lit à côté de "double face" - c'est comme ça que je le surnommais - il y avait une jeune fille à qui j'aurais donné une douzaine d'années tout au plus. A ma droite, un homme lisait un livre à la couverture poussiéreuse. "La ferme Rhob" venait-il de dire, tournant sa page du bout des doigts, sans ciller. "Tu es au district 13. C'est quoi ton nom ?"

Ce jour là, il y a trois ans, il m'avait été impossible de répondre à cette question.

"Tu te souviens de quoi d'autre ?", la jeune médecin faisait mine de prendre des notes dans un carnet sur ses genoux, mais je la soupçonnais de griffonner distraitement quelques dessins. C'est avec elle que je passais le plus clair de mon temps depuis quelques semaines. Je n'avais pas envie de parler aux autres, je me sentais totalement ailleurs depuis mon réveil, déconnecté de cet endroit. "Ma soeur s'appelle Delilah, je m'en suis souvenu cette nuit, j'ai rêvé de nos derniers Hunger Games". Elle hoche la tête "c'est bien, tu vois ça ira plus vite que ce qu'on avait pensé !", je fis une moue. Les médecins du district 13, celui que nous avions cru détruit depuis 75 ans, m'avaient diagnostiqué une amnésie rétrograde. Je ne me souvenais d'absolument rien. Ni de ma vie, ni de la manière dont j'étais mort. Il avait fallut des heures de pratique avec les médecins pour que certains éléments me reviennent en mémoire. D'abord, je m'étais souvenu de certains détails du district 2, des carrières, puis des souvenir de mon chez moi, de certains de mes proches, m'étaient revenu comme par magie. J'étais sortit de la chambre grise après 1 mois, la moitié de ma vie à nouveau en tête.

Rien n'est plus troublant que de ne pas se rappeler de choses que les gens pensent évidentes; parfois, en colère contre moi même, je devenais violent. Je ne comptais alors plus mes séjours en isolement.

Je me croyais guéris jusqu'à ce que Danny arrive au district 13. On l'avait récupéré parmi les blessés lors d'une mission au district 2. Sans doute parce qu'on pensait qu'on pourrait s'entendre tous les deux -après tout on venait du même district-, on nous mit dans la même chambre. Un jour, pendant la pause du midi, il était venu me voir, haletant comme s'il avait courut pour m'annoncer la nouvelle. "Tu sais que la Windsor est là elle aussi ?" - "Qui ?". Il m'avait alors dévisagé longuement.

J'avais été stupide de penser que la voir à nouveau aurait pu changer quoi que ce soit. En fait c'était pire : je me sentais détraqué à nouveau. "Tu as ressuscité, sans prévenir.", Je grimaçais. C'est vrai qu'il était prévu que je sois mort, j'aurais dû trouver autre chose que de frapper à sa porte comme ça, comme un fantôme revenu après trois ans. Je sentis une légère teinte de reproche dans ses mots, et pourtant je ne pouvais pas lui en vouloir, cela faisait déjà plusieurs semaines que je n'avais rien fait pour aller la voir. "J'ai pas vraiment choisis, en fait, désolé."

J'avais finis par lui avouer, lui dire qu'elle était comme une étrangère pour moi. A son regard, je devinais qu'elle avait de la peine, mais je ne pouvais pas faire semblant plus longtemps. "Tu ne te souviens de rien ?", une moue déforma mes lèvres "je me souviens de certaines choses, mais pas de tout… pas encore de toi. Je ne sais pas non plus comment j'ai atterrit ici." J'espérais égoïstement que mes paroles la rassurerais, et que je n'aurais pas à assumer de lui avoir brisé le coeur. La vérité c'est que je n'y pouvais rien, et que tout cela me fichait un mal de crâne pas possible.

"C'est quoi ?", je la regardais faire, observant les deux chouettes identiques, l'une à son poignet et l'autre à mon cou. Je m'étais toujours demandé d'où venait ce collier, je l'avais trouvé sur moi à mon réveil au district 13. Depuis, tous les jours, je le portais, il faisait partit des rares choses que j'avais ramené de mon "autre vie". "Il est à toi ?" je jetais un oeil furtif aux deux chouettes me regardant de leurs yeux noirs, froids comme des perles. J'esquissais un demi sourire, venant replacer une mèche des cheveux blonds de la jeune fille. "Je te fais pleurer…", je soupire entre mes dents, frottant ma tempe où une cicatrice légèrement brillante me fit grimacer un peu. "Quel naze", je termine dans un soupire, la retenant par le bras alors qu'elle s'en va. "Moi non plus je comprends pas. Crois moi je sais vraiment pas pourquoi je suis encore là." je plante mon regard dans le siens, "je pensais que tu aurais pu me dire, toi."

Personne au district n'avait jamais vraiment répondu à cette question. Pour leur défense, je parlais à très peu de gens. Les médecins restaient évasifs, les autres n'en savaient rien. "Je suis censé être mort, c'est ça ?", tout ce que je savais, c'était que je figurais parmi les morts des jeux de la faim d'il y a trois ans. Je n'avais jamais vraiment eu le courage d'en apprendre plus sur le sujet, sans doute n'avais-je pas envie de voir ce que j'étais devenu pendant ces jeux.

"On était comment…? toi et moi."
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MessageSujet: Re: Long time no see . Constance&Dorian   Dim 22 Jan - 18:17

Tu as peur de l'avenir ? Pourquoi, il n'y a aucune raison de craindre des évènements qui n'ont pas encore eu lieu. Ils ne peuvent pas te faire le moindre mal. Tu devrais plutôt fuir ton passé, car c'est lui qui te tuera.

Constance n'aimait pas replonger dans le passé. Elle ne pouvait pas y échapper car ses rêves la ramenaient le plus souvent à cette époque où elle avait encore envie de vivre, ou elle souriait et osait espérait à son futur. Elle avait eu des rêves fut un temps, elle avait voulu devenir styliste, ou alors enseignante. Elle aimait l'idée d'être proche des gens, de faire quelque chose pour eux. Elle avait toujours été très discrète dans sa vie au district deux. Ou tout du moins elle aurait aimé pouvoir l'être. Mais elle était issue d'une famille très riche, et dont le style de vie incluait de nombreuses réceptions, et des voyages au Capitole. Elle était connue dans le district 2 sous la désignation “ La Windsor ”, et si dans la littérature cela pouvait être la marque d'un grand respect, sorti de la bouche de ces camarades, cela ne résonnait que sous le signe du mépris et de ma moquerie. Et dans la bouche de Dorian, cela lui avait souvent fait penser à une insulte. Elle frissonnait encore, en pensant combien il avait pu la haïr. Elle ne comprenait toujours pas à partir de quel moment elle avait cessé d'être un monstre à ses yeux.

Elle ne pouvait pas s'empêcher de repenser à Dorian, il ne quittait que très rarement ses pensées. A l'époque où ils sortaient ensemble, les moments passaient loin de lui, à jouer la comédie face à ses parents étaient un véritables moments pour Constance. Mais elle le supportait encore, parce que lorsqu'elle regardait par la fenêtre elle pouvait voir la maison de ses voisins, et alors elle redevenait calme. Alors elle pouvait tranquillement portée les tenues extravagantes du Capitole, faire croire qu'elle vénérait le président et rêvait à un amour impossible avec Nox Snow, pour le plaisir de ses parents. Elle n'appartenait qu'à Dorian. L'amour qu'elle avait pour lui était si violent que parfois elle en oubliait même son nom. Et plus le temps s'écoulait à ses côtés, plus il était difficile de faire croire à ses parents qu'elle lui était indifférente. Alors, souvent, elle commençait à lâcher prise. Elle prenait la défense de De Massari lors des conversations avec ses parents, elle leur apportait les restes des buffets immenses que ses parents organisait, elle faisait en sorte des les aider du mieux qu'elle pouvait. Elle avait toujours rêvé de pouvoir faire plus encore pour eux, mais elle ignorait comment. Cela n'empêchait pas Dorian de prendre des Tesseare pour s'en sortir. Elle n'aimait pas l'idée de le voir prendre ainsi des risques... Et elle avait sans doute raisons.

