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 ZOÉ&ALEXIANE ► until the very end l J7

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MessageSujet: ZOÉ&ALEXIANE ► until the very end l J7   Dim 4 Déc - 14:29


Je suis exténuée. Je suis exténuée physiquement de courir à travers les arbres, les marécages et les nombreux pièges laissés au sol. Courir, sauter, détourner. Droite, gauche, saut. Ce sont les seuls mots qui apparaissent dans ma tête. Je n'ai plus souffle, mes jambes tremblent et j'ai l'impression que je vais vomir. Je perds de la vitesse à chaque pas sur mes pieds torturés par le chemin que je prends. J'ai senti une drôle de pression tout à l'heure durant ma course, mais je ne m'y suis pas attardée. L'amazone peut encore être derrière moi, prête à venir m'égorger et me torturer durant des heures, comme elle l'avait fait avec cette autre tribut que j'avais rencontrée. Ever. Elle venait de mourir torturée sous mes yeux. J'entendais encore sa voix, ou plutôt ses hurlements déchirants, raisonner dans ma tête. Premier coup de canon. Je continue de courir. Ce coup, j'en suis sûre, est pour Ever. Pour qui d'autre, sinon ? Je continue ma course, me rattrapant plusieurs fois aux arbres qui m'entouraient, alors que j'étais prête à m'effondrer. Deuxième coup de canon. C'est probablement le garçon à l'oeil crevé que j'ai offert à l'amazone pour pouvoir m'échapper. Il intervient rapidement, ce qui veut dire que ce garçon n'a pas souffert durant de longues minutes, comme ce fut le cas avec Ever. La créature va se remettre à mes trousses. Je dois quitter cette zone au plus vite. Troisième coup de canon. Je tente de me rappeler des tributs encore en lice, mais je ne parviens à me souvenir que de deux prénoms, Catalina et Zoé. Au fond de moi, j'espère que c'est l'une d'elle. Je ne veux pas me battre contre Zoé, bien qu'elle soit affaiblie, et je n'ai pas intérêt à tomber sur Catalina, qui a une forme incroyable par rapport à ses autres concurrents. J'entends des pas derrière moi. L'amazone a-t-elle recruté d'autres créatures pour venir m'achever ? Quatrième coup de canon. Je tente d'augmenter mon rythme, mais je souffre. Mon pied me fait affreusement mal, je n'ose pas regarder dans quoi j'ai marché. Mes bras et mes mains sont mutilées par les nombreuses branches qui m'ont effleuré, ainsi que mes tentatives à ne pas m'effondrer par terre. Cinquième coup de canon. C'est beaucoup, pour une seule journée. Je m'interroge sur les juges et ce qu'ils ont pu tendre comme piège pour avoir autant de morts. Mes interrogations ne durent qu'une seule minute, avant que j'aperçoive le décor qui s'offre à moi. Il a changé. Ce qui veut dire que j'ai enfin réussi à quitter le coin des amazones. Je jette un bref coup d'oeil derrière moi. J'y découvre quelques silhouettes qui font demi-tour et disparaissent entre les arbres. Je suis contente de savoir que je vais enfin pouvoir souffler. Mais ce n'est pas le cas. Une odeur suspecte s'approche de moi, tandis que les végétaux semblent faner les uns après les autres. Je n'ai pas le temps de reprendre de l'oxygène, que je repas en courant. La course me semble interminable. Je suis épuisée, mais je continue de me battre. Ce serait une mort facile, pourtant, d'être empoissonnée. Ce serait calme et paisible, tout le contraire ce que peuvent m'offrir les autres tributs. Mais je ne peux pas. Le district onze compte sur moi. Et j'apparaîtrais bien trop lâche pour eux de simplement m'asseoir là, et d'attendre que le poison fasse effet. Je ne me serai pas battue pour rentrer chez moi. Ce serait une honte, pour eux comme pour moi. Je tombe plusieurs fois dans ma course, je goûte à une odeur de sang de ma bouche. Mais je trouve la force de me relever, et de continuer encore et encore à courir. J'étais persuadée de m'effondrer avant de quitter la zone, et de mourir de fatigue. Malgré tout, le décor change une nouvelle fois. Une mer apparait dans mon champ de vision. Je me retourne. La fumée grise à moitié transparente disparait peu-à-peu. J'ai réussi. Cependant, je ne dois pas m'arrêter sur cette victoire. J'attends le nouveau plan des juges pour me faire avancer. J'attends, mais rien ne vient. Et je comprends. Le puzzle se met en place dans ma tête. Je me laisse alors tomber au sol, posant ma main sur mon front. Persécutée, je suis obligée d'avancer. De nombreux coups de canon, ce qui signifie de moins en moins de tributs en lice. Un paysage familier. De l'eau, ce que j'adore. Zoé aussi, d'ailleurs. Je réalise. Il ne reste plus que Zoé et moi en lice. Nous adorons l'eau. Nous allons nous entretuer dans un décor familier, apaisant et apprécié pour nous deux. Afin que les Jeux nous dégoûtent encore plus de notre victoire.

Je suis exténuée mentalement. Je suis fatiguée de me battre, d'être un jouet aux yeux du Capitole. D'avoir tué tous ses innocents. D'avoir leur sang sur les mains. Au Capitole, je suis sûre que les gens doivent se dire que cette aventure m'a forgé un caractère et que je serai ainsi plus mature. Il est temps, à presque dix-huit ans, de découvrir la noirceur du monde et d'arrêter de positiver comme je le faisais. Ils doivent bien rigoler, tous ses abrutis du Capitole. ''Nous avons transformé la fragile et innocente jeune fille du onze en une tueuse sanguinaire et sans pitié ! Champagne !''. Je soupire et décide de terminer le paquet de biscuit que j'étais parvenue à prendre à la Corne d'abondance. Il me sera d'aucune utilité dans quelques instants, quand Zoé aura été poussée à me rejoindre. Autant le finir et gagner des forces avant l'ultime combat. Je retrace mon parcours depuis une semaine. J'avais tué dès le premier jour, et un gamin de pratiquement quatre ans de moins que moi. Je lui avais brisé la nuque, pour impressionner les caméras et jouer mon rôle avec Zoé. J'étais parvenue à fuir grâce à son aide, et je m'étais perdue dans le labyrinthe pendant ... presque tout le deuxième jour. Après avoir enfin trouvé la sortie de ce piège, je m'étais reposée contre un arbre. J'avais entendu quelques bruits. Et j'avais poignardé l'auteur de ses bruits. La plus jeune tribut de l'arène. Malgré tout, elle n'était pas morte. Et je l'avais donc poignardée à trois autres reprises pour enfin la soulager et entendre le bruit du canon. J'avais fait connaissance avec son co-tribut. J'avais des frissons rien qu'en repensant à la scène. Lorsqu'il m'avait battue avec une colère intense. Si les amazones - encore elles ! - n'étaient pas arrivées, il m'aurait probablement battue à mort. Après cela, j'avais rencontré Zoé et Kathleen, mes deux alliées. Nous nous étions accordées un moment de répit, avant que des carrières débarquent. J'avais pu tuer l'un d'entre eux. Une jeune fille, Rhona si mes souvenirs sont bons. J'avais fait connaissance de ma pire ennemie, la Juliette du six. Elle est morte désormais. Nos dialogues haineux avaient dû plaire au Capitole. Nous avions assuré le spectacle ! Encore plus quand j'avais tué son compagnon peu après m'être rendue au festin. Une dernière rencontre avec Zoé afin d'enterrer notre alliance, la première rencontre avec Ever qui était morte devant moi, et me voilà, en finale. C'était assez étonnant d'ailleurs. Moi, la petite tribut du onze qui n'avait eu qu'un six à l'entraînement. J'avais réussi à tuer plus fort que moi, pour me retrouver si près du but. Je ne peux pas échouer, pas maintenant. Cela fait des années que le district onze n'avait pas été aussi loin dans les Jeux. Ils comptent sur moi. Et je voulais revoir les gens que j'aimai. Premièrement, Avery, mon cher frère qui a probablement dû passer des nuits blanches à prier pour que je m'en sorte. Ensuite mes amis proches, comme Ezea. Surtout lui. Si seulement j'avais pu avoir une conversation sincère avec lui. J'avais tellement de choses à lui dire. Je repensai à Amanda ou Kamaria, qui devaient probablement espérer devant leur téléviseur. Je regagnai un peu de confiance et d'espoir. J'avais une motivation supplémentaire. Mes hallucinations dérangeantes devenaient soudainement plus agréables, puisque je voyais les personnes qui m'étaient chères au lieu des tributs que j'avais tués. J'eus fini mon paquet de biscuit et je mangeai les dernières baies que j'avais trouvées. Mon ventre ne gronde plus, ce qui est une sensation fort agréable.

J'énumère ensuite mes blessures avant de commencer l'ultime combat. Tout d'abord mon visage. Battue par Skyler le deuxième jour, il est toujours douloureux au toucher, mais semble avoir légèrement dégonflé. Je dois avoir repris figure humaine, du moins je l'espère. Je ne veux pas être déformée pour mon retour au district onze, que ce soit dans un cercueil ou sur un chariot de la victoire. Ma tête me fait affreusement mal. J'étais tombée dessus à deux reprises. J'avais parfois des vertiges, mais ce n'était pas là où j'avais le plus mal. Non, c'est ma main qui me fait le plus souffrir. Celle où cette stupide tribut du six m'avait arraché un doigt. Mon bandage est couleur sang séché. J'ai affreusement mal à chaque mouvement. Une infection est probablement en train de se propager et de me priver de l'usage entier de ma main. Super. Je jette un coup d'oeil à mon pied. Ce que je craignais était arrivé. J'avais marché dans un piège. Je retirai quelques lames en métal, puis j'éponge le sang à l'aide de mon gilet. Mes bras sont en feu, lacérés par de multiples branches d'arbres. Je saigne peu, mais j'ai une grande quantité de cicatrices. Je sors ma gourde et boit le dernier litre d'eau qu'elle contient. Puis j'attends. J'attends en préparant mes armes. Mon poignard, les flèches d'Ever ainsi que son arc transformé en lance. Je reste assise par terre, fixant l'horizon. J'aperçois une tête blonde arriver. Zoé est en mauvais état. Le combat va être long, mais nous serons au moins à égalité concernant notre état de santé. Je me relève, j'ai regagné des forces, je ne me sens pas prête à m'effondrer tout de suite. Je suis forte. Je vais y arriver. Je peux le faire. Je me répète encore et toujours ses paroles dans ma tête. On s'avance gentiment l'une près de l'autre, je suis sûre que la tension est à son comble au Capitole. « Si seulement ça n'avait pas été toi. » Ce serait les seules paroles que j'eus, dernier instant où je m'autorisai à approuver un autre sentiment que la haine ou la violence. Ce fut mon dernier sentiment d'humanité avant de devenir la bête meurtrière que les Jeux avaient créé. Avant de courir en direction de mon ennemie mortelle afin de lui asséner le premier coup de poing d'une longue série.





