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 WESTBURRY&ESTEED ✗ you better run faster than my bullet

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MessageSujet: WESTBURRY&ESTEED ✗ you better run faster than my bullet   Mer 28 Déc - 20:49

Icare observa son reflet dans l'énorme miroir de sa chambre. Sa musculature soulignée par la coupe parfaite de son smoking noir le rendait toujours aussi fier. Son corps tout entier était musclé et gracieux, élancé et droit. Pas étonnant que tant de filles se retournent sur son passage. Il tourna une fois sur lui-même, vérifiant que chaque détail de sa silhouette soit d'une perfection exemplaire. Il enfila ses chaussures en cuir, directement importées du Capitole, et se regarda une nouvelle fois dans la glace. Elle lui reflétait l'image d'un garçon jeune, fort et beau, qui ferait un gendre idéal, en apparence seulement. « Voici votre cravate, Monsieur. » fit une petite voix derrière lui. Il se retourna, haussant un sourcil narquois. Ce n'était que la bonne qui venait lui apporter la touche ultime. Il lui arracha presque littéralement la cravate des mains, avant de s'essuyer les paumes sur une serviette de bain qui traînait, dégoûté d'avoir touché une pauvre servante sans avenir. Elle devait avoir son âge, un peu moins peut-être, et Icare ne put s'empêcher de se dire qu'une telle personne n'avait pas la classe suffisante pour représenter le district Huit. Ca, non. Il noua négligemment le tissu autour de son cou, avant de rabattre le col de sa chemise blanche dessus. Il passa une main dans ses cheveux. « Comment suis-je, Festina ? » lança-t-il à la bonne qui ramassait en silence les serviettes humides de son jeune maître. Elle se releva lentement, et laissa vagabonder son regard sur le corps parfait d'Icare. Dommage qu'il soit aussi arrogant, pensa Festina. Il pourrait vraiment être le meilleur parti du district. « Cela vous va à ravir, Monsieur. » fit la jeune fille en rougissant, sa peau s'accordant brutalement à ses cheveux roux. Icare remarqua cette réaction stupide de la part de sa servante, et son visage se durcit un peu plus. Comment une telle... chose pouvait-elle se permettre de s'extasier de sa beauté sans le lui dire avec les bons mots ? Il lui aurait suffit de déclarer le trouver formidable, éclatant, impressionnant, superbe. Il jeta un dernier regard à la rousse avant de se concentrer sur son reflet dans le miroir encore une fois. Si d'ordinaire il se trouvait beau, il était ce jour d'une perfection rarement atteinte. Contrairement à tous ses gens du Capitole, il n'avait pas besoin de perruques, de maquillage, de ce type d’imbécillités. Le jeune dégageait quelque chose d'animal, de brusque qui plaisait à beaucoup de ses servantes sans même s'en rendre compte. Autant dire que dans son beau costume, il allait faire forte impression au maire, dont la fille se mariait ce jour-là. La famille Westburry avait reçu un carton d'invitation solennel, qui ravit toute la fratrie. A part Charlie - trop jeune pour y aller, bien évidemment. Sir Westburry s'était fait un plaisir de demander à son voisin - Sir Esteed - la permission pour Icare d'avoir Sofia comme cavalière. Au départ, l'idée l'avait totalement repoussé. Mais si ça pouvait l'aider à humilier un peu plus la jeune fille, soit. Il sentait qu'il allait bien s'amuser. En apparence, il lui suffirait de jouer le gentleman parfait et de descendre littéralement Sofia en privé. Et d'éviter de boire, aussi. L'alcool avait tendance à accroître son côté vantard de façon quasi exponentielle. Icare tourna une dernière fois sur lui-même, avant de rejoindre son père et sa mère en bas. Etonnamment calme, il glissa un billet à Charlie pour qu'elle puisse commander quelque chose à manger et lui fit un au revoir de la main.

Les deux familles ayant convenues de se retrouver devant l'hôtel de ville pour la réception, Icare, son père et sa mère grimpèrent rapidement dans une voiture dernier cri, assez grande pour contenir un minibar à l'arrière. Sur le chemin, le jeune homme prit le temps de détailler son père. La cinquantaine passée, avec des petites rides prouvant l'éreintante réalité de son métier - il était propriétaire de la moitié des boutiques du district Huit et devait vérifier au cas par cas que les loyers étaient bien payés - mais rien de très charismatique. Il se demanda comment diable sa mère avait pu être attirée par lui et enfanter avec lui un fils parfait tel qu'Icare. Peut-être que son grand-père paternel avait de meilleurs gènes, voilà tout. Il resta calme la totalité du trajet, bien qu'il se sentit assez mal lorsque la voiture emprunta des rues passantes, grouillant de centaines de pauvres. Le jeune homme détestait la pauvreté, et le prolétariat. Il espéra qu'aucune personne de rang inférieur à lui ne soit présent à la réception. Enfin, le véhicule se gara et on ouvrit les portes. Icare sortit en premier, jaugeant déjà du regard les tenues des autres invités. Pas de Sofia, ni de membre de la famille Esteed en vue, par contre. Peut-être qu'elle avait eu peur de tomber dans ses bras ? Ou même qu'elle ne savait pas danser, et qu'elle en avait honte ? Il sentit ses lèvres se fendre d'un sourire narquois. Cette soirée promettait d'être intéressante, surtout si la jeune fille finissait par se montrer. Ils rentrèrent tous à l'intérieur de l'hôtel de ville. Icare attrapa une flûte de champagne que lui tendait un serveur - C'est dégueulasse qu'ils soient aussi prêts de notre nourriture, pensa-t-il en vidant son premier verre. Il en prit deux nouvelles lorsqu'il aperçu Sofia qui entrait dans l'énorme salle et lui tendit une coupe. Sir Westburry retrouva son ami tout en commentant l'incroyable complicité qui unissait Sofia et Icare. Ce dernier haussa un sourcil et finit son deuxième verre de champagne cul-sec.

