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 La vie mérite qu'on lui donne sa vie - Catalina et Zoé (J7)

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MessageSujet: La vie mérite qu'on lui donne sa vie - Catalina et Zoé (J7)   Dim 27 Nov - 20:38

Après le festin, je retournai dans le labyrinthe. Je redoutais de me perdre mais je ne voulais pas rester à découvert. Je marchai pendant longtemps avant de trouver un recoin sombre d'une haie où je pouvais me cacher pour me reposer un peu. Comme j'étais la dernière arrivée au festin, je n'avais pas pu rafler grand-chose. Un malheureux paquet de biscuits à moitié écrasés et tombés par terre, voilà ce que j'avais récolté. Je mangeai tous les biscuits, lentement, en savourant leur goût salé. Ils me donneraient soif, je le savais, mais il fallait que je me nourrisse. Les trois derniers jours, je n'avais pratiquement rien mangé. Lorsque le paquet fut vide, mon estomac continuait à gronder et à faire mal. Il n'avait plus l'habitude de recevoir tant de nourriture en même temps… Mais j'aurai besoin de toutes mes forces pour affronter mon septième jour dans l'arène. Etrangement, alors que je devais être épuisée, j'étais pleine d'énergie. C'était peut-être grâce au cadeau que j'avais reçu. Mon premier cadeau dans l'arène... Et pas n'importe quel cadeau. J'étais sûre que cette petite seringue, pas plus longue que mon index, avait coûté une fortune. L'effet du médicament s'était fait sentir presque tout de suite : la douleur s'était estompée, et un flot de pus s'était échappé de la plaie. Elle n'était pas encore entièrement refermée, mais elle avait déjà l'air plus saine, plus propre. La fièvre qui me brûlait et me rongeait était presque retombée. Seule restait la douleur de la plaie que Catalina m'avait infligée, cette plaie au flanc... Elle nourrissait ma haine, me rendait folle de rage. Elle donnait vie à toutes sortes d’hallucinations, les unes encore pires que les autres. Je passai une nuit agitée, hantée par des visages que je ne connaissais pas mais qui se penchaient vers moi en me demandant 'pourquoi...pourquoi... ?'. Je n'avais pas de réponse à leur donner et, terrorisée, je les suppliais de me laisser tranquille. Le matin du septième jour, j’étais plus fatiguée que la veille. Mes cauchemars me rendaient folle. Alors je me remis en marche, sans aucun autre but que de trouver un autre tribut et de le tuer.

Depuis plusieurs heures, une vieille comptine que mon frère chantait parfois me trottait dans la tête. Il était question de dix petits nègres qui meurent un par un. La ressemblance avec nous, les tributs jetés dans l'arène et obligés de nous entretuer, était frappante. Combien étions-nous encore? Je comptai sur mes doigts, lentement. Un: Alexiane. Je n'avais pas encore vu son visage dans le ciel et j'espérais qu'elle n'était pas encore morte. Deux: cette horrible Catalina. Trois: Ever. Quatre: moi. Quatre adolescentes blessées, souffrantes, sans doute à moitié mortes de faim, prêtes à tout pour gagner à présent que le nombre de tributs diminuait... et dangereuses. Quatre meurtrières. Quatre folles. Quatre personnes qui n'ont rien à perdre. Plus rien ne comptait, ni nos alliances, ni l'amitié, ni la pitié ou l'humanité. Quatre monstres sous forme humaine. Que disait la comptine, encore ? Quatre petits nègres s'en allèrent en mer... Un hareng saur avala l'un d'eux... et il n'en resta plus que trois. La mer... Cela me faisait penser à mon district... Et si c'était mon tour de mourir ? Je secouai la tête. Non Zoé, non ma vieille, tu ne mourras pas. Pas maintenant. Je me le répétais sans cesse: il fallait que je vive. Je ne savais pas pourquoi. De toute façon, même si je survivais, je ne serai qu'une ombre de l'ancienne Zoé, la fille gentille et gaie. Même si je survivais, je serai à jamais hantée par l'image de ceux que j'avais tués. Même si je survivais... Je ne supporterais plus de me regarder dans un miroir, de peur de voir à quel point j'étais devenue mauvaise. Comment peut-on continuer à vivre après les Hunger Games? Comment ces vainqueurs faisaient-ils pour continuer à vivre normalement? Je ne le savais pas... Une partie de moi-même voulait se venger, elle voulait retrouver cette Catalina, cette garce qui m'avait blessée. Je ne savais pas pourquoi, mais je ne la supportais pas... Dès le début. Sans aucune raison. A présent qu'elle avait failli me tuer, j'étais encore plus décidée à lui faire du mal. Cela ne me ressemblait pas du tout. Pourtant, faire souffrir, tuer... Quelque part au fond de moi, je savais que c'était mal, mais je m'en fichais. Au début des Jeux, j'étais beaucoup trop sage, et tout le monde en profitait pour me blesser, me terroriser ou m'intimider. A présent, j'en avais marre d'être la victime, la petite fille qui avait peur de tout, la naïve qui se faisait marcher dessus par tout le monde. Je voulais qu'ils saignent comme j'avais saigné. Je voulais qu'ils meurent tous.

Soudain, un coup de canon retentit. Je sursautai et regardai autour de moi. Qui était mort ? Qui ? J'espérais que c'était l'une de mes anciennes alliées, Alexiane ou Ever. Notre amitié ne comptait plus, mais je préférais ne pas devoir les tuer. Par contre, Catalina... J'espérais qu'elle était encore en vie, rien que pour pouvoir la tuer moi-même. Je te trouverai ! M'écriai-je en brandissant mon poignard, même si j'étais seule. Je te trouverai et je te ferai saigner ! C'était une menace, une promesse. Je commençai à marcher plus vite, aiguillonnée par ma colère. Ce n'était pas Catalina qui m'avait envoyée aux Hunger Games. Ce n'était pas elle qui avait tué Kathleen. Ce n'était pas elle, la responsable de tous mes malheurs. Pourtant, je la détestais. Alors, lorsque je la vis non loin de moi, je crus qu'il s'agissait d'une hallucination… une de plus. Je m'approchai prudemment, à pas de loup. M'avait-elle vue ? Je ne le savais pas, car ma vision était brouillée par la douleur de ma blessure au flanc. Je m'arrêtai à quelques mètres d'elle. Mon cerveau enfiévré essayait laborieusement de démêler le vrai du faux. A côté d'elle, appuyé contre la haie dans une pose nonchalante, il y avait Finley. Non, attends Zoé... C'est impossible... Il est mort, tu as vu son visage dans le ciel. Mais s'il n'était pas réel, Catalina l'était-elle? Nous voilà de nouveau face à face... et cette fois, ce n'est pas ton toutou qui te protègera. Lançai-je. Je voulais être méchante, je voulais la voir pleurer. Tant pis si elle n'était pas vraiment là, s'il ne s'agissait que d'une image produite par mon cerveau confus. S'il le fallait, je détruirais toutes les hallucinations de la terre avant de la trouver, la vraie Catalina, et d'avoir enfin la satisfaction de planter mon poignard dans son coeur.


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MessageSujet: Re: La vie mérite qu'on lui donne sa vie - Catalina et Zoé (J7)   Dim 27 Nov - 21:06



Qui j'étais ? Catalina, une fille un peu passe partout, que personne ne remarquait chez moi, au six.

Sept. Nous n'étions plus que sept. La carrière du quatre, le carrière du deux, une fille dont je ne me souvenais pas le district, et ma pire ennemie ici dans l'arène. Les deux derniers ne me revenaient pas à l'esprit. Pourquoi je me battais encore ? Parce que je l'avais promis à Finley ? Parce que je l'avais promis à mon frère, pour ressentir encore les bras des mes parents se refermer sur moi ? Non, tout ça n'avait plus aucune importance à présent. On ne pense plus à ce genre de chose une fois dans l'arène, et si près de pouvoir rentrer chez nous. Non, tout ce qui compte c'est... Poser un pied de plus devant l'autre, achever un adversaire de plus, survivre un jour de plus tout simplement. C'est tout ce à quoi je pense en ce moment. Un jour de plus, rentrer chez moi n'est pas quelque chose que j'envisage. Dans les sept qui restent, la plupart sont surement plus forts que moi. La seule chose que j'ai peut être de mon côté c'est que je ne suis pas blessée. Quelques contusions mais rien de grave. On peut dire que j'ai été relativement épargnée par les jeux. Je ne suis ni mutilée, ni affaiblie par les coups. La faim et la soif se font ressentir, mais à ce stade de la … compétition ? On se contente de survivre. Un point c'est tout. On espère que notre photo ne s'affichera pas dans le ciel le soir. Et le lendemain on recommence. Les jeux sont devenus une traque. Tout le monde veut que cela cesse, chacun s'est mis en chasse des derniers survivants. Aujourd'hui beaucoup mourront, et dans deux, trois qui sait peut être quatre jours, le vainqueur de cette édition d'expiation sera connu. Une fille, un jeune homme ? Les paris doivent y aller à tout vas, la bas au capitole. Tout ce qui compte pour eux c'est que six d'entre nous meurent. Lequel, c'est totalement trivial.