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MessageSujet: Re: ZOÉ&ALEXIANE ► until the very end l J7   Dim 4 Déc - 21:17

Dans mon district, une coutume venue des temps anciens veut qu'on appelle trois fois un mort par son nom avant de l'enterrer. Comme si notre nom peut avoir un certain pouvoir sur nous. Comme si cela peut redonner vie à un cadavre. Avant, je trouvais cette tradition ridicule. Surtout lors de l'enterrement de mon père, lorsque je voyais son visage pâle, ses yeux fermés et que je savais que rien ne pourrait rallumer l'étincelle dans son regard. Pourtant, aujourd'hui, je me surprends à murmurer mon propre nom. Zoé Alice Williams. Je le récite, dix fois, vingt fois, comme une prière. Zoé est le prénom de mon arrière-grand-mère, une femme remarquable qui a toujours défié le Capitole. On m'a donné le deuxième prénom d'Alice grâce à un vieux conte pour enfants que ma mère adore. Williams est mon nom de famille, celui qui me rattache à tous mes proches. Je prononce mon nom, encore et encore, en chuchotant. Pourquoi ? Je ne le sais pas. Peut-être est-ce pour me ramener à la vie. Je sais que je suis morte. Même si mon cœur bat toujours, même si je continue à avancer, je suis morte. Peu à peu, lentement, sans m'en apercevoir avant qu'il ne soit trop tard. A chaque fois que j'ai tué un autre tribut, à chaque fois que mon arme s'est plantée dans leur corps, à chaque coup de canon, une partie de moi a explosé avant de disparaitre. Sept jours. Il n'en a pas fallu plus pour m'enlever tout ce qui me restait. Ma pitié. Ma gentillesse. Ma volonté. A la fin, même la colère et la tristesse m'ont quittée. L'espoir, je l'ai relâché moi-même, parce que je ne supportais plus de vivre avec lui. Alors, que me reste-t-il ? Qu'ai-je encore, à part un corps épuisé et blessé et un esprit qui s'obstine à s'y accrocher ? Ma fierté ? Je lui ai dit adieu depuis longtemps. Les souvenirs de mon district ? Je les ai refoulés parce qu'y penser est trop douloureux. Même pour mes parents, qui me regardent sans doute à ce moment, je ne parviens pas à faire semblant d'être forte. Qu'est-ce qu'ils feront, si je reviens vivante de l'arène ? Se rendront-ils compte que leur Zoé, leur petit oiseau gai et vif, n'est plus ? Je pose deux doigts sur mon cou, à l'endroit où je sens battre mon pouls. C'est la seule chose qui me dit que je suis encore en vie. Ca et la douleur. Aucune plainte ne franchit cependant mes lèvres. La douleur physique, je peux la supporter. Mais je risque de devenir folle si je reste encore longtemps dans l'arène. Depuis la mort de Catalina, je me sens différente. Plus calme, comme si j'ai déjà accepté mon sort. J'ai senti mon coeur se briser à l'instant où j'ai compris que je n'étais plus humaine. La douleur atroce s'est pourtant dissipée. Ce qui me reste, c'est un coeur vide, indifférent à ce qui lui arrive. Je n'ai plus de larmes pour pleurer, plus de voix pour crier. Un froid glacial m'a envahie, balayant tout sur son chemin. Je suis au-delà de la tristesse, de la peur ou de la colère. Tout ce que je veux, c'est qu'on en finisse. Et vite. Mentalement, j'ai compté tous les coups de canon. Un pour Catalina. Un autre pour je ne sais qui. Puis encore un. Le dernier coup de canon a retenti lorsque j'ai tué un garçon. Je ne connaissais pas son nom, ni son district. Je me souviens de son visage en sang, des blessures horribles qu'il avait partout sur le corps. Je me souviens de la façon dont il a murmuré ses dernières paroles: “S'il te plaît...”. Il ne me demandait pas de m'épargner, ce garçon. Il voulait que je l'achève, que je mette fin à sa souffrance. Alors, je l'ai fait. Quatre coups de canon. Quatre morts, quatre familles en deuil. Et deux survivantes. J'ai promis à ma famille de revenir, sans vraiment y croire. A présent, pour la première fois, j'ai l'impression que je peux gagner... que j'ai une chance de retourner au district quatre et de revoir mes parents, mon frère, mes amis... Cette idée m'attire irrésistiblement. Oui, je veux gagner. Même si ça signifie que je dois tuer encore une fois. Je m'en fiche. Une idée m'effleure, une idée effrayante... Pourtant, mon coeur ne s'emballe pas, et je ne ressens aucune peur. Je pense à mes parents... Quelle sera leur réaction si je retourne à la maison ? M'accueilleront-ils avec joie ? Pleureront-ils avec moi, ou plutôt pour moi ? Ou... Refuseront-ils de me regarder en face ? Me haïront-ils pour ce que je suis devenue ? Et mes amis... Reconnaîtront-ils encore cette fille qui s'appelle toujours Zoé mais qui n'est plus la même ? Mon frère pourra-t-il me pardonner tout ce que j'ai fait ? Et moi ? Quand on a renoncé à tout, même à sa vie, comment peut-on faire comme si de rien n'était ? Je sais que le Capitole s'occupera de mes blessures physiques, mais qu'en sera-t-il de mon âme ? De mon identité détruite ? Je suis fragile, tellement fragile que je risque de me briser au moindre coup de vent. Toute ma vie, j'ai regardé les Hunger Games. Toute ma vie, j'ai vu des filles et des garçons de mon âge souffrir et mourir. J'ai vu les vainqueurs, et je les ai détestés. Pourtant, voir les Jeux à la télévision n'égale pas l'impression qu'on a lorsqu'on se trouve dans l'arène. Les tributs qui s'effondraient en pleurs, ceux qui se roulaient en boule et se laissaient tuer, ceux qui criaient ou qui devenaient fous, je les méprisais. A présent, je les comprends. Je comprends pourquoi certains vainqueurs s'abîment dans la drogue ou la boisson. Il y a des choses que même le temps n'efface pas, et qu'aucun médicament ne peut soigner. Je le sais, car je les sens en moi, ces blessures que personne ne voit. Ces entailles sur mon être lacéré. Si je vis, comment pourrais-je encore me regarder dans un miroir ? Comment pourrais-je aimer, me marier, avoir des enfants ? Comment pourrais-je pêcher, nettoyer, pétrir le pain, caresser, consoler et toucher avec mes mains de tueuse ? Ce que j'ai dit à Catalina est vrai : la grande tragédie des Hunger Games n'est pas que la plupart des tributs meurent, mais que l'un d'eux survit. Une seule personne. Une seule personne qui doit porter pour le reste de sa vie le poids de ces vingt-trois morts. Une seule personne dont la vie a été détruite. C'est ça le plus cruel. Qu'ils nous donnent l'espoir de nous en sortir, sans préciser que c'est pire que de mourir. Qu'ils nous obligent à vivre avec nos souvenirs.

Deux. Nous sommes encore deux. Qui aurait cru que Zoé Williams, cette fille si douce et si gentille, arrive en finale des Jeux ? Cela peut sembler glorieux, de savoir que je suis arrivée aussi loin, mais cela ne l'est pas. Je continue à marcher, tranquillement. Je sais que je ne peux plus me tromper de direction. Les juges sont en train de me pousser vers l'autre finaliste. Je ne sais pas de qui il s'agit. Je m'en moque, d'ailleurs. Pour moi, ce n'est plus un nom, plus un visage, mais une cible. Un ennemi. Ma plaie au flanc a recommencé à saigner. Mon bandage improvisé ne parvient pas à retenir le sang. Tant pis. De toute façon, ce sera bientôt terminé. Fini. Quel soulagement de penser ça, de savoir que je ne serai bientôt plus dans l'arène ! Dans quelques heures, je serai morte ou en route pour le Capitole. Il n'y a pas d'autre option, pas de joker qui me permet de détourner l'affrontement final. Ai-je peur à l'idée de mourir ? Je ne sais pas. Mon coeur est dur et sec comme un vieux morceau de pain et semble avoir épuisé sa capacité à ressentir quelque chose. Je sais que si je survis, ce sera horrible. Pourtant, je ne veux pas mourir. C'est l'éternel combat entre le corps et l'esprit, entre l'instinct et la volonté. Alors, j'avance, heureuse parce que cela n'exige aucune réflexion de ma part. Droite, gauche. Un pied devant l'autre. Un grognement suspect à ma droite me fait sursauter. Sans hésiter, je me mets à courir. Quelque chose de lourd me poursuit. Je ne me retourne pas pour voir de quoi il s'agit. Depuis combien de temps n'ai-je plus bu ? J'ai mangé mes derniers biscuits hier et je n'ai rien dans l'estomac, pourtant, je ne sais comment, je trouve la force de courir. J'ai toujours été une excellente sprinteuse. Pourtant, je devine que ce n'est pas la raison pour laquelle la mutation génétique cesse soudain de me poursuivre. Cela veut dire que je me rapproche de l'autre tribut. Je sors l'un de mes couteaux. J'en ai deux, à présent : le mien, et celui de Catalina. L'autre couteau, celui que j'ai planté dans son ventre, je l'ai laissé en place. Deux armes. Un corps affaibli par la déshydratation et la faim. Une blessure qui me lance. Et un coeur impitoyable, dur comme du fer, qui refuse de s'arrêter. Marche, Zoé. Un pas, encore un pas. Tu peux le faire. Tu peux le faire. Tu peux le... Je m'arrête brusquement. Ce n'est pas possible. Cela doit être un mirage. Je me trouve sur une plage qui ressemble beaucoup à celle de mon district. Je cligne des yeux, je me pince, mais le décor ne disparait pas. J'avance, résistant à grand peine à la tentation d'enlever mes bottes pour sentir le sable sous mes pieds. La mer. La plage. C'est ici que j'ai failli tuer Ever. Je m'avance, lentement, presque comme une vieillarde. La mer exerce un pouvoir incroyable sur moi, elle m'attire, tendre comme une mère. Je voudrais tant nager... Ou simplement plonger mes pieds dans l'eau. M'asseoir et sentir le soleil sur mon visage. Rêver que je suis chez moi. Mais cela m'est interdit. A l'instant où je réussis à me convaincre qu'il n'y a pas de mal à rester ici pour souffler un peu, une silhouette apparaît pas très loin de moi. Cela ne peut qu'être une seule personne, et cela ne peut que signifier une seule chose : que la finale va se passer ici, sur cette plage. C'est injuste. Tout ici me rappelle mon district, mes parents qui m'attendent... Tout me donne envie de rentrer à la maison. Ici, je ne pourrai pas mourir en paix, je ne pourrai pas accepter si facilement mon sort. Cela veut dire que je vais devoir me battre. Je me prépare à me ruer sur l'autre tribut... Lorsqu'un deuxième choc me fait serrer les dents. Alexiane. C'est Alexiane. Celle que je n'aurais jamais voulu tuer, mais que je vais devoir tuer, ou qui va me tuer. J'ai l'impression qu'elle est là depuis longtemps déjà, mais je viens de l'apercevoir. Ma vision ne s'améliore pas. Ma langue est sèche comme un vieux morceau de cuir craquelé et je ne cesse de haleter. En fuyant la mutation génétique, je me suis ouvert les bras et les jambes aux ronces. Elle a l'air en mauvais état aussi. Je touche ma dernière arme, un petit poignard de rien du tout que j'ai pris au garçon, et je serre plus fort mon couteau. Je m'avance vers elle dans un silence de mort, elle en fait de même. Les Juges doivent être enchantés. Un combat final entre anciennes alliées, cela ne se voit pas souvent. « Si seulement ça n'avait pas été toi. » Me lance Alexiane. Je pense exactement la même chose. Je réponds simplement. Les spectateurs doivent sans doute s'attendre à du grand art et du tragique, mais je ne veux pas leur donner cette satisfaction. Finissons-en. Elle se met à courir au même moment que moi. Je ne parviens pas à éviter un coup de poing qui fait voler ma tête en arrière, cependant que mon couteau la frôle, laissant une estafilade longue mais peu profonde sur le bras d'Alexiane. Oublie ton humanité, Zoé. Deviens un monstre. Bats-toi, Zoé, bats-toi ! J'écoute enfin cette petite voix intérieure, je la laisse prendre le contrôle de mon corps. Vivre ou mourir. Pile ou face. Il n'y a pas d'autre choix.


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MessageSujet: Re: ZOÉ&ALEXIANE ► until the very end l J7   Dim 4 Déc - 21:17

Le membre 'Zoé A. Williams' a effectué l'action suivante : ~ lancer de dés

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MessageSujet: Re: ZOÉ&ALEXIANE ► until the very end l J7   Lun 5 Déc - 22:54


Dès le moment où je comprends l'horrible piège tendu par les juges, mon coeur se met à battre plus rapidement, comme s'il était prêt à sortir de ma poitrine à tout moment. Je tente de me calmer, mais une crise de panique commence à m'envahir. Je vais devoir me battre face à Zoé. Je vais tenter de l'a tué, de lui écraser le crâne, de la poignarder à mort ou toute autre méthode de torture pouvant exister au sein de l'arène. Je sens mon corps commencer à trembler, à se décomposer. Pas Zoé. Je tente de ravaler mes larmes. Il faut que je garde ma fierté jusqu'au bout, je veux mourir digne. Je serre le poing. Je m'empêche de hurler ma colère et ma révolte envers le Capitole. J'ai pris sur moi durant ces jeux. Je suis peut-être devenue folle et meurtrière, mais j'ai essayé de me maîtriser. Et tout cela s'effondre à seulement quelques instants du jour le plus important de ma vie. Ma vie, que je vais probablement perdre dans quelques minutes. J'espère que ce sera des minutes. Je ne veux pas me battre durant des heures. Pas contre Zoé. Ce prénom m'obsède. Je plonge ma tête dans mes mains quelques secondes. Il faut que je me calme. Vite. Je me rends vulnérable. Les juges n'attendent que ça, le public aussi. Les paris doivent aller de bon train, au Capitole. Laquelle des alliées parviendra à tuer l'autre ? Laquelle émettra son dernier souffle, tandis que l'autre affichera un sourire victorieux ? J'exerce la technique de respiration apprise par ma mère pour me calmer. Et ça marche. Un maigre sourire s'affiche sur mes lèvres. Je m'empresse de le faire disparaitre avant de relever la tête. J'attends Zoé, prête au combat. Cela va être dur. Entre les instants de panique et de tristesse d'être confrontée à mon ancienne alliée, et les instants où je me sentirai forte et motivée à revenir chez moi. Je respire encore un grand coup. Sa frimousse blonde entre dans mon champ de vision. Le combat final va commencer. Bientôt, les Jeux ne sauront qu'un mauvais souvenir. Le Capitole doit être en ébullition. L’ultime combat tant attendu. Je vais vivre les pires heures de mon existence.

