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 MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre

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MessageSujet: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Mar 27 Déc - 2:07


moïra & jay
    déteste-moi si tu veux, mais je continuerai à te suivre

La neige était tombée en masse depuis des jours, et une épaisse couche recouvrait la totalité du district, le plongeant dans une atmosphère étrange, presque fantomatique. Seules les silhouettes formées par le vent, emportant des flocons dans son sillage, pouvaient donner l’impression que les rues étaient encore empruntées. Quelques rares courageux osaient encore sortir, pour aller au travail afin de tenir tout l’hiver. Les enfants profitaient de cette tempête pour s’amuser ensemble, oublier un temps soit peu leur quotidien douloureux qu’ils essayaient de cacher. Mais Jay savait parfaitement que le retour à la réalité serait affreux. Un grand-père malade, gelé dans son lit. Une mère enceinte angoissée par l’absence de son mari. Ces gosses obligés de prendre des tesserea pour survivre, du moins jusqu’à ce que leur nom soi tiré au sort pour les Hunger Games. Cette situation le dégoutait au plus haut point. Elle le dégoutait depuis toujours à vrai dire. Bien qu’il venait d’un district un peu mieux loti que celui-ci, il voyait la misère partout. Et ses récents entrainements au Capitole avaient renforcé ses pensées. Le contraste parfait entre la superficialité et la richesse, et la misère et l’authenticité. Les deux contraires, ceux qu’on ne pourrait rapprocher que par la force, par la perpétuelle confrontation. La guerre était bien sûr inévitable, malgré la peur, malgré la puissance du Capitole que Jay avait eu l’occasion de saisir durant son séjour dans ce royaume doré, fait de paillettes et de couleurs, mais également d’armes redoutables, prêtes à être utilisées à la moindre opportunité, et surtout les mutations génétiques, programmées pour tuer. Cependant, il se doutait que le Treize avait lui-même d’excellentes réserves d’armes. En plus de soixante-quinze ans, ils ont sans doute eu la possibilité de s’équiper. C’est la raison pour laquelle, au moindre danger entre ces deux géants, Jay irait se réfugier dans ce district soi-disant réduit en cendre. Et l’emmènerait, elle, avec lui.

Depuis son post de surveillance près du lac gelé, il pouvait parfaitement la voir. Ses cheveux bruns sombre descendant en cascade sur ses épaules, recouverts d’un épais bonnet pour se protéger du froid et de la neige qui tombait en rafale. Ses gestes maladroits sur ses patins, essayant tant bien que mal de rester en équilibre sur la glace, mais elle s’appuyait surtout sur l’épaule d’une de ses amies pour rester debout. Malgré la foule qui l’entourait, le jeune Pacificateur semblait entendre son rire venir jusqu’à lui. Il souriait intérieurement. Son cœur était léger lorsqu’il la voyait s’amuser ainsi, et non profiter de la stupidité de ses collègues pour faire venir des rebelles chez elle afin de s’entrainer à faire il ne savait quelle chose dangereuse. L’avoir dans son champ de vision le rassurait. Cela voulait dire qu’elle ne s’était pas encore faite attrapée. Pas encore. C’était bien ça le problème. A force de les prendre pour des idiots, les autres Pacificateurs allaient finir par se rendre compte de la supercherie. Il ne leur faudrait donc pas plus d’une heure pour arrêter et exécuter toute la famille Whitaker – avec peut-être un peu plus de réserve pour l’ainée qui avait participé aux Hunger Games. Jay avait bien essayé de la prévenir tout en gardant sa couverture en place, mais tout ce qu’il avait réussi à faire, ça avait été d’attiser un peu plus la haine qu’elle avait contre les Pacificateurs. Certes, il n’avait pas été très diplomate, mais il n’avait pas eu le choix, après tout. C’était soit lui faire du mal pour la garder en vie, ou la laisser mourir sur la place pour trahison envers le Capitole. La voir morte lui serait insupportable. Sa décision avait donc été prise des mois auparavant. La maintenir en vie, quel qu’en fut le prix.

Il jeta un coup d’œil dans les environs. Il était difficile de distinguer parfaitement ses collègues postés un peu plus loin, à cause de la blancheur de leur uniforme semblable à celle de la neige. Pourtant, leurs armes étincelaient sous les rares rayons du soleil. Faire la fête, mais surveillée par des hommes que l’humanité avait déserté dans leur cœur. Tel était donc le prix à payer pour les habitants du Trois pour oublier quelques heures leurs soucis. Il cacha son mécontentement, et préféra reporter son attention sur Moïra Whitaker. Peut-être ne l’avait-elle pas vu, et le jeune homme espérait bien que ce fut le cas. Il n’avait pas envie de la voir quitter cette patinoire naturelle, sous prétexte qu’elle ne voulait pas être dans un lieu où se trouvait cet homme qu’elle détestait tant. Sans doute méritait-il cette ignorance de sa part. Après tout, il avait bien dit que le candidat du district Trois aux derniers Hunger Games – qui avait été, accessoirement, le meilleur ami de la jeune fille – avait mérité de mourir, et menacer son amie rebelle de pendaison n’était pas une très bonne façon pour attirer sa sympathie. Chacune de leur discussion se terminait par une dispute ou par une insulte. Peut-être devait-il en être ainsi. Qu’elle le déteste, et que Jay passerait ses journées à regretter ses paroles en se remémorant la souffrance de son interlocutrice. Mais un jour ou l’autre, il faudra bien qu’il soi là pour la protéger une énième fois. Et peut-être la dernière, si les rebelles décident que son châtiment ne pouvait être que funeste. Mais au moins, il mourrait en sachant qu’elle serait en sécurité. Il cligna ses paupières, et la retrouva, de la neige ornant son bonnet, tandis qu’elle riait aux éclats face à ses amies qui la maintenait encore et toujours debout. Un sourire amusé traversa ses lèvres une fraction de seconde, avant de recouvrer son masque habituel de Pacificateur sans pitié. Il ne la quittait pas des yeux. Peu lui importait qu’elle le remarque. Elle penserait sans doute que c’était une ruse de ce pervers sans cœur pour la faire souffrir une fois de plus. Si seulement elle savait qu’il se cachait sans son ombre à chaque pas qu’elle faisait pour être sûr que tout allait bien. Si seulement elle savait à quel point il tenait à elle.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Mar 27 Déc - 16:44

jay & moïra
and every time I look inside in your eyes you make me wanna die



L’hiver est sans nul doute la saison la plus dure au district Trois. Chaque année, on a le droit à quelques tempêtes de neiges. Plus ou moins forte bien sûre. Mais cela empêche certains de travailler. Et donc renforce les dures conditions de vies qui pour qu’il peut y avoir. C’est surement dans cette période que je me rends compte que les personnes an âges de participer aux jeux de la faim prennent le plus de tesserea pour pouvoir vivre, enfin surtout survivre, correctement durant cette période. Prendre des tesserea signifiait augmenter le nombre de chance de participer à ces jeux barbares. Le district Trois n’est pas vraiment le plus pauvre de Panem, mais certains enfants en prennent quand même. J’ai eu la chance de ne jamais en prendre contrairement à certains. Et dire que dans certains districts, ils n’en prennent rien que pour avoir la « chance » de participer à ces jeux, alors qu’ils n’en ont strictement pas besoin. Cela aussi je ne comprends pas le besoin de participer à ces jeux. A croire que les carrières ont des tendances suicidaires. Ou peut-être qu’on leur dit que tout cela n’est que du cinéma. Que les participants ne sont pas réellement morts. Qu’on les envoie dans un endroit paradisiaque où on ne se soucie plus de rien. Ou alors ils sont tout simplement stupide.

Contrairement à d’habitude, les rues semblaient déserte. Quelques enfants étaient en train de faire des batailles de boules de neige ou des bonhommes de neige. Mais ils y en avaient que très peu. Tout le monde était sans doute aux lacs. Avec ces températures, il ne serait pas étonnant qu’ils soient tous gelés. Et par conséquences en faire des véritables patinoires. Faire du patin n’est pas vraiment mon activité favorite de l’hiver. On va dire que je n’ai pas vraiment confiance à la fiabilité de ces patinoires naturelles. Et puis je suis une très mauvaise patineuse. Il faut toujours que je me tienne à quelqu’un sinon je tombe sur chaque centimètre que je peux parcourir. Je n’ai jamais compris pourquoi je n’étais vraiment douée pour le patin à glace, alors que normalement je ne suis pas trop maladroite. C’est peut-être à cause des histoires d’enfants tombés dans le lacs et autres histoires dans ces genres qui m’ont un peu traumatisé et ne m’ont pas donné une totale confiance en ces lacs transformés en patinoires.

Mais être ici, me permettait d’oublier ces jeux, ce gouvernement. Je pouvais être libre. Enfin pas si libre que ça, lorsqu’on sait qu’il y a quelques pacificateurs qui sont posté près des lacs. Comme si un rebelle, allait être assez stupide pour s’introduire ici, alors qu’il y a plein d’habitant innocent du district. Bon d’accord certains sera capable de le faire, mais les pacificateurs seraient aussi capable de tirer, même si cela blesserait des habitants, ou même les tuerait, rien que pour attraper le rebelle. Mais je ne préférais pas penser à ce genre de scénario. J’étais ici avec mes amies, en train de m’amuser. Il n’y avait pas d’histoire de rebelle, ni de district treize qui existe toujours. Il n’y avait rien de cela. Je pouvais m’amuser, rire comme il me semblait. Mes amies me tenaient toujours pour pas que je tombe. Finley avait essayé de m’apprendre à patiner seule. Ce fut un échec complet. Même si je mettais tout mon cœur pour essayer de patiner correctement. Mais même ça je n’y arrivais pas. Je suis vraiment un cas désespérée pour le patinage. Quoi que je me suis un peu améliorée avec le temps. Je peux tenir debout sur des patins durant quelques secondes sans tomber. Avant je n’arrivais même pas à faire ça. Donc peut-être qu’avec le temps j’arriverais à patiner sur une dizaine sans tomber. Un jour peut-être, mais ce jour n’étais pas aujourd’hui. Aujourd’hui je continue de me tenir à mes amies pour pouvoir patiner correctement.

La neige n’avait cessé de tomber depuis le début de la matinée. La couche de neige se faisait de plus en plus épaisse. Même sur les lacs glacés, il commençait à y avoir une petite couche de neige. Cela m’apportait un peu plus de stabilité. Mais vraiment un petit peu plus. Je secouais la tête au moins toutes les deux minutes sinon j’avais cette étrange impression de me transformer en véritable bonhomme de neige humain. « Ce n’est pas le pacificateur qui te suis tout le temps là-bas Moïra ? » Et comme un reflexe, je tournais la tête pour voir. Je pensais que j’allais être tranquille au moins une après-midi sans qu’il me suive. J’avais même réussis à oublier qu’un pacificateur n’arrêtait pas de me suivre durant tout ce temps où je patinais, ou plutôt où je me débattais pour ne pas tomber. A croire que cela amusait Flynn de me suivre. Comme si le fait d’avoir dit que mon meilleur ami méritait ce qu’il avait subit dans le jeu et menacer une rebelle que j’essayais d’aider de pendaison ne suffisais pas. Mais je dois l’avouer que si j’étais tombée sur un autre pacificateur, je n’aurais pas eu le même traitement. Je crois que je serais morte depuis bien longtemps. Il aurait pu me dénoncer depuis longtemps, mais il ne l’a pas fait. Je ne sais pas pourquoi d’ailleurs. Peut-être qu’il essayait d’accumuler les erreurs que je pourrais commettre pour me dénoncer plus tard pour je ne sais quelle raison. Mais je dois reconnaitre que grâce à lui, j’essaye de plus discrète dans ce que je fais. Même si j’ai l’impression que cela ne fonctionne pas toujours, puisque j’ai toujours cette sensation qu’il est toujours derrière moi à m’épier. J’avais l’impression de devenir paranoïaque. Je pensais même qu’il avait peut-être mis des caméras dans ma chambre. Mais lorsque je regardais, il n’y avait personne. Par contre je sentais que la personne sur laquelle je prenais appuis était partie. Totalement paniquée, je n’osais plus bouger. « Allez Moïra tu peux le faire, on est seulement à quelques dizaines de centimètres. » Ces quelques centimètres me paraissaient des kilomètres plutôt. Chaque mouvement que je faisais pour avancer me semblait être une torture. Est-ce que j’allais tomber ou pas ? C’était la grande question. Je n’avais que de quelques millimètres à chaque fois, mais j’avançais.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Mar 27 Déc - 18:47


moïra & jay
    déteste-moi si tu veux, mais je continuerai à te suivre

Jay croisa les bras sur son torse, afin de se réchauffer les mains. Même si ses gants avaient été conçus pour lutter contre le froid, il avait l’impression que quelque fois, le vent arriver à se faufiler entre les mailles et à lui lécher les doigts avec son air glacial. Fort heureusement, le reste de sa combinaison de Pacificateur marchait à merveille. Il pourrait facilement survivre plusieurs jours, voire plusieurs semaines à l’intérieur, par un temps aussi désastreux que celui-ci. Ça serait bien évidemment la première chose qu’il prendrait en cette saison, en cas de fuite. Il en prendrait une autre, afin de la passer à Moïra et peut-être à un membre de sa famille, bien qu’ils préféreraient tous la voir partir en sécurité dans le Treize. Dans la famille Whitaker, la rébellion coulait dans leurs veines, à chacun d’eux. Bien sûr qu’il l’avait deviné. Le risque, c’était que les autres Pacificateurs le comprennent à leur tour, et qu’ils tuent toute la famille. Il serait alors beaucoup plus compliqué pour Jay d’entrainer la jeune fille loin d’ici, si elle savait que sa sœur, son frère et ses parents étaient en danger. Il ne voulait pas s’imaginer utiliser la force pour la convaincre, leurs rapports s’envenimeraient dès l’instant où il l’attraperait pour la tenir sur son épaule et la faire taire en la bâillonnant. Déjà qu’elle le détestait, ça n’arrangerait pas les choses. Peut-être exigerait-elle sa mort auprès des rebelles du Treize pour avoir enfin la paix. Jay comprendrait. Il le méritait après ce qu’il lui avait fait subir. Et il serait sans doute le coupable idéal pour l’accusé de la mort potentielle de sa famille. Mais au moins, elle ne tenterait rien de stupide pour y retourner, n’est-ce pas ?