« Pas trop déçue de ne ressembler à pas grand chose avec ta.. robe ? C'est une robe hein ? Pas un chiffon ? » fit-il en se rapprochant de la jeune fille. A vrai dire, il n'avait même pas remarqué ses vêtements. Tout ce qu'il voulait faire, c'était lui vomir toutes les infamies que son esprit tordu pouvait inventer. Il remarqua que son père lui jettait des coups d'oeil insistants sans pouvoir en déchiffrer le message. Il héla un autre serveur et réquisitionna une nouvelle flûte qu'il avala d'une gorgée. Ce n'était que du champagne, mais il avait bien l'intention de ne pas respecter la règle qu'il s'était énoncé - à savoir, pas d'alcool. « Bonjour quand même. » grommela-t-il, se souvenant qu'il était entré directement dans le vif du sujet sans les politesses d'usage. « Le champagne est vraiment mauvais. » fit-il pour lui-même. Est-ce qu'il n'y avait que cela et du crémant à boire ? Après tout, c'était une soirée chez Monsieur le Maire, il devait bien y avoir quelque chose de plus fort à ingurgiter. Il jeta un coup d'oeil à son père, qui avait disparu de la circulation, avant de reporter son attention vers Sofia. « Tiens, j'avais oublié de te dire, mais tu es vraiment une très très mauvaise perdante. » Heureusement que personne ne pouvait les entendre au dessus des conversations bruyantes des autres invités. Ce genre de discussion pouvait facilement déraper et entacher la réputation d'Icare, chose qu'il ne laisserait jamais se produire.
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MessageSujet: Re: WESTBURRY&ESTEED ✗ you better run faster than my bullet   Mer 28 Déc - 23:27

Rien n'était plus apaisant pour la jeune Esteed qu'un bain au lait d'ânesse. Ce n'était pas donné à tout le monde, alors Sofia considérait qu'il était mieux de profiter de ses privilèges. Son corps nu était totalement détendu dans l'immense baignoire de la salle de bains adjacente à sa chambre. Dans plus d'une heure, elle devrait se rendre au mariage de la fille du maire et pour tout dire, cela ne lui plaisait pas particulièrement. Les soirées étaient une perte de temps pour la jeune fille, temps qui aurait pu être consacré à l'étude. Elle rencontrait beaucoup de personnes, qu'elle connaissait ou pas, leur disait bonjour et buvait des flutes de champagne. Parfois, elle arrivait à s'éclipser pour lire dans une pièce dans laquelle personne ne pénétrait, mais cela ne se passerait pas comme ça ce soir. Tout simplement parce qu'elle avait été assignée à un cavalier dans la personne d'Icare. Inutile de dire qu'elle n'avait pas hâte de passer toute une soirée à s'entendre critiquée par le jeune homme, et à l'entendre vanter ses nombreuses qualités. Elle ne lui avait pas exactement parlé depuis qu'il lui avait lancé le défi et la jeune femme s'était cassé la tête à trouver une technique infaillible pour arriver à ses fins. Elle n'avait trouvé que la solution de le blesser dans son amour propre, mais comment était-ce possible ? Il fallait qu'elle creuse, dans son histoire, pour trouver quelque chose qui le ferait craquer. Sofia avait déjà fait un tour dans les archives et avait trouvé plusieurs informations qui ne lui avaient pas semblé intéressantes. Il devait bien y avoir un événement tragique de sa vie dont il ne lui avait pas parlé. Des toc à la porte ouvrirent les paupières de la jeune femme, et sans plus attendre, elle sortit du bain pour s'enrouler dans une serviette. Après avoir enlevé le verrou, elle rejoignit sa chambre pour admirer sa tenue qu'elle avait elle même dessinée. S'il y avait bien un hobbie qui n'avait pas la vocation de lui faire apprendre quelque chose, c'était bien le dessin. Elle avait envoyé ses croquis au Capitole pour obtenir une robe spécialement pour elle, faite avec les matériaux les plus fins. La robe était longue et cintrée, de couleur peau avec des milliers de paillettes diamantées incrustées sur un dessin original. Les escarpins brillaient de mille feux comme les bijoux en pierres précieuses qu'elle accrochait à ses poignets, son cou et ses oreilles. Elle qui portait habituellement ses cheveux lâchés, les fit rassembler en un chignon. Seules deux mèches devant les oreilles étaient lâchées et furent bouclées pour encadrer son visage. Le maquillage qui lui fut apposé ne changeait en rien sa structure faciale déjà parfaite, mais n'avait que pour vocation de faire ressortir le bleu de ses yeux. Ses paupières furent pailletées pour aller avec sa robe. Finalement, elle s'admira une dizaine de minutes dans le miroir, pour être sure que rien ne fut oublié. Elle était tout simplement magnifique, et était sure de faire tomber plusieurs têtes lors de la soirée à laquelle elle assistait. Sofia avait toujours été très coquète et avait fait particulièrement attention à ses tenues, depuis son plus jeune âge. Cela faisait maintenant trois ans qu'elle dessinait elle même ses tenues les plus élaborées, mais jamais elle ne dessinerait pour les autres. Ils ne le valaient pas.

Sofia eut juste le temps de lire quelques 586 mots d'un ouvrage de psychologie avant de se faire dépêcher par sa famille pour descendre jusqu'à la voiture. Elle embarqua dans une longue voiture blanche qui parcourut bientôt les rues mal façonnées du district huit. Sofia ne prit pas la peine de regarder par les fenêtres, elle n'avait aucune envie de voir la pauvreté aux alentours. Pourquoi devaient-ils passer par là ? C'était tout simplement absurde. Finalement après un moment, la voiture s'arrêta et un portier l'aida à sortir. Elle fit de son mieux pour paraître la plus gracieuse possible alors qu'elle sortait et avançait vers le bâtiment éclairé. Si la stratégie de certaines filles de la haute société était d'adresser des sourires à tout le monde pour se faire voir, Sofia adoptait la méthode opposée. Elle ressemblait à une reine des glaces, parfaitement stoïque, droite, sans une expression. La jeune femme marcha lentement vers la porte et entrais dans la salle principale. Le bruit des discussions en cours lui agressa les oreilles et elle fit de son possible pour ne pas les couvrir. Rapidement, elle fit un tour de la pièce et repéra Icare, en train de noyer son désespoir dans le champagne. Un demi sourire prit place sur son visage alors qu'elle s'avançait vers son vieil « ami ». Elle savait combien il s'aggravait lorsqu'il buvait, et devenait clairement exécrable. Elle devrait le supporter, malheureusement. Tout ce qu'elle avait à faire, c'était rester en public, vue et écoutée, pour qu'il ne dérape pas. En la voyant, Icare daigna lui donner une coupe de champagne de laquelle elle avala un doigt. Sa remarque sur sa tenue ne lui fit absolument rien, puisqu'il n'avait même pas jeté un œil à ce qu'elle portait. Toute la salle serait d'un avis contraire au sien, tellement sa tenue était au comble de la magnificence. Sofia n'était pas assez immature pour répliquer avec une remarque sur son smoking, de toute façon, il ressemblait à tous ceux que portaient les autres hommes dans la salle. Quelle originalité. De ce côté là, elle n'enviait pas du tout les hommes. D'un œil, elle l'observa s'enfiler une nouvelle flute et ne put s'empêcher de rire intérieurement, mais bien entendu, de manière sarcastique. Et la soirée n'avait que commencé.