La marche pour parvenir jusqu'à sa hauteur me parait durer une éternité. Je regarde mon ennemie attentivement. J'inspecte la moindre de ses blessures. Je cherche déjà à quel endroit je pourrai la blesser. Là où je suis sûre de lui faire mal et de l' handicaper. Il faut que je mette toutes les chances de mon côté. Si j'ai la moindre seconde d'hésitation, je pourrai ainsi user de ma mémoire pour me sortir d'une mauvaise passe. Il faut que je sache où lui faire mal. Il faut qu'elle souffre. Il faut que je la fasse souffrir. « Je pense exactement la même chose. » Mon ennemie n'a pas besoin d'en dire plus. Je comprends. Elle aussi est désolée d'avoir à se battre contre moi. Je sais déjà que ce combat va être douloureux. Pas sur le plan physique, mais sur le plan psychologique. Zoé était mon alliée. Nous avons vécu d'agréables moments ensemble. Je suis sûre que nous aurions été vraiment amies si nous nous étions rencontrées à une autre occasion. Si seulement ... « Finissons-en. » J'acquiesce en silence d'un signe de tête. Je commence ma course, et elle aussi. J'ouvre les hostilités en lui donnant le premier coup de poing d'une longue série. J'ai un pincement au coeur. Mon humanité ne m’a encore pas totalement quittée. Je m’y raccroche. Je sais que cela ne durera pas longtemps. Une douleur sur mon bras me fait revenir à la réalité. Je ressens une douleur presque agréable. Ça ne brule pas, ça ne saigne pas abondamment. Sans que je comprenne pourquoi ni comment, je me retrouve dos contre sol. Zoé a pris le dessus sans que je réalise. Je tente de me débattre, mais elle est bien plus forte que moi. Comme quoi, même sans être entraînée comme une carrière, elle a quelques gênes prédestinées. Je tourne la tête sur le côté et mord sa main avec force. Je ne sais pas à quel profondeur je l'ai blessée, mais un goût de sang se répand dans ma bouche. Je le recrache aussitôt sur son autre main. J'étends mes bras en direction de son cou pour l'étrangler. J'effleure ce dernier avec mes ongles, lui laissant probablement des griffures. Mais je n'arrive à rien. La panique me gagne une nouvelle fois. Je ne suis pas entraînée à me battre. Mais je le dois. Je continue alors de me débattre de toutes mes forces, essayant de faire basculer mon ennemie sur le côté. C'est pour l'instant sans succès.



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MessageSujet: Re: ZOÉ&ALEXIANE ► until the very end l J7   Ven 9 Déc - 21:05

Je ne suis pas prête pour la finale. Je ne l'ai jamais été et je ne le serai jamais. La mort, je la connais déjà, et elle n'a rien de glorieux ou de fantastique. Pour la rendre moins effrayante, les gens imaginent parfois qu'il s'agit d'une vieille femme bienveillante et calme, ou d'une petite fille d'apparence innocente, ou encore d'une séductrice. Mais, pour l'avoir vue tant de fois, je sais qu'elle ne ressemble pas à ça. La mort n'est pas une femme, ni même un homme. C'est un gouffre noir qui aspire toute vie, qui éteint l'espoir, qui fait tarir la joie et efface les rires. C'est la fin, tout simplement. Le vide. L'absence. Nous essayons de nous réconforter en disant que mourir, ce n'est pas simplement cesser d'être. Nous avons inventé un paradis, mais il n'existe pas. L'enfer, si. Pas après la mort. L'enfer est ici, sur terre. L'enfer, ce sont les Hunger Games. L'enfer, ce sont nos familles qui sont obligés de nous voir agoniser. L'enfer, c'est cette arène, ces cris de douleur, ces suppliques muettes, ces larmes de rage, ce sang sur nos mains. L'enfer est en nous. A chaque coup de couteau, à chaque vie que nous prenons, c'est à nous-mêmes que nous faisons du mal. La mort, cette mort que nous craignions tant... s'est déjà nichée au fond de nous depuis longtemps. Sans faire de bruit. Elle attend son heure, tout simplement. Elle attend la fin. Ce combat qui rassemblera les deux derniers tributs des 75th Hunger Games. Ce combat que les habitants du Capitole doivent attendre en salivant devant leur écran. Ce combat que ma famille suivra en direct. Ils me verront mourir ou survivre. De toute façon, je perdrai. Il n'y a pas de gagnant aux Jeux, même pas celui qui survit. Il n'y a que des âmes déchirées, des vies saccagées, des existences fauchées. Pas de victoire, ni de cri de triomphe. Juste la triste réalité. J'essaye de profiter des dernières heures qui me restent avant la finale. Mais j'ai oublié comment être heureuse. Le soleil sur mon visage n'est pas agréable; il me brûle. Je n'en peux plus. La fatigue s'est installée dans le moindre muscle, dans le moindre tendon de mon corps. Je trébuche souvent. Mon estomac vide commence par gronder violemment, puis finit par n'émettre que quelques protestations pitoyables de temps en temps lorsqu'il comprend qu'il n'y a rien à manger. Faute d'avoir de la nourriture, je pourrais me contenter d'eau... Mais je n'en ai plus. Mes lèvres se craquèlent, ma langue est trop sèche, ma gorge douloureuse. Une migraine affreuse ne me quitte pas. Mon bras a cessé de faire mal depuis que j'y ai injecté le médicament du Capitole, mais la plaie causée par le poignard de Catalina est chaude et diffuse des ondes de douleur à travers de tout mon flanc gauche. Je ne suis plus humaine. Je suis juste un corps qui crie, qui supplie qu'on le laisse tranquille, qu'on cesse de solliciter ses muscles endoloris. Un animal qui ne demande qu'à lécher ses plaies. Pourtant, il faut que je continue à marcher. Je ne peux pas me laisser aller maintenant. Les Jeux seront bientôt terminés.

La mer... Je la sens avant d'y arriver. Le bruit des vagues qui se brisent sur le sable, l'odeur de mon district... Puis, le sable chaud ... Je me baisse pour en prendre une poignée, que je laisse glisser entre mes mains. Un par un, tous les grains m'échappent sans que je puisse les retenir. Je fais encore quelques pas et plisse les yeux, aveuglée par le soleil. Je vois la mer, les vagues qui roulent paisiblement... Quelques rochers, aussi. Et puis, soudain, une silhouette humaine, pas très loin de moi. Mon coeur manque un battement et se met ensuite à tambouriner dans ma poitrine. C'est elle. Elle qui me tuera ou que je tuerai. Alexiane... Mon ancienne alliée, mon ancienne amie... Mon ancienne ennemie. A présent, nous ne sommes plus que des bêtes de foire, prêtes à s'entretuer pour le bon plaisir du public. J'avance encore d'un pas, les jambes tremblantes. Pas de peur. Pas de colère, même si c'est tellement injuste... C'est le choc. La mer qui me fait penser à mon district. Mon alliée. Tous les éléments pour me procurer une mort difficile. Dans le cri des mouettes, j'entends la voix de mes parents, qui me demandent de revenir. Je ne parviens pas à voir nettement Alexiane, mais j'ai l'impression qu'elle tremble aussi. Ses yeux brillent plus fort que d'habitude, mais ses poings sont serrés. Je la regarde... le sang partout sur ses vêtements, ses blessures, son expression hagarde... J'y vois un miroir de mon propre état. Pourquoi Alexiane ? Pourquoi pas un autre tribut, que j'aurais pu tuer facilement ? Pourquoi ici ? Je ne devrais pas me poser toutes ces questions, parce qu'au fond de moi, je connais déjà la réponse. Parce que Snow le veut ainsi. Parce que ça amuse ces idiots du Capitole de voir les deux anciennes alliées s'entretuer. Parce qu'ils veulent voir le choc et la douleur sur nos visages. Ils veulent nous voir souffrir. Ils veulent voir comment nous nous effondrons, comment nous perdons notre dernière miette d'humanité. Pour eux, c'est du grand art. De la tragédie à l'état pur. Je vois qu'Alexiane essaye de se maîtriser. Moi pas. Je n'en ai pas besoin. Mon coeur bat fort, trop fort, pourtant je ne me sens pas vivante. Je suis pétrifiée. Au début des Jeux, j'essayais de rester calme et de ne pas trop montrer ma souffrance au public. Pour ma famille. Après quelques jours, ma volonté s'est émoussée. Les spectateurs ont dû adorer de me voir dépérir et sombrer dans la violence de mes sentiments. Peut-être cela a-t-il dégoûté certains. Peut-être que certains parieurs me qualifient de 'faible'. Mais ils ne sont pas dans l'arène. Ils ne savent pas ce que l'on ressent lorsqu'on n'est qu'une marionnette entre les mains des Juges, obligés à tuer pour survivre. Ils ne savent pas ce que cela fait de voir son monde s'effondrer. Aujourd'hui, j'ai l'impression que plus rien ne parvient à toucher mon coeur meurtri. Je connais encore les sentiments, je sais que je devrais les ressentir... Mais rien ne se passe. Rien du tout. Alexiane relève la tête et me regarde. Mon cerveau crie. Pas Alexiane ! Pas elle ! Pas elle ! Non, pas elle!, mais je ne ressens toujours... rien. J'ai l'impression que tous les Jeux, finalement, ne tournaient qu'autour de ça. Elle et moi, et notre combat final. Ensemble, nous avons commencé notre premier jour dans l'arène, et c'est ensemble que nous en sortirons.

Alexiane m'observe, me dévisage sans que je comprenne pourquoi. Pour me regarder une dernière fois avant d'essayer de me tuer ? Pour évaluer mes forces et mes faiblesses ? Je suis incapable de faire la même chose, ma vision réduite m'empêchant de la voir en détail. La fin est proche, maintenant. Quelques dernières paroles échangées. Quelques pas de plus pour réduire la distance qui nous sépare. Et toujours, mon cerveau crie, il hurle sa douleur, mais mon coeur ne comprend pas. Peut-être est-ce mieux ainsi. Un signe de tête de la part de mon ennemie mortelle. Les derniers pas. Puis, l'impact de son poing contre ma joue déjà meurtrie. La douleur qui me coupe le souffle. Mon cou qui proteste violemment lorsque ma tête est rejetée en arrière. A cet instant, tout ce que je vois, ce sont les yeux d'Alexiane, et son regard horrifié. Je la repousse de ma main libre, sans même penser à utiliser mon poignard. Encore un coup. Encore un. Bon sang, Zoé ! Bats-toi !. Ma main part, comme au ralenti, et atterrit sur son ventre pendant que mon poignard effleure son bras. Ce n'est qu'une blessure de rien du tout. Mais au moins, je me défends. Moi aussi, je veux vivre. Oui, je veux vivre, je le veux même tellement fort que je trouve l'énergie de me jeter contre Alexiane pour la faire tomber. Elle se débat, mais je suis plus forte qu'elle. Pourtant, je suis épuisée... Mais l'adrénaline et le désespoir compensent ma faiblesse. Alexiane tourne la tête sur le côté et mord ma main droite jusqu'au sang. La douleur me fait perdre la tête et je la gifle violemment de mon autre main. Je n'ai jamais appris à me battre. Je ne connais pas toutes les formes de torture raffinées que les carrières maîtrisent. Notre combat final a l'allure d'une bagarre de rue... Mais je ne suis pas là pour faire plaisir au public. Je sais encore utiliser ma main gauche, mais la quantité énorme de sang que je perds me dissuade de le faire. Alexiane essaye de m'étrangler, mais elle ne réussit qu'à effleurer mon cou, le griffant. Curieusement, ces petites douleurs, ridicules à côté de celle de ma main ou de mon flanc, me rendent folle de rage. Je me rends compte que j'ai lâché mon poignard, et je tâtonne d'une main pour le retrouver pendant que l'autre continue de repousser les attaques d'Alexiane. Finalement, je sens l'arme dans ma main, chaude et meurtrière. Il me suffit de l'enfoncer dans le corps de mon ennemie. A l'aveuglette, comme je l'ai fait avec Catalina. Mais Alexiane se débat avec tant d'énergie que je suis presque sûre de me blesser moi-même en tentant de la poignarder. Une bouffée de désespoir et de panique envahit mon esprit. Il faut que je la tue. Il faut que je le fasse maintenant, sinon, ce sera trop tard... Mais au lieu de ça, je me redresse, retenant Alexiane de tout mon poids, mes mains serrés autour de sa gorge, et je hurle : Etes-vous contents ? Est-ce ça que vous voulez voir ? Du sang et de la souffrance ?! Etes-vous contents?! C'est le Capitole que j'insulte. C'est le Capitole que je hais. Pas cette fille, que j'aurais peut-être tuée dans quelques secondes. Ce n'est pas elle qui m'a arrachée à ma famille. Ce n'est pas elle qui m'a obligée à participer aux Jeux. Ce n'est pas elle qui m'a enlevé tout ce que j'avais, jusqu'à mon coeur, jusqu'à mon corps. C'est Snow. Ce sont ces gens qui s'empiffrent tous les jours en nous regardant mourir de faim. Soudain, je les hais, avec une violence qui me fait peur. Et je me rends compte que mon coeur, finalement, est encore capable de ressentir quelque chose. Peur. Haine. Désespoir. Tristesse. Désir de vengeance brûlant. Regrets. Je suis en train de perdre pied... Joie féroce. Peine. Panique. Horreur. Je suis submergée, aspirée dans un tourbillon... Soulagement. Colère. Terreur. Appréhension. Doute. Je n'arrive plus à remonter. La digue qui retenait la vraie Zoé Williams s'est brisée, et je coule... Je me noie... Mes mains sur la gorge d'Alexiane. Ses ongles qui me griffent. La douleur de mes blessures, multipliée par cent, par mille. Mon coeur, mon coeur qui vit de nouveau... mais que je ne supporte plus de voir vivre. Ne plus ressentir, c'est ne plus souffrir. Mon poignard dans ma main. Le soleil qui brûle mon visage. Mon sang qui coule sur mon ennemie. Je voudrais que ça s'arrête ! Je ne veux plus de ce coeur ! Si je pouvais l'arracher avec mes propres mains, je le ferais ! Jusqu'où peut aller la souffrance ? Jusqu'où un coeur peut-il supporter la douleur violente d'émotions retrouvées ? Je me rends compte que je ne veux plus être humaine, que je ne veux plus vivre, si cela implique de ressentir cette souffrance. Je voudrais tant que tout ceci s'arrête... J'attends la fin avec impatience, mais elle n'est pas pressée de venir. Nous sommes toujours vivantes. Et, blessées ou pas, souffrantes ou pas, nous devons toujours nous battre. Jusqu'à la toute fin.