Il était mort. Elle se souvenait de l'avoir vu sombrer sur les écrans géants qui se trouvaient sur la place du district deux. Elle s'y trouvait à l'aube, avant le levée des travailleurs, avec Delilah. Elles se rejoignaient là-bas tous les jours depuis le début des Jeux. Elles étaient amies avant le départ de Dorian. Après sa mort elles sont devenues inséparables, des âmes soeurs plus que de simples connaissances, ou des voisines. Ainsi, elles étaient ensemble lorsque sur l'écran, le corps de Dorian se trouvait au sol, ensanglanté, meurtri, et inerte. Constance se souvenait de cet instant. Le froid qui la saisit, son coeur qui s'arrêta, les larmes qui montèrent dans sa gorge. Elle ne réussit pas à pleurer, elle murmura le nom de Dorian, et sombra dans l'inconscience. Elle ne se réveilla que deux jours plus tard, et alors seulement elle pleura. Durant des heures, sans arriver à soutenir la présence de quiconque à ses côtés. Jusqu'à ce qu'elle se lève pour courir voir Delilah. Elle resta encore deux jours auprès de la jeune femme, incapable de la laisser s'éloigner d'elle, traumatisée par la perte de l'être qui était le plus cher à sa vie. Dorian ... Dorian ...

Elle avait gardé le bracelet avec la chouette, jumelle de celle que Dorian avait apporté avec lui aux Jeux. Elle ne l'avait pas quitté, et à son tour, ce fut la seule chose qu'elle mena dans l'arène. Aujourd'hui c'est sans doute tout ce qui lui restait de son ancienne vie. A part les souvenirs et les cauchemars incessants. Le traumatisme et la dépression. Tout cela n'avait rien de reluisant. Et voila que soudainement, c'était son passé qui revenait la prendre dans un cocon de chaleur. Delilah il y a quelques jours, qui a présent devait se trouvait dans les sous-terrains, quelque part. Et à présent Dorian, qui s'était présenté à sa porte aussi beau et bien portant qu'avant. Et Constance était incapable de le supporter. Elle avait tâcher de vivre avec la douleur depuis trois ans. Elle ne pouvait pas simplement aller bien à présent. Tout ne sera plus jamais comme avant. C'était un fait, et même si son coeur s'envolait lorsque Dorian la regardait, elle ne pouvait simplement lui ouvrir grands les bras et le serrer contre elle. Il avait changé. Il l'avait oubliée...

Elle lui tenait rigueur du fait qu'il est simplement ressuscité, et il dut percevoir la douleur dans la voix, ainsi que la colère, car sa réponse fit culpabiliser la jeune femme : "J'ai pas vraiment choisis, en fait, désolé." Elle s'excusa pour sa réaction et essaya de se calmer. Il ne se souvenait de rien. Elle avait du mal à le croire. Elle n'arrivait pas à l'imaginer. Lui qui avait une très bonne mémoire visuelle, et qui en général se souvenait de chaque incidents, de chaque dates, ou de chaque infime détails d'une scène, était à présent dans le flou le plus complet ? C'était tout à fait impossible. Mais Constance pouvait admettre que le traumatisme était plus destructeur chez certains. Ainsi Dorian était amnésique. Elle eut quand même un réflexe stupide, et lui demandé s'il ne se souvenait absolument de rien. Lorsque le jeune homme lui répondit, il arborait une mine désolée, et le coeur de Constance se serra. " Je me souviens de certaines choses, mais pas de tout… pas encore de toi. Je ne sais pas non plus comment j'ai atterrit ici. " Elle le regarda, un instant, et la question jaillit de ses lèvres, mu par une pulsion de jalousie qui n'avait pas lieux d'être. “ Tu te souviens de Delilah ? ” demanda-t-elle. Après tout, elle était sure que la jeune femme serait plus que ravie de revoir son frère. Son frère qui longtemps avait été tout pour elle.

C'est alors que le collier du jeune homme attira son regard. Elle le prenant dans sa main, si proche de Dorian, elle ne put résister, et les larmes coulèrent sur ses joues sans qu'elle ne put rien y faire. Elle remarqua qu'il avait gardé son collier. " C'est quoi ? " Elle ne répondit pas à sa question, lui faisant voir simplement son bracelet serti du même pendentif. Les deux chouettes ainsi accolées semblaient les regarder d'un air inquiétant mais bienveillant. Elle avait toujours aimé les chouettes, et ces pendentifs. Dans la folie des jeux, ce pendentif avait souvent constituer son seul moyen d'échapper à la solitude. Ce regard semblait être vivant. " Il est à toi ? ". Elle acquiesça. “ Oui. Je te l'ai donné... Le jour où... Tu as été appelé.” Elle essaya de raveler ses larmes. Elle se souvenait de leurs adieux, mais elle ne voulait pas se le remémorer. Ce souvenir, plus que tout autre, la rendait fragile et triste. Parce que ce jour-là elle avait cessé de croire en lui, et elle avait su, un court instant, qu'elle ne le reverrait sans doute jamais. “ J'étais persuadé que ... Le regard de la chouette, te sortir de la solitude. Parce que... on n'est jamais aussi seul que dans l'arène. ” Elle expliqua cela d'une voix calme et trainante pour ne pas laisser les sanglots l'envahir. Mais elle n'était pas assez forte.

Dorian remit une de ses mèches en place. C'était un geste qu'il avait effectué des centaines de fois. Souvent il lui avait dit qu'il aimait ses cheveux blonds. Elle le laissa faire, et la chaleur qui l'envahit la fit sourire. Du plaisir. Depuis combien de temps n'avait-elle pas ressenti une vague de plaisir. Elle ferma les yeux et une larme perla encore sur sa joue. "Je te fais pleurer…" “ Ce n'est rien. ” répondit-elle promptement. Elle ne voulait pas qu'il pense que ses mots la blessaient. En réalité, la joie et l'incompréhension la rendaient fébrile. "Quel naze" “ Non Dorian... ” Soudainement, elle ressentit le besoin de s'éloigner. Mais la main du jeune homme s'empare de son bras. Le coeur de Constance ne peut que réagir à ce contact, et il se met alors à partir dans un rythme effréné. Elle ne peut plus s'éloigner de lui. "Moi non plus je comprends pas. Crois moi je sais vraiment pas pourquoi je suis encore là." Son regard se fige dans celui de Constance et la demoiselle lui répond pas un froncement de sourcils. Elle ne comprenait pas. "je pensais que tu aurais pu me dire, toi." Elle secoua la tête, montrant qu'elle n'avait aucune idée de ce qu'ils faisaient là. “ J'imagine que .... sauver les Tributs lors des Jeux... C'est un acte de révolte suprême pour les rebelles... Je ne sais pas cependant... ce qu'ils comptent faire de nous... ” Répondit-elle dans une voix emplie d'hésitation. Elle pensait que c'était cela. Elle regardait ces tributs qui avaient été sauvé, et elle ne pouvait comprendre que cela. Le district treize était-il en train de lever une sorte d'armée ? Constance n'était pas contre l'idée de se battre, mais elle répugnait à l'idée de tuer quelqu'un. En réalité, elle était bonne à une seule chose : jouer les Capitolistes en puissance. Elle ne savait pas manier une arme, ou plutôt elle n'aimait pas le faire.