« Si tu le dis, Icare. » Sofia prit une autre gorgée de champagne avant de poser sa flute sur le buffet. Elle n'avait jamais osé boire beaucoup d'alcool, tout simplement parce que l'idée d'être simplement quelque peu pompette la répugnait. Son regard se posa alors sur le couple Westburry qui observait Icare et Sofia d'un peu plus loin. La jeune femme n'était pas idiote : elle savait qu'au moins les trois quart de la salle s'attendaient à ce qu'ils s'annoncent en couple, fiancés ou même déjà mariés dans très peu de temps. Ses parents seraient tellement heureux si elle leur annonçait un quelconque semblant de relation avec Icare. Cela n'arriverait jamais, bien évidemment. L'idée même de passer une nuit de noces avec le monstre qui se trouvait à ses côtés lui donnait des frissons dans le dos. « Bonsoir Sofia, je suis ravi de te voir ici en la compagnie de mon fils. » La jeune femme adressa un sourire poli au père d'Icare avant de prendre la main du jeune homme dans la sienne. Sa prise se fit forte pour ne pas qu'il ait l'idée de s'en dégager : de toute façon, elle ne penserait pas qu'il oserait devant tous ces invités, et sa famille. « J'en suis également ravie. Après tout, je n'aurais pu avoir meilleur cavalier. » Sofia tourna la tête vers Icare et lui embrassa la joue. Se jouer de lui devant son géniteur était d'une jouissance extrême pour la jeune femme. Soudainement, le temps de la danse fut apparemment annoncé, puisque les différents couples invités se dirigèrent vers le centre de la salle. « Je suis désolée Mr Westburry mais je me dois de réquisitionner votre fils pour une danse. Icare ? » Sans attendre sa réponse, Sofia le tira par la main jusqu'au centre de la salle avant d'entourer son cou avec son autre bas libre. Ils étaient donc prêts pour danser la valse, quelque chose que Sofia maitrisait à la perfection. Elle avait pris des cours de danse pour connaître à peu près tout ce qui se faisait en la matière. Sa grâce et son maintien était inné. Son regard rencontra celui d'Icare et elle affichait un sourire qui, de loin, pouvait paraître totalement celui d'une adolescente amoureuse béate. « Que fais-tu si j'annonce nos fiançailles à tes parents ? »
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MessageSujet: Re: WESTBURRY&ESTEED ✗ you better run faster than my bullet   Jeu 29 Déc - 14:09

Icare en était déjà à sa quatrième coupe de champagne lorsque ses parents se dirigèrent vers lui et Sofia. Il mit automatiquement ses bras croisés sur sa poitrine, tenant un verre qui menaçait de tomber d'une main. Dès que son père voulait lui parler, il prenait cette attitude défensive qui généralement le dissuadait d'ouvrir la bouche. Ils entretenaient une relation conflictuelle, dans le sens que Sir Westburry ne s'occupait que très peu de son fils, et que ce dernier ne ressentait rien d'autre que de la honte envers son géniteur. Les rares conversations qu'ils avaient dérapaient en hurlements qui mettaient le foyer sans dessus dessous. Ainsi, on voyait son père arriver vers lui, Icare était quasiment certain qu'il s'apprêtait à le critiquer, et lui-même - ayant déjà certainement plus bu que ses parents et ceux de Sofia réunis - était prêt à se défendre. Il haussa un sourcil lorsque son père présenta ses salutations à la jeune fille, et se retint de la baffer lorsqu'elle glissa sa main dans la sienne. Il ne voulait aucun contact avec elle, et elle se mettait à lui prendre la main devant ses propres parents ? Icare se força à sourire, serrant les dents. Quelle bonne menteuse faisait Sofia ! Il sentit ses lèvres se pincer lorsqu'elle embrassa sa joue fraîchement rasée. Ne pas lui faire le plaisir de la repousser, ne pas lui faire ce plaisir, se répétait Icare, son sourire se crispant. Heureusement, il comprit qu'il était l'heure de danser, et il se détendit un peu. Il faillit se dégager de Sofia, mais il se rappela qu'il était censé être son cavalier, et donc qu'il allait devoir danser avec elle toute la soirée. Elle l'entraîna au centre de la salle et posa un bras autour de son cou. Icare ne comprit pas immédiatement qu'ils devaient valser, mais se reprit bien vite. Il n'avait pas l'intention de laisser paraître une seule chose qui pourrait entacher sa belle réputation de gendre parfait. Si Sofia maîtrisait la valse à la perfection, Icare ne s'en tirait pas trop mal non plus, bien que ses mouvements se faisaient assez hésitants au départ. Ils devaient être le couple le mieux assorti de la salle, volant la vedette même aux jeunes mariés. Ils étaient la représentation parfaite de la bourgeoise - jeunes, beaux, forts, intelligents et riches - et le jeune homme se délectait de savoir que tout le monde avait les yeux rivés vers lui. A l'expression facile stupide de Sofia, il répondit par un sourire bienveillant, bien entendu feint. De plus près, on pouvait bien voir qu'il faisait plus peur qu'autre chose. « Oh, c'est simple. » Il l'enlaça un peu plus, et entendit les soupirs de contemplation de quelques invitées sans partenaire, assises juste à côté du buffet. « J'approuverais, on se marierait et je ferais de ta vie un enfer jusqu'à ce que tu te décides à crever. » fit-il en l'emportant progressivement vers la droite, dégageant le centre aux jeunes mariés. Chacun son quart d'heure de gloire. Plus tard dans la soirée, lui et Sofia allaient avoir tout le temps d'en mettre plein la vue aux invités. Icare lança un grand sourire au maire qui les fixait intensément. « Enfin, de toute façon, c'est pas comme si tu allais mourir pendant les prochains Jeux. Je n'aurais pas à te supporter très longtemps. Je peux tenir. » ajouta-t-il avec un grand sourire.