Jay reporta son attention sur le petit groupe où Moïra se tenait au centre. Il croisa furtivement le regard d’une des amies de cette dernière, et elle s’empressa de révéler la présence du Pacificateur à la brunette. Elle regarda à son tour, comme si elle ne pouvait croire sur parole ce que son amie venait de lui dire. Malgré les quelques mètres qui les séparaient, Jay se rendit bien compte du dégout visible sur son si joli visage. Un de ces visages qui n’étaient pas fait pour détester quelqu’un, et pourtant, le jeune homme avait réussi le pari fou de la rendre folle de rage en sa présence. Il s’attendait presque à la voir partir sur le champ. Mais non. Elle préférait l’ignorer autant que possible. Au moins, elle n’essaya pas de l’étrangler dès qu’elle croisa son regard. Il voyait néanmoins qu’elle en mourrait d’envie, et il retint tant bien que mal de dessiner un sourire amusé sur ses lèvres. Heureusement que ses collègues étaient trop éloignés pour distinguer les détails de ses traits. L’amusement ne faisait pas partit de leur boulot. C’étaient plutôt la méchanceté, la haine, le sang-froid lorsque la balle traverse le crâne pour arrêter net la vie d’un innocent. Un innocent qui avait mérité de mourir. Parce qu’il se tenait sur leur chemin. Jay n’avait jamais tué quelqu’un ainsi. Par pur manque d’humanité. Justement, chaque exécution était pour eux une libération. Ces pauvres gens torturés, massacrés, parce que leur seul crime était d’être les descendants des anciens rebelles qui avaient tentés une révolution des décennies plus tôt. Certes, les Pacificateurs descendaient eux aussi des anciens rebelles. Mais leur dévotion pour le Capitole avait rayé de leur histoire la honte de leurs ancêtres. Des privilégiés. Voilà ce qu’ils étaient. Aussi bien les habitants fortunés que les mannequins écervelés du Capitole. Il fallait lécher les bottes de Snow pour survivre. Jay ne supportait pas ça. Il aurait quitté sa couverture depuis bien longtemps pour se battre contre tout ça, s’il n’y avait pas la mission qu’il s’était lui-même confié. Et elle se tenait sur la glace, en équilibre précaire, à essayer de rejoindre ses amies sans tomber à la renverse. Moïra.

Il vit le début de la scène comme au ralentit. Il vit son patin glisser sur la glace, mais le reste de son corps tremblait tellement que la brunette se retrouva entrainée sur le côté. Ses amies n’avaient pas encore levées le petit doigt que Jay, oubliant son métier, se précipitait déjà vers elle. Grâce à ses chaussures antidérapantes, il zigzagua avec agilité entre les citoyens de Panem qui lui faisaient face, comme s’il était sur de la terre et non sur de la glace. Équipement spécialement créé pour eux en hiver, afin de ne pas se faire distancer à cause d’une mauvaise chute lors d’une course poursuite effrénée sur du verglas. Bien pratique à cet instant, vous l’admettrez. En quelques secondes, il se retrouva donc à côté de Moïra et la retint de justesse avant qu’elle ne s’étale complètement sur le sol gelé du lac. Ses amies étaient tellement stupéfaites de voir un Pacificateur aider quelqu’un qu’elles lâchèrent un hoquet de surprise. Mais Jay ne s’en rendit pas tout de suite compte. Il redressa complètement la jeune fille, et il se permit un regard sur ses yeux. Heureusement d’ailleurs, car ce fut comme une décharge électrique qui réveilla son esprit. « Merde ! » Le souffle court, l’adrénaline se déversant déjà dans ses veines, il écarquilla les yeux, stupéfait par sa propre bêtise. Mais qu’avait-il fait ? Il aurait dû la laisser tomber, et non tout tenter pour la rattraper. C’était bon pour un autre habitant du district, pour son petit ami, mais pas pour un Pacificateur. Un Pacificateur, ça l’amuse de voir quelqu’un se casser une jambe devant lui. La souffrance le fait rire. C’était bien ce point qui n’allait pas avec Jay. La souffrance, il déteste ça. Les seuls meurtres qu’il avait pu commettre, c’était pour ne plus voir les rebelles souffrir devant lui. Généralement, ils le remerciaient, pas par mots, mais par un regard, un clin d’œil, un haussement de tête. Le soulagement de leur visage soulageait également le jeune homme. Ils étaient alors en paix, tous, enfin. Jusqu’à la prochaine arrestation.

Pendant une fraction de seconde, il plongea dans les yeux de Moïra, espérant y trouver une solution pour expliquer son geste. Son cœur battait la chamade dans sa poitrine, mais il mit ceci sur le compte de l’adrénaline qu’il sentait couler à flot dans chaque partie de son corps. Il releva la tête, découvrant les regards surpris et parfois apeurés tournés vers lui et sur la jeune fille qu’il tenait encore fermement par le bras. Ceux des Pacificateurs le firent frémir, et un frisson traversa son dos comme une sueur froide. Cependant il cacha son malaise derrière son habituel masque de Pacificateur moqueur et qui se fiche de tout. Il eut alors une idée de sortie. Il lança un sourire complice à son collègue le plus proche, et haussa les épaules.
    jay – C'est la poupée du maire, il ne faudrait pas qu'elle se casse, sinon on aurait un scandale de ce vieux grognon. « Vous l'avez laissé tomber blablabla jambe cassé blablabla me le payer blablabla. » Très franchement j'ai pas envie que nos supérieurs supportent cet imbécile pendant des heures, ça nous retomberait dessus.

Jay lâcha brutalement le bras de Moïra, essayant de ne pas savoir s'il l'avait laissé tomber ou non. De toute manière, qu'elle soi à terre ou non, elle n'allait certainement pas apprécier son excuse pour avoir volé à son secours. Il continuait de fixer son collègue, afin d'être convainquant, quand ce dernier haussa les épaules et le remercia en riant. Le même soulagement qu'il avait ressentit lorsqu'il avait su qu'il n'irait pas aux Hunger Games lui gonfla le cœur, et il put enfin se tourner vers la Moïra. Et ce qu'il aperçu en premier, ce fut ses grands yeux remplit de haine.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Mer 28 Déc - 1:40

jay & moïra
and every time I look inside in your eyes you make me wanna die


Ces quelques centimètres à parcourir était un véritable enfer. J’avançais certes, mais j’avais l’impression de faire du surplace. Je tremblais de partout. Je sentais que la chute allait arriver très bientôt. Je n’étais vraiment pas stable. J’avais fait peut-être un ou deux centimètres, distance qui est devenue mon record, mais là j’allais tomber dans les quelques secondes qui allait suivre. Ce qui n’avait pas manqué. Je me sentais me rapprocher dangereusement du sol. Lorsqu’une personne tombe personne ne le remarque, enfin si on le remarque mais on n’en fait pas tout une histoire. La personne se relève et continue de patiner. Mais là, je n’avais pas l’impression que ça allait se passer comme cela. Je fermais les yeux comme un réflexe. Mes cheveux recouvraient la totalité de mon visage. Je tombais et en plus je devenais aveugle. Puis je sentais quelqu’un me rattraper. Peut-être un habitant du District qui voulait m’aider pour m’éviter que je me fasse trop mal. Quoi que la pire blessure que j’aurais pu avoir, aurait été une entorse si j’étais vraiment mal tombé. Il y a pire comme blessure.

Je ne sais pas si en ouvrant les yeux, ma première était de la stupéfaction ou de la haine. Pourquoi lui ? Pourquoi c’était lui qui m’avait rattrapé. Il y avait plein de monde en train de patiner sur le lac gelé. Quelqu’un d’autre aurait pu m’empêcher de tomber. Mais pourquoi il fallait que cela soit Jay qui me rattrape. Lui qui était à l’opposer de l’endroit je me trouvais. Et j’aurais préféré tombé, me faire une entorse, me casser quelque chose, tout, mais pas qu’il me rattrape. Il ne pouvait décidément pas me laisser tranquille. Il ne pouvait même me laisser tomber tranquillement. J’avais l’étrange impression que tout le monde nous regardait. Habituellement les pacificateurs ne faisaient pas ça. Ils n’allaient pas secourir les personnes qui faisaient une malencontreuse chute. C’était même plutôt le contraire. S’ils pouvaient les provoquer, ils le feraient. Alors ce qu’il avait fait tenait presque du miracle pour un pacificateur. Mais un pacificateur ne ferait pas ça pour être gentils. En tout cas pas un pacificateur qui exerce dans un district proche de Capitole. Peut-être que dans d’autres district cela se passe autrement, mais pas ici. J’avais l’impression que d’autre pacificateur allait arriver. Peut-être que me rattraper était une excuse pour pouvoir me dénoncer. Je sentais que les battements de mon cœur étaient de plus en plus rapides. Tout un tas de scénario se présentait. Et dans la plupart je me voyais morte. Pour quelle autre raison, m’aurait-il empêché de tomber si ce n’était de me dénoncer. Aurait-il fait ça parce qu’il se souciait réellement de moi ? Ou avait-il réellement peur que je me fasse vraiment mal durant cette chute ? C’était totalement impossible et inimaginable qu’il ait fait ça pour ces raisons-là.

Je pouvais apercevoir que les gens qui se trouvaient autours nous regardaient, ce qui me mettait légèrement mal à l’aise, et certains avaient la même expression que moi. Ils étaient aussi surpris et apeuré que moi. « C'est la poupée du maire, il ne faudrait pas qu'elle se casse, sinon on aurait un scandale de ce vieux grognon. « Vous l'avez laissé tomber blablabla jambe cassé blablabla me le payer blablabla. » Très franchement j'ai pas envie que nos supérieurs supportent cet imbécile pendant des heures, ça nous retomberait dessus. » Le pacificateur avait brutalement et soudainement lâcher son emprise sur moi. Je sentais que j’allais tomber, mais comme par magie j’ai réussis à me tenir droite sur mes patins. Peut-être était ce à cause de ce qu’il avait dit. Cela m’avait mis tellement en colère, que si je ne m’étais pas contrôlée, je me serais jetée sur lui pour pouvoir l’étrangler. En fait c’est ce que je rêvais de lui faire à chaque fois que je le croisais. Je ne suis pas quelqu’un de violent généralement, mais là c’était plus fort que moi. A chaque fois je croisais son regard, je n’étais plus moi-même. J’étais une Moïra complétement différente. Enfin j’étais une Moïra différente, lorsqu’on était seul. Parce que sinon je me contrôlais. Après tout, je ne suis pas sûre que cela fasse bonne impression que la fille du maire de District Trois se retrouve impliquée dans une quelconque affaire avec un pacificateur. Il fallait donc que je me contrôle, même si Jay faisait tout pour que je perde le contrôle. Je regardais autours de moi une dernière fois. Tout le monde nous regardait. Je sentais mes joues devenir rouge. Je n’aimais pas trop être le centre d’attention. Et je crois que là c’est raté. Et en plus je ne pouvais pas me défendre correctement puisque d’autres pacificateurs devaient être dans les parages. Et je ne préfère m’attirer la colère d’autres pacificateurs sur moi. Et puis je ne préfère pas imaginer la sanction pour s’en être pris à un pacificateur. « Bon puisque la poupée du maire n’a rien de cassé, elle peut-être continuer à essayer de patiner tranquillement comme tout les autres habitants du district. » Bon c’était la manière la plus polie que j’avais trouvé pour lui dire que puisqu’il avait fait sa bonne action de la journée, voir de l’année, qu’il pouvait retourner d’où il venait et de me laisser tranquille, voir de me laisser tomber si je le souhaite. Et si je me casse quelques choses tant pis pour moi. Je veux juste passer une après-midi tranquille. Sans me soucier qu’un pacificateur me surveille. Quoi que à ce niveau-là c’est un peu rater.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Mer 28 Déc - 23:56