" Je suis censé être mort, c'est ça ? " avait-il remarqué qu'il n'avait pas lâché son bras ? La demoiselle le regarda. Les larmes coulaient sur ses joues sans qu'elle les retiennent mais aucun sanglot de lui échappait. Elle acquiesça d'un signe de tête. L'image de son corps meurtri lui revint en mémoire, et elle grimaça de douleur. Celle-ci était toujours aussi forte. Dorian ... Mon Dorian, allongé sur le sol de l’arène, le crane défoncé, le corps en morceaux, le visage meurtri... Oui il était censé être mort. Comment pouvait-il être là à présent ? " On était comment…? Toi et moi. " Elle le regardait toujours, mais le contact de sa main sur son bras la rendait folle. Elle avait besoin de plus, de s'assurer qu'il était bien là, présent. Elle oublia qu'il ignorait tout d'elle. Elle avait désespérément besoin de le sentir. “ Nous ... Dorian ... ” Elle fondit sur lui en un instant et le serra contre elle. Elle encercla son cou de ses bras, et nicha son visage dans le cou du jeune homme. Sous la violence de l'élan, elle sentit qu'ils partaient tout le deux au sol, mais elle resta attachée à lui. Elle pleura, mais l'odeur retrouvé de Dorian la calmait.

Il lui fallut un moment pour se calmer, et quand elle réussit à prendre le contrôle d'elle-même, elle ne se défit cependant pas de son étreinte. Elle était bien, là. Contre lui. Lui qui lui avait tant manqué. “ Nous étions heureux. ” Commença-t-elle. Oui, elle se souvenait des sourires de Dorian. Il souriait rarement en temps normal, mais dés qu'ils étaient ensemble il souriait. Lui qui était en général si taciturne, elle avait pris cela comme une preuve de son bonheur et son amour. “ Beaucoup ne comprenait pas comment nous avions pu ... tomber amoureux. Tu haïssais mes parents. Et j'étais vu comme une fille pro-capitoliste. Mais... Chaque jour je te regardais passer devant chez moi avec ta soeur... Je vous enviais tellement... ” Elle se souvenait de ce sentiment d'injustice. Elle se sentait extrêmement égoïste de dire cela. Mais ce n’était que la pure vérité. “ J'ai pris mon courage à deux mains et je suis venue vous parler. Plus rien n'a été pareil après cela. ” Elle ne bougeait toujours pas. Elle inspira profondément et le parfum du jeune homme la fit sourire. Elle ne put réprimer son envie d'embrasser son cou. C'est une chose qu'elle faisait souvent, lorsqu'ils étaient nus tous les deux... “ Tu souriais. Lorsque nous étions ensemble, tu souriais... Ces sourires n'appartenaient qu'à moi... ” Sa dernière déclaration fut dite dans un murmure. Un murmure empli de mélancolie, à présent qu'elle était la seule à s'en souvenir. Comme si tout cela n'avait été qu'un rêve. Un simple rêve... une chimère.
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MessageSujet: Re: Long time no see . Constance&Dorian   Ven 10 Fév - 14:10

"Vous avez fait quoi ?", le visage de mon père reflétait une profonde amertume qu'il tentait tant bien que mal de dissimuler derrière un masque d'indifférence. Mais je l'avais vu dans ses yeux, ses yeux qui brillaient, comme illuminés par la rancoeur. Je baissais le regard après avoir jeté un coup d'oeil à Delilah assise à mes côtés à table. Elle regardait ailleurs de sa mine boudeuse, telle une enfant prise sur le fait après une bêtise. Et la "bêtise" était de taille, du moins pour nos parents : fréquenter les Winsdor, c'était un peu comme pactiser avec le capitole, et les Massari faisaient partit des rares au District II à ne pas partager leurs idéaux. Je lançais un regard sévère à ma petite soeur, d'un air de "je te l'avais bien dit", mais du haut de mes 15 ans je me sentait un peu responsable d'avoir flanché face à elle, quelques heures auparavant.

Comme tous les soirs, nous passions des heures dehors, tous les deux, à s'échapper de la réalité ingrate que nous devions subir chaque jours. Ce soir là aurait pu être comme tous les autres, nous aurions pester contre le capitole, j'aurais jeté quelques regards noirs à la voisine qui, je le savais, nous espionnait souvent de sa fenêtre, et nous serions ensuite rentré.

Je regarde à la fenêtre de la voisine, assit dans l'herbe, elle nous observe de derrière ses rideaux. Je la déteste, elle et sa famille. Pourquoi ? Aucune idée, je pense que c'est un truc des de Massari : mon père les déteste, donc je les déteste; ou bien c'est à cause de ce qu'ils sont. Nous vivions chichement depuis toujours à cause de ces pourris du capitole, je ne pouvais décemment pas les apprécier, ni eux, ni leurs partisans. J'avais été envoyé dès que mon âge le permettait, aux carrières, chaque jours. Tout ça pour gagner à peine de quoi manger. Mais surtout, nous vivions dans la peur d'être tirés aux Hunger Games chaque années depuis nos 12 ans, elle ne devait pas connaitre ça, elle ! Peut-être même qu'elle se réjouissait de pouvoir un jour y aller. Delilah venait d'échapper à sa première moisson, et il était hors de question qu'elle prenne des tesseare. Pour moi, la fille des Winsdor représentait tout ce que je détestais : la richesse, le confort, le capitole… et elle m'agaçait à nous regarder sans cesse. Je la soupçonnais de guetter des phrases où des gestes qu'elle irait s'empresser de raconter à ses parents, puis au capitole. De derrière sa fenêtre, je lui jetais un regard noir.

Ce soir là, elle était descendu. Je m'étais levé d'un bond, la regardant s'avancer vers nous. "Dégage de chez nous ! Tu veux quoi ?". Sur le qui-vive, je grogne. Je sais que je ne peux pas lever la main sur elle, d'une parce que j'avais du mal à frapper les filles, de deux parce que cela causerait plus de mal que de bien. Mes lèvres se pincent alors que je ne la quitte pas des yeux, ne voyant pas que Delilah, elle, s'était déjà levée pour la rejoindre en trottinant. Ce jour là, elle avait invité la Winsdor à venir avec eux.

"Je t'avais dis que c'était une mauvaise idée". Je chuchotais, agacé, allongé dans mon lit non loin de celui de Delilah, nous profitions souvent de la nuit pour parler tous les deux. Elle avait laissé un temps avant de répondre : "je crois qu'elle en pince un peu pour toi". Les jours et les semaines passaient, et cette phrase résonnait dans ma tête à chaque fois que je croisais la fille Winsdor. Plus le temps s'écoulait et moins mes regards sur elle étaient durs, je me questionnais parfois : "est-ce que je la déteste encore ?", avant de me raviser. Je ne pouvais pas l'apprécier, pas elle, me criait mon égo.

Pourtant je ne pensais qu'à elle.


Des pas résonnent dans le couloir, proches de nous. Nous étions immobiles et silencieux, enlacés. Je la serre contre moi, respirant doucement son odeur que je trouve agréable. Nous sommes tous les deux au sol, l'un sur l'autre, et bien que cette position soit assez suggestive, je n'ai pas envie de la lâcher. Son contact provoque en moi une réaction imprévu : la gorge sèche, l'estomac noué, mon coeur s'emballe. Est-ce la proximité avec une fille qui m'enflamme de la sorte ? Ou bien est-ce mon inconscient qui se souvient d'"elle" ? Je retiens ma respiration, comme pour me calmer en vain. Ses paroles me laisse un goût amère dans la bouche : pourquoi ces souvenirs si importants pour moi, pour elle, ne me reviennent pas ? Pourquoi je me rappelle de cette fille dans l'arène, mais pas de celle qui est censée être mon amour de jeunesse ? Elle semble encore si attachée, même après toutes ces années... je ne peux rien faire. Je la repousse un peu pour nous séparer.