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MessageSujet: Re: ZOÉ&ALEXIANE ► until the very end l J7   Dim 11 Déc - 16:10


Pourquoi elle ? Pourquoi Zoé ? Pourquoi nous punir ainsi ? Si seulement je m'étais retrouvée face à d'autres tributs. Catalina, par exemple. Elle aurait certainement prit le dessus sur moi, vu l'état dans lequel elle se trouvait, mais au moins cela n'aurait pas été Zoé. Qu'en aurait pensé Kathleen ? De voir deux ses alliées s'entretuer ? Heureusement pour elle, Kathleen est morte bien avant cette finale. Elle n'a pas eu besoin de voir ça. Les secondes paraissaient être des heures, les minutes des années tandis que je m'avançais en direction de mon ennemie. Quelques paroles pour la forme, et le combat avait commencé. Au moins, nous étions entrées rapidement dans le vif du sujet. Le Capitole n'aurait pas le temps de s'ennuyer, nous avions évités les longs discours pleins de sentiments. Et Zoé avait tout de suite prit le dessus. J'avais juste réussi à la mordre tandis qu'elle m'étranglait. Pff, une simple morsure alors qu'elle me privait d'air. Comme si j'avais une chance face à elle. Le sang de mon ennemie me coule sur le visage, et j'en avale même quelques gouttes. Zoé perd du sang. C'est ça qu'il faut ! Ce n'est pas à moi de perdre mon sang. C'est elle qui doit se vider de son sang et dont la respiration doit s'arrêter. J'ai bêtement cru que je donnais le meilleur de moi-même pour m'en sortir, mais ce n'était pas le cas. Croire que je pouvais me battre face à mon ancienne alliée sans trop de souffrance. Que celle d'entre nous qui prendrait le dessus ferait de son mieux afin d'achever rapidement et en douceur l'autre. Que je suis stupide. Zoé avait dit stop. Elle s'était décidée. Elle voulait me tuer, et tant pis pour la souffrance occasionnée. Pourquoi je n'y arrive pas ? Pourquoi je ne peux pas me transformer en monstre féroce avide de sang ? J'entends ma voix raisonner dans ma tête. « Arrêtes Alexiane ! Devient ce qu'ils ont toujours voulus de toi ! Bats-toi, tues-là, achèves-là ! Eteins ton humanité ! » Qu'est-ce qui m'empêche de lâcher prise et de juste tuer ? Le district onze. C'est eux. C'est Amanda et Kamaria. Avery et Ezea. Je ne voulais simplement pas qu'ils découvrent une nouvelle Alexiane. Celle que les Jeux avaient créée. Une psychopathe prête à tout pour rentrer chez elle. Mais m'en voudront- ils ? Seront-ils fâchés contre moi ? Non. Ils ne peuvent pas. Le district onze pourra manger à sa faim durant une année entière. Ils ne pourront pas me détester. Ils ne pourront pas détester une meurtrière.

« Bien sûr qu'ils te détesteront. Ils vont te haïr. Ils te haïssent déjà. Ils ont peur de toi. Ils rêvent juste de te voir crever. Ils s'en foutent de la nourriture et de la gloire. Ils ne veulent pas revoir une gosse avec tant de sang sur les mains. Ils ne t'aiment plus. Ils ne pourront plus jamais t'aimer. » Je ne parviens pas à éteindre cette voix de ma tête qui me rend folle. Si je lâche prise, ce sera tout de suite plus simple. J'abandonne le peu de pitié, de compensation et d'humanité qu'il me reste et j'ai une vraie chance de gagner. Je n'ai qu'à oublier que Zoé a été mon alliée. Je n'ai qu'à n'avoir aucun remord. Je n'ai qu'à prendre du plaisir tandis que je sentirai son pouls s'affaiblir entre mes doigts. Si je reste moi-même, je pourrais tenter de me battre, tentant la douceur avec Zoé, mais en ayant la satisfaction de ne pas être tombée dans le piège du Capitole. « Ils t'ont déjà eue. Quand tu as tué tous ses autres tributs. Réfléchis. N'y avait-il pas un peu de plaisir là-dessous ? Un peu de plaisir à te dire que tu te rapprochais de la victoire ? N'es-tu pas déjà devenue comme ils le souhaitaient ? » Les larmes commencent à couler sur mes joues tandis que je me bats plus contre moi-même que contre Zoé. Je parviens à dégager mes mains pour me frapper violemment la tête à plusieurs reprises. Il faut que cette voix s'arrête, elle me tue à petit feu en me rendant vulnérable. « Arrête ! » J'hurle de toutes mes forces, tandis que je deviens chaque seconde plus folle. « Tu peux le faire. Tu peux la tuer comme tu l'as fait avec nous. Tu ne nous as pas épargné, tu t'en foutais de nous faire souffrir ou non. Tu peux faire la même chose avec Zoé. » Je tourne la tête brusquement. Cette fois, ce n'était pas ma voix. Non, c'était une voix masculine mélangée à une voix juvénile. Je cherche désespérément d'où viennent ses paroles. Et je les vois. Finley et Kirsen sont à moitié dissimulés derrière un rocher au loin. Ils se tiennent la main et me fixe en silence. Leurs habits sont entièrement blancs, excepté où j'ai fait couler leur sang. « Tu m'as tué pour assurer le spectacle. Tu n'en serais pas à ton coup d'essai. » C'est la voix du jeune tribut que j'ai tué le premier jour. « Ne me dit pas que tu n'as pas pris un minimum de plaisir en me tuant ? Tu me détestais. Ton objectif a toujours été de tuer les carrières. Tu y es parvenue, n'as-tu pas ressenti un petit peu de fierté ? De joie ? De plaisir ? » Cette fois, c'est Rhona qui m'apparaît. Son sourire sadique et satisfait sur le visage, elle me regarde en silence de longues minutes. Elle me déconcentre suffisamment pour que Zoé me saisisse violemment la tête et la pousse sous l'eau. J'ai besoin de quelques instants pour réaliser qu'elle tente de me noyer. Je me débats de toutes mes forces, mais je suis à nouveau vulnérable quand de nouvelles voix se fait entendre. « J'ai toujours su que tu étais faible. Dès que je t'ai refait le portrait. C'était tellement évident que tu ne gagnerais pas. Comment tu as réussi à arriver jusque-là, d'abord ? Tu as toujours été faible. Tu le seras toujours. Et quand tu crèveras, j'aurai enfin ma vengeance. » Skyler, rejoint par Catalina sur ces dernières paroles m'apparaissent sous l'eau. Je deviens complètement folle, c'est certain. Mon corps se fait plus léger. Je me sens presque flotter, tandis que je suis presque apaisée et ... heureuse. La souffrance de mes blessures s'est atténuée. « Laisse-toi aller. Zoé a compris, elle. Elle s'est rendu compte qu'il fallait se battre. Elle n'est pas aussi faible que toi. De toute manière, que tu te battes ou non, tu seras quand même une meurtrière pour les autres. Une honte. » Taisez-vous, TAISEZ-VOUS ! Je me sens plus épuisée par mon combat intérieur que par le fait que je suis en train de mourir. Je suis plus atteinte par mon combat avec moi-même que le fait que mes poumons n'ont bientôt plus d'air. J'ai l'impression de bruler de l'intérieur. J'ai l'impression qu'on arrache un par un mes organes pour les broyer. « Arrêtes Alexiane ! Devient ce qu'ils ont toujours voulus de toi ! Bats-toi, tues-là, achèves-là ! Eteins ton humanité ! » Cette fois, j'écoute la voix.

Je suis prête à me battre. À oublier que Zoé fut mon alliée avant de devenir mon ennemie. Alors que je suis prête à la repousser, un chant mélodieux submerge la mer et mes oreilles. Les sirènes. Ce chant est magnifique, mais me donne un mal de tête des plus puissants. Zoé est également déconcentrée par ce chant, et j'en profite pour ressortir la tête de l'eau et respirer à pleins poumons. Le chant des sirènes semble... spécial. Il nous atteint, sans pour autant nous rendre aussi folle que le dit la mythologie. J'aperçois des ombres sous l'eau, signe que les créatures approchent. Elles tournent en rond près de Zoé et moi, mais ne nous attaquent pas. Leur présence est insupportable, et j'ai l'impression que ma tête va exploser. C'est très bizarre. Le Capitole a certainement modifié les mutations que sont les sirènes, afin que nous soyons perturbées, mais pas suffisamment pour arrêter notre combat. Les sirènes ne vont pas nous tuer, juste assurer le spectacle quelques instants. Ce serait quand même dommage que les deux derniers tributs meurent aussi bêtement que cela.

Sans comprendre d’où me viennent ces ultimes forces, je parviens à repousser Zoé, toujours déroutée par les sirènes. Désormais, c'est elle qui se retrouve plongée dans l'eau. Je me relève rapidement, et je reste debout quelques instants pour reprendre mon souffle. « Tu ne peux pas gagner ! Tu n'as pas le droit ! » J'hurle sur Zoé de toutes mes forces. Je suis pliée en deux, sous la douleur, sous l'effort et sous la haine que je ressens. Je m'approche d'un pas rapide vers Zoé, avant de la saisir par les cheveux. Je la traine sur deux bons mètres, afin de la sortir de l'eau. Je me penche alors sur Zoé, et je la roue de coups. Je ne trouve pas mon couteau et les flèches d'Ever, alors je me contente de mes mains. Un coup sur la joue gauche. « Tu ne gagneras pas ! » Un coup sur la joue droite. « Le district quatre ne mérite pas la victoire. Pas cette fois. » Sur la gauche. « Pas deux années de suites. Je vais empêcher cela. » Sur la droite. « Je sais même pas si t'étais vraiment sincère. J'ai toujours eu l'impression que tu étais une carrière. Comme tous ses idiots du quatre. » Gauche, encore une fois. Je m'arrête quelques instants. Je n'en reviens pas d'être aussi cruelle envers Zoé. « Zoé a toujours été une ennemie, Alexiane. Elle vient du district quatre. C'est une carrière. Et toi, tu as bu ses belles paroles, sans te soucier de ce qu'elle pensait. Arrête de voir les bons côtés de cette fille, tu dois la tuer. C'est une meurtrière comme toi. Elle veut te tuer, elle a déjà bien commencé le travail. C'est une carrière. Pas une gentille fille. Une carrière. Une adversaire. Une ennemie. » Mon poing s'abat encore sur son visage. « Je vais te renvoyer au même endroit que tous tes camarades psychopathes. » Comme prévu, Zoé ne se laisse pas faire. Elle me repousse, me bat, et je me défends en faisant de mon mieux. Les téléspectateurs doivent être aux anges. J'ai repris le dessus, j'ai dit adieu à la dernière partie de sensibilité et de compassion que j'avais pour me battre comme une folle. Les audiences doivent être parfaites, au Capitole.