moïra & jay
    déteste-moi si tu veux, mais je continuerai à te suivre

Jay se demanda intérieurement ce qui avait bien pu lui passer par la tête en courant ainsi à la rescousse de Moïra. En temps normal, il aurait tout fait pour se contrôler, pour garder sa couverture intacte et aurait regardé ailleurs en ignorant la chute de la fille du maire. Il avait agit sous le coup de l’impulsivité, et n’avait pas réfléchit aux conséquences de son acte. Il se répétait pourtant des milliers de fois qu’il fallait qu’il soit prudent, mais là, il avait réagit au quart de tour. Il était tout aussi surpris de son attitude que les autres personnes présentent autour de lui. L’adrénaline courait encore dans ses veines, comme un flot de lave en fusion qui lui brûlait sa chair. Il était tendu, telle une corde sur un arc. Au moindre danger, il pouvait bondir d’un coup pour s’échapper, et sans doute prendre la brunette avec lui. Forte heureusement, son idiot de collègue l’avait cru en énumérant une excuse hautaine et prétentieuse, comme celles que les Pacificateurs utilisaient, même pour se parler entre eux. Même s’ils avaient reçu le même entrainement, certain pensait qu’il valait mieux qu’un autre puisqu’il était fils d’un haut dirigeant, ou même d’un juge organisant les Hunger Games chaque année, et qui avait la mort de vingt-trois adolescents sur la conscience. Jay les méprisait. Tous autant qu’ils étaient. S’il n’était pas animé par la flamme de la rébellion, il aurait immédiatement quitté les rangs. Sans doute qu’il ne se serait même pas présenté pour devenir Pacificateur. Bien sûr, ça avait été une grand fierté pour son père de clamer haut et fort que son propre fils allait servir le gouvernement, et sans doute que cette décision avait effacé la honte qu’il lui avait fait lors de sa sélection pour les Hunger Games lorsqu’il avait quatorze ans. Mais jamais il n’oubliera la souffrance qu’il avait lue sur le visage de sa mère. Elle aussi voulait que le Capitole s’effondre, et savoir que Jay allait devenir un Pacificateur lui avait brisé le cœur. Chaque fois qu’il se rappelait de cette scène, il avait lui aussi mal. Encore aujourd’hui il aurait tellement voulu lui dire la vérité, lui expliquer la raison de cette soudaine envie de combattre auprès du Capitole. Mais elle aurait été en danger. Tout comme Moïra s’il lui disait la vérité. Elles découvriraient ses motivations bien assez tôt.

Cette haine qui lui était destinée, ça le rendait mal à l’aise. Jamais il ne parlerait comme ça à quelqu’un, avec autant d’insolence et de mépris. Le véritable Jay traitait les autres avec respect. Il ne leur crachait pas leurs fautes à la figure, comme le faisait ses collègues. Il se rendait bien compte du mal qu’il faisait autour de lui en se comportant comme ces lèches bottes de Snow, mais il ne pouvait faire autrement. Même si ça le rendait malade. Même si ça le hantait des heures durant, jusque dans son sommeil. S’il voulait tuer l’oiseau dans l’œuf, il devait continuer jusqu’au bout. Les dommages collatéraux, il s’en occuperait plus tard. Pourquoi regardait-il avec insistance la jeune fille dans ce cas ? Il aurait bien le temps plus tard de s’excuser envers elle. Bien que d’imaginer Moïra coopérant sagement lorsqu’il l’arracherait de son district natal lui était impossible. Après tout ce qu’il lui avait dit par le passé, il sera difficile de recoller les morceaux, de lui expliquer les raisons de sa méchanceté, et lui prouver qu’en réalité il n’était pas ainsi. Il n’était pas ce Pacificateur enquiquinant qui ne faisait que la suivre comme son ombre pour lui rabâcher la mort de son meilleur ami. Il était Jay. Natif du district Un, mais opposé au Capitole, tout comme elle. Elle n’était pas bête, elle finirait par comprendre. Mais au bout de combien de temps… Payer le prix de son comportement, c’était bien ce à quoi il se préparait depuis des mois. Peut-être en faudra-t-il autant pour qu’il se fasse pardonner.
    moïra – Bon puisque la poupée du maire n’a rien de cassé, elle peut-être continuer à essayer de patiner tranquillement comme tout les autres habitants du district.

L’air grave qu’il affichait était bien sûr son masque de Pacificateur. Sans doute avait-elle réfléchit de longues secondes afin de l’envoyer dans les roses le plus poliment du monde. Elle devait se souvenir de la menace de l’emmener dans le quartier général des Pacificateurs pour manque de respect envers un de ces agents. Il était soulagé qu’elle se souvienne de cette mise en garde sourde. Il aurait tellement souhaité pouvoir la féliciter clairement, mais il sentait des dizaines de regards tournés vers eux, dont celui de son collègue un peu plus loin. Tout comme Moïra à cet instant, il n’avait pas le droit à l’erreur. Lorsqu’il était seul avec elle, il pouvait commettre quelques infimes erreurs, comme ne pas l’arrêter ou ne pas lui mettre le canon de son arme sur sa tempe. Alors qu’ils savaient très bien que sur ce lac gelé, ils étaient obligés de se tenir à carreau. La jeune fille ne pouvait pas lui coller des claques, et lui ne pouvait pas laisser passer un manque de respect. Ils ne pouvaient pas être ce qu’ils étaient en réalité. Deux acteurs dans une pièce de théâtre sanglante. Voilà ce qu’ils étaient.

Soudain, Jay entendit du mouvement derrière lui, et il porta instinctivement la main sur son arme, près à défendre les innocents contre le bruit familier des bottes de Pacificateur dans la neige. Heureusement son collègue ne s’approcha pas trop. Jay se tourna vers lui, juste à temps pour le voir répliquer.
    pacificateur – Buckley, peut-être suis-je devenu sourd, mais il ne me semble pas avoir entendu de remerciement de la part de mademoiselle Whitaker. Ce n'est pas très gentil de ne pas te remercier de l'avoir tiré d'une colère de son père.

Jay savait parfaitement qu’un remerciement serait la dernière chose que Moïra pouvait lui dire. Et peut-être ne le ferait-elle pas d’ailleurs. L’humiliation personnelle qui en résulterait lui serait insupportable, surtout dans un lieu public. Le jeune homme se tourna lentement vers la jeune fille, conscient du sacrifice qu’elle allait devoir faire. Sinon, elle aurait des ennuis, et il ne pourrait la tirer d’affaire facilement. Ils ne pouvaient donc que jouer le jeu.
    jay – C'est vrai ça, je n'ai pas entendu le moindre merci de votre part. J'attends.

Il sentait bien que ses amies étaient à bout de nerfs, elles aussi. Si elles avaient été armées, il serait mort cent fois. Mais il essayait de ne pas s’en soucier. Il fixait toujours Moïra pour qu’elle accepte de faire ce « merci » qui lui arracherait sans doute une grimace, mais à présent, elle n’avait pas le choix. Il essayait tant bien que mal de la convaincre à travers ses yeux, mais sans doute que son air faussement amusé dominait le message qu’il voulait lui passer.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Jeu 29 Déc - 17:48

jay & moïra
and every time I look inside in your eyes you make me wanna die


Pacificateur. Je ne comprends pas pourquoi, on les a nommés ainsi. Pour qu’on est moins peur d’eux ? Pour faire croire qu’avec leurs uniformes d’un blanc immaculé et un nom digne de confiance, qu’ils seraient compatissants. Pour qu’on est une totale confiance en eux ? Et pourtant c’est tout le contraire. Tout ce que ces gens peuvent m’inspirer n’est rien d’autre que de la peur, de la haine et du mépris. Tout ce qui compte pour eux, c’est la souffrance des autres et rien d’autre. Qu’est-ce qui peut pousser une personne à devenir pacificateur ? L’honneur de servir ce gouvernement totalitaire ? Je ne vois pas en quoi c’est un honneur de torturer, voir de tuer, de personnes innocentes. Cela me dégouterait plus qu’autre chose. De savoir que j’ai ôté la vie à un innocent. Je fixais en essayant de comprendre les raisons qui l’ont poussé à devenir pacificateur. J’avais entendu qu’il venait du District un. Un District de Carrière donc. Un District où les potentiels tributs s’entraînent pour les jeux. Où être un choisi est un honneur pour la famille. Où on se porte volontaire, rien que pour l’honneur. Sans doute qu’il n’avait pas été choisi pour les jeux et que pour honorer sa famille, il est devenu pacificateur. Ou peut-être pour une raison. Mais je ne vois pas laquelle. Il vient de l’un de ces districts où on ne vit que pour le Capitole.

Quasiment tout le monde nous regardait. Non, tout le monde nous regardait. Après tout, ce n’était pas tous les jours où on voyait un Pacificateur venir en aide à quelqu’un. Même si c’était pour une raison stupide. Mais cela tenait quand même du miracle. Il m’avait rattrapé d’une chute. Bien. Mais il pouvait à présent s’en aller. Et dire à un pacificateur de s’en aller rapidement poliment était une chose difficile. Surtout si ce pacificateur était Jay et qu’il y avait d’autre pacificateur et du monde autours. Je n’avais vraiment pas envie qu’on me traine jusqu’au quartier générale. Et puis je ne voulais pas être l’objet d’un scandale. Je n’avais vraiment pas envie d’être la cause de probables ennuis pour ma famille. Il fallait alors que je supporte tout cela. Puisque je lui avais dit qu’à présent qu’il avait fini sa bonne action, il pouvait partir, je pensais que cela allait se terminer. Je le pensais, oui. Mais ce n’était pas sans compter un autre pacificateur qui venait d’arriver. Il manquait plus que ça. Deux pacificateurs. Qu’est-ce que j’ai fait de mal ? J’ai juste faillit tomber. Il m’avait rattrapé, c’était fini. Mais apparemment non, puisque l’autre pacificateur s’en mêlait aussi. «Buckley, peut-être suis-je devenu sourd, mais il ne me semble pas avoir entendu de remerciement de la part de mademoiselle Whitaker. Ce n'est pas très gentil de ne pas te remercier de l'avoir tiré d'une colère de son père. » Non. Là je refuse catégoriquement. C’était bien la dernière que je pourrais lui dire. Et puis je lui avais déjà remercié en quelque sorte quand je lui ai dit de partir. Bon je ne lui avais pas dire merci clairement, certes. Mais quand même. Je ne pouvais pas tout simplement lui dire. C’était hors de question. Si j’avais une liste de mot à lui dire, merci serait certainement en toute fin de liste. « C'est vrai ça, je n'ai pas entendu le moindre merci de votre part. J'attends.» Les personnes autours me fixaient. Ils étaient certainement en train d’espérer que je le remercie le plus rapidement pour qu’ils puissent retourner patiner tranquillement. Je les comprenais. J’avais autant envie que de retourner à mes activités mais je n’aimais vraiment pas ça. Lui dire merci. Et puis quoi encore. Je ne pouvais pas lui dire ça. Et pourquoi je devrais le remercier ? Cela n’aurait pas été la première fois que je chute en patinant avec des pacificateurs qui surveillaient le lacs. Et il n’avait pas pour autant fait une crise contre eux. Tomber était une chose qu’on ne pouvait empêcher. Et puis être obligé de m’excuser au près de Jay était comme une humiliation pour moi. Peut-être qu’avec un autre pacificateur, cela aurait été différent mais là, c’était Jay.