Un coup de canon retenti. Six, nous ne sommes plus que six. Je ne cherche pas à savoir qui c'est, avec un peu de chance je le serrai ce soir, sinon cela voudra dire que cela n'a plus grande importance à mes yeux. J'ai cessé des pleurer les morts, j'ai cessé d'éprouver la moindre émotion face à la cruauté des jeux depuis que Finley est mort dans mes bras. Depuis que je l'ai vu se vider de son sang, comme tous les autres, me rappelant à quel point la vie est cruelle de nous donner quelque chose à un moment comme ça, alors qu'on sait qu'il va nous être repris. J'ai pleuré Finley, je l'ai pleuré pendant des heures, sans me soucier de l'image de moi que le capitole pourrait bien avoir à travers ce qu'un commentateur aurait qualifié de « mauvais débordement d'émotions ». Et si je savais déjà que je n'éprouvais plus aucun remords à tuer, je sais quelque chose de nouveau à présent. Je prendrais du plaisir à égorger cette salope du onze. Et à tuer tous ceux qui se mettrons en travers de ma route.

Qui j'étais ? Catalina, une fille un peu passe partout que personne ne remarquait. Qui je suis ? Une tueuse.

Un homme se jette sur moi. C'est surement un adolescent, mais avec tout ce que nous avons vécu, nous sommes tous des adolescents. Le carrière du deux. Il tente de m'arracher un bras mes ses mains se referment dans le vide. Je suis plus rapide. Il veut rentrer chez lui, surement revoir sa famille, je ne veux que survivre. Un sourire carnassier s'affiche sur son visage. Le dernier sourire. Mon couteau est planté jusqu'au manche dans son ventre. Je le ressors avant de lui en asséner un autre. Et encore un. Les coups pleuvent sans que je les contrôle. Qui je suis ? Une tueuse. Un coup de canon retentit bien avant que je m'arrête. Finalement je m'arrête, avant de m'éloigner de lui, une larme coulant du coin de l'œil. Cinq, nous ne sommes plus que cinq. Il m'a griffé, m'a planté son poignard dans le bras, à proximité de l'omoplate et du sang s'écoule de ma blessure. Ça fait un mal de chien, mais ce n'est pas physiquement que je suis la plus blessée. Ce n'est pas physiquement que le capitole nous a détruit. Notre mort n'est que la cerise sur le gâteau pour eux, qu'une façon de plus de nous amuser. C'est notre descente aux enfers qui doit les exciter. Ce soir le visage de ce garçon s'affichera dans le ciel. Serais-je encore là pour le voir ? Je dois avoir l'air d'une folle, mes habits couvert du sang de ma nouvelle victime, mais qui s'en soucie ? Non, encore mieux, ils doivent adorer ça...

Finley est mort hier. Cette phrase tourne en boucle dans ma tête. C'est à ça que je pense quand je marche, quand je bois le peu d'eau qui me reste dans ma bouteille, chose dont je n'arrive pas à me préoccuper. C'est à ça que je penser lorsque je tue. Je voudrais pleurer, mais il n'y a certainement pas assez d'eau dans mon corps. Plus assez d'eau dans mon corps. Je tuerais cette salope.

J'entends quelque chose. Quelqu'un ? Qui sait, peut être que les finale viendra plus rapidement que prévu. Est-ce un hasard si nous sommes tous dans la même zone ? Trop beau pour être vrai non. Je n'ai pas peur, je referme mes deux points sur mes couteaux. Je peux tuer quelqu'un à 15 mètres de distance, non je n'ai pas peur. Je la connais. C'est la carrière blonde, celle que j'ai gravement blessée l'autre jour. Hier, mais les heures semblent des années, ici dans les jeux. Je ne suis plus une adolescente de 17 ans, j'ai au moins 80 ans. Je ne suis pas prête à mourir, pas maintenant. Je sais d'expérience que cette fille est coriace. Mais moi, je suis une tueuse. « Nous voilà de nouveau face à face... et cette fois, ce n'est pas ton toutou qui te protègera. » La rage monta en moi, j'allais tuer celle fille. « Ne parle pas de lui... » Cette rage, la rage que je ressentais contre la tribut du six, cette horrible fille, venait de se rediriger contre la 4. Son nom je l'ignorais. Mon but je le connaissais. Lui faire payer ce qu'elle venait de dire. J'avais chuchoté, telle une menace. Cette fois ci, je hurlai, de toutes mes forces, me jetant sur elle. « TU NE PARLES PAS DE LUI ! »
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MessageSujet: Re: La vie mérite qu'on lui donne sa vie - Catalina et Zoé (J7)   Dim 27 Nov - 21:06

Le membre 'L. Catalina Meery' a effectué l'action suivante : ~ lancer de dés

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MessageSujet: Re: La vie mérite qu'on lui donne sa vie - Catalina et Zoé (J7)   Lun 28 Nov - 21:07

Depuis mon premier jour dans l'arène, je faisais souvent le même rêve... ou plutôt le même cauchemar. Cela commençait toujours de façon innocente: je marchais sur la plage de mon district en profitant de la chaleur du soleil sur mon visage. Devant moi marchait une petite fille blonde que je ne connaissais pas. Soudain, elle partit au pas de course en criant “Viens, Zoé ! Suis-moi !”. Elle avança dans la mer et se mit à nager. Je la suivis plus lentement. Je m'enfonçai dans l'eau jusqu'à ce qu'elle m'arrive à la taille. La petite fille n'était pas loin de moi, elle riait et m'éclaboussait. Alors, avec la rapidité de la foudre qui frappe, la scène vira au cauchemar. L'eau autour de nous avait une couleur étrange... Elle était rouge. Rouge comme le sang. La fillette poussa un cri et je vis ce qui l'avait effrayée: un corps sans vie qui flottait non loin de nous. Ses yeux étaient ouverts, horribles, accusateurs. Quelque chose me frôla et je me retournai. Un hurlement m'échappa lorsque je vis qu'il s'agissait d'une tête coupée... Et là, il y avait un bras... Et un autre cadavre... Je n'avais plus assez de voix pour crier. La petite fille sanglotait, hystérique. Elle nageait à toute vitesse, s'éloignant de moi. “Attends !” M'écriai-je. “Attends-moi !” Elle lança un regard terrifié par-dessus son épaule et continua à nager, toujours plus loin. Elle allait se noyer... “Reviens !” Suppliai-je presque. “Ne t'approche pas de moi !” Cria-t-elle. Je ne comprenais pas pourquoi... Mais elle semblait avoir peur de moi. Alors, je baissai les yeux et je vis avec horreur que j'étais barbouillée de sang, qu'il y en avait partout... Et je remarquai que je tenais un poignard. Soudain, la vérité me frappa de plein fouet. C'était moi qui avais tué tous ces gens. J'étais une meurtrière, et c'était pour ça que la fillette s'enfuyait. Il fallait que je lui dise que je n'allais rien lui faire... Je me remis à nager pour la rattraper. Quelques minutes plus tard, je parvins à sa hauteur et l'attrapai par le bras en pédalant des pieds pour ne pas m'enfoncer dans l'eau profonde et froide. Elle parvenait à peine à garder la tête au-dessus de l'eau. Je tendis une main pour caresser sa joue, pour la rassurer... Mais cette main tenait toujours mon poignard, qu'elle regardait avec horreur. Je compris alors que j'allais la tuer, comme j'avais tué tous les autres... Juste avant que la lame ne touche sa gorge, elle leva les yeux vers moi et je vis qui c'était. Je la connaissais. Cette tête blonde, ces yeux bleus au regard innocent... C'était moi. C'était moi lorsque j'avais six ou sept ans. Moi que j'allais tuer. Alors, sans que je puisse la retenir, comme mue par une volonté propre, ma main enfonça le poignard. C'était à ce moment-là que je me réveillais toujours en criant. Que signifiait ce cauchemar ? Je ne le savais pas... mais je préférais ne pas le savoir.

A présent, alors que j'étais levée depuis longtemps déjà et que je marchais depuis plusieurs heures, le mauvais rêve ne me quittait pas. J'avais l'impression d'être engluée dans ce cauchemar, comme une mouche dans une toile d'araignée. Des passages me revenaient sans cesse en mémoire... Le visage de moi petite, mon expression terrorisée... Les corps qui flottaient autour de moi... Et le sang, ce même sang qui collait aujourd'hui sur mes mains, impossible à enlever. J'étais couverte de sang; autant de celui de mes victimes que du mien. Je n'avais aucune possibilité de me laver, d'enlever cette croûte rouge qui recouvrait mes habits, ma peau, mes cheveux. Le soleil tapait dur sur mon crâne, à croire que les Juges faisaient exprès d'augmenter la température. Je n'avais pas d'eau, ni de nourriture, alors je marchais. Sans m'arrêter. Lentement. Un pas, un autre pas... Inspirer, expirer... Oublier la douleur dans mon flanc, oublier que ma langue était desséchée, oublier mes lèvres craquelées, mon estomac qui grondait, l'odeur de sang qui flottait autour de moi et qui me rendait malade. Regarder droit devant, se concentrer. Vas-y, Zoé! Un pas, un autre pas... Monocorde. Rien que le bruit de ma marche et de ma respiration laborieuse. Les fourmillements dans mon bras étaient désagréables, mais c'était sans doute un signe de guérison. Il allait déjà beaucoup mieux. J'avais gardé le parachute pour m'en faire un bandage. Un pas, un autre pas... Toujours le silence.