"Je peux pas faire ça…", je soupire doucement, regardant ailleurs. "C'était une mauvaise idée de venir, ça ne donnera rien de bien". Mes yeux l'évitent soigneusement, alors que je tente de me persuader de mes propres paroles. L'entendre parler de mon ancien moi m'avait fait l'effet d'un électrochoc, il y avait bien longtemps que je n'avais pas ressentit l'envie de sourire, de rire, ou même d'être apaisé. Beaucoup me voyait comme un garçon taciturne et perturbé : ce que j'étais devenu. Le garçon qu'elle me décrit, ce n'est pas "moi". Mon regard se perd légèrement dans le vague. Le Dorian passé est-il définitivement mort ?

"Je ne peux pas te promettre de me rappeler un jour, et j'ai pas envie que tu souffres à cause de ça. Je n'ai pas envie que tu t'accroches à quelqu'un qui n'existe plus"… je ne peux pas lui promettre qu'elle retrouvera le garçon qu'elle a connu, et, au fond de moi, je sais que tout ça ne finirait pas bien.

Je serre mon collier dans la paume de ma main comme je le fais si souvent. Je sais qu'un jour je me souviendrais d'elle. Ces souvenirs, enfouis profondément dans ma mémoire, finiraient un jour par remonter. Mais il m'était impossible de dire quand. Peut-être demain, peut-être dans dix ans… je ne pouvais pas lui demander de m'attendre tout ce temps. Je n'ai pas envie que son souvenir de moi soit ternit, je n'ai pas envie qu'elle soit déçue de ce que je suis devenu. "Je ferais tout mon possible pour arranger ça."

Je me relève l'air grave, pour rejoindre la porte, puis m'arrête. "Est-ce que ma soeur aussi…", ma voix légèrement éraillée s'étouffe aux bord de mes lèvres. Je prends une longue respiration. "Est-ce que Delilah est ici ?"
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MessageSujet: Re: Long time no see . Constance&Dorian   Ven 17 Fév - 7:38

Tu te souviens de la déception sur le regard de tes parents, la première fois qu’ils t’ont découverte dans les bras de Dorian ? Ils t’ont fait promettre que cela ne serait pas réitéré ? Pourquoi n’as-tu rien dit alors ? Pourquoi n’as-tu pas simplement hurlé ta peine, crier que cela était injuste. Pourquoi tu l’as pensé, tant et si bien que durant des semaines tu ne dis rien d’autre à tes parents que des mots de politesse, des termes officiels. Mais ne leur as-tu jamais dit combien tu les avais aimé malgré tout ?

Elle se tenait bien droite, au milieu de l’immense table qui trônait dans sa table à manger. La nourriture dans l’assiette qui se trouvait devait elle, était froide à présent. Elle n’y avait pas touché. Au milieu de quoi, elle écoutait le silence empli de reproche qui régnait dans la pièce, entrecoupé du bruit des couverts qui tintaient sur la vaisselle en porcelaine. Constance regardait avec écoeurement le steak de thon et les légumes colorés qui régnaient dans son assiette. Elle se pinça les lèvres et elle ressentit soudainement une vague de culpabilité l’envahir. Elle rechignait à manger alors que dehors, les De Massari devaient se battre pour trouver assez de nourriture pour la famille entière. Alors, après presque une heure sans un geste, elle déplia son bras, saisit sa fourchette et prit une boucher qu’elle avala. Elle ne put retenir une grimace de dégoût. « Et bien oui, petite sotte, c’est froid à présent. » Dit sa mère avait un sourire moqueur sur les lèvres. Constance ne comprenait pas vraiment ce qu’il se passait. Elle avait passé la journée en cours, mais en sortie plus tôt pour profiter de la présence de Dorian et de Delilah. Surtout de Dorian en réalité, et les deux jeunes gens avaient passé un long moment dans la rue à parler et à … flirter. La jeune femme arrêta tout mouvement. Ses parents, qui avaient l’habitude de ne s’intérssaient qu’à eux-même, se seraient-ils ouverts sur le monde, enfin, pour la voir flirter avec un garçon qu’ils exécraient ? Comme pour répondre à sa question son père prit à son tour la parole. « Etait-ce le fils De Massari avec toi tout à l’heure ? » Constance tourna un regard surprit vers lui. Il la jugeait avec suffisance, ravi de l’effet que sa question avait sur elle. Il venait de poser sa fourchette et son couteau dans son assiette vide, et s’essuya la bouche avec une serviette blanche immaculée. Le silence était pesait avant qu’il ne continue. « J’espère que tu lui as bien fait comprendre que tu n’avais rien à faire avec lui. Ce garçon est d’une effronterie sans limite ! » « Je n’ai jamais vu de gens aussi déloyaux que les De Massari. Ils sont d’une vulgarité… Quand je pense que nous devons supporter leur présence aussi proche de chez nous. » La voix de sa mère et de son père se répondaient en reproches divers faites à la famille de son petit ami, et Constance les écoutait, éberluée, les rgardant à tour de rôle. « Ce Dorian est un véritable rebelle. Le Capitole devrait donner une leçon à ces jeunes sauvages ! » Constance sentait la colère monter en elle à mesure des complaintes et des critiques. « C’est obscène ! » « La honte de Panem ! » Elle commençait à trembler. Les mots fusaient de tout part, lui rappelant combien elle était différente de ses parents, et combien eux pouvaient être aveugle. Alors elle fit un geste qu’elle n’aurait jamais cru commettre un jour.

D’un bond, elle se leva, saisit son assiette pleine et l’envoya valser sur le mur en face d’elle. La porcelaine vola en éclat et la nourriture fut éjecter et s’écrasa sur la peinture en long dégoulis. Le silence se fit, outré. La jeune femme regarda la tâche en face d’elle, et durant un temps elle fut incapable de bouger. Ses parents la regardaient sans comprendre. Elle ne savait que dire tant les mots se pressaient à sa bouche. Mais elle avait surtout le désire de leur montrer combien elle pouvait aimer Dorian, et combien elle souffrait que les voir le dénigrer ainsi. Elle en était folle. Et d’autant plus folle de croire qu’elle pourrait convaincre ses parents de la gentillesse et de la bonté de l’homme dont elle était tombée amoureuse. C’était peine perdue. Alors, elle prit sa serviette, et se tapota les lèvres à la manière de son père tantôt. Elle se redressa et inspira profondément. Elle se tourna vers ses parents avec un masque d’indifférence. « Puis-je me retirer ? » demanda-t-elle d’une voix fluette. Sa mère acquiesça, la bouche ouverte, outragée. La jeune femme se tourna alors et quitta la pièce. Ce soir-là elle avait compris qu’elle devait être plus prudente. Cela faisait quelques semaines à peine qu’elle sortait officiellement avec Dorian, et la seule personne au courant de cela était Delilah. Cela devait rester ainsi. Constance ne savait pas jusqu’où ses parents seraient prêt à aller pour qu’elle cesse tout contact avec les De Massari, mais elle n’aviat aucune désire de partir loin d’eux, et de les voir la quitter. Elle avait besoin de les avoir prêt d’elle. Alors ce soir-là, penchée à sa fenêtre, en train de regardait la bougie qui éclairait la chambre de Dorian et DElilah, elle se fit la promesse de les protéger de ses parents. Elle mit en place le double jeu qui allait lui permettre de garder son amour pour Dorian, et la place avantageuse au sein d’une famille aveugle, égocentrique et surtout aisée.