Je me retenais de l’envoyer baladais. Plus je le regardais dans les yeux, plus mon cœur semblait battre de plus en plus vite. Non pas qu’il me troublait. C’est qu’il m’énervait de plus en plus. Mes joues devenaient certainement elles aussi de plus en plus rouge. Cela devenait une sorte d’humiliation. Durant quelques secondes la seule chose que pouvait sortir de ma bouche était de la fumée causée par la faible température qu’il faisait. Mais si je voulais que tout cela se termine, je devais le dire. « Merci. » Je l’avais dit. Il a fallut que je fasse un effort surhumaine, et cela devait certainement se voir sur mon visage, mais je l’avais remercié. Cela devait l’amuser. Non cela ne devait pas l’amuser, cela l’amusait. Je pouvais le lire sur son visage. Il devait certainement se dire qu’il avait réussit à me faire ce qu’il voulait. Peut-être même se sentait-il plus supérieur face à moi que d’habitude. Il est vrai que dans cette situation, je ne pouvais rien faire d’autre. Alors que lorsque nous somme seuls, j’aurais pu répliquer. Mais là, non. J’étais comme prise dans un piège où je devais faire ce qu’il me demandait.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Jeu 29 Déc - 22:41


moïra & jay
    déteste-moi si tu veux, mais je continuerai à te suivre

La situation se compliquait pour nos deux protagonistes. Enfin, plus pour Jay, avouons-le. Lui qui avait passé des mois à apprendre à se contrôler devant des tortures abominables infligées à n’importe qui, qu’ils furent rebelles ou juste suspectés de l’être, à paraitre décontracté tel les meilleurs Pacificateurs pour mieux se fondre dans cette masse d’un blanc immaculée, voilà qu’il venait stupidement au secours de Moïra pour la sauver d’une mauvaise chute. Les dizaines de regards tournés vers eux semblèrent lui brûler la peau, et le froid n’arrangeait rien puisque ça donnait des frissons violents sur tout son corps. Il regardait les joues de la jeune fille qui devenaient de plus en plus rouge, mais le vent n’avait rien à voir avec son visage. Il lisait la honte dans son regard, en même temps que la haine et le dégout. Si elle avait autant de mal à lâcher un simple « merci » à son sauveur, qu’est-ce que ça donnerait s’ils se retrouvaient seuls dans la forêt, à fuir le district ? Sans doute qu’elle essayerai de l’étrangler pendant son sommeil, pour se venger de tout ce qu’il lui avait fait subir. Il était vrai que depuis qu’il avait découvert sa tendance à aider les rebelles du district Treize, il la collait littéralement. De l’aube jusqu’au crépuscule. Il n’y avait pas une semaine sans qu’elle s’en aperçoive. Même lorsqu’elle était en cours ou à l’usine, il faisait des détours pour être sûr que tout allait bien. Certes, ça pouvait être décrit comme du voyeurisme, de l’espionnage ou même de la perversité, mais Jay jugeait que ses mesures de protection étaient nécessaires. Elle ne le savait pas, mais son nom avait été prononcé dans le quartier général, à plusieurs reprises. La plupart du temps c’était pour se moquer de cette petite fille au caractère bien trempé, mais il était arrivé que lors de ces blagues, ils répétaient qu’avec une fille aussi petite, elle pouvait être une bonne fouineuse pour les espions du Treize. Ils en riaient bien sûr, il était évident que la fille du maire ne pouvait faire un truc pareil, ils n’y croyaient pas un mot. Mais pour Jay, c’était à chaque fois la goutte d’eau qui faisait déborder le vase, et ses mesures de protection redoublaient un peu plus toutes les semaines. Il n’y avait qu’un pas entre la plaisanterie et la vérité, dans le cas de Moïra du moins. Peut-être voyait-elle ce rapprochement de ce Pacificateur de plus en plus collant, mais comment expliquer à une fille qui vous détestait déjà que ce que vous faisiez était pour lui sauver la vie et non pour l’embêter ? Car c’était ce qu’elle pensait, c’était évident.
    moïra – Merci.

Il ne s’y attendait pas. Très sérieusement. Ce « merci » arraché du fond de sa gorge était presque un miracle aussi grand qu’un Pacificateur qui aidait quelqu’un. Jay n’en revenait pas. Il savait qu’elle ne le pensait certainement pas, néanmoins il était quelque peu touché par cet effort qui devait être surhumain pour elle. Enfin, il serait également surhumain si Jay avait été obligé de remercier un Pacificateur qu’il détestait. Il comprenait parfaitement la haine qu’elle attisait contre lui. Lui, pourtant, ne la détestait pas. Bizarrement, plus elle le repoussait, et plus il se rapprochait. C’était étrange comme sensation. Au départ, c’était pour le jeu, puis lorsqu’il avait compris que des soupçons pouvaient naître dans les esprits sur ce petit bout de femme, c’est devenu plus sérieux. Là, il devenait de plus en plus protecteur, bien qu’il savait que le frère de cette dernière pouvait très bien jouer le rôle de garde du corps. Mais il n’était rassuré que lorsqu’il la voyait de ses propres yeux derrière la fenêtre de sa chambre, sans Pacificateurs qui rodaient autour de la maison. Sans doute ne le serait-il pas autant si un ami lui rapportait les faits. D’ailleurs, qui pourrait-il considérer comme un ami ? Nemesis sans doute, mais elle n’était pas dans le même district que lui, elle n’était donc pas au courant de la garde rapproché qu’il opérait sur Moïra. Sinon… il n’avait confiance en personne. Du moins, les personnes qui portaient un uniforme blanc immaculé. Jamais il ne pourrait jamais leur donner sa confiance, ils finiront bien par le poignarder dans le dos un jour ou l’autre. Non, les gens auxquels il pouvait avoir confiance, c’était bien ceux comme Moïra.
    jay – Je t'en prie.

Lui murmura-t-il en toute sincérité. Le masque de Pacificateur se détendit, il devint le véritable Jay durant une fraction de secondes. Peut-être n’allait-elle pas lire la sincérité dans ses traits, mais peu lui importait. Cela lui faisait du bien d’être lui-même devant elle, ne serait-ce que pour quelques secondes. Il savait que c’était dangereux, mais il s’en fichait. Il avait le dos tourné à son collègue enquiquinant, et la majorité des habitants du Trois ne pouvaient voir son air changé face à cette boule de haine. Cet instant de détente fut bien vite brisé par le collègue en question. Il entendit les pas s’approcher, et le masque réapparu instantanément sur le visage de Jay. Il tourna la tête vers l’autre Pacificateur, qui levait déjà la main pour venir ébouriffer les cheveux de la brunette. Tout comme elle, il sentit un frisson lui traverser l’échine, et une envie de le frapper jusqu’au sang lui broya le cœur.
    pacificateur – Brave fille bien élevée.

Jay n’y tint plus. Brutalement, il attrapa le poignet du Pacificateur, et le serra sans prendre garde à la force qu’il mettait dans son étreinte. Voir ce contact entre la menace et sa petite protégée lui donnait des sueurs froides insupportables. Il jeta un coup d’œil à la jeune fille, et ne sut décrire aussi bien que d’habitude les émotions qui traversaient son être. La colère en faisait sans doute partie, mais il reporta bien vite son attention vers son collègue, qui avait lâché un juron avant de s’arracher à l’emprisonnement puissant des doigts de Jay. Il le regardait avec surprise tout en se massant le poignet, lui demandant implicitement des explications sur son comportement bizarre. Sauver la gamine d’une mauvaise chute pour éviter la colère de son père, il pouvait le comprendre. Mais pourquoi l’avoir empêché de se moquer d’elle, et de l’humilier encore plus ? Après tout, c’était ce qu’ils faisaient avec tout le monde. Mais bien sûr, il ne savait pas l’envie de protection que ressentait Jay pour Moïra, et ce simple ébouriffement de sa chevelure ne lui avait absolument pas plu. Il recouru une seconde fois à la manipulation et à la ruse, bien que cette réponse n’allait sans doute pas plaire à la demoiselle. Mais là, il devait sauver leur peau, une fois encore.
    jay – Ça suffit. Tu n'as sans doute pas envie qu'elle aille rapporter à son père qu'on l'a embêté. Il viendra nous emmerder pendant des heures sinon.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Ven 30 Déc - 23:36

jay & moïra
and every time I look inside in your eyes you make me wanna die


M’excuser. C’était la seule chose à faire pour que cette scène se termine le plus rapidement possible et sans qu’il n’y ait de blesser. Même si je doute qu’un pacificateur blesser des personnes innocente parce qu’une autre personne refusait de s’excuser. Quoi que cela pouvait dépendre du pacificateur. Et puis ce n’était qu’un simple mot. Il m’avait juste demandé de le remercier. Après, il n’avait pas précisé si ce remerciement devait être sincère. Ce n’était donc qu’un simple mot à dire. Mais j’avais tellement du mal à le dire. Il m’a fallu essayer à plusieurs reprises pour le remercier. Mais finalement je l’ai dit. C’était un merci presque inaudible et absolument pas sincère. Mais je l’avais dit. Les pacificateurs pouvaient retourner à leurs postes et continuer à nous observer pour voir un quelconque signe de rébellion dans le comportement d’un habitant du district. D’ailleurs je ne sais pas comment pouvait faire un pacificateur pour remarquer cela. Qu’on soit un rebelle. Je veux dire, il y en a certains qui cachent bien leurs jeux. Cela veut donc dire que s’ils attrapent un rebelle, c’est juste de la chance ? Je trouve cela, absolument horrible. Comment peut-on supporter l’idée d’emprisonner, de torturer voir même de tuer quelqu’un qui était potentiellement innocent. Les pacificateurs faisaient vraiment partie d’une autre catégorie de personnes. Celles qui ont perdu une partie de leur humanité, voir leur humanité toute entière. « Je t'en prie. » J’étais surprise par le ton qu’il avait utilisé. On aurait dit qu’il était sincère. Son expression aussi. Elle avait changé. Il n’avait plus cet air qu’ont tous les autres pacificateurs. On aurait dit qu’il avait retrouvé son humanité, ses sentiments. Cela me déstabilisait. Je ne pouvais pas croire qu’il pouvait être sincère avec moi. Ce qui lui plaisait c’était de me torturer mentalement. De me suivre à chaque pas que je fais. Et je suis presque sûre qu’il rôdait autours de chez moi. Cela me donnait des frissons rien que d’y penser. Et pourtant ce n’était pas la première fois où je voyais une autre expression que celle du pacificateur. En fait, c’était la deuxième fois. La première c’était après avoir dit que Finley méritait de mourir durant ces jeux. Cela m’avait mis hors de moi, que sans que je me rende compte, j’avais giflé le pacificateur. Et après avoir fait cela, il avait eut l’air désolé. Comme s’il regrettait ce qu’il avait dit. Au départ, je crois que je l’avais imaginé. Qu’il ne pouvait pas avoir l’air désolé. Mais peut-être que je m’étais trompée. Ou alors cela faisait parti de son plan. Attirer ma sympathie pour je ne sais quelle raison. Peut-être pour m’attraper à la première erreur que je peux faire.

L’autre pacificateur revenait. J’entendais ces pas. Pourquoi est-ce qu’il revenait ? Je m’étais excusée. Il pouvait repartir. Mais ne pas revenir. « Brave fille bien élevée. » Je levais la tête, lorsque j’ai aperçut une main en attraper une autre. Je n’ais pas compris tout de suite ce que cela voulait dire. Ou plutôt je ne voulais pas comprendre ce que cela voulait dire. D’abord Jay qui avait cet air un peu trop sincère pour moi. Et là, il venait d’empêcher un autre pacificateur de m’humilier un peu plus que je ne l’étais déjà. Pourquoi être si gentil d’un coup ? Ou peut-être que c’était qu’une ruse après tout. Il m’avait rattrapé d’une mauvaise chut, et encore cela pouvait se comprendre, enfin d’après lui, puisqu’il ne fallait pas que la poupée du maire se blesse, quoi que je trouve encore cette excuse stupide. Ensuite, cet air sincère. Et pour finir ça. Non c’était un peu trop. Il y avait forcément quelque chose. Il n’avait pas fait ça juste parce qu’il s’inquiétait pour moi ou quelque chose dans ce genre là. C’était impossible et inimaginable. En tout cas pour moi. « Ça suffit. Tu n'as sans doute pas envie qu'elle aille rapporter à son père qu'on l'a embêté. Il viendra nous emmerder pendant des heures sinon. » C’était donc pour ça. Il ne voulait donc pas que la douce et fragile poupée ne tombe ou ne rapporte ce que les pacificateurs lui ont fait de peur des représailles.