Puis, soudain, un coup de canon. Je sursautai. Quelqu'un venait de mourir... mais qui ? Je me rendis compte que j'avais oublié trois autres tributs... des garçons, non ? Des tributs faibles, dont j'avais oublié le nom et le district... Et Olliver, un carrière. Je n'avais pas encore vu son portrait dans le ciel. J'accélérai mon pas. Je pensais aux adversaires qu'il me restait... et surtout à Catalina. Je voulais la tuer. C'était mon nouveau but. Après quelques minutes de marche, je la vis, non loin de moi... Comme si mes prières avaient été entendues. Mais... existait-elle vraiment ? Ou n'était-ce qu'une hallucination ? Je m'approchai prudemment d'elle. Finley se tenait à ses côtés, protecteur. Non, ça ne pouvait pas être réel. Finley était mort. « Nous voilà de nouveau face à face... et cette fois, ce n'est pas ton toutou qui te protègera. » Lançai-je néanmoins à Catalina. Elle était peut-être vraiment là... La fille me regarda avec toute la haine du monde. « Ne parle pas de lui... » Chuchota-t-elle. Bon, d'accord, ce n'était sans doute pas une hallucination. En général, les miennes se contentent de me regarder et de flotter autour de moi... et elles ne parlent pas. Soudain, elle se jeta sur moi. Je m'attendais presque à la voir traverser mon corps ou disparaître, mais non, elle me heurta et je tombai en arrière. « TU NE PARLES PAS DE LUI ! » C'était bien réel. Elle était enfin là, en chair et en os... et j'allais la tuer. J'en étais convaincue. Je me sentais plus forte que jamais. Heureusement, je tombai contre la haie et je réussis à rester debout. Sans hésiter, je lui assénai un coup de poing au milieu du visage pour la faire reculer. Son arme me frôla, m'égratigna sans vraiment me blesser, mais une onde de douleur traversa ma plaie au flanc , me rendant folle de rage. Je lâchai mon arme et attrapai ses bras, l'empêchant ainsi de me poignarder. Puis, d'un coup de genou, je la fis vaciller. Je n'eus plus qu'à la lâcher et à la pousser brutalement pour qu'elle tombe par terre. Quelques secondes plus tard, sans trop savoir comment je l'avais fait, je me trouvais au-dessus d'elle et j'essayais de lui prendre ses armes sans me faire blesser. L'une d'elles d'approcha dangereusement de moi... Finley! Hurlai-je en désespoir de cause. Sa main hésita, l'espace d'une seconde, et je pus éviter son coup. Oui, je prononce son nom ! De toute façon, même si je ne le fais pas, il ne reviendra pas. Oui, ton Finley, ton chien chevelu, il est MORT. Tu veux aller le rejoindre en Enfer ? Dis-moi, c'est ce que tu veux ? Parce que je peux t'aider. Je parlais de plus en plus fort, hurlant presque. La rage, la haine et la douleur m'aveuglaient. L'adrénaline courait dans mon corps, me donnant une force inouïe. J'allais la tuer. J'en étais sûre. J'allais gagner.


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MessageSujet: Re: La vie mérite qu'on lui donne sa vie - Catalina et Zoé (J7)   Mar 29 Nov - 19:56

Y'a il un moment où l'on cesse d'espérer revenir vivant chez nous ? Sentir l'odeur du pain chaud le matin ? Une partie de nous cesse de réfléchir au jour suivant. Mais n'y a t'il pas toujours une autre moitié, un quart, un petit quart bien enfoui qui prie, et qui espère ? N'y a il pas une autre petite partie qui veut que tout s'arrête ? Qui préférerait mourir que passer un jour de plus dans l'arène ? Mais nous sommes des animaux au fond. L'instinct de survie prendra toujours le dessus sur la raison. Ce qui sont morts au début son restés eux même. Nous autre mourront sans plus même nous reconnaître. C'est cet instinct de survie animal sur lequel le capitole joue. Jusqu'à quel point un être humain reste humain ? Lorsqu'on l'arrache de chez lui, des bras de ses parents, qu'on en fait une bête de foire, qu'on lui enseigne que s'il veut survivre il devra tuer ? A quel moment cesse t'on d'être humain ? Lorsqu'on prend une première vie ? Lorsqu'on le fait pour la première fois de sang froid ? Lorsqu'on se surprend à souhaiter la mort d'un autre adolescent, alors que c'est le capitole qui nous fait subir tout ça ? Les dirigeant de ce monde jouent avec ça. Nous nous ne sommes que des instruments. Les jeux permettent de dire au parents, regardez, regardez comme on vous maîtrise. Vos enfants, vos cher enfants, nous en avons fait des bêtes sauvages, des monstres, en moins d'un mois. Y'a t'il vraiment encore des gens bons, et des gens mauvais dans les jeux ? Finley disait vouloir tout faire pour me sauver, aurait'il prit un coup mortel à ma place ? Me serait-je placé devant une flèche tirée à pleine vitesse pour lui ? Et c'est là qu'on comprend qu'il existe deux types d'être humain, en répondant à cette question. Lui l'aurait fait. Et moi ? En aurais-je eu le courage ? Il est si simple de me juger, de dire que je ne suis qu'une horrible personne, une profiteuse, mais j'étais réellement amoureuse de Finley. J'aurais voulu me placer devant une flèche pour lui. Mais la réelle question est aurais-je été capable de le faire ?

Cette fille mérite peut être de vivre, ou bien mérite t-elle de mourir, mais je ne le saurais certainement jamais. Parce que dans quelques minutes, je l'aurais tuée, ou elle m'aurais tuée. C'est comme ça que cela marche. C'est si simple que ça. Mourir ou être tué. J'aurais voulu épargner à ma famille le fait de me voir me transformer en bête sauvage, j'aurais voulu mourir avant de tuer. Mais l'envie de rentrer chez moi devait bien être plus forte. Et moi j'étais faible, comme tous les autres. Celle qui mourrait à l'issue de ce combat ne serait pas forcément la plus à plaindre, et celui ou celle qui gagnerait les jeux n'est finalement pas forcément le plus chanceux. Mourir en étant soi même, ou vivre en monstre ? Qu'est ce qui est le plus difficile finalement ? Mais une fois dans l'arène on a pas le choix. Chaque particule de notre être veut vivre, même si cela signifie vivre en monstre. Même si cela signifie ne plus jamais pouvoir se regarder dans un miroir. Oui, ils nous dégoûtent de nous même, alors que les vrais monstres sont ceux qui se réjouissent du spectacle, l'apprécie, et que nous ne sommes que des instruments, des noms qu'ils vont crier, supporter pendant quelques jours, avant de passer à autre chose ?

Cette fille mérite de vivre, mais lorsque son poing s’abattit sur mon visage, qu'elle m'attrapa violemment les poignets, me les broyant, m'en cassant surement un au passage, avant de me projeter contre le sol, je n'eu plus qu'une seule envie, la tuer. J'attrapai le couteau qui n'était pas tombé dans ma chute avant de... « Finley! » Ma main s'arrêta, j'eu une seconde d'hésitation. « Oui, je prononce son nom ! De toute façon, même si je ne le fais pas, il ne reviendra pas. Oui, ton Finley, ton chien chevelu, il est MORT. Tu veux aller le rejoindre en Enfer ? Dis-moi, c'est ce que tu veux ? Parce que je peux t'aider. » Des larmes durant s’échapper des mes yeux, des larmes que je contenait depuis plusieurs jours, parce que ma vision se troubla. Où alors étais-ce le coup que j'avais reçu à la tête en tombant ? Je ne savais ce que ça faisait de faire une hémorragie interne après tout. Étais-ce du sang qui m'aveuglait ? Non j'étais presque sur que c'était des larmes. La pétasse du onze avait raison finalement. Finley était ma faiblesse, et c'était cette faiblesse qui me jouerait des tour. Surtout maintenant que la tribut du 4 me maintenait fermement au sol, tout son poids sur moi. J'avais appris à lancer les couteau, j'étais une très rapide coureuse, mais je le savais, physiquement j'étais faible. Avant les jeux déjà, et maintenant que la fatigue, la faim et la déshydratation pesait sur mes muscles. Mes bras n'arrivaient pas à la repousser. Peut être que je n'allais plus tarder à mourir finalement. Je finis par articuler difficilement. « Tu peux dire tout ce que tu veux, l'appeler par tous les surnom que tu veux, mais ça ne changera rien au fait qu'il y avait plus de courage et de valeur dans son petit doigt que dans tout ton corps... » De toute façon, la provoquer ou non, j’allais mourir non ? Elle avait le dessus sur moi, je n’arrivais pas à me dégager de son emprises. Ses mains avaient agrippées mes bras, et elle venait de me priver de ma dernière arme restante. J’étais désarmée, et en position de faiblesse. Je n’avais plus qu’à fermer les yeux. Mais pourquoi donc une partie de moi continuait de se battre désespérément pour survivre ? Faisant ce que je pouvais, frappant, agrippant ce que je pouvais, griffant sa peau. Elle ne bougeait pas. Pas d’un centimètre. Comment continuer à sa battre alors qu’on connait déjà l’issue ? Comment mon heure avait pu venir si rapidement, sans que je n’ai rien vu venir ? Les pensées se bousculaient dans ma tête. Rage, peur, haine, rage, peur, haine...

Douleur intense. Hurlement inhumain.

Son couteau, mon couteau, était enfoncé jusqu'au manche dans mon abdomen.