Elle n’avait aucune désire de quitter ses bras. Ainsi allongée sur lui, entourant son cou, elle aurait voulu mourir. Elle ne pouvait croire qu’elle l’avait enfin retrouvé, qu’il se trouvait là, contre elle, bien portant. Il était en vie. Mieux encore il allait bien. Quoi que le mot « bien » n’était sans doute pas le plus approprié au vue des circonstances. Il ne se souvenait pas d’elle. Soudain, elle trouva son geste déplacé. Elle s’était jetée dans ses bras, comme elle l’aurait fait avec Son Dorian, mais il n’était plus le même. Il ne se souvenait pas d’elle, et voilà qu’elle se comportait avec lui comme si rien n’avait changé. Elle se mordit la lèvre pour retenir ses sanglots. Elle devait absolument se calmer. Mais la joie, la douleur, l’excitation et la peur se déchaînaient en elle de telle sorte qu’elle ne savait plus comment elle devait se comporter. A cet instant elle désirait la présence sereine de Delilah à ses côtés. Parce que depuis que Dorian été décédé aux Jeux, Delilah avait été la seule personne capable de calmer Constance quand celle-ci faisait des crises d’angoisse ou de panique. Lorsque les sentiments devenaient trop violents. Sauf que Delilah n’était pas présent, et qu’elle se trouvait dans une situation où ses sentiments prenaient malheureusement le pas sur la pensée rationnelle. Elle ne se contrôlait plus. Il s’agissait de Dorian, et comme bien souvent, lorsqu’il s’agissait de Dorian, elle perdait tous ces moyens. Il avait mauvais pour elle, ses parents avaient sans doute raison. Mais non pas parce qu’il était son exact opposé dans la société. Elle en avait cure en réalité. Mais parce qu’il lui faisait sentir des émotions inconnues, et violentes qui la rendaient folle. Elle s’abandonnait à lui, et il pouvait faire d’elle tout ce qu’il désirait. Elle le suivait, toujours. Amoureuse. Eperdue. Elle se perdait sous son regard. Elle l’aimait. Plus encore, elle lui avait appartenu, corps et âme. Comment était-elle censé faire le deuil de ce qui avait constitué toute sa vie durant des années ? elle avait été incapable de dire adieu à Dorian. Et sans doute ne l’aurait-elle jamais fait. Elle ne pouvait pas être vivante sans lui. Tout lui semblait fade, sans saveur lorsqu’elle ne voyait pas les choses à travers son regard et ses sensations à lui.
Le seul amour qui équivalait celui qu’elle avait pour Dorian, c’était la douceur et la confiance qui la liait à Delilah. Elle aimait cette dernière avait plus de calme et de sagesse que Dorian. Il ne s’agissait pas de vivre plus la vie avec elle. Il s’agissait déjà de survivre, d’avoir quelque chose pour se raccrocher à la vie et ne pas simplement sombrer. Elle n’osait plus bouger.

Son corps, cependant, se relâcha de sa tension. « Je ne peux pas faire ça » La voix de Dorian lui parvint dans un souffle. Il la repoussa doucement, et elle se retrouva agenouillée à ses côtés alors qu’il était assis, sur le sol. Elle avait une main posée sur son genou, mais ne semblait pas vraiment s’en rendre compte. Elle le regardait sans comprendre. Faire quoi … ? « C’était une mauvaise idée de venir, ça ne donnera rien de bien ». Il ne la regardait pas. Elle n’osait pas bouger, le temps de comprendre ce qu’il était en train de dire. Effectivement, elle lui avait fait peur. Elle aurait du calmer ses ardeurs et simplement se tenir loin de lui. Elle le regardait qui évitait soigneusement son regard et elle comprit son erreur. Elle se sentit stupide alors, et se mordit la langue. Il ne la connaissait pas. C’était un étranger. Il n’était pas Dorian. Pas Son Dorian. Dorian était mort dans cette arène. Pourtant elle aurait voulu y croire… Bordel ! Elle s’en voulu de s’être emportée de la sorte et à présent la honte la rendait fiévreuse. Le rouge lui monta aux joues, et elle baissa le regard pour tenter de camoufler sa gêne. « Je ne peux pas te promettre de me rappeler un jour, et j’ai pas envie que tu souffres à cause de ça. Je n’ai pas envie que tu t’accroches à quelqu’un qui n’existe plus… » Elle sourit tristement et lui prit la main. Elle embrassa sa paume, et regard son visage. Elle ne pouvait pas simplement le lâcher de peur qu’il ne disparaisse. « Cela fait trois ans que tu es… Je n’ai pas réussi à t’oublier. Je pourrais peut être… t’aider. A te rappeler… si tu veux… ». Elle baissa la tête une fois de plus. Elle ne se raccrochait pas à lui parce qu’elle le voulait, simplement parce qu’elle était incapable de l’oublier. Le voir en vie, là, devant elle, était sans doute une des meilleure chose qui lui soit arrivée de sa vie. Alors elle ne pouvait pas simplement le voir s’éloigner d’elle une fois encore. Elle l’avait vu partir une fois. Elle refusait de le voir s’effacer une seconde fois. DE plus, personne ne le connaissait mieux qu’elle, hormis Delilah. Delilah…

Elle remarqua que Dorian fit un geste vers le Collier qu’il portait. Son Collier… Pendant un instant elle eut peur de le voir l’arracher pour le lui rendre lorsque les doigts du jeune homme se refermèrent sur le pendentif. Mais il n’en fit rien, et parlait avec une voix emplie de conviction : « Je ferais tout mon possible pour arranger ça. » Elle le regarda et sourit. Il avait changé. Mais elle gardait l’espoir de revoir son Dorian, un jour peut-être, lui revenait. Que fera-t-elle alors ? … Elle n’avait pas envie de se poser la question. Chaque chose en son temps. « Merci. » Dit-elle. Elle ne savait que dire d’autre. Mais le voir ainsi lui mettait du paume au cœur. Il allait essayer… elle n’en espérait pas tant en réalité. Il se releva alors, et Constance se issa sur la couchette qui se trouvait à côté d’elle. Elle n’était pas sure que ses jambes la soutiennent.
« Est-ce que ma sœur aussi… » Il se souvenait donc bien de Delilah. Constance le regarda, et attendit. « Est-ce que Delilah est ici ? » La jeune femme le regarda. Il avait ce regard, cette attitude… Constance ne saurait dire quand… Mais si ! Bien évidemment ! C’était exactement le même ton, la même expression d’espoir et la même attitude que lorsque Delilah lui avait demandé quelque jours auparavant si Dorian se trouvait au district treize. Pas de doute sur la filiation entre les deux De Massari. La jeune femme acquiesça soudainement soucieuse. Delilah n’avait-elle pas promis qu’elle viendrait la voir, une fois ses tests terminés ? « Oui elle… Elle est arrivée il y a quelques jours. » Inutile de dire que son arrivée avait beaucoup à voir avec un caprice de la part de Constance. C’est alors que deux coups secs furent frapper à la porte. Le hasard faisait bien les choses, et avec précaution Constance se leva, s’assurant que ses jambes la portaient, et s’avança vers la porte qu’elle ouvrit doucement. Delilah… Dans toute sa splendeur. La jeune blonde se jeta sur la jeune femme pour l’embrasser dans un élan d’amour. Elle lui avait manqué. Elle senti son être entier s’échauffer et reprendre vie. Le baiser durant un court instant avant que Constance ne prenne le visage de DElilah en courbe. Les yeux rougis par le sang elle jugeait du regard son amie. « Je suis désolée, Delilah. Tu… Tu avais raison, comme souvent. » Dit-elle en regardant la jeune femme, droit dans les yeux. Puis, elle laissa ses mains quitter le contact de sa peau, et se dégageant de son champs de vision afin de lui permettre de découvrir Dorian, qui se trouvait dans la cadre de la chambre. « Tu avais raison d’espérer… » La « Windsor » sut alors qu’une ère nouvelle commençait. Que finalement, Delilah avait raison, et qu’elle était encore en droit d’espérer à une vie meilleure…
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MessageSujet: Re: Long time no see . Constance&Dorian   Dim 26 Fév - 5:09