L'ultime combat touche à sa fin. Dans quelques minutes, les téléspectateurs vont connaitre la grande gagnante de la soixante-quinzième édition des Hunger Games. Je jette un bref coup d'oeil aux alentours. Mon poignard m'attend, il me supplie de le prendre pour l'enfoncer dans le corps de Zoé. Il me supplie de laisser sa lame goûter au sang de mon ennemie. Je tends le bras, plonge mes mains dans le sable. J'essaie de l'attraper. Le sable se répand sous mes ongles sales, mais je parviens finalement à le sentir dans mes mains. Je lance ma tête en avant en direction de Zoé, touchant son front et l'assommant. Je me relève, elle aussi. Nous titubons. C'est à se demander laquelle va s'effondrer en premier, si ce n'est pas les deux en même temps. Ce serait hallucinant quand même, que les deux finalistes meurent au même moment. Elle aussi est armée. Qu'importe. C'est l'occasion ou jamais. J'avance. Elle avance. Et sans chercher à viser ou quoi que ce soit, je fais tourner mon couteau dans tous les sens. Je ne sais pas si je la touche. Je sens des picotements m'atteindre. Je suis tellement nerveuse et fatiguée que je ne fais même pas attention avec quelle arme elle m'a touchée et ni où. Nous nous battons. Nous y mettons toute notre énergie. Le silence règne. Il y a juste le bruit des vagues qui s'entend au loin. Je m'arrête, exténuée. La lame de mon couteau est passée du gris au rouge. Je me tâte le corps, cherchant des blessures. Oui, mes mains sont pleines de sang. Je panique. Je suis touchée. Elle est touchée. Qui ? Quand ? Comment ? Laquelle de nous deux va s'effondrer ? Laquelle de nous deux lâchera son dernier soupir ? Laquelle entendra le canon signifiait sa victoire ? Laquelle rentrera ? Laquelle va mourir ? Je me pose mille questions. Je me sens faible. Je me sens tomber sur le sol. Je respire. Pour combien de temps ? Je respire. Suis-je gravement touchée ? Je respire. Je respire plus faiblement. Encore plus faiblement. Toujours plus faiblement.



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MessageSujet: Re: ZOÉ&ALEXIANE ► until the very end l J7   Mar 13 Déc - 21:05

Laquelle de nous deux ? Laquelle de nous deux mourra ? Dans combien de temps ? Me reste-t-il encore des années à vivre, ou seulement quelques heures, quelques minutes, quelques secondes ? Tout me semble plus intense, trop intense. Les couleurs sont trop vives, le soleil brille trop fort, le rugissement de la mer répond à celui de mon sang. Mes muscles gémissent, mes articulations craquent, un liquide poisseux s'échappe de ma plaie au flanc, mais il faut que je me concentre. Il faut que j'oublie la douleur pour trouver la force et l'énergie de tuer Alexiane. Elle se débat, elle me griffe. Ses ongles tracent des sillons sanglants sur mes bras, mon cou, mon visage. Elle m'a mordu la main pour essayer de se libérer, mais je ne l'ai pas lâchée. Sa volonté de vivre est forte, et elle se démène comme une folle. Mais je veux vivre aussi. Cette fille ne mérite pas de mourir, mais moi non plus. Moi non plus. Le brouillard qui obstrue ma vision devient de plus en plus dense. Tout ce que je parviens à voir, c'est le visage d'Alexiane. Le mélange d'horreur, de tristesse, de peur et de détermination dans ses yeux, ses yeux dont l'étincelle de vie disparaîtra si je la tue. Le sang sur sa peau... beaucoup de sang, mais peu comparé à celui que je pourrais faire couler. La marque rouge où je l'ai frappée, mais pas assez fort, non, pas assez fort. Son rictus que je voudrais effacer. Et puis, légèrement plus bas, dans son cou, la veine qui palpite rapidement. Cette veine qui transporte le sang et la vie dans son corps et que je dois trancher. Je n'arrive pas à imaginer qu'Alexiane puisse cesser de bouger, de parler. Je préfère qu'elle m'insulte plutôt que d'être seule avec le silence de sa mort. Je ne parviens pas à me la représenter froide, immobile, mon couteau planté dans son coeur. Quand je regarde son visage, je n'ai pas envie de la tuer, mais de la protéger, d'être son amie. Alors, je ferme les yeux, tuant toute l'humanité qui me reste. Je frappe à l'aveuglette, mon poing percute quelque chose de mou et le sang jaillit sur mes mains. Lutter, repousser, attaquer, griffer. Mon poignard gît à quelques mètres de nous, inutile. J'en ai un autre, accroché à ma ceinture, mais je ne parviens pas à le prendre. Alexiane se débat trop fort. Je l'écrase de tout mon poids, mais je ne suis pas assez forte. Le manque de nourriture dans l'arène m'a trop affaiblie. Je ne suis pas capable de lui briser la nuque d'une secousse, comme une carrière. Au lieu de ça, j'essaye de l'étrangler. Je broie sa gorge, je coupe sa respiration. Je suis prête à la tuer. Je suis prête à tuer mon ancienne alliée, mon ancienne amie. Je suis prête à mettre fin à sa vie. Pourquoi ? Je ne le sais pas, je ne comprends plus rien. Tout m'échappe, la raison de ma présence ici, et pourquoi je m'acharne autant sur cette pauvre fille. Pourtant, je ne la lâche pas, car je sais que c'est important. Il faut que je le fasse. Tout ce qui existe encore, c'est la sensation de mes mains sur sa gorge. La réalité, crue, dure, impitoyable. Je suis en train de la tuer mais je ne réfléchis pas. J'agis, c'est tout. Je presse, j'appuie de toutes mes forces, j'écrase, et je sais que ce n'est pas suffisant, non, que je n'ai pas assez de force pour la tuer comme ça, rapidement. J'essaye d'éteindre sa vie, de sentir son pouls ralentir avant de s'arrêter. Elle lutte, sans paroles. Avec le même désespoir que moi. Soudain, je ne supporte plus ce silence et je crie, je hurle ma frustration, ma colère et ma haine envers le Capitole. Finalement, je suis encore capable de ressentir quelque chose... Je suis submergée, entraînée par une vague d'émotions trop fortes, trop contradictoires. Il faut la tuer, Zoé! Mais j'ai mal, j'ai tellement mal... Suis-je encore capable de bouger ? Ne suis-je pas encore morte ? Tu veux quand même retourner au district 4 ? Mon coeur... Il bondit de joie... Mais puis il se fissure, se brise. Il n'est plus fait pour l'amour, ou le bonheur. Il est là pour souffrir. Pense à tes parents... Ton père ne t'a-t-il pas appris à ne jamais baisser les bras ? Mais je suis tellement fatiguée... Laissez-moi dormir, rien que cinq minutes... Revoir la mer, la plage, ta maison... Tes amies... Comment pourrais-je les regarder dans les yeux après ce que j'ai fait ? Un simple coup de couteau, et c'est terminé. A tout jamais. Non, ce ne sera jamais terminé. Je n'oublierai jamais. Sois forte, Zoé Williams ! Prouve-leur que tu n'es pas faible! A quoi bon mentir ? Je suis brisée, finie. Une tristesse infinie m'envahit. S'il te plaît... Non ! Je ne leur donnerai pas ce qu'ils veulent ! Je ne leur fournirai pas le spectacle ! Je ne suis pas une bête de foire ! La colère m'embrase, réchauffe mon coeur glacé. Je l'accueille presque avec soulagement. Avec elle, tout est plus facile... Avec cette colère, avec cette haine, ce désir de vengeance, je peux faire ce que je veux. Je peux tuer Alexiane. Je peux imaginer qu'elle est mon ennemie, qu'elle veut me faire du mal. Je peux croire qu'elle est la cause de mon malheur... « Arrête ! » Où a-t-elle trouvé la force de parler ? Ou de hurler ? Surprise, je la lâche et j'ouvre les yeux. La folie que je lis dans son regard me fait peur. Je décide de changer de tactique. Je réfléchis froidement à la meilleure façon de la tuer. Le couteau. Je pourrais utiliser le couteau. Je le sors de son étui, mais mes mains tremblent tellement fort qu'il tombe sur le sable. Une vague paresseuse vient le lécher, le bougeant légèrement. Puis une autre, qui l'emporte plus loin. Je lâche un cri de frustration et je bondis pour le rattraper, mais je tiens toujours Alexiane et je l'entraîne avec moi, en trébuchant, jusqu'à récupérer l'arme. La mer est toute proche, à présent... Ma mer. Ma mère, qui m'a apprise à nager... Mon père, qui m'a montré comment attirer les poissons avant de les tuer... Au lieu de me retourner pour poignarder Alexiane, je range mon arme et j'entraîne mon adversaire dans l'eau. Elle ne résiste presque pas... Mais lorsque je plonge sa tête sous l'eau pour la noyer, elle se débat de toutes ses forces. Combien de temps encore avant qu'elle soit obligée de respirer de l'eau, qu'elle suffoque et que la mer envahisse ses poumons ? Ce n'est pas possible qu'elle ait encore de l'air... L'eau bouillonne autour de nous, se colore de rouge. Elle me rentre dans la bouche, dans le nez, dans les oreilles. Je suis épuisée à en mourir. Combien de temps encore avant que je cède ? Ou qu'elle cède ? Mes bras ne sont pas assez forts pour la retenir... Il faut que je lâche prise. Non, il faut que je la noie... Sinon, je vais me noyer dans mes souvenirs, je vais me souvenir de son amitié et je n'aurai pas la force de l'achever. Il faut que je... que je... que... qui ? Qui suis-je ? Que reste-t-il encore de moi ? Mes souvenirs ? Un sanglot me secoue, me noue la gorge. Mes larmes se mêlent à l'eau salée. Soudain, tout s'arrête.