Le feu. J’avais l’impression d’être en train de bruler vive. Mes yeux s’étaient écarquillés sous le choc. Eteignez les flammes s’il vous plait, je vous en prie. Non, les flammes viennent de l’intérieur, je suis en train de me consumer ? Je baisse les yeux vers mon ventre. Le couteau, le couteau est toujours planté. J’ai envie de hurler, de recommencer. Mais je n’arrive déjà presque plus à respirer. La pression sur mon corps est partie, la tribut du quatre a du se relever. Elle ne doit pas être loin, elle doit attendre patiemment le coup de canon qui annoncera ma mort. Ma mort maintenant certaine, j’en suis consciente. Aucun cadeau d’aucun sponsor ne peut me sauver de ça. Je vais mourir, sur le sol, et sous les yeux de cette fille. Cette fille qui mérite peut être de vivre. Après tout peut être que ce n’est plus mon cas. Cette douleur... Cette douleur est insupportable. Je voudrais avoir le courage d’arracher le couteau, et de m’achever, mais l’idée de la lame s’enfonçant à nouveau dans ma chair est insoutenable. Mes yeux se ferment.

Est-ce que c’est ça mourir ? Je ne sens plus rien, et l’arène à disparue. Ou suis-je exactement ? Au six, je suis chez moi au six. Se pourrait-il que tout ça ne soit qu’un mauvais rêve ? Non, mes habits sont tâchés de sang, mon visage, mes cheveux sont sales. Finley est appuyé contre l’arbre, l’arbre auquel mon père avait accroché cette petite balançoire. Il me regarde, avec cet habituel air nonchalant, m’invitant à le rejoindre. Je fais quelques pas, mais marcher est douloureux, je ne comprends pas pourquoi. J’arrive à son niveau, me raccrochant à ses yeux ? Je m’avance pour lui prendre la main, mais il recule. Pourquoi, pourquoi est-ce qu’il recule ? Reste, je t’en supplie, j’ai mal, je ne sais pas pourquoi, j’ai besoin de toi. Il me regarde avec ce regard de dégout. Je ne comprends pas. Finalement il parle, sa voix est presque envoutante, elle me réchauffe le cœur. Ses mots le poignardent. « Ne m’approche pas. Je ne veux pas d’un monstre... » Son ton est glacé. Il me repousse violement. Je ne comprends rien Finley, explique moi je t’en supplie... Je tends mes mains pour essayer de me raccrocher à lui, et je comprends. Mes mains sont tâchées de sang. Ce n’est pas mon sang, pas seulement, il y a celui du gars du 11, celui que j’ai tué, celui de sa co-tribut, dont je souhaite la mort plus que tout, celui de la blonde, cette blonde qui m’est si familière, et il y a le sien, celui de Finley, que je n’ai pas su sauver. Je relève les yeux vers Finley. Ce n’est plus Finley, la fille du 11 est là à sa place, elle me regarde avec un rictus amusé et méprisant. « Regarde toi en plus, tu vas mourir ! » Je baisse les yeux vers mon abdomen, et mon cœur manque un battement. La douleur, je comprends la douleur ! Un couteau est fiché dans mon ventre, et je suis en train de me vider de mon sang !

Mes yeux s’ouvrent. L’arène, je suis dans l’arène. La fille du quatre est au dessus de moi. Que veut-elle. Ma mort prend trop de temps à son goût ? Elle est venue m’achever, me battre à mort ? Le visage de la garce du 11 m’apparait. Je ne veux pas être renvoyée à mes parents comme ça. Je ne veux pas... Je ne veux plus qu’elle me touche, je ne veux plus être blessée. Je tousse, je crache, du sang je crois. Mais je finis par émettre une plainte, un supplice. « Ne fais rien à mon visage, je t’en supplie... » Pourquoi est-ce si important ? Vanité ? Non, j’ai perdu mon âme dans les jeux, je vais perdre la vie, mon visage est tout ce qui reste de moi. Tout ce qui permettra à mes parents de me reconnaitre. Je ne suis plus moi. Je peux juste continuer d’y ressembler.

J’ai peur, terriblement peur. La douleur ne s’atténue pas, cela va-t-il prendre des heures ? J’ai froid, je n’ai jamais eu aussi froid, pourtant le soleil tape, je le sais, je devrais sentir la chaleur contre ma peau. Alors que je n’ai pas encore bougé je fais un effort surhumain pour me recroqueviller sur moi-même. Des larmes coulent de mes yeux sans que je ne cherche à en retenir une. En serais-je capable de toute façon ? Je tremble je le sais. La fille du 4 s’éloigne. Elle ne va pas m’abattre ou me défigurer finalement ? Peut être qu’elle mérite vraiment de vivre... Mais j’ai peur, je n’ai jamais eu aussi peur. Finley m’avait moi pour le serrer dans mes bras, Kathleen m’avait moi pour lui caresser les cheveux. C’est comme ça que je vais mourir ? Seule ? Tout mon corps tremble, et chaque tremblement me scie l’abdomen, ou est toujours planté le couteau que je n’ai pas réussis à me résoudre à retirer. Mon compagnon du début jusqu’à la fin. Je vais mourir avec mon couteau. Est-ce que c’est mon châtiment pour être devenu un monstre. Ma vision se brouille, mais mon cœur bat encore parfaitement. Ca va donc être si long ? J’entends la fille s’éloigner. Puis je ne l’entends plus. Je ne veux pas mourir seule. « S’il te plait.» Ma voix est faible. Je fais un deuxième essai. « Je t’en supplie…» Pas vraiment plus de succès. Je ne sais pas si elle m’entend, elle n’est plus dans mon champ de vision limité par les larmes. Ma voix se fait plaintive, un cri aigu s’échappe de ma gorge. « Je t’en supplie, j’ai peur... Je veux pas mourir seule... »

Préférer avoir son meurtrier près de soi qu’être seul pour mourir ? Est-ce vraiment sain d’esprit ? De toute façon, ne sommes nous pas tous fous ?

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MessageSujet: Re: La vie mérite qu'on lui donne sa vie - Catalina et Zoé (J7)   Dim 4 Déc - 15:09

Combien de temps encore ?

Combien de jours sous le soleil impitoyable ? Combien de nuits à mourir cent fois, mille fois en rêve ? Combien de matins où l'on ne sait pas s'il faut rire ou pleurer lorsqu'on constate qu'on est toujours vivants ? Combien de soirs à voir les visages des morts défiler dans le ciel et à souhaiter que tout ceci ne soit qu'un affreux cauchemar? Lorsqu'on fait un mauvais rêve, la nuit, on peut toujours se réveiller... Appeler sa mère sans se sentir ridicule, se laisser bercer par le son de sa voix, savourer le lait chaud au miel… Un cauchemar ne dure pas éternellement. Les objets familiers de notre chambre, les couvertures si douces, le chat qui dort à nos pieds... c'est tout ce qui faut pour chasser cette peur paralysante, pour retrouver le contact avec la réalité. Dans l'arène, c'était impossible. Le seul billet de sortie de ce labyrinthe était la mort ou la victoire. Il n'y avait pas de fil rouge pour me montrer le chemin. J'avais l'impression d'avoir de nouveau cinq ans, quand la fièvre avait failli m'emporter. Pendant des journées entières, je délirais sans réussir à distinguer le vrai du faux. Ma faiblesse m'obligeait à rester immobile pendant que la maladie me brûlait vive... Parfois, je sentais même l'odeur de ce feu qui me consumait. Cela me terrifiait. A présent, je retrouvais cette sensation d'être engluée dans une réalité dont je ne parvenais pas à me dépêtrer... d'être inexorablement aspirée dans un tourbillon sans fin, d'avoir un poids trop lourd sur ma poitrine. Le premier jour dans l'arène, je croyais être libre. Je pensais que c'était moi qui étais aux commandes, que je pouvais choisir ce que je faisais et qui j'étais. Je me trompais cruellement. Depuis le début, depuis la moisson... non, depuis ma naissance, je n'étais qu'un moucheron pris dans la toile d'araignée du Capitole... J'avais parfois observé ces insectes. Ils se ressemblaient tous. Au début, ils ne se rendaient pas compte qu'il s'agissait d'un piège, attirés par le jeu de lumière sur les fils argentés de la toile d'araignée. Lorsqu'ils y restaient collés, ils ne voyaient pas tout de suite comment l'araignée refermait toutes les issues avec son tissage. Lorsqu'ils comprenaient enfin ce qui se passait, ils étaient incapables de bouger. Piégés. Voués à la mort. D'abord, ils se débattaient avec indignation, puis avec panique, pendant que l'araignée s'approchait. Elle prenait toujours son temps, comme si elle se demandait si elle allait les tuer aujourd'hui ou demain. Elle semblait prendre plaisir à jouer avec ses proies... à voir leur peur et leur colère, leurs tentatives frénétiques pour se libérer, et enfin, l'acceptation de leur mort... le moment où ils cessaient de remuer dans tous les sens, presque indifférents à leur sort. Alors, elle les enroulait dans ses fils pour les dévorer plus tard. Sans honte, sans scrupules. C'était la loi de la nature. La loi du plus fort. L'araignée le savait. Les moucherons le savaient aussi. Pourtant, ils se battaient toujours pour inverser les chances, sans jamais réussir.

Combien de temps encore ?