Le rythme s'accéléra, et quelques couples quittèrent la piste, n'arrivant plus à suivre la musique. Icare les contempla. Tous se dirigeaient vers le buffet où les serveurs venaient de disposer des alcools plus forts. Il hésita un instant à stopper la valse et à aller se ravitailler, mais sa conduite aurait sans doute fait un scandale. Il soupira et reporta son attention sur Sofia. Si elle avait été un peu plus joviale, du genre à s'amuser comme lui, si elle un peu plus jolie - et surtout si elle ne tentait pas de lui faire croire qu'elle allait gagner les Jeux - il aurait très bien pu la trouver à son goût. Mais elle n'était que cette petite stupide fille pourrie gâtée qu'il ne pouvait que détester. Dommage. Au bout d'une dizaine de longues et douloureuses minutes - l'alcool et les rotations donnant le tournis à Icare, il était sur le point de vomir - la musique s'arrêta progressivement, pour laisser l'orchestre entamer un tango. Le jeune homme ajusta sa position, laissant sa main dans le bas du dos de sa partenaire. Encore une vague de danseurs peu expérimentés quittèrent la piste, ne laissant plus que les invités les plus doués, à savoir une vingtaine de couples. Le tango convenait bien plus à Icare, qui guidait Sofia - bien qu'elle s'en sorte admirablement bien - avec doigté, et si l'on regardait le couple, on ne pouvait pas le remarquer. Ses bras ne bougeaient presque pas, et c'était en réalité son buste, le poids de son corps tout entier qui se chargeait de cela. Il n'avait même pas à réfléchir aux pas, il les ressentait, les vivait. Leurs mouvements s'accordaient sans même qu'ils ne s'en rendent compte, leurs corps se serraient l'un contre l'autre avant de se détacher, et ils multipliaient les gestes avec spontanéité. Ni lui, ni Sofia ne parlait et cela convenait parfaitement au jeune homme. Avec sa stupidité à toute épreuve, elle aurait sans doute briser ce moment sympa - c'était la première fois qu'ils travaillaient ensemble sans se crier dessus, sans se critiquer ou sans se jeter des défis. Il ne remarqua pas que la moitié des danseurs restants ralentissaient pour jeter des petits coups d'oeil à leurs mouvements, tentant de les copier, sans succès.

Après avoir moult fois fait tourner Sofia et avoir effectué quelques portées, il prit la décision de s'arrêter, et l'orchestre acheva le morceau rapidement. Tenant toujours Sofia par la main, il se dirigea vers le buffet et s'enfila deux coupes de champagne en douce, avant que le père de la jeune femme ne les rejoigne. « Vous êtes un excellent danseur, Icare. » fit-il, enlaçant sa femme par la taille. Le jeune Westburry hésita un instant, avant de prendre son plus beau sourire et d'enlacer à son tour Sofia. « Il faut dire que danser avec votre fille est un plaisir. Je suis très heureux d'être ici. C'est une merveilleuse réception, et un beau moyen de nous familiariser avec le mariage... » lança-t-il, prenant un air émerveillé. Icare était un très bon menteur et arrivait très bien à incarner le personnage qu'il était censé être aux yeux des Esteed. La mère de Sofia gloussa. « J'espère que Monsieur le Maire nous laissera prendre la parole. Nous avons une annonce importante à faire passer, et qui, je crois, va ravir tous les invités. » ajouta-t-il d'un ton confidentiel. Icare préférait largement couper l'herbe sous le pied de Sofia plutôt que de la laisser se jouer de lui. Il loucha un instant sur la flûte que Sir Esteed tenait, avant de se reprendre et d'adresser le regard le plus amoureux qu'il ne le pouvait à la jeune femme qu'il enlaçait. Les deux jeunes mariés félicitèrent à leur tour Sofia et Icare pour la qualité de leur prestation, ainsi que trois autres couples qu'il ne connaissait même pas. Voilà une soirée qui promettait d'être amusante.
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MessageSujet: Re: WESTBURRY&ESTEED ✗ you better run faster than my bullet   Ven 30 Déc - 21:17

Sofia ressentait rarement du plaisir, ou de la joie. Elle ne ressentait que la sensation d'accomplissement, la fierté. Étudier ne lui plaisait pas particulièrement, mais elle s'y obligeait. La vie n'était pas faite pour s'amuser : il n'y avait pas assez de temps pour cela. Il fallait remplir sa tête, avant tout, et la jeune femme avait tout fait pour cela depuis qu'elle en était capable. Mais en ce moment où elle ne pouvait pas s'éclipser pour apprendre quoi que ce soit, embêter Icare lui faisait ressentir un plaisir surement malsain. Est-ce que toute leur vie serait comme cela, à s'embêter jusqu'à ce qu'un des deux en périsse ? Sofia se dit que lorsqu'elle tuerait Icare aux jeux, elle perdrait un très bon compagnon. Après tout, même s'ils se détestaient, ils passaient le plus clair de leur temps ensemble. Leurs parents faisaient tout pour approuver cette conduite de toute façon, et à ce point là, ils ne pourraient pas arrêter de se voir.

Le sourire d'Icare lui faisait peur. Ne pouvait-il pas faire plus d'efforts ? Mais elle était curieuse d'entendre sa réponse. Sofia ne put s'empêcher de rire doucement à sa réponse : elle se sentait bien plus capable de faire de sa vie un enfer que lui. Elle ne se laissait atteindre par rien, et ce n'était pas aujourd'hui que quelqu'un allait être l'exception à la règle. Il fit allusion à sa mort dans les jeux et Sofia se tut, puisqu'elle n'avait aucun besoin de se rassurer en disant de telles choses. Elle était sure d'elle même et de ses capacités, au contraire de ce qu'elle pensait d'Icare.