Dorian, Constance & Delilah


J’étais arrivé au district 13 depuis déjà un peu plus d’un semaine. Notre trajet n’avait pas été de tout repos. Se sauver d’un district pour se rendre à un autre n’était pas chose facile. C’était encore pire pour se rendre au 13. Cependant, nous avions un avantage de notre côté, deux de notre petit groupe étaient déjà allés au district rebelle. Nous devions rester vigilants, mais nous pouvions progresser relativement rapidement vu les conditions. Nous avons eu de la chance, c’est surtout ça que je me disais. Nous avions fini par arriver à bon port tous les trois. Nous n’avions que très peu parler durant le trajet qui nous avait pris environ trois jours. C’était le meilleur moyen de ne pas nous faire remarquer. La discrétion était notre mot d’ordre. Nous n’avions pas réellement le choix. Un feu la nuit donnait notre position, parler à voix haute donnait une chance aux pacificateurs de nous repérer. Nous nous serions cru aux jeux...seulement nous avons pu réussir tous les trois à atteindre notre but, le district 13.

Aussitôt que nous y sommes arrivés, j’ai été séparée des autres pour me faire évaluer. Étais-je bonne pour l’armée ? Étais-je saine d’esprit ? Étais-je assez forte pour supporter ce milieu difficile ? Maintenant que j’y étais arrivée je me sentais invincible, plus forte que jamais. Je pouvais vaincre n’importe qui, supporter n’importe quoi. Je me sentais prête à soulever des montagnes. J’allais pouvoir rendre fière mon frère qui devais m’observer d’en haut s’il était bien mort. Il ne serait pas mort pour rien, je le savais. En même temps, je me disais qu’il ne pouvait être mort comme ça, c’était impossible. Je n’avais toujours pas fait mon deuil et je ne pouvais m’y résoudre tant et aussi longtemps que je n’avais pas la preuve qu’il n’avait pas été récupéré comme Constance l’avait été. J’étais sur le terrain de mes derniers espoirs. Cependant, avant d’aller fouiller les souterrains pour y retrouver mon frère, je devais passer par les multiples entraînements et les tests physiques et psychologiques. Je réussissais très bien les tests d’agilités et de précision. Je n’étais pas ce qu’il y avait de plus fort, mais je me débrouillais assez bien. J’étais du district 2 après tout. On avait beau dire ce qu’on voulait des districts de carrière, ça avait son avantage malgré tout.

Chaque jour je me levais dans ma petite chambre et j’espérais pouvoir sortir un peu, voir Constance et même peut-être trouver mon frère. Mais mon horaire ne me donnait pas de temps libre. Cet horaire était une cage, mais je m’y résignais. Si je voulais rester ici et pouvoir finir par avoir cartier libre, je devais m’y faire. À la longue j’allais prendre mes aises, mais je préférais commencer comme je le devais et entrer dans les petits papiers des évaluateurs et de ceux qui allaient pouvoir influencer ma présence ici pour que je puisse peut-être avoir une influence ou à tout le moins que je puisse me rendre jusqu’à quelqu’un qui en avait. Mais bon, tout cela prenait du temps et j’allais devoir entretenir ces relations que je voulais. Chaque chose a son temps à ce qu’on dit. Enfin bref, finalement, après un peu plus d’une semaine isolée des autres, je pouvais enfin aller me promener un peu et prendre du temps de repos, comme si je savais ce que c’était. Je le méritais après la semaine de fou que je venais de passer à lancer des couteaux, soulever de la fonte et parler de mes vies antérieurs à des inconnus. Ils avaient eu à de belles histoires et à de la sueur, maintenant je recevais ce qui se devait.

Je me suis donc réveillée ce matin-là assez tôt pour faire imprimer mon horaire sur mon poignet. Réflexion durant 2 heures ! Ils se sentaient généreux. Je suis donc allée manger pour ensuite profiter de mon temps de «réflexion» pour aller dire un petit bonjour à Constance à qui je n’avais pas parlé durant près d’une semaine. J’avais enfilé un pantalon de toile kaki et une camisole blanche, ce qui était dans mes tiroirs en bref. Ainsi donc après mon repas, je me suis dirigée vers la chambre de Constance. Je me fiais aux indications que l’on m’avait données pour me retrouver dans les dédales de couloirs souterrains. Du même coup, je réfléchissais à ce qui était maintenant entre la belle blonde et moi. Je ne le savais pas du tout. Elle était devenue tellement pessimiste et moi tellement dure avec elle. J’espérais que nous nous retrouvions, mais je doutais que les changements qui s’étaient opérés en nous durant les deux ans qui nous ont séparés puissent se réparer. J’ai levé les yeux vers le plafond, entrevoyant du même coup les mèches de cheveux bruns qui tombaient sur mon front. Pour la première fois en une semaine j’avais pu laisser mes cheveux libres alors pourquoi m’en empêcher.

J’ai fini par trouver le numéro de chambre de Constance. Je me suis arrêtée quelques secondes devant la porte avant de cogner. J’avais entendu une deuxième fois, mais c’était tellement indistinct que je n’avais pas trop fait attention. Finalement, la blonde m’a ouvert la porte et m’a sauté dessus sans me laisser la chance de comprendre quoi que ce soit. Je me suis dégagée du baiser qu’elle me donnait pour la remettre devant moi, un air interrogateur sur le visage. Qu’est-ce qu’elle avait ? Je ne pouvais croire que la semaine sans me voir l’avait rendue aussi vivante. Mes sourcils se sont levés puis mon visage s’est affaissé en l’entendant. J’avais raison ? La jeune s’est enlevé de ma vue pour me laisser voir ce que j’avais cru possible sans réellement en être convaincu. Il était debout devant moi, aussi beau qu’il était quand il était parti pour l’arène. Ma main droite s’est levée vers ma bouche alors qu’un sanglot s’étouffa dans ma bouche. Mon frère était vivant, je ne pouvais recevoir plus beau cadeau. Je me suis élancée vers lui pour me jeter dans ses bras. Cela faisait des années que je pensais à lui sans le voir. Je ne pouvais me contenir plus longtemps. Je me suis mise à serrer mon frère dans mes bras pour réellement le sentir, réaliser qu’il était là, avec moi.