Combien d'heures à marcher, marcher sans cesse, oui, combien d'heures à avancer parce qu'on a peur de s'arrêter et d'être rattrapé par le passé ? Combien de minutes à souffrir, à se retenir pour ne pas crier de douleur ? Combien de secondes à s'appliquer à ne plus penser, à chercher l'oubli si doux ? Combien de fois où l'on se dit que c'est fini, qu'on s'arrête ici ? La souffrance, je croyais que je la connaissais. J'avais perdu mon père à l'âge de six ans. J'avais failli mourir de faim chaque année. J'avais été blessée de nombreuses fois. A présent, je découvrais que la vraie souffrance, je ne la connaissais pas avant de participer aux Hunger Games. Cent fois, mille fois, je pensai que c'en était fini de moi. La douleur était tout simplement trop forte. Il fallait que cela prenne fin. Je ne pouvais plus vivre comme ça. Où se trouve le seuil de tolérance à la douleur d'un être humain ? A quel moment les blessures du corps et de l'esprit deviennent-elles trop graves ou trop profondes pour qu'on puisse encore espérer guérir et survivre ? Et que ce passe-t-il, alors... Lorsqu'on sait qu'on est perdu ? Abandonne-t-on aussi facilement ? Non, on continue à se battre... A ravaler ses larmes, à se mordre les lèvres. On essaye de se persuader qu'il y a encore de l'espoir. On ment à soi-même et on le fait si bien qu'on y croit presque. A la fin, c'est ça qui nous tue. Pas nos concurrents. Pas leurs armes d'acier, ni leurs mains. Pas les mutations génétiques, ou les pièges. C'est nous. C'est notre espoir qui nous tue. C'est lui qui nous donne la force de nous battre jusqu'à la fin. C'est lui qui nous oblige à tuer pour survivre. C'est lui qui nous détruit à l'intérieur. C'était lui qui me poussait maintenant à haïr cette fille, cet obstacle entre ma liberté et moi. Si nous n'étions pas dans l'arène... Elle aurait pu être mon amie. A présent, j'allais la tuer ou elle allait me tuer. Seules ces deux options restaient. Il suffirait de quelques secondes... Pour que le poignard de l'une d'entre nous se fiche dans le corps de l'autre. Cela ne dépendrait pas de nous, ou de notre capacité à combattre, mais de notre chance... comme s'il s'agissait d'un tirage au sort ou d'un lancer de dés qui déciderait de notre avenir. Il suffit parfois d'une petite chose, d'un seul mouvement, d'un moment d'inattention, pour faire basculer la balance en faveur de l'un des deux combattants. Pour la première fois, j'avais l'impression que je pouvais gagner. Je lui donnai un coup de poing en plein visage. Mon bras était parti tout seul, comme si ce n'était plus moi qui le contrôlais. Ma propre force m'étonna. Je laissai tomber mon arme et attrapai les poignets de mon adversaire... ses poignets tellement fragiles, tellement fins, tellement faciles à casser... Je la jetai par terre et me retrouvai au-dessus d'elle. L'espace d'un instant, son regard croisa le mien et j'y vis toute la haine et l'horreur que j'éprouvais moi-même. Dans ses yeux, je vis mon propre reflet... le visage de cette fille qui n'était plus moi, ces traits déformés par la douleur et la colère... Elle réussit à s'emparer de son couteau et je compris que je ne pouvais pas l'éviter, qu'il allait se planter dans mon bras... Finley! M'écriai-je. Elle hésita, me laissant le temps de plonger en avant pour éviter de me retrouver dans la trajectoire de sa lame. Avant qu'elle puisse essayer de me transpercer de nouveau, je tordis son bras pour lui arracher le couteau. J'entendis quelqu'un parler, proférer des menaces... et je me rendis compte que c'était moi... moi qui hurlais à cette fille que son amoureux était mort, moi qui l'insultais... Et elle, elle pleurait... Elle ne se défendait même pas, elle ne répondait pas à ma provocation... Ses larmes me rendirent plus furieuse encore. Non ! Ce n'était pas ça que je voulais ! Vas-y, déteste-moi ! Crie, hurle, débats-toi, traite-moi de tous les noms ! Je veux que tu me détestes comme je te déteste... Pourquoi ressemblait-elle tellement à l'une de mes amies lorsqu'elle pleurait ? Pourquoi paraissait-elle plus jeune, plus douce, moins dangereuse ? Je voulais qu'elle soit agressive. Qu'elle soit forte. Parce que ce serait alors plus facile de la voir comme mon ennemie. Parce que ce serait plus facile de la tuer. Elle tenta de me repousser, mais j'étais plus forte qu'elle. Enfin, enfin, elle parla, d'une voix faible : « Tu peux dire tout ce que tu veux, l'appeler par tous les surnom que tu veux, mais ça ne changera rien au fait qu'il y avait plus de courage et de valeur dans son petit doigt que dans tout ton corps... ». Je m'attendais plus ou moins à ce genre de discours. Je savais qu'elle essayerait de me provoquer. Pourtant, ses paroles attisèrent ma colère. Ça ne change rien au fait que je suis encore en vie alors que son cadavre pourrit dans un cercueil ! Lançai-je, hargneuse. Son courage ne l'a pas empêché de mourir, et il ne m'empêchera pas non plus de te tuer ! Je lui arrachai son deuxième couteau . Elle tentait de se dégager de mon emprise, mais elle n'était pas assez forte... Croyait-elle vraiment pouvoir me faire bouger en me griffant et en me frappant ? J'attrapai son couteau. Pour la première fois, le contact avec cette arme, cet instrument de mort, ne me fit pas peur. Je ne regardai pas le visage de cette fille que j'allais tuer. Je savais déjà ce que j'y verrais : la même haine et la même colère qui m'habitaient. Le hurlement de Catalina me déchira les tympans à l'instant même où mon couteau s'enfonça dans quelque chose de mou. L'arme était plantée jusqu'au manche dans l'abdomen de mon adversaire. Son sang ruisselait sur mes mains, mes mains qui avaient lâché le couteau parce qu'elles tremblaient trop fort... La blessure, horrible, béante, était insupportable à regarder. Je ne voulais pas assister à ça. Je ne voulais pas voir sa longue agonie. Il faudrait peut-être que je l'achève. Ou que je récupère le couteau. Il suffirait d'un seul coup dans le coeur, ou dans le cou... Et je mettrais fin à ses souffrances. Ce serait presque charitable… Non, j'en étais incapable. Je m'éloignai d'elle à quatre pattes, me sentant trop faible pour me lever. Son sang m'avait éclaboussé... Il y en avait partout : sur mes habits, sur mon visage, dans mon nez, dans ma bouche... Je me penchai sur le côté pour vomir, mais rien ne vint. Il fallait que je la tue. Il fallait que je le fasse. Je ne comprenais pas pourquoi je me sentais mal, tellement mal... Finalement, toujours en rampant, je retournai auprès de la fille en train de se vider de son sang. Ses yeux aux pupilles agrandies par la douleur me fixèrent. Il n'y avait plus de haine dans ce regard, plus de colère. Seulement... de la peur. Elle toussa, faisant voler des gouttes de sang. Finalement, elle murmura : « Ne fais rien à mon visage, je t’en supplie... » Ce furent ces paroles qui finirent par m'achever. Un monstre. Voilà ce qu'elle voyait en moi : un monstre capable de prendre plaisir à lui faire du mal, à abîmer son visage. Un monstre comme Skyler, ce tribut que je détestais tant parce qu'il voulait me défigurer. Etait-ce comme ça que les autres me voyaient ? Ou pire : était-ce ce que j'étais devenue ? J'avais du mal à respirer, comme si j'avais reçu un coup en pleine poitrine. Dans ma tête, des centaines de pensées se bousculaient, mais mon corps refusait de bouger. Comme pétrifiée, je regardai le visage de la fille que j'allais tuer, que j'avais tué. Je vis les larmes couler sur ses joues et je l'enviai parce que je n'étais plus capable de pleurer, ou de crier, ou même de parler. Un froid glacial : voilà ce qui restait encore en moi. Un froid qui m'enlevait mes émotions, mes pensées, tout. Je sentis presque comment mon coeur se brisa, libérant la dernière parcelle d'humanité qu'il me restait. Je me levai et je me mis à marcher, puis à courir. A chaque pas, j'avais l'impression que j'allais me briser en mille morceaux, parce que c'était intenable. Je ne fuyais pas cette fille, ou sa mort. Je ne fuyais pas son regard. Non, la réalité était bien pire : c'était moi que je fuyais. Quand on ne supporte plus de vivre avec soi-même, qu'est-ce qui nous reste encore à part la mort ? Un sanglot me secoua, mais je n'avais plus de larmes à verser. Soudain, le son d'une voix... Je m'arrêtai. Avais-je rêvé ? « Je t’en supplie, j’ai peur... Je veux pas mourir seule... » C'était un cri, trop fort pour que je puisse prétendre de ne pas l'avoir entendu. C'était elle. Catalina. Elle appelait sa meurtrière pour ne pas être seule. Non. Me dis-je fermement. Pas question que je retourne là pour lui tenir là main alors que c'était moi qui... Pourtant, je me retournai. Je courus, parce que j'avais peur d'arriver trop tard... Je tombai à genoux à côté de Catalina. Je suis là. Chuchotai-je. Je me souvenais des morts que j'avais vus dans les Hunger Games. Je me souvenais d'avoir vu des gens qui chantaient, ou qui caressaient les cheveux du mourant, ou qui lui parlaient. Mais j'étais incapable de le faire. Ces gestes simples, humains, mon corps les avait oubliés. Mes mains rougies par le sang n'étaient pas faites pour caresser, mais pour tuer. Je n'ai jamais voulu être une meurtrière. Les mots sortirent de ma bouche avant que je puisse les retenir. J'avais un poids, un poids énorme sur la poitrine... J'étouffais... Il fallait que je parle. Il fallait que je fasse quelque chose avant qu'elle meure. La mort... C'était ça que je craignais le plus, au début. Et maintenant... je me rends compte que je t'envie presque. J'émis un rire sec, sans joie. Le pire, dans les Hunger Games, ce n'est pas que vingt-trois d'entre nous meurent. C'est qu'il y en ait un qui reste en vie. Tous ces vainqueurs... Comment faisaient-ils pour continuer à vivre ? Pour regarder leurs proches en face alors qu'ils savaient qu'ils étaient des tueurs ? Je regardai Catalina. Je voulais lui parler de son district, de Finley, de quelque chose qui la rende heureuse... Mais je ne la connaissais pas assez pour ça et les mots me restèrent en travers de la gorge. Alors, je pris sa main et j'exerçai une légère pression sur ses doigts froids. Je n'étais pas capable de faire quoi que ce soit d'autre. Je lui lançai un regard suppliant, un regard qui disait que je ne savais pas, que je ne pouvais pas faire plus pour elle. Je ne pouvais plus qu'attendre qu'elle meure.