Sofia devait l'avouer, elle n'avait jamais trouvé un meilleur partenaire de danse qu'Icare. Sa technique était moins bonne et travaillée que la sienne, mais il savait la mener avec force et ingénuité. Sans avoir besoin de tourner le regard, la jeune femme savait que tous les yeux étaient rivés sur eux et qu'ils volaient la vedette. Les couples partaient de la piste de danse les uns après les autres, fatigués de trop essayer. Ils n'en avaient pas besoin, eux. Pas de geste inutile. De plus, avec les années d'entrainement, ils possédaient une endurance à toute épreuve. Au bout d'un moment, la musique changea pour un tango, danse que Sofia aimait moins, mais qu'elle maitrisait tout autant. Elle pensait avec amusement à toutes les donzelles qui tueraient pour être à sa place, collée contre le corps musclé d'Icare. Loin de toutes ces futilités, elle ne ressentait rien à cause de la proximité de leurs corps. Sofia s'était toujours trouvée au dessus des pulsions naturelles du corps humain, se trouvant au dessus de tout cela. Bien sur elle procréerait, mais cela s'arrêterait là. L'acte sexuel lui semblait si bestial et dénué de classe. Elle arrivait à trouver des hommes beaux, grâce à leurs proportions et structures, mais elle ne ressentait pas d'attirance ou quoi que ce soit. Comme si elle avait été mal faite, à la naissance. Tout ce qu'elle pensait, c'était être part d'une espèce supérieure.

Finalement, ils quittèrent la piste pour retourner vers le buffet. Elle observa, amusée, Icare avaler rapidement un peu plus de champagne et espérait qu'il s'arrête à un moment ou à un autre. Ce furent les parents de la jeune Sofia qui vinrent à leur tour leur parler et Sofia observa Icare revêtir son masque de gendre parfait et amoureux. Son poing se serra en comprenant son intention. Elle n'avait pas réellement prévu de faire ce qu'elle lui avait dit, et voilà maintenant qu'il sous entendait l'annoncer lui même ? Sofia ne se marierait jamais à Icare. Mais tant qu'à faire, elle préférait l'annoncer en premier. Gardant un sourire angélique, elle supporta le défilé de couples venant les féliciter. Une fois qu'ils furent à peu près seuls et tranquilles, elle se tourna vers le jeune homme. « Que le spectacle commence. »

Sans plus attendre, la jeune femme se dirigea vers l'estrade où se tenait le groupe et demanda gentiment de prendre la parole dans le micro pour faire une annonce. Sofia tapa plusieurs fois dans le micro pour avoir l'attention de tout le monde et prit son plus beau sourire. « Bonsoirs, mesdames, mesdemoiselles et messieurs. En excluant ceux qui ont été entrainés de force dans cette soirée sans demander en quel honneur, nous savons à peu près tous pourquoi nous sommes présents aujourd'hui. Pour célébrer l'union de deux personnes qui n'auraient pas pu mieux se trouver. Certains pensent surement que cette union se fait vite, mais pourquoi attendre ? Lorsqu'on a trouvé la bonne personne, on le sait. » Sofia adressa un regard long à Icare pour attirer l'attention de la foule sur ses intentions. « Le mariage est un événement propice aux sourires et pleurs de joie. Cela représente la célébration de l'amour à son point ultime, et je connais quelque chose à propos de ce sentiment. » Elle marqua un silence, laissant le temps l'assemblée de chuchoter à propos d'Icare et de lui adresser des regards poussés. « Mon père m'a raconté que, lorsque j'ai rencontré Icare pour la première fois, nous nous étions battus et avions fait ensuite notre première nuit complète. Nous n'avions que quelques mois, bien entendu. Et à partir de là, nos parents décidèrent de nous faire dormir l'un à côté de l'autre ce qui leur permettait d'avoir un peu de repos. » Feignant d'être émue, Sofia baissa le regard pour le relever ensuite, les larmes aux yeux. Son jeu était plus que convaincant. « Je peux dire que .. du plus loin que je me souvienne, j'ai toujours été amoureuse d'Icare. Vous me direz, qui ne l'est pas ? » Son regard se dirigea vers celui du garçon, pour l'observer dans les yeux. Intérieurement, sa jouissance était extrême. « Lorsque nous avions sept ans, il m'a offert cette bague. Surement volée dans le tiroir à bijoux de sa mère. » Elle leva sa main pour montrer le diamant qu'elle portait au doigt. Bien entendu, ce n'était pas Icare qui le lui avait offert. « Et il me demanda d'être sa femme, lorsque nous serions grands. Et aujourd'hui, nous le sommes, non ? » Son regard balaya la salle, une seule larme coula sur sa joue. « Nous allons nous marier. »
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MessageSujet: Re: WESTBURRY&ESTEED ✗ you better run faster than my bullet   Ven 30 Déc - 22:42

Plus il buvait, plus Icare appréciait la compagnie de Sofia. L'alcool lui permettait d'oublier à quel point il ne supportait pas la jeune femme, ainsi que les Jeux prochains, et toutes ces petites choses qui le rendaient d'ordinaire si froid et si mauvais. Tout lui semblait plus beau une fois qu'il avait bu la dose idéale. Et il ne l'avait pas encore atteinte. Entre chaque couple qui les félicitait, il attrapa un verre - peu importait le contenu - et le vidait nonchalement, comme si ce n'était que de l'eau. Cela allait du simple champagne au rhum le plus fort du district Huit, et à chaque fois, il avait le liquide cul-sec. Il avait entendu par il ne savait qui que cette méthode permettait de devenir saoul plus vite, et il avait finalement l'occasion de le tester. Il sentait déjà ses joues devenir rouges et sa température grimper en flèche. Parfait. Dans cet état, il n'avait plus à mesurer l'ampleur de ses paroles. Sofia avait dû bien comprendre qu'Icare planifiait la plus grosse bêtise de son existence, et quand il la vit la jeune femme se diriger vers l'estrade, il ne put s'empêcher de sourire béatement. Elle était jolie quand même. Si elle était un peu moins froide, il était sûr qu'il aurait pu bien l'aimer. Et même devenir ami avec elle. Bon, peut-être pas, en fait. Elle grimpa sur l'estrade pendant qu'Icare finissait un enième verre et qu'il s'appuyait contre le buffet pour ne pas tomber. Si il appréciait être dans cet état, pas sûr que ses parents ne le soient eux aussi, il devait donc garder une certaine contenance. Mais difficile de garder un air sobre dans ces conditions-là. Sofia commença un discours dont il ne comprit pas grand chose, mais elle devait parler de lui, sans doute. Beaucoup de personnes se retournaient vers lui, avec des grands sourires attendris. Il n'en connaissait pas la moitié, mais se fit violence pour garder une expression douce et bienveillante. Elle continua de blablater pendant quelques instants, montrant sa main gauche à tout le monde - peut-être qu'elle s'est coupée le doigt, pensa-t-il en tentant de ne pas glousser stupidement. Le reste du discours entra par une oreille et sortit par l'autre. De toute façon, il s'en fichait. Tant qu'il avait sa boisson... Mais il ne comprit qu'une seule phrase dans tout ce ramassi de stupidités. Qu'ils allaient se marier, lui et Sofia. Il recracha par le nez toute une coupe de champagne qu'il venait d'avaler. Quoi?!