    «Tu m’as tellement manquée Dorian…je …j’y crois pas t’es vivant…»


Je ne savais quoi dire, mes pensées n’avaient aucun sens je pleurais et je souriais. Je pleurais plus qu’autre chose. Je sentais les larmes couler sur mes joues, mais je n’étais pas triste. Mon cœur battait à un rythme infernal. Je n’avais été plus heureuse que maintenant. J’étais dans un trou dans le milieu d’un district caché, mais mon frère était là. La seule chose rationnel que je savais était que je tenais mon frère contre moi et que je ne voulais pas le lâcher. Plus jamais.
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MessageSujet: Re: Long time no see . Constance&Dorian   Jeu 1 Mar - 14:52

Du bout des doigts j'effleurais la cicatrice sur ma tempe. Souvent elle était douloureuse, là, ma tête semblait prête à exploser. Il était inutile que je m'efforce à me souvenir d'elle, j'avais compris pendant ces trois années ici que plus je tentais de me rappeler et moins les souvenirs revenaient. Il y a sans doute des choses de mon passé qui étaient définitivement perdues, mais je ne pouvais pas regretter quelque chose devenu totalement étranger. Constance aurait pu devenir un fantôme comme bien d'autre, à présent qu'elle était là devant moi c'était devenu impossible. Je ne pouvais pas feindre l'indifférence mais dans ses bras, je ne pouvais pas prétendre l'aimer non plus. "Cela fait trois ans que tu es… Je n’ai pas réussi à t’oublier. Je pourrais peut être… t’aider. A te rappeler… si tu veux…" J'hochais de la tête. Elle pouvait m'aider c'est certain, personne ici n'était plus au courant qu'elle de ce que nous avions vécut. "D'accord, on fera comme ça." dis-je dans un mince sourire qui se voulait réconfortant, venant poser ma main sur son épaule fluette.

"Oui elle… Elle est arrivée il y a quelques jours." dit-elle quand je demandais si elle savait où était ma soeur. Comme seule réponse, je poussais un long soupire de soulagement. "Alors elle va bien, elle est en vie, elle est en sécurité au district 13" dis-je tout bas pour moi même, comme si j'avais encore besoin de m'en convaincre. Finalement, tout est bien moins dramatique que j'aurais pu l'imaginer jusqu'alors. Le poids que j'avais sur la poitrine depuis bien longtemps s'était soudainement envolé. Je souris. "Tu sais où elle est ? il faudrait que je la vois… je dois lui dire que je suis là moi aussi."

Quelques coups résonnèrent alors dans la chambre, je jetais un coup d'oeil vers Constance, curieux. Attendait-elle quelqu'un ? Je la regarde ouvrir la porte, puis se jeter sur son nouvel invité comme si sa vie en dépendait. Un nouvel ami ? un nouvel amant ? Sans vraiment savoir pour quelle raison, cette idée m'énervait. Qui sait; pour en avoir le coeur net je m'avançais un peu pour découvrir qui se cachait dernière cette porte. La vision de Constance embrassant Delilah me fit reculer d'un pas vif. Je fixais à présent la scène, caché derrière cette mince cloison de métal. Qu'est-ce que cela voulait dire ? Est-ce que j'avais mal vu ? Je fronçais les sourcils, troublé et profondément énervé, passant une main sur ma bouche puis sur ma nuque. Quand elle ouvrit en grand la porte pour me présenter à sa nouvelle invité, mon air dur trahissait mon désarroi. Malgré tout, j'accueillais Delilah dans mes bras, la serrant de toutes mes forces, comme pour m'assurer qu'elle soit bien là. "Tu m’as tellement manquée Dorian…je …j’y crois pas t’es vivant…" cachant mon visage dans les cheveux de Delilah je respire son odeur doucement. "Tu m'as manqué aussi petite soeur… j'avais vraiment hâte de te revoir…" Je ne saurais dire ce qui se passait, mais cet instant qui aurait pourtant dû être magique était emplit d'un profond malaise. Delilah toujours dans mes bras, je lève les yeux sur Constance. Je sens mon regard lui crier tout le dégout qu'elle m'inspire.

Les lumières grésillèrent alors quelques longues secondes, je relevais la tête, comme pour flairer un danger imminent. C'est à cet instant précis que la voix de Coin retentit dans les couloirs du district 13 :

"Citoyens du Treize, ici votre présidente. Ceci n'est pas un entraînement. Il vous est demandé de rester calme tout en suivant les instructions suivantes. Tous les membres de l'armée du Treize est demandée et requise au centre de rassemblement. Pour tous les citoyens enfermés dans leurs appartements, merci d'attendre que des agents viennent vous chercher. Vous suivrez toutes leurs indications en temps voulu. Pour ceux dont les portes ne sont pas verrouillés, merci d'attendre que vos étages soient appelés pour vous rendre dans le centre de soins sans attendre. D'autres instructions viendront pour vous tenir au courant."

Je m'immobilise un moment, fronçant les sourcils. Une attaque, c'est bien le moment tiens ! Prenant une longue respiration, je relâche doucement Delilah pour faire face aux deux filles."Ca va aller… faites comme la présidente a dit, restez ici et attendez qu'on évacue cet étage. Je vais au centre de rassemblement." dis-je d'une voix calme. D'un geste machinal, j'ébouriffais doucement les cheveux de ma soeur dans un sourire blême. "On se reverra quand tout sera revenu dans l'ordre. Alors ne faites pas n'importe quoi et suivez bien les ordres, d'accord ?" Dans un dernier regard à ma soeur, évitant soigneusement de regarder Constant, je passais la porte pour rejoindre deux autres soldats du 13 qui passaient non loin. C'était terrible à dire, mais je me sentais presque soulagé de devoir quitter les deux filles.

Alors que j'arpentais les couloir au pas de course, guidant quelques citoyens dans la bonne direction, les questions m'assaillirent, m'empêchant de me concentrer. La scène qui me revenait en mémoire était sacrément déplaisante. Je ne comprenais plus rien. Pourquoi ? Pourquoi celle qui était censée être mon ancienne petite amie venait d'embrasser ma soeur le plus naturellement du monde ? Pourquoi Del s'était-elle laissé faire avant de la repousser ? Pourquoi, alors que je ne me rappelait même pas de Constance, cela m'énervait autant ? Le regard larmoyant de la jeune blonde quelques temps plus tôt ne me semblait être qu'un mensonge. Je n'avais plus vraiment envie de me souvenir, tout compte fait.
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MessageSujet: Re: Long time no see . Constance&Dorian   Jeu 1 Mar - 20:21

Tu as été heureuse un jour. L'idée même de vivre des instants parfaits te donner l'impression que tu l'étais. Alors qu'est-ce qui a changé aujourd'hui ? N'es-tu plus capable d'aimer ? N'es-tu plus capable de sourire, ou de simplement te contenter de regarder le soleil se lever ? Tu ne peux pas l'exprimer, mais les choses ne sont plus telles qu'elles auraient dû être. Le monde te semble dangereux, inconnu, et étrange. Tu vois dans les gens autant d'assassins et de meurtriers. Tu ne comprends plus le monde qui t'entoure. Tu te perds dans les espérances d'une enfant qui est morte. Alors Constance il est temps que tu l'oublie. Il faut que tu l'oublie. A présent tu vas regarder ce futur qui t'effraie tant. Le passé t'a finalement rattrapé et cela ne change rien à la misère de cette vie qui n'a plus aucune finalité. Alors dans ce cas il faut que tout change. Les gens mentent, tout le temps. Tu es douée pour cela. Il ne s'agit plus de mentir à tes parents à présent. Il faut que tu mente au monde entier.

Il est temps que tu devienne forte.