Combien de temps encore ?

Combien de temps avant que son cœur s'arrête de battre, avant que son esprit glisse dans le néant ? Combien de temps avant que son regard s’éteigne ? Combien de temps avant que le coup de canon m’apprenne qu’elle a lâché prise ?

Combien de temps encore, dans cette arène de mort et de destruction, avant la fin ?


❝ You and I'll be safe and sound. ❞

SAFE AND SOUND

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MessageSujet: Re: La vie mérite qu'on lui donne sa vie - Catalina et Zoé (J7)   Dim 11 Déc - 22:56

Pile, face. Quitte, double. Vivre ou Mourir. Allais-je mourir ? Était-ce que ce que le sort m'avait réservé ? Je suppose que je n'allais pas tarder à le savoir. Quoi qu'il se passe, je n'avais plus longtemps, non plus longtemps à attendre. Elle criait, me menaçait, insultait Finley, mais la vérité était celle ci : elle aussi avait de grande chances de mourir. Et quand bien même elle survivrait, elle serait morte quand même. La fille qu'elle était avant les jeux serait morte, et elle ne pouvait rien faire ou dire pour changer ça. Nous étions tous morts. Tous. Elle semblait hésiter, en attendant ma réponse elle semblait hésiter. Mais c'était une tueuse, nous en étions toutes les deux. J'allais bientôt connaître une mort certainement douloureuse, ou bien ça serait elle. Je pleurait. Je pleurait alors qu'elle rappelait à ma mémoire la mort récente de Finley. Il était mort hier, juste hier, elle n'avait pas le droit de faire ça. Elle n'avait pas le droit de l'utiliser contre moi de la sorte, ce n'était pas juste, il n'était mort que hier. La capitole aurait certainement voulu me voir la mordre, lui cracher au visage, répondre à ses insultes, mais la vérité c'est que les larmes que je retenait depuis plusieurs heures n'eurent pas besoin de plus pour couler le long de mes joues, sans que je n'ai aucun contrôle là dessus. Je n'essayais pas de l'attendrir, ça je m'en savais bien incapable, je m'étais attirée sans même le chercher les foudres de pas mal de tributs ici. Pourquoi ? Parce que contrairement à eux quelqu'un aurait été près à donner sa vie pour la mienne ? Était-ce de la jalousie ? Beaucoup s'imaginaient que j'utilisais Finley pour ça, je le savais. Je les méprisait, tous. Seul Finley avait de la valeur morale, il n'étaient que des gamins terrorisés et assoiffés de sang. Elle l'étais particulièrement non, après tout c'était une carrière. « Ça ne change rien au fait que je suis encore en vie alors que son cadavre pourrit dans un cercueil ! Son courage ne l'a pas empêché de mourir, et il ne m'empêchera pas non plus de te tuer ! » Elle ne pouvait pas dire ça, elle n'avait pas le droit. Alors je me débattis, je fis tous pour la repousser, mais la vérité était celle ci : elle était plus forte, plus musclée, plus lourde que moi. Le poids de son corps me coupait la respiration alors qu'elle tentai de m'attraper les poignet pour me les broyer et m'empêcher de la toucher. Je cherchai son regard lorsqu'elle s'emparade mon couteau. Dans ses yeux il n'y avait plus rien d'humain, plus rien du tout... Était-ce qu'on voyait en regardant mes yeux aussi ? Je ne voulais pas être comme ça, mais j'aurais voulu qu'elle puisse voir à quel point je la méprisait ? Je voulais qu'elle le voit avant de m'achever.

Je su ce qu'il allait arriver avant qu'elle ne le fasse. C'était fini. Elle avait gagné. Je ne pouvait plus bouger, elle allait me tuer. La scène avait beau se passer à une vitesse d'une rapidité inouïe, telle une exécution sommaire, je savais, pour moi tout allait au ralenti. Je serrai les dents. Je ne voulais pas pleurer, hurler, fait rapidement je t'en supplie, n'impose pas le spectacle horrible de mon agonie à mon district, à mes amis, mes parents, à mon frère...

Mais lorsque le coup vint, je ne pus m'empêcher hurler, un hurlement aigu à lui en percer les tympans. On n'imagine pas ce genre de souffrance avant que tout ça arrive. Non, on ne peut simplement pas imaginer.


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J'ai les mains moites, le visage moite, et mes larmes se mélangent à mon sang en tombant sur le sol. Le sang, la flaque de sang s'est étendue jusqu'à mon visage. Je ne veux pas voir du sang, je ne veux pas que ce que je vois pour la dernière fois soit du sang. Malgré tout ce que ça me coute, je quitte mon flanc droit pour passer sur le ventre. Les jambes légèrement repliées sur le côté. Le ciel, je veux mourir en voyant le ciel. Je sang le liquide rouge et chaud mouiller mes cheveux, je le sens contre mon cuir chevelu. Mes cheveux, je les aimais bien mes cheveux. Tant pis, tant que je ne le vois pas. Tant que je ne regarde que le ciel, juste le ciel, même si mes yeux embués de larmes me le cachent. Je m'entend parler. Comment je fais encore pour parler ? J'ai l'impression que tout brule en moi. « Je t’en supplie, j’ai peur... Je veux pas mourir seule...  » J'aurais voulu mourir vite mais je ne veux pas qu'elle m'achève, j'ai trop peur, je ne peux pas sentir encore le couteau dans ma chair. Le couteau, je le vois je peux le voir allongée comme ça. Je n'entend pas la fille du quatre. Je vais mourir seule avec mon couteau. Je me sens glisser, mais je sais qu'il n'y a pas assez de sang qui a coulé. Je ne vais pas mourir tout de suite. Je veux perdre connaissance. Non je ne veux pas perdre connaissance, je veux me battre ! Bon sang je veux survivre ! Lorsque je pense au fait que si je m'endors maintenant, si je ferme les yeux, plus jamais je ne les ouvrirais, ça m'emplis de tristesse. J'ai dix sept ans, j'ai dix sept ans je veux vivre. Je veux rentrer chez moi, je veux sentir l'odeur du parfum de ma mère, je veux que mon frère me passe la main dans les cheveux. Mais je vais mourir seule.

Je n'arrive pas à me résoudre à fermer les yeux. J'ai peur. Je sais ce qu'il va arriver si je fermes les yeux. J'ai peur. J'ai peur...

« Je suis là.  » Mes yeux la cherche, mon regards est désespéré. Je ne veux pas mourir. C'est injuste. J'ai mal. Elle est à côté, mais je suis trop faible pour attraper sa main. Et elle n'attrape pas la mienne. Elle ne le fera pas. Mais elle est là. Je ne suis pas seule. Pourquoi ne prend-elle pas ma main ? Elle est là... Mais j'ai peur. « Je n'ai jamais voulu être une meurtrière.  » Je la regarde, mes yeux rougis par les larmes, mes joues tâchées par le sang, le sang que je me suis mis en essayant d'essuyer mes larmes. Je ne veux plus voir de sang. Non, s'il te plait. Se sentait-elle obligée de dire ça ? Se sentait-elle obligée de dire quelque chose, juste quelque chose ? Elle a raison. Je ne veux pas de silence. Mais ce n'est pas elle que je veux voir, ce n'est pas sa voix que je veux entendre. J'ai besoin d'Allen, j'ai besoin de Finley, pas de cette inconnue, cette même inconnue qui me plantai le couteau dans l'abdomen quelques minutes auparavant. « Je n'ai jamais voulu mourir. Pas comme ça. » Estime toi heureuse, c'est ce que j'essaiye de lui dire. Ce n'est pas juste. Pourquoi n'ai-je qu'elle ? Non pas juste. Ce n'est pas elle que je veux. Pas elle est sa rancune apparente contre les jeux. Croit-elle être la seule ? Nous sommes tous arrachés de nos maisons, nous sommes tous dépouillés de notre humanité. Non ce n'est pas juste. « La mort... C'était ça que je craignais le plus, au début. Et maintenant... je me rends compte que je t'envie presque. Le pire, dans les Hunger Games, ce n'est pas que vingt-trois d'entre nous meurent. C'est qu'il y en ait un qui reste en vie.  » Un rire sec s'échappe de sa bouche. Je ne peux plus ressentir que douleur. Douleur, tristesse, peur. L'ironie de ses paroles, je ne la saisie pas. Je ne veux pas partager un instant d'humour noir avec ma meurtrière. Pourquoi l'ais-je rappelée déjà ? Ah oui. Lorsqu'elle n'est pas là la peur est pire. Non, je n'ai aucune envie de rire. Je suis en train de mourir dans mon sang, avec la fille qui m'a tué comme passeur, j'ignore combien de temps ça va prendre, alors non, je n'ai pas envie d'entendre ça. « Tais toi. » Mon ton est suppliant, ma gorge serrée par les larmes, la tristesse, la douleur, la peur. Tais toi. Je veux juste qu'elle se taise. Elle n'a pas le droit. Pas le droit de me dire qu'elle m'envie presque. Je n'ai pas envie d'entendre que le pire c'est de survivre. Non il n'y a rien de pire que de mourir. Il n'y a rien de pire que de sentir sa vie qui s'échappe.