Les gens autours de nous, nous regardait aussi. On était sans doute un spectacle. Certains avaient sans doute peur de ce qui pourrait arriver. Des réactions que pouvait avoir les pacificateurs si je ne faisais pas ce qu’ils me demandaient. Et d’autre sans doute, s’amusait de cette situation. Après tout voir un des enfants du maire, pouvait être amusant à voir. Sauf que cela ne l’était pas. Surtout en ce moment. Je ne savais pas quoi. Si je devais parler. Si je devais essayer de patiner pour rejoindre mes amies comme si de rien n’était. La situation était un peu délicate. Non pas qu’un peu. Elle était vraiment délicate. Et en plus je tremblais de partout à cause du froid. Si je restais comme cela j’allais tomber. Mais si je voulais partir, j’allais tomber aussi en essayant de patiner.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Sam 7 Jan - 19:32


moïra & jay
    déteste-moi si tu veux, mais je continuerai à te suivre

La fureur bouillonnait en lui, comme si le geste de l’autre Pacificateur avait ouvert des vannes pour qu’un courant de lave se déverse à présent dans ses veines, avec l’envie irrésistible de lui mettre son poing à la figure. Il n’avait pas le droit de la toucher, surtout si c’était pour l’humilier devant tout le district. Bien sûr il était mal placé pour formuler de pareilles pensées, car il avait joué le rôle déclencheur de cette situation. S’il s’était contenté de rester dans son coin, et de ricaner bêtement comme les autres à la vue de la chute de Moïra, tout ça ne serait pas arrivé, et la jeune fille aurait pu continuer à s’amuser avec ses amies. Mais il ne lui a fallu qu’un temps d’inattention sur son côté protecteur pour qu’il se jette littéralement à sa rescousse. Les excuses que Jay avait trouvé pour expliquer son comportement lui donnait envie de se mettre des claques. Jamais il n’avait pensé qu’il pouvait être comme ces êtres détestables, qui ne pensaient qu’à tuer pour le plaisir au lieu de garder la paix et la tranquillité comme maîtres mots dans les douze districts de Panem. La possibilité de se retrouver face à un rebelle était une occasion tellement compréhensible pour le gouvernement qu’il excusait même les fausses pistes et les morts inutiles que Jay comptait chaque semaine. Pas chaque jour, heureusement, il deviendrait fou dans le cas contraire. Car la plupart des morts, au mieux, c’était lui qui les provoquait. Afin d’abréger les souffrances des torturés. Entendre leur dernier soupir qu’ils poussaient, leurs yeux qui s’éteignaient dès qu’il avait appuyé sur la détente ou dans la seringue contenant de l’air, alors que quelques secondes plus tôt ils le regardaient avec un regard assassin, tout ça le hantait depuis des années. En fait, le premier mort qui revenait le plus souvent dans ses songes était son frère, porté volontaire pour participer aux Hunger Games. Juste pour amener la gloire et l’argent dans leur maison, pour que leur père soit fier de son fils ainé. Il a péri quelques jours après le commencement des jeux. Il ne l’avouait pas, et rarement à lui-même, mais la mort de son frère avait été vécut comme un traumatisme pour ce petit bonhomme qu’il était à l’époque. Voir son frère périr, la seule personne qui l’avait protégée même si ce n’était pas pour avoir sa reconnaissance, mais la sympathie de son père, avait été la chose la plus difficile à accepter. Les encouragements de toute part, les fausses larmes lors de son enterrement, tout ça l’avait mis hors de lui. La graine de la rébellion venait tout juste d’être plantée dans un coin de sa tête.

Son venin venait d’être craché pour la deuxième fois. Il savait qu’il lui faisait du mal. S’il en avait la possibilité, il se mettrait presque à genoux devant elle pour qu’elle lui pardonne tout ce qu’il avait pu lui dire. La souffrance lui était insupportable. Mais être la cause de cette souffrance lui donnait envie de hurler, de faire tomber son masque et d’être à nouveau lui. Pas cette tête à claque qu’il se forçait à être tous les jours de sa vie depuis ses quatorze ans. Le Jay qui ressentait des sentiments. Dont la seule préoccupation était de protéger les gens qu’il aimait. Mais l’uniforme blanc qu’il portait encore maintenant l’en empêchait. Il ne serait que Jay-Flynn, le Pacificateur qui préférait torturer ses victimes psychologiquement plutôt que physiquement. Pour tout le monde. Même pour Moïra. Surtout pour Moïra. S’il avait su qu’il rencontrerait cette fille, et qu’elle le détesterait autant, peut-être qu’il aurait mieux réfléchit aux conséquences de sa décision de devenir Pacificateur. Il savait qu’ils étaient cruels, sans pitié et sans humanité, mais évoluer ainsi dans leur monde tel qu’il le faisait depuis des années, ça le rendait de plus en plus malade et haineux envers ce gouvernement qui les oppressait chaque jour de leur vie. Sans se soucier que des gamins crevaient de faim dans leurs rues, ils se forçaient à vomir pour pouvoir manger plus, plus, et toujours plus de produits que ces mêmes districts se forçaient à leur donner, sous les ordres des Pacificateurs toujours à l’affut des voleurs qui pourraient y avoir. La boucle était bouclée. Mais quelle boucle abominable. Dès l’instant où il avait mit les pieds au Capitole pour son entrainement de Pacificateur, Jay s’en était vraiment rendu compte. Il savait que cette boucle existait bien avant ça, mais la voir de ses propres yeux avait été un deuxième traumatisme depuis la mort de son frère. La haine qu’il attisait contre le Capitole n’avait fait que s’accroitre dès cet instant. La graine de la rébellion avait bien germé, et s’imposait à son esprit à présent pour faire changer les choses.

Son collègue ne sembla pas être totalement satisfait de sa réponse, mais il s’éloigna néanmoins, à contrecœur, lançant un regard affamé sur Moïra. Comme si l’humiliation qu’il voulait lui donner n’allait pas tarder, et que cette fois, rien ne pourrait l’empêcher de faire ce dont il avait envie. Bien sûr, il n’en avait pas terminé non plus avec Jay. Il s’était jeté dans les ennuis avec son collègue, et il allait devoir utiliser toute l’art de la manipulation afin de lâcher les soupçons qu’il pouvait dès à présent avoir contre lui. Un frisson lui traversa l’échine. Il allait devoir faire de plus en plus attention, être à la limite de la paranoïa afin de s’assurer que tout allait continuer à fonctionner comme depuis le commencement. Il se tourna vers la foule qui les épiait depuis le début, et il lança un regard noir général, suffisamment effrayant pour les voir détourner les yeux et continuer à patiner comme si de rien n’était. Puis, il posa enfin les yeux vers Moïra. Cet incident avait donc sonné la fin des périodes de « détente » qu’il pouvait connaitre avec elle. Qui sait, peut-être serait-il suivit dès le lendemain. Il fronça les sourcils, mécontent de la tournure que prenaient les évènements. Mais après tout, il ne pouvait s’en prendre qu’à lui-même. Tout était de sa faute. Il finit par soupirer, et l’air toujours renfrogné comme il l’avait presque toujours lorsqu’il était ce Pacificateur, il passa à côté de Moïra.
    jay – Fais attention.

Lâcha-t-il en guise de dernière recommandation, qui s’appliquait évidemment pour le patinage, mais également pour les futures menaces s’il n’arrivait pas à canaliser la situation – ou pire, s’il était tué et qu’elle était livrée à elle-même. Il lui avait murmuré suffisamment bas pour qu’elle soit la seule à pouvoir entendre son conseil. Il ne lui jeta aucun regard. Il avançait sur la glace, reprenant l’air supérieur qu’il était obligé d’avoir en permanence sur le visage, zigzaguant entre les habitants du district, bien qu’ils s’écartaient d’eux même de son passage. Très vite, ses bottes s’enfoncèrent à nouveau dans la neige, et il se tourna vers le lac gelé, reprenant son poste de départ. Le vent glacial semblait lui griffer chaque partie de ses joues découvertes, il n’avait qu’une seule envie : se faire oublier, prendre Moïra avec lui et partir avant que les soupçons ne grandissent un peu trop pour les mettre tout les deux en danger. Mais pour l’instant, il était pieds et poings liés. Il sentait le regard interrogateur de son collègue un peu plus loin. Tout ce qu’il avait mit en place depuis des mois venait peut-être de partir en fumé en l’espace de quelques malheureuses secondes.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Dim 8 Jan - 14:37

jay & moïra
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Je m'étais excusée. Auprès du pacificateur que je déteste le plus. Tout cela pouvait se terminer. Il ne manquait plus qu'ils repartent à leur poste. Mais non, il fallait que l'autre pacificateur m'humilie une dernière. Ou du moins essayer de m'humilier puisque Jay l'en avait empêché. Il ne faut pas que la poupée du maire se casse. C'était ce qu'il avait dit. Mais j'avais plus l'impression que j'étais sa poupée. Son jouet. Qu'il aimait torturer, non pas physique, mais mentalement. Et il ne fallait surtout pas qu'un autre pacificateur fasse du mal à son jouet. C'était plus l'impression que j'avais. Il se comportait exactement comme un enfant qui voyait un autre enfant s'amuser avec son jouet préféré. J'avais horreur de ça. J'avais horreur de cette impression. « Fais Attention. » Ce sont les seuls mots que j'ai pu entendre avant que le pacificateur ne retourne à son poste. Et encore je ne suis pas sûre. Ce n'était qu'un murmure. Peut-être que mon imagination me jouait des tours. Ce n'était peut-être que le vent et non Jay qui venait de parler. Pourquoi me conseillerait-il de faire attention. Les pacificateurs ne font pas ce genre de choses. C'était sans doute le vent. Et puis ce qui était le plus important après tout c'était que Jay et l'autre pacificateur étaient retournés à leur poste. Je ne risquais plus rien à présent. Enfin plus rien ce n'était pas totalement vrai.

Les habitants du District recommençait à patiner comme s'il ne s'était passé. Il n'y avait cette tension lorsqu'il y avait les pacificateurs. Il y avait une tout autre ambiance qui était plus agréable. Vraiment plus agréable. Tout le monde était plus détendu. Mes amies s'étaient empressées de venir vers moi. Sans doute de peur que je tombe et que Jay revient me rattraper. Et dans ce cas, qu'il y ait encore une scène comme celle qui venait de se passer. Et personne ne voulait ça. Personne n'avait besoin de ça. On voulait juste passer un bon moment. Oublier durant un moment notre quotidien. Juste s'amuser durant une heure ou deux. Et ce que j'ai fait. Je me suis amusée. En oubliant presque l'humiliation que j'ai du subit. J'ai passé un bon moment avec mes amies. Oubliant ce qui s'était passé durant ces derniers mois. Oubliant ce qui pourrait se passer dans les prochains mois. J'étais juste Moïra Whitaker, une jeune femme de dix-huit ans, qui passait du bon temps avec ces amies qui lui apprenaient à patiner correctement. Et non Moïra Whitaker, la fille du maire du District trois qui aimait passer son temps à inventer des objets, qui s'était découvert une passion pour le piratage informatique, qui aidait les rebelles du District Treize de temps en temps et qui se faisait suivre par un pacificateur presque tout le temps. J’étais une fille tout à fait ordinaire qui ne se souciait de rien.

M’amuser. Rire. Oublier. Cela m’avait fait du bien durant ces quelques petites heures. Mais je devais rentrer. Je ne sais pas si c’était à cause de cette tempête de neige, mais j’ai l’impression qu’il faisait déjà presque nuit. Mes amies ne m’avaient pas arrêté de me demander s’il était nécessaire de me raccompagner ou pas. A croire qu’elles avaient peur qu’il m’arrive quelque chose en rentrant. Je suis venue seule et pourtant il ne m’est rien arrivé. Je suis sûre que tout cela c’est à cause de Jay. Peut-être pensaient-elles que s’il arrivait quelque chose à la poupée du maire, les pacificateurs allaient les rendre responsables. Je ne suis pas sûre qu’ils iraient jusque là. Mais ce sont des pacificateurs, on ne peut jamais être sûre avec eux. Le chemin était assez cours pour rentrer à l'hôtel de ville et pourtant il ne paraissait long. J'entendais des bruits de pas. Quelqu'un me suivait. Ou quelque chose. Mais pourtant lorsque je me retournais pour voir il n'y avait personne. C'était peut-être mon imagination qui me jouait des tours. J'avais tellement l'habitude que Jay me suit, que j'ai toujours l'impression que quelqu'un m'observe ou me suit. A cause de lui, je commençais à devenir paranoïaque. A regarder toujours autour de moi. A être plus attentive. Personne ne me suivait. C'est juste mon imagination.