Même si il n'était pas tout à fait sobre, il avait bien compris ce qu'elle venait de dire. Il toussa un peu alors qu'une salve d'applaudissements traversait la salle. Il releva la tête, déboussolé, se sentant comme un lapin pris dans les phares d'une voiture. Sa mère s'était mise à pleurer et son père à bomber le torse, fier de l'initiative du couple - est-ce qu'ils en étaient vraiment un ? - et heureux à l'idée de voir les familles Westburry et Esteed liées à jamais. Icare faillit tourner de l'oeil. Maintenant, il ne pouvait plus faire machine arrière. Super. Il passa une main sur son front - constatant qu'il suait à grosses gouttes froides - et tenta un sourire. Vite. Reprendre contenance, sembler heureux de tout ça. Il prit une grande inspiration, posa son verre sur le buffet et se dirigea vers l'estrade à son tour, fendant la foule. Des mains encourageantes se posaient sur son dos et il se sentit sur le point de vomir. Tous ces contacts... Un frisson lui parcourut l'échine, mais il arriva à se contenir et à monter rejoindre Sofia. Il l'enlaça par la taille lentement, prenant le masque le plus amoureux qu'il pouvait. Il se sentait déjà stupide, alors autant en rajouter une couche. Il prit le micro des mains de la jeune fille et fit un sourire doux à l'assemblée. « Tout d'abord, félicitations aux mariés... » lança-t-il en désignant la fille du maire et son époux. « Et oui, en effet, nous avons pris la décision de nous marier, et nous avons trouvé cette réception un excellent moment pour le déclarer. » Sa main qui tenait le micro tremblait un peu à cause de l'alcool. « Je suis amoureux de Sofia depuis ma plus tendre enfance. Elle a mis un peu de temps à m'accepter comme plus qu'un ami, mais l'attente en valait la chandelle. A présent, je comprends les raisons qui poussent au mariage. L'envie de passer le restant de sa vie avec son âme soeur, et de fonder la plus belle famille qui soit. » Ses ongles rentraient légèrement dans la robe de Sofia, comme pour s'y accrocher. Il ne tenait pas tellement debout et sans elle, il se serait écroulé comme un ivrogne. « Je souhaiterai féliciter les mariés de ce jour pour avoir réussi à trouver le même équilibre que moi et Sofia. C'est tellement rare de nos jours, avec cette vulgarisation de l'amour... Je suis heureux d'être présent ici pour honorer l'union de deux personnes parfaites l'une pour l'autre. Félicitations. » répéta-t-il avec un sourire bienveillant.

Et puis, il sentit que c'était le dernier moment pour enfoncer le clou. Dès qu'ils quitteraient l'estrade, on allait venir de toute part les congratuler, réserver son invitation, et tant d'autres choses qui allaient le rendre malade. Alors, Icare se retourna vers Sofia, l'enlaçant un peu plus et se pencha vers elle, posant ses lèvres sur les siennes. Il ne s’embarrassa pas de la galanterie ou de ce type d’imbécillité et prit son menton d'une main, l'embrassant plus fougueusement. Il ferma les yeux pour rendre cet instant plus crédible, priant le ciel pour que Sofia en fasse de même. Il détestait le goût sucré de sa bouche. Ca lui semblait tellement vulgaire, tellement faux qu'il réprima un haut-le-coeur et se détacha d'elle, prenant sa main, alors que la foule applaudissait à tout rompre, comme si ils étaient tous à un spectacle. Un spectacle. Voilà ce que Icare se répétait pour ne pas se mettre à péter un plomb. Il avait tellement pris sur lui-même qu'il avait l'impression qu'il allait imploser. « Nous n'allons pas prendre la parole plus longtemps. » fit-il en descendant de l'estrade, tenant toujours fermement la main de Sofia. Ils arrivèrent à semer quelques couples - dont leurs parents respectifs - en entrant dans une salle réservée au personnel. Icare fit rentrer la jeune fille à l'intérieur, avant de fermer la porte à clé. Il attendit quelques instants, avant de s'énerver. « T'es vraiment encore plus idiote que ce que je pensais. » lança-t-il, furieux. Il acceptait - enfin, supportait - les défis, les actions idiotes, mais là, elle avait tiré le gros lot. Elle l'avait privé de sa liberté, et ça, il ne pouvait pas l'admettre. « T'es vraiment la pire des catins. » rajouta-t-il, manquant d'utiliser un mot bien plus vulgaire. « Je vais vraiment te tuer. »
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MessageSujet: Re: WESTBURRY&ESTEED ✗ you better run faster than my bullet   Sam 31 Déc - 0:19