Ma vie s'échappe. Combien de temps ? Combien de temps avant que ma conscience s'éteigne ?

Est-ce pour ça que les gens croient en une puissance supérieure ? Le destin, un dieu, appelez le comme vous voulez ? Est-ce pour pouvoir se dire qu'il existe autre chose ? Est-ce pour pouvoir se dire qu'ils n'ont rien fait pour mériter ça ? J'ai tué. A plusieurs reprises, j'ai pris des vies. Mes victimes sont toutes mortes sur le coup, maintenant je m'en félicite. Je ne souhaite à personne de se sentir mourir. Même pas au gars du deux que j'ai assassiné froidement.

Se sentir mourir. Voir le sang quitter son corps. Sentir ses membres s'engourdir. Je ne sens déjà plus le bas de mon corps. La vie s'échappe de moi sans que je ne puisse la retenir. Tout ce qui je suis est en train d'être balayée. Joie, famille, amour, bonheur, tout balayé. Lorsque l'on meurt dans les jeux tout ça a cessé d'exister depuis longtemps. Balayé. Tristesse, douleur, peur, fatigue faim, peur, douleur. Je ne me souviens plus du simple bonheur procuré par le soleil sur mon visage, je ne me souviens plus de ce sentiment de sécurité que je ressentais lorsque j'étais chez moi, dans mes lit, mes parents dans la maison, que je n'avais pas froid, pas faim pas mal. J'ai l'impression de ne pas avoir assez profité. J'ai dix sept ans, et la vie est en train de s'échapper de moi. Comment j'aurais voulu mourir ? Pas comme ça, pas maintenant. Pas sans avoir rien fait, pas un couteau planté dans mon abdomen.

Au moins je peux voir le soleil. Aucun arbre ne me le cache. Mes parents m'ont toujours interdit de regarder le soleil en face, par peur que je ne m'aveugle. C'est ce qu'on dit à tous les enfants. Mais moi je vais mourir, alors je tourne mes yeux vers le soleil. Ça fait mal, mais moins que ma blessure. Ma blessure me permet de regarder le soleil. Tout est en train de bruler de toute façon. On dit que sa vie entière défile devant ses yeux lorsqu'on meurt, mais je ne vois rien. Rien d'autre que le soleil, et la blonde qui a respecté ma volonté : se taire. Je ne vois pas ma vie défiler. Je voudrais délirer, je voudrai voir Allen et Finley, je voudrais avoir l'impression qu'ils sont là et qu'ils me serrent la main. Mais rien de tout ça. Juste la fille du quatre, qui me sert la main maladroitement. Je pose les yeux sur elle. Je voudrais la détester. Je le voudrais. Mais je n'y arrive même pas. Ses cheveux sont pleins de sang, pleins de mon sang, et ses yeux ont l'air humides. Ou bien est-ce une illusions ? Les larmes qui recouvrent ma vue me donnent-elle cette impression. Peut être qu'elle gagnera, peut être qu'elle mérité de gagner. Je préfère que ce soit elle que la garce du onze. Je voudrais lui dire quelque chose, mais je n'arrive pas à m'y résoudre. Je voudrai lui demander de gagner, et de dire à mes parents que je les aimait lors de sa tournée de vainqueur. Parce que moi je ne pourrait plus le faire. Je voudrait lui demander de veiller sur Allen, mais je ne la connais pas. Je voudrai parler mais j'ai l'impression qu'aucun mot ne sort. Depuis combien de temps ? Combien de temps s'est écoulé ? Au moins une dizaine de minutes. Mais peut être plus. J'aurais eu tout le temps de me voir mourir. Je devrais détester cette fille mais je n'y arrive pas.

Douleur. La douleur devient trop forte. Je commence à perdre la raison. Je n'arrive plus à penser, la seule chose que j'espère c'est que c'est pour bientôt. Mais j'ai peur, pas envie de partir. Pas envie de céder, pour ne plus exister. J'ai peur que tout s'arrête. Je ne veux pas que tout s'arrête. Sauf la douleur, je veux qu'elle s'en aille. Dans un dernier effort, je retire ma main de celle de la carrière. Non. Elle ne doit pas être celle qui me tient la main pendant que je meurt. Elle est là, c'est déjà assez et trop à la fois. Elle ne doit pas tenir ma main. Je ne veux pas.

Une dernière larme qui roule sur ma joue. Un dernier souffle qui m'arrache un hoquet de douleur. Un dernier regard vers le ciel. Un dernier contact du sang sur mes cheveux. Une dernière pensée. Finley, Allen ma famille.

Un dernier battement de cœur.
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MessageSujet: Re: La vie mérite qu'on lui donne sa vie - Catalina et Zoé (J7)   Dim 18 Déc - 21:19

Les Hunger Games. Cela faisait des années que je les suivais à la télévision. Cela faisait des années que je voyais des adolescents s'entretuer, mourir de faim et souffrir. A chaque fois, je pensais 'Et si c'était moi ?'. Et si, un jour, l'hôtesse de mon district sortait mon nom de la boule en verre ? Et si on m'envoyait au Capitole, loin de ma famille, pour devenir une bête de foire ? Et si j'étais obligée de tuer pour survivre ? Et si, et si, et si... Et si je pouvais retourner le temps, maintenant que j'étais dans l'arène ? Revenir en arrière, retrouver ma vie d'avant ? Si je pouvais m'échapper de cet enfer... Je le ferais. Quel que soit le prix à payer. De toute façon, tout ce que je possédais, je l'avais déjà perdu. En tuant, j'avais perdu mon coeur, ma raison, mon identité, ma raison de vivre. En tuant, j'avais perdu mon moi d'avant, la gentille fille que tout le monde appréciait. Non, je ne pouvais plus retourner en arrière. Je ne pouvais plus prétendre que j'étais toujours la même. J'étais lasse de cette comédie, trop lasse, mortellement lasse. J'avais à peine la force de me battre, de lever mes poings pour tabasser cette pauvre fille en face de moi. Je la frappais, je la griffais, mais elle ne faisait que pleurer, pleurer... Cela me frustrait, cela me fâchait. Je voulais qu'elle arrête... Qu'elle m'insulte, qu'elle se batte... Je ne voulais pas voir son chagrin. La haine, la colère, le désir de vengeance, ça, je pouvais le comprendre, je pouvais y répondre... Mais cette tristesse sans fin me désarçonnait et me rendait folle. Pourquoi ? Pourquoi ne se battait-elle pas ? Pour déclencher une réaction plus agressive chez elle, je hurlai des insultes, je me moquai cruellement de Finley. Cela ne me ressemblait pas. Ni mon ton, ni mes paroles. Mais je voulais lui faire du mal, je voulais la voir souffrir... parce que peut-être, cela atténuerait ma propre douleur. Je ne voulais plus être la victime, celle qui se laissait frapper sans rien dire. Je voulais inverser les rôles. Je fus presque soulagée lorsque Catalina réagit enfin, lorsqu'elle commença à se débattre, à me frapper et à essayer de me retenir. Je tremblais. J'étais faible, trop faible... Mais pas plus faible qu'elle. Il fallait que je mette fin à ce combat. Déjà, mes oreilles bourdonnaient et ma tête se mettait à tourner... Je ne pouvais pas m'évanouir. Je ne pouvais pas, je ne pouvais pas... Ma main trouva mon couteau. L'espace d'un instant, mon regard croisa celui de Catalina. Je me figeai, car il y avait tant de peur, de douleur, de tristesse et de colère dans ce regard... Tant de... mépris ? Ses yeux étaient un miroir, et j'y voyais mon propre visage, mon couteau, mon bras tendu, prêt à frapper. Cette personne... Ce n'était pas moi. Cette expression sauvage, désespérée... Ce sang, partout, ces bleus, ces écorchures, ces griffures... Ce couteau qui semblait faire partie de mon corps... Ces cheveux, autrefois longs, soyeux et lumineux, aujourd'hui courts, crasseux, emmêlés. Ce n'était pas moi. Ce n'était pas moi. Ce... Je... Mon couteau, non, son couteau, était planté dans son ventre. C'était moi qui l'avais fait. Mon bras qui avait bougé, ma main qui avait tenu le couteau. Moi, moi, moi. C'était facile, trop facile. Il suffisait de cesser de réfléchir, de cesser d'être humaine. Il suffisait d'être, pendant une seconde seulement, ce que le Capitole voulait faire de moi: un monstre. Une bête assoiffée de sang et de vengeance, un être sans pensées, sans scrupules, prêt à tout pour survivre. Catalina hurla. Je résistai à la tentation de me boucher les oreilles. Ce hurlement était trop fort, trop plein d'une souffrance que je ne comprenais pas, que je ne voulais pas comprendre. Une souffrance qui faisait écho à la mienne, à mon coeur sur le point de se briser, à ma tête sur le point d'exploser. Elle pleurait, de nouveau. Changea de position avec difficulté. Je ne pouvais plus supporter ça. Quand je regardais Catalina en train d'agoniser, je me voyais, moi, à sa place. Je ne voyais qu'une fille en pleurs, une fille que je voulais consoler... Pas une ennemie. Pas une adversaire. Pas un tribut. Une humaine, tout simplement, alors que moi... moi, j'étais le monstre qui l'avait tuée. La haine de sa famille, de ses amis, je la sentais déjà. Je pouvais la supporter, s'il le fallait. Je pouvais vivre avec l'idée que le district 6 tout entier me détestait. Mais je ne survivrais pas si ma propre famille, si mes propres amis se détournaient de moi. Si je les dégoûtais, si je leur faisais peur... S'ils ne voyaient pas que derrière ma façade meurtrière d'animal aux aguets, il y avait une petite fille terrifiée qui pleurait pour qu'on la délivre... Alors, j'étais perdue, définitivement, entièrement. Cette pensée m'horrifia. Je me levai, lentement, comme si j'avais 81 ans au lieu de 18. Il fallait que je parte, que je parte, que je... Un pas, un autre pas. Courir. Toujours plus vite, même si mes forces m'abandonnaient... Même si mes larmes voilaient ma vision. Je ne me souvenais plus d'avoir pleuré, mais pourtant, elles étaient bien là, ces maudites perles salées... Je les essuyai rapidement, comme si elles me brûlaient. Pourquoi pleurer ? Si elle m'avait tué, elle ne pleurerait pas... Un pas, un autre pas, courir, courir sans s'arrêter... Ne pas oublier de respirer. Inspire, expire, inspire, expire, Zoé ! Compter mes pas pour penser à autre chose, parce que sinon, j'allais me briser, j'allais m'effondrer, j'allais mourir... Un. Ma respiration était bruyante, trop bruyante, mais elle me donnait l'impression de vivre. Deux. Ma plaie au flanc me brûlait atrocement, mais la douleur n'était pas assez forte, non, pas assez forte pour me faire sombrer dans l'inconscience... Trois. Un sanglot sec m'échappa, mes canaux lacrymaux se contractèrent, mais je n'avais plus d'eau dans mon corps, plus de larmes à verser... Quatre. Le sang... Il était partout. Son sang, mon sang ? Je ne le savais pas... Il collait à ma langue, engluait mon palais, obstruait ma gorge en m'empêchant de respirer. J'allais vomir... Cinq. Je finis par cracher, du sang, encore du sang, un peu de bile. Sans m'arrêter. Six. M'arrêter, c'était mourir. Je le répétais, sans cesse. Sept. Un cri. Qui avait crié ? Moi ? Non, ce n'était pas moi. Huit. C'était Catalina. Catalina qui m'appelais, moi, sa meurtrière. Neuf. Je m'arrêtai, indécise, déchirée entre mon instinct qui me poussait à continuer et mon côté humain qui voulait retourner. Elle ne voulait pas mourir seule, mais si cela impliquait de mourir à côté de moi... Moi, le monstre qui avait ôté sa vie. Je me dégoûtais. Je me détestais. Dix. Non. Je ne pouvais pas m'en aller comme ça. Je me retournai, et courus en sens inverse. Vite, trop vite. J'épuisais mes maigres réserves d'énergie, mais je m'en fichais. Le silence. Les battements affolés de mon coeur. Mes pas sur le sol. Rien d'autre. Plus de voix qui m'appelait. Etait-elle déjà morte ? Ou avais-je rêvé...