Rien, ni Alexiane, ni mon intention de la tuer, ni même mon propre corps blessé ou le mal de tête fulgurant qui m'envahit, non, rien n'a encore de l'importance. Je me rends compte que j'ai lâché mon ennemie mais je m'en fiche. Mes oreilles, mon corps, mon coeur est rempli d'un chant si beau et si pur qu'il me donne envie de pleurer. Un chant dans une langue inconnue, mais que mon sang comprend. C'est un chant de douceur, celui d'une mère qui essaye d'endormir son enfant. C'est un chant de force, celui du guerrier prêt à partir au combat. C'est un chant de joie, qui parle du soleil, des gouttes de rosée sur les fleurs et de l'arc-en-ciel. C'est un chant apaisant, triste et joyeux, merveilleux, qui semble parler du monde lui-même. Non, c'est encore mieux que cela : ce chant, si difficile à définir mais que mon coeur comprend si facilement, c'est le monde. Je n'ai besoin de rien d'autre. Je regarde autour de moi, cherchant la nature de cette mélodie envoûtante. Des sirènes. Des créatures magnifiques, des créatures de rêve... Des démons issus de mes pires cauchemars. Je devrais avoir peur, je le sais, mais ce n'est pas le cas. Je n'ai pas non plus, comme dans les légendes, l'envie irrésistible de m'approcher d'elles. Je me contente d'écouter le chant, calmement. Les sirènes tournent autour de nous, sans nous attaquer. Une partie de mon esprit note que c'est sans doute le but, que les juges les ont envoyées pour nous distraire, pas pour nous tuer. J'aperçois la grimace d'Alexiane. Elle ne comprend donc pas à quel point ce chant est... parfait ? Je pourrais l'écouter pendant des heures, malgré mes blessures qui réclament mon attention. L'eau de mer brûle à l'intérieur de mes plaies, et ma tête est sur le point d'exploser... Je veux que ce chant s'arrête... Non, je veux qu'il continue pour l'éternité. Je veux... Soudain, Alexiane me pousse et je tombe dans l'eau. Je me relève rapidement, mais je suis étourdie... Quelque chose... quelque chose ne va pas. Le silence. Les sirènes ont arrêté de chanter. « Tu ne peux pas gagner ! Tu n'as pas le droit ! » Hurle Alexiane. Je recule d'un pas, surprise. Je n'ai pas de réponse à ça, à toute cette haine. Elle est pliée en deux. Mes jambes tremblent plus fort que jamais. Elle s'approche de moi, et je ne parviens qu'à la regarder sans rien faire. Le chant des sirènes a achevé de me briser. Il m'a rappelé qui j'étais avant, qui je ne serai plus jamais. Alexiane me saisit par les cheveux et me traîne derrière elle. Je me débats, sans grande conviction cependant. Une léthargie étrange m'envahit. J'ai l'impression que le chant des sirènes a emporté toute ma vitalité et mon énergie, me laissant seule avec ma nostalgie et mon désespoir. Alexiane me sort de l'eau et commence à me rouer de coups. Joue gauche, joue droite. Le goût de mon sang, la douleur. « Tu ne gagneras pas ! Le district quatre ne mérite pas la victoire. Pas cette fois. » Nouveau coup. Roulée en boule, j'attends la fin. « Pas deux années de suites. Je vais empêcher cela. » D'où vient cette haine, cette colère ? Cette cruauté ? Moi aussi, je lui ai fait du mal. Moi aussi, j'ai voulu la tuer. Moi aussi, avant le chant des sirènes, je la détestais. Mais pas de cette façon. « Je sais même pas si t'étais vraiment sincère. J'ai toujours eu l'impression que tu étais une carrière. Comme tous ses idiots du quatre. » Encore un coup, puis plus rien. Du sang... Mon sang... Il y en a partout. Je me redresse légèrement et je cherche les sirènes du regard. Pour emporter une belle image en mourant. Toute combativité m'a quittée. Un nouveau coup. Les sirènes ne sont plus là ! Je ne les vois plus ! Une détresse sans nom m'envahit. Maman! ai-je envie de hurler, mais le cri reste bloqué dans ma gorge. Le silence. Je suis seule avec le silence et une meurtrière. « Je vais te renvoyer au même endroit que tous tes camarades psychopathes. » Cette phrase finit par s'imprimer dans mon cerveau confus et me fait l'effet d'un coup de fouet. Je ne suis pas comme eux. Mais toi, si. Je murmure. Je lève les yeux vers son visage. Je ne sais plus quoi penser, quoi ressentir. Alors, je fais ce que mon instinct de survie me dicte. Je me débats, je repousse Alexiane, elle se défend. J'attaque à mon tour, sans réfléchir. Alexiane n'est plus mon amie, ni mon alliée, ni même mon ennemie. C'est juste une menace, une cible que je dois éliminer à tout prix pour sauver ma vie, même si celle-ci ne vaut plus rien. Elle réussit à attraper son poignard. Sa tête percute mon menton et je tombe en arrière. Je vois des étoiles, mais je ne m'évanouis pas. Jusqu'où mon corps pourrait-il aller avant de s'effondrer ? Je me relève. Ce n'est plus moi qui suis aux commandes. C'est mon instinct, mon désir animal de survivre. Je tiens à peine sur mes jambes, mais Alexiane est dans le même cas. Je tire mon poignard. J'aurais dû l'utiliser beaucoup plus tôt. Mon arme cingle l'air en même temps que la sienne. Repousser, fendre l'air, attaquer, reculer... Une sensation de brûlure au bras, à la jambe. Elle m'a touchée. Mais je l'ai aussi blessée. Un coup, un nouveau coup. Dans le silence. Je crois que j'ai fermé les yeux parce que tout est noir autour de moi. Un coup, un nouveau coup. Douleur, puis la satisfaction de sentir ma lame s'enfoncer dans quelque chose de mou. Un coup, un nouveau coup. Sans aucune émotion. Sans pensées. Agir, réagir. Un coup, un nouveau coup. Quand cela va-t-il prendre fin ? Combien de temps encore ? Un coup. Un seul. Le dernier. Sa lame... Sa lame se fiche profondément dans mon ventre. Elle recule, titube et tombe. Je baisse les yeux. Alors, en même temps que la vue de mon sang qui s'écoule à flots de mon corps, la douleur me frappe. Je m'écroule, sans le fil de ma vie pour me retenir. Je tombe, encore et encore, longtemps après avoir heurté le sol... et je sais, je sens que je vais mourir.


Alors, c'est ça... La fin. Je ne gagnerai pas les 75th Hunger Games. Je vais mourir, dans quelques minutes seulement. La douleur... elle me dévore, me ronge à l'intérieur. Je n'ai pas la force de lui résister. Elle brûle tout sur son passage, impitoyable. Quelqu'un crie... Est-ce moi ? Et Alexiane ? Où est-elle ? La panique me saisit. Je veux qu'elle soit là, près de moi... Je comprends Catalina, à présent. Je comprends sa douleur, sa peur, mais aussi son envie de ne pas mourir seule. Alexiane était mon alliée. Mon amie... La douleur est trop forte. Il faut que ça s'arrête. Maintenant. J'ai vaguement conscience de mes gémissements pitoyables, de mon corps qui se tord sous les vagues de souffrances qui l'assaillent, toujours plus fortes. Ma vie, ma vie s'écoule de ce trou béant, ce trou que mes mains ne parviennent pas à refermer... Mon sablier se vide, mes secondes s'envolent. Alex...iane. Je ne reconnais pas ma propre voix. S'il te plaît. Un croassement inaudible. Qu'est-ce que je lui demande exactement... De me tenir compagnie ? De m'achever ? Je ne sais pas, je ne sais plus. Cela n'a plus d'importance maintenant. Plus... d'importance. Les battements de mon coeur, trop rapides, comme un papillon trop fragile qui essaye de braver la tempête. La douleur, ma compagne, toujours présente. Mon souffle chaotique. La certitude que je vais mourir, qui m'écrase, m'étouffe. Qui suis-je, encore ? Qui suis-je ? Je ne suis personne. Je suis le brouillard. Je suis la mort.
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MessageSujet: Re: ZOÉ&ALEXIANE ► until the very end l J7   Dim 25 Déc - 21:31


J'aimerais être invisible et me téléporter jusqu'au district onze. J'aimerais découvrir l'état d'esprit dans lequel sont les habitants du district. Certains doivent espérer ma victoire, pour la nourriture et la gloire. D'autres doivent espérer ma défaite afin de ne jamais revoir la psychopathe du onze. Je soupire. Au moins, au Capitole, je sais qu'ils s'en fichent complètement. Mise à part peut-être les personnes ayant pariés sur ma victoire. Ils ne doivent pas être nombreux. Je viens de l'un des district les plus pauvres de Panem et je suis face à une adversaire issue du quatre, du district des carrières. Au Capitole, ils veulent juste du sang et de la torture. À ce niveau-là, je n'ai rien offert d'intéressant. Mais je reste persuadée que les carrières ont largement remplis ma part. Même Kate, peut-être. En devenant cannibale durant quelques minutes. J'eus un sourire en repensant au moment où elle avait mordu son adversaire. Habituellement, dans ces cas-là, les tributs sont éliminés par ''accident'' au sein de l'arène. Nous n'offrions pas la meilleure finale pour le gore et le sang, mais nous offrions l'une des meilleurs sur le plan humain. Deux anciennes alliées, amies, qui se battaient à mort. Cela devait plaire à une bonne partie du Capitole, peut-être même que cela réussissait à le faire oublier le manque de torture cruelle et gratuite. Les voix dans ma tête prennent le contrôle. Et je balance toutes les paroles qui me viennent à l'esprit, avec une colère que je n'aurais jamais imaginé pouvoir contenir. Au fond de moi, je sais que je ne le pense pas. Et malgré tout, je n'arrive pas à m'arrêter.

« Je ne suis pas comme eux. Mais toi, si. » Elle a raison. Et ça me rend folle de rage. À tel point que ma colère se déverse dans mon corps, me brûle les veines et s'arrête dans mes mains. Ces mêmes qui continuent de frapper Zoé sans s'arrêter. J'ai une telle rage à chaque coup porté à Zoé que mes phalanges commencent peu-à-peu à saigner. Et pourtant, je continue. Je la défigure. Je ne réagis pas. Je ne ressens rien. Pas la moindre émotion. Aucun regret, aucun plaisir. Rien. Je suis comme un robot, vide à l'intérieur et effectuant des gestes pré-commandés. « C'est parfait. Continuons. Prends ton couteau. Attrape sa gorge. Plante la pointe de ton couteau. Et fais le glisser en suivant le couteau de son cou. » J'ai envie d'hurler une nouvelle fois. Cela me déstabilisera. Je me retiens, souffre en silence et écoute une nouvelle fois la petite voix dans ma tête. Celle qui m'a aidé à me sentir plus légère en devenant le monstre que j'ai toujours été. Malgré ses nombreuses blessures, Zoé est toujours aussi forte. Elle ne se laisse pas faire. Un sourire étire mes lèvres. Étonnamment, lui démolir le visage m'avait presque soulagé. J'avais pu laisser échapper la haine que j'avais tant contrôlée. Chacune armée d'un couteau, le combat sera égale. Et il l'est. Je ne regarde pas où je vise. L'adrénaline me contrôle à tel point que le simple ordre auquel j'obéis consiste à planter mon poignard dans le corps meurtri de mon ennemie. N'importe où. Un œil, un bras, la gorge, le cœur. N'importe où. Je dois juste l'affaiblir. La faire souffrir. Soudain, je m'arrête quelques secondes. Une lame froide s'enfonce entre mes côtes. Il faut que je réagisse. Vite. Je maintiens Zoé en tenant fermement sa nuque et j'enfonce mon poignard dans son corps, au hasard. La dernière vision que j'ai avant de détourner la tête est celle de Zoé s'effondrant au sol.

Je ne peux pas. C'est plus fort que moi. Je me retourne rapidement. Je ne veux pas assister au spectacle de la mort de mon ennemie, mon amie. Le silence qui règne est étouffant. « Alex...iane. » Sa voix est faible. Je l'entends à peine. Cette voix si éteinte, qui ne ressemble en rien à celle de Zoé me fait frissonner. Je n'ose pas me retourner pour constater l'ampleur des dégâts. Je sais que cette image me hantera toute ma vie. Je ne veux pas voir Zoé étendue sur le sol, faible et en sang. Je ne veux pas voir mon oeuvre. Je reste debout, tremblante, mais gardant les yeux rivés sur l'eau, essayant d'oublier que mon alliée est en train de mourir à quelques centimètres de moi. Je ne montre pas la moindre émotion, afin que les spectateurs ne réalisent pas à quel point je suis faible. Mes lèvres dessinent même un sourire.

Je dois donner l'impression d'être forte, satisfaite de mes actes et sans la moindre émotion qui trahirait ce que je ressens réellement. Je suis détruite. J'ai envie de m'effondrer à terre, de retourner le couteau en ma direction et de me l'enfoncer dans le coeur. Je retiens péniblement les sanglots dans ma gorge ainsi que les larmes dans mes yeux. Je ne sais pas combien de temps je pourrais tenir. Je souhaite simplement que Zoé s'éteigne, que l'hovercraft me sorte de cette foutue arène et que je me retrouve seule afin d'éclater en larmes et d'hurler ma colère. « S'il te plait. » Je serre les poings. Zoé respire toujours, et tente même de me parler. Je n'en peux plus. Si seulement elle pouvait se taire et pousser son dernier soupir. « Tais-toi, tais-toi, tais-toi. » je répète ces mots à plusieurs reprises, dans un murmure afin que Zoé n'entende pas. Sa voix est toujours aussi faible, et je me sens terriblement mal. J'ai envie de vomir, de tomber, de mourir. Si j'avais été à la place de Zoé, elle serait restée auprès de moi pendant mon agonie. Et je me comportais comme une égoïste, souhaitant sa mort le plus rapidement possible. Je pris une énorme respiration, avant d'enfin faire un tour sur moi-même afin que Zoé entre dans mon champ de vision. Je me rapproche doucement, évitant un maximum de poser mon regard sur la blessure mortelle qui est mon oeuvre. Je m'accroupis à terre, gardant malgré tout une certaine distance avec Zoé. « Je... » Je suis désolée de t'avoir tué ? Je suis désolée que tu souffres à ce point simplement pour satisfaire mon désir de retourner chez moi ? Je suis désolée de t'avoir battu simplement pour éliminer ma colère ? Je suis désolée de t'avoir balancé toutes ses horreurs au visage ? « Qu'est-ce que tu veux ? » demandai-je finalement, d'un ton sec. Je ravalai ma salive et me rapprochait afin de prendre la main de Zoé dans la mienne. « Je suis là. » Tout était dit.