Elle avait fait une erreur et elle allait sans doute en payer les conséquences plus tard. Mais elle n'avait pas pu réprimer l'envie qui naissait en elle, à chaque fois qu'elle se trouvait en présence de Delilah. Elle était tout ce qui lui restait, elle s'était accrochée au souvenir qu'elle avait d'elle pour ne pas sombrer dans la déchéance et la mort. Elle ne pouvait pas simplement renoncer à Delilah, à ce qu'il y avait entre elles, quant bien même elle aurait retrouvé Dorian. Elle était heureuse de le retrouver, et probablement qu'une partie d'elle espérait dés lors que les choses redeviennent comme elles étaient. Mais il l'avait oubliée. Preuve que rien n'était jamais aussi simple dans le monde. Qu'était-elle censée faire ? Certes elle l'aiderait à retrouver la mémoire, elle lui devait bien cela, et étrangement elle ne supportait pas l'idée qu'il n'ait aucun souvenir de ce qu'ils avaient vécu ensemble. Elle avait besoin qu'il se rappelle de ce passé, pour ne pas qu'elle soit la seule à avoir des regrets. Parce qu'elle ne pouvait pas supporter l'idée que cet être ressemble à Dorian sans être parfaitement son Dorian. Cela avait quelque chose de cruel, comme si la vie après lui avoir rendu ce qui avait compté le plus dans sa vie, lui prenait ce qu'il y avait eut de bon en lui. Certes, elle ne disait pas par là que Dorian était un être mauvais sans l'amour qu'il avait pour elle. Mais il n'était pas l'homme gentil, amusant, et surtout rieur qu'il pouvait être. Il redevenait taciturne, violent et terrifiant. Presque inhumain. Elle ne voulait pas laisser ce nouvel être dissiper le souvenir qu'elle avait de lui. Mais que voulait-elle d'autre ?

Alors qu'elle se trouvait dans les bras de Delilah, elle comprenait une chose qui ne lui avait pas semblé si évident jusqu'alors : elle était sa raison de se battre. Delilah était sans nul doute la seule personne en ce monde qui soit capable de la réveiller de sa torpeur. Constance n'avait pas peur pour Dorian. Entre eux, il était bien plus fort qu'elle et de ce fait elle n'avait jamais eu à craindre qu'il lui arrive quoi que ce soit. Mais avec sa disparition, elle s'était rapprochée de Delilah, et durant deux ans, dans le district deux, elle n'avait pu compter que sur elle. Delilah, sa tendre Delilah. Elle n'était pas plus faible que Constance, loin de là, mais elle avait une fragilité en elle, quelque chose qui terrifiait Constance. Qui risquait à tout instant de se briser : l'espérance. Cela pouvait être une bonne chose, sans doute, mais dans les instants les plus horribles cela semblait être presque incongru et même dangereux. Espérer pouvoir vivre lorsqu'en réalité il n'y avait que la mort pour vous étreindre. La mort de l'espérance avait marqué la mort de Constance, dans les jeux. Alors qu'elle avait cessé de se battre. Elle avait sauvé Delilah, elle n'avait plus de raison de se battre. Quel avenir pouvait -elle espérer après cela ? Elle pouvait espérer voir Delilah survivre, trouver quelqu'un, et vivre une vie rude et difficile. Mais vivre, c'était cela le plus important aux yeux de Constance.

Seulement, une fois encore le destin n'avait pas faciliter la tâche et les choses devenaient réellement compliquées. Cela fut prouver lorsque Delilah la repoussa, avant de se jeter dans les bras de son frère. Constance la laissa faire, elle n'avait pas d'autres choix et elle était heureuse de voir son visage s'illuminer de mille couleurs différentes. Elle souriait, rêveuse en voyant les De Massari se retrouver. Elle perdit son sourire lorsque Dorian lui lança un regard glacial. Elle comprit qu'elle avait fait une erreur. Il ne comprenait pas ses actes. Il ne savait pas. Cela faisait trois ans qu'il était parti, il n'avais pas vu la relation de Delilah et Constance changer, devenir plus intimiste et forte. Importante. Il semblait même écœuré. Constance baissa le regard, ne pouvait pas supporter de le voir ainsi : ce regard c'était celui qu'il lui jetait tous les jours lorsqu'elle les regardait du haut de sa tour. Ce regard empli de dégout, de colère et de ressentiment. Ce regard, qu'il réservait à ses ennemis.

Elle trouvait cela injuste, et senti une sourde colère monter en elle, mais elle ne devait pas s'en prendre à lui. Ce n'était pas de sa faute, c'est elle qui avait fait une bêtise. Elle aurait du se contenir, sans doute les laisser seuls pour se retrouver. Mais elle ne voulait plus être seule. Plus jamais. Pauvre sotte. C'est alors que les lumières frémirent et que des clignotements oranges autour d'elle la firent sursauter. Quelque chose se passer. Il faut que je sorte d'ici ! Telle fut sa première penser. Elle qui était claustrophobe et traumatisée. Du regard, elle chercha d'où venait le danger, mais elle ne le vit pas. Elle mit du temps à comprendre. "Citoyens du Treize, ici votre présidente. Ceci n'est pas un entraînement. Il vous est demandé de rester calme tout en suivant les instructions suivantes. Tous les membres de l'armée du Treize est demandée et requise au centre de rassemblement. Pour tous les citoyens enfermés dans leurs appartements, merci d'attendre que des agents viennent vous chercher. Vous suivrez toutes leurs indications en temps voulu. Pour ceux dont les portes ne sont pas verrouillés, merci d'attendre que vos étages soient appelés pour vous rendre dans le centre de soins sans attendre. D'autres instructions viendront pour vous tenir au courant." La voix de la présidente résonnait autour d'elle. Constance ne comprenait pas. Elle n'avait pas dit d'où venait le danger. Alors la jeune femme se contenta pour le moment de retourner dans sa chambre. Lorsque Dorian partit elle comprit ce qu'il se passait. Le choc la laissa immobile, elle ne réagit pas lorsqu'il rejoint les autres au centre d'entrainement. De toute façon, il l'évita soigneusement. Elle se retrouva alors enfermée dans sa chambre alors Delilah. Elle avait peur.

Les souvenirs de l'arène l'assaillirent. C'était une évidence. Elle se tourna vers Delilah, les yeux écarquillés. Elles étaient perdus. LA fine paroi de la porte n'allait pas les protéger de leur ennemi. Pas cette fois. Rien ne pouvait les sauver. “ Du gaz... c'est du gaz... comme dans l'arène... ” Elle se souvenait des hallucinations, de l'envie de vomir constante, du malaise qui l'étreignait, de ce feu qui la consumait, de la peur qui ne la quittait pas. Et de l'oublie, le fait de ne plus être soi-même. Le gaz était une chose abominable. Elle en gardait un souvenir abominable jusqu'au plus profond de sa chaire. Ce gaz qui l'avait rendue folle. Lorsqu'elle était arrivée au District treize, elle avait passé plusieurs mois à l'hôpital à recevoir un sérum spécial pour la sauver des effets mortifères des gaz qui leurs avaient envoyés les juges. Aujourd'hui elle est plus ou moins immunisée... Mais pas Delilah. Constance se tourna vers cette dernière. Elle était pâle. Bien trop pâle. Il ne fallut que quelques secondes à Constance pour comprendre ce qu'il se passait. Elle devait faire vite. Elle prit Delilah par les épaules et lui fit face. “ Bien écoutez moi attentivement. Dans moins de cinq minutes tu vas avoir l'impression que le monde autour de toi n'est que feu et brouillard. Que tout le monde désire te tuer. Tu vas sans doute avoir très soif, et désirer ardemment mourir. Ce ne sera que des illusions Delilah. Tu vas être très malade, mais je vais prendre soin de toi. Viens. ” Elle la saisit par les épaules et - contredisant les ordres de Coin - elle ouvrit sa porte et partie en courant dans les couloirs. L'hôpital n'était pas loin. Elle en prit la directement en espérant que Delilah arriverait à la suivre. Elles étaient seules, entourées des lumières oranges qui clignotaient dans le couloir.

L'ennemi était invisible.

to be continued ...
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