Mais je continuais de marcher et j'entendais d'autres pas que les miens. Je marchais de plus en plus vite. Quelqu'un était en train de me suivre. Cela ne pouvait être Jay, il était aux lacs. Il devait certainement surveiller les derniers habitants du District qui patinaient. Mais certainement pas à me suivre. Je regardais une dernière fois autour de moi. Mais toujours personne. Je continuais mon chemin. Ou plutôt essayer de continuer. Avec toute cette neige, je n'avais pas remarqué une racine d'un arbre. J'ai trébuché, mais je me suis rattrapée avec les mains. Et dire que je ne suis pas tombée en faisant du patin. Et il fallait que je tombe en rentrant. Je me relevais tout en enlevant la neige qui était sur mes vêtements. Il y avait quelqu'un derrière moi. Je sentais sa présence.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Dim 15 Jan - 12:18


moïra & jay
    déteste-moi si tu veux, mais je continuerai à te suivre

Il ne leur fallu pas plus de deux ou trois heures pour commencer à se lasser du lac gelé sur lequel ils patinaient. Ça pouvait facilement se lire sur les visages, surtout sur ceux des enfants. Rieurs et confiants la première heure, Jay avait pu voir le changement d’humeur progressif de ces petits monstres. Et maintenant, ils étaient dans un tout autre état d’esprit. Celui du désir de rentrer à la maison, d’être au chaud autour d’un feu, se remémorant les cascades des plus téméraires, et rire à gorge déployée en se moquant des chutes. Mais bien sûr, le Pacificateur savait que cet état d’euphorie après une petite dose d’adrénaline ne durait que pendant quelques heures, et le dur retour à la réalité allait s’opérer aussi brusquement qu’un assassinat. Cette bulle de paix allait exploser, c’était inévitable. Nul ne pouvait ce cacher devant la vérité de leur situation à tous. Il voyait avec horreur les gamins crever de faim, et grandir beaucoup trop vite. Obligés le plus tôt possible d’endosser un rôle qui est bien lourd pour leurs frêles épaules. Obligés d’abandonner leurs grands rêves de conquêtes pour aller travailler dans les mines, les usines, les champs, afin de parvenir à subsister dans cette pauvreté qui les emprisonnait tous dans une réalité meurtrière. Combien de fois Jay avait-il aperçut ces pauvres enfants, peut-être orphelins pour la plupart, regarder avec envie les boutiques près de la place principale du district ? Des brioches chaudes tout justes sorties du four, embaumant les rues à proximité. Des gâteaux multicolores qui semblaient danser dans un tourbillon de gaieté pour les narguer. Des vêtements flambants neufs, que seul le plus riche d’entre eux pourrait éventuellement s’acheter, si tout son argent ne passait pas dans la nourriture, non pas pour vivre, mais pour survivre. A chaque fois qu’un gamin entrait à l’Hôtel de Ville pour réclamer le droit au tesserae, ce n’était absolument pas par joie qu’ils le faisaient – non, pas dans le district Trois. Ici, s’inscrire encore et toujours dans la liste des potentiels participants pour avoir un sac de blé et quelques litres d’huile n’était pas pour avoir plus de chance à être tiré au sort. C’était parce qu’ils étaient au bout du rouleau. Pas comme dans les districts de Carrières, là où participer aux Hunger Games est vue comme un privilège ultime. Non, au district Trois, et dans les autres districts à part le Un, Deux et Quatre, voir son nom s’inscrire à nouveau sur un bout de papier pour être jeter dans la boule en verre faisait toujours naître un sentiment de peur et d’angoisse. Jay connaissait parfaitement ce sentiment. A l’âge de quatorze ans, son nom avait été marqué une dizaine de fois. A cause de son père et de son frère qui le forçaient à retourner autant que possible à l’Hôtel de Ville. Et il se disait à chaque fois, lorsqu’il voyait le morceau de papier tomber au milieu des autres : et si la prochaine fois était la mauvaise ? Il avait finalement été tiré au sort, une fois, et il avait sentit la peur le rendre fou, hystérique. Il avait réellement pété les plombs ce jour-là. S’il en avait eu la possibilité, il se serait enfui, mais avec tous les Pacificateurs à proximité, il n’avait pas osé, et avait préféré se rendre ridicule en public. Son frère l’avait néanmoins remplacé en se portant volontaire. Bien sûr, il était à sa dernière d’éligibilité, et il fallait rattraper la réputation pitoyable que le jeune Jay avait tissé en se contorsionnant comme un délirant dans la foule. Et le résultat ? Il était six pieds sous terre, près de la maison de ses parents, au district Un. Jay était allé une fois sur la tombe de son frère. Bien qu’il se disait que son choix n’était aucunement animé par la volonté de protéger son petit frère, Jay n’arrivait pas à croire qu’il est été tué. Ce garçon, fort et courageux bien qu’orgueilleux, était tombé sous la main d’un adversaire. Le deuil avait écrasé le cœur du jeune adolescent, bien qu’il ne voulait pas le montrer. Malgré le fait qu’il détestait son frère pour avoir été manipulé par leur abruti de père, il faisait partie de sa famille, et au fond, Jay savait qu’il l’aimait. Qu’il avait passé des excellents moments auprès de lui. Qu’il l’avait protégé lorsque des gamins malveillants essayaient de le battre à l’école. Il n’était allé voir sa tombe qu’une seule fois sur sa tombe, quelques semaines après l’enterrement. Il n’a jamais pu y retourner. Peut-être que son choix de devenir Pacificateur était aussi prémédité par sa volonté de laisser ce passer douloureux derrière lui. De ne pas voir la vérité en face. Son frère était mort, et il ne reviendrait jamais. Jamais.

Il repéra d’un simple coup d’œil le départ de Moïra. Maladroitement, elle avait retiré ses patins, sans jeté un regard à Jay qui l’épiait pourtant à la dérobé, et s’était éloigné, en laissant ses amies seules. Elles par contre, le regardaient. Comme si elles avaient peur qu’il puisse retourner vers leur jeune amie. Après le scandale qu’il avait lancé malgré lui, il lui semblait normal qu’elles aient peur pour la brunette. Mais le Pacificateur regardait surtout son collègue. Ce dernier ne semblait pas avoir remarqué le départ de la jeune fille, ce qui soulageait un temps soit peu Jay. Il attendait quelques minutes, et, prenant le risque de se faire repérer, se détacha du groupe de surveillance. Il trouverait bien une excuse plausible pour expliquer son comportement. Mais il ne pouvait pas laisser Moïra seule. Pas après la boulette qu’il avait fait. Il s’insultait intérieurement. Par sa faute, la vie de la jeune fille allait devenir un enfer. Et peut-être que les faux soupçons lâchés au cœur du Quartier Général allaient se développer petit à petit en pistes sérieuses pour remonter jusqu’à Moïra. Les Pacificateurs travaillaient d’arrache-pied pour trouver l’ordinateur qui piratait la plupart de leurs informations. Ils s’étaient tournés en direction du district Treize au départ. Mais tôt ou tard, ils comprendraient que la menace faisait partie de leur district. Là, Jay n’aurait d’autre choix que de l’emmener au Treize. Il ne se faisait pas de soucis pour le reste de la famille. Il les préviendrait à temps pour qu’ils puissent s’enfuir et les rejoindre plus tard. L’ainé avait bien gagné les Hunger Games, où la survie était une seconde nature. Loreleï serait sans doute avec lui dans leur fuite. Jay s’occuperait de Moïra. Afin de séparer la famille Whitaker, afin de ne pas se faire poursuivre en un seul groupe. Jay avait le plan de leur évasion en tête depuis le jour où il avait découvert les activités de la jeune fille. Et il sentait plus que jamais que les mois à venir seraient les derniers de la famille Whitaker au sein du district Trois.

Il avançait depuis plusieurs minutes seul, pistant les traces de sa protégée. Il espérait que sa maladresse lui permettrait de gagner quelques secondes et qu’il pourrait la rejoindre à temps, avant de rejoindre la place principale. Ses pas s’allongeaient un peu plus à chaque fois, le froid lui faisait mal à la gorge et aux poumons, comme s’il avait avalé un glaçon entier. Il sentait les muscles de son visage s’engourdir. Peut-être ne serait-il même pas capable de lui sourire pour lui prouver sa sincérité. Enfin, ça ressemblerait plus à une grimace. Heureusement, le vent ne s’attaqua pas à ses jambes, ce qui lui permettait de garder la cadence. Et bien vite, il la vit. Marchant prudemment dans la neige, saluant parfois les passants qu’elle croisait. Il se cachait à chaque reprise, afin d’une part, de ne pas l’effrayer, et ensuite pour ne pas être vue par les habitants du district. Sa première volonté ne se réalisa pas néanmoins, car elle se retournait constamment et elle avait accéléré le pas. Jay sentait sa chance se volatiliser à chaque foulée de la brunette, mais heureusement, elle trébucha et se retrouva à terre. Il balaya la rue du regard. Personne. C’était maintenant ou jamais. Il s’avança, tout en regardant Moïra se relever et enlever la neige qui s’était retrouvée sur son manteau et sur son pantalon. Elle eut à peine le temps de voir son visage que Jay l’entrainait déjà près d’une rue adjacente, sombre et protégée des regards indiscrets. Elle se débattait, criait pour qu’il la lâche, mais bien vite il la fit taire en planquant sa main sur sa bouche. Ce n’était pas la peine qu’elle attire l’attention sur eux pour faire venir d’autre Pacificateur. D’une main ferme, il la retint par l’épaule, et la poussa contre un mur pour qu’elle cesse de gigoter.
    jay – Moïra, s'il te plait écoute-moi !

Il répéta cette phrase à plusieurs reprises, avec quelques variantes, néanmoins il la laissa se débattre pour la fatiguer et qu’elle cesse enfin de vouloir s’échapper. Peut-être avait-elle essayé de le mordre, mais avec ses gants, il n’avait rien sentit. Ça ne l’étonnerait pas de toute manière. Il voyait parfaitement le ras-le-bol dans les yeux de Moïra. Ses yeux brillants lui laissaient entendre qu’elle était au bord de la crise de nerf. En même temps, qui ne le serait pas s’il avait en permanence le même Pacificateur sur le dos ? Il criait intérieurement contre lui-même, mais essaya de ne rien faire paraitre. Ses yeux pourtant, reflétaient le malaise qu’il ressentait, et devant le spectacle de sa petite Moïra dans cet état, il n’avait la force que de masquer l’expression de son visage, non celui de son regard. Il regardait les rues perpendiculaires, afin d’être sûr qu’ils n’étaient pas vu. Par chance, la plupart des habitants étaient soit au lac, soit dans leur maison. Il soupira, puis sentit Moïra s’apaiser sous ses mains. Néanmoins il ne prit pas le risque de la lâcher, ou de retirer sa main de sa bouche. Il avait perdu suffisamment de temps. Il ne pouvait pas se permettre de la laisser se révolter une seconde fois.
    jay – Moïra, écoute-moi bien, je n'aurai sans doute pas l'occasion de le répéter. J'ai fais une connerie, je le reconnais. J'en suis désolé. Ta vie va être encore plus atroce par ma faute. Non, écoute-moi !

Elle essaya de lui hurler dessus, sans doute pour l’insulter, heureusement qu’il avait laissé sa main sur ses lèvres. Elle essaya également de se débattre, mais elle était bien trop fatiguée pour le faire longtemps. Il ne pouvait donc prendre connaissance de sa haine contre lui que par son regard.
    jay – Les Pacificateurs commencent à se poser des questions sur l'origine de la personne qui pirate leurs réseaux. Ils pensaient que ça venait du Treize, mais peut-être qu'ils ne mettront plus très longtemps avant de se rendre compte que le pirate vient d'ici. Alors, je veux que tu ne te promène plus jamais seule. Soit toujours accompagnée par quelqu'un, ton frère si possible. Il sait se battre, il pourra te défendre. Essaye d'être toujours avec des amies, et d'avoir un garçon dans le groupe. Ne traine plus dans les rues, à cause de ma boulette de tout à l'heure l'autre Pacificateur va essayer de trouver un moyen pour te piéger et t'humilier. Reste chez toi le plus possible. J'essayerai de disperser les soupçons, mais il faut que tu sois toujours sur tes gardes à présent.

Il priait pour qu’elle le croie. Il avait lâché des tonnes d’informations sur lui, il n’aimait pas ça, mais s’il était nécessaire d’en arriver là pour la mettre en garde, alors il ne regretterait pas ce morceau de voile. Il voyait l’incompréhension dans les prunelles de Moïra, et là, Jay prit un nouveau risque. Celui de retirer sa main de la bouche de sa protégée.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Sam 21 Jan - 12:49

jay & moïra
and every time I look inside in your eyes you make me wanna die

Je sentais cette présence. Quelqu'un était là. Derrière moi, mais je n'y prêtais pas attention. Je commençais à enlever la neige qu'il y avait sur mon manteau. Peut-être que ce n'était que mon imagination une fois de plus. Qu'il n'y avait rien, ou personne derrière moi. Je ne m'étais à peine avancée d'un seul pas que je sens quelqu'un m'attraper. Sur le coup, je n'avais pas compris ce qui était en train de se passer. Je n'avais même pas eu le temps de voir qui m'avait attrapé de cette manière. En fait, la seule chose à laquelle je pensais était qu'il fallait que je trouve un moyen de me libérer de l'emprise de cette personne et de rentrer au plus vite chez moi. Je me débattais de toutes mes forces pour pouvoir partir, mais je n'y arrivais pas. Peut-être que si j'appelais à l'aide, quelqu'un viendrait me sauver. Je suppliais cette personne de me laisser partir, mais bien vite sa main se retrouva sur ma bouche pour qu'aucun son ne puisse sortir. Mais je continuais quand même de crier. Puis il m'immobilisa contre le mur pour que je cesse de bouger. Chose que je continuais. Peut-être qu'au bout d'un moment, il en aura marre et me laissera partir. « Moïra, s'il te plait écoute-moi ! » Cette voix. C'est en entendant cette voix que j'ouvris immédiatement les yeux. Ce n'était donc pas mon imagination. Il m'avait suivi, mais pourquoi ? Au lac, il avait eu ce qu'il voulait après tout. Il pouvait me laisser partir. Rentrer chez moi tranquillement, alors pourquoi faisait-il ça ? Je n'écoutais pas ce qu'il disait. Je me débattais toujours, ou du moins j'essayais. Il devait certainement me parler. Mais je n'écoutais pas. J'étais bien trop occupée à essayer de m'échapper. J'essayais de crier, mais personne ne devait m'entendre. J'essayais de le mordre, mais je suis sûre qu'avec ces gants, il ne devait rien sentir, alors tout ce que je faisais ne servait strictement à rien. Je me vidais de mes forces, tout simplement. Et pourtant je continuais.