Sofia n'avait pas de mal à s'empêcher de rire aux éclats -ce n'était pas dans son habitude de s'épancher-, mais en avais beaucoup à garder un sourire qui semblait convaincant et amoureux. Elle avait envie de se moquer d'Icare qui avait l'air complètement saoul et abasourdi pour une seconde, avant qu'il ne revête son masque d'amoureux transi. Elle l'admirait pour ses capacités à mentir, sur ce côté là, ils étaient plus ou moins égaux. Elle l'observa s'avancer vers l'estrade avec du mal, elle voyait bien qu'il ne se déplaçait pas comme d'habitude, et ne le quitta pas des yeux alors qu'il lui prit le micro des mains. Sofia fit semblant de le regarder admirative, amoureuse, les larmes coulant sur ses joues. Bien entendu, le maquillage avait été acheté pour ne pas pouvoir couler avec l'eau, sinon, elle n'aurait jamais montré autant de sentiments qui auraient pu la rendre moche comme un pou. Sofia remarqua ses mains tremblantes mais ne dit rien, ce n'était pas le moment. Très observatrice et sachant comment Icare se comportait habituellement, elle avait bien remarqué qu'il n'avait pas qu'un peu d'alcool dans le nez. Il réussit à articuler un mini discours amplement suffisant pour faire pleurer la salle tandis que Sofia gardait son attitude d'idiote. Icare lui enfonçait les ongles dans la taille et elle ignorait s'il faisait cela pour se venger ou tout simplement pour ne pas tomber par terre. En tout cas, elle dû lutter pour ne pas le frapper. Finalement, il finit par un félicitations et Sofia se dit que c'était le moment : le moment du baiser que tout le monde attendait. Icare n'était pas stupide, il savait que c'était ce que tout le monde attendait. Après tout, personne ne les avait jamais vus s'embrasser, tout simplement parce que cela n'était jamais arrivé. Icare se pencha vers elle et Sofia eut le temps d'analyser sa structure faciale et ses traits, se disant qu'il était vraiment bien proportionné pour un homme avant de fermer les yeux et de s'abandonner au baiser. Connaissant Icare, ce n'était pas totalement chaste et elle dû se retenir de le gifler. Mais passé cette colère primaire, il y avait quelque chose qu'elle n'arrivait pas à analyser. Sofia n'arrivait pas à mettre le doigt dessus, elle qui connaissait tout. Elle sentit ses joues chauffer et fut sure qu'elles étaient colorées de rouge. Elle, qui était la pâleur blafarde incarnée, et à toute épreuve. Lorsqu'il se retira, elle dû cligner plusieurs fois des paupières pour reprendre ses esprits avant de se tourner vers la foule avec un sourire. Sofia essayait désespérément de ne pas prêter attention à son corps qui s'était affolé sans aucune raison apparente. Surement à cause de l'inconnu. Tout le monde a peur de l'inconnu. Se dit-elle.

Tout se passa ensuite très vite. Elle sentit Icare la tirer hors de la foule jusqu'à ce que le silence règne, dans une pièce apparemment fermée à clé. Sofia releva alors la tête pour observer le jeune garçon qui n'avait pas l'air content, pas l'air content du tout. Elle, était encore un peu sous le choc et dû secouer la tête pour perdre son air perdue et reprendre son air froid. Elle écouta, stoïque, Icare l'insulter et lui dire des horreurs. Enfin bon, elle n'en avait pas attendu moins de sa part.

« Ne m'insulte pas, tu ne peux pas nier l'évidence. C'était un coup de génie. » Elle se perdit quelques secondes dans la contemplation du visage d'Icare qui lui semblait avoir changé, mais cela ne devait être que l'alcool qui lui avait rougi les joues. Rien de plus, c'était ce qu'elle se disait en vain. Sofia prit une grande inspiration et détourna le regard pour ne pas se laisser distraire. Elle ne cessait de repenser à la sensation nouvelle des lèvres du jeune homme sur les siennes, et voulait absolument que cette image quitte son cerveau. Cela ne lui ressemblait pas, de penser au passé. Toujours penser au futur. « Et puis je dois toujours gagner mon défi, tu te rappelles ? Il faut bien que je trouve des moyens de t'obliger à passer du temps en ma compagnie. Tu serais capable de déménager au Capitole pour m'échapper et alors, qu'est-ce que j'aurais ? Je veux savourer ma victoire quand elle arrivera. » Sofia lissa les pans de sa robe calmement. Elle qui n'avait jamais ressenti la moindre gêne à être seule avec Icare commençait à ressentir une certaine envie de sortir de cette pièce. « Lors de nos prochains baisers, je te prierai de ne pas t'emporter de cette manière. Je sais que ça doit être dur de te contrôler près de moi, mais tout de même » dit-elle sarcastiquement. Elle était persuadée qu'Icare n'avait pas apprécié une milliseconde de tout cet acte sur l'estrade, elle le connaissait bien assez bien.

« Vois ça du bon côté. Tu m'auras moi, et tu sais que jamais nous ne nous mentons. Je dois bien être la seule personne honnête de ton entourage. » Elle releva la tête, réalisant soudain qu'elle pouvait s'appuyer sur des faits totalement inventés et impossibles à prouver pour essayer de l'atteindre. Quoi de plus parfait ? Sofia observa le physique d'Icare, essayant de le comparer à sa mère et son père. Et quelque chose la frappa. « Icare, ton père a les lobes d'oreille pendants. Ta mère non. Et toi non plus. » Elle fronça les sourcils. Il était impossible qu'il soit le fils de ses parents. Avait-il était adopté ? Ou alors, sa mère était bien sa mère. Mais son père, non. « Es-tu familier avec la génétique ? Le gêne des lobes pendants est dominant. Donc, les lobes collés sont récessifs, il est .. tout bonnement impossible que tes deux parents soient tes vrais parents étant donné que ton père a les lobes pendants. Je ne sais pas si ta mère est ta vraie mère mais en tout cas, ton père ne l'est pas. » Elle écarquilla légèrement les yeux, réalisant l'ampleur de ses paroles. « Je suis désolée .. »
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MessageSujet: Re: WESTBURRY&ESTEED ✗ you better run faster than my bullet   Sam 31 Déc - 18:27