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MessageSujet: Re: ZOÉ&ALEXIANE ► until the very end l J7   Ven 20 Jan - 20:30


A la fin, quand on a abandonné tout espoir de victoire ou de survie, la perspective de mourir nous paraît presque agréable. C'est tellement plus facile de se laisser sombrer que de se battre pour obtenir quelques minutes de plus sur Terre. Mourir ne demande aucun effort, c'est naturel, comme cligner des yeux ou respirer. Pourtant, loin de se résigner à laisser aller l'esprit, le corps résiste à l'engourdissement délicieux de l'inconscience. Pourquoi sommes-nous tellement attachés à ce corps humain, même s'il est complètement abîmé ? Pourquoi sa souffrance nous concerne-t-elle encore alors que notre esprit commence déjà à voguer vers l'inconnu ?

Les nombreuses blessures que j'ai récoltées pendant les Jeux me brûlent et réclament sans cesse mon attention. Mon visage... mon visage est en sang. Ai-je le nez cassé ? La fille... Alexiane... Elle m'a défigurée à coups de poing. Partout, je porte la marque de son couteau. Dans mon cou. Sur mes bras. Sur mon dos. Pourtant, la douleur me semble presque agréable. C'est celle dans mon ventre qui me rend folle. Le couteau y est toujours planté. Je le sais, je le sens, mais je ne parviens pas à ouvrir les yeux. Je n'ai pas le courage de voir comment la vie s'échappe de mon corps. Est-ce une punition ? Cette autre fille, Catalina... Je l'ai tuée de la même façon. J'ai enfoncé mon poignard dans son ventre et je l'ai regardée pendant son agonie. C'était facile. C'était horrible. Pourtant, rien, pas même ça, n'a pu me préparer à ma propre mort. Je l'ai imaginée encore et encore, mais cela n'égale pas la réalité écrasante de cet instant où le couteau s'est fiché dans mon ventre. Je suis couchée par terre. Si j'ouvrais les yeux, je verrais le ciel. Un ciel bleu, sans nuages, comme celui de mon district... Mon district où mes parents assistent à ma mort en direct. Mon district où je ne retournerai plus jamais. Mon district qui accueillera Alexiane dans quelques mois, et qui devra la remercier pour m'avoir tuée. Tout, le Capitole m'a tout pris. D'abord, ma liberté. Puis, mon père. Mon foyer. Mes rêves. Et finalement, aujourd'hui, ma vie.

Une vague de douleur m'emporte, et je crois être partie pour toujours, mais je suis ramenée brutalement dans mon corps. L'inconscience me nargue, les ténèbres m'entourent mais refusent de m'envelopper. Je suis brûlée vivre, torturée par cette douleur qui dévore mon corps et m'empêche de bouger. Je reste immobile alors que je suis en train de me consumer, de me vider de mon sang. Pourquoi, pourquoi ne suis-je pas encore morte ? Qu'ai-je fait pour mériter cette souffrance ? Par pitié... faites que ça s'arrête. Peu importe comment. Faites que ce soit terminé, terminé, terminé... Je promets d'être sage. Je promets tout, tout et n'importe quoi, mais faites que ça s'arrête... Viens, la mort, approche-toi de moi. Touche-moi. Prends-moi dans tes bras. Emmène-moi. Tu peux m'avoir. Tu peux me faire tout ce que tu veux. J'irai en Enfer s'il le faut. Je suis une tueuse, après tout. Mais, s'il te plaît, s'il te plaît, délivre-moi de cette douleur. Je veux crier, mais ma voix se bloque dans ma gorge. Je veux bouger, mais j'en suis incapable. Je veux pleurer, mais je n'ai plus de larmes à verser, plus de tristesse à exprimer, plus de colère, de combativité, de joie, ou de haine. Tout ce qui reste, c'est la peur. Je suis terrifiée, mais je ne sais pas pourquoi. Je suis seule, terriblement seule. Je n'aspire qu'à la fin, mais je suis mortifiée par ce qui m'arrive. C'est impossible, n'est-ce pas ? Quelqu'un pourrait me dire que c'est impossible ? Non, cela ne m'arrive pas vraiment. C'est un cauchemar, un affreux cauchemar, et je vais bientôt me réveiller. Je ne peux pas souffrir autant. Je n'aurais jamais pu m'imaginer que je souffrirai autant. Où est la réalité, où sont les illusions ? Je suis dans un monde rouge, à la lumière beaucoup trop vive qui me brûle la rétine. Rouge, trop rouge. Il y a trop de rouge. Trop de sang. Je connais le sang, sa saveur, sa texture… Mon sang ? Je saigne ? Je ne sais plus. J'ai mal. Viens me sauver, maman. Viens. Où es-tu ? Pourquoi ne viens-tu pas ? Pourquoi suis-je seule ? Mourir, je vais mourir. Pourquoi ? Je n'ai que 18 ans. Je suis trop jeune, beaucoup trop jeune. J'ai encore des choses à faire, des choses à vivre. Je dois encore être heureuse et triste, furieuse et déçue. Je dois encore rire, travailler, m'amuser, pleurer, crier, nager. C'est trop tôt. Il y a dû avoir une erreur quelque part. Zoé Williams ne peut pas encore mourir maintenant. Pas sans avoir vraiment vécu. Ma vie, ma vie qui touche à sa fin, je ne la vois pas défiler devant mes yeux. Je n'ai pas de regrets pour le temps passé. Non, ce que je vois, c'est mon avenir. Mon avenir que je n'aurai jamais, parce que je m'arrête ici. Fini. Terminé. Je me vois, revenant à la maison après les Jeux. Je me vois dans les bras de mes parents. Je me vois en train de me promener avec Sagitta, riant aux éclats. Je me vois nager, je vois l'eau claire et les poissons argentés. Je sens le sable chaud de la plage de mon district. Je me vois raconter mes aventures à mon frère. Je me vois pleurer sur les genoux de ma mère. Je me vois, dans quelques années, à mon mariage. Ma robe blanche. Mon mari qui sourit. Les gens heureux, la musique. Puis, encore plus tard, mon enfant. Une petite créature fragile. Je lui promets de prendre soin de lui, de ne pas le laisser dévorer par le monde extérieur. Je te protègerai, bébé. C'est promis. Tu n'iras pas aux Hunger Games. Mon travail. Ma maison. Mes petits-enfants. Enfin, mes premiers cheveux gris. Un dernier jour paisible avant de dire au revoir au monde. J'ai le droit de vivre tout ça. C'est à moi, ça m'appartient, mais on me l'a pris. Même ça. Tout ce qui me reste, ce sont quelques minutes. Un peu de temps. J'ai hâte que ce soit terminé... J'ai tellement mal...

La fille. Elle est toujours là. Elle me tourne le dos. Elle... elle m'a tuée. C'est elle qui a enfoncé le couteau dans mon ventre. Ça, je m'en souviens, mais son nom m'échappe. Je n'arrive plus à réfléchir clairement. Fais un effort, Zoé. Tu la connais. C'était ton alliée... Alexiane. Oui, c'est son nom. Je l'appelle. Je ne reconnais plus ma propre voix. Elle ne se retourne pas. J'ai l'impression qu'elle tremble. M'a-t-elle entendu ? Ai-je vraiment parlé ? Je me lèche les lèvres. Elles sont sèches, et elles ont le goût du sang. Le mien, le sien... quel importance ? Alexiane est en vie, non ? Alors que moi... Je ne sais pas où je trouve le courage de l'appeler de nouveau, de la supplier de venir. Les secondes passent. Pourquoi refuse-t-elle de me parler ? Est-ce qu'elle se sent coupable ? Enfin, enfin, elle se retourne. C'est peut-être l'effet de mon imagination, mais je la vois marcher au ralenti. Elle s'accroupit à côté de moi. Je voudrais qu'elle vienne plus près, qu'elle me tienne la main comme une amie le ferait... Mais je n'ai plus la force de lever le bras pour attraper le sien. « Je... » Commence-t-elle, avant de se taire. « Qu'est-ce que tu veux ? » Demande-t-elle sèchement. Je pose mes yeux sur sa main, espérant qu'elle comprendra. Oui, elle comprend. Elle me prend la main, et je serre la sienne, aussi fort que je peux. « Je suis là. »Je hoche la tête, ferme les yeux. Il y a... quelque chose. Quelque chose que je dois lui dire. C'est important. Mais... je ne sais plus... Je ne te déteste pas. Finis-je par murmurer. Chaque mot me coûte un effort surhumain. Ma langue est de plomb. J'ouvre les yeux, je la regarde. Ce n'est pas toi qui m'as tuée. C'est eux. Je fais un signe de tête en direction de l'endroit où les caméras sont sans doute cachées. Le Capitole. Snow. Je n'ai même plus la force de les haïr. Alors... Quand ce sera fini... Quand je serai morte... N'oublie pas qui tu es. Voilà, je l'ai dit. J'espère qu'elle comprendra... Qu'elle ne deviendra pas un monstre comme tant d'autres vainqueurs. Snow peut prendre notre vie... Mais pas le reste. Pas notre coeur. Pas l'esprit de rébellion. Je ne devrais pas penser à ça. Je vais mourir, bordel ! Cette rébellion, je ne la verrai jamais. Jamais... Le soleil attire mon regard. Rouge, il est rouge aussi. C'est étrange. Cela me fascine. Quand je ferme les yeux, je le vois toujours. Chaud…trop chaud… Je... Alexiane! Je voulais crier, mais tout ce qui sort de ma bouche, c'est un chuchotement horrible. Combien de temps ai-je divagué ainsi ? Une seconde ? Une minute ? Une heure ? La mer... Je veux... Une dernière fois... Porte-moi. Je ne sais pas trop ce que je lui demande. Je sais que ça va faire mal. Elle me porte, je vois ses blessures. Puis, il y a la mer. Salée, douce, agréable. Fraîche. Délicieuse. Douloureuse. Mettre le sel sur la plaie... Je comprends, maintenant, ce que ça veut dire. Si j'immergeais mon ventre, la douleur me tuerait sans doute sur-le-champ. Mais je ne veux pas le faire. Je veux voguer. Je veux dériver. Je veux voler. Porte-moi, mer, ma mer, ma mère. Ne me lâche pas. Le soleil, le soleil est la dernière chose que je vois.

A la fin, quand tout a disparu, même la douleur, même les souvenirs, même la peur, même notre propre nom, il n'y a plus que le vide. L'absence. L'oubli. A la fin, quand nos dernières secondes s’écoulent, on vit pour la première et la dernière fois. A la fin, il n'y a que le silence.


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MessageSujet: Re: ZOÉ&ALEXIANE ► until the very end l J7   Lun 27 Fév - 19:39



Je n’arrive plus à respirer. Je ne ressens plus rien. Aucune douleur. L’adrénaline, peut-être ? La fin. Elle est proche, désormais. Je parviens à l’effleurer du bout des doigts. Je parviens à m’imaginer de retour chez moi. Je parviens à sentir la pression des bras d’Avery autour de moi. Je parviens à reconnaître la chaleur du corps d’Ezea contre le mien. Je parviens à sentir les regards distants de mes proches. Ce sera ainsi désormais. Je n’ai pas le droit d’en espérer plus. Les regards. Ils ne seront plus jamais adressés à Alexiane, cette gamine qui travaillait dans les champs et qui faisaient de son mieux pour aider son prochain. Ils ne seront plus compatissants face à mon corps meurtri par la faim. Ils ne seront plus prévenants face à mes égratignures dues à ma maladresse. Ils ne seront plus jamais mélioratifs. Mes mains s’abattent sur le visage de Zoé. Chaque goutte de son sang qui colle à mes phalanges cassées par l’effort emporte Alexiane avec elle. Et pourtant. Je continue. Je frappe, sans m’arrêter. La douleur me pique finalement les mains. Je n’arrête pas pour autant. Je change simplement d’armes. Le soleil brillant sur la larme m’aide à prendre conscience de l’acte que je vais commettre. Et pourtant, cela ne m’arrête pas. Je continue. Encore et toujours, jusqu’à son visage ne s’apparente plus à celui d’un être humain. Jusqu’à ce que mes mains, mes bras, mes jambes tenant la jeune femme au sol soient couvertes de quelques litres de son sang. Jusqu’à ce que sa respiration s’épuise toujours plus.