Il continuait de me parler. Même si je continuais de bouger pour pouvoir m’échapper de son emprise. Je ne l’écoutais qu’à moitié, mais je l’écoutais quand même. «Moïra, écoute-moi bien, je n'aurai sans doute pas l'occasion de le répéter. J'ai fais une connerie, je le reconnais. J'en suis désolé. Ta vie va être encore plus atroce par ma faute. Non, écoute-moi ! » Je le regardais droit dans les yeux. Ma vie encore plus atroce ? Elle n’était atroce que lorsqu’il me suivait. C’est tout. Sinon j’avais une vie tout à fait normale pour un habitant du district. Je ne comprenais pas ce qu’il était en train de me dire, ou plutôt d’essayer de me faire comprendre. Allait-il me suivre encore plus ? Si, c’est cela je ne vois pas comment. Déjà que j’ai l’impression qu’il me suit à chaque pas que je fais. Peut-être allait-il me suivre même chez moi maintenant. Non c’était impossible, il ne pouvait pas faire ça. Je m’étais calmée pour comprendre ce qu’il était en train de me dire, mais j’essayais toujours de me libérer de son emprise. Mais il continuait de me parler quand même. « Les Pacificateurs commencent à se poser des questions sur l'origine de la personne qui pirate leurs réseaux. Ils pensaient que ça venait du Treize, mais peut-être qu'ils ne mettront plus très longtemps avant de se rendre compte que le pirate vient d'ici. Alors, je veux que tu ne te promène plus jamais seule. Soit toujours accompagnée par quelqu'un, ton frère si possible. Il sait se battre, il pourra te défendre. Essaye d'être toujours avec des amies, et d'avoir un garçon dans le groupe. Ne traine plus dans les rues, à cause de ma boulette de tout à l'heure l'autre Pacificateur va essayer de trouver un moyen pour te piéger et t'humilier. Reste chez toi le plus possible. J'essayerai de disperser les soupçons, mais il faut que tu sois toujours sur tes gardes à présent. » Je ne bougeais plus. Les pacificateurs enquêtaient sur le pirate ? Mais c'était juste une passion à la base. Un passe-temps. Je ne faisais pas ça pour m'attirer des ennuis. C'est vrai que les quelques missions, enfin ce n'était pas vraiment des missions, que pouvait me donner le Treize pouvait m'attirer des ennuis, mais je n'ai touché qu'une seule fois le réseau des pacificateurs. Ou peut-être deux. Mais ce n'était rien de méchant. Je voulais juste savoir si je pouvais essayer de le pirater c'est tout. Jay devait penser que je m'étais calmée, puisqu'il avait retiré sa main de ma bouche. J'étais libre de parler à présent. Enfin, si j'en avais encore la capacité. Je devais certainement plus avoir de voix après avoir essayé un nombre incalculable de fois de me faire entendre malgré sa main sur ma bouche. Et puis je pouvais aussi reprendre ma respiration.

Il me tenait toujours. Peut-être avait-il peur que je m'enfuis en courant et de ne pas avoir fait attention à ce qu'il avait dit. Qu'il fallait que je comprenne que ses mises en gardes étaient réelles. D'ailleurs ce n'était pas le comportement d'un pacificateur ordinaire. J'avais presque l'impression qu'il me protégeait. Un autre pacificateur m'aurait sûrement arrêté s'il avait découvert ce que je faisais. Il aurait sans doute même été fier de ça. Attraper la fille rebelle du maire. Cela aurait été un bon exemple pour ce qui ne faut pas faire pour les habitants du district trois, mais lui non. Justement, il faisait attention pour que les autres pacificateurs ne m'attrapent pas. J'ai longtemps pensé qu'il faisait ça juste pour avoir le privilège de me dénoncer. D'être celui qui me dénoncera. Et là, il m'a clairement dit qu'il ne fallait pas que je sorte à moi, que je ne sois accompagnée. J'étais complètement perdue. Et je crois que ça pouvait se lire dans mon regard. « Pourquoi tu fais ça ? On dirait que tu me protèges ... Pourquoi ? » Il devait avoir une raison. Peut-être qu'il attendait juste le bon moment pour attraper un maximum de rebelle après tout.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Lun 13 Fév - 23:14


moïra & jay
    déteste-moi si tu veux, mais je continuerai à te suivre

Il prenait un terrible risque en libérant enfin la bouche de la jeune fille. Il n’avait pas peur qu’elle hurle à gorge déployée, pour qu’un habitant vienne à sa rescousse – chose qui n’arriverait sans doute pas d’ailleurs – et encore moins qu’elle n’essaye encore une fois de le frapper, comme lors de leurs deux précédentes rencontres. Oh non, Jay ne craignait absolument pas tout ça. Il savait qu’il pourrait y faire face en jouant une énième reprise la carte de la manipulation qu’il utilisait tellement souvent depuis quatre ans. On peut dire qu’il était passé maître dans cet art, bien qu’il ne l’appréciait guère. Il ne s’en servait que pour protéger les rebelles et induire les Pacificateurs en erreur. Cela faisait partie du travail qu’il s’était lui-même confié à ses dix-huit ans, quand il a décidé de revêtir cet uniforme qui le rendait malade, afin d’aider les rebelles dans cette seconde révolution qui se préparait sous le nez de Snow. Cet infâme Snow. Bien sûr qu’il voudrait le tuer. Comme toutes les personnes qui avaient perdues un être cher dans ces Jeux abominables et barbares. Il avait eu la chance d’en réchapper. Pas par un acte de loyauté de son frère ainé, oh non. Par son désir d’être reconnu, célèbre, et d’être quelqu’un dans les yeux de leur père. Il ne voyait pas l’abomination de cette cérémonie d’ouverture, où tous les tributs défilaient sur les chars, vêtus de parures toutes plus éblouissantes les unes que les autres, essayant de convaincre les téléspectateurs de tout Panem à quel point ils sont fiers de se retrouver ainsi lancés à la porte de la mort, martyrs d’une guerre qui ne les concernaient pourtant plus. C’était surtout les carrières qui diffusaient un tel message de fierté. Les autres avaient réellement l’air apeurés. Les pires, c’étaient néanmoins ceux âgés de douze ans. Chaque année, lorsqu’il y en avait, Jay sentait sa mère tressaillir. Il savait qu’une de ses amies d’enfance, sa meilleure amie à vrai dire, avait été tirée au sort à cet âge-là. Elle n’avait pas eu le courage de se porter volontaire à sa place. Jay pouvait très bien la comprendre. Lorsqu’il avait été choisi, il avait senti la peur anesthésier tous ses sens. Il était tétanisé les premières secondes, avant de commencer à perdre la tête. Il avait conscience de la culpabilité que sa mère s’obligeait à porter tous les jours de sa vie depuis cette fameuse Moisson. Son amie était morte dès le premier jour, égorgée par le tribut provenant du district Un, lui aussi. Ils n’avaient pas lu la pitié dans ses yeux, ni même une pointe de regret, malgré le fait qu’il ait passé presque une semaine avec elle. Il faisait lui aussi parti de ces hommes qui laissaient vivre ses démons au grand jour. Il aurait fait un très bon Pacificateur, s’il n’avait pas été tué par le gagnant de cette édition. Justice avait été rendue pour la mère de Jay et pour la famille de son amie, en quelque sorte.

Non, ce qu’il craignait vraiment, c’était une question sur la raison de ses nombreuses mises en garde. Depuis des mois le jeune homme ne cessait de lui en faire, de manières aussi discrètes que possible. Mais à chaque fois, son sentiment de satisfaction était détruit par des rumeurs sur un pirate qui aurait touché au réseau des Pacificateurs du Trois. Alors, il redoublait de vigilance, et recommençait à menacer Moïra, bien qu’il détestait ça, pour qu’elle fasse elle-même bien plus attention qu’auparavant. A présent, cependant, elle aurait sans doute des questions sur lui, maintenant qu’il lui avait dit clairement qu’il pouvait couvrir ses arrières encore quelques mois. Donc, qu’il allait passer son temps à la protéger. Lui, qu’elle détestait tant. Qui avait été odieux avec elle. Qui faisait tout pour lui faire vivre un enfer. Finalement, ce pourrait-il qu’il fasse tout pour la maintenir en vie ?
    moïra – Pourquoi tu fais ça ? On dirait que tu me protèges ... Pourquoi ?

Jay sentit son cœur s’arrêter un instant, et se comprimer dans sa poitrine. Il resserra son emprise sur Moïra, pas jusqu’au point de lui faire mal, mais elle pouvait sentir son étreinte devenir un peu plus forte sur son bras. Que pouvait-il bien lui répondre ? Qu’il n’était pas un vrai Pacificateur et qu’il travaillait en réalité pour le bon déroulement de la rébellion ? Elle ne le croirait surement pas, et de toute manière il sentait que c’était beaucoup trop tôt pour lui dire la vérité. Le moment venu, il lui dirait tout. Mais pas maintenant. Sans doute attendrait-il la nuit de leur fuite pour lui avouer sa véritable motivation à porter cet uniforme qui n’aspirait que la malveillance et la méfiance envers les habitants de Panem. Devait-il donc lui mentir encore ? Lui dire que c’était pour l’attraper la main dans le sac, pour recevoir une récompense digne de ce nom ? Sans doute que c’était ça qu’elle pensait. Après tout, les Pacificateurs sont là pour faire régner cette tyrannie vieille de plus d’un siècle, en étouffant chaque espoir de changement dans une poigne de fer. Mais là aussi, il sentait que ce n’était pas la bonne solution, bien que ce fût dans la voie des idées de la brunette. Lui mentir encore serait dresser une barrière plus grande entre eux, et donc cela pourrait devenir difficile pour la suite. Il était perdu. Il détacha quelques instants ses yeux des prunelles de Moïra pour se concentrer sur un point invisible sur le mur derrière elle. Il pouvait également guetter les bruits de la rue à côté d’eux, et essayer de percevoir le bruit familier des semelles des Pacificateurs sur la neige. Mais il n’entendit rien de dangereux. Il reporta donc son attention sur la jeune fille, qui continuait de le fixer avec ce regard d’incompréhension. Cela devait être l’une des premières fois qu’elle ne le regardait pas avec son regard haineux, ne désirant qu’une seule chose : qu’il lui arrive quelque chose à chaque fois qu’il s’approche d’elle. Désireux de le frapper jusqu’à ce qu’il regrette tout ce qu’il ait pu lui dire, et qu’il la laisse enfin en paix. Il aurait pu en rire, si la situation ne demandait pas une attention particulière. Après tout, leur vie était en jeu.
    jay – Tout ce que je peux te dire c'est que... l'habit ne fait pas le moine.