Un coup de génie, vraiment ? Icare sentit une nouvelle vague de fureur l'atteindre, encore plus dévastatrice et incontrôlable que toutes celles qu'il avait pu ressentir auparavant. Pourtant, il s'efforça de se calmer, se collant contre la porte et plaquant ses bras bien contre son torse, si bien que ses avants-bras lui rentraient dans les côtés douloureusement. Au moins, ça l'empêchait de tomber ou de gifler Sofia. Il respira par de longues inspirations et expirations, mais cela ne changeait rien au fait qu'il était toujours terriblement en colère contre la jeune femme. Elle parla du défi et Icare ne put s'empêcher de vouloir vomir. Après ce coup qu'elle venait de lui faire, il n'allait jamais tomber amoureux d'elle, ça non. Un rictus dégoûté et écoeuré se plaça sur ses lèvres tandis qu'elle critiqua la manière dont il embrassait. Tout ça parce qu'il devait être son premier baiser et qu'elle ne comprenait pas ce qu'elle devait faire. C'était lui qui avait dû faire tout le travail, et s'était contentée de rester là, sur l'estrade, comme une potiche. Pas étonnant qu'il n'en découle aucun plaisir. Même lorsqu'Icare avait embrassé une autre fille riche de son âge du quartier - une adolescente coincée mais mignonne - il en avait plus profité. Il s'efforça d'avaler sa salive, pinçant les lèvres. Evidemment que Sofia ne lui mentait jamais. Les mensonges n'existent que pour ne pas blesser l'autre, et puisqu'elle s'en fichait royalement de lui, elle lui avait toujours dit la vérité. Il la vit relever la tête pour l'observer. Autant, lorsque c'était une autre fille qui le regardait ainsi, il appréciait, mais dès qu'il s'agissait de Sofia, il était révulsé. Parce qu'il savait que c'était seulement pour trouver le plus truc qui cloche, et cela l'énervait plus que tout. Elle se mit à divaguer sur ses lobes d'oreille, sans qu'il ne comprenne quoi que ce soit. La génétique, il s'en fichait royalement. Ce n'était pas ça qui allait lui faire remporter les Jeux de la Faim, et quelques notions de base lui suffisaient largement. Autant dire que dans tout ce charabia, il ne retint qu'une seule chose. Que son père n'était pas son vrai géniteur. Icare fronça les sourcils, confus, et pas à cause de l'alcool. Il ne pouvait pas - il ne voulait pas y croire. Cela devait être juste une stratégie de Sofia pour le faire se remettre en question, voilà tout. Mais il avait beau se dire ça, une part en lui lui répétait qu'elle avait raison. Comme toujours. Il essuya ses mains moites sur son pantalon avant de les placer dans les poches latérales de son smoking. Il inspira un grand coup, avant de prendre un air narquois. Ce qui n'était pas difficile. En présence de la jeune femme, il n'avait pas réellement à se forcer pour adopter une telle conduite. Faire semblant de l'apprécier était bien plus dur. « Aaaah... La génétique. » lança-t-il en riant doucement.

« Discipline ou il y a toujours une part de mystère. Tu devrais le savoir, après tout, tes deux parents sont beaux et ils t'ont créé toi. Un mélange pas terrible. Je porterais plainte, à ta place, pour avoir ruiné ta vie en te donnant ce visage-là. » Objectivement, Sofia n'était pas moche du tout. Au contraire. Icare avait beau la détester de toutes ses forces, il devait bien avouer qu'elle était probablement la plus belle fille du district huit. Mais pendant toute sa vie, il lui avait répété à quel point il la trouvait hideuse, et ne pouvait donc pas faire machine arrière. Dans un effort de coordination surhumain, le jeune homme se mit à marcher afin de rejoindre une table à l'autre bout de la petite pièce. Il grimpa dessus, n'arrivant plus tellement à tenir debout, et se cala bien contre le mur pour rester droit. Il desserra sa cravate, sentant la fièvre monter en lui. Il essuya une grosse goutte de sueur froide sur son front. Maintenant que Sofia lui avait dit ça, il ne pouvait que comprendre la réaction de sa mère. Quand il lui demandait où était son père. De qui il tenait son côté longiligne - même Charlie, à quatorze ans, avait le même embonpoint que Sir Westburry, et même sa mère, dans ses jeunes années, avait des bras pleins et charnus. Et les quelques dizaines d'autres petits signes qui lui étaient passés sous le nez au fil des années. Icare se mit à fixer le sol, le coeur battant, alors que dans sa tête, des connexions se faisaient. Et il se sentit devenir un petit garçon perdu qu'il n'avait jamais été. Si Sir Westburry n'était pas son père, alors Charlie n'était pas sa soeur. Et où était son vrai géniteur ? Est-ce qu'il savait qu'il avait un fils ? Qui était-il ? Icare calma un brusque flot d'émotions. Ne pas donner cette satisfaction à Sofia, même si elle semblait réellement désolée de ne pas avoir réaliser l'ampleur de ses mots. Il prit son visage entre ses mains, relevant les genoux, se repliant sur lui-même, espérant que ce geste arrive à l'apaiser un peu plus. Il aurait voulu ne jamais être allé à ce mariage, ne jamais avoir rencontrer Sofia, et pourquoi pas, ne jamais être né. Ses mâchoires se serrèrent l'une contre l'autre. Il resta dans cette position pendant quelques instants, et à moitié apaisé, il releva la tête et se remit plus dignement sur la table. Les vieux réflexes du jeune homme revinrent, et il leva un sourcil méprisant.

« C'est quand même drôle que tu te mettes à chercher une petite bête imaginaire dans ma famille pour m'humilier et me rendre plus faible. Dommage que ça ne marche pas. Ma mère reste toute la sainte journée au manoir depuis ma naissance. Elle n'a jamais côtoyé un autre homme que ma mère. Tu ferais bien de réviser tes faits, et tes cours de génétique, aussi. Ca ne m'étonnerait pas que ce gêne des lobes collés soit en fait dominationant ou quelque chose dans ce style-là. » déclara-t-il en reniflant. Il passa une main dans ses cheveux avant de remettre sa cravate dignement. « Tiens, au fait, tu devrais prendre des cours de baisers. Tu faisais vraiment pitié. C'est moi qui me suis occupé de tout le boulot, et à l'avenir, tu y mettras du tien. Quoi que, continue de ne rien faire. Si tu te risques à m'embrasser, tu me mordrais la langue, et puis, si il y a bien une chose que l'on ne peut pas apprendre, c'est bien ça. » Il épousseta ses manches et revint à terre, vérifia si sa braguette était bien relevée et sa gourmette tournée du bon côté. « On devrait revenir dans la salle. On a pris pile le temps d'un baiser ou deux et d'un câlin, et si on attend plus longtemps, ils vont croire qu'on est en train de leur faire des bébés Westburry. » Icare s'y prit à trois fois avant d'arriver à déverrouiller la porte, et sortit de la pièce en premier, prenant une grande inspiration, histoire de reprendre un air potable. Il attendit que Sofia le suive et lui attrapa la main avant de retourner dans une partie de la grande salle pas trop fréquentée, espérant que leur absence ne soit passée presque inaperçue.
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