Mais elle ne lâche pas l’affaire. Elle s’accroche à sa vie comme je m’accroche à lui donner la mort. Je ne cèderais pas. Jamais. Mais je n’y arrive pas. J’ai beau la frapper, l’a poignardé, je n’arrive pas à donner le coup de grâce. Quelque chose me retient encore. « Achèves-la ! Enfonce ton putain de couteau dans son cœur et entend ce bruit qui signifiera ta victoire ! Fais-le ! Regarde son corps. Regard son abdomen. Il se soulève encore. Ce n’est pas normal. Ce n’est pas normal. Ce n’est pas elle qui doit rester en vie. Il est hors de question qu’elle retourne chez elle en vie. Fais-le Alexiane ! Libère enfin ta véritable nature ! Laisse-toi aller, tu n’aurais plus jamais à donner l’image que les autres attendent de toi. Tu seras mieux après. Je te le promets. » J’aimerais me battre contre ses voix, contre ma conscience qui me dicte mes actes et qui interdisent à ma raison d’agir. Je suis trop faible. Et mon couteau s’enfonce dans la chair de mon adversaire, de la personne que je déteste tant d’essayer de se libérer de mon étreinte. Je ne prends pas la peine de retirer mon arme. Je croise le regard de Zoé. Je croise ses pupilles qui changent dès que le couteau s’est figé dans son abdomen. Et elle s’écroule. Elle tombe au sol, j’entends le sifflement de l’impact de son corps contre le sable et je comprends, qu’enfin, j’ai pris le dessus et que s’il y a une personne qui pourra rentrer chez elle, c’est moi.

J’essaye d’éviter de croiser la vue du corps de Zoé. Son corps. Voilà que je parle d’elle comme une chose morte. Alors qu’elle est aussi vivante que moi. Je n’ose pas croiser son regard, et je n’ose même pas énumérer mes blessures. À vrai dire, les signes qui se mettent en place dans ma tête m’aident à comprendre la gravité de mes blessures. Si Zoé ne pousse pas son dernier soupir rapidement, je pourrais très bien le faire à sa place. Mais je n’ai pas commis cet acte pour succomber avant elle. Je résisterais. Je n’ai pas su résister à mes pensées, à ses voix qui me contrôlaient et qui m’ont aidée à commettre l’irréparable. Mais je résisterais à cette envie de m’effondrer et de me laisser emporter pour me sentir bien. Quelle est le stade de douleur que Zoé doit subir en ce moment ? La lame a transpercé ses organes vitaux, il ne doit plus lui rester longtemps à profiter de la chaleur du soleil sur son visage. « Profiter d’une chose aussi insignifiante quand on est en train de rendre l’âme. Bien-sûr, c’est le seul truc qu’elle a à faire, t’es plus qu’idiote Alexiane. Je n’ai jamais vu plus stupide que toi. Tu ne mérites même pas la victoire. Regardes, regardes Zoé. Elle aurait pu faire honneur à son district, elle. Toi tu seras plus rien. Tu arriveras jamais à te reconstruire, j’espère que t’es fière de toi. J’ai jamais eu aussi honte de toi. » Cette voix n’est plus celle qui me dictait mes actes quelques minutes plus tôt, elle est tout à coup plus familière, plus douce, et a plus d’impact. Avery. Il s'agit de celle de mon frère. Je le cherche autour de moi, imaginant un nouveau délire hallucinatoire, mais il ne m'apparaît pas comme avait pu m'apparaître Kirsen, Skyler ou les autres tributs ayant marqués les Jeux. Les Jeux. Ils sont bien terminés. Encore quelques minutes à supporter cet enfer, et je serais récupérée par l'Hovercraft. Quand mon prénom se fait entendre pour la première fois, je ne réagis pas. Les supplications de Zoé se font plus insistantes, et j'ose enfin me retourner, évitant soigneusement de poser les yeux sur son état physique. Je sais que tôt ou tard, cela viendra, mais je voulais repousser ce moment le plus loin possible. Ma voix se veut sèche quand je me mets à son niveau. Je regarde à côté d'elle, évitant ainsi son regard. « Je ne te déteste pas. » Ce sont les paroles de trop. Ce sont elles qui me font à nouveau réaliser que je n'aurai pas dû gagner face à Zoé. Car c'est ce qui se passera. Je n'en mesure pas encore l'ampleur, mais le scénario inverse semble si irréaliste. Ses paroles me font divaguer, à tel point que mon regard croise une tâche rouge au niveau de son abdomen. Je voudrais pouvoir détourner le regard, mais je n'y parviens pas. Je ne parviens plus à bouger, mes yeux ne quittent pas son abdomen. C'est moi. C'est moi qui ai fait ça. C'est à cause de moi qu'elle agonise. Je manque de me coucher à ses côtés, je me rattrape à l'aide de ma main, mais la douleur m'arrache un gémissement de douleur.

J'aimerais pouvoir sortir de ce cauchemar, ouvrir les yeux et découvrir le plafond tombant en ruine de ma bicoque qui tient à peine debout. J'aimerais me réveiller dans mon lit, aussi inconfortable que réconfortant. J'aimerais sentir la chaleur du thé imbuvable que je prépare chaque matin. J'aimerais pouvoir sentir les craquements des branches sous mon passage lorsque je me rends sur mon lieu de travail. J'aimerais tellement me réveiller ailleurs, en dehors de cette arène. Cette arène dans laquelle j'ai perdu tout, absolument tout. « Tu devrais. » Ma voix est neutre, mais la honte me fait baisser la tête sur mes jambes. Le bout de tissu qui recouvrait ses dernières est déchiré à de multiples endroits. Mes pieds nus ont pris une couleur rougeâtre. J'avance mes bras devant moi. Du sang. Il n'y a que du sang. J'ai du sang sur les mains, et j'aimerais que cela ne soit qu'un fait et non pas une réalité à deux sens. Je porte le sang de tous ses tributs, et surtout celui de Zoé. Leurs sangs se mélangent au mien. J'arrive de moins en moins à respirer. J'essaie de tâter doucement mon abdomen. Il est ouvert de toutes parts, tout comme celui de Zoé. Elle ne m'a pas ratée. Je dois avoir un poumon perforé par la blessure subie par mes côtes. Mes doigts sont pour la plupart cassés, sans oublier celui que Catalina m'a sectionné quelques jours auparavant. « Ce n'est pas toi qui m'as tuée. C'est eux. » C'en est trop, et, la tête toujours baissée, je verse mes premières larmes depuis que j'ai pris le dessus sur Zoé. Je comprends aisément de qui elle parle. La douleur me frappe en plein corps chaque seconde un peu plus, mais je dois résister, je ne dois pas me laisser abattre et mourir aux côtés de Zoé. « Non. Non, dis pas ça. C'est pas eux. C'est pas eux qui ont enfoncé le couteau dans ton corps ou dans celui de Kirsen. Ils m'ont juste montré qui j'étais réellement et à quel point l'être humain pouvait oublier ses principes dès que sa véritable nature reprenait le dessus. » Ma bouche se remplit peu à peu de sang, la douleur provoquée par ma tentative de lui répondre est horrible. Je brule de l'intérieur. J'ai envie de bouger, de courir, mais je reste paralysée sur place. Horrible, c'est horrible. L'adrénaline m'a empêchée de souffrir jusqu'ici, comme si mon corps s'était mis sur pause. Mais ça revient. Trop vite. À tel point que mes croyances, que mes espoirs de sortir vivante semblent s'éloigner chaque seconde, et que la possibilité que Zoé tienne plus longtemps que moi envahit mon esprit. « Alors... Quand ce sera fini... N'oublie pas qui tu es. » Qui je suis ? Qui je suis ? Je suis un monstre. Je suis cette fille qui a enlevé la vie à tant d'autres personnes, parfois âgée d'à peine douze ans. C'est cette personne que je suis. L'arène m'a simplement envoyé en pleine face ma véritable nature. Celle d'une fille, qui pour survivre, avait commis les pires horreurs. Et y avait parfois pris goût. Je ne peux pas répondre à ça. Car qu'importe les mots qui sortiront de ma bouche, ce ne serait qu'un mensonge de plus.

J’ai mal. J’ai mal. J’ai envie que tout s’arrête. J’ai envie d’échanger ma place avec Zoé, afin que je disparaisse avant. « Alexiane ! » Sa voix est de plus en plus faible. Pitié. Fais-vite. Zoé, je t’en supplie, j’ai envie de sortir d’ici, j’ai envie d’aller mieux, j’ai envie de me sentir bien, j’ai envie d’enfin ressentir mon corps. J’ai envie que mes organes arrêtent de s’effondrer les uns après les autres. J’ai envie que mon sang reste dans mon corps. J’ai envie que ses brûlures s’arrêtent. « La mer... Je veux... Une dernière fois... Porte-moi. » Non. Je n’arriverais pas. C’est hors de question. J’y parviendrais jamais. Tout comme elle, je m’affaiblis de secondes en secondes. Je sais que je vais mieux qu’elle, mais je n’arriverais jamais. Je n’ai plus assez de force. « J’y arriverais pas. Zoé, j’suis à bout de force. » J’eus un soupir qui me brûla la gorge. Le regard de Zoé croise le mien, et je sais qu’elle l’aurait fait pour moi. Je lui devais ça. « Je vais essayer. Je vais essayer. » répétai-je, en me déplaçant, ou plutôt en me traînant, jusqu’à ses pieds. La mer n’est pas bien loin, et j’en remercie les Jeux d’avoir aménagé cette zone ainsi. Mes mains s’agrippent à ses chevilles, tâchant sa peau de sang, et je commence, doucement, à tirer la jeune femme contre moi. Des grimaces de douleurs se succèdent, mais je dois tenir bon. Et … j’y arrive. À force de gémissements, de soupirs, et d’un temps incroyablement longs. Mais les pieds de Zoé entrent en contact avec l’eau, et je peux deviner un sourire sur son visage. Sa respiration se calme. Ses yeux divaguent, et je sais que c’est bientôt la fin. « Je suis désolée. Je suis tellement désolée. » Ses mots se succèdent dans ma bouche, tandis que je caresse les cheveux de la jeune femme. Je divague moi aussi. Combien de temps nous nous sommes battues ? Combien de temps a duré cette ‘finale’ ? Combien de coups de couteaux ont été échangés ? Combien d’os brisés ? Combien d’organes perforés ? Combien de litres de sang avons-nous perdus ? Je vois flou. Je dois tenir bout. Courage, courage. Je ne dois pas faiblir maintenant. Si près du but.


Un bruit bourdonne, mes oreilles sifflent. C’est horrible. Ce grésillement assourdissant, me provoque des frissons, des vertiges. J’ai mal. Je comprends. Le canon. C’était le canon. Je regarde Zoé. Sa cage thoracique a cessé de se soulever. C’en est fini. Je me laisse tomber au sol. Un nouveau bruit, plus long, plus énervant se fait entendre. Ce sont des paroles. Mais je n’ai pas le courage d’en décrypter le contenu. Je suis épuisée, j’ai envie de lâcher prise. Je ferme les yeux. « Vite. Vite. Vite. Pitié. » Je n'ai pas l'air forte, je fais preuve d'une grande faiblesse, mais j'ai envie qu'on vienne me chercher. Je ne supporte plus cet endroit. Je ne supporte plus cette odeur constante de sang autour de moi. Je ne supporte plus cette ambiance pesante. J'ai envie de rentrer. Vite. Pitié. Je n'aurai jamais pensé avoir à supplier le Capitole un jour. Mais venez. Le temps se fait long. J'essaie de respirer, mais je n'en peux plus. La fatigue m'envahit, la douleur aussi. Combien de temps vont-ils me faire patienter ? C'est inhumain. C'est inhumain de me laisser là, aux côtés du corps de mon alliée, de mon amie. C'est inhumain de me laisser endurer toutes ses souffrances. Et pourtant. J'ai fait endurer ces mêmes souffrances à Zoé. Je parviens enfin à me mettre à sa place. Mais je ne veux pas finir comme elle. Reste éveillée. Il faut que je reste éveillée. Un bruit. Enfin. Des bourdonnements incessants qui se rapprochent. L'Hovercraft. L'Hovercraft arrive. Vite. Je divague. Je m'endors. Si je m'endors, je ne me réveillerais jamais. Je tente d'ouvrir les yeux, mais ils se referment aussitôt. Une pression s'exerce autour de mon corps. Des larmes coulent sur mes joues. Putain, ça fait mal. Un craquement se fait entendre. Mes côtes. L'une d'entre elles s'est cassée, j'en suis sûre. J'en peux plus. Vite. La remontée jusqu'à l'Hovercraft me semble être interminable. La pression s'exerce encore plus. Je souffre, je souffre terriblement. Je ne risque plus rien maintenant. Ils m'ont sorties de là. Ils m'ont sorties de là. Je vais rentrer. Je m'en suis sortie. Mais je sombre déjà, et je ne réalise même pas que j'ai gagné la soixante-quinzième éditions des Hunger Games.


TERMINÉ



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