Lui révéler ainsi une partie de la vérité pouvait paraitre risquer – c’était risquer. Mais que dire d’autre ? Après tout, elle avait le droit de savoir qu’elle avait un ange gardien qui veillait sur elle, autre que son père ou son frère. Même si pour elle, cet ange-là ressemblait plutôt à un démon près à tout pour aspirer le moindre souffle de vie qu’elle pouvait avoir, la tuer à petit feu. Il était néanmoins temps qu’elle prenne conscience qu’ils étaient dans le même camp, bien que ses dernières paroles pouvaient très bien être interprétées autrement, dans cet esprit torturé par la mort de son meilleur ami, convaincue que le moindre Pacificateur était né pour faire régner la terreur, et surtout empoisonné par la haine qu’elle entretenait contre lui. Malgré tout, il espérait qu’elle allait réfléchir à tout ceci, et comprendre par elle-même le nœud de sa motivation.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Mar 21 Fév - 17:51

jay & moïra
and every time I look inside in your eyes you make me wanna die

Je savais qu'il prenait un risque en enleva sa main de ma bouche. Après tout, je pouvais crier à l'aide. Même si j'étais certaine que personne ne viendrait me secourir. Après tout, quelle personne saine d'esprit viendrait aider une personne qui est aux mains d'un pacificateur, même si cette personne est la fille d'un maire. Qui serait fou pour faire cela. Peut-être quelqu'un qui a des tendances suicidaires sans doute. Il y avait bien trop de risque à faire cela, alors crier pour qu'on vienne l'aider ne servirait à rien, à part peut-être à m'épuiser mais c'est tout. Je ne bougeais plus. Je restais calme. Peut-être qu'avec un peu de chance il allait me lâcher. D'accord peut-être pas un peu, mais beaucoup de chance, car je n'ai pas l'impression qu'il ait envie de faire ça. Après tout, il pourrait enfin m'emmener au quartier des pacificateurs. Il pourrait enfin me dénoncer et non me mettre en garde. Me libérer de son emprise est bien trop risqué. Je pourrais m'enfuir et rentrer chez moi. Non, c'est ce que je ferais. S'il me libère, je ne réfléchirais pas pendant deux heures, je m'enfuirais le plus possible. Je me mettrais à courir le plus vite possible pour qu'il ne me rattrape pas. Mais il ne me lâchera pas. Je suis même sûre et certaine qu'il serait capable de raccompagner à l'hôtel de ville. De toute façon, même s'il ne m'accompagne pas, il va me suivre pour savoir si je suis bien rentrée. Il me raccompagnait en quelque sorte.

Je continuais de le fixer, après tout je n'avais que ça à faire puisque je ne pouvais pas partir. J'attendais une réponse. Pourquoi me mettait-il toujours en garde ? Il avait déjà eu plusieurs occasions de me dénoncer. Pourquoi ne m'avait-il pas emmené au poste des pacificateurs ? Tous les autres auraient fait cela. Attraper des rebelles et les emmener là-bas, c'est ce qu'un pacificateur ordinaire ferait. Mais lui non. Il me mettait juste en garde. Il me menaçait à chaque fois de me dénoncer. Et bien évidemment à chaque, il ne me dénonçait pas, mais il recommençait à me mettre en garde. C'est toujours pareil. Et cela, depuis la mort de Finley aux jeux. Peut-être qu'il me suivait depuis un peu plus longtemps. Mais ce n'est qu'à partir de ce moment-là que je me suis rendu compte qu'il y avait quelque chose d'étrange dans son comportement. Qu'il était toujours en train de me suivre. Mais lorsque je lui ai demandé pourquoi il faisait ça, que j'avais l'impression qu'il me protégeait, il avait l'air différent. Il était certainement surpris. Peut-être qu'il s'attendait à une autre réaction de ma part. Et certainement pas à cette question. Je ne sais pas si c'est à cause de cette question, mais le pacificateur me tenait encore plus fort. Au point de me faire mal au bras. Et je suis sûre qu'à cause de ça, je vais avoir un bleu sur le bras. Mais peu importe la douleur, j'essayais de ne pas montrer à quel point cela pouvait me faire mal. Je voulais juste avoir une réponse rien de plus.

« Tout ce que je peux te dire c'est que... l'habit ne fait pas le moine. » Etait-il vraiment sérieux ou c'était une sorte de blague que les pacificateurs aimaient faire ?! L'habit ne fait pas le moine. Ce que je voulais c'était une expression, qu'il m'explique pourquoi il avait l'air de me protéger Pas une expression. Peut-être qu'il me mentait. Peut-être qu'il essayait juste de m'embrouiller. Ou peut-être qu'il essaye juste de gagner ma sympathie. Qu'il disait ça pour que je pense qu'il est aussi de mon côté, du côté des rebelles. Et au moment voulu, il m'attrapera ainsi que d'autre rebelle. Il nous emmènera au quartier général des pacificateurs. Et là, je ne préfère même pas savoir ce qui pourrait arriver. Même si j'en ai une petite idée. J'ai déjà entendu des histoires sur des personnes, que ce soit des rebelles ou des innocents, qui sont emmenés là-bas. Et il était question de la même chose dans les récits que j'ai pu entendre. La torture. On les torturait là-bas. Pour qu'ils dénoncent d'autres rebelles. Et s'ils n'en connaissaient pas, ils dénonçaient alors des innocents qui subiront eux aussi la même chose. Cela me faisait penser à une histoire similaire que j'ai pu lire dans des livres d'histoire. La chasse aux sorcières à Salem. Cela remonte à quelques siècles maintenant mais c'est la même chose. A cette époque, les personnes dénonçaient n'importe qui, généralement d'autres personnes avec qui ils avaient un différend, de sorcellerie et étaient torturé et généralement mourraient à cause de ces tortures. Un peu comme maintenant. Les rebelles sont un peu les sorciers de notre époque. On les chassait. Plutôt les pacificateurs les chassaient. Ce qui était ironique après tout. Après tout à Salem, ils chassaient les sorcières parce qu'ils pensaient qu'elles étaient l'incarnation du mal. Et là, les pacificateurs chassaient les rebelles parce qu'ils veulent libérer Panem de la dictature qu'il y avait.

« L’habit ne fait pas le moine … Je ne veux pas d’une expression en guise de réponse. Je veux juste savoir clairement pourquoi tu ne me dénonces pas. » Je continuais de le regarder. C’est sans doute la première fois que je le regardais en ne ressentant pas de la haine pour lui. J’étais justement perdue. Ce qu’il m’avait dit, me perturbais plus qu’autre chose. Je voulais une réponse précise. Et je n’allais pas le lâcher. Quand je veux savoir quelque chose, je fais tout mon possible pour obtenir l’information. Cela prendra peut-être du temps, mais un jour je saurais pourquoi il fait tout ça. Et de nature pas très patiente, j’aimerais que ce jour arrive le plus tôt possible.
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MessageSujet: Re: MOÏRA&JAY Toujours dans son ombre   Ven 13 Avr - 1:51


moïra & jay
    déteste-moi si tu veux, mais je continuerai à te suivre

Un animal sauvage. Voilà comment elle se comportait avec lui. Comme un animal sauvage, qui se sentait constamment en danger, menacé par ces Pacificateurs qui la traquaient pour avoir piraté un de leurs réseaux. Jay faisait parmi de ces menaces mortelles auprès desquelles elle ne devait surtout pas s’enticher. Ca le rendait malade qu’elle ne le voyait qu’à travers ce costume, et qu’elle n’essayait pas de voir plus loin que ce blanc immaculé souillé par tant de sang d’innocent. Tant de fois il aurait pu tout lui avouer, lui dire qu’ils étaient du même côté, mais à chaque reprise il ravalait ses paroles, et se protégeait derrière ce masque de cruauté. Sans doute que la situation n’aurait pas été si compliqué s’il avait pris la peine de lui expliquer ses réelles motivations, ses réelles opinions sur ce système qu’il détestait tellement. Peut-être ne le verrait-elle plus comme un ennemi, mais plutôt comme un allié, voire même un ami. Non, là il en demandait bien trop. Elle, le voir comme un ami ? Il lui faudrait plusieurs années pour y arriver, c’était certain. Elle avait tellement de rancœur contre lui qu’elle n’arriverait peut-être même pas le voir comme une bonne connaissance. Il espérait vraiment faire changer les choses entre eux. Être sa source de souffrance exclusive le rongeait de l’intérieur, il lui arrivait de ne pas pouvoir dormir la nuit à cause des atrocités qu’il a pu lui dire durant la journée. Elle le rendait tellement sensible, sous cette carapace de Pacificateur sans pitié… Et le pire, c’est qu’elle ne s’en rendait pas compte. Ou peut-être qu’elle ne le désirait pas.

« L’habit ne fait pas le moine … Je ne veux pas d’une expression en guise de réponse. Je veux juste savoir clairement pourquoi tu ne me dénonces pas. » Eh merde. Jay avait eu vent du tempérament impatient de la jeune fille, mais il ne s’attendait pas à ce qu’elle en use avec lui. Il devait l’avouer, il s’attendait à la voir pétrifiée, abasourdie, et il aurait pu partir simplement, en surveillant tout de même les alentours pour vérifier si son collègue n’allait pas débarquer dès la seconde où il l’aurait quitté. Cependant, cette idée était tellement illusoire. Il la connaissant pourtant, ce petit bout de femme qui ne se laissait pas faire à la moindre contrariété. Sa joue en avait fait les frais d’ailleurs. Il en souriait toujours lorsqu’il se rappelait de cette gifle mémorable qu’elle lui avait collée un jour, après qu’il ait insulté la mémoire de son meilleur ami fraichement mort durant les Hunger Games. Elle n’était pas du genre à avoir sa langue dans sa poche dans certaine situation, c’était ce qui pourrait les handicaper une fois arrivé au Treize, mais il se refusait de penser à ça maintenant, puisqu’ils étaient encore prisonniers au Trois. Du moins, il ne pensait pas être libéré une fois qu’ils auront quitté le District, bien au contraire. Partout dans Panem ils seront prisonniers par cette société barbare et cruelle. Il fallait juste prier pour que le district dans lequel ils vivaient soit le moins réprimé de tous, et le plus apprécié par le Capitole, c’est-à-dire dans les premiers. Ce qui n’empêchait pas leurs habitants de mourir de faim, et que leurs enfants soient envoyés en enfer.

Jay serra les dents, et une veine apparue sur sa tempe. La tension était à son comble, il ne savait absolument pas comment lui répondre, comment réagir. Il ne pouvait supporter longtemps le regard de Moïra, il le déstabilisait, alors à chaque fois qu’il le croisait, il le défiait durant quelques secondes avant de fuir vers une fissure sur le mur derrière elle. Elle savait ce qu’elle voulait, et elle voulait l’obtenir tout de suite. Ou du moins le plus tôt possible. Mais comment lui dire que tout ce qu’elle a toujours cru était fondé sur une manipulation totale ? Qu’il mentait à tout le monde depuis le début, et qu’elle ne faisait partie de cette masse trompée par la perversité de son plan suicidaire ? Car oui, son plan était suicidaire. Si jamais un Pacificateur trouvait une faille dans sa carapace, il pouvait faire ses adieux à sa mère, même s’il n’en n’aurait certainement pas l’occasion. Il ne pouvait même pas espérer recevoir une sépulture descente. Non. Il serait sans doute jeté dans la fosse où tous ces traitres de rebelles reposaient, sans qu’ils ne puissent un jour trouver le repos, et où les familles ne pouvaient se rendre pour leur rendre un dernier hommage. Combien de fois il avait vu des innocents y être conduit. Il ne les comptait plus. Et à chaque fois, une partie de lui-même se disait que la prochaine fois, ça serait peut-être son tour. Il vivait constamment dans une peur panique de la mort, même s’il refoulait cette angoisse jusque dans son sommeil. Il avait autre chose à faire qu’à penser à sa mort qui viendra de toute façon d’une manière ou d’une autre, un jour ou l’autre : il se devait de protéger Moïra. Il avait décidé de la maintenir en vie, et c’est ce qu’il ferait jusqu’à ce qu’on lui tire une balle dans la tête. Peut-être qu’elle le remerciera. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, elle n’était pas vraiment d’humeur à le considérer avec gentillesse. Il devenait une intrigue de plus en plus complexe à élucider, et il sentait que ça l’énervait. Il recroisa son regard, et soudain, il décida de lui dire. Tout lui dire. Cependant, il entendait parfaitement les pas près d’eux, et le fait d’être entendu était quelque chose qui ne lui convenait pas du tout, surtout si c’était pas un de ces habitants qui voulaient se faire bien voir par le Capitole et qui donnaient des noms aux Pacificateurs dès qu’ils en avaient l’occasion. Jay se pencha vers Moïra, et lui murmura à l’oreille, aussi doucement qu’il le pouvait. « Pas ici. Ce soir à minuit, retrouve-moi aux Lacs, il y a moins de chance de se faire entendre. Moïra, fais-moi confiance, je suis de ton côté. » Lorsqu’il se redressa, il la fixa dans les yeux pour lui prouver qu’il ne lui mentait absolument pas. Puis, il lâcha son bras, et comme si de rien n’était, s’écarta de la jeune fille, et retrouva la rue animée du district, aux aguets cependant, pour voir si quelqu’un les avait entendu. Heureusement personne ne sembla prêter attention à sa présence, et il s’avança avec un pas nonchalant, jusqu’à l’Hôtel de Ville. Il espérait vraiment avoir gagné suffisamment sa confiance pour pouvoir tout lui expliquer le soir-même. Ainsi, peut-être que leur fuite serait plus aisée.
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