Finalement, je la retrouvai. Elle semblait tellement petite, tellement jeune et vulnérable, comme ça... Je m'accroupis à côté d'elle et murmurai que j'étais là. Son regard me chercha, me trouva, s'accrocha à moi. Je ne pouvais pas supporter ce regard. Cette tristesse, cette douleur, c'en était trop. Pourtant, je ne parvenais pas non plus à bouger, ou à regarder autre chose que ces puits infinis de souffrance dans lesquels je voyais déjà poindre la mort. Si je n'avais pas été là... Si je n'avais pas croisé son chemin... Elle serait peut-être encore en vie. Et je serai peut-être morte. Serait-ce plus juste ? Que je meure ? Ne serait-ce que justice, une punition pour tout ce que j'avais fait ? D'une voix enrouée par l'émotion, je murmurai que je n'avais jamais voulu être une meurtrière. C'était la vérité, la triste vérité, mais la réalité était plus sordide encore. J'étais une meurtrière, malgré tous mes scrupules, mes hésitations, malgré ces cauchemars qui me torturaient, les visages de mes victimes qui me hantaient... Rien, aucune promesse, aucune force, aucune forme de respect pour la vie humaine, non, rien ne m'avait empêchée de devenir une meurtrière. Mes illusions avaient volé en éclat en même temps que ma vie. Dans l'arène, il n'y a pas de rêves. Il n'y a que des cauchemars, du sang, des larmes, de la douleur, et l'instinct, cet horrible instinct de survie qui nous pousse à tuer, encore, encore. Catalina me regarda, simplement, mais j'eus l'impression que ce regard me poignardait, me condamnait. « Je n'ai jamais voulu mourir. Pas comme ça. » Répondit-elle. Je souris, tristement. Je n'ai jamais voulu te tuer. Fut la seule réponse que je trouvai. Parce que tu n'es pas mon ennemie. Non, ni toi, ni aucun autre tribut. C'est eux. C'est eux qui nous obligent à nous entretuer. Mon ton était presque suppliant, comme si je cherchais de toutes mes forces une justification suffisante pour ce que j'avais fait... alors qu'il n'y en avait pas. C'était Snow qui m'avait envoyé dans l'arène, mais c'était moi qui avais planté le couteau dans le ventre de Catalina. J'aurais pu me laisser tuer, refuser de combattre. Mais dans l'arène, ce genre de pensées nobles n’existe plus. Il n'y a plus que la volonté de vivre, vivre à tout prix, même si cela signifie de se perdre à jamais. Je devrais être heureuse d'être celle qui survivrait. Je devrais être heureuse que ce soit cette fille et pas moi qui agonisait. Mais je n’étais pas heureuse. J’étais détruite. J'avais oublié le goût du bonheur. Je m'entendais parler de la mort, des Jeux... J'entendais ma voix, mais ce n'est pas moi qui parlais. Moi, j’étais loin d'ici. Je m’étais réfugiée dans un coin de mon esprit, parce que la scène qui se déroulait devant moi était trop dure, trop horrible. Lorsqu'elle me dit « Tais toi. » , j'accueillis ça comme un soulagement. Je n’étais plus obligée de faire semblant. Comme si j'étais son amie, comme si je la connaissais. Comme si je pouvais vraiment la consoler, alors que ce n'était pas moi qu'elle voulait à ses côtés, mais sa vraie famille, ses vrais amis... et Finley. Elle ne me comprenait pas. Elle ne comprenait pas que je voulais presque être à sa place. Quitter cet enfer, fermer les yeux à tout jamais. Je ne la comprenais pas. Je ne comprenais pas sa douleur et sa peur. Je le comprendrai sans doute le jour où je mourrais. Mais ce n'était pas encore pour maintenant, non, pas encore pour maintenant. Maintenant, je souffrais, mais je vivais. Demain, je serais peut-être morte. Qui pourrait me dire ce qui était préférable ? Catalina ? Mon père, qui était toujours présent dans mes rêves alors qu'il était mort depuis longtemps ? Moi ? Catalina luttait pour survivre. Je voulais lui dire d'arrêter. Elle ne pouvait pas survivre. Personne ne gagne contre la mort. Mais je me taisais, je la regardais. Je voyais comment elle se vidait de son sang, comment son visage devenait de plus en plus pâle... Etait-ce une nouvelle forme de torture ? M'avait-elle demandé de rester ici pour que cette scène reste à jamais gravée dans ma mémoire, pour qu'elle me hante, pour qu'elle me détruise ? Non. Ce n'était pas elle, la méchante de l'histoire. C'était moi. Je serrai sa main, maladroitement. C'était tout ce que je pouvais encore faire, même si cela m'effrayait. Sa peau était fraîche, trop fraîche, presque froide... Elle me regarda. Je lui rendis son regard, incapable de faire autre chose, incapable de masquer ma tristesse... Incapable d'empêcher une larme de rouler sur ma joue. Ce n'était pas pour elle que je pleurais. Pas pour moi non plus. Je ne savais plus pourquoi je pleurais. Ma tête était vide. Je voulais rentrer à la maison... Faites que tout s'arrête, je vous en prie, qui que vous soyez... Faites que je me réveille dans mon lit, dans le district 4... Je sursautai lorsqu'elle retira sa main de la mienne. Je ne la retins pas. C'était son choix, son dernier choix. Alors, avec horreur, je vis comment une larme roula sur sa joue, comment un dernier souffle agita sa poitrine, comment son regard se tourna vers le ciel avant de se figer à tout jamais. Morte. Elle était morte. Je l'avais tuée. Je... l'avais... tuée... Mes mains se souvinrent toutes seules du geste à faire, elles fermèrent les paupières de cette fille... cette fille que j'avais tuée. Puis, je m'écartai. L’hovercraft allait arriver... Il fallait que je m'en aille. Un dernier regard, un dernier mot : Catalina... Mais elle ne me répondrait plus jamais. Alors, je courus, je m'enfuis, et je criai, je hurlai jusqu'à ce que ma voix se casse. Elle était morte. Je vivais.
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La vie mérite qu'on lui donne sa vie - Catalina et Zoé (J